mardi 4 janvier 2011

Pourquoi j'aime Wikileaks


Assange et WikiLeaks ne sont pas parfaits – mais leurs récentes révélations ont porté un coup sérieux à la prérogative du secret. 
Les scandales internationaux – dernier exemple en date: la divulgation de télégrammes diplomatiques par le site WikiLeaks – nous sont utiles: ils lèvent le voile sur les rouages secrets de nos gouvernements. Bien plus efficace qu’un livre d’instruction civique, qu’un ouvrage de révisionnisme historique, qu’un discours politique ou qu’une série de reportages d’investigation, le scandale international démasque présidents et rois, commandants militaires et simples troufions, secrétaires du cabinet et diplomates, chefs d’entreprises et banquiers, fabricants d’armes et marchands de canons; nous montre à quel point ces individus peuvent être incapables, menteurs et faux jetons.
Les documents diffusés par WikiLeaks prouvent par exemple que les secrétaires d’Etat américains se moquent éperdument des conventions internationales, qui interdisent l’espionnage au sein des Nations Unies. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton et, avant elle, Condoleezza Rice ont enfreint ces conventions méthodiquement et de façon répétée pour prendre le dessus sur leurs interlocuteurs. Et elles l’ont fait par écrit! Clinton qualifie aujourd’hui l’opération vérité de Julian Assange d’«attaque» contre l’Amérique, tout en excusant ses entorses pour le moins désinvoltes aux conventions internationales; voilà qui résume tout ce qu’il y a à savoir de la diplomatie des Etats-Unis.
L’été dernier, WikiLeaks avait déjà montré que l’armée américaine mentait lorsqu’elle disait ne pas recenser le nombre de personnes tuées en Irak; la presse avait pourtant demandé à avoir accès à cette information un nombre incalculable de fois. En Amérique, l’histoire des scandales est aussi celle des institutions et des individus dont la perfidie, lorsqu’elle est mise à nue, dépasse tout ce que nous avions pu imaginer.
A chaque fois que le scandale émerge – Charles Rangel et son affaire de corruption, la crise des subprimes, l’affaire Valerie Plame, les crimes de Jack Abramoff et de Randy Cunningham, les frasques de Bernie Kerik, le waterboarding, les condamnations de Ted Stevens, la grâce présidentielle pour Marc Rich, Webster Hubbell qui décide de plaider coupable, l’imbroglio Monica Lewinski, l’affaire Iran-Contra, la grâce présidentielle dans l’affaire Iran-Contra, le fiasco des savings-and-loan, la BCCI, etc. – nous sommes atterrés de découvrir à quel point notre gouvernement peut-être à la fois indigne et corrompu.

L'électrochoc

Ces scandales à répétition ne devraient plus nous étonner –et pourtant, ils finissent toujours par nous surprendre. Pourquoi? Est-ce parce que, lorsque le scandale retourne le gazon de nos hypocrisies (et que nous apercevons toutes les petites bestioles qui grouillent en dessous), nous sommes heureux de voir nos dirigeants venir promptement tasser la terre; heureux de les voir rétablir notre innocence pastorale, et de les entendre nous jurer d’une voix mielleuse que ces vils malfaisants ne sont que des cas uniques, isolés, et qu’ils seront punis comme il se doit? Notre éducation nous condamne-t-elle à voir le fonctionnement du monde sous un angle désespérément naïf? Est-ce tout simplement un défaut d’attention?
L’organisation de Julian Assange – et les autres sources d’informations de ce type – ont valeur d’électrochocs; elles nous tirent de cette apathie. Certes, Assange est un égocentrique prétentieux; les mauvaises coupes de cheveux et la grandiloquence sont ses marques de fabrique. Et de fait, il agit souvent sans envisager toutes les répercussions potentielles de ses actes. Mais si vous pensez qu’une personne odieuse et colérique ne mérite pas d’être entendue, j’aimerais vous présenter deux bons milliers de journalistes de ma connaissance…
Le concept même de WikiLeaks est plus effrayant que tout ce que les documents que l’organisation a pu diffuser, ou que tout ce qu’Assange a réalisé au cours de sa carrière: il restaure notre méfiance envers les institutions qui contrôlent nos vies. WikiLeaks nous rappelle qu’à tout moment, un dossier criminel digne d’être diffusé peut être pioché dans une base de données, que ce soit au Pentagone ou au département d’Etat. Assange semble avoir fait de Wall Street sa prochaine cible: selon DealBook (le blog économique du New York Times), WikiLeaks aurait désormais la Bank of America en ligne de mire. Assange l’avait déjà annoncé à demi-mot; en 2009, il déclarait à Computerworld qu’il détenait cinq gigaoctets de données issues du disque dur d’un cadre de la BoA; interrogé par Forbes ce mois-ci, il a dit vouloir dévoiler un véritable «écosystème de corruption». Dans une récente interview accordée à Time, il a réaffirmé son intention de vouloir s’en prendre aux banques.

Un coup sérieux à la prérogative du secret

Les révélations militaires et diplomatiques devraient donc laisser place au dossier financier. Wall Street est une cible bien différente; les entreprises visées ne pourront masquer leur incompétence et leurs fautes à coup d’accusations hypocrites – prétendre qu’Assange représente une menace pour la sécurité nationale, qu’il a violé l’Espionage Act de 1917, que ses actes sont passibles de la peine capitale… Mais je suis sûr qu’ils invoqueront le secret industriel, le copyright, le droit à la vie privée – en somme, tout ce qui pourra faire office de poudres aux yeux. Ils imiteront Clinton – plutôt que de défendre leur comportement, ils choisiront d’attaquer les méthodes et les pratiques d’Assange.
Comme le soutenait récemment The Economist, «le secret est un outil indispensable à la sécurité nationale et à la conduite d’une diplomatie efficace.» Mais il est également une «prérogative qui peut être employée pour dissimuler les méfaits de l’État permanent et de ses agents privilégiés». 
Assange et WikiLeaks ne sont pas parfaits – mais leurs récentes révélations ont porté un coup sérieux à la prérogative du secret. Certes, ces fuites rendent service aux alliés, aux adversaires et aux ennemis des Etats-Unis; ce qu’on dit moins, c’est qu’en en forçant l’Amérique à répondre de ses actes, WikiLeaks lui a fait le plus beau cadeau de tous. Comme le disait I.F. Stone, «tous les gouvernements mentent – mais lorsque les hauts fonctionnaires d’un pays se mettent à fumer le haschich qu’ils refourguent, le désastre est assuré.»
Traduit par Jean-Clément Nau

WikiLeaks et Aftenposten

Le journal Aftenposten vient se mêler à la publication des câbles diplomatiques de WikiLeaks, et il n'a pas été invité par le deal du club des 5. Sous couvert de professionnalisme nos 5 "journaux de référence" nous servent-ils une version édulcorée des câbles en question ?

Ce journal norvégien est en train de contourner la stratégie de communication de WikiLeaks: l’Aftenposten, journal à la réputation sérieuse qui compte parmi les plus lus et les plus influents de Norvège, s’est procuré les 251.287 câbles diplomatiques détenus par WikiLeaks, et ce sans le consentement de l’organisation de Julian Assange. 
La stratégie de WikiLeaks depuis le début du «Cablegate» a été de fournir ses câbles à cinq médias partenaires que sont The New York Times aux États-Unis, The Guardian au Royaume-Uni, Der Spiegel en Allemagne, El Pais en Espagne et Le Monde en France. WikiLeaks a accepté les conditions (qui n’ont pas été révélées) des cinq rédactions impliquées dans la publication des documents et de leur analyse, qui sortent au compte-goutte. Jusqu’ici, moins de 2.000 des 251.287 câbles ont été publiés sur le site dédié de l’organisation. Le rédacteur en chef de l’Aftenposten, Ole Erik Almlid, a confirmé détenir l’ensemble des câbles diplomatiques de WikiLeaks, sans préciser la façon dont il se les est procurés. La grande différence entre l’Aftenposten et Le Monde ou The Guardian, c'est que le journal norvégien a les mains libres, même s’il refuse de comparer sa situation à celle des médias partenaires de Wikileaks:
L'avantage d'Aftenposten est sa liberté vis-à-vis des cinq journaux partenaires. Des partenaires dont Julian Assange a déploré les choix,  ces journaux  masquent des noms qui figuraient dans les télégrammes, ce qui va à l'encontre de sa conception de la transparence.
Pour le moment, Aftenposten s’est concentré sur les câbles concernant la Norvège, et plus particulièrement les relations avec les États-Unis, la Chine ou encore les grands groupes norvégiens cités dans les documents. «Nous allons continuer à publier de nouveaux articles dans les semaines et les mois qui viennent, et pas seulement sur la Norvège.» Le journal a mobilisé 20 à 30 de ses 350 journalistes pour travailler sur les documents, à l’aide d’un moteur de recherche qui leur permet de parcourir les câbles sur un gros serveur.
Parmi les perles publiées on trouve de curieuses révélations sur la France:
La France, plus encore que la Chine et la Russie, serait le pays le plus actif en matière d'espionnage industriel chez ses alliés européens, rapporte mardi le journal norvégien Aftenposten sur la foi de télégrammes diplomatiques obtenus par WikiLeaks
Aftenposten, qui a obtenu par un moyen non connu en décembre la totalité des 251 287 documents diplomatiques de WikiLeaks, reproduit aussi, en norvégien, les propos en ce sens du patron d'un groupe allemand cité par une note de l'ambassade. "La France est l'empire du mal en ce qui concerne le vol de technologies, et l'Allemagne le sait", aurait déclaré en octobre 2009 Berry Smutny, directeur général du petit fabricant allemand de satellites OHB Technology. Cette société s'est fait connaître du grand public en janvier 2010 en remportant aux dépens d'Astrium, filiale du géant EADS, un contrat pour la construction de plusieurs satellites destinés au programme de navigation Galileo, futur "GPS" européen.
Lundi, Aftenposten avait déjà fait état d'une concurrence franco-allemande en matière de satellites espions. Selon des notes obtenues par WikiLeaks, l'Allemagne chercherait à développer, avec l'aide des Etats-Unis, son propre programme de satellites d'observation optique (HiROS) malgré les objections de la France, qui pilote les efforts européens dans ce domaine avec ses satellites Hélios.

lundi 3 janvier 2011

Observatoire de wikipedia

 "Le mythe de la neutralité. 
Socrate contre les Sophistes"
"Observatoire de wikipedia qui se prétend une encyclopédie, sans spécialistes ni vérification d'experts, chacun est libre d'écrire ce qu'il veut grâce à l'anonymat : une pseudo-encyclopédie où prospère la propagande et l'irrationnel. Blog de réflexion sur la culture." 

Tel se présente un Blog qui fait la critique de la pseudo-Encyclopédie wikipedia.
L'idée est bonne. Ce wikipedia squate littéralement  la tête des étudiants et autres Bisounours avec une déconcertante facilitée, presque une référence dictatoriale qui désinforme et en premier lieu sur le concept même d'Encyclopédie.
Songez un instant que  la fameuse Encyclopédie fut le produit des lumières et quelle réussite, une écriture sublime et une rédaction composée des meilleurs de cette époque: Diderot, d'Alembert...
Une Dream Team inoubliable.
On est loin de l'actuel wikipedia complètement aux mains des désinformateurs officiels et directement piloté par les groupes de pressions et mafias qui corrigent en permanence les articles pour manipuler l'opinion et abrutir leur public... 
Seulement voilà le blog: http://wikipedia.un.mythe.over-blog.com, pourtant un "Blog de réflexion sur la Culture"  écrit par un "Professeur de philosophie", est truffé d'inexactitudes scandaleuses  et cela même lorsqu'il s'agit de banalités comme l'histoire pourtant récente de l'Internationale Situationniste.
Soit notre phisolophe cherche à nous nuire, soit et c'est encore plus grave, il ne sait même pas de quoi il parle (ce qui ne nous étonneraient pas venant d'un Prof de phisolophie...).
Comme son article a déclenché un débat sur son blog et qu'il est abondamment commenté par une ribambelle d'idiots, Voir les 84 commentaires qui s'empressent  de donner leur pauvre opinion sur L'I.S. comme sur tout le reste, nous nous devons de rétablir quelques vérités.
L'I.S. a bien été dissoute en 1972 par Guy Debord, il n'y a donc pas de ou des Situationnistes, ni officieux, ni officiels. Le courant post-situationniste ne peut en aucun cas être désigné comme étant "Les situationnistes"  ce qui supposerait une sorte de filiation secrète ou avérée. C'est en ce sens que Debord a agit par dissolution et c'était évidement la chose a faire.
Si nous avons depuis une dizaine d'années utilisé les noms de domaine  www.situationniste.net et www.situationnist.net (avec la Fôte c'est voulu) c'est pour couper l'herbe sous le pied des récupérateurs qui s'empressaient d'acheter ces noms de domaine pour les exploiter et faire leur sale besogne. Il suffit de jeter un œil sur le web et ses archives pour voir ces gens vendre leur soupe infecte en utilisant ces noms "porteurs"...
Nous voulions une balise qui ne serve pas nos ennemis et permette de diffuser quelques bonnes idées indispensables a la saisie de l'époque, tout simplement.
Pour wikipedia il est utile d'ajouter que l'article en question date de 6/7 années, une époque ou les désinformateurs étaient encore des Artisans du mensonge, aujourd'hui nous sommes passé à l'ère industrielle !
Chaque coterie politico-idéologico-médiatique entretient un dispositif de désinformation "en temps réel" sur cette fausse encyclopédie qui fait tant et le fait si mal.
Quant à ceux qui s'intéressent à la Théorie Révolutionnaire et donc aux travaux des situs, ils ont déjà compris que le dépassement de l'IS passe par d'autres travaux entrepris depuis 1986 par la Critique de la Valeur (Wertkritik) dont on trouve de nombreux textes sur ce blog ( Kurz, Jappe, Roubine, Briche, Vincent, Postone...)
Comme aussi par l'hypothèse très pessimiste de Michel Bounan ou encore par les amis de  Vaneigem et leurs projets désobéisseurs. D'autres existent aussi mais si éloignés qu'on peut les dire perdus... 
Au moins on pourra facilement nous "situer".

PS:  En 7 années nous n'avons reçu que 2 lettres sur ce sujet et elles émanaient des wikipedia. Depuis que ce blog a remis en ligne le même texte on se bouscule au portillon, ce qui tendrait à prouver que l'éventuel lecteur cherche d'abord à "Donner son opinion" car en effet il s'agit là d'un Forum...
 Tonton Bob et Cie
 
 

QUI A PEUR DE L'EAU ?


L'AVENIR N'A PAS DE FUTUR...
Une énergie alternative sans aucune pollution ! Le marché mondial du pétrole serait menacé, une révolution, l'énergie utilisant de l'eau comme carburant deviendrait gratuite, et cela changerait fondamentalement le fonctionnement du monde et ruinerait le capitalisme définitivement.
Stanley Meyer est l’inventeur du moteur à eau. Il a imaginé extraire l’hydrogène de l’eau, par une application inverse de l’électrolyse, consommant moins d’1/2 ampère. Alexandre Tchernovsky (mort subitement en 1992) travaillait déjà sur ce qu’il appelait « l’énergie du vide » et avait mis au point un appareil produisant cinq fois plus d’énergie qu’il n’en consommait, suivi dans ces expériences par Hal Puthoff, qui appelle ça « energie du zéro absolu ».
L’invention de Stanley va beaucoup plus loin : dans un bac en plexiglas, pourvu de barres métalliques, il verse de l’eau du robinet, alimente en courant (moins d’un demi-ampère, pour une fréquence de 20 000 hertz par seconde) Et ça marche : il fabrique plusieurs centaines de pour cent d’énergie de plus qu’il consomme, et produit de l’hydrogène. La température de l’eau contenue dans le container en plexiglas ne change pas. Son invention est donc un « séparateur d’eau », qui fractionne l’eau en oxygène et hydrogène.
Il a mis des années a obtenir l’agrément des scientifiques, ceux-ci voyant d’un mauvais œil un chercheur, petit ingénieur, sans le moindre diplôme scientifique, venir leur voler la vedette. Il y a toujours eu un large fossé qui sépare les inventeurs des scientifiques.
Une équipe de scientifiques anglais a observé que Stanley Meyer a décomposé avec succès de l’eau pure en gaz combustible grâce à des impulsions à haute tension, et faible courant mesuré en milli-ampères. Ils ont remarqué que suffisamment de gaz était produit pour fournir une flamme qui a fait fondre instantannément de l’acier.
La revue Eye-Witness estime que Stanley Meyer a développé un système électrique qui peut extraire de l’eau ordinaire (sans chlore !) des mollécules d’hydrogène et d’oxygène avec peu d’énergie, bien moins d’énergie que ce que requiert une électrolyse habituelle. En septembre 91, Stanley Meyer a donc fait breveter son invention (aux Etats-Unis, au Japon et en Europe) et a tout de suite eu plusieurs propositions.
On l’a poliment prié de laisser sa découverte dans un tiroir contre 1 milliard de dollars. Il a reçu aussi des menaces de mort. Car cette invention est une menace pour tout ceux qui vivent de l’énergie du pétrole, puisqu’elle mettrait l’énergie quasi gratuite à la portée de tous : pensez donc, toutes les sociétés qui vendent de l’énergie feraient faillitte !
D’après Paul Czysz (ancien chercheur à la Nasa, et qui est en contact avec eux sur l’avancement de la recherche), la Nasa a passé un contrat avec Stanley Meyer.
Mais en 2006, Stanley est mort empoisonné. Et son invention avec lui. Avant de disparaître, il avait installé un nouveau prototype de son invention sur un Buggy, le réservoir de celui-ci ne contenant que de l’eau.
Qu’importe, une brèche est ouverte, et les internautes peuvent même se procurer ses brevets en tapant sur un moteur de recherche le nom de l’inventeur. Il y a onze brevets déposés : leur liste est en ligne, et chacun peut se les procurer en écrivant à : « Commissioner of Patents & Trademark, Washington dc 20231 USA »
"A son époque Albert Einstein (bien que scientifique) était considéré par le milieu officiel de la science comme un trublion fantaisiste peu fiable et caractériel, on voit ce que ça a donné. Les grands découvreurs ont été (et sont toujours) des anticonformistes ayant le courage de s’opposer à la connerie ambiante, y compris à celle des autorités scientifiques, dépositaires d’une orthodoxie sclérosée."

http://inventin.lautre.net
"L'imagination est plus importante que la connaissance." Albert Einstein
"Le possible est plus riche que le réel." Ilya Prigogine, La fin des certitudes.

dimanche 2 janvier 2011

L'impact de Tchernobyl revu à la hausse : près d'un million de morts

 L'Académie des sciences de New York a consacré un numéro de ses annales à la catastrophe de Tchernobyl. Les effets sanitaires sont effrayants.

 
Combien de morts la catastrophe de Tchernobyl, survenue en 1986 a-t-elle causés ? Derrière cette interrogation, c'est toute la dangerosité de la filière électronucléaire qui est posée. Elle n'est donc pas anodine, en ces années de retour en grâce de l'atome et de lobbying intense des milieux nucléocrates. La question semble élémentaire ; mais lui apporter une réponse se révèle ardu. L'Organisation mondiale de la santé (OMS), dont on serait en droit d'attendre qu'elle serve de lieu d'expertise à ce sujet, est en effet liée de manière contractuelle depuis 1959 à l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA). Résultat : elle a toujours fait le black out à ce sujet.
 
Un lien incestueux qui est dénoncé par un collectif antinucléaire — Independant-WHO (pour une OMS indépendante). C'est ce groupe qui organise depuis 2007 un piquet de protestation quotidien devant le siège de l'organisation onusienne.
 
En septembre 2005, un colloque de l'OMS avait abouti à un chiffre extravagant démontrant la mainmise du lobby nucléaire : il n'y aurait eu que 4000 morts liés à la catastrophe de Tchernobyl. Une position qui avait été dénoncée comme «négationniste» par les associations de défense de l'environnement. Vu le tollé, l'OMS avait ensuite quadruplé ces estimations, sans fournir d'explication à ce sujet. Le chiffre «officiel» est donc aujourd'hui de 16'000 décès.
 
Bien loin des chiffres réels, les travaux sur le terrain menés en Ukraine — lieu de la catastrophe —, en Biélorussie et en Russie — pays qui ont subi de plein fouet le retombées radioactives — donnent des chiffres beaucoup plus élevés : entre 600'000 et 900'000 vies perdues.
 
Recherches précieuses
 
Si l'on considère uniquement les liquidateurs, cette «chair à neutrons» utilisée pour déblayer les décombres de la centrale, on compte d'ores et déjà près des 125'000 morts (sur les 830'000 personnes mobilisées).
 
Jusqu'à présent, ces travaux, notamment ceux du professeur Youri Bandajevski et du professeur Vassili Nesterenko (décédé en 2008) ont été disqualifiés par les experts occidentaux prompts à mettre en doute toute recherche n'émanant pas du cénacle des grandes universités.
 
Cela sera un peu plus difficile à l'avenir : l'Académie des sciences de New York a consacré au début de l'année 2010 un volume de ses annales [Alexey V. Yablokov, Vassily B. Nesterenko et Alexey V. Nesterenko, consulting editor Janette D. Sherman-Nevinger, «Chernobyl. Consequences of the catastrophe for people and the environnement», Annals of the New York Academy Of science, Volume 1181. Prix : 96 euros] à cette problématique. Une validation ou, du moins, une entrée dans le champ scientifique occidental de ces années de recherches. «On peut bien sûr beaucoup critiquer les ex-républiques soviétiques, mais s'il y a un domaine où elles étaient avancées, ce sont bien sur les disciplines techniques et scientifiques où leurs chercheurs étaient de haut niveau», relève Alison Katz, coordinatrice de l'association Independant WHO, qui diffuse cette étude dans les milieux critiques face à l'atome.
 
Les effets sanitaires observés sur le terrain sont encore mal connus. L'ouvrage met en évidence toute une série de pathologies liées à la radioactivité et guère documenté dans la littérature officielle.
 
Traduction précieuse
 
L'ouvrage est volumineux et très technique. Ce sont près de 5000 articles et recherches qui ont été condensés et, surtout, traduits en anglais, langue de communication scientifique par excellence. Le matériau est fort riche. Les auteurs ont notamment eu accès à des données encore classifiées il y a quelques années. Introduites dans certains modèles épidémiologiques reconnus, ces chiffres obligent à reconsidérer l'ampleur de la catastrophe.
 
Ils mettent en évidence l'ampleur des retombées radioactives : 10 milliards de curies (soit 200 fois plus qu'initialement prévu et 100 fois plus que les retombées générées par les bombes atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki). Entre 1986 et 2004, ce sont ainsi près d'un million de personnes qui ont perdu la vie de par le monde.
 
Pollution durable
 
Un chiffre plus élevés que certaines extrapolations menées au début des années nonante. Certaines études — celles qui avançaient des hypothèses pessimistes — tablaient alors sur un chiffre équivalent, mais sur une quarantaine d'années. Il semble donc avoir été atteint en la moitié moins de temps.
 
Dans la région fortement irradiée — Biélorussie, Ukraine et Russie —, le taux de certains cancers a progressé de 40%. Mais l'ouvrage évoque aussi les retombées mesurées en Europe du Nord, en Amérique du Nord ou en Afrique : la radioactivité de Tchernobyl peut être mesurée dans les sédiments du Nil. Et elle est là pour des durées d'ordre géologique (de 20'000 à 200'000 ans).
 
Philippe Bach
Le Courrier, 30 décembre 2010.

LE PIRE EST À VENIR

« Demain, ça ira mieux », clament en choeur le militant politique et le travailleur social. Le progrès est en marche. Le sens de l'Histoire va dans la direction du mieux être. Même le curé s'y colle, qui promet aux malheureux le bonheur éternel - pour après l'après. Mais non, mais non. Cessez de bêler, petits moutons. Tout cela n'est que billevesées. Il faut se rendre à l'évidence : le pire est à venir.
On dit « la crise » : ça fait trente ans qu'elle dure. A ce compte, ce n'est pas une crise, mais une chute sans fin. Ceux qui espèrent en voir le bout feraient bien de réfléchir à quoi il pourrait ressembler, ce « bout ». Car la situation peut encore et encore empirer. Il n'y a pas de limite à la dégradation des conditions. Sauf évidemment leur suppression.
Les finances se creusent. Les spéculateurs spéculent. Les politiciens sont corrompus. Les militaires tuent et torturent. Les flics aussi. Les pères battent leurs épouses et leurs enfants. Les enfants battent les chiens. Les maîtres font pleurer les écoliers et les écolières, qui appellent au secours leurs grands frères pour qu'ils punissent les maîtres. Le joli monde moderne est plus barbare que l'ancien.
Le pire arrive.
Et la nature ne va pas mieux. Les étés se réchauffent. Les cyclones ravagent. Les inondations inondent. Des maladies apparaissent qui se transforment en épidémies. Les virus mutent. Les médecins mentent. Les journalistes matent. La bouffe fait mal. L'air intoxique. L'eau empoisonne. Les gens n'ont plus confiance dans ceux qui s'occupent d'eux. Tout le monde se méfie de ses représentants.
Le pire arrive, mais pour qui ?
Car les serviteurs se mettent à insulter leurs employeurs. Les collégiens disent merde à leurs profs. Les gens ne votent plus. Des casseurs pillent les supermarchés. On brûle des écoles. Même des prisons s'enflamment. Les églises et les mosquées se vident. Des jeunes de plus en plus jeunes se livrent à la débauche. On castagne les gardiens de l'ordre. Des travailleurs sabotent leurs machines. Les scandales se multiplient. Des patrons affolés se pendent. Les donneurs d'ordre s'égosillent en vain. Les penseurs ne savent plus où donner de la tête. Tout part en miettes.
Pour qui le pire est à venir ?
A nous de choisir.

Paul, juillet 2010

samedi 1 janvier 2011

Histoire de l’assassinat de Paris

Guy Debord tenait en haute estime ce livre et son auteur. 2 justes  c'est peu même pour une aussi triste époque...
Réédition discrète d’une étude longtemps tenue secrète, L’Assassinat de Paris, de Louis Chevalier, sur la réévaluation de l’habitat et de l’environnement parisien. Un rapport accablant sur les rêves technocrates de la grande peur de l’an 2000 : la mythologie du moderne selon la pensée libérale.

"Personne ne se serait souvenu du bon Samaritain
s’il n’avait eu que de bonnes intentions.
Il avait aussi de l’argent." - Margaret Thatcher

En passant par hasard devant la librairie des éditions Ivréa, je remarquais un curieux livre en vitrine, dont le nom et le titre m'évoquaient vaguement quelque chose. Louis Chevalier : L'Assassinat de Paris. Un bandeau rouge signalait "Le Prix des bouquinistes". J'avais déjà entendu parler de ce bouquin, j'étais sûr d'avoir cherché à me le procurer, il y a quelques années déjà, en vain. Même les bibliothèques de la ville ne le possédaient pas. La librairie étant fermée, j'allai chez plusieurs autres du quartier Latin pour le trouver. Impossible. Introuvable. Je finis par en dénicher un exemplaire défraîchi dans un vague rayon "Histoire de Paris", au bout de quelques heures de recherche. C'était bien celui-là. Un bouquin publié pour la première fois en 1977 par l'historien de Paris, éminent professeur au Collège de France, camarade de khâgne de Georges Pompidou dans les années 30, qui était mystérieusement passé à la trappe... Au dos du volume, le nom des éditions Champ Libre de feu Gérard Lebovici, assassiné le 5 mars 1984...
Ça y est ! J'y étais. J'avais appris l'existence de ce bouquin peu ordinaire dans le Panégyrique de Guy Debord. Je retrouvais le passage qui avait attisé ma curiosité : "On pourrait presque croire (...) que j'avais été le seul à aimer Paris ; puisque tout d'abord je n'ai vu que moi réagir sur cette question, dans les répugnantes "années soixante-dix". Mais par la suite, j'ai appris que Louis Chevalier, son vieil historien, avait publié alors, sans qu'on en parle trop, L'Assassinat de Paris. De sorte que nous avons été au moins deux justes dans cette ville, à ce moment là." Sans qu'on en parle trop. On apprend dans la remarquable préface de Claude Dubois que "L'Hôtel de Ville se sera seulement employé, en douceur et en profondeur, à bazarder son livre de la devanture des librairies." Et pour cause : ce livre était carrément impie, blasphématoire. Alors que la ville venait la même année de se doter d'un nouveau maire, ce qu'elle n'avait pas fait depuis 1871, Louis Chevalier tirait à boulets rouges sur les criminels qui avaient bistourné, estropié, mutilé, défiguré et bousillé bien proprement Paris.
Paris l'usine et Paris mangeoire, Paris le royaume des bagnoles et de la pollution, c'était donc eux. Ça avait commencé en 1958, à l'époque où le mot "moderne" faisait tourner toutes les têtes, surtout celles bien ignorantes mais savamment diplômées de l' E.N.A., Polytechnique ou H.E.C., qui rêvaient, terriblement ambitieuses et sottement orgueilleuses, de réussir dans la vie.
Il y a quarante ans. Et ils y ont réussi, les frénétiques ; bien que, naturellement, ce furent les plus robustes et les plus costauds qui dévorèrent les moins forts pour s'empiffrer seuls de ce qu'il y avait à croquer : des millions et des milliards. La glorieuse époque des promoteurs, ceux qui ont bétonné tout ce qui bougeait et respirait. Bon sang ! J'avais un trésor entre les doigts. Un volume de 316 pages, brossé au vitriol, avec des explications claires et précises. La description de l'horlogerie du Diable, le portrait des horlogers, des noms à la clé (certains sont tus par pudeur), et le tableau de cette monstrueuse et misérable folie de ces hommes, de l'incomparable gabegie qui eut toute licence de faire tout et surtout n'importe quoi. L'ignoble curée des chantiers de démolition, les coups de boutoir lugubres dans le ventre des maisons qui gémissaient en s'effondrant, la déportation vers les banlieues nouvelles, ces paradis de la modernité et du bien vivre comme on l'a bien compris à peine vingt ans après, le massacre à la tronçonneuse des arbres, les voies rapides, la langue parisienne arrachée par la tenaille de la bouche de Paris et le trou des Halles, en attendant la mise en place de la prothèse culturelle du Centre Beaubourg, le projet de traverser le parc Monceau d'une voie "express", les voies ferrées, les gares, le canal Saint Martin qui ont failli être embétonnés, recouverts par impératif d'une circulation qu'ils contrariaient... La construction du Front de Seine, "ce front fait pour ne jamais rougir", l'invasion des tours au crâne plat "tels ces monstres que le cinéma japonais nous montrait, dressés sur leurs arrières, broyant les villes de leurs membres avortés" -dont la trop fameuse Tour Montparnasse, "la grande vilaine"-, le débarquement généralisé du sinistre, avec les succursales de banques pour funèbre et sombre oriflamme, dont le visage le plus fermé est celui qui en dit le plus long... Tout y est dans ce livre, imprimé avec l'énergie de la colère et du désespoir, et exposé en détail, minutieusement, avec ordre et méthode, l'administration méritant bien cet égard. Les règles et les principes d'une raison cartésienne rendue folle, les pauvres "technocrates" (le néologisme est de l'époque) n'ayant lu qu'en diagonale rapide le Discours de la méthode.
"Inscrire séparément trois fonctions que doit satisfaire l'organisation urbaine : habiter, circuler, travailler". En commençant par le déplaisir, tout le reste suivra. Le tertiaire avec le tertiaire ("alors que personne n'a jamais su ce que cela voulait dire exactement..."), le commerce de luxe avec le commerce de luxe -la vitrine, toujours, indispensable pour couper de la vie-, en bref : "Conférer des vocations à chaque quartier de la ville (étrange vocation que l'on confère !)". Passons. Et tiens, tant qu'on y est, ce marché aux fleurs et aux oiseaux qui niche, oh incohérence !, auprès de la Chambre de Commerce : lui couper l'eau pour l'obliger de partir ! Mais pour aller où ? Impériale réponse : Ailleurs... A l'appui, les Bulletins municipaux de l'époque. Noir sur blanc.
Louis Chevalier n'y va pas avec le dos de la cuillère, il nous en sert même de franches louchées. Il tire à vue et l'on en apprend de bien bonnes. A vomir de rire ou de dégoût : les collusions entre les administrateurs et les bétonneurs, l'incroyable et irréversible gâchis, la billebaude, le bredi-breda et la culbute au sommet, pas pour rien ! Mais pour des paquets de millions de milliards... Rien que pour ça ! Où le sinistre finit toujours par l'emporter sur le grotesque. Les pauvres ont toujours payé et paieront toujours, tel est l'ordre naturel des choses, vu au travers des lunettes fichées sur des faces compassées, la raie au milieu, techniciens supérieurs d'une chose ou d'une autre, en général de leurs intérêts propres, autorisés en tout cas, personnages suffisants et arrogants, le cul libéral graisseux planté dans un fauteuil de velours indifférence satisfaite. Avec l'interdiction absolue de critiquer bien entendu. Loi du silence. Un certain nombre de "Messieurs" ont ainsi repensé Paris, dans divers salons confortables de la ville, à l'heure des digestions flatulentes et sans se retenir entre soi d'éructer de gras projets bien moches (et les trouvant beaux, projets qui finalement, de leur point de vue, arrangeraient tout le monde). Tout au moins, le reste s'en accommoderait.
 
-- Années 60-70 --

"Repenser Paris...", tel était le mot d'ordre de ces jours obscurs et malignement entêtés, comme si Paris et son histoire avaient été pensés une première fois, bien mal et n'importe comment sans doute, comme si son présent et son avenir dépendaient évidemment de la "pensée" hautaine et inculte de ce cénacle de spécialistes en "urbanisme", faisant tout reposer in fine sur la fatalité de la "conjoncture" que ces techniciens polycompétents entendaient bien entendu dans le sens de la nécessité économique, alors que : "la conjoncture, au sens ancien du mot, est pleine d'incertitude, de hasard, elle signifie la nature et la vie".
Louis Chevalier nous explique parfaitement bien, en 316 pages d'une écriture pétrie de culture classique -mais qu'est-ce que le "classique" sous le talon du jeune homme moderne, sinon de la merde de chien des rues- ce que les jeunes chiens libéraux modernes ont rêvé de Paris (lâchons-le tout de suite, le rêve se résume à sa pauvreté : le Paris de l'an 2000, pour un public d'Isola 2000. On aura tout dit.) et taillé à la mesure de ce qui leur convenait : un parking souterrain pour des travailleurs à l'étage, un air irrespirable, une prolifération "de boutiques à manger qui coupent l'appétit et de boutiques à aimer qui tuent l'amour" pour entretenir une armée anonyme de travailleurs portables mobilisables et jetables à merci ; des magasins éphémères d'objets machins branchés, des supermarkets (le mot sent le vieillot ? non il est moderne) qui pensent à nous, cette violente publicité qui cueille la connerie à un degré si bas pour se croire et se faire croire spirituelle et authentique, qu'elle en est pathétique à défaut d'être touchante... La liste est consternante et sans fin.
Réactionnaire, ce chien des rues, Louis Chevalier ?
Non. À la lecture de ce livre, on comprend que la pensée réactionnaire est une pensée qui se borne à bétonner l'histoire, pour faire comme si la dictature intégrée du moderne n'avait pas eu un premier jour, ayant pour elle des circonstances, des facilités, des compromissions suspectes, des intérêts grossiers et vulgaires à défendre, pour ensuite faire accroire à tous qu'il en a toujours été ainsi. L'interdiction de contrarier est liée à l'obligation d'oubli. Du point de vue de l'usurpateur qui avant tout tient à faire oublier qu'il vient d'arriver, le réactionnaire est celui qui ose braver l'interdit et soulever la dalle de béton de l'oubli commandé, désiré, voulu.
Nostalgique, Louis Chevalier ? Oui. Et à fond. On devine vite que ce n'est pas de gaieté de cœur qu'il dut inscrire à l'en-tête de son livre ce vers de Rutilius Namatianus, poète du Bas-Empire : Les villes aussi peuvent mourir. De fait, le bousillage est effarant. Mais qu'est-ce qui a vraiment disparu ? "L'existence collective dont l'existence de chacun quoi qu'il fasse et à tous moments, qu'il travaille, qu'il s'amuse, qu'il se promène, qu'il mange, qu'il dorme, se trouve transformée, exaltée...".
Mais alors pourquoi s'emmerder à lire un vieux furieux qui n'est pas réactionnaire, mais bougrement nostalgique ?
Parce que Louis Chevalier décrit, compare, mêle ses souvenirs à ceux des autres, traite des faits et des textes officiels, établit des parallèles, cite des témoins dignes de foi - c'est-à-dire des romanciers et des poètes -, fait un gigantesque travail d'historien spécialiste de Paris. La langue est savoureuse, foutrement bien construite, classique, adroite, acérée, comique et ne rate jamais sa cible : "la litanie de l'imposture".
Parce qu'on apprend de la plume d'un écolier du XIVe siècle que : "Vivre ailleurs, c'est exister au sens relatif du mot, secundum quid ; vivre à Paris, c'est exister au sens absolu, simpliciter".
Parce que l'événement 68, "inexplicable", "incompréhensible" pour la presse commémorante du printemps 98, est limpide pour le vieux chien des rues : "Un refus des jeunes de vivre dans un milieu urbain nouveau, dans cette ville nanterrisée qui par son ennui, sa laideur, sa bêtise, son béton, par l'asservissement auquel elle condamne, résume ce dont ils ont horreur. Fantastique retournement ! Paris vomi par les jeunes après avoir été pendant des siècles leur paradis, la ville où ils accouraient de partout, persuadés d'y trouver tout ce dont ils pouvaient rêver, le plaisir, l'amour, la réussite, la gloire, en un mot, la vie".
Le mal est donc fait : la nuit. Passez muscade. Il y fallait une volonté certaine pour mépriser à ce point le goût de vivre. Parce que ce livre est rare et magnifique.
source
Denis Lambert

Lire aussi: Les "Commentaires sur la SdS" de Guy Debord
Et:  "Cette mauvaise réputation--" (en P2P pour les fauchmans...)

Louis Chevalier, L’Assassinat de Paris, Éditions Ivréa
A avoir vu absolument : l'exposition "C'était l'an 2000, le Paris des utopies", actuellement à l'Hôtel de Ville, jusqu'au 3 octobre 1998, entrée gratuite. Édifiant...
Les Éditions Ivréa : 1, place Paul Painlevé, Paris 5e.

Une armée de justiciers



 La révolte des luddites contre la machine industrielle
Pendant plus de deux siècles, la révolte des ouvriers luddites a été diffamée, enfouie, refoulée par les historiens de toutes les écoles.
En 1963, Edward P. Thompson, historien communiste – mais libre d’esprit – produit dans son livre The Making of the English Working Class (1) un chapitre d’épopée, « Une armée de justiciers », qui fait mieux que réhabiliter les luddites. Trente ans avant Marx et le Manifeste du Parti Communiste (1847), ces derniers critiquent en actes la dissociation entre moyens de production et rapports de production. Ils se battent pour l’autonomie ouvrière, contre l’asservissement à la machine, pour la survie de leur communauté et la fierté de l’ouvrage bien fait.
Depuis ce livre pionnier, des études sur les luddites se multiplient. Les leçons que l’on tire de leur combat pourraient-elles supplanter le marxisme comme horizon indépassable de notre temps ? D’après son préfacier, Miguel Abensour, « Le chapitre sur le luddisme (“Une armée de justiciers”) constitue un petit ouvrage à lui seul. »
Le voici.

Pièces et Main d’œuvre ; Black Star (s)éditions

Pour découvrir l’histoire des luddites en France, on se reportera au livre paru aux éditions L’Echappée en novembre 2010 : Les luddites en France - Résistances à l’industrialisation et à l’informatisation (collectif, coordonné par Cédric Biagini et Guillaume Carnino).
(1) Editions Victor Gollancz. Traduit en français sous le titre La Formation de la Classe Ouvrière Anglaise, Paris, Ed. Le Seuil / Gallimard [Coll. Hautes Etudes], 1988 par Gilles Dauvé, Mireille Golaszewski et Marie-Noëlle Thibault. Présentation de Miguel Abensour.

N.B. : « Une armée de justiciers » correspond au chapitre 14 (p. 426-543) de la 3e partie (« Présence de la classe ouvrière ») de l’ouvrage de Thompson. Ce chapitre est publié en deux brochures (à télécharger ci-dessous).
Par souci de clarté, nous avons classé les notes de Thompson indiquant des références. Certaines d’entre elles, qui ne sont pas nécessaires à la bonne compréhension du texte, sont signalées ainsi : [*xx] et se trouvent en fin d’ouvrage. En revanche, celles qui nous paraissaient nécessaires font l’objet de notes de bas de page. Quant à nos propres références, elles comportent la mention : [NdBS] pour [Note de Black-Star].
Certains passages du texte comportent un grand nombre de majuscules. Il ne s’agit pas d’erreurs de notre part mais bien d’un style d’écriture qui se pratiquait à cette époque.
Enfin, nous avons également ajouté une brève chronologie du mouvement luddite à la fin de la deuxième brochure. Celle-ci est extraite de l’ouvrage de Kirkpatrick Sale, La révolte luddite, Briseurs de machines à l’ère de l’industrialisation [Rebels against the futur, 1995], traduit de l’américain par Celia Izoard, Paris, Ed. L’Echappée, 2006.


 1.
La lanterne noire
 « Voici la tête d’un traître ! » En février 1803, le bourreau présenta à la foule de Londres la tête d’Edward Marcus Despard 2. Lui et ses six compagnons de supplice avaient été reconnus coupables de haute trahison (en particulier d’avoir projeté d’assassiner le roi), et ils moururent tous avec courage. Despard proclama son innocence et sa conviction qu’il mourait parce qu’il était « un ami des pauvres et des opprimés ». La foule manifesta sa colère et sa compassion. Les condamnés furent exécutés à Southwark : la presse londonienne affirmait qu’il y aurait très probablement des émeutes et une tentative pour les faire évader s’ils étaient conduits à travers les rues jusqu’à Tyburn ou Kennington Common. Parmi ceux qui assistaient à l’exécution de la sentence, il y avait un jeune apprenti du nom de Jeremiah Brandreth 3. Quatorze ans plus tard, sa tête allait être montrée à la foule massée aux abords de Derby Castle : « Voici la tête
d’un traître ! »
De Despard à Brandreth, la tradition illégale se poursuit. C’est une tradition à jamais plongée dans l’obscurité. Toutefois, nous pouvons l’appréhender de trois façons : d’abord, à partir du matériau dont nous disposons sur les « activités clandestines » de 1800 à 1802 ; ensuite, à partir d’une critique des sources historiques ; enfin, à partir d’un examen de la tradition quasi légale des syndicats ouvriers.
Texte Complet
suite 1 pdf

vendredi 31 décembre 2010

La Dignité des Pourris

 Battisti : l'Italie dénonce "l'affront" de Lula 

Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a décidé, vendredi 31 décembre, de ne pas extrader vers l'Italie l'ex-militant d'extrême gauche Cesare Battisti, réclamé pour meurtres et emprisonné au Brésil depuis 2007.  L'Italie a réagi au quart de tour : le président du conseil Silvio Berlusconi s'est engagé à poursuivre la "bataille" pour l'extradition. Quant au ministre de la défense, Ignazio La Ruzza, il a jugé "injuste et gravement offensante" la décision du président brésilien.

L'Italie a  annoncé qu'elle rappelait pour consultation son ambassadeur au Brésil. 

La grande majorité des partis politiques, (aussi bien les crapules de la droite au pouvoir que celles de l'opposition de gauche), ont fustigé la décision de Lula. Rosy Bindi, présidente du Parti démocrate (PD, gauche) a critiqué "une décision erronée qui offense la conscience des Italiens". Ex-maire démocrate de Rome, Walter Veltroni, a estimé que "l'histoire de Battisti est celle d'un simple délinquant : elle a débuté en versant le sang de victimes innocentes et elle doit s'achever avec la peine qui lui a été infligée par un tribunal de notre pays". "L'affront du guérillero Lula a dépassé les bornes", s'est indigné un groupe de sénateurs de la Ligue du Nord (parti populiste allié de Berlusconi), en proposant le "boycottage total du Brésil". Une secrétaire d'État, Daniela Santanché, membre de la droite dure, a annoncé pour le 4 janvier une manifestation sous les fenêtres de l'ambassade brésilienne à Rome, sur la célèbre piazza Navona : "C'est une décision que nous ne pouvons pas digérer."

En clair la "Vérité Officielles" doit être maintenue à tout prix... Car ces gens ne seraient pas là ou ils sont sans ces années de manipulation de l'opinion par le Terrorisme d'État. Battisti pose un problème dans la mesure ou ses procès truqués ont été mis en place avec l'aide des principaux indicateurs et agents infiltrés, reconnaitre son innocence c'est condamner tous le système politico-judiciaire italien. Quant à l'Opinion  Publique, elle refuse l'idée qu'elle  est trompé depuis le début, dindon de la farce s'accrochant à la "Vérité Officielle" si rassurante d'un bon gouvernement face aux méchants terroristes.

L'octroi de l'asile politique est une tradition bien ancrée au Brésil, qui a accueilli des dictateurs latino-américains, des guérilleros d'extrême gauche ainsi que des sportifs et des musiciens ayant fui Cuba. Le Brésil avait d'ailleurs déjà accueilli, à la fin des années 1970, d'autres activistes italiens des "années de plomb" comme Pietro Mancini et Luciano Pessina. 

 

A propos d'Alice Debord

On trouve ce fac-similé dans le N°0 (le dernier tome) de la Correspondance Debord. Ceci est important car c'est la preuve que depuis 1973 Guy Debord faisait une totale confiance à sa compagne pour prendre en charge ses œuvres. Alice Debord est donc bien sa Légataire Universelle et à ce titre a tous les droits,  même celui de faire une connerie comme d'interdire la Correspondance de Martos...


Une nuit de la Saint-Sylvestre placée sous haute surveillance

Les forces de l’ordre ont été mobilisés en masse, afin de prévenir les risques de débordements et encadrer des rassemblements de fêtards. «Un total de 53.820 policiers et gendarmes, dont 8.060 sur Paris, vont être mobilisés», a annoncé le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, «c’est-à-dire 6.000 policiers et gendarmes de plus que traditionnellement». Et pourquoi cela ?

Pas de bilan des voitures brûlées

Hortefeux a prévenu qu’il ne donnerait pas samedi le bilan des voitures brûlées durant la nuit, qui sera communiqué en janvier avec les chiffres de la délinquance: «Il ne s’agit pas de cacher mais d’interrompre un concours stupide qui consiste à brûler les voitures des honnêtes gens». Trop de voitures pour être honnête...                                           

La pègre et son armée du crime a en effet décidé cette année de doubler la mise en incendiant à tours de bras dans une orgie de feu "les voitures des honnêtes gens"

 

Pour finir 2010 en Beauté une lettre inédite de Guy Debord à  Le Glou (de 1974 in le dernier volume "0" de la correspondance )

 

Voitures ?

jeudi 30 décembre 2010

Une enquête non grata

L'enquête sur les attentats du 11 Septembre
Le gouvernement Bush s'est opposé à ce qu'une enquête ait lieu sur le 11 Septembre.  Ce n'est que sous la pression médiatisée des familles de victimes qu'une Commission fut finalement mise en place ... mais l'enquête fut pilotée par la Maison Blanche et entachée d'obstacles et d'obstructions répétés qui compromettent la crédibilité du rapport final.
« Pouvez-vous croire qu’à la suite d’un tel attentat, le gouvernement ne voulait même pas ouvrir une enquête ? » s’exclama Ralph Nader, candidat indépendant aux élections présidentielles américaines de 2008, au cours d’une interview filmée lors d’un meeting de campagne à Cincinnati. 
L'administration Bush était effectivement opposée à ce qu'une enquête ait lieu sur les attentats du 11 Septembre CBS News, 23/05/02.  Ce n'est que sous la pression médiatisée des familles de victimes qu’une commission d’enquête fut finalement ordonnée le 27 novembre 2002 Congrès des États-Unis, 27/11/02, soit 441 jours  après les attentats.  A titre de comparaison, il avait suffi de 9 jours pour qu’une enquête soit ordonnée sur l’attaque de Pearl harbour, 7 jours sur l’assassinat de Kennedy, 7 jours également sur l’explosion de la navette Challenger, ou encore 6 sur le naufrage du Titanic.
La Commission fut composée d’un nombre égal de représentants des deux partis – 5 Républicains dont Thomas Kean nommé président et 5 Démocrates dont Lee Hamilton nommé vice-président – mais elle n’avait en réalité que l’apparence d’une commission non partisane. Elle fut bien au contraire étroitement pilotée par la Maison Blanche.
En effet, le poste de Directeur exécutif de la Commission d’enquête fut attribué au Républicain néo-conservateur Philp Zelikow, un proche collaborateur de la secrétaire d’État Condoleezza Rice et membre du gouvernement de transition de Bush fin 2000 et début 2001.  De l’aveu même des président et vice-président Kean et Hamilton dans leur livre Without Precedent : The Inside Story of the 9/11 Commission paru en  2006, c’est Philip Zelikow qui avec son staff administratif fut chargé du travail d’enquête Without Precedent, p.38 ; The Commission, pp. 69-70, 81-86.  Les Commissionnaires quant à eux étaient chargés de conduire les audiences et les entretiens sur la base des éléments que leur mettaient à disposition Philip Zelikow et les services gouvernementaux Without Precedent, pp. 269-270.  Dans une interview à CBC News le 21 août 2006, le vice-président Lee Hamilton a reconnu que « de nombreux sujets soumis à l'attention de l'équipe [dirigée par Zelikow] n'ont pas été transmis à la Commission. [...] La plupart des sujets ne sont pas parvenus directement jusqu'à moi. [...] Le groupe de travail a filtré nombre de ces choses » CBC News, 21/08/06, pp.5 et 8.  Par ailleurs, comme l’a montré le célèbre journaliste du New York Times Philip Shenon dans son livre d’investigation The Commission: The Uncensored History of the 9/11 Investigation, non seulement Philip Zelikow dirigea l'enquête, mais c'est également lui qui dirigea la rédaction du rapport final que les Commissionnaires ont simplement annoté et co-signé.  Le schéma détaillé et les conclusions du rapport avaient même été rédigés dés mars 2003, avant même que ne commencent les auditions de la Commission The Commission, pp. 388-389, 317-324 et 394-396.             

L'interdiction de procéder aux interrogatoires des prétendus comploteurs en détention, au premier rang desquels Khaled Sheikh Mohammed - « cerveau » présumé des attentats Note confidentielle de D. Rumsfeld, J. Ashcroft et G. Tenet, 16/01/04, p.26 ; Without Precedent, pp. 118-126New York Times, 2/01/08 ; .  Ainsi, toutes les déclarations que le rapport final attribue à ces détenus sont exclusivement des informations de troisième main transmises à la Commission par la CIA.  Comme le reconnaissent Kean et Hamilton, la Commission n'avait « aucun moyen de vérifier la fiabilité des informations [...] fournies » Without Precedent, p.119.  Or, c'est sur la base des aveux de Khaled Sheikh Mohammed et des autres détenus - « les seules sources disponibles sur le complot » Without precedent, pp. 118/119 - que la Commission a pu établir un lien entre al-Qaida, Ben Laden et les attentats du 11 Septembre rapport officiel, pp.145-155
La fiabilité des aveux rapportés est d’autant plus sujette à caution que les détenus clés, dont Khaled Sheikh Mohammed, avaient été soumis à la torture du  « waterboarding » lors de leurs interrogatoires par la CIA.  Michael Hayden, directeur de la CIA, l’a admis devant la Commission du renseignement du Sénat américain le 5 février 2008 Jurist, 5/02/08 ; The Australian, 7/02/08, puis un mémo rendu public par le Département de la Justice en avril 2009 révèla que Khaled Sheikh Mohammed fut torturé à 183 reprises en mars 2003 New York Times, 20/04/09 ; Le Monde, 20/04/09.  Ces révélations inspirèrent au journaliste du New York Times Philip Shenon le commentaire suivant : « Tout ceci jette un voile sur la crédibilité du rapport final de la Commission. Dans les cercles du renseignement, on n’accorde que peu de crédit aux témoignages recueillis sous la torture.  Les études démontrent que les gens diront n’importe quoi si on les menace d’une douleur physique intense » Newsweek, 14/03/09 - traduction française sur le site du Nouvel Obs.  Quant aux ultimes confessions de Khaled Sheikh Mohammed devant une commission militaire en mars 2007, elles ne sont pas moins suspectes.
suite
Christo  Reopen911

 

L'iboga, c'est quoi ?

L'iboga est une plante psychotrope très puissante, traditionnellement utilisée dans certaines régions d'Afrique Noire par des sorciers et guérisseurs locaux. Au Gabon, elle est associée à la religion Bwiti et ses impressionnantes cérémonies liées au culte des ancêtres. L'ingestion d'une mixture à base d'iboga permettrait d'entrer en contact avec leur esprit. Selon certains chercheurs et d'anciens pharmaco-dépendants, elle aurait, par ailleurs, la particularité de guérir les addictions aux drogues telles que l'héroïne, la cocaïne, mais aussi l'alcool et les anxiolytiques. Dans un cadre rituel approprié, elle permettrait également une forme de psychothérapie intensive et radicale. Voyons un peu ce qu'il en est.

Une expérience bouleversante

En cette période d'hypermédicalisation, l'iboga est une démarche visant à trouver d'autres voies que celle de la psychiatrie ou des médicaments. Une alternative à l'opposé du statut de patient assisté, soumis et docile, qui accepte de faire pipi dans une bouteille sous l'œil d'un psychiatre soupçonneux pour avoir sa méthadone.

L'iboga classée stupéfiant
Comme Asud le craignait, l'iboga a été classée stupéfiant et son usage est désormais interdit. Plusieurs accidents et 2 décès ont accéléré ce classement. À terme, cela risque de rendre plus problématique encore son usage traditionnel dans la forêt africaine où les autorités finiront par interdire son usage, sous la pression des Occidentaux.
Paradoxalement tous ceux qui ont tenté l'iboga déconseillent très vivement de tenter cette expérience sans un médecin. L'iboga est un redoutable hallucinogène. Alors attention chers petits drogués, il y a eu 2 morts en quelques mois en France ! Il s'agit d'une philosophie basée sur une expérience ponctuelle bouleversante, parfois d'une violence inouïe... Après avoir consommé la plante, le postulant se retrouve peu à peu plongé dans des dimensions inconnues de sa conscience. Selon des spécialistes du Bwiti, « l'iboga proposerait une voie de responsabilisation » pouvant permettre à certains de retrouver une « dignité originelle » en plongeant dans l'inconscient et les méandres de la psyché avant de renaître. Une expérience spirituelle intense qui pourrait, dans certains cas, permettre à l'individu d'en finir avec ses démons et d'affronter la vie en se forgeant de nouvelles armes.

L'iboga pour décrocher

L'un des principes actifs de l'iboga, l'ibogaïne, fut le principal constituant du Lambarene®, un médicament (retiré du marché en 1966) dont Albert Schweitzer et Haroun Tazieff se servaient à faible dose pour combattre la fatigue.
Un rituel bien précis
L'iboga qu'on trouve au Congo, au Cameroun et au Gabon se prend toujours dans le cadre de cérémonies bien précises. Soit lors de la cérémonie d'initiation où le « Banzi » (Nouvel initié qui s'apprête à suivre la voie de l'iboga) en prend durant 3 jours, soit à l'occasion d'événement précis tel un deuil. La consommation d'iboga a toujours lieu après une préparation soigneuse et une mise en condition appropriée qui implique une purification rituelle, un nettoyage total, des purges. et une période de jeûne et de recueillement. La cérémonie se déroule sur 3 jours avec des feux, des chants, des danses et de la musique durant tout le rituel. Le premier jour symbolise la la naissance, le second le voyage vers la mort, le troisième la renaissance et la connaissance. Une période de récupération est ensuite indispensable. La cérémonie laisse toujours les participants exténués.
Dès les années 50, des chercheurs s'intéressent à cet alcaloïde qui potentialise les effets analgésiques de la morphine. En 1962, un groupe de jeunes héroïnomanes teste l'iboga, sur la suggestion de collaborateurs de Timothy Leary qui cherchent des remèdes contre la dépendance à l'héroïne. Cinq ne retouchent pas à l'héroïne durant plusieurs jours. L'un d'entre eux, Howard Lotsof, s'enthousiasme et veut développer l'usage d'ibogaïne. La suite est un scénario digne d'un roman d'espionnage avec ses rebondissements, ses secrets, les intérêts de l'industrie pharmaceutique, les pressions du gouvernement et de nombreuses magouilles. En 1968, en pleine période hippie, les USA interdisent l'ibogaïne, censée provoquer des visions. Durant les années 80, Lotsoft, qui a replongé entretemps, redécroche avec l'ibogaïne et, à force d'activisme, réussit à mobiliser des laboratoires, des mécènes... et Act Up. Des programmes expérimentaux ouvrent aux Caraïbes et aux Pays-Bas. Le succès est mitigé. Les évaluations rigoureuses manquent. Mais de plus en plus de voix s'élèvent pour témoigner. Parfois instrumentalisées par les professionnels de la « décroche alternative », qui présentent l'iboga comme la panacée pouvant permettre de surmonter toutes les dépendances. Alors que de nombreux sites Internet se consacrent à cette plante, à ses usages traditionnels, médicaux et expérimentaux, avec ses partisans et ses détracteurs, un consensus informel semble pourtant se profiler. L'iboga ou l' ibogaïne auraient effectivement aidé quelques personnes à décrocher de certaines drogues, mais il ne s'agit en aucun cas du produit miracle ou du médicament que certains décrivent.

En cas de dépendance opiacée, l'iboga ne soulage absolument pas le manque. Prise dans un cadre rituel, la plante peut parfois provoquer une forte secousse psychique, une prise de conscience, parfois d'une redoutable violence, qui peut permettre de trouver les ressources internes pour surmonter l'envie de drogue. Puis, peu à peu, aider à résoudre les problèmes de dépendance, dans le cadre d'un processus de maturation. Selon les promoteurs de la bande à Lotsoft, tel Dana Beal (auteur de « The Ibogaine Story »), l'ibogaïne serait en fait plus adaptée pour résoudre les problèmes de comportements addictifs comme les dépendances au jeu, au sexe, voire aux stimulants comme la cocaïne.
Jimmy Kempfer

Archives du blog