lundi 8 août 2011

Sur les « traitements » en prison


Avertissement : le but de ce texte est d’apporter quelques informations sur les médocs et sur la pratique des électrochocs, notamment sur leurs effets secondaires reconnus cliniquement par l’institution et les labos. Ça ne rendra jamais compte de la réalité vécue par celui ou celle qui subit ces « traitements ». Nous ne partageons en rien le discours officiel médical, sur la catégorisation des troubles ou la valeur des traitements médicamenteux. La consommation de médicaments psychotropes en prison est largement supérieure à celle de la population en général, qui en France consomme déjà beaucoup plus de psychotropes que la population mondiale. Les effets secondaires décrits ici sont fonction des doses et des mélanges ; on sait qu’en taule les fortes doses et les cocktails sont monnaie courante.


La pharmacie d’une prison est une pharmacie hospitalière comme les autres, sauf que la maîtrise de la distribution du médicament est une illusion. S’il y a obligation de traiter le prisonnier, pas toujours consentant, c’est certainement avec beaucoup de difficultés (l’utilisation de formes orales sèches est toujours préférée) dans les conditions sécuritaires des établissements pénitentiaires. Il n’empêche que la consommation de médicaments psychotropes en prison est largement supérieure à celle de la population en général, qui en France consomme déjà beaucoup plus de psychotropes que la population mondiale. Les prisonniers ingurgiteraient 30 % de neuroleptiques pour 70 % d’anxiolitiques.
Les neuroleptiques ou antipsychotiques sont des médicaments à effet neurobiologie utilisés dans le traitement de certaines affections du système nerveux central : psychoses (troubles délirants aigus ou chroniques) et dans les états d’agitation (accès maniaque, par exemple). Ils ont pour but de réduire les symptômes psychotiques. Il y a deux catégories de neuroleptiques : ceux qui traitent les symptômes positifs ou productifs : hallucination, délire, agitation, angoisse. Et ceux qui sont destinés aux symptômes négatifs ou déficitaires  : autisme (retrait du monde extérieur compensé par une prédominance de la vie intérieure), repli affectif, apragmatisme (incapacité à entreprendre des actions). Il y a deux générations de médicaments ; l’ancienne : Haldol, Tercian, Solian, Largactil, Théralène. Et la nouvelle : Zyprexas, Risperdal, Loxapac. Les effets indésirables généraux sont les mêmes que ceux des antidépresseurs, auxquels s’ajoutent : troubles de la mémoire ; troubles lipidiques et glucidiques (majorant le risque cardio-vasculaire) ; troubles neurologiques (aigus ou tardifs pouvant survenir des années après une prise unique) pouvant se rapprocher du syndrome parkinsonien (tremblement, rigi- « traitements » : les cachets, l’électricité dité, lenteur, mouvements anormaux) ; effets extrapyramidaux (révulsion des yeux, trismus, difficultés de déglutition, torticolis spasmodique ; dyskinésies tardives se manifestant par des balancements du tronc, des piétinements, des mouvements de mastication ; troubles psychiques : syndromes d’indifférences psychomotrice ; état dépressif dû soit au produit, soit à la disparition du délire ; syndrome confusionnel quelquefois ; troubles neurovégétatifs : hypotension artérielle orthostatique, parfois hypothermie ; troubles digestifs : constipation et sécheresse de la bouche ; troubles endocriniens et métaboliques  : syndrome d’aménorrhée et galactorrhée (arrêt des règles et écoulements mammaires), perte de la libido, frigidité et impuissance. Par ailleurs, le « syndrome (plusieurs symptômes associés) malin des neuroleptiques  » est un accident grave qui associe hyperthermie (fièvre de plus de 40°), tachycardie (pouls à 140-160 par minute), polypnée (ralentissement du rythme respiratoire), sueurs, pâleur. Ce syndrome s’installe en trente-six à quarante-huit heures, soit à l’occasion d’un changement de traitement, soit chez un patient nouvellement traité. Le syndrome malin nécessite un transfert d’urgence en service de réanimation ; le pronostic vital est alors en jeu.
Un antidépresseur est un médicament principalement prescrit dans le traitement de certaines dépressions et de certains troubles anxieux (attaque de panique, troubles obsessionnels et compulsifs), des troubles du sommeil, et dont les effets, lorsqu’ils sont favorables, apparaissent après 2 ou 3 semaines en moyenne. Dans l’état actuel des connaissances, les antidépresseurs modernes ne provoquent pas d’accoutumance ni de dépendance, bien que l’arrêt brutal du traitement puisse engendrer des effets "rebond" transitoires. Les effets indésirables surviennent dans 10 % dans des cas, si l’on respecte la dose indiquée, et sont : sédation (somnolence) ; prise de poids ; bouche sèche, constipation, troubles visuels ; épisodes d’hypotension orthostatique (malaises, étourdissements). La levée d’inhibition dans les 48 à 72 heures du début du traitement entraîne une majoration transitoire du risque suicidaire. Les antidépresseurs sont séparés en 2 classes : la première regroupe l’Anafranil et le Laroxyl. Leur effet indésirable principal est une toxicité cardiaque. Ils sont de ce fait moins utilisés que ceux de la seconde classe. Celle-ci est représentée par le Prozac qui entraîne, lui, des risques de dépendance avec syndrome de sevrage à l’arrêt (anxiété, vertiges, nausées, troubles du sommeil), troubles digestifs, troubles de la libido, troubles du sommeil, vertiges, tremblements, maux de tête.

Les benzodiazépines sont une classe de médicaments aux propriétés hypnotiques, anxiolytiques, antiépileptique, anamnesiantes. Les benzodiazépines sont souvent utilisées pour soulager à court terme l’anxiété, l’insomnie sévère ou incapacitante. L’usage à long terme peut être problématique à cause de l’apparition d’une tolérance (accoutumance) et d’une addiction (dépendance). On pense qu’elles agissent sur le récepteur des GABA (neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central) dont l’activation tempère l’activité des neurones. Elles sont apparues dans les années 1960. Ce sont le Valium, Lexomil, Rivotril, Temesta, Seresta, Tranxène, Xanax, Rohipnol. Elles ont une toxicité hépatique et sont contre-indiquées dans les troubles respiratoires sévères. Leurs effets indésirables sont : sédation avec ses complications fréquentes : obstruction des voies respiratoires, hypotension et apnée ; troubles de la mémoire ; hypotonie des muscles de la gorge pouvant entraîner un gène, une dépression respiratoire lorsqu’ils sont administrés par voie intraveineuse et à fortes doses ; somnolence  ;confusion ;chutes ; dépendance avec un syndrome de sevrage pouvant aller jusqu’à la crise d’épilepsie, accoutumance et toxicomanie.
C'est le principal composant de la "Fiole"  administré en zonzon et responsable de milliers de toxicomanies...
Jamais de Benzos camarades ! Voir conseils ASUD 
Ajoutons que ces substances sont fortement addictives et que la décroche s'accompagne fréquemment de crises épileptiques.
Les thymorégulateurs (régulateur de l’humeur) sont utilisés dans les troubles bipolaires (anciennement psychose maniaco-dépressive). Il s’agit du sel de Lithium ( carbonate de lithium, le citrate de lithium ou l’orotate, vendu sous le nom de Thevalithe) et de plusieurs antiépileptiques  : le Tegretol, le Depakote ou Dépakine et le Valpromide. Les effets indésirables généraux sont : prise de poids, sédation, ralentissement, fatigue, troubles digestifs et visuels, tremblements, vertiges. Selon la molécule utilisée, on peut constater l’atteinte d’un organe spécifique (thyroïde, coeur, foie, pancréas, rein, peau).
L’electroconvulsivothérapie (ECT, en fait les électrochocs) est utilisée dans les dépressions sévères et les psychoses, épisode maniaque, résistantes aux médicaments. Elle est également souvent utilisée en première intention dans les pathologies psychiatriques de la femme après l’accouchement et chez les personnes âgées. Elle n’assure pas de prophylaxie (ne soigne pas), à moins qu’elle ne soit administrée au long cours comme traitement d’entretien (hebdomadaire, bihebdomadaire ou mensuel). Effets indésirables : troubles cognitifs à type de confusion transitoire de durée brève ; ce trouble s’atténue généralement après 10 à 20 minutes et disparaît en 2 heures. La confusion mentale est habituellement plus prononcée après les premières séances d’ECT, et chez les patients qui reçoivent une ECT bilatérale ou qui ont des troubles neurologiques concomitants. L’effet indésirable le plus gênant de l’ECT est la perte de mémoire. Les troubles mnésiques en cours de traitement sont quasiment inévitables. L’ECT peut engendrer secondairement des troubles mnésiques de type amnésie antérograde et/ou rétrograde. Ces troubles sont le plus souvent transitoires. L’amnésie antérograde disparaît constamment. L’amnésie rétrograde peut être durable chez certains patients. La sévérité des troubles est liée au nombre total de séances d’ECT, au placement des électrodes (plus marquée en position bilatérale qu’en position unilatérale), à l’utilisation d’un courant sinusoïdal (anciens appareils). Par exemple, un patient peut ne pas se rappeler les événements l’ayant conduit jusqu’à l’hospitalisation et l’ECT et de telles lacunes de la mémoire autobiographique peuvent ne jamais être comblées. D’autres effets indésirables (céphalées, nausées, douleurs musculaires) s’amendent rapidement après les séances. La mortalité est estimée à 1 pour 10000 patients traités (c’est-à-dire comparable à celle liée à l’anesthésie générale pour les interventions chirurgicales mineures) ou 2 pour 100000 séances d’ECT. Le taux de morbidité actuel est estimé à 1 accident pour 1 300 à 1 400 séances. La morbidité consiste en : laryngospasme, traumatisme dentaire, luxation ou fracture, défaillance circulatoire, état de mal épileptique, paralysie des nerfs périphériques, brûlure cutanée au point d’application des électrodes, apnée prolongée. Notons qu’autrefois, avant l’utilisation d’une anesthésie-curarisation, des complications (en particulier fractures de vertèbre) étaient observées fréquemment (jusqu’à 40 % des patients). Le traitement engendre souvent, dans les minutes suivant la stimulation, une bradycardie avec hypotension transitoire (stimulation vagale centrale) et secondairement une tachycardie sinusale et une hypertension artérielle. Des arythmies cardiaques peuvent survenir. L’état confusionnel post-critique est plus sévère si un courant sinusoïdal est utilisé, si les électrodes sont en position bilatérale, si la différence entre l’énergie administrée et le seuil épileptogène du patient est grande, enfin si le nombre total de séances est élevé. Les séances d’ECT peuvent se révéler anxiogènes pour certains patients. L’ECT ne provoquerait pas de lésions cérébrales objectivables (connues) chez l’adulte par les techniques actuelles d’imagerie. L’ECT pourrait être utilisée tout au long de la grossesse. Une consultation et une surveillance obstétricales sont nécessaires pour la réalisation de l’ECT. Une surveillance de l’état du fœtus lors de chaque séance d’ECT et lors de la période de réveil est conseillée. En cas de grossesse à risque ou lorsque le terme est proche, le monitorage peut être plus important et la présence d’un obstétricien est souhaitable lors des séances d’ECT.

dimanche 7 août 2011

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"Les investisseurs ont de plus en plus l'impression que l'on va au-delà de la crise financière, vers un risque systémique, et cela auto-entretient le vent de panique qui souffle sur les marchés"
Dirigeants politiques et banquiers centraux des principales économies de la planète s’activent ce dimanche 7 aout , dans le plus grand secret, pour trouver une solution concertée afin d’empêcher une nouvelle débâcle à la réouverture des marchés financiers lundi. Standard & Poor’s (S&P) a retiré vendredi aux Etats-Unis la prestigieuse note «AAA», dont jouissent les émetteurs d’obligations les plus fiables.
La dégradation de la note américaine par Standard & Poor’s alimente la crainte d’un krach sur les places boursières. Et un effet domino sur la crise de la dette des Etats.
En dégradant, vendredi soir, la note de la dette publique américaine, passée de AAA à AA+, l’agence de notation Standard & Poor’s (S & P) a pris une décision historique, aux conséquences encore imprévisibles.
"C'était une séance folle. Le secteur bancaire n'avait pas été attaqué aussi violemment depuis Lehman Brothers", souligne Renaud Murail, gérant d'actions chez Barclays Bourse.
"On est dans une atmosphère de panique, le marché joue à se faire peur. Il y a eu une attaque en règle, une spéculation à la baisse, mais surtout une phobie générale", poursuit le gérant.
HA HA HA... 
Fin du capitalisme ?

L ’avenir des plan­tes trans­gé­ni­ques en France


L ’avenir des plan­tes trans­gé­ni­ques en France s’est joué cet été : pour la pre­mière fois dans l’Hexagone, une quan­tité signi­fi­ca­tive d’orga­nis­mes géné­ti­que­ment modi­fiés(OGM) - soit 4500 hec­ta­res de « maïs insec­ti­cide » - a pu être récol­tée et vendue léga­le­ment. Les escar­mou­ches pro­vo­quées par les Faucheurs volon­tai­res, José Bové en tête, n’y ont rien changé.

C’est une vic­toire plus que sym­bo­li­que pour les semen­ciers, rem­por­tée au cœur de la pre­mière puis­sance agri­cole de l’Union euro­péenne, der­nier bas­tion anti-OGM à tenir encore à peu près debout. Monsanto triom­phe sur tous les autres conti­nents. Le chif­fre d’affai­res de cette firme amé­ri­caine (plus de 80 % du marché mon­dial des semen­ces trans­gé­ni­ques) a crû de 21% cette année. Les cultu­res d’OGM attei­gnent un sep­tième du maïs, un quart du coton et près des deux tiers du soja plan­tés sur terre, selon les don­nées foçur­nies par l’agro-indus­trie bio-tech­no­lo­gi­que.Leur sur­face glo­bale pro­gres­se­rait de plus de 10% par an. Certes, seuls une ving­taine de pays les culti­vent, mais parmi eux figu­rent les plus grands expor­ta­teurs agri­co­les, y com­pris, désor­mais, la France.
La pres­sion est si forte qu’il semble illu­soire d’espé­rer main­te­nir une fron­tière imper­méa­ble entre la filière trans­gé­ni­que et les semen­ces dites « conven­tion­nel­les ». Début sep­tem­bre des traces d’OGM ont été décou­ver­tes dans le riz exporté par les Etats Unis vers l’Europe et l’ Asie. L’ampleur du scan­dale a conduit le Japon à bannir le riz amé­ri­cain. Depuis 1996, Greenpeace a recensé 107 cas avérés de « conta­mi­na­tions » et de ventes illé­ga­les, dont 23 en Europe. Bruxelles auto­rise aujourd’hui la com­mer­cia­li­sa­tion de près de 30 varié­tés de plan­tes trans­gé­ni­ques. La conquête des champs et des rayons des maga­sins d’ali­men­ta­tion n’est ralen­tie que par l’hos­ti­lité de .la plu­part des consom­ma­teurs euro­péens, dont les trois quarts des Français. La FNSEA (Fédération natio­nale des syn­di­cats d’exploi­tants agri­co­les), pre­mier syn­di­cat agri­cole fran­çais, n’est pas hos­tile aux OGM. Mais son vice-pré­si­dent, Didier Marteau, admet sans peine que le « besoin de passer au trans­gé­ni­que n’a pour l’ins­tant rien d’évident ». Les OGM sont en passe de rem­por­ter la partie pla­né­taire enga­gée il y a une décen­nie. Nul ne sait si une agri­culture 100% non-OGM pourra long­temps être pré­ser­vée. Pourtant, on ignore encore si les plan­tes trans­gé­ni­ques sont vrai­ment néces­sai­res.
OGM « PIRATES »
Combien de temps le marché euro­péen résis­tera-t-il encore ? D’autres ont déjà cédé. Au Brésil et en Inde, deux géants agri­co­les qui ont cher­ché un temps à endi­guer l’avan­cée des OGM, la contre­bande de semen­ces trans­gé­ni­ques a pris une ampleur déconcer­tante. Le marché noir indien a dépassé le volume des ventes léga­les d’OGM dès 2004, deux ans seu­le­ment après leur auto­ri­sa­tion par­tielle. Dans les vil­la­ges de l’Etat du Maharashtra sans trop se cacher, des détaillants ven­daient début juin des sacs de reconnaît semen­ces sous des mar­ques far­fe­lues comme BesT Cotton - indi­ces gros­siers pour dire que ces sacs contien­nent bien du coton BT de Monsanto -, pro­po­sés à moitié prix. Candidate à l’entrée dans l’Union euro­péenne, la Roumanie a, elle aussi, perdu le contrôle de son­soja trans­gé­ni­que Round-up Ready, inter­dit dans l’UE. Les semen­ciers reconnais­sent la vente de la moitié des 85 ooo hec­ta­res plan­tés cette année avec ce soja résis­tant à l’her­bi­cide Roundup de Monsanto. Le reste ? Des OGM « pira­tes », semen­ces illé­ga­les culti­vées et reven­dues dis­crè­te­ment. Si on en croit leurs détrac­teurs, les firmes de bio­tech­no­lo­gie ne ver­raient pas d’un trop mau­vais œil ce trafic inter­lope. Certains soup­çon­nent même une stra­té­gie déli­bé­rée de dis­sé­mi­na­tion. Dragos Dima, ancien direc­teur adjoint de la filiale rou­maine de Monsanto, a démis­sionné en 1998 parce qu’il jugeait que ni son gou­ver­ne­ment ni son entre­prise « n’étaient prêts à contrô­ler la tech­no­lo­gie géné­ti­que », raconte-t-il. M. Dima lance : « Je ne suis au cou­rant d’aucune action légaie de la part de Monsanto visant à com­bat­tre le trafic de soja OGM illé­gal que mènent les pay­sans rou­mains. »
Depuis qu’elle a inter­dit les fari­nes ani­ma­les, l’Europe a besoin de soja pour nour­rir son bétail. Mais aux termes des accords inter­na­tio­naux de Blair House (Washington),négo­ciés en 1992, l’UE n’a le droit de pro­duire qu’un ton­nage très faible de cet oléa­gi­neux. Il lui faut donc l’impor­ter en masse. Or les deux prin­ci­paux expor­ta­teurs de soja au monde, les Etats-Unis et l’Argentine, ne font pra­ti­que­ment plus que du soja OGM. D’après la FNSEA, 80% des car­gai­sons qui arri­vent au Havre ou à Saint-Nazaire sont « mélan­gées » - com­pre­nez qu’elles contien­nent avant tout du soja géné­ti­que­ment modi­fié. Patrick Talion, porte-parole du minis­tère de l’agri­culture, reconnaît que la majo­rité des bêtes élevées en France man­gent d’ores et déjà des plan­tes géné­ti­que­ment modi­fiées ! Même si à peine trois dou­zai­nes de pro­duits des­ti­nés à la consom­ma­tion humaine sont à base d’OGM (et étiquetés comme tels), une filière trans­gé­ni­que s’est bel et bien mise en place en Europe, et puis­sam­ment, pour ali­men­ter la pro­duc­tion de viande, de lait et d’œufs. Au sein de l’UE, seule l’Espagne cultive plus de quel­ques dizai­nes de mil­liers d’hec­ta­res de maïs OGM. Les autres Etats-mem­bres sem­blent encore lar­ge­ment fermés. Sauf qu’il y a un hiatus entre le point de vue de la majo­rité des citoyens euro­péens et celui de leurs élites poli­ti­ques et admi­nis­tra­ti­ves, sou­vent plus conci­lian­tes.
En sep­tem­bre 2005, Le Figaro révé­lait que le gou­ver­ne­ment fran­çais n’avait pas jugé utile de rendre publi­que la mise en culture du pre­mier demi-mil­lier d’hec­ta­res de maïs BT dans le Sud-Ouest. En mai 2006, l’asso­cia­tion écologiste Les Amis de la Terre poin­tait plu­sieurs scien­ti­fi­ques mem­bres de l’Autorité euro­péenne de sûreté des ali­ments ayant eu des accoin­tan­ces avec les lob­bies pro-OGM. Maxime Schwartz, ex-direc­teur des labo­ra­toi­res de l’Agence fran­çaise de sécu­rité sani­taire des ali­ments (Afssa), s’avoue « sou­vent agacé par la vision étriquée des anti-OGM ».
Mais les pre­miers avo­cats de ces plan­tes sont des agri­culteurs. Leurs plus grands syn­di­cats notent que là où les OGM ne font guère débat (c’est-à-dire à peu près par­tout sauf en Europe), ceux-ci sem­blent doués d’un attrait concur­ren­tiel irré­sis­ti­ble. Leur culture est jugée plus simple : les varié­tés d’OGM Roundup Ready et BT (plus de 90 du marché) requiè­rent a priori moins de pes­ti­ci­des. Les pay­sans payent leurs semen­ces plus cher à cause des re4e­van­ces des bre­vets géné­ti­ques, mais beau­coup s’y retrou­vent en économisant sur les pro­duits phy­to­sa­ni­tai­res. Et puis, plan­ter des OGM, ça peut être bon pour la santé ! La FAO, l’orga­nisme onu­sien chargé de l’ali­men­ta­tion et de l’agri­culture, a pu cons­ta­ter une amé­lio­ra­tion « signi­fi­ca­tive » de la santé des pay­sans chi­nois qui plan­tent du coton BT, tou­jours grâce à la dimi­nu­tion des épandages d’insec­ti­ci­des. Les consom­ma­teurs euro­péens ont des exi­gen­ces autres que celles des pay­sans chi­nois. Monsanto et ses concur­rents gagnent par­tout des parts de marché. Mais quelle sorte de chan­delle leur j eu vaut-il ? D’après un rap­port de l’Afssa, l’inté­rêt pour le consom­ma­teur des OGM dis­po­ni­bles aujourd’hui est très ténu (voir Le Monde du 26 juillet 2004). Pourtant de nom­breux céréa­liers fran­çais affir­ment qu’on ne pourra pas tou­jours igno­rer les hori­zons ouverts par le génie géné­ti­que.
De la méde­cine aux bio­car­bu­rants, les pro­mes­ses sont nom­breu­ses. On consi­dère qu’à l’instar de l’infor­ma­ti­que, la géné­ti­que « double » ses connais­san­ces chaque année. Washington pro­nos­ti­que que, dans moins de quinze ans les bio­tech­no­lo­gies repré­sen­te­ront 20% du PIB amé­ri­cain. Des mil­liers de varié­tés aux pro­prié­tés mira­cu­leu­ses sont tes­tées. Aux Etats-Unis, ce sont des tabacs fabri­quant de l’hémo­glo­bine, des cotons dont les fibres per­met­tent de repé­rer les mines anti-per­son­nel. A Cuba, d’autres tabacs syn­thé­ti­sent un ingré­dient du vaccin contre 1’hépa­tite B. La Chine a annoncé en avril la nais­sance d’un veau clone trans­gé­ni­que résis­tant à la mala­die de la vache folle. A Clermont-Ferrand la société Meristem Therapeutics ne par­vient pas à faire auto­ri­ser ses recher­ches sur un maïs qui contient une molé­cule pré­cieuse contre la muco­vis­ci­dose. Côté ali­men­ta­tion, l’opi­nion pour­rait bas­cu­ler grâce au plé­bis­cite des ali­ca­ments [ ali­ments aux vertus médi­ci­na­les sup­po­sées], une fois que ceux-ci seront dis­po­ni­bles sous forme d’OGM. Monsanto teste des sojas plus riches en pro­téi­nes ou pro­dui­sant des oméga 3. D’autres firmes « déve­lop­pent des porcs modi­fiés afin que leur viande recèle ces pré­cieux acides gras essen­tiels. Mais pour l’ins­tant, et malgré les mil­liards inves­tis, l’étal des OGM n’a pas de quoi faire cha­vi­rer la ména­gère : il n’offre guère autre chose que des plan­tes résis­tan­tes à un her­bi­cide ou émettrices d’insec­ti­cide.
LE BLUFF DE LA BIO-INFORMATIQUE
Pour les scep­ti­ques, cela prouve que l’ADN ne se repro­gramme pas aussi aisé­ment qu’une puce d’ordi­na­teur : ils dénon­cent le « bluff de la soi-disant « bio-infor­ma­ti­que » ». A la fin des années 1980, l’agro-indus­trie pro­met­tait déjà des OGM capa­bles de faire fi du manque d’eau, des tem­pé­ra­tu­res extrê­mes ou des sols salés. Mais Monsanto reconnaît que ses cotons et sojas résis­tants à la séche­resse sont coin­cés au pre­mier stade de recher­che dans son « pipe­line d’inno­va­tions ». Les varié­tés dis­po­ni­bles aujourd’hui don­nent-elles de meilleurs ren­de­ments ? Permettent-elles aux pay­sans de gagner plus d’argent ? Poser ces ques­tions, c’est s’aven­tu­rer dans une jungle de rap­ports contra­dic­toi­res. Quand, à Washington, le dépar­te­ment de l’agri­culture « démon­tre » que les céréa­liers amé­ri­cains ont évidemment tiré avan­tage de l’expé­rience, une ana­lyse à Londres du 10 Downing Street insiste volon­tiers sur l’« incer­ti­tude » et la « varia­bi­lité » des coûts de pro­duc­tion. Il faut dire que la plu­part des Britanniques refu­sent d’enten­dre parler d’OGM. Inutile d’atten­dre des véri­tés impar­tia­les sur ce ter­rain-là.
Les com­pa­gnies d’assu­ran­ces euro­péen­nes n’accep­tent tou­jours pas de cou­vrir les ris­ques liés aux OGM. Munich leader de la réas­su­rance, pré­cise que ces ris­ques « sont nou­veaux et ne peu­vent être cor­rec­te­ment évalués ». Ils sont de deux ordres : effets nocifs pou­vant appa­raî­tre chez l’homme, effets indé­si­ra­bles sur l’envi­ron­ne­ment, « Aucun risque sani­taire n’a pu être prouvé à ce jour », indi­que le rap­port par­le­men­taire publié par l’Assemblée natio­nale en avril 2005.
Philippe Gay, repré­sen­tant du groupe suisse Syngenta Seeds (prin­ci­pal concur­rent de Monsanto), tem­père : « le risque à long terme ne fait tou­jours pas l’objet de métho­do­lo­gies appro­priées. »
Des mil­liards de repas à base d’OGM sont servis aux Etats-Unis sans qu’aucun Américain ne s’en soit jamais plaint. Mais des scien­ti­fi­ques esti­ment que cela ne permet pas d’exdure d’éventuels effets « diffus », comme des can­cers, indé­ce­la­bles avec seu­le­ment une décen­nie de recul. Les nou­vel­les varié­tés sont tes­tées sur des ani­maux pen­dant trois mois. Un délai ral­longé sous la pres­sion des écologistes. Le bio­lo­giste Gilles Eric Séralini, cher­cheur à l’uni­ver­sité de Caen et farou­che adver­saire de Monsanto, prê­tend démon­trer que si les tests de toxi­cité duraient plu­sieurs années (comme pour un médi­ca­ment par exem­ple), « la filière OGM ne serait plus ren­ta­ble ».
Monsanto dément mais pré­cise qu’un nou­veau trans­gène coûte tout de même entre 50 rnil­lions et 100 mil­lions de dol­lars. Les tests sani­tai­res sont finan­cés et mis en forme par les semen­ciers eux mêmes. Martin Hirsch ancien direc­teur de 1’Afssa, note que « rien n’oblige les firmes à trans­met­tre de mau­vais résul­tats ».
La Commission euro­péenne a une atti­tude ambi­guë. Elle répète aux citoyens qu’il n’y a pas danger. Mais les Amis de la Terre ont sorti en avril (2006) un docu­ment confi­den­tiel trou­blant : il s’agit des argu­ments de cette même Commission devant l’OMC (Organisation mon­diale du com­merce pour jus­ti­fier les entra­ves aux impor­ta­tions d’OGM amé­ri­cains. Là, le dis­cours, bien plus pes­si­miste, relève la per­sis­tance de « larges zones d’incer­ti­tude ». La lutte contre les conta­mi­na­tions des cultu­res conven­tion­nel­les n’est pas la moin­dre de ces incer­ti­tu­des. D’ailleurs, l’UE le reconnaît impli­ci­te­ment : le seuil de 0,9 toléré dans les champs par la nou­velle régle­men­ta­tion sur les « dis­sé­mi­na­tions for­tui­tes » prend en compte, selon le com­mis­saire David Byrne, l’« œuvre iné­vi­ta­bie de ia nature » - trans­port du pollen par le vent, erreurs de mani­pu­la­tion...« « for­tuit » ne signi­fie pas « rare » », pré­cise un spé­cia­liste du minis­tère de l’agri­culture qui sou­haite garder l’ano­ny­mat. « Si on ne veut pas de dis­sé­mi­na­tions du tout, il faut inter­dire la culture d’OGM en plein champ », insiste-t-il.
Une étude de l’Afssa, que le minis­tère de l’agri­culture refuse de rendre publi­que depuis juin 2005, révèle que « la plu­part » des sacs de semen­ces non-OGM d’impor­ta­tion conta­mi­nées, même de façon infime, recè­lent plu­sieurs varié­tés trans­gé­ni­ques dif­fé­ren­tes – jusqu’à quatre ! Après deux années pas­sées sans com­mu­ni­quer de bilan des contrô­les aux fron­tiè­res, le minis­tère concède que pas moins de la moitié des lots de semen­ces venant des Etats-Unis contien­nent des traces d’OGM. Et encore : malgré les pré­cau­tions prises par les pro­duc­teurs de semen­ces amé­ri­cains (pré­cau­tions qui leur coû­tent 500 mil­lions d’euros par an rien que pour le marché fran­çais), un lot sur quatre des­tiné à l’Europe doit être redi­rigé vers des mar­chés plus arran­geants pour cause de conta­mi­na­tion trop forte... Une situa­tion « inévitable compte tenu de l’ampleur des cultu­res trans­gé­ni­ques aux Etats-Unis », selon Grégoire Berthe, prin­ci­pal lob­byiste de la coo­pé­ra­tive fran­çaise Limagrain.
Même si les OGM pou­vaient être jugés indis­pen­sa­bles et sans ris­ques, cer­tai­nes métho­des pour les faire accep­ter n’en demeu­re­raient pas moins déran­gean­tes.
En avril 2004, alors que l’Irak n’a pas encore de Constitution, l’admi­nis­tra­teur amé­ri­cain Paul Bremer signe son ordre 81 : il impose à la plus vieille agri­culture du monde le res­pect de la légis­la­tion amé­ri­caine sur la pro­priété intel­lec­tuelle, inter­di­sant aux pay­sans ira­kiens de « réu­ti­li­ser les grai­nes des varié­tés pro­té­gées (...) ».
Sitôt l’ordre publié, l’US Aid, l’admi­nis­tra­tion amé­ri­caine char­gée de l’aide ali­men­taire livre des mil­liers de tonnes de grai­nes de « haute qua­lité » en pro­ve­nance des Etats Unis. Puis elle refuse de lais­ser des scien­ti­fi­ques indé­pen­dants véri­fier s’il s’agit de semen­ces trans­gé­ni­ques. Coïncidence : un mois après la signa­ture de l’ordre 81, Monsanto renonce à com­mer­cia­li­ser sa pre­mière variété de blé trans­gé­ni­que dans les pays riches à cause de l’hos­ti­lité des Européens et des Canadiens.

ÉCLUSER LES SURPLUS
L’US Aid dis­pose d’un pro­gramme spé­ci­fi­que, bap­tisé Cabio, dédié à la pro­mo­tion des bio­tech­no­lo­gies auprès des nations pau­vres. Au cours des quatre der­niè­res années, l’Equateur, l’Angola, le Soudan, la Zambie, le Zimbabwe ou encore le Mali ont refusé d’accep­ter sans condi­tion l’aide ali­men­taire amé­ri­caine repro­chant à Washington de se servir de leurs popu­la­tions pour écluser des sur­plus d’OGM. En juillet 2002, en pleine famine, le gou­ver­ne­ment zam­bien affir­mait avoir décliné l’offre d’un prêt de 50 mil­lions de dol­lars, dont la contre­par­tie était l’achat de nour­ri­ture et de semen­ces trans­gé­ni­ques.
Monsanto main­tient de très étroites rela­tions avec Washington depuis la guerre du Vietnam, quand l’entre­prise four­nis­sait à l’armée le fameux défo­liant « agent orange ». Nombreux sont les anciens cadres de la firme de Crève Cœur (Missouri) à tra­vailler aujourd’hui pour le dépar­te­ment de l’agri­culture. Linda Fisher, ancienne res­pon­sa­ble des rela­tions avec le gou­ver­ne­ment chez Monsanto a été nommée par le pré­si­dent George W. Bush vice-admi­nis­tra­trice de l’Agence de la pro­tec­tion de l’envi­ron­ne­ment.
Le pré­si­dent amé­ri­cain décla­rait en 2003 lors d’une confé­rence à Washington : « Au nom de l’Afrique mena­cée par !a famine, je demande aux gou­ver­ne­ments euro­péens de cesser leur oppo­si­tion aux bio­tech­no­lo­gies. » C’est un argu­ment récur­rent : les OGM pour­raient per­met­tre de régler le pro­blème de la mal­nu­tri­tion qui touche 800 mil­lions de Terriens. Un rap­port de la FAO lui oppose que les pau­vres pas­sent à côté des béné­fi­ces du génie géné­ti­que parce que cette tech­no­lo­gie se concen­tre sur des « espè­ces lucra­ti­ves d’expor­ta­tion ». Des taros et des pommes de terre OGM arri­vent sur le marché, mais, pour l’heure, soja, maïs, coton et colza repré­sen­tent plus de 99 des OGM culti­vés. Des plan­tes pres­que exclu­si­ve­ment des­ti­nées aux indus­tries agroa­li­men­taire et tex­tile des pays riches.
Selon une étude com­mune de la Banque mon­diale et de l’OMC, les bio­tech­no­lo­gies repré­sen­tent une solu­tion contre la misère des pay­sans du Sud. Mais l’expé­rience en Inde du coton BT auto­rise à mettre un gros bémol à ce plai­doyer (lire le repor­tage en bas). Le pro­blème cru­cial des OGM : laisse-t-on à ceux qui le sou­hai­tent la liberté de refu­ser d’en plan­ter ou d’en manger ? Toutes les meilleu­res varié­tés amé­ri­cai­nes de céréa­les sont désor­mais ven­dues dans leur ver­sion trans­gé­ni­que. La supré­ma­tie de Monsanto aux Etats-Unis fait qu’il est sou­vent dif­fi­cile de trou­ver ces grai­nes à haut ren­de­ment sous forme non-OGM chez les détaillants du Middie West. La loi amé­ri­caine consi­dère les plan­tes trans­gé­ni­ques comme des cultu­res nor­ma­les, inter­di­sant de fait leur tra­çage. En novem­bre 2005, un son­dage de la Fondation Pew Initiative on Food and Biotechnology a montré que seul un Américain sur quatre se dit favo­ra­ble à la nour­ri­ture trans­gé­ni­que. A peine plus qu’en France. On peut sup­po­ser que si outre-Atlantique les OGM étaient étiquetés. Ils ne s’y ven­draient pas très bien. Mais com­ment reve­nir en arrière ?

samedi 6 août 2011

Are Surveillance Camera Players

Anachronistic in the Age of Analytics?

As video surveillance increasingly moves to automated processes -- video analytics -- to detect suspicious activities, what becomes of the Surveillance Camera Players?

As video surveillance increasingly moves to automated processes -- video analytics -- to detect suspicious activities, here's a question that begs to be asked: What becomes of the Surveillance Camera Players?
Founded in 1996, this New York City-based political activist organization Surveillance Camera Players has inspired a worldwide movement of similar groups, all focused on doing the same thing: Performing in front of security cameras located in public places around the city. You can see an example of their work on YouTube
(this is in a New York subway station and involves an interesting exchange with the police that probably wouldn't have occurred in London, where citizens have the right to get copies of video created by that city's ubiquitous surveillance camera system.) And here's a Spanish (and English) TV news report on the group: Dailymotion.com.
The Surveillance Camera Players perform to protest the loss of privacy from these cameras, but for all these years there has always been one underlying assumption: A human is watching. On the other side of the camera, in some distant (or nearby) security center, a security guard is watching a monitor on which the Surveillance Camera Players appear.
Increasingly, though, video analytics is replacing human monitoring. The assumption that there is someone on the other end to see the performance may no longer hold true. Of course, the whole purpose of analytics is to minimize the need for human monitoring -- not to eliminate it completely. After analytics has determined a suspicious event, the system -- whether built-in to the camera, or in a centralized processing system -- will send the brief video clip to a real live security person. This can save bandwidth, and enables a single security guard to effectively monitor dozens or even hundreds of cameras, as opposed to the handful that could be watched simultaneously at the old-fashioned security desk. Over the years, the field of video analytics has improved tremendously, learning to ignore common false alarms. For example, a crude "tripwire" drawn along a fence surrounding an airport -- designed to detect someone attempting to cut through or climb over -- might set off a false alarm every time birds fly across or sit on the fence, but a more sophisticated version can distinguish between birds and people.
Clearly the Surveillance Camera Players are harmless to democratic society, and it could be argued that their social commentary provides a vital voice in the ongoing debate concerning technology and privacy. Which begs another question: If they pose no risk, and distract security guards from their real work of spotting genuinely threatening events, will some clever analytics someday include an algorithm especially designed -- just as the birds get ignored -- to ignore the Surveillance Camera Players? And when that day comes, will they keep performing? Is "performing" for a camera that only a computer "sees" a bit like a tree falling in the forest with no one to hear the sound?

(Written by Cliff Roth and published on Videsign's Video/Imaging DesignWire, 21 October 2009.)

vendredi 5 août 2011

Reconfigurer le temps historique

Interprétation de Marx par Moishe Postone

Ce texte est l’introduction de History and Heteronomy: Critical Essays (UTCP Booklet 12, 2009), livre en anglais est librement téléchargeable. Ce sont les actes d’un séminaire à l’Université de Tokyo autour de la pensée majeure de l’historien américain Moishe Postone, auteur notamment de Temps, travail et domination sociale. Une ré-interprétation de la théorie critique de Marx (Mille et une nuits, 2009).
Point-de-vue strictement marxo-marxiste-marxien (rien n'existe en dehors de nos propres erreurs...). Pour ces gens il est indispensable d'enterrer l'I.S et Guy Debord pour cacher ce qui justement était et pouvait être connu sur ces questions a ce moment,  mais pas par nos joyeux universitaires marxo-marxistes-marxiens... 
Le monde commence en 1986 et 1993 avec Postone sinon rien...


Depuis la chute des régimes socialistes d’État en 1989 et, peu après, l’orientation de la Chine vers le capitalisme de marché, le socialisme et le marxisme semblent faire résolument parties du passé. Ces sociétés qui paraissaient résister au capitalisme et incarner les espoirs d’une alternative ont toutes capitulé. Leur succès est à présent le plus souvent mesuré à la lumière de leur capacité à développer le capitalisme de marché. Par exemple, tandis que la Russie est critiquée pour sombrer dans des politiques quasi-mafieuses et la corruption, les universitaires, et même des chinois de gauche, ont félicité la Chine de réussir sa transition au capitalisme et de développer une forme alternative d’organisation de marché 1
Dans l'ensemble, les marxistes ont eu une période difficile pour saisir les transformations qui ont eu lieu de la fin des années 1960 jusqu’à présent. En particulier, ils ont été incapables de saisir en critique les sociétés du bloc socialiste et les sociétés capitalistes en tant qu'éléments d'une forme plus globale de domination. En effet, explicitement ou implicitement, les marxistes ont souvent pensé au bloc socialiste comme un type alternatif.
Après la chute du mur de Berlin, l'absence d'une alternative a poussé beaucoup d'anciens marxistes à abandonner le marxisme et à embrasser des théories comme le post-structuralisme ou le déconstructionnisme. De telles théories semblent présenter l'avantage d'abandonner les récits de totalisation et les grandioses projets d'émancipation humaine. Elles offrent la possibilité d’une critique de la totalisation, de la rationalisation et de la bureaucratisation (souvent compris en vertu de conditions génériques telles la « violence » ou le « pouvoir ») indépendamment qu’elles se soient produites dans les états en apparence socialistes ou imprègnent le capitalisme néo-libéral qui infiltre notre monde aujourd'hui. Bien que de telles théories aient une certaine valeur critique, elles sont généralement incapables de donner sens à la trajectoire historique du vingtième et du vingt-et-unième siècles, et, parce que les partisans du post-structuralisme habituellement ne pensent pas à la domination ou à la libération en termes de dynamiques et de structures globales, leurs idéaux et leurs critiques de la violence ne sont guère plus qu'une certaine forme de libéralisme.
L'opposition entre l'indétermination historique post-structuraliste et le focus étroit des marxistes traditionnels sur la domination économique a ainsi mené à une impasse. D'une part, nous avons des marxistes qui soulignent les relations de pouvoir concrètes, mais ne réussissent pas à saisir la dynamique globale de domination qui a infiltré à la fois les Etats socialistes doctrinaires et le capitalisme. Au mieux, le marxisme traditionnel se concentre sur les relations de classe dans les états du ‘socialisme réel’ pour développer une critique très restreinte.

Le pouvoir explosif de la nanothermite


Combien de fois a-t-on entendu des "experts" nous expliquer que la nanothermite n’est pas un explosif mais un matériau énergétique produisant rapidement une intense chaleur. Cet argument est ici battu en brèche par le chimiste Kevin Ryan qui s’est pourtant contenté de citer dix articles disponibles sur l’Internet, certains émanant d’ailleurs de l’armée US, dans lesquels le pouvoir explosif de la nanothermite est clairement cité. Rappelons que neuf scientifiques dont Niels Harrit ont retrouvé des traces de nanothermite dans des échantillons de poussière prélevés autour des ruines du World Trade Center par des New-Yorkais peu de temps après la chute des Tours.

Kevin Ryan est spécialiste en chimie et fut directeur de laboratoire chez Underwriters Laboratories (UL), la société qui avait certifié l’acier du WTC avant sa construction.  C’est à UL que le National Institute for Standards & Technology (NIST) avait fait appel pour effectuer des simulations d’incendies sur des poutres similaires à celles du WTC  afin de valider leur étude sur ces effondrements. Lorsqu’il avait dénoncé les manipulations et les inexactitudes des résultats de ces tests, Kevin Ryan avait été licencié par Underwriters Laboratories. Il n’a de cesse depuis de dénoncer ces manipulations, pour que justice soit rendue aux victimes de ces attentats et des guerres illégales qui s’en sont suivies. Il a d’ailleurs co-signé l’analyse scientifique du chercheur danois Niels Harrit & al sur la découverte de nanothermite dans les poussières du World Trade Center.



Ces dernières années, un certain nombre d’articles scientifiques validés par « pairs » (peer-reviewed) ont été publiés, et attestent de la présence de matériau thermitique au World Trade Center (WTC). [A-D]
Même si nous savons maintenant que de la nanothermite a été retrouvée dans la poussière du WTC, nous ignorons ce à quoi elle a servi  exactement dans le cadre de la démolition trompeuse des bâtiments du WTC. La nanothermite peut avoir été utilisée simplement pour alimenter l’incendie dans les zones d’impact et autour des ascenseurs – sinon ces feux se seraient éteints bien trop tôt ou n’auraient tout simplement pas eu lieu – et créer ainsi l’illusion qu’un incendie de kérosène pouvait amener à la dévastation que tout le monde a pu voir. Mais la nanothermite aurait aussi bien pu être utilisée pour générer les explosions nécessaires à la destruction de l’intégrité structurelle des bâtiments.
La nanothermite, aussi appelée « superthermite », est le nom usuel pour tout un ensemble de composés intermoléculaires métastables (Metastable Intermolecular Composites, ou MICs) qui se caractérisent par une réaction hautement exothermique après allumage. La nanothermite contient un oxydant et un agent réducteur qui sont finement mélangés à l’échelle nanométrique. De tels matériaux nanoénergétiques sont fabriqués en vue de différentes applications, comme la propulsion, l’utilisation comme explosifs, ou la pyrotechnie.
Il existe différentes façons de fabriquer des nanothermites. Elles peuvent prendre la forme de mixtures solides d’aluminium et d’oxydes de métaux qui sont produits typiquement en utilisant des techniques comme la phase de condensation dynamique de la vapeur et l’arrêt du broyage réactif (Réactive Milling). Ces mélanges sont très semblables à ceux de la thermite ordinaire, mais leurs composants y sont introduits à une échelle bien plus fine. Les nanothermites peuvent également prendre une  forme liquide qui gèle par la suite, en capturant les composants réactifs dans un composé intimement mélangé, qui est ensuite séché avant de pouvoir être mis à feu. Celles-là sont appelées des nanothermites « sol-gel », aussi connues sous le nom de nanocomposites énergétiques.
Les nanothermites sol-gel contiennent souvent d’autres composants, comme des silanes fluorés, et par conséquent du carbone et du silicium. La nanothermite retrouvée dans les échantillons de poussières du World Trade Center (WTC) contient également du carbone et du silicium. L’allumage de ce type de nanothermite déclenche la production de gaz qui se dilate rapidement en générant un phénomène de pression volumique. L’un des principaux produits de la réaction de la thermite, l’oxyde d’aluminium, prend une forme gazeuse aux températures générées lors de la réaction.
Voici 10 références au fait que les nanothermites peuvent être utilisées comme explosifs.
1) Cet article de Lawrence Livermore Labs est relativement clair sur le fait que les nanothermites sont « des composants explosifs basés sur les réactions de la thermite. »
On peut lire au début [de l’article] :
« Nous avons développé une nouvelle méthode pour fabriquer des matériaux énergétiques à nanostructure, de nature spécifiquement explosive…en utilisant [le processus] chimique sol-gel »

2) Cet article en ligne intitulé « La chimie à l’échelle nanométrique produit de meilleurs explosifs » discute de procédés par lesquels les nanothermites sol-gel sont fabriquées, et il propose une belle image (TEM) d’une de ces nanothermites.

3) Ce journal du Département de la Défense date du printemps 2002, et décrit comment… :
« l’ensemble des services de l’Armée ainsi que d’autres du DOE et des laboratoires universitaires poursuivent activement des programmes destinés à exploiter les propriétés exceptionnelles de nanomatériaux qui pourraient être utilisés dans des formules énergétiques pour des explosifs sophistiqués. »
Cela établit clairement que :
[Les propriétés de la nanothermite] « incluent des émissions d’énergie deux fois plus importantes que celles de puissants explosifs » et qu’« au fur et à mesure des progrès sur les méthodologies  et les  matériaux sol-gel , un certain nombre de [nouveaux] domaines d’applications sont envisagés, y compris [dans le domaine] des explosifs composites de forte puissance et à haute énergie. »

4) Un explosif puissant produit une onde de choc qui se propage toujours à grande vitesse, supérieure à celle du son, à partir de son point d’origine. Ce communiqué décrit comment… :
« la réaction de composés nanothermitique de basse densité produit une combustion qui se propage très rapidement, et génère des ondes de choc se déplaçant à Mach 3 ou au-dessus. »

5) Dans cet article, un ancien employé du NIST, Michael Zachariah, discute [le moyen de] :
« développer une matrice d’oxydants pour [générer] une réaction avec du nano-aluminium [i.e. nanothermite] pour des applications à haute énergie impliquant des explosifs ou des propulseurs… ».

6) Cet article nous aide à comprendre à quel point les militaires ont amélioré le pouvoir explosif potentiel des composés nano-énergétiques, et plus spécifiquement des nanothermites. Il décrit… :
« une nouvelle classe d’armements qui utilisent l’énergie contenue dans des nanométaux pour la fabrication de bombes puissantes et compactes. »
Le professeur Steven Son de [l’université de] Purdue, qui est l’un des plus grands experts en nanothermites, poursuit en disant que « les superthermites peuvent améliorer le temps de la réaction chimique d’un facteur 1000…et générer une réaction en chaine extrêmement rapide…utilisable dans de nombreuses applications différentes… dont des engins explosifs. » L’article explique que de tels matériaux nanoénergétiques permettent de « créer des armes beaucoup plus létales comme des bombes pour détruire des installations souterraines (Cave-busters) qui ont plusieurs fois la force de détonation des bombes conventionnelles. »

7) A la différence de certains matériaux énergétiques, les nanothermites sont « ajustables », en cela que « les seuils de sensibilité à l’allumage, le taux de réaction, la pression générée peuvent être réglés dans un large champs de valeurs potentielles. »  Les explosifs génèrent une pression, tout comme les nanothermites conçues comme telles.

8) Cet article présenté lors d’une conférence indique que… :
« les matériaux nanoénergétiques [à base de] thermite libèrent l’énergie bien plus vite que les matériaux conventionnels et ont un vaste potentiel  d’applications militaires comme par exemple… des explosifs. C’est probablement la prochaine génération de matériaux explosifs. »

9) Cet article de l’armée US décrit comment… :
« ce matériau nanoénergétique peut être utile dans de nombreuses applications, par exemple comme générateurs non détonants de gaz à haute température, des fusées adaptables, des détonateurs « green » pour propulseurs ou explosifs, ou encore des explosifs à fort potentiel/énergie. »

10) Même Wikipedia sait que la nanothermite est utilisée  comme explosif :
Les nanothermites « sont en général développées pour un usage militaire, comme propulseurs, explosifs, ou engins pyrotechniques. En raison de leur vitesse de réaction qui est extrêmement élevée, les matériaux nanothermitiques font l’objet de recherches de la part de l’armée US dans le but de développer de nouveaux  types de bombes beaucoup plus puissantes que les explosifs conventionnels. »

Il existe évidemment bien d’autres références dans la littérature [scientifique] et il n’est pas très difficile de les dénicher. N’importe qui ayant un minimum d’intérêt pour la vérité et la justice peut trouver ceux [énumérés] ci-dessus et d’autres encore.
De futurs travaux d’analyse des poussières du WTC et d’autres échantillons nous permettront de savoir précisément quel(s) type(s) de nanothermite a été utilisé au WTC, et peut-être aussi quel était leur rôle exact. Mais d’ici là, le simple fait que de la nanothermite a été retrouvée à l’intérieur de la poussière du World Trade Center est une information explosive par elle-même. Et le fait que les investigateurs officiels et les médias mainstream ont ignoré cette donnée explosive depuis plus de 2 ans, l’est tout  autant !
Kevin Ryan
DigWithin, le 19 juin 2011

jeudi 4 août 2011

Les origines de l’opium en Chine


De nombreux lecteurs pensent que les Chinois fumaient traditionnellement de l’opium récréatif depuis des temps immémoriaux, sans que cela ne pose de problème jusqu’à l’arrivée des Occidentaux et des guerres de l’opium, suivis d’une opiomanie importante puis de la prohibition. Un phénomène souvent restitué de manière tronquée, selon que les sources soient orientales ou occidentales, les intérêts commerciaux, politiques, religieux… Qu’en fut-il réellement ? Petite synthèse chronologique.

L’opium était connu et recherché en Asie comme en Occident depuis l’Antiquité pour ses qualités thérapeutiques. Aucun produit n’était aussi efficace pour soulager la douleur et traiter nombre de maladies et d’épidémies. Ses propriétés addictives étaient connues. Mais l’opium était très rare et cher en Chine. Seuls quelques privilégiés pouvaient se le payer. Les pauvres avaient recours à la décoction de têtes de pavots pour soulager leurs maux.

L’art alchimique du sexe »


Dès le VIIe siècle, les Chinois cultivaient le pavot pour faire des aliments avec les graines et des décoctions à usage médical avec les têtes. À la même époque, des marchands arabes et chinois font connaître l’opium sans dévoiler le secret de sa production. En Chine comme ailleurs, l’opium était avalé, bu ou mâché, parfois mélangé à divers produits végétaux, animaux ou minéraux.
Vers le XVe siècle, à la cour impériale de Chine constamment à la recherche de raffinements nouveaux, l’opium acquit peu à peu une réputation d’aphrodisiaque grâce à sa capacité à retarder la jouissance. « L’opium médicament » devint alors « l’art alchimique du sexe et des courtisans ». Des rapports sexuels soutenus avec un maximum de partenaires, mais sans émission de semence, avaient la réputation de prolonger la vitalité amoureuse jusqu’à des âges canoniques, de « nourrir le cerveau », de prémunir contre les maladies… Posséder de l’opium pouvait alors conférer un prestige inouï. Célèbre pour ses collections érotiques, l’empereur Chenghua (1464-1487) envoya des émissaires à travers tout le continent pour ramener « la noire et odorante médecine du printemps triomphant », payée un prix fabuleux.

Le « madak » ou tabac à l’opium


Au XVIe siècle, des navigateurs ramenèrent du tabac en Chine depuis les Philippines où les Espagnols venaient d’introduire la plante découverte en Amérique. Hollandais et Portugais propagèrent ce produit au fort potentiel commercial et en quelques décennies, un peu partout en Extrême-Orient, on se mit à fumer, priser et cultiver du tabac. Ce tabac n’avait rien à voir avec celui de nos cigarettes. Beaucoup plus rustique et contenant un fort taux d’alcaloïdes, il pouvait être puissamment psychoactif. Il avait la réputation « d’affûter l’œil » et d’éloigner la malaria, mais son usage pouvait entraîner « ivresse » et « perte des sens ». La plupart des consommateurs en faisaient un usage utilitaire (détente, stimulation, convivialité…) et/ou médicinal. On trouvait toutes sortes de variétés de tabacs que l’on prisait depuis des flacons finement ouvragés ou fumait dans de petites pipes en terre, métal, bambou, corne, calebasse... Une coutume qui ne plaisait pas à la très conservatrice cour de la Chine impériale. Dans les années 1630, l’empereur Taïzong promulgua des lois de plus en plus sévères pour interdire sa consommation. Les contrevenants pouvaient être exécutés, ce qui ne freina pas la consommation.
Portugais et Hollandais développèrent des plantations de tabac en Indonésie, où l’opium était déjà connu et cultivé et parfois consommé de manière récréative, « gobé » en pilules ou mâché sous forme de « chiques » aromatisées. On y trouvait aussi du « kandu » un breuvage alcoolisé à base d’opium, parfois mélangé à des têtes de cannabis et autres plantes, dans lequel on eut l’idée de faire tremper un certain temps du tabac haché. Cela devint le « madak »(1), auquel on attribua moult vertus thérapeutiques et préventives. Certains madaks contenant de l’ambre, du safran, du camphre, des clous de girofle, etc., coûtaient des fortunes, ce qui renforça son attrait et sa réputation. Son usage correspondait tout à fait à la philosophie médicale chinoise : prévenir pour éviter d’avoir à guérir.

Kiefs gratuits….


Au XVIIe siècle, la consommation se démocratisa. Le madak, souvent fumé rapidement en quelques bouffées dans un tube de bambou ou une petite pipe, devint peu à peu un complément naturel de la chique de bétel et du thé traditionnels. Des « maisons de fumée » accueillirent des clients venant fumer, parfois en famille. Le prix baissant, le petit peuple put enfin goûter la drogue de l’élite. Des shops proposèrent des « kiefs » gratuits pour attirer et fidéliser la clientèle.
L’usage quotidien aboutissait généralement à une dépendance, sans doute modérée, mais réelle. L’empereur y voyait une pernicieuse influence des Occidentaux. L’opium, toujours importé et payé en lingots d’argent désavantageait la balance commerciale chinoise. Le tabac fut interdit, puis le madak. Son prix augmenta sensiblement au marché noir et les marchands chinois comprirent rapidement combien ce marché était lucratif, ce qui généra trafic et corruption

« Yan qiang » et « chandoo »


Au XVIIIe siècle, des empereurs, parfois eux-mêmes fumeurs, interdirent vente et consommation d’opium pour usage non médical mais sans grand succès(2). Les Chinois, industrieux et subtils adoraient « manger la fumée », et cherchèrent des alternatives au tabac et à l’odorant madak, détectable de loin.
Des princes goûtèrent la « fragrance noire » de Java, exclusivité de l’empereur qui la consommait à l’aide d’un nouveau procédé : le « Yan qiang » (littéralement : « fusil à fumer »). Les mandarins imitèrent les princes. Lettrés et eunuques imitèrent les mandarins… Au fur et à mesure, le « Yan qiang » se perfectionna, et le peuple voulut lui aussi imiter les élites. On assista alors à l’élaboration d’un mode de consommation très sophistiqué : la méthode thébaïque, avec la fameuse pipe à opium, la lampe et les autres instruments(3). Le procédé modifia le rapport à l’opium en lui associant une dimension technique très élaborée et un aspect rituel avec son cérémonial, ses instruments et ses officiants. L’opium brut ne pouvant se fumer pur car il carbonisait, il fallait que la drogue ait une texture suffisamment malléable pour être manipulée facilement et donner le maximum d’effets en un minimum de volume. Les Chinois devinrent très habiles pour fabriquer le « chandoo », un opium purifié semi liquide, exclusivement destiné à être fumé. On vit apparaître des « tavernes à opium » ou « Opium Den », avec des « Boypipe » virtuoses dans la préparation des pipes. L’opium se fumait entre personnes d’une même classe sociale, dans un cadre convivial et luxueux. Les riches avaient leur « fumerie » particulière, une alcôve où ils pratiquaient un rituel raffiné et sensuel qui pouvait durer des heures, plusieurs fois par jour, si possible en agréable compagnie.

Le trafic, premier avatar du capitalisme


Vers 1820, l’usage du chandoo se développa, créant une clientèle captive et dépendante, prête à payer des prix élevés lorsque la drogue se faisait rare.


Dans certaines régions, 80% des hommes et 25% des femmes seraient opiomanes, mais ces chiffres sont invérifiables. Dans certaines villes néanmoins, les fumeries, souvent d’infâmes bouges, étaient nombreuses L’offre importante de « remèdes contre l’opium » témoigne d’une forte demande pour se libérer de la dépendance. Nombre de fumeurs passaient des heures dans les fumeries, aux dépens de leur vie professionnelle et familiale, fonctionnaires, soldats et officiers fumaient de plus en plus… L’opium, théoriquement interdit jusqu’au milieu du XIXe siècle, fut une aubaine pour de nombreux Chinois qui se mirent à trafiquer, contribuant au développement de la consommation, au grand désespoir du gouvernement. Affirmant que sa consommation « n’était pas un dommage mais un réconfort », Anglais, Français et Américains exigèrent alors son libre commerce. Ce qui déboucha sur les guerres de l’opium et la légalisation forcée de la consommation et du commerce de la drogue dans toute la Chine.

Mythes et bénéfices


Dès 1870, diverses personnalités dénoncèrent les thèses alarmistes et l’instrumentalisation des chiffres qui servaient les intérêts des uns et des autres(4). Des lobbies politico-religieux anglo-saxons trouvaient que l’usage de l’opium défavorisait les projets de colonisation par la religion. L’hygiénisme naissant voulait assurer la mainmise médicale sur la moralisation et, grâce au développement de la chimie, l’industrie pharmaceutique avait compris les immenses profits que pouvait rapporter le contrôle des psychotropes et antalgiques. Les journaux se plaisaient à relater les récits de voyageurs décrivant des enfants de 8 ans mendiant quelques résidus de dross(5), des mères endormant leurs enfants en leur soufflant la fumée de la pipe dans les narines, des bébés dépendants car nés de mères opiomanes... D’autres évoquaient des populations d’êtres squelettiques et affaiblis à cause de l’opium, alors que les maladies, les épidémies, le manque d’hygiène et la sous-alimentation en étaient généralement l’explication. Une pipe de dross était le seul remède à leur portée pour soulager leurs maux. L’immense majorité des pauvres n’avait pas les moyens de s’adonner à un usage susceptible d’entraîner une réelle accoutumance.

Fin de l’histoire


Au XXe siècle, les Japonais exploitèrent le désordre politique du pays et l’appétence des Chinois pour les drogues, en organisant l’intoxication massive du pays à l’opium, la morphine, l’héroïne, la cocaïne… et en créant l’État fantoche du Mandchoukouo, le premier narco-État de l’histoire pour financer leur main mise sur la Chine. Après la prise du pouvoir de Mao, l’opiomanie baissa rapidement pour disparaître presque totalement. Aujourd’hui, les Chinois considèrent avec amertume cette longue partie de leur histoire.


http://www.asud.org/produits/article-111-opium-origine-en-Chine.html

Note:
(1) Qu’on trouve encore en Inde en cherchant bien (mais Asud ne vous dira pas où ;-) ).
(2) Jusqu’en 1805, les différents édits impériaux interdisaient la vente et la consommation mais pas l’importation. La corruption était quasi généralisée. D’innombrables marchands chinois, malais, puis anglais, américains… importèrent ouvertement des tonnes d’opium en soudoyant les fonctionnaires.
(3) On situe l’apparition de la pipe à opium telle qu’on la connaît vers 1750
(4) Voir The other side of the opium question, W. J. Moore, J. A. Churchill, London 1882 ; L’opium, histoire d’une fascination, Paul Butel, Perrin, Paris 1995.
(5) Cendre provenant de l’opium fumé. Beaucoup moins cher que l’opium, le dross est plus toxique car fortement concentré en morphine.


mercredi 3 août 2011

L'Esprit d'Entreprise


Un parking géré par une bande à Marseille

Au parking Jules Guesde de la porte d'Aix à Marseille, la barrière monte et descend pour laisser passer les véhicules comme à l'entrée de n'importe quel parking. Le tarif est unique, cinq euros. Ici, pourtant, on ne retire aucun ticket à l'entrée, pour payer en sortant. La transaction se fait de la main à la main. Car ces cinq euros vont directement dans les poches d'une bande qui a pris le contrôle du parking. Des jeunes, selon La Provence , qui ne précise pas leur nombre.
Le groupe français de construction et de BTP Vinci gérait le parking Jules Guesde dans le cadre d'une délégation de service public (DSP) signée avec la communauté urbaine. Mais Vinci en a abandonné la gestion. Depuis «plusieurs mois» selon la communauté urbaine. «Depuis le 8 juillet» selon la direction régionale de Vinci Park. Les deux s'accordent toutefois pour dire que les troubles ne datent pas d'hier.

«15 à 20 plaintes déposées»

Tout commence à la fin de l'année 2010. Un groupe de lascars attend le départ des gardiens de Vinci en fin de journée et continue à faire fonctionner le parc de stationnement en demandant cinq euros par véhicule. Petit à petit, les gardiens se font déborder. Les intimidations  se multiplient. La direction régionale de Vinci Park note par exemple que les caisses automatiques sont fréquemment incendiées. Le groupe affirme avoir déposé «15 à 20 plaintes, sans conséquences sur le terrain.» La préfecture assure de son côté en avoir enregistré sept, qui ont été transmises au parquet et ont débouché sur deux interpellations. La préfecture, elle, répond «qu'il appartient à Vinci de mettre en place un dispositif de sécurité adapté afin d'assurer la sécurité des personnes et des biens au sein de ses installations. Le coût du stationnement payé par les clients intègre cet aspect.» 
Qui a dit que les jeunes de Marseille n'ont pas l'Esprit d'Entreprise ?

Lollis für alle! - Umsonstladen in Göttingen


Erschienen in der Reihe ‘Gratisökonomie in Göttingen‘ im Zusammenhang Nr. 22/Okt 2009

Ohne Geld geht nichts. Das ist wohl eine der bedeutendsten Wahrheiten, die ein Kind in unserer Gesellschaft beigebracht bekommt, wenn es sich im Supermarkt nach dem leckeren Lolli ausstreckt und von seinen Eltern mit Hinweis auf das leere Portemonnaie zurück gepfiffen wird.
Ohne Geld geht nichts. Das ist es auch, was Studierende lernen sollen, wenn sie zum Semesterbeginn ihre letzten Euros zusammenkratzen müssen, um auch im nächsten Semester studieren zu dürfen. Das fehlende Geld in den Kassen der staatlichen Haushalte ist ja dann auch, was dafür her halten muss, dass keiner der vielen Wünsche in Erfüllung gehen kann, die so an die Gesellschaft gestellt werden: Die Lohnabhängigen sollen mehr arbeiten, und dafür immer weniger bekommen – auch 1 Euro die Stunde soll okay sein. Arbeitslosen wird seit Hartz IV so gut wie gar nichts mehr zu gestanden, die Bildungseinrichtungen sollen bluten und das staatliche Mittel auch für soziale Projekte oder etwa Jugendzentren da sein könnten, ist auch nur noch eine Idee von „linken Spinnern“, die das mit den leeren Kassen wohl noch nicht verstanden haben. Die Gürtel werden also allenthalben enger geschnallt – weil „kein Geld“ mehr da ist.
Nun wundert sich, wer mal die Geld-Brille absetzt und feststellt, wie das Kind, das den Lolli anstrahlt, dass die Supermärkte doch voll sind von so vielen tollen Dingen, die man gerne hätte. Ja, sollte es nicht gerade der Segen der Marktwirtschaft sein, dass immer mehr nützliche Dinge immer effizienter, d.h. in immer weniger Zeit mit immer weniger Aufwand hergestellt werden können? Müsste dann nicht eigentlich immer mehr für alle da sein, müssten wir nicht alle in Lollis versinken? Das tun wir auch, nur lutschen dürfen wir nicht – wir können sie ja nicht bezahlen. Das ist wohl die andere Seite dieser „Marktwirtschaft“: Zwischen uns und den nützlichen Dingen steht ja immer diese unsichtbare Barriere, dieses Etwas, gehießen „Finanzierung“.
Klingt alles ziemlich widersprüchlich, ist es auch. Diesen Widerspruch auf den Punkt gebracht haben schon viele, vor langer Zeit z.B. einmal ein kluger Typ namens Karl Marx. Der hat sich das mal genauer angeguckt und dann festgestellt, dass so viele Menschen immer ärmer werden, obwohl, wie die damaligen Ökonomen schon versprachen, der Reichtum im Kapitalismus – ein passenderer Name für diese „Marktwirtschaft“ – immer größer werden würde. Der hat das dann so beschrieben, dass Reichtum im Kapitalismus zwei Seiten hat: Die vielen nützlichen Dinge, also die Lollis und solche Sachen, nannte er „stofflichen Reichtum“, die Form allerdings, worin Reichtum im Kapitalismus besteht, den „Wert“. Dieser Wert, der nichts anderes als verausgabte Arbeitszeit ist, und, so wie Marx das nannte, im Geld erscheint, ist es dann aber, um den sich im Kapitalismus alles dreht: Aus Wert soll mehr Wert werden, aus Geld mehr Geld.
Die einzelnen Menschen, die dann dafür zuständig sind aus Geld mehr zu machen, wollen und müssen natürlich besser sein im Mehr-Geld-Machen als die anderen, und so versuchen sie mehr Lollis in weniger Zeit, also mit weniger Arbeit, herzustellen. Die andern sind nicht dumm und machen das dann nach, und schon haben wir viel mehr Lollis, aber viel weniger Wert – weil weniger Arbeitszeit, die dafür verausgabt werden musste. Mehr stofflicher Reichtum also, aber weniger Wert. Um dann noch mehr Wert zu machen, müssen also nicht nur effizientere Lollis, sondern auch gleich viel mehr Lollis hergestellt werden. Das ist dann der Grund, warum es immer mehr Lollis, also stofflichen Reichtum, gibt, der sich aber in immer weniger Geld, also dem Darstellungsmedium von Wert, darstellen lässt. Der Widerspruch ist also der zwischen dem stofflichen und den wertförmigen Reichtum.1
Wenn jetzt aber wegen der viel effizienteren Lollis immer weniger Arbeit notwendig ist, also wertförmiger Reichtum weniger wird, dann wird das auf der einen Seite mit dem Geldvermehren schwierig, auf der anderen gibt‘s immer weniger, die für das Arbeiten so bezahlt werden können, dass sie sich die Lollis kaufen könnten. Dann gibts zwar Lollis, aber kein Geld dafür - das Kind muss trotzdem weinen. Wenn die Lollis dann niemand kaufen kann, dann wird‘s mit dem Geldvermehren noch schwieriger und immer so weiter, bis irgendwann gar nichts mehr geht. Marx nannte das Krise – und so eine haben wir gerade. Statt allen die Lollis zu geben und sie lutschen zu lassen, lässt man sie, weil niemand Geld dafür hat, lieber abwracken, so wie das mit den Autos neulich gemacht wurde, damit das mit dem Geld irgendwie wieder hinkommt. Aber so richtig funktioniert das auch nicht auf Dauer und sinnvoll ist es erst recht nicht – gehts dabei doch nur um das sinnlose Geldvermehren, aber um die Bedürfnisse der Menschen wohl kaum.
Mit Geld geht also irgendwann gar nichts mehr. „Vielleicht gehts ja doch ohne“, dachten sich einige. Nur müsste statt dass alle nichts kaufen können, man halt aufhören mit dem Kaufen. Ohne Geld geht also doch so Einiges, man müsste nur mal ausprobieren, wie. Die sich das gedacht haben, haben dann auch mal angefangen das auszuprobieren – auch hier in Göttingen. Und wie das so gehen könnte, wollen wir euch in dieser Reihe vorstellen.
Letztes mal wurde euch bereits gezeigt, wie Nutzer*Innen-Gemeinschaften funktionieren, die statt ihre Probleme über Geld zu lösen, lieber ihre Fähigkeiten und Dinge einfach direkt zur Verfügung stellen.2 Dieses mal erfahrt ihr mehr über den Umsonstladen im Juzi, in dem niemand weinen muss, wenn er*sie dort etwas sieht, was ihr gefällt.

Umsonstladen Göttingen

In Zeiten, da der Kapitalismus nicht mal mehr nach seinen eigenen Kriterien richtig funktioniert, wird es höchste Zeit, sich mal anzuschauen und auszuprobieren, wie andere Formen der Vergesellschaftung aussehen könnten. Umsonstläden sind zum Beispiel ein Bestandteil einer solchen Alternative, und die gibt es in vielen Städten3. Ein solches Projekt gibt es auch in Göttingen schon seit Jahren: Der Umsonstladen im Jugendzentrum Innenstadt (Juzi).

Hinbringen und mitnehmen statt tauschen

In einem Umsonstladen kannst Du alle Sachen, die dort herumliegen, umsonst mitnehmen. Und Du kannst Dinge, die Du nicht mehr brauchst, die aber noch nutzbar und funktionstüchtig sind, dort hinbringen, damit andere die Möglichkeit haben, sie umsonst mitzunehmen. Dadurch erhöhen sich die Handlungsspielräume all derer, die den Umsonstladen nutzen: Du hast weniger Krempel zu Hause rumstehen und kannst gleichzeitig auf einen wesentlich größeren Pool an Dingen zugreifen. Für Dinge, die nicht in den Umsonstladen passen, gibt es ein schwarzes Brett, an dem größere Dinge angeboten werden können.
Mitnehmen kann jede*R alle dort hingebrachten Gegenstände, die er*sie möchte. Es gibt keine Beschränkung wie viel jemand nehmen darf und dies ist auch nicht daran gekoppelt, ob man selbst etwas mitgebracht hat.

Wozu das Alles?

Weil die Art und Weise, wie wir Dinge unter uns verteilen, ziemlich beschränkt ist (siehe oben). Menschen kriegen etwa nützliche Gegenstände nicht einfach so, weil sie sie benötigen, sondern müssen dafür Geld bezahlen. Um das erstmal zu bekommen, müssen Menschen – wenn sie nicht zufällig reich geerbt haben – ihre Arbeitskraft an andere verkaufen. Ihre Arbeitszeit verbringen sie dann damit, Dinge zu dem einzigen Zweck zu produzieren, dass damit Gewinne erwirtschaftet werden können – und nicht etwa mit dem angeblichen Hauptzweck, die Bedürfnisse von Menschen zu befriedigen. Selbst wenn sie was sinnvolles machen wollen, dann können sie das nur, wenn sich das gewinnbringend machen können oder es sich eben "finanzieren" lässt. Dafür kriegen sie Geld, mit dem sie dann Waren kaufen, und wenn sie die dann einmal gekauft haben, gehören sie ihnen – und liegen oftmals ungenutzt im Schrank herum.
Obwohl immer mehr Dinge produziert werden können, können sich aber immer weniger diese leisten – nicht zuletzt deswegen, weil ihre Arbeitskraft nicht mehr benötigt wird. Statt aber allen die Dinge dann einfach so zur Verfügung zu stellen, wenn dafür keine Arbeit mehr nötig ist, bekommen immer weniger etwas ab von immer größerem stofflichen Reichtum.
Der Umsonstladen bietet die Möglichkeit, dieses bornierte Prinzip von Tausch und Eigentum anzuknacksen. Wenn alle ihre Isomatte, die ohnehin nur Platz im Zimmer wegnimmt, in den Umsonstladen bringen würden und sich immer dann, wenn sie mal eine brauchen, sie aus dem Laden holen, dann haben alle immer Zugriff auf eine Isomatte - auch die, die sich gerade keine leisten können.
Das ist ein anspruchsvolles Unterfangen: Es setzt voraus, dass sich alle anderen ebenfalls ihre Isomatte in den Umsonstladen bringen. Es setzt voraus, dass sie nach dem Wochenendtrip nicht vergessen, sie zurückzubringen. Und es setzt nicht zuletzt voraus, dass wir selber den uns über Jahre antrainierten Zwang, Eigentum wie einen Augapfel zu behüten, überwinden. Aber genau um solche Dinge zu verlernen, die nur im Kapitalismus Sinn machen, ist ein Umsonstladen wichtig.
Damit gibt es noch keine neue Gesellschaft und der oben beschriebene Irrsinn ist noch lange nicht abgeschafft – so einfach geht das dann doch nicht. Dinge müssen schließlich auch irgendwo hergestellt werden und um alles zusammen zu kriegen, was man zum Leben braucht, reicht ein kleiner Umsonstladen noch lange nicht aus. Aber Räume wie der Umsonstladen können ein Teil einer größeren antikapitalistischen Transformationsbewegung sein, in der wir uns gemeinsam unsere Lebensumwelt aneignen. Umso mehr Leute ihre Dinge zur Verfügung stellen, umso mehr Leute ein anderes Miteinander auszuprobieren bereit sind – umso umfangreicher und besser kann auch das Angebot im Umsonstladen werden. Und wer weiß, vielleicht sind ja auch einmal genug Menschen dabei, die entscheiden könnten, sich zusammenzuschließen, um auch selbst was zu produzieren und anderen zur Verfügung zu stellen – wenn dafür Verlass darauf ist, dass sie selbst ebenso im Umsonstladen finden, was sie brauchen, klingt das gar nicht mehr so verrückt, wie es in einer Gesellschaft erscheint, in der man nichts geschenkt bekommt.
Wichtig ist aber ein Umsonstladen nicht nur, weil er ein erster Anfang ist, sich anders aufeinander zu beziehen denn als tauschende Warenbesitzer*Innen: Schließlich sind wir alle als solche aufgewachsen und müssten für eine andere Gesellschaft erst einmal verlernen, was diese so alles nicht braucht: Die Vorstellung, dass jemand einen ausnützt, wenn man ihm*ihr etwas gibt, ohne etwas zurück zu bekommen. Oder auch das flaue Gefühl im Magen, wenn man selbst etwas nimmt, aber gerade nichts zu geben hat. Die Angst in Freiheit Dinge weiterzugeben, statt alle zu zwingen immer etwas zu geben, wenn sie sich etwas nehmen – eben weil es in einer Gesellschaft, in der dieser Zwang existiert, niemand sonst freiwillig tun würde. Usw. All dies muss verlernt, und ein anderer freierer Umgang miteinander erst einmal ausprobiert und eingeübt werden, bevor wirklich alles anders werden könnte.

So funktionierts...

Der Umsonstladen in Göttingen hat keine Angestellten oder Verkäufer*Innen. Verkäufer*Innen braucht es in einer Gesellschaft, die nicht auf Tausch und Geld basiert auch gar nicht mehr – eine der vielen unspaßigen Arbeiten, die einfach wegfallen würden. Aber aufgeräumt und sortiert werden muss er natürlich trotzdem.
Deshalb achtet beim Nutzen des Ladens darauf, dass ihr ihn so hinterlasst, wie ihr ihn gerne betreten wollt. Wenn ihr etwa Dinge vorbei bringt, denkt z.B. an Folgendes: Der Umsonstladen ist keine Müllhalde – kaputte Dinge will niemand haben, und brauchen also auch gar nicht erst dort abgestellt zu werden. Wenn ihr etwa Kleidung vorbei bringt, wascht sie vorher und achtet darauf, dass nicht etwa so etwas wie einzelne Socken dort landen – diese Dinge wird kaum jemand wieder mitnehmen. Die Sortierung der Regale dient dazu, dass man schnell findet, was man sucht – also stellt eure Dinge dort hin, wo man sie vermutet.
Wenn ihr die vielen Dinge durchsucht, die im Laden herumliegen, achtet bitte darauf, sie ordentlich wieder zurück zu legen, wenn ihr sie nicht mitnehmt. Das erhält die Übersichtlichkeit auch für andere, die etwas suchen.
Wenn sich an diese Kleinigkeiten gehalten wird, kann eigentlich im Alltagsbetrieb nichts schief gehen. Weil aber doch manchmal größerer Aufräumbedarf besteht oder über neue Regale oder Ähnliches sich Gedanken gemacht werden muss, ist es sinnvoll, wenn sich Nutzer*Innen zu einer Umsonstladen-Gruppe zusammenschließen, die ein wenig darauf achten, dass der Umsonstladen nutzbar bleibt.

Gibt es eine Umsonstladen-Gruppe?

Bis vor kurzem gab es eine, zur Zeit leider nicht. Aber so ein Umsonstladen funktioniert wesentlich besser, wenn es eine solche CareGroup gibt - also eine Gruppe, die von Zeit zu Zeit mal durchfegt, die Sachen sortiert, Ladenhüter wegschmeißt, Öffentlichkeitsarbeit macht und dergleichen mehr. So eine Gruppe könnte aber wieder entstehen. Wenn du Interesse hast dich zu beteiligen, komm doch einfach am Do, 29.11.2009 Um 17:00 Uhr im Umsonstladen vorbei oder schreib uns eine Mail an email-address.

Nichts wie hin und zugreifen!

Ja, warum also nicht mal vorbeischauen?
Der Umsonstladen Göttingen befindet sich im 1. Stock des Jugendzentrum Innenstadt (JuZI) in der Bürgerstr 42. Er ist immer während er Öffnungszeiten der Cafés und des Infoladens geöffnet:
Dienstag 19.30 Uhr bis 21.00 Uhr
Mittwoch 14.00 Uhr bis 18.00 Uhr
Donnerstag 16.00 Uhr bis 20.00 Uhr

1) (1) Nachlesen, wie das genau funktioniert kann man z.B. hier: „Money makes the world go round - Reflektion über kapitalistischen Reichtum“, oder direkt in Karl Marx: Das Kapital Bd. 1
3) Eine Übersicht gibts auf http://www.umsonstladen.de

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