jeudi 18 août 2011

Le « retour de l’Etat » comme administrateur de la crise


Là où il y a communication, il n'y a pas d'État




Les partis de gauches attribuent la crise économique mondiale actuelle à des causes politiques. Le néolibéralisme avec sa dérégulation totale du marché et en particulier le déchaînement des marchés des capitaux auraient échoué. Maintenant, ils prétendent que nous nous approchons d'une ère de règlementation et de contrôle par l'Etat et notre tâche serait d'influencer les formes qu'elle prendra. La demande principale est de revenir avant l'influence du capital financier et d’obtenir un renforcement de l'économie réelle, qui devrait à son tour être réformée tant écologiquement que socialement. La réussite de cela, on la traite avant tout comme une simple question de rapports de force et de mobilisation politique.

Cependant cette analyse oublie le caractère fondamental de la crise mondiale. Même si elle a été précipitée par un accident financier du marché, ses causes doivent être trouvées tout à fait ailleurs. L'épanouissement immense des marchés des capitaux au cours des trente dernières années n'a pas été causé par des décisions politiques obstinées ou incorrectes, mais est l'expression d'une crise structurelle de la valorisation de capital, une crise qui a commencé par la fin du boom du fordisme de l'après-guerre. Par la réorganisation fondamentale des conditions de travail et des rapports de production au cours de la troisième révolution industrielle (automatisation, flexibilisation et précarisation du travail, les chaînes transnationales de création de valeur, etc.), nous avons vu apparaître une rationalisation massive du travail dans les secteurs capitalistes centraux.

Cela a considérablement sapé la base de la valorisation du capital, qui consiste dans l'exploitation continuellement croissante de la capacité de travail. Cela a à son tour mené à la déviation de plus en plus de capital sur les marchés financiers : le capital ne pouvait plus trouver des occasions suffisantes pour sa valorisation dans « l'économie réelle » et une bulle gigantesque sans garantie de « capital fictif » (Marx) a été gonflée. Sans cette déviation qui a permis le report de la crise d'accumulation du capital, l'économie mondiale se serait effondrée il y a longtemps. Cependant, le prix de cela était l'accumulation d'un potentiel de crise de plus en plus grand. Il n’est ainsi pas étonnant que l'accident soit venu : ce qui a plutôt besoin d’une explication est que cela pouvait être prolongé pendant si longtemps. C'était seulement possible parce qu'au niveau de l’Etat et au-delà au niveau transnational, la politique a principalement visé le soutien de la dynamique des marchés financiers et a ainsi réagi au début de chaque crise (celles du Mexique, en Asie, en Russie, celle de la « Nouvelle Économie ») de la même façon : avec la création de crédit supplémentaire, pour inciter l'inflation d'une nouvelle bulle. Le modèle de ces réactions est la preuve que la raison structurale du processus de crise se trouve au-delà de la portée de la politique, car elle résulte d'une contradiction fondamentale dans la dynamique interne historique du capitalisme, lui-même un pré-requis à toute action consciente. Le capitalisme crée des forces productives immenses et des potentiels de richesse [matérielle] qui permettrait une bonne vie pour chacun (vraiment pour chacun). Cette richesse n'est cependant pas compatible avec le but autoréférentiel d'exploiter le travail vivant, parce qu'il rend de plus en plus de travail superflu. Cela ne peut se terminer que par déterminer un processus fondamental de crise, qui sape non seulement les bases de la valorisation du capital, mais en même temps les rapports sociaux de reproduction sociale dont il dépend, avec les bases naturelles de la vie. L'inflation des marchés financiers n'est pas la cause de la crise, mais un de ses symptômes. Elle montre que l'accumulation capitaliste peut seulement fonctionner précairement comme un appendice au capital fictif.

Dans ce contexte le contenu réel du très évoqué « retour de l'Etat » devient clair. Malgré tout l'intérêt de pure forme pour la « régulation » et le retour à « l'économie réelle », la défense des marchés financiers gonflant une nouvelle bulle de spéculation et du crédit continuera à rester au centre de toute politique d'administration de la crise. Même les partis de gauche des sociaux-démocrates, des syndicalistes et des représentants d'ATTAC doivent nécessairement exiger que les banques soient sauvées. Les seules différences sont couchées dans le détail - c'est-à-dire si vraiment elles devraient être nationalisées qui devrait en assumer le coût. Cette dernière question est cependant déjà résolue : les coûts sont si énormes qu'ils peuvent seulement être couverts par l'emprunt public massif. Tout le reste (« imposer les riches », les coupes dans les salaires des patrons, la responsabilité privée des banquiers, etc.) est simplement symbolique. Mais la fonction que ces demandes accomplissent dans le débat politique est régressive, parce qu'elles servent seulement à dénoncer des boucs émissaires et répandre l'idée d’une atrocité morale, masquant ainsi les vraies dimensions de la crise.

Seulement l'emprunt public massif pour sauver le système financier suggère - même s'il réussit précairement à ajourner le délai du processus de crise avec une montée violente d'argent - que dans les années suivantes beaucoup d'aspects de la reproduction sociale seront plus encore réduits parce que l'on ne peut plus les considérer « financièrement viables ». Mais les sommes qui seront nécessairement dégagées pour rembourser les dettes amassées ne seront jamais économisées par les politiques restrictives d'austérité. Il n'est pas de fait possible non plus que je ce sois la masse des salariés, des précaires et des chômeurs qui puisse les  payer. Ce sont ces ouvriers, précaire et chômeurs cependant qui sentiront le plus intensément les effets des «  renflouements », parce que la dette servira d'une restriction brutale de chaque politique future, et peu importe quel parti ou tendance aura à faire cela. Car tandis qu'il y aura des limites à l'emprunt public futur, le fardeau des paiements d'intérêts grandira massivement. Les conséquences sont évidentes : la politique se concentrera en premier lieu sur le maintien « des fonctions appropriées au système » et celles-ci sont, en plus des marchés financiers, les cœurs restants et « les groupes » de valorisation productive du capital, avec l'infrastructure et le personnel qu'ils exigent. L'infrastructure générale, la protection sociale, les services médicaux publics seront démantelés plus encore, les salaires et les pensions de retraite seront diminués (par des coupes et suite à l'inflation) et le nombre des précarisés et des gens  « superflus » continuera à grandir. L'administration de la crise, pour eux, signifie des cuisines de distribution de soupes, la discipline autoritaire et l'exclusion. Même les partis politiques qui arrivent au pouvoir avec des promesses comme la volonté des réformes sociales et environnementales suivent cette logique de l'administration politique de la crise.

 Le débat actuel sur les réformes est une farce, parce qu'il suggère une perspective pour laquelle les bases matérielles ne sont plus présentes. Pendant les périodes de boom du capitalisme et particulièrement dans les temps du boom Fordiste de l'après-guerre, une amélioration relative de la vie - et des conditions de vie - était possible dans la structure de capitalisme, parce que la dynamique de croissance du mouvement de la valorisation provoquait une pression pour intégrer un nombre croissant de gens dans le système de production de marchandises et de travail.  Depuis, de plus en plus d’entre eux ont été rendus « superflus » du point de vue du capital, la fonction de « la politique de réforme » est réduite à l'organisation et à la facilitation de la fragmentation croissante, sociale et régionale de la société. Cette tendance deviendra plus visible dans le nouveau développement de la crise. Une nouvelle perspective pour l'émancipation sociale peut seulement être formulée en opposition cohérente à la politique de démantèlement de l'administration de la crise : par la tentative cohérente de faire que les points de vue de la richesse matérielle et de la satisfaction de besoins sensuels s'appliquent à chacun. Seulement alors les luttes des travailleurs comme celles des « superflus » contre l'abattage du social et des infrastructures ou celles qui visent à l'appropriation directe et collective des ressources sociales (le logement, des espaces culturels et sociaux, etc.), pourront avoir une nouvelle perspective d'émancipation. Tant que la richesse peut seulement être pensée dans la valeur - et la forme marchandise - l'accès à la richesse matérielle apparaît possible seulement via le détour par l’argent, les restrictions et les folies de cette forme continueront à la fin à être présupposées et acceptées. C’est dans cette forme valeur que les fermetures à grande échelle d'installations de production dans lequel des choses utiles et raisonnables (comme la bonne alimentation) apparaissent « inévitables », pendant qu'en même temps on luttera pour l'entretien et l'agrandissement de la production d'auto avec acharnement, quoique les effets d'empoisonnement du climat soient connus depuis longtemps. Ceci bloque la seule sortie du cours autodestructif de la société de marchandises, un processus qui commence dans nos têtes, comme bien entendu dans nos actions. Notre tâche est de passer à travers ce blocus.


10 août 2009. Norbert Trenkle, membre du groupe allemand Krisis.


Traduction (en amateur) 23 novembre 2009 : Clément.



mercredi 17 août 2011

Justice en Angleterre



L'Angleterre ne c'est jamais vraiment remise de sa gloire Victorienne. Voilà un pays qui sait mater ses pauvres  à l'ancienne, les peines infligées se veulent dissuasives, on cherche a impressionner le Grand Public.


Aufstand der Ausgestoßenen


Umfassende Marginalisierung, drakonische Sozialkürzungen, Perspektivlosigkeit und allgegenwärtiger Rassismus trugen zur der blindwütigen Gewaltexplosion der vergangenen Tage in Großbritannien bei.

Nachdem eine massive landesweite Polizeimobilisierung und nächtlicher Dauerregen den tagelangen Ausschreitungen und Plünderungen in mehreren britischen Städten ein vorläufiges Ende setzen, ging Ministerpräsident David Cameron daran, seine Schlussfolgerungsweisen aus den schwersten Unruhen zu ziehen, die Großbritannien seit den 80er Jahren des 20. Jahrhunderts erschütterten. Der konservative Regierungschef kündigte eine Politik der harten Hand gegenüber den marginalisierten Bevölkerungsschichten in den Ghettos Großbritanniens an, die mit einen „Gegenschlag“ eingeleitet würde. Zudem sollen die Sicherheitskräfte künftig mit Wasserwerfern und Plastikgeschossen ausgestattet werden. „Teile unserer Gesellschaft sind nicht einfach nur kaputt, sondern krank,“ dozierte Cameron am vergangenen Mittwoch.
Zu den Ursachen dieser „Krankheit“ äußerte sich der als Hardliner posierende Cameron lieber nicht, denn sonst müsste seine bisherige Regierungspolitik einer kritischen Analyse unterzogen werden. Die Regierung Cameron hat kurz nach ihrem Amtsantritt eines der schwersten Austeritätsprogramme der britischen Geschichte beschlossen, das Haushaltseinsparungen in Höhe von 83 Milliarden Pfund  bis 2015 realisieren soll. Ein großer Teil der Ausgabenkürzungen bei diesem gigantischen Sparprogramm, mit dem das britische Haushaltsdefizit von mehr als zehn Prozent des BIP in 2010 abgebaut werden soll, entfällt auf den Sozialsektor.
Die tiefen Einschnitte bei den Sozialausgaben - bei denen unter Anderem die Aufwendungen für Kindergeld, Jugendförderung oder Wohnzuschüsse gekürzt wurden - treffen die verarmten und unter hoher Arbeitslosigkeit leidenden Stadtteile und Regionen besonders hart: „Es wird Unruhen geben“, warnte ein Jugendlicher aus Tottenham gegenüber dem britischen Guardian schon im vergangenen Juli, nachdem nahezu alle Jugendclubs in dem Stadtteil aus Geldmangel geschlossen wurden. Von dem rabiaten Kahlschlag im Öffentlichen Dienst, dem binnen der nächsten vier Jahre mehr als 400.000 Arbeitsplätze zum Opfer fallen sollen, sind landesweit Jungendhilfsprojekte überdurchschnittlich hart betroffen, führte der Gewerkschaftler Kerry Jenkins aus: „Jede vierte Jugendeinrichtung (youth service) in England sieht sich mit katastrophalen Kürzungen zwischen 21 bis 30 Prozent konfrontiert.“ Dies sei dreimal so hoch wie des allgemeine Kürzungsniveau im Kommunalbereich. An die 3.000 Jugendbetreuer werden ihre Arbeitsplätze verlieren.
Es fehlte auch nicht an Warnungen vor einer Gewaltexplosion. Noch am 2. August mahnte der Kriminologe John Pitts, der Kommunen bei Gewaltprävention berät, dass die Kürzungen zu einer Zunahme gewalttätiger Straftaten in „diesem Sommer“ führen werden. Der Vorsitzende des britischen „Nationalen Kinderbüros“, Sir Paul Ennals, prognostizierte, dass die Kombination aus grassierender Arbeitslosigkeit und Sozialkürzungen die Bindungen der marginalisierten Jugendlichen an ihre Stadtviertel „lösen“, und zu einer grundlegenden „Entfremdung“ führen werde. „Da Draußen ist eine Generation ohne Hoffnung, ohne Aspirationen,“ erläuterte die in Tottenham lebende Lara Oyedel unter Verwies auf die grassierende Jungendarbeitslosigkeit in diesem Ghetto gegenüber Medienvertretern: „Diese Gesellschaft brütet eine ganze Generation von jungen Menschen aus, die nicht mehr erwarten können, irgendetwas produktives in ihrem Leben erreichen zu können.“
Die jugendlichen in den Ghettos Großbritanniens, deren Vorfahren zumeist aus den Kolonien des ehemaligen Empire stammen, sind aufgrund der Wechselwirrung von anhaltender Konjunkturflaute, Sozialkahlschlag und Rassismus tatsächlich am stärksten von der Krise betroffen. Die Jugendarbeitslosigkeit in Großbritannien ist von 12,2 Prozent in 2000 auf knapp 20 Prozent in 2010 angestiegen. Die einer ethnischen Minderheit zugehörenden Bürger Großbritanniens bilden auch den größten Teil der britischen Unterschicht. In London etwa gehören rund 70 Prozent der in „Einkommensarmut“ lebenden Menschen ethnischen Minderheiten an. In vielen verarmten Bezirken, in denen sich die Ausgegrenzten des kreiselnden britischen Kapitalismus konzentrieren, lebt rund ein Drittel der Bevölkerung von den Sozialtransfers, die nun gekürzt werden.
Die weitverbreitete Plünderungen bei den jüngsten Unruhen führte auch der Kriminologe Pitts auf die „soziale Exklusion“ der überwiegend jugendlichen Täter zurück, die von frühesten Alter an mit „Werbung bombardiert“ würden. Es einen „junge Menschen, die nichts zu verlieren haben.“ Hoffnung auf irgendeine Art von sozialen Aufstieg können sich diese marginalisierten Jugendlichen kaum machen, da laut einer OECD-Studie von 2010 Großbritannien die niedrigste soziale Mobilitätsrate aller Industrienationen aufweise. Die immer noch von Standesdünkel durchsetzte britische Gesellschaft weist auch insbesondere in der Hauptstadt eine krasse soziale Spaltung auf, bei der die Bewohner der Hochhausghettos in Sichtweite der gläsernen Banktürme des Londoner Finanzdistrikts leben. Die Reichsten zehn Prozent der Einwohner Londons besitzen 275 Mal mehr Vermögen als das ärmste Zehntel. In ganz Großbritannien erreicht dieser Gradmesser der sozialen Spaltung den Faktor 100.
Das Anwachsen einer ghettoisierten Klasse der „Ausgestoßenen“ steht auch im Zusammenhang mit einer schleichenden Deindustrialisierung, die den Anteil der warenproduzierenden Industrie an dem BIP Großbritanniens auf 16 Prozent sinken ließ, was in etwa dem Niveau der südeuropäischen Krisenländer Griechenland und Spanien entspricht. Bis zum Ausbruch der Finanzkrise konnte der dominierende britische Finanzsektor durch die Generierung einer schuldenfinanzierten Defizitkonjunktur die Wirtschaft des Vereinigten Königreichs anheizen, doch mit den nun eingeleiteten Haushaltskürzungen scheint der konjunkturelle Abwärtssog weiter zuzunehmen: Die Anzahl offiziell registrierter Arbeitsloser soll Prognosen zufolge noch in diesem Jahr von 2,5 auf 2,7 Millionen anwachsen, während die Bank of England am vergangenen Mittwoch ihre Wachstumsprognose für 2011 von 1,75 auf magere 1,4 Prozent reduzieren musste. Die britische Regierung zieht übrigens ihre ganz eigenen Konsequenzen aus diesen trüben Aussichten und erwägt, zumindest bei den Polizeikräften auf Sparmaßnahmen zu verzichten.
http://www.trend.infopartisan.net
Editorische Hinweise:
Den Text erschien am 12.8.2011 bei Indymedia, von wo wir spiegelten. Weitere Artikel mit Schwerpunkt Osteuropa gibt es auf der Seite des Autors: http://www.konicz.info

Aspects psychologiques du travail dans la Grèce ancienne


Le travail est un fait humain à dimensions multiples ; son analyse requiert des études à plusieurs niveaux. Il y a une histoire technique, économique, sociale, psychologique du travail. Nos remarques concernent plus spécialement ce dernier aspect, en Grèce ancienne. Nous envisageons le travail en tant que forme particulière d'activité humaine. Nous nous interrogeons sur sa place à l'intérieur de l'homme, ses significations, son contenu psychologique. Notre perspective n'en est pas moins historique. De même qu'on n'a pas le droit d'appliquer au monde grec les catégories économiques du capitalisme moderne, on ne peut projeter sur l'homme de la cité ancienne la fonction psychologique du travail telle qu'elle est aujourd'hui dessinée.
Pour nous, toutes les tâches professionnelles, si diverses soient-elles dans le concret, rentrent dans un type de conduite unique : nous y voyons une même activité forcée, réglée, dont l'effet concerne directement autrui et qui vise à produire des valeurs utiles au groupe [2]. Cette unification de la fonction psychologique marche de pair avec le dégagement de ce que Marx appelle, dans son analyse économique, le travail abstrait [3]. En effet, pour que les diverses activités laborieuses s'intègrent les uns aux autres pour composer une fonction psychologique unifiée, il faut que l'homme, sous les formes particulières à chaque tâche, puisse saisir sa propre activité comme travail en général. Cela n'est possible que dans le cadre d'une économie pleinement marchande où toutes les formes de travail visent également à créer des produits en vue du marché. Dès lors, on ne fabrique plus tel objet pour satisfaire les besoins de tel usager. Toute tâche, agricole ou industrielle, débouche également sur la production d'une marchandise, destinée non à tel individu particulier, mais à des opérations de vente et d'achat. Par l'intermédiaire du marché, tous les travaux effectués dans l'ensemble de la société sont mis en relation les uns avec les autres, confrontés les uns aux autres, égalisés. D'où deux conséquences. En premier lieu, l'activité de travail cesse de mettre en rapport plus ou moins direct le producteur et l'usager : par la circulation générale de ses produits, le travail prend forme d'un échange généralisé à l'intérieur du corps social pris dans son tout ; il apparaît ainsi comme constituant par excellence le lien entre les divers agents sociaux, comme le fondement du rapport social. En second lieu, cette confrontation universelle des produits du travail sur le marché, en même temps qu'elle transforme les divers produits, tous différents du point de vue de leur usage, en marchandises toutes comparables du point de vue de leur valeur, transmue aussi les travaux humains, toujours divers et particuliers, en une même activité de travail, générale et abstraite.
Au contraire dans le cadre de la technique et de l’économie antiques, le travail n’apparaît encore que sous son aspect concret. Chaque tâche se trouve définie en fonction du produit qu’elle vise à fabriquer : la cordonnerie par rapport à la chaussure, la poterie par rapport au pot. On n’envisage pas le travail dans la perspective du producteur, comme expression d’un même effort humain créateur de valeur sociale. On ne trouve donc pas, dans la Grèce ancienne, une grande fonction humaine, le travail, couvrant tous les métiers, mais une pluralité de métiers différents, dont chacun constitue un type particulier d’action produisant son ouvrage propre.
 

PDF complet ici.



NOTES:
[1] La Pensée, 66 (1956), p. 80-84.
[2] Cf. l'article que I. Meyerson a consacré au « Travail, fonction psychologique », Journal de Psychologie, 1955, pp. 3-17.
[3] « Tandis que le travail, créateur de valeur d'échange, est du travail général, abstrait, égal, le travail créateur de la valeur d'usage est du travail concret et spécial qui, pour la forme et la matière, se décompose en des façons de travail infiniment diverses », K. MARX, Contribution à la critique de l'Économie politique, p. 30 de la traduction Molitor.
[4] Cf. Supra, p. 202 sq.
[5] K. MARX : Le Capital, t.II, p. 270 (traduction Molitor) : « En opposition rigoureuse avec cette accentuation de la quantité et de la valeur d'échange, les écrivains de l'Antiquité classique s'en tiennent exclusivement à la qualité et à la valeur d'usage. »
[6] Cf. Supra, p. 209.

mardi 16 août 2011

L'HOMME UNIDIMENSIONNEL

 Extraits de la préface à l'édition française, 1967.


J'ai analysé dans ce livre quelques tendances du capitalisme américain qui conduisent à une « société close » close parce qu'elle met au pas et intègre toutes les dimensions de l'existence, privée et publique. Deux résultats de cette société sont d'une importance particulière, l'assimilation des forces et des intérêts oppositionnels dans un système auquel ils s'opposaient dans les étapes antérieures du capitalisme, et l'administration et la mobilisation méthodiques des instincts humains, ce qui rend ainsi socialement dirigeables et utilisables des éléments explosifs et « antisociaux » de l'inconscient. La puissance du négatif, largement incontrôlée aux stades du développement antérieur de la société, est maîtrisée et devient un facteur de cohésion et d'affirmation. Mieux que jamais auparavant les individus et les classes reproduisent la répression subie. Car le processus d'intégration se déroule, pour l'essentiel, sans terreur ouverte la démocratie consolide la domination plus fermement que l'absolutisme; liberté administrée et répression instinctuelle deviennent des sources sans cesse renouvelées de la productivité. Sur un tel fondement la productivité devient destruction, destruction que le système pratique « vers l'extérieur » à l'échelle de la planète.

La société close sur l'intérieur s'ouvre vers l'extérieur par l'expansion économique, politique et militaire. Là également, c'est la totalité qui est en mouvement : dans cette totalité la distinction conceptuelle entre les affaires et la politique, le profit et le prestige, les besoins et la réclame n'est plus guère possible. On exporte un « mode de vie » ou celuici s'exporte luimême dans la dynamique de la totalité. Avec le capital, les ordinateurs et le savoirfaire, arrivent les autres « valeurs » : rapports libidineux à la marchandise, aux engins motorisés agressifs, à l'esthétique fausse du supermarché.
Ce n'est pas le matérialisme de cette forme de vie qui est faux, mais la nonliberté et la répression qu'elle recèle réification totale dans le fétichisme total de la marchandise. Il devient d'autant plus difficile de percer cette forme de vie que la satisfaction augmente en fonction de la masse de marchandises. La satisfaction instinctuelle dans le système de la nonliberté aide le système à se perpétuer. Telle est la fonction sociale du niveau de vie croissant dans les formes rationalisées et intériorisées de la domination.

C'est dans l'instinct de liberté non sublimé que plongent les racines de l'exigence d'une liberté politique sociale; exigences d'une forme de vie dans laquelle même l'agression et la destruction sublimées seront au service de l'Eros, à savoir construction d'un monde pacifié. Des siècles de répression instinctuelle ont recouvert cet élément politique de Eros : la concentration de l'énergie érotique dans la sensualité génitale barre la transcendance de l'Eros vers les autres « zones » du corps et vers son milieu ambiant, elle barre sa force sociale révolutionnaire et formatrice. Là où aujourd'hui la libido est déployée comme une telle force, elle doit servir le processus de production agressif et ses exigences elle s'intègre dans la valeur d'échange. Par ailleurs règne l'agression de la lutte pour l'existence à l'échelle individuelle, nationale, internationale, cette agression determine le système des besoins.

C'est pourquoi il est d'une importance qui dépasse de loin les effets immédiats que l'opposition de la jeunesse contre la « société d'abondance » lie rébellion instinctuelle et rébellion politique. La lutte contre le système, qui n'est portée par aucun mouvement de masse, qui n'est impulsée par aucune organisation effective, qui n'est guidée par aucune théorie positive, gagne dans cette liaison une dimension profonde qui compensera peutêtre un jour le caractère diffus et la faiblesse numérique de cette opposition. Ce qui est recherché ici son élaboration conceptuelle n'est qu'au stade d'une lente gestation est davantage et autre chose qu'une société fondée sur d'autres rapports de production (bien qu'une telle transformation de la base reste une condition nécessaire de la libération) : il s'agit d'une société dans laquelle les nouveaux rapports de production) et la productivité développée à partir d'eux, seront organisés par les hommes dont les besoins et les buts instinctuels seront la « négation déterminée » de ceux qui règnent dans la société répressive; ainsi les besoins non sublimés, qualitativement différents, donneront la base biologique sur laquelle les besoins sublimés pourront se développer librement. La différence qualitative se manifesterait dans la transcendance politique de l'énergie érotique, et la forme sociale de cette transcendance serait la coopération et la solidarité dans l'établissement d'un monde naturel et social qui, en détruisant la domination et l'agression répressive, se mettrait sous le principe de réalité donc la paix ; avec lui seulement la vie peut devenir son propre but, c'est à dire devenir bonheur.

Pour la première lois dans son histoire, le système rencontre des forces résistantes qui ne sont pas « de sa propre nature »; ces forces ne lui livrent pas un combat concurrentiel pour l'exploitation sur son propre terrain, mais signifient, dans leur existence même, dans leurs besoins vitaux, la négation déterminée du système le contestant et le combattant en tant que tout.
La chance de l'avenir dépend de l'arrêt de l'expansion productive et profitable (politiquement, économiquement, militairement) ; ensuite les contradictions encore neutralisées dans le processus de production du capitalisme pourraient éclater en particulier la contradiction entre la nécessité économique d'une automation progressive entraînant le chômage technologique et la nécessité capitaliste du gaspillage et de la destruction systématiques des forces parasitaires, entraînant l'accroissement du travail parasitaire.
L'expansion qui sauve le système, ou du moins le fortifie, ne peut être arrêtée que par un contremouvement international et global. Partout se manifeste l'interpénétration globale : la solidarité reste le facteur décisif, ici aussi Marx a raison. Et c'est la solidarité qui a été brisée par la productivité intégrante du capitalisme et par la toutepuissance de sa machine de propagande, de publicité et d'administration. Réveiller et organiser la solidarité en tant que besoin biologique de se tenir ensemble contre la brutalité et l'exploitation inhumaines, telle est la tâche. Elle commence par l'éducation de la conscience, du savoir, du regard et du sentiment qui saisissent ce qui advient le crime contre l'humanité.

Herbert Marcuse

lundi 15 août 2011

Another city for another life


The crisis in urbanism is worsening. The construction of neighborhoods, ancient and modern, is in obvious disagreement with established forms of behavior and even more so with the new forms of life that we are seeking. The result is a dismal and sterile ambiance in our surroundings.
In the older neighborhoods, the streets have degenerated into freeways, leisure activities are commercialized and denatured by tourism. Social relations become impossible there. The newly-constructed neighborhoods have but two motifs, which dominate everything: driving by car and comfort at home. They are the abject expression of bourgeois well-being, and all ludic preoccupations are absent from them.
Faced with the necessity of building whole towns quickly, cemeteries of reinforced concrete -- in which great masses of the population are condemned to die of boredom -- are being constructed. So what use are the extraordinary technical inventions the world now has at its disposal, if the conditions are lacking to profit from them, if they add nothing to leisure, if imagination is wanting?
We crave adventure. Not finding it on earth, some men have gone to seek it on the moon. We prefer to wager on a change on earth. We propose creating situations, new situations, here. We count on infringing the laws that hinder the development of effective activities in life and in culture. We are at the dawn of a new era and are already attempting to sketch out the image of a happier life, of unitary urbanism (the urbanism intended to bring pleasure).
Our domain, then, is the urban nexus, the natural expression of collective creativity, capable of subsuming the creative energies that are liberated with the decline of the culture based on individualism. We are of the opinion that the traditional arts will not be able to play a role in the creation of the new ambiance in which we want to live.
We are in the process of inventing new techniques; we are examining the possibilities existing cities offer; we are making models and plans for future cities. We are conscious of the need to avail ourselves of all new inventions, and we know that the future constructions we envisage will need to be extremely supple in order to respond to a dynamic conception of life, which means creating our own surroundings in direct relation to incessantly changing ways of behavior.
Our conception of urbanism is therefore social. We are opposed to all the conceptions of a ville verte, a "green town" where well-spaced and isolated skyscrapers must necessarily reduce the direct relations and common action of men. Conurbation is indispensible for the direct relation of surroundings and behavior to be produced. Those who think that the rapidity of our movements and the possibilities of telecommunications are going to erode the shared life of the conurbations are ignorant of the real needs of man. To the idea of the ville verte, which most modern architects have adopted, we oppose the image of the covered town, in which the plan of roads and separate buildings has given way to a continuous spatial construction, disengaged from the ground, and included in which will be groups of dwellings as well as public spaces (permitting changes in use according to the needs of the moment). Since all traffic, in the functional sense of the term, will pass below or on the terraces above, the street is done away with. The large number of different traversable spaces of which the town is composed form a complex and enormous space space [in its place]. Far from a return to nature, to the idea of living in a park as individual aristocrats once did, we see in such immense constructions the possibility of overcoming nature and of submitting the climate, light and sounds in these different spaces to our control.
Do we intend this to be a new functionalism, which will give greater prominence the idealized utilitarian life? It should not be forgotten that, once the functions are established, play will succeed them. For a long time now, architecture has been a playing with space and ambiance. The ville verte lacks ambiances. We, on the contrary, want to make more conscious use of ambiances; and so they correspond to all our needs.
The future cities we envisage will offer an original variety of sensations in this domanin, and unforeseen games will become possible through the inventive use of material conditions, like the conditioning of air, sound and light. Urbanists are already studying the possibility of harmonizing the cacophony that reigns in contemporary cities. It will not take long to encounter there a new domain for creation, just as in many other problems that will present themselves. The space voyages that are being announced could influence this development, since the bases that will be established on other planets will immediately pose the problem of sheltered cities, and will perhaps provide the pattern for our study of a future urbanism.
Above all, however, the reduction in the work necessary for production, through extended automation, will create a need for leisure, a diversity of behavior and a change in the nature of the latter, which will of necessity lead to a new conception of the collective habitat with a maximum of space space, contrary to the conception of a ville verte where social space is reduced to a minimum. The city of the future must be conceived as a continuous construction on pillars, or, rather, as an extended system of different structures from which are suspended premises for housing, amusement, etc., and premises destined for production and distribution, leaving the ground free for the circulation of traffic and for public messages. The use of ultra-light and insulating materials, which are being experimented with today, will permit the construction to be light and its supports well-spaced. In this way, one will be able to create a town on many levels: lower level, ground level, different floors, terraces, of a size that can vary between an actual neighborhood and a metropolis. It should be noted that in such a city the built surface will be 100% of that available and the free surface will be 200% (parterre and terraces), while in traditional towns the figures are some 80% and 20%, respectively; and that in the ville verte this relation can even be reversed [20% and 80%, respectively]. The terraces form an open-air terrain that extends over the whole surface of the city, and which can be sports fields, airplane and helicopter landing-strips, and for the maintenance of vegetation. They will be accessible everywhere by stair and elevator. The different floors will be divided into neighborhing and communicating spaces, artificially conditioned, which will offer the possibility of create an infinite vaiety of ambiances, facilitating the derive of the inhabitants and their frequent chance encounters. The ambiances will be regularly and consciously changed, with the aid of every technical means, by teams of specialized creators who, hence, will be professional situationists.
An in-depth study of the means of creating ambiances, and the latter's psychological influence, is one of the tasks we are currently undertaking. Studies concerning the technical realization of the load-bearing structures and their aesthetic is the specific task of plastic artists and engineers. The contribution of the latter is an urgent necessity for making progress in the prepatory work we are undertaking.
If the project we have just traced out in bold strokes risks being taken for a fantastic dream, we insist on the fact that it is feasible from the technical point of view and that it is desirable from the human point of view. The increasing dissatisfaction that dominates the whole of humanity will arrive at a point at which we will all be forced to execute projects whose means we possess, and which will contribute to the realization of a richer and more fulfilled life.
http://www.notbored.org

(Written by Constant and published in Internationale Situationniste #2 December 1958.)

Que le ridicule ne tue pas


 
Nous avons déjà fait remarquer la censure ridicule et massive qui s'est abattue sur l'article Nicolas Sarkozy de wikipedia : rien ne figure de ses deux seules idées (pour ne pas dire obsessions) et lignes directrices qu'il partage avec le FN : discours sécuritaire et discours anti-immigrés, les immigrés étant présentés comme cause de tous les maux, doublé d'un discours qui épingle l'islam 1-, ce qui précisément fait le lit du FN, 2- ce dont précisément wikipedia ne parle pas non plus, soit les rapports UMP-FN) et les résultats de la politique de Sarkozy pour le pays. Pas plus que ne sont présentées de manière synthétisée et analysée, de sorte à faire sens, les pires mesures anti-sociales, en faveur des très riches et les plus graves pour l'intérêt public, prises par celui-ci, rien de leur signification et conséquences. Paquet fiscal, mesures pour démanteler les services publics, privatisation de la Poste, des Telecom et les allégements de personnel et les conditions de travail qui ont suivie provoquant les immenses malaises et nombreux suicides que l'on a connu, diminution drastiques des fonctionnaires dans la police, la santé, l'éducation, 3- abandon de la Justice, sur fond de mise en cause des responsabilités et qualités des professionnels  constamment attaqués, le tout doublé d'un certain nombre de lois liberticides qui ne sont pas présentées dans leur contenu par la fameuse "encyclopédie".
 
Cet article sur  Nicolas Sarkozy ne passe pas la censure wikipédienne digne du régime coréen (du Nord) et celui sur son fils Jean se perd dans une apologie grotesque du personnage, un jeunot qui n'a aucune expérience professionnelle ni aucun diplôme universitaire et finit par décrocher à 24 ans sa 2° année de droit, péniblement obtenue en  4 ans et grâce à un régime d'exception à lui accordé pour cause qu'il est le fils de son papa.
 
Même ridicule apologie sur l'article du père que sur celui du fils, Jean Sarkozy.
Le jeune blanc bec qui n'a pour l'instant d'autre qualité que d'être le fils de son père se voit gratifié par wikipedia du titre d'"homme politique" (sic!) et l'article se perd en détails sur ses supposées actions, alors qu'il n'a strictement rien fait,  et supposées autres responsabilités, qui ne sont que parachutages grossiers ayant fait scandale qui ont fait suffisamment de bruit pour ne pouvoir être ignorées, ce qui a du reste contribué aux échecs électoraux subis par la sarkozie dans les Hauts de Seine.
 
On ne saurait assez conseiller à nos brillants rédacteurs wikipédiens de s'informer sur la biographie intellectuelle du jeune Sarkozy, pour fournir leur article en informations exactes et pertinentes qui figurent parmi d'autres sources sur le blog de Yann Savidan  qui retrace l'itinéraire scolaire du fils du Président de la République.
 
Né en 1986, Jean Sarkozy  à l'inverse de son père réussit son bac avec facilité (Nicolas, lui, fut collé à l'écrit et ne l'obtint que grâce au rattrapage). Il  obtient la mention Bien et fort de ce succès, tente une hypokhâgne au lycée Henri-IV, qu'il abandonne presque aussitôt.  Il essaye ensuite une classe préparatoire à l'ENS Cachan, en droit et gestion au lycée Turgot à Paris, mais l'abandonne vite là encore. Puis il suit  des cours de théâtre entre 2005 et 2006 et abandonne là encore cette formation. En 2007 il entre à l'université  pour tenter des études de droit.
Passée sa première année, il échoue deux fois en deuxième année. La règle veut que l'on ne peut disposer de plus de deux ans pour passer un examen qui valide une année à l'université.  Cependant en 2009, il obtient une dérogation pour suivre pour la troisième fois les cours de la deuxième année. Il se dispense de suivre les cours à l'université, où il n'a jamais été vu, et suit les cours par correspondance. Finalement et grâce à ce traitement de faveur il obtient à 24 ans passés, en octobre 2010, son diplôme de deuxième année de droit.
 
En clair hormis le fait d'être fils de son père le jeune Sarkozy n'a pour l'instant rien à son palmarès. Wikipedia donne cependant de lui une image tout autre, comme s'il avait derrière lui une carrière politique. On se pince pour ne pas rire.
 
La biographie intellectuelle de  Nicolas Sarkozy est intéressante. et significative. Etablie par Alain Garrigou professeur de sciences politiques à l'Université Parix X Nanterrre la formation de Nicolas sarkozy est ainsi présentée : la revanche d'un cancre
 
" L’histoire universitaire et le rapport malheureux de Nicolas Sarkozy à celle-ci permettent de comprendre la politique de mépris qu’avec constance ses affidés développent à l’endroit de la recherche et des chercheurs, de l’université et des universitaires. Preuves à l’appui.
 
Les propos de Nicolas Sarkozy sur l’université et la recherche trahissent une implication personnelle qui n’obéit pas seulement à la centralisation présidentielle du pouvoir. Il ne suffit pas de mettre en cause les conseillers et la plume du discours du 22 janvier 2009 sur « une stratégie nationale de recherche et d’innovation » alors que des passages improvisés de cette allocution prennent un ton acrimonieux et que bien d’autres interventions confirment un solide ressentiment. Pendant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s’en prenait par exemple à celui qui avait mis la princesse de Clèves au programme du concours d’administration centrale : « Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur la princesse de Clèves. Imaginez un peu le spectacle » (23 février 2007 à Lyon). Depuis, les propos méprisants se sont multipliés contre les scientifiques ou des sciences. En février 2008, la mise en place d’une commission présidée par le professeur Guesnerie, visait à donner une caution académique aux reproches adressés à un enseignement qui négligerait l’entreprise, accorderait trop de place à la macroéconomie et à la sociologie et préparerait, on le devine, à des pensées politiquement subversives. Toutefois, la commission Guesnerie conclut à une excellente qualité d’ensemble des manuels. Les attaques contre la section économique et sociale ont néanmoins continué en prenant parfois le ton du persiflage au nom d’une compétence peu évidente. Ainsi, le 27 janvier 2009, Nicolas Sarkozy ressassait-il son hostilité devant un nouveau public : « Il y a une filière économique pour vos enfants. C’est une blague. Mettez vos enfants dans la filière ES, ils ne pourront pas se permettre de se présenter dans les meilleures écoles économiques ».
 
Titres de compétence ? Les sociologues savent bien que les jugements en disent souvent plus sur leurs auteurs que sur les choses dont ils parlent. Or les études de Nicolas Sarkozy n’ont pas été si brillantes ni spécialisées qu’elles l’autorisent à juger de haut les questions d’orientation scolaire et de pédagogie. Par contre, elles ont été assez médiocres pour nourrir son ressentiment personnel qui, en affinité avec l’humeur anti-intellectuelle des milieux qui le soutiennent, explique largement la « petite guerre » faite aujourd’hui aux scientifiques et universitaires."
 
Wikipedia partage ce mépris des études et des universitaires. On comprend qu'elle ne reproduise pas un mot de ces analyses du rapport du Président à l'École, aux professeurs et à la culture qu'ils dispensent.
 
La biographie de Nicolas précédemment faite sur le  blog de  Yann Savidan est intéressante et également  ignorée par wikipedia. Non que l'art de gouverner s'apprenne à l'école ni ne se mesure aux diplômes obtenus, mais issu d'un milieu favorisé ayant fréquenté les meilleures écoles se profile pourtant un élève durablement médiocre, ce qui permet de comprendre les bourdes monumentales à répétition de notre Président en matière de culture, ainsi que sa haine des professeurs et des études, traits qu'il partage certainement avec les wikipédiens qui le soutiennent en dissimulant ses lacunes .
 
" Chef d'État médiocre, il fut par le passé élève médiocre, un bachelier médiocre et un étudiant médiocre. Mais aucune trace de cette médiocrité dans son curriculum vitae. Et pour cause, il l'a customisé, le fripon.

Officiellement Notre Souverain Éclairé serait titulaire d'une maîtrise de droit privé, d'un certificat d'aptitude à la  profession d'avocat, d'un DEA de sciences politiques obtenu avec mention et aurait fait des études à l'Institut d'Études politiques de  Paris.

La plupart de ces titres  universitaires seraient faux.

Une enquête menée par Alain Garrigou, professeur de sciences politiques à Nanterre le prouve
En parcourant l'annuaire des anciens élèves de Sciences Po, il a  pu constater que Sarkozy de Nagy Bosca n'y figure pas, ce qui  signifie qu'il n'a pas mené  ses études à leur terme et ne peut  donc  se parer du titre d'ancien élève réservé aux seuls diplômés.
Et son DEA ? Pourquoi n'en trouve-t-on aucune trace dans les archives de  Paris X  Nanterre
Tout simplement parce que si le candidat Sarkozy  apparaît  bien dans le procès verbal de la première session, il est  ajourné  pour ne pas s'être présenté à  l'épreuve écrite terminale et  n'avoir  pas rendu son mémoire.
Et son certificat d'aptitude à la profession d'avocat ? Obtenu sur le fil avec la note médiocre de 20/40 (7/20 à la  première épreuve et 13/20 à la seconde)
Mais rappelons aussi, pour compléter le tableau, les notes obtenues au bac par le candidat 18917 en 1973  (Jury 80, lycée Molière) :
  • 7/20 à l'épreuve écrite de français  et  12 à l'oral (voilà pourquoi il s'exprime toujours dans un idiome  approximatif) 
  • 9/20 en philo 
  • 8/20 en maths (il a néanmoins su s'augmenter de  200 % !)
  • 10/20 en anglais "magnifical" s'exclama-t-il un jour en  présence  la reine d'Angleterre) 
  • 11/20 en économie (on n'est pas  sorti  de la crise ! ).
Avec 142 points sur 300, le candidat 18917 fut recalé  et  fut obligé de  se présenter au repêchage.

Ne nous étonnons donc plus des propos méprisants qui sortent  donc de la bouche de cet élève médiocre et rancunier qui a tant souffert de ne jamais avoir été reconnu, "à sa juste  valeur" par ses  professeurs."
 

 
note 1- voir d'Eric Fassin, professeur de sociologie à l'ENS,  sur  Libération
 
" Dans le Malade imaginaire, Toinette, qui joue à caricaturer les médecins de l’époque, n’a qu’un diagnostic à la bouche : «Ce sont tous des ignorants. C’est du poumon que vous êtes malade.» Argan peut bien énumérer ses multiples symptômes : «Je sens de temps en temps des douleurs de tête. - Justement, le poumon. - Il me semble parfois que j’ai un voile devant les yeux. - Le poumon. - J’ai quelquefois des maux de cœur. - Le poumon.» Qu’importe la question ? La réponse est toujours la même.
Molière pousse encore plus loin la satire. Ne peut-on être malade à son insu ? A l’hypocondriaque, il suffit de suggérer d’autres maux, dont il ignorait encore souffrir. Le plus inquiétant, c’est de bien se porter. «Vous avez appétit à ce que vous mangez ? Vous aimez à boire un peu de vin ? Il vous prend un petit sommeil après le repas, et vous êtes bien aise de dormir ?» Il n’est nullement besoin qu’un problème existe pour lui trouver une solution. «Le poumon, le poumon, vous dis-je.»
Aujourd’hui, ce sont les médecins de Molière qui nous gouvernent : une même réponse à tous les problèmes. Le niveau de vie recule ? L’islam. L’insécurité s’installe ? L’islam. L’incertitude monte sur la scène internationale ? L’islam. Le Front national gagne du terrain, en même temps que l’islamophobie ? L’islam, vous dis-je." [...]
 
note 2- voir une série d'articles du Monde qui traitent de cette question
 
note 3- voir  détail concret des conséquences à l'échelle d'un quartier de Paris

dimanche 14 août 2011

3 janvier 1973: Réforme de la Banque de France

Principe de la Dette des Etats:

On assiste à la "prise de contrôle" directe par le  marché des finances étatiques.

Dans la loi portant sur la réforme des statuts de la banque de France, nous trouvons en particulier cet article 25 très court, qui bloque toute possibilité d’avance au trésor :
« Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France. »
Ce qui signifie que l’article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 interdit à la Banque de France de faire crédit à l’État, condamnant la France à se tourner vers des banques privées et à payer des intérêts ; alors qu’avant cette loi, quand l’État empruntait de l’argent, il le faisait auprès de la banque de France qui, lui appartenant, lui prêtait sans intérêt.
Autrement dit : auparavant, l’État français avait le droit de battre monnaie, et avec cette nouvelle loi, il perd ce droit qui est du même coup légué aux banques privées, qui en profitent pour s’enrichir aux dépends de l’État en lui prêtant avec intérêt l’argent dont il a besoin.
Cette décision correspond à une privatisation de l’argent et ramène la nation au même rang que n’importe lequel de ses citoyens.
L’accroissement sans fond de la dette publique trouve son origine précisément là. Voici en effet un graphique représentant l’évolution de la dette, avec et sans intérêt. La courbe rouge représente bien sûr la dette constatée, calculée avec les intérêts.
La dette à fin 1979 était de 239 milliards d’euros (*), déjà injustifiables ; la dette à fin 2008 s’établit à 1327 milliards d’euros ! Ainsi, entre 1980 et 2008, la dette a augmenté de 1088 milliards d’euros et nous avons payé 1306 milliards d’euros d’intérêts.
1327 - 1306 = 21 Milliards d’Euros ! : Si nous avions pu créer notre monnaie — faire exactement ce qu’ont le droit de faire les banques privées —, la dette publique serait quasiment inexistante aujourd’hui.
Georges Pompidou a été le directeur général de la banque Rothschild ; il en était le valet, il n’est par conséquent pas étonnant qu’il ait fait cette loi du 3 janvier 1973 qui interdit à l’État français de battre monnaie et qui a endetté la France d’une façon structurelle et incommensurable auprès de banques privées comme la banque Rothschild.
C’est pourquoi, cette loi, je propose de l’appeler désormais la loi Rothschild.
http://mai68.org
NOTE (*) : La dette à la fin 1979 était en réalité de 82,8 milliards d’Euros, soit 21% du PIB ; mais en tenant compte de l’inflation, cela fait aujourd’hui 239 milliards d’Euros.
Georges Pompidou fit parti du cercle restreint des proches du général de Gaulle, et cette proximité lui valut d’être nommé chef de son cabinet d’avril 1948 à 1953.
En 1953, il entra à la banque Rothschild, où il occupa rapidement les fonctions de directeur général et d’administrateur de nombreuses sociétés. Ce fut pour lui l’occasion de participer à la vie économique du pays, d’accroître le champs de ses compétences et d’établir un éventail plus large de relations. Georges Pompidou s’installa à l’Élysée le 15 juin 1969. Son mandat fut écourté par son décès le 2 avril 1974 à Paris.

samedi 13 août 2011

De nouvelles pannes à la station d’épuration


Fukushima:



Jeudi une pompe de la station d’épuration est tombée en panne, le lendemain une alarme est également tombée en panne (panne qui a duré environ 7 heures). Les pompes de la station d’épuration sont à nouveaux tombées en panne dimanche vers 7 heures (du matin).
Par ailleurs, TEPCO a commencé à tester une nouvelle unité de désalinisation par évaporation. Elle devrait permettre de réduire la quantité d’eau salée d’environ 30%.
Une vaste opération de décontamination est prévue dans la ville de Minamisôma, dont le centre-ville sera traité en premier. Pour le moment il n’y a pas de plan spécifique pour le reste de la ville et les forêts. Minamisôma est une ville qui se trouve à tout juste 25 kilomètres au nord de la centrale de Fukushima.
Le gouvernement japonais est revenu sur les recommandations d’évacuation concernant les lieux au-delà des 20 kilomètres autour de la centrale : de nombreuses villes ne sont désormais plus concernées.
On apprend que selon un ancien chercheur de institut de recherche de l’énergie atomique japonais (qui est devenu l’Agence japonaise de l’énergie atomique) il y a eu 2 fusions dans le réacteur n°3. En effet, dans un premier temps celui-ci a été à sec durant 6 heures le 13 mars. Puis, après avoir reçu près de 300 tonnes d’eau par jour pendant une semaine, cette quantité est passée à 24 tonnes d’eau par jour pendant 3 jours en raison de la pression qui a augmenté. Ce qui représente entre 11 et 32 % de la quantité d’eau nécessaire pour diminuer la température du cœur du réacteur. Ainsi, avec de telles conditions, le cœur peut très bien entrer en fusion en une journée. D’autant plus si l’on considère le fait que la pression est montée brusquement le 21 mars.
Le combustible en fusion aurait percé la cuve et atteint l’enceinte de confinement, ce qui expliquerait les fumées noires qui sont sorties du réacteur entre le 21 et le 23 mars (réaction entre le corium (cœur fondu) et le béton de l’enceinte de confinement).

vendredi 12 août 2011

Brennende Löschfahrzeuge


Dermaßen rasant sind die Aktienkurse seit der Pleite des Bankhauses Lehman Brothers im Herbst 2008 nicht mehr gepurzelt. Welt Online zufolge haben sich in der vergangen Woche weltweit Vermögenswerte von fünf Billionen Dollar in Luft aufgelöst. Nach der Herabstufung der Bonität von US-Staatsanleihen durch die Rating Agentur Standard & Poor’s dürfte es an den Finanzmärkten noch weiter bergab gehen.
Seit ihrem Aufstieg zur Basisindustrie des kapitalistischen Weltsystems in den achtziger Jahren musste die Finanzindustrie schon manchen herben Rückschlag hinnehmen. Das derzeitige Geschehen hat aber eine neue Qualität. Bei allen früheren Krisenschüben in den kapitalistischen Zentren übernahm der verschuldungsbereite Staat den Part des Löschfahrzeugs. Diesmal stellt das Löschfahrzeug von einst den Brandherd dar.
Diese Verschiebung des Ausgangspunkts der Krise kommt nicht von ungefähr, sondern ist das logische Resultat der früheren Krisenbewältigung. Ob New-Economy-Crash oder die große Finanzmarktkrise von 2008 – die Kapitalmärkte kamen ins Rutschen, weil sich die in ihren Renditeerwartungen enttäuschten Anleger massenhaft von vorher hoch gehandelten privatwirtschaftlichen Hoffnungsträgern abwandten und aufhörten, die Aktien von »Zukunftsunternehmen« zu kaufen oder neue unsichere Hypothekenkredite zu gewähren. Es blieb den staatlichen Instanzen überlassen, eine drohende weltwirtschaftliche Abwärtsspirale zu verhindern. Die Zentralbanken stellten durch eine Politik des billigen Geldes den Rohstoff für die Bildung neuer, noch größerer Finanzblasen zur Verfügung. Die öffentliche Hand bremste mit einer expansiven Ausgabenpolitik die Talfahrt der sogenannten Realwirtschaft
und überbrückte durch die beschleunigte Ausweitung ihrer Verschuldung die Zeit, bis die Dynamik fiktiver Kapitalschöpfung mit einem neuen privatwirtschaftlichen Hoffnungsträger wieder auf Touren kam. Nach dem Dot-Com-Crash von 2000 war dieser Vorgehensweise noch Erfolg beschieden. Zwei, drei Jahre schwächelte die Weltkonjunktur, dann waren Folgeblasen wie die US-Immobilien-Blase stark genug, um die Weltwirtschaft wieder wachsen zu lassen. Nach der Finanzmarktkrise von 2008 etablierten sich keine neuen privatwirtschaftlichen Hoffnungsträger mehr. Zwar ließ sich durch eine extreme Niedrigzinspolitik und die Verstaatlichung der Spekulationsverluste der Zusammenbruch der Finanzmärkte aufhalten und mit Konjunkturprogrammen die Realwirtschaft stabilisieren; die private finanzindustrielle Produktion blieb aber unter dem Niveau, das eine Begrenzung der Staatsverschuldung erlaubt hätte. 15 Billionen Dollar haben sich die Staaten der Welt die Bewältigung der Krise von 2008 kosten lassen, was die Gesamtverschuldung
aller Staaten auf 39 Billionen Dollar dramatisch anwachsen ließ.
Besserung ist nicht in Sicht. Die Staatsverschuldung ist selbst zur wichtigsten Blase der Finanzindustrie geworden, und genau die ist jetzt im Platzen begriffen. Die Wirtschaftspolitik befindet sich in einem heillosen Dilemma. Einerseits muss die Ausdehnung der Staatsverschuldung weitergehen, um eine Deflation zu vermeiden. Gleichzeitig ist die Ankündigung einer baldigen Haushaltskonsolidierung unerlässlich, um die Kreditwürdigkeit des Staats zu simulieren. Diese strukturelle Double-bind-Situation bildet den Hintergrund für die akute Panik, die seit voriger Woche die Finanzmärkte erfasst hat. Weder für Europa noch für die USA lässt sich entscheiden, was die Talfahrt der Aktienkurse mehr beschleunigt hat: die Furcht vor der deflationären Wirkung der angekündigten neuen Sparmaßnahmen oder die Sorge um die Bonität der staatlichen Schuldner.
Umso klarer ist, welcher Ausweg in dieser verfahrenen Situation noch bleibt. Auf sich gestellt hat die Wirtschaftspolitik zwar keine Spielräume mehr, aber noch eine geldpolitische Option. Die Zinsen können die Zentralbanken angesichts bereits extrem niedriger Leitzinsen zwar nicht mehr senken, dafür kaufen die Zentralbanken die Anleihen ihrer notleidenden Staaten auf. Damit eröffnen sie zum einen den Staaten neue Verschuldungsmöglichkeiten und verhindern zum andern zunächst die Entwertung der in der Finanzindustrie platzierten Staatspapiere. Der ideelle Gesamtkapitalist macht etwas, was kein anderer kann, er verschuldet sich bei sich selbst.
Vor einigen Jahren galt genau das noch als größter denkbarer Sündenfall wider die Geldwertstabilität. Nicht zu Unrecht: Eine Zentralbank, die statt rentierlicher Papiere Staatspapierschrott als Währungsreserve einlagert, verlagert die Krise auf ein neues Feld. Die Entwertung von Staatsschulden wird vertagt, an ihre Stelle tritt die schleichende Entwertung des Geldes. Der Schritt von der Krise der Staatshaushalte zur Krise des Geldmediums stellt die nächste logische Stufe des Krisenprozesses dar. Der Kapitalismus überwindet seine Krisen, indem er die nächste größere vorbereitet. Das wusste schon Karl Marx. Noch nie ging die Verwandlung des Löschmittels der letzten Krise in den Brennstoff der nächsten Krisen derart rasant vonstatten wie heute.

(Dieser Text erschien in der Jungle World 32/2011)

jeudi 11 août 2011

L'honneur perdu du travail

Le socialisme des producteurs comme impossibilité logique


L'ontologie du travail

Dans l'horizon de l'ontologie du travail, aucun socialisme n'est possible. Autrement dit, la forme marchande de la reproduction sociale ne peut être dépassée que si le « travail » l'est aussi. Ce fait est toutefois impensable tant dans la conception typique du socialisme du mouvement ouvrier traditionnel, que dans celle de son antagoniste bourgeois. Chez Marx non plus le problème ne semble pas encore clairement posé. Bien que Marx invoque effectivement (aussi et surtout dans les écrits de jeunesse) la nécessité d'un dépassement du « travail », par contre dans maints passages, il formule une ontologie de ce même « travail ». Seules seraient donc mises en question les formes socio-historiques du travail et non de son existence même supposément éternelle.

Cette contradiction s'explique par les conditions encore insuffisantes de développement du processus capitaliste de socialisation et de scientifisation. L'objectif du socialisme ne peut être la « libération du travail », mais seulement et exclusivement « se libérer du travail ». Il convient de préciser dès maintenant que ce qui est en jeu ici, ce n'est pas la forme de l'activité humaine tout court, comme « échange organique avec la nature », mais toujours et seulement le « travail abstrait » qui s'incarne dans la forme marchande ou forme valeur, c'est-à-dire la « dépense de la force-travail humaine » comme fin en soi, dans les conditions matérielles établies par la concurrence des sujets sur le marché. Il est nécessaire de mieux expliciter cette identité entre le concept de travail en tant que tel et le travail abstrait lié à la forme marchande, identité qui rend impossible un dépassement de la marchandise et de l'argent au sein de l'ontologie du travail.

a. Le travail comme catégorie réelle comprend déjà le « non-travail », soit des sphères qui se trouvent au-delà du travail, et des domaines sociaux séparés du processus du travail. Le travail qui prend la forme de travail séparé du temps libre, de la politique, de la culture, de l'art, etc. est toujours et déjà travail abstrait. C'est seulement le rapport capitaliste comme forme-valeur déployée que d’avoir produit dans sa forme pure cette séparation réelle entre le travail et les autres moments du processus de reproduction sociale. Dans le passé, cette séparation existait seulement sous forme embryonnaire, dans la séparation entre les « producteurs immédiats » et les classes exemptées du processus de travail qui s'appropriaient le surplus matériel. Par contre, dans les sociétés primitives pré-classistes on trouve encore la totalité immédiate du processus reproductif1 dans lequel n'existent ni le « travail », ni le « temps libre » ni la « culture » en tant que sphères particulières. Cette identité immédiate du processus vital en tous ses moments se perpétue à l'intérieur du processus de reproduction des producteurs immédiats dans les formations pré-capitalistes jusqu'au seuil de l'industrialisation et de la division capitaliste du travail.

Robert Kurz




London Calling


Critiquer la Marchandise par le vol et le pillage, c'est encore lui accorder cette Valeur qui n'est pas la Richesse ! 

Comme en Angleterre !!


«Ce n'est pas une révolte, mais du shopping instantané de masse…»

Si les gangs ont mené les charges et les actions les plus violentes, ils étaient entourés de «badauds» de l'émeute, qui ont donné de l'ampleur au pillage.

«Dans la rue entièrement pillée de Croydon, un seul magasin était indemne : la librairie !» 

«Il ne s'agit «pas de politique mais de vol»  dit un premier ministre dépassé et qui fait appel à l'armée, preuve de son incapacité a maintenir son Ordre ...

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