vendredi 22 novembre 2013

Jeremy Hammond prend donc 10 ans


Jeremy Hammond est connu pour ses révélations sur l’entreprise de sécurité Stratfor, la NSA privée  des transnationales et des États. 
Ce camarade a été condamné vendredi 15 novembre 2013, aux États-Unis, à 10 ans de prison.



Bonjour à tous.

Je vous remercie de me laisser de m’exprimer. Mon nom est Jeremy Hammond et je suis ici pour être jugé pour des activités de piratage menées au cours de ma participation à Anonymous. Enfermé ces vingt derniers mois au MCC j’ai eu beaucoup de temps pour réfléchir à mes actes et à apporter une explication.
Avant de commencer, je voudrais prendre un moment afin d’exprimer ma reconnaissance pour le travail accompli par les personnes qui m’ont soutenu. Je tiens à remercier les avocats et toutes les autres personnes qui ont travaillé sur mon procès : Elizabeth Fink, Susan Kellman, Sarah Kunstler, Emily Kunstler, Margaret Kunstler, et Grainne O’Neill. Je tiens également à remercier la National Lawyers Guild, le Comité de Défense Hammond Jeremy et le réseau de soutien, les Anons, le Réseau de solidarité Anonymous, le Black Cross anarchiste, et tous ceux qui m’ont aidé en m’écrivant une lettre de soutien, en m’envoyant des lettres, en assistant aux différentes séances du procès et en parlant de l’affaire autour d’eux. Je voudrais aussi hurler pour tous mes frères et sœurs qui sont derrière les barreaux et pour celles et ceux encore dehors qui combattent toutes les formes de pouvoir.
Les actes de désobéissance civile et d’action directe pour lesquels je suis condamné aujourd’hui sont en accord avec les principes de communauté et d’égalité qui guident ma vie. J’ai piraté des dizaines de sociétés de haut niveau et des institutions gouvernementales, comprenant très clairement que ce que je faisais était contraire à la loi, et que mes actions pourraient m’envoyer dans une prison fédérale. Mais je sentais que j’avais l’obligation d’utiliser mes compétences pour dénoncer et lutter contre cette injustice, et de mettre en lumière la vérité.
Aurais-je pu atteindre les mêmes objectifs par des moyens légaux ? J’ai tout essayé, depuis l’appel à signatures de pétitions à l’organisation de manifestations pacifiques, j’ai constaté que les personnes au pouvoir ne veulent pas que la vérité soit révélée. Quand nous exposons la vérité au pouvoir, nous sommes au mieux ignorés et au pire brutalement réprimés. Nous sommes confrontés à une structure de pouvoir qui ne respecte pas son propre système de « mécanisme régulateur », peu lui importent les droits de ses propres citoyens ou de ceux de la communauté internationale.
Mon entrée en politique coïncide avec l’élection présidentielle truquée de 2000 par Georges W. Bush qui profita, après le 11 septembre, de la vague de racisme et de patriotisme pour lancer des guerres impérialistes, sans qu’il y ait eu de provocation, contre l’Irak et l’Afghanistan. J’ai manifesté publiquement croyant naïvement que nos voix seraient entendues à Washington et que nous pourrions arrêter les guerres. Au lieu de cela, nous avons été étiquetés comme traîtres, battus et arrêtés.
J’ai été arrêté pour de nombreux actes de désobéissance civile commis dans les rues de Chicago et c’est en 2005 que j’ai utilisé mes compétences en informatique pour enfreindre la loi en signe de protestation politique. J’ai été arrêté par le FBI pour piratage du système informatique d’un groupe d’extrême droite pro-guerre appelé « Guerrier militant » ("Protest Warrior"), une organisation qui vendait en ligne des t-shirts racistes et avait harcelé des groupes anti-guerre. J’ai été poursuivi en vertu de la loi sur la fraude informatique, et pour les pertes occasionnées. Dans mon cas, celles-ci ont été calculées arbitrairement en multipliant par 500 $ les données des 5 000 cartes de crédit trouvées dans la base de données de « Guerrier militant » : 2,5 millions de dollars de perte. La condamnation fut calculée sur la base de ces "pertes occasionnées", alors qu’aucune carte ne fut utilisée ou distribuée par moi ou quelqu’un d’autre. J’ai été condamné à deux ans de prison.
En prison, j’ai pu voir la triste réalité et la façon dont le système pénitentiaire détruit la vie de millions de personnes retenues en captivité. Cette expérience conforte mon opposition à toutes les formes de répression du pouvoir, et l’importance de se battre pour ses idéaux.
Sorti de prison j’étais pressé de poursuivre mon engagement dans les luttes pour le changement social. Je ne voulais pas retourner en prison, alors je me suis concentré sur l’organisation des mouvements publics, à visage découvert. Au fil du temps, je me suis senti frustré par les limites de la manifestation pacifique, la considérant comme réformiste et inefficace. L’administration Obama a continué les guerres en Irak et en Afghanistan, a intensifié l’utilisation de drones, et n’a pas réussi à fermer Guantanamo Bay.
À cette époque, je suivais le travail de groupes comme Wikileaks et Anonymous. C’était très stimulant de voir les idées de piratage informatique se concrétiser. J’ai été particulièrement ému par les actions héroïques de Chelsea Manning, qui avait dénoncé les atrocités commises par les forces américaines en Irak et en Afghanistan. Elle a pris un risque personnel énorme pour divulguer cette information – croire que le public avait le droit de savoir et espérer que ses révélations permettraient de mettre fin à ces abus. Il est déchirant d’entendre parler de son traitement cruel en cellule militaire.
J’ai longuement réfléchi sur l’opportunité de reprendre ce chemin. Je devais m’interroger : si Chelsea Manning, depuis le fond cauchemardesque et abyssal de sa prison se battait pour la vérité, pouvais-je en toute conscience l’abandonner ? En étais-je capable ? J’ai alors pensé que la meilleure façon d’être solidaire était de poursuivre le travail de révélation et de dénonciation de la corruption.
J’ai été attiré par Anonymous, parce que je crois en l’action directe autonome et décentralisée. Anonymous était impliqué dans des opérations de soutien aux soulèvements du printemps arabe, contre la censure et pour la défense de Wikileaks. J’avais beaucoup à leur apporter, en compétences techniques que dans les moyens d’exprimer les idéaux et objectifs. C’était une époque passionnante – la naissance d’un mouvement de contestation numérique, où la définition et les capacités du piratage informatique ont été façonnées.
J’étais particulièrement intéressé par le travail des hackers de LulzSec qui pirataient des cibles importantes et devenaient de plus en plus politiques. À cette époque, j’ai commencé à parler à Sabu, qui était très ouvert sur les piratages informatiques qu’il avait supposément commis et encourageait les pirates à s’unir et à attaquer le gouvernement central et les grandes entreprises sous la bannière d’« Antisec ». Mais très vite après mon entrée dans le groupe, les autres hackers Lulzsec furent arrêtés, me laissant m’introduire dans les systèmes et rédiger des communiqués de presse. Plus tard, j’apprendrais que Sabu avait été la première personne arrêtée et qu’à l’époque où j’étais en contact avec lui, il était un informateur du FBI.
Anonymous fut impliqué, dès le début, dans le mouvement « Occupy Wall Street ». J’étais régulièrement dans les rues dans le cadre d’ « Occupy Chicago » et très heureux de voir qu’un mouvement de masse, dans le monde entier, se levait contre les injustices du capitalisme et le racisme. Très vite les mouvements « Occupy » prirent fin, détruits par la répression policière et les arrestations massives de manifestant-e-s qui furent chassés de leurs propres parcs publics. La répression des Anonymous et des mouvements « Occupy » a donné le ton à « Antisec » dans les mois qui suivirent – la majorité de nos piratages furent alors dirigés contre la police en représailles à l’arrestation de nos camarades.
J’ai ciblé le système judiciaire en raison du racisme et de l’inégalité avec laquelle la loi pénale est appliquée. J’ai ciblé les fabricants et distributeurs d’équipements militaires et les policiers qui utilisent leur armement pour promouvoir les intérêts politiques et économiques américains à l’étranger et réprimer les gens à l’intérieur du pays. J’ai ciblé les entreprises de sécurité informatique parce qu’elles travaillent en secret pour protéger le gouvernement et les intérêts des entreprises, au détriment des droits individuels, sapent et discréditent les militants, les journalistes et autres chercheurs de vérité, et propagent de la désinformation.
Je n’avais même jamais entendu parler de Stratfor [1] jusqu’à ce que Sabu attire mon attention dessus. Sabu encourageait les pirates à envahir les systèmes en les aidant à élaborer des stratégies pour faciliter les attaques. Il m’a même fourni les vulnérabilités existantes des cibles visées par les pirates, donc ce fut une grande surprise quand j’ai appris que Sabu avait travaillé avec le FBI tout ce temps.
Le 4 décembre 2011, Sabu a été approché par un autre hacker qui avait déjà piraté la base de données des cartes de crédit de Stratfor. Sabu, sous l’œil vigilant de ses correspondants gouvernementaux, a alors été introduit au sein du collectif Antisec, invité sur notre forum privé de discussion, où il a fourni, en téléchargement, des liens vers la base de données complète des cartes de crédit ainsi que le point d’accès de la vulnérabilité du système Stratfor.
J’ai effectué de nombreuses recherches sur Stratfor, ses activités et revu toutes les informations que nous possédions ; j’en ai conclu qu’elle était une cible intéressante. J’ai trouvé ironique que les cartes de crédit de la riche et puissante clientèle de Stratfor soient utilisées pour donner de l’argent à des organisations humanitaires, mais mon principal rôle fut de récupérer des boîtes de messagerie privée afin de connaître tous les sales secrets de cette entreprise qui généralement s’y trouvent.
Il m’a fallu plus d’une semaine pour avoir accès au système interne de Stratfor et j’ai finalement fait irruption dans leur serveur de messagerie. La quantité d’informations était si importante qu’il nous fallu plusieurs serveurs pour transférer les mails. Sabu, qui participa à chaque étape de l’opération offrit un serveur fourni et surveillé par le FBI. Au cours des semaines suivantes les mails furent transférés, les cartes de crédit utilisées pour les dons, et les systèmes de Stratfor brouillés et détruits. Pourquoi le FBI nous a fourni le pirate qui a trouvé la vulnérabilité initiale du système et a permis à celui-ci de continuer, demeure un mystère.
À la suite du piratage de Stratfor, certains des dangers de l’industrie de renseignement privé, non réglementée, sont maintenant connus. Ce sont Wikileaks et d’autres journalistes à travers le monde qui ont révélés que Stratfor a maintenu un réseau mondial d’informateurs qui avaient l’habitude de se livrer à des activités de surveillance intrusive et éventuellement illégales au nom de grandes multinationales.
Après Stratfor j’ai pénétré d’autres cibles, en utilisant une puissante « faille zero day » [2] donnant un accès administrateur pour les systèmes exécutant la populaire plateforme d’hébergement Plesk. Sabu m’a demandé à plusieurs reprises de pouvoir accéder à cette faille, ce que je lui ai toujours refusé. Sans son propre accès indépendant, Sabu continua à me fournir des listes de cibles vulnérables. J’ai pénétré de nombreux sites Web qu’il avait fourni, téléchargé les comptes et bases de données e-mail volés sur le serveur FBI de Sabu, et lui remis les mots de passe et les backdoors, ce qui permis à Sabu (et, par extension, à ses correspondants au FBI) ??de contrôler ces cibles.
Toutes ces intrusions, qui ont été suggérées par Sabu coopérant avec le FBI, touchèrent des milliers de noms de domaine et se composaient en grande partie de sites gouvernementaux étrangers, comme ceux de XXXXXXX, XXXXXXXX, XXXX, XXXXX XXXXX, XXXXXXXX, XXXXXXX et le XXXXXX XXXXXXX. Dans un cas, Sabu et moi-même fournirent les accès aux pirates qui allèrent défacer et détruire de nombreux sites Web du gouvernement XXXXXX. J’ignore comment les autres informations que je lui ai fournies furent utilisées, mais je suis convaincu que la collecte et l’utilisation de ces données par le gouvernement doivent être étudiées.
Le gouvernement célèbre ma condamnation et mon emprisonnement, en espérant fermer la porte sur l’histoire. J’ai reconnu la responsabilité de mes actions, en plaidant coupable, mais quand le gouvernement répondra t-il de ses crimes ?
L’État américain exagère la menace des pirates informatiques pour justifier les milliards de dollars dépensés dans l’industrie de la cyber sécurité, mais elle est responsable du même comportement que celui qu’elle pourchasse agressivement tout en prétendant faire de la prévention. L’hypocrisie de « la loi et l’ordre » et les injustices causées par le capitalisme ne peuvent pas être résolues par la réforme des institutions, mais par la désobéissance civile et l’action directe. Oui j’ai enfreint la loi, mais je crois que, parfois, les lois doivent être enfreintes pour permettre le changement.
Dans sa citation immortelle, Frederick Douglass déclare : “Le pouvoir ne concède rien qui ne soit exigé. Il ne l’a et ne le fera jamais. Observez simplement à quoi n’importe quel peuple se soumet tranquillement et vous découvrirez la mesure exacte de l’injustice et du mal qui leur sera imposés, et ceux-ci continueront jusqu’à ce qu’il leur soit résisté avec des mots ou avec des coups ou avec les deux. Les limites des tyrans sont prescrites par l’endurance de ceux qu’ils oppriment.”
Cela ne veut pas dire que je n’éprouve aucun regret. Je me rends compte que j’ai publié les renseignements personnels de personnes innocentes, qui n’avaient rien à voir avec les opérations contre les institutions que j’ai visées. Je m’excuse pour la publication de ces données préjudiciable aux individu-e-s, et non pertinentes vis-à-vis de mes objectifs. Je crois au droit des personnes à la vie privée – de la surveillance gouvernementale ou d’individus comme moi – et mesure l’ironie de ma propre implication dans le piétinement du respect de ces droits. Je m’engage à lutter pour faire de ce monde un endroit meilleur pour tous et toutes. Je crois en l’importance de l’hacktivisme comme forme de désobéissance civile mais il est temps pour moi de chercher d’autres formes de résistance pour le changement. Mon emprisonnement a un impact négatif sur les membres de ma famille, mes amis et ma communauté. Je sais que l’on a besoin de moi à la maison, dans ma famille. Il y a 7 ans, je me retrouvais devant un juge fédéral différent faisant face à des accusations similaires mais cela ne diminue en rien ma sincérité d’aujourd’hui.
Cela a été dur pour moi d’écrire ce texte, d’expliquer mes actions, sachant qu’en le faisant– de façon honnête – il m’en coûterait plus d’années. Je suis conscient que je risque jusqu’à 10 ans de prison, mais j’espère ne pas en arriver là, car je crois qu’il reste encore beaucoup de choses à faire.
RESTEZ FORT-E-S ET CONTINUEZ LA LUTTE

Pour écrire à Jeremy :
Jeremy Hammond #18729-424
Metropolitan Correctional Center
150 Park Row
New York, New York 10007
États-Unis.



Le site de son comité de soutien

Toumi alias Abdelhakim Dekhar: La Version algérienne


Michel Bounan c'est inspiré de la manipulation de Vincennes pour écrire "Logique du Terrorisme" - ici version en anglais

Étonnante déclaration du DRS* dans Al Watan (journal algérien de Paris) qui tout en niant que Dekhar soit un de leurs agents (un informateur ou une taupe n'est pas un agent officiel et aucun service ne dit jamais aucune vérité sur ces sujets, c'est une règle) admet qu'à partir de 1991 il était grillé «.../...ces derniers l’avaient clairement identifié et se méfiaient de lui.». Pour être "identifié" il faut forcément être un maillon d'une chaîne de surveillance... voir article ici
Toumi apparaît du coté de la Rue Lignier en 1990 avec un curieux tract lycéen signé de Marseille sans donner d'explication sur sa provenance. C'est un des multiples indicateurs qui nous forcerons à nous dissoudre proprement fin 1992 et quitter définitivement la scène parisienne en 1993.
Sans doute en écho au tract 10 ans ça suffit appelant à la fameuse Marche sur l’Élysée de Tonton. Volontairement bloquée par la Préfecture de Police et devenue  la Manif Destroy du 12 novembre 1990 au Pont de l'Alma (lire PDF-du-Sénat). Tout cela avait attiré l'attention des différents Services  sur les groupes qui passaient par le squat Lignier...
Il est triste de voir s’étaler dans Libé  les déclarations de zozos qui continuaient en 1994 à fréquenter Toumi et benoîtement fabriquer d'avance leurs Cokes en famille alors que n'importe quel ado de banlieue sait les préparer in situ.
Ces questions sur la violence symbolique ne se posent plus dans la mesure ou l'infecte consensus a été brisé depuis longtemps mais par nos ennemis sectateurs du capitalisme. Il est donc parfaitement caduc d'assumer une violence qui s'impose d'elle-même mais ne signifie plus rien.
Le texte ultra-réactionnaire et raciste du Sénat en dit long sur la peur des Banlieues...

Toumi participe devant la Sorbonne début 1991 au piratage d'un "Rassemblement" statique du SCALP, pour se faire remarquer ?
L'immobilisation d'un Bus à soufflet en travers du Boul'Mich par ouverture des portes en tirant les sécurités externes vide l'autobus et l'arrosage des CRS avec l’extincteur de secours du bus est très visuel du fait de la température très basse (-2). Une amusante charge des CRS dans un nuage de gaz carbonique aboutie à la fuite éperdue des scalpeux, aucun Autonome ne sera arrêté...
Le SCALP avait  refusé de participer à une Manif Sauvage organisée du coté de Lignier pour soutenir des squats et qui partait et revenait place de la Sorbonne, lieu de leur Rassemblement glacé.
Son look propret et son comportement vaguement cynique tranchait alors avec le lot habituel composé de banlieusards speedés, d'intélo-diantdiants, de proscrits divers et d'ex gauchistes attirés par les pratiques et le discours mordant des autonomes.
La fusillade de Vincennes en 1994 est un enchaînement de circonstances non maîtrisées donc forcément le but des boss de Toumi était d'établir une circulation d'armes brûlées pour faire tomber le maximum  de crétins. Le dérapage sanglant casse net le processus mais permet de faire passer de nouvelles lois scélérates pour fliquer d'avantage. C'est la thèse de Bounan.

«N’ayant plus aucun lien avec le dénommé Abdelhakim Dekhar depuis 1994, et ayant payé ma dette à la société, je m’étonne que, pour illustrer les récents événements tragiques, ma photo se soit retrouvée aussitôt en bonne place dans les médias.../...»                                           Florence Rey  -  2013


« Né le 24 septembre 1965 en Moselle, fils de Larbi, ouvrier mineur, ex-agent de liaison du FLN pendant la guerre d’Algérie, et de Reckia, tous deux originaires de petite Kabylie, Abdelhakim Dekhar, alias “Toumi, dispose de la double nationalité, française et algérienne. Il a exercé les métiers de chaudronnier et d’animateur, mais à en croire l’un des docteurs qui a mené son examen psychologique pour le compte de la justice après son arrestation, en 1994, pour complicité de vol à main armée,  « ces différents emplois n’auraient en fait qu’un rôle de prétexte, puisque son activité réelle, officielle et mensualisée selon lui, aurait été celle d’officier de renseignements pour les autorités algériennes ». « C’est ainsi, poursuit le docteur, qu’il aurait eu pour mission d’infiltrer les milieux gauchistes, marginaux et potentiellement violents de la région parisienne ». Dernière réflexion : « Il n’est pas impossible que les services de renseignements algériens ou français utilisent des personnalités plus ou moins déséquilibrées et plus ou moins insérées socialement pour justement infiltrer les milieux marginaux ».

Dés ses premières déclarations devant le juge chargé d’élucider l’attaque d’une fourrière parisienne par deux apprentis gauchistes, ponctuée par la mort de trois policiers et d’un chauffeur de taxi, Dekhar raconte en effet qu’il a bénéficié d’une formation dans une école militaire, près d’Alger (« On m’a appris à formuler des messages, à les coder, à filmer avec des caméscopes et à filer les gens »). Puis comment il a mené ses premières missions d’espionnage parmi les étudiants algériens, sur le campus universitaire de Metz, pour le compte d’un membre de l’amicale des algériens en Europe (AAE,un nid de flics)*, un certain Mohamed Boudiaf. C’est sous le contrôle d’un officier palestinien, un certain Haffif Lakdar, qu’il aurait approfondi ses contacts avec la mouvance autonome, en particulier avec Philippe Lemoual, qu’il a connu à l’occasion d’un concert, puis en fréquentant les squats parisiens, fin 1990. « On m’avait, dit-il, demandé de m’infiltrer auprès de gens susceptibles de faire partie de milieux islamistes dans certaines banlieues ». On lui aurait également permis d’accéder à une sorte de centre de documentation sur l’extrême gauche clandestine, situé à l’intérieur de l’ambassade d’un pays du Golfe, près des Trocadéro. Il aurait ensuite été pris en main par un membre du consulat d’Algérie à Aubervilliers, un certain Moukran. Travaux pratiques : un mystérieux tract appelle à la jonction de la violence entre l’Algérie et les banlieues françaises, en novembre 1993. « On » lui demande  "d’être bien" avec Philippe, mais aussi avec un garçon surnommé « Francky », qui semble lui aussi avoir un lien avec ce tract... »
Repris par

* Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS) c'est le service de renseignements algérien. La DST quittera l'Algérie le 1er mars 1962. Les services soviétiques s'installent alors pour encadrer ceux de la toute jeune Sécurité militaire algérienne. C'est le général Vadim Kirpitchenko aidé d'Andréï Zelenine, responsables du KGB et spécialistes du Maghreb qui sont alors chargé de former les Algériens aux services spéciaux. La sécurité militaire après avoir été fractionnée durant la décennie 1980 sera réunifiée juste après la démission du général Betchine. En septembre 1990 ses différents branches sont réunies et centralisées au sein d'un organisme unique baptisé « Département du Renseignement et de la Sécurité » (DRS) en piste pour la "Sale Guerre".

* Une curiosité historique fait que l'ex DST à entretenue longtemps des "relations" avec les services algériens qui fliquent en France les algériens et ceci au grand dam de la DGSE seule compétente pour  les services étrangers. 
Les émeutes d'Alger en 1988 avaient vu l'action anti-FLN d'autonomes algériens bien différents des islamistes que la futur junte comptait mettre en piste pour juguler un peuple jugé bien trop entreprenant. Cela explique probablement la recherche d'information en France sur d'éventuels réseaux.
L'été 1988 avait été ponctué par des grèves. L'économie était à bout de souffle : chômage, vie chère, pénurie alimentaire. Le 4 octobre, à Alger, des affrontements éclatent entre des jeunes et la police. Le lendemain la capitale s'embrase. La révolte s'étend. Plusieurs villes sont touchées. Pour rétablir l'ordre, l'armée tire à balles réelles sur les manifestants faisant plusieurs centaines de morts selon des sources indépendantes.
Pendant plusieurs jours, l'Algérie va connaître un chaos sans égal depuis l'indépendance. Ces sanglants événements vont constituer un tournant. Les islamistes sont propulsés  sur la scène politique par le FLN comme une fausse opposition utile. Le président Chadli Bendjedid annonce des réformes dans tous les domaines. Une nouvelle constitution est adoptée. Après 26 ans de règne sans partage du FLN, le multipartisme est autorisé mais c'est un piège machiavélique. C'est l'euphorie.
En 1990, les premières élections locales multipartites consacrent la victoire des islamistes du FIS, le Front islamique du Salut. En 1992, les militaires décident d'interrompre le processus électoral : le 1er tour des législatives avait été remporté par les islamistes.
L'état d'urgence est instauré. Le Front islamique est dissout. Ce dernier opte pour l'action armée. C'est le début des violences à grande échelle. La décennie noire fait plus de 150 000 morts et permet l'élimination physique de tous les opposants déterminés souvent assassinés sous fausse-bannière islamique. On comprend donc la nécessité pour la junte algérienne de disposer en France de couillons armés utilisables et l'utilité d'un Toumi.

Retour sur les années 90.
Pensant pouvoir profiter de l'incrédulité des membres de l'ACS les services de la police politique française ne se gênaient pas pour "manœuvrer" leurs indicateurs littéralement sous notre nez. Ainsi celui qui nous était attribué d'office fut déménagé du quartier Gobelin ou il était basé vers un appartement de Belleville dans un quartier ou les prétendus islamistes algériens se regroupaient autour d'une mosquée connue. Nous n'étions pas censés comprendre leur manège ne portant aucun intérêt aux religions intégristes ou pas sauf qu'il s’agissait justement d'un quartier de deal et de magouilles diverses que nous connaissions de longue date pour l'avoir fréquenté. 
Alors forcément le changement presque subite du décors nous intrigua, quelque chose de "construit" et factice se remarque d'autant mieux, surtout que les milieux de l'immigration algérienne nous étaient familier depuis longtemps grâce au melting pot particulier de notre ancien quartier de banlieue, les "bars arabes" en réalité Kabyles, nous étaient habituels. Nous allions avoir un bel exemple de faux islamistes joueurs de dominos mais en apparence seulement et ceci juste en face de l'entrée de la mosquée qu'ils surveillaient. Il est assez évident que la police politique française avait l'ordre de laisser faire ces "collègues" algériens mais tout en surveillant l'ensemble...
Une jeune femme qui nous accompagnait cherchait un soir des cigarettes à une heure tardive ou les bars sont bouclé (2H par arrêté préfectoral) et frappa à la porte du café en question réservé à cette heure aux habitués. Un joueur de dominos fit un signe vers l'arrière salle et une jeune femme maquillée et plutôt sexy apparut et ouvrit la porte. Elle nous fit attendre un instant et revint avec un paquet de Marlboros qu'elle refusa de faire payer, concluant par un "allez en paix mes frères" dans un français parfait tout à fait surprenant.
C'est une discussion avec un témoin des années de sang à Alger qui donna la clef. Il expliquât que c'était la stratégie habituelle des prétendu islamistes algériens aprés les émeutes d'Alger en 1988.
Il fit remarquer que l'Etat contrôlant tout en Algérie, le fait que les islamistes tiennent des commerces sur les marchés (ou les légumes et fruits étaient bradés au prix de gros, attirant la clientèle populaire et contribua grandement à leur subite popularité...) signifiait clairement qui finançait et qui organisait cette mascarade qui allait devenir macabre.
Notre témoin reconnu parmis les islamistes une foule d'anciens petits trafiquants qui comme lui faisaient la navette entre Marseille et Alger pour survivre et ne fréquentaient jamais les mosquées. Voyant la dégradation de la situation en Algérie il finit par rester en France et y fonder une famille.


mardi 12 novembre 2013

Nadejda Tolokonnikova est arrivée dans un camp de Sibérie



Elle est arrivée dans un camp de travail de Sibérie dans la région de Krasnoïarsk proche de sa ville d'origine, a indiqué mardi 12 novembre le délégué russe pour les droits de l'homme, Vladimir Loukine.
Tolokonnikova est arrivée dans la région de Krasnoïarsk (Sibérie orientale) où elle va purger le reste de sa peine, a déclaré M. Loukine à l'agence de presse Interfax. "Elle se trouve actuellement à l'hôpital du camp, a-t-il indiqué, précisant que la jeune femme l'avait elle-même demandé. Nous allons examiner un peu plus tard ses conditions de détention. Mais en général, les conditions de détention dans les camps de la région sont tout à fait supportables."
Nadejda Tolokonnikova avait demandé son transfert dans un autre établissement après s'être dite menacée de mort et avoir entamé une grève de la faim dans son ancien établissement pénitentiaire en Mordovie, à 600 kilomètres à l'est de Moscou.

La décision de la transférer aurait été prise fin octobre "parce que Tolokonnikova est originaire de la région de Krasnoïarsk, elle est enregistrée à Norilsk (nord de la région de Krasnoïarsk), et purger sa peine dans cette région contribuerait à sa resocialisation", a expliqué Mr. Loukine.
Son mari et sa fille, qui n'ont pas eu de ses nouvelles depuis le 22 octobre, vivent pourtant à Moscou. Ils doivent, comme ses avocats, être informés de son nouveau lieu de détention "dans les prochains jours", a ajouté M Loukine. Selon la législation russe, la famille de Mme Tolokonnikova doit être informée de son nouveau lieu de détention "au plus tard dix jours après son arrivée dans cet endroit".

Le pouvoir cherche donc à l'éloigner de Moscou ou se trouvent ses relais tout en la rapprochant de sa famille. C'est la moins mauvaise solution de ce que l'on pouvait attendre de Poutine après sa dénonciation radicale des camps de Mordovie.
Poutine veut garder ses acquis diplomatiques syriens et la carte Snowden tout en préparant au mieux ses Jeux Olympiques ...

lundi 28 octobre 2013

11-Septembre: Le cancer du doute

A quoi peut bien servir la machinerie NSA-CIA ?

« La guerre menée par le terrorisme contre ses adversaires déclarés est tout à fait invraisemblable. Pour être crédible, cette histoire exigerait triplement et simultanément une excessive stupidité des terroristes, une incompétence extravagante des services policiers, et une folle irresponsabilité des médias. Cette invraisemblance est telle qu’il est impossible d’admettre que le terrorisme soit réellement ce qu’il prétend être. »
Michel Bounan, Logique du Terrorisme

Dans un petit ouvrage salutaire intitulé Principes élémentaires de propagande de guerre, l’historienne Anne Morelli recommande, innombrables exemples à l’appui, de pratiquer avec assiduité le doute systématique face à toute communication gouvernementale, que ce soit en temps de guerre froide, chaude ou tiède. Après les attentats du 11 septembre 2001, qui ont suscité de la part de l’Occident, et des États-Unis en particulier, une déclaration de guerre indéfinie et sans fin contre le terrorisme, cette dernière notion prend d’ailleurs tout son sens. Comment nier que c’est bien dans une communication de guerre, et par conséquent dans la propagande, que les autorités états-uniennes ont versé dès le jour des attentats ? On se souvient peu aujourd’hui que dans le sillage du 11-Septembre, le ministre de la Défense Donald Rumsfeld avait créé un « Office of Strategic Influence » (i) ouvertement chargé de concevoir et diffuser une propagande de guerre qui donnerait l’avantage aux États-Unis dans leur ‘guerre contre le terrorisme’.
Cependant, dans le cas du 11-Septembre, bien plus qu’un devoir ou une nécessité, le doute s’est très vite imposé comme une évidence, tant l’ensemble des aspects de cet événement historique a été de nature à susciter la suspicion. Que cette tragédie, au-delà du choc qu’elle infligeait à une nation, soit tombée à pic pour une partie de ses dirigeants, personne n’en doute encore réellement. La direction qu’a prise la politique internationale des États-Unis après le 11-Septembre ressemblait trait pour trait à ce que les poids lourds de la future administration Bush avaient esquissé dans le cadre du Project for the New American Century (ii). Mieux, les guerres qui ont résulté des attentats étaient souhaitées, voire préparées, bien avant l’événement, comme le souligne Paul Lannoye dans son article. Mais de là à penser que ces mêmes dirigeants auraient laissé faire, favorisé, voire en partie organisé ce crime spectaculaire, il y a un pas douloureux, qu’il convient de bien considérer avant d’éventuellement se décider à le franchir.
En effet, les implications d’un tel scénario seraient tellement vertigineuses qu’elles incitent certains, consciemment ou non, à refuser tout net de simplement l’envisager. Sans tirer de conclusions hâtives, il est utile de soupeser les implications possibles et de les évaluer, tel le scientifique qui formule des hypothèses, valide celles qui se vérifient et invalide les autres pour construire un modèle théorique. Si vraiment une partie du pouvoir états-unien a trempé dans cette abomination, tous les beaux discours sur l’exportation de la démocratie et la lutte contre les dictateurs seraient réduits à des bobards à géométrie variable qui cachent mal une soif de pétrole et de domination géopolitique. Mais ça, on commençait à s’en douter, même sans l’éclairage du 11-Septembre. Par contre, cela pourrait en outre signifier que les États-Unis ont besoin d’ennemis pour perpétuer leur domination et justifier le modèle qui la sous-tend, et que partagent leurs nombreux alliés, en particulier au sein de l’OTAN. Cela impliquerait également que la démocratie telle que nous la connaissons est profondément viciée, et qu’un théâtre qui joue avec nos vies serait mis en scène par des intérêts hors de tout contrôle. Ultimement, cela signifierait que ceux vers lesquels nous nous tournons instinctivement pour notre sécurité en cas de détresse, nos dirigeants, peuvent être nos ennemis.
Au vu de la douloureuse ampleur de ces implications, il est vital d’en avoir le cœur net : s’il y a le moindre doute, il faut remuer ciel et terre pour établir la vérité. Et malheureusement, les doutes sont légion. D’une part, il y a de nombreux précédents d’opérations sous fausse bannière ou inside jobs*, comme l’explique l’historien suisse Daniele Ganser, y compris et en particulier de la part des puissances démocratiques. Il y a aussi de nombreuses incohérences factuelles ou zones d’ombre qui subsistent dans la version officielle des attentats, de l’aveu même de certains de ses défenseurs. Enfin, le doute est fondé aussi au vu de l’attitude du pouvoir états-unien, à qui les familles des victimes et l’opinion publique ont dû forcer la main pour obtenir une enquête tardive, et dont le résultat est à tout le moins indigent, comme l’ont reconnu par la suite une majorité de membres de la Commission d’enquête officielle.
Quand bien même le doute serait infondé, il est devenu une réalité qui atteint une partie substantielle de l’opinion mondiale et des nations démocratiques. Or la confiance qu’accordent les peuples aux dirigeants qu’ils élisent est par définition la base même d’une démocratie saine. Cette confiance est actuellement gravement mise à mal par toute une série d’événements récents qui font douter les peuples de la teneur démocratique des pays occidentaux : mensonges avérés sur les mobiles de la guerre en Irak et des suivantes, sauvetages ruineux des banques en crise au détriment des dispositifs sociaux les plus élémentaires, remise en cause des principes même du fonctionnement de la démocratie dans son berceau grec – et demain peut-être au-delà – par la délégation de la prise de décisions cruciales à des instances non élues, et la liste ne s’arrête pas là. Dans le monde actuel, les raisons de se défier des gouvernements démocratiques ne manquent pas. A ce titre, il serait vital que ceux-ci commencent à prendre en compte l’existence et l’ampleur de cette défiance, et à donner au moins l’impression d’une volonté de l’entendre et de la réduire par des gages de bonne foi. Or, notamment dans le cas du 11-Septembre, c’est au contraire que l’on assiste. Le doute légitime est systématiquement décrédibilisé, voire ridiculisé, et plus largement, la résistance aux divers reculs démocratiques est criminalisée dans une mesure croissante. Notons que le 11-Septembre a signé le déclin du mouvement altermondialiste et a fait reculer les libertés individuelles dans le monde ‘libre’. Si l’on ne s’étonne même plus d’apprendre que la NSA états-unienne est à la Stasi est-allemande ce que le TGV est à la bicyclette, c’est que la situation est grave.
Grave, mais pas désespérée. La défiance croissante est aussi un signe de réveil, d’une prise de responsabilité de la part des opinions qui demandent désormais des comptes aux pouvoirs, qui leur en doivent. Les sceptiques du 11-Septembre, souvent qualifiés de ‘conspirationnistes’, ne sont pas les ennemis de la démocratie que certains voudraient faire d’eux. Bon nombre d’entre eux ne demandent qu’à croire que les États-Unis ont été surpris par une attaque sur leur sol, et au-delà, que la démocratie telle que nous la connaissons peut encore être sauvée. Simplement, devant la gravité de l’événement et de ses implications, ils demandent que leurs questions soient entendues, et qu’on leur fournisse des preuves solides qui soient de nature à lever le moindre doute. En regard d’un crime qui a fait reculer la paix dans le monde, les libertés démocratiques, et les perspectives de développement autonome de toute une série de pays, leur revendication ne paraît pas extravagante.

Olivier Taymans
 
(i) Voir par exemple : « How rocket scientists got into the hearts-and-minds game », US News, 17/04/2005 ;
et « Pentagon plans propaganda war », BBC News, 20/02/2002.

(ii) Ce think tank républicain a notamment publié, en septembre 2000, un document intitulé Rebuilding America’s Defenses, qui appelait de ses voeux, entre autres, un renforcement massif de la présence militaire états-unienne au Moyen Orient, tout en reconnaissant que « ce processus de transformation […] sera sans doute long en l’absence d’un événement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor ».
Voir: http://www.newamericancentury.org.

* Les GLADIOS made in OTAN qui sous couvert de lutte secrète contre l'URSS utilisaient des gauchistes européens pour faire endosser les crimes terroristes de leurs cellules spécialisées. L'islamiste a remplacé le gauchiste dans ce rôle du couillon indispensable.

dimanche 20 octobre 2013

Bras de Fer des Lycéens ?

Un appel  à manifester le 5 novembre circule chez les lycéens.

François-la-norme et sa clique comptent bien être sauvés par le clap des vacances scolaires. Les "rythmes scolaires" servent à noyer toute contestation en imposant un timing pseudo-cyclique brisant les moments de socialisation humaine.

Cette famille italienne d'origine rom est condamnée à rester au Kosovo à cause des manœuvres approximatives du père qui aurait sans doutes mieux réussit en se présentant avec les fafiots italiens. En tant que famille nombreuse européenne il est peu probable que le père se soit fait éjecté seul...
Seule la sœur aînée est resté en France ou elle est marié et futur mère de famille.
La suite dépend des lycéens et de la force de leur engagement, ils combattent pour l'éthique dans une France manipulée depuis des années par une politique raciste anti-rom. 
Les infectes médias ont transformé cette embrouille en show permanent pour faire de l’audience, au point ou on en est depuis la proposition délirante de Hollande (Ok mais sans tes vieux...) il serait bon que les deux gamines se découvrent enceinte d'un gendarme ou d'un prof, le père pourrait porter plainte pour détournement de mineures,  cela pimenterait le soap-opéra...
Les lycéens feraient bien d’élargir leurs exigences pour acculer d'avantage la paire Hollande-Valls dans les cordes de l'impopularité sachant que contrairement aux apparences aucun gang politique n'est en mesure de ramasser la mise politique.
La plupart de ces jeunes ont deviné que c'est le même État Policier et la même politique raciste qui est menée par Hollande et ses bouledogues.

mercredi 16 octobre 2013

Roms et Gestapo-zocialistes: Les Lycéens réagissent

 "Les Roms ont vocation à rester en Roumanie ou à y retourner"*

Alors que leur politique raciste fait des Roms des sous-hommes jetés en pâture et aux gémonies nos Gestapo-zocialistes seraient émues du cas d'une gamine kosovare expulsée pendant un voyage scolaire ...
Le résultat de leur haine sociale sans limites les troubles ! 
Mais seulement sur des points de détail soigneusement choisis et comme par hasard de ceux qui choquent l'opinion publique par leur excès de bassesse.
Le PS ressemble de plus en plus aux populistes norvégiens avec son Führer espagnolisant le très techno-bureaucrate Manuel Valls qui flique chaque recoin de l’hexagone avec l'efficacité d'un Himmler méditerranéen "degoche".
Au premier semestre 2013, 10 174 migrants roms "ont été chassés des squats et bidonvilles", soit "un nombre jamais atteint depuis le début des recensements en 2010", dénonce l'ONG Amnesty International en septembre 2013.

Scandale, La famille de Leonarda n'est pas du Kosovo

Le père de Leonarda explique avoir menti aux autorités françaises en affirmant que toute sa famille était originaire du Kosovo. En réalité, lui seul est né dans ce pays ; sa femme et ses enfants sont tous nés en Italie, et sont donc citoyens européens. "Nous avons demandé l'asile en France et nous ne pouvions pas montrer nos papiers italiens. Nous avons dit que nous avions fui le Kosovo", explique Reshat Dibrani.Cette information est confirmée par un responsable kosovar sous couvert d'anonymat. "Nous ne savons pas quoi faire avec cette famille. Elle n'est pas du Kosovo, il n'y a que le père qui soit né ici".
MOBILISATION des Lycéens à Paris

Encore encadrés par syndicats et profs les lycéens de la classe moyenne défilent contre ces rafles écœurantes.
Quelle sera la réaction des lycéens des banlieues ?
Réponse demain avec une nouvelle Manif à Bastille ou le cortège partira à 13h .
"Les blocages de lycées sont le premier pas vers la conscience politique"
Philippe Tournier Secrétaire Général du SNPDEN

"Léonarda ne va pas en cours ? Nous non plus"
"Contre les expulsions Blocus des Lycées"

Le mouvement fait tache d’huile dans tout le pays. A Mende, en Lozère, les manifestants étaient unis derrière le slogan: "Léonarda ne va pas en cours ? Nous non plus". Et à Avignon, des élèves incontrôlés prévoyaient de se rendre de lycées en lycées pour distribuer des tracts d'appel à la mobilisation.
A Grenoble, le lycée des Eaux Claires a connu un blocus en début de matinée.
La Rochelle, les lycéens, ont manifesté jeudi dans les rues où un barrage filtrant a également été installé devant un lycée du centre, en solidarité avec Leonarda.


Ainsi, en 1818, le code pénal de Valachie inclut les articles suivants:
"Section 2 : les tsiganes naissent esclaves.
Section 3 : tout enfant né d'une mère esclave est esclave
Section 5 : tout propriétaire a le droit de vendre ou de donner ses esclaves
Section 6 : tout tsigane sans propriétaire est la propriété du Prince."
Quant au code pénal moldave de 1833, il précise :
"Section II.154 : des mariages légaux ne peuvent avoir lieu entre des personnes libres et des esclaves.
Section II.162 : Les mariages entre esclaves ne peuvent avoir lieu sans le consentement de leurs propriétaires.
Section II.174 : Le prix d'un esclave doit être fixé par le tribunal, selon son age, sa condition et sa profession."
Les roms sont vendus et achetés à des foires aux esclaves, le prix, au 19ème étant généralement d'une pièce d'or par kilo, sans égard pour les liens familiaux qui unissent des Roms entre eux (malgré une loi de 1757 qui interdit de vendre les enfants séparément de leurs parents), le plus souvent "par lot".


* Le Kosovo est une enclave albanaise officieuse qui persécute les Roms. L'entité est administrée par la CIA et les mafias mais sa monnaie est l'euro.
La Roumanie n'est pas le "Pays des Roms" mais au contraire celui ou ils ont été réduit en esclavage par les Boyards roumains... 
On comprend que depuis la "Fin du stalinisme" et la perte de leur "Travail Obligatoire" les Roms ont tendance à fuir de leur ancienne prison...
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Crise budgétaire aux États-Uni: Républicains et démocrates annoncent un accord

L’essentiel c'est qu'Obama obtienne le droit d'endetter davantage son État et d'imprimer des wagons de faux dollars en supplément pour consommer encore plus des excédents invendables produits par les usines chinoises...
Le plafond de la dette des USA est actuellement fixé à 16 700 milliards de dollars (12 300 milliards d'euros). S'il n'avait pas été rehaussé, le Trésor américain n'aurait pas pu emprunter sur les marchés pour régler ses factures, le pays risquant alors un défaut de paiement.
Leur capitalisme est chaque jour plus agréable à vivre.

lundi 14 octobre 2013

Nouvel exploit des BAC: Un ados mort !



Minuit dimanche, une équipe de la sinistre BAC (brigade anti-criminalité) remarque un scooter de grosse cylindrée circulant "à vive allure" sur le périphérique parisien non loin de la porte du Pré-Saint-Gervais. Les flics lui demandent alors de s'arrêter "mais le conducteur n'obtempère pas et prend la fuite en direction de Montreuil", précisent les keufs. L'équipe de policiers va alors tenter de le suivre en dépit des ordres qui sont de ne pas poursuivre pour des broutilles sur le périphérique et les grands axes pour la sécurité du public et des passants...

"Arrivé rue de Paris", à Montreuil, le conducteur du scooter, âgé de 16 ou 17 ans selon les sources, "franchit un feu rouge, percute un véhicule qui, lui, passait au feu vert et va s'encastrer dans un plot. Il décède dans les minutes qui suivent, sur place", d’après le parquet de Bobigny.
Le SDPJ de Seine-Saint-Denis et l'Inspection générale des services (IGS, la police des polices) ont été tous les deux saisis d'une enquête.
Christian O., était un Montreuillois de 17 ans et demeurait Cité de l'Espoir...


Johnny Rotten vomit les Bisounours Anarchistes:

samedi 12 octobre 2013

Enfin des nouvelles de Nadejda Tolokonnikova - Надежда Толоконникова

Le Service fédéral d'application des peines (FSIN) a annoncé mercredi sur son site qu'il réviserait le salaire des détenus, ce communiqué faisant suite à la grève de la faim de Nadejda Tolokonnikova, dénonçant entre autres la sous-rémunération du travail en prison.
"Le FSIN se penche sur les normes de production servant à calculer la rémunération du travail des prisonniers. Comme ces normes ont été établies il y a plus de 20 ans, le Service procède à une analyse économique pour voir à quel point elles correspondent aux critères contemporains", lit-on dans le document.

Vous devrez vous démerder à traduire du Russe ce communiqué, cela vient juste de tomber. Comme nous l'avions compris le blocage était de nature politique et au plus haut niveau pour ne pas avoir l'air de céder trop rapidement. Elle remercie le  Conseil Présidentiel Russe des Droits de l'Homme qui c'est rendu sur place en Mordovie. Ce jour elle a rencontré son avocat, sa dernière visite remontait au 2 octobre avec Ilya Ponomarev député de la Douma.
Suite en cosaque...


Надежда Толоконникова снова вышла на связь

12.10.2013 18:02
Надежда Толоконникова, изолированная по медицинским показаниям в больнице после голодовки, 11 октября встретилась с адвокатом и написала новое открытое письмо, сообщает lenta.ru.
По словам мужа участницы Pussy Riot Петра Верзилова, руководство ЛПУ-21 (тюремной больницы, где находится Толоконникова) после встречи осужденной с ее защитником объявило о ремонте телефонной связи и все звонки с участницей панк-группы вновь прекратились.
В своем новом письме Толоконникова пишет, что до встречи с адвокатом она две недели находилась в информационной блокаде. По словам девушки, у нее не было медицинского запрета на контакты с людьми, о чем все время говорили во ФСИН. Из разговоров с «высокопоставленными служителями тюремного управления» участница Pussy Riot поняла, что причины ее информационной блокады были «политического» характера.
Последний раз к Толоконниковой пускали посетителя 2 октября. В тот день осужденная встретилась с депутатом Госдумы Ильей Пономаревым.
В новом письме участница Pussy Riot поблагодарила правозащитников из совета при президенте России по правам человека, которые побывали в мордовской колонии №14 (там содержится Надежда Толоконникова – авт.) за то, что «элементарная честность» не позволила им умолчать о грубых нарушениях трудового законодательства и уголовно-исполнительного кодекса. При этом, по словам осужденной, у некоторых членов комиссии была цель «загладить преступления ФСИН».
Напомним, Надежда Толоконникова попала в медчасть после того, как 23 сентября 2013 года объявила голодовку в знак протеста против нарушений прав заключенных колонии №14.
Версия для печати


Les avocats de Tolokonnikova ont adressé une demande à l’ONU:
Gulnara Shahinian, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les formes contemporaines d'esclavage pourrait examiner les conditions de travail dans la colonie pénitentiaire où Nadejda Tolokonnikova, membre du groupe punk Pussy Riot, purge sa peine.
Drôlerie cosaque: Ce pauvre Golovanov évoque une rencontre avec de jeunes anars Russes qui restaurent le parc de Priamoukhino, le lieu de naissance de Bakounine. Il en profite pour dire une connerie sur Guy Debord tout surpris de voir que la Pensée de MAI68 circule en Russie.

"Les anarchistes travaillaient frénétiquement, comme des journaliers. Mais uniquement jusqu’à midi. Après, c’était temps libre. (…) Le soir tombé, je suis parti à Lopatino, le village voisin, où pendant leurs raids d’été, les anarchistes vivaient dans une vieille maison vide. Un drapeau noir et rouge pendait au-dessus du toit. (…) Le système de la commune était classique : entre kolkhoze et communauté hippie ; le menu ascétique (pain gruau de sarrasin, pâtes, ketchup, gâteaux et thé), plus quelques livres sur le rebord de la fenêtre. Tout d’abord l’incontournable Bakounine de N.M. Piroumova. Et puis une surprise : Takeshi Kaikô, Le Géant et le Jouet. Encore plus surprenant, I.Prigogine, I. Stengers, Temps, chaos et lois de la nature. (…) Plus loin, un vieux livre sur les partisans biélorusses édité encore au temps de la Jeune Garde, et même l’idole de toute la nouvelle gauche, Guy Debord (…).../..."
 
Vassili Golovanov, Autour de Bakounine Éditions Verdier

jeudi 10 octobre 2013

“Le filet de sécurité” du social-capitalisme


Un utile article sur le logement "Dit Social" mais qui s’égare dans les brumes du vieux matérialisme marxiste (confusions sur la Valeur) et regarde surtout l'aspect Contrôle Social des Pauvres, idéologie mise en pratique dès le IIIe Empire en France pour vider les faubourgs ouvriers incontrôlables après avoir liquidé les îlots insalubres des grandes villes, et plus tard les bidonvilles (et d'abord le plus vaste de tous celui de la ZONE de Paris) remplacés par les Bld des Maréchaux et le Périphérique.
Toujours plus loin des centre villes et toujours plus isolés du corps urbain "utile".
Il faut ajouter à cela l'aspect essentiel de la captation de Valeur au profit de l'encadrement administratif et politique allié et maintenant fusionné avec les entreprises publiques et privées. Elles sont chargées de détourner les fonds publiques au seul profit des amis capitalistes sous le couvert de "Faire du Social" au détriment des pauvres tout en les accusant de Profiter des mânes de L’état. En réalité l'argent est encaissé par les actionnaires du BTP en sur-gonflant les prix, sous-payant la main d’œuvre, choisissant les terrains les plus ingrats voir pollués et impropres à toute autre usage. Qui contrôle les marchés publiques et qui profite des copieuses commissions et rétro-commissions pour soutenir les "amis politiques" ?
En France plus que partout ailleurs les marchés immobiliers sociaux sont la pompe à fric, le Figaro lui-même explique que le marché du logement Social est de loin le plus juteux...
C'est que ces braves gens veulent oublier l'effondrement de l'immobilier entre les deux guerres mondiales qui ruina la bourgeoisie française imprudemment engagée dans les seules combines immobilières, un cauchemar qui congela les marchés et ne trouva sa solution que grâce à l'action de Pierre l'Abbé en 1954, relançant la construction de camps bétonnés pour pauvres, les pimpantes cités...
Ce n'est pas dans les contradictions valeur d'usage/valeur d'échange  que mûrit le problème de l'envolée des prix mais dans le choix délibéré de faire de l'immobilier une sur-rente captive en organisant la pénurie et en orientant le capital vers ce secteur au détriment d'autres investissements possibles par le jeu de la fiscalité par exemple. L'argent investi dans cette bulle immobilière est spéculatif, il pourrait tout aussi bien se déverser dans d'autres secteurs économiques guidé par une législation fiscalement avantageuse. A quoi bon pour le capitaliste prendre le moindre risque ailleurs alors qu'une rente lui est offerte par son ami l’État français...
Les 20% de logements vacants  sont la preuve flagrante que le loyer n'est même pas nécessaire  pour rentabiliser l'investissement dans le secteur dit libre quant au secteur social officiel* il ne dépend pas du marché directement mais des subventions publiques et commence seulement à utiliser Internet pour placer les murs vides  à louer...
Entre les deux le 1% patronal est un gâteaux captif réservé aux cadres dirigeants et amis et même quelque fois aux sous-cadres salariés avec la complicité des syndicats par le biais des "Comités d'Entreprises" un bon gros gâteaux à partager entre amis et quelques miettes sont réservées au "logement immigrés" mais seulement dans les cités choisies par une caisse séparée des autres. Sous des apparences trompeuses d'improvisation et d'Urgence bidon il s'agit d'un véritable mécanisme d'horlogerie sociale voulue et pensée stratégiquement contre les populations pauvres. Et l'argent du "Social" est bien entre les mains des puissants disposant du droit d'encasernement des populaces.
De plus les taux des crédits immobiliers sont historiquement bas, que demander de plus pour spéculer tranquillement...
Le mal logement et le massif phénomène des sans-abri sont une nécessité absolue pour que la sur-valorisation capitaliste continue d'enrichir le système politico-mafieu français du logement dit social en accusant ces salauds de pauvres (et parmi eux les plus immigrés...) d'abuser des largesses fabulées du prétendu "État social Providence" qui brille de tout ses feux de Mantes-la-Jolie au quartier Saint Blaise du 20e en passant par les 4000 ou Clichy-sous-bois...
Partout ceux qui ont un mauvais toit payent cher leur boite-à-chaussure empilé sans même avoir le droit, pourtant basique, d'assurer leurs pauvres  biens contre le vol. Leur bail est un sous-bail de location même pas équivalent au droit commun mais catégorie "spécial HLM" qui en dit long sur les véritables intentions « sociales » des gentils organisateurs du logement social.


Quelques mots sur le logement social

    « La société, dans sa richesse abstraite, ne peut payer tribut à la pauvreté qu’elle engendre. La pauvreté moderne n’est désormais plus quelque chose que l’on peut assister, mais que l’on doit contrôler : les pauvres ont dépassé toutes les limites de l’assistance possible. Nous campons franchement en ennemis aux portes des grandes villes, et parfois même encore à l’intérieur. Nous savons que ce n’est pas une misère naturelle qui nous rassemble, comme une masse mécaniquement écrasée par la force des choses, mais une misère sociale organisée. »
    Les fossoyeurs du vieux monde, Mai 1983

    « Comment, tout en s’inscrivant dans le jeu du marché du logement, dont il est admis qu’il favorise une répartition optimale des biens en termes de mobilisation des énergies productives, instaurer le filet de sécurité qui rend acceptable par tous, y compris les perdants, la règle d’airain du libéralisme ? »
    André Yché, Directeur de la Société Nationale Immobilière, Mars 2011

Le logement social est aujourd’hui encore, trop souvent présenté comme une “solution” à la question du logement ou quelque chose pour lequel on devrait “lutter”, à l’extrême gauche et même dans certaines tendances anti-autoritaires.
C’est une farce. Ou plutôt, “le plat dont vous êtes le farce”. Si les “logements sociaux” existent, c’est bien bel et bien parce que certains logements ne le sont pas, et que cette logique suppose qu’il y ait (pour reprendre une vieille formule) toujours des affamé-e-s qui meurent aux portes de palais où tout regorge. Ou en tout cas : qu’ils et elles vivent en restant là où on leur dit d’être.
Si on crée des “logements pour pauvres”, c’est toujours pour protéger la propriété privée, mais encore pour maintenir ces mêmes pauvres dans une situation de contrôle social.

Du philanthropisme à l’urbanisme : contrôle social et répression

    “Nous voulons à la fois des gens heureux et de vrais conservateurs, voulons-nous combattre en même temps la misère et les erreurs socialistes, voulons-nous augmenter les garanties d’ordre, de moralité, de modération politique et sociale ? Créons des cités ouvrières !”
    Jules Siegfried, bourgeois philanthrope au Congrès des Habitations à Bon Marché de 1889

Si les logements sociaux existent de manière aussi institutionnalisée et développée dans ce pays (comme dans bien d’autres d’ailleurs), c’est bien parce que l’Etat français et les capitalistes y ont trouvé un intérêt. De fait, tous les principaux artisans théoriques, architectes et autres urbanistes qui ont conçu jusqu’au principe même de la “cité ouvrière” sont des bourgeois, voire pour certains de grands bourgeois propriétaires. Des bourgeois généralement philanthropes, et qui voyaient – à une époque de prospérité économique – par là la nécessité politique de prendre “soin de la main d’œuvre” de la même manière que les ouvrièr-e-s et autres salarié-e-s sont tenu-e-s de prendre soin de l’outil de travail. Le fait de ne pas abîmer ou saboter l’outil de travail en cas de grève est d’ailleurs encore une règle non-négociable dans la plupart des syndicats et notamment à la C.G.T (vieux dogme stalinien hérité du P”c”F grande époque). Bref, du logement au lieu de travail, des moyens de production à la “force de travail” : il s’agit surtout de préserver un certain de type de rapport social.

C’est dans cette optique de gestion et de contrôle social que les cités ouvrières et autres “Hbm” (Habitations bon marchés) vont fleurir à la fin du XIXe siècle. Le prémisse de ce que va devenir le “logement social” connaît son essor en plein développement industriel. Et c’est bien logique, puisqu’encore une fois : il faut “loger la main d’œuvre”. Si la plupart des mécènes des “œuvres sociales” et autres “maisons ouvrières” étaient des bourgeois philanthropes, c’est tout simplement parce qu’ils avaient compris mieux que personne, en bons réactionnaires, qu’il vaut mieux s’acquitter d’un argent “bien dépensé” et fidéliser les pauvres plutôt que de laisser l’antagonisme social et les idées révolutionnaires se développer. En gros : il vaut mieux des logement sociaux que la chienlit.

Pour citer celui que ses contemporains appelèrent “Badinguet”, alias Napoléon III, dans “L’extinction du paupérisme” à propos de la question du logement : “il faut désarmer pacifiquement l’émeute”. Car déjà à l’époque, les expulsions font des siennes.
En 1886, la “Ligue des anti-propriétaires” est crée pour défendre les locataires. Elle tente alors de lancer des grèves de loyers et initie régulièrement des “déménagements à la cloche de bois”. Le principe est simple : à chaque expulsion locative, une maison vide est repérée et occupée de nuit par ceux et celles qui ont besoin d’un toit. Bref, c’est la préhistoire de l’actuel mouvement des squats et occupations.

A l’époque il s’agit donc surtout de discipliner une “force de travail” peu encline à se laisser exploiter à travers l’urbanisme balbutiant, la promesse d’un “logement décent” et le modèle de la famille traditionnelle. En bref, la tenir en place. Et même si les mots ne sont plus toujours aussi explicites dans les documents officiels, et que les méthodes de pacification ont fait du progrès, sur le fond : les objectifs et la fonction ont peu changé.
Par contraste, à l’époque les termes d’Emile Cheysson, autre philanthrope précurseur du logement social, sont sans équivoque. Il écrit dans “La construction d’habitations à bon marché” (1892) :
“On fait de l’ouvrier un chef de famille, vraiment digne de ce nom, c’est-à-dire moral et prévoyant, se sentant des racines et ayant autorité sur les siens. C’est bientôt sa maison qui le possède ; elle le moralise, l’assied et le transforme”.

Au moins, ça a le mérite d’être clair.

Mais au-delà de cette optique de pur contrôle social, lorsqu’on ne peut domestiquer le prolétariat, il va s’agir de le faire payer. En effet, le logement social s’est surtout développé pour mettre un terme aux mouvements de sans-logiEs et autres vagabondEs, ou au moins les prévenir. Un peu plus tard, au début du XXe siècle dans les années 10, les mouvements tels que celui de la “Fédération nationale des locataires”, fondée par Georges Cochon (un autre anarchiste) rencontrent un certain succès. Ses membres tentent alors de renouer avec les pratiques d’action directe de la “Ligue des anti-proprios” des années 1890, et notamment les “déménagements à la cloche”. Et de fait, l’afflux de prolétaires pauvres sur les villes est alors énorme.

Or, si certains bourgeois sont prêts à investir dans les projets de logements sociaux type “Maisons ouvrières” et autres Hbm, déjà à l’époque, évidemment, aucun n’est prêt à renoncer à la propriété ou laisser se développer des “zones de non-droit” comme disent les flics d’aujourd’hui. Conséquemment, il est hors de question qu’une “revendication” telle que la “gratuité du logement” gagne en popularité.
Raison de plus pour les propriétaires donc, pour continuer d’investir dans les maisons ouvrières et autres HBM. Car le but du logement social : c’est de faire payer ses locataires, même si “on les aide”, même si il ne payent pas grand chose : pourvu qu’ils payent et se tiennent tranquilles. Et ainsi, que le “niveau de vie” des pauvres du quartier s’élève ou pas, que “le marché” se porte bien ou pas, les prix tendent à continuer de flamber.

Quelques notions d’anti-économie

Pour comprendre le phénomène, on peut partir ce que les marxistes et d’autres appellent “la baisse tendancielle du taux de profit” [1]* et qu’on pourrait tout aussi bien appeler “hausse tendancielle de la profitabilité” (puisque les deux vont de pair) qu’on peut relier directement à un principe de base du capitalisme : à savoir l’accumulation de capital.
A défaut d’être une “loi universelle”, on peut considérer que c’est un lieu commun qui s’applique en général très bien au capitalisme foncier (et notamment à la propriété immobilière des grandes villes).
Pour faire simple : ce n’est pas parce que les locataires commencent “à gagner plus” que les loyers augmentent. L’affluence de demande de logements rencontre la spéculation due à la concurrence entre propriétaires qui ensemble créent une “rareté de l’offre”. Ce qu’on pourrait appeler la pénurie organisée, et qui s’applique aussi bien aux autres domaines de l’économie.

Ainsi, certaines propriétés peuvent être revendues rapidement plus chères que leur prix initial même sans qu’aucune “plus-value” (travaux) n’ait été ajoutée. C’est-à-dire que la valeur d’échange peut très bien continuer d’augmenter alors que la valeur d’usage d’une propriété, elle, baisse (puisque par exemple, une maison vide et non-entretenue se délabre). Donc il est parfois possible de faire beaucoup de profits même avec des maisons ou bâtiments délabrés : en laissant “fructifier” et en revendant. C’est même le rêve de tout promoteur : un minimum d’effort et d’investissement pour un maximum de profits. C’est donc la concentration de capital engagé (soit pour des travaux, soit pour l’investissement dans des propriétés toujours plus chères, etc) qui fait augmenter le reste des prix de l’immobilier, et donc des loyers. Pour “amortir” (ou plutôt rentabiliser) les “coûts” des dépenses : comme dans n’importe quelle entreprise.

Conséquemment, par ricochet, cette augmentation de la “valeur” (valeur d’échange) de la propriété immobilière fait elle aussi au moins virtuellement baisser le “taux de profit”. Ce qui ne veut pas dire que les propriétaires gagnent moins, mais simplement que la “profitabilité” doit augmenter pour que les investissements ou la spéculation soient rentables. En gros : “il n’y a pas de petit profit”. Les propriétaires, “petits” ou grands, font donc (au minimum) systématiquement augmenter le prix des loyers, des cautions et des charges par rapport aux prix du marché de l’immobilier, avec pour seule limite les plafonds fixés par la loi (et encore, puisqu’ils ne sont souvent pas respectés).

Donc, que les locataires gagnent plus ou non : les loyers auront toujours tendance à augmenter pour la même raison que les salaires baissent. C’est-à-dire pour que les capitalistes, patrons et propriétaires “maximisent” leurs profits. Et “l’attractivité” d’un quartier (réputation, “sécurité”, “cadre”, commerces “bobos”) et les moyens engagés pour ce faire (l’argent dépensé dans le flicage pour faire place nette, comme pour les travaux) participent directement à ce même phénomène, et donc à l’augmentation des prix et in fine à la gentrification d’une ville ou d’un quartier. D’où l’intérêt de se pencher sur les projets d’urbanisme (logements sociaux compris) et autres renforcement de dispositifs policiers et sécuritaires pour comprendre comment “enrayer les rouages de la machine” et tenter d’articuler nos luttes.
Parce que dans ce jeu de quilles, les logements sociaux jouent forcément un rôle, à la fois politique et économique. Ce rôle est bien évidemment fonction du contexte, mais pas seulement : en particulier dans les grandes villes, ce ne peut être que celui que les dirigeants (locaux ou autres) et les capitalistes lui font jouer.

Une “solution” pour qui ?

Bien sur, il ne s’agit pas ici de nier le fait que le logement social, qui est devenu une véritable institution, tout comme les foyers de toute sortes, constituent une “solution” de dernier recours, ou un moyen de repli pour beaucoup.
De fait, le logement social (au-delà des foyers du type “hébergement d’urgence”) est une soupape de sécurité : il existe pour éviter que des gens ne se retournent contre les propriétaires, ou ne s’interrogent sur le pourquoi du fait de payer un loyer, sur le pourquoi de la propriété foncière et donc de la propriété en général. Il s’agit donc plutôt de comprendre dans cette optique en quoi consiste (au moins sur le plan idéologique) et comment fonctionnent le logement social et l’Aide Au Logement –A.P.L—, ou même les foyers.

La conception dominante consiste à présenter la pauvreté (ou à la penser) comme un accident ou un handicap « naturel ». A partir de là, le logement social et l’A.P.L sont justifiés idéologiquement comme des « béquilles » qu’on accorde aux « petits pauvres ». C’est la conception humanitaire (soit chrétienne, conservatrice, soit social-démocrate) de la question sociale : conception bourgeoise et autoritaire. Mais la culpabilisation et la condescendance pour le fait d’être pauvre sont les deux mêmes facettes de l’idéologie dominante.
Et les changements de gouvernements n’y ont jamais rien changé de fondamental en plus d’un siècle. Les promesses électorales n’impliquent résolument que ceux ou celles qui veulent bien y croire. De ce côté là, aujourd’hui encore : il n’y a donc pas de « trahison socialiste » (pléonasme ?) si on refuse de se laisser illusionner par le jeu de la politique.
La politique social-démocrate en matière de logement précisément, fait honneur à cette tradition du logement social : le but n’est même pas de loger tout le monde, mais que l’essentiel des pauvres avancent en suivant la carotte.

Le métier des dirigeants, c’est de faire des promesses qu’ils ne tiendront pas et ne veulent pas tenir parce qu’ils n’y ont aucun intérêt. Et surtout que leurs « solutions » ne sont pas faites pour nous satisfaire. Mais surtout, d’un point de vue plus “large”, si les logements sociaux existent (et si l’Etat fait payer des pénalités aux communes qui ne respectent pas leurs “quotas”) c’est aussi pour éviter que le reste des prix d’un quartier ne chute.
Bien évidemment, sauf en cas de d’insurrection [2], ça ne peut pas arriver dans un “ghetto de riches”. C’est pour ça que les propriétaires et les mairies de bourgeois et quartiers riches s’en moquent et préfèrent payer des pénalités. Mais s’il y a trop de pauvres sur un territoire donné et que le quartier n’est pas « attractif » pour les bourgeois ou « classes moyennes aisées », et que les logements sont trop chers : la masse des locataires pauvres fait pression à la baisse sur le prix des loyers (puisqu’ils ne s’y installeront pas ou ne payent déjà pas leur loyer, ou avec des retards…). Donc au lieu de prendre le risque de laisser jouer les mécanismes du marché (principe de « l’offre et de la demande »), les capitalistes – dans nombre de cas – ont bien plus intérêt à soutenir le logement social : parce qu’au moins les pauvres payent leur loyer, même s’ils et elles le font (au moins en partie) avec l’argent de l’Etat (l’A.P.L).

Du reste, dans beaucoup de villes, c’est un savant dosage de contrôle social des pauvres (via notamment les missions locales, Pôle emploi, “Permanence Social d’Accueil” et autres associations humanitaires reliées au conseil général –qui gèrent les dossiers d’attribution et de radiation du R.S.A–), de logements sociaux et d’hébergement d’urgence qui permettent de faire jouer tranquillement la spéculation : les propriétaires peuvent laisser leurs “biens” sans locataires, et ainsi de nombreuses maisons, logements et autres parcelles vides sans risquer que des squats ou des occupations y fleurissent.
Bref, encore une fois, les allocations et le “logement social”, pour les propriétaires comme pour l’Etat : c’est un “investissement à long terme”.

Logement “sociaux” et urbanisme : la gentrification par le “social”

C’est le principe du logement dopé. Et l’A.P.L correspond à la même logique. C’est-à-dire que « paradoxalement », les logements dit sociaux sont aussi là (au moins à terme) pour continuer à faire augmenter les prix des autres logements. D’où leur utilité dans les quartiers populaires en pleine « restructuration urbaine ». C’est pour ça qu’au moins sur le principe, la plupart des mairies, ou quelques autorités n’ont jamais rien à reprocher aux “logements sociaux” (même si les mairies de villes de bourgeois grognent parfois pour des histoire de quotas ou parce qu’ils “payent trop d’impôts”).
Mieux : la plupart se vantent même d’en construire, et s’en serviront comme d’un argument contre celles et ceux qui ne peuvent plus et/ou ne veulent pas payer leur loyer, ou squattent. Mais aussi contre les Roms, immigré-e-s avec ou sans-papiers, ou autres pauvres dont le mode de vie ne coïncide pas avec les pré-requis de “l’intégrationisme” social de la “politique du logement”.
Ainsi, avec ces politiques de “mixité sociale”, si on arrive pas à caser les plus récalcitrant-e-s, on jugule des populations de pauvres “ingérables” en les remplaçant (physiquement ou politiquement) par des pauvres mieux géré-e-s.
Pour couronner le tout, officiellement, quiconque s’est un minimum renseigné sur les procédures de demande de “logement social” sait que le délai pour en obtenir un est au minimum de 3 ou 4 ans dans les grandes villes, à renouveler chaque année. Comptez en réalité 5 ou 7 ans en région parisienne par exemple, voire plus selon la situation et la ville. Une carotte donc…

Florilège du social-capitalisme à “visage humain”

L’essentiel des logements sociaux réservés aux “budgets modestes” sont en général petits et exigus. Ce sont pour beaucoup des préfabriqués ou des cages en béton, des tours malsaines et lugubres ou des bâtiments reconvertis, des appartements mal refaits ou des délires d’architectes inhabitables. Le tout avec une proximité souvent difficile et non-désirée avec les voisin-e-s. Où il y a donc très peu d’espace et souvent peu et parfois pas de véritable intimité.
Fréquemment, les habitant-e-s de ces logements sociaux sont aussi fliqué-e-s par des « agents sociaux » où on ne peut pas faire grand-chose à part dormir et se faire discret-e-s. Bien sur, il y a des exceptions, et des « planques » (et tant mieux pour ceux/celles qui les trouvent) : mais elles ne sont là que pour confirmer la règle.

Mais il y a aussi, par opposition, les “logements sociaux” neufs et spacieux des grandes villes dans les quartiers bourgeois tels qu’à Paris (dans le style appartement refait à neuf). On trouve facilement des appartements dits “sociaux” ou “HLM” loués à partir de 1000 ou 1500€ par mois (et parfois plus) : puisque le loyer des logements “sociaux” est notamment calculée à partir de la base au m², elle-même calculée en fonction du prix de la pierre, et évidemment pas indexés sur les revenus (ou “non-revenus”) des plus pauvres. C’est, dans un quartier en passe d’être complètement “restructuré”, le jeu des “faux-HLM-chers” qui se font jour lorsqu’on a dégagé tous les autres pauvres et qu’on veut à présent faire grande place pour la bourgeoisie locale.
Ceux des ces logements qui restent à des prix plus “abordables” (avec les A.P.L) seront généralement accordés uniquement à une infime minorité de ceux et celles qui sont “en haut de la liste d’attente”, ou d’autres en bénéficieront par l’un des nombreux tours de passe-passe de la magie du clientélisme. Pour donner une idée, le “logement social” c’est en moyenne 300 000 logements attribués par an pour 1.7 millions de demandes en France).

Question clientélisme d’ailleurs, de nombreux partis politiques par exemple, de droite comme de gauche, Verts, PCF et “Front De gauche” en tête, gèrent de nombreuses sociétés immobilières (comme la SCI Leninvest) ou d’autres logements via des bailleurs sociaux comme la Semidep (association immobilière municipale gérée par des membres du Front de Gauche) dans les quartiers populaires (à Paris comme dans les 18, 19 et 20e arrondissement), qui ont à leur compte plusieurs expulsions en région parisienne. On se sert donc à l’occasion de son influence politique pour loger ses ouailles ou ses protégéEs dans ces logements (dont bon nombre restent néanmoins vides) quitte à expulser ceux et celles qui y vivent (locataires en galère ou squatteuses/squatteurs).

C’est dire la réalité du logement social dans les quartiers des villes et banlieues pauvres : la plupart du temps, des années pour obtenir une chambre entre barre d’immeuble pourrie, tours bondées, et appartements format « placard à balais », parfois insalubres ou avec des allures de chambre d’hôpital repeinte, et où tout est pensé pour le contrôle. Ou à l’inverse donc, de nombreux quartiers pauvres “bénéficient” aussi d’un certain nombre de “logements sociaux” plus confortables, mais en nombre réduit, auxquels seulEs quelques unEs auront accès.
D’autant que les assistants sociaux sont aussi là pour faire signer des contrats d’insertion » et autres promesses d’être des pauvres bien gentilLEs, bien domestiquéEs, qui ne se rebellent pas et sont assiduEs dans les RDVs de suivis qui ne servent à rien (à part à donner l’illusion d’avancer, et à être contrôléEs).
Sinon c’est retour à la case départ : la rue, les hébergements d’urgence ou par des amiEs, les suppressions d’aides sociales, le jeu de l’oie dans les associations caritatives de merde et les foyers d’urgence bondés du 115, etc…

En définitive, c’est pour l’immense majorité une solution de dernier recours qui a plus à voir avec des mécanismes de contrôle et pacification sociales qu’avec l’accès une quelconque “autonomie matérielle”.
Surtout, le but des logements sociaux et des politiques de « mixité sociale » dans des quartiers en pleine gentrification est bientôt plutôt d’accompagner le processus d’embourgeoisement du quartier et la restructuration urbaine qu’autre chose.
La preuve: les résident-e-s pauvres de logements sociaux n’ont souvent aucune “perspective d’intégration” (les socio-flics en tout genre sont les premiers à s’en plaindre) après de longues périodes de misère, et d’errance sociale. Comme au CROUS, et en fonction de la situation et de qui gère le bâtiment : il est parfois interdit d’héberger des ami-e-s, son copain, ou sa copine : sous peine d’expulsion. Et si la situation évolue (un copain, une copine, un-e enfant, etc…), il est extrêmement difficile d’obtenir un autre logement adapté aux nouveaux besoins.

Ou bien les locataires sont souvent balloté-e-s d’un lieu à l’autre indépendamment de leurs besoins immédiats ou de leur situation et ces logements disparaissent comme par magie (cession aux propriétaires, revente), et ne sont pas renouvelés une fois que le quartier est suffisamment « restructuré ». Suffisamment du moins pour que toute protestation concernant la « politique de la ville » ait été réduite à une petite agitation contenue, ou dont la « situation » est gérée par des associations réformistes et caritatives qui viennent mettre des pansements sur des fractures ouvertes : comme le D.A.L d’une part, et Emmaüs, Aurore, l’Abbé Pierre, les « petits frères des pauvres » et consorts… ou toute autre organisation qui poursuit les mêmes buts avec les mêmes moyens.

Pour en finir avec la “politique de la ville”

En attendant, on se dit que si le “logement social” est une solution de repli pour beaucoup, c’est d’abord une carotte et c’est dans tous les cas une galère comme une autre.
D’autant que si on comprend que la racine du problème du « mal-logement », ou plutôt du logement tout court, c’est la propriété privée, le capitalisme et l’Etat, on peut aussi refuser de tomber dans le piège qui consiste à présenter le “logement social” (même hypothétiquement « autogéré ») comme comme un but pour lequel lutter, ou encore comme la solution à la question du logement : parce qu’en l’état, il n’y a pas de solution “en soi”. Pas même le squat et les occupations dans l’absolu qui restent en général un autre “parcours du combattant” où se mêlent trop souvent négociation, commerce culturel et alternativisme.

Et néanmoins, si le principe de l’abolition du capitalisme et de l’Etat consiste à l’expropriation des propriétaires, des capitalistes et des bourgeois, on voit mal comment on en arrive là en se contentant de demander des logements sociaux, ou pire encore d’en défendre le “principe”. Ou encore en se contentant de prétendre que la pratique des occupations, du squat (ou même de la “grève des loyers”) ne sont pas des “pratiques de masses” et de les laisser aux artistes, aux indignés, aux marchands de culture et autres “alternatifs”.
De manière individuelle, tout le monde ou presque est obligé de se débrouiller, de slalomer entre les diverses institutions et de jongler avec les RDVs et autres contrôles sociaux, à moins d’avoir un gros salaire ou de rentrer dans la clandestinité : et encore. Mais de manière collective, les luttes et les révoltes ne peuvent se faire avec des revendications au détriment de celles et ceux qui choisissent de refuser le chantage à l’intégration, et le fait de devoir payer pour avoir l’autorisation de ne pas dormir à la rue.

C’est seulement au travers des luttes et des révoltes, mais aussi d’actes de prise de possession (tels que le squat ou les occupations) même temporaires qu’une solidarité offensive peut se développer, pour soutenir l’auto-défense des locataires ou d’espaces occupés : mais sur des bases solides d’entre-aide, d’action directe et d’auto-organisation.
C’est-à-dire sans médiations ni de négociation érigée en “principe de lutte”, directement entre locataires pauvres, sans domiciles, squatteurs, squatteuses et autres complices face aux proprios, aux huissiers, aux tribunaux, aux gestionnaires de misères et aux flics, même “sociaux”. Et d’abord, dès que c’est possible (au moins collectivement), en refusant de payer et de se laisser gérer par qui que ce soit.
Mais aussi, ces luttes ne peuvent s’articuler qu’autour d’une critique radicale et explicite de la propriété, auquel aucun sujet ou aucune catégorie politique ne peut se substituer.

Il ne s’agit donc pas de distiller une “théorie pure” de ce que doivent être les luttes concernant le logement ou le squat, mais de refuser de se fourvoyer quant aux possibilités qui s’offrent à nous. Et aussi se détacher d’une mentalité militante qui tente de faire passer des pis-allers pour des perspectives en prétendant “occuper le terrain” (Lequel ?).
Par exemple, si tenter d’imposer des relogements peut être vital en dernier recours (quoi que peu pertinent si on a pas établi au préalable un réel rapport de force), on ne porte par là rien de qualitatif, tant ces revendications de “fin de luttes” ne sont pas des fins en soi. Et donc si obtenir un ou des logements sociaux peut être un soulagement lorsqu’on n’a plus d’autre solution, force est de constater qu’il faut se méfier des cris de “victoire” prématurés qui brisent les occasions de perpétuer et même d’approfondir la conflictualité d’une lutte.

Parce que de la même manière que le jeu de la négociation et de l’intégration, les discours orientés sur la “nécessité” du logement social participent à l’individualisation et à l’atomisation de problèmes sociaux : ce qui va à l’encontre de toute possibilité de révolte et du principe même de luttes sociales offensives.
Et donc, s’il s’agit d’arracher du temps et de l’espace pour vivre et non seulement survivre, pour se défendre, mais aussi pour s’attaquer au Capital et à l’Etat en vue de leur disparition (sans toujours la remettre aux calendes), alors il faut prendre et se servir partout où c’est possible : en ne comptant que sur nos capacités, notre autonomie et notamment à la force que nous tirons de notre propre pratique.

Le Cri Du Dodo 


Notes
* Officiel car en plus existe le secteur des "Immeubles de Rapport" datant d'avant guerre, de méchantes battisses en briques ou chaque M2 est sur-rentabilisé mais loué libre contrairement aux Meublés.

[1] Soyons clairs, si nous reprenons ici cette idée, c’est parce qu’elle nous semble pertinente pour apporter un angle de vue supplémentaire à la question de la gentrification et de la restructuration urbaine qui ne se limitent évidemment pas à la spéculation mais fonctionnent très globalement comme le reste de l’économie. Ce principe économique n’explique pas tout, et notamment comment la vapeur peut s’inverser sur un quartier, ou encore les disparités sociales d’une ville à l’autre dans des conditions relativement similaires, les explosions spontanées de révoltes, etc. Il ne s’agit donc pas de ramener sur le tapis l’interminable débat à propos de la théorie de la valeur, que même Oreste Scalzone (qui n’est pourtant pas, loin s’en faut, le dernier des marxistes) qualifiait ironiquement de “baleine blanche du marxisme” dans sa préface à la “La diagonale des autonomies”. Ce que Marx appelle la “baisse tendancielle du taux de profit” (à quoi on pourrait aussi trouver bien d’autres noms), n’a donc pas été inventé par lui mais bien entendu par les capitalistes, ou plutôt découle du fonctionnement et du développement même du Capitalisme. Marx s’est contenté de la théoriser, ses conclusions lui appartiennent. Et notamment son hypostase de l’économie comme ensemble régi par ses propres lois, et l’idée surtout que ces lois sont scientifiques (comme celle de la gravité) et conditionnent tout développement historique. Notre affinité avec le concept, qu’il nous semble falloir regarder encore une fois comme un lieu commun des principes d’appropriation et d’accumulation, s’arrête donc là.
* Ici c'est une blague, citer une balance calomniateur et accusateur d'anarchistes sur les télés italiennes (
Scalzone) qui est un sous-marxiste para-stalinien et n'a rien compris à la Théorie de la Valeur...
Marx a effectivement été marxiste EN PRATIQUE (1ere Internationale et création du courant autoritaire) mais pas en THÉORIE ou il a hésité sans cesse entre un marxisme vulgaire (le Marx Orthodoxe) et une géniale Critique du Fétichisme et de la Valeur (Marxienne) qui n'a rien d'une baleine ducon, dans les océans marxistes on trouve surtout du hareng et du macro des peuples...
Il n'y a évidement pas de " Hausse tendancielle de la profitabilité" comme le rappel l'effondrement de l’Immobilier parisien entre les 2 guerres... Mais une Bulle Spéculative entretenue en France ou les prix sont de 30% au dessus des prix Allemands pourtant plus riches, plus peuplés et avec moins de surface disponible...
ND Tarass Balibec d'Estanbuc

[2] Pour l’exemple, après avoir été complètement ravagées par les événements de Mai 1968 (toutes les devantures défoncées et la rue dépavée), plusieurs rues de Paris, et notamment celles du Quartier Latin (en particulier la Rue Gay Lussac, presque entièrement saccagée et démontée) ont vu le prix de l’immobilier chuter pendant une petite période. Aussi, l’histoire regorge de bons exemples sur la manière dont nous pouvons, encore aujourd’hui, “envisager” l’urbanisme et la ville.

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