mercredi 22 août 2012

Parce que vous ne pouvez me priver que d’une soi-disant liberté

Ce texte d'une grande force  est écrit par Maria Alekhina une des Pussy Riot, il a été lu à son procès par son avocate. 
Avec Nadejda Tolokonnikova et Ekaterina Samoutsevitch, elle a été condamnée à deux ans de camp ferme, une spécialité Russe hérité du goulag. Cette forme d'agitation sauvage convient parfaitement au combat pour la Liberté dans les dictatures Spectaculaire Intégrés,  nous saluons encore une foi le courage et la détermination de nos camarades emprisonnées. 
En écrasant les activistes libertaires d'une manière si abjecte le pouvoir Russe montre son vrai visage qu'il dissimule habituellement derrière les séquences médiatiques de son omnipotence préfabriqué. Sommé de répondre fermement à une attaque directe qui le ridiculise il se doit de prendre le risque de déplaire aux standards internationaux de la répression. L'antiterrorisme ne peut ici s'appliquer et c'est bien ce qui trouble tant les faux-culs des parlements et des exécutifs européens. 
Qu'un premier sinistre anglais soit obligé de défendre publiquement la cause des Pussy Riot est une réussite plutôt surprenante mais seulement à première vue. Les activistes de tout poils devraient méditer cette leçon et s'en inspirer pour prendre à contre-pied la répression bien réelle qui les menace.
Mouvementisme pour les uns, Insurrectionnalisme pour les autres.
Ces gens sont nos ennemis qui crachent sur les activistes, les combattant(e)s et les émeutiers, des conservateurs qui ne cherchent qu'a protéger leurs misérables spécialisation-séparation. Il faut faire un choix sur le coté de la barricade qu'on entend défendre et rien ne peut justifier la lâcheté qui se dit vertueuse mais ne propose rien que de subventionner ici sa Théorie et là son Idéologie
Ce n'est pas un hasard si Maria Alekhina se réfère explicitement à Guy Debord et pas  aux tartuffes "marxiens" qui bricolent la Théorie Révolutionnaire pour en faire un nouveau bréviaire de l'impuissance pour colloques universitaires.

Deux membres du groupe punk Pussy Riot ont fui la Russie afin d'échapper à des poursuites judiciaires pour leur participation à la manifestation anti-Poutine dans la cathédrale de Moscou en février, a annoncé le groupe, dimanche 26 août, 12 ou 14 membres se trouvent encore en Russie et continuent à participer activement à la vie du groupe.


Ce procès est exemplaire. Le pouvoir en rougira, et pas qu’une fois, et il en aura honte. Chacune de ses étapes est la quintessence de l’arbitraire. Comment notre démarche, à l’origine une action modeste et plutôt farfelue, s’est-elle muée en cet immense malheur ? Il est évident que, dans une société saine, ce serait impossible. La Russie, en tant qu’État, apparaît depuis longtemps comme un organisme rongé par la maladie. Et cet organisme réagit de manière maladive dès qu’on effleure l’un de ses abcès purulents. D’abord il passe longuement cette maladie sous silence. Ensuite, il trouve une solution en dialoguant. Et voici ce qu’il appelle un dialogue. Ce tribunal n’est pas simplement une mascarade grotesque et cruelle, il est le « visage » du dialogue tel qu’il se pratique dans notre pays. Au niveau social, pour aborder un problème par le dialogue, il faut une situation – une motivation. Ce qui est intéressant, c’est que notre situation a été, dès l’origine, dépersonnalisée.

Parce que, lorsque nous parlons de Poutine, ce n’est pas Vladimir Vladimirovitch Poutine que nous avons en vue ; c’est Poutine en tant que système créé par lui-même, cette verticale du pouvoir où pratiquement toute la gestion s’effectue à la main.

Et cette verticale ne prend pas en compte, ne prend absolument pas en compte, l’opinion des masses. Et, c’est ce qui m’inquiète le plus, l’opinion des jeunes générations. Et cela dans tous les domaines.

Dans ce dernier mot, je veux dire ma propre expérience, ma propre confrontation avec ce système. L’éducation, là où commence la formation de la personne sociale, ignore ce qui constitue cette personne. Mépris de l’individu, mépris de l’éducation culturelle, philosophique, mépris des connaissances élémentaires qui font une société civile. Officiellement, toutes ces matières sont au programme. Mais elles sont enseignées sur le modèle soviétique. Résultat : la marginalisation de la culture dans l’esprit de chaque individu, la marginalisation de la réflexion philosophique, et le sexisme érigé en stéréotype. L’homme-citoyen est un idéal balancé au fond du placard.

Toutes les institutions en charge aujourd’hui de l’éducation s’efforcent avant tout d’inculquer aux enfants les principes d’une existence automatique. Sans tenir compte de leur âge et des questions propres à cet âge. Elles inoculent la cruauté et le rejet de toute idée non conformiste. Dès l’enfance, l’homme doit oublier sa liberté.

J’ai une certaine expérience de l’hôpital de jour psychiatrique pour les mineurs. Je peux affirmer que tout adolescent qui, de manière plus ou moins active, fait preuve d’anticonformisme peut être aussitôt interné. Dans ces établissements échouent nombre d’enfants qui viennent d’orphelinats. Oui, dans notre pays, il est normal de placer en hôpital psychiatrique un enfant qui a voulu fuir l’orphelinat. Et de lui administrer des tranquillisants comme l’Aminazine, qui était utilisée dans les années 70 pour mater les dissidents soviétiques.

Dans ces établissements, c’est la répression qui est privilégiée et non l’accompagnement psychologique. Le système est basé exclusivement sur la peur et sur la soumission inconditionnelle. Ces enfants deviennent inévitablement des enfants cruels. Beaucoup d’entre eux sont illettrés. Et personne ne fait quoi que ce soit pour y remédier. Bien au contraire. Tout est fait pour briser, tout est fait pour étouffer la moindre aspiration, le moindre désir de progresser. Ici, l’être humain doit se fermer et perdre toute confiance dans le monde.

Voilà ce que je veux dire : une telle conception de l’homme interdit la prise de conscience des libertés individuelles, y compris religieuses, et cela touche toute la population. La conséquence de ce processus, c’est la résignation ontologique, c’est-à-dire la résignation ontique socialisée. Ce passage, ou plutôt cette fracture, est remarquable en ceci que, si on l’examine dans un contexte chrétien, on s’aperçoit que les significations et les symboles se substituent en significations et en symboles exactement inverses. Ainsi, aujourd’hui, la résignation, qui est l’une des catégories essentielles du christianisme, est entendue ontologiquement non plus comme moyen de purifier, d’affermir et de conduire à la libération définitive de l’homme mais, au contraire, comme moyen de l’asservir. On peut dire, en citant Nikolai Berdiaiev : « L’ontologie de la résignation — c’est l’ontologie des esclaves de Dieu, non des enfants de Dieu. »

En ce qui me concerne, c’est quand je me suis lancée dans la lutte écologique pour la forêt de Krasnodar que j’ai pris conscience de la liberté intérieure comme fondement de l’action. Ainsi que de l’importance, et l’importance immédiate de l’action en tant que telle.

 Je ne cesse de m’étonner que dans notre pays il faille rassembler plusieurs milliers de personnes pour faire cesser l’arbitraire d’un ou d’une poignée de fonctionnaires.

La réaction de milliers de gens de par le monde à ce procès est en est la preuve éclatante. Nous sommes toutes trois innocentes. Nous sommes innocentes, le monde entier le dit. Le monde entier le dit pendant les concerts, le monde entier le dit sur Internet, le monde entier le dit dans la presse et dans les parlements.
Les premiers mots que le Premier ministre britannique a adressé à notre président n’ont pas concerné les Jeux olympiques mais il lui a demandé : « Pourquoi trois jeunes femmes innocentes sont-elles en prison ? C’est une honte. »

Mais ce qui m’étonne davantage encore, c’est que les gens ne croient pas qu’ils puissent influencer le pouvoir de quelque manière que ce soit. Alors que nous organisions piquets et meetings pour défendre la forêt de Krasnodar, alors justement que je récoltais les signatures pour les pétitions, beaucoup de gens me demandaient, et avec un étonnement tout à fait sincère, qui ça pouvait intéresser… Oui, peut-être, d’accord, c’était la dernière forêt séculaire de Russie, mais qu’est-ce que ça pouvait bien leur faire, cette forêt dans la région de Krasnodar ? Ce bout de terre paumé. C’est vrai, qu’est-ce que ça pouvait leur faire que la femme de notre Premier ministre Dmitri Medvedev ait l’intention d’y faire construire une résidence ? Et de détruire l’unique réserve de genévriers de Russie ?

Voici comment réagissent les gens… Voici encore une preuve que les gens dans notre pays ont cessé de considérer que le territoire appartenait à ses citoyens. Ils ont cessé de se considérer comme des citoyens. Ils se considèrent tout simplement comme des masses automatisées. Ils ne comprennent pas qu’une forêt leur appartient même si elle ne se trouve pas à proximité immédiate de leur domicile. J’en viens même à douter qu’ils aient conscience que leur propre maison leur appartient. Si une excavatrice s’approche de l’entrée de leur immeuble, que l’on demande aux gens d’évacuer les lieux et qu’on leur dise : « Excusez-nous, nous allons démolir votre maison pour y construire la résidence d’un fonctionnaire », ils ramassent leurs affaires, leurs sacs et ils quittent leur maison. Et ils resteront là, dans la rue, en attendant tranquillement que le pouvoir leur dise ce qu’il faut faire. Ils sont absolument amorphes, c’est très triste.

 Après plus de six mois passés dans une cellule, j’ai compris que la prison, c’était la Russie en miniature. C’est la même verticale du pouvoir, où le règlement du moindre problème passe par la décision exclusive et directe du chef.

En l’absence d’une répartition horizontale des fonctions et des attributions qui faciliterait considérablement la vie de chacun. En l’absence également de toute initiative individuelle. Ici, c’est le règne de la délation. De la suspicion mutuelle. En prison, de la même façon que dans le reste du pays, tout est basé sur la dépersonnalisation et sur l’assimilation de l’individu à sa fonction. Qu’il s’agisse d’un employé ou d’un détenu. Le règlement sévère de la prison, auquel on s’habitue rapidement, ressemble au règlement de la vie qu’on impose à chacun dès sa naissance. Dans le cadre de ce règlement, les gens commencent à s’attacher aux choses insignifiantes. En prison, c’est par exemple une nappe ou de la vaisselle en plastique qu’on ne peut se procurer qu’avec la permission du chef. Dehors, l’équivalent, c’est le statut social, auquel les gens sont particulièrement attachés. Ce qui m’a toujours beaucoup étonnée.

Il y a aussi quelque chose d’important, c’est le moment où l’on prend conscience de ce régime en tant que spectacle. Qui, dans la réalité, se traduit par le chaos, mettant à nu la désorganisation et la non-optimisation de la majorité des processus. Cela ne favorise pas le bon fonctionnement politique. Au contraire, les gens sont de plus en plus désorientés, y compris dans le temps et dans l’espace. Le citoyen, où qu’il se trouve, ne sait pas où s’adresser pour régler tel ou tel problème. C’est pour ça qu’il s’adresse au chef de la prison. Hors de prison, ce chef s’appelle Poutine.

Nous sommes contre le chaos poutinien qui n’a de régime que le nom. Nous donnons une image composite de ce système où, d’après nous, presque toutes les institutions subissent une mutation, tout en gardant leur apparence extérieure. De ce système qui détruit cette société civile qui nous est si chère. Nos textes, s’ils recourent au style direct, ne réalisent rien directement. Nous considérons cela comme une forme artistique. Mais la motivation, elle, est identique. Notre motivation reste identique dans une expression directe. Cette motivation est très bien exprimée par ces mots de l’Evangile : « Car quiconque demande, reçoit; et qui cherche, trouve ; et à celui qui frappe à la porte, on ouvrira. » Et moi, et nous tous, nous croyons sincèrement qu’on nous ouvrira. Aujourd’hui, hélas, on nous a enfermées. En prison.

C’est très curieux que les autorités, en réagissant à nos actions, ne tiennent absolument pas compte de l’expérience historique passée des manifestations d’hétérodoxie, d’anticonformisme. «La simple honnêteté est perçue dans le meilleur des cas comme de l’héroïsme. Et dans le pire, comme un trouble psychique », écrivait dans les années 70 le dissident Boukovski. Il ne s’est pas écoulé beaucoup de temps et pourtant tout le monde fait comme si la Grande Terreur n’avait jamais existé, ni les tentatives de s’y opposer. Je considère que nous sommes accusées par des gens sans mémoire. Nombre d’entre eux disaient : « Il est possédé du démon, et Il a perdu le sens; pourquoi l’écoutez-vous? » Ces paroles, ce sont les juifs qui ont accusé Jésus Christ de blasphème qui les ont prononcées. Ils disaient : « Nous vous lapidons pour un blasphème » (Jean 10.33).

Il est remarquable que c’est précisément ce verset auquel fait référence l’église orthodoxe russe pour exprimer son avis sur le blasphème. Cet avis est dûment certifié sur un document versé à notre dossier criminel. En émettant cet avis, l’église orthodoxe russe se réfère à l’Évangile comme à une vérité religieuse immuable. L'Évangile n’est plus considéré comme un livre révélé, ce qu’il fut pourtant dès l’origine. L’Évangile est considéré comme un bloc de citations qu’on peut tirer et fourrer où bon vous semble. Dans n’importe quel document et à toute fin utile. Et l’église orthodoxe russe ne tient même pas compte du contexte dans lequel est employé le mot « blasphème ». En l’occurrence, il était appliqué à Jésus Christ.

Je considère que la vérité religieuse ne doit pas rester immobile. Qu’il est indispensable de saisir les voies immanentes pour l’évolution de l’esprit. Que les expériences de l’homme, ses dédoublements, ses fissurations doivent être pris en compte. Qu’il faut avoir vécu toutes ces choses pour se construire. Que c’est uniquement après avoir vécu tout cela que l’homme peut atteindre quelque chose et continuer à avancer. Que la vérité religieuse est un processus, et non un résultat définitif qu’on peut fourrer où bon vous semble. Et toutes ces choses dont j’ai parlé, ces processus, sont pensés par l’art et la philosophie. Y compris par l’art contemporain.

Une situation artistique peut, et se doit selon moi, comporter un conflit intérieur. Et je suis particulièrement irritée par toute cette « soi-disance » qui émaille les paroles de l’accusation lorsqu’elle mentionne l’art contemporain.

Je tiens à remarquer que les mêmes termes ont été employés lors du procès du poète Brodsky. Ses vers étaient désignés comme des « soi-disant » vers, mais les témoins ne les avaient pas lus. Comme une partie des témoins de notre procès, qui n’étaient pas présents lors de notre action, mais qui ont regardé le clip sur Internet. Il est probable que nos excuses soient également présentées par l’esprit généralisateur de l’accusation comme « soi-disant ». C’est une insulte. C’est un préjudice moral. C’est un traumatisme. Parce que nos excuses étaient sincères. Vous n’imaginez pas à quel point je regrette que tant de paroles aient été prononcées et que vous n’ayez toujours rien compris. Ou alors vous rusez, quand vous dites que nos excuses n’étaient pas sincères. Je ne comprends pas ce que vous voudriez encore entendre. Pour moi, c’est ce procès qui est un soi-disant procès.

Et je n’ai pas peur de vous. Je n’ai pas peur du mensonge, je n’ai pas peur de la fiction, je n’ai pas peur de cette mystification mal fagotée, je n’ai pas peur du verdict de ce soi-disant tribunal. Parce que vous ne pouvez me priver que d’une soi-disant liberté. C’est la seule qui existe sur le territoire de la Fédération de Russie. Ma liberté intérieure, personne ne pourra me l’enlever.

Elle vit dans le verbe, elle continuera à vivre quand elle parlera grâce aux milliers de gens qui l’écouteront. Cette liberté continue dans chaque personne qui n’est pas indifférente et qui nous entendent dans ce pays. Dans tous ceux qui ont trouvé en eux les éclats de ces processus, comme autrefois Franz Kafka et Guy Debord. Je crois, que c’est justement l’honnêteté et la puissance de la parole, et la soif de vérité qui nous rendront tous un peu plus libres. Cela, nous le verrons.

Maria Alekhina, 8 août 2012,
traduction Helmut Brent
Maria Alekhina ou Alyokhina

Vandalisation d’une peinture du Christ en Espagne



Une peinture murale représentant le Christ, réalisée par Elias Garcia Martinez, peintre espagnol du XIXe siècle, a été "restauré" (sans demander la permission...) par un ou une inconnu visiblement très créatif !

Les vandales octogénaires ont réussit le tour de force de rappeler que l'Art est Mort et une atteinte au "Sacré" religieux qui fait bondir toute la réaction en Espagne et au delà. "Un acte inqualifiable", s'étrangle le Centre d'études de Borja, qui a révélé l'affaire sur son blog.
L'age avancé du commando de saboteurs les met à l’abri de la répression...
Ils pourront toujours plaider un dérangement mental si leur avant-gardisme destructeur déclenche des poursuites judiciaires.

jeudi 16 août 2012

L'Equateur accorde l'asile politique à Julian Assange


Ce matin, la présence policière britannique devant l’ambassade a été renforcée, mais restait assez discrète, avec une douzaine de policiers visibles. La rue n’a pas été fermée à la circulation.

Quito dénonce la menace de Londres d'entrer dans son ambassade

Hier, Quito, via ses diplomates en poste à Londres, avait dénoncé la menace des britanniques d'entrer dans l'ambassade. «Aujourd’hui (mercredi) nous avons reçu du Royaume-Uni la menace expresse et par écrit qu’un assaut pourrait être lancé contre notre ambassade à Londres si l'Équateur ne lui remet pas Julian Assange», a déclaré le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patino, lors d’une conférence de presse à Quito. «L'Équateur rejette de la manière la plus énergique la menace explicite» britannique, a-t-il affirmé.

Selon le chef de la diplomatie équatorienne, «la position qu’a adoptée le gouvernement de Grande-Bretagne est inadmissible, tant du point de vue politique que du point de vue juridique». «Une entrée non autorisée dans l’ambassade d'Équateur serait une violation flagrante de la Convention de Vienne» sur les missions diplomatiques, a encore ajouté Ricardo Patino.

Dans un communiqué, WikiLeaks a dénoncé une menace «disproportionnée» et une «atteinte sans précédent au droit des demandeurs d’asile». L’Australie a de son côté implicitement «lâché» Julian Assange jeudi. «Finalement (...) c’est une affaire entre monsieur Assange et l'Équateur» et «de plus en plus, il semble que ce soit une affaire entre l'Équateur et la Grande-Bretagne», a déclaré la ministre de la Justice, Nicola Roxon, à la radio ABC.
Rafael Correa , dirigeant de gauche très critique envers Washington, a affirmé à plusieurs reprises que «s’il s’avérait que la vie d’Assange était en danger, c'était une raison qui justifiait l’octroi de l’asile», soulignant que «la peine de mort pour des délits politiques existe aux États-Unis».

Cette situation abjecte montre de façon éclatante que la Guerre Totale à été déclaré à la Liberté et au "Vivant" et l'infamie des Quartiers Nord d'Amiens (toujours l'éthique en révolte !) en France résonne comme un écho local de cette guerre, des choix définitifs ont été fait au sommet du "Spectacle Intégré".
Les causes de l’Émeute à Amiens
Alors que le rideau se lève sur la rentrée sociale de l'effondrement capitaliste chacun devra choisir son camp et il n'est plus temps de Théoriser mais de défendre sa peau le plus chèrement possible.
Un autre écho résonne en retour qu'on retrouve dans ces quelques lignes de Jacques Mesrine écrites de la prison de la Santé:
On trouve ce livre en P2P dans le package Mesrine parle Encore
Après son évasion de l'USC (Unité Spéciale de Correction) et  sa fameuse attaque armée de cette prison qui aboutira à sa fermeture en provoquant prise de conscience et enquêtes, Jacques Mesrine fit enregistrer un disque témoignage poignant sur son expérience de l'USC. Le disque fut vite interdit mais circule toujours sur le net sous le titre "Mesrine Parle Encore".
Croquis par Mesrine des Chambres à Gaz de l'USC
In l'Instinct de Mort P175

jeudi 9 août 2012

Julian Assange condamné par le féminisme d’Etat suédois


Rassemblement à Paris: Vendredi 10 août 2012 : 16h-19h, fontaine Saint-Michel (métro St.-Michel) à Paris.


Comment une lutte légitime devient une idéologie et sa récupération un dogme d’État.

Le cas de Julian Assange met en lumière la doctrine dominante du féminisme d’État en Suède et de l’appareillage de propagande qui l’accompagne.

C’est un appareillage où travaillent main dans la main des féministes radicales qui haïssent les hommes sans saisir l’héritage du féminisme, des journalistes qui exercent un pouvoir mais n’ont aucune réelle compréhension de la raison d’être du journalisme, et des membres du système judiciaire qui veulent faire carrière sur la doctrine de l’égalité des droits et des chances.

Ce qui se passe en Suède aujourd’hui est indigne d’un pays qui se dit être une démocratie. Mais ce n’est pas tout! Le cas de Julian Assange a également révélé le vrai visage du patriotisme suédois. Quiconque ose critiquer cet appareillage de propagande prend le risque d’être soit ignoré soit déclaré coupable par association. Mais je prends ce risque parce que, après tout, je suis une journaliste et une féministe en Suède, et le droit à la liberté d’expression s’applique aussi à moi, même si je suis critique.

Les affaires autour de Julian Assange à Stockholm ont ouvert les vannes des variantes dégradées du féminisme et du journalisme qui existent aujourd’hui en Suède. Le protocole de l’enquête préliminaire détaillant les rapports de Julian Assange avec deux femmes constitue une lecture choquante pour une pionnière du féminisme suédois des années ’70.

Je suis l’une de celles qui, en tant qu’animatrice pendant plusieurs années de l’émission de radio légendaire pour les femmes “Radio Ellen” à la radio suédoise, me suis battue pour les droits des femmes et pour l’égalité entre les sexes. Je n’aurais jamais pu imaginer qu’un combat légitime pour l’égalité des droits et des chances, à la fois pour les hommes et pour les femmes, puisse dégénérer en un féminisme d’État dépourvu de bon sens et de raison.

Celles d’entre nous qui défrichèrent le féminisme en Suède dans les années ’70 se sont battues pour notre liberté sexuelle et pour le droit d’être pleinement responsables de nous-mêmes, mais nous nous sommes aussi battues pour être en mesure, comme les hommes, de prendre plaisir au sexe.

La libération sexuelle vint de concert avec l’exigence que nous, en tant que femmes, devions pouvoir subvenir à nos propres besoins et ne pas être économiquement dépendantes des hommes. Ceci est essentiel parce que c’est seulement une fois que, nous femmes, sommes économiquement indépendantes, que nous pourrons dire “non” si nous sentons qu’on se sert sexuellement de nous. Être une féministe n’a rien à voir avec la haine des hommes. Le féminisme, c’est le renforcement de l’estime personnelle des femmes, ce n’est pas faire de nous des victimes ou être catégorisées par l’État comme victimes par défaut.

Mais dans la Suède féministe d’aujourd’hui, ce qui suit peut se produire. Dans les minutes de l’enquête préliminaire de l’affaire Assange en Suède, j’ai lu: Femme A. dit au sujet de sa relation avec Assange: “J’étais fière comme pas deux de mettre l’homme le plus cool du monde au lit et vivant dans mon appartement.” Après avoir plusieurs fois eu des relations sexuelles avec lui, elle va à la police.

Comment la révolution sexuelle suédoise des années ’70 s’est-elle transformée en un appareil de pouvoir oppressif au 21è siècle, où les hommes sont décrits comme des ennemis potentiels et des menaces envers l’État ? 
Un État où ceux qui critiquent le système en vigueur ne reçoivent pas de voix dans les médias.

Le féminisme de libération fut kidnappé à la fin des années ’80 quand il fut désarmé et renommé “Jämställdhet” (la doctrine d’égalité des droits et des chances) et coopté dans l’appareil du pouvoir. Jämställdhet devint la norme étatique et une idéologie en Suède. Et il devint une niche pour carriéristes, surtout en politique, dans le service public et le système judiciaire.

Beaucoup de pionnières féministes ont disparu dans les Universités suédoises, où elles ont transformé notre lutte en “connaissance scientifique”, et sont devenues des féministes d’élite. Elles ont reçu de l’argent de l’État, car les Universités sont publiquement financées en Suède. Plutôt que de parler “des sexes” elles ont commencé à parler de “genres”, et la lutte ne se focalisait plus sur la transformation de l’appareil d’État: il a mué pour viser le sexe masculin et les hommes comme des créatures sexuelles. L’idéologie totalitaire actuelle des genres a aussi été promue par les médias suédois, qui font ce qui leur est demandé par l’État.

Dans la Suède d’aujourd’hui, les médias se dédient à l’éducation du peuple plutôt que de garder le pouvoir sous contrôle. Quand il s’agit de Julian Assange, il y a naturellement des motivations sous-jacentes. Il a défié les médias en faisant ce dont rêve tout journaliste: un Scoop mondial! Ce qu’a fait Julian Assange est d’avoir blessé l’orgueil de beaucoup de journalistes.

Chaque journaliste rêve d’obtenir Le Scoop, mais très peu y parviennent. Le tabloïde suédois “Expressen” a essayé de tourner Julian Assange en scoop avec la une: “Chasse à l’homme après Julian Assange – suspecté de viol en Suède.” Quelques heures plus tard, l’enquête fut annulée. Elle fut ré-ouverte ultérieurement par une nouvelle procureure, Marianne Ny, qui a clairement des opinions féministes radicales. Elle collabore avec le politicien, avocat, et ancien Ombudsman du Jämställdhet, Claes Borgström.
Et maintenant, ce n’est pas juste les deux femmes qui ont volontairement invité Julian Assange chez elles et ont couché plusieurs fois avec lui, avant de découvrir qu’il est tout simplement un homme normal avec une libido. Désormais, les médias avaient aussi découvert que Julian Assange n’était pas une espèce de saint, mais un homme normal avec une libido.

Mais les médias assoiffés de sang ont initié une chasse à l’homme sans vérifier les faits de l’affaire et sans attendre un procès. À la place, les médias sont devenus juges et jury, car l’approche politiquement correcte en Suède aujourd’hui est que les femmes sont toujours des victimes et sont sans reproches quand il s’agit de sexe.

Le fait que les médias se comportent comme une espèce de tribunal populaire de la justice de foule dans le cas de Julian Assange est très sérieux; les médias fabriquant un climat hostile contre Julian Assange, avant même qu’il n’arrive en procès dans une Cour suédoise, est une violation de ses droits humains. C’est une affaire grave quand les plus grands journaux de Suède ne veulent même pas publier ses propres mots.

Les médias ne devraient pas endosser le rôle des tribunaux en spéculant sur une affaire, avant que la procédure légale ait suivi son cours et que le jugement soit prononcé. Le rôle des médias est d’examiner les faits et de montrer du respect pour la règle du droit en démocratie. Des gros titres sensationnalistes, du journalisme de tabloïde basé sur la rumeur et des antagonismes personnels ne sont pas du journalisme. C’est simplement un moyen de vendre des journaux et de tricher avec le public. Cette forme de journalisme suédois est indigne d’une démocratie.

Pire que tout est le fait que Julian Assange soit assigné à domicile en Angleterre avec un appareil de traçage électronique à sa cheville depuis plus de 500 jours. Il ne veut pas aller en Suède, car il craint que la Suède ne l’extrade aux USA. Le cas de Julian Assange soulève de sérieuses questions sur les violations des Droits de l’Homme dans le pays démocratique que nous appelons la Suède. Mais les médias n’en feront pas cas. Ils se préoccupent de créer autant d’antagonisme envers Julian Assange qu’ils le peuvent.

                                                                                                                                               Helene Bergman 


Journaliste, féministe et ex-animatrice de l’émission de radio légendaire Radio Ellen à la radio suédoise

Source:http://khelenebergman.blogspot.fr/2012/06/julian-assange-is-already-condemned-by.html

Traduit depuis le web par willsummer

Une bonne Bite au Cul n'a jamais tué personne !

Rassemblement à Paris à 2 jours de l’échéance de la décision du président équatorien sur la demande d’asile de Julian (la fin des J.O. le 12.08.2012) 
Contre son extradition aux États-Unis, contre la détention de Bradley, et contre des pratiques politiques visant à supprimer la liberté d’expression, la circulation de l’information et la remise en cause des pays “démocratiques”, lorsqu’ils sont pris en flagrant délit d’appartenir au côté obscur.

Vendredi 10 août 2012 : 16h-19h, fontaine Saint-Michel (métro St.-Michel) à Paris.
@icicommence

jeudi 2 août 2012

Pussy Riot et Kill Kiril

Ukraine Femen Soutient
Ce qui est le plus remarquable dans les anciennes "Dictatures de l'Est", toujours aussi dictatoriales mais modernisées en apparence, c'est la naissance des mouvements de "contestation civile".
A la fois sociaux et libertaires, ces mouvements très créatifs prennent à rebrousse-poil la répression Kgébiste qui voudrait tant lancer ses chars et ses chiens mais contre qui et contre quoi ?

Le degré d'esclavage d'un peuple peut se mesurer à sa capacité a faire reconnaître des droits dans la société qu'il habite. 
Russie, Ukraine, Biélorussie, une "opinion publique" se forme qui rend caduc les processus de répressions ordinaires accrochées au pouvoir et incapables de se moderniser au standard capitaliste indispensable, sans compromettre l'édifice même de leur dictature. La fusion économico-étatique a été totalement contrôlé par le KGB sans passer par les équilibres d'un partage du pouvoir comme dans les dictatures de l'Ouest. Le passage du Spectaculaire Concentré au Spectaculaire Intégré est donc "incomplet" car oublieux de cette vérité que c'est le Marché (Spectaculaire Diffus) qui a triomphé dans le mouvement de cette fusion.

Depuis lors les FEMEN ont trahi les Pussy Riot


"Le geste des prévenues montre clairement une haine et une hostilité envers la religion. Jurer dans une église est une insulte à Dieu", a déclaré le procureur Alexeï Nikiforov.

Le procureur a requis, mardi 7 août, trois ans de détention en camp d'internement contre les trois jeunes femmes du groupe Pussy Riot, jugées à Moscou pour avoir chanté une "prière punk" anti-Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur.
Les trois jeunes femmes ont participé le 21 février 2012 à la Cathédrale du Christ Sauveur à Moscou à une prière punk « Sainte Vierge Marie chasse Poutine ». Elles sont accusées de « vandalisme aggravé, d’incitation à la haine religieuse et de sabotage des valeurs et du fondement spirituel du pays ». Elles encourent 7 ans de prison pour une chanson de 3 minutes.

Les jeunes femmes se déclarent « non coupables » et disent ne pas comprendre l’acte d’accusation car leur action avait un caractère politique et non religieux. Par leur action elles voulaient dénoncer le lien entre l’Église et l’État et exprimer leur indignation après l’appel du Patriarche de toute la Russie à la société orthodoxe à voter pour Vladimir Poutine et ne pas participer aux manifestations de contestation.
« Je ne comprends pas le fondement de l’accusation et je considère que cette affaire est fabriquée pour des raisons politiques » - a dit Ekaterina Samoutsevitch, 29 ans.

L’accusation présente les témoins de l’affaire. Ils sont neuf et tous employés de la Cathédrale et donc de l’État Russe et à son service. La hiérarchie de l'Orthodoxie a toujours été le larbin des Tsars dans ce pays d'esclaves.

Les questions que l’accusation pose à tous ses témoins sont démente: « Êtes-vous croyant ? Respectez-vous les traditions de l’Église Orthodoxe Russe ? Respectez-vous le carême ? »

Le jugement se transforme très rapidement en inquisition.

L’accusation demande à la victime-témoin N.1 (une vendeuse de bougies à la Cathédrale) : « Comment pouvez-vous décrire leurs mouvements ? »

La vendeuse de bougies saintes: « Des trémoussement diaboliques »

« Elles ont souillé mon choix de vie ! »

L’accusation: « Peut-on appeler cela de l’art contemporain ? »

La vendeuse de bougies saintes: « C’était un trémoussement diabolique et non de l’art ! »

L’avocate des accusées Volkova demande au témoin de résumer la profession de foi. Le témoin ne répond pas. La juge rejette la question.

La juge rejette plusieurs questions à la file des avocats des accusées.

Tolokonnikova (avocat des accusées): « Pour vous le mot “féministe” est une insulte ? ».

Le témoin : « Dans la cathédrale – oui. C’est une insulte ! ».

Le témoin N2. (un paroissien) « L’exactitude de leurs actes m’a donné l’impression que leur action a été commandité ».

L’accusation : « Vous pouvez répéter les mots qu’elles ont prononcé dans la Cathédrale ? ».

Le témoin N2 : « Il n’ y avait rien contre Poutine, il n’y avait que du blasphème contre le Seigneur ».

Polozov : « Êtes-vous membre actif de l’organisation “La Cathédrale du peuple” ? ».

Le témoin N2 : « Oui. Je coordonne l’éducation militaire et patriotique ! ».
Le témoin « Mon seul règlement c’est la morale ».
Le témoin N4 : « Il y avait violation des principes moraux. La violation de valeurs centenaires ».
Le témoin N8 « En ce moment mon âme est dans un tel état que je ne peux pas le faire ».

Le témoin N9, un autre gardien répète exactement la même chose. Il n’a pas entendu la chanson, il trouve leur action blasphématoire et souillant les traditions orthodoxes et les valeurs spirituelles.


Bref une synthèse entre la bonne vieille inquisition et l'idéologie néo-stalinienne de Poutine le KGbiste au service d'un capitalisme mafieux. Les méthodes du marché pour la pacotille capitaliste et celles du secret policier pour les sous-citoyens, ce que Debord désigne comme "Spectaculaire Intégrée"
Soutient de Femen aux Pussy
Les membres du groupe russe Pussy Riot, emprisonnées pour «hooliganisme», sont issues du groupe d’art protestataire Voïna («guerre», en russe), célèbre à Moscou et à Saint-Pétersbourg pour ses actions scandaleuses et subversives. Le 20 février, Pussy Riot s'était déjà retrouvé sur la place Rouge pour allumer des fumigènes aux sons du refrain «Révolte en Russie, Poutine se chie dessus»:
«Révolte en Russie, Poutine se chie dessus»

Le groupe Voïna au Musée biologique de Moscou, le 29 février 2008.

Action de Voîna

Interview de Vice.com, quelques jours avant l’arrestation le 4 mars de deux des membres de PUSSY RIOT.

 

VICE : Qu’est ce qui vous a inspiré pour commencer PUSSY RIOT ?
KOT : Pussy Riot est né d’une action fin septembre 2011, juste après l’annonce de Poutine comme quoi il planifiait de retrouver sa place présidentielle et de gérer d’une main de fer la Russie pour au moins 12 ans de plus.
SERAFIMA : Exact et à ce moment nous avons réalisé que ce pays avait besoin d’un groupe militant, punk féministe et de rue qui apparaîtrait dans les rues et les places de Moscou, qui mobiliserait l’énergie publique contre le royaume criminel de la junte poutiniste et enrichirait la culture russe et l’opposition politique avec des thèmes qui nous sont importants : le genre et les droits des Lesbiennes, Homosexuels, BisexuelLEs et transsexuelLEs, les problèmes de dictat de la masculinité, l’absence d’un message politique audacieux dans la musique et les arts et celui de la domination des mâles dans toutes les sphères publiques et privées.
VICE : Pourquoi « PUSSY RIOT » ?
GARADZHA : Un organe sexuel féminin, qui est supposé être passif et être un réceptacle, soudainement, devient le départ d’une rébellion radicale contre l’ordre culturel, qui essaye constamment de le définir et de lui montrer sa place appropriée. Les sexistes ont certaines idées du comment une femme devrait se comporter et Poutine, dans ce sens, a aussi de nombreuses idées sur comment les Russes devraient vivre. Lutter contre tout ça, c’est Pussy Riot.
KOT : Tu ne devrais pas répondre à cette question, Garadzha, car officiellement nous ne le faisons jamais. Quand la police et les agents du FSB (ancien KGB, police politique de Russie) nous interrogent et demandent : Qu’est ce que c’est que ces lettres anglaises sur votre banderole signifient ? Nous mettons souvent une bannière durant nos performances illégales et presque jamais ces idiots ne connaissent et pratiquent une langue étrangère, alors souvent nous leur répondons quelque chose du genre: Oh monsieur l’agent secret, ce n’est rien de spécial, ces mots signifient ‘pussy cat rebellion’. Mais, bien sûr, c’est un énorme mensonge. 
En Russie tu ne dois jamais dire la vérité à un flic ou à un agent du régime de Poutine.
VICE : Quelles sont vos influences musicales ?
KOT : CertainEs d’entre nous pêchent l’inspiration des groupes de punk oï classique du début des années 80 : The Angelic Upstarts, Cockney Rejects, Sham 69 et ça agit dans le bouquet de tout cette incroyable énergie sociale amenée par cette musique, leur son traverse les décennies et provoque le trouble autour de lui. Leurs esprits capturent réellement l’essence du punk qui se doit d’être une protestation agressive.
GARADZHA : Beaucoup d’idées proviennent certainement de BIKINI KILL et des groupes de la mouvances des RIOT GRRRLS, nous développons à notre manière ce qu’elles ont fait dans les années 90, bien que dans un contexte totalement différent et avec une position exagérément politisée, ce qui entraîne l’illégalité de toutes nos performances. Nous ne donnerons jamais un concert dans un club ou tout autre espace musical. C’est un principe important pour nous.
KOT : Tobi Vail nous a contactées après avoir lu un article dans The Guardian. Elle disait qu’elle appréciait vraiment ce que nous faisions. C’était incroyable d’avoir un retour émotionnel de sa part. Et les gens de LE TIGRE apportaient leur soutien à l’action faîte sur la Place Rouge. C’était inspirant d’écouter parce que ces gens nous ont beaucoup influencé.
VICE : Quelles sont vos influences féministes majeures ?
SERAFIMA : Dans la théorie féministe ce pourrait être Simone de Beauvoir avec « le deuxième sexe », Dvorkin, Pankhurst avec ces courageuses actions « suffragistes », Firestone et ses folles théories sur la reproduction, Millett, Braidotti et ses pensées nomades, Judith Butler et ses parodies d’art.
GARADZHA : Et comme j’ai dit avant, en termes d’actions féministes musicales et d’activisme et de communauté en construction nous donnons la part belle au mouvement Riot GRRRL.
VICE : Est ce que Pussy Riot cherche de nouveaux/nouvelles membres ?
GARADZHA : Toujours ! Pussy Riot se doit de rester en perpétuelle évolution. C’est une des raisons pour laquelle nous avons choisi de toujours porter des cagoules, de nouveau membres peuvent rejoindre le groupe et pour les prochaines actions il pourra y avoir 3 ou 8 d’entre nous, comme à notre dernier concert sur la Place Rouge, ou même 15. Pussy Riot est un corps qui se bat et qui grandit.
TYURYA : Connais tu quelqu’un qui veut venir à Moscou, jouer des concerts illégaux et nous aider à combattre Poutine et les chauvinistes russes ? Ou peut-être devraient-ils/elles commencer leur propre PUSSY RIOT local si la Russie est trop éloignée ou trop froide.
VICE : Je ferais mieux alors de trouver ma cagoule fluo. Etes-vous inquiétées par l’Etat et la police du fait que votre popularité augmente ?
KOT : Nous n’avons rien à craindre de leur part car si la police répressive de Poutine jette l’une d’entre nous en prison, ce sera 5, 10, 15 filles de plus qui s’équiperont de cagoules colorées et qui continueront de se battre contre leur symbole du pouvoir.
SERAFIMA : Et aujourd’hui avec des dizaines de centaines de personnes qui investissent régulièrement les rues, l’Etat devra y réfléchir à deux fois avant d’essayer de criminaliser l’une d’entre nous et de nous enfermer. Il y a des masses de fans de PUSSY RIOT dans les manifestations en Russie.
VICE : Quelle a été la raison de choisir de rester anonymes ?
SERAFIMA : Notre but est d’interloquer des personnalités et de renverser les symboles par une protestation pure.
TYURYA : Nous changeons souvent de nom, de cagoules, de robes et de rôles dans le groupe. Des gens partent, de nouvelles personnes rejoignent le groupe et la formation de chaque performance de guérilla des PUSSY RIOT peut être entièrement différente.
VICE : Comment voyez-vous la Russie sous un nouveau règne poutiniste ?
SERAFIMA : Comment verrais tu la Libye à nouveau sous Kadhafi ? Comment verrais-tu la Corée du nord à nouveau sous Kim Jong-un, camarade de 28 ans ? Pour nous la Russie sous Poutine, à travers le leader national n’est pas différente.
TYURYA : Comme une dictature du tiers-monde avec toutes ces belles et classiques caractéristiques : une détestable économie basée sur les ressources naturelles, un incroyable niveau de corruption, une absence de justice indépendante et un dysfonctionnement du système policier.
VICE : Quelles sont vos relations avec les autres mouvements anti-gouvernementaux comme VOINA et UKRAINE’S FEMEN ?
TYURYA : VOINA est cool, nous sommes très proches, nous sommes très attachés à leur période 2007-2008 quand ils/elles ont amené au plus haut des actions vraiment dingues et symboliques comme ‘’Fuck for the heir Puppy Bear" au moment des élections présidentielles de 2008. Ils/elles ont dessiné une tête de mort au laser vert sur le parlement russe ou leur stupéfiant cérémonial mettant en avant les homosexuelLEs et les immigréEs illégaux/illégales qu’ils/elles ont offert au maire de Moscou, c’étaient de puissantes activités.
SERAFIMA : Notre opinion sur FEMEN est une histoire compliquée. D’une part, elles exploitent une rhétorique très masculine et sexiste dans leurs démonstrations, les hommes veulent voir d’agressives filles nues attaquées par la police. D’un autre côté, leur énergie et leur habilité à garder la face est terrifiante et inspirante : un jour elles sont en Suisse à escalader les barrières du Forum Economique Mondial et le jour d’après elles sont en Russie attaquant le quartier général du plus gros producteur de gaz naturel en Russie. Et même après avoir été torturées et humiliées par des agents du KGB en Biélorussie, elles jurèrent de continuer le combat et d’une manière encore plus radicale. L’énergie est vraiment importante de nos jours, les groupes de rue en Europe et aux Amérique manquent souvent de puissance, mais elles, elles l’ont vraiment.
VICE : Quel a été ton meilleur concert ?
GARADZHA : A part celui de la Place Rouge, chacune de nous a aimé celui sur le toit d’un building du centre de détention à Moscou, où une personne arrêtée 5 jours après l’élection était enfermée. Le prisonnier politique pouvait nous voir à travers les barreaux de sa cellule et il chantait et souriait quand nous chantions « Mort aux prisons ! Liberté de protester ! ». Des officiers de la prison nous ont tourné autour ne sachant quoi faire car ils n’avaient aucune idée de la façon de procéder pour nous interpeller directement sur le toit. Ils avaient l’air apeurés alors ils ont immédiatement ordonné un barrage, ils ont du penser que nous tenterions un siège du centre de rétention quand nous aurions arrêté de chanter. C’était cool.
VICE : Avez vous des plans pour monter des spectacles pendant les apparitions publiques de Medvedev ou de Poutine ?
TYURYA : Poutine est trop apeuré de faire quoi que ce soit en public, tous ces meetings publics sont férocement surveillés par les sourires et baisers meurtriers des loyalistes du kremlin. Mais un jour, nous le chasserons, c’est sûr.
SERAFIMA : Ce serait mieux pour lui qu’il se sauve avant que nous l’attrapions. Poutine ne voudra jamais rencontrer les PUSSY RIOT en face à face.

mardi 31 juillet 2012

SUICIDE de la SARL: Early Flicker


«Nous ne sommes pas à vendre. Anonymous, soucieux de la liberté d'expression, exige que Early Flicker retire ces marques déposées, sous peine de déchaîner notre colère»


Une société parisienne commercialise depuis lundi un tee-shirt portant le slogan des ANONYMOUS: «Nous n'oublions pas, nous ne pardonnons pas, craignez-nous»
Cette agence Web française, qui vend aussi des saloperies de tee-shirts, a déposé en février la devise et le logo ANONYMOUS auprès de l'Inpi (Institut national de la propriété industrielle), comme l'a révélé un utilisateur de Twitter lundi.
La SARL parisienne est basée dans le XVIe arrondissement, sur Internet l'entreprise a deux activités. Elle vend ses tee-shirts pouraves et propose ses services dans le domaine de la création de sites Web merdiques.
La demande d'enregistrement du logo et de la devise des Anonymous acceptée par l'Inpi (qui ne perd rien pour attendre...)  concerne trois catégories de produits: le cuir (malles, valises, porte-monnaie, sacs, etc.), l'habillement (chaussures, chemises, ceintures, etc.) et divers ustensiles (peignes, éponges, brosses, objets en porcelaine, vaisselle…). Un tee-shirt comportant le slogan des Anonymous est en vente sur la boutique en ligne d'Early Flicker depuis lundi.
Vraiment à gerber, le symbole même de la marchandisation par des ploucs qui surestiment leur misérable appât du gain devant les risques effroyables qu'ils viennent de prendre...
Une bande de tartufes défient la communauté hackers, ces scorpions n'ont aucune chance de tenir la distance et n'imaginent même pas dans quel enfer ils viennent de plonger, eux qui sans aucun doute rêvent de "Sécurité".

L'agence est déjà dans la ligne de mire. Sur Internet, plusieurs sites répertorient des informations sur la société, dont le numéro de téléphone portable du gérant, inscrit dans les statuts du site d'Early Flic-eurs. Mardi matin, ce numéro ainsi que celui, officiel, de l'agence, n'étaient plus attribués et l'entreprise injoignable. Ce jeudi, à 21 heures, le site d'Early Flics  fonctionnait toujours...
Mais pour combien de temps ?
site HS

«Nous ne sommes pas à vendre. Anonymous, soucieux de la liberté d'expression, exige que Early Flic-eur retire ces marques déposées, sous peine de déchaîner notre colère», déclaraient ce mardi après-midi des internautes se revendiquant d'Anonymous, dans une vidéo Youtube.
01 60 60 24 42
www.gerermoncommerce.fr
contact@eflicker.fr

27 rue Jean Giraudoux
75116 Paris

samedi 28 juillet 2012

La Loi Russe 89417-6 une “Grande Muraille pare-feu”

Qidong fête sa police

Une loi pour quoi faire ?
Censurer Internet ?

La loi veut créer un registre (ou “liste noire”) de toutes les ressources en ligne à contenu illégal concernant l’enfance (en particulier pédopornographie et instructions sur le matériel d’injection de drogues et l’automutilation). Dès qu’une page Web apparaîtra sur la liste, l’hébergeur disposera de 24 heures pour notifier au propriétaire du site qu’il doit retirer les contenus incriminés. Si le propriétaire néglige de le faire, l’hébergeur sera tenu de fermer la page ou même de la supprimer. Dans le cas où l’hébergeur omet ou refuse de le faire, le registre sera contacté et le fournisseur d’accès devra couper entièrement l’accès au service d’hébergement. Tout site inscrit sur la liste noire disposera de trois mois pour faire appel de la décision en justice.

A l’origine du projet de loi, la “Ligue pour un Internet sécurisé”, qui en a rédigé le plan à l’attention du ministre des Télécoms et des Communications de masse au printemps dernier. A l’époque, ce plan limitait la liste aux URLs (sans fitrage DNS ni blocage des adresses IP), et en déléguait le contrôle à des associations. Le directeur de la Ligue, Denis Davydov, a expliqué que cette disposition était motivée par les craintes des internautes d’un “contrôle excessif par l’Etat”. Les députés de la Douma et le procureur général, quoi qu’il en soit, avaient d’autres projets : la liste a été augmentée, et le candidat le plus probable à sa supervision est désormais Roskomnadzor (l’Agence fédérale de supervision pour les technologies de l’information et les communications).

Une partie des controverses que provoque la Loi 89417-6 concerne les inquiétudes suscitées par le fait que le texte en est intentionnellement flou, ouvrant la porte à de futures extensions de la liste. Ainsi, l’avocat Evgueny Arievitch, du cabinet Baker and McKenzie, a déclaré que la liste noire pourrait aller jusqu’à inclure d’autres types de renseignements illégaux en vertu d’autres lois pénales (celles qui ont trait à l’extrémisme, aux secrets d’Etat, aux renseignements personnels, etc.), et pourrait être utilisée pour limiter l’accès à l’information politique et aux outils de mobilisation sociale. La partie la plus sensible de la loi est sans doute l’article 5, point 4, sections 1 et 2, dans lesquels le législateur détermine quel type de site peut être ajouté à la liste sans ordonnance du tribunal, et quel type requiert une approbation judiciaire. Les catégories suivantes (extrait du projet de loi après sa première lecture) se trouvent dans le premier cas :

[…] информации с порнографическими изображениями несовершеннолетних, а также информации содержащей пропаганду употребления наркотических средств, писхотропных веществ и их прекурсоров, информации, побуждающей детей к совершению действий, представляющих угрозу их жизни и (или) здоровью, в том числе к причинению вреда своему здоровью, самоубийству […]

[…] les sites comportant des images pornographiques de mineurs, ainsi que ceux qui font du prosélytisme pour l’usage des narcotiques, stupéfiants et leurs précurseurs, les sites qui encouragent les enfants à commettre des actes représentant une menace pour leur vie et (ou) leur santé, tels que le suicide ou l’automutilation […]

De même, le projet de loi prévoit le recours aux tribunaux dans les circonstances suivantes :

[…] …] иной размещаемой в сети Интернет запрещенной к распространению в Российской Федерации информации - на основании вступившего в законную силу решения суда о признании информации запрещенной к распространению.

- toute autre propagation sur le réseau Internet d’informations interdites de diffusion en République fédérale de Russie - sur la base d’une décision du tribunal plaçant sous le coup de la loi cette information interdite de diffusion.

Le journaliste Andreï Babitsky a fait la critique de ce texte intentionnellement flou, expliquant que “les sites appelant les enfants à commettre des actes qui mettent leur vie en danger” pouvaient inclure des sites dédiés à n’importe quelle activité récréative considérée comme dangereuse (tels le saut en parachute ou l’escalade). Prenant l’exemple du Service de contrôle fédéral des drogues et de ses antécédents de “répressions” du Net extrajudiciaires, il montre que contourner les tribunaux ne peut qu’augmenter le recours excessif aux forces de police.

Qui approuve cette loi ?

A l’opposé, une députée à la Douma du parti Russie juste, Elena Mizulina, soutient que “personne, à part les pédophiles et les trafiquants de drogues, n’a rien à craindre de cette loi”. Mme Mizulina, l’une de ses principales partisanes, nie que le parlement soit en train d’imposer un contrôle excessif sur l’Internet. “Le mécanisme est basé sur l’auto-organisation”, explique-t-elle, dans le sens où la liste est supposée fonctionner de façon passive, avec des fournisseurs d’accès qui font le gros du travail, l’État restant à l’écart. On se doute que Mme Mizulina n’est pas seule de cet avis à la Douma, où il est prévu que la loi passe en seconde lecture ce 10 juillet [la loi a effectivement été adoptée].

Le lecteur sera peut-être un peu surpris, en revanche, d’apprendre que le même Ilya Ponomarev, lui aussi député de Russie juste, et (plus récemment) un des chouchous du mouvement d’opposition à Poutine, est aussi au nombre des partisans de cette loi. “Je suis convaincu,” a-t-il affirmé après la première lecture, “que nous venons de trouver un excellent compromis entre intervention du gouvernement et autorégulation”. A ceux qui font remarquer la méconnaissance d’Internet dont fait preuve la loi, Ponomarev oppose la participation de la Ligue pour un Internet sécurisé, arguant que “la loi a été, en fait, écrite par une Web société, donc par des gens provenant eux-mêmes de cette sphère”.

Le même jour, le directeur de la Ligue, Davydov, signait un éditorial sur RBCdaily.ru, pour défendre l’efficacité de la loi (en argumentant que même incomplète, elle protégerait au moins les plus jeunes et vulnérables), rappeler qu’elle faisait l’objet d’un débat public depuis sept mois (en citant des forums en décembre 2011, février 2012, etc.), et aussi investir le gouvernement de certaines prérogatives paternelles :

[…] если каждый родитель вправе самостоятельно настраивать ограничения на доступ в Интернет для своего ребенка, оберегая его от вредоносного контента, то и государство, заботясь о своих гражданах, вправе и должно ограничивать противоправный контент […]

[…] si des parents ont le droit de définir de façon autonome les limitations à l’accès à Internet pour leur enfant, en vue de le protéger des contenus nocifs, le gouvernement, lui, par souci de ses citoyens, a le droit et le devoir de restreindre l’accès aux contenus contraires à la loi. […]


Le Conseil présidentiel agite le chiffon rouge

La réaction de Davydov se voulait-elle une réponse aux problèmes soulevés par le Conseil présidentiel des droits de l’homme, qui a pris position contre la Loi 89417-6 dans un communiqué daté du 3 juillet 2012 ? (Vladimir Legoida, le représentant de l’Église orthodoxe au sein du Conseil, s’est désolidarisé et a exprimé un vote différent montrant qu’il partage de nombreux points de vue présentés dans l’article de Davydov.) Le communiqué du Conseil (signé par 22 membres, dont au moins 6 ont démissionné depuis) était centré sur la menace de censure et exposait cinq raisons distinctes de rejeter la loi sous sa forme actuelle. En voici un résumé :

1. Inclure dans la liste des noms de domaines (au lieu des seules URLs vers les pages illicites) amènerait probablement à piéger aussi des sites respectant la législation ; 2. Comme le SOPA, Stop Online Piraty Act [en anglais], la Loi 89417-6 imposerait une forme de “punition collective” aux opérateurs et fournisseurs de sites Web, piètre substitut au travail de la police réelle ; 3. Le filtrage ralentirait l’Internet russe tout entier, et nuirait à l’e-commerce et à l’innovation en ligne ; 4. Un contrôle renforcé mettrait en danger la vie privée, en permettant l’accès jusque-là non autorisé à des renseignements confidentiels ; 5. L’équipement de blocage des pages et de filtrage nécessaire pour répondre aux exigences de la loi pourrait coûter de 50 millions à 10 milliards de dollars US. (Sam Greene, à ce propos, a chiffré ce coût à environ 500 millions de dollars.)

L’opinion dissidente de M. Legoida réfute point par point les objections du Conseil. En réponse à l’accusation de censure, par exemple, il discute la nature de l’information interdite :

[…] цензура, по Конституции России, — это ограничение доступа граждан к законной информации. В то время как информация на сайтах, которые включаются в реестр, упомянутый в законопроекте, — незаконна и является результатом преступной деятельности.

La censure, d’après la Constitution russe, est la restriction de l’accès des citoyens à l’information légale. Alors que l’information contenue sur des sites inclus dans la liste prévue par la loi est illégale et résulte d’une activité criminelle.

Comme des chiens sous un tapis

Winston Churchill aurait comparé la politique russe à un spectacle de bouledogues se battant sous une carpette. Les déclarations et les réserves concernant la “liste noire” cachent en fait un conflit ouvert entre l’équipe du Président et le gouvernement du Premier ministre. En effet, avant le “coup de pub” du Wikipédia russe du 10 juillet, les sociétés Internet étaient restées silencieuses, et le buzz autour de la Loi 89417-6 se concentrait surtout sur le mépris évident de la Douma pour le désaccord perceptible de Dmitri Medvedev. (Et en effet, son ministre des Communications et des Médias, Nikolai Nikiforov, a tweeté que la loi sous sa forme actuelle posait problème.)

Les membres du parlement ont, semble-t-il, voulu faire passer un message : c’est au Président qu’ils obéissent, et non au Premier ministre. Tatiana Stanovaya, ainsi que d’autres politologues, note l’émergence d’un gouvernement présidentiel parallèle qui a pour but de se substituer, dans ses fonctions et prérogatives, au gouvernement ministériel officiel. (A l’inverse de la tendance institutionnelle observée pendant que Poutine était temporairement absent de la présidence.) L’exemple le plus criant de cette usurpation est le nouveau poste d’Igor Sechine à la Commission présidentielle de l’industrie énergétique et pétrolière — un rôle qui vient concurrencer directement les attributions du ministre de Medvedev dans ce domaine, Arkady Dvorkovitch. Ce phénomène du “double maléfique” se répète dans tous les domaines — dans la gestion des retraites, la recherche et l’éducation, et d’autres sphères encore.

Selon une rumeur, la bête noire de l’opposition au Kremlin, actuel député et vice-Premier ministre des Modernisations économiques, Vladislav Sourkov, serait l’auteur d’un rapport approuvant la Loi 89417-6, à condition que les députés oublient l’idée de la liste noire. (Quant à ce qu’il resterait alors de cette loi, c’est une autre question.) Face à ces hésitations et à l’opposition de Sourkov et Nikiforov, Poutine a, pour contrer leur autorité, ajouté fin juin un nouveau département à l’organisation présidentielle. Lequel, dénommé “Pour l’application des technologies de l’information et le développement de l’e-démocratie”, ne s’est pas encore prononcé sur la question d’un “Grand Pare-feu Internet” en Russie.

Oui Poutine Chie dans son froc !

En Chine les Écologistes se déchaînent !

Des affrontements violents ont opposé des manifestants à des policiers des BAC venus en grand nombre. Qidong est une sympathique ville de Chine qui refuse la pollution de ses usines papetières...
 Paisible rue de Qidong un jour de fête...

vendredi 20 juillet 2012

DCD par erreur: Mort de Robert Kurz


Kurz serait mort des suites d'une opération des reins (une erreur chirurgicale aurait accidentellement sectionné  son pancréas...) le 18 juillet dernier dans sa ville de Nuremberg, il avait 68 ans.
Certainement le meilleur théoricien de l'école Marxienne allemande et qui justement n'était pas universitaire comme le sont l'ensemble des individus regroupés autour d'EXIT comme de KRISIS. Cette cohérence entre la vie réelle de ce fils de prolétaire et ses travaux de relecture et de prolongement de la théorie sociale de Karl Marx sont un bien rare qui pourrait le rapprocher de Guy Debord qu'il détestait au plus haut point.
En effet les fulgurances pratiques autour de L'I.S comme du "Groupe Debord" ensuite faisaient de l'hombre à son humble passé de gauchiste Allemand...

Sa thèse centrale sur la fin du capitalisme est la plus solide à ce jour, plus solide que l'analyse de Jappe qui pourtant est elle-même excellente. Les 2 ont travaillé ensemble mais visiblement Jappe n'a pas convaincu Kurz sur l'aventure situ ou la critique du Fétichisme de la Marchandise développée par Debord dans la SdS. Les dérives antisémites du gauchisme Allemand préoccupaient beaucoup Robert Kurz mais ne suffisent pas à expliquer sa position ultra-sioniste. Sa génération est née dans le 3e Reich, si l'on ajoute l'influence de l’École de Francfort et la symbolique de sa ville d'origine on s'approche sans aucun doute des raisons de son hypersensibilité aux dérives antisémites manipulées qui ont conduit, sous couvert d'une sympathie à la "Cause Palestinienne", certains jeunes allemands des années 70/80 dans les griffes des succursales du KGB sans être capables de réagir comme "Angie".
Son inacceptable défense de l’État d’Israël complète le tableau des mécanismes de "rachat" du passé de Nuremberg.
Mais cela n'affaiblit en rien sa limpide saisie du processus historique de la fin de l'utopie capitaliste.
Chapeau bas Robert Kurz !

Son acharnement à prétendre que Mai68 fut un "Mouvement Étudiant" parait suspect, s'agissant de la plus grande grève générale sauvage du 20 siècle. Comme de nettoyer les isme partout pour aussitôt  les ajouter à Situationniste et finalement  ne désigner que l'insignifiant Tarnac.
Il ne faut pas s'en affecter outre mesure s'agissant d'un égal de Marx qui lui aussi était un piètre Révolutionnaire dans l'action comme en témoigne son influence catastrophique dans la 1ere internationale qu'il vida de sa substance en liquidant les libertaires...
Ce qu'il fut contraint d'admettre contrairement à l'imbécile Engels, père de toutes les bureaucraties ouvrières.
On peut être un immense théoricien et ne rien savoir faire de l'organisation la plus révolutionnaire que le prolétariat n'ait jamais eu: L'AIT « pour l'émancipation définitive de la classe travailleuse, c'est-à-dire pour l'abolition définitive du salariat »..

Nous étions sur le point de répondre durement au texte de Robert Kurz de Janvier 2012 (Pas la moindre révolution nulle part) avec lequel nous sommes en désaccord presque complet sauf sur un point qui touche à son titre qui en effet est juste. Il n'y a de révolutions nulle part et quand bien même, elles ne seraient ni possibles ni souhaitables dans ce Titanic.
Les nombreuses révoltes sociales n'ont pas à être des révolutions et d'ailleurs elles se décomposent en deux groupes bien différents:


- Les "rattrapages Arabes" (merci Kurz) qui sont la suite de la "Chute du Mur" la fin du "Spectaculaire concentré" devenu caduc devant l'universalisation du "Spectaculaire Intégré" au moment de sa chute.

- Les nouvelles révoltes sociales type "Occupy" et "ANONYMOUS" - "WIKILEAKS" et même 2005* en France, qui engagent les combats du futur.

"Pas la moindre révolution nulle part" Lire ici  Version FR en PDF,  Version EXIT

En quelque mots:
Ce salmigondis voudrait résumer l'impuissance des luttes du moment alors qu'il n'est que l'éclatante révélation de l'impuissance d'EXIT à en comprendre le sens.
On y trouve une première erreur que partagent les "Théoriciens" séparés lorsqu'ils prononcent des sentences sur des pratiques qui leur sont étrangère du fait même de leur point-de-vue séparé, a-dialectique forcément.
La praxis n'est pas la seule "Pratique de la Théorie". On peut en effet considérer que la théorie est une pratique mais elle est singulièrement insuffisante lorsqu'on prétend œuvrer à la "Critique Sociale" et plus encore "Révolutionnaire".
C'est sur cette base qu'est née L'I.S comme "Internationale de Théoriciens Révolutionnaires". Plus que son Outillage Critique c'est sa pratique révolutionnaire que l'histoire à reconnue et qui se prolongeât bien après 1972 avec l'informel "Groupe Debord". Du "Coup de Strasbourg" à MAI68 en passant par le Mai rampant italien, le "Coup de Ségovie" et finalement celui du "Temps du SIDA". La liste est longue des éruptions subversives qui caractérisent une véritable "Pratique Révolutionnaire".
Vue d'une confortable position de "théoricien universitaire" cela parait trop scandaleux et surtout menaçant pour ne pas devoir censurer et désinformer sur de tels excès ce qui de fait retire toute légitimité aux "Théoriciens Séparés" minaudant devant leur Cour d'étudiants bêleurs...
Ce pauvre Adorno ne c'est jamais remis de la "danse aux seins nues" qui ringardisait définitivement les chaires de la parole séparée de l'autre coté du Rhin...
Pour cette fois il ne s'agissait pas d'un coup de l'I.S mais de l'air du temps.
C'est donc cette position séparée qu'EXIT et KRISIS devront abandonner pour pouvoir se permettre une réelle critique, pourtant si urgente, des insuffisances mais aussi des points de force de l'actuel mouvement multiforme qui ne se résume pas aux pauvres gesticulations Anticapitalistes des années 90/2000.

La seconde erreur est malheureusement plus courante encore et partagé avec tous ceux qui identifient le "hacking" avec la pensée binaire des ordinateurs, le réseau "libre" avec les prolongements internet du médiatique. Le capitalisme a mis à son service tout ce qui pouvait l’être à commencer par le "Temps Réel" du réseau, sa démultiplication, sa dématérialisation du "séparé". Pour le consommateur une prison interactive aliène chaque jour un peu plus dans la continuité de ce qu'il était devenu, un spectateur.

Cependant la partie libre du réseau a justement été pensée et construite pour échapper à ces prévisibles pièges et sur les bases irrécupérables d'une liberté complète et sans contrôle possible de nouvelles formes de "rapports sociaux" sont né. Mieux encore le "code propriétaire" secret a reculé devant le "code libre" qui est devenu INDISPENSABLE aux réseaux du capitalisme. Armées, États et transnationales n'ont eu d'autre choix que le modèle imposé par les hackers. IBM à troqué ses costards/cravates contre les piercings et iroquois des hackers. L’oppression contrainte de s'en remettre au savoir faire des amis de la liberté, étonnant paradoxe qui n'est encore que la pointe émergé de l'iceberg.
L'implication la plus incroyable c'est que le salariat devient inutile, coûteux et inefficace face au modèle du "travail distribué-partagé".
Aucun secret n'est inaccessible aux hackers et ce secret généralisé des États et transnationales devient nuisible au fonctionnement même du capitalisme au moment de son déclin et de sa fin.
 



Bien loin des niaiseries décroissantes, volem lou paîs Roquefort et autres tarnaqueries néo-opêraistes sont les analyses de Michel Bounan dans "La Folle Histoire du monde" sur ce que nous réserve un avenir proche de survie dans l'hostilité la plus complète des ruines de l'agonie capitaliste.

“L’histoire de l’humanité n’est pas seulement celle de son développement technique ou de ses ‘progrès’ en tous genres, ni même celle de ses institutions et de ses révolutions. Elle est aussi l’histoire des folies collectives qui ont permis ce développement et ces institutions.” 

"...Les peuples amérindiens furent tout aussi étonnés d’observer l’acharnement au travail de leurs envahisseurs, leur fébrilité industrieuse d’insectes, et surtout leur inébranlable détermination à inculquer au monde entier cette extravagante folie : “Vous nous dites que pour vivre il faut travailler... Vous autres, hommes blancs, vous pouvez travailler si vous le voulez, nous ne vous gênons nullement ; mais à nouveau vous nous dites : ‘Pourquoi ne devenez-vous pas civilisés ?’ Nous ne voulons pas de votre civilisation  !” Et encore : “Mes jeunes gens ne travailleront jamais, les hommes qui travaillent ne peuvent rêver, et la sagesse nous vient des rêves .”

                                                                                                                    La Folle Histoire du monde  
              Michel Bounan
Tiens pour les plus niais un extrait PDF de La Folle Histoire du monde



A propos du terme décroissance: Dans dé-croissance il-y-a "croissance" et cela n'est pas approprié. Déconstruction du capitalisme, oui mais pas décroissance qui reste dans le même sombre plan. C'est du réformisme puérile. Pourquoi pas inverser la machine fordiste comme Chaplin dans "les temps moderne" qui des boites de vaches folles fait sortir des ruminants...

Sur le forum http://contreletravail.blogspot.fr/ Jeremy voudrait discutailler avec nous: Réponse
http://www.hepatites-forum.net/krik/Kurz%20r%C3%A9actions.html

                                                                                                   Heil Guy Debord !


* Il y aurait beaucoup à dire sur ce saut qualitatif de 2005 qui a universalisé une question d'éthique centrale et unifié les quartiers autrefois séparés dans de simple émeutes symboliques émotionnelles.  2005 explique en partie le calme trompeur de 2012 malgré la multiplications des bavures policières. La conscience est exigeante et désormais partagée et publique, plus que 2005 sera forcément un nouveau dépassement. 
"Ce qui n'est pas dépassé pourrit, ce qui pourrit incite au dépassement"...

Archives du blog