samedi 26 mars 2011

Syndrome chinois et fin du monde

 L'ombre du syndrome chinois ...

L’origine de l’expression « syndrome chinois » vient d’une "boutade" des ingénieurs de Westinghouse, le cœur d’un réacteur américains fond et la masse du combustible nucléaire auto-entretenant sa température transperce la cuve, le béton et s’enfonce dans le sol, s’enfonce, s’enfonce jusqu’à ressortir de l’autre côté de la terre en Chine. En réalité dans ce type d’accident, cette masse fondue s’enfonce dans la terre et lorsqu’elle rencontre de l’eau (la nappe phréatique par exemple), il y a explosion de vapeur, une sorte de geyser de vapeur radioactive avec un dégagement colossale de radioactivité, et un vaste territoire devient pour toujours inhabitable...
Les Soviétiques lors de la catastrophe de Tchernobyl ont lutté (et sacrifié beaucoup d’hommes, des plongeurs qui ont plongé dans l’eau de refroidissement [et sont tous morts] pour vidanger cette eau qui s’était accumulée sous les ruines du bâtiments, et des mineurs qui ont construit une chape de béton sous le réacteur), pour empêcher que ce "corium" (une sorte de magma résultant de la fusion du combustible nucléaire et des éléments internes du cœur) ne tombe dans l’eau car il aurait pu atteindre une masse critique et entraîner d’après les calculs une explosion (comme une bombe) atomique d’une puissance énorme de 3 à 5 Mégatonnes (c’est 200 à 300 fois Hiroshima). Cela aurait provoquer des radiolésions massives des habitants dans un rayon d’environ 300 km (englobant la ville de Minsk) et toute l’Europe aurait pu se trouver victime d’une forte contamination radioactive rendant la vie normale impossible.

Le syndrome chinois est l’hypothèse de la conséquence la plus grave d'une fusion d'un réacteur nucléaire, dans laquelle les éléments combustibles en fusion du cœur ou corium percent les barrières qui le confinent et s'enfoncent dans la terre.
Même si des fusions de réacteur ont eu lieu en diverses occasions dans les domaines civils et militaires, une fusion avec de telles conséquences n'a jamais eu lieu.
L'origine de l'expression « syndrome chinois » provient du concept selon lequel le matériel en fusion d'une centrale située en Amérique du Nord pourrait traverser la croûte terrestre, s'enfoncer et progresser jusqu'en Chine.
C'est en 1971 que le physicien nucléaire Ralph Lapp utilise cette expression pour la première fois, basant sa théorie sur les rapports d'une équipe de physiciens dirigés par le Dr W.K. Ergen, qui sont publiés en 1967.
Les dangers d'un tel accident furent dépeints dans le film Le Syndrome chinois, réalisé en 1979.
Alors que l'optimisme semblait revenir à la centrale nucléaire de Fukushima avec le retour de l'électricité, le pire n'est-il pas en train d'advenir de manière jusqu'ici souterraine dans le réacteur n° 3 ?
C'est la question que l'on est en droit de se poser en lisant entre les lignes l'analyse de la situation faite ce matin par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).
L'IRSN indique notamment que "l’injection d’eau de mer dans la cuve serait maintenue afin d’assurer le refroidissement du cœur qui reste cependant partiellement dénoyé."
Plus grave encore : "L’enceinte de confinement ne semble plus étanche selon les indications de pression ; cette perte d’étanchéité serait à l’origine de rejets radioactifs « continus » non filtrés dans l’environnement."
La pire des hypothèses L'IRSN s'interroge ensuite sur l'origine des dégagements importants de fumées noires qui ont été constatés hier sur ce réacteur.
Un phénomène sur lequel les autorités japonaises et l'opérateur privé Tepco n'ont pas fourni d'explication claire.
L'IRSN examine pour sa part une hypothèse qui fait froid dans le dos : celle "d’une rupture de la cuve du réacteur suivie d’une interaction entre le corium (mélange de combustible et de métaux fondus) et le béton au fond de l’enceinte de confinement."
Si cette explication (voir l'article de Wikipedia sur le corium) était la bonne, cela signifierait que la fusion du cœur du réacteur provoquerait une hausse considérable de la température (presque 3 000°) avec un risque de dégagement dans l'air de substances radioactives hautement toxiques (notamment du plutonium).

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Masses d'air contaminé détectées en Islande, Suède, Finlande et Allemagne

COLÈRE ET INDIGNATION
Les chiffres relatifs à la contamination de l’air existent mais ils sont confisqués par les États ! : Alors que les masses d’air contaminé ont été détectées en Islande, en Suède, en Finlande et en Allemagne, la CRIIRAD dénonce les dissimulations du Département de L’Énergie des États-Unis [Extrait de wikipédia : Le département de l’Énergie des États-Unis (United States Department of Energy, DoE), est un département de l’administration fédérale américaine, responsable de la politique énergétique et de la sûreté nucléaire. Ses domaines de compétences incluent le programme national d’armement nucléaire, la fabrication de réacteurs nucléaires pour la Marine des États-Unis, la gestion des économies d’énergie, la recherche liée à l’énergie, la gestion des déchets radioactifs et la production domestique d’énergie. Le ministère soutient également la recherche scientifique dans d’autres domaines, et plus que n’importe quelle autre agence fédérale américaine, notamment au travers du réseau des laboratoires nationaux.]. 
Elle réitère son appel à se mobiliser afin que tous les résultats d’analyse du réseau du CTBTO soient rendus publics. Les États qui s’y opposent doivent être identifiés. C’est par exemple le cas de la France. Chaque citoyen doit connaitre l’identité de ceux qui le privent d’informations fiables sur le niveau de radioactivité de l’air qu’il respire.
 
La CRIIRAD a lancé, mercredi 23 mars, un appel international pour que soient rendus publics tous les résultats d’analyse de la radioactivité de l’air. L’appel concernait tout particulièrement les données du réseau international mis en place dans la cadre du Traité d’Interdiction Complète des Essais nucléaires (TICE ou CTBT) [ CTBT pour Comprehensive Nuclear-Test-Ban Treaty.]. Ayant en effet mission de détecter toute élévation de la radioactivité de l’air susceptible d’indiquer qu’un essai nucléaire a été effectué en violation du traité, les laboratoires du réseau sont équipés d’instruments de détection très performants et répartis sur l’ensemble de la planète. Chaque État a accès aux résultats de l’ensemble du réseau ; les résultats d’analyse lui sont envoyés quotidiennement.
La CRIIRAD réitère avec force cet appel et précise qu’elle ne demande pas la publication de quelques chiffres, dûment sélectionnés par les gouvernements et leurs experts, elle veut TOUS LES CHIFFRES !
 
AUX ÉTATS-UNIS, le Département de l’Énergie a rendu publics des résultats qui ne rendent pas compte de la réalité de la contamination. Ce jour, 25 mars 2011 (14h30 heure française), les informations qu’il diffuse sont toujours limitées aux résultats enregistrés à Sacramento, en Californie, dans la nuit du 16 au 17 mars 2011, soit 0,165 mBq/m3 pour l’iode 131.
 
Or, grâce au graphique mis en ligne sur le site du BfS [Bundesamt für Strahlenschutz (Office Fédéral de Protection contre les Rayonnements). Les données publiées par le BfS proviennent du BGR (Institut Fédéral des Géosciences et des Ressources Naturelles), organisme recevant pour l’Allemagne les données du CTBTO.], la CRIIRAD a pu avoir accès à l’évolution de l’activité de l’air en iode depuis le 17 mars. La courbe relative à la station de mesure de Sacramento est en orange.
 
On constate que, dès le lendemain, la contamination en iode 131 dépassait 4 mBq/m3, puis 10 mBq/m3 dans la nuit du 18 au 19 mars, une valeur 60 fois supérieure à celle de l’avant-veille. Depuis lors, et jusqu’au 23 mars, l’activité de l’iode 131 dans l’air de Sacramento est restée supérieure à 1 mBq/m3. Le Département de l’Energie reçoit en continu les résultats d’analyse. Il est donc parfaitement informé et à même de mettre ces données à la disposition du public.
 
La CRIIRAD demande la publication de l’intégralité des données de tous les laboratoires du réseau du CTBTO : résultats jour par jour, pour tous les radionucléides mesurés, pour toutes les stations de mesure, aux États-Unis comme dans les autres pays, et ce depuis le 10 mars 2011 afin de disposer de valeurs de référence.
Ni Responsable Ni Coupable !
 
L’iode 131 n’est que l’un des nombreux radionucléides présents dans l’air. La CRIIRAD souhaiterait par exemple connaître l’évolution de l’activité du xénon 133 enregistrée à 100 mBq/m3 par le Laboratoire National du Pacifique Nord-Ouest, dans l’État de Washington, entre le 16 et le 17 mars. Il s’agit d’un gaz rare radioactif, qui est généré par les fissions qui se produisent au sein des réacteurs et qui est nécessairement présent dans les rejets radioactifs de FUKUSHIMA DAIICHI.
 
Dans les États nucléarisés, les populations n’ont généralement pas été consultées sur le développement de programmes nucléaires. Quant aux habitants des États non nucléarisés, ils sont exposés aux risques et aux pollutions d’une technologie qu’ils n’ont pas choisie. Dans un tel contexte, la moindre des choses est quand même de garantir une totale transparence sur les niveaux de radioactivité dans l’air que chacun respire. L’OBLIGATION DE SUBIR — en tout cas aujourd’hui — NOUS DONNE LE DROIT DE SAVOIR [«L’obligation de subir nous donne le droit de savoir.» Jean ROSTAND.].
 
La CRIIRAD rappelle le contenu de son communiqué du 23 mars 2011 : le fonctionnement du réseau international de laboratoires mis en place dans le cadre du traité d’interdiction complète des essais nucléaires est financé par les États, et donc par les citoyens de ces États, ceux-là même qui sont privés des informations ainsi acquises.
 
Si l’information est confisquée alors que les niveaux de risque radiologique sur les pays occidentaux sont, à ce jour, relativement faibles, que se passera-t-il lorsque les enjeux économiques et sanitaires seront majeurs ? Il faut donc obtenir une transparence totale et permanente sur les résultats d’analyse du réseau international de contrôle de l’air.
 
TOUS LES CHIFFRES DOIVENT ÊTRE ACCESSIBLES :
— CEUX D’AUJOURD’HUI afin de suivre, jour après jour, l’impact des rejets radioactifs de la centrale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHI qui, deux semaines après le début de la crise, ne sont toujours pas maîtrisés. 
— CEUX D’HIER pour faire le bilan de toutes les pollutions passées, et éventuellement cachées aux populations ; 
— CEUX DE DEMAIN pour ne plus se retrouver, comme ce fut le cas pendant près d’une semaine sans aucun résultat sur l’activité de l’air alors qu’il s’agit d‘un paramètre clé pour l’évaluation du risque sanitaire.
 
La CRIIRAD invite chaque citoyen — en France ou à l’étranger — à intervenir auprès des autorités de son pays afin que mandat soit donné à l’Organisation du Traité d’Interdiction Complète des Essais nucléaire (OTICE/CTBTO) pour rendre publiques toutes les données relatives à la contamination de l’air.
 
Il importe que soient connus de tous le nom des États qui refusent de donner ce mandat et qui interdisent donc la publication des chiffres. C’est aujourd’hui le cas de la France. Saluons en revanche la position des organismes officiels en charge de cette question en Autriche et en Allemagne qui ont passé outre les interdits, considérant que le maintien du secret sur ces données n’est pas compatible avec la réglementation de leur pays. Sans les informations — partielles mais précieuses — qu’ils ont publiées ce communiqué n’aurait jamais été rédigé.
 
Le Japon a annoncé samedi avoir mesuré des niveaux d'iode radioactif 1.250 fois supérieurs à la norme légale en mer près de la centrale en péril de Fukushima, renforçant les craintes d'une rupture de l'étanchéité d'un ou plusieurs réacteurs. Cette forte concentration aggrave les risques de contamination alimentaire par les produits de la mer dont raffolent les Japonais.

vendredi 25 mars 2011

Fukukshima: danger maximum au réacteur 3

La situation à la centrale est «imprévisible», prévient le Premier ministre

Après le réacteur 3 de Fukushima, inquiétudes pour le réacteur 1...

évacuation sur 30 km
Le réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Fukushima serait en danger accru.
L'Autorité de Sûreté nucléaire japonaise vient d'annoncer que son enceinte de confinement n'est plus en mesure de retenir les gaz et matières volatiles radioactives. «il est hautement probable que le réacteur 3 de la centrale Fukushima Dai-ichi ait été gravement endommagé et rejette une quantité importante de substances radioactives» a déclaré son porte parole. (photo, une fumée grise s'échappe du bâtiment du réacteur n°3 avant-hier).
Dès hier soir l'IRSN, en France évoquait la possibilité qu'en outre la cuve du réacteur puisse céder, et se percer sous l'effet d'une masse de combustibles nucléaires et de métal en fusion, le corium. Il ne semble pas que cela soit déjà arrivé, mais le risque en grandit. En ce cas, il pourrait y avoir une explosion "vapeur". Et une émission très importante de radioactivité.
Le gouvernement japonais vient d'annoncer aux habitants de la zone des 20 à 30 kilomètres autour de la centrale nucléaire, jusqu'alors confinés chez eux, qu'il leur était conseillé de l'évacuer « à cause de la détérioration des conditions de vie.» Cette raison... n'est pas fausse. Mais pourrait anticiper une évacuation obligatoire pour cause de risque radioactif accru.

Le porte-parole du gouvernement Yukio Edano a déclaré que «la vie économique et le système de   distribution connaissent de fortes perturbations, un grand nombre de personnes ayant déjà évacué volontairement la zone. Selon M. Edano, le gouvernement «n'exclut pas d'élargir le périmètre d'évacuation à 30 kilomètres autour de la centrale, en fonction de l'évolution des niveaux de la radioactivité.» Les municipalités situées dans cette zone ont reçu l'ordre de demander à leurs habitants de quitter volontairement les lieux et de mettre en place les dispositifs nécessaires.
Pourtant, ce matin, les travaux continuaient à la centrale pour rétablir les systèmes de refroidissement des réacteurs. Mais il semble qu'une course contre la montre soit engagée pour le réacteur n°3.


jeudi 24 mars 2011

Une mesure indépendante de radioactivité à Tokyo

Légumes contaminés en provenance du Japon
Les autorités de Singapour ont annoncé que des éléments radioactifs avaient été découverts dans quatre échantillons de légumes en provenance du Japon. "Des contaminants radioactifs ont été détectés dans quatre échantillons de légumes en provenance du Japon", a annoncé l'autorité de surveillance alimentaire de Singapour. "Les échantillons contaminés ont été importés des préfectures de Tochigi et Ibaraki, affectées" par l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima, ainsi que de Chiba et Ehime qui se trouvent à l'extérieur des zones affectées", a précisé cet organisme.
Les autorités de Singapour avaient auparavant annoncé l'interdiction des importations de certains produits alimentaires japonais. L'interdiction concerne les produits laitiers, les fruits et légumes, les produits de la mer et la viande de quatre préfectures proches de la centrale nucléaire de Fukushima. Cette décision "est similaire avec les précautions prises par d'autres pays", ont indiqué les autorités.

Les physiciens du KEK, l'accélérateur de particules installé à Tsukuba, au nord de Tokyo, mesurent en continu la radioactivité dans l'environnement.
Un physicien vient de m'envoyer un graphique (à gauche) montrant avec précision la contamination due à Fukushima, et son évolution depuis le début de l'accident qui a frappé la centrale nucléaire jusqu'au 18 mars.
Cette mesure est indépendante du gouvernement et de l'AIEA. Elle est réalisée par des physiciens particulièrement compétents et qui doivent s'occuper de radioprotection pour leurs activités de recherche. Elle présente donc toutes les garanties de fiabilité nécessaire. Elle permet de répondre à une question posée depuis le début de cet accident : les informations japonaises sont-elles sincères et exactes ?
Le graphique est en microsieverts par heure. Le bruit de fond de la radioactivité naturelle locale est de 0,07 à 0,09 microsievert par heure. La courbe montre avec précision à quel moment la contamination est arrivée aux environ de Tokyo, vers 2h du matin le 15 mars. Elle montre que le pic d'émission survient le même jour à 9h12, un peu au dessus de 1 microsievert par heure. Détecteur de Tsukuba
Sur cette page web, on trouve la mesure en temps réel. Elle était de 0,23 microsievert par heure à 10h19 ce matin (heure de Paris). Voici à droite le détecteur. Autrement dit entre deux et trois fois la radioactivité naturelle locale. Sa mesure est valide pour la dose en extérieur du bâtiment.
Cette mesure permet de confirmer que les chiffres donnés par la Tepco et le gouvernement japonais sont probablement sincères et exacts, même s'ils semblent très parcellaires. En résumé :
► la radioactivité a pu monter à 400 millisieverts par heure sur le site, lors du pic d'émission. Une mesure probablement faite avec un détecteur mobile selon l'ASN française. (sans parler des rayonnements gamma plus importants, émis vers le ciel par les combustibles des piscines avant qu'elles soient réalimentées en eau). Un tel niveau exige l'évacuation, car on prend en un quart d'heure la dose de 100 millisieverts à partir de laquelle le risque de cancer augmente (lire ici plus d'explications).
► elle est désormais de l'ordre de quelques millisieverts par heure au plus près des réacteurs et des Radioactivité naturelle Japon sources d'émission en fonction des relachements volontaires (il semble qu'il n'y en ait pas eu depuis 5 jours) pour diminuer la pression dans les enceintes de confinement. Il y aurait donc des rejets faibles par rapport aux "bouffées" émises lors des décompressions volontaires des enceintes mais continus. Il traduiraient le défaut d'étanchéité des enceintes de confinement des réacteurs 2 et 3, défauts de faible ampleur mais responsables de cette émission de radioactivité.
Le niveau de contamination du site explique la difficulté des équipes qui y interviennent à terminer les travaux de cablage électrique et de vérification de matériels avant de les mettre sous tension. Il explique aussi les doses prises par deux techniciens (environ 180 millisieverts)lors de travaux près du réacteur 3 et qui ont été évacués du site et conduits à l'hopital pour des examens.
Sylvestre Huet, le 24 mars 2011

Fin de l'Anti-Mondialisation

C'est du Monde Diplomatique qu'est née l'escroquerie qui trompe toute une génération depuis la fin du 20e siècle: L'Antimondialisation, Antiglobalisation. Dernier avatar honteux de l'idéologie "de gauche" dite marxiste. Les ONG comme ATTAC se sont imposées comme néo-consciences pour rabâcher une formule creuse mais acceptable parce que totalement inefficace. Telle est la fonction de toute "fausse critique".
Ces gens proposent de "réguler" (ça régule grave à Fukushima) le capitalisme comme si celui-ci était "raisonnable". 
Raisonnable le capitalisme alors qu'il n'est qu'une folie: "utopie réalisée". L'implacable mécanique du "Sujet automate"  ne se régule pas. La course folle à la valeur se valorisant nous laisse devant un seul choix définitif. La fin de la vie humaine ou la fin du capitalisme.
La crise de 2007 des "Subprimes"  tend à faire évoluer même les fausses consciences ainsi on trouve cet article curieux dans le Monde Diplomatique de décembre 2008.

Marx contre-attaque

Dédaignés par les partis socialistes européens comme de « vieilles lunes simplistes » avec lesquelles il serait urgent de rompre, démonétisés à l’université où ils furent longtemps enseignés comme une base de l’analyse économique, les travaux de Karl Marx suscitent à nouveau l’intérêt. Le philosophe allemand n’a-t-il pas disséqué la mécanique du capitalisme dont les soubresauts déboussolent les experts ? Alors que les illusionnistes prétendent « moraliser » la finance, Marx s’est employé à dénuder les rapports sociaux.
On aurait presque réussi à nous en persuader : l’histoire était terminée, le capitalisme, à la satisfaction générale, constituait la forme définitive de l’organisation sociale, la « victoire idéologique de la droite », foi de premier ministre, était consommée, seuls quelques incurables songe-creux agitaient encore le hochet d’on ne sait quel autre futur.

Le fabuleux séisme financier d’octobre 2008 a soufflé d’un coup cette construction de l’esprit. A Londres, le Daily Telegraph écrit : « Le 13 octobre 2008 restera dans l’histoire comme le jour où le système capitaliste britannique a reconnu avoir échoué (1).  » A New York, des manifestants brandissent devant Wall Street des pancartes « Marx avait raison ! ». A Francfort, un éditeur annonce que sa vente du Capital a triplé. A Paris, une revue connue, dans un dossier de trente pages, examine, à propos de celui qu’on disait définitivement mort, « les raisons d’une renaissance (2) ». L’histoire se rouvre...

A se plonger dans Marx, plus d’un fait des découvertes. Des lignes écrites il y a un siècle et demi y semblent parler de nous avec une saisissante acuité. Exemple : « Du fait que l’aristocratie financière dictait les lois, dirigeait la gestion de l’Etat, disposait de tous les pouvoirs publics constitués, dominait l’opinion publique dans les faits et par la presse, se reproduisaient dans toutes les sphères, depuis la cour jusqu’au café borgne, la même prostitution, la même tromperie éhontée, la même soif de s’enrichir, non point par la production, mais par l’escamotage de la richesse d’autrui (3).  » Marx décrivait là l’état des choses en France à la veille de la révolution de 1848... De quoi faire rêver.

Mais, par-delà des ressemblances saisissantes, les différences d’époque rendent fallacieuse toute transposition directe. Bien plus au fond se situe l’actualité à nouveau flagrante de cette magistrale Critique de l’économie politique que demeure Le Capital de Marx.

D’où vient en effet l’ampleur de la présente crise ? A lire ce qui s’en écrit de façon dominante, seraient à mettre en cause la volatilité de produits financiers sophistiqués, l’impuissance du marché des capitaux à se réguler lui-même, le trop peu de moralité chez des hommes d’argent... En bref, des défaillances du seul système régissant ce que, face à l’« économie réelle », on nomme « économie virtuelle » — comme si l’on ne venait pas de mesurer combien elle aussi est réelle.

Pourtant, la crise initiale des subprimes est bien née de la croissante impécuniosité de millions de ménages américains face à leur endettement de candidats à la propriété. Ce qui oblige à admettre qu’en fin de compte le drame du « virtuel » a ses racines dans le « réel ». Et le « réel », en l’occurrence, c’est l’ensemble mondialisé des pouvoirs d’achat populaires. Sous l’éclatement de la bulle spéculative formée par l’enflure de la finance, il y a l’universel accaparement par le capital de la richesse créée par le travail, et, sous cette distorsion où la part qui revient aux salaires a baissé de plus de dix points, baisse colossale, il y a un quart de siècle d’austérité pour les travailleurs au nom du dogme néolibéral.
Les clairons de la moralisation

Carence de régulation financière, de responsabilité gestionnaire, de moralité boursière ? Certes. Mais réfléchir sans tabou force à aller bien plus loin : à mettre en question le dogme jalousement préservé d’un système en lui-même au-dessus de tout soupçon, à méditer cette ultime raison des choses que Marx nomme « loi générale de l’accumulation capitaliste ». Là où les conditions sociales de la production sont propriété privée de la classe capitaliste, démontre-t-il, « tous les moyens qui visent à développer la production se renversent en moyens de domination et d’exploitation du producteur », sacrifié à l’accaparement de richesse par les possédants, accumulation qui se nourrit d’elle-même et tend donc à devenir folle. « L’accumulation de richesse à un pôle » a pour envers nécessaire une « accumulation proportionnelle de misère » à l’autre pôle, d’où renaissent inexorablement les prémices de crises commerciales et bancaires violentes (4). C’est bien de nous qu’il s’agit ici.

La crise a éclaté dans la sphère du crédit, mais sa puissance dévastatrice s’est formée dans celle de la production, avec le partage sans cesse plus inégal des valeurs ajoutées entre travail et capital, raz de marée que n’a pu empêcher un syndicalisme de basses eaux et qu’a même accompagné une gauche sociale-démocrate où l’on traite Marx en chien crevé. On conçoit alors ce que peuvent valoir les solutions à la crise — « moralisation » du capital, « régulation » de la finance — claironnées par des politiques, des gestionnaires, des idéologues qui hier encore fustigeaient le simple doute quant à la pertinence du « tout libéral ».

« Moralisation » du capital ? Mot d’ordre qui mérite un prix d’humour noir. S’il est en effet un ordre de considérations que volatilise tout régime de sacro-sainte libre concurrence, c’est bien la considération morale  : l’efficacité cynique y gagne à tout coup aussi sûrement que la mauvaise monnaie chasse la bonne. Le souci « éthique » est publicitaire. Marx réglait la question en quelques lignes de sa préface au Capital  : « Je ne peins aucunement en rose le personnage du capitaliste et du propriétaire foncier », mais « moins que toute autre ma perspective, où le développement de la société en tant que formation économique est compris comme un processus d’histoire naturelle, ne saurait rendre l’individu responsable de rapports dont il demeure socialement un produit (5)  »... Voilà pourquoi il ne suffira sûrement pas de distribuer quelques taloches pour « refonder » un système où le profit reste l’unique critère.

Non qu’il faille être indifférent à l’aspect moral des choses. Au contraire même. Mais, pris au sérieux, le problème est d’un tout autre ordre que la délinquance de patrons voyous, l’inconscience de traders fous ou même l’indécence de parachutes dorés. Ce que le capitalisme a d’indéfendable sous ce rapport, par-delà tout comportement individuel, c’est son principe même : l’activité humaine qui crée les richesses y a le statut de marchandise, et y est donc traitée non comme fin en soi, mais comme simple moyen. Pas besoin d’avoir lu Kant pour voir là la source permanente d’amoralité du système.

Si l’on veut vraiment moraliser la vie économique, il faut s’en prendre vraiment à ce qui la dé-moralise. Cela passe certes — plaisante redécouverte de maint libéral — par la reconstruction de régulations étatiques. Mais faire fond à cette fin sur l’Etat sarkozyste du bouclier fiscal pour les riches et de la privatisation de La Poste dépasse les bornes de la naïveté — ou de l’hypocrisie. Dès lors qu’on prétend s’attaquer à la question de la régulation, il est impératif d’en revenir aux rapports sociaux fondamentaux — et ici, de nouveau, Marx nous offre une analyse d’incontournable actualité : celle de l’aliénation.

Dans son sens premier, élaboré en des textes de jeunesse célèbres (6), le concept désigne cette malédiction qui contraint le salarié du capital à ne produire la richesse pour autrui qu’en produisant son propre dénuement matériel et moral : il doit perdre sa vie pour la gagner. La multiforme inhumanité dont en masse sont victimes les salariés d’aujourd’hui (7), de l’explosion des pathologies du travail à celle des licenciements boursiers en passant par celle des bas salaires, illustre très cruellement la pertinence que conserve pareille analyse.

Mais, dans ses travaux de maturité, Marx donne à l’aliénation un sens bien plus vaste encore : le capital reproduisant sans cesse la radicale séparation entre moyens de production et producteurs — usines, bureaux, laboratoires ne sont pas à ceux qui y travaillent —, leurs activités productives et cognitives, non collectivement maîtrisées à la base, sont livrées à l’anarchie du système de la concurrence, où elles se convertissent en incontrôlables processus technologiques, économiques, politiques, idéologiques, gigantesques forces aveugles qui les subjuguent et les écrasent.

Les hommes ne font pas leur histoire, c’est leur histoire qui les fait. La crise financière illustre de terrifiante façon cette aliénation-là, tout comme le font la crise écologique et ce qu’il faut appeler la crise anthropologique, celle des vies humaines : personne n’a voulu ces crises, mais tout le monde les subit.

C’est de ce « dessaisissement général » poussé à l’extrême par le capitalisme que resurgissent incoerciblement les ruineuses absences de régulation concertée. Aussi celui qui se targue de « réguler le capitalisme » est-il à coup sûr un charlatan politique. Réguler pour de bon exigera beaucoup plus que l’intervention étatique, pour très nécessaire qu’elle puisse être, car qui régulera l’Etat ? Il y faut le ressaisissement des moyens de produire par les producteurs matériels-intellectuels enfin reconnus pour ce qu’ils sont, et que ne sont pas les actionnaires : les créateurs de la richesse sociale, ayant comme tels un irrécusable droit de prendre part aux décisions de gestion où se décide de leur vie même.

Face à un système dont la flagrante incapacité à se réguler nous coûte un prix exorbitant, il faut, à suivre Marx, engager sans délai le dépassement du capitalisme, longue marche vers une autre organisation sociale où les humains, en des formes neuves d’association, contrôleront ensemble leurs puissances sociales devenues folles. Tout le reste est poudre aux yeux, donc tragique désillusion promise.

On va répétant que Marx, fort dans la critique, serait sans crédibilité quant aux solutions, car son communisme, « essayé » à l’Est, aurait radicalement échoué. Comme si le défunt socialisme stalino-brejnévien avait eu quelque chose de vraiment commun avec la visée communiste de Marx, dont presque personne d’ailleurs ne cherche à ressaisir le réel sens, aux antipodes de ce que l’opinion courante met sous le mot « communisme ». De fait, c’est tout autrement que s’esquisse sous nos yeux ce que pourra être, au sens authentiquement marxien, le « dépassement » du capitalisme au XXIe siècle (8).

Mais ici on nous arrête : vouloir une autre société serait une meurtrière utopie, car on ne change pas l’homme. Et l’« homme », la pensée libérale sait ce qu’il est : un animal qui tient essentiellement ce qu’il est non du monde humain mais de ses gènes, un calculateur mû par son seul intérêt d’individu — Homo œconomicus (9) —, avec lequel n’est donc possible qu’une société de propriétaires privés en concurrence « libre et non faussée ».

Or cette pensée aussi fait banqueroute. Sous l’éclatante débâcle du libéralisme pratique se consomme à moindre bruit la faillite du libéralisme théorique et de son Homo œconomicus. Faillite double. Scientifique d’abord. A l’heure où la biologie se déprend d’un « tout génétique » simpliste, les naïvetés de l’idée de « nature humaine » sautent aux yeux. Où sont les gènes, annoncés à son de trompe, de l’intelligence, de la fidélité ou de l’homosexualité ? Quel esprit cultivé peut croire que la pédophilie, par exemple, serait congénitale ?

Et faillite éthique. Car ce que parraine depuis des lustres l’idéologie de l’individu concurrentiel, c’est une pédagogie déshumanisante du « devenez un tueur », une liquidation programmée des solidarités sociales non moins dramatique que la fonte des glaces polaires, une décivilisation tous azimuts par la folie de l’argent facile qui devrait faire rougir d’oser annoncer une « moralisation du capitalisme ». Sous le naufrage historique où s’enfonce et nous enfonce la dictature de la finance, il y a celui du discours libéral sur l’« homme ».

Et là est la plus inattendue des actualités de Marx. Car ce formidable critique de l’économie est aussi, du même mouvement, l’initiateur d’une vraie révolution dans l’anthropologie. Dimension incroyablement méconnue de sa pensée qu’on ne peut exposer en vingt lignes. Mais sa sixième thèse sur Feuerbach en dit l’esprit en deux phrases : « L’essence humaine n’est pas une abstraction inhérente à l’individu pris à part. Dans sa réalité, c’est l’ensemble des rapports sociaux. » A l’opposé de ce que s’imagine l’individualisme libéral, l’« homme » historiquement développé, c’est le monde de l’homme. Là par exemple, non dans le génome, se tient le langage. Là prennent source nos fonctions psychiques supérieures, comme l’a superbement montré ce marxiste longuement inconnu qui fut l’un des grands psychologues du XXe siècle : Lev Vygotski, ouvrant ainsi la voie à une tout autre vision de l’individualité humaine.

Marx est actuel et même plus qu’on ne pense ? Oui, si on veut bien actualiser l’image traditionnelle qu’on se fait trop souvent de lui.

                                                        Lucien Sève.


(1) The Daily Telegraph, Londres, 14 octobre 2008.

(2) Le Magazine littéraire, n° 479, Paris, octobre 2008.

(3) Karl Marx, Les Luttes de classes en France, Editions sociales, Paris, 1984, p. 84-85 ; cité dans Manière de voir, n° 99, « L’Internationale des riches », juin-juillet 2008.

(4) Karl Marx, Le Capital, livre I, Editions sociales, 1983, ou Presses universitaires de France, Paris, 1993, p. 724.

(5) Le Capital, livre I, p. 6.
(6) « Le travail aliéné », Manuscrits de 1844, Flammarion, Paris, 1999.

(7) Lire Christophe Dejours, Travail, usure mentale, Bayard, Paris, 2000 ; « Aliénation et clinique du travail », Actuel Marx, n° 39, « Nouvelles aliénations », Paris, 2006.

(8) Dans Un futur présent, l’après-capitalisme, La Dispute, Paris, 2006, Jean Sève brosse un tableau impressionnant de ces amorces de dépassement observables en des domaines très divers.

(9) Lire entre autres Tony Andréani, Un être de raison. Critique de l’Homo œconomicus, Syllepse, Paris, 2000.


mercredi 23 mars 2011

Critique de la nation, de l’État, du droit, de la politique et de la démocratie.

 
La fausse apparence d’une souveraineté imaginée:
Extraits d’un livre de Robert Kurz, aujourd’hui épuisé, Lire Marx. Les textes les plus importants de Karl Marx pour le XXIe siècle. Choisis et commentés par Robert Kurz, La balustrade, 2002, pp. 161-167

Aujourd’hui, le marxisme, et avec lui la théorie marxiste, est essentiellement jugé comme l’échec historique d’une doctrine orientée vers l’État, vers le réseau de répartition monétaire étatique, vers la régulation des processus économiques par l’État et enfin vers l’État jouant le rôle d’entrepreneur général de la société. Ce n’est plus que le synonyme de la malfaisance d’une tutelle bureaucratique de l’individu privé de ses droits et d’une administration répressive des hommes, des horreurs du goulag et du totalitarisme en général ; en bref, de tout ce que « l’économie de marché et la démocratie » ne doivent ni ne peuvent être. Il y a quelque chose de vrai là-dedans dans la mesure où les sociétés de la deuxième modernisation, qui cherchaient leur légitimation idéologique en se réclamant de Marx, étaient effectivement des États totalement autoritaires ou le sont encore pour ce qu’il en reste.
Cet autoritarisme bureaucratique de l’État ne représente absolument pas seulement une des distorsions subies par le marxisme dans les conditions d’existence des retardataires historiques appartenant à la périphérie du marché mondial. Il a toujours été une caractéristique du mouvement ouvrier marxiste, de ses partis et syndicats, dans les pays capitalistes développés de l’Ouest. Jusqu’à aujourd’hui, la social-démocratie européenne est restée, à travers toutes ses métamorphoses, profondément une force d’État autoritaire. De l’idéologie fantasmagorique de l’« État ouvrier » à la cogestion répressive de l’impudente société capitaliste, des premières déclarations d’un programme à la formation de l’État social et interventionniste bureaucratique keynésien après la Seconde guerre mondiale, le marxisme et ses successeurs occidentaux jusque à la fin du XXe siècle ne purent jamais nier s’orienter vers l’État par rapport à la « liberté de marché » libérale.
Ce serait déformer les faits de vouloir décharger Marx de cet étatisme. On trouve dans sa théorie suffisamment de déclarations dont le point culminant exhorte clairement la classe dite ouvrière à « s’emparer du pouvoir de l’ État », pour s’affranchir de l’oppression (socio- économique) de la classe dite capitaliste ; on annonce que le socialisme sera un « État du travail » avec une « obligation de travailler », à qui il importera d’instaurer réellement la « nation » et la « démocratie » et auquel il faudra parvenir par la voie « politique ». Mais il s’agit là encore du Marx exotérique, donc du Marx à l’argumentation et l’orientation tournées – de façon immanente au système – vers le siècle du mouvement ouvrier. De même qu’il est fondamentalement déterminé par un double décalage historique (celui de l’ancien statut ouvrier de « condition inférieure » en général et celui de la situation spécifiquement allemande en particulier), le Marx exotérique l’est aussi quant aux catégories que sont la politique, l’État, la nation et la démocratie.
D’une part, il s’agissait du retard, double lui aussi, de l’Allemagne en tant qu’État comparé à l’Angleterre ou à la France : premièrement, le pays était divisé en une multitude de petits États et ne s’était pas encore hissé au rang de nation capitaliste ; deuxièmement, il continuait à être gouverné par une monarchie absolue de « droit divin » rétrograde et n’avait pas encore atteint le stade de république capitaliste. Comme Marx, en descendant dissident de la pensée bourgeoise moderne, possédait une notion de progrès rationaliste, libérale et déterministe, il fallait, selon lui, que les « missions capitalistes » non encore réalisées sur le plan économique et culturel, mais aussi politique soient accomplies, il fallait donc établir une unité politique nationale et une république bourgeoise. Dans la mesure où Marx considérait que la bourgeoisie allemande, dont il raillait la couardise hypocrite, était incapable d’exécuter ce prétendu cahier des charges de l’histoire, il alla jusqu’à charger l’ambiguë classe ouvrière
de ces missions, comme si elle pouvait le faire d’une chiquenaude : tout ce qui apparaît dans la check-list de l’histoire ne doit-il pas être convenablement exécuté et pointé ! Ce n’est pas sans raison que, pour les efforts paradoxaux de la modernisation de rattrapage du XXe siècle, Lénine utilisa politiquement (en prenant un raccourci « politicien ») cette figure intellectuelle paradoxale consistant à mettre soi même en place les catégories de la société capitaliste que l’on veut supprimer, afin qu’elles puissent être ensuite correctement abolies. Marx ne se rendit pas compte – ou ne voulut pas admettre – qu’il y avait là peut-être un piège qui ligoterait la conscience critique de ces catégories précises de socialisation capitaliste.

« Critères de dépassement du capitalisme »

Le texte ci-dessous (PDF) de Robert Kurz est extrait de son livre « Lire Marx. Les textes les plus importants de Karl Marx pour le XXIe siècle, choisis et commentés par Robert Kurz » (La balustrade, 2002, traduction par Hélène et Lucien Steinberg). Livre aujourd'hui épuisé et quasi introuvable en occasion, la plupart des textes de Kurz (hormis la préface) introduisant à des extraits de l'oeuvre de Marx qui constituent l'essentiel du livre (et qui ne sont pas ici reproduits), sont donc désormais en ligne sur ce site (voir les références ci-dessous). Le texte présent  (p. 361-371) introduit le dernier chapitre du livre intitulé « Appropriation universelle d'une totalité des forces productives : critères de dépassement du capitalisme » (chapitre VIII). Hors de tout cadre universitaire et académique, Robert Kurz est un militant et théoricien allemand majeur de ces dernières décennies, qui au sein des groupes Krisis puis Exit !, développe une critique à l'égard du marxisme et de toute une ligne argumentative de Marx lui-même (qu'il appelle le Marx exotérique), à partir d'une autre ligne argumentative qu'il met en évidence chez Marx (le Marx moins connu, mal compris voire ignoré par le marxisme traditionnel, qu'il appelle le Marx ésotérique) : la critique des catégories sociales de base de la socialisation dans la société moderne capitaliste-marchande. 


Kurz n'est pas loin de l'AIT de Marx et Cie (association internationale des travailleur, seul le mot travailleur est "décalé")  lorsqu'il définit ce qu'est le projet révolutionnaire à développer.  "En effet, une classe définie a priori par le capitalisme même (le prolétariat) , qui se réclame précisément de sa position dans le capitalisme telle qu’elle lui incombe déjà à son insu, ne peut- être le moteur d’un mouvement social révolutionnaire dans le sens du Marx ésotérique. Seule une association voulue par les individus et dépendant de leurs convictions à eux et non pas de leur position donnée dans le système, sera capable de mener un tel mouvement à bien."
Appropriation universelle d’une totalité des forces productives :

Critères du dépassement du capitalisme
L’individu normal ayant vécu en société capitaliste va être déçu quand il devra constater que Marx, mis à part son analyse et sa critique du mode de production et de vie capitaliste, n’a pas laissé le calque pour ce que l’on appelait, il y a quelques temps encore, à gauche et dans les pays de l’Est : la « construction du socialisme » et la façon « correcte » de procéder. En tout cas, il manque ce à quoi cet individu croit avoir droit pour une critique de la société : une notice jointe contenant le mode d’emploi socio-économique. Ceci tient tout simplement au fait qu’avec la meilleure volonté, il est impossible de déduire une telle construction de la théorie critique de la société. Une théorie critique peut expliquer et définir les manifestations négatives et destructrices du capitalisme, telles que tout le monde peut les appréhender sous une forme ou une autre ; elle peut les analyser et ainsi fonder la critique du capitalisme et la nécessité de le vaincre. Mais cette explication de la critique est toute autre chose qu’un mode d’emploi expliquant comment construire correctement une société « idéale » et autant que possible « dénuée de contradiction », autre chose qu’un plan d’architecture sociale basé sur un quelconque modèle de l’homme tel qu’il devrait être.Qui réclame un tel mode d’emploi demande inconsciemment que le dépassement de la société de marché se fasse lui aussi sur le modèle habituel et ancré de l’achat/vente : il voit la théorie critique dans le rôle du vendeur prié de faire une offre garantissant un droit d’échange standard et [se voit] lui-même dans le rôle du consommateur difficile (et éternellement berné) qui souhaite obtenir une information complète sur le produit, pour pouvoir consommer sans problème la marchandise acquise. Ce faisant, il oublie qu’il ne s’agit en aucune façon d’une offre de marchandises sur le marché des opinions et des suggestions pour changer le monde, etc., mais des souffrances réelles dans sa propre vie et des exigences sociales qui lui sont impudemment imposées et dont il est le seul à pouvoir se délivrer en s’associant à d’autres de ses semblables. La théorie critique n’est pas une offre à proprement parler, mais un miroir de la connaissance de soi, une rage de comprendre et une « invitation à la valse » à l’issue incertaine.

 

mardi 22 mars 2011

Trajectoires des nuages radioactifs de Fukushima

La Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) a aussi effectué ses simulations pour tenter d’estimer le niveau de radioactivité qui touchera la France. La simulation est basée sur les données météorologiques du 12 mars au 21 mars archivées par le NOAA américain. Trois trajectoires ont été établies, en fonction de l’altitude de départ des radionucléides : en vert notamment la trajectoire des particules radioactives émises à 50 mètres de hauteur (en bleu 500 mètres, en rouge 1 000 mètres, assez peu réaliste dans le cas de Fukushima).



Le devenir du nuage dépendra des facteurs météorologiques, notamment du vent, et de sa composition précise : la quantité d’iode radioactif se divise par exemple par deux tous les huit jours tandis que pour le césium il faut trente ans. Mais dans tous les cas, il y aura des particules dans l’atmosphère du monde entier.

A partir des rejets estimés par l’IRSN, Météo France a simulé la dispersion des rejets radioactifs à très grande distance, projetée jusqu’au 26 mars. 
ACCIDENTS NUCLÉAIRES AU JAPON
Annexes:
Trajectoires
Communiqué du 20/03/2011 à 9h :
Contamination radioactive des aliments au Japon

Mortelle randonnée


A Fukushima, le nucléaire vient encore de montrer de quoi il est capable, en matière de meurtre en gros et en détail. Bon nombre d’irradiés, en première ligne les liquidateurs, risquent déjà, aujourd’hui et dans le proche avenir, de crever de façon plus ou moins rapide et peu enviable. Sans parler des maladies et des malformations, mortelles ou non, qui apparaîtront plus tard, dans la région et au-delà des frontières du pays d’Hiroshima.
Les mesures d’urgence prises pour tenter de différer, voire d’éviter, des conflagrations encore plus monstrueuses dans la centrale n’y changent rien, d’autant qu’elles portent en elles la mort et la désolation, en dispersant les sources de radioactivité, dans le sol, dans l’air et dans la mer, pour des centaines, parfois pour des milliers d’années. Pourtant, la page sombre n’est pas prête d’être tournée, pas plus qu’au lendemain de Tchernobyl. En annonçant que « la France ne renoncera pas au programme électronucléaire », Sarkozy réaffirme ce que d’autres adorateurs de l’atome défendirent avant lui, dans des circonstances analogues. Tel Rosen, ponte de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), chargé de la sécurité sanitaire, qui osa affirmer en 1987 : « Même s’il y avait un accident de ce type tous les ans, je considérerais le nucléaire comme l’une des sources intéressantes d’énergie. » Profonde vérité !
L’énergie, c’est l’or en barre du capital : sans en produire et en distribuer, il ne saurait exister. Et le nucléaire en est la corne d’abondance présumée. Il n’est donc pas question d’arrêter la course à l’abîme mais, même au prix des pires ravages et de l’instauration de mesures de militarisation, de l’accélérer. D’où la décision, qui n’est pas limitée à la France, d’allonger de plusieurs décennies la durée de vie des centrales. D’où la construction de l’EPR et d’autres monstres nucléaires et thermonucléaires, comme ITER, nullement inoffensifs comme leurs promoteurs l’affirment, dont le gigantisme exclut la mise en œuvre dans le cadre de l’Etat nation.
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lundi 21 mars 2011

D’un nuage radioactif à l’autre: Les faibles doses

«  Le 11 aout 2007 dans le quotidien International Herald Tribune./Asahi Shimbun. Son auteur est le sismologue Ishibashi Katsuhiko, professeur a l’université de Kobe. Ishibashi Katsuhioko faisait partie du comité d’experts chargés d’établir les normes sismiques des centrales nucléaires japonaises. Il en avait démissionné pour protester contre la position du comité. Il estimait que les recommandations fixées par le comité étaient trop laxistes. »

Les autorités IRSN admettent cette fois la réalité d’un nuage radioactif qui passerait les frontières dès mercredi 23 ou jeudi 24 mars 2011. Mais ils n’admettent toujours pas la réalité des faibles doses de radioactivité et minimisent sa nocivité du fait de sa relative dispersion et du lieu très éloigné de sa production encore constante à ce jour.
Quel jeux jouent-ils? Tout le monde a perdu, vu la propagande de Vichy qui sévit toujours, nous étions condamnés à l’actualité et ses catastrophes pour nous faire entendre. Fukushima est le prix du crime de Tchernobyl étouffé, le prix de l’arrogance nucléaire. Et l’AIEA (1) sont bien des meurtriers. Nous étions condamnés à avancer sur des cadavres ; japonais aujourd’hui, hier ils étaient russes, demain seront-ils français? Ils le mériteraient car il y a bien pire qu’un tremblement de terre et un tsunami réunis pour faire exploser une centrale ; il y a l’arrogance française.
Sous ces nuages, les mesures élémentaires sanitaires à prendre sont les mêmes que celles qui auraient dues être prises il y a 25 ans : confinement, et ne pas consommer des aliments exposés pendant cette période et plusieurs jours après, ce n’est pas difficile à faire.
Ces autorités n’ont pas changé, (et jamais condamné) leur irresponsabilité et leur prévarication sont toujours aussi voyantes. Dernière preuve en date du 17 mars : La demande de non lieu du Procureur Général de Paris et du dessaisissement du Juge d’instruction en charge de l’affaire Tchernobyl. Pour L’AFMT (L’association Française des Malades de la Thyroïde) : « les victimes françaises de Tchernobyl estiment que cette attitude vise à étouffer l’instruction pénale portant sur la problématique majeure de la communication officielle en direction des populations, lors des catastrophes nucléaires, ce qui est absolument intolérable ».
La nocivité des faibles doses de radioactivité est la raison majeure pour laquelle les conséquences sanitaires de Tchernobyl ont été étouffé. La raison pour laquelle plus d’un million de personnes dont surtout des enfants autour des zones contaminées sont malades et ne sont pas reconnues. Deux scientifiques bélarus en ont largement fait les frais. La même chose se produit actuellement au Japon mais plus avec les mêmes excuses ; la sismologie a remplacé la perestroïka. Ces crapules de nucléocrates continuent de profiter du fait que la radioactivité ne se sent pas, ne se voit pas et ses effets ne sont pas instantanées pour les faibles doses et peuvent affecter 10 ou 20 ans après la contamination, elle affecte le système immunitaire donc ce sont toutes les pathologies qui sont à prendre en compte et qui sont facilement noyées dans la masse des pollutions industrielles. Elle affecte le génome donc les générations suivantes. C’est à dire que si il y aura au total 10000 à 30000 morts victimes du séisme et du tsunami, il y aura plus du double de victimes dues à la contamination radioactive, les centaines de « liquidateurs kamikazes » irradiés auront eux le « privilège » de mourir plus rapidement et de se voir pourrir de l’intérieur, c’est ça la barbarie nucléaire. Cela dure toujours.
Il n’y a pas de seuil de contamination admissible parce qu’il n’y a pas un être vivant identique, pas un être vivant qui réagira de la même façon, et ce qui vaut pour les plus faibles d’entre nous vaut pour tous. Et ça, cela s’appelle le respect du vivant. De quel droit jouent-ils avec la vie et la santé de millions de personnes?
La catastrophe nucléaire, c’est en plus des catastrophes naturelles. La radioactivité artificielle, c’est en plus de la radioactivité naturelle et le corps humain n’y ai vraiment pas adapté. Ceux qui parlent « d’adaptation » ou de « gestion du risque » ne sont que des barbares qui tentent de cacher leur cupidité et leur vanité. A eux aussi on doit dire : « mais puisque vous en mourrez, puisque vous en mourrez! Cela ne vaut-il pas la peine de changer un système basé exclusivement sur la surconsommation, le confort matériel, le pouvoir et l’argent? »
A l’heure où la crapulerie internationale entame une énième guerre pour le pétrole en Libye, à l’heure où l’abstention record aux élections prouve que la population a compris que son véritable pouvoir, c’est déjà de ne pas participer à cette mascarade de démocratie. D’un nuage à l’autre, surveillez vos salades et qu’ils arrêtent les leur. D’un nuage radioactif à une insurrection salutaire, il n’y a qu’un pas, que nous franchirions bien volontiers.

Syrie: sanglantes manifestations à Deraa.


Des centaines de manifestants ont mis le feu dimanche au Palais de justice et à d'autres bâtiments et voitures à Deraa au sud de Damas, après des heurts avec les forces de l'ordre qui ont fait un mort et 100 blessés, selon des témoins.

Deraa, située à 120 km de Damas, «est devenue un volcan de feu», criait-il au milieu de la manifestation qui se déroulait dans la vieille ville avant de s'étendre à d'autres endroits. Selon une c
Deraa, située à 120 km de Damas, «est devenue un volcan de feu», criait-il au milieu de la manifestation qui se déroulait dans la vieille ville avant de s'étendre à d'autres endroits. Selon une correspondante de l'AFP sur place, les manifestants, protestant contre la dispersion violente des protestations, ont marché vers la maison du gouverneur, devant laquelle ils ont incendié des arbres.
 
Les forces de sécurité, déployées en force, ont tenté de disperser les manifestants en tirant en l'air et lançant des gaz lacrymogènes mais ces derniers ont poursuivi leur chemin, et arrivés devant le palais de la justice, y ont mis le feu ainsi qu'à de nombreuses voitures garées devant le bâtiment. Les protestataires ont également incendié des locaux des sociétés de téléphonie mobile MTN et Syriatel. Des coups de feu ont été entendus dans différents endroits de la ville.
 
La Mosquée al-Omari, transformée en «hôpital de campagne», accueillait les blessés, a poursuivi le militant des droits de l'Homme. Les affrontements ont duré jusqu'en fin d'après-midi. «Il n'y a pas eu de mort aujourd'hui (dimanche)», a néanmoins affirmé un responsable non identifié cité par l'agence officielle SANA.
 
«Des bandes de malfaiteurs ont attaqué des hôpitaux à Deraa et mis le feu à des biens publics et privés, semant la terreur parmi les habitants. Elles ont tiré sur la police qui n'a pas riposté», a-t-il ajouté. «Toutes les mesures seront prises pour protéger le citoyen et les biens publics et privés.» Le gouvernement avait tenté de faire baisser la tension en annonçant la libération de plusieurs des manifestants, dont une quinzaine de jeunes, arrêtés la veille pour avoir notamment écrit des slogans anti-régime sur les murs. Plusieurs personnes avaient été également blessés samedi à Deraa, au lendemain d'une manifestation ayant fait quatre morts, selon des groupes de droits de l'Homme.

Les forces de sécurité, déployées en force, ont tenté de disperser les manifestants en tirant en l'air et lançant des gaz lacrymogènes mais ces derniers ont poursuivi leur chemin, et arrivés devant le palais de la justice, y ont mis le feu ainsi qu'à de nombreuses voitures garées devant le bâtiment. Les protestataires ont également incendié des locaux des sociétés de téléphonie mobile MTN et Syriatel. Des coups de feu ont été entendus dans différents endroits de la ville.
 
La Mosquée al-Omari, transformée en «hôpital de campagne», accueillait les blessés, a poursuivi le militant des droits de l'Homme. Les affrontements ont duré jusqu'en fin d'après-midi. «Il n'y a pas eu de mort aujourd'hui (dimanche)», a néanmoins affirmé un responsable non identifié cité par l'agence officielle SANA.
 
«Des bandes de malfaiteurs ont attaqué des hôpitaux à Deraa et mis le feu à des biens publics et privés, semant la terreur parmi les habitants. Elles ont tiré sur la police qui n'a pas riposté», a-t-il ajouté. «Toutes les mesures seront prises pour protéger le citoyen et les biens publics et privés.» Le gouvernement avait tenté de faire baisser la tension en annonçant la libération de plusieurs des manifestants, dont une quinzaine de jeunes, arrêtés la veille pour avoir notamment écrit des slogans anti-régime sur les murs.
 
Plusieurs personnes avaient été également blessés samedi à Deraa, au lendemain d'une manifestation ayant fait quatre morts, selon des groupes de droits de l'Homme. Alors que les protestations contre le pouvoir avaient lieu pour le 3e jour consécutif à Deraa, les autorités ont démenti la mort d'un manifestant et des tirs de la police, accusant des «malfaiteurs» d'être responsables des troubles.
 
Cette contestation a été lancée le 15 mars à Damas après un appel d'une page Facebook, intitulée «la révolution syrienne contre Bachar al-Assad 2011», à des manifestations pour «une Syrie sans tyrannie, sans loi d'urgence (depuis 1963) ni tribunaux d'exception, sans corruption ni vols ni monopole des richesses». Les habitants, réclamant libertés et réformes, sont ainsi de nouveau descendus dans la rue à Deraa, en proie à des manifestations depuis vendredi durant lesquelles cinq manifestants ont été tués, plus de 100 blessés et des dizaines arrêtés selon des groupes de défense des droits de l'Homme.
 
Selon un militant des droits de l'Homme, présent à Deraa, un manifestant a été tué et plus de 100 blessés lorsque les forces de sécurité ont dispersé dans la journée à coups de gaz lacrymogènes et de balles réelles les manifestants dans la vieille ville. Le manifestant, Raëd Akrad, a «été tué par une balle réelle», et deux blessés atteints à la tête sont «dans un état très grave», a-t-il affirmé.

Yémen:  Un groupe de 60 officiers de l'armée originaires de la province de Hadramout, dans le sud-est du Yémen, ont décidé de se joindre à la protestation contre le régime du président Ali Abdallah Saleh, a annoncé lundi l'un d'eux, le général Nasser Ali Chouaïbi. L'un des principaux officiers de l'armée yéménite, le général Ali Mohsen al-Ahmar, a annoncé lundi matin qu'il rejoignait la contestation contre le président Ali Abdallah Saleh.

Hier, le président yéménite Ali Abdallah Saleh a limogé le gouvernement alors que des funérailles massives avaient lieu à Sanaa pour des manifestants tués vendredi dans "un massacre", a dénoncé l'opposition. Parallèlement, les défections de responsables du régime du président Saleh, de plus en plus isolé, se sont accélérées et des dignitaires religieux et tribaux ont appelé les forces de l'ordre à refuser de tirer sur les manifestants.

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