mardi 21 juin 2016

À L’ABORDAGE !


Le PS Tricard à Nantes et ailleurs...



La manifestation de jeudi est finalement autorisée sur un parcours pré-nassé autour du bassin de l’Arsenal, de Bastille à Bastille encadré par des rangés de matraques. 
Les syndicats ont-ils accepté la fouille anale de tous les Manifestants-Terroriste ? 
Surprise sur place...
Le Préfet de Police Cadot ne fait pas de cadeaux il accepte seulement une Cours de Promenade un peu plus grande pour les Manifestants en QHS...
Il faut Impérativement se préparer à annoncer une manif sauvage surprise à une Porte de Paris au dernier moment pour prendre de vitesse le dispositif militaire de la tyrannie...


Hollande Démission !
Valls Démission !
Cazeneuve Démission !

APPEL DE NANTES CONTRE L’UNIVERSITÉ D’ÉTÉ DU PARTI SOCIALISTE DU 26 AU 28 AOÛT



Ceci est une invitation. Nous sommes des étudiants et des lycéens, des syndicalistes et des salariés en lutte, des chômeurs et précaires, des militants associatifs, des habitants de la ZAD, des intermittents, etc. Nous sommes celles et ceux que ce monde révolte.

Nous nous sommes retrouvés ces dernières semaines dans les rues de Nantes et d’ailleurs, dans les manifs, les blocages, et les occupations contre la « loi travaille ! ». Nous nous étions déjà croisés ces dernières années dans les luttes : contre des projets d’aménagement du territoire et pour construire des espaces de liberté, pour défendre les « migrant-e-s », contre la marchandisation de la santé, de la culture, contre toutes les discriminations, contre la répression, les violences policières et l’État d’urgence.... A chaque fois, c’est au gouvernement socialiste que nous nous sommes heurtés.

Du 26 au 28 août, le parti socialiste prétend lancer sa campagne présidentielle à Nantes lors de son université d’été. Ce sera la dernière mascarade d’un mandat marqué par un discrédit sans précédent et d’un gouvernement dont la seule réussite est d’avoir agrégé contre lui une colère unanime.

Réunis en assemblée ce 18 juin à Nantes, nous nous organisons ensemble dès à présent pour rendre impossible cette université d’été. Avec le lancement de la campagne présidentielle, ils veulent faire oublier la séquence de lutte et de résistances du printemps, ils croient pouvoir pavaner dans les rues de la métropole nantaise. Pour nous, ce n’est que le début d’une seconde mi-temps. Les idées fusent déjà, on projette des blocages, on imagine une occupation de la ville, une manif monstre, une université d’été du peuple avec des discussions et des ateliers.

Qui attend encore un quelconque changement des élections de 2017 ? Ce changement viendra de la rue. Il s’agit de faire de cette université d’été un moment pour approfondir les rencontres engagées dans les luttes. Un temps fort pour exprimer notre colère tout en cherchant ensemble d’autres horizons que cette gauche moribonde.

Nous appelons toutes celles et ceux que ce gouvernement révulse à s’organiser partout pour converger à Nantes du 26 au 28 aout. Venez avec vos potes, vos collègues, vos tentes, tracts, idées, pratiques. Rédigez vos propres appels, organisez-vous pour nous rejoindre, prenez l’initiative ! On a tous une bonne raison de détester le PS.

A l’abordage !

Contact : stopunivpsnantes@riseup.net

mercredi 15 juin 2016

ENFIN l'Interdiction de Manifester !!!

Journées d’action contre la loi travail les 23 et 28 juin

La Loi Travail au Feu !

Qu'elles sont grosses les ficelles du Média policier pour discréditer le peuple...
Oui de nombreux syndicalistes ont affronté les flics mais les plus surprenants n'étaient pas ceux de la CGT, SUD ou de Solidaires mais ceux de FO, bien visibles eux aussi...
La foule syndicale devrait se laisser battre comme plâtre encadrée par les pitbulls robots-poulagas et pourquoi pas se faire enculer sur place. C'est en effet ce que les directions syndicales acceptent sur la base "D'informations données par les services de la Préfecture". Paroles d’évangile alors que cet État policier ne fait que manipulations sur manipulations depuis trois mois...

Plus de 1500 grenades lacrymogènes et 175 de désencerclement ont été utilisées pendant la manif...


Trahison syndicale.

Encore une foi la CGT a délibérément livré ses militants  aux exactions policières en acceptant de bloquer le cortège avant terme sur demande de la Préfecture de Police. Ce type d’interruption subite d'une manifestation provoque toujours des affrontements violents et c'est bien ce que cherchait le pouvoir pour ensuite faire porter le chapeau aux syndicats. Voici le communiqué officiel:
"La CGT souligne le sang-froid et la maîtrise des militants de son service d’ordre qui, sans faillir, ont pris les dispositions nécessaires afin de garantir la sécurité des participants à cette manifestation massive.
En conscience et prenant en compte les informations données par les services de la Préfecture, les organisations syndicales ont fait le choix de ne pas aller jusqu’au bout du parcours prévu, malgré la frustration légitime des participants, pour ne pas les exposer davantage à la violence et aux incidents générés par des éléments extérieurs. Face à cette contrainte, une fois encore, l’ensemble des services d’ordre des organisations a su créer et mettre en œuvre les conditions pour que les participants, venus de toute la France, puissent rejoindre leurs moyens de transport.." suite Ici
Pétition : Je ne respecterai pas l’interdiction de manifester
 «Alors qu’on interdise l’Euro !»


Pour tout ceux qui considèrent que les manifestations de rue doivent prendre un tour subversif et insurrectionnel, braver cette interdiction est une motivation supplémentaire qui garantie la fin des "Manifs traîne savate".
Les choses sérieuses vont commencer et le vrai public populaire va pouvoir se joindre en masse aux cortège avec fièvre et ferveur.
Assez de bébés "casseurs" qui se contentent de jeter canettes, cailloux et morceaux de bitume sur les lignes de l'armée d'occupation policière des rues. Face aux multiples provocations policières et aux milliers de blessés depuis trois mois (de l'écolier normand au simple passant...) il faut utiliser le seul moyen vraiment efficace, le feu. Une pluie de Cocktails Molotov est la seule façon honnête de dératiser les rues polluées par les groupes de robocops.
L'encadrement des manifestations avec des robocops sur les cotés n'est plus acceptable, plus question de défiler dans les rues avec cette menace humiliante et dérisoire qui assimile le manifestant à un détenu de QHS. Le cortège Autonome de tête n'est qu'un faux nez qui fait perdre les pédale au pouvoir alors que l'enjeu est ailleurs.
L’État Policier et le Bloc Autonome sont déjà dépassés dés lors que le prolétariat salarié français a pris sa décision et elle est claire: Jamais il n'acceptera cette Loi Travail qui est le casus belli de l'habituelle Paix Sociale.
Si les syndicats n'ont pas réussit à éjecter le Bloc Autonome du devant des manifs c'est simplement parce que le prolétariat refuse de se priver d'une garantie de pression sur les dit syndicats auxquels il ne fait pas confiance. La CGT l'a compris mais pas l’État Policier...
L’État Policier na plus que la manipulation du Terrorisme pour faire peur et bien davantage à ses fonctionnaires de Police qu'aux prolétaires en lutte. Une vie d'esclavage est plus douloureuse qu'une mort violente et subite.
Contre leurs Guerres, La Notre !
Le Feu Partout !
Et la Joie au milieu !

Les vitres de l’hôpital Necker: Témoignage d’un parent d'enfant malade


Hier, il y avait des centaines de milliers de manifestants dans les rues de Paris. En tête, des milliers de personnes, cagoulées ou non, syndiquées ou pas, se sont retrouvées pour tenir la dragée haute à un dispositif policier hors norme.
Je comprends facilement ce qu’il peut y avoir de désespérant là-dedans pour le gouvernement. Alors que l’on pouvait imaginer qu’au fil des semaines et des mois, la rue se fatigue et la violence soit de plus en plus isolée, c’est tout le contraire qui se passe : la peur de la police ne dissuade pas.

Hier, les manifestants ont commis de nombreuses dégradations. Pour celles que j’ai pu constater, elles étaient toutes « ciblées » : banques, assurances et publicités. Je ne suis pas sûr que cela nécessite beaucoup de débat. Il n’est pas certain que le monde de la finance tremble à chaque fois qu’un distributeur de billet est vandalisé mais que la jeunesse y voie un symbole, je le comprends parfaitement. Qu’une assurance doive appeler son assureur et demander le coût de la franchise, je dois avouer que lorsque j’y ai pensé, ça m’a fait rigoler. Ces gens engrangent des milliards en ponctionnant la solidarité. Quant aux publicités détruites, c’est — malgré la méthode—, la meilleure chose qui puisse leur arriver.

Au milieu de tout cela, quelques vitres de l’hôpital Necker ont été brisées. Bien que les vitres en question n’aient pas d’autre rôle que celui d’isolant thermique : j’en conviens grandement, ce n’est pas très malin.

Certes, briser les vitres d’un hôpital, même par mégarde, c’est idiot ; mais sauter sur l’occasion pour instrumentaliser la détresse des enfants malades et de leurs parents pour décrédibiliser un mouvement social, c’est indécent et inacceptable. Et c’est pourtant la stratégie de communication mise en œuvre depuis hier, par MM. Cazeneuve et Valls. Allègrement reprise par la droite et relayée sur un plateau doré par tous les médias.
Je le dis d’autant plus volontiers que l’hôpital Necker, j’y ai passé beaucoup de temps et que la détresse et l’angoisse des parents d’enfants très malades, je vois particulièrement bien ce que c’est. Instrumentaliser cette souffrance à des fins aussi bassement politiciennes est abjecte.

Cette indécence est d’autant plus choquante lorsque l’on connaît la situation de l’hôpital public aujourd’hui. MM. Valls et Cazeneuve, « révoltés » du fond du cœur par cinq vitres brisées, le sont-ils autant par les conditions de travail effarantes des personnels hospitaliers ? Lorsqu’un généticien clinique doit travailler 70h par semaine car la direction de son hôpital n’a pas les moyens d’employer un nouveau docteur ni même une secrétaire, quelles en sont les conséquences sur tous ces gentils petits enfants malades au chevet desquels nos ministres accourent depuis hier ? Quand les aides-soignantes et les infirmières sont épuisées, usées jusqu’à la moëlle et rémunérées au minimum, qu’en est-il de la qualité des soins et de l’attention nécessaires à ceux qui passent des mois voire des années dans des couloirs d’hôpitaux ?

Lorsqu’ils mettent sur le même plan « émotionnel » des plaques de verres cassées et ces centaines de milliers de familles éprouvées, MM. Valls et Cazeneuve, n’ont-ils pas honte ? Et tous ces journalistes qui ont titré sur cet horrible assaut contre l’hôpital des « enfants malades », prennent-ils la mesure du sens de leurs mots ?
La palme de l’infamie revient évidemment à M. Cazeneuve qui a tout de même réussi à ajouter à l’équation le fils des deux policiers tués avant-hier.

Des centaines de milliers de personnes défient le gouvernement dans la rue. Une ou deux cassent le double vitrage d’un hôpital. Une ordure tue deux policiers à l’arme blanche. Leur fils de trois ans est en soin à Necker. M. Cazeneuve établit un rapport émotionnel, affectif et psychique entre ces deux séries de faits : la lutte contre la Loi Travail et son gouvernement, le choc produit par la brutalité de ce double meurtre et la situation dramatique de cet enfant. Si les jeunes émeutiers qui ont cassé les vitres de Necker ont été idiots, MM. Valls et Cazeneuve, eux, sont obscènes.

Plutôt que de courir les plateaux télés pour dire des conneries pareilles, retirez la loi travail, financez correctement les hôpitaux et épargnez aux enfants et à leurs parents votre ignoble instrumentalisation. Merci d’avance.


1 million de manifestants ?

Estimation à partir des surfaces et de la densité

En considérant une foule dense sur les boulevards (de 1 à 4 pers/m²) et un peu moins dense aux invalides, on peut estimer le nombre de manifestants dans la fourchette suivante et en considérant que l’espace du cortège a été occupé par entre 2 et 5 cycles de manifestants (le temps de parcours entre place d’Italie et Invalide étant d’environ 1h et le temps entre l’arrivé de la tête du cortège et celle de la fin étant d’environ 5 heures) :
Chiffre minimum : ( 220 000 x 1 pers/m² + 77 000 x 0,1 pers/m²) x 2 = 455 000 manifestants
estimation basse : ( 220 000 x 1,2 pers/m² + 77 000 x 0,2 pers/m²) x 3 900 000 manifestants
estimation moyenne inférieure : (32 000 x 2 pers/m² + 22 800 x 1,5 pers/m² + 46 400 x 1,5 pers/m² + 67 000 x 1 + 77 000 x 0,2) x 4 1 000 000 manifestants
estimation moyenne supérieure : (32 000 x 4 pers/m² + 22 800 x 2 pers/m² + 46 400 x 2 pers/m² + 67 000 x 1,5 + 77 000 x 0,2) x 3 = 1 147 000 manifestants
estimation haute, avec les hypothèses de la manif pour tous : (350 000 x 4) x 3 = 4,2 millions de manifestants.

Estimation à partir du flux de manifestants : en ne considérant que l’écoulement à la vitesse de 3km/h des manifestants sur un accès à la place d’Italie de 50 m de large de 12h jusqu’à 19h, le flux de manifestants est alors d’environ 750 000 manifestants qui ont défilé. Encore une fois, une bonne partie des manifestants n’a pas défilé ou n’a pas pu parcourir la totalité du cortège. Si 1 manifestant sur 3 n’a pas parcouru la totalité des 6 km du cortège, ce qui est un ordre de grandeur très prudent, on obtient bien une estimation d’environ 1 million de manifestants.
Donc oui, il y avait bien 1 million de manifestants à Paris

Au delà du préfet de police de Paris (Cadot la salope) qui n’en finit pas de discréditer son administration en acceptant d’endosser la responsabilité des chiffres bidons soufflés par Matignon, c’est aussi nombre de journaputes qui se déshonorent en relayant sans esprit critique aucun, les chiffres de la propagande gouvernementale.

Une parmi les milliers de blessé(e)s



mardi 14 juin 2016

Attention Coup de force étatique en cours

Match Tyrannie contre Peuple:

15h Paris, les flics sabotent volontairement la Manif, tous grenades de désencerclement en pogne !!
Malgré TOUT les flics reculent !!!
Voir Directs sur périscope


Pour déchirer le contrat social, il faut l’accord des deux contractants. C’est clair, François Hollande et Manuel Valls sont seuls. 
Mieux encore le voile du Spectacle politique se déchire. Impossible de faire jouer le pitoyable gôche-droite qui structurait l'artifice politique car un seul pouvoir néo-conservateur s'exprime au nom de son maître le gladio capitaliste. La population française est donc forcé de se reconnaître comme Peuple face à une tyrannie qui lui est étrangère et hostile.


Quelques heures avant la grande manif nationale du 14 juin 2016 à Paris, les ondes propagande sont occupées par le spectacle d’un flic lardé de neuf coups de couteau (encore une  haine des flics mise en spectacle pour paralyser le "Tout le monde déteste la Police" on sacrifie un poulet à l’hôtel du terrorisme d’État...). 
Le RAID a nettoyé le terrain pour ne surtout pas avoir de procès ni d’enquête ou de déclaration du prétendu coupable mais seulement une "Série policière" écrite en temps réel par le noyau Valls, Hollande, Cazeneuve..
Par ailleurs les insultes contre ce mouvement reprennent de plus belle avec la horde média du MEDEF crachant au visage du prolétariat.

On comprend que ce timing imposé du media est le mode réel de gouvernement d'un régime sans une once de légitimité qui ne peut que surfer sur l'écume émotionnelle fabriqué médiatiquement en série par les polices politiques les plus secrètes.
La Police de la Pensée comme mode universelle de gouvernement du monde.

Pour reprendre la main il nous suffira ce 14 Juin de déferler dans les rues et de repousser toute pression policière dans nos cortèges avec la plus grande énergie.

C'est la vitesse de l'information qui est risible dans cette manipulation nocturne. Comme si les méchants terroros de EI avaient la capacité de répondre en temps réel avec leur propre agence de presse pour revendiquer la moindre action...
Admirez le timing du média Le Monde ici choisi par le Gladio pour exploiter cette affaire. Presque minuté cette embrouille avec happy end de l'enfant sauvé des eaux...



lundi 13 juin 2016

L’Etat relance les interdictions de manifester pour la manif du mardi 14 juin 2016

14 juin Manifestation Nationale à Paris !
13h de la Place d’Italie en direction des Invalides

Attention, l’État retente le coup, plusieurs personnes participant au mouvement social contre la loi Travail se sont vu notifier samedi par les forces de l’ordre des interdictions d’être présent à la manifestation du 14 juin et dans le quartier de République. Ces décisions "individuelles" vont sûrement continuer à être distribuées dans les jours prochains, à Paris comme en province. Elles sont basées sur l’article 5-3° de la loi sur l’état d’urgence.

Plus précisément il est interdit aux personnes concernées d’être présentes dans les 5e, 6e, 7e, 13e, 14e et 15e arrondissements de Paris entre 10h et 20h mardi 14 juin et sur la place de la République aux alentours de 18h à 7h le lendemain matin.

Important : cette fois, les flics refusent de remettre la décision aux gens concernés, ce qui empêche de faire le recours. Pour pouvoir attaquer la décision devant la justice administrative, il faut impérativement en avoir une copie. Or, les flics font signer l’arrêté mais ensuite refusent de remettre la copie aux intéressé-e-s !

Il faut donc refuser de signer tout papier s’ils ne sont pas en deux exemplaires dont une copie pour vous.

Apparemment la claque reçue par le gouvernement le 16 mai dernier par le référé-liberté qui a mené à l’annulation de 9 interdictions de manifester sur 10 n’a pas suffi. Rappelons que le juge administratif avait relevé à cette occasion que les interdictions constituent une « atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’aller et venir et à celle de manifester ».

Si l’État retente le même coup alors qu’il sait que ces interdictions sont extrêmement contestables c’est bien que cette manifestation lui fait peur. Après 3 mois de mouvement social croit-il vraiment nous intimider ? On lâche rien !

Appel à recensement mais aussi et surtout à prévenir le collectif de défense collective : 07.53.82.19.10. ou defcol [at] riseup.net.

Reprise du communiqué lors de la première vague d’interdictions de manifester le 16 mai :

Au moins plusieurs dizaines de personnes sont concernées par les interdictions de "paraître". Le décompte exact est impossible sans compter celles et ceux n’ayant pas (encore) reçu le document qui leur est destiné...

Les interdictions concernent des personnes diverses et variées. Il y a des membres de différentes organisations, mais également des personnes syndiquées, des blessées lors de violences policières et des non organisées, une personne qui ne vient plus en manifestation depuis fin mars mais a été interpellée et mise en examen...

Des interdictions sont signalées en dehors de la région parisienne.
Attention, ces mesures fonctionnent comme les assignations à résidence et autres cochonneries : la décision est prise unilatéralement par l’Administration (avec un grand A non cerclé), sans procès contradictoire ni preuves.

En gros, les préfectures délivrent des décisions d’interdiction de manifestation individuelle.
Les flics sont chargés de les notifier. C’est-à-dire que plusieurs personnes sont concernées mais que la mesure ne prend effet qu’à partir du moment où les forces de l’ordre auront donné directement le document. Autrement dit, n’est pas une infraction de participer à une manifestation si on n’était pas au courant de l’interdiction individuelle. Quel dommage pour celles et ceux qui, quand les flics passeront, seront partis faire des courses, ou une balade, et se feront voler leur courrier en même temps !
Les Chaises contre le Travail
 
Ces interdictions de manifestation sont utiles pour l’État a partir du moment où elles sont utilisées pour un nombre important de manifestants. Le chiffre exact n’est pas connu et va certainement évoluer en permanence.

Il est aussi possible de témoigner, d’exprimer sa solidarité et de ne rien lâcher sur paris-luttes.info, dans la rue et partout où cela te semblera nécessaire !

Un exemple d’arrêté :
On notera qu’en dehors de phrases typiques des communicants et de réels interdits, il n’y a rien dans cet arrêté... Si, si, relis-le, et tu verras : l’interdiction frappe cette personne seulement pour avoir été vue "à de nombreuses reprises dans des manifestations contre, notamment, les violences policières et le projet de [loi Travail]" (sic !).

Quelques naïfs de bon aloi voudraient encore feindre à ne pas comprendre la détermination des travailleurs-salariés-précaires contre la loi Travail dans les manifestations.


jeudi 9 juin 2016

Appel à saborder l’Euro 2016

«Réunie à l’usine d’Ivry, occupée, l’assemblée générale des grévistes, éboueurs, égoutiers, personnels des garages de la Ville de Paris a décidé à l’unanimité la poursuite du mouvement de grève jusqu’au 14 juin » 
« Le mouvement a plutôt tendance à s’amplifier. Des sociétés privées commencent à être touchées. On n’est pas dans un mouvement qui s’essouffle, loin de là. »



Street Medic Paris : Communiqué média

 
Ce texte a pour but d'éclaircir la position d'une coordination de street medic, vis à vis des médias.

Nous sommes des Street Medics, parmi d'autres. Nous ne sommes ni une association, ni un collectif, ni une organisation. Nous sommes des travailleurs, des étudiants, des lycéens, des chômeurs. Mais avant tout nous sommes des militants, des manifestants, et c'est la raison première qui nous amène à venir soigner nos camarades dans les manifestations.
Si des street medics ont été constituées sur ce mouvement c'est que la répression de l’État l'a rendu nécessaire, et presque « indispensable », notamment par l'usage de certaines armes.

Si notre manière de manifester se traduit par l'apport de soin dans ces manifestations, ce n'est pas dans la volonté de faire de l'humanitaire, car nous ne sommes pas là pour panser les plaies du capitalisme et de l' état policier. D'ailleurs notre action serait inefficace, sans le soutient, et la solidarité de tou-tes en manifestations. Nous ne sommes pas à l’écart des cortèges, ni en dehors, ni même en groupe.

Depuis deux mois, une multitude de journalistes, d'horizons différents ont cherché à nous contacter. Certains allant jusqu'à nous suivre dans la rue, en manifestations, malgré nos refus. Beaucoup se sont permis aussi de prendre des images, des medics, des bléssé-e-s, sans consentement et dans des situations qui parfois frôle le voyeurisme.
Si nous refusons d'être interrogé-es, suivi-es, interviewé-es, nous produisons tout de même des communiqués et des bilans qui sont très peu relayés par la presse.
Voila peut être un premier point à soulever. Quelle est la démarche si ce n'est produire son propre point de vue, ou celui de sa rédaction, alors que nous faisons circuler les informations élaborées collectivement, après manifestation. Nos communiqués sont seuls représentatif de positions communes qui se dégagent des débats. Et nous rappelons que nos bilans ne représentent qu'une infime proportion de personnes blessées qui parviennent jusqu’à nous.

Cette position est pourtant courante vis à vis des médias, mais Il semble nécessaire de faire un point sur certaines pratiques militantes qui tiennent la presse à l'écart. Et ce pour de bonnes raisons, rappelons les : la presse ne ressemble plus à un outil de l'émancipation populaire. La libéralisation de la presse, l'entrée de capitaux, les lignes éditoriales, la vente, remettent en question l'exercice et la liberté de la presse.
En effet, depuis le début de ce mouvement social, comme pour les précédents, ce sont quasi uniquement les communiqués de la préfecture qui sont relayés dans la presse. Notre parole y est absente lorsqu'elle n'est pas déformée, utilisée.
Et ce, afin de produire des discours sensationnels, des images spectaculaires, et dans notre cas: une image sexy de gentils manifestants sauveteurs. Ce n'est pas ce que nous sommes.
A qui cherche-t-on à nous opposer ?
Il n'y a pas de bons ou mauvais manifestants. Et le mot « casseurs », est un terme bien habilement utilisé pour diviser, catégoriser, individualiser, un phénomène, qui est pourtant bien plus proche de la réalité : l'émeute, l'autodéfense populaire

Appel à saborder l’Euro 2016

Rappelons-nous des raisons qui ont amené des milliers de Brésiliens à perturber le déroulement du Mondial de foot en 2014.
Rappelons-nous de la chasse aux pauvres qui a précédé la construction du stade national de Varsovie (lutte contre le marché Europa à la station Narodowy) et mené au meurtre raciste de Maxwell Itoya par la police polonaise en 2010.

Rappelons-nous des chantiers monstrueux qui ont précédé les Jeux Olympiques de Pékin, Rio, Sotchi, Londres, qui ont conduit à des centaines d’expropriations et à l’exploitation de milliers de travailleurs migrants.

Rappelons-nous que chaque gros événement sportif de la sorte est le prétexte d’un contrôle total des personnes et d’une militarisation des espaces publics.
Rappelons-nous que ce n’est pas une histoire de sport, mais uniquement de pognon.

Et n’oublions pas de nous poser des questions sur les motivations et le contenu de la loi Larrivé votée en mars 2016 et qui criminalise sévèrement les supporters de football sous prétexte de lutte contre le hooliganisme.

Pour que la pratique du sport redevienne populaire, accessible à tou-te-s et non marchande.

Les débordements de Hooligans violents pourraient bien gâcher l’Euro 2016.

Les autorités ont mis au point un dispositif, mais le nombre limité de policiers étrangers pour accompagner les fans pose question. 
Déjà qu’elles sont surmenées par l’état d’urgence, les forces de l’ordre n’ont, en plus, pas l’habitude de gérer les déplacements de supporters car, dès qu’il y a le moindre microrisque en championnat, les autorités ont l’habitude de prononcer des interdictions administratives de déplacements...

Call to disrupt the Euro 2016

The Euro 2016 takes place in France between June 10 and July 10. Given the social situation in the country, we who are struggling against the new Labour Law and its world, call for the event’s disruption.
Yet we also love football. But we consider football as a game, not as a business, not as a commodity. And given the money and political propaganda around such major sports events, we have no qualms to imagine that Euro 2016 could be somewhat disturbed.

By making the means of wage exploitation ever greater, the Labour Law and its world play with our lives. The challenge therefore seems more important than fifty football matches.

However, we have nothing against footballers, nor against the fans.

We have against the world of Euro 2016, its structures and its sponsors :
UEFA / FFF / HomeAway / Adidas / Coca-Cola / Crédit Agricole / Continental / FDJ / Hisense / Hyundai-Kia / McDonalds / Orange / La Poste / Proman / Socar / SNCF / Tourtel / Turkish Airlines / etc.

And the state of emergency, the 42,000 police officers, 30,000 gendarmes, 13,000 security guards for private companies, 200 foreign police, military and the RAID to maintain order in the stadiums and fan zones ? We’re not scared ! And drones, CCTV cameras and other technological devices of control ? We’re not scared ! Daesh and the expected spectrum justifying all this ? We’re not scared !

If current pressure tactics against the Labour Law and his world are not enough (demonstrations, strikes, blockades, sabotage, etc.), we will expand them to the Euro 2016.

In joy and good humor,
with rage and determination,
for the withdrawal of the Labour Law,
for the end of capitalism and the state,
with mutual-aid practices and revolutionary perspectives,
in Bordeaux, Lens, Lille, Lyon, Marseille, Nice, Paris, Saint-Denis, Saint-Etienne, Toulouse and elsewhere,
We call to disrupt the Euro 2016 in every way that will please you.


Contact: champions@@@riseup.net

 Une analyse du moment par Francis Cousin



jeudi 2 juin 2016

La folie policière déborde et inonde


Christophe Mirmand Démission !

(Préfet de Bretagne)


Déferlement de barbarie répressive aux ordres du triumvirat Hollande, Valls, Cazeneuve.


Intervention féroce de la police à Saint-Malo !
Des chiens enragés.
Toujours plus loin dans la démence répressive.
Onze collégiens ont été blessés, jeudi 2 juin, dans des bousculades lors d’une intervention des forces de l’ordre qui visait à déloger des parents d’élève pour rouvrir la grille du collège Surcouf de Saint-Malo, cadenassée dans la nuit pour protester contre sa fermeture annoncée.
« L’un des enfants hospitalisés souffre d’une fracture de la jambe et un autre d’une fracture au poignet. Et une troisième élève a un genou abîmé », a détaillé Gwenaël Le Paih, secrétaire académique du SNES-FSU, qui a également parlé de « blessures psychologiques » et d’élèves « très choqués ».
« Il y a un traumatisme face à une réponse démesurée à une expression de colère qui se déroulait dans une ambiance bon enfant. Nous sommes également très surpris par la rapidité de cette intervention, qui s’est produite sans la moindre recherche de dialogue »...
Le maire de Saint-Malo Claude Renoult déplore "cet état de fait". Il va demander des explications sur cette intervention "sans concertation préalable".


Saint-Malo. Intervention des forces de l'ordre... 
 
A Rennes, la police charge les manifestants en voiture bélier !!!

Stupeur et émotions lors de la mobilisation contre la loi travail, ce jeudi, à Rennes.
Les forces de l'ordre sont intervenues avec des véhicules roulant à «très vive allure» pour stopper des manifestants cherchant à bloquer la rocade. Plusieurs journalistes ont également été frappés.

«C’est la première fois qu’on voit le corps départemental d’intervention de la police nationale charger en voiture», s’insurge avec étonnement Serge Bourgin, porte-parole de Solidaires. Ces véhicules seraient intervenus «à vive allure» pour chasser les manifestants, avant que les policiers en civil ne se lancent à leur poursuite. Trois personnes auraient été hospitalisées à la suite des heurts.

«Quatre journalistes ont été pris pour cible et ont reçu des coups de matraque alors qu’ils suivaient la manif», témoigne Vincent Feuray, photographe indépendant et collaborateur du torche-cul  Libération. 
Personnellement, c’est la quatrième fois que je reçois des coups en un mois ! Les violences contre les médias indépendants comme les médias mainstream se font de plus en plus systématiques. Des journalistes de France 3 Bretagne, de M6 et du quotidien Ouest-France auraient notamment pris des coups. «Les relations se sont tendues ces derniers temps entre forces de l’ordre et journalistes, poursuit Vincent Feuray. On a pourtant eu des réunions avec le préfet à ce sujet, mais cela n’a rien changé au problème.»

Désarmons-les ! Pourquoi ?

L'idée mise en application depuis Sarkozy c'est une police "à l’américaine" traitant la micro-délinquance avec l'attirail militaro et l'idéologie des cops US, mais sans la moindre formation et  baptisée pompeusement Anti-Criminalité (la ridicule BAC, sur-armée avec le fusils d'assaut HK G36). Le tout pour quadriller la banlieue et ses voleurs de scooters... 
Un rêve pour les bras-cassés, surnuméraires de tous les comicos. On retrouve les mêmes comme suppléants aux ratonnades dans les manifestations.
 
Entretien avec Ali Alexis, blessé par les flics à Villiers-sur-Marne le 17 juillet 1999

dimanche 29 mai 2016

Médics, traumas et acceptabilité du maintien de l’ordre

La Mort cérébrale du blessé du 26 à la Porte de Vincennes est toujours cachée par LE triumvirat de la Tyrannie !!!
Hollande Démission !
Valls Démission !
Bernard Cazeneuve Démission !
 Michel Cadot Démission !

Le 10 juin Sabotons leur Euro de football 2016, Hooligans et Ultras avec nous !
----

 

Sur la manif du 26 mai
publié le samedi 28 mai 2016





Médics, traumas et acceptabilité du maintien de l’ordre

Ce jeudi 26 mai les moments d’affrontements ont été brefs mais ont conduit rapidement à de nombreuses blessures. Mais ce qui m’est apparu davantage au cours de cette journée ce sont les aspects psychologiques et séquelles sur le moyen terme, dans un mouvement social qui se prolonge, avec des affrontements intenses et brutaux qui se produisent très régulièrement.

Au fil des jours, je croise de plus en plus de personnes qui me disent qu’elles ont des bronchites qui s’éternisent, des difficultés respiratoires au quotidien ou lors d’un effort physique, et j’entends même parler de personnes hospitalisées pour des infections pulmonaires. Indéniablement, le gaz lacrymogène fait des dégâts qui se renforcent avec des expositions répétées. Certaines personnes font des malaises et crises d’asthme dès les premiers nuages et avouent que ça ne leur arrivait pas avant.

On a beaucoup appelé au port du casque, mais avant tout j’ai le sentiment que ce qui devrait se généraliser c’est le port du masque à gaz à cartouches. Dans les moments de gazage intense le masque fait une énorme différence : pas de convulsions, reflux gastriques, brûlures de la gorge et du nez. Surtout que le gazage est fréquemment utilisé non pas seulement comme un moyen préventif mais aussi punitif, comme lorsqu’hier la tête du cortège se déroute de son parcours initial et est rapidement nassée dans une perpendiculaire au Bld Diderot. La nasse est alors abondamment noyées sous les lacrymos avec aucun moyen de fuite. À d’autres moments ce sont les bombes poivres qui servent à réprimer les nasses. La perversité des gaz réside dans un effet diffus, momentané mais dont les effets peuvent survenir en différé et parfois longtemps après. Face à cette crainte d’effets secondaires, d’intoxication invisible, un certain nombre de personnes développent une inquiétude des gaz et finissent par les éviter complètement, désertant du même coup les lieux de manifestation.

Mais ce qui me frappe le plus ce sont les aspects psychologiques (ce qu’on met en vrac dans "traumas") qui ressortent au gré des discussions qu’on peut avoir avec les unEs et les autres les lendemains de manifestations.
Il y a de nombreuses personnes qui se sont peu à peu greffées sur les avants de manifestations ou se sont retrouvées dans des affrontements sur la place de la République et font l’expérience d’une violence à laquelle elles n’étaient pas préparées. Dans les témoignages écrits que j’ai pu lire de soirées comme celles du 28 avril (la destruction et évacuation du château des étudiants des Beaux-Arts), les gens disent avoir des difficultés à dormir, faire des cauchemars après les événements, ressentir une fébrilité constante et impossible à calmer durant plusieurs jours. Un certain nombre de personnes ont cessé de venir aux manifestations parce qu’elles ressentent un profond malaise ou une panique irrépressible lorsque les explosions retentissent. Parmi celleux qui ont vu des proches et connaissances être blessés ou même des inconnuEs, s’est parfois installé une peur panique d’être blesséEs. Les blessures sont parfois spectaculaires sur le moment et génèrent chez certainE une vision apocalyptique des événements qui va les perturber, voire les traumatiser profondément pendant plusieurs jours, voire semaines.

On l’a notamment vu chez les secouristes où certainEs, dotées d’un brevet de secourisme, ont voulu rejoindre les équipes qui pratiquent des premiers soins en manifestation, et se sont retrouvéEs confrontéEs à un niveau de violence totalement inédit pour elleux, y compris pour certainEs travailleureuses des milieux médicaux, davantage touchéEs par la crudité des événements et la brutalité policière que par la nature des blessures. Un certain nombre, choquéEs par ce qu’ielles ont vécu, ont renoncé aux premiers secours, s’effondrent parfois nerveusement en fin de journée, déprimées et en larmes face à la violence de ce qu’ielles ont vécu et/ou ressenti.

Un autre traumatisme qui ressort et est très (trop) peu évoqué est celui des victimes et proches de victimes qui étaient présentEs lors des évènements qui ont conduit à une blessure. Le stress et le chaos qui entourent une personne blessée alors qu’autour continue la manifestation peuvent être très intenses : les cris "médics", les gens qui hurlent des ordres, contre-ordres tout autour ("écartez-vous", "dégagez"), les commentaires ("oh la la, c’est terrible", "il est inconscient ?", "ça a l’air grave") et les charges de police qui vont et refluent, les explosions qui se poursuivent, les autres cris et bruits de la manifestation, les nuages de gaz qui recouvrent parfois l’espace de soins improvisé. Tout ça contribue à créer une scène digne des conflits armés, surtout quand 3 ou 4 blesséEs s’alignent côte à côte dans un océan de compresses ensanglantées, de médics qui s’agitent avec des moyens souvent inadaptés ou insuffisants, des journalistes qui tentent de percer les périmètres constamment et se font hurler dessus. Parfois des secouristes qui se pensent plus légitimes que d’autres et qui surviennent au milieu de l’intervention des autres avec moult bons conseils et avis perturbateurs et contradictoires. Bref, des situations qui sont extrêmement perturbantes pour les personnes blessées qui en garderont un souvenir particulièrement brutal, quand bien même leur blessure physique serait superficielle. Ce souvenir refluera alors à chaque prochaine manifestation, avec un stress qui monte au moment où retentissent des cris et explosions, ont lieu des mouvements de foule. Face à ce sentiment de malaise, voire même d’angoisse ou panique, un certain nombre de personnes ont ainsi renoncé à retourner en manifestation.

Pour les personnes mutilées (nez, oreille, orteil, doigt arrachés, testicule explosé, oeil crevé, etc.) des traumas plus profonds ressortent très régulièrement : le sentiment de culpabilité, celle de s’être trop exposées, de causer des soucis à leurs proches, d’arborer une blessure honteuse, etc. CertainEs personnes ont ainsi choisi de s’isoler, de se cacher, de couper les contacts. D’autres vont se noyer dans le travail, fuir toutes les occasions d’évoquer la blessure ou ses circonstances, éviter les amiEs militantEs qui seraient au courant de la blessure. Sur le long terme, certaines personnes se retirent même de tout engagement politique et/ou associatif.

Les personnes proches quant à elles se sentent souvent coupables de ne pas avoir pu éviter la blessure, et versent dans un comportement de surprotection. Elles peuvent devenir oppressantes, vouloir tout le temps s’assurer que leur amiE est à l’abri dans une manifestation, vouloir rester à côté en la dissuadant de se rapprocher à nouveau de lieux d’affrontements.

Face à tout cet ensemble de stigmates, les traumas, il est important de s’organiser collectivement : créer des cercles de discussion, formels ou informels entre amiEs qui font partie du groupe où une ou plusieurs personnes ont été blesséEs et prendre le temps de débriefer la manifestation, prendre le poul du ressenti de chacunE. Sortir du virilisme de récit des exploits ou de l’endurance pour aborder le ressenti et l’émotion. S’avouer collectivement les vulnérabilités, les doutes, les malaises, les rancœurs, les peurs peut permettre de mieux appréhender collectivement les situations à venir, de se situer les unEs par rapport aux autres dans des moments de conflit, de se sentir davantage protégéE et en accord avec le groupe dans ses mouvements et ses choix collectifs.
Prendre le temps de revenir vers les personnes blessées ou proches, individuellement, en prenant un café, en allant les voir, en prenant des nouvelles de l’évolution de la blessure, est aussi un moment important de déconstruction de traumatismes.
Enfin, dans les cadres de manifestations, le calme après le choc est un espace extrêmement précieux pour celleux qui ont désespérément besoin de redescendre dans leur tension. Un salon, une tente chill out, un canapé, prendre une douche, une étreinte, un chocolat chaud, sont autant de petites choses qui sont salutaires pour les personnes choquéEs, pourvu que la coupure soit nette avec la situation stressante qui a précédé.
Dans la durée, ça peut être bien de former des binômes et groupes homogènes, affinitaires, dans les manifestations, des personnes en lesquelles on ait confiance, sur lesquelles on conçoit de s’appuyer dans une situation où on serait vulnérable. Se sonder régulièrement au cours des événements pour savoir qui se sent d’aller jusqu’où dans la proximité au conflit, qui souhaite repartir à quel moment, etc. S’écouter mais surtout s’entendre, ne pas forcer les autres dans des limites qui sont les nôtres et non les leurs.

Ces réflexions me sont venues en fin de journée quand j’ai eu le sentiment d’avoir davantage entendu parler des effondrements, des pleurs, des sentiments d’isolement ou de malaise que des blessures physiques, pourtant assez impressionnantes (trous de 2 cm de diamètre et de profondeur dans la chair, causées par les dés-encerclement utilisées allègrement à bout portant, directement au milieu de groupes qui n’étaient pas dans une situation d’affrontement avec les flics). Ce qui me renforce vraiment dans l’idée que les armes utilisées aujourd’hui en maintien de l’ordre sont des armes de terreur dont la principale vocation est de choquer, provoquer des blessures surtout impressionnantes et intimidantes. Mais que les effets psychologiques sont assimilables à ceux que produisent des armes de guerre : on voit de véritables symptômes post-traumatiques similaires aux conflits armés.

Ce qui me ramène à ma conviction que la non-létalité est juste un tampon d’atténuation qui est mis entre les manifestantEs et l’intentionnalité du flic. Au final, l’intention de celui qui utilise une arme sera toujours de causer des dommages, de mutiler et d’incapaciter l’adversaire. Et dans les menaces de mort ou de blessure, les comportements haineux d’un bon nombre de flics lors des interpellations, dans les commissariats, sur les contrôles et barrages, nous sommes nombreu-ses à percevoir un message on ne peut plus clair : si les armes dites non-létales devaient être remplacées par des armes "conventionnelles", l’intention policière resterait inchangée pourvu que la hiérarchie avalise officiellement le droit de tuer. La seule différence serait qu’à la place des blessés on ramasserait des morts.

Toute la théorie du "maintien de l’ordre" est entièrement bâtie sur la blessure maîtrisée, d’une mutilation acceptable. Et dès que le seuil de l’acceptabilité sociale est franchi, quand la personne touchée fait partie d’une organisation (syndicat, association, etc.), est journaliste ou lorsqu’elle est présentée avec des garanties de respectabilité sociale suffisante (père de famille, jeune travailleuse sans précédent judiciaire, étudiantE de bonne famille, etc.), les autorités s’auto-saisissent, comme pour bien montrer qu’il y a un discernement, que les blessures du maintien de l’ordre qui seraient autres que superficielles sont exceptionnelles et accidentelles et en tous cas prises en charge par les responsables.
Comme l’homme touché à la tempe par une grenade de désencerclement, sur le cours de Vincennes, en fin de journée, et qui restera le seul blessé côté manifestants dans le communiqué de la préfecture, et pour lequel l’IGPN (police des polices) s’est auto-saisie. Pourtant, nous avons envoyé de nombreuses autres personnes aux urgences en l’espace d’une seule heure ; le 1er mai j’avais ainsi compté l’arrivée d’une personne toutes les 5 mn aux urgences de St Antoine en l’espace d’une heure.

S’auto-saisir sur un cas pour mieux en dissimuler des dizaines d’autres, et les mettre en parallèle avec une dizaine de blessés parmi les flics sans préciser s’il s’agit d’un ongle incarné ou d’une plaie ouverte, ou même décrire les circonstances de la blessure (comme les CRS qui chutent en trébuchant sur des obstacles), c’est un formidable écran de fumée (lacrymogène) qui entretient l’image d’une non-létalité maîtrisée et maîtrisable. La vérité c’est que l’homme touché à la tempe l’a été par un flic de la CSI dans un lancer latéral, en marchant calmement vers ses collègues,et que la grenade a été envoyée non pas sur une centaine de personnes prenant à parti 5 pauvres gendarmes isolés, comme ça a pu être décrit dans le communiqué de la préfecture, mais suite à une interpellation de lycéens par une dizaine de gendarmes mobiles rapidement rejoints par des dizaines de leurs collègues, dans une foule certes hostile à leur présence mais qui n’était pas du tout dans une situation d’affrontement (personne masqué, pas de projectiles ni rien dans les mains). Tout autour, près d’une centaine de gendarmes, CSI et CRS étaient déployés à moins de 100m, en étau de part et d’autre du cours de Vincennes.
Bref, on est loin de la situation désespérée qui justifierait selon eux l’usage d’une grenade de désencerclement pour se dégager d’une situation de péril pour des gendarmes acculés. En revanche, la personne atteinte étant au cœur d’un groupe de photographes au moment de l’explosion de la grenade, l’endroit de la blessure étant particulièrement à risques (la tempe), les autorités ont du rapidement justifier une communication de prévention avec saisine IGPN pour devancer l’éventuel scandale public que pourrait constituer cet usage "disproportionné" de la force.
Je retiendrai surtout une groupe de bacqueux casqués et armés qui déferlent tout autour des secouristes et évacuent les gens qui protègent ceux qui s’occupent des blessés, un secouriste de la gendarmerie qui nous interroge sur notre légitimité à soigner un blessé alors qu’il pisse le sang ("vous avez l’air d’avoir pas mal de matériel, vous étiez sur la manif ?"), un de ses collègues qui tend un pansement compressif en précisant "c’est du pansement isréalien, ça c’est du sérieux" et des flics qui montent dans le camion des pompiers avec le blessé lors de son évacuation vers les urgences.

Une bien curieuse prise en charge, un brin autoritaire : "soigner et enquêter pour mieux blesser" pourrait être un crédo de la théorie du maintien de l’ordre. Surtout quand on sait qu’à l’IGPN ça refoule tous les jours avec des arguments tels que "c’est peut-être unE manifestantE qui vous a blesséE", "on ne prend pas de plaintes pour si peu", "vous étiez peut-être là où il ne faut pas être", etc. Avec toujours cette suspicion de culpabilité à l’égard des blessés : être blessé c’est être là où il y a une bonne raison de réprimer, c’est donc soit être coupable ou complice d’un "trouble manifeste à l’ordre public". C’est ce même argument qui sert aux flics à interpeller régulièrement les personnes blessées dans les hôpitaux ou lors de contrôles aux abords des manifestations. Et c’est encore le même argument qui est utilisé à l’encontre des médics quand ils sont considérés comme des "soutiens logistiques à l’émeute" au même titre que l’accompagnement juridique des manifestantEs. Le matériel médical est de plus en plus souvent confisqué, ainsi que les masques et protections (jambières, casques, lunettes), des médics sont pris pour cible. Il faut laisser la terreur faire son office et ne pas s’interposer dans la mise en scène de chaos, de sang et de panique que le maintien de l’ordre veut créer. "Rassurer, soigner, protéger" sont les adversaires de "terrifier, incapacité et déstructurer" la foule. Et si notre présence est tolérée selon la même logique d’acceptabilité sociale (on ne tire pas sur l’ambulance), elle dérange, ne va pas de soi et sera indirectement entravée, intimidée et dissuadée.

Pour finir sur l’acceptabilité sociale, plus communément nommée "opinion publique", c’est un baromètre capricieux derrière lequel on a trop facilement tendance à s’abriter : dans la presse la bataille "violences policières" versus discours "anti-casseurs" a figé les débats dans des dualismes ou manichéismes caricaturaux qui échouent à rendre compte de l’hétérogénéité et multiplicité des mouvements sociaux et des actions et manifestations qui les animent. À chaque manifestation un large bloc de tête de plusieurs centaines à plusieurs milliers de personnes s’est systématiquement constitué et étoffé au cours des semaines. Cet espace hors des sentiers battus syndicaux et loin des étiquettes formelles est systématiquement marginalisé et focalise toutes les attentions médiatiques. Pourtant c’est l’espace où le dialogue le plus intense s’installe entre les partisans de différentes actions : celleux qui ne cassent que les vitrines des banques, celleux qui cassent aussi les concessionnaires auto, celleux qui ne cassent rien mais ripostent face aux flics, celleux qui sont là en soutien, celleux qui changent la publicité dans les panneaux et/ou celleux qui les brisent, celleux qui désapprouvent tout ou une partie de ce à quoi ils assistent, celleux qui veulent voir comment ça se passe, celleux qui sont là pour soigner, celleux qui sont là pour témoigner, celleux encore qui sont là par hasard.
Bref, tout ça crée un espace mouvant très riche de conflits et de solidarités qui se reconfigurent à chaque instant mais donnent à voir toute la diversité fourmillante du mouvement social. En terme de représentation sociale cet espace est bien plus riche que la caricature qu’en font les médias et les politiciens en le réduisant à une prise en otage de la manifestation par une minorité de casseurs. Mais cette dernière image est en revanche bien commode pour justifier d’un usage de la force concentré et débridé sur cet espace. L’acceptabilité sociale de cette répression localisée est entièrement construite à partir de l’affirmation que cet espace est de non-droit, qu’il a échappé à l’ordre et nécessite donc son rétablissement par tous les moyens à disposition. La figure du casseur qui ne respecte rien, qui prend la démocratie en otage et qui s’attaque au fruit du travail des bons contribuables est allègrement assénée sur toutes les ondes pour forcer l’opinion publique à tolérer le déploiement de la violence policière à son encontre : "la fin justifie les moyens". C’est au final le même argumentaire qui légitime l’état d’urgence, on remplace juste casseur par terroriste.

Il suffit de regarder la réponse au blocage de la raffinerie de Fos-sur-Mer pour bien se rendre compte qu’il ne faut pas porter une cagoule et jeter des pétards pour se retrouver dans la catégorie "minorité contestataire radicale" qui prend en otage la démocratie. Entendre Valls désigner la CGT comme une minorité agissante et voir les bloqueurs de Fos se faire poursuivre et matraiter de la même manière que les "casseurs" de tête de manifestation, ça devrait faire réfléchir toutEs celleux qui ont trop vite tendance à fabrquer les figures du bon et du mauvais manifestant. Pour le gouvernement et ses nécessités de propagande, nous serons touTEs des casseurs quoi qu’on entreprenne : des casseurs de leur politique. Et pour des merdias comme BFMTV, Itélé, TF1, le Parisien, 20 minutes, mais aussi bien d’autres qui se disent plus à gauche, le référentiel de départ sera toujours donné par la propagande d’état, quand bien même l’investigation de certainEs journalistes apportera dans un second temps une vision plus nuancée. Mais de la voiture de police cramée qui passe sur toutes les ondes ou de la libération de 3 des suspects ou encore du faux témoignage de flic à RTL, que restera-t-il dans les mémoires de la majorité une semaine après ? La version du Parisien ou celle de Médiapart ? L’opinion publique est une girouette qui va dans le sens du vent le plus puissant. Et ce vent-là sort de la Place Beauvau, de Matignon, de l’Élysée et traverse des officines médiatiques pour en ressortir avec un écho amplifié.

Tous les combats menés, qu’ils soient médiatiques, syndicaux, politiques, contre la police, contre ses blessures, contre la justice, contre le pouvoir en place, sont asymétriques : le témoignage d’un blessé, le portrait d’un médic, le blocage d’une raffinerie, une manifestation sauvage vers chez Valls, les assemblées populaires sur la place de la République, l’interview d’un syndicaliste mollesté ou le discours d’un Lordon sur la Place de la Répression, ne sont pas la lutte populaire de David contre le Goliath capitaliste, une opportunité d’éducation populaire des masses, comme on se plaît constamment à le croire et le voir. Les luttes sont et resteront globalement impopulaires, incomprises, incompréhensibles souvent aussi, isolées ou en tous cas isolables et ce n’est qu’avec un effort collectif constant de personnes qui s’entendent et se comprennent politiquement, bâti sur la solidarité, l’organisation autogestionnaire, qu’on construit des lieux d’autonomie qui s’affranchissent provisoirement suffisamment des règles et lois en vigueurs. Pour, d’une part, créer un espace d’expérimentation sociale et, d’autre part, ouvrir une brèche et saboter suffisamment le système pour que la vitre brisée du lendemain laisse entrevoir à touTEs la vulnérabilité de ce système et non sa toute-puissance irrémédiable. Mais penser, comme certainEs à Nuit Debout, qu’on est en train de créer une tâche d’huile qui va gagner la société toute entière, séduite par la perspective d’un modèle social alternatif nouveau, ou bien croire, comme d’autres que détruire des banques pendant un mois et incendier des barricades suffit à mettre le feu aux poudres de l’insurrection, dans un cas comme dans l’autre ça me semble profondément idéaliste et inconscient des réalités sociales.

En revanche, investir le terrain vivant de la lutte quotidienne et multiplier des pratiques qui s’appuient sur des idées politiques révolutionnaires (et donc anticapitalistes) qui puisent directement dans des traditions autogestionnaires (et donc anti-autoritaires), pour constituer des réseaux, des groupes et collectifs organisés, ça me semble nettement plus réaliste, réalisable et susceptible d’agglomérer progressivement celleux qui découvrent, expérimentent et font évoluer ces pratiques sur le terrain des luttes.
Les médics, la défense collective, les cantines autogérées, certains fonctionnements logistiques au sein de Nuit Debout, les déplacements collectifs en manifestations, la Maison du Peuple à Rennes, les médias libres, les comités d’action qui se réunissent hebdomadairement depuis deux mois, vont, pour moi, pleinement dans ce sens de la réappropriation individuelle de l’action collective. Et cette réappropriation passe par une désappropriation des moyens de domination, de pouvoir, de contrôle, de dépendance au profit de la décision et de l’autonomie collective. Et ça commence tout d’abord par soigner et se soigner, manger, boire et cuisiner collectivement, se cultiver et partager, se protéger mutuellement, agir et se défendre ensembles, s’écouter, s’entendre et se parler, s’avouer et se questionner, mutualiser les ressources, déprivatiser les espaces communs de rencontre et d’organisation.

Lunerai

mercredi 25 mai 2016

Loi Travail: Nouvelles mobilisations jeudi 26 mai


Loi Travail. Nouvelle mobilisation le jeudi 26 mai
14h de Bastille à Nation

Hollande Démission !
Valls Démission !
Bernard Cazeneuve Démission !
Toujours et partout des violences policières gratuites !
Les flics perdent la boule:
Démasqué par des manifestants ce flic infiltré menace gratuitement avec son arme...
Caen: La «police des polices» a été saisie vendredi matin par le procureur de Caen pour enquêter sur ce qui semble s'apparenter à un nouvel épisode de violences policières.

 
Paris: Nation sauvagerie gratuite:

Dés 16h30 les CRS gazaient le métro ligne 1 Nation et demandaient aux pitbulls de la RATP de fermer toutes les issues. 
Il s'agit de provoquer le maximum de nuisances pour salir le mouvement social par tous les moyens. L'hélicoptère sert avant tout comme nuisance sonore en troublant au maximum le plus de gens possible pour retourner l'opinion contre les manifestants. Le gazage des usagés du métro est du même ordre...
----
Grave Bavure Mortelle: Les flics lui tire en pleine tête une grenade offensive en tir tendu parce qu’il filmait !

Nouvelle blessure grave sans motif d'un manifestant (ou journaliste indépendant) par grenade des-encerclante à la face vers 19H Porte de Vincennes.
Tir gratuit filmé en direct (et en période calme) par @SamSmithJRI sur Périscope.


Ce qu'en dit le MEDIA:
Un manifestant a été grièvement blessé à Paris lors d’échauffourées (faux) entre des policiers et des activistes qui tentaient de bloquer le boulevard périphérique. Cette personne a été blessée « dans des circonstances qui devront être établies », ajoute dans un communiqué le ministère de l’intérieur.

L’IGPN saisie:
Dans un communiqué séparé, la préfecture de police explique que l’incident s’est produit quand des manifestants ont tenté de bloquer le périphérique au niveau de la Porte de Vincennes : « Une centaine de personnes a pris à partie cinq fonctionnaires de police qui procédaient à une interpellation et ont dû se retrancher dans une résidence privée dans l’attente de l’arrivée de renforts. Des heurts s’en sont suivis lors desquels un jeune homme a été blessé sérieusement. »
Le manifestant blessé « est actuellement pris en charge en milieu hospitalier », précise le ministère de l’intérieur en ajoutant que Bernard Cazeneuve « a aussitôt saisi l’Inspection générale de la police nationale afin qu’une enquête administrative soit diligentée. »


Cela revient à reconnaître la "Bavure", ducon...
Et la gravité de la blessure possiblement mortelle

jeudi 19 mai 2016

Appel à la grève reconductible et aux blocages




Les stations-service sont contraintes à la fermeture faute d'approvisionnement.


De nombreux grévistes bloquent plusieurs raffineries et dépôts de carburants, essentiellement dans le Grand Ouest pour le retrait de la loi El Khomri. Par crainte de pénurie, les automobilistes se ruent vers les stations-service. Les préfectures commencent de leur côté à adopter des mesures de rationnement.
Alain Vidalies le secrétaire d’État aux transports ment, il n’y a risque, à ce stade, de pénurie de carburant en France.

Nous avons brisé le rythme, le tempo de la terreur d’État en France et c'est déjà une victoire.
Pas une goutte d'essence ne doit sortir des raffineries !
Blocage et sabotage partout !
 La classe ouvrière, plus combative que jamais.

XPO Logistics (ex Dentressangle) en grève illimitée

Les ouvriers des entrepôts sont de la partie. Ils sont plus de 800 000 en France et représentent 14% des ouvriers. Ils bossent dans des conditions déplorables pour maintenir la profusion dans les rayons des supermarchés ou livrer le colis de Mr Dugland avant 19 heures. 
-----
La voiture de police incendiée, une opération de communication de Cazeneuve qui cherche à enfumer le fiasco des interdictions de manifester.

Les "interdictions de séjour" courent jusqu’à la fin de l’état d’urgence qui, aux dires de Manuel Valls, pourrait durer « jusqu’à ce que l’on puisse se débarrasser de Daesh »… 
Jeudi prochain, une prolongation de l’état d’urgence de deux mois doit être débattue et votée à l’Assemblée nationale.
« jusqu’à ce que l’on puisse se débarrasser de Daesh » Tiens, tiens...
La semaine des 4 jeudis n'est pas loin...
On comprend donc que les attentats de Paris étaient programmés pour faire passer cette lois inique dont personne ne veut. Ici le "Terrorisme" devient visiblement ce qu'il était déjà essentiellement une fabrication policière étatique pour gouverner les peuples.
Lors de l’examen de la loi sur le renseignement comme au moment de l’instauration de l’état d’urgence, les défenseurs des libertés avaient alerté sur les risques d’instrumentalisation de leurs dispositions pour réprimer le mouvement social. Le gouvernement, qui protestait alors contre de telles présomptions, s’est très vite attaché à les confirmer. 
Tandis que le Comité contre la torture de l’ONU vient de s’inquiéter des dérives de l’état d’urgence et de la banalisation des violences policières, les pouvoirs publics continuent de donner tous les signes d’un durcissement de la répression en utilisant les armes de la lutte antiterroriste contre les mobilisations sociales.
 ----
Rennes: Dix-neuf personnes ont été interpellées, jeudi 19 mai, dans le métro de Rennes en pseudo-flagrant délit de dégradations, a annoncé, lors d’une conférence de presse, le procureur de la République, Nicolas Jacquet. Ils doivent être libérés immédiatement car ce sont des otages politiques.

Nantes: Exigeons la libération immédiate du lycéen incarcéré pour "tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique"

Ce samedi 14 mai, un lycéen nantais de 18 ans a été mis en examen pour « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique » après une garde à vue de 48 heures. Il a été immédiatement incarcéré sur un mandat de dépôt criminel. Cette inculpation délirante est très grave, sans aucune comparaison possible avec les habituels « outrages et rébellion » et autres « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique » qui s’accumulent dans les audiences de comparutions immédiates. Elle inscrit les faits dans une procédure « criminelle » qui prévoit des peines pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité…

Les faits ont été relatés par la presse nationale comme étant d’une « violence » extrême. En fait, un commandant de police qui n’avait pas réussi à reculer assez vite après une charge de ses CRS a été pris à partie par un groupe de manifestants qui lui ont asséné plusieurs claques. Le gradé a visiblement eu le nez légèrement fracturé et on a dû lui faire une quinzaine de points de suture. Par ailleurs, il n’y a aucun élément précis qui peuvent attester de la participation du jeune inculpé aux coups donnés. Tout reste donc très flou.

Ce qui ne l’est pas en revanche, c’est l’acharnement violent et méthodique déployé par les forces de police contre les manifestants depuis le début du mouvement. Passages à tabac (particulièrement à Nantes et à Rennes), coups de matraque, utilisation de grenades « désencerclantes » qui blessent en cas d’impacts directs, tirs avec leurs nouveaux flash-ball à hauteur de visage pour crever des yeux, etc. Tout le monde aura déjà pu apprécier l’efficacité de ces armes sur des images et vidéos diffusées sur Internet.
On entend répéter en boucle, « un commandant de police blessé »… Si cela vaut plusieurs années de prison, comment « comptabiliser » les multiples yeux crevés par des flash-ball, comment « évaluer » la mort de Rémi Fraisse et celle d’Amine Bentounsi abattus froidement par la police, pour ne citer que deux exemples… Et dans ces cas où ce ne sont pas des « tentatives » mais bien des « homicides », la justice prononce toujours des non-lieux ou des acquittements. Et là, l’État ne prend même plus la peine de faire croire que la justice en est une.

Oui, une bonne partie de la jeunesse n’a pas envie de se soumettre au pouvoir (qu’il soit financier, policier, militaire, politique) dont la règle est de voler les vies du plus grand nombre au profit de quelques-uns. Elle crie haut et fort depuis quelques semaines ce refus d’un monde d’exploitation. Et ils sont gentils ces manifestants de ne pas répondre plus violemment à cette déferlante d’uniformes qui vise à décourager la majorité des participants au mouvement en cours et à faire déserter manifestations et occupations.
Nous exigeons la libération immédiate de ce jeune homme. Il est partie prenante du mouvement actuel au même titre que tous les manifestants et grévistes qui y ont pris part. On ne le laissera pas tomber.

L’Envolée soutient ce martyre innocent du totalitarisme.
Pour infos : lenvolee.net

Archives du blog