jeudi 10 février 2011

Fermeture du canal de Suez ?


C'est ce que redoutent les occidentaux depuis le début de la révolution égyptienne !

Alors que les mouvements de grève et de protestation menés dans plusieurs villes d'Égypte se multiplient en ce moment, le mouvement syndical international envoie un message de soutien aux dizaines de milliers de travailleurs et travailleuses égyptiens qui poursuivent leur lutte pour la démocratie, la justice sociale et les libertés syndicales.
A Suez, au Caire, à Luxor, à Mahalla, à Menya, à Quesna... les travailleurs et travailleuses protestent pour soutenir la lutte pour la démocratie et pour demander le respect de leurs droits sociaux et syndicaux. De nombreux secteurs sont concernés, notamment le textile (Mahalla Spinning Company, Misr Spinning and Weaving Company), le ciment (Helwan Cement Company), le charbon (Helwan Coke Company), le tourisme, les telecoms, ou encore l'industrie pharmaceutique (Sigma à Quesna).  
Les salariés du canal de Suez rejoignent la contestation:
Plusieurs entreprises liées à la Compagnie du Canal de Suez sont aussi touchées, sans que toutefois que le trafic maritime soit affecté pour le moment . Des secteurs publics, comme l'éducation ou encore les postes, sont également touchés par ce large mouvement.
À la contestation politique se sont ajoutés plusieurs mouvements sociaux portant sur les salaires ou les conditions de travail, dans les arsenaux de Port-Saïd (nord-est), dans plusieurs sociétés privées travaillant sur le canal de Suez (est) ou encore à l'aéroport du Caire.

Durcissant le ton à l'égard des manifestants qui ont rejeté toutes les mesures d'apaisement du régime, le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit a prévenu que «l'armée interviendrait en cas de chaos pour reprendre les choses en main».
«Si cela arrive (…), les forces armées se verront obligées de défendre la Constitution et la sécurité nationale de l'Égypte. Nous serons dans une situation très dangereuse», a-t-il dit, selon l'agence officielle Mena qui reprenait une interview accordée par le ministre à la chaîne Al-Arabiya.
Déjà mardi, le vice-président Omar Souleimane avait averti qu'une fin immédiate du régime «signifierait le chaos».

Mais les manifestants semblaient refuser de lâcher prise, exigeant rien de moins que le départ immédiat de M. Moubarak, 82 ans, qui a promis de s'effacer à la fin de son mandat en septembre et formé une commission pour amender des articles de la Constitution contestés par l'opposition et liés à la présidentielle.
Sur la place Tahrir, rond-point du Caire devenu symbole du mouvement déclenché le 25 janvier, des dizaines de milliers de manifestants ont encore réclamé le départ du chef de l'État, qui a gouverné l'Égypte d'une main de fer pendant près de 30 ans.
La révolte a aussi touché la ville d'Assiout, au sud du Caire, où des manifestants anti-Moubarak ont bloqué une voie de chemin de fer et coupé une autoroute reliant le nord et le sud du pays à l'aide de pneus brûlés. Parallèlement, la vie reprenait au Caire son cours dans la journée, la plupart des commerces ayant rouvert dans la capitale. Mais en soirée le couvre-feu reste en vigueur au Caire, à Alexandrie (nord) et Suez (est) de 20H00 (18H00 GMT) à 06H00 (04H00 GMT).
 

mercredi 9 février 2011

Émeutes et barricades en Algérie

Les émeutes reprennent en Algérie : Naciria, El Harrouch, Sidi Amar, Boumerdes…

Dans plusieurs localités de pays à travers quatre wilaya, des émeutes localisées ont repris. Des jeunes réclamant une vie digne, des emplois, des logements et plus de justice sociale dressent des barricades, bloquent des routes et affrontent les forces de l'ordre.

De violentes émeutes ont éclaté ce mardi 8 février entre les forces de l’ordre et les chômeurs de la localité de Naciria, à 45 km à l’est de Boumerdès. Les affrontements ont débuté vers 14h, après l’intervention des forces de l’ordre qui ont tenté vainement d’ouvrir la RN12, fermée par de jeunes chômeurs.
Ces derniers réclament des postes d’emploi dans le cadre du nouveau dispositif de contrat de formation et d’insertion (CFI). La circulation automobile y a été bloquée durant plusieurs heures. Des dizaines passagers ont été contraints de faire un détour via les routes de Boumraou et Tizi n’Ali n’Slimane pour rejoindre leur destination. Les échauffourées se sont déroulées dans un premier temps sur la RN12, avant de se propager vers d’autres quartiers de la ville. Le pouvoir multiplie les entraves pour faire échouer la marche du 12 février qu'il craint par dessus tout.
 
El Harrouch (Skikda)
De violents affrontements entre des jeunes manifestants et des gendarmes ont eu lieu ce lundi 7 février à Toumiate, un village d’El Harrouch, à 30 km au sud de Skikda.
Le premier bilan de ces accrochages fait déjà état de 13 gendarmes et de 3 citoyens blessés. Plusieurs manifestants ont également été interpellés.
Ces événements ont eu lieu après le blocage de la RN3 qui relie Skikda et Constantine par des manifestants qui formulaient des doléances en relation avec leur quotidien.
Suite à l’échec des pourparlers engagés, les gendarmes ont chargé les manifestants en usant de bombes lacrymogènes pour les disperser et en interpellant plusieurs d’entre eux.
La route a été rouverte à la circulation vers 14h30 et les lieux vivaient encore un calme précaire.
Sidi Amar (Annaba)
Des centaines de chômeurs de la commune de Sidi Amar, dans la wilaya d’Annaba, ont repris possession de la voie publique mardi 8 février en début d’après-midi pour demander de l’emploi.
À 13h00, les deux principales voies d’accès à Chaïba à proximité du siège du groupe Sider et celle de la nouvelle cité AADL, dans la même commune, étaient fermées à la circulation automobile. Les manifestants ont bloqué les routes à l’aide d’objets hétéroclites et incendié des pneumatiques usagés. Il était pratiquement impossible d’accéder en voiture à cette agglomération forte de 70.000 habitants.
Bordj Menaïel (Boumerdes)
Près de 200 jeunes au chômage ont bloqué, hier, de 12h à 15h, la route nationale reliant Alger à Tizi Ouzou à hauteur de Bordj Menaïel, pour réclamer des emplois durables, a-t-on appris sur place. Les manifestants, qui ont utilisé des pierres et allumé des pneumatiques usagés, veulent des emplois durables et rejettent la formule du pré emploi, qu’ils jugent sans avenir. Des responsables de la mairie de Bordj Menaïel ont réussi à convaincre ces chômeurs de mettre fin à leur mouvement, avec la promesse de prendre en charge leur revendication.
Tazmalt (Bejaïa)
À Bejaïa, des travailleurs de la laiterie «la Vallée» de Tazmalt  ont fermé à la circulation, la route reliant Bejaia à Alger au niveau de la localité d’Allaghen en signe de protestation contre la compression des effectifs dans leur entreprise. En effet, cette laiterie a décidé de se séparer d’une quarantaine de salariés en raison de la baisse de sa production, due à la réduction de son quota de poudre de lait.
Synthèse Radio Kalima

Appeals from the prison in Ségovia

French - Français

Introduction



Before our communiqués, gathered together here for the first time, can be published, we believe it necessary to give them a collective introduction so that they are better understood. They were written between 1978 and 1979, and they take into account several concrete necessities confronted by a part of the real movement towards the realization of communism: the Autonomous Groups. Our insistence on the critique of anarchist ideology, among others, might seem excessive to those who are badly informed about the social situation in Spain. One cannot go forward towards a modern communist revolution without previously having systematically critiqued the two revolutionary ideologies that, due to their practical insufficiency, render the victory of counter-revolution possible: Bolshevik ideology, inspired by Marxism, and the “Cénétiste” ideology, inspired by anarchism. With this difference: the first one leads to an open repression of the proletariat (as in Kronstadt in 1921), while the second leads to the complete abandonment of Spain’s radicalized proletariat (as in May 1937, when confronted by Stalinist-Republican repression).
At the beginning of 1978, the first members of the Autonomous Groups were arrested and imprisoned. The news agencies at the service of capital presented them as being anarchists. Diario #16, dated 7 February 1978, presented them this way: “Perpetrators of numerous attacks and hold-ups,[1] twelve anarchists [who were] arrested in Madrid and Barcelona.” In l’Alcazar, dated 10 February 1978, one could read the following: “The breaking-up of these libertarian commandos has allowed the Civilian Guard to shed some light on the wave of crimes that have been perpetrated in Spain during the last few months and that one would have blamed on GRAPO.[2] The police have presented them as the ‘armed wing’ of the CNT” (because a CNT membership card was found at the home of one of the people arrested).
The CNT’s newspaper – a copy of which we do not possess: interested parties should consult the publications Solidaridad Obrera and CNT from 1978 to 1980 – denied any link with the group in question. In sum, it said that in the CNT one only finds syndicalist methods and that the organization was opposed to armed actions. But because the members of this group were already in prison, the CNT’s paper tried to present them as “comrades of the libertarian movement” so as to capitalize on their actions as much as possible.
Some of the attacks carried out by the Autonomous Groups were either not signed or were attributed to diverse names: “July 7th” (Saint Firmin’s Day), “December 28th” (Holy Innocents Day, the equivalent of April First in France), “February 31th,” “The Last of the Philippines,” etc. The actions were always explicit and took place in [the context of] a larger social movement. Each time, they were a punctual response to a capitalist repression. Several days after the arrests were made, the police invented the acronym “GAL” (Groupes Autonomes Libertaires), which appeared in all of the country’s newspapers. In this way, they tried to bury us in an acronym, all the more since the cops could not understand how an organization might not have one. Using torture, they forced several comrades to sign their declarations in the name of this “GAL.” From that moment on, these groups were known as the “GAL” by “public opinion.” So as to not create more confusion on the outside, some of the first communiqués were signed with this acronym.
The fact of being detained in different prisons in the country – in late 1978 and early 1979 more comrades were arrested – rendered communication between us impossible and, consequently, any theoretical clarification was very difficult. Each of the autonomous groups or individuals decided upon their respective actions and declared themselves responsible for them. When the actions were coordinated, they were claimed by a collective name in accordance with a preliminary accord between the participants. This was the dominant rule in the street and, in the prisons, we kept to the same methods. From the moment when a minimum number of comrades from distinct groups joined us in the prison at Segovia (reserved for “libertarians” by the Minister of Justice), we began to unify our communiqués and, at the start of 1979, we signed them the Autonomous Groups, not as a pair of initials to capitalize, but to express globally our collective struggle. Ever since this accord, we suppressed the “L” in “Libertarian,” which was present in the first communiqués from several groups in 1978 and was included to make our political recuperation more difficult.
All during this time, the bureaucrats at the CNT took every occasion to recuperate us into the “libertarian movement,” which obligated us to make clear to the working class – through longer and more precise communiqués – our real theoretical positions and actions. The necessity of making clear our political identity, which already consisted of acting without acronyms, martyrs or ideologies, led us to oppose (in both theory and practice) the organized political rackets[3] of the parties and unions. We are not apolitical, but anti-political.
A part of our communiqué, “Appel à la solidarité internationale,” which – in view of first judgments that were going to be made against several comrades in November and December 1979 – we initially intended to be published in several different places, was brazenly censured by the bureaucracy of the CNT. In an attempt to soften this censorship, the editorial board of Solidaridad Obrera published the following explanatory note in the paper’s November 1979 edition.
Note from the editorial board. With respect to the letter that has reached us thanks to the Legal Secretariat for the Defense of the Prisoners from the Local Federation of Barcelona, a letter that was addressed to it by a detained comrade, who is affiliated with the Transportation Union and who is a members of the Libertarian Autonomous Groups, the editorial board declares that the article to which it alludes and which was published on page 16 of Soli #50 was neither censored nor masperized[4] by anyone, and that it was published without its final two paragraphs entirely due to an edit made at the printer and because of a lack of space. So that no misunderstanding remains, we reproduce the entirety of this communiqué.
The hypocrisy and cynicism of this note surpasses the limits of the ridiculous. Who could possibly believe that space is lacking in this periodical, in which the majority of the articles published speak of the martyrs of anarcho-syndicalism and its gods, Bakunin and Kropotkin? Not to mention the imbecilities of its style of writing, which has no interest for anyone who isn’t a fervent worshipper at the Cénétiste chapel!
Ever since the assembly-fetishizing[5] struggles between 1970 and 1975, there existed a confused awareness that can be summarized by the principles of proletarian self-organization, which are fundamentally anti-party and anti-union. Existing in parallel with the autonomous coordination of neighborhoods, firms, universities, student-worker contacts, etc. of an anti-authoritarian tendency.
In the period of political transition between the Francoist and democratic dictatorships, a period that stretches from the end of 1975 to the middle of 1977 (in fact the “transition” still continues!), one at first tolerated and then legalized the political parties and the unions that, starting in 1976, came to be an element of the new democratic spectacle.
The CNT represents the “revolutionary” pole of this spectacle, because the major part of the Leninist groupuscules were discredited before the workers’ assemblies. Previously, the MIL[6] and then the Autonomous Groups, which came together in 1974 to free several of their members from prison, had distributed pamphlets that claimed and demonstrated that the political parties, united with the unions, constituted an element of permanent counter-revolution. In ¡Coño! a pamphlet published in 1975, the following was affirmed on pages 29-30: “The current tasks of the proletariat in Spain and the Autonomous Groups are the generalization of the class struggle and its extension to the national and international levels; combat against capital in all its forms (democratic, fascist and socialist); the demystification of the unions and the struggle against them (whether they are fascist or democratic) by identifying them as the organs of the permanent counter-revolution; the elaboration of possibilities that are radically different and so cannot be satisfied or recuperated by capitalism; the formation of autonomous newspapers and propaganda in the service of the proletariat; the organization of technical tasks imposed by clandestine struggle (border-crossings, identification papers, economic means, weapons, etc); the completion and total realization of the program interrupted in May 1937 by the Stalinist counter-revolution and the leaders of the CNT and the POUM, that is to say, the destruction of the capitalist mode of production. The unification of the proletariat takes place in struggles and assemblies, in the factories and beyond. It is the radicalized proletariat that must organize itself and equip itself with the means necessary for its self-emancipation.” All of these pamphlets weren’t widely distributed, due to the clandestine conditions, and they were mostly read by people who were politically engaged in radical struggles, with the result that these publications had a very limited audience in the working class.
Obviously the spectacular-commodity novelty of the CNT was more powerful than theoretical experience. The proletariat had to know through practice, and not only through theory, what a free union (in which the workers elect their representatives) means. As a result, the Autonomous Groups – when they refused to collectively enter the CNT – remained alone and isolated, because the autonomous coordinating groups rallied en masse to this union, which thus came to be an image of autonomy and legalized assemblyism. In such a moment, when the false appears to be true and the appearance dominates reality, the struggles of the true uncontrollables[7] must task themselves with unmasking the modernist spectacle.
From 1976 to 1978, a long series of uncontrolled assemblyist strikes took place throughout the entire country. During these strikes, which took a quite obviously offensive character, there were numerous confrontations with the police, pickets, barricades, instances of sabotage, attacks upon the offices of the “Workers’ Commissions” and the UGT in Eibar, etc. The unions blocked the strikes to obtain their proper legalization in return. They only had to disguise themselves as partisans of assemblies to fight against the strikers. Through false information and bureaucratic maneuvers, they managed to deceive the workers and re-take the workforce, factory by factory. When they weren’t able to do this, it was the police who dissolved the assemblies manu militari[8] (Vitoria and “Roca” in 1976),[9] thus completing the repression begun by the unions. The political innocence of the workers, who tolerate the unions in their assemblies by allowing them to negotiate in their name, is the cause of the momentary defeat of the strikers’ movement.
On the practical level, it was difficult to deceive the assemblies because of the experiences with struggle that the workers possessed, but, on the theoretical level, anyone who played at assemblyism and autonomy was accepted as valuable. Of course this resulted from the fact that, thanks to the Francost dictatorship, people had been forced to distribute theoretical texts clandestinely, which guaranteed the absence of information within the proletariat. This prohibition is still in effect. In the current era, the merchants of ideology are still selling what they have to sell, and all the aspiring bureaucrats seek a job that will permit them to prolong their existence as intermediaries. Thus, we can see how certain former adherents of the “Platform of anti-capitalist firms” entered into the USO and the CNT, and thus joined the installed bureaucracy, which didn’t hesitate to denounce the uncontrolled violence of the workers and the armed struggle of the radicalized groups.
It was also between 1976 and 1978 that there developed a wave of riots that demolished most of the Spanish prisons. Originally, these riots started with the demand for amnesty for the “social prisoners” at the moment in which political prisoners were being released, following a government-decreed amnesty. The struggles within the prisons took on assemblyist forms. Nevertheless, the COPBL (Coordination of Prisoners in Struggle), which is the self-organization of the prisoners themselves, could not escape the phenomenon of “leaderism,” which ended up by dividing it: on one side, the reformist leaders, who limited themselves to demanding more “humane” prisons, negotiating with Garcia Valdes, the Director of the Prisons, and having faith in his promises; and, on the other side, a radicalized minority that emerged from the dynamic of the struggle, and that demanded the destruction of the prisons. The police savagely repressed all of the riots, and the General Directorate of the Penitentiary Institutions buried alive in special prisons the minority that distinguished itself by its radicalism during the riots. Since then, a kind of pacification of the prisons has been obtained; today, they are still occupied militarily by the police. Only a few pro-COPEL committees, a few sections of the CNT and the Autonomous Groups have brought this struggle to the outside, in the street.
Between 1979 and 1980, there was a clear ebb in social struggles. Only the assemblyist strikes of the hospitals and the FASA-Renault plant (in Valladolid) have stood out: there have been pickets and clashes with the police. Between 1976 and today, the political parties as well as the unions have seen the numbers of their respective adherents diminish considerably. In the most recent elections, there was an abstention rate of about 40 percent. All this signals a scorn of politics and signifies that the replacement of the Francoist dictatorship with a democratic-capitalist dictatorship – after only four years – is completely discredited. The democratic lie that has ruled for so many years, in the majority of the other countries, without being unmasked has, here, been completely burned after only four years.
For the working class, for the Spanish proletariat, the imposition of its own path, the social revolution, is all that remains. We believe that this is only a simple question of time; it is possible that an international revolutionary process will be produced before the terroristic counter-revolution of the multinational corporations has reduced us to the existence of simple automated robots. Social contradictions must explode; the objective conditions are already present; the only thing lacking are the subjective ones.
When the practice of armed struggle tied to (but not claiming to lead) the social movements of the proletariat began, at the beginning of the 1970s, with a very small number of participants, and then, starting in 1974, with a slightly larger number, we were the only ones to employ this method of offensive struggle in Spain. This was the only possible adventure that appeared to us to be worth the difficulty of trying to live (here “possible adventure” means the only one that could accomplish the destruction of the capitalist mode of production in the modern era). Currently, the entry into this struggle, into what can be called the Zone of Social Autonomy, of the autonomous anti-capitalist commandos of Euskadi and the workers of SEAT (formerly ERAT) confirms for us that our theses were correct, and that the appearance of other similar experiences in Spain and Europe as a whole is nothing other than a question of time. Starting from a social reality and an experience with struggle that previously was different from ours, they have arrived at the same conclusions: the knowledge that through armed struggle, but not through armed struggle alone, one can resolve the economic difficulties of financing the destruction of what prevents us from living: salaried work, the commodity and the State.

AUTONOMOUS GROUPS Introduction
(Ségovia prison, August 1980)

(Published in French in Appels de la prison de Ségovia, Champ Libre, November 1980. Translated by NOT BORED! 2 May 2010. All footnotes by the translator.)

[1] English in original.
[2] Grupo de Resistencia Anti-Fascista Primero de Octubre ("First of October Antifascist Resistance Group") was founded in 1975 as the armed wing of the then-illegal Communist Party of Spain.
[3] English in original.
[4] Originally coined by the situationists in the late 1960s, "masperized" refers to the falsification of texts by dropping out key sections.
[5] The French word here is assembléistes.
[6] The Iberian Liberation Movement was active from 1971 to 1973.
[7] See Protest to the libertarians of the present and the future about the capitulations of 1937, which was written by an "Uncontrollable" in the Iron Column.
[8] Latin for "with military aid."
[9] See A Manuscript Found in Vitoria and Commentaries about Wildcat Spain in the Run up to the Second Revolution.

Égypte: Loin des caméras

La tension ne faiblit pas en Égypte. Au Caire, plusieurs centaines de manifestants, toujours très mobilisés pour faire tomber le régime d'Hosni Moubarak, tentaient, mercredi 9 février, de bloquer l'accès au Parlement, dominé par le Parti national démocrate (PND) du président égyptien. Le bâtiment était protégé par des militaires et des blindés, mais aucune violence n'avait éclaté dans la matinée. "Nous sommes venus pour empêcher les membres du PND d'entrer. Nous resterons jusqu'à ce que nos demandes soient satisfaites ou nous mourrons ici", a déclaré Mohammed Abdallah, 25 ans, tandis que la foule entonnait des slogans anti-Moubarak et agitait des drapeaux égyptiens.
Au moins trois personnes sont mortes et une centaine d'autres blessées au cours d'affrontements récents entre police et manifestants dans une ville d'une oasis du sud égyptien, a appris mercredi l'AFP auprès d'un responsable de sécurité. La police a tiré à balles réelles mardi contre des manifestants dans la ville d'El Khargo, à plus de 400 kilomètres au sud du Caire. Trois personnes ont succombé à leurs blessures mercredi. La foule en colère a réagi en mettant le feu à sept bâtiments officiels, dont deux commissariats, un tribunal et le siège local du parti du président Hosni Moubarak, le Parti national démocrate (PND).
Les militants ont appelé à des grèves, défiant le vice-président qui a jugé les appels à la désobéissance civile "très dangereux pour la société". "Nous ne pouvons pas accepter cela du tout", a-t-il prévenu.
Des grèves généralement suivies par quelques centaines de personnes à chaque fois ont éclaté à travers le pays, notamment parmi des fermiers, des employés de musée et de l'électricité au Caire, qui exigent du pain, des augmentations de salaire ou un changement de direction. De nombreuses entreprises avaient fermé leurs portes ces derniers jours à cause du couvre-feu. La plupart de ces débrayages ne semblent pas directement liés aux appels des manifestants de Tahrir mais certains grévistes ont menacé de rejoindre le mouvement, notamment quelque 8.000 manifestants qui ont jeté des pierres au gouverneur à Assiout, dans le centre-est du pays. A Port Saïd, sur le Canal de Suez, environ 300 habitants d'un bidonville ont violemment protesté contre l'absence de logement décent. Ils ont monté des tentes sur la place des Martyrs, dans le centre-ville. A Kharga, au sud-ouest du Caire, deux personnes qui manifestaient avec quelques centaines d'autres pour le limogeage d'un responsable policier accusé d'abus de pouvoir ont été tuées par la police mardi. A Suez, c'était déjà le deuxième jour de grève. Environ 5.000 employés de diverses entreprises d'État ont manifesté sur leurs lieux de travail respectifs.

Tous les yeux sont rivés sur le Caire, vitrine de la toute nouvelle "tolérance démocratique" du nouveau gouvernement de Omar Suleiman et de son premier ministre Ahmed Chafik. Loin des caméras de télévision et de l'attention internationale, la province, elle, connaît depuis deux jours une renverse . Les "garanties" et la "bonne volonté" affichée du nouveau gouvernement n'ont aucune réalité.
Les forces de police, quasiment absentes du Caire, sont déployées en province à grande échelle, notamment à Mahallah — ville ouvrière, capitale de l'industrie textile. Les baltageyyas (policiers en civils et hommes de main armés) sont à nouveau lancés contre la population dans plusieurs villes: Suez, Wadi el Guedid, Tanta… Le CHU d'Assiout (Haute Égypte) rapporte que 61 personnes ont été blessées hier soir à l'arme automatique. 8 morts. Alexandrie connaît des affrontements et des violences du même ordre.Ce qui frappe à Mahallah, c'est de voir réapparaître sur la scène les camions anti-émeute de la police, et que ceux-ci cohabitent avec les chars d'une armée passive.
Laissez-faire, donc, de la part de l'armée. L'armée ne peut pas se permettre de tirer sur les manifestants. C'est tout simplement inconcevable. Elle peut en revanche se retirer de la partie ou ne pas prendre part aux confrontations sanglantes. C'est ce que l'on voit dans la vidéo fournie ci-dessous où un fourgon de la police fonce dans les manifestants en fauchant ceux qui se trouvent sur son passage. Par dizaines, des manifestants encerclent le fourgon et le renversent. Il semblerait que tout soit fait pour que la population se retourne contre son armée et que, "légitimement", celle-ci réplique. C'est grave.
La déclaration de Omar Suleiman, issu des élites de l'armée, semble indiquer que l'armée a fait le choix de protéger le régime.
Cinq conséquences possibles:
1. L'armée tire sur la population pour l'empêcher de poursuivre sa progression et les marches annoncée sur le palais présidentiel ou le bâtiment de la Radio-Télévision.
2. L'armée, comme elle l'a fait hier à Mahalla, laisse la police faire le sale boulot. "Neutralité" et présence passive, donc.
3. Division au sein de l'armée entre les élites  et les militaires de grades moyens. Désordre et coup d'état militaire au sein même des rangs de l'armée qui ne tolèrent pas que le peuple soit ainsi trahi.
4. Abandonnée par son armée passive et "neutre", la population s'élève contre les militaires. En légitime défense, l'armée réplique et tire sur la population. Pire des scénarios.
5. Les élites de l'armée, conscientes des risques qu'elles prennent, demande la destitution immédiate du président.
6. Révolution: une partie significative des soldats fraternise avec le peuple et renverse le régime par la force bousculant tous les fidèles du régime.
A lire aussi: Omar Suleiman menace. Pure folie

Pour Amr Moussa secrétaire général de la Ligue arabe, le risque d'une Égypte islamiste "n'existe pas": "Ce risque n'existe pas. Je suis bien conscient de ce dilemme occidental. Il agite les Occidentaux au point que certains de leurs intellectuels et responsables politiques sont prêts à sacrifier la démocratie au nom de leur peur de la religion" mais "leur analyse est fausse et c'est une mauvaise politique", souligne Amr Moussa. "Cette révolution est avant tout celle de la jeunesse et des classes moyennes et, si elle aboutit, le message envoyé aux pays arabes et au reste du monde sera très fort, justement parce qu'elle n'est en aucun cas liée à la religion ou à un groupe religieux. Regardez la composition des manifestants: il y a des chrétiens et des musulmans".  "Autre exemple, alors que les forces de sécurité ont déserté les rues, la synagogue du centre-ville, non protégée, est restée indemne. Elle n'a pas reçu un jet de pierre ou un graffiti. Pas un seul incident ne s'est produit", relève-t-il. Selon lui, le mouvement de contestation ne va pas faiblir. Sur la place Tahrir, "arrivent chaque jour différentes catégories de personnes réclamant le changement", note le secrétaire général dont les bureaux donnent sur cette place du Caire. "Les Frères musulmans n'ont pas été les meneurs et ne sont toujours pas aujourd'hui les meneurs de la révolution égyptienne. Ils y participent, c'est tout", ajoute-t-il.

Les emprunts toxiques des Départements et des Villes

La ruine comme présent:

Ces escroqueries sont le résultat  de la mondialisation que Debord désignait par la fusion des intérêts étatiques avec les intérêts privés (il est absurde de les opposer). Les différents échelons politiques sont autant de sangsues qui se nourrissent habituellement des "Marchés Publiques", l'argent publique est détourné à leur profit par mille ruses et systèmes très au point. Ce qui est nouveau ce sont les opportunités qu'offre la financiarisation  de l'économie de spéculation et une armée d'intermédiaires travaillent à placer ces instruments financiers nouveaux partout, et aux frais des contribuables avec l'argent publique. Les régions, département et villes sont donc surendétées à leur profit comme le sont les États petits ou grands.

Le département de Seine Saint Denis (93) lourdement endetté, présidé par l'élu socialiste Claude Bartolone, veut faire annuler les contrats toxiques contractés auprès de trois banques avant la crise. 

Avant même  d'en expliquer le mécanisme il est bon de savoir que pour des "élus" c'est une source de profit que de négocier certains contrats certes nocifs pour l'intérêt commun mais lucratifs pour ceux qui  les contractent. A quoi bon "faire de la politique si ce n'est pas pour détourner des fonds...

Claude Bartolone, qui espère faire des émules parmi les autres élus locaux devant rembourser des emprunts toxiques, explique: «J'ai un emprunt de 10 millions d'euros avec la banque irlando-allemande Depfa. Le taux initial, pendant 3 ans, était de 1,47% et le taux actuel est de 24,20%, ce qui représente un surcoût de 1,5 million d'euros par an, soit presque le coût d'une crèche». Les dits contrats ont été souscrits entre 1997 et 2008, année de l'élection de Claude Bartolone et de l'éclatement de la crise financière. Ces emprunts structurés représentent 71,7% de la dette du 93 estimée à 952,7 millions d'euros. Le poids de ces actifs pourris représentait même 92,96% de la dette du département en 2008…

La ville de Saint-Étienne a annoncé lundi qu'elle allait assigner la Deutsche Bank en justice pour faire annuler un "emprunt toxique" de 20 millions d'euros, une première pour une ville française dans le cadre de la lutte des collectivités contre ces emprunts à risques. La ville avait souscrit auprès de la première banque allemande un produit financier complexe qui pourrait s'avérer ruineux : un "swap" adossé à la parité de la livre sterling sur le franc suisse. "L'effondrement de la monnaie britannique portera à partir d'avril 2010 à 24 % le taux d'intérêt, contre 4,3 % actuellement, pour cet emprunt qui court jusqu'en 2022, soit un surcoût de 3,7 millions d'euros par an, équivalent à une augmentation de 4 % des impôts locaux", s'est insurgé le maire de Saint-Étienne, Maurice Vincent. Ceci concerne presque toutes les villes françaises et les départements...


mardi 8 février 2011

La France des Droits de l'Homme !


No Comment 

Avion, bateau, logement: l'Égypte a payé les vacances de Noël du Premier Ministre François Fillon

Les Articles 2 et 6 sont savoureux !
Marat avait raison, un chiffon de papier sous le capitalisme.
Mort aux Tyrans ! 


Pendant ce temps là, place Tahrir:
La contestation contre le président égyptien Hosni Moubarak est encore montée d'un cran, mardi 8 février, avec de nouvelles manifestations, qui ont réuni des centaines de milliers de personnes au Caire et en province. Il s'agit des manifestations les plus importantes depuis le début du mouvement, le 25 janvier.
La mobilisation ne faiblit pas sur la place Tahrir, devenue un Village-Commune de tentes retranché où, malgré les nuits fraîches, la fatigue et les mauvaises conditions sanitaires, les manifestants se relaient jour et nuit pour protester.  D'après des photographes de l'AFP au Caire place Tahrir le nombre de manifestants a dépassé celui des rassemblements précédents, au moment où le mouvement entre dans sa troisième semaine.
«Cela fait cinq jours que je suis là, lance Mohammed, ingénieur originaire de Fayoum. Nous resterons jusqu'à ce que Moubarak parte.» «Ils essaient de nous leurrer», affirme de son côté Mohammad, 36 ans, en évoquant la promesse d'augmentation des salaires. «C'est un pot-de-vin politique pour réduire le peuple au silence.» Entré dans sa troisième semaine, le mouvement de contestation reste très important en Égypte.  
Wael Ghonim, en charge du marketing de Google pour le Moyen-Orient, a été arrêté au premier jour des manifestations en Égypte et relâché lundi. Il a raconté son incarcération à la télévision «Un tremblement de terre» médiatique (il a fait pleurer le pays entier lundi soir en racontant sa détention sur une chaîne de télévision privée.) qui a relancé la contestation par sa sincérité. Wael Ghonimest accueilli en héros place Tahrir. Ce cybermilitant égyptien, emprisonné douze jours et libéré hier,a pris la parole place Tahrir, cet après-midi. «Je ne suis pas un héros, vous êtes les héros, c'est vous qui êtes restés ici sur la place» a-t-il lancé à la foule. Ailleurs dans le pays, près de 20.000 personnes ont également manifesté contre le régime, notamment 8.000 à Alexandrie (nord) et 5.000 Minya, mais également à Sohag et Assiout (sud du Caire). D'après des témoins à Alexandrie, il en était de même dans la grande ville du nord de l'Égypte.  

LA NUEVA SIMULTANEIDAD HISTÓRICA.

El fin de la modernización y el comienzo de otra historia mundial.


El debate sobre la globalización parece haber llegado actualmente a un estado de agotamiento. Eso no se debe a una extenuación del proceso subyacente, sino a la falta de aire para nuevas ideas interpretativas. Casi nadie se atreve a hablar del fin de la historia de la modernización. Es cierto que mientras tanto ya se escribieron bibliotecas enteras sobre el hecho de la globalización del capital (la dispersión transnacional de las funciones económicas) quedando diluida la separación entre la economía nacional y el mercado mundial y, con ella, todo el marco referencial anterior. Pero las consecuencias a sacar de ese reconocimiento se retrasaron hasta ahora la mayor parte de las veces. Los antiguos conceptos van todavía a remolque, aunque ya no correspondan a la nueva realidad.
Durante largo tiempo fue considerado el sumum de la reflexión crítica hacer valer la particularidad nacional frente a la universalidad abstracta del moderno modo de producción capitalista. En los años 70, el llamado eurocomunismo afirmaba que la teoría marxista había sido frecuentemente demasiado universal y, por consiguiente, debía ser finalmente "concretada" en términos nacionales, a fin de crear un socialismo popular con los "colores" de Francia, de Alemania, de Italia etc. Pero ese enunciado ya era reaccionario en el mismo momento de su formulación. En el proceso de la globalización, la relación acabó invirtiéndose. La propia particularidad nacional se convirtió en abstracción vacía, todavía presente, es verdad, pero solo como sedimento de una época ya pasada. La historia es nacional solamente a título de historia del pasado, pero no ya del futuro. De ahora en delante ya no habrá más historia francesa, alemana, brasileña, china... La concreción histórica en el espacio referencial inmediato de la sociedad mundial ya no se referirá más en el futuro a las particularidades y a los contextos nacionales, sino a los transnacionales. Eso se aplica también (y directamente) a identidades culturales, movimientos sociales y conflictos "post-políticos".
La comunidad nacional violentada no es, sin embargo, la única característica esencial de la época pasada que se vuelve obsoleta. La estructura espacial de las particularidades nacionales recíprocamente delimitadas estaba también encadenada a una estructura temporal de etapas del desarrollo capitalista recíprocamente delimitadas. El universo de las naciones era un universo de no-simultaneidad histórica. Visto que el moderno sistema productor de mercancías solo se había extendido gradualmente a partir de Europa en los siglos XIX y XX, las diversas edades del capitalismo se encontraron inmediatamente unas al lado de las otras. Lo que todavía era el futuro para unos era para otros el presente o enseguida el pasado. Ese desnivel del tiempo histórico produjo por si solo el paradigma del "desarrollo", que en las categorías capitalistas se presentaba como una carrera de recuperación de los retrasados históricos. Gran Bretaña, Alemania y otros países continentales europeos pasaron en el siglo XIX por una "modernización recuperadora" similar; en el siglo XX, frente a Occidente, Rusia, China y los países excoloniales del sur global se limitaron a repetir la misma cosa. La nación se convirtió aquí en el espacio específico de la no-simultaneidad histórica.
El movimiento obrero occidental clásico también estuvo determinado por un paradigma análogo; solo que aquí la "modernización recuperadora" no se refería, o por lo menos no en primera línea, a la posición de la propia nación frente a las naciones más avanzadas, sino sobretodo a la posición jurídica y política del trabajador asalariado frente a otras clases sociales, en el interior de la misma nación. Estaba en juego el "reconocimiento" de los asalariados como sujetos jurídicos de su fuerza de trabajo y como plenos ciudadanos. El derecho de voto universal e igual, la igualdad jurídica de las mujeres, el derecho de huelga, la libertad de asociación, la libertad de reunión y la autonomía en la negociación salarial eran contenidos importantes de esa "modernización recuperadora" ligada a las relaciones sociales internas, que solo se consiguió, incluso en los países occidentales más avanzados, en el curso del siglo XX. El reconocimiento externo de los retrasados históricos del este y del sur, como naciones en el mercado mundial, correspondía al reconocimiento político y jurídico interno de los asalariados como ciudadanos y sujetos de derecho.
Pero ese reconocimiento fue, en cierto sentido, una trampa histórica. Pues, en la medida en que las sociedades de las diversas regiones mundiales fueron confirmadas y establecidas como sujetos formales del capitalismo de la misma manera que los asalariados individuales, estaban de este modo también condenadas inevitablemente a las formas nacionales y sociales del moderno sistema productor de mercancías. Tanto los Estados de la "modernización recuperadora" como los partidos obreros y los sindicatos nacionales sufrieron una mutación, pasando a ser ejecutores de las falsas "leyes naturales" de ese sistema. Bajo las condiciones de la globalización, no les queda a todos ellos nada más que administrar de manera más o menos represiva la crisis capitalista. Lo que la social-democracia ya había practicado previamente desde la Primera Guerra Mundial se repite ahora a escala global.
Tal vez se piense que ese desarrollo negativo empalideció la gloria de la "liberación nacional" y de los partidos obreros nacionales. En cierto modo también es así. En todo el mundo arde una fuerte insatisfacción con las instancias políticas de la izquierda tradicional, que perdieron por completo su calidad de oposición justamente en la hora de la nueva crisis mundial, puesto que permanecieron ligadas a los paradigmas de la "modernización recuperadora", vaciados ya de sustancia. Pero esos paradigmas están arraigados tan profundamente que siguen siendo eficaces hasta entre los propios descontentos. Hay algo de fantasmático en la manera como la nueva oposición, dirigiéndose contra la ex-oposición ingresada en la representación del sistema dominante, se atiene ciegamente a los patrones obsoletos del universo sumergido de la no-simultaneidad. La crítica a la coadministración de la crisis en la que participan los antiguos movimientos de liberación nacional y los partidos obreros tradicionales que llegaron al poder, se revela así débil y poco fidedigna, ya que quiere repetir en el contenido, una vez más, lo que objetivamente fracasó hace mucho tiempo.
Esto es más llamativo en el movimiento mundial contra la globalización, con sus protestas, fórums sociales y conferencias en Porto Alegre, Paris, Berlín etc. Ese movimiento está por un lado organizado de forma transnacional, pero, paradójicamente, cuenta, además de sus miembros, con articulaciones partidistas nacionales junto a los grupos operantes en el ámbito transnacional; entre ellas hay incluso aquellas cuyas organizaciones maternas se encuentran en el gobierno y ejecutan exactamente las "leyes económicas" contra cuyos efectos lucha el movimiento social global.
Pero el contenido de la mayoría de las reivindicaciones es el que principalmente permanece extraño por completo al proceso de la globalización. Parcialmente transnacional por lo menos según su forma, al movimiento le gustaría alcanzar una "regulación política" de los mercados financieros y de las condiciones generales de la producción de mercancías y de la distribución, aunque la lógica de una tal regulación estuviera ligada al marco del Estado nacional. Por lo tanto se quiere reanimar, a partir de ese momento incluso en el ámbito global, justamente el procedimiento que ya fracasó históricamente en el ámbito del Estado nacional, el único adecuado para él. Es una opción irremediablemente anacrónica e irreal.
Esa crítica reductora continua partiendo implícitamente de que las sociedades todavía podrían "crecer" en el marco de la modernidad burguesa, a pesar de que la globalización y la tercera revolución industrial ya han reventado ese marco. Eso se aplica también a las suposiciones de fondo económicas y filosóficas, que se revelan igualmente anacrónicas.
En el aspecto económico se trata de la expectativa de que la masa gigantesca de fuerza de trabajo global y barata representaría todavía una reserva para la valorización del capital, ahora ya no bajo la forma de un desarrollo nacional sino bajo la forma de capital globalizado transnacional. Los unos esperan y los otros temen que pueda surgir de ahí, una vez más, una era de explotación tradicional. En parte esa alternativa se apoya en el concepto de " productividad social media ". Ese grado medio de cientificación de la producción es relativamente alto en los países capitalistas desarrollados y relativamente bajo en los países de la periferia. Se espera pues que se produzca con la globalización creciente una nueva media de productividad en el ámbito mundial, que sería más baja en comparación con la actual media occidental y más alta en comparación con la actual del este y del sur. Sobre la base de ese nuevo standard, se cree que será posible absorber una parte considerable de la reserva momentáneamente inutilizada de la fuerza de trabajo global en el proceso de valorización del capital.
Pero ese cálculo no funciona. ¿Cómo se mide la media de la productividad? Se mide de acuerdo con el grado medio de la cientificación tecnológica de la producción. Sin embargo es decisivo el marco al que se refiere realmente esa media. Es inequívocamente el marco económico-nacional de la producción social. Solo en el espacio interno de una economía nacional se aplican las condiciones-limite comunes que pueden producir de modo general algo como una "media social". Forman parte de ello un nivel común de desarrollo de la infraestructura, del sistema de educación etc. En el ámbito del mercado mundial, sin embargo, no existen condiciones-limite comunes de esa especie. Por ese motivo, tampoco se puede establecer un nivel medio global de productividad. La relación de las naciones o de las regiones mundiales en el mercado mundial no presenta ninguna analogía con las empresas dentro de una economía nacional. De ese modo, en el marco global se impone forzosamente el nivel de productividad de los países industriales más antiguos de Occidente, más desarrollados en términos capitalistas. En la misma medida en que el espacio nacional se vuelve objetivamente obsoleto por causa de la globalización, ese nivel forma el criterio global inmediato y sin filtro para todos los participantes del mercado. Es ilusoria la esperanza de que, en el nuevo sistema transnacional de referencias, la media de la productividad social media llegue a disminuir y que la fuerza de trabajo inutilizada se articule de nuevo más fácilmente en la producción.
En el aspecto filosófico, una expectativa análogamente anacrónica determina el pensamiento de los insatisfechos. Porque la filosofía del llamado Iluminismo, cuyos fundamentos se sentaron en el siglo XVIII, es considerada todavía el horizonte infranqueable de las ideas. Se hacen la cuenta de que el mundo podría, también en ese sentido, seguir desenvolviéndose en el marco de la modernidad burguesa. En cuanto a esto, la nueva oposición no da precisamente ningún paso más allá de la vieja. Pero el paradigma del Iluminismo está igualmente agotado en cuanto a la economía del moderno sistema productor de mercancías, del que fue simplemente la expresión filosófica. Las ideas iluministas centrales de "libertad", "igualdad" y de "auto-responsabilidad" del "individuo autónomo" están, según su concepto, talladas para la forma capitalista del sujeto del "trabajo abstracto" (Marx), de la economía empresarial, del mercado totalitario y de la competencia universal. Libertad e igualdad en el sentido del Iluminismo fueron siempre idénticas a la autosumisión de los hombres a las formas sociales del sistema capitalista.
La lucha del movimiento obrero clásico y de los movimientos de liberación nacional por el "reconocimiento" jurídico y político podía apelar a la filosofía del Iluminismo porque solo tenía por objetivo entrar y crecer en esas formas, cuya condición-limite social fue formada por la nación exactamente como en el aspecto económico. Solo hay sistemas nacionales de derecho burgués. Al reventar el marco nacional, la globalización hace obsoleta no solo la forma económica, sino también la forma jurídica y política del sujeto burgués. Con eso la filosofía del Iluminismo está históricamente acabada. No tiene ningún sentido invocar de nuevo el idealismo de la libertad burguesa, pues para esa especie de libertad no hay ningún espacio más de emancipación. Esto se aplica también a las regiones mundiales que nunca fueron más allá de los comienzos dictatoriales de una universalización de la forma moderna del sujeto. Como la productividad económica, también la subjetividad burguesa se mide por el standard global homogéneo, donde no caben la mayoría de los seres humanos.
Evidentemente el nuevo movimiento social en todo el mundo todavía no tomó conciencia de esas condiciones. La constitución de las estructuras transnacionales del capital es idéntica a una época de simultaneidad histórica. A pesar de que las situaciones desde el punto de partida, heredadas del pasado, sean distintas, los problemas del futuro solo pueden ser formulados como problemas comunes a una sociedad mundial inmediata. De acuerdo tanto con la forma como con el contenido, los viejos paradigmas de la izquierda son obsoletos: nación, regulación política, reconocimiento burgués, Iluminismo. La crítica debe ser más profunda y entender los presupuestos represivos de esos conceptos en lugar de reclamar sus ideales. De lo contrario cae en el vacío sin efecto alguno. 

Original alemán Die neue historische Gleichzeitigkeit. Das Ende der Modernisierung und der Beginn einer anderen Weltgeschichte. Publicado en el periódico "Folha de São Paulo", domingo 25 de enero de 2004, con el título de A nova simultaneidade histórica. A crítica precisa apreender os pressupostos repressivos dos obsoletos paradigmas da esquerda.
Traducción de Luiz Repa. Traducción del portugués al español: Contracorriente: m.vallseca + @telefonica.net



Un Castor italien

Depuis 2007, l'Italie exporte ses déchets radioactifs en France. Dimanche 6 février, un train transportant un container de combustible usé italien hautement radioactif quittera le site de stockage d’Avogadro (Piémont) pour rejoindre le terminal ferroviaire de Valognes (Manche). En France, il traversera la Savoie, l'Ain, la Saône-et-Loire, la Côte-d'Or, l'Yonne, la Seine-et-Marne, l'Essone, le Val-de-Marne, les Yvelines, l'Eure, le Calvados et la Manche. En région parisienne, il empruntera les voies du RER. Ces déchets seront ensuite acheminés par la route à l'usine AREVA de La Hague pour y être - selon le terme employé par AREVA - "traités", puis repartiront à une date indéterminée en Italie, où aucune solution n'existe pour les accueillir.
Non seulement le traitement à l'usine de La Hague ne diminue pas la radioactivité des déchets mais il augmente leur volume. Ainsi ce transport de déchets très radioactifs est insensé : il expose les populations sans autre motif que de faire tourner l'usine d'Areva à La Hague. Le gouvernement italien souhaite relancer le nucléaire, contre la volonté de la majorité de la population qui a décidé la sortie du nucléaire par référendum en 1987, les autorités italiennes envoient ces déchets extrêmement radioactifs loin de leur territoire, espérant ainsi retarder et masquer la problématique de l'impossible gestion des déchets nucléaires

Le 1er juillet 2008 au Molay-Littry, les militant-e-s du Ganva s'étaient déjà mobilisé-e-s en bloquant un convoi en provenance d'Italie. Ils ont été condamné-e-s au pénal à 2500 euros d'amende chacun-e (dont 2000 avec sursis). Au civil, la SNCF a été déboutée de sa demande de 7700€ de dommages et intérêts.
Plus récemment les 7 militant-e-s ayant participé au blocage du train de déchets nucléaires le 5 novembre dernier ont été reconnu-e-s coupables des chefs d'inculpations d'entrave à la circulation et de préjudice d'image. La procédure en nullité requise par la défense a été rejetée, les militant-e-s ont donc été condamné-e-s à un mois d'emprisonnement avec sursis et 1000€ d'amende. Au civil, les militant-e-s sont condamné-e-s à verser 1€ de dommages et intérêts à Areva et 20 500€ à la SNCF. 1000€ de frais de justice ont été accordés aux deux parties civiles.
Les peines prononcées par le tribunal sont totalement disproportionnées et témoignent de la volonté de l'état de réprimer sévèrement les militant-e-s nonviolent-e-s du Ganva. Elles s'inscrivent dans la continuité des violences policières infligées aux cinq militant-e-s lors de leur désentravement, trois d'entre eux avaient été grièvement blessés aux mains et garderont des séquelles à vie.
Nous avons aussitôt fait appel de cette décision.
La répression, qu'elle soit policière ou judiciaire, renforce notre détermination à nous opposer fermement à cette société nucléaire qui a toujours été imposée par la force.
Mobilisons nous sur tout le parcours!
Horaires du transport :

Lundi 7 février                                                                     
http://ganva.blogspot.com
- 7h06 passage frontière, Savoie
- 8h00 Modane, Savoie
- 8h19 Saint-Michel-De-Maurienne, Savoie
- 8h30 - 8h33 Saint-Jean De Maurienne, Savoie
- 8h42 Saint-Avre, Savoie
- 8h51 Epierre, Savoie
- 8h57 Aiguebelle, Savoie
- 9h06 Saint Pierre D’Albigny, Savoie
- 9h13 Montmelian, Savoie
- 9h22 Chambéry, Challes Les Eaux, Savoie
- 9h31 - 9h32 Aix Les Bains, Savoie
- 9h44 Vions, Savoie
- 9h50 - 9h51 Culoz, Ain
- 9h58 Virieu-Le-Grand, Ain
- 10h15 Tenay, Ain
- 10h19 Saint Rambert-En-Bugey, Ain
- 10h27 - 20h28 Ambérieu-En-Bugey, Ain
- 20h37 Pont D’Ain, Ain
- 20h52 Bourg En Bresse, Ain
- 21h03 Beny, Ain
- 21h13 - 21h15 Saint Amour, Jura
- 21h30 Louhans, Saône-et-Loire
- 22h34 - 23h08 Perrigny-Gevrey, Côte d’Or
- 23h14 Plombières-Lès-Dijon, Côte d’Or
- 23h22 - 23h25 Malain, Côte d’Or
- 23h31 Blaisy-Bas, Côte d’Or
- 23h58 Ménétreux-Le-Pitois, Côte d’Or
mardi 8 février 
 - 0h00 Ménétreux-Le-Pitois, Côte d’Or
- 0h10 Montbard, Côte d’Or
- 0h19 - 0h22 Aisy-Sous-Thil, Côte d’Or
- 0h30 Nuits, Yonne
- 1h03 Tonnerre, Yonne
- 1h21 - 1h24 Saint-Florentin, Yonne
- 1h33 - 1h36 Migennes, Yonne
- 2h10 - 2h10 Sens, Bourgogne
- 2h30 - 2h36 Montereau-Fault-Yonne, Seine-et-Marne
- 2h52 Héricy, Seine-et-Marne
- 3h03 - 3h05 Melun, Seine-et-Marne
- 3h07 Le Mée-Sur-Seine, Seine-et-Marne
- 3h10 Cesson, Seine-et-Marne
- 3h13 Savigny-Le-Temple, Seine-et-Marne
- 3h16 Lieusaint, Seine-et-Marne
- 3h19 Comps-La-Ville, Seine-et-Marne
- 3h22 Boussy-Saint-Antoine, Essonne
- 3h23 Brunoy, Essonne
- 3h25 Yerres, Essonne
- 3h26 Montgeron, Essonne
- 3h33 - 6h07 Villeneuve-Saint-Georges
- 6h11 Vigneux-Sur-Seine, Essonne
- 6h12 - 6h21 Juvisy-Sur-Orge, Essonne
- 6h23 - 6h24 Savigny-Sur-Orge, Essonne
- 6h27 Epinay-Sur-Orge, Essonne
- 6h31 Balizy, Essonne
- 6h33 Chilly-Mazarin, Essonne
- 6h34 Longjumeau, Essonne
- 6h40 Massy, Essonne
- 6h45 Igny, Essonne
- 6h47 Bièvres, Essonne
- 6h50 - 6h54 Jouy-En-Josas, Yvelines
- 6h56 Les Loges-En-Josas, Yvelines
- 7h02 - 7h04 Versailles, Yvelines
- 7h06 - 7h07 Saint Cyr L’Ecole, Yvelines
- 7h09 Fontenay-Le-Fleury, Yvelines
- 7h13 Villepreux, Yvelines
- 7h15 - 7h18 Plaisir, Yvelines
- 7h22 Beynes, Yvelines
- 7h26 Mareil-Sur-Mauldre, Yvelines
- 7h27 Maule, Yvelines
- 7h31 Nézel, Yvelines
- 7h34 Epône, Yvelines
- 7h43 - 7h46 Mantes-La-Jolie, Yvelines
- 7h53 Ménerville, Yvelines
- 8h01 Bréval, Yvelines
- 8h07 Gilles, Eure-et-Loire
- 8h11 Bueil, Eure
- 8h32 Le Viel-Evreux, Eure
- 8h33 Evreux, Eure
- 8h38 Conches-En-Ouche, Eure
- 8h44 La Bonneville-Sur-Iton, Eure
- 8h49 Beaumont-Le-Roger, Eure
- 8h56 Serquigny, Eure
- 9h05 Bernay, Eure
- 9h20 - 9h39 Lisieux, Calvados
- 9h45 Mézidon-Canon, Calvados
- 9h55 Moult, Calvados
- 9h56 Frénouville, Calvados
- 9h57 - 10h00 Caen, Calvados
- 10h09 Bretteville-L’Orgueilleuse, Calvados
- 10h18 Audrieu, Calvados
- 10h28 Bayeux, Calvados
- 10h37 Le Molay-Littry, Calvados
- 10h47 Lison, Calvados
- 10h58 Carentan, Calvados
- 11h10 Chef-Du-Pont, Calvados
- 11h20 Valognes, Calvados

lundi 7 février 2011

Naissance d'un nouveau pays: Le Sud-Soudan

 98,8% pour la sécession

Cette région d'Afrique a deux spécificités historiques:
- C'est une zone de résistance à l'Islam proche de l'Éthiopie chrétienne qui dans le passé a connue une succession de royaume chrétiens.
- C'était  une région pourvoyeuse d'esclaves noirs pour les puissances Arabo-islamiques.
La géographie est celle d'une gigantesque zone inondable pendant la saison des pluies et par conséquent de transhumance nord-sud pour ses pâturages et sud-nord pour fuir les pluies et les terres détrempées. Mais surtout la région regorge d'hydrocarbures (pétrole) et de minerais peu ou pas exploitées. Toutes les grandes compagnies mondialisées y sont présente malgré le manque d'infrastructures ( 60 km de routes goudronnées pour un pays de 600.000 km2).

Le Sud-Soudan a voté à 98,83% en faveur de la sécession, selon les résultats définitifs officiels rendus publics ce soir par la commission référendaire. Cette annonce était une simple formalité puisque les résultats préliminaires complets publiés le 30 janvier avaient déjà indiqué que 98,83% des Sud-Soudanais avaient voté pour l'indépendance de leur région, appelé ainsi à devenir en juillet un nouvel État. Les résultats, affichés sur  écrans  à Khartoum, montrent que sur les 3.837.406 votes valides, seulement 44.888, soit 1,17% étaient en faveur du maintien de l'unité avec le Nord. Le référendum, qui s'est tenu du 9 au 15 janvier, était un élément clé de l'accord de paix qui avait mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile meurtrière entre le Nord, principalement musulman et arabe, et le Sud, principalement chrétien et noir.

Les États-Unis ont salué lundi le vote des Sud-Soudanais en faveur de l'indépendance lors d'un référendum, la Maison Blanche estimant qu'il représentait l'avènement d'"une aube nouvelle dans la région". Et beaucoup de pétrole pour faire carburer l'Amérique...

A Juba, principale ville du Sud-Soudan, des centaines de personnes rassemblées près du mausolée de John Garang, leader historique de la rébellion sudiste décédé en 2005, ont accueilli dans la liesse l'annonce des résultats, retransmise via un écran. Le chef de l'ONU, Ban Ki-moon, a salué la "grande réussite" du référendum et loué les gouvernements de Khartoum et du Sud-Soudan "pour avoir rempli leur engagement de maintenir la paix et la stabilité pendant cette période cruciale". Le président de la région semi-autonome du Sud-Soudan, Salva Kiir, soulignait lui que l'indépendance du Sud n'était "pas la fin de la route, parce que nous ne pouvons pas être ennemis". Il a promis de permettre la libre circulation des biens et personnes entre les deux pays, de contribuer à faire annuler la dette étrangère du Soudan et à faire lever les sanctions économiques prises par les Etats-Unis contre Khartoum. Le chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a souligné pour sa part que "l'Union européenne souhait(ait) développer un partenariat étroit et de longue durée avec le Sud-Soudan". Beaucoup trop de bonnes fées autour du bébé pour que cela soit honnête...

Un Libertaire sur la Place Tahrir au Caire


Témoignage sur les débuts de la révolte (avant le 4 février 2011):
Peux-tu s’il te plaît nous dire qui tu es et à quel mouvement tu appartient?
- Je suis Nidal Tahrir de Black Flag, un petit groupe d’anarcho-communistes en Égypte.
Le monde regarde l’Égypte et est solidaire des événements. Cependant, à cause de la coupure du réseau Internet, les informations sont très dures à trouver. Peux-tu nous dire quels événements ont eu lieu la semaine passée en Égypte. À quoi ça ressemblait de ton point de vue?
- La situation à cet est instant vraiment cruciale en Égypte. Cela avait commencé par une invitation à une journée de contestation contre le régime de Moubarak le 25 janvier. Personne ne s’attendait à une invitation pour une journée de contestation, de la part d’un groupe Facebook, pas vraiment organisée et appelée «Nous sommes tous Khalid Said» (Khalid Said était un jeune égyptien qui a été tué par la police de Moubarak l’été passé à Alexandrie), c’était le mardi où tout a commencé, l’étincelle qui a mis le feu à tout le reste. Ce mardi, il y a eu des grandes manifestations dans la rue de toutes les villes égyptiennes, le mercredi le massacre a commencé. Il a commencé lorsque se terminait le sit-in sur la place Tahir, très tard dans la nuit de mardi et a continué lors des jours suivants, spécialement à Suez. Suez a une valeur toute particulière au cœur des égyptiens. C’était le centre de la résistance contre les sionistes en 1956 et 1967, dans le même district. Suez a combattu les troupes de Sharon dans la guerre israélo-palestinenne. La police de Moubarak a perpétré un massacre - 4 personnes ont été tuées, 100 blessées, avec des gaz lacrymogène, des balles en caoutchouc, des lances-flammes et une étrange substance jaune, peut-être du gaz moutarde, projeté des airs. Vendredi a été appelé le Jumu’ah de la rage - Jumu’ah est le nom arabe de vendredi. C’est la fin de semaine nationale en Égypte, dans beaucoup d’autres pays musulmans aussi. C’est un jour sacré de l’Islam parce les grandes prières ont lieu ce jour, appelées les prières de Jumu’ah. Il était planifié d’aller aux manifestations après les prières, à midi, mais la police a essayé d’arrêter ces marches avec toute sa puissance et sa violence. Il y a eu pas mal d’accrochages au Caire (dans le centre-ville, à Mattareyaf, dans l’Est du Caire), dans toute l’Égypte, spécialement à Suez, Alexandrie, Mahalla (dans le delta du Nil, un des centres des classes laborieuses). En plein soleil de midi, le peuple a marché au Caire en direction du centre-ville, pour se rendre à un sit-in sur la place Tahir, pour demander la fin du régime de Moubarak, en chantant le slogan «Le peuple demande la fin du régime». En fin d’après-midi, vers 17h, Moubarak a décrété un couvre-feu et a déployé l’armée dans les villes égyptiennes. Le couvre-feu a été suivi d’un plan orchestré par la police, pour laisser des criminels et voyous appelés Baltagayyah s’échapper. La police a orchestré l’évasion à grande échelle de criminels dans de nombreuses prisons égyptiennes afin d’effrayer le peuple en Égypte. Pas de police, plusieurs troupes armées incapable de contrôler les rues, les gens étaient effrayés. Cela a été suivie par une série de nouvelles sur la télévision égyptienne, les radio, les journaux à propos de pillages dans de nombreuses villes et de tirs sur des personnes. Les gens ont organisé des «comités populaires» pour sécurisé chaque rue. C’était bienvenu pour le régime qui voulait faire peur à la population avec l’instabilité du pays, mais c’est aussi grâce à ces troubles que nous avons pu commencer à construire les conseils ouvriers.
Depuis Mercredi, il y a eu des affrontements entre pro et anti-Moubarak. Est-ce que cela décrit correctement la réalité? Qui sont ces «supporters de Moubarak»? Quel impact ont eu ces affrontements sur l’attitude de classe laborieuse égyptienne?
- C’est absolument faux de présenter ces affrontements comme des affrontements entre pro et anti-Moubarak. Les pro-Mubarak étaient constitués en majorité par des Baltagayyah et la police secrète, dans le but d’attaquer les contestataires sur la place Tahir. Cela a uniquement commencé après le discours de Moubarak hier, après celui d’Obama. Personnellement, je pense que Moubarak a sentit le ciel lui tomber sur la tête et son sang n’a fait qu’un tour. Il se sent comme Néron et veut brûler l’Égypte avant de la quitter, essayer de faire croire aux gens qu’il était un facteur de stabilité, de sûreté et de sécurité. Dans ce sens, il a réellement réussit à progresser - une sainte alliance nationale a été formée contre les Tahrites (les contestataires de la place Tahir) et la «commune de la place Tahir». Bon nombre de gens, spécialement ceux de la classe moyenne, ont affirmé qu’il fallait mettre fin aux manifestations à cause du risque de voir l’Égypte brûler, la famine commencer, mais évidemment tout cela n’est pas vrai - c’est largement exagéré. Chaque révolution a ses difficultés et Moubarak use de la peur et de la terreur pour rester plus longtemps au pouvoir. Personnellement, je dis que les contestataires prennent leurs responsabilités concernant la situation et que Moubarak doit partir, il le doit parce qu’il est dans l’incapacité de négocier dans la situation actuelle.
Que pense-tu qu’il va se passer la semaine prochaine? À quel point la position prise par les États-Unis affecte-t-elle la situation actuelle?
- Personne ne peut prédire ce qu’il va se passer la semaine prochaine. Moubarak est un idiot têtu et les médias égyptiens font la plus grosse campagne médiatique de leur histoire pour discréditer les prochaines protestations prévue le vendredi 4 février. Nous appelons à une nouvelle marche d’un million de personne à Tahir, appelé le «Jumu’ah du salut». La position qu’a pris le gouvernement des États-Unis l’affecte plus que les manifestations. Moubarak est un traître, capable de tuer tout le peuple, mais il ne peut pas dire non à son maître.
Quel est la participation des anarchistes lutte-de-classiste? Qui sont vos alliés?
- L’anarchisme en Égypte n’est pas un grand courant. On peut trouver quelques anarchistes mais pas encore de grand courant. Les anarchistes en Égypte ont joint les contestataires et les comités populaire pour défendre les rues des voyous. Les anarchistes égyptiens ont un certain espoir dans ces conseils. Les alliés des anarchistes en Égypte sont les marxistes, évidemment. Nous avons actuellement un débat idéologique - toute la gauche appelle à l’unité et ensuite argumente sur tout. Les anarchistes en Égypte sont une part de la gauche égyptienne.
Quelles formes de solidarité peut-on construire entre les révolutionnaires en Égypte et les révolutionnaire de "l’occident"? Que peuvent-ils faire immédiatement et à long terme?
- L’obstacle le plus difficile pour les révolutionnaires égyptiens est la coupure des moyens de communication. Les révolutionnaires occidentaux doivent mettre la pression sur leur gouvernement pour empêcher le régime égyptien de le faire. Pour le moment, personne ne peut dire ce qu’il va arriver dans le long terme. Si la révolution est un succès, les révolutionnaires occidentaux devront faire preuve de solidarité avec leurs camarades égyptiens contre le risque d’agression des États-Unis et d’Israël. Si la révolution est vaincue, ce sera le massacre de tous les révolutionnaires égyptiens.
Quelles seront les principales tâches, une fois que Moubarak sera parti? Y a-t-il déjà des planifications au niveau de la rue? Que proposent les révolutionnaires anti-capitalistes?
- Les principales tâches actuelles, si on parle des demandes de la rue, sont une nouvelle constitution, un gouvernement provisoire et des nouvelles élections. Il y a beaucoup de planification à ce sujet par de nombreux courants politiques, en particuliers les Frères Musulmans. Les révolutionnaires anti-capitalistes ne sont pas très nombreux au Caire - les communistes, la gauche démocratiques et les trotskystes ont revendiqués les mêmes choses concernant la constitution et de nouvelles élections, mais pour nous en tant qu’anarchistes — anti-capitalistes et anti-étatique aussi — nous allons essayer de faire en sorte que les comités qui ont été formés pour protéger et sécuriser les rues, deviennent plus fort et de les transformer par la suite en véritables conseils populaires.
Que veux-tu dire aux révolutionnaires à l’étranger?
- Cher.ère.s camarades du monde entier, nous avons besoin de votre solidarité, d’une large campagne de solidarité et la révolution égyptienne gagnera!

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