jeudi 23 décembre 2010

Le génocide juif selon Moishe Postone

 Par Urbain Bizot
 
L'ensemble de l'article consacré par Postone au génocide juif commis par les nazis vise à expliquer celui-ci par la structure même de l'économie ; non pas en tant que traduisant des intérêts économiques, comme le prétend (faussement) le « marxisme », mais au sens où les catégories logiques de la marchandise et du capital sont l'inconscient de notre époque, et les cadres formels dans lesquels tout « se pense ». La Critique du travail marginal [de Jean-Pierre Baudet], publiée sur ce même site, parvenait à des conclusions similaires (§ 9 à 12, et § 28 à 30), à partir d'un phénomène sans nul doute nettement plus insignifiant (mais dans ce domaine, la taille n'est pas un critère, au point qu'on pourrait même être tenté de donner plus d'importance au phénomène le plus restreint, exactement comme Freud l'avait fait dans sa Psychopathologie de la vie quotidienne). La cohésion logique de la marchandise est un phénomène incontestable et universellement reconnu (qui fait par exemple dire à Postone, p. 69, que l'on ne peut abolir l'argent sans abolir de façon solidaire la totalité de la logique marchande, et donc le travail). Mais Postone va plus loin en affirmant à propos du génocide juif que « ni une explication fonctionnaliste du meurtre de masse ni une théorie de l'antisémitisme centrée sur la notion de bouc émissaire ne sauraient fournir d'explication satisfaisante au fait que, pendant les dernières années de la guerre, une importante partie des chemins de fer fut utilisée pour transporter les juifs vers les chambres à gaz et non pour soutenir la logistique de l'armée alors que la Wehrmacht était écrasée par l'Armée rouge. Une fois reconnue la spécificité qualitative de l'anéantissement du judaïsme européen, il devient évident que toutes les tentatives d'explication qui s'appuient sur les notions de capitalisme, de racisme, de bureaucratie, de répression sexuelle ou de personnalité autoritaire demeurent beaucoup trop générales » (p. 83). Or, la démonstration même qu'apporte ensuite Postone donne à penser que le problème ne se situe pas seulement entre le spécifique et le général, mais aussi et surtout dans le fait que ni les intérêts matériels, ni les idéologies manifestes ne régissent la pensée profonde d'une époque, mais que c'est bien plutôt la logique latente des concepts économiques. Postone le formule très clairement : « la critique faite par Marx comprend une dimension épistémologique qui traverse tout Le Capital mais qui n'est explicitée que dans le cadre de son analyse de la marchandise. L'idée que les catégories expriment à la fois des rapports sociaux « réifiés » spécifiques et des formes de pensée diffère essentiellement du principe courant de la tradition marxiste, qui conçoit ces catégories en termes de « base économique » et la pensée en termes de superstructure, dérivée d'intérêts et de besoins des classes » (p. 91). Se référant à Lukàcs, à Adorno et à Sohn-Rethel, Postone rappelle à juste titre que « ce mode d'objectivation des rapports sociaux est leur aliénation. Les rapports sociaux fondamentaux du capitalisme acquièrent une vie quasi objective qui leur est propre [...] Les catégories marxiennes expriment à la fois des rapports sociaux particuliers et des formes de pensée. Le concept de fétiche se réfère à des formes de pensée fondées sur des perceptions qui restent prisonnières des formes phénoménales des rapports sociaux capitalistes » (p. 91), ce qui permet en effet d'établir que :
 
§les juifs en tant que représentants du capital financier (international) ont permis aux allemands de projeter sur eux leur désir d'avoir à s'en prendre à un ennemi extérieur, exterritorialisé, et de ne pas devoir bouleverser leur propre monde et leur propre vie (ni le capital industriel allemand) pour s'extirper de la misère grandissante de la République de Weimar ; l'extermination des juifs sauvait la réputation du capital industriel (national), dans la mesure où « l'organisation du capital industriel paraît alors s'apparenter à celle de la corporation médiévale – l'ensemble social dans lequel il se trouve est saisi comme unité organique supérieure : comme communauté (Gemeinschaft), Volk, race » (p. 96) ;
 
§ les juifs devinrent une sorte de fétiche négatif n'acquérant « une vie quasi objective qui leur est propre » que pour la perdre aussi le plus vite possible ; leur « vie objective » devenant ainsi leur mort réelle ;
 
§ « quand on considère les caractéristiques spécifiques du pouvoir que l'antisémitisme moderne attribue aux juifs – abstraction, insaisissabilité, universalité et mobilité –, on remarque qu'il s'agit là des caractéristiques d'une des dimensions des formes sociales que Marx a analysées : la valeur » (ibidem) ;
 
§l'argent fonctionne comme une sorte d'abcès de fixation pour la logique marchande, la critique de l'argent permettant de sauver la marchandise elle-même, c.a.d. ce qui rend nécessaire l'existence de l'argent (« la tension dialectique entre valeur et valeur d'usage dans la forme-marchandise implique que ce "double caractère" s'extériorise matériellement dans la forme-valeur : en tant qu'argent (forme phénoménale de la valeur) et en tant que marchandise (forme phénoménale de la valeur d'usage). Bien que la marchandise soit une forme sociale qui comporte et la valeur et la valeur d'usage, le résultat de cette extériorisation est que la marchandise apparaît seulement dans sa dimension de valeur d'usage, comme purement matérielle, comme chose. L'argent apparaît donc comme le seul dépôt de la valeur, comme la manifestation de l'abstrait pur au lieu de se présenter comme la forme phénoménale de la dimension-valeur de la marchandise même », p. 92, ou encore : « … l'argent comme racine du mal. La dimension concrète existante lui est donc opposée de manière positive comme ce qui serait "naturel" ou ontologiquement humain et se situerait prétendument en dehors de la société capitaliste », p. 93).
 
La logique marchande exposée par Marx apparaît rigoureusement comme la chaîne signifiante le long de laquelle migre l'investissement libidinal, pour pasticher le terrain sur lequel Freud avait mis à jour les mécanismes d'inversion, de condensation et de déplacement qui permettent au sujet de se situer de façon conforme aux exigences de son désir (déplacement du problème social vers un problème « racial », condensation de la problématique marchande sur l'argent et le capital financier). Comme c'est en réalité la totalité de ce qui est exposé dans la chaîne qui pose problème, on peut constater que la chaîne offre elle-même les faux remèdes, en « redistribuant les cartes », quand le seul vrai remède serait au contraire de les abattre, dans tous les sens du terme. Les solutions offertes par la chaîne logique reviennent toujours à transformer ou à sacrifier une partie d'elle (pour rester dans le pastiche freudien : en organisant un Fort-Da entre marchandise et argent, entre valeur d'usage et valeur, pour toujours esquiver la partie mise en cause). C'est par définition ce qui lui permet de se reconstituer, et de s'adapter pour survivre : elle est un nœud gordien en progrès permanent, qu'il faut trancher.
 
On ne peut que se féliciter, en une époque d'« altermondialisme », de lire des lignes comme celles-ci : « mais le capitalisme se caractérise par des rapports sociaux médiatisés, objectivés dans des formes catégorielles dont l'argent est l'une des expressions et non la cause. En d'autres termes, Proudhon a confondu la forme phénoménale du capitalisme – l'argent en tant qu'objectivation de l'abstrait – avec l'essence du capitalisme » (p. 94). L'ultime refuge du capitalisme apparaît être le « concret » (concept devenu équivalent de « tangible », y compris chez Postone), quelle qu'en soit la forme (les racines, le pays, l'objet, la machine, le travailleur) : « ce qui n'est pas compris, c'est que, dans ce type d' "anticapitalisme" fétichisé, tant le sang que la machine sont vus comme principes concrets opposés à l'abstrait. L'accent positif mis sur la "nature", le sang, le sol, le travail concret, la communauté (Gemeinschaft) s'accorde sans problème avec une glorification de la technologie et du capital industriel » (p. 97). « Or, faire du concret une hypostase, identifier le capital à l'abstrait phénoménal, c'est affirmer une forme d' "anticapitalisme" qui tente de dépasser l'ordre social existant à partir d'un point de vue qui, en fait, lui reste immanent [...] L'abstrait et le concret ne sont pas saisis dans leur unité, comme parties fondatrices d'une antinomie pour laquelle le dépassement effectif de l'abstrait – de la dimension de la valeur – suppose le dépassement pratique et historique de l'opposition elle-même, ainsi que celui de chacun de ses termes » (p. 99).
 
Postone achève son analyse du génocide juif en Allemagne (dont nous n'avons retenu que les quelques traits qui nous intéressaient plus particulièrement, mais qui comprend bien d'autres pistes et aperçus) par un verdict audacieux : « L'usine capitaliste est un lieu où est produite la valeur, production qui, "malheureusement", doit prendre la forme d'une production de biens, de valeurs d'usage. C'est en tant que support nécessaire de l'abstrait que le concret est produit. Les camps d'extermination n'étaient pas la version d'horreur d'une telle usine – il faut y voir au contraire la négation "anticapitaliste", grotesque, aryenne, de celle-ci. Auschwitz était une usine à "détruire la valeur", c'est-à-dire à détruire les personnifications de l'abstrait » (p. 105). Il nous semble utile d'ajouter une nuance à cette interprétation par ailleurs parfaitement cohérente : c'est que cette négation se présentait au moins sous une forme strictement identique avec ce qu'elle niait. Le triomphe du capital était concrètement visible d'emblée dans ce qui affectait d'en être une négation. Ce qui veut dire à la fois que personne de sensé ne pouvait être dupe de ce mensonge, et aussi que la forme industrielle reste en toute circonstance la réalité phénoménale indépassable du capital.
 
Ajout :
 
[...] les traducteurs résument très bien l'une des qualités du livre de Postone en écrivant que « la méthode qu'il élabore ici peut être utilisée pour analyser de manière critique tous les anticapitalismes à tendance personnificatrice (ceux-ci ne contribuent jamais à détruire le capitalisme, ils ne font que participer à sa mutation) » (p. 19). Ceux en effet qui ne veulent à aucun prix prendre parti dans les luttes intestines du capital, au profit comme au détriment de ses sous-ensembles (capital privé / capital bureaucratique ; capital industriel / capital financier ; conglomérat industriel / petite entreprise ; commerce sauvage / commerce « équitable » ; travail hiérarchique / travail autogéré), en ont bien pris note, et ne l'oublieront pas. Le critère est assurément solide.
Depuis le début d'une nouvelle crise du capitalisme mondial depuis l'été 2007 rendant visible la crise profonde de la valeur, c'est-à-dire du travail abstrait, la conscience commune n'a su que dénoncer le vilain capitalisme financier, sa non-régulation et ce que l'on appelle ses « excès » (les traders, les actionnaires, les mégabanques, les paradis fiscaux, et bien sûr le vilain spéculateur, etc.) qu'au nom du capitalisme industriel, supposé sain, stable, responsable et pourvoyeur du sacro-saint travail. La dénonciation indignée (à gauche comme à droite) du méchant  « capitalisme de casino » n'était là que pour sauver l'honneur de la gentille, naturelle et éternelle « économie réelle ». Telle est aussi la croix de l'anticapitalisme fétichisé qui n'a pas fait mieux. Mais pour les dirigeants du monde entier la dénonciation était aussi une aubaine, elle détournait, canalisait et fixait la colère et la rage des peuples, et ils promirent tous et tous les crurent, une " moralisation " impossible du capitalisme (impossible car le problème que pose le capitalisme n'est pas une question de " morale "). Aujourd'hui nos parangons de vertu qui constatent que les dirigeants n'ont finalement pas tenu leur promesse, en appellent toujours naïvement et de manière complètement non pragmatique et irresponsable, à défendre le capitalisme de l'économie réelle contre le turbo-capitalisme des salles de marché. Ainsi depuis maintenant 4 ans de crise visible, les défenseurs comme les supposés opposants à la forme sociale de vie dans laquelle nous sommes comme pris au piège, opposent le concret (le travail, les emplois, l'industrie, l'économie dite réelle, les PME et PMI...) à l'abstrait (le capital fictif, les hedges funds, le capitalisme financier, les méchants actionnaires, etc.). En fait, les problèmes du capitalisme sont toujours ramenés au comportement de quelques-uns. Il n'est jamais question de mettre la lumière de la critique sur les structures sociales profondes perverses et fétichistes constituant des médiations sociales historiquement spécifiques à la seule formation sociale capitaliste, il s'agit toujours dans ce genre de doxa dominante à gauche comme à droite de dénoncer un simple degré d'immoralité (l'avidité, l'égoïsme, etc.) ou de " démesure " (désir de puissance, etc.) au sein de toujours les mêmes structures sociales profondes  que l'on naturalise toujours plus comme le seul horizon social possible. Cet inconscient social fétichisé opposant le concret à l'abstrait, qui se remet en selle à chaque crise toujours plus durable du capitalisme, doit être désormais expliqué tellement il est une constante pour la forme sujet au sein du capitalisme.
 
En fonction d'une " théorie du noyau du capitalisme " (Moishe Postone) on peut ainsi faire un parallèle entre la séquence de la crise du capitalisme de ces années 2000 et la crise du capitalisme des années 1930. En observant justement les invariants que l'on retrouve durant ces deux époques. Les structures profondes de la formation sociale capitaliste produisent toujours un inconscient social particulier qui pousse toujours à dénoncer l'abstrait au nom du concret, et le génocide juif avec la forme historiquement spécifique d'antisémitisme moderne (à distinguer de l'antisémitisme traditionnel sur plusieurs points) ne sont que le point d'aboutissement le plus horrible des catégories logiques de la marchandise et du capitaliste qui sont de véritables formes sociales au sein desquelles se meuvent les interactions individuelles. C'est dans ce cadre d'interprétation que Moishe Postone, historien et théoricien américain publia son article Antisémistisme et national-socialisme. Urbain Bizot du groupe des Amis de Némésis, revient ci-dessous sur cette interprétation profonde, et historiquement spécifique, du génocide juif, une compréhension du génocide qui ne saurait se contenter des explications habituelles fournies trop souvent par les historiens (explication en terme unilatéralement de bouc-émissaire, de logiques intentionnalistes - idéologiques - ou fonctionnalistes, etc.). Une théorie de la médiation sociale spécifique à la forme de vie capitaliste, ne peut qu'amener à repenser le génocide juif de manière historiquement spécifique à la société dans laquelle il a été mis en œuvre.
 

mercredi 22 décembre 2010

OSTATNIE STADIUM KLASY ŚREDNIEJ

Od klasycznego drobnomieszczaństwa do uniwersalnego kapitału ludzkiego      
Kto wciąż jeszcze znajduje zatrudnienie w kapitalistycznej produkcji, ten już należy do względnie uprzywilejowanych. Problematycznych i „niebezpiecznych” mas społeczeństwa nie określa już ich „miejsce w procesie produkcji”, lecz pozycja w drugorzędnych, pochodnych dziedzinach cyrkulacji i dystrybucji. Chodzi o osoby trwale pozbawione pracy, o odbiorców środków przekazywanych przez państwo na opiekę społeczną lub o tanich usługodawców z dziedziny outsourcingu, aż po „zarządzających nędzą” ulicznych handlarzy i zbieraczy śmieci. Te formy reprodukcji z punktu widzenia prawa są coraz mniej uregulowane, coraz rzadziej ubezpieczane, a często też nielegalne, praca jest nieregularna, dochody balansują na granicy minimum egzystencjalnego, a niekiedy są nawet niższe.
Od połowy lat 80. przez blisko dwa dziesięciolecia w światowych dyskusjach teoretycznych, zwłaszcza lewicowych, dominował dyskurs ponowoczesny. Krytykę ekonomii politycznej zastąpiono krytyką języka, zaś analizę obiektywnych stosunków materialnych – arbitralnością subiektywnej interpretacji; miejsce tradycyjnego lewicowego ekonomizmu zajął tak samo ograniczony lewicowy kulturalizm, a zamiast społecznego konfliktu mamy medialną symulację. Tymczasem sytuacja zmieniła się zasadniczo. Kryzys ekonomiczny ogarnia na Zachodzie szerokie warstwy społeczne, nawet te, które dotychczas oszczędzał. Kwestia społeczna powraca zatem jako temat intelektualnych dyskusji.
Jej interpretacje wypadają jednak zadziwiająco blado i wydają się wręcz anachroniczne. Opozycja między biedą i bogactwem, która się nieuchronnie zaostrza, nie znalazła dla siebie jak dotąd nowej terminologii. Nagła koniunktura na tradycyjny marksistowski termin „klasa” świadczy o wyraźnej bezradności pojęciowej. W tradycyjnym ujęciu „klasę robotniczą”, produkującą wartość dodatkową, wyzyskiwała „klasa kapitalistów” za pośrednictwem „prywatnej własności środków produkcji”. Żaden z tych terminów nie opisuje właściwie współczesnych problemów.
Nowa bieda nie jest rezultatem wyzysku w procesie produkcji, ale wykluczenia z produkcji. Kto wciąż jeszcze znajduje zatrudnienie, ten należy już do względnie uprzywilejowanych. Problematycznych i „niebezpiecznych” mas społeczeństwa nie określa już ich „miejsce w procesie produkcji”, lecz pozycja w drugorzędnych, pochodnych dziedzinach cyrkulacji i dystrybucji. Chodzi o osoby trwale pozbawione pracy, o odbiorców środków przekazywanych przez państwo na opiekę społeczną lub o tanich usługodawców z dziedziny outsourcingu, aż po „zarządzających nędzą” ulicznych handlarzy i zbieraczy śmieci. Te formy reprodukcji z punktu widzenia prawa są coraz mniej uregulowane, coraz rzadziej ubezpieczane, a często też nielegalne, praca jest nieregularna, dochody balansują na granicy minimum egzystencjalnego, a niekiedy są nawet niższe.
Z drugiej strony nie można już definiować „klasy kapitalistycznej” tak jak kiedyś, a więc przez odniesienie do klasycznej „prywatnej własności środków produkcji”. Kapitał, zarówno w postaci państwowego aparatu i infrastruktury, jak i w postaci wielkich (obecnie ponadnarodowych) spółek akcyjnych, wydaje się poniekąd uspołeczniony i anonimowy; przeistoczył się w abstrakcyjną, niepersonifikowalną formę całego społeczeństwa. „Kapitał” nie jest już grupą jurydycznych właścicieli, lecz wspólną zasadą, która określa życie i działanie wszystkich członków społeczeństwa nie tylko na zewnątrz, lecz także w ich najgłębszej subiektywności.
W czasie kryzysu i za jego przyczyną jeszcze raz dokonuje się strukturalna zmiana społeczeństwa kapitalistycznego, która niszczy stare, pozornie przejrzyste układy społeczne. Sedno kryzysu polega właśnie na tym, że nowe siły produkcyjne mikroelektroniki samoczynnie roztapiają pracę, a przez to samą istotę kapitału. Postępująca redukcja przemysłowej klasy robotniczej sprawia, że wytwarza się coraz mniej rzeczywistej wartości dodatkowej. Kapitał pieniężny ucieka na spekulatywne rynki finansowe, gdyż inwestowanie w nowe fabryki stało się nieopłacalne. Gdy coraz większa część społeczeństwa, która znalazła się poza produkcją, ubożeje a nawet popada w nędzę, mamy do czynienia z symulowaną akumulacją kapitału w postaci finansowych baniek mydlanych.
Logicznie rzecz biorąc, nie ma w tym nic nowego, proces ten odciskał swoje piętno na globalnym kapitalizmie już od dwóch dziesięcioleci, nowością jest jednak to, że teraz w państwach zachodnich również klasa średnia dostała się w jego tryby. Amerykańska eseistka Barbara Ehrenreich opublikowała już w 1989 roku książkę pt. Lęk klasy średniej przed upadkiem. Zjawisko to kazało na siebie czekać całe dziesięć lat, gdyż spekulacyjna koniunktura na finansowe bańki mydlane lat 90. obudziła raz jeszcze, wraz z rozkwitem technologii informatycznych i komercjalizacją internetu, marzenia o rozkwicie. Upadek Nowej Gospodarki i koniec złudzeń w Azji i Europie, a częściowo także w USA rozpoczęły w roku 2000 brutalny – oczekiwany z lękiem już wcześniej – upadek klasy średniej.
Ale kim jest ta klasa średnia i jaką rolę odgrywa w społeczeństwie? W XIX wieku świat klas społecznych był jeszcze prosty i przejrzysty. Pomiędzy klasą kapitalistów, czyli posiadaczy społecznych środków produkcji, a klasą pracowników najemnych, nie posiadających niczego oprócz własnej siły roboczej, znajdowała się tzw. klasa drobnomieszczańska. Tę starą klasę średnią charakteryzowała własność drobnych środków wytwórczych (warsztaty, sklepy itd.), w których właściciele musieli wykorzystywać własną siłę roboczą i siłę roboczą swoich rodzin, by sprzedać produkty na rynku. Ortodoksyjni marksiści oczekiwali, że owi „drobni mieszczanie” w wyniku konkurencji z wielkimi kapitalistycznymi przedsiębiorstwami w końcu znikną i zrównają się z klasą przemysłowych pracowników najemnych, społeczeństwo zaś ulegnie w końcu całkowitej polaryzacji, podzieli się na dwie klasy główne: burżuazję i proletariat.
Już na początku XX wieku miała miejsce słynna debata Bernsteina z Kautskym na temat „nowej klasy średniej”. Chodziło o pewne techniczne, ekonomiczne i intelektualne funkcje, które narodziły się w wyniku procesu kapitalistycznego uspołecznienia. Wzrost roli nauki w procesie produkcji i ekspansja infrastruktury (zarządzanie, inżynieria, oświata i wychowanie, lecznictwo, komunikacja i medialna opinia publiczna, instytucje badawcze itd.) wyznaczały początek nowej kategorii społecznej. Kategorii wymykającej się określeniom – ni to pies, ni wydra, jak kiedyś mawiano. Należący do niej ludzie nie byli kapitalistami, gdyż nie reprezentowali wielkiego kapitału pieniężnego, nie byli także klasycznymi drobnomieszczanami, bo nie posiadali własnych środków produkcji, a ponadto w większości pozostawali pracownikami najemnymi lub samodzielnymi jedynie formalnie, nie byli również proletariuszami, ponieważ nie pracowali jako „bezpośredni producenci”, lecz jako funkcjonariusze kapitalistycznego rozwoju sił produkcyjnych we wszystkich dziedzinach życia.
Co prawda już w XIX wieku istnieli nauczyciele i inni urzędnicy państwowi oraz funkcjonariusze zakładowi, których Marks określał jako „oficerów i podoficerów kapitału”. Były to jednak grupy nieliczne, nie tworzyły samodzielnej klasy. Dopiero wraz z nowymi potrzebami kapitalizmu XX wieku funkcje te stały się do tego stopnia masowe, że ukonstytuowały nową klasę średnią. W marksistowskiej debacie u początków tego zjawiska Kautsky starał się wtłoczyć nowe warstwy średnie w stary schemat, ujmował je jako proletariat, Berstein natomiast traktował ten społeczny fenomen jako przejaw stabilizacji kapitalizmu, która umożliwia umiarkowaną politykę reform.
Początkowo wydawało się, że Bernstein miał rację. Nowa klasa średnia stawała się coraz wyraźniej odrębną kategorią społeczną, zasadniczo różną od klasy robotniczej, nie tylko pod względem treści i sfery działania, ale i pod względem ekonomicznym. Barbara Ehrenreich za kryterium odróżniające uznała fakt, że „status społeczny tych ludzi bardziej zależy od oświaty, niż od posiadania kapitału lub innych wartości majątkowych”. Wyższe kwalifikacje, których nabycie wymaga długiego czasu – aż do trzydziestego roku życia lub dłużej – oraz dużych nakładów finansowych, podbiły wartość siły roboczej o wiele ponad dotychczasową przeciętną.
W tym kontekście powstał bogaty znaczeniowo termin „kapitału ludzkiego”. Pracownicy umysłowi, inżynierowie, specjaliści marketingowi lub kierownicy kadrowi, samodzielni lekarze, terapeuci i adwokaci oraz opłacani przez państwo nauczyciele, naukowcy i pracownicy socjalni „stanowią” kapitał w podwójnym znaczeniu. Z jednej strony, ze względu na swoje kwalifikacje zachowują się względem pracy innych strategicznie, kierują ich pracą i organizują ją, a więc wykorzystują kapitał, z drugiej strony (zwłaszcza jako samodzielni i kierowniczy pracownicy umysłowi), przyjmują wobec własnych kwalifikacji, a tym samym względem siebie jako „kapitału ludzkiego”, postawę kapitalisty, a więc działają w duchu „samowykorzystywania”. Nowa klasa średnia reprezentuje kapitał nie na płaszczyźnie zewnętrznych materialnych środków produkcji albo pieniędzy, ale na poziomie kwalifikacji pozwalających organizować proces wykorzystywania, charakteryzujący się silnym udziałem nauki i technologii.
W wieku XX powstało wiele nowych funkcji tego typu, a liczebność nowej klasy średniej wciąż rosła. Tendencję tę widać wyraźnie zwłaszcza w okresie rozwoju po II wojnie światowej, kiedy to pojawiły się przemysł rozrywkowy i nowe formy produkcji na wzór Forda. Jej przejawem jest także systematyczny wzrost liczby studentów w większości państw. Światowy ruch studencki z 1968 roku wskazywał na coraz większe znaczenie tego sektora społecznego, był też pierwszym sygnałem kryzysu. Podczas gdy dotychczas kształtowanie się nowej klasy średniej rzeczywiście – tak jak twierdził Bernstein –stabilizowało raczej kapitalizm i związane było z reformami, teraz rozpoczął się proces destabilizacji.
Nowe strukturalne masowe bezrobocie powstałe w wyniku trzeciej rewolucji przemysłowej i globalizacji kapitału dotykało początkowo głównie bezpośrednich wytwórców przemysłowych. Już wtedy można było jednak dostrzec, że również nowa klasa średnia podziali ich los. Powstanie tej klasy było wielorako związane z rozwojem państwowej infrastruktury, oświaty oraz biurokracji. Kryzys rzeczywistego przemysłowego wykorzystania prowadził jednak coraz głębiej ku kryzysowi finansowemu państwa. Nagle wiele dziedzin uznawanych wcześniej za chlubne zdobycze, stało się niepotrzebnym luksusem i balastem.
Wszędzie krążyło hasło „odchudzonego państwa”. Obcięto fundusze na oświatę i kulturę, na opiekę zdrowotną oraz liczne inne instytucje; rozpoczęła się likwidacja państwa socjalnego. Również w dużych przedsiębiorstwach całe sektory wykwalifikowanej działalności padły ofiarą racjonalizacji. Klęska Nowej Gospodarki postawiła pod znakiem zapytania wartość kwalifikacji wielu specjalistów. Nie sposób przeoczyć faktu, że klasa średnia nie miała własnej kapitalistycznej bazy, lecz była uzależniona od społecznej redystrybucji wartości dodatkowej z sektorów przemysłowych. Podobnie jak rzeczywista produkcja wartości dodatkowej znalazła się więc w strukturalnym kryzysie w wyniku trzeciej rewolucji przemysłowej, która stopniowo pozbawia podstaw także wtórne obszary działania nowej klasy średniej.
Rezultatem jest nie tylko coraz większa liczba bezrobotnych akademików. Prywatyzacja i tzw. outsourcing deprecjonuje kwalifikacje „kapitału ludzkiego” i obniża jego status. Intelektualni dniówkarze, tani robotnicy „zarządzający nędzą” jako „freelancerzy” w mediach, na prywatnych uniwersytetach, w kancelariach adwokackich lub prywatnych klinikach nie stanowią już wyjątku, lecz regułę. Mimo to Kautsky również nie do końca miał rację. Nowa klasa średnia skazana jest wprawdzie na zagładę, ale nie przekształca się w klasyczny przemysłowy proletariat bezpośrednich wytwórców, którzy tymczasem zamienili się w ginącą mniejszość. Paradoksalnie „proletaryzacja” wykwalifikowanych warstw związana jest z „odproletaryzowaniem” produkcji.
Spadek wartości kwalifikacji idzie w parze z obiektywną ekspansją koncepcji „kapitału ludzkiego”. Upadkowi nowej klasy średniej towarzyszy zjawisko przeciwne –„zdrobnomieszczanienie” społeczeństwa proporcjonalne do stopnia, w jakim przemysłowe i infrastrukturalne środki stają się mega-strukturami. „Samodzielny środek produkcji” kurczy się do samych jednostek: wszyscy stają się własnym „kapitałem ludzkim” i to nawet wtedy, gdy stanowi go jedynie nagie ciało. Między atomizowanymi osobami a ekonomią wartości, reprodukującą się jedynie symulatywnie przez deficyty i finansowe bańki mydlane, rodzi się bezpośrednia więź.
Im większe różnice między dochodami biednych i bogatych, tym bardziej nikną strukturalne różnice między klasami w systemie kapitalistycznej reprodukcji. Toteż gdy ideologowie upadającej klasy średniej nawiązują do wcześniejszej „walki klasowej proletariatu”, której już nie ma, jest to zajęcie nonsensowne. Emancypacja wymaga przezwyciężenia wszystkich powszechnie panujących form społecznych. Wewnątrz systemu produkcji towarowej istnieją jedynie ilościowe różnice abstrakcyjnego bogactwa, mają one wprawdzie znaczenie egzystencjalne, przekładają się na pytanie, jak przeżyć, ale mimo to pozostają emancypacyjnie jałowe. Bill Gates jest tak samo drobnomieszczański jak „zarządzający nędzą”, obaj mają ten sam stosunek do świata i używają tej samej frazeologii. Z frazesami o uniwersalnym rynku i „samowykorzystaniu” na ustach przekraczają wspólnie bramę barbarzyństwa.

Robert Kurz

Tłumaczył Kamil Majchrzak


Pourquoi tant d'Amour ?

Voici ce que l'on peut lire sur le Blog du Monde http://bigbrowser.blog.lemonde.fr

A propos des déclarations d'un jeune Lycéen énucléé gratuitement par des fonctionnaires du sarkosysme.

Voici notre réponse:

 L'info internationale vidéo.
Avec LOPSI346 le pseudo-syndicat Alliance  pourrait porter plainte contre ce lycéen qui devrait, selon eux, être fier de se faire massacrer gratuitement par de "Courageux fonctionnaires". Rien de plus naturel que de perdre un œil pour un lycéen sous la Tyrannie sarkosyste !

En route pour le Totalitarisme

Comme le régime de feu Bush celui de Sark cherche à esquiver le "Pouvoir Judiciaire". Bush agissait en dehors des lois, Sark cherche à faire passer des lois qui contournent le pouvoir des Juges. En route pour le Totalitarisme donc. Texte du site L'Interstice

LOPSI 2 : l'État déclare la guerre sociale  

A l'heure où la démocratie implose et où les émeutes urbaines se répandent comme une traînée de poudre à travers les villes européennes, les despotes qui font les lois ne semblent pas tirer de leçon de ce qu'il se passe sur le pas de leurs portes. Ils continuent de légiférer dans le sens d'une répression toujours plus accrue, semblant vouloir donner à leur État mortifère les moyens légaux d'entreprendre contre le peuple une guerre qui ne porte pas son nom. Ils ne prennent jamais les transports en commun, filent à travers les villes dans leurs berlines aux vitres fumées et n'en sortent qu'encadrés de cerbères pour aller de temps en temps serrer quelques pinces de citoyens-collabos, mais semblent savoir que la rue c'est Babylone et que le peuple est à l'image de ces abrutis apeurés qui viennent les saluer comme des messies.
 
Alors pour guérir leur troupeau d'électeurs de ses angoisses, mais aussi et surtout pour protéger leur modèle  de société idéale (et les profits monstrueux qu'elle génère en faveur de leur caste), les néocons s'agitent dans tous les pays d'Europe pour produire des textes de lois et multiplier des accords commerciaux en faveur des "acteurs de la sécurité", afin de transformer notre société en un laboratoire d'expérimentations liberticides, anti-pauvres et contre-révolutionnaires.
 
En France, les dix dernières années ont vu naître la loi Perben, la loi sur la sécurité intérieure, la loi Perben 2, la loi sur la « prévention » de la délinquance, la loi sur la récidive, la loi sur les peines-planchers, la loi sur la rétention de sûreté, la loi sur la récidive criminelle, la loi sur les « bandes », sans compter les centaines de décrets policiers, permettant de réaliser peu à peu les utopies totalitaires les plus folles. Mais à ce package répressif manque encore la LOPSI, qui s'apprête à passer le rite de passage des votes parlementaires et deviendra dés 2011 une base nouvelle pour l'instauration d'une dictature 100% pur jus.
 
Cette nouvelle loi va permettre à la police d'adopter peu à peu les méthodes de la stasi (intrusions dans les domiciles à l'insu de leurs habitants, pose de "mouchards" électroniques et rallongement des écoutes téléphoniques, multiplication des fichiers de police et pérennisation des données personnelles qu'ils contiennent, expulsion manu militari des hébergements précaires...), tandis que les préfets et le ministre de l'intérieur se substitueront doucement  aux collectivités locales pour imposer partout la vidéosurveillance et à la justice en établissant des peines plancher et autres "peines de sureté" qui auront pour résultat de remplir un peu plus les prisons de la république.
 
Peut-être finiront-ils, après avoir permis la construction de dizaines de camps pour étrangers et à défaut de places disponibles, par interner des gens dans des stades comme ça se faisait au Chili sous Pinochet ou se fait encore au Honduras sous Roberto Micheletti. Après tout, la nouvelle loi sur l'immigration (Article 6) ne permet-elle pas d'établir des "zones d'attente spéciales" un peu n'importe où, pourvu qu'il y ait des flics pour les garder ? Désormais, on pourra maintenir des gens en pleine rue, assis le long d'un mur le temps de statuer sur leur sort, un peu comme sur la place Bellecour à Lyon pendant les grèves contre la réforme des retraites.
 
Et puis après avoir interdit aux manifestants de se déguiser, on placera des systèmes de vidéosurveillance systématiques en marge des manifs et on banallisera l'usage d'armes dites "non létales" qui tuent sans tuer (taser, flashball et Crowd Dispersal Cartridge, canons à son ALR, Active Denial System... : lire absolument le rapport du parlement européen sur les technologies de controle des foules). Il deviendra impossible de manifester un désaccord sans qu'ils soient d'accord ou sans perdre quelques amis.
 
Bientôt le délit de vagabondage sera rétabli, puisqu'on veut déjà interdire l'habitat précaire et la vente à la sauvette : ceux qui choisiront de vivre en marge, ou ceux qui n'auront pas le choix d'éviter la marge, seront jetés sur le trottoir et vivront sous les ponts. Et malheur à ceux qui se feront des maisons en carton.  Malheur aussi à ceux qui vendront quelques marrons pour se payer de quoi survivre, car les milices de l'État et ses délateurs volontaires, ses citoyens en service, seront là pour donner du bâton, tels les muhtasib afghans dans les rues de Kaboul.
 
Les adeptes du fascisme peuvent sortir de leurs tanières, ils ont leur place dans la société qui se construit. Déguisés en "citoyens volontaires" ou en agents de la BAC, ils peuvent déjà se préparer à resortir de leurs commodes les chemises brunes et noires de leurs aïeux, comme c'est déjà le cas dans certains coins d'Europe (par ex. voir Magyar garda).
 
Que faut-il de plus pour que l'État soit enfin considéré pour ce qu'il est, pour ce qu'il sera toujours quelle que soit sa forme : une dictature ? Les gueules tordues des ministères ont déclaré la guerre au peuple. Régulièrement ils portent plainte contre leurs détracteurs, n'ayant aucune notion de liberté d'expression, alors il faudra s'attendre à ce que les mots qu'on écrit ici ne trouvent plus leur place sur les ondes lorsque leur saloperie de monde sera sur pieds.
 
Si tout cela prend forme, on espère pouvoir trouver dans les interstices où s'abrite notre révolte suffisamment de compagnons pour mener des incursions nocturnes  et aller porter des coups bien placés contre les fondations de leur monde sclérosé. Loin de nous l'idée de faire de l'appelisme(?), mais plutôt d'exprimer un désir profond d'insurrection, que nous savons être présent chez beaucoup d'entre nous.
 
Guerre à la LOPSI et aux dispositifs de la "pacification sociale" !

 


Aux chiottes Apple

Apple retire une application WikiLeaks de son App Store-Arnak  

Le groupe informatique américain Apple (favoris des sous-cadres et des caves) a indiqué mardi 21 décembre qu'il avait retiré de la vente une application non officielle WikiLeaks destinée au téléphone iPhone et à la tablette iPad, parce qu'elle n'était pas conforme à ses règlements.

"Les applications doivent respecter les lois locales", a déclaré Trudy Miller, porte-parole d'Apple. "Elles ne doivent pas créer de préjudice à une personne ou un groupe donnés." "Nous avons retiré l'application WikiLeaks de l'App Store parce qu'elle enfreignait nos consignes destinées aux programmeurs de logiciels", a ajouté Trudy Miller, se refusant à tout commentaire supplémentaire.
Les articles des directives destinées aux développeurs mis en avant dans le retrait de l'application WikiLeaks sont l'article 14 et l'article 22. Ces derniers stipulent que l'application "ne doit pas être diffamatoire (…) ou mettre en danger une personne ou un groupe" et qu'elle doit "respecter les lois de tous les pays où l'application est accessible".
APPLICATION APPROUVÉE PUIS RETIRÉE
L'application WikiLeaks coûtait 1,99 dollar et permettait de consulter sur un appareil mobile les contenus proposés par le site de l'organisation. Elle donnait aussi accès à son fil Twitter. Approuvée vendredi par Apple, elle a été retirée de l'App Store lundi.
Son développeur, Igor Barinov, a indiqué sur Twitter qu'il avait prévu de reverser un dollar par téléchargement à l'organisation de Julian Assange.
http://freeassange.org

mardi 21 décembre 2010

Marx két arca

Amikor születésnapokat, évfordulókat vagy emléknapokat ünneplünk, amelyek több mint egy évszázadnyi messzeségbe nyúlnak vissza, a megemlékezés tárgya általában már muzeális tárggyá vált, amit besoroltunk a múlt holt leletei közé, és ami már senkit sem izgat föl.
A feuilletonok, a m?vel?dés honoráciorai és a történelem gondnokai szépen megünnepelhetik event-jeiket, és nyugodtan tanulmányozhatják a vitrinbe zárt dokumentumait valaminek, ami egykor megdobogtatta a szíveket.
Az 1848-ban íródott „Kommunista kiáltvány”, két akkoriban szinte teljesen ismeretlen fiatal értelmiségi, Karl Marx és Friedrich Engels tollából, megdöbbent?en hosszú ideig ?rizte meg frissességét. Egy szöveg, ami több mint száz évvel születése után is tomboló gy?löletet képes magára vonni, és amit újra és újra betiltanak, ugyanakkor jobban elterjedt bármely más könyvnél, kivéve a Bibliát, minden bizonnyal igazi szellemi robbanóanyagot tartalmaz az adott korszak számára.
Ennek ellenére, a „Kiáltvány” nem ünnepelheti 150-ik születésnapját szenvedélyes viták tárgyaként, a társadalmi csaták középpontjában. Valamikor a nyolcvanas években, legkés?bb 1989 nagy fordulata után, ez az oly tüzes dokumentum hideggé és kopottá vált, üzenete egyszer csak erejét vesztette, és ma már csak egy befejez?dött történet darabjaként, „harag és szenvedély nélkül” tanulmányoztatik.
Ez azonban nem jelenti azt, hogy Marx elmélete elintézett üggyé vált volna, hiszen ez a teória csak a kapitalizmussal együtt múlhat ki és válhat történelemmé, sem pedig azt, hogy a „Kiáltvány” tartalma mára élvezhetetlenné vált, minthogy az eleve egy „tévedésb?l” eredt volna.
Amikor ma a neoliberálisok ezt állítják, pusztán haragjuk régi tárgyát kergetik morogva, hiszen maguk sem képesek a továbbfejl?dött kapitalizmus kritikai elemzésére, bizonyítva ezzel, hogy maguk is a múltban ragadtak.
Ahhoz, hogy megértsük, hogy miért volt a „Kiáltvány” nagyon sokáig az igazság hordozója és hogy miért vált a huszadik század végén bizonyos értelemben hamissá, be kell látnunk a – félrevezet? módon gyakran zárt egységként bemutatott – marxi elmélet alapvet? ellentmondásosságát. Bizonyos értelemben Marx-nak ugyanis két arca van: két teoretikus egyazon fejben, akik egészen más típusú érvelést sz?nek.
A széles körben ismert Marx Nr. 1, az „exoterikus” és pozitivisztikus Marx, a liberalizmus ivadéka és hitehagyottja, korának szocialista politikusa és a munkásmozgalom mentora, aki sosem akart mást, mint állampolgári jogokat és „tisztességes bért a tisztességes munkáért”. Ez a Marx elfogadja a „munka” ontológiai kategóriaként való felfogását, a hozzátartozó protestáns etikával együtt és a „megfizetetlen értéktöbbletet” követeli, a jogi értelemben felfogott „magántulajdont” pedig az állami tulajdonnal akarja helyettesíteni.
Nem kétséges: ez is a „Kommunista Kiáltvány” Marx-a, és ez az a szint, amihez hadsegédje és szerz?társa Engels egész életében ragaszkodott. Ez az „osztályharc” Kiáltványa, ami meghatározta a világtörténelmet 1848 és 1989 között. „Jogotok – mennydörög Marx és Engels a még igencsak fiatal kapitalista polgárság ellen – csupán osztályotok törvényre emelt akarata”. Vannak persze úgynevezett anyagi feltételek, azonban ami végs? soron meghatározza, és el?re hajtja a történelmet, az az egymásnak ellentmondó társadalmi érdekcsoportok tisztán szubjektív, tudatos akarata: „osztály osztály ellen”, anélkül, hogy pontosabban rákérdeznénk, hogyan konstituálódik ez a társadalmi össz-szubjektum [Großsubjekt] illetve maguk a különböz? érdekek. Amit itt hallunk, az a teljesen érintetlenül meghagyott aufklärista filozófia, amely szerint a társadalom és annak fejl?dése kvázi-természettudományos módon a tudatos akarati aktusok összességére vezethet? vissza.
Ennek megfelel?en a cél pusztán a fennálló uralmi viszonyok fölborítása és a "a proletariátus uralkodó osztállyá emelése", és így „a proletariátus arra használja majd fel politikai uralmát, hogy a burzsoáziától fokról fokra elragadjon minden t?két ".
A t?ke fogalma itt hirtelen már nem is egy társadalmi viszonyt jelöl, hanem a tárgyi vagyon egy bizonyos mennyiségét, amit az egyik osztály elvehet a másiktól, anélkül, hogy annak társadalmi formájára ügyet vetne. A pénz és az állam pusztán semleges tárgyaknak t?nnek itt föl, amelyekért harc folyik, és amit az egyik osztály mintegy zsákmányként megszerezhet, és ahol a proletariátus harca – mint ami a „munka” képvisel?je a t?kések parazita „munka nélküli jövedelmé”-vel szemben – morális szempontból legitim.
Logikus módon a „Kiáltvány”, által követelt egyik alapvet? intézkedés, „a hitel centralizálása az állam kezében”, valamint a "mindenkire kiterjed? egyenl? munkakötelezettség" (!), csakúgy, mint az "ipari hadseregek felállítása (!)".
Adorno tudta, hogy mir?l beszél, amikor a „Kiáltvány”-féle Marx szemére vetette, hogy az egész társadalmat egyetlen fegyencteleppé akarta változtatni.
A modernizációs szocialista diktatúrák a Szovjetunióban és a harmadik világban valóban magukon hordozták a munka-utópián alapuló kaszárnyakommunizmus minden jegyét.
Van azonban egy egészen másfajta Marx is.
Ez a Marx Nr. 2, ez a máig is a sötétben rejt?z? és kevéssé ismert „ezoterikus” és negatív Marx, a társadalmi fetisizmus fölfedez?je, az „absztrakt munka” és a hozzátartozó represszív etika – ahogy azok a modern árutermel? társadalmat meghatározták – radikális kritikusa.
Ez a másik Marx nem a rendszerimmanens társadalmi érdekeket célozza meg elemzésével, hanem magának a rendszernek a történelmi alaptermészetét.
A probléma itt már nem a „megfizetetlen értéktöbblet” avagy a magántulajdon fölötti jogi rendelkezés szerve, hanem maga az érték, mint társadalmi viszony, amely az egymással harcoló osztályok mindegyikét magában foglalja, és amely az egymásnak ellentmondó érdekeket, mint olyanokat, létrehozza.
Ez a társadalmi formáció azért „fetisisztikus”, mert egyfajta személytelen [subjektlose] struktúrát képez az összes érintett „háta mögött”, amelyben mindannyian egy soha meg nem álló kibernetikai folyamatnak vannak alávetve, amely során az emberi energia pénzformába alakul át.
Ennek a másik Marx-nak a teoretikus szintjér?l nézve a „Kommunista Kiáltvány” alapvet? állításai egyszer?en értelmetlenek. A t?ke ebben a felfogásban már nem egy dolog, amit az ember csak úgy elragadhat az uralkodó osztályoktól, hanem a totalitássá vált pénz társadalmi formája, amely a t?ke alakjában mintegy önmagára van visszacsatolva, és amely ezáltal egy kísérteties önmozgásban önállósodott, azaz (ahogy Marx kés?bb a T?ké-ben leírta) „automatikus szubjektum”-ként m?ködik. Ennek az abszurd viszonyrendszernek a megszüntetése és a modern fetisizmus meghaladása ezért nem történhet meg a rendszerimmanens érdekharcok puszta meghosszabbításaként. Ehelyett éppen az „érdekek” általános formájával való tudatos szakítás lenne ahhoz szükségszer?, hogy az érték ?rült mozgásformájától és a hozzá tartozó kategóriáktól („munka”, áru, pénz, piac, állam) eljuthassunk a „tárgyak igazgatásá”-nak [Verwaltung von Sachen] emancipatorikus és közösségi formájához és hogy a termel?eszközöket az „érzéki értelem” [sinnlicher Vernunft] kritériumai alapján tudatosan m?ködtessük, ahelyett hogy a „fetisisztikus” gépezet vak m?ködésére hagynánk.
Milyen viszonyban áll az „exoterikus” Marx Nr. 1 az „ezoterikus” Marx Nr. 2-vel? A „kétarcú” Marx-ot nem lehet „fiatal” és „kés?i” Marx-ra felosztani, mert a probléma az egész életm?vön végigvonul.
Az érték fetisizmusa és a „munka” kritikája már a „Kommunista Kiáltvány” el?tt, a korai írásokban is megtalálható, míg fordítva, a szociologizáló módon rövidlátó gondolkodásmód még a T?ké-ben és a kés?i írásokban is föl-föl t?nik. A probléma abban áll, hogy Marx az ? idejében egyáltalán nem vehette észre az elméletében lév? ellentmondást, mert nem pusztán elméletének, hanem a valóságnak az ellentmondásáról volt szó. Marx egyedüliként vette észre az ellentétes osztályérdekek általános formáját és történetileg korlátozott jellegét; azonban ez a fölfedezés nem válhatott a gyakorlat részévé, mert a modern árutermelési rendszer el?tt még 150 év fejl?désének hosszú útja állt. A munkásmozgalom számára ezért a második Marx értelmezhetetlen volt és így csak a „Kommunista Kiáltvány” szellemében m?ködhetett.
Ebben az értelemben pedig az „osztályharc” egész más szerepet játszott, mint amire általában gondolunk a fogalommal kapcsolatban: korántsem a kapitalizmus megbuktatása felé hatott, hanem sokkal inkább a kapitalista rendszer bels? modernizációs hajtómotorjává vált. A fetisisztikus módon felfogott érdekekre korlátozódó munkásmozgalom bizonyos mértékig a kapitalista termelési rendszer újabb és újabb el?relépését reprezentálta a mindenkori elitek reflektálatlan konzervativizmusával szemben. A munkásmozgalom kiharcolta a béremelést, a munkaid? csökkentést, az egyesülési szabadságot, az általános választójogot, az állami beavatkozást, az ipari és munkaer?-piaci szabályozást stb., amelyek az ipari kapitalizmus fejl?désének és kiterjesztésének szükséges feltételeinek bizonyultak. A „Kommunista Kiáltvány” pedig a vezérl? csillaga volt ennek a történelmi fejl?désnek, a fetisisztikus formán belül.
Ha ma ez a fejl?dés megáll, akkor egyszer?en azért, mert a kapitalista rendszer el?tt nem mutatkozik további fejl?dési horizont. Az „osztályharc” végéhez érkezett és ezzel a „Kommunista Kiáltvány” is elvesztette erejét. Egykor felrázó szavai történelmi dokumentummá merevedtek. A szöveg elvesztette hatóerejét, mert teljesítette feladatát.
Azonban pontosan ezért ütött a másik, „ezoterikus” Marx órája: az „automatikus szubjektum” általános viszonyrendszere, amit a történelmi osztályharcok korszakában mint beazonosítható jelenséget egyáltalán nem észleltek, és ami ezáltal bizonyos mértékig „láthatatlan” volt, mára éget? problémává vált és globális krízise fogja meghatározni az új évszázadot. Itt az ideje tehát, hogy egy új Kiáltvány szülessen, amelynek szavait azonban eddig még nem találtuk meg.

Robert Kurz


Fordítás: Mihaly Koltai

Alliance par ci, Alliance par là

Alliance = L'Élysée
Ce pseudo-syndicat fait de la Communication (écrite et dictée par le pouvoir)            

Mais en réalité:

Les policiers votent pour les syndicats de gauche

Les élections professionnelles dans la police française ont confirmé le poids des syndicats proches de la gauche et la persistance du malaise des forces de l'ordre face à la politique de sécurité du gouvernement.
Le rapport de forces parmi les représentants des 140.000 fonctionnaires de police reste toutefois le même que lors du précédent scrutin, il y a deux ans, et la participation a été très forte, de 82% à 87,7% selon les secteurs, rapporte vendredi le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.
Chez les gradés et gardiens de la paix, l'union entre Unité police, classée à gauche, et le SGP-FO a remporté près de la moitié des suffrages avec 47,8%, contre 37,6% au syndicat Alliance, réputé proche de la majorité.
Le syndicat Unsa Police a obtenu pour sa part 9,7% des voix.
Chez les officiers, le Snop, classé à gauche, a obtenu 54% des voix, devant le syndicat Synergie (44,5%), classé à droite.
Pour le ministère de l'Intérieur, ces résultats reflètent "une grande stabilité".
Mais dans un communiqué, l'union SGP-Unité police appelle l'administration à tenir compte de sa victoire électorale et à engager sans tarder des négociations sur les questions de promotion et de pouvoir d'achat.
"Il est indispensable pour notre institution, mais aussi pour notre République, de rompre avec les incompréhensions et les confrontations qui polluent le dialogue social dans la police depuis un an et demi", écrit-il.
Le ministère de l'Intérieur a assuré de son côté que la concertation sociale reprendrait rapidement.
Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance, a souligné que l'union SGP-Unité police avait échoué dans son pari d'atteindre la majorité absolue.
"En revanche, nous, nous progressons à 38%", a-t-il dit sur LCI. En 2006, Alliance avait obtenu 36,47% des voix.
Dans un communiqué, Synergie estime pour sa part que le résultat du scrutin fait de lui un "acteur incontournable" du paysage syndical.
Ces élections, étalées sur trois jours cette semaine, constituaient un test pour le gouvernement, qui veut faire de la sécurité l'un des thèmes de campagne des élections régionales.
Or, la plupart des syndicats dénoncent la "course aux chiffres" impulsées par Nicolas Sarkozy depuis 2002, alors qu'il dirigeait le ministère de l'Intérieur, et contestent de plus en plus ouvertement les statistiques officielles.
Même le syndicat Alliance critique la "culture du chiffre" alors que, parallèlement, les effectifs diminuent.
Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a revendiqué à la mi-janvier une petite baisse de la délinquance de 1,04% en 2009, assurant que l'essentiel était de rester sur une tendance favorable.
Le Parti socialiste a parlé de son côté d'échec, soulignant que le point noir de la délinquance, à savoir les violences faites aux personnes, continuait une progression entamée depuis plusieurs années.
29/01/2010
REUTERS
Gérard Bon, édité par Gilles Trequesser

 

France: le pays de la Bouffe

  Bordeaux : Réduits à faire les poubelles pour manger

Avec 5 euros par jour pour se nourrir, certains cherchent les rations de survie dans les déchets des supermarchés ou de la Banque alimentaire.
Le phénomène n'est pas nouveau, mais sur le trottoir devant la Banque alimentaire de Bordeaux il n'a été constaté que depuis quelques mois. Le bip-bip des chariots élévateurs se met en veilleuse, les derniers camions rentrent de la collecte, les volets roulants se baissent avec fracas. Il est entre 17 et 18 heures, le rituel du vendredi soir peut commencer. Vendredi, c'est le jour de la sortie hebdomadaire des grandes poubelles de l'association, installée dans une zone d'activité entre les quartiers du Lac et de Bacalan. La nuit tombe vite, la température aussi, les zombis de la misère surgissent.
 
Ils viennent seuls ou en couple, équipés de sacs qui ont connu la grande distribution. Certains portent un escabeau et des gants. Faire les poubelles demande un minimum d'organisation. Arriver parmi les premiers est une obligation pour espérer une collecte fructueuse. Ce soir, Maria et son compagnon sont les premiers. Ils ont garé le fourgon à deux pas. Sans un mot, ils rabattent les couvercles et s'en vont piocher dans les conteneurs. Bananes, yaourts, gâteaux secs, plats cuisinés et pots pour bébés s'entassent dans les poches.
 
«Les invisibles»
 
Maria regarde machinalement les étiquettes. «On nous a dit de venir ici. Il y a toujours quelque chose. C'est bon», dit-elle en rejetant un paquet de biscuits entamé par des rongeurs. L'élocution saccadée et un fort accent de l'Est témoignent de son origine rom. Alors qu'elle commence à évoquer le campement et leurs enfants, lui s'impatiente et file, les bras chargés. Alors elle le suit sans se retourner. Mission terminée.
 
Dans une telle collecte, les produits sont tous périmés de longue date. Les six mois de sursis sanitaire accordés aux denrées après péremption sont largement atteints. Ce n'est pas pour rien que la Banque alimentaire s'en débarrasse. Faire les poubelles de cette association, bien plus que celles des supermarchés ou des marchés qui ont aussi leur «clientèle», c'est toucher le fond.
 
«Dans le jargon social, on les appelle “les invisibles”. Ils n'ont droit à rien parce qu'ils sont sans papiers ou parce que leurs petits salaires leur ferment l'accès à la “carte alimentaire” car ils dépassent les seuils des minima sociaux. Et puis il y a aussi tous ceux qui, souvent par honte, n'osent pas franchir les portes des associations. On compte beaucoup de retraités touchant le minimum vieillesse, de familles monoparentales ou des étudiants», raconte Georges Viala, président de la Banque alimentaire de Bordeaux et de la Gironde.
 
Il est le premier à déplorer ce phénomène qui pousse les gens à aller chercher des moyens de subsistance dans les poubelles. Il sait que les produits que son association jette sont plus que périmés, puisque les denrées qu'elle récupère ne sont déjà pas d'une grande fraîcheur. Elle s'approvisionne avec les invendus des hypers (la moitié du stock), des dotations de l'Union européenne (notamment le lait) et directement auprès des producteurs qui distribuent leurs reliquats.
 
«Nos poubelles ne sont pas belles, plein de bactéries s'y développent. Cela nous pose un vrai problème de conscience que de laisser les gens venir s'approvisionner de cette manière. Nous avons hésité à mettre de l'eau de Javel dedans, mais c'est dangereux», admet Jean-Louis Raynaud, directeur de la structure qui récupère puis distribue chaque jour des produits frais à 138 associations et centres communaux d'action sociale, rien qu'en Gironde.
 
«Nous jetons 200 tonnes de nourriture par an (5% du tonnage total). Dans le lot, il y a tous les produits périmés depuis plus de huit jours, mais aussi les aliments abîmés mais qui restent comestibles. Les associations ne prennent pas, par exemple, les fruits qui ont un petit coup. Leur credo est clair et net : les personnes pauvres ne sont pas des sous-consommateurs. Alors on redistribue ces produits aux bénévoles ou alors, effectivement, ils partent à la poubelle», admet Georges Viala.
 
Ce gaspillage ne devrait pas durer. À la demande de la Banque alimentaire locale, l'ONG Agrisud International, qui lutte contre la pauvreté, a mené une étude. Selon cette ONG basée à Libourne, sur les 200 tonnes de nourriture jetée, 70 tonnes sont récupérables sous forme de confitures, de gaspachos ou de compotes. D'où l'idée de créer une petite entreprise de commerce solidaire qui sera proposée à des bénéficiaires de l'aide alimentaire. Elle devrait voir le jour en Gironde dans les mois qui viennent.
 
8 millions de pauvres
 
En attendant, le contenu de la quinzaine de bacs de la Banque alimentaire destiné aux déchetteries de la Communauté urbaine de Bordeaux attire chaque vendredi son lot d'intéressés. Dans le quartier voisin du Grand-Parc, 39% de la population se situe sous le seuil de pauvreté, soit moins de 800 euros par mois. En France, 8 millions de personnes vivent ainsi. Le logement et l'énergie engloutissent les trois quarts de leur budget : alors, pour eux des tarifs de repas dérisoires restent toujours trop chers.
 
«Souvent, il ne reste aux familles que 170 euros par mois pour vivre, c'est-à-dire 5 euros par jour pour la nourriture, l'hygiène ou d'éventuels loisirs, poursuit Georges Viala. Je vient de rencontrer un jeune intermittent du spectacle qui ne mange que des barres chocolatées depuis un mois. S'ajoute à ce grave problème de malnutrition une question de santé publique.»
 
Une étude récente publiée par le Centre d'étude et de recherche sur la philanthropie (Cerphi) trace en creux un portrait-robot de ceux qu'on stigmatise aussi sous le nom ancestral de glaneurs. Le plus souvent, ils possèdent un logement et refusent l'aide alimentaire, qu'ils associent à de l'assistanat. Ils considèrent la nourriture ramassée comme plus diversifiée que celle proposée par les associations et sans danger pour la santé, dotée de qualités nutritionnelles et gustatives équivalentes à celle achetée.
 
Le constat n'est pourtant pas réjouissant. Peu à peu, les indigents des villes ont pris la direction de la campagne : l'idée reçue voudrait que la vie y soit plus douce. Dans la réalité, il n'en est rien. Dans le canton de Sainte-Foy-la-Grande (33), par exemple, un quart de la population vit au seuil de la pauvreté. Le Sud-Gironde et le Médoc ne sont pas loin de cette triste réalité.
 
«Le problème se déplace dans les zones rurales, où n'existent également que très peu de solutions. Pis, le transport y est un réel souci qui accroît encore les difficultés et isole d'autant plus les personnes qui choisissent d'aller vivre là», indique Georges Viala.
 
La demande d'aides a explosé de 25% ces trois dernières années. Les associations ont du mal à les satisfaire. Elles ont conscience que leur travail revient de plus en plus à poser des plâtres sur des jambes de bois.
 
  (Jacky Sanudo,
 Sud-Ouest), 19 décembre 2010.

lundi 20 décembre 2010

La Bande à COPWATCH

Voilà comment les médiatiques (au service de la Tyrannie) voient les choses:

"Un site «anti-flics» dans le viseur de la police"

"...Le syndicat Alliance en a «assez des sites et blogs antiflics» dont il constate «depuis quelque temps une prolifération», selon le communiqué. «On y trouve même des photos de collègues publiées avec leurs noms et leur affectation», dénonce Alliance, qui «en appelle au ministre de l’Intérieur et au préfet de police afin que la justice soit saisie et que de tels sites soient fermés et leurs administrateurs poursuivis». En outre, Alliance réitère auprès du ministre de l’Intérieur sa demande de création d’un service spécialisé dans la lutte contre cette forme de délinquance, «dont le seul but est de déshonorer et de discréditer les hommes et les femmes de la police et de la gendarmerie nationales» "

Voilà comment des flics voient les choses: 

http://forcesdepolice.forumactif.com/tout-sur-la-police-nationale-f1/sites-anti-police-t241.htm


Voilà comment sont les choses:
http://copwatch.co.uk
http://www.chicagocopwatch.org
Assez incroyable, on entend le scanner de la police en direct depuis le site…
«  Ceux qui peuvent vous faire croire des absurdités peuvent vous faire commettre des atrocités. » François-Marie Arouet -"Voltaire" (1694-1778.)

Les principales dispositions de la LOPPSI 2

Présentation rédigée à partir du projet de « loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure » adopté au Sénat le 10 septembre 2010
FICHIERS

1° Fichiers d'antécédents


La loi recodifie et adapte les dispositions éparses qui portent sur l’alimentation du STIC et du JUDEX, fichiers dits « d’antécédents » de la police nationale et de la gendarmerie. Ces fichiers contiennent des « données à caractère personnel » concernant les personnes, « sans limitation d’âge », suspectées d’avoir participé à la commission d’un crime, d’un délit ou d’une contravention de 5ème classe. Autrement dit, la plupart des suspects ont vocation à figurer dans ces fichiers, même les mineurs.

Le contrôle de ces fichiers est confié à la fois au procureur de la République et à un magistrat référent nommé au niveau national, sans qu'aucune hiérarchie entre ces deux autorités ne soit instituée. Seul le procureur se voit imposer un délai d'un mois pour répondre à une requête en rectification ou effacement, mais le non-respect de ce délai n'est pas sanctionné. Pour mener à bien leurs contrôles, ces magistrats se voient seulement conférer un « accès direct » aux fichiers.

Rappelons qu’en décembre 2008, le STIC recensait, selon la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) :

- 36 500 000 de procédures

- 37 911 000 infractions

- 5 552 313 personnes mises en cause

- 28 329 276 victimes

- 10 millions d’objets.

D’après le bilan 2009 des vérifications du STIC par la CNIL, seules 20% de ses fiches sont rigoureusement exactes. Le texte prévoit que les décisions d'acquittement ou de relaxe conduisent à un effacement des données personnelles, « sauf si le procureur de la République en prescrit le maintien pour des raisons liées à la finalité du fichier », sans autre précision. Quant aux décisions de non-lieu pour insuffisance de charges ou de classement sans suite, elles font seulement l'objet d'une mention dans le fichier, sauf si le parquet ordonne l’effacement des données personnelles. Les autres décisions de classement font l'objet d'une simple mention, sans possibilité d’effacement des données. Ainsi, un classement sans suite pour absence d’infraction ne pourra pas conduire à l’effacement des données, à l’inverse d’un classement sans suite pour infraction insuffisamment caractérisée...

2° Fichiers d'analyse sérielle et de rapprochement judiciaire

La loi abaisse le seuil de peine permettant l’enregistrement dans un fichier « d'analyse sérielle » en le faisant passer de 7 à 5 ans d’emprisonnement. Les données contenues dans ces fichiers concernent les suspects, victimes et personnes susceptibles de fournir des renseignements, sans limitation d'âge. Quant aux fichiers « de rapprochement », ils vont permettre de croiser les données à caractère personnel recueillies dans différentes enquêtes en se fondant sur les modes opératoires, sans aucune limite en termes de gravité des infractions concernées. Les données à caractère personnel doivent être effacées « à la clôture de l'enquête » ou en tout état de cause – car, manifestement, on sait que l'effacement n'aura pas lieu avant – « à l'expiration d'un délai de trois ans après le dernier acte d'enregistrement ». Là encore, le moyen de contrôle de ces fichiers par le procureur de la République et le magistrat référent ne résulte que d'un droit d'accès direct à ces fichiers de rapprochement.

FILTRAGE INTERNET

La loi prévoit un système de filtrage des sites diffusant des images de mineurs à caractère manifestement pornographique, qui se verront privés d’accès à internet par l’autorité administrative, en l’occurrence l’Office central de lutte contre la criminalité, sans recours au juge. Lorsque le caractère pornographique des images n’est pas « manifeste », l’autorité administrative peut saisir l’autorité judiciaire pour qu’elle statue sur cette interdiction.

VIDEOSURVEILLANCE

La loi substitue au terme de « vidéosurveillance » celui de « vidéoprotection ». L’objectif est d’étendre de manière considérable la surveillance par caméras. Ainsi, les autorités publiques peuvent placer des dispositifs de vidéosurveillance sur la voie publique pratiquement partout puisque les critères sont très larges à l’instar de celui de la « prévention des atteintes à la sécurité des personnes et des biens dans des lieux particulièrement exposés à des risques d’agression, de vol ou de trafic de stupéfiants, ainsi qu’à la prévention, dans des zones particulièrement exposées à ces infractions, à des fraudes douanières (…) et des délits (…) portant sur des fonds provenant de ces mêmes infractions ». « La prévention des risques naturels ou technologiques » est ajoutée à la liste des motifs, ainsi que « le secours aux personnes et la défense contre l’incendie ». La loi étend aussi l'argument de la régulation du trafic routier par la vidéosurveillance à celle de l’ensemble des « flux de transports ». Dans les immeubles d'habitation disposant d'un système de vidéosurveillance des parties communes, les gestionnaires (copropriétés ou bailleurs) sont autorisés à transmettre leurs images aux forces de police « lors de circonstances faisant redouter la commission imminente d'une atteinte grave aux biens ou aux personnes ».
 
Le préfet se voit également accorder la faculté de faire installer un dispositif ad hoc de vidéosurveillance pour toute manifestation ou tout rassemblement de grande ampleur. Aux fins de prévention du terrorisme, le préfet pourra demander au conseil municipal d’une commune de délibérer sur la mise en oeuvre d’un dispositif de vidéosurveillance. Les élus devront alors délibérer dans un délai de 3 mois maximum. Les entreprises, après information du maire ou autorisation du préfet, pourront également placer des caméras à proximité de leurs établissements « aux fins d’assurer la protection des abords de leurs bâtiments et installations, dans les lieux susceptibles d’être exposés à des actes de terrorisme ou particulièrement exposés à des risques d’agression ou de vol ». Le visionnage des images pourra être réalisé par les salariés de ces entreprises. Par ailleurs, les personnes publiques ont la possibilité de déléguer l’exploitation de « leurs » images à des opérateurs privés.

Les autorités de contrôle des systèmes de vidéosurveillance sont, d’une part, la CNIL et, d’autre part, les « commissions départementales de la vidéoprotection », qui peuvent être saisies par « toute personne intéressée » de « toute difficulté tenant au fonctionnement d’un système de vidéoprotection ». Quant à la « commission nationale de la vidéoprotection », elle exercera une mission de conseil et d’évaluation de l’efficacité des dispositifs existants en la matière.

CONSEIL NATIONAL DES ACTIVITÉS PRIVÉES DE SÉCURITÉ

Entérinant la privatisation croissante de la sécurité, la loi instaure un « conseil national des activités privées de sécurité » chargé d’une triple mission :

- de conseil et d’assistance aux professionnels ;

- de police administrative en matière d’agréments et d’autorisations ;

- de sanction disciplinaire.

Ce conseil est composé de représentants de l’Etat et de magistrats des ordres administratif et judiciaire qui sont majoritaires. Des personnes issues des activités privées de sécurité et des « personnalités qualifiées » complètent ce collège. Par ailleurs, une « commission régionale d’agrément et de contrôle » sera créée dans chaque région avec pour mission de délivrer les autorisations et cartes professionnelles, de les suspendre en cas de difficultés et de prononcer d’éventuelles sanctions disciplinaires. Elle dispose d'un droit de visite des locaux à usage professionnel des employeurs et donneurs d'ordres.

ÉCHANGES ÉLECTRONIQUES

Il s'agit de prévoir une infiltration électronique pour identifier les auteurs des infractions de provocation à commettre des crimes ou délits (article 24 de la loi de 1881) : les officiers ou agents de police judiciaire habilités pourront participer à des échanges électroniques en usant d'un pseudonyme et extraire et conserver les éléments de preuves ainsi obtenus.

« PERQUISITION » INFORMATIQUE

Pour les infractions entrant dans le champ de la criminalité organisée de l’article 706-73 du Code de procédure pénale, le texte prévoit la possibilité, sur commission rogatoire d’un juge d’instruction, de mettre en place « un dispositif technique ayant pour objet, sans le consentement des intéressés, d’accéder, en tous lieux, à des données informatiques, de les enregistrer, de les conserver et les transmettre, telles qu’elles s’affichent sur un écran pour l’utilisateur d’un système de traitement automatisé de données ». Pour l’installation de ce « mouchard », les enquêteurs pourront s’introduire dans le domicile ou le véhicule de la personne mise en cause, à son insu et, si nécessaire, de nuit.

RAISON D’ETAT

Un régime d’impunité judiciaire est prévu pour les agents de renseignement, leurs sources et leurs collaborateurs lorsqu’ils utilisent une identité ou une qualité d’emprunt. En revanche, la loi réprime la révélation, même involontaire, de « toute information qui pourrait conduire directement ou indirectement à la découverte de l’usage d’une identité d’emprunt ou d’une fausse qualité, de l’identité réelle » de ces agents ou de leur appartenance à un service spécialisé de renseignement, ce qui pourrait avoir des conséquences graves pour la liberté de la presse.

PEINES MINIMALES

Pour les délits de violences volontaires aggravées pour lesquels la peine encourue est égale à 10 ans d’emprisonnement et ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à 15 jours, la peine d’emprisonnement ne peut être inférieure à 2 ans, sauf décision spécialement motivée par le juge. Cette peine minimale s’applique également pour les délits commis avec la circonstance de violences, dès lors que la peine encourue est égale à 10 ans et que l’ITT est supérieure à 15 jours. Ces dispositions sont applicables aux mineurs.

PÉRIODES DE SURETÉ

La période de sûreté de 30 ans sera applicable aux personnes condamnées pour meurtre ou assassinat commis en bande organisée ou avec guet-apens sur un magistrat, un policier, un gendarme, un membre de l’administration pénitentiaire ou toute autre personne dépositaire de l’autorité publique, à l’occasion de l’exercice ou en raison de ses fonctions.

SURVEILLANCE JUDICIAIRE

Le juge d’application des peines peut, à titre de mesure de sûreté pour prévenir la récidive, placer une personne sous surveillance judiciaire dès sa libération. Jusqu’à présent, cette mesure n’était possible que pour les personnes condamnées à une peine d’emprisonnement d’une durée égale ou supérieure à 10 ans. Désormais, ce régime est applicable aux personnes condamnées à une peine privative de liberté d’une durée supérieure ou égale à 5 ans pour un crime ou un délit commis « une nouvelle fois en état de récidive légale ».

SÉCURITÉ ROUTIÈRE

Le texte prévoit des cas de confiscation automatique du véhicule par le tribunal correctionnel, sauf « décision spécialement motivée ». La « vente » de points de permis de conduire est désormais punie d’une peine de 6 mois d’emprisonnement. La loi instaure une possibilité de rétention administrative des permis de conduire par les agents de police judiciaire adjoints (gendarmes adjoints volontaires, ladjoints de sécurité, agents de police municipale...). Ces mêmes APJ adjoints peuvent par ailleurs mettre en oeuvre un dépistage de consommation de stupéfiants.

POLICE MUNICIPALE

Les membres des cadres d'emploi de la police municipale assurant la direction fonctionnelle et opérationnelle des services de la police municipale se voient attribuer la qualité d'agents de police judiciaire. Il leur est donc désormais permis de constater les crimes, délits et contraventions et d'en dresser procès-verbal.

RÉSERVE CIVILE DE LA POLICE ET SERVICE VOLONTAIRE CITOYEN

La réserve civile est constituée de retraités de la police nationale et de volontaires. Les retraités peuvent accomplir des missions de soutien aux forces de sécurité et des missions de solidarité et les volontaires des « missions élémentaires d'exécution » ou des « missions de spécialiste correspondant à leur qualification professionnelle ». Le service volontaire citoyen concerne des missions « de solidarité, de médiation sociale et d'éducation à la loi ».

VENTE A LA SAUVETTE

La vente à la sauvette, qui constituait une contravention, devient un délit passible de 6 mois d’emprisonnement et de 3750 euros d’amende. L’exploitation de la vente à la sauvette est elle aussi sévèrement réprimée.

OCCUPATION DE TERRAIN

Le préfet peut mettre en demeure de quitter les lieux les occupants d’un terrain, installés de manière illicite en réunion, lorsque le fait d’y établir des habitations comporte de « graves risques pour la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques ». Si cette mise en demeure n’est pas suivie d’effet, le préfet peut faire procéder à l’évacuation forcée des lieux et demander au président du TGI en référé de l’autoriser à faire détruire les constructions illicites.

VISIOCONFERENCE

La visioconférence en matière judiciaire est renforcée : elle sera désormais possible pour juger un prévenu en audience correctionnelle lorsque celui-ci est détenu.

DOUANES ET IMPÔTS

Les agents des douanes et de l’administration fiscale voient leurs prérogatives renforcées, en particulier en matière de « visites domicilaires ». Les agents des douanes habilités pourront également, aux fins de constater les infractions à la législation sur les stupéfiants, acquérir des produits stupéfiants et fournir des moyens juridiques ou matériels à des trafiquants en vue de démanteler des réseaux.

ÉTRANGERS

L’autorité administrative peut ordonner, hors de tout contrôle par l’autorité judiciaire, le placement sous surveillance électronique mobile, pour une durée maximale de 2 ans, de l’étranger astreint à résidence, « s’il a été condamné à une peine d’interdiction du territoire pour des actes de terrorisme ou si une mesure d’expulsion a été prononcée à son encontre pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste ». Cette personne doit alors porter un dispositif qui permet sa géolocalisation permanente sur tout le territoire national.

DÉPISTAGE OBLIGATOIRE

L’officier de police judiciaire peut faire procéder, y compris sans le consentement de l’intéressé, à un examen médical et à une prise de sang sur toute personne ayant commis, à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, des actes susceptibles d’entraîner sa contamination par une maladie virale grave. Refuser de se soumettre à ce dépistage constitue un délit passible d’un an de prison.

VICTIMES VULNÉRABLES

Le texte propose de réprimer le vol commis à l’encontre de personnes âgées, enceintes ou malades d’une peine de 7 ans d’emprisonnement (5 ans actuellement) et de porter les peines à 10 ans lorsque les faits sont commis avec deux circonstances aggravantes (7 aujourd’hui). Pour ces mêmes victimes vulnérables, le délai de prescription de l’action publique ne court qu’à compter du jour « où l’infraction apparaît à la victime dans des conditions permettant l’exercice de l’action publique » s’agissant des délits suivants : abus de faiblesse, vol, abus de confiance, escroquerie, détournement d’un bien saisi, recel.

MINEURS

Le préfet peut prendre des mesures de « couvre-feu » individuelles, entre 23h et 6h du matin, à l’égard de mineurs de 13 ans, exposés, par leur présence sur la voie publique, à un risque manifeste pour leur santé, leur sécurité, leur éducation ou leur moralité. En cas d’urgence et d’impossibilité d’un accueil du mineur à son domicile, le préfet le place provisoirement à l’aide sociale à l’enfance, sans limitation de temps et sans recours possible au juge pour les familles. La loi instaure également un contrat de responsabilité parentale, proposé en particulier aux parents d’un mineur de 13 ans déjà condamné pour une infraction pénale, lorsque cette infraction « révèle une carence de l’autorité parentale ». Si les parents refusent de signer ce contrat, le président du conseil général leur adresse un rappel de leurs obligations et prend « toute mesure d’aide et d’actions sociales de nature à remédier à la situation ».

Par ailleurs, une procédure de jugement accélérée est prévue devant le tribunal pour enfants. Le procureur de la République peut poursuivre un mineur en le faisant convoquer rapidement devant le tribunal par un officier de police judiciaire, si ce mineur a déjà été jugé dans les six mois précédents pour des infractions similaires et qu’à cette occasion, tous les renseignements utiles sur sa personnalité ont déjà été recueillis.

SUPPORTERS SPORTIFS

Des dispositions spécifiques sont prévues pour permettre au ministre de l’Intérieur ou au préfet de restreindre la liberté d’aller et venir des « supporters » d’équipes sportives en cas de risque de troubles à l’ordre public. Le fait de contrevenir aux arrêtés administratifs pris en ce sens constitue une infraction pénale.

TRANSPORTS EN COMMUN

Les personnes qui ne paient pas leur trajet dans les transports collectifs ou dont le comportement trouble l’ordre public ou compromet la sécurité des voyageurs ou la régularité des circulations peuvent être contraintes, y compris par la force, à descendre du bus ou du train ou à quitter la gare.

SAISIES

Dans le cadre d’une enquête, l’officier de police judiciaire, sur autorisation judiciaire, peut procéder à la saisie d’une somme d’argent sur un compte bancaire. Le juge se prononce ultérieurement pour maintenir ou lever la saisie. Jusqu’à présent, seul un juge pouvait effectuer une telle saisie. Le directeur départemental de la sécurité publique ou le commandant de gendarmerie peut demander au procureur de la République d’entamer une procédure en vue de l’aliénation des biens saisis dans des procédures judiciaires avant même tout jugement au fond, biens inventoriés sur une liste que ces autorités peuvent se faire communiquer tous les trois mois.

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