jeudi 26 mai 2011

Un spectacle sur les Tsiganes français sous l’Occupation censuré par le Bureau de liaison de la Commission européenne au Kosovo

COMMUNIQUÉ / PRESS RELEASE

«Mérignac-Beaudésert, Tsiganes français sous l’Occupation », est une adaptation de documents historiques relatifs à l’internement et la déportation de Tsiganes français pendant la seconde guerre mondiale. Ce texte a été édité aux éditions l'Espace d'un instant, en partenariat avec La voix des Rroms, les Nouvelles alternatives transeuropéennes et la Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes. Il a également fait l'objet d'un spectacle mise en scène par Christophe Sigognault, dans le cadre d'une résidence de création à la Maison d'Europe et d'Orient, qui a notamment été représenté en ouverture du festival du Printemps de Paris, le 9 mai dernier, jour de la fête de l'Europe.

Ce spectacle a été programmé dans le cadre du « Festival of Roma, Ashkali and Egyptian culture » au Kosovo, financé par l’ECLO (Bureau de liaison de la commission européenne au Kosovo), et produit en délégation par la KFOS (Fondation Soros).

Mais l’ECLO a considéré que le contenu de cette création artistique était « inopportun » (inappropriate) et ordonné à la KFOS que ce spectacle soit retiré de la programmation.

A notre demande de démenti, l'ECLO a répondu qu’il ne s’agissait pas de « censure » mais d’un « changement de programmation », pour la raison qu’il souhaitaient « privilégier à travers le festival la promotion du riche patrimoine culturel de ces communautés au Kosovo afin de contribuer à faciliter leur intégration dans la société kosovare et les échanges avec les autres communautés ». L’ECLO ajoute qu’il ne veut « nullement mettre en cause l'importance de ce douloureux évènement historique ni la qualité de la performance artistique proposée », mais que « [ses] partenaires pour la mise en œuvre sont tenus de [le] consulter et de [lui] présenter le détail du programme pour approbation avant toute confirmation des activités », et qu’il aurait souhaité « [en] discuter et [en] informer [ses] collègues de l'Ambassade de France au Kosovo ».

Nous exprimons notre indignation face à de tels agissements. Nous ne connaissons que trop bien la réalité que recouvre un tel discours : restreindre la culture rromani à une image d’Epinal de quelques musiciens plus ou moins désespérés flanqués de femmes potentiellement faciles dansant sur les tables, et faire l’impasse sur un travail de mémoire pour ne pas froisser quelques camarades diplomates. Nous savons aussi parfaitement à quoi correspond la volonté d’asservir le contenu d’une œuvre d’art à un financement. Nous voyons bien que l’ECLO considère que ce travail sur une mémoire commune est nuisible à l’intégration et à l’échange. Le pire, sachant que l’ECLO considère la chose comme un « malentendu », est peut-être finalement qu’il ne se rend même pas compte de la teneur de sa politique : c’est une chose normale, acquise. On imagine l’écho qu’aurait reçu une proposition de programmation du film « Liberté » de Tony Gatlif dans un tel contexte.

Nous pensons que le fait que des professionnels des arts et de la culture, français et kosovars, accomplissent ce devoir de mémoire, et particulièrement envers la communauté rromani, est un honneur et une fierté pour la France, le Kosovo et l’Europe toute l’entière. Nous pensons que ce sont bien ceux qui ne l’ont pas encore compris qui font, malheureusement, passer la Communauté européenne pour une république bananière.

Nous invitons tous ceux qui partagent ce point de vue à le faire savoir au chef de l’ECLO Khaldoun.SINNO@eeas.europa.eu, ainsi qu’à la Vice-présidente de la Commission européenne chargée de la Justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté viviane.reding@ec.europa.eu, et à diffuser ce message le plus largement possible.

Le spectacle se jouera à Prishtina, hors du programme officiel, grâce à la détermination des signataires.

Marcel Courthiades, commissaire à la langue et aux droits linguistiques de l’Union rromani internationale,
Dominique Dolmieu, artiste associé à la Maison d’Europe et d’Orient,
Saimir Mile, président de La voix des Rroms,
Jeton Neziraj, directeur artistique du Théâtre national du Kosovo,
Christophe Sigognault, metteur en scène de la compagnie Saudade.
A show on French Gypsies under the German Occupation censored by the European Commission Liaison Office (ECLO) in Kosovo.

"Mérignac-Beaudésert, Tsiganes français sous l’Occupation" is an adaptation based on historical documentation dealing with the internment and deportation of French Gypsies during the Second World War. The text has been published by the French publisher l'Espace d'un instant, in partnership with the Voix des Rroms, the Nouvelles alternatives transeuropéennes et the Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes. It was put on stage under the direction of Christophe Sigognault, following a residency at the Maison d'Europe et d'Orient in Paris. The performance opened the festival Le Printemps de Paris on the 9th of May 2011 at the occasion of the Fête de l'Europe (European Day).

The show was programmed by the festival "Festival of Roma, Ashkali and Egyptian culture", supported by ECLO and organised by the KFOS (Soros Foundation in Kosovo).

ECLO then considered that the content of the performance was "inappropriate" and asked KFOS for the show should not to be taken off the programme of the festival.

When asked to explain their decision, ECLO replied that it was not a case of "censorship" but a case of a "change to the programme", the reason being their wish to "put the emphasis, with this festival, on the promotion of the rich cultural heritage of these communities within Kosovo and to contribute to facilitate their integration within the Kosovan society and promote exchanges between its various communities". ECLO added that "it does not want to question the importance of these tragic historical events nor the quality of the performance", but that " [its] partners implementing the festival are requested to consult [ECLO] and give them a full presentation of the programme for approval before any of its programme can be confirmed", and that ECLO would have wished to be able to "discuss [it] beforehand and to inform its colleagues at the French Embassy in Kosovo".

We would like to express our righteous anger in the face of such behaviour. We know too well what such a position underlines: to present Rromani culture in a folkloric and preconceived manner, one of largely desperate musicians flanked by lascivious women dancing on tables, and to essentially ignore historical and memorial issues in order to please a few diplomats. We also know well what fuels the will to subjugate the content of a work of art to its funding. We can clearly see that ECLO considers this memorial work as counterproductive to exchange and integration. The worse being that -knowing that ECLO considers the case as a simple "misunderstanding"- it shows that ECLO cannot even question the content of its own policy. We can imagine how a proposal to screen Tony Gatlif's feature film "Liberté" would have been received in such a context.

We believe that the very fact that artists and cultural operators in France and in Kosovo decide to undertake and support this memorial work concerning the rromani community, should be considered with pride and honour by France, Kosovo and Europe as a whole. We believe that it is those who cannot see it this way that, unfortunately, give the image of Europe as a Banana Republic.

We invite all of those who share our views to let it be known to the head of ECLO Khaldoun.SINNO@eeas.europa.eu, as well as to the Vice-President of the European Commission in charge of Justice, Fundamental Rights and Citizenship viviane.reding@ec.europa.eu, and to circulate the present message as widely as possible.
The show will be presented in Prishtina, outside of the official programme, thanks to the determination of the signatories below.

Marcel Courthiades, Commissioner for language and linguistic rights of the International Rromani Union,
Dominique Dolmieu, Associate artist at the Maison d’Europe et d’Orient, Paris
Saimir Mile, President of La voix des Rroms,
Jeton Neziraj, Artistic director National Theatre of Kosovo,
Christophe Sigognault, Artistic director of the company Saudade.

mercredi 25 mai 2011

TIMANIT I TMURT N IQVAYLIYEN MOUVEMENT POUR L’AUTONOMIE DE LA KABYLIE


Comité exécutif
DÉCLARATION

La Kabylie éternelle et indépendante a subi sa première défaite en 1857 après une âpre résistance face à une armada coloniale qu’elle ne pouvait, seule, contenir.
La vengeance sanglante et le séquestre qu’elle a subis après l’insurrection de 1871 ont provoqué son estompe politique qui a duré des décennies.
Malgré cette éclipse et son incorporation forcée dans un assortiment ethnico-culturel appelé Algérie qui répondait aux intérêts coloniaux, elle n’a jamais disparu ni renoncé à une future résurrection. En 1926, grâce à ses élites politiques émigrées en France, elle renoue avec les velléités de sa libération. Elle l’a fait généreusement en confiant la direction de son mouvement à Messali, pour agréger des lea-ders arabophones récalcitrants, plutôt enclins à l’assimilation. Celui-ci que les Kabyles ont adoubé en toute confiance s’est révélé être le premier fossoyeur de l’Algérie rêvée par les patriotes kabyles.
En ces 31ème et 10 anniversaires du Printemps kabyle et du Printemps noir, la nation Kabyle assaillie de toutes parts par une colonisation qui tend à la dépersonnaliser, à la dépecer et à verser le sang de ses enfants, est en phase de se libérer.
Assa (aujourd’hui), ni l’amateurisme d’antan, ni les 50 ans d’arabo-islamisme du régime algérien raciste et ni les fausses contrariétés édictées et exécutées par des Kabyles-de-Service, ne pourront annihiler ou contrarier la volonté du peuple kabyle de son désir d’émancipation.
Aujourd’hui, avec le MAK, la Kabylie a franchi une étape décisive en prenant l’initiative politique de son autodétermination par elle-même et pour elle-même.
En Kabylie, notre Mouvement fusionne avec le peuple à chacune de ses sorties. Cette vérité fait peur. Elle fait peur au système incarné aujourd’hui par Bouteflika et les KDS. Cette peur est notre force pour aller de l’avant pour imposer l’autodétermination du peuple kabyle dans l’espoir que tous les Peuples Premiers d’Afrique du Nord suivent l’exemple.
Au niveau international, les initiatives de l’Anavad (Gouvernement Provisoire Kabyle - GPK) ont recueilli déjà une reconnaissance internationale appréciable en Europe.
En ce moment-même, les plus hautes institutions des États-Unis d’Amérique (Congrès, Sénat, Penta-gone et d’autres…) parlent, proposent et délibèrent face à M. F. Mehenni, Président du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK) qu’ils ont invité ès-qualité, pour évaluer la situation de l’Afrique du Nord.
Il est clair que la démarche du GPK et du MAK qui recueille l’assentiment des grandes puissances est juste et légitime.
Ici et maintenant, la nation kabyle rend grâce à ces soutiens inestimables. Elle se fera un devoir solennel d’honorer cette reconnaissance.
Kabylie, le 19 avril 2011

mardi 24 mai 2011

Preliminary Notes on a Project for the Construction of Oarystis, the City of Desire

French - Français  ( Fin de texte )



The conception of this city[1] takes its inspiration from the worlds of childhood and femininity, on a quest to free themselves from their secular oppression. It thus gives preeminence to the pleasure of play, the passion for creation, and the happiness of being oneself which, alone, allows the status of being to other people and contributing to their well-being. The project is presented here in the most summary fashion, open to the contributions of whoever desires to develop, illustrate or concretize it.
One only ever travels through and in one's body. The city is thus conceived as a corporeal unity, in which all the elements act in harmony. There is no hierarchical order in the distribution of the organs composing the individual, social, and urbanistic body, but each of these elements are comforted simultaneously by its own autonomy and by the solidarity they maintain with the whole.
The city responds to the desire to drift. It elaborates places propitious to the construction of situations, privileging the free exercise of the rights of the human being, games of apprenticeship, and psychogeography, in which the changing Carte du Tendre[2] will sketch itself out according to the passions. It has the form of a labyrinth, constructed on three levels, susceptible to aleatory modifications by a mechanism that opens and close the roads, transforming freely marked-out roads into dead-ends, and vice-versa. Thus solicited, wandering and adventure respond to the desire to facilitate for each person the discovery and refinement of his or her desires. One emerges from these roads into public places, according to the model of Venice, which reminds us that, by losing oneself, one finds oneself everywhere. The labyrinth includes diverticula that are particularly affected by variations of mood. One thus imagines a circuit of melancholy for entering into and leaving states of affliction.
Nothing is static. The houses can change form: according to the seasons, for example, or according to the desire of those who inhabit them. Some of them are able move over water, along rails, up spiral staircases, etc.
No technology endangers people's health. Everything is powered by the conjunction of natural energies (solar power, hydraulic motor-power, wind, methane, etc.). Creation-workshops are open to researchers, inventors and those who experiment with prototypes, or simply those who are curious.
Oarystis is an oasis-city. Biotopias, spread out everywhere, allow the attraction of fauna and the development of flora of the greatest diversity. One can thus maintain in their appropriate habitats animals reputed to be dangerous, with the result that only those who take the risk of venturing into their territory will cross their paths. Biotopias of bigger scope are assigned to the agriculture of vegetables, flowers and grains, thus to the husbandry of domesticated animals that furnish eggs and milk, and to the maintenance of animal companions.
Everything is subject to freedom of movement. The movements of beings and things are effectuated through water, earth and air routes. There are open sky roads and heated underground roads, the glass roofs of which form the paving of the roads above. Shallow canals provide circulation routes; they are endowed with hydraulic lifts that provide access to aerial routes, along which non-polluting automobiles circulate, leaving the majority of the roads to strollers. Elevators allow people to pass from one level to another and to reach rope-bridges set up between large trees. Circulation, in all senses of the word, will be privileged; little by little it breaks with the hierarchization of space and time, with its divisions into high and low, left and right, past and future. Perhaps the spiral is the form that best corresponds to the space-time of the living?
The interlacing of activities. Additional public places and street-houses, composed of particular colors and rooms, are used for citizens' assemblies. These places do not exclude the possibility of meeting, sleeping and eating in them. The forum, surrounded by colonnades, is the place for the large assemblies where decisions are discussed collectively.
Distribution. The streets present a large variety of booths, shops, stores and warehouses in which farmers, gardeners, artisans, artists, inventors, mechanics, cooks, poets and writers are pleased to offer the products born from their inventiveness and passion.
Provisions. Almost everywhere there are centers for exchange, reconversion of used goods and distribution of basic supplies. Every day tallies of the supply and demand for subsistence goods are communicated to all, with the result that the requirements of the sectors of priority production are clearly defined. Each sector is thus able -- according to its capacity -- to furnish the products and services necessary for the convenience of life. Collective gardens and agricultural fields are managed as centers for the production and consumption of the useful and pleasurable.
Permanent apprenticeship. The streets will be illuminated by the lights of knowledge: news is distributed there on the most diverse subjects. Not far away are those who, animated by the passion to teach and suited for the lavishing of their knowledge upon the young and the old, receive the collected information, correct it, discuss it, organize it and confer upon it the qualities demanded by the apprenticeship of life. Here, the child is not the king, but is at the center of attention, thought and the apprenticeship of destiny. The idea of creating one's own destiny is actually that which gives meaning to the institutes of mutual education at which children and parents compare their experiences.
Culture. The museums have given way to luxurious streets along which the works of art of the past are part of the everyday wonderment of the citizens. In the amphitheatre of memory, visions of ancient and recent history are presented, played and discussed. Paper chases solicit curiosity and allow each person to verify the state of his or her knowledge in the most diverse domains.
Creation. Through the pleasure that it allows, the city acts as an incitement to create. There are a profusion of automatons, musical boxes, playthings and games conceived for the pleasure of all. Each person has the right to add his or her creations.
The end of the urban enclosure. Large spaces occupied by fields, gardens, parks, forests and farms abolish the archaic separation between town and country.
The gratuity of travel. The means of transportation are available freely to all: electric cars, moving sidewalks, elevators and light railroads.
The maintenance of the body. Health clinics learn to prevent sickness and guarantee the necessary cures for those who do not succeed at staying healthy.
Houses of love.[3] The Oarystis are houses of tender love. Boys and girls meet and have their first amorous adventures there, initiating themselves into the refinements of sexual experience and discovering freely the affinities that will orient them, if they so desire, towards durable relationships and the choice to give birth to children.
Experimentation. Experimentation is presented everywhere in the greatest variety. It is engaged in on the sole condition that it responds to or accords with the project of the constant improvement of life and milieu (excluding recourse to the criteria of marketability, profit, competition, power and all practices that involve suffering, decay and death).
The city of the dead. On the outskirts of Oarystis there is a forest consecrated to the dead. For every dead person a tree is planted, according to that person's wishes. Microphones implanted amongst the foliage make the murmurs of the forest audible. One must be aware that the gardens and groves sprinkled about the city are, here and there, dotted with ears that perceive the amplified murmuring of the natural environment.
Writing and drawing. The blind walls are the blank pages on which each has the right to draw, write or engrave. The old advertising billboards are placed with poems, individual notes, calligraphy and dreamlike evocations. Everything responds to the pleasure of inhabiting, decorating, flowering and making the city into a work of art in which colors and sounds emanate from the interior landscapes that haunt the sensibility of the human being.
The principle of gratuity. Until its autarky is real, a collectively managed bank that possesses its own currency facilitates transactions with the territories still under the control of the market commodity. Anyone who finds themselves constrained to pass through the channels of payment have to obey the principle that all monies collected will be reinvested in the production of useful and pleasing goods.




[1] Translator's note: See Vaneigem's novel, illustrated by Giampiero Caiti, Voyage a Oarystis (Estuaire, 2005). The title refers to the ancient Greek play by Theocritus, The Oarystis.
[2] Translator's note: A depiction of courtship and love as a geographical exploration, the Carte du Tendre (the "Map of Tenderness") was engraved by Francois Chauveau and published in Madeleine de Scudery's romantic novel Clelie in 1654. The Carte was reprinted in Internationale situationniste #3, December 1959.
[3] Translator's note: The French here is Les maisons de rendez-vous, which literally means "houses for dating."

(Written by Raoul Vaneigem. Published 15 February 2002 by Bon-a-Tirer Translated from the French by NOT BORED! February 2007.)
 
NOTES PRÉLIMINAIRES AU PROJET DE CONSTRUCTION D'OARYSTIS, LA VILLE DES DÉSIRS
La conception de la ville puise son inspiration dans le monde de l'enfance et de la féminité, en voie de s'affranchir de ses oppressions séculaires. Elle accorde donc la prééminence au plaisir de jouer, à la passion de créer et à ce bonheur d'être à soi qui, seul, permet d'être aux autres et de contribuer à leur bien-être. Le projet est ici présenté dans son état le plus sommaire, ouvert au concours de quiconque souhaite le développer, l'illustrer, le concrétiser.

On ne voyage jamais que par et dans son corps. La ville est donc conçue comme une unité corporelle, où tous les éléments agissent en harmonie. Il n'y a pas d'ordre hiérarchique dans la distribution des organes composant le corps individuel, social et urbanistique mais chacun des éléments se trouve conforté à la fois par sa propre autonomie et par la solidarité qu'il entretient avec l'ensemble.

La ville répond au désir de dérive. Elle élabore des lieux propices à la construction de situations, privilégiant le libre exercice des droits de l'être humain, les jeux d'apprentissage, la psychogéographie, où se dessine au gré des passions la carte changeante du Tendre. Elle a la forme d'un labyrinthe, construit sur trois niveaux, susceptible de se trouver modifié de façon aléatoire par un mécanisme qui ouvre et ferme les voies, transformant en impasse un chemin librement frayé, et inversement. L'errance et l'aventure, ainsi sollicitées, répondent au souhait de faciliter pour chacun la découverte et l'affinement de ses désirs. On y débouche sur des places publiques, selon le modèle de Venise, qui rappellent qu'à se perdre on se retrouve partout. Le labyrinthe comprend des diverticules particulièrement affectés aux variations d'humeurs. On prévoira ainsi un circuit de la mélancolie, pour entrer et sortir des états d'affliction.

Rien n'est statique. Les maisons peuvent changer de forme : selon les saisons, par exemple, et au gré de ceux qui y habitent. Certaines ont la possibilité de se déplacer sur l'eau, le long de rails, par le biais d'une vis ascensionnelle, etc.

Aucune technologie ne porte atteinte à la santé. Tout est mu par la conjonction d'énergies naturelles (électricité solaire, force motrice hydraulique, éoliennes, méthane, etc.). Des ateliers de création sont à la disposition des chercheurs, des inventeurs, de ceux qui expérimentent des prototypes ou simplement des curieux.

Oarystis est une cité-oasis. Des biotopes, partout dispersés, permettent d'attirer une faune et de développer une flore présentant la plus grande diversité. On peut ainsi maintenir dans leur site approprié des animaux réputés dangereux, en sorte que seul les croise quiconque prend le risque de s'aventurer sur leur territoire. Des biotopes de plus grande envergure sont affectés aux cultures de légumes, de fleurs, de céréales, ainsi qu'à l'élevage d'animaux domestiques, fournissant œufs et lait, et à l'entretien des animaux de compagnie.

Tout y obéit à la liberté du mouvement. Les déplacements des êtres et des choses s'effectuent par des chemins d'eau, de terre et d'air. Il y a des rues à ciel ouvert et des rues souterraines chauffées, dont les verrières forment le dallage des rues supérieures. Des canaux peu profonds proposent des voies de circulation, dotés d'ascenseurs hydrauliques qui livrent accès aux routes aériennes, où les voitures à propulsion non polluante circulent, abandonnant la plupart des voies aux promeneurs. Des élévateurs permettent de passer d'un niveau à l'autre et d'accéder à des ponts de cordage jetés entre les grands arbres. Il s'agit ici de privilégier une circulation en tous sens qui rompe peu à peu avec la hiérarchisation de l'espace et du temps, avec ses divisions de haut et de bas, de gauche et de droite, de passé et de futur. Peut-être la spirale est-elle la forme qui correspond le mieux à l'espace-temps du vivant?

L'entrelacs des activités. En plus des places publiques, des rues-maisons, composées de couloirs et de pièces particulières sont préposées aux assemblées de citoyens. Ceci n'exclut pas la possibilité de s'y rencontrer, d'y dormir, de s'y restaurer. Le forum, entouré de colonnades, est le lieu des grandes assemblées où les décisions sont débattues collectivement.

La distribution. Les rues présentent une grand variété d'échoppes, de boutiques, de magasins, d'entrepôts où les agriculteurs, les jardiniers, les artisans, les artistes, les inventeurs, les mécaniciens, les cuisiniers, les poètes et les écrivains se plaisent à offrir les produits nés de leur inventivité et de leur passion.

L'approvisionnement. Il existe un peu partout des centres d'échange, de reconversion des biens usagés, de distribution des produits de première nécessité. Là est chaque jour communiquée à tous la balance indiquant l'offre et la demande des biens de subsistance, en sorte que soient clairement définis les exigences des secteurs de production prioritaire. Chacun est donc en mesure de pourvoir selon ses capacités à la fourniture des produits et des services nécessaires au confort de la vie. Les cultures et les jardins collectifs sont gérés comme des centres de production et de consommation de l'utile et de l'agréable.

L'apprentissage permanent. Les rues sont jalonnées par des phares du savoir : les informations y sont diffusées sur les sujets les plus divers. Non loin se tiennent ceux qui, animés par la passion d'enseigner et aptes à prodiguer leurs connaissances aux petits et aux grands, traitent les informations recueillies, les corrigent, les discutent, les structurent et leur confèrent les qualités exigées par l'apprentissage de la vie. Ici, l'enfant n'est pas le roi mais il est au centre de l'attention, de la pensée, de l'apprentissage des destinées. L'idée de créer sa propre destinée est en effet celle qui donne son sens aux instituts d'éducation mutuelle, où enfants et parents confrontent leurs expériences.

La culture. Les musées ont laissé place à des rues luxueuses où les œuvres d'art du passé font partie de l'émerveillement quotidien des citadins. Dans les cirques de la mémoire, les visions de l'histoire ancienne et récente sont présentées, jouées, discutées. Des jeux de piste sollicitent la curiosité et permettent à chacun de vérifier l'état de ses connaissances dans les domaines les plus divers.

La création. La ville agit, par l'agrément qu'elle présente, comme une incitation à créer. Il existe une profusion d'automates, de boîtes à musique, de jouets et de jeux conçus pour le plaisir de tous. Chacun a le droit d'y ajouter ses œuvres.

Fin de l'enclos urbain. De grands espaces occupés par des champs, des jardins, des parcs, des bois, des fermes abolissent l'archaïque séparation entre ville et campagne.

La gratuité des déplacements. Les moyens de transports sont à la libre disposition de tous : voitures électriques, tapis roulants, ascenseurs, petits trains

L'entretien du corps. Des maisons de santé apprennent à prévenir les maladies et garantissent les soins nécessaires à ceux qui ne parviennent pas à se garder en santé.

Les maisons de rendez-vous. Les OARISTYS sont les maisons de l'amour tendre. Les garçons et les filles s'y rencontrent, y tentent leurs premières aventures amoureuses, s'initient aux affinements de l'expérience sexuelle, y découvrent librement les affinités qui les orienteront, s'ils le souhaitent, vers une relation durable et le choix de donner naissance à un enfant.

L'expérimentation. Elle est présente partout dans sa plus grande variété. Elle est soumise à la seule condition de répondre ou de s'accorder au projet d'amélioration constant de la vie et du milieu (ceci exclut le recours au critère de rentabilité, de profit, de compétition, de pouvoir et à toute pratique impliquant l'usage de la souffrance, du dépérissement, de la mort).

La cité des morts. Aux abords d'Oarystis, une forêt est consacrée aux morts. Sur chaque défunt, un arbre est planté, selon ses vœux. Des micros, implantés parmi les frondaisons, rendent audibles les murmures de la forêt. Il faut noter que les jardins et les bocages dont la ville est parsemée sont hérissés çà et là d'oreilles où se perçoivent, amplifiées, les rumeurs de la nature environnante.

Écrire et dessiner. Les murs aveugles sont les pages blanches où chacun a le droit de dessiner, écrire, graver. Aux vieux panneaux publicitaires se sont substitués des poèmes, des notations individuelles, des calligraphies, des évocations oniriques. Que tout réponde au plaisir d'habiter, de décorer, de fleurir, de faire de la ville une œuvre d'art où les couleurs et les sons soient l'émanation des paysages intérieurs qui hantent la sensibilité de l'être humain.

Le principe de gratuité. En attendant que l'autarcie soit effective, une banque, gérée collectivement, possédant sa monnaie propre, facilitera les transactions avec les territoires encore sous contrôle de l'économie marchande. Ce qui se trouvera contraint de passer par les filières du paiement obéira au principe que tout argent recueilli sera réinvesti dans la production des biens d'utilité et agrément.
 

lundi 23 mai 2011

140 ans après, la Commune de Paris

Que les bons citoyens se lèvent !  Aux barricades !  
L ennemi est dans nos murs... Pas d' hésitation !
Le déroulement des événements de la Commune de Paris
 
2 au 9 mars : Les fédérés enlèvent 26 canons aux Gobelins et les emmènent à l'école des frères à la Maison-Blanche.
15 mars : La loi sur les échéances, promulguée à Bordeaux, rapproche les commerçants de la Commune.
18 mars : Affaire des canons de Montmartre qui provoque un soulèvement à Paris. 40 000 hommes de l'armée de Paris sont chargés de reprendre les canons détenus par la Garde nationale. La manœuvre, très mal préparée, ne peut aboutir et les hommes du général Lecompte fraternisent avec la population accouru sur les lieux pour les empêcher de reprendre aux Parisiens"leurs canons". Lecompte menace de faire tirer sur la foule mais il est saisi par les fédérés et fusillé. Le général Clément Thomas qui passait malencontreusement par là est fait prisonnier à son tour. Malgré les efforts des modérés, la foule n'entend pas raison et Clément Thomas nommé depuis1848"le massacreur de juin"est fusillé à son tour.
20 mars : Thiers abandonne Paris et gagne Versailles ; le Comité central siège à l'Hôtel de ville de Paris.
26 mars : 90 membres sont élus au Conseil municipal de Paris qui prend en s'installant à l'Hôtel de ville le nom de Commune de Paris.
27 mars : Le Comité central remet solennellement ses pouvoirs à la Commune en présence de 200 000 Parisiens.
28 mars: La Commune constitue une Commission exécutive de 7 membres et vote les lois attendues ; report des loyers, abolition de la conscription et remise des objets mis au mont de piété valant moins de 10 francs.
1er avril : Thiers déclare : "L'Assemblée siège à Versailles où s'achève de s'organiser une des plus belle armée que la France ait possédée, les bons citoyens peuvent se rassurer et espérer la fin d'une lutte qui aura été douloureuse mais courte"; 
2 avril: Premiers combats à Courbevoie avec l'armée de Versailles commandée par le général Vinoy. Les obus commencent à tomber sur Paris.
3 avril : Tentative par les fédérés d'une marche sur Versailles stoppée par le tir des canons du Mont Valérien. Emile Duval, général de la Commune est fait prisonnier et est immédiatement fusillé ainsi que son état major. Gustave Flourens est arrêté par un gendarme qui lui fracasse le crâne d'un coup de sabre sans autre forme de procès. 
4 avril : Les Versaillais attaquent Neuilly et prennent Courbevoie et Châtillon. 5 avril : Arrestation, par les communards, de 74 otages dont monseigneur Darboy l'archevêque de Paris. Louis Rossel, déserteur de l'armée de Versailles pour rejoindre la Commune est nommé chef d'état-major de Cluseret. 
9 avril : Le général Dombrowski, héros de l'indépendance polonaise, est nommé commandant de la place de Paris. Ce sera le seul chef militaire de valeur de la Commune de Paris.
14 avril : Félix Pyat fait voter la destruction de la colonne Vendôme.
1er mai : Institution d'un Comité de Salut public auquel la Commune abandonne ses pouvoirs.
16 mai : La colonne Vendôme est abattue.
21 mai : 70 000 Versaillais entrent dans Paris par le bastion mal surveillé du Point du Jour et par la porte de Saint-Cloud. Dernier numéro du"Cri du Peuple" de Jules Vallès.
22 au 28 mai: C'est la "Semaine sanglante", Paris est reconquis rue par rue, barricade par barricade, la répression Versaillaise est féroce et impitoyable.
23 mai : Pour retarder l'avance des Versaillais les communards allument de vastes incendies. L'Hôtel de ville, le Palais de la Légion d'Honneur, le Palais des Tuileries, le Palais de Justice, la Cour des comptes, la bibliothèque du Louvre et de nombreuses rues de la capitale sont la proie des flammes. Ce même jour, la butte Montmartre d'où était partie la "Révolution du 18 mars" est prise par l'armée de Versailles.
24 mai: En application du "décret sur les otages" promulgué par la Commune, l'archevêque de Paris est fusillé avec d'autres otages.
25 mai : 424 prisonniers fédérés sont fusillés au parc Monceau et à Montmartre par l'armée Versaillaise. 52 otages sont fusillés, en représailles, par les insurgés. Charles Delescluze gravit la barricade du Château d’Eau abandonnée par ses défenseurs jusqu'à ce qu'une balle le tue.
27 mai : Le cimetière du Père-Lachaise est pris par les Versaillais après une lutte acharnée entre les tombes.
28 mai : La dernière barricade des fédérés tombe rue Ramponeau. A 15 heures toute résistance a cessé.
29 mai : La garnison désarmée du fort de Vincennes se rend, les officiers sont immédiatement passés par les armes par les Versaillais. Thiers télégraphiera ce même jour aux préfets à propos des Parisiens insurgés : "Le sol est jonché de leurs cadavres ; ce spectacle affreux servira de leçon".


En 2011, nous fêtons les 140 ans de la Commune de Paris. À cette occasion, nous avons souhaité revenir sur cet épisode occulté de l’histoire de la capitale. La forme du journal s’est imposée par sa cohérence avec le contexte de la France du XIXème siècle, car la presse est alors le seul média qui permet la diffusion d’idées nouvelles.

dimanche 22 mai 2011

Von der „Aura“ der alten Museen und der „Erfahrung“ in den neuen

 Vortrag auf einem Symposium zum neuen Akropolismuseum in Thessaloniki

Bereits vor fast zehn Jahren bemerkte der Kunsthistoriker und -theoretiker Hal Foster in seinem Buch Design and Crime, dass das Museum heute nur noch zweitrangig der Betrachtung der Exponate diene1. Diese existieren in Form elektronischer Archive und sind von überallher konsultierbar, meist sogar gratis. Wer die Mona Lisa eingehend betrachten will, kann das im Zeitalter ihrer digitalen Vervielfältigbarkeit viel besser zu Hause am Computer tun als inmitten Hunderten von Besuchern, die schubsen und photographieren. Die Bedeutung der Museen liege, so Foster, eher in der spektakulären  ästhetischen Erfahrung, die sie vermitteln, und zwar vor allem dank ihrer Architektur, wofür das Guggenheim-Museum in Bilbao paradigmatisch steht.
Diesem Museum wird vorgeworfen, von den ausgestellten Werken „abzulenken“. Das hat man noch von keinem traditionellen Museum gesagt. Ich werde mich hier nicht über das Akropolismuseum und seine Geschichte äußern, aber es scheint mir bemerkenswert, dass das alte Akropolismuseum sich bescheiden in einer Vertiefung des Bodens versteckte – eine heute unvorstellbare Konzeption, wo es im Gegenteil darauf ankommt, möglichst viel “Sichtbarkeit” zu erzielen und der Behälter wichtiger als der Inhalt zu sein scheint, und oft der Name des Architekten, der das Gebäude “unterschreibt”, wichtiger ist als das Gebäude, ganz wie bei einer vulgären Vuitton-Handtasche.
Zu dem neuen Akropolismuseum gibt es ähnliche Polemiken wie zu allen zeitgenössischen Museumsbauten und anderen « kulturellen » Gebäuden. Die Fronten sind mehr oder weniger immer dieselben. Die Kritiker sprechen von ultramoderner Architektur ohne Einbindung in den Kontext, reinem Design, Supermarktästhetik, Spektakularisierung, Zerstörung älterer Strukturen. Mir kommen diese Kritiken oft berechtigt vor ; allerdings finde ich sie meistens inkonsequent. Sie beklagen zu Recht die Integrierung der Kultur in die Warengesellschaft, wo alles sein Existenzrecht nur aus seiner Fähigkeit bezieht, sich zu verkaufen und Kunden anzuziehen. Aber in den seltensten Fällen tun diese Kritiker das vom Standpunkt einer kohärenten Kritik des Kapitalismus aus. Sie verlangen bloß eine « kulturelle Ausnahme » : Schuhe und Autos, Wohnungen und normale Arbeitskraft sollen ruhig Waren sein – nur vor Archäologieexponaten und Kunstwerken soll die Warenlogik auf einmal halt machen, obwohl es doch in dem – kaum je thematisierten – Wesen der Warenlogik liegt, alles zu verschlingen. Und die stets bemühte “kulturelle Ausnahme” scheint nicht mit extremen Formen der Warenlogik unvereinbar zu sein, zum Beispiel wenn der Louvre seinen Markennamen an Abu Dhabi’s Ölscheiche verkauft, ganz wie die “Brand extension” eines Gaultier-Parfüms.
Warenlogik bedeutet totale Austauschbarkeit, Reduktion jedes Gegenstandes auf eine bloße Geldsumme, Indifferenz gegenüber jedem Inhalt. Insofern ist es tatsächlich reichlich schwierig nachzuweisen, dass innerhalb der Warengesellschaft ein Gemälde von Tizian oder ein Parthenonfries von grundsätzlich anderer Natur als eine Coca-Cola-Flasche oder eine Armanijacke sein sollen, und um das nachzuweisen, muss man eigentlich die ganze Warenlogik in Frage stellen. Da das hier sehr weit führen würde, beschränke ich mich auf einige konkretere Betrachtungen.
Die totale Austauschbarkeit der Waren führt zum Verlust der Aura (und nicht nur der Aura der Kunstwerke), der Authentizität und Einzigartigkeit, wie wir seit Walter Benjamin wissen. Aber das Bedürfnis nach Aura ist offenbar ein sehr tief verwurzeltes und stellt sich deswegen ständig erneut ein, um schließlich seine Befriedigung in Waren zu suchen, die Authentizität versprechen. Heute gehören Aura, Authentizität und Einzigartigkeit zu den begehrtesten Markenartikeln, auf allen Ebenen. Nur das erklärt, warum trotz der stets verfügbaren elektronischen Archive die Museen heute voller denn je sind und jeder eben doch die „echte“ Mona Lisa angucken will. Wahrhaft ein Paradox: die extreme Kommerzialisierung der Kultur lebt gerade von der Resakralisierung und Re-auratisierung.
Worin besteht ein Museumsbesuch heute ? Typischerweise erfolgt er auf Reisen, zum Beispiel während eines durch Ryanair ermöglichten Wochenendtrips. Nach dem Shopping am Morgen und vor der Diskothek am Abend steht der, im Internet vorgebuchte, Besuch im bekanntesten Museum der Stadt. Das Endergebnis des ausgiebig durch Photos dokumentierten Besuchs ist es dann, sich damit auf der Facebookseite zu brüsten.
Das gilt dann als Triumph der Demokratie, als Überwindung des Elitismus, als Beitrag zur globalisierten Welt und zur Kultur für alle. Ob die enorm angestiegenen Besucherzahlen der Museen allerdings mit einer realen Erweiterung von kulturellen Interessen und Kenntnissen einher gehen, darf wohl bezweifelt werden. Den Statistiken zufolge sinkt die Zahl der Bücherleser ständig, alle Hochschul- oder Kunstakademielehrer können bestätigen, welche unglaublichen Defizite in der Kunst-, Literatur- oder Geistesgeschichte die Studenten aufweisen, und mit dem Internetkultus geht im allgemeinen eine aggressive Abwertung der klassischen Kultur einher. Es steht zu vermuten, dass ein Großteil der Besuchermassen in den Museen auf dem Heimweg eher Mangas liest als Gombrich, oder eben seine Facebookseite auffrischt. Und sie haben in gewisser Weise recht: diese Museen dienen dem Amüsement und stehen deshalb in Konkurrenz nicht nur zu anderen Museen, sondern auch zu anderen „Freizeitangeboten“, und werden in diesem Rahmen konsumiert.
Ich nehme an, dass ich Ihnen spätestens an diesem Punkt als antidemokratischer Reaktionär und nostalgischer Verfechter einer verstaubten Elitekultur gelten werde, was doch andererseits recht erstaunlich ist bei jemandem wie mir, der als radikaler Kapitalismuskritiker bekannt ist. Aber ich bin nicht der einzige, der in dieser scheinbar paradoxen Lage ist und der die angebliche Demokratisierung der Kultur für eine Ausrede ihrer blossen Eingemeindung in die „Kulturindustrie als Massenbetrug“ (Adorno / Horkheimer) hält und für eine Art Strategie, um der Kultur jede tendenziell subversive Wirkung zu nehmen.
Was ist die Rolle des Museums im Kapitalismus ? Seit der Gründung öffentlicher Sammlungen am Ende des 18. Jahrhunderts, bis ungefähr zu den siebziger Jahren des 20. Jahrhunderts, blieb seine Funktion im wesentlichen dieselbe : das Außergewöhnliche auszustellen, das aus der Vergangenheit oder von ferne kommt. Dieses Museum hatte also eine „elitäre“ Funktion : einerseits wählte es das Exzellente aus (oder behauptete das). Andererseits war sein typisches Publikum eine kulturelle Elite, die bereits über Vorkenntnisse verfügte, denn diese Museen waren sehr wenig bis gar nicht didaktisch. Oder aber es handelte sich um sehr motivierte Besucher. So erzählt der französischsprachige rumänische Schriftsteller Panait Istrati, später Freund von Nikos Kazantzakis, dass er, als er 1913 als vagabundierender Gelegenheitsarbeiter mit Volksschulabschluss zum ersten Mal nach Paris kam, von dem Freund, der ihn beherbergte, einem rumänischen Schuster, sofort in den Louvre geführt wurde und sich dort mit einem lebenslangen Kultus der Schönheit „infizierte“. Die Museen waren damals oft gratis, schlossen also niemanden aus ökonomischen Gründen aus. Trotzdem waren sie weit weniger voll als heute, wo sie meist sehr teuer sind. Es gingen eben nur wirklich Interessierte dahin (so wie auch heute ein Schönberg- oder Xenakiskonzert, selbst wenn es gratis ist, kein Fußballstadium füllen würde). Dass das undidaktische Museum die Besucher weitgehend sich selbst überließ, überforderte vielleicht manche von ihnen. Aber es erlaubte anderen, mit voller Intensität die Schockwirkung zu verspüren, die von solchen Zeugnissen ausgeht. Im günstigsten Fall konnte das so weit gehen wie im Gedicht Rainer Maria Rilkes „An einen antiken Torso“, wo es heißt: „Denn da ist keine Stelle, die Dich nicht sieht. Du musst Dein Leben ändern“.
Dieses klassische Museum wurde von den künstlerischen Avantgarden gehasst. Die italienischen Futuristen verglichen Museen mit Friedhöfen2. Guillaume Apollinaire wollte den Louvre in Brand stecken. Guy Debords junge Lettristen verlangten die Auflösung der Museen und die Verteilung ihrer Meisterwerke auf die schäbigen Bars, die sie besuchten. Ins Museum zu kommen (oder jedenfalls zu schnell dahin zu gelangen) war den Dadaisten und Surrealisten eine Schande. Die Abneigung war gegenseitig : kein Werk von Picasso, Kandinsky oder anderen Erneuerern der Kunst kam vor dem zweiten Weltkrieg in die großen Museen in Frankreich. Auch wenn es letztlich niemand – außer den Situationisten – wirklich ablehnte, schließlich doch ins Museum zu gelangen, blieb die moderne Kunst, so wie die ganze Protest- und Kritikkultur um 1968, tief misstrauisch gegenüber dem Museum, genau so wie gegenüber dem ganzen kulturellen „Kanon“ und „Erbe“ : « museumsreif » heißt eben überlebt, ohne innere Vitalität, gut bloß zum pflichtgemäßen Bestaunen. Museum als Synonym für verstaubt, archaisch, leblos, langweilig, alt, anstrengend, unsexy. Also alles, was die kapitalistische Konsumgesellschaft nicht mehr wollte.
Ein tiefgreifender Wandel hatte in der Tat stattgefunden. Der Kapitalismus ist seinem Wesen nach, und war von Anfang an, ein dynamisches System, das alle Aspekte der Gesellschaft ständig umwälzt. Sehr lange Zeit ging das jedoch mit einem Konservatismus auf der Ebene des „Überbaus“ einher, darunter auch der kulturellen Werte. Während der Kapitalismus auf der Ebene der Produktion nur blind nach vorne stürmte, wirkte er auf der Ebene der offiziellen Werte „konservativ“, „reaktionär“, „rückwärtsgewandt“, „traditionalistisch“. In Wirklichkeit handelte es sich um noch lange fortwirkende Reste seiner feudalen und religiösen Vergangenheit. Die meisten Kritiker des Kapitalismus verwechselten auch hier Wesen und Erscheinung und hielten ihn für essentiell „konservativ“, was er keinesfalls ist, und meinten, der „Fortschritt“ sei deshalb grundsätzlich antibürgerlich. Das klassische Museum drückte in der Tat die für die damalige Struktur der bürgerlichen Gesellschaft charakteristische Dominanz der Vergangenheit über die Gegenwart und Zukunft aus, des Alten über das Neue, des Beharrens über die Veränderung, des Seriösen über das Frivole, der Anstrengung in der Produktion über den Genuss im Konsum, der Elitekultur über die „Massenkultur“. Fast alle Exponate in ihm stammten von weißen, westlichen Männern und drückten deren Weltsicht aus. Lange Zeit argumentierte die bürgerliche Herrschaft im Namen von Erbe, Tradition und Gedächtnis.
Heute hat sich diese Situation ins Gegenteil verkehrt, und ihr einziges Kredo ist die „Neuigkeit“. Die künstlerischen Avantgarden, und dann, auf viel breiterer Basis, der weltweite 68’er-Geist in seiner Massenversion machten sich mit boshafter Freude daran, diese Museen und die Kultur, deren Ausdruck sie waren, in Grund und Boden zu schießen. Hier, wie in vielen anderen Bereichen, hat diese Protestkultur letztlich dazu beigetragen, den Kapitalismus zu modernisieren und ihn von seinen nunmehr endgültig dysfunktional gewordenen Resten der Kompromisse mit vergangenen Gesellschaftsformen zu befreien. Und so ist auch das Museum von einem Tempel für die Happy Few endlich ein würdiger Teil unserer Welt geworden, Fleisch von ihrem Fleisch, zwischen Design, Spektakel, Umsatzzahlen, Tourismusindustrie und „Guggenheimeffekt“ für die Wirtschaft einer ganzen Stadt oder Region. Und wer wird das schon beklagen in einer Zeit, da die Kultur allenthalben von Budgetkürzungen bedroht ist und es ein Problem wird, dass sich eine Universität, ein Opernhaus oder ein Qualitätsfilm kaum jemals selber finanzieren können. Wenigstens die Museen können das potentiell ! Und wenn wir statt einem Prozent Supergebildeten in der Bevölkerung heute achtzig Prozent haben, die schon mal in einer Ausstellung waren, dann muss man wohl schon ein Verteidiger seiner eigenen archaischen Privilegien als Kulturvermittler und seiner snobistischen Vorurteile sein, um da Einwände zu formulieren, ähnlich denen, die immer noch Loblieder auf das papierne Buch singen im Google-Zeitalter… Leben und Kunst sind endlich vereint, wie es die Begründer der modernen Kunst immer verlangt haben – wenngleich sie sich diese Union wohl etwas anders vorgestellt hatten.
Damit einher geht die enorme Erweiterung des Museumsbegriffs, wo man oft den Eindruck hat, dass die Musealisierung mit dem gnadenlosen Kampf gegen vergangene, nicht völlig warenförmige Lebensformen einhergeht: was systematisch ausgemerzt wurde, kommt dann in Form von Museumsdörfern, Freilichtmuseen usw. zurück, wo z. B. das Leben unserer bäuerlichen Großeltern, das wir noch in unserer Kindheit kennengelernt haben mögen, im Museum erscheint – beinah als beruhigende Versicherung, dass es wirklich tot und vergangen ist. Der ständige Appell ans „historische Eingedenken“ verdeckt nur den jeden Tag erneuerten Bruch mit der Vergangenheit. Vor einigen Wochen habe ich in Frankreich eine Spinnerei besucht, die Freunde von mir vor zehn Jahren versuchten, mit ihrer hochkomplizierten Maschinerie vom Anfang des 20. Jahrhunderts wieder in Betrieb zu setzen. Der Versuch scheiterte, aber die vom Abriss bedrohte Spinnerei wurde gerettet : nur dass sie heute ein Museum ist, während sich die Maschinen nicht mehr drehen… Ein Beitrag zur Disneylandisierung der Welt.
Mit den alten Museen ist eine mehr der Erfahrungen ausgetilgt worden, die uns in Bezug zu etwas „anderem“ setzen können, dessen Logik nicht die Logik der Welt ist, die uns umgibt und die uns ständig bedeutet, es gäbe nichts außerhalb von ihr und sie sei die einzige Welt (und deshalb auch die bestmögliche). Glücklicherweise findet man noch kleine Museen, in Provinzstädten oder zu weniger spektakulären Themen, die uns ein anderes Museum zeigen : es gibt wenige Besucher, keine aufdringliche Didaktik mit Videovorführungen, Kopfhörern und hundert anderen Weisen, um dem Besucher zu sagen, was er zu bewundern hat. Wir sind alleine mit den Werken und können versuchen, in den „unendlichen Dialog“ mit ihren Urhebern zu treten. Diese Museen ähneln nicht einer Mischung aus Informatiksaal und Metrostation zur Stoßzeit, sondern bieten uns eine momentane Erholung von dem Trubel, der uns immer und überall umgibt. Wir haben das Gefühl, dass die anderen Besucher einen bestimmten Grund haben, warum sie da sind, und fühlen deshalb vielleicht eine vage Verbundenheit mit ihnen. Und aufgrund ihrer „Atmosphäre“ außerhalb der üblichen Zeit, der lebendigen Anwesenheit einer Vergangenheit oder einer Fremde, bieten diese Museen manchmal wirklich das, was die gepriesenen postmodernen Großmuseen stets versprechen : eine komplette ästhetische Erfahrung, ein Erlebnis, eine Emotion, die nicht nur aus den einzelnen Exponaten entsteht. Bloß, dass diese Atmosphäre nicht geplant ist wie die eines Nike-Stores mit seinem „Erlebniseinkauf“, sondern wir sie selbst konstruieren, und zwar jeder für sich. Ich weiß nicht, wieviel die Besucher im Musée d’histoire naturelle im Jardin des Plantes in Paris vor dessen Umstrukturierung vor 15 Jahren dort über Zoologie gelernt haben : aber wer sich an seinen Besuch in diesem riesigen und im wörtlichen Sinne verstaubten Kuriositätenkabinett nicht als an eine große ästhetische Erfahrung erinnert, dem fehlt vermutlich die Sensibilität überhaupt für solche ästhetischen Erfahrungen. Diese alten Museen stehen zu den neuen so wie die Spielsachen und steifen Puppen unserer Großeltern zu den heutigen hyperrealistischen Puppen und Play-Stations, die laut ihren Anpreisern so sehr zur Entwicklung der Kinder und zur Ausbildung von Fähigkeiten beitragen, die ihnen dann im Arbeitsleben nützlich sein werden, wie Reaktionsfähigkeit und Multi-Tasking. Nur dass die alten Spiele, ebenso wie die Bücher anstelle der Filme, eine individuelle, nicht regulierte und ungefilterte Imagination förderten. Man könnte sagen, dass das zum Besten im Menschen gehört. Aber zu was ist eine solche Imagination heute schon noch nützlich, wenn Google an unserer Stelle denken und vorstellen will ? Und was wiegen solche nostalgischen Betrachtungen wie die hier vorgetragenen schon angesichts von Museen, die die historische Chance haben, mit ihrer Zeit zu gehen und ihren Platz zwischen dem Rockkonzert und dem Einkaufszentrum zu behaupten, statt uns Besucher ewig mit etwas zu konfrontieren, was uns übersteigt und uns herausfordert?

Anselm Jappe

Anmerkungen

Einmal im Jahr mögt ihr dahin pilgern, wie man zu Allerseelen auf den Friedhof geht . . . das gestatte ich euch. Einmal im Jahr mögt ihr einen Blumenstrauß vor der Mona Lisa niederlegen, . . . das gestatte ich euch . . . Aber ich lasse nicht zu, daß man täglich in den Museen unser kümmerliches Dasein, unseren gebrechlichen Mut und unsere krankhafte Unruhe spazieren führt. Warum will man sich vergiften? Warum will man verfaulen? »

mardi 17 mai 2011

SURVIVRE A UN BUST


Version 3

PARTIE I : ÉVITER DE SE FAIRE PRENDRE

Pourquoi ce document ?
Comme beaucoup dans le milieu du piratage vous ne vous contentez pas de lire des articles, sécuriser des machines ou sortir du code bien propre... Vous avez décidé de mettre en pratique vos connaissances sur les attaques, failles et compagnie et vous vous introduisez régulièrement dans des systèmes informatiques privés, vous codez des 'exploits', des backdoors... bref vous êtes ce que certains appellent un 'Blackhat'.
Si vous pensez que vos activités illégales n'intéressent pas la police qui doit certainement avoir des choses bien plus importantes à faire, vous vous trompez !
A notre époque il existe dans différents pays des polices spécialisées dans la lutte contre la cyber-criminalité, ce qui veut dire qu'ils n'ont "rien d'autre de mieux à faire" que de traquer et d'arrêter des pirates informatiques comme vous. Nombreux sont ceux qui ont pensé être invincibles derrière leur PC et qui s'en sont finalement mordu les doigts.
Une vague d'arrestations a eu lieu récemment en France et ce n'est qu'un début. Ce texte est là pour éviter que d'autres se fassent prendre ou s'ils se font prendre pour qu'ils ne s'en tirent pas trop mal. Ce document a aussi pour objectif d'ouvrir les yeux de certains sur des à priori qui peuvent les mettre en danger... il se peut que vous utilisiez une méthode pour effacer vos traces qui en rajoute au lieu de les supprimer. L'erreur est humaine.
Enfin même si vous êtes sûr de prendre les précautions nécessaires et certain que jamais vous n'aurez affaire aux services de police, sachez que la délation, qu'elle soit voulue ou non est une des principales ressources utilisées par la police pour retrouver une personne... par conséquent même si vous êtes le meilleur pirate au monde, vous pouvez toujours être balancé comme une grosse merde. L'objectif de ce document est clairement de vous rendre parano... mais juste le nécessaire pour éviter ou survivre à un bust.
Bases
Il y a des règles très simples à mettre en œuvre pour protéger son anonymat sur le réseau des réseau. Si vous débutez dans le milieu il est bon de s'y mettre dès maintenant ! Sinon prenez le temps de faire le point 5 minutes sur les informations qu'une personne réellement motivée peut regrouper sur vous... si ces informations permettent de faire le lien, ne serait-ce que faiblement, avec votre vraie identité alors vous devrez impérativement prendre une nouvelle cyber-identité.
La première règle est donc de bien séparer son identité réelle de sa cyber identité. N'hésitez pas à dressez une liste des informations que vous avez déjà dévoilé, ou des informations que vous voulez bien dévoiler. Ensuite tenez-vous en à cette liste. Ne franchissez jamais la limite !!
Une autre règle primordiale est de ne jamais signer ses méfaits. Une intrusion réussie est une intrusion invisible. Signer un déface ou laisser un message, même si c'est uniquement avec votre pseudonyme, c'est faire un cadeau d'une valeur inestimable à la police. Si vraiment vous désirez signer vos méfaits, changez de pseudonyme à chaque attaque.

lundi 16 mai 2011

IMPACT DES REJETS RADIOACTIFS DE FUKUSHIMA DAIICHI


QUEL IMPACT SUR LA FRANCE ?

Dans un communiqué du 22 mars, rédigé avant que la contamination ne touche la France métropolitaine, nous avions essayé d’estimer les niveaux de risques en effectuant diverses hypothèses pour pallier le manque de données utilisables. Nous étions très rassurants pour les risques associés à l’exposition externe et à l’inhalation mais plus nuancés sur le risque lié à l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par les retombées radioactives : « il devrait rester limité mais le laboratoire de la CRIIRAD évaluera le plus rapidement possible les quantités de radioactivité déposées au sol (dépôts sec et dépôts liés aux précipitations) afin de vérifier les ordres de grandeurs attendus dans les aliments et de donner, si nécessaire, des conseils adaptés ». Dès que nous avons disposé des résultats d’analyse de notre laboratoire, nous avons pu confirmer et préciser nos évaluations en les fondant sur des éléments objectifs et non plus de simples calculs et hypothèses.

FAUT-IL SE PROTEGER DES RAYONNEMENTS EMIS PAR LES MASSES D’AIR CONTAMINE ?
Précisons tout d’abord que la question concerne un risque d’irradiation externe : il n’y a pas incorporation de produits radioactifs. Il s’agit de l’exposition aux rayonnements qu’émettent les produits radioactifs qui sont présents dans l’air et qui s’y désintègrent. Le mode d’exposition peut se comparer à l’exposition aux rayonnements ultra-violets émis par le soleil.
Nous pouvons apporter une réponse catégorique à cette question:  la présence des masses d’air contaminé ne provoque aucune augmentation mesurable du niveau de rayonnement gamma auquel nous sommes soumis du fait de la présence de produits radioactifs naturels dans le sol (rayonnement dit tellurique) et du rayonnement émis par le soleil et les étoiles (rayonnement dit cosmique). Toute mesure de protection était donc – et reste à ce jour – inutile.
Ceci est confirmé par les mesures. La CRIIRAD dispose en effet d’un équipement qui permet de mesurer en continu le débit de dose gamma (en microSieverts par heure : μSv/h). Il a été acheté en 2009 grâce au soutien de la Région Rhône-Alpes et il est installé dans nos locaux, à Valence. Il a permis de vérifier que la présence de produits radioactifs dans l’air ne se traduisait par aucune augmentation mesurable du rayonnement gamma ambiant.
Nous avons reproduit page 7 les graphiques correspondant aux mois de janvier, mars et avril 2011. Pour chaque jour sont indiquées deux valeurs:
1/ la moyenne journalière : la sonde effectuant une mesure toutes les 10 minutes, il s’agit de la moyenne des 240 résultats (courbe bleue) ;
2/ la moyenne horaire maximale : la moyenne horaire est celle des 6 résultats obtenus chaque heure ; le résultat reporté en rouge correspond à la moyenne horaire la plus élevée des 24 résultats de la journée.

L’examen des 3 graphiques montrent que les moyennes journalières fluctuent autour de 0,09 μSv/h ; les moyennes horaires maximales sont de l’ordre de 0,09 à 0,1 μSv/h, dépassant ponctuellement 0,1 μSv/h, tout en restant inférieure à 0,11 μSv/h, à l’exception du 4 avril (voir explication ci-après).
En mars 2011, les moyennes journalières ont fluctué entre 0,089 μSv/h et 0,096 μSv/h. On ne constate aucune modification liée à l’arrivée des masses d’air contaminé sur la France :
o Sur la période « hors contamination » (du 1er mars au 22 mars), le débit moyen est de 0,092 μSv/h
o Pour la période postérieure à l’arrivée des masses d’air contaminé (du 24 mars au 31 mars), la moyenne
est de 0,091 μSv/h (voir graphique : zone encadrée).


Faut-il se préoccuper du rayonnement émis par les produits radioactifs qui se déposent sur le sol et peuvent s’y accumuler ?
La présence d’air contaminé a évidemment conduit à des dépôts de radioactivité sur les sols. Le niveau de retombées est cependant trop faible (voir chapitre « pluie »), pour provoquer une élévation mesurable du niveau du flux de rayonnements gamma émis par le sol. Là encore, aucune protection n’est nécessaire.
suite PDF complet

Les Ordres sont les Ordres...



Les espaces de liberté s'amenuisent sur le net mais il  reste encore les réseaux cryptées et/ou sécurisés comme http://freenetproject.org.
On peut encore mettre en ligne des textes de "théorie critique" mais  l'activisme sérieux n'a plus sa place sur le Web, d'autre part il est de plus en plus nécessaire d'éclater les ressources. Cent sites incomplets valent mieux qu'une poignée de sites menacés en permanence et finalement paralysés par la répression.
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Dominique Strauss-Kahn, patron du FMI, a comparu lundi après-midi devant un tribunal de New York pour répondre d'agression sexuelle. La veille au soir, il avait quitté, menotté, le commissariat de Harlem pour subir des examens médico-légaux.

Surprise de taille pour ceux, comme nous, qui pensaient  que DSK faisait parti du même scénario made in USA que l'illustre Sarko, un doublé d'affairistes formés aux USA chargés de mettre l’État français au servie de l'oncle sam dans la durée et qui ressemble beaucoup à la série Bush/Obama et pour les mêmes raisons.

On nous dit que c'est l'homme du FMI qui est visé mais pourquoi ?

- La réponse serait à chercher dans son plan FMI en gestation qui pouvait affaiblir durablement le dollar. Son fameux plan avait le soutient de pays comme la Chine et de nombreux pays africains. 

Il était  facile de le faire éjecter du circuit par les services US sur un plan sex dont il était friand de notoriété publique. Il a vite compris le message et à été remplacé au FMI par plus docile pour les intérêts du dollar.

Les élections française de 2012 n'étaient donc pas la raison de cette manipulation pour l'éjecter. L'autre candidat CIA (Sarko) restait seul en piste et  Chirac en a profiter pour  lancer la campagne de Hollande, moins inféodé aux intérêts US à première vue...

On nous dit que le moment est dramatique pour la Grèce et ses 350 milliards de dettes mais justement nous ne croyons pas a ce psychodrame qui n'a pour but que de protéger la monnaie de singe: Le Dollar.  

Endetté la Grèce, sans aucun doute mais disposant d'importants actifs évalués à 260 milliards et affligée d'une église orthodoxe pleine aux as et qui pèse 600 milliards, un joli pactole que les grec n'ont pas pensé à mettre à profit. La France était dans la même situation en 1788 mais même Louis 16 avait pensé saisir les "biens de l'église"  évalués au tiers de la richesse du pays. Si il existait un mouvement révolutionnaire en Grèce il saurait quoi faire pour éponger la dette mais a par les "Paysans communistes" de Tarnac, personne n'a jamais prétendu qu'il existait quoi que ce soi de révolutionnaire dans ce pays qui est le laboratoire de la contre-révolution avec son parti NAZI en pleine explosion.

Le fait que les groupuscules gauchistes soient totalement séparés du corps social et particulièrement archaïques facilite leur manipulation dans des opérations de lutte armée contre-productives et gênantes pour les luttes sociales réelles.  Le prolétariat n'a plus que le désespoir comme cadre de survie et les milices NAZI gagnent le cœur des classes moyennes commerçantes avec la complicité évidente de l'appareil d’État.

Avant l'entrée dans l'Europe la Grèce est passée directement des dictateurs "Colonels" aux bricolages politiques de partis institutionnels corrompu qui n'ont rien tenté pour assainir les systèmes clientélistes alimenté à crédit par la nouvelle manne européenne et le tourbillon spéculatif du néo-libéralisme...

 

Landwirtschaft, wir brauchen sie zum Leben ?!?...

 HAINRICH nachrichten aus haina
Angefangen hat ja alles mit einem Schwein. Nach unserem kollektiven Schritt aufs Land wollten wir uns nicht mehr mit AldiWurst begnügen; also entrümpelten wir den alten Stall, stellten eine Muttersau hinein und schon nahmen alle Laster ihren Anfangnoch heute dümpelt ihr Name in Gestalt diverser Paßwörter durch unsere Computer.
Die für uns Städter ungewohnte Fülle an Platz um uns herum bot nun auf einmal die Möglichkeit, den bislang in Schreibtischschubladen versteckten Mäusezoo ans Licht zu holen und um „richtige“ Tiere zu erweitern. So gesellten sich zu dem Schwein neben den Katzen denn auch bald einige Hühner und Gänse, eine geschenkte Ziege und eine geborgte Kuh.
Getragen von der kollektiven Euphorie des Selber-machen-könnens stopften wir in alle erdenklichen Ecken Tiere und versuchten diese für uns kulinarisch nutzbar zu machen: dem ersten selbst gelegten Ei folgte die Wurst und bald auch schon tropfte der erste eigene Käse in unserer nicht gerade sehr amtshygienisch tauglichen Küche.
Da dieser recht bald recht lecker wurde und weil einige von uns sich vehement dafür einsetzten, kamen immer mehr Ziegen auf den Hof und mauserten sich zu einer richtigen Herde mit allem, was das so nach sich zieht: Heu machen, Weidezäune bauen, Futterrüben ernten und (zur Freude aller) zwei Mal im Jahr den Stall per Hand und Mistgabel ausmisten.
Schon bald war auch den am meisten Euphorisierten klar, daß das alles ja nicht nur Freude macht, sondern auch jede Menge Zeit verschlingt, Geld kostet und öfters auch krumme Rücken produziert.
Also gingen wir einen Schritt weiter - um den Käse auch offiziell verkaufen zu können und die Arbeitsfläche in unsrer Küche vom Käse zu befreien, entschieden wir uns, in dem ehemaligen Bad eine „richtige“ Käserei einzurichten. Dabei war das Argument, mit dem Verkaufserlös wenigstens zum Teil die Ausgaben für die Tierhaltung wieder einzuspielen nur eines unter vielen. Es war ja nicht abzusehen, ob sich überhaupt irgend jemand bis in unser lauschiges Tal verirren würde, um hier Käse zu kaufen; außerdem hatten wir die Landwirtschaft nicht angefangen, um damit Geld zu verdienen, sondern um uns und unsere Freunde mit etwas reellem ernähren zu können. Ein mindestens ebenso wichtiges Argument für den Bau der Käserei war der Wunsch, unter guten Bedingungen käsen zu können: gut für die Käserinnen und gut für den Käse. Die Mühe hat sich auf jeden Fall gelohnt; mittlerweile gelingen auch so anspruchsvolle Sorten wie Camembert und Hartkäse - in unserer Küche wäre dies undenkbar.
Natürlich gab es in schöner Regelmäßigkeit die Diskussion, ob es nicht viel sinnvoller wäre, „das Zeug“ (sprich: die Lebensmittel) ganz normal im Laden zu kaufen, „wie alle anderen auch“. Angesichts der lächerlich niedrigen Lebensmittelpreise ein nicht leicht von der Hand zu weisendes Argument. Gleiches galt (und gilt) jedoch auch für die geschmacklichen und inhaltlichen Unterschiede, mal ganz abgesehen von den Bedingungen für Menschen, Tiere und Natur, unter denen das „ganz normale Zeug“ hergestellt wird - ein Blick in eine Schweinemastanlage macht nun mal keinen Appetit auf Schnitzel.
pdf Hainrich2 - Nachrichten aus Haina: Schwerpunkt Theorie
pdf Hainrich1 - Nachrichten aus Haina: Schwerpunkt Baustellen und Der Stall

dimanche 15 mai 2011

Tous contre la finance ?

Apparemment, les choses sont simples. La crise financière qui a éclaté en 2008, et qui est loin d’être terminée, a révélé le véritable visage du capitalisme contemporain : l’économie, et finalement la société tout entière, sont dominées par la haute finance. Les banques, les assurances et les fonds de placement n’investissent pas dans la production réelle, mais jettent presque tout l’argent disponible dans la spéculation, laquelle n’enrichit que les spéculateurs, tandis qu’elle détruit des emplois et crée la misère. Le capital financier peut dicter sa loi aux gouvernements, y compris ceux des pays les plus puissants, quand il ne préfère pas les corrompre. Il achète également les médias.
Ainsi, la démocratie se trouve vidée de toute substance. Certains pensent que ce sont les « maîtres du monde » eux-mêmes qui ont inventé la crise actuelle, pour en tirer des profits encore plus grands et faire passer des mesures drastiquement antipopulaires. En effet, les États, qui lésinent même sur les dépenses les plus importantes pour le bien public, ont su trouver des sommes astronomiques pour sauver les banques et les profits de leurs actionnaires. Face à cette situation scandaleuse, il faut s’engager afin qu’une véritable politique reprenne ses droits et qu’un gouvernement de gauche pose des limites sévères à la finance, défende le travail salarié et fasse revenir le plein-emploi. Il ne reste qu’à trouver des candidats qui sachent fédérer les différentes âmes de la gauche en vue des élections.
Mais est-ce si simple ? Est-on sûr que la toute puissance de la finance, et les politiques néolibérales qui la soutiennent, constituent la cause principale des turbulences actuelles ? Et si, au contraire, elles n’étaient que le symptôme d’une crise bien plus profonde, d’une crise de toute la société capitaliste ?
Ce qui confère leur valeur aux marchandises, c’est le travail qui les crée. Moins il faut de temps pour produire une marchandise, moins elle a de valeur, et moins elle coûte cher. Mais elle donne aussi moins de profit. Les gains de productivité, élément clef du développement capitaliste, ont pour effet paradoxal de diminuer valeur et survaleur de chaque marchandise particulière. Lorsque les mécanismes de compensation – notamment l’augmentation de la production – ne suffisaient plus pour compenser la chute de rentabilité, le capital a commencé à se diriger – surtout à partir des années 1970 – vers le « capital fictif », où le crédit génère d’autres crédits. Cela a encore procuré des profits notables à certains, et a causé des ravages sociaux énormes. Cependant, ce n’en état pas moins une fuite en avant du système capitaliste, et non une expansion. Il est impossible d’éliminer la cause profonde de la crise permanente de la valorisation du capital : le remplacement de la force de travail par les technologies, qui en tant que telles ne créent pas de valeur.
La spéculation, loin d’être le facteur qui perturbe une économie autrement saine, a permis de continuer pendant les dernières décennies la fiction de la prospérité capitaliste. Sans les béquilles offertes par la financiarisation, la société de marché se serait déjà écroulée, avec ses emplois et aussi sa démocratie. Maintenant, la corde semble sur le point de se rompre définitivement. Le ministre des Finances italien, Giulio Tremonti, l’a exprimé ainsi : « C’est comme dans un jeu vidéo. On abat un monstre, on pense pouvoir se détendre, et voilà qu’apparaît un nouveau monstre encore plus dangereux. » (Cette métaphore permet d’ailleurs de comprendre ce que fait aujourd’hui un ministre de son temps libre.)
Ce qui se profile derrière les crises financières, c’est l’épuisement des catégories de base du capitalisme : marchandise et argent, travail et valeur. Le capitalisme n’est pas seulement la domination de quelques riches méchants sur les travailleurs. Il consiste essentiellement dans la domination impersonnelle qu’exercent la marchandise et l’argent, le travail et la valeur sur la société toute entière. Ces catégories ont été créées par l’humanité elle-même – mais elle les regarde comme si c’étaient des dieux qui la gouvernent. C’est ce que Karl Marx a appelé le « fétichisme de la marchandise ». Aujourd’hui, tout le monde y participe, même si ce n’est évidemment ni dans le même rôle ni avec les mêmes bénéfices.
Face au totalitarisme de la marchandise, on ne peut pas se limiter à crier à l’adresse des spéculateurs et autres gros voleurs : « Rendez-nous notre argent. » Il faut plutôt comprendre le caractère hautement destructif de l’argent, de la marchandise et du travail qui les produit. La demande que le capitalisme s’ « assainisse » pour mieux repartir et devenir plus juste, est illusoire : les cataclysmes actuels ne sont pas dus à une conjuration de la fraction la plus rapace de la classe dominante, mais constituent la conséquence inévitable de problèmes qui font depuis toujours partie de la nature même du capitalisme. La vie à crédit n’était pas une perversion corrigible, mais un dernier sursaut pour le capitalisme – et pour tous ceux qui y vivent.
Avoir conscience de tout cela évite de tomber dans le piège du populisme qui veut libérer les « travailleurs et les épargnants honnêtes » - considérés comme simples victimes du système – de l’emprise d’un mal personnalisé dans la figure du spéculateur. Sauver le capitalisme en attribuant toutes ses fautes aux agissements d’une minorité internationale de « parasites », on a déjà vu ça. Il est très insuffisant de dire comme le fait Stéphane Hessel dans un entretien dans Le Monde : « L’économie financiarisée est le principal ennemi. »
La seule alternative est une critique véritable de la société capitaliste dans tous ses aspects (et pas uniquement du néo-libéralisme). Le capitalisme n’est pas identique au seul marché : l’Etat constitue son autre visage, tout en étant structurellement soumis au capital, qui doit lui fournir les indispensables moyens économiques d’intervention. L’Etat ne peut pas être un espace public de la décision souveraine. Mais même en tant que binôme Etat-marché, le capitalisme n’est pas, ou n’est plus, une simple contrainte qui s’impose de l’extérieur à des sujets toujours réfractaires. Le mode de vie qu’il a créé passe depuis longtemps presque partout pour hautement désirable, et sa fin possible pour une catastrophe.
La pensée de la « décroissance » s’inscrit, en revanche, dans la ligne de ceux qui critiquent les contenus mêmes de la « prospérité » capitaliste. Renoncer à l’attente d’une croissance économique permanente, et par conséquent à celle d’une disponibilité toujours majeure de marchandises, présuppose effectivement de dépasser les bornes d’un « modèle économique alternatif » et d’imaginer la sortie de toute la « civilisation » capitaliste.
Mais c’est ici que le bât blesse. La décroissance se veut raisonnable, réformiste, graduelle, possible dans l’immédiat. Elle appelle à la bonne volonté de tout un chacun « décideurs » et « élus » inclus. Ainsi, elle escamote, par calcul ou naïveté, le problème central : le désir obsessionnel de « croissance », même s’il présente effectivement dans nos sociétés les traits d’une croyance religieuse, n’est pas un simple leurre de l’esprit qu’on pourrait guérir avec des bons arguments, sans s’attaquer en même temps à la racine de ce besoin de « croître » en permanence que l’époque moderne, et elle seule, ressent. Cette racine, c’est la transformation incessante de travail en valeur et la nécessité d’augmenter la production globale pour contrecarrer les effets de la diminution de la valeur contenue dans chaque marchandise particulière. La crise écologique en est la conséquence inéluctable. Il ne s’agit donc pas de revendiquer le retour au « plein emploi », qui en vérité n’est ni possible ni souhaitable, ni de « distribuer autrement le travail ». Il faut plutôt en finir avec le fait qu’on ne peut pas vivre sans avoir réussi au préalable de se vendre pour un travail souvent aliénant et inutile, voire nocif.
Si les décroissants ne veulent pas finir, un jour ou l’autre, par donner aux victimes de la furie capitaliste des recettes sur la meilleure manière de vivre « dignement » leur pauvreté, ou par devenir les conseillers de quelques princes écologiquement éclairés, ils doivent envisager la sortie de la société marchande, où l’activité sociale prend la forme de la marchandise et de l’argent, du travail et de la valeur. La voie reste à trouver ; mais on peut déjà dire qu’elle ne passera pas par une appropriation des institutions de l’Etat, à aucun niveau. Elle passera plutôt par un mouvement de désertion par rapport à toutes les formes qui veulent nous faire croire que nous sommes toujours les citoyens d’une démocratie respectable, même quand l’économie marchande nous a déjà transformés en « non rentables » et en « superflus », actuels ou potentiels.
Paru dans le journal français Le Sarkophage, n°23, 12 mars-14 mai 2011.

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