jeudi 13 décembre 2018

15 décembre Squatter Paris !

ACTE  5 plus que jamais !

Certains Gilets Jaunes proposent un Brassard Noir en plus du gilet, pourquoi pas.
Mais des attentas ils y en a toujours eu, avant cette révolte comme après elle d'étranges Attentats Anti-Public continuerons à rythmer notre survie d'esclaves,  si nous ne renversons pas le capitalisme assassin.
Comme en Italie dans les années 70/80 le Gladio peut frapper à tout moment et alors ?
Ils veulent surtout squatter les esprits en squattant les images du Média. Imposer et reléguer Lycéens et Gilets Jaunes en dernière place de l'actu... Grâce aux images terroro...



Une nouvelle journée de manifestation se prépare à Paris pour le 15 décembre. On sait désormais, suivant ce qui s’est produit samedi dernier, que l’État met en place un verrouillage policier en anticipant les lieux où seront présents les manifestants – toujours au même endroit, les Champs-Élysées et leurs abords. On sait aussi que les manifestants seront une nouvelle fois refoulés dans les quartiers périphériques, éparpillés sans savoir où se rabattre, sinon interpellés préventivement. 
Il n’est pas question ici de présumer de ce que sera la journée de samedi ni des élans spontanés et de la part d’imprévu qu’elle contiendra, dont le bouleversement, on l’espère, du quotidien consumériste des Parisiens déboussolés. Pour autant, il nous paraît nécessaire de prévoir une situation similaire et, si elle se produit, de frapper, à ce moment-là, là où l’État ne nous attend pas.




lundi 10 décembre 2018

Gilets Jaunes: L'Acte 5 est En Marche

Une parole vide
Mais en prime time...
ॐ मणिपद्मे हूम्
Macron ne lâche RIEN et dope la révolte des Gilets Jaunes. Il pense pouvoir tenir jusqu'à l'Acte 5 du samedi 15 décembre, contre l'avis des pseudo-syndicats de flics, de leur aveu même  au bout du rouleau depuis l'acte 4 du samedi 8 décembre. Il ne promet que quelques miettes pour garder une réserve et ne pas reculer trop vite, il continu de jouer le pourrissement. L'agent Sarkozy lui a sans doute conseillé la manière forte.
Massacrer les lycéens et zoomer sur l’autodéfense des manifestants présentés comme du terrorisme ultra-violent. Ce qui est incroyable c'est la sérénité des Gilets jaunes devant les violences policières gratuites et sans limites. Toute la première partie de son discours c'est du Sarko tout craché, normal ils ont le même employeur...
Un CRS : « Si vous voulez rester en vie, vous rentrez chez vous ! »


Le pétage de plomb de sa police et les conseils de Sarko-Gladio amène l’État profond à ceci:


Le traitement mediatico-policier de la journée du 8 Décembre prouve qu'ils n'ont toujours pas compris la Mantra de la révolte des Gilets Jaunes.
Et cette répression folle est contre-productive pour eux car elle pousse dans le sens du vent vers un émiettement toujours plus favorable à une révolte multiforme qui vient de rebondir vers les Lycéens et nombre de salariés encore peu mobilisés.
Rafler des "Ultras" fichés, préventivement, c'est priver ce mouvement de son arrière-garde, de sa voiture balaie (ce que certains activistes ont compris, ils en tirent évidement toutes les conclusions...).
L’âme de cette révolte c'est le contournement, plus de réactivité, de précision dans l'action de rue et d’efficacité. Comme sous une forme différente, les dernières semaines des émeutes de 2005. Moins de visibilité mais toujours plus de dégâts.
Sur les barrages et rond-point on discute ferme. Deux courants se dégagent mais charriant quantité  de concepts et de variables, atomisés et diffuses. Des Réformistes de la Démocratie Directe partagent avec un courant révolutionnaire qui veut liquider État et capitalisme à l'arrache. Commune patriotique pour tous.
Rien ne sera plus comme avant les Gilets.
C'est une prise de conscience collective en quelques jours seulement, qui demanderait une vie entière dans d'autres circonstances, car seule la lutte frontale permet un tel saut qualitatif.

Pourtant le plan policier de Castaner paraissait complet et audacieux jugez-en plutôt:

«le ministre de l’Intérieur a demandé aux préfets de développer des contrôles sur les axes structurants de leurs départements (péages notamment) et de prendre toute mesure limitant l’achat et le transport d’acide, de carburant, d’artifices, d’alcools, de produits inflammables ou chimiques susceptibles d’être utilisés par d’éventuels fauteurs de trouble à l’ordre public». Et de stipuler plus loin que pour «donner son plein effet à ces mesures administratives […], la mise en œuvre de contrôles d’identité ainsi que des visites de véhicules et de fouilles de bagages s’avèrent nécessaires».

Alors, durant une période donnée et sur réquisitions écrites du procureur de la République (comme le prévoit l’article 78-2-2 du code de procédure pénale), les forces de l’ordre ont pu passer au peigne fin sacs et voitures. En l’occurrence, les réquisitions étaient assez larges puisqu’elles concernaient «les abords des gares ferroviaires et routières de départ vers Paris, les stations de péage autoroutier positionnées sur des axes desservant Paris et les trains à destination de Paris».

Tout manifestant est traité comme un terroriste et ceci préventivement par la force de l’État. Le moindre outils est arme massive de guerre et cela fournit à la fois du chiffre "Gardez-à-vue" plus de 2000, une paille.
Mais surtout un supplément de colère pour ceux qui veulent manifester LIBREMENT.
On choisi aussi quelques rares figures médiatiques pour les agences du média comme Coupat et ses croissants.
Une officine Israélo-Britannique cherche même a impliquer la méchante Russie qui ose montrer les images de la répression policière sanglante dans les rues françaises...
Les misérables !

Mais cela n’a pas suffi. 

Pour la seule journée de samedi, près de 2000 personnes ont été interpellées en France, souvent a priori des manifestations, à grand renfort de la désormais célèbre « participation à un groupement en vue de commettre des dégradations ou des violences ». Cela porte donc à près de 4000 le nombre d’interpellations depuis le début du mouvement. Sans oublier les centaines de blessés, fruit de la multiplication de violences policières qui tiennent autant de la panique que du pétage de plomb d'une troupe au bout du rouleau répressif.

vendredi 7 décembre 2018

Cent Mille flics et leurs blindés !

Toujours rieurs ?
Samedi 8:
Poly-Émeutes partout en France



Dès maintenant la France est en État de siège pour faire pression sur le peuple des Gilets jaunes et les lycéens traités comme des Viet cong avec un millier d'arrestations arbitraires.
«Frapper un homme à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière.» Préfet Maurice Grimaud

Certains fonctionnaires, CRS, ont décidé de se mettre en arrêt maladie pour ne plus se sentir du mauvais côté de la barricade.
Ce n’est pas la prime promise par Emmanuel Macron qui suffira à apaiser les tensions. «  Tous les collègues auxquels j’en ai parlé se sont sentis insultés. On l’a ressenti comme si c’était un susucre qu’on nous donnait pour qu’on ferme notre gueule et qu’on aille faire le sale boulot  »
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Les français veulent faire tomber leur roi.
Pauvre roi en vérité qui entré par effraction, et avec pléthore de riches soutiens,  dans le costume de Charles de Gaulle ne pourra plus se maintenir au pouvoir et ce, quel que soit le résultat de La Journée du samedi 8 décembre 2018.


L’exécutif promet des «gestes de détente»...

 152 jeunes ont été interpellés jeudi devant le lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie.
Non il ne s'agit pas de vielles photos du Katanga mais du 6 décembre 2018 !
Des «gestes de détente» parmi les 900 arrestations de lycéens de la journée...

dimanche 2 décembre 2018

« Directives du peuple »

Un lendemain de Fêtes
La France en colère !
«  La semaine on bloque l’économie, le week-end la consommation. »
Un pillage efficace des quartiers rupins de Paris, en guise de réponse immédiate au Nassage massif des Champs-Élysées par les poulets, fait trembler les classes possédantes et leur personnels.
La Saint Barthélémy  version soft. 
Pas encore de défenestrations mais déjà le feu comme punition. Commerces, banques, limousines, un Hôtel Particulier, brillent dans l'imaginaire inquiet des riches, comme ces palaces de l'avenue Kleber vandalisés et gazés par la fumée de leurs propres limousines brûlant.
L'ennemi ne peut reculer facilement face aux Gilets Jaunes au risque de voir s'écrouler le château de cartes de son pouvoir. 
Il veut encore jouer la fermeté mais en a t'il les moyens ?
Toute la canaille politico-Étatique se presse autour du Media pour reprendre la main et nous embrouiller.
Oui Francis Cousin a raison sur ce point "La force des Gilets Jaunes c'est son bordel initial". Pas de revendication claire, pas d'appareil, pas de hiérarchie.
Parallèlement aux émeutes un texte qui fait des propositions concrètes circule et à été expédié aux députés. 
Il y a un coté "Front Populaire" chez les Gilets Jaunes qui comme en 36 mettent la pression sur la Représentation Nationale ici les députés.
Acculé, l’exécutif promet des «gestes de détente».
La preuve: A Bordeaux, des enseignants et des parents se sont indignés dans un communiqué commun : «Nous avons vu des élèves chargés sans sommation, essuyer un usage intensif des gaz lacrymogènes, des coups de matraque et être visés, tout au moins, par des fusils flash-ball.»
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Blessée dans son appartement par une grenade lacrymogène tirée depuis la rue samedi à Marseille, une femme de 80 ans est morte le lendemain à l’hôpital.
Elle criait : "Ils m’ont visée, ils m’ont visée !"
L’appartement était rempli d’une fumée noire. «Elle m’a raconté que deux policiers en tenue se trouvaient sur le trottoir d’en face de la Canebière et lui ont tiré dessus.»

Relâchez Tous les Gilets Jaunes arrêtés le 1 décembre. Ce sont des résistants à l'oppression qui ont affronté avec courage les hordes policières de Castagner le Flic/truand.
Gilets jaunes: Message d’un militaire a ses frères d’armes. Pas d’insurrection possible sans qu'une partie significative des uniformes la rejoigne...

Pour les seules compagnies républicaines de sécurité (CRS) et les compagnies de sécurisation et d’intervention de la préfecture de police (CSI), ont été comptabilisés 1 193 tirs au lanceur de balles en caoutchouc, 1 040 grenades de désencerclement et 339 grenades GLI-F4, munition composée notamment d’une charge explosive de 25 grammes de TNT.
Ces armes sont connues pour provoquer d’importantes blessures, voire parfois des infirmités permanentes, comme des énucléations, des fractures, voire des amputation de membres. Des volumes ahurissants, sûrement historiques. A titre de comparaison, pour l’ensemble de l’année 2017, l’Inspection générale de la police nationale avait comptabilisé 796 tirs de grenades de désencerclement, soit un tiers de moins que pour la seule journée de samedi.

Bertrand Cavallier, ancien général de gendarmerie. "On était confronté à une situation inédite, la solution n’est pas que tactique. D’une certaine manière, on découvre à nouveau cette capacité de révolte d’une population. Vous pouvez demander ce que vous voulez aux forces de l’ordre, mais la sortie de crise sera politique."
Lorsque le peuple est à la manœuvre alors oui, on peut dire "La police avec nous". Ils doivent choisir leur camps avant qu'il ne soit trop tard...
Peut-être leur pardonnerons-nous, avec le temps. Comme à Pau qu'ils retirent leurs casques en guise de soutient et Crosses en l'air !
Pas de revendication claire, pas d'appareil, pas de hiérarchie.

vendredi 30 novembre 2018

Il faut dénoncer l’usage des grenades GLI-F4

L’État français redoute la nouvelle manifestation du 1er Décembre sur les Champs-Élysées.
La Préfecture de Police de Paris retient son souffle.
La présence des lycéens, entrés dans la danse depuis vendredi, rend explosif le potentiel de cette manifestation sauvage et non déclarée...
Paris brûlera t-il ?

Un seul coupable le Ministre de l’Intérieur et Assassin:

« C’était la première fois que je manifestais de ma vie. Je n’avais aucune protection, dit Isabelle, 42 ans, aide-soignante dans l’Oise, qui était venue à l’issue de sa nuit à l’hôpital. Là, on a prévu des masques pour nos yeux, des compresses, du sérum physiologique. » 
Sur les réseaux sociaux, elle raconte que les discussions vont bon train sur la meilleure protection contre les Flash-Ball. Elle réfléchit à s’acheter des protège-tibias. « Bien sûr que j’ai peur, reconnaît-elle. C’était pas franchement agréable samedi. Mais si on recule, le gouvernement dira : “Vous voyez il n’y a personne, on a gagné !” 
Donc faut y retourner. »
Les avocats de personnes blessées par un type de grenade au TNT employé par les forces de l'ordre demandent au ministre de l'Intérieur de les interdire en vue des manifestations de ce samedi.


Le chiffre est encore inconnu. Combien de personnes ont-elles réellement été blessées par les forces de l'ordre lors de la manifestation des gilets jaunes, samedi 24 novembre, sur les Champs-Élysées ? 
Un bilan, très rapidement communiqué par le ministère de l'Intérieur, faisait état de 24 blessés. Ce décompte est probablement loin de la réalité. Depuis, de nombreuses personnes se font connaître pour médiatiser leurs blessures.
 Marqués par l’usage massif de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre sur les Champs-Élysées, samedi 24 novembre, ceux qui envisagent d’y retourner le 1er décembre ont prévu de s’équiper pour faire face. Même les plus pacifiques.

«Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

En Belgique, le 20 novembre, un étudiant demandait au président de la République pourquoi la France était le seul pays à utiliser des grenades contre sa population. Emmanuel Macron lui répliquait vertement qu’il disait «n’importe quoi».

Pourtant, à ce jour, rien n’est plus vrai que la remarque de cet étudiant. La France est en effet le seul pays de l’Union européenne à utiliser des grenades GLI-F4, relevant de la catégorie des armes à feu, dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre.

Cette spécificité française, a été affirmée sans détour dans un rapport commun de l’IGPN et de l’IGGN dès 2014, que le président de la République fait aujourd’hui mine d’oublier : «L’étude d’exemples pris dans les pays voisins a permis de confirmer la spécificité française, seule nation d’Europe à utiliser des munitions explosives en opération de maintien de l’ordre […].»

Et dans les faits, des grenades explosives, et plus particulièrement la GLI-F4, grenade lacrymogène instantanée qui comporte une charge explosive de 25 grammes de TNT, sont bien utilisées en France contre les foules, et ce malgré le risque de blessures mortelles identifié par le rapport.

Si l’on pense, d’abord, à Rémi Fraisse tué à Sivens par une grenade offensive «F1», dont l’usage a, de ce fait, été interdit, il faut désormais également penser à tous ceux qui, depuis, ont été blessés ou mutilés par l’explosion des grenades GLI-F4 encore en service : Robin dont le pied a été déchiqueté à Bure en mai 2017, Maxime qui a perdu une main à la ZAD en avril dernier, mais aussi Corentin, Hortense, Jean, Marie Astier (journaliste), Cyril Zannettacci (photographe), mutilés aux mains, pieds et bras lors de ces mêmes opérations d’expulsion. Liste noire à laquelle il faut, depuis samedi dernier, ajouter Gabriel dont les doigts ont été arrachés sur les Champs-Élysées, mais aussi Ulrich et Antonio gravement blessés par l’explosion de GLI-F4 alors qu’ils participaient à ce même rassemblement des «gilets jaunes» au cours duquel plusieurs milliers de grenades explosives ont été tirées.

Alors que depuis 2016, tant le Défenseur des droits que l’Association chrétienne pour l’abolition de la torture (ACAT) tirent le signal d’alarme quant au recours à ces armes à feu, l’État persiste à recourir massivement à ces grenades explosives au risque assumé de mutiler voire de tuer.

A l’approche de la mobilisation du samedi 1er décembre à laquelle l’Etat a prévu de répondre par un dispositif de sécurité hors norme, nous, avocats de personnes blessées, demandons instamment à ce qu’il soit renoncé à l’usage de ces armes avant qu’un mort ne vienne justifier son interdiction. Nous vous prions de croire, monsieur le ministre de l’Intérieur, à l’expression de nos salutations les plus respectueuses.»

Arié Alimi, William Bourdon, Chloé Chalot, Raphaël Kempf, Céline Mokrane, Aïnoha Pascual

En Belgique c'est Bruxelles qui connaît ses premiers affrontement et voici ce que l'on peut lire:


Et se faire casser...


vendredi 23 novembre 2018

Gilets Jaunes: Pour une tactique du contournement.

Macron c'est Rintintin chez les Bisounours
coopté par le Média infra-capitaliste. Sans aucune légitimité il est choisi pour incarner le pouvoir.
 
Les Gilets Jaunes ont déjà provoqué un séisme qui s’internationalise et se radicalise comme sur l’île de la Réunion, paralysée et en proie à des pillages compulsifs et jouissifs.

Un début de panique s'empare des autorités en cette veille de  journée d'Action du samedi 24 novembre en particulier à Paris.
C'est sa fluidité presque volatile dans l'espace social qui rend la répression policière du soulèvement des Gilets Jaunes inefficace.
Pire la bonne vielle méthode consistant à isoler des Faits Divers violents en les sur-Médiatisant pour salir une lutte ne marche pas. Les "Sondages" décrivent le soutient grandissant de 80% de la population à la cause des Gilets Jaunes.

Assange Crève
 Les Champs-Élysées le 24 vers 16h
Qui est Christophe Castaner le Ministre de l'Intérieur qui a volontairement provoqué les Gilets Jaunes dés 10h15 avec ses flics et leurs grenades ?
Christophe Castaner un Ministre de l'Intérieur atypique ?

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Retour sur le 17 novembre: Une des meilleures analyses sur le début des Gilets Jaunes: Source
 Les amours jaunes


« La confusion des gilets jaunes est à l’image de la confusion même de l’époque, qu’il convient de démêler à minima. »


Presque 300 000 gilets jaunes, plus de 400 blessés, une manifestante tuée, 282 personnes interpellées, le tout sur environ 2000 points de blocages et le ministre de l’Intérieur qui lance un appel au calme en début de soirée. Qui s’aviserait encore d’affirmer qu’il ne s’est rien passé ce samedi 17 novembre ?



Il n’est rien que le peuple de gauche redoute davantage que le contact de l’inconnu. On veut connaître ceux qu’on aimerait représenter - les reconnaître pour les classer. Toutes les distances que la gauche des syndicats et des partis a créé autour d’elle sont dictées par sa phobie du contact. Les gilets jaunes enseignent aux révolutionnaires que l’attente patiente des surprises, de l’inattendu ou des choses effrayantes pourrait plonger le mouvement général de sécessions à venir dans un délicieux état d’ivresse.

Un fait central : les manifestants font usage d’une pléthore de tactiques, jamais vues auparavant en France. Les rocades circulaires de Nantes, Bordeaux, Rennes sont bloquées. Une opération péage gratuit se tient aux environ de Nice. En Moselle, l’A4 est occupée en fin de matinée. Aux environs de 17h, les CRS, alors qu’ils chargent, la presse locale relate qu’ils auraient été accueillis par quelques cocktails molotov. Les manifestants n’hésitent pas non plus à enflammer les voies quand ils se replient. À Dijon, les gilets jaunes désertent la périphérie où la préfecture voulait les contenir pour se répandre dans le centre-ville. À Bar le Duc, on ne bloque pas complètement, mais on préfère forcer les automobilistes à la lenteur, le temps d’entamer un dialogue et d’expliquer. À Marseille, on bloque en centre-ville et on coupe l’accès à l’aéroport Marseille-Provence. À Troyes et Quimper, les plus intrépides tentent de prendre la préfecture. À Paris, des VTC en lutte bloquent les quais de Bercy puis le carrefour de la Bastille. Au même moment, le périphérique est bloqué dans les deux sens tandis que, au niveau de la Porte de la Chapelle, une compagnie de CRS arrive : sans qu’un seul n’ait eu le temps de descendre de son fourgon, le cortège motorisé s’engage vers l’A1 pour bloquer à nouveau l’axe autoroutier principal qui relie le plus grand aéroport de France à la capitale. L’après-midi, une foule de plus de mille personnes déborde le dispositif policier pendant quelques heures sur les Champs Elysées. La manifestation sera stoppée à seulement quelques dizaines de mètres de la porte principale du Palais présidentiel. A plusieurs milliers de kilomètres, les événements résonnent aussi, comme à La Réunion, où l’on dénombre une quarantaine de points de blocages. Un certain sentiment de révolte a donc fait tache d’huile.

Nous dirons que la confusion des gilets jaunes est à l’image de la confusion même de l’époque, qu’il convient de démêler à minima.

  Circulation(s)

Dans les sociétés industrielles du XXe siècle, l’hostilité du mouvement ouvrier à l’encontre du monde capitaliste prenait la forme de la grève, mode d’action collectif qui visait à fixer le prix de la force de travail, les salaires, les conditions de travail et les acquis sociaux. Cette forme de lutte mettait au premier plan les travailleurs dans leur rôle de travailleurs. Son champ de conflictualité se déployait au sein même de la production, dans sa capacité à l’interrompre ou à la saboter. Cependant, dans les sociétés post-industrielles contemporaines, le compromis fordiste n’a plus cours. Comme les gilets jaunes l’expriment en ce moment même, les blocages, par leur dimension interruptrice de la circulation marchande (parallèle à celle de la consommation), dessinent une lutte pour fixer le prix des marchandises - ici les carburants. Le blocage ne met plus en vedette un sujet stable, celui de l’ouvrier ou la classe, mais configure un champ d’individus en lutte, dont le seul critère commun est un affect flou de la dépossession - une agrégation de colères éparses.

En Europe, le cycle d’accumulation à l’œuvre depuis les années 1970 est marqué par un affaiblissement invariable des processus de valorisation au sein même de la production. Dit autrement, l’usine n’est plus le lieu primordial et essentiel de la création de la valeur. Les machines seules et la force de travail qui les assiste - celle des ouvriers – ne sont plus aussi centrales qu’auparavant dans la création de richesse. Sans trop prendre de risques, on peut affirmer que, sur la période en question, le capital, confronté à des rendements fortement diminués dans les secteurs traditionnellement productifs, est allé chercher le profit au-delà des limites de l’usine. Cela est venu bouleverser les schémas de luttes, et la centralité du mouvement ouvrier dans celles-ci. Ce n’est pas dire que les ouvriers ont disparu - loin de là - mais qu’ils ont perdu leur force déterminante dans l’arrêt de la production et, par-là, leur rôle incontournable dans la structuration politique de la société. D’où le reflux continu des luttes ouvrières depuis une vingtaine d’années, et les défaites successives de mouvements sociaux français désormais privés de leurs sujets historiques.

 Par son usage immédiat et massif du blocage, le mouvement des gilets jaunes oppose une résistance à la hauteur de la restructuration capitaliste des années 1980 - celle qui marqua l’assassinat en règle de la classe ouvrière. En effet, celle-ci avait consisté à hyper-rationaliser la force de travail des ouvriers pour la réduire à la portion congrue, dans la mesure du possible. On ne sera donc pas étonné que la géographie du mouvement des gilets jaunes illustre en partie celle de la désindustrialisation.

 L’économie financière contemporaine repose sur l’intensification des processus de circulation à l’échelle mondiale. Le rapport social capitaliste se déploie dans des circuits d’approvisionnement sans fin, s’élabore sur un espace lisse et sans heurts - à l’image de la maritimisation actuelle des échanges planétaires, comme de la prolifération des câbles sous-marins. Dès lors, chaque tentative de reprise en main de l’espace de la vie se traduit par une interruption de la circulation, un accident topologique de plus ou moins forte intensité. Ainsi : à l’été 2018, en Haïti, une vague de violences se propage suite à une hausse du prix de l’essence qui pousse à la démission du Premier ministre. En janvier 2017, c’est au Mexique que le prix de l’essence fait débat. Bilan : plusieurs jours de manifestations, de blocages des flux et des scènes de pillages à grande échelle… Il n’est pas non plus étonnant que les révolutions arabes aient commencé par l’immolation de Mohamed Bouazizi qui était un vendeur de rue à Sidi-Bouzid, c’est-à-dire qu’elles aient commencé à la périphérie tragique de la sphère de la circulation.
Blocage(s)

Le 17 novembre rappelle ce que se saisir de l’espace a voulu dire, et peut vouloir dire. Il ne suffit pas de lui appliquer (de façon convenue ou saugrenue) des catégories politiques vides de sens : mieux vaut chercher, par en bas, ce que cette journée évoque dans sa forme.

L’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle fournit, à cet égard, un point de comparaison intéressant. Le mouvement des enclosures, visant à déposséder les paysans de la jouissance des terres communes, avait été encadré par l’Inclosure Act de 1773, cependant qu’Adam Smith préparait la parution de La richesse des nations (1776). Les communautés villageoises connaissaient une profonde déstructuration. Un saut d’échelle avait lieu : l’unité scalaire du village, ou du comté, devait être liquidée au profit de l’unification économique de la Nation, et de son insertion dans le marché mondial. Cependant, les communautés villageoises ne considéraient pas ce processus comme inéluctable, et disposaient d’une tactique destinée à contrer à le contrer : la foule. Comme l’expliquait l’historien britannique E. P. Thompson, la foule ne reconnaissait pas les lois de l’offre et de la demande, selon lesquelles la rareté se traduisait inévitablement par une hausse des prix, et restait attachée à des traditions de marchandage direct, qu’elle défendait par l’émeute. Toute augmentation du prix du pain, toute tentative d’imposer une mesure-étalon pour la vente du froment qui ne correspondait pas aux standards populaires et locaux, était la cause d’une émeute. En 1795, alors que la disette se généralisait en Europe, les navires céréaliers étaient bloqués dans les ports, car on suspectait les courtiers en gros d’expédier du blé vers l’étranger. Le blé, la subsistance, était bloquée – et tous les types de flux qui pouvaient lui être associés : cela pouvait aussi bien se traduire par le fait d’intercepter des charrettes de froment en rase campagne, en faisant appel à des « bandits sociaux » familiers du terrain, que par le fait d’empêcher le départ de navires. On bloquait le réseau du blé.

Le luddisme, un peu plus tard, revêtira également les traits d’un acte délibéré de ralentissement des flux de marchandises et de personnes. Mais là où la question de l’interruption – ou, à tout le moins, de la maîtrise des flux – ressurgira, c’est au lendemain de la guerre de 1870. Les prussiens avaient montré à l’Europe que leur victoire résidait dans la maîtrise sans pareil de la circulation de troupes par voie ferrée et, par conséquent, de leur approvisionnement en charbon. Le sabotage contemporain naquit de ce constat : il fut expérimenté par les hommes du front, par les Communards qui coupèrent les lignes télégraphiques afin de ralentir les Versaillais, puis transféré dans la sphère politique par l’intermédiaire du syndicalisme d’action directe.

Émile Pouget mit ainsi en forme la question du sabotage dès son retour d’exil, en 1895 : elle était inséparable du mythe de la grève générale révolutionnaire. En 1912, à la parution de son opus magnum, il fit du sabotage le principe même de la lutte : « Dès qu’un homme a eu la criminelle ingéniosité de tirer le profit du travail de son semblable, de ce jour, l’exploité a, d’instinct, cherché à donner moins que n’exigeait son patron. Ce faisant, avec tout autant d’inconscience qu’en mettait M. Jourdain à faire de la prose, cet exploité a fait du sabotage, manifestant ainsi, sans le savoir, l’antagonisme irréductible qui dresse l’un contre l’autre, le capital et le travail. »

Dérivé du go’canny écossais, ou du fait de « faire traîner les sabots », le sabotage, qui n’était au départ qu’un ralentissement, se déplace avec Pouget à l’échelle du réseau entier de la production et de la circulation de matières, il s’adapte à l’émergence de l’usine taylorienne. Sans que les syndicalistes révolutionnaires n’aient jamais pu s’imposer au sein des grandes fédérations de travailleurs (mines, chemins de fer), une courte « ère du sabotage » fut néanmoins ouverte entre 1906 et 1911 : le « Roi de l’Ombre » Émile Pataud, à la tête du syndicat des électriciens, plongea Paris dans l’obscurité le 7 mars. En avril 1909, une grève des postiers aboutit à la section de nombreuses lignes télégraphiques. Le 13 octobre 1909, lors de la manifestation de protestation contre l’assassinat de Francisco Ferrer, les émeutiers parisiens incendièrent les conduites de gaz, et l’on vit en pleine nuit jaillir des geysers de feu au beau milieu de la capitale. Au même moment, les cheminots étaient suspectés d’avoir tenté d’interrompre les flux ferrés, et la répression s’abattit sur le syndicalisme révolutionnaire après l’épisode du « Pont de l’Arche », où quatre wagons du rapide du Havre tombèrent dans un fossé dans la nuit du 29 au 30 juin 1911, sans faire de victimes. Certes, il ne s’agissait plus là de mouvements de foules paysannes, mais la dimension logistique du pouvoir s’était révélée avec une évidence sans précédent.
Représentation(s)

Le 17 novembre est donc une affaire de spatialité. Il raconte une chose sur la façon d’habiter l’espace des gilets jaunes – cette façon de vivre les « villes invisibles »,que partage la banlieue, le péri-urbain et le rural dans leur commune dépendance à la voiture. Et il en raconte une autre sur la façon de se projeter dans l’espace – cette façon d’opposer, à la pensée zonale de l’État, la pensée réticulaire de l’expérience du monde.

Par ailleurs, les gilets jaunes ne forment pas un collectif politique homogène et stable. Au contraire, l’effet-masse du mouvement est si fragmenté qu’il est difficilement soluble dans les catégories positivistes de la sociologie politique. D’où l’incompréhension à son égard dans bien des franges de la gauche et de ses extrêmes. D’où une certaine frilosité. D’où certaines calomnies en forme d’accusations de poujadisme.

 Pourtant, ce qu’il y a de formidable avec cette séquence naissante ne se situe pas dans la clarté du mouvement qui se dessine, mais dans le fait qu’il échappe encore à toute capture politique. Cela lui confère un caractère imprédictible car il échappe pour le moment encore au répertoire d’action de la politique classique – de gauche comme de droite. Sans direction syndicale, ni grandes manifestations aux revendications claires et délimitées, l’hostilité anti-gouvernementale des gilets jaunes ne s’exprime pas non plus dans les formes classiques du mouvement social à la française. S’y joue un certain effet de sidération collective, une certaine ouverture à la panique - et la panique est ce qui fait paniquer les gouvernants. Cette grande peur tient pour partie d’un phénomène de prolétarisation massive, mais aussi du sentiment diffus que les crises contemporaines viennent nous menacer jusque dans nos modes d’existence concrets. L’embryon d’hostilité généralisée à l’égard de la hausse des prix s’articule à partir d’une individualité générique certes, mais ’plus on lutte pour sa propre vie plus il devient évident qu’on lutte contre d’autres qui nous gênent de tous côtés’, nous rappelait déjà Elias Canetti au siècle précédant dans Masse et puissance.


  Jaune(s) et vert(s)

L’usage symbolique du gilet jaune est clair : ce qui avait d’abord été imposé comme un dispositif de sécurité se transforme en pas de côté social. L’horrible vêtement jaune devant normalement être enfilé au moment d’un arrêt forcé sur le bas-côté (ceci jusqu’à l’arrivée des secours, de la dépanneuse ou des forces de l’ordre) devient le véhicule symbolique d’une agrégation des colères populaires. Cet artefact de la société du risque contrôlé voit son usage détourné, révélant par là tout le mensonge de ce genre de dispositif. Sortis de leurs voitures, les gilets jaunes se reconnaissent mutuellement dans l’urgence provoquée par la dégradation soudaine de leur modes d’existence. Ce qui s’est opéré ce weekend est un renversement : les gilets jaunes sont de sortie, mais il se peut qu’ils n’attendent plus la voiture-balais d’une société supposée leur venir en aide. Car si la voiture est en panne, c’est aussi à cause de la route elle-même.

’On travaille pour mettre du gasoil dans la voiture pour aller travailler pour mettre du gasoil dans la voiture. Vous voyez le truc ?’, nous dit une manifestante anonyme. Un marxiste croirait déceler dans ces paroles une définition de la domination abstraite : le fait qu’il faut travailler pour travailler. Nous y voyons plutôt la métaphore d’une civilisation agonisante que trahit l’une des limites structurelles du mouvement naissant des gilets-jaunes. C’est que le monde actuel se maintient par son intensification permanente et clôt l’horizon même de son potentiel dépassement. Il capture ainsi toute proposition de bifurcation radicale.

Certes, l’hypothèse des gilets jaunes reste pour l’instant prisonnière du monde qui l’a produite, mais ce n’est pas sa fin en soi. Nombre d’esprits tatillons ont d’ailleurs d’ores et déjà critiqué à l’envi le caractère pollueur de leurs revendications. Toute contre-insurrection repose sur des tactiques qui visent à diviser entre eux les segments de la population qui pourraient rejoindre les insurgés. La macronie l’a bien compris, puisqu’on assiste ainsi depuis quelques jours - à mesure que l’inquiétude du pouvoir grandit - à l’inflation d’un métadiscours qui voudrait opposer le gilet-jaune périphérique à l’écologiste urbain.

Nous dirons au contraire que l’un ne va pas sans l’autre. La colère du gilet jaune lui échappe et elle doit contaminer l’esprit raccommodeur de l’écologiste. En retour, la dimension réparatrice de l’écologiste doit toucher le caractère destructeur des bloqueurs parés de gilets jaunes. Les deux doivent faire l’expérience commune que le pouvoir qui les ronge s’incarne dans des infrastructures qu’ils devront combattre - ensemble.

Un historien des couleurs, Michel Pastoureau, a montré qu’au Moyen-Âge le jaune et le vert, lorsqu’ils sont joints, illustrent un champ symbolique du désordre. Il nous dit qu’au XIVe siècle, si le blanc conserve tout son prestige sémantique et esthétique, le jaune en vient à signifier l’autre radical, ’le jaune n’est plus guère la couleur du soleil, des richesses et de l’amour divin, [...] devenu la couleur de la bile, du mensonge, de la trahison et de l’hérésie, [...] c’est aussi la couleur des laquais, des prostitués, des juifs et des criminels’. Quant au vert, son cas est plus subtil, ’c’est la couleur ambivalente type’, ’couleur du diable et de l’Islam, couleur de la jalousie et parfois de la ruine, le vert est aussi la couleur de la jeunesse et de l’espérance, celle de l’amour naissant et de l’insouciance, celle de la liberté [...] qui traduit une idée de perturbation’, de folie même parfois. Exactement comme aujourd’hui avec le gilet jaune et l’écologiste vert, ’le jaune évoque la transgression de la norme ; le vert, la perturbation de l’ordre établi’ et quand elles sont juxtaposées, les deux couleurs produisent une intense symbolique du désordre. Dans son caractère bariolé, écartelé, la redondance de cette bichromie équivaut presque à une structure chromatique en spirale, qui donne l’impression d’un bruit violent et croissant, d’un arrêt à venir. Ainsi, dans l’imaginaire carnavalesque, les deux couleurs liées sont associées au fripon ou au bouffon, soit à la figure du trickster, cet être qui se moque des puissants et dont le rire détruit autant qu’il répare.

vendredi 16 novembre 2018

Les Gilets Jaunes débordent déjà !!!




Les Belges bloquent les dépôts de carburant !
La cause est elle juste ?

Oui, le racket des prolétaires qui, pour beaucoup en dehors des grandes villes, dépendent de leur voiture pour travailler et de facto se nourrir est une injustice à combattre.

Tous sur les barrages pour radicaliser.


Mobilisons-nous massivement:  K-ways noirs & gilets jaunes unis !

mercredi 14 novembre 2018

Du sexisme inclusif



Reproduction d'un article d'Annick Stevens par PMO sur l'un des confettis sociétal qui inondent le Média depuis une quinzaine d'années.
Nul puritanisme, mais un plan complet pour enfumer les esprits faibles. L'écriture inclusive n'est qu'un élément avec la VEGAN, la PMA et toutes les autres "Fausse Critiques" du puzzle.


Nous qui avons toujours considéré que l’écriture prétendue "inclusive" était ainsi nommée par antiphrase ; qu’elle n’était en réalité qu’une écriture exclusive visant à la séparation, une mode issue du puritanisme des campus américains (voir Les Bostoniennes de Henri James) et la plus récente préciosité des ridicules contemporaines, nous publions avec plaisir cette dissection réfléchie et raisonnée de la philosophe belge Annick Stevens, spécialiste d’Aristote et de la philosophie de l’Antiquité.

Le texte a été publié fort à propos par le “bulletin de critique bibliographique” anarchiste A Contretemps
Du sexisme inclusif stevens.pdf

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