mardi 1 janvier 2013

Les fugueuses renforcent la ZAD

Tout espace de liberté attire à lui immanquablement l'ensemble des contradictions sociales irrésolues qui abondent au quotidien dans le dépotoire capitaliste. Vouloir s'y soustraire ou regretter que se pose tel ou tel problème humain est une erreur grave, nous sommes au contraire dans la necessitté d'y répondre quoi qu'il en coute et même sans y etre préparés. 
Il est donc normal que la ZAD soit confronté à des problèmes comme celui des fugueurs(ses). Ouvrir un espace de liberté, même un simple squat, c'est se confronter aux multiples galères qui sont le quotidien  de l'humanité et devoir y répondre. 
IVG, contraception, SIDA, toxicomanie, problèmes judiciaires, alcoolisme, hépatites, paperasses débiles, pétages de plomb, prostitution...

Cette période de l'année fait partie des creux du spectacle. Le temps pseudo-cyclique imposé qui rythme la société marchande. Le spectateur doit y trouver une atmosphère rassurante dans la répétition du même récurent. Le banal et l'insignifiant mou comme musique d'ambiance aux compulsions d'achats de gris-gris, mais le tout surveillé de très prés par une mobilisation maximum des différents services de polices.

Les médias organisent un festival de banalités rassurantes et de fait divers niais entre les déclarations du Pape, des présidents et autres symboles d'autorité constitués, les sports de masse y tiennent leur rôle (Paris Dakar, courses de voiliers). Dans ce temps en creux du spectacle tout ce qui peut renforcer la "cellule" familiale est mis en avant avec recherche du Happy End, de l'historiette d'une grenouille aux aventures d'un pinson, une crèche virtuelle est reconstituée pour ramollir davantage le peu d'esprit du spectateur.
Dans ce cadre une histoire de fugueuses ou la fuite d'un trisomique recherché par Facebook s'impose comme la une pendant les 15 jours de "Trêve des Confiseurs" pour faire oublier les réalités du "Mur Budgétaire" qui menace le capitalisme mondialisé...

Si réellement la ZAD avait été un enfer les aventures de Camille et Geneviève auraient renforcé le discours officiel mais  c'est le contraire et cela met en avant le choix libre et réfléchi des deux jeunes filles de vivre pleinement une expérience en dehors des aliénations imposées à ceux et à celles désignés comme "Mineurs". Ce qui est mineur est peu dans l'ordre dominant des valeurs hiérarchisées...
L'expérience de la ZAD en sort renforcé et y gagne en crédibilité. Les deux fugueuses ont la possibilité de faire leur choix librement: Continuer l'aventure ou en repartir avec leur famille, un choix qu'elles vivront différemment sans même laisser la possibilité aux médias de les dénigrer comme ils le font habituellement, ni de dénigrer la ZAD qui montre cette réalité du choix comme valeur humaine fondamentale toujours niée dans la société capitaliste.

Oui, une belle et bonne histoire humaine au milieu du désastre marchand qui en est lui à recompter le nombre de voitures brûlées comme signe radical de sa négation.

1 193 voitures brûlées pendant le réveillon, Record de voitures brûlées Battu !
L'ancien record de 2009 (1147 tires) est passé haut la main...
Comme il est impossible aussi rapidement de donner un bilan définitif le provisoire de 1193 caisses est absolument sous-évalué mais des tendances s'imposent: Le 9.3 en force remporte la palme avec plus 86 véhicules incendiés.
Voici la liste des neufs départements les plus touchés par les incendies de véhicules lors de la nuit de la Saint-Sylvestre 2012.

1. Seine-Saint-Denis: 83
2. Haut-Rhin: 72
3. Bas-Rhin: 70
4. Nord: 61
5. Bouches-du-Rhône: 51
6. Val-de-Marne: 49
7. Rhône: 49
8. Val-d'Oise: 48
9. Haute-Garonne: 44


L’État et sa police clament "que personne n'a d'explications" sauf que c'est sur Strasbourg que tout a commencé.
Nous allons donner notre explication du phénomène.
En 1978 (Les 21 et 22.1.1978) un rassemblement européen des Autonomes contre "l'Europe des polices" est organisé à Strasbourg (lire feu Matin d'un Blues). A cette occasion et après un voyage en cars folklorique et encadré sur l'autoroute de l'Est le noyau de l'Autonomie parisienne débarque sur place avec l'intention d'y organiser avec les forces locales une manif Offensive malgré un quadrillage de la ville jamais vu de mémoire de strasbourgeois...
Ce quadrillage dément attire l'attention de nombreux jeunes du cru qui se préparaient au traditionnel Carnaval des Voyous de Strasbourg (interdit en 1978 et devenu sauvage).
Pendant la manif plusieurs voitures sont incendiées dans la nuit tombante offrant un spectacle éblouissant de lumières tournoyantes qui séduit et marque de nombreux banlieusards qui en feront part à leur copains et déciderons d'utiliser cette méthode pour illuminer leurs fêtes dans les années 80. De quartiers en quartiers l'usage se répandra et débordera sur tout l'Est de la France jusqu’à se généraliser peu à peu dans tous le pays. Les banlieusards parisiens auront maintes fois l'occasion d'admirer ce spectacle brûlant pendant les manifestation lycéennes des années 90 et adopterons eux aussi cette tradition issue de MAI68 avec le scandaleux record de la rue Gay-Lussac ou 100 voitures avaient été carbonisés pendant les affrontements...
http://archivesautonomies.wordpress.com/2012/10/15/carnaval-a-strasbourg/
http://www.revue-des-sciences-sociales.com Voir le PDF

Le 17.12.1977, la police intervient assez violemment pour interdire la manifestation de protestation à l'occasion de l'attentat dirigé contre le Foyer Sonacotra. Les 21 et 22.1.1978, deux mille cinq cent policiers quadrillent la ville en vue d'interdire le rendez-vous international des Autonomes. L.es contrôles policiers incessants obligent «les jeunes en jean's et cheveux longs» à rester chez eux pendant deux jours.

Vu de la ZAD:
C’est bien foutu la société

Ah les grand-es moralisateurices s’en donnent à cœur joie, des milliers de fugues passent inaperçues, mais l’envie de vivre autre chose de deux jeunes fait la une de l’actualité. Un peu comme pour les otages, quand il s’agit de journalistes la corporation s’en inquiète quotidiennement, mais il suffit qu’illes soient libéré-es pour que l’actualité devienne hebdomadaire pour les autres, autant dire insignifiante, il en ira de même des fugueureuses.

Dans ce cas d’ailleurs peut on parler de fugue ? Une fugue c’est une fuite, un échappatoire, la nécessité à moment donné de quitter un quotidien qui vous étouffe, qui vous opprime, pour aller ailleurs, n’importe où. Quelqu’un parmi les journalistes qui se perdent en délire collectif, s’est-il posé la question de savoir si ces jeunes n’ont pas plutôt souhaité-es faire un voyage, vivre autre chose, se laisser guider par leurs désirs ? Sans les connaître, sans les avoir croisé, j’attendrai que Camille et Geneviève précisent si pour eulles c’était une fugue ou une vogue.

En tous cas il semble que leur voyage réponde à au moins un des slogans entendu dans la lutte contre le projet d’AGO : ”en finir avec leur monde” et ce monde s’articule autour de la famille nucléaire, privant les moins âgés de libre choix, les plaçant sous la tutelle de parent-es, des jeunes jugé-es incapables de discernement pour ce qui concerne leurs envies de rencontre, d’évasion, d’éducation, etc… Sauf dans un cas, si illes commettent un délit pénal. Là c’est pas tout à fait pareil, si illes font une connerie ce ne peut être à cause de l’environnement familial, ce ne peut être à cause de leur environnement social de merde, la seule possibilité c’est qu’illes soient responsables individuellement, leur environnement pourra être une circonstance plus ou moins pénalisante, mais c’est eulles seul-es qui en seront responsables. Imaginons que Geneviève et Camille, aient plutôt choisi-es dans leur périple de vivre de chapardage, prenant à droite et à gauche dans quelques commerces de quoi subsister et qu’illes aient déjà été en contact avec la justice pour des faits identiques. Illes seraient des délinquant-es récidivistes, pénalement responsables. Illes auraient la porte du cachot ouverte et les grand-es moralisateurices du moment en appelleraient à la sévérité de la ”justice”.

Et oui chères camarades, selon eulles, vous êtes assez âgé-es pour vivre en prison mais bien trop jeunes pour vivre libre. Vous ne pouvez vous résigner à ce constat ? Si c’est le cas, tant mieux et je suis de tout cœur avec vous, mais cette lutte est encore bien plus difficile à mener que celles des zadistes, c’est une lutte permanente, totale, contre tousses et d’abord contre soi-même, contre ce qu’on veut nous inculquer ou qu’on nous a inculqué. Des prisons il y en a de toutes sortes, famille, école, usine, morale, … vouloir les détruire est un combat de toute la vie.

Si les réactions journalistiques sont si violentes, si les commentaires sur les blogs ou sites ”d’infos” sont si durs, c’est parce que Geneviève et Camille ont osé-es remettre en cause la famille et leur dépendance à l’autorité parentale, illes ont osé-es proclamer qu’illes étaient en droit de choisir ce qu’illes voulaient faire de leur vie, librement. Illes ne sont pas mineur-es, mais aptes à faire les choix qui les concernent, vitalement responsables. Les familles s’inquiètent nous dit-on, heureusement qu’illes s’inquiètent, illes ont décidés que c’est d’eulles que devait venir l’éducation apportée aux plus jeunes et illes n’ont jamais pensé-es à leur apprendre à vivre libre, illes n’ont jamais pensé-es à leur expliquer ce que pourrait être le quotidien sans eulles, illes s’inquiètent parce que ces deux jeunes ne sauraient pas (selon eulles) se débrouiller, se protéger, … Illes s’inquiètent parcequ’illes ont pris soin de ne pas leur apprendre tout ça. Pour les garder égoïstement sous leur aile, pour conserver leur pouvoir, illes les ont privé-es de ces confrontations à l’indépendance, illes leur ont appris à se prononcer en fonction des choix qu’illes leur proposent, sans jamais les avoir associé-es à la définition de ces choix, ou alors simplement sur des sujets secondaires.

Illes s’inquiètent surtout, parce que les unes et les autres se rendent compte, qu’en fait les jeunes n’ont pas besoin d’eulles, que les parent-es ne sont utiles aux jeunes que tant qu’illes n’ont pas la possibilité de se nourrir par eulles-mêmes (et encore ce pourrait être aussi un besoin assumé par la société, comme cela c’est apparemment passé pour Camille et Geneviève, nourri-es par le partage de dons de tous horizons).

Ce qui alimente la déferlante de commentaires haineux, moralistes et finalement très cons, sur la toile, c’est la peur de tousses ces ”adultes” qui voient bien que la supercherie de l’autorité parentale est ici mise au grand jour, en pleine lumière. Illes voient bien que rien ne peut empêcher une personne quel que soit son âge de partir. Pourquoi faut-il ”ne pas laisser les enfants sans surveillance” ? Parce que sinon illes se rendraient compte de l’inutilité de la famille, illes se rendraient compte qu’illes peuvent se laisser guider par leurs désirs. Le problème étant que personne aujourd’hui ne les a éduqué à mesurer les risques, à faire attention, à évaluer une situation ”hors cadre familial”, … L’éducation se borne à apprendre à respecter l’autorité, à travailler, à apprendre des choses dont la plupart d’entre nous n’ont que faire. Rares sont les adultes qui préparent les enfants à l’indépendance, illes sont éduqué-es à être autonome dans une société de juges, de patron-nes, de représentant-es, … une société de flics.

On nous parlera sans doute bientôt de risque d’acte pédophile auxquels les deux ami-es se sont exposé-es, sans jamais remettre en cause le pouvoir que se donnent les ”adultes” sur les ”enfants” ou les ”hommes” sur les ”femmes”, comme partie responsable de ces actes, sans jamais se poser la question de savoir si l’éducation au respect total des choix de chaque personne petite ou grande, ne serait pas la meilleure protection à toutes les violences auxquelles sont exposées les individu-es jugé-es plus faibles.

Vous le savez aussi Geneviève et Camille, tout le monde a accès à toute la pornographie possible sur internet ou à la télé, illes mettent le sexe au centre de toutes relations, mais c’est votre choix de route qui va être jugé irresponsable. Que voulez-vous, la pornographie leur rapporte beaucoup de fric, votre liberté zéro. Vous n’avez pas le droit d’avoir des envies, des désirs qui sortent de ce qu’illes estiment de ”bonne morale” si ça ne leur rapporte rien, le flirt hétéronormé à la limite, mais pas plus, vous verrez les moralistes réactionnaires, vont vous le rappeler très bientôt, avant d’aller se branler devant la dernière vidéo XXX, ou de retrouver leur amant-e hors de leur ”famille”, noyau familial sacré quand ça les arrange (certain-es même y accompliront des fantasmes bi ou homosexuel à deux ou plus, soyez-en sûr-es).

On pourrait discourir encore longtemps sur ce que Geneviève et Camille, parmi tant d’autres mettent en lumière par leur choix et la façon dont illes ont mené-es leur périple, tous ce que leur expérience met en lumière comme carences dans ”la bonne éducation”, comme carences dans la société, mais pour moi un fait est certain, cette vogue [si il s'agit bien d'une vogue (?)] autonome et autant que je puisse en juger organisée, est une pierre (et pas la moindre), de la fin de leur monde !!


                                                                                 Merci les copaines ;-) kmilles sabords

                                                                                      Zone À Défendre, 31 décembre 2012

lundi 31 décembre 2012

MORT AUX VACHES et Bananier 2013

The porte-flingue

Pour ce dernier jour de l'année dite 2012 une  chanson Corse (mort aux Vaches de I Martini) pour tous les joyeux fêtards qui devront affronter l'armée de 63OOO flics que l’État français a déployé pour notre déplaisir.
Aux zadistes et à toutes les fugueuses du monde une Bonne Année 2013.

Voitures brûlées: Manuel Valls ressort le thermomètre

"Lundi soir, policiers, gendarmes et pompiers vont donc quadriller les cités. Ils étaient près de 60 000, le 
31 décembre 2011. Une opération sécuritaire digne d’une grave nuit d’émeutes. Cette fois-ci, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a annoncé qu’il communiquerait, outre l’habituel nombre d’interpellations, le chiffre des voitures brûlées."
Mais de quels chiffres s’agit-il ? 
En 2011, 42 264 incendies volontaires de véhicules étaient recensés, le record sera-t-il battu ? 
MORT AUX VACHES de I Mantini

A Sarkozy le bouffon

Du port de Brest à la rade de Toulon cinq cent gardes mobiles ont envahi l'île de Pascal Paoli
Mais dites leur Que nous sommes corses Et d'une race pure Que Nous n'avons pas peur des képis

A ma naissance Mon père me l'a dit Que je serais un enfant sans souci Que je serais le plus gros des bandits A l'âge de cinq ans j'allais à l'école A l'âge de six ans le porte-plume en poche A l'âge de dix ans la cigarette au bec A l'âge de quinze ans le revolver en main

Et mort aux vaches Et mort aux condés A ces enfants de pute de la Sûreté Non pas de grâce non pas de pitié De mon calibre douze et de ses balles blindées

Je me souviens très bien de l’Hôpital de Nice C'est là que j'ai soigné ma première chaude-pisse Et gare à la putain qui m'a si mal servi Car c'est à cause d'elle que je suis ici

Et mort aux vaches Et mort aux condés A ces enfants de pute de la sûreté Non pas de grâce non pas de pitié De mon calibre douze et de ses balles blindées

Je me souviens très bien de ma première femme Elle s'appelait Titine une putain d'arabe Titine mon amour Titine mon trésor Je veut vivre avec toi ou mourir en prison

Et mort aux vaches Et mort aux condés A ces enfants de pute de la sûreté Non pas de grâce non pas de pitié De mon calibre douze et de ses balles blindées

En descendant le cours on me traita de lâche Mais moi qui suis un Corse un Corse n'est pas lâche Sortant mon revolver visant son triste sort d'une balle en plein cœur il tomba raide mort

Et mort aux vaches Et mort aux condés A ces enfants de pute de la sûreté Non pas de grâce non pas de pitié De mon calibre douze et de ses balles blindées

Je me souviens très bien des vices d'Isabelle Elle faisait la putain et moi la sentinelle Quant elle et ses passants Levant le drap de son jupon et la traitant de putain

Et mort aux vaches Et mort aux condés A ces enfants de pute de la sûreté Non pas de grâce non pas de pitié De mon calibre douze et de ses balles blindées

A mon enterrement trois cents putains en larme Et trois cents maquereaux porteront mon tombeau Et sur ma literie écrit en lettre d'or « Si il n'était pas mort il banderait encore »

Et mort aux vaches Et mort aux condés A ces enfants de pute de la sûreté Non pas de grâce non pas de pitié De mon calibre douze et de ses balles blindées

Quand à mon héritier je voudrais que l'on l'élève Dans l'illégalité la marginalité Dans le vice et le sexe et la prostitution Qu'il devienne un caïd de la prohibition

Et mort aux vaches Et mort aux condés A ces enfants de pute de l’État français Non pas de grâce non pas de pitié De mon calibre douze et de ses balles blindées

I mantini "Mort aux Vaches"

"C'est important que les Français sachent que leur sécurité est assurée à Paris, dans l’Île-de-France, comme dans toutes les régions de France". Selon lui, les Français doivent être "convaincus que la sécurité est une nécessité", "un droit républicain".                                                                                     Valls
"Ce qui me choque, c'est que plus de 40.000 véhicules soient brûlés tous les ans en France, dont un millier pour le 31 décembre", a-t-il déclaré. La révélation des chiffres de véhicules incendiés durant la nuit de la Saint-Sylvestre avait été abandonnée en 2010 par les prédécesseurs de droite de M. Valls afin d'"éviter toute surenchère ou compétition entre villes"
             Ayrault

dimanche 30 décembre 2012

Nouveaux défis Européen


Potlatch de voitures

Donc acte, Valls entend relever le gant des Voitures brûlées du 31 décembre "Un sport national" et donner des chiffres...
Le potlatch risque d’être féroce cette année...

"... Réjouissez- vous, la participation au < Briquet d'Or Européen > sur base de voitures cramées par tête de pipe ne sera que plus prestigieuse et l'hexagone a de fortes chances que toutes cités du pays entier réunies elle ne gagnera pas seulement haut la main le Briquet d'Or convoité mais battra son propre record du monde inofficiel à ce jour. Petits et grands jeunes à vos Zipos."
Conseil un amateur éclairé
Un haut gradé de la maison poulaille, critiquant la mesure débile prise par Sarkozy (interdire la vente d'essence...), avait précisé au Fig en 2010 que le simple carré d'allume barbecue placé sous un pneu était de loin la méthode de flambage de voiture la plus utilisée... 
La préfecture de Paris rappelle que de manière générale «des consignes de férocité ont été données pour dissuader et réprimer tous actes de violence qui viendraient gâcher l'esprit de fête.»
«53.000 policiers et gendarmes seront mobilisés sur l'ensemble du territoire. Ce dispositif de sécurité, dont font également partie les sapeurs-pompiers et les associations de protection civile et de secouristes, est destiné à prévenir les troubles à l'ordre public et assurer la sécurité de tous», a déclaré le porte-parole du ministère, Pierre-Henry Brandet.
Les zone de sécurité prioritaire (ZSP) sont en vérité les Zone de Sabotage Permanent (ZSP).
Comme à Champigny(94) ou le commico du Bois-l'Abbé est assiégé depuis 1805 jours avec spectacles pyrotechniques et feux d'artifices..

Une passante "Ce commissariat ils finiront par le faire sauter"

"Ce n’est pas que du chiffre”, assure-t-on dans l’entourage du ministre. Ce qui n’empêche pas les policiers, dans certains départements, de “sigler ZSP” des coups de filet qui ont très peu à voir avec la zone pour bien afficher leur détermination.

Voitures brûlées: le rendez-vous à risque !
".../...Si elle n'en détient pas l'exclusivité, la France reste un pays où l'incendie «festif» de voitures le 31 décembre est profondément enraciné depuis plus de quinze ans. Et ce, sans que personne puisse expliquer vraiment cette tradition. Les experts observent juste que le premier foyer a été localisé en Alsace avant de gagner la région parisienne, la Seine-Maritime, les Bouches-du-Rhône et de se propager à travers le pays.

«En premier lieu, brûler un véhicule le 31 décembre s'est banalisé et est devenu, pour certains, une forme d'animation participant à la célébration du Nouvel An et brisant la monotonie d'une soirée qui ressemble trop aux autres», observait en janvier 2011 Alain Bauer en préambule d'un rapport de l'Institut national des hautes études et de la justice (INHESJ). L'incendie de véhicule s'apparente alors à une forme de rite où la voiture brûlée devient une sorte de feu de camp.»..." 

http://debord-encore.blogspot.fr/2011/01/plus-de-40-000-voitures-auraient-ete.html

http://debord-encore.blogspot.fr/2011/12/une-bonne-annee-20112012.html

http://debord-encore.blogspot.fr/2010/11/les-voitures-qui-brulent.html

http://debord-encore.blogspot.fr/2009/12/les-voitures-qui-brulent.html 

samedi 29 décembre 2012

Sur la lutte à Notre Dame et sur ses formes


Au nom de Attac France cette bonne et brave Geneviève Coiffard-Grosdoy c'est fendue d'un texte de soutient piégé comme attac le fait toujours pour nuire aux luttes que cette organisation a pour rôle de casser pour en récupérer des miettes à pseudo-négocier avec son tuteur l’État capitaliste. Elle insiste lourdement sur "non-violence" pour piéger les zadistes qui seront confronté à une violence insoutenable et à leur moindre "dérapage" traités de brutes féroces et de terroristes en cœur par les médias et le même ATTAC, un grand classique de la répression.
Nous pensons que les zadistes ne sont pas tous(tes) des imbéciles se disant "paysans, anarchistes ou anticapitalistes" comme l'affirme notre Geneviève. En conséquence ils se méfient forcement d'ATTAC qui a toujours vendu aux polices et aux médias policiers le maximum de dupes, c'est là sa fonction depuis plus de dix années de "Luttes Anticapitalistes" désarmé dans des nasses répressives et couvert d’opprobre par le spectacle.
La notion de "non-violence" quant elle est Non-Violence ACTIVE n'est pas à rejeter, loin de là car c'est souvent une contrainte imposée par la lutte elle-même comme par exemple celle des "malades du SIDA" au début des années 90 qui n'avaient d'autre choix que ces formes d'action.
L'avenir de la ZAD ne dépend absolument pas d'un prétendu clivage Violent/non-violent mais de l'intelligence des zadistes dans la désignation de leurs ennemis véritables et ATTAC en fait partie comme toutes les sectes au service de ce monde...
La question qui se pose c'est de savoir si l’ennemi principal est bien l'actuel Premier sinistre Ayrault, chargé depuis longtemps de ce dossier NDDL pour le compte de VINCI ?
Nous pensons que NON, il n'est qu'un "Homme de paille" au service de la puissante méga-entreprise VINCI dont le vrai Boss est : Xavier Huillard
Quelle étrangeté le nom de ce Monsieur n’apparaît que rarement comme si les zadistes voulaient s'épargner une analyse complète de l'incroyable puissance que dirige Xavier Huillard...

"Pour le citoyen moyen, le groupe Vinci est une horreur. Des péages d'autoroutes plus chers d'année en année et des parkings aux tarifs prohibitifs. Ce n'est pas tout. Désormais, un petit pourcentage du ticket d'entrée d'un match de football aux stades du Mans, de Bordeaux ou de Lyon revient au géant français du BTP. Pis, quelques euros d'un billet d'avion pris à Nantes, Quimper, Grenoble ou... Phnom Penh tombent dans son escarcelle. Plus étonnant encore, lorsque la ligne à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux entrera en service en 2017, Vinci encore touchera sa quote-part!
Car Vinci n'est pas seulement un constructeur. Son business model repose largement sur un deuxième métier: concessionnaire. Aux antipodes de la route suivie par son grand rival dans le BTP, le groupe Bouygues. Son PDG, Xavier Huillard, explique sa stratégie par une image... qui fleure bon le béton: "La granulométrie continue dans le temps." C'est-à-dire? "Lorsque vous bâtissez une maison, pour que votre remblai soit solide, vous devez y mettre des gros, des moyens et des petits cailloux. 
Et bien, chez Vinci, on fait pareil avec le temps: on mise sur le court, le moyen et le long terme!" Et les résultats de l'année 2011 en témoignent: la granulométrie, ça paie. A près de 37 milliards d'euros, le chiffre d'affaires a augmenté de plus de 10%. Et son bénéfice net de 7,2%, à 1,9 milliard. Comme chaque année, la société redistribuera la moitié de cette manne à ses actionnaires."
 
Xavier Huillard ne craint qu'une chose, que l'image (et e-image) de son groupe soit ternie au niveau international, ce qui est loin d’être le cas même avec les exactions sur son projet Russe en foret de Kimski...
Xavier Huilliard
PDG Vinci
xhuillard@vinci.com


Xavier Huillard ne craint qu'une chose, que l'image (et e-image) de son groupe soit ternie au niveau international, ce qui est loin d’être le cas même avec les exactions sur son projet Russe en foret de Kimski...

Texte de ATTAC : Geneviève Coiffard-Grosdoy

Sur la lutte à Notre Dame et sur ses formes : essai de mise en perspective
jeudi 27 décembre 2012

La situation : un projet d’aéroport menace un territoire riche en biodiversité, mis en valeur par des générations de paysans, qui entament la lutte contre ce projet. Des paysans, des personnes continuent à vivre et s’installer sur la zone.

Sur invitation des précédents, des maisons abandonnées, des terres laissées en friche sont investies et mises en culture, des constructions sont réalisées, par des personnes jeunes et moins jeunes, avec des projets de vie (collectifs et individuels). Ces projets intégrent la volonté d’autonomie, posent les problèmes de la production alimentaire, du salariat, du rapport au progrès, aux institutions, ainsi que la volonté de lutte contre différentes formes de domination : sexisme, prise de pouvoir (en accaparant la parole...), contrôle flicard de la population, répression. Ce que certain-e-s résument dans la formule ’contre l’aéroport et son monde’ (ou ’le monde qui va avec’). Certains affirment être anticapitalistes, d’autres plutôt anarchistes... les personnes impliquées sont diverses, et revendiquent cette diversité.

Face au projet d’aéroport, l’objectif est clairement la défense d’un territoire menacé, tant ce territoire lui-même que les personnes qui ont choisi d’y vivre, de manière parfaitement légitime même si elle est ’illégale’. En avril-mai, une grève de la faim (28 jours pour le camarade qui l’a faite le plus longtemps) était, pour les grévistes, une extrême violence vis-à-vis d’eux-mêmes (sans violence vis-à-vis d’autrui), qui a obtenu un répit : que soient attendus certains des recours déposés avant les expulsions des occupants ’légaux’.

L’occupation est une autre réponse pertinente pour défendre ce territoire. La rébellion et la lutte s’imposent face à l’agression des forces du désordre, sous direction du préfet, pour ’karchériser’ la zone, c’est à dire expulser les habitant-e-s, détruire les maisons (en évacuant le moindre débris pouvant servir à la reconstruction) et vider la zone de tous ceux que le pouvoir qualifie d’accapareurs, de terroristes et autres vampires.

Il s’agit bien de mener une lutte, une lutte dure, une résistance, et non pas de se réfugier dans la passivité au nom d’une quelconque exigence du respect de la légalité, ou au nom d’une quelconque impuissance, ou même au nom de la ’non-violence’ ou du ’pacifisme’ (ce qui n’est pas la même chose !). Et je ne parle pas ici de l’infâme ’respect des personnes et des biens’ (je m’oppose systématiquement à l’utilisation de cette formule), comme s’il était possible de mettre sur le même pied les morts d’enfants suite aux crimes des multinationales et quelques dégâts matériels à certains de leurs chantiers, ici ou ailleurs.

Poser la question de la lutte, c’est poser celle du rapport de force à établir, et des moyens de l’établir.

Plusieurs réponses sont bien sûr possibles à ces questions, largement débattues entre zadistes, entre ’historiques’, ou les deux composantes ensemble. Des modes d’action dits ’non-violents’ peuvent être des moyens pour l’établissement de ce rapport de force : on peut rappeler que le succès de l’action non violente implique à la fois le choix de thèmes ou de revendications capables d’être largement repris par la population, et le choix de modes d’actions qui peuvent être aussi partagés ou au moins très largement soutenus. Les modes d’action doivent aussi éviter d’attiser la haine, non pas seulement ou principalement pour des raisons morales, mais aussi pour des raisons politiques : la haine aveugle, la haine affole, quand nous avons besoin de lucidité et de courage politique... Il n’en reste pas moins que ces modes d’action doivent être capables de concourir efficacement au but recherché : il s’agit de défendre un territoire et ses habitants, pas de ’tendre l’autre joue’ en se laissant écraser.

Sur la défense du territoire, la mise en place de barricades (y compris avec saignées sur les routes/chemins, devant et derrière), de barrages inflammables (bois, foin), ont eu (et ont toujours) pour objectif premier le blocage du passage des engins de démolition, car ils n’empêchent le passage par les champs ni des militants, ni des forces mobiles (je l’ai écrit sans démenti ni bulles sur zad.nadit.org ...). Les jets de motte de terre, de bouses de vaches (même si, non criblées, elles ont pu contenir quelques cailloux...), pommes de pin et autres renvois de grenades lacrymogènes à main nue sur des robocops sur- équipés m’ont aussi paru des réponses ne mettant pas en péril la survie de ces derniers, ni même capables de leur faire subir de graves préjudicies physiques ; le caillassage de véhicules de police (atteinte aux biens, horreur !!!) peut aussi être un moyen de concourir à l’objectif poursuivi. Une mention particulière aux courageux grimpeurs (sur les toits et/ou dans les arbres), ou habitants des arbres, qui ont mené pendant des jours une résistance exemplaire (selon des modalités peu connues par ici) et ce n’est pas fini...

Il n’y a pas eu à ma connaissance pose de pièges (il paraît que les mobiles, que je voyais le premier jour , quand nous attendions leur assaut, frapper en vain le maïs autour de la Gaitée, cherchaient des pièges à ours, à loup, des explosifs ou mines ... autour des maisons, avant de les investir...), pas eu non plus d’utilisation d’armes de chasse (avec balles pour sanglier par ex...) : j’avoue que çà m’aurait posé problème... J’ajoute que nous luttons contre l’envahissement d’un territoire que nous occupons, une situation d’occupation par des personnes extérieures (flics ou autres envahisseurs...) exigerait peut-être l’emploi d’autres moyens de lutte. Nos parents ont eu des choix redoutables à faire...

La violence que nous avons subie, assez inouïe tout de même, est venue uniquement des forces du désordre. Nous nous sommes exposés à ces violences, en jeans et blousons, sans protection, ou presque (souvent jus de citron sur masques en coton et sérum physiologique, c’est peu !). – Violences psychologiques : diffamation sur les personnes, destruction de maisons habitées, de potagers (gazage des légumes... écho au gazage des vaches de juin 2011... insupportable pour les personnes s’en occupant au quotidien...). – Violences physiques : acharnement à frapper des militants incapables de se protéger (dans les godets de machines), gazages non motivés, tirs tendus de grenades assourdissantes (provoquant des blessures parfois graves, voir témoignages du docteur Stéphanie L.). risques énormes que les GM et autres CRS ont fait prendre, pour les dégager, aux camarades se plaçant volontairement sur les toits et/ou dans les arbres, tout ceci était à mes yeux des actes, non de maintien de l’ordre, mais des actes de guerre civile, (je pèse mes mots). Ils devront faire (ou ont déjà fait) l’objet de plaintes. – Violences juridiques : gardes à vues, condamnations à amendes, et maintenant prison ferme (5 mois fermes pour Cyrille)...

Nous avons toutes les raisons de craindre cette violence. Après les deux arrêtés autorisant la destruction et l’expulsion de la Châtaigneraie, des journalistes ont demandé à l’un des camarades s’y étant domicilié s’il avait peur de ce qui pourrait advenir si les forces du désordre attaquaient ce lieu : « Oui, et comment voulez-vous qu’il en soit autrement, après ce que que nous avons vécu, les blessures que nous avons subies... a-t-il répondu.

L’énorme travail d’information mené tant par le biais du site zad.nadir.org que par d’autres outils internet éventuellement plus anciens (Acipa...) a montré et dénoncé cette violence, a popularisé la lutte. Les différentes équipes mises en place (accueil, radio, communication, auto-médias, équipe juridique, légale, médicale...) continuent à jouer pleinement leur rôle (des permanences quotidiennes assurent toujours entre autres les pansements des blessés des 24 et 25 novembre...).

Personnellement je considère comme plutôt miraculeux, et dû à la responsabilité des zadistes (pas à la responsabilité des flics !), que nous n’ayons pas eu plus de blessures, et de plus grande gravité : je tiens à saluer leur courage physique (je l’ai déjà fait par oral publiquement, devant des journalistes, par écrit) face à la répression. Je tiens aussi à souligner leurs réflexion et solidarité dans l’organisation de la lutte, et le rôle qu’ils ont tenu dans ce tsunami de violence déchaîné contre nous tous : leurs réponses et actions ont été pertinentes, adaptées aux objectifs poursuivis, dans un équilibre quasi impossible à tenir.

La population ne s’y est pas trompée d’ailleurs dans le soutien exceptionnel qu’elle a apporté très vite et spontanément à la résistance, depuis les vêtements chauds arrivant le premier soir des expulsions à la Vache Rit pour les expulsés n’ayant plus rien de sec, les légumes et autres nourritures en abondance, jusqu’aux matériaux et outils de la reconstruction, soutiens qui continuent à affluer sans mollir sur les lieux. Permanences d’orientation à Notre Dame organisées par l’Acipa. Soutien de toutes les personnes qui participent régulièrement à l’entretien du linge (trier, emmener, laver, sécher, ramener...). Soutien financier. Soutien aussi par l’énorme manifestation de réoccupation (manifestation qui n’était ni un baroud d’honneur, ni une quelconque déambulation dans la campagne, mais la participation à la réoccupation illégale, mais parfaitement légitime, de la Châtaigneraie, par des dizaines de milliers de personnes dont un grand nombre n’avait probablement jamais fait d’actions illégales...). Soutien de centaines de personnes face aux flics dans la forêt de Rohanne les 24 et 25 novembre ! Soutien qui lui-même participe à l’évolution du rapport de force en faveur de la résistance, la nourrit, la protège, lui donne une nouvelle dimension. Le cordon de tracteurs (des tracteurs, pas des tanks !) enchaînés les uns aux autres qui entoure et protège désormais les constructions de la Châtaigneraie est le symbole et le moyen concret de l’engagement du monde agricole bien au-delà des communes concernées par le projet (l’incrustration des tracteurs sur le site aussi longtemps que nécessaire, a été adoptée par ceux dont c’est l’outil de travail, et l’entr’aide s’est mise en place pour pallier les manques). Ce cordon semble d’ailleurs poser un fameux problème : tant politique (c’est plus difficile de taper sur les ’bons’ paysans, le pouvoir n’a pas encore compris que ses tentatives de division ne marchent pas !) que pratique : extirper les dits-tracteurs, apparemment, pour l’instant, ils ne savent pas vraiment comment faire... Soutien encore, et avec quel enthousiasme, des centaines (des milliers) de personnes venues de partout aider à la protection de ce territoire, à reconstruire. Soutien par la création des de tous ces Collectifs (ou comités) locaux Notre Dame, qui se sont rassemblés pour la première fois ce WE ici (à l’initiative de l’Acipa et d’occupants de la ZAD), avec l’enthousiasme des actions déjà menées et à venir, réfléchissant ensemble à la construction des futures mobilisations. Le soutien à la création de ces comités, les déplacements éventuels pour réunions de création (à leur demande) sont aussi des actions... non-violentes. Soutien, enfin, de tous ces collectifs, coordinations ..., en France, en Europe et dans le monde, qui continuent à tisser des liens contre les Grands Projets Inutiles Imposés, pour mettre en commun leurs analyses, réfléchir sur les victoires et échecs passés, sur les victoires à venir et les modes de lutte à mettre en place, sur le soutien mutuel qu’ils peuvent s’apporter.

La lutte de Notre Dame des landes a été active dans ce mouvement, et continuera à l’être, tant il est vrai que nous nous renforçons mutuellement de nos combats. Tous ces soutiens valident non seulement la pertinence de cette défense du territoire et des habitants de la ZAD, par eux mêmes et par leurs soutiens, mais aussi celle des modes d’actions pluriels de cette défense.

Au vu de tout ceci, peut-être, après l’abandon du projet d’aéroport (première étape vers d’autres victoires, car ce sera le début d’autres solutions à inventer au niveau foncier, remise en culture...) cette rébellion citoyenne gardera-t-elle l’image d’un combat véritablement non-violent : je ne le dis pas pour accaparer notre future ’victoire’ au nom ou au profit de la non violence, ni pour disqualifier l’engagement de ceux qui affirment d’autres choix philosophiques ou pratiques. Au delà de nos différences, nous partageons l’objectif d’arrêt du projet, nous nous battons ensemble, inventant collectivement des modes d’action. Si une expression d’un article (résistance toujours non- violente) a pu choquer certains, j’espère que ce texte précisera ma pensée, sur laquelle je n’ai pas d’ailleurs d’absolue certitude ; nous pouvons et devons continuer à discuter sur nos modes de luttes, sans que l’attente du résultat de ces échanges nous paralysent dans l’action commune.

Ce que nos ennemis n’ont pas réussi à faire, nous diviser, ne le réalisons pas nous-même !

Geneviève Coiffard-Grosdoy 17 décembre 2012


jeudi 27 décembre 2012

Marie, étends ton manteau



Un bon texte de Roswitha Scholz mais qui ne dit pas pourquoi et comment sont utilisés ces fausses critiques du type Queer et antispéciste. Ici en France c'est évident avec la dernière manifestation traîne-savates organisée par le PS à Paris à propos du mariage gay.


Production et reproduction à l’heure du capitalisme en crise

A partir de la fin des années 1990, passé le « tournant culturel » et sa phobie envers la critique radicale de l’économie, divers courants du marxisme connurent un nouvel élan, tandis qu’en parallèle éclatait cette crise qu’on n’attendait surtout pas. La théorie féministe non plus n’en est pas sortie indemne. Frigga Haug sillonne le pays sans relâche et un numéro de 2009 de la revue Das Argument était consacré à la question centrale des « éléments d’un nouveau féminisme de gauche ». Nancy Fraser s’écrit : « Femmes, pensez en termes économiques ! ». Et il n’est pas jusqu’à certaines féministes (ex-?)déconstructivistes qui ne réclament désormais que l’on replace l’oppression subie par les femmes dans le contexte de la critique du capitalisme1.

Ré-émerge aussi soudain, comme base permettant d’expliquer les disparités entre les sexes, ce bon vieux rapport de « production » et de « reproduction » qu’on avait pourtant rejeté depuis longtemps au motif qu’il s’agissait d’un modèle dualiste. Aujourd’hui le voici qui retrouve sa place, y compris dans les réflexions des féministes de la mouvance queer. Ainsi par exemple chez Gabriele Winker : « D’un point de vue historique concret, la mise en place des structures capitalistes a conduit à ce qu’une plus grande part du travail de reproduction sociale soit effectuée en dehors du système de la valorisation capitaliste : au sein des familles hétérosexuelles, et là principalement par les femmes2 ». Voilà qui est curieux : des arguments typiquement marxo-féministes qu’on croyait déjà à demi oubliés sont à présent amalgamés sans façon, « en y allant gaiement » (Adorno), à des schémas conceptuels déconstructivistes ; et ce en dépit du fait que, dans les années 1990, une âpre querelle opposait féministes « matérialistes » à l’ancienne et post-féministes (dé)constructivistes.

Ces derniers temps, lorsque, sans gros effort théorique préalable, il s’agit une fois de plus d’aller tout droit à la question de ce qu’il faudrait « faire concrètement » face à la crise, on réunit pêle-mêle : des critiques queer devenant soudain « économiques », un concept de « biens communs » soi-disant nouveau, une idéologie de l’open source s’appuyant sur l’exemple du développement des logiciels dits « libres », et, en règle générale, une improbable « économie solidaire ». Le mot d’ordre redevient « small is beautiful », censé ouvrir la voie à un changement radical de nos conditions. Ce qu’il reste du postmodernisme dans ce « retour de l’économique », c’est un trait tiré sur la totalité négative. La « société » est out, la « communauté » dans toutes ses variantes est in. Les analyses qui naguère critiquaient une idéologie alternative-communautaire bornée passent à la trappe. Par cet oubli volontaire et ce refoulement, on s’offre en quelque sorte une seconde naïveté.

Dissociation-valeur et socialisation

Dans un tel contexte, des éléments provenant de ma théorie de la dissociation-valeur viennent même jouer un certain rôle, puisqu’on n’hésite pas à la mettre sens dessus dessous pour en extraire, au mépris de sa visée propre, les concepts soi-disant nouveaux définissant le rapport entre la production (capitaliste) et des conditions de reproduction qui ne s’y intègrent pas. C’est pourquoi je commencerai par rappeler quelques-uns des points essentiels de la critique de la dissociation-valeur, afin de la situer par rapport aux toutes dernières tendances.

Comme son nom suffit à l’indiquer, il y a au cœur de cette théorie l’idée qu’un certain nombre d’activités de la reproduction définies comme féminines, mais aussi d’attitudes correspondantes (la sollicitude, par exemple) et de qualités dévalorisées (la sensibilité, l’émotivité, etc.), se voient, précisément, dissociées de la valeur et de sa substance, le travail abstrait, et attribuées « aux femmes ». De telles attributions caractérisent pour l’essentiel l’ordre symbolique du patriarcat producteur de marchandises3. D’emblée, il s’agit donc bien d’un aspect de la socialisation capitaliste, mais que les instruments conceptuels marxiens ne sont pas à même de saisir. Instauré en même temps que la valeur, cet aspect en fait structurellement partie ; cependant, d’un autre point de vue, il se trouve à l’extérieur de ladite valeur et, de ce fait, en constitue même la condition préalable. Valeur et dissociation se situent ainsi réciproquement dans un rapport dialectique. On ne peut faire dériver l’une de l’autre : au contraire, chacun des deux moments procède de l’autre. C’est précisément sous cet angle qu’il faut parvenir à se représenter la socialisation fétichiste, et non pas sur la base du seul rapport-valeur.

Or, le point décisif pour ce qui nous concerne ici est le suivant : à un haut degré d’abstraction, le rapport-dissociation est, en tant qu’autre du rapport-valeur, tout aussi socio-historiquement et négativement déterminé que lui. Il est un principe social traversant tous les plans et domaines de la société, et on ne peut par conséquent le répartir machinalement entre les sphères du privé et du public, de la production et de la reproduction. Certes, il comprend les activités de la reproduction qu’on ne parvient pas à faire entrer dans la logique du travail abstrait, mais il ne s’arrête pas là. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer l’évolution historique interne de la dissociation-valeur. Les femmes sont aujourd’hui « doublement socialisées », comme dit Regina Becker-Schmidt. Autrement dit, bien qu’elles se soient dans une large mesure intégrées à la société « officielle » du travail abstrait et de l’espace public bourgeois, elles n’en demeurent pas moins en charge du ménage et des enfants, doivent se battre davantage que les hommes pour atteindre les échelons supérieurs et gagnent en moyenne moins que les hommes, malgré le fait qu’elles les aient rattrapés en termes de niveau d’études. La structure de la dissociation-valeur s’est transformée mais, dans le principe, elle existe toujours.

Que la dissociation soit un moment de la socialisation négative, voilà qui ressort également des tout derniers développements de la situation d’ensemble. Les anciennes représentations bourgeoises des sexes ne sont plus adaptées au « turbocapitalisme » et à son implacable exigence de flexibilité : on assiste à la formation d’identités flexi-contraintes, qui continuent néanmoins de se penser en termes de genres distincts et spécifiques, alors même que l’image traditionnelle de la femme est obsolète. De surcroît, certaines études sur le thème « mondialisation et rapport entre les sexes » tendent à montrer que l’époque est révolue où les femmes paraissaient avoir (ou plutôt avaient effectivement en partie) conquis davantage de liberté à l’intérieur du système. La mondialisation s’accompagne désormais d’une « barbarisation du patriarcat » caractérisée par de nouvelles formes de sexisme.

La dissociation-valeur s’affranchit en quelque sorte des supports institutionnels rigides que représentaient la famille et la vie professionnelle, mais la hiérarchie entre les sexes n’en disparaît pas pour autant à la faveur du recul de l’Etat social et des mesures contraignantes prises par l’administration de crise. Il s’agit simplement d’une reconfiguration des anciennes structures d’affect. S’il en était autrement, on ne verrait pas les femmes prendre en charge, comme auparavant, les activités dissociées de la reproduction et les attributions correspondantes. L’ex-ministre de la famille Ursula von der Leyen en constitue la parfaite illustration, puisqu’il semble bien qu’elle soit tout à la fois mère de plusieurs enfants et médecin, membre du gouvernement, infirmière pour ses vieux parents et j’en passe. Par ailleurs, l’image traditionnelle de la femme redevient le dernier recours, y compris chez des carriéristes des médias actuels comme Eva Herman, qui, une fois de plus, a proclamé le « principe d’Eve » et obtenu grâce à lui un best-seller. Profondément enracinées dans la structure même du capitalisme, les identités ne peuvent manifestement pas être évacuées au moyen d’une simple déconstruction superficielle, comme l’avaient cru maintes chercheuses en gender studies. Paradoxalement, la « double socialisation » des femmes s’avère fonctionnelle. Ainsi, par exemple, les réseaux d’entraide s’efforçant de gérer la crise dans le tiers monde sont-ils essentiellement portés par des femmes, ce qui n’empêche pas qu’en règle générale, à l’heure de l’économie en flux tendu, les activités de la reproduction se retrouvent plus que jamais au bas de l’échelle. Elles constituent une sorte de rebut que l’on assigne aux femmes doublement socialisées.

Cette grossière esquisse suffit à montrer que la dissociation ne peut être comprise ni comme « reste » ontologique ni, la plupart du temps, comme « domaine » délimité, et encore moins comme un moment positif, en particulier comme une « émergence » ou un « modèle » de structures non capitalistes ou postcapitalistes. Bien au contraire, elle est déterminée par l’évolution historique et par le capitalisme exactement au même titre que le travail abstrait et la valeur, et doit par conséquent être abolie avec eux. La structure de la dissociation constitue l’essence de la dynamique capitaliste.

Frigga Haug et la « perspective 4-en-1 »

Le rapport qu’entretenait la théorie de la dissociation-valeur avec le marxo-féminisme était fondamentalement critique, mais il y avait aussi des points de contact. Tout comme Frigga Haug, je comprends le patriarcat producteur de marchandises comme un modèle de civilisation, ce qui inclut les structures affectives et symboliques. Pour paraphraser Haug, l’aspect essentiel ne réside pas simplement, comme le pensent les (dé)constructivistes, dans les définitions normatives de la masculinité et de la féminité. L’individu est déterminé bien davantage par une efficacité et une volonté de performance, une rationalité économique spécifique, les structures objectives du contexte général mais aussi ses mécanismes et son histoire, ou encore les maximes de comportement. Parler du sexe mâle comme du « sexe du capitalisme » est donc d’autant plus légitime que c’est bien une vision dualiste de la masculinité et de la féminité, avec sa hiérarchie, qui constitue en général la représentation dominante des sexes à l’ère moderne. Dans le même ordre d’idée, je retiens également la thèse de Frigga Haug selon laquelle la modernité voit se côtoyer, d’une part, une logique d’« épargne temporelle » qui est, par principe, à classer du côté de la sphère de la production et de la « logique de profit des entreprises », et d’autre part une logique de « prodigalité temporelle » qui correspond au domaine de la reproduction (surveillance des enfants, soin et attention portés aux autres, etc.).

Mais le problème, chez Haug, c’est que le rapport entre les sexes n’est compris que comme un « rapport de production » d’un genre un peu spécial, dont la « logique » propre n’est appréhendée en quelque sorte que phénoménologiquement ; il est établi à partir de vues issues d’un marxisme plutôt éculé et qui restent en deçà du niveau des catégories formelles de base de la société. La faute en revient avant tout à l’ontologie marxiste-traditionnelle du « travail », qui nous oblige pour ainsi dire à introduire en fraude la critique féministe dans le contexte systémique général. La théorie de la dissociation-valeur pose au contraire d’emblée la répartition des rôles sexuels au même niveau d’abstraction que le travail et la valeur ; le rapport de dissociation compte lui aussi au nombre des catégories de base.

Certes, Frigga Haug adopte toujours un point de vue systémique général et ne se cantonne pas à des raisonnements à petite échelle, mais ça ne fait pas pour autant disparaître la traditionnelle pierre d’achoppement. Elle voudrait faire face à la profonde crise du capitalisme au moyen d’une réduction radicale du temps de travail dans le domaine professionnel, réduction qui dégagerait suffisamment de temps pour une reproduction culturelle comprenant également les activités liées au développement personnel et à la politique. Ces idées qu’elle défend depuis longtemps, nous les retrouvons peu ou prou dans ce qu’elle met aujourd’hui en avant sous l’étiquette « perspective 4-en-1 » (travail, reproduction, culture, politique) et qui vise à faire évoluer la société humaine du point de vue écologique, économique et social4. C’est dans cet esprit qu’elle milite en faveur de l’entrée en politique d’un nouveau féminisme de gauche, associée à la mise en place de quotas.

On peut toutefois se demander si vraiment, dans l’actuelle situation de crise, cette perspective est encore réaliste. Outre qu’elle oublie que la redistribution des différents domaines du « travail » est tenue de prendre place uniquement à l’intérieur d’un cadre donné, Haug, lorsqu’elle invoque les « rapports de force » gramsciens, surestime les possibilités de l’action politique traditionnelle. Nous le voyons bien : depuis le krach massif de 2008, c’est le maintien à tout prix du capitalisme qui est à l’ordre du jour. Les risques de banqueroutes étatiques et l’évidence d’une limite à la logique de la valorisation font paraître bien fragile la perspective en question, qui, en définitive, aboutit au subventionnement étatique sous les conditions capitalistes. Ne serait-il pas préférable de placer les exigences immanentes droit dans la perspective d’une transformation radicale du système que Haug, en raison de ses vieux présupposés marxistes, ne parvient pas à thématiser ? Ce serait peut-être plus « réaliste » que ces concepts qui se veulent concrets et laissent entendre au fond qu’on pourrait mettre en œuvre un programme néo-keynésien se présentant certes comme transcendant le système mais ne contenant rien de plus qu’une reconfiguration, sur la base de l’ontologie du travail, de ce qui existe déjà actuellement : des sphères constituées par le capitalisme et qui précisément, en tant que telles, devraient être abolies.

Concepts pour une économie solidaire

Là où d’aventure le problème de la socialisation négative émerge encore chez Frigga Haug, serait-ce sous une forme tronquée par la perspective phénoménologique, il est aussitôt expressément brisé, morcelé en éléments particularistes dans le cadre du « retour de l’économique » post-postmoderne. « Économie solidaire », « biens communs », concepts d’open source, etc., toutes ces nouvelles tendances trouvent en partie leur source (rarement reconnue) dans les notions de « subsistance » ou de « travail pour soi » qu’ont défendues en Allemagne principalement Maria Mies, Veronika Bennholdt-Thomsen et Claudia von Werlhof. En se focalisant sur une agriculture petite-bourgeoise et une compréhension de la reproduction qui s’y restreint, on rejetait en bloc toute idéologie industrielle et technologique comme étant ce sur quoi repose, selon Mies et consorts, l’oppression subie par les femmes, la nature et les autres « peuples ». Cette vision des choses s’est imposée partout comme le concept le plus radical de sortie du marché et de l’Etat. A tort à mon avis, car, outre qu’on néglige ce qu’elle contient d’aversion hautement problématique et indifférenciée envers la technologie, il est clair de toute façon que l’idée de subsistance ne vise pas la sortie de la logique du marché mais simplement la mise sur pied d’un marché intérieur local où la (re)production de subsistance assurée par les femmes deviendrait le cœur de la société.

Chez les économistes de la subsistance, niveau et contexte généraux sont pratiquement inexistants ou ne surgissent qu’au moment de l’analyse-négation de la socialité mondiale, comme si un penser dichotomique séparant les notions de « communauté » et de « société » ne faisait pas structurellement partie du capitalisme depuis au moins Ferdinand Tönnies. En cette phase historique marquée par le passage de la socialisation négative à la barbarisation du patriarcat producteur de marchandises, rien d’étonnant à ce que de tels projets jouent à merveille le rôle de pseudo-concepts légitimateurs. Ils font de nécessité vertu. Qu’on le veuille ou non, la terre brûlée de l’économie de marché constitue d’ores et déjà une réalité pour de nombreuses régions du monde. Une notion de subsistance visant simplement à survivre d’une façon ou d’une autre dans le cadre de cette réalité-là est à présent retournée en projet d’émancipation. Implicitement, c’est l’idéologie du « travail honnête » que l’on nous ressert ici.

Les idéologies « small is beautiful » ont toutefois subi elles aussi une métamorphose. Aujourd’hui, contrairement aux années 1980 et 1990, c’est plutôt un patchwork qu’on nous propose. Les notions de subsistance et de travail pour soi se muent directement en concepts à technologie intégrée, qui sont à leur tour découpés en « modèles » tronqués et particularistes. Sous le terme flou d’« économie solidaire », on voit de vieilles idées issues des réflexions sur la subsistance et l’économie alternative (par exemple, les idées de petite production coopérative, de magasins gratuits, de réformes monétaires ou de monnaies locales alternatives, etc.) venir s’amalgamer en dépit du bon sens avec le concept numérique d’« open source », ce qui revient à remplacer un refus en bloc de la technologie par de grossiers projets d’appropriation de cette même technologie. Et, dans ce contexte, émerge également la notion de « biens communs », par laquelle le moment pré-moderne de la reproduction que représentent les « communaux » (terres à usage collectif) se voit idéalisé dans l’esprit de l’idéologie communautaire moderne.

Paradoxalement, il n’est pas rare que soient intégrés également à cette réflexion d’ensemble des éléments arrachés aux critiques de la valeur et de la dissociation-valeur, qui ont entre-temps fait leur chemin au sein d’une partie de la gauche. Pour autant, on ne veut rien savoir de leur analyse primordiale du jeu trop « perso » de l’idéologie de l’alternatif, ni de leur constat corrélatif que les gesticulations du domaine de la reproduction n’ont rien à voir avec la vraie vie. Ainsi Stefan Meretz, par exemple, instrumentalise-t-il la théorie de la dissociation sexuelle en faisant l’impasse sur les conflits existant de longue date entre cette approche et les positions « biens communs » et « open source » qu’il défend5, lorsqu’il écrit : « Le capitalisme a dissocié certains moments essentiels de la production de la vie sociale et les a relégués dans une sphère de la reproduction. On a séparé la production connotée masculine (l’“économie”) de la reproduction connotée féminine (la “vie privée”). Capitalisme et patriarcat moderne ont la même origine ». Malheureusement, cette « même origine » de la valeur et de la dissociation redevient ici un simple rapport secondaire de dérivation dans lequel la dissociation apparaît cantonnée à l’intimité d’un domaine de la reproduction au sens strict, alors que, comme je l’ai dit, la dissociation traverse en réalité toutes les « sphères », y compris l’« économie », et n’est « de même origine » que dans cette mesure.

Cela conduit alors Meretz à élaborer une perspective de dépassement tronquée : « La production du secteur privé, structurellement aveugle et apparue seulement dans un deuxième temps, ne pouvait s’étendre qu’à condition, d’une part, de le faire constamment au détriment de la production de subsistance et de biens communs, et d’autre part de pouvoir renvoyer à une production complémentaire de subsistance et de biens communs pouvant et devant nécessairement compenser les effets de l’“économie”. La production de marchandises ponctionne en permanence la sphère des biens communs sans rien lui donner en retour. Les biens communs ont la capacité de supplanter la marchandise en tant que fonction sociale déterminante6 ». Le rapport de dissociation, bel et bien compris au final comme secondaire, n’est plus défini comme complément de la socialisation négative ; vu par le petit bout de la lorgnette des « biens communs » ou de la subsistance, il est au contraire idéalisé et transfiguré en champ d’action ou en démarche pour un « dépassement de la forme marchandise » à l’échelle du particulier.

Critique queer de l’économie

Une certaine critique « économique » queer s’inscrit maintenant elle aussi dans la même tendance. Ainsi, par exemple, Kathrin Ganz et Do Gerbig dénoncent-elles un « penser capitalocentré », qui s’articule autour du capital et du travail au lieu de déconstruire ces catégories et de prendre en considération d’autres disparités sociales ou interidentités7. Femmes, homosexuels, travailleurs free-lance, hackers/nerds, etc., tous sont donc abruptement placés sur le même plan, même si l’on remarque au passage que les femmes sont plutôt rares dans les réseaux de hackers (un simple exemple des diverses exclusions qu’on peut en général y constater). Mais il en faudrait bien davantage pour entamer la bonne humeur et l’enthousiasme de cette critique « économique » queer parfois qualifiée de queer-féministe. « Partout dans le monde », en effet, il se passe « des choses qui font chaud au cœur. Des gens entrent en relation, travaillent ensemble et forment des réseaux, développent de super projets et inventent des appareils incroyables. Ils créent leurs propres espaces de liberté, expérimentent et ne craignent pas de se faire remarquer8 ». On fait valoir que le capitalisme ne serait pas « normal », et même, avec J. K. Gibson-Graham, qu’il y aurait toujours eu des praxis non capitalistes allant au-delà. Seulement, à l’instar de ce qu’a proposé Judith Butler pour l’identité sexuelle, de telles représentations comprennent le capitalisme comme une pure « fiction régulatrice »9. Tout le problème du (dé)constructivisme réorienté vers « l’économique » est là : il oublie que le mode de socialisation négatif n’est pas une construction symbolique (més)interprétable à discrétion, mais une dure réalité englobant tout le reste.

Le fait que la valeur ait toujours besoin de son autre est ici délibérément occulté. Pire : quelle que soit la diversité des formes sous lesquelles cet autre indispensable se présente, on le gratifie, comme chez Meretz, d’un « mieux-être », d’un caractère transcendant en soi. Le caractère fétiche de la dissociation-valeur est refoulé et, de façon tout à fait simpliste, on préconise une sortie volontariste à base de « praxis quotidiennes » clandestines. On en arrive ainsi à hypostasier la différence suivant un schéma nouveau : toutes les différences se valent et, par exemple dans l’idéologie des « biens communs », sont présumées déjà dépassées. Naturellement, les débats (féministes) sur l’intersectionnalité trouvent eux aussi leur place dans ce tableau. Que l’on soit allé au bout de l’idylle queer avec les hiérarchies imaginée jadis, les théoriciennes queer l’ont elles-mêmes reconnu ailleurs et depuis longtemps10.

Lorsque, y compris dans les quartiers où être gay ou lesbienne avait acquis un certain poids, on n’accorde plus désormais à ces groupes qu’un statut précaire, alors on n’a peut-être plus le choix, même sous de telles conditions. Mais c’est bien pourquoi il ne faut pas faire de nécessité vertu. C’est précisément l’idéologie de la communauté à l’unisson qui tue ici toute espèce d’altérité. Qui aurait pensé que tous les acteurs, de l’agent d’entretien à l’hôtesse de l’air, s’y verraient affecter une charge sexuelle (cf. Ganz/Gerbig) ? Il faudra bien un jour qu’on déconstruise réellement les manières de voir dualistes et dichotomiques. Dans la mesure où il y a toujours eu naguère, au sein du féminisme, un important courant s’attachant à fuir et à dénoncer de façon véhémente le domaine étroit de la reproduction et le caractère borné des tâches domestiques, chacun (ou plutôt chacune) cherche aujourd’hui encore à quitter précisément ledit domaine pour entrer dans le royaume de la liberté. Voilà ce qui arrive lorsque la précarisation gagne du terrain ; et qui en pâtira vraisemblablement ? Comme le « care », au sens de l’activité féminine de reproduction telle que nous l’avons connue jusqu’à maintenant, n’est sans doute qu’un moment parmi beaucoup d’autres dans la valse communautaire queer, une fois encore, après des siècles de tradition patriarcale, activités féminines et structures correspondantes disparaissent discrètement de la liste des sujets traités11. Car, en dépit de tous les changements survenus au cours des dernières décennies, ces activités échoient encore majoritairement aux femmes, y compris dans les ménages de gauche. La domination masculine se poursuit donc, nullement inquiétée, qu’on ne remarque pas seulement dans les milieux antifascistes mais qui risque bien de s’affirmer d’autant plus avec la montée d’une certaine « femme-au-foyérisation » (Claudia v. Werlhof). Nous avons un tel putain de plaisir à être ensemble ! Pour ce qui est des moyens d’existence, ils seront assurés par un revenu de base que depuis des lustres les conservateurs-libéraux mettent à leur manière sur le tapis.

Pourtant, en même temps, lorsque dans les cercles féministes queer il s’agit d’aborder l’ordre sexuel comme « objet concret », on s’aperçoit qu’on ne s’en sort pas sans faire appel au rapport, longtemps dénigré comme dualiste, entre les sphères de la production et de la reproduction (voir plus haut). Le récent « tournant matérialiste » réclame logiquement son tribut, et où ira-t-on chercher les concepts nécessaires, sinon du côté de cette théorie féministe à l’ancienne qu’on a fui des années durant ?

Les fantasmes de Schirrmacher

A l’heure où la société se dirige de plus en plus vers une méga-crise et, partant, vers une politique minimaliste, le journaliste conservateur Frank Schirrmacher a sa solution. Dans un livre intitulé justement Minimum et sous-titré De la dissolution de notre communauté à sa refondation, il demande : « Qu’advient-il lorsque l’Etat n’est plus en mesure de tenir ses promesses d’aide ? Qui vole au secours de qui lorsque ça devient sérieux, qui prend soin de qui en cas de nécessité, qui peut se fier à qui lorsque la situation s’aggrave [...] et surtout : qui travaille pour qui alors même qu’il n’y a pas d’argent ?12 ». Suivant ce que j’ai expliqué précédemment, on ne s’étonnera guère que Schirrmacher songe ici « aux » femmes en général, ce qu’il s’efforce d’ailleurs de formuler un peu plus loin : « A partir du constat que les femmes possèdent une forte compétence émotionnelle et sont même, vraisemblablement, les fondatrices de notre communauté, nous pouvons conclure, soit que cela vaut pareillement pour tous les individus, soit, par conséquent, que le rôle de mère s’impose aux femmes [...]. Nous ne pouvons revenir en arrière [...]. Les enquêtes effectuées au cours des cinquante dernières années [Schirrmacher fait ici référence aux neurosciences, mais aussi à la psychologie évolutionniste et à l’anthropologie – R.S.] le confirment : c’est aux femmes que revient le rôle-clé, s’agissant aussi bien de préserver les familles que de bâtir et stabiliser les réseaux d’amitiés appelés à l’avenir à prendre le pas de plus en plus sur la famille traditionnelle [...]. Dès ce moment – d’ici 2050 pour ce qui concerne l’Union Européenne – on attendra des femmes qu’elles accomplissent les deux à la fois : faire grimper le produit national brut et fournir des enfants au pays [...]. Mais ça n’est pas tout. Les filles doivent se tourner davantage vers les métiers scientifiques13 ».

Nombre d’analyses féministes souscrivent à cette vision des choses : elles misent sur la « double socialisation » face aux anciennes représentations de la femme au foyer élevée au pinacle ; mettent l’accent sur la communauté comme ressource, à l’heure certes où le modèle de la cellule familiale se désagrège mais, grâce aux femmes et à leur sens « inné » des relations sociales, se maintient sous la forme de la « famille choisie » (que les queer contribuent largement à promouvoir) ; et s’appuient en outre sur des vues déconstructivistes à la Judith Butler, qui entendait, par la déconstruction, saper radicalement la crédibilité de rapports traditionnels entre les sexes devenus de toute façon obsolètes. De la sorte, Schirrmacher parvient à récupérer implicitement certaines démarches déconstructivistes, sans pour autant renoncer aux points de vue biologistes issus des neurosciences. Il précise bien que ses nouveaux stéréotypes ne sauraient en aucune façon prendre en compte toutes les femmes.

On pourrait ramener cela à la formule : « Marie, étends ton manteau de protection sur nous tous », comme il est dit dans un vieil hymne catholique – hymne dont nous aurions maintenant en quelque sorte la version « alpha girls » postmoderne. En d’autres termes, un énième avatar de la « féminité comme produit d’entretien et de désinfection », pour rejoindre Christina Thürmer-Rohr. La façon dont on valorise ostensiblement les femmes aujourd’hui et le fait incontestable que, de plus en plus, elles parviennent à des postes de responsabilité en économie et en politique, sont donc à accueillir avec méfiance. A y regarder de plus près, il s’agit au fond d’une espèce de sexisme inversé.

Contre un dépassement partiel

L’économie queer entend dénoncer, à juste titre, des rapports de reproduction entre individus anonymes, mais conçoit ces rapports, de manière non dialectique et contraire à la théorie de la dissociation-valeur, comme rapports dans lesquels c’est uniquement le principe (structurellement masculin) de la valorisation qui représente le niveau englobant, général, du capitalisme14. Résultat : dans la réalité sociale, la perspective « care » repose en fait une fois de plus sur les liens du sang, et son seul horizon demeure la famille monoparentale maternelle. Mais un féminisme orienté queer s’entend si bien avec tout le monde, y compris ses amis hackers/nerds mâles ! En réalité, les femmes ont un atout, que Schirrmacher feint d’avoir reconnu tout en leur remettant de manière apodictique : leur cul. Grâce à lui, elles sont censées sauver le monde.

Sur le plan de l’engagement concret, il faut être lucide et constater qu’on ne pourra pas vaincre le patriarcat producteur de marchandises par des efforts de pratique politique misant simplement sur la reconfiguration de sphères de la production et de la reproduction constituées elles-mêmes par le capitalisme. On ne verra aucune issue tant qu’on ne se fixera pas pour objectif de surmonter l’ensemble des rapports. Je ne cherche pas ici à nier ou à estomper de façon abstraite la spécificité des différents moments de la reproduction sociale, mais à redire qu’on ne dépassera pas ces rapports à partir de telle ou telle sphère particulière, et moins encore en faisant abusivement des activités connotées féminines de la reproduction le point où se concentrerait un « bien » ontologique. La question n’est pas celle d’un « méta-bien commun15 », notion qui ramène le mode de socialisation à un arrangement au sens de l’idéologie communautaire, mais d’une critique radicale dépassant la dichotomie entre « communauté » et « société ». Le « retour de l’économique » intervient dans une crise d’une ampleur telle qu’on ne pourra en venir à bout au moyen de concepts particularistes à bon marché.
Traduction de l’allemand : Sînziana

1 Das Argument, n°281, « Elemente eines neuen linken Feminismus », mars 2009 ; Nancy Fraser, « Frauen, denkt ökonomisch ! », Taz, 7 avril 2005 ; Angela McRobbie, Top Girls. Feminismus und der Aufstieg des neoliberalen Geschlechterregimes, Wiesbaden, 2010.
2 Gabriele Winker, « Traditionelle Geschlechterordnung unter neoliberalem Druck : Veränderte Verwertungs- und Reproduktionsbedingungen der Arbeitskraft », in Melanie Groß et Gabriele Winker (dir.), Queerfeministische Kritiken neoliberaler Verhältnisse, Münster, 2007, p. 19.
3 Pour plus de détails, je renvoie à mon livre Das Geschlecht des Kapitalismus. Feministische Theorien und die postmoderne Metamorphose des Patriarchats, Bad Honnef, 2000.
4 Frigga Haug, Die Vier-in-einem-Perspektive. Politik von Frauen für eine neue Linke, Hamburg, 2008.
5 Cf. notamment Roswitha Scholz, « Der Mai ist gekommen : Ideologische Verarbeitungsmuster der Krise in “wertkritischen” Kontexten », Exit!, n°2, 2005, pp. 106-137 ; Robert Kurz, « Der Unwert des Unwissens : Verkürzte “Wertkritik” als Legitimationsideologie eines digitalen Kleinbürgertums », Exit!, n°5, 2008, pp. 127-195.
6 Stefan Meretz, « Die gesellschaftliche Logik der Commons : Eine Gütersystematik », Analyse und Kritik, n°549, p. 13. Voir aussi : Carola Möller et al. (dir.), Dissidente Praktiken. Erfahrungen mit herrschafts- und warenkritischer Selbstorganisation, Königstein im Taunus, 2006 ; Friederike Habermann, Halbinseln gegen den Strom. Anders leben und wirtschaften im Alltag, Königstein im Taunus, 2009.
7 Kathrin Ganz et Do Gerbig, « Diverser leben, arbeiten und Widerstand leisten : Queerende Perspektiven auf ökonomische Praxen der Transformation », Arranca!, n°41, janvier 2010.
8 Ibid.
9 Ibid.
10 Cf. Christiane Wehr, « Queer und seine Anderen. Zu den Schwierigkeiten und Möglichkeiten queerer Bündnispolitik zwischen Pluralismusansprüchen und Dominanzeffekten », in Groß/Winker, Queerfeministische Kritiken neoliberaler Verhältnisse, op. cit.
11 Ibid.
12 Frank Schirrmacher, Minimum. Vom Vergehen und Neuentstehen unserer Gemeinschaft, München, 2006, p. 21.
13 Ibid., p. 136 sq.
14 Cf. Gabriele Winker, « Traditionelle Geschlechterordnung unter neoliberalem Druck », art. cit.
15 Andreas Exner, « Die “Große Transformation” zur “Großen Kooperation” : Commons, Markt, Kapital und Staat », 2010, http://www.social-innovation.org/?p=1644.


http://www.exit-online.org/textanz1.php?tabelle=aktuelles&index=1&posnr=573

mercredi 26 décembre 2012

Dicton de fin d'année

lèche-Cul du Figaro


"Mettre une tortue sur le dos c'est stupide mais mettre une voiture sur le toit c'est jouissif !"

                                                                   Un émeutier


Sportif en Action

Lycéennes en fugue. La piste de Notre-Dame-des-Landes
Ouest-France du  mercredi 26 décembre 2012 pose les bonnes questions:

Et si les lycéennes du Puy-en-Velay avaient rejoint les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. ?

Le Grand reporter  Franck DUBRAY s'interroge: ."Et si les lycéennes du Puy-en-Velay avaient rejoint les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes" et oui en voilà une question qu'elle est bonne...
Le scoop du réveillon !
Sont-elles accompagnées par le jeune trisomique introuvable probablement envoûte lui aussi ?
Tous attirées par les sorcelleries de la ZAD, une messe vaudou incantatoire s'y est tenue le 18 décembre dernier, que fait la police...
« Des investigations sont en cours pour vérifier l’information selon laquelle elles se trouveraient à Notre-Dame-des Landes », a indiqué le parquet dans un communiqué diffusé alors que les parents des jeunes filles ont dénoncé le manque de moyens mis en œuvre pour les retrouver.
ZAD Vaudou
Voitures qui brûlent:
"...Avec le préfet, des représentants de la municipalité et du parquet, M. Valls s'est entretenu du dispositif de sécurité à Strasbourg.
Pour autant il a rappelé que la capitale alsacienne n'était pas la seule à déplorer des incendies de véhicules le 31 décembre: "Ces phénomènes de voitures brûlées existent malheureusement depuis des années et un peu partout en France. J'étais maire d'Evry pendant 11 ans et nous avons constaté ces phénomènes", a-t-il souligné.
"Ces faits ne doivent pas être banalisés, car brûler une voiture est passible de la loi" et "tout acte de malveillance doit être puni", a encore martelé M. Valls.
L'an dernier, le prédécesseur de M. Valls place Beauvau, Claude Guéant, s'était refusé à communiquer tout bilan chiffré concernant les voitures brûlées pendant la nuit du Nouvel An, afin d'"éviter toute surenchère ou compétition entre villes"..."

lundi 24 décembre 2012

16 Janvier 2013 journée de Solidarité avec Maria Alyokhina


Solidarité avec Maria Alyokhina !*

Le 16 Janvier 2013, le tribunal décidera si Maria Alekhina sera libéré parce qu'elle est mère célibataire d'un petit enfant. Le tribunal aura lieu dans la prison pour femmes IK-28 à Berezniki (Kray Perm).
Le groupe de soutien Pussy Riot déclare le 16 Janvier 2013 Journée internationale de solidarité avec Maria Alekhina. Nous demandons aux personnes concernées dans le monde entier de soutenir Maria et de tenir des actions de solidarité dans vos villes.
Vous pouvez organiser des lectures, des festivals de musique de soutien ou de l'action publique. Tout partage d'informations sur l'emprisonnement sans foi ni loi de Maria est utile et peut convaincre le juge de libérer Maria.

Contactez-nous: freemariaalekhina@gmail.org nous pouvons mettre un lien vers votre action sur freepussyriot.org

PS1: Si vous avez l'intention d'organiser une action de solidarité en face de l'ambassade de Russie, faites vous répertorier sur russianembassy.net
PS2: Pas d'enregistrement-répertoire mais au contraire des "Actions Surprise" contre les ambassades Russe.
http://freepussyriot.org/news/international-day-solidarity-maria-alyokhina

Le texte d'une grande force écrit par Maria Alekhina (une des Pussy Riot) qui a été lu à son procès par son avocate montre qu'elle est de loin la plus radicale des Pussy Riot, son analyse du système poutine est parfaite.
Avec Nadejda Tolokonnikova et Ekaterina Samoutsevitch, elle a été condamnée à deux ans de camp ferme, une spécialité Russe hérité du goulag. Cette forme d'agitation sauvage convient parfaitement au combat pour la Liberté dans les dictatures Spectaculaire Intégrés,  nous saluons encore une foi le courage et la détermination de nos camarades emprisonnées.
En écrasant les activistes libertaires d'une manière si abjecte le pouvoir Russe montre son vrai visage qu'il dissimule habituellement derrière les séquences médiatiques de son omnipotence préfabriqué. Sommé de répondre fermement à une attaque directe qui le ridiculise il se doit de prendre le risque de déplaire aux standards internationaux de la répression. L'antiterrorisme ne peut ici s'appliquer et c'est bien ce qui trouble tant les faux-culs des parlements et des exécutifs européens.
Qu'un premier sinistre anglais soit obligé de défendre publiquement la cause des Pussy Riot est une réussite plutôt surprenante mais seulement à première vue. Les activistes de tout poils devraient méditer cette leçon et s'en inspirer pour prendre à contre-pied la répression bien réelle qui les menace.
Mouvementisme pour les uns, Insurrectionnalisme pour les autres.
Ces gens sont nos ennemis qui crachent sur les activistes, les combattant(e)s et les émeutiers, des conservateurs qui ne cherchent qu'a protéger leurs misérables spécialisation-séparation. Il faut faire un choix sur le coté de la barricade qu'on entend défendre et rien ne peut justifier la lâcheté qui se dit vertueuse mais ne propose que de subventionner ici sa Théorie et là son Idéologie.
Ce n'est pas un hasard si Maria Alekhina se réfère explicitement à Guy Debord et pas  aux tartuffes "marxiens" qui bricolent la Théorie Révolutionnaire pour en faire un nouveau bréviaire de l'impuissance pour colloques universitaires.

 

Poutine enculé !
http://debord-encore.blogspot.fr/2012/08/ce-texte-est-ecrit-par-maria-alekhina.html
Version anglaise - English version

 * ou Alekhina (les noms propre Russe sont quasi intraduisible en french.. Mais Poutine est vraiment un bel enculé !)

dimanche 23 décembre 2012

Les gendarmes du PSIG en mission sur la ZAD souhaitent:


Un Joyeux Noël aux zadistes !

Il a été confirmé que des gendarmes déguisés en ploucs "Activistes" ont interpellé cinq personnes sur la ZAD au niveau de la barricade du Sabot (départementale 281) le lundi 26 novembre 2012 au péril de leur vie.

Mais qui sont ces mystérieux gendarmes qui dans la boue de NDDL font condamner des innocents ?
Des Officiers de Police Judiciaire (OPJ) au sein de la gendarmerie, ces hommes appartiennent au Peloton de Surveillance et d'Intervention de la Gendarmerie (PSIG), une unité rattachée à la compagnie de gendarmerie départementale et qui peut être déployée en renfort des unités territoriales sur des situations de disparition de personne, d'émeute, d'accident grave, de rixe, de différend familial, de vol à main armée, d'enquête judiciaire ponctuelle, etc.
Déployés auprès des gardes mobiles lors des affrontements des 23 et 24 novembre autour de la Châtaigneraie et de la forêt de Roanne ils sont amenés à intervenir sur la ZAD dans le cadre d'interventions plus spécifiques.
Un cadeau de Noêl pour les parisiens: L'ancien préfet du "Grand Ouest" Jean Daubigny est nomé par Valls "Préfet du Grand Paris"
Et pour les moins de 24 ans, plus de biberons alcoolisés, Frédéric Péchenard a trouvé un moyen de nuire:

"Il faut étudier le zéro gramme d'alcool chez les jeunes"

Pas de Kystes le jour de la Sainte Nativité !
Pour un Noël Crétin !

                                                         
ici une liste des OPJ du PSIG de Nantes:
LAPORTE Jean-François – lieutenant
BARBERIS Philippe – Adjudant-Chef
ROBIN Patrice – Adjudant-Chef
CHEVALIER David – Adjudant
CLAVERIE Martial – Adjudant
CHEVILLARD Hervé – Mdl-Chef
FAES Arnaud – Mdl-Chef
GRENIER Jérémie – Mdl-Chef
LE DREAU Marc – Mdl-Chef
MIGNE Gaëtan – Mdl-Chef
ROUVRAIS Stéphane – Mdl-Chef
ROVELON Frédéric – Mdl-Chef
SERRAND Maxime – Mdl-Chef
ALLAIN Franck – Gendarme
BOURREAU Nicolas - Gendarme
CLEMENT William - Gendarme
COHELEACH Yannick - Gendarme
COUMAILLEAU Stéphane - Gendarme
GRIMAULT Lylian - Gendarme
GUERRIER David - Gendarme
MORILLE Pascal - Gendarme
SAINTE LUCE SUR LOIRE:

AZNARD Patrick - Adjudant-Chef
PHILBOIS Cédric - Adjudant-Chef
GUEGAN Thierry - Adjudant
GUILLOUET Philippe - Adjudant
HAMON Patrick - Adjudant
L'HOTELIER Hélène - Adjudant
GRIMAULT Mickaël - Mdl-Chef
HUOU Thierry - Mdl-Chef
MESSADIA David - Mdl-Chef
BIRET Steven - Gendarme
BONNET Christophe - Gendarme
CABILIC Laurent - Gendarme
COURCOUL Frédéric - Gendarme
DUPONT Stéphane - Gendarme
LEFEUVRE Gildas - Gendarme
RENAUD Dimitri - Gendarme
SEGUIN Vincent - Gendarme
SOREL Gildas - Gendarme
 LA CHAPELLE SUR ERDRE:

KAUFFMANN Cyril - Lieutenant
MELLE Laurent - Major
CIESLIK Pierre - Adjudant-Chef
FRIESENHAHN Thierry - Adjudant
LE ROUX Diboan - Adjudant
MILLET Serge - Adjudant
CARN Jean-François - Mdl-Chef
GARNIER David - Mdl-Chef
GODEFROY Carine - Mdl-Chef
GUERIN Frédéric - Mdl-Chef
LE GAL Jérome - Mdl-Chef
MORVAN Renaud - Mdl-Chef
RAYNAUD Xavier - Mdl-Chef
SAEZ Céline - Mdl-Chef
THEBAUD Fabien - Mdl-Chef
VILLALARD Roxanne - Mdl-Chef
VITRE Christophe - Mdl-Chef
DANJOU Guillaume - Gendarme
GARGOUIL Fabrice - Gendarme
GOFFART Romain - Gendarme
LE CORRE Hervé - Gendarme
LE GARLANTEZEC Mathieu - Gendarme
LEMASLE Sébastien - Gendarme
MANDIN-JACQUES Philippe - Gendarme
MONORY Magalie - Gendarme
OLLIVE Bruno - Gendarme
PEREON Frédéric - Gendarme
SEGUY Christelle - Gendarme
SOULLARD Frédéric - Gendarme
PERRON Dominique - Gendarme
PETIT Cédric - Gendarme
PETIT Jean-François - Gendarme
ZILLIGEN Gérald - Gendarme

Vous souhaitent  Un Joyeux Noël !
https://copwatchnord-idf.info

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