jeudi 30 décembre 2010

D’Indymedia à Wikileaks : ce qu’une décennie de "hacking journalism" nous dit sur l’avenir de l’info

 D’INDYMEDIA A WIKILEAKS
La première fois que j’ai entendu les mots “site miroir” j’étais assis à un bureau jonché de débris, penché sur un ordinateur, au deuxième étage d’un immeuble de la 29ème rue à Manhattan.

J’avais tout juste commencé à travailler bénévolement pour le Centre des médias indépendants de la ville de New-York (Independent Media Center)1, qui se révèlera être l’une des premières organisations de “journalisme citoyen” aux États-Unis, même si à l’époque, personne ne l’aurait appelée ainsi. A ce moment là, l’IMC couvrait la troisième journée des actions de protestation contre le Forum économique mondial (WEF) qui se tenait à New York. C’était moins de cinq mois après le 11 Septembre, la ville était froide et sombre, les gens tendus. Très tendus. Et notre site web, Indymedia New-York, avait atteint la vitesse d’une limace.

- Il va tomber en panne, murmurai-je.

- Ne t’inquiète pas, me dit-on, nous avons fait une version miroir du site sur plusieurs serveurs de sauvegarde. Les mises à jour faites par les personnes qui utilisent l’Open Newswire seront affichées avec un décalage, mais les utilisateurs pourront toujours accéder au site.

J’aimerai pouvoir dire que le site Indymedia était en train de tomber parce que nous étions – comme Julian Assange – la cible de puissantes forces gouvernementales. Mais je soupçonne que la lenteur de notre site était due à une charge inattendue sur le serveur et à l’infrastructure fragile du site plutôt qu’à une quelconque conspiration mondiale.

J’ai néanmoins poussé un soupir de soulagement. Tout allait bien se passer. Quelque part, une personne qui comprenait ces histoires de “miroirs” et de “serveurs” s’occupait de tout.
Si je ressorts cette vieille histoire du journalisme citoyen en ligne c’est parce que lorsque je lis des tweets tels que : “la première vraie guerre de l’info est engagée, et le champ de bataille est Wikileaks” , je me dis que cela vaut la peine de prendre du recul et d’essayer de mettre les évènements récents en perspective. La bataille autour de WikiLeaks et les questions journalistiques qu’elle soulève sont véritablement de nouveaux développements, mais, ils sont basés sur des tendances à long terme et sur une histoire qui remonte à près de deux décennies. L’impact de Wikileaks sur le journalisme est plus un effet de proportion que de nature ; ce qui [nous] arrive n’est pas entièrement nouveau, mais cela se passe à plus grande échelle.
Je vais parler de deux tendances générales mises en évidence ces dix dernières années dans des évènements à la pointe de “l’activisme journalistique” et qui vont, à mes yeux, changer le journalisme.

L’introduction de nouveaux « objets » propulsés par internet au cœur du métier de journaliste
Le principal changement qui a affecté le journalisme au cours de ces dix dernières années (effondrement du business modèle mis à part) a été l’introduction de nouveaux et étranges “objets de journalisme numérique” dans le flux de travail journalistique traditionnel.
Pendant la couverture du Forum économique mondial par Indymedia, ces nouveaux objets étaient les comptes-rendus des gens, avec leurs photos prises dans l’instant, et d’autres formes primitives de “journalisme citoyen”, le tout transmis en temps réel à des sites internet. Depuis 2002, nous avons vu ces formes de témoignages directs être lentement adoptées par les médias traditionnels, de l’iReport de CNN jusqu’à la série “Moment in Time” du New York Times, une série de photos crowdsourcées.
Nous constatons que les médias ont beaucoup de mal à intégrer ces quantités massives de données semi-structurées dans leur flux de travail traditionnel – certaines de ces données (mais pas toutes) provenant d’acteurs non-traditionnels comme WikiLeaks. Todd Gitlin, professeur à l’université de Columbia, qui s’appuie sur les travaux pionniers de Lev Manovich, théoricien des médias, a récemment soutenu que « la métaphore absolue de l’information, à notre époque, est la base de données. Et cette dernière est bien plus qu’une métaphore, c’est un document qui nous montre à quoi ressemble l’information et de quelle manière on peut l’obtenir. Une métaphore est un vecteur, un condensé de significations. Une base de données est un tas. »
Bien que je ne sois pas entièrement d’accord avec Gitlin sur la signification politique de WikiLeaks (révélation : Gitlin a été mon conseiller de thèse), je suis d’accord pour dire que le défi des journalistes traditionnels est d’accepter la présence de ces nouveaux et étranges objets. Quel statut journalistique accorder à une base de données ? Comment les intégrer à notre routine de travail ? Tout comme les premières photos prises par des citoyens pendant des manifestations ou sur le lieu de catastrophes naturelles ont obligé les journalistes à repenser ce qui fait office de preuve journalistique, les 250.000 mémos diplomatiques de WikiLeaks, dévoilés lentement et régulièrement, poussent les journalistes à se poser des questions semblables sur leur travail.
Il existe une différence en terme d’échelle, entre des photos prises par des citoyens et des bases de données. Et lorsque cette différence est trop importante, elle devient une différence de nature.
Mais la présence de ces étranges objets d’information extra-journalistiques n’est pas si surprenante : ces nouvelles simili-sources d’information piratent le workflow journalistique depuis des années. Ce qui est nouveau, c’est l’ampleur de la preuve qui assaille maintenant le journalisme. La question de savoir comment gérer les photos soumises par des lecteurs est une question qualitativement différente de celle de savoir comment gérer des centaines de milliers de mémos fournis par une organisation média qui se dit transparente et dont les motivations et les valeurs fondamentales ne sont pas claires.

Il suffit de voir les mémos du Département d’état comme un immense tas de documents crowdsourcés, où le mot “crowd” (foule) est remplacé par “corps diplomatique américain”, et dont le tout premier travail de collecte et d’analyse de ces documents a été réalisé par une organisation externe au département d’état.

La lente ascension des geeks de l’information
Dans le cas d’Indymedia et de Wikileaks, les développements qui ont eu un impact sérieux sur la salle de rédaction ont été alimentés par ce que j’aime appeler l’avant-garde politisée de la communauté geek en ligne. Comme l’a remarqué Gabriella Coleman, en tant que hacker anthropologue de premier plan, il n’est pas étonnant que « des geeks politisés qui ont grandit pendant l’ère des PC bas de gamme, de l’auto-formation à la programmation et des premières interactions virtuelles aient choisi d’utiliser des logiciels libres pour mettre en place et étendre rapidement les centres Indymedia. Les listes de diffusion et le chat (Internet Relay Chat, IRC), largement disponibles en version logiciel libre à l’époque, ont été les principaux outils de communication qui ont facilité les conversations entre les techniciens-activistes responsables de l’établissement des premiers centres Indymedia dispersés entre Washington DC, Boston, Londres, Seattle. »

Dix ans plus tard, l’histoire a peu changé. Les journalistes d’aujourd’hui sont confrontés à des idéologies de “libération de l’information” et des termes comme “attaques de déni de service” (DDoS) et “sites miroirs”. Bien que ces idées et innovations n’aient pas été créées au sein de la sphère journalistique, elles ont un impact sur la circulation de l’information, et par conséquent un impact sur le journalisme lui-même.

Il y a quelques jours, j’écrivais que Wikileaks était de “l’anarchisme d’information organisé avec des conséquences journalistiques”. Ce nouveau monde où l’innovation de l’information est propulsée par les geeks exige un niveau de réponse approprié de la part de nos centres d’enseignement du journalisme comme de nos rédactions.

Le hacker occasionnellement intéressé par l’actualité mis de côté, il reste important pour les journalistes de garder à l’esprit que malgré certaines similitudes au premier abord, tous les citoyens de la culture hacker ne se ressemblent pas. Anonymous n’est pas WikiLeaks. En fait, les Anonymous et les organisations de hackers sont les premiers à dire que les DDoS n’ont rien à voir avec le hacking. Mes amis passionnés de technologie qui m’ont initié aux sites miroirs en 2002 étaient finalement assez uniques dans le monde de l’open source, car peu de gens dans ce milieu se souciaient du journalisme ou du Forum économique mondial.
Bien qu’il puisse paraître réconfortant de grossir les rangs du journalisme en y attirant tous les défenseurs de la transparence numérique, les journalistes doivent s’arrêter un instant et réfléchir : quels aspects de ces puissantes communautés en ligne faut-il adopter et lesquels laisser de côté ? Pour cela, il leur faudra considérer le chemin déjà parcouru par le journalisme numérique depuis une décennie d’un point de vue historique, et comprendre comment les hackers et les experts en technologies transforment la circulation de l’information.

(Un grand merci à Gabriella Coleman pour ses commentaires sur une version antérieure de ce post.)
- Article publié en anglais sur OWNI.eu : http://owni.eu/2010/12/10/from-indymedia-to-wikileaks-w...news
- Article publié initialement sur Nieman’s Journalism Lab sous le titre : “From Indymedia to Wikileaks : What a decade of hacking journalistic culture says about the future of news” (http://www.niemanlab.org/2010/12/from-indymedia-to-wiki...-news)

mercredi 29 décembre 2010

Les voitures brûlées de la Saint-Sylvestre



La BSPP enregistre en moyenne annuelle «entre 45 et 70 feux» de voitures à Paris et dans la petite couronne il est confrontée «à deux pics de feux  chaque année: 350 la nuit de la Saint-Sylvestre et plus de 400» lors de celle du 14 juillet. Encore ceci n'est qu'une évaluation qui ne prend plus en compte les feux de voitures par propagation (un seul peut concerner plusieurs véhicules).
Mais le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a annoncé mercredi à Maisons-Alfort (Val-de-Marne) qu'il n'y aurait «pas» de bilan du nombre des voitures brûlées au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre.
Ce principe avait été inauguré le 14 juillet 2010 en interdisant à ses services de donner des informations sur les feux de voitures comme l'en avait enjoint Alain Bauer, président de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Le ministre a toutefois annoncé que le bilan des véhicules brûlés en 2010 serait probablement donné lors du bilan annuel de la délinquance.
«j'ai pris la décision de mettre fin au concours, au palmarès, et de ne plus communiquer sur le nombre de véhicules brûlés». 
Cette joyeuse tradition tend à s'imposer aussi chez nos voisins européens et la hausse continue depuis 2005 ou les chiffres avaient doublé. Ce symbole hérité de mai68 nous éclaire sur l'échec de leur politique du Tout Sécuritaire et comme là aussi ils ont complètement échoué, ils censurent l'information.
Lorsque la réalité leur donne tord, ils l'interdisent comme avant eux le faisait Staline.
Mais la réalité se venge et cette année encore la nuit sera éclairée par ces feux de défis dans tous les quartiers de France.


EURO-DÄMMERUNG

Der Euro war von Anfang an eine Kunstwährung mit elementaren Konstruktionsfehlern. Formal entspricht ihm keine einheitliche politische Souveränität. Die europäische Zentralbank (EZB) ist aber dadurch nicht unabhängiger, sondern ihre Geldpolitik wird zum Zankapfel gegensätzlicher Interessen. Substantiell ist das Konstrukt erst recht prekär. Der Euro wurde völlig unterschiedlichen nationalen Niveaus von Produktivität und Kapitalkraft aufgesetzt. Diese in sich widersprüchliche Währungsunion war aber die einzige Möglichkeit, in der Globalisierung den anderen großen Wirtschaftsblöcken Paroli zu bieten. Das ging nur so lange gut, wie die von Finanzblasen genährte globale Defizitkonjunktur ihre Scheinblüte entfalten konnte. Nach dem fälligen Finanzkrach wurde die Krise überall verstaatlicht. Jetzt kommt die zweite Welle als allgemeine Krise des Staatskredits, weil die Geldschwemme der Notenbanken eine schon längst nicht mehr selbsttragende Konjunktur subventionieren muss. Die wild schwankenden Währungsrelationen spiegeln kein Verhältnis von ökonomischer Stärke und Schwäche mehr, sondern die augenblickliche Lage im Verfall der Geldpolitik. Das zeigt sich daran, dass alle Währungen dramatisch gegenüber dem Gold verlieren. Der Euro bildet aufgrund seiner widersprüchlichen Konstruktion nur das schwächste Kettenglied in einem globalen Entwertungsprozess. Diese Schwäche entspricht der Schieflage in der europäischen Binnenkonjunktur. Nationaler Chauvinismus ist ausweglos, denn die Defizite der angeprangerten „Sünder“ sind nur die Kehrseite der deutschen Exportüberschüsse. Das enorme Rettungspaket wird entweder den Euro als erste zentrale Währung inflationieren oder einen deflationären Schock auslösen, wenn im Gegenzug extreme Sparmaßnahmen die innereuropäische Defizitkonjunktur abwürgen. So oder so ist der Euro nicht haltbar, aber es kann auch keine Rückkehr zu den alten nationalen Räumen geben. Der Zusammenbruch des Euro ist die nächste Etappe in der Desintegration des Kapitalismus. Seine Zauberlehrlinge flüchten vor einer Geldkatastrophe in die nächste.
erschienen in der taz am 15.05.2010

Robert Kurz


Battisti ne sera pas être extradé



 Ouf    !!!
Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a décidé, vendredi 31 décembre, de ne pas extrader vers l'Italie l'ex-militant d'extrême gauche Cesare Battisti, réclamé pour meurtres et emprisonné au Brésil depuis 2007. "Le président de la République a pris aujourd'hui la décision de ne pas extrader le citoyen italien Cesare Battisti, sur la base d'un rapport du procureur général" du Brésil, a déclaré Celso Amorim, le ministre des affaires étrangères, en lisant un communiqué officiel. "Cette décision ne représente pas un affront envers un autre État", a souligné le ministre. L'Italie avait prévenu jeudi qu'elle jugerait "inacceptable" un refus du Brésil de lui remettre l'ex-militant. Ancien membre du groupuscule des Prolétaires armés pour le communisme (PAC), il avait été condamné par contumace en Italie, en 1993, pour avoir commis ou préparé quatre homicides en 1978 et 1979, crimes dont il s'est toujours proclamé innocent.
Le président brésilien aurait pris cette décision afin de «préserver l'intégrité physique» de l'ex-militant d'extrême gauche. Cesare Battisti a été condamné par contumace en Italie, pour quatre meurtres commis pendant les «années de plomb». Après avoir fui la France en août 2004, Cesare Battisti s'était réfugié au Brésil où il avait été arrêté en 2007 et écroué à Brasilia dans l'attente d'une décision sur son sort. La justice brésilienne avait alors refusé de l'extrader, lui offrant le statut de réfugié politique. La Cour suprême du Brésil avait ensuite voté en faveur du renvoi de l'ex-militant d'extrême gauche vers l'Italie.
Lula avait promis promis de se prononcer «avant le 31». Soit avant de passer la main à Dilma Roussef. L'information n'a pas été encore confirmée de source officielle.
Cesare Battisti, qui a obtenu le statut de réfugié politique au Brésil, estimait dans la presse italienne, en 2009, qu'il était devenu "un trophée". "C'est pour cela que l'on s'acharne en Italie. Il n'y a plus personne de cette époque en prison, et maintenant vous voulez que ce soit moi qui paye pour tout le monde", disait-il.

Après avoir fui la France en 2004, Cesare Battisti, 52 ans s'était réfugié au Brésil où il avait été arrêté en 2007 et écroué dans l'attente d'une éventuelle extradition vers l'Italie.


Les émeutes se propagent de Tunisie à Alger

Pendant que la Tunisie vibre toujours au rythme des émeutes l'Algérie est touchée elle aussi par la révolte.
M. Boudina décline les raisons de cette révolte. «Notre cité compte plus de 2200 familles entassées dans 700 maisons», révèle-t-il. Il retrace le parcours du combattant qu’ils ont fait pour inscrire leur cité dans le programme de relogement lancé par la wilaya d’Alger cette année. Ladite commission a été installée en novembre de l’année précédente, précise M. Boudina. «Le wali-délégué de Baraki nous a invités à une réunion en mars de cette année. Il nous a conviés à constituer une commission pour l’étude des dossiers de demandes de logement», a ajouté notre interlocuteur. La commission a passé sept mois à étudier les dossiers. Elle a établi une liste de demandeurs de logement. Ces membres ont attendu une réponse officielle de l’administration. Rien n’a profilé à l’horizon. «Nous attendons depuis le mois de juin et voyez-vous où cette attente nous a menés», regrette M. Boudina. Pourtant, les autorités ont annoncé en grande pompe, en début de la semaine, l’opération de relogement de ces habitants. «Je l’ai entendu à la radio. Aussi, un quotidien a fait part de cette information», affirme un autre habitant de la cité. «J’ai été surpris de découvrir que notre cité ne figure pas dans la liste des opérations de relogement lancées aujourd’hui (hier)», renchérit-il. Hier, une large opération de relogement a été effectuée par les services de la wilaya d’Alger. Elle a touché près de 1600 familles (1586) occupant des bidonvilles et des habitations précaires. Le directeur du logement de la wilaya, Smaïl Mohamed, a annoncé à la radio que «ce sont d’abord les habitants de Diar Echems, Diar El-Kef et de la cité des Palmiers qui seront visés». Il a précisé que trois opérations «combinées et non-stop», seront également lancées. Pour rappel, la première action de ce dispositif de relogement a été lancée en janvier 2010. Elle a vu le relogement de 10.000 familles et le démantèlement de 12 sites. Elle a touché 579 familles occupant des chalets. La seconde opération concerne 520 familles de Diar Echems tandis que la troisième touchera 487 foyers. «Nous sommes laissés-pour-compte», déplore Samir.
La presse indésirable 
«Laissez-nous faire notre travail. Nous vous donnerons des informations après (les échauffourées)», c’est en ces termes que les éléments de la police antiémeute ont tenté, hier, d’empêcher les journalistes de couvrir les émeutes les ayant opposés aux citoyens de la cité Diar El Baraka de Baraki. Sur les lieux, des policiers en civil surveillaient de près les mouvements des reporters dépêchés sur les lieux. Les pratiques du parti unique ont la peau dure…
À Oued Ouchayeh, dans la banlieue d'Alger, les habitants du bidonville situé sur les hauteurs du tunnel ont fermé la route durant la journée d'hier. La raison est toute simple : «Nous réclamons un logement, c'est notre droit. Nous avons été chassés par le terrorisme durant les années 1990, nous avons adopté la loi pour la réconciliation nationale, l'État doit nous rendre la monnaie de notre pièce», a crié un quadragénaire en exhibant sa carte d'identité nationale. Des camions de la police sont stationnés et prêts à d'éventuelles interventions. Des dizaines d'éléments de la police munis de boucliers et de casques de sécurité en file indienne et des policiers en civil tentent de pénétrer parmi les émeutiers afin d'en isoler quelques-uns. De l'autre côté, un autre décor saute aux yeux : des jeunes et moins jeunes, pierres, barres de fer et bouteilles en verre à la main menacent. Les dizaines de jeunes regroupés à l'entrée de la cité ont commencé à jeter des pierres et d'autres objets sur les policiers venus contenir la contestation.
Les jets de pierres de part et d'autre partent et des poursuites contre des émeutiers sont effectuées, notamment par des policiers en civil. Mais sans résultat. Au début de l'après-midi, la contestation a baissé d'un cran et ce grâce à la pacification de la police qui n'a pas voulu enflammer la foule. L'absence totale des autorités locales est la cause de ces incidents. «Ni le maire, ni le wali délégué ne sont venus nous voir. C'est de l'exclusion caractérisée que nous ne sommes pas près d'accepter. Nous sommes des Algériens à part entière», a déclaré l'un des membres du comité. 
Les citoyens vivent dans des cellules  
«Nous habitons cette cité construite sous forme d'écuries depuis l'indépendance. sommes-nous encore sous le règne de la France ou avons-nous eu notre indépendance ?» a  interrogé Mohamed, un septuagénaire. Notre interlocuteur renchérit : «Nous avons été inscrits dans plusieurs programmes de relogement et ce depuis 1986, date à laquelle nous avons eu des arrêtés de la mairie de Baraki qui offrait des lots de terrain à certains habitants. En 1987, un projet de construction d'une cité a été initié par les autorités à Haouch El Khorchof non loin d'ici, mais à ce jour nous n'avons rien eu.» Djilali, un autre habitant de la cité de Diar El Baraka et membre du comité de quartier ajoute : «En 1989, certains habitants ont effectivement bénéficié de lots de terrain d'une superficie de 160 m2. Pour le  reste, les autorités ont promis des logements.» Selon les propos de aâmi Mohamed, les logements de Haouch El Khorchof entrent dans le cadre de l'opération APC/CNEP. «D'ailleurs, nous avons tous ouvert des comptes CNEP, mais voilà, plusieurs années après, nous sommes encore au point de départ.» Mustapha qui insiste pour nous faire visiter les logements dira : «Durant les années de terrorisme, nous avons tous quitté la cité, laquelle a été récupérée par les services de sécurité qui ont transformé nos logements en cellules pour les terroristes capturés.»
Dans le périmètre qui a vu démarrer les évènements, le calme tient à un fil, comme nous le fait remarquer un jeune émeutier. Tout près, dans le lot de baraques de Boumaâza, la situation est autre, plus tranquille cette fois-ci. Un vieil homme rencontré sur les lieux indique que les jeunes de son quartier n'ont pas l'intention de sortir pour bloquer quoi que ce soit, mais le sentiment d'injustice reste profondément ancré. «En 1964, le président Ben Bella nous avait remis les clés. Nous devions habiter ces taudis pour une période de 10 ans. Nos logements n'ont pas été construits pour l'éternité. D'ailleurs, l'ingénieur français auteur du chantier avait prévenu les autorités. Il avait précisé que cette situation ne devait pas durer et ce, pour éviter l'explosion sociale. Mais depuis, rien de positif. Des familles entières se sont succédé de génération en génération, et toujours rien», raconte-t-il.  
Les affrontements entre la police et les mal logés se sont étendues mardi à de nouveaux quartiers d'habitat précaire à Alger et sa banlieue, rapporte mercredi la presse locale, faisant état de plusieurs blessés, d'arrestations et de l'incendie d'un commissariat au quartier Ennakhil.
Plusieurs dizaines de jeunes ont manifesté dans la matinée d’hier leur colère contre le chômage en procédant à la fermeture de la RN12 à hauteur de la commune de Bordj Menaïel, à une quarantaine de kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya de Boumerdès. Ils ont barricadé la route à l’aide de pierres, de troncs d’arbres et autres objets hétéroclites pour exprimer leur ras-le-bol. «Je préfère travailler avec un salaire de 12'000 DA que de traîner à longueur de journée dans les rues», peste un protestataire. Plusieurs jeunes contestataires partagent ainsi cet avis mais sans oublier de préciser qu’un emploi dans ce dispositif ne permettra pas de répondre aux besoins de la vie, notamment un logement ou le mariage. Bien que ce dispositif ait permis le recrutement de centaines de jeunes en quête d’emploi stable, il a été cependant source de plusieurs actions de protestation dans le passé. Malgré ce climat d'émeute et la psychose qui a gagné les familles parquées chez elles, les jeunes n'arrêtaient pas de plaisanter entre eux sur leur mouvement. «Nous sommes fatigués d'entendre à chaque fois des promesses», «ils nous ont trompés», «hogra», sont entre autres les principales réactions qui reviennent à chaque fois dans leurs déclarations. La nuit devait être longue. Nous étions à la sortie des Palmiers quand nous avons entendu un cri déchirant : c'était des femmes qui lançaient des youyous…  
 

Tunisie:
Une grande manifestation s'est déroulée lundi à Tunis, en signe de solidarité avec les populations de Sidi Bouzid, région du centre-ouest tunisien, en proie depuis 12 jours à des troubles sociaux sur fond de chômage et de précarité des conditions de vie, a constaté l'Associated Presse sur place.

La police a dispersé à coups de matraque, lundi à Tunis, un millier de jeunes chômeurs diplômés qui réclamaient notamment des emplois et un coup d’arrêt à ce qu’ils dénoncent comme la corruption ambiante. 
Tunis, Alger même combat, même misère, même dictature !
Lien Algérie
Lien Tunisie
  

mardi 28 décembre 2010

Deux retraités allemands menacés d’extradition pour des faits vieux de trente ans

Le Conseil d’État vient de rendre extradables deux Allemands pour des faits de terrorisme remontant à plus de trente ans. Pourtant en 2001, la France avait refusé leur extradition.

Christian Gauger et Sonja Suder ont 69 et 78 ans, et vivent en France depuis trente-deux ans. Elle, plus âgée mais plus en forme, est devenue l’infirmière de son compagnon, terrassé en 1997 par un accident cardiaque aux lourdes séquelles neuropsychiatriques. 
En 1978, le couple avait fui Francfort en catastrophe pour entamer une vie clandestine à Lille. On était au beau milieu des années de plomb. Ce qu’on leur reproche ? D’avoir été membres des Cellules révolutionnaires, organisation  rivale de la RAF (Bande à Baader). Et d’avoir, à ce titre, commis deux attentats en 1977 contre des firmes allemandes, ainsi qu’un incendie à Heidelberg en 1978. Les faits n’ont causé que des dégâts matériels.

Une accusation qui repose sur un unique témoignage
 
Plus grave, Sonja Suder est aussi suspectée d’avoir pris part à l’organisation logistique de la prise d’otage des membres de l’Opep à Vienne, en 1975. Cette accusation repose sur le seul témoignage de Hans-Joachim Klein, tireur de ce même commando, gracié en 2003 après cinq ans derrière les barreaux. Au total, même s’ils nient les faits, Christian Gauger risque entre vingt et trente ans de prison et Sonja Suder, la perpétuité. Plus de trente ans après les faits, comment est-ce possible ? Pour comprendre, il faut revenir dix ans en arrière. En 2000, à la suite du témoignage de Klein, l’Allemagne fait arrêter le couple Gauger-Suder, qui fait son premier séjour en prison. Mais selon le droit français, il y a prescription, et leur avocate Irène Terrel empêche leur extradition. À leur sortie, ils sont aidés par un réseau d’anciens activistes italiens. Ils emménagent dans un deux pièces à Saint-Denis.
En 2005, l’affaire connaît un rebondissement : ignorée depuis sa signature en 1996, une convention définissant les critères européens en matière d’asile est réactivée. Au sein de cette convention, un accord bilatéral entre la France et l’Allemagne stipule qu’en cas d’extradition, la prescription s’applique non pas dans l’État requis (ici, la France), mais dans l’État requérant (ici, l’Allemagne, où le délai de prescription peut atteindre quarante ans). Un détail qui change tout, et une aubaine pour le parquet de Francfort, qui s’empresse de faire valoir cette nouveauté. En 2007, le couple est à nouveau arrêté à son domicile parisien.

Le couple est jugé extradable en dépit du danger de mort encouru par Christian Gauger
  
«J’étais tellement effarée que j’ai d’abord cru à une erreur», confie leur avocate Me Irène Terrel. Sonja et Christian retournent en prison quelques semaines. En vertu de l’accord bilatéral de 2005, l’Allemagne fait, en 2009, une nouvelle demande d’extradition. Et pour les mêmes faits, la cour d’appel juge cette fois-ci le couple extradable. Suder et Gauger font alors une requête auprès du Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative française. Mais en dépit du danger de mort encouru par Christian Gauger dans le cas d’une séparation d’avec Sonja Suder, le Conseil d’État vient d’écarter la requête, avançant entre autres «l’intérêt de l’ordre public» !
«C’est se moquer du sens même des mots», lâche Me Irène Terrel, qui a déjà saisi la Cour européenne des droits de l’homme. Car dans cette affaire, «de nombreux fondamentaux sont bafoués», poursuit l’avocate. D’abord, «on ne juge pas deux fois un même fait» ; deuxièmement, «on ne s’appuie sur la rétroactivité d’une loi que si elle est favorable à l’accusé, et c’est le contraire qui se passe» ; troisièmement, «c’est la France elle-même qui a émis comme première réserve dans les nouvelles procédures d’extradition celle de l’âge ou de l’état de santé». Enfin, Irène Terrel se souvient très bien des mots de Nicolas Sarkozy face à l’interminable traque de Roman Polanski : «Ce n’est pas une bonne administration de la justice que de se prononcer trente-deux ans après les faits, alors que l’intéressé est un homme de 76 ans.» Ah bon ?
source   

L’invasion des nanotechnologies

En bref, que sont les nanotechnologies et pourquoi faut-il les combattre ? Voici le résumé clair et concis de Anne-Corinne Zimmer, publié, hélas avec quelques années de retard, par la revue "Les quatre saisons du jardin bio" dans son numéro de novembre 2010. Un article à faire lire à vos amis, votre famille, vos collègues, vos voisins qui s’inquiètent des nanotechnologies ou qui en ignorent tout.
Avec ses airs de science-fiction, la recherche sur les technologies de l'infiniment petit est pourtant une réalité d'autant plus inquiétante qu'elle est méconnue. Années 2000, dans les pays industrialisés : des investissements financiers sans précédent se font en faveur de la recherche et du développement des nanotechnologies. L'initiative française "Nano Innov", mise en place en 2008 sous les auspices du Commissariat a l'énergie atomique (CEA), prévoit le développement de trois "pôles d'excellence " 1 : à la clé, 1,15 milliard d'euros d'investissements publics sur cinq ans ou le financement de la recherche (publique) est entièrement subordonnée au partenariat public-privé et au développement d'applications commercialisables, brevetables, et donc, rentables.
Le marché des nanotechnologies, estimé en 2010 à plus de 150 milliards de dollars devrait atteindre, en 2014, plus de 2 600 milliards, soit 15% de la production manufacturière mondiale (estimation Lux Research).
La nanotechnologie travaille sur les dimensions de la matière inférieures à 100 nanomètres (1 nm =10 -9 m, un milliardième de mètre). À cette échelle, on entre dans la physique quantique. Les matériaux et les éléments (graphite, argent, or, silice) acquièrent des propriétés nouvelles et radicalement différentes : ce qui était rouge devient vert, un métal devient translucide, un matériau non conducteur laisse passer l'électricité... Deux méthodes sont employées pour obtenir les nanomatériaux. La technique descendante : par procédés mécaniques, en réduisant la matière poudre à l'état nanoparticulaire par broyage à haute énergie. Ou la "technique ascendante" : les atomes sont assemblés, sous contrôle informatique, à l'image de briques, conférant formes et tailles souhaitées (tubes, fullerène 2...), afin d'obtenir la configuration recherchée. Ces remaniements au niveau atomique et moléculaire ouvrent aussi la voie à des assemblages hybrides, entre matière inerte et vivante. La conception de nouveaux matériaux multiplie l'éventail des matériaux, des applications et des profits.

Dangers inconnus
Depuis plus de 15 ans, les nanomatériaux sont massivement présents et s'imposent aux consommateurs sans qu'ils en soient informés car aucun étiquetage ni aucune réglementation n'encadre cette invasion : des articles de sports plus légers aux peintures et métaux de surface auto-nettoyants sous la seule action de la pluie, en passant par les diodes électroluminescentes pour écrans, les téléphones cellulaires ou les pneus longue durée !
L'alimentation n'y échappe pas. Les additifs alimentaires comme le nanosilice sont employés depuis les années 1990 comme anti-agglomérant. Les barres Mars sont enveloppées dans du papier contenant du nano dioxyde de titane de 1 à 5 nm. Autorisé dans sa forme non nano pour l'alimentaire (pour blanchir le glaçage des pâtisseries), son emploi est ici différent : transparent, il sert à empêcher l'oxygène de gagner l'aliment. La liste des nanoproduits est inconnue et impossible à établir, en l'absence d'obligation pour les producteurs, industriels ou revendeurs d'en déclarer la présence.

http://www.nanomonde.org
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lundi 27 décembre 2010

Les Américains divisés face à WikiLeaks

NEW YORK, CORRESPONDANT - La classe politique américaine, républicains et démocrates confondus, s’est quasi unanimement rassemblée pour condamner la diffusion vers la presse menée par WikiLeaks de milliers de documents diplomatiques internes au département d’État. Les premiers jours, les mots de“trahison” et d’“atteinte à la sécurité nationale” furent entendus.

Le 1er décembre, l’important groupe de réflexion Council on Foreign Relations (CFR) réunissait un colloque avec six de ses meilleurs “experts”: tous concluaient que les révélations mises au jour par les cinq journaux ayant accès aux documents“pourraient être dommageables aux relations [diplomatiques]“. La première leçon de cette diffusion était que des mesures devaient être prises pour sécuriser à l’avenir les documents diplomatiques américains. Plusieurs spécialistes expliquaient que ces mesures incluraient les moyens nécessaires pour neutraliser ceux qui se livrent à des pratiques rendues possibles par l’évolution technologique – y compris, donc, en les capturant éventuellement pour les juger.
“TERRORISTE HIGH-TECH”
Joseph Biden, le vice-président américain, a d’ailleurs implicitement abondé en ce sens. Le 19 décembre, il a publiquement traité Julian Assange de “terroriste high-tech”. Cet homme “a mis en péril la vie et le métier de certaines personnes dans le monde”, a-t-il spécifié, faisant référence à des diplomates, militaires et membres des forces spéciales américains et à ceux avec qui ils ont été en contact.
Et de conclure que si le dirigeant de WikiLeaks a “comploté avec un militaire des États-Unis pour mettre la main sur des documents secrets”, il pouvait être déféré devant la justice américaine – une référence au soupçon selon lequel le soldat Bradley Manning, aujourd’hui incarcéré mais non jugé, serait à la source des fuites.
L’idée du “complot” est précisément celle sur laquelle travaillent les services de la justice américaine, au cas où l’administration Obama requerrait que M.Assange soit extradé aux États-Unis afin d’y être jugé. Mais la Maison Blanche en est consciente, cette décision serait autant politique que juridique.
“CONSÉQUENCES BÉNIGNES”
Un mouvement de sympathie, réunissant défenseurs des droits civiques, libertariens et pacifistes, se manifeste déjà en faveur de Julian Assange et de son association aux États-Unis. Des groupes de divers bords se mobilisent pour enrayer toute velléité d’extradition de l’administration Obama.
Fondateur de la revue “de charme” Hustler, honni des puritains et victime en 1978 d’un attentat qui l’a laissé paralysé à vie, le célèbre Larry Flint a publiquement offert 50 000 dollars à WikiLeaks parce qu’il est “contre toute censure”: il n’y a pas de démocratie “sans accès libre aux faits”.
Nombre de juristes sont par ailleurs très sceptiques quant à la possibilité de déférer le fondateur de WikiLeaks devant un juge américain. Pour Baruch Weiss, avocat spécialisé dans les questions “de sécurité” du cabinet Arnold &Porter, “poursuivre Julian Assange ne sera pas aisé”.
Son argument tient en trois points. Un: “Aucune loi américaine ne stipule que la divulgation d’une information classifiée constitue un délit.” Au contraire, la charge de préserver le secret revient au détenteur de l’information. Deux: “Le premier amendement de la Constitution américaine est toujours en vigueur.” Protégeant la liberté de la presse, il protège M. Assange d’autorité, puisqu’il a utilisé la presse pour dévoiler ces informations. Trois: si un procès avait lieu, il rendrait obligatoire “la divulgation d’autres secrets”.
Comment, en effet, prouver la nocivité de telle ou telle information sinon en faisant citer des témoins qui seraient alors interrogés par les deux parties? Des requêtes en informations supplémentaires seraient forcément déposées, auxquelles l’État américain refuserait d’accéder, se mettant en porte-à-faux avec sa propre plainte.
Vieux routier des services secrets et du Pentagone, seul Robert Gates, le secrétaire à la défense, a accueilli avec quelque détachement le récent vacarme créé autour de WikiLeaks. “Ces révélations sont-elles embarrassantes? Oui, a-t-il déclaré. Délicates? Oui. Mais leurs conséquences pour la politique étrangère américaine? Franchement, elles sont, je crois, assez bénignes.” En d’autres termes, pas de quoi perdre son temps à s’emparer, coûte que coûte, de Julian Assange.

Tissus de conneries

Pour le 90 anniversaire du PCF voilà ce que déclare l'historien Marc Lazar, spécialiste des gauches européennes, (bigre !):
"... C'est vrai que Parti communiste a exercé un magistère intellectuel et politique pendant plusieurs décennies. Cette donnée a contribué à la radicalisation de la gauche française. Cette forme de domination a rendu la gauche, dans toutes ses composantes, totalement hostile à l'économie de marché et elle a délégitimé le réformisme. Par voie de conséquence, la gauche française a du mal, maintenant, à analyser les mutations du capitalisme. La gauche non-communiste a le réformisme honteux en raison de la détestation de celui-ci que le PCF a su faire naître et entretenir..."
Donc être "hostile à l'économie de marché" rend incapable de l'analyser  "Par voie de conséquence, la gauche française a du mal, maintenant, à analyser les mutations du capitalisme."
Alors pourquoi le courant le plus hostile à cette "économie de marché" (le capitalisme) est-il le SEUL à en donner une explication si cohérente et si définitive que nos ennemis se gardent bien de polémiquer avec nous, voir de critiquer nos thèses sur le Spectacle et la Théorie de la Valeur ?
Notre Historien continue son analyse et répond à une question du journaliste:
"Son salut est-il du côté du Parti socialiste ou dans une alliance avec la gauche de la gauche ?
On est là au cœur du dilemme qui le terrasse littéralement. Soit il se range du côté du PS et il risque d'en mourir, soit il s'allie avec la gauche de la gauche et il perd ce qui lui reste d'identité. Ajoutons que dans ce second cas, il mécontente tous ses élus.
De ce point de vue, le PCF est dans une impasse totale. Pour dire le vrai, ce quatre-vingt dixième anniversaire est d'une tristesse absolue."
Quelle tristesse ?
Que crèvent tout ces cloportes  et leurs fausses critiques. Comme le démontre magistralement nos camarades de la wertkritik rien ne différencie vraiment les uns des autres ces fossiles PS, PCF, écolos, gauchistes, néo-gauchistes, anars et néo-anars.
Tous servent le système et doivent disparaitre avec lui.

dimanche 26 décembre 2010

Le monde merveilleux d'Anne-Sophie Mercier


"...Michèle Alliot-Marie rieuse, enjambant les barricades de la place de la Concorde le soir de l'élection de Nicolas Sarkozy..." !!???

Un article en Une du "Monde Magazine" daté 25 décembre:

La journaliste papote sur les derniers avatars du Spectacle Politique.
"...Alors, bien sûr, la qualité du contact entre politiques et électeurs s'en ressent. Michèle Alliot-Marie rieuse, enjambant les barricades de la place de la Concorde le soir de l'élection de Nicolas Sarkozy pour figurer sur la photo près du nouveau président et mettre en scène son ralliement, le referait-elle aujourd'hui ? " Sans doute pas, estime son équipe. On aurait trop peur du corsage qui s'ouvre, et hop, un sein qui sort, et la photo qui part sur le Net et la ridiculise. "

Pour Stéphane Fouks, les nouvelles règles du jeu, qui imposent maîtrise et rigueur, sont une chance. "L'opinion considère désormais la maîtrise de la communication comme une épreuve initiatique. Que le meilleur gagne. Un homme incapable de comprendre les règles, de gérer son image, peut-il maîtriser l'État ? Quelqu'un qui n'a pas les nerfs suffisants, qui ne comprend pas les messages envoyés, qui ne sait pas faire les efforts qui s'imposent n'est tout simplement pas fait pour le job. "

Une véritable apologie du darwinisme en politique qui fera peut-être regretter les Séguin, les Borloo, tous ceux-là qui à l'évidence ne sont, n'étaient pas des prédateurs, et dont les différences, les failles et les révoltes faisaient peut-être le sel de la politique..."
Nous voilà rassurés, il s'agissait d'une simple barrière métallique. L'émeute ce jour là en resta au stade de la manifestation bon enfant quoique persistant toute la nuit à travers Paris, mais sans jamais déboucher ni sur la place de la Concorde, ni sur des barricades...
Le seul intérêt de cet article est de nous rappeler que la seule boussole des imbéciles  c'est un regard cadré par les œillères du divertissement.
Pas par la "Mondialisation financière" mais Dépassés tout court et tout simplement. Quant à la ruine  elle concerne rien de moins que la totalité du vivant, l'humanité elle-même qui s'imaginait en être la meilleure partie...

samedi 25 décembre 2010

ROBESPIERRE ? UN TONDEUR DE FEMMES !

Je lis dans le numéro de Libération du jeudi 2 décembre 2010 un compte rendu rédigé par deux philosophes [1], Barbara Cassin et Philippe Büttgen, du procès de trois personnes ayant participé à la manifestation du 31 janvier 2009 contre l’« antiterrorisme ».
Julien Coupat, alors détenu à la Santé, eut droit à un joli feu d’artifice, peu goûté par les policiers. Il y en avait d’infiltrés dans la manifestation ; ils ont d’autant mieux « reconnu » trois manifestants qu’ils portaient sur le visage le même masque qu’eux, du genre Fantômas, portant l’inscription « terroriste » [2]. Le procès avait lieu devant la Xe chambre correctionnelle de Paris, le 1er décembre.
Les prévenus nient les faits qui leur sont reprochés : jets de bouteilles et tirs de fusées. L’un d’eux, pour justifier sa participation à une manifestation qui prenait pour cible politique et point d’aboutissement une prison parisienne, déclare : « La prise de la Bastille, on m’a appris à l’école que c’était bien ».
Toujours selon le compte rendu de Cassin et Büttgen, la procureure de la République se risque elle aussi, dans un réquisitoire que l’on jugera aussi embarrassé que les charges sont minces (huit mois avec sursis), à l’évocation historique.
Morceau d’anthologie sauvé de l’oubli par nos deux philosophes, même si le nom de son auteure, non mentionné dans l’article, ne passera pas à la postérité, et qui ne semble avoir retenu l’attention d’aucun autre commentateur.
Qu’a-t-elle à répondre, cette procureure, à l’évocation par trop positive de la prise de la Bastille ?
Ceci : « Il y a eu la prise de la Bastille, mais il y a eu aussi le Comité de salut public et les femmes tondues à la Libération.
Relisez cette phrase, deux ou trois fois si nécessaire.
« Il y a eu la prise de la Bastille ». En effet, elle a eu lieu. On ne saurait aller là-contre. Même si, peut-être, on aurait de belles choses à dire. Mais elles sont délicates à exprimer, ces choses que l’on pourrait éventuellement dire, sur ce qu’il faut bien qualifier d’émeute, attendu que l’on se trouve être procureure de la République, laquelle « a eu lieu » en partie consécutivement à ladite émeute. Ce pour quoi, on a conservé, de manière assez inconsidérée (quand on y pense) la date d’une émeute pour célébrer la fête nationale... Étonnez-vous donc que des petits salauds aient le culot de venir vous balancer ça à la figure après avoir fait leur fête aux CRS à coups de feux d’artifices (intime conviction que ces benêts de policiers sont incapables de fonder, comme d’habitude pourrait-on dire) !
Oublions ce qui ne peut être dit, ou peut-être ce que l’on ne sait pas soi-même que l’on pense, et tentons un rétablissement, assez athlétique :
« Il y a eu la prise de la Bastille MAIS il y a eu aussi... ».
Il faut s’arrêter un instant sur la représentation de l’histoire qui s’illustre ici.
C’est le prévenu qui, de manière assez sournoise, a fixé le big bang originel (la prise de la Bastille) en insinuant que l’on pourrait y voir je ne sais quel encouragement, de surcroît validé par l’école, à l’assaut donné aux prisons... Bien obligée de partir de là.
On en fait donc un non-événement, produit par rien, producteur de rien : « il y a eu ». Une chose est advenue que, par une aberration sur laquelle nous ne pouvons nous étendre, on a sanctifiée.
MAIS. À cet instant du discours, le corps se redresse et le bon sens reprend ses droits naturels...
MAIS « il y a eu AUSSI le Comité de salut public et les femmes tondues à la Libération ».
Voilà ce qui arrive lorsqu’on laisse les « choses » « advenir »... Il y a le Comité de salut public.

Le Salut public en 1793

On peut supposer, en raison du voisinage dans la phrase avec l’émeute du 14 juillet 1789, qu’il est bien question ici du Comité de salut public originel, et non par exemple de celui voté par la majorité du Conseil de la Commune, le 1er mai 1871 [3] ou de celui formé en Algérie, en mai 1958, par le général Massu.
Le Comité de salut public est créé par la Convention en avril 1793 ; en septembre de la même année, il compte douze membres, députés choisis par leurs pairs. Ses attributions sont assez larges, et surtout décisives dans un pays en guerre : direction des relations extérieures, levée et organisation des troupes, surveillance des agents militaires. Il peut encore, conjointement avec le Comité de sûreté général (plus particulièrement chargé de la luttes contre les complots de tous ordres), traduire devant le Tribunal révolutionnaire des fonctionnaires civils.
Dans les articles qu’elle consacre aux deux comités dans le Dictionnaire historique de la Révolution française (PUF), Françoise Brunel note que le Comité de salut public a été, à tort, considéré comme l’instrument principal, voire unique, d’une mainmise jacobine et de la Terreur. Peut-être, avance-t-elle, parce que le « Comité de sûreté général », nom pris au lendemain du 10 août 1792 par un « comité de surveillance » déjà existant, a été créé avant l’instauration de la Terreur.
Revenons à la procureure de la Xe chambre. Elle affirme une équivalence entre d’une part le Comité de salut public et d’autre part les actes de vengeance perpétrées à la Libération contre des femmes accusées de « relations avec les Allemands » [4]
Une critique « morale » (et abstraite) de la violence aurait pu fonder d’autres énumérations. Par exemple : « Il y a eu la prise de la Bastille [violence jugée au moins en partie admissible avec le recul du temps], mais il y a eu aussi les massacres des Communard(e)s et les coups d’État fascistes en Espagne et au Chili ». Pour choquante ou discutable qu’elle paraisse, une telle « série » événementielle pourrait appeler à la vigilance sur l’idée d’une violence légitime ou au moins ouvrir une discussion sur les conditions de son exercice.
On voit à la simple lecture ce qui distingue la série imaginée ci-dessus de celle produite par la procureure : son préjugé sous-jacent, et donc son sens, est évidemment que l’émeute et le soulèvement populaires, et eux seuls, mènent à la violence et au meurtre, ou - plus précisément, si l’on ose dire - laissent libre cours aux instincts de violence archaïque caractéristiques du peuple. Du peuple seul, puisque lui seul est demeuré dans un état de presque animalité, auquel les élites ont miraculeusement échappé.
Peu importe alors que cette « violence » s’exprime dans une émeute spontanée, dans la création d’une administration ou dans des pratiques de violences sexistes. Cette « violence » est violence en ce qu’elle combat ou déborde l’ordre existant, éventuellement en lui en substituant un autre [5].
Ce préjugé idéologique, déjà vif chez un certains nombre d’acteurs de la Révolution (les Girondins notamment), et bien sûr chez ses adversaires monarchistes, qui l’ont incarné tant qu’ils ont été en mesure de jouer un rôle politique, sera repris à son compte par la bourgeoisie républicaine au XIXe siècle [6]. Il connaîtra une apogée institutionnelle avec le régime de Vichy.

La Terreur originelle

En 2006, j’écrivais dans une brochure rédigée pour l’Assemblée de Montreuil [7] : « La politique terroriste - dont les sans-culottes ont compris trop tard qu’elle allait les réduire au silence -, la République a beaucoup de mal à l’assumer comme son origine historique. »
Je n’avais pas alors connaissance d’un texte de 1921 de Walter Benjamin, intitulé « Critique de la violence » [8]. Benjamin y analyse comme un signe de dégénérescence l’oubli par les instituions de leurs origines : « Que disparaisse la conscience de cette présence latente de la violence dans une institution juridique, cette dernière alors périclite. Les parlements aujourd’hui en donnent un exemple. Ils présentent le déplorable spectacle qu’on connaît parce qu’ils ont perdu conscience des forces révolutionnaires auxquelles ils doivent d’exister. [...] Il leur manque le sens de la violence fondatrice de droit, qui est représentée en eux. »
Il semble que l’on puisse appliquer ce raisonnement tout aussi bien à l’institution judiciaire. Il autorise, par ailleurs, à interpréter le recours croissant, dans le discours d’État, comme dans sa réforme du système juridique et pénal, à la figure du « terroriste », comme une tentative de refonder sa légitimité, non plus sur la violence originelle dont il est le produit, mais sur toute violence le mettant en cause, baptisée « terroriste ».
De ce point de vue, il n’est pas indifférent que le réquisitoire qui assimile désormais Robespierre, Saint-Just, et Collot d’Herbois à des tondeurs de femmes soit prononcé contre des gens venus manifester devant une prison que si Julien Coupat et ses camarades doivent être considérés comme des « terroristes », alors eux-mêmes revendiquent cette appellation.
[1] C’était la caractéristique de cette livraison du quotidien.
[2] Faites l’expérience, vous constaterez à quel point ce type de masque réduit le champ de vision et la gêne.
[3] Dont la lecture du petit ouvrage de Jean-Philippe Crabe, Les Anarchistes et la Commune de Paris me rappelle opportunément l’existence (novembre 2010, 126 pages, 9 euros, Éditions du temps perdu.
[4] Voir à ce propos le livre de Fabrice Virgili La France "virile". Des femmes tondues à la Libération, Payot, 2000.
[5] Celles et ceux qui connaissent mes recherches sur le courant des Enragé(e)s savent que mon intérêt « historien », et mes sympathies politiques, ne se portent guère sur l’appareil d’État mais plutôt sur ces partisans d’une nouvelle révolution dans la révolution.
[6] Et un peu plus tard encore ! Je retrouve dans mon De la Révolution (1989) la déclaration du socialiste Louis Mermaz, interrogé à propos du film Danton Le Monde, 16-17 janvier 1983) ». Déchaînement des passions... « Il y a eu »... Nous sommes, encore, déjà, en plein réquisitoire contre-révolutionnaire. d’Andrzej Wajda : « Dans une révolution, il y a toujours deux aspects : celui, inacceptable, du déchaînement des passions, des violences, des instincts impurs [sic], et celui du résultat lui-même de la révolution. Une révolution ne sera jamais un bien en soi. On ne peut qu’être contre de ce point de vue. La seule constatation que l’on puisse faire est qu’il y a eu des révolutions et donc qu’il y a eu des causes (Le Monde, 16-17 janvier 1983)
[7] Qui donnera, développée et actualisée après Tarnac, mon livre La terrorisation démocratique(Libertalia, 2009).
[8] Repris dans Œuvres, vol. I, Folio, 2009, pp. 210-243.

vendredi 24 décembre 2010

Remember

Travailler plus pour gagner plus
2007 une majorité d'abrutis élit Sarko dont le programme est: Le retour aux 30 glorieuses, hier c'est demain. Consommez plus de merde et perdez plus de temps.
Vous avez perdu votre job et votre droit à la retraite à 60 piges, vous allez perdre la sécu et les dernières libertés formelles gagnées dans le sang de 10 générations de prolétaires, vos enfants n'ont plus d'avenir et un présent de merde. Pourtant vous avez toujours consciencieusement lécher le cul des puissants et vous continuez à le faire.
Bon réveillon.

La suite du Noël libertaire en Italie

Premières remarques: Le pseudo-complot désigné par les polices italiennes semble cette fois faire l'impasse sur français et allemands. La manipulation désigne donc espagnols, Grecs et Italiens.
"...Les autorités italiennes avaient indiqué que ces attaques "proviennent d'épisodes similaires qui se sont produits en Grèce", où quatorze paquets piégés avaient été envoyés à des ambassades et des hommes politiques européens en novembre.
Le message de revendication, découvert jeudi, est venu confirmer cette théorie. Il était signé "Fédération anarchiste informelle, cellule révolutionnaire Lambros Fountas", du nom d'un militant anarchiste grec abattu en mars lors d'un affrontement avec la police. Pour Dimitri Deliolanes, journaliste et écrivain grec installé en Italie (personnage excessivement chelou, d'où tient-il sa science ?) et grand connaisseur du terrorisme dans les deux pays, les liens entre ces mouvances sont anciennes...." Cela semble logique because l'organisation OTAN/CIA est plus particulièrement présente dans ces pays et y a ses habitudes.
"... Qui était Lambros Fountas et pourquoi des anarchistes italiens se référent-ils à lui ?
Dimitri Deliolanes : Lambros Fountas n'était même pas anarchiste. Biologiste, fils d'un médecin militaire, soit une famille bourgeoise, il militait plutôt dans la mouvance marxiste, un groupe appelé Lutte révolutionnaire. Son groupe a d'ailleurs été démantelé après sa mort. Si les membres de la Fédération anarchiste informelle (FAI) se réfèrent à lui, c'est avant tout parce qu'ils sont extrêmement pauvres du point de vue de l'élaboration idéologique.
Le nouveau terrorisme a peu de capacité d'analyse et doit jouer sur des symboles, comme celui de Lambros Fountas. Il joue également sur les assonances, puisque le sigle du FAI se réfert au groupe anarchiste historique, la Fédération des anarchistes italiens. Jusqu'ici, la Fédération anarchiste informelle s'était fait connaître en revendiquant des attentats manqués. Jeudi, ils ont atteint leur cible...."
Toujours ce même milieu social et toujours le même flou dans les éventuelles raisons idéologiques de ces braves coupables...
Et pourquoi prendre comme cibles la Suisse, déjà visée, mais aussi le Chili ?
La Suisse parce que des militants italiens et suisses de la mouvance écoterroriste sont actuellement emprisonnés en Suisse. Dans le cas du Chili, la FAI a voulu rendre hommage à Mauricio Morales, un Chilien tué par la bombe qu'il transportait à Santiago en 2009. A mon sens, tout ceci ne fait que confirmer que le niveau idéologique de ce nouveau terrorisme est très bas. Dans les revendications des anarcho-insurrectionnels en Grèce, on peut lire qu'ils croient en la révolte parce que, disent-ils, "pour nous, se révolter c'est une façon de vivre". Ils ne préconisent pas la révolution, n'appellent pas au changement de société, ne se préoccupent pas de la classe ouvrière, mais agissent, disons-le ainsi, pour des raisons existentielles.
Un vrai bonheur pour la répression que ces tarés qui se la joue cow-boy/Boy-scout et une source inépuisable d'emmerdements pour les libertaires de ces pays...

Pour http://www.non-fides.fr Mauricio Morales "Car ce compagnon est tombé au combat, lors d’un acte d’audace et de conviction."
D'un pauvre pétard à la poudre noire...

Controrealismo

Da sempre i conflitti sociali sono anche battaglie concettuali per il potere di "dare definizioni" sul modo in cui i problemi debbano essere generalmente percepiti. Potremmo tranquillamente dire che i problemi sono definiti quasi naturalmente in accordo con la logica del sistema dominante. I concetti assumono così colorazioni corrispondenti come fossero dei camaleonti. Per questo scopo tuttavia non è necessario alcun accordo cosciente e nessuna censura, in quanto il meccanismo di costruzione dei concetti ed il processo di definizione avvengono in modo più sottile.
Una determinata "forma di discorso" si propaga quasi in modo genetico e così improvvisamente tutti parlano la stessa lingua apparentemente con la più profonda convinzione.
In particolare per quel che riguarda l’ambito socio–economico si afferma nella ricerca scientifica, nei media e nella classe politica una precisa "regolazione del linguaggio", una "lingua del consenso", che opera rigidamente proprio perché non viene decretata amministrativamente.
Questo stato di cose si fonda sul fatto che la scienza, i media e la politica non funzionano in modo muto ed automatico come la "mano invisibile" del mercato. Essi costituiscono il lato "soggettivo" che si pone in relazione alle leggi sistemiche "oggettive". La conformità con gli imperativi capitalistici non è perciò spontanea ma deve sempre venire prodotta in un processo discorsivo. Una funzione essenziale di questo discorso consiste nel fatto che i partecipanti si danno il cambio nel dare man forte alle pretese del bollettino meteorologico capitalista cui tutte le relazioni sociali e culturali debbono essere adattate. Proprio per questo occorre una regolazione del discorso. E in questo senso la scienza, i media e la classe politica costituiscono una specie di cartello che sta ben attento a che nessuno canti fuori dal coro. Viene presupposto un quadro di riferimento generale in cui l’attuale clientela deve essere sospinta secondo i criteri del marketing e allo stesso tempo tenuta a freno.
La semantica ideologica del controllo e dunque chi ha l’elementare potere di dare definizioni, può stabilire che cos’è la "realtà" e quindi che cos’è una "realpolitik". L’odierno cartello semantico dominante ha elevato le esigenze dell’amministrazione capitalistica della crisi a principio di realtà e ha corrispondentemente ridefinito il concetto di riforma. L’antico pathos sociale ed emancipatorio del riformismo come si era sviluppato durante le battaglie per la contrattualizzazione dei salari, per il welfare e per i servizi pubblici viene oggi strumentalizzato all’insegna del controriformismo. Le campagne per la privatizzazione e le restrizioni sociali hanno fatto loro il motto: "Con noi arrivano tempi nuovi". Quanto più privato, tanto più a buon mercato, quindi migliore.
Tutti si preoccupano che i "riformatori" abbiano la meglio contro coloro che si rivolgono "eternamente al passato". Si viene invitati a "compromessi riformistici per la riorganizzazione della società". Ad esempio: la spesa dovrà essere ridotta del 5 o del 10%? Dovranno essere chiusi gli ospedali oppure gli asili d’infanzia? Dovranno essere eliminati i benefici per i malati di cancro o per i disabili? C’è un aumento dell’1% da qualche parte ma il triplo delle spese da un’altra? "Miglioramento per le persone" così si definisce il grado di peggioramento per cui ci si è "battuti" con la pratica riformista. La lotta politica consiste solo nello stabilire chi con maggiore abilità può ancora vendere i tagli sempre più duri. E la sinistra politica è minacciata, se non opera "riforme convincenti" di "cadere nell’insignificanza". La "volontà dell’elettorato", così lascia trasparire il controllo semantico, è così pervasa di "realismo" e di "maturità dei cittadini" da essere avida di bassi salari, distruzione del sistema sociale e privatizzazione.
Questa regolazione dominante del discorso è tanto insensata come gli annunci noiosi che circolano da anni circa una prossima ripresa. Se si continuerà così il nome un tempo rispettabile di "riformatore" rischia di diventare un insulto, con cui l’uomo comune indicherà un vicino o un cane sgradevole. Il lavaggio del cervello non sempre funziona. Il potere dominante di definire la realtà potrebbe venire interrotto attraverso un controrealismo sociale. In questo senso un’estesa campagna contro il progetto dei bassi salari sarebbe molto più che una mera politica sociale all’interno dei limiti dell’aritmetica politica, ma una kulturkampf (battaglia di cultura), un’offensiva per un elementare livello di civiltà. Una tale contro–realpolitik che persegua inflessibilmente tutte le ramificazioni, le sottigliezze e le meschinità dell’amministrazione repressiva della società e del lavoro avrebbe buone possibilità al livello delle masse.
Questo risulta sempre più valido per una lotta seria per i servizi pubblici come parte essenziale degli standard vitali. Gli "uomini" ne hanno abbastanza di ferrovie, servizi postali e, come si minaccia, di centrali idriche quotate in borsa così come di medicine di seconda classe e di un sistema di non–istruzione di bassa lega. Il "controfuoco" (Bourdieu) in questo senso non deve assolutamente restare aggrappato all’eterno passato della tradizione burocratica di Stato. E’ pensabile anche un concetto di servizio pubblico nella forma di società no–profit autoamministrate che dovrebbero gestire l’apparato materiale delle infrastrutture. L’orientamento nel senso del valore d’uso pubblico non sarebbe certo qualcosa che va al di là della forma–valore ma un elemento possibile e perfezionabile di una trasformazione emancipatoria.
Se il capitalismo non può mantenere il livello di civiltà, non si deve più "accettarlo" in modo riverente. Al contrario si deve trarre la conclusione che il capitalismo non è più in grado di "accettare" un numero sempre maggiore di individui. La necessità da parte di coloro che sono stati privati socialmente dello status di cittadinanza di forme di rappresentanza organizzata non sarà facilmente risolta come per i profughi della Seconda Guerra Mondiale, che furono riassorbiti attraverso il "miracolo economico", ma al contrario aumenterà massicciamente e non solo nella Germania Orientale. L’aritmetica del cartello politico e semantico dominante non può dar loro voce, ma solo condurre tali voci al mulino del risentimento nazionalista e razzista. E’ vero: va proclamata la responsabilità personale e non la fede nello Stato. Ma la responsabilità personale in senso antiburocratico di un contromovimento sociale autonomo e non nel senso di una fede acritica e autoritaria nel mercato da "accettare con gioia".
01.11.2005 Deutsch: Gegenrealismus

Robert Kurz

jeudi 23 décembre 2010

Petit Papa copwatch

 Cadeau de Noël
Nous avons appris dans l’après midi du 23 décembre 2010 la plainte du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux contre la diffusion des policiers en civil en photo. Comme cadeau de Noël, quoi de plus beau. Brice Hortefeux est-il encore ministre de l’Intérieur ou soutient-il les actes violents et mensongers de certains policiers ? En tout cas, il aura fallut qu’Alliance fasse un vœu pour qu’Hortefeux l’exauce. Un piège a été tendu et c’est tout le ministère de l’Intérieur et Alliance qui sautent pieds joints dedans. Après avoir fait autant de pub sur le copwatching, mode d’action maintenant criminalisé et consideré comme anti flics, c’est un effet de prolifération qui risque d’entraîner d’autres publications dans d’autres villes. De plus, le fait de porter plainte pour du vent sur un acte que nous avons le droit de faire est assez extraordinaire et mènera à une nouvelle défaite judiciaire pour les plaignants.
 
Pour rappel :
Voici la saisine numéro 2005-29 concernant les photographies 
Avis de recommandations de la commission nationale de déontologie à la suite de la saisine le 23 mars 2005 par Mme Marie Christine Blandin, Sénatrice du Nord 
Recommandations 
Il paraît opportun qu’il soit rappelé aux force d’intervention notamment aux Crs qu’elles doivent considérer comme normale l’attention que des citoyens peuvent porter à leur mode d’action, le fait pour les policiers ou les Crs d’être photographiés ou filmés durant leur intervention, ne peut constituer aucune gêne pour des policiers soucieux du respect des règles déontologiques. 
Les journalistes et particuliers ont le droit de photographier et de diffuser des photos des forces de l’ordre si elles ne portent pas atteinte à la liberté de la personne ou au secret de l’instruction. Ces mêmes forces de l’ordre ne peuvent pas s’opposer à l’enregistrement de leur image ni confisquer les appareils ayant servi à cet enregistrement. Les seules exceptions sont les forces de l’ordre affectées dans des services d’intervention (Raid, GIGN, GIPN, BRI, sécurité du Président…), à la lutte anti-terrorisme ou au contre-espionnage, en vertu de l’arrêté du 27 juin 2008.

Depuis 4 ans, à Lille des photos de policiers en civil sont diffusées de manière régulière. Depuis 4 ans, jamais une plainte n’a été recensée et depuis 4 ans, jamais un flic n’a été agressé. Visiblement, Paris est une enclave où les fascistes peuvent tenir un colloque international sur l’islamisation mais où la prise de policiers en photo dans l’exercixe de leur fonction est criminalisée.
 
En ces circonstances, il est impossible pour nous, en tous cas à Lille de cesser nos diffusions photographiques de policiers dans l’exercice de leur fonction ainsi que leur identification. Nous les accentuerons. Lille tout comme Calais, Paris et d’autres villes de France ne tomberont pas sous le joug d’une police placée au rang de religion.
 
Que 1000 Indymédia Paris naissent
 
http://lille.indymedia.org/article23780.html 
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  Des Lillois-es
Indymedia Paris, 23 décembre 2010.
Flou juridique
Le «geste fort pour la défense de l'institution police» réclamé de concert par les syndicats ne s'est pas fait attendre : jeudi, Brice Hortefeux a annoncé qu'il porterait plainte contre paris.indymedia.org. Le ministre s'exprimait en marge d'un déplacement à Grenoble. Il n'a pas précisé dans l'immédiat la base juridique de sa plainte.
 
Or, pour l'heure, un flou juridique entoure ces questions. Car, comme l'explique l'avocate Anne-Laure Compoint à l'AFP : «Le fait de diffuser des photos de policiers sur la voie publique n'est pas répréhensible». Seul «le fait de publier les identités et les photos de policiers en civil, et de dénigrer leur fonction les rend passibles de poursuites pour diffamation et atteinte au droit à l'image». Par ailleurs, certains policiers, par leur fonction — comme ceux appartenant au RAID ou à la DNAT — sont protégés et divulguer leur identité «constitue une infraction pénale», a assuré une source proche de la direction de la Préfecture de Police de Paris.

Joyeux Noël: Le coup de La Piste Anarchiste

 Un bon Plan made in CIA

Deux ambassades prises pour cible à Rome: la piste anarchiste privilégiée

Blabla blabla: "...La police italienne évoquait la piste «anarchiste» après les explosions ce jeudi à Rome de colis piégés dans les ambassades de Suisse et du Chili, qui ont fait deux blessés et entraîné la mise en alerte de toutes les représentations diplomatiques de la capitale. «Nous suivons la piste anarchiste insurrectionnelle», a déclaré le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni, au cours de l’enregistrement d’une émission télévisée. Selon lui, les indices permettant de s’orienter vers cette piste «proviennent d’épisodes similaires qui se sont produits en novembre dernier en Grèce»..."

Depuis que le milieu gauchiste Grec est Instrumentalisé il permet à la CIA de répandre partout  ses méthodes crées en Italie. Infiltrer, former et utiliser les plus cons des gauchistes pour ridiculiser le mouvement libertaire en lui faisant endosser tous les crimes possibles, même Julien-Tartuffe ne fait plus l'apologie de ces "Camarades Grecs" depuis qu'il a enfin compris de quoi il s'agit...

Comme l'écologie est un thème porteur pour l'avenir  les flics italiens ont dépassé en connerie Allo-marie (ministre permanent qui n'aime pas voir les jeunes dans la rue) en inventant un nouvel ectoplasme délirant: «milieux anarchistes de la mouvance écologiste-terroriste» pas mal comme début. Ils rêvent de pouvoir écrire: «milieux Islamo-Anarchistes de la mouvance cruelle écologiste-terroriste»...

Mais le mal est fait et les médiats abreuvés de conneries les débitent au kilomètre sur tous les écrans du mensonge. Un bon point pour les flics Grec qui semblent presque regretter les "vrais terroristes" du passé qui ciblaient USA/CIA et mépriser ces "bébé terroristes" si peu crédibles.

Pas mal de libertaires italiens vont passer Noël en zonzon...

Bref rappel: "...La Conspiration des cellules de feu, un groupe apparu il y a deux ans et qui semble formé de jeunes de bonnes familles âgés de moins de 30 ans, provenant de quartiers huppés. Le groupe semblait démantelé après la descente de police il y a plus d’un dans une maison de Chalandri, près d’Athènes, considérée comme une cache de l’organisation, et plusieurs arrestations en septembre 2009. En fait, les actions jusqu’alors plutôt bénignes de cette organisation et la jeunesse de ses membres avaient conduit les policiers à les considérer comme des «bébés terroristes» dénués d’intérêt. Ils préféraient concentrer leurs recherches sur des groupes plus durs comme Lutte révolutionnaire ou la Secte des révolutionnaires, (rien que le nom prouve que la CIA a de l'humour...) qui ont revendiqué une série d’assassinats comme celui du journaliste Sokratis Golias ( en voilà une action libertaire qu'elle est bonne... miam miam CIA) , le 10 octobre, ou des fusillades contre des policiers. Sans compter des actions non revendiquées comme l’explosion d’une bombe qui a coûté la vie à un jeune Afghan de 15 ans, et celle, en juin, qui a tué le chef de la sécurité du ministre de l’Intérieur.
Une génération bien moins idéologique, aussi, que les anciennes organisations de l’après-dictature comme le 17-Novembre, qui, dans les années 70-80, s’en prenaient aux représentants de la junte ou de «l’impérialisme» avec des assassinats de tortionnaires, de membres de la CIA et de députés «réactionnaires». «Dans toutes leurs déclarations, ce qui frappe c’est le flou des intentions, le recours à des notions totalement abstraites et l’incohérence qui les pousse y compris à des divergences entre eux», relève Marie Bossi, soulignant que même «leurs références à l’anarchie, qui n’a aucune racine historique en Grèce à la différence de l’Espagne, la France, l’Italie ou la Russie, se limite à des bribes d’idées prises de-ci de-là». .."
Une bonne petite bande de branleurs Bourgifs faciles à manipuler pour casser les mouvement de révoltes prolétariennes. Bref rien de neuf mais une indication précieuse sur les fréquentations des  baltringues de Tarnac.
Oubliez pas les étrennes de Julien-de-la-Plèbe (et oui il réclame) camarades anarchistes.
 

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