dimanche 13 mai 2012

Les valeurs contre la Valeur


L'illusion selon laquelle il y aurait du libre-arbitre dans le processus de modélisation du monde sur le mode de l'économie marchande persiste dans tous les courants de droite comme de gauche et comme chez tous ceux qui dénoncent les dérives de ce monde mais n'ont jamais saisi son caractère objectif. Comme si il y avait de la Politique au sein du capitalisme ! On en appelle ainsi éternellement à une "meilleure répartition des richesses", à une "transparence" de la part du pouvoir et surtout à la fameuse "moralisation du capitalisme financier" tout en gardant à l'esprit que "l'économie de marché est aussi naturelle que l'air qu'on respire".
 
Mais la revendication moraliste ne s'arrête pas au monde de la finance essentiellement décrié dans la sphère politicienne. Et pas besoin d'être curé pour "s'indigner" d'une forme bien réelle de déliquescence morale qui touche toutes les dimensions de l'existence. 
Lorsqu'un entrepreneur vend de faux produits bios, des prothèses mammaires non homologuées ou des médicaments contaminés, lorsqu'un autre produit un film porno ou qu'un autre assèche un lac en Chine, on peut être certain qu'ils avaient pour eux l'assurance et la bonne conscience moderne résumées par l'adage selon lequel "ce qui se vend est bon, ce qui est bon se vend". Et, quand ça n'est pas tout simplement justifié par un pseudo-réalisme et le "bon sens" des experts, ça n'est souvent qu'à posteriori que ce type d'affaire relève du scandale, une fois que le tour est joué.
 
Les exemples récents du "printemps arabe"1  montrent bien la distance qui existe entre les ambitions et les possibilités d'action dans le domaine morale.
Les régimes autoritaires d'avant le 14 janvier 2011, se prévalant pourtant d'être les héritiers des mouvements de libération anti-coloniaux, poursuivirent le processus de "modernisation de rattrapage" installé par les colons eux-mêmes. Ils récupérèrent positivement les concepts progressistes de l'idéologie des lumières accompagnant la mise en place du système moderne de production et de distribution de marchandises tel qu'il se pratiquait déjà en Europe et aux États-Unis. Après avoir abandonné le pouvoir militaire, les anciens colons maintenirent la relation d'interdépendance à coup de contrat sur les matières premières ou d'envoi de touristes toujours plus nombreux. En échange, les anciens pays colonisés respectèrent les deux conditions indispensables à une bonne circulation de la valeur : répression de l'intégrisme et contrôle de l'immigration, et ce par tous les moyens. Le double développement capitaliste, matériel et idéel, s'implanta comme ce fût le cas en Europe, mais sur un terrain beaucoup moins défriché notamment sur le plan idéologique. Ce qui eu pour conséquence la valorisation du domaine religieux comme une forme de résistance à la domination étrangère. Il ne resta plus à cette tendance qu'à trouver une organisation et des leaders politisés pour devenir ce qui existe maintenant sous les noms de "Ennahda" en Tunisie ou des "Frères musulmans" en Égypte. Ces organisations, clandestines avant le "printemps arabe", en devenant des autorités sur le plan politique se présentent comme des gardes-fou face à la décadence inhérente à la modernité venue de l'extérieur. C'est donc au nom de l'Islam et d'une identité musulmane que se battent ces militants inspirés par un souffle divin dans la lutte contre la perversion des valeurs. C'est sans compter sur les "réalités du marché" que ces nouveaux chiens de garde de la morale s'imaginent atteindre leur but. Lorsque les besoins de l'économie tunisienne ou égyptienne se feront sentir quel dirigeant oserait mettre un frein au "développement" du pays au risque de perdre toute crédibilité ?
 
De même que l'écologie doit être critiquée comme une critique partielle2 ne prenant pas en compte la dynamique réelle capitaliste, l'idéologie moraliste n'a aucun avenir, si ce n'est celui de l'obscurantisme, sans s'appuyer sur les vrais raisons de l'effondrement.
Le monde de la marchandise ne répond qu'à ses propres besoins et n'a de limite que parce que la réalité concrète en a. Tant que le processus de valorisation peut se faire, il se fera ; faisant en sorte de passer toutes les frontières qu'elles soient naturelles, idéologiques ou morales. Devant le rouleau compresseur idéologique et matériel, aucun bon sentiment ne pourra rien sans la critique plus profonde des catégories fondamentales capitalistes que sont le travail, la marchandise, l'argent ou l’État.
 
 
1- Si "printemps arabe" il y a eu, nous pouvons dire avec assurance que son rude et long hiver fût le fait d'une complicité à peine voilée de la part des pays "démocratiques" européens et américains. 
2- "Ne changez pas le climat, changez le système" comme le dit Hugo Chavez qui, malgré cela, n'est qu'un pitre nationaliste chantre d'un nouveau modèle de capitalisme d’État.
http://critiquedelavaleur.over-blog.com
 

vendredi 11 mai 2012

La Vie renaît sur les ruines de la secte Olievenstein-Patriarche

Tour de Gué du camp

Un collectif réquisitionne le hameau La Fallot qui fut autrefois la propriété d'un sinistre camp pour toxicomanes de la secte du Patriarche.



Un intéressant projet collectif se met en place, ironie de l'histoire, sur les lieux même ou la fameuse secte haïssable du Patriarche lessivait l'esprit et détruisait le corps des toxicomanes du temps du couple Olievenstein-Engelmajer, fondateurs du Patriarche.
Personne n'est en mesure d'évaluer sérieusement le nombre de morts et de malades directement produit par cette secte. Le SIDA et les hépatites ont trouvées leur meilleur terrain chez ces pauvres bougres enfermés ici avec le concours de la Justice et des familles, dans ce prestigieux Goulag Anti-Tox, du nom de leur journal de propagande.

L'affreux Docteur Olievenstein en combattant les traitements médicaux de "Substitution" et en répandant dans les médias son idéologie sectaire et criminelle est le principal Tueur en série de toxicomanes.
On lui doit  de basses injures contre le célèbre musicien pacifiste et libertaire Syd Vicious, traité de NAZI par ce fou furieux. Olievenstein l'ennemi juré des PUNK qu'il traitait de fascistes sur tous les plateaux de télévision lui le sectaire et principale fondateur des camps de concentration "Le Patriarche". Il s'en prendra de toute sa haine au groupe Punk Les Olivensteins.
Il régnera des lustres sur l’hôpital Marmottant ou se bousculaient ses futures victimes. Principal inspirateur du néant en matière de santé publique des usagés de drogues pendant trente années en France.
Lire ici: http://sites.google.com/site/tracesautonomes/home/suite-sida 
et ici: http://sites.google.com/site/tracesautonomes
Les exploits du Docteur Fou.

Une vingtaine de personnes issues du monde associatif et militant ont investi il y a deux semaines un hameau appartenant au centre social Cantoloup-Lavallée héritié de ces ruines de la secte du Patriarche.
Depuis le 22 avril, le collectif La Paz occupe le lieu à l’abandon depuis une dizaine d’années appartenant au centre médico-social, à l’Isle Bouzon dans le Gers. Les pierres apparentes de La Fallot, qui fut autrefois la propriété du Patriarche sont depuis plusieurs années laissées à l’abandon. L'association Patriarche qui prétendait soigner les toxicomanes dans des lieux de vie pseudo-communautaire a été signalée comme sectaire dans un rapport de 1995.

"...Nous y vivons à une dizaine sans l’accord du propriétaire.
Il y a 8 bâtiments à retaper, 5 hectares (bois et prairies) et 3 sources.
Nous pensons qu’en mettant en place des activités ouvertes au public, gratuites et solidaires, nous réussirons à tendre le rapport de force en notre faveur.
Nous voudrions faire de cet endroit , un lieu ouvert à toutes et à tous, un lieu :
Paysan : Potagers, pisciculture, élevage, basse cour…
Culturel : Ateliers artistiques, concerts, bals, projections débats…
Solidaire : Accueil temporaire de précaires, aide et repos..."

Le collectif Assolapaz, originaire du Gers, du Lot-et-Garonne et de Toulouse, a investi le hameau La Fallot qui comptent plusieurs habitations, des bassins de pisciculture, une vieille piscine et cinq hectares de terrain, sur la commune de L’Isle-Bouzon.

Souhaitons une grande réussite aux camarades qui squattent ces lieux pour y faire renaître la vie.
Seule la vie peur venger tant de souffrances et de morts inutiles.

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                                                                  Contact: assolapaz@gmail.com


Voir sites de prévention contre les sectes:
http://www.prevensectes.com/patriarc.htm 
http://www.prevensectes.com/dianova.htm

mercredi 9 mai 2012

Sortir de l’économie ?


Voici un texte de Jappe du 25 mai 2011 sorti d'un PDF articulé en trois parties et tiré d'un débat public à Bourges.

Nous avons choisi ce seul extrait car il est facile à aborder et résume assez bien la "Théorie de la Valeur" défendu par Jappe, qui dit préférer l'expression "Critique du Fétichisme de la Marchandise" probablement trop Debordiste pour plaire à ses amis...
Serge Latouche et ses amis du MAUSS sont mieux connu en France, depuis les années 80 au moins, ils animent le courant "Anti-utilirariste".
Un an plus tard la situation en Grèce (21 nazi au parlement) ne semble pas leur donner raison quant aux directions à prendre pour survivre à cet effondrement du capitalisme "à la Grecque". C'est bien la principale faiblesse de leurs analyses respectives des chemins possibles pour vivre dans fin du capitalisme. Le "localisme" de survie est une impasse flagrante, il faut penser en "réseaux".
 


Deuxième partie: l’exposé d’Anselm Jappe


Je vais commencer comme disait la rhétorique ancienne, par une captatio bene volentiae. Je suis content de revenir à Bourges. Comme disait Serge il est effectivement notable qu’une ville relativement petite et qui plus est sans université, trouve toujours un public si large pour discuter. Je pense que si on faisait statistiquement le rapport entre les gens intéressés par ce genre de débat de fond et le nombre d’habitants, peut-être que Bourges est une des capitales intellectuelles de la France !
Je mentionne aussi que l’année dernière nous avions discuté jusqu’à minuit dans le cadre de ces rencontres, j’avais parlé de manière générale du mouvement de la décroissance, j’avais expliqué que je pouvais m’en sentir proche mais j’avais aussi exprimé mes critiques, donc je ne vais pas répéter cela cette année. En plus le texte que j’avais lu a été publié dans mon livre Crédit à mort. Vous savez peut-être, j’ai participé à l’élaboration de ce que l’on appelle la critique de la valeur, il serait peut-être mieux d’ailleurs de l’appeler la critique du fétichisme de la marchandise, une analyse qui se veut radicale du capitalisme contemporain et qui part d’une relecture qui se veut rigoureuse d’une partie seulement de l’œuvre de Marx.
C’est sur cette base que dans Crédit à mort j’ai exprimé également des critiques à d’autres formes contemporaines de critiques sociales, par exemple au marxisme traditionnel, aux thèses de Jean-Claude Michéa, au discours altermondialiste simplement porté contre le néolibéralisme, etc. Je pense que parmi l’ensemble de ces critiques, la décroissance est tout de même une des rares tentatives contemporaines pour trouver une véritable sortie de la crise contemporaine du capitalisme. Je ne vais pas également expliquer ici pourquoi il faut sortir de la croissance économique parce que je ferai vraiment ce que l’on appelle en anglais « prêcher aux sauvés », je pense qu’ici à peu près tout le monde est d’accord. Je voudrais donc ici un peu creuser cette idée de « l’invention de l’économie » portée par Serge Latouche et dégager quelques lignes pour savoir comment « sortir de l’économie », en reprenant ce terme au bulletin Sortir de l’économie que certains ici continuent à rédiger depuis quelques années7. Je vais donc commenter un peu ce sujet et dire pourquoi il faut je pense parfois aller plus loin dans la même direction, il faudrait d’une certaine façon continuer à radicaliser cette critique de l’économie.
Je pense d’abord que Serge Latouche et moi sommes d’accord sur le fait que l’économie n’est pas un fait naturel et transhistorique, ce n’est pas quelque chose qui existe depuis toujours. L’économie c’est quelque chose qui dans une époque historique est venu au monde et qui peut donc également disparaître. Naturellement comme toujours il faut s’entendre sur le mot. Si on entend par « économie » le fait même que l’homme doit faire quelque chose pour assurer sa survie matérielle, l’économie évidemment ne peut pas disparaître. Mais si on l’utilise dans ce sens-là, le mot pratiquement n’a aucun sens spécifique, cela ne veut rien dire. C’est comme avec le terme de « travail » ou avec d’autres mots.
L’économie est donc quelque chose de plus spécifique, c’est une certaine manière d’organiser la reproduction matérielle des êtres humains et c’est cette certaine manière qui tourne autour des catégories comme le travail, l’argent, l’investissement, le retour sur investissement, c’est- à-dire quelque chose qui quand même ne fait pas partie de la nature humaine, car la plupart des sociétés humaines ont vécu sans économie, la vie sociale n’y était pas structurée par l’échange ou le travail. On penser que même jusqu’au XXe siècle, la plus grande partie de l’humanité a vécu à la marge de l’économie. D’ailleurs Marx au début du Capital ridiculisait l’économiste David Ricardo qui pensait que l’échange était quelque chose de transhistorique et naturel, comme s’il y avait déjà de l’échange entre les chasseurs préhistoriques et les pécheurs préhistoriques. En fait Ricardo, le fondateur de l’économie politique, avait déjà rétroprojeté les catégories de l’économie des modernes sur des sociétés complètement différentes. Marx au contraire, si on en fait une lecture rigoureuse, a bien démontré que les catégories économiques comme le travail, l’argent, le capital, la valeur, sont des catégories spécifiquement capitalistes et modernes. Toute la première partie du Capital est ainsi une critique de la marchandise, de la valeur, de l’argent et du travail. Ce ne sont donc pas des données évidentes, parce qu’elles font partie de la seule formation sociale capitaliste.
Malheureusement même parmi les marxistes très peu de monde ont bien lu ou ont pris au sérieux cette affirmation de Marx, et tous les marxistes pratiquement comme tous les économistes bourgeois, ont pratiquement présupposé explicitement ou tacitement que l’argent, la marchandise, la valeur et le travail sont des données plus ou moins éternelles, ou
au moins qu’elles font partie de toute vie sociale développée, et que le seul sujet de débat n’est que celui tournant autour d’une lutte historique sur leur distribution et redistribution. Ce que les marxistes mettaient en question ce n’était donc pas l’existence de la valeur, le fait que l’activité sociale prenne la forme de la valeur marchande, tout l’intérêt de ce débat se déplaçait vers la seule distribution de la plus-value que l’on appelle encore la survaleur en fonction des deux traductions françaises existantes. Tout ce que l’on appelle la lutte des classes, qui était le concept central du marxisme traditionnel, est juste une lutte autour de la
meilleure ou de la plus juste distribution de ces catégories qui n’ont donc plus été mise radicalement en question. Une société meilleure, c’est-à-dire socialiste, était en général imaginée comme une distribution plus juste de l’argent, du travail, de la marchandise, etc. Un dépassement de ces catégories était tout au plus promis pour un avenir très lointain, un
communisme évidemment toujours repoussé aux calendes grecques.
En rupture avec cette éternisation de l’économie dans nos vies, c’est-à-dire cette conception de l’économie comme faisant soit disant partie de la nature humaine, il a été très salutaire durant les dernières décennies de voir que pour plusieurs auteurs, l’économie a été quand même quelque chose qui est venu au monde récemment, notamment au travers de la construction d’un discours économique qui est venu s’établir essentiellement au XVIIe siècle.
Un des premiers à mettre en avant cela a été l’anthropologue Louis Dumont, mais il y a eu aussi Karl Polanyi, Marshall Sahlins, Marcel Mauss, etc. Ces auteurs ont développé une sensibilité majeure pour ces questionnements sur l’économie. Il est d’ailleurs intéressant de noter que ces auteurs qui étaient plus ou moins à gauche comme Polanyi ou Mauss, n’étaient pas marxistes.
Alors invention de l’économie cela peut signifier deux choses. Invention d’une science et d’un discours, et c’est surtout sur ce thème qu’insiste Serge Latouche dans son ouvrage. C’est aussi la mise en place d’une pratique réelle et je vais essayer de davantage insister sur ce deuxième aspect. Je reprends tout d’abord brièvement le premier aspect. Le discours sur l’économie a émergé essentiellement à partir du XVIIe siècle, et ce n’est pas par hasard, en Angleterre et dans des pays qui vont connaître un peu plus tard la révolution industrielle. De
même que la révolution industrielle a été assurément le plus grand changement pour l’humanité depuis la révolution néolithique, on peut dire aussi que probablement la nouvelle
conception de l’être humain comme un simple « homo oeconomicus », l’être humain relevant d’un simple être économique, a probablement été le plus grand changement dans la conception de l’être humain depuis l’antiquité. Je ne veux pas rester trop longtemps sur ce thème, mais il est évident que toute réflexion avant l’apparition de cette économie politique était une réflexion éthique, morale, qui essentiellement partait de l’idée que l’être humain était par nature mauvais et qu’il fallait faire un véritable effort pour le rendre meilleur. Dans ce cadre mental l’idée de quelque chose de meilleur existait. La philosophie et la religion avant le XVIIe siècle tournaient ainsi autour de ce thème central, comment améliorer l’être humain ? La révolution de l’économie politique émerge dans ce cadre mental pour le dépasser, ce dépassement consiste d’une certaine manière à se déclarer vaincu, il faut abandonner cette bataille de l’amélioration de l’être humain, prendre l’humain pour tel qu’il est, et dire que la méchanceté de l’être humain même si elle est avérée peut quand même avoir des conséquences directes extrêmement positives parce qu’elle peut enrichir l’être humain.
Cela a même été présenté comme une doctrine morale. Ainsi Adam Smith n’a pas seulement
écrit la Richesse des nations mais également et très étrangement, une théorie morale dans son livre La théorie des sentiments moraux. L’économie était donc aussi pour lui une certaine conception de l’être humain. Mais bien avant Adam Smith le personnage central de cette émergence de l’économie comme discours était quand même Bernard de Mandeville, et si on peut en effet appeler l’économie comme le fait Serge Latouche, une « science sinistre », Mandeville est évidemment un représentant par excellence de cette science sinistre. Dans la Fable des abeilles, cet auteur affirme que ce sont simplement les vices et la méchanceté humaine qui font que tout le monde s’active et crée de la richesse. D’après lui si les abeilles de sa fable prenaient vraiment à la lettre cette injonction d’être vertueux, ascétique, d’observer le temps de la contemplation et de la prière, il n’y aurait alors jamais de création de richesse.
Tout le discours de Mandeville consiste à proclamer « vive le vice ! », car c’est seulement du vice privé que naîtra le bonheur public, c’était d’ailleurs là le sous-titre de son œuvre. Mandeville est donc véritablement une figure centrale, on a pensé parfois qu’il était un satyre comme par exemple Jonathan Swift dans son fameux discours qui recommandait aux pauvres irlandais de manger leurs enfants, mais par ailleurs on connaît des lettres de Mandeville et d’autres, qui montrent que Mandeville était absolument sérieux dans sa fable. Il n’y a donc absolument rien de satyrique chez Mandeville. Nous pouvons bien sûr retracer une filiation directe entre Mandeville le véritable fondateur de l’anthropologie moderne et l’idéologie néolibérale, mais nous pouvons également établir une ligne directe qui va de Mandeville jusqu’à Sade qui était quelqu’un de véritablement cynique8. Le marquis de Sade ne fait en effet que tirer les conséquences extrêmes de cette idée de Mandeville qu’il n’existe aucune morale, et donc chacun est absolument libre de faire ce qu’il veut et que le meilleur gagne !
D’ailleurs le marquis de Sade qui passe aussi pour un héros de la liberté, se réfère explicitement dans ses écrits aux économistes et aux libéraux.
Au travers de ces différents auteurs, nous avons donc eu probablement la plus grande révolution dans la conception de l’être humain, qui d’un être moral passe à un être qui doit
travailler et consommer. A ce sujet Serge Latouche a cité tout à l’heure le discours de Baldassare Castiglione, mais Castiglione traçait d’ailleurs le portrait complètement idéalisé d’un monde qui même à l’époque n’existait pas comme tel. Je trouve également très caractéristique une autre anecdote que raconte le moraliste du XVIIIe siècle, Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort dans ses Maximes et pensées, caractères et anecdotes. Quelques années avant la Révolution française, nous sommes en France nous sommes dans la philosophie des Lumières, mais en Espagne pas du tout, et Chamfort raconte cette petite histoire d’un Français en voyage à Madrid et qui veut visiter le palais royal. Un guide lui fait visiter et lui présente une pièce en lui montrant qu’à cet endroit se trouve le cabinet du roi d’Espagne. Le Français qui cherche à faire un compliment lui répond « Ah c’est ici que travaille votre grand roi ! », mais le guide s’offense immédiatement, « Travailler ? Mais notre roi ne travaille pas ». Et le Français répond « à mais chez nous aussi le roi travaille pour le bonheur de son peuple ». Et le guide se fâche plus encore : « Vous offensez notre monarque, notre monarque est un seigneur ce n’est pas quelqu’un qui travaille comme un serf ». Cette situation montre une équivoque totale entre ces différentes conceptions négative et positive du travail, entre le Français qui est déjà dans cet esprit moderne et l’Espagnol encore évidemment attaché aux vieilles vertus de la noblesse pour laquelle il ne faut surtout pas travailler.
Je suis donc jusqu’ici assez d’accord avec l’ouvrage de Serge Latouche, L’invention de l’économie. Ma critique porte essentiellement sur la question qu’il ne suffit pas de changer de définition, de conception, de vision du monde, il ne suffit pas de parler d’invention de l’économie ou de la déconstruire, parce que l’économie n’est pas qu’une affaire d’imaginaire, ou pas seulement. L’économie est quelque chose qui s’est réellement implantée dans nos vies et dans le monde. Et d’une certaine manière le discours économique ce n’est pas quelque chose qui est inventé par des théoriciens qui seraient seulement méchants, il me semble que le discours économique est venu avec un changement dans la pratique réelle. Aujourd’hui nous entendons de nombreux discours qui me semblent donner trop de poids à la seule question de la construction du discours économique. Cette question a été celle posée par Cornélius Castoriadis, on la retrouve dans la critique de l’utilitarisme au sein de la revue du MAUSS autour d’Alain Caillé, on la trouve aussi chez un auteur comme Jean-Claude Michéa, et d’une autre manière on la retrouve aussi dans la théorie sur les épistèmes de Michel Foucault. Pour ces auteurs, il semble que l’histoire humaine soit essentiellement une question de théories, un jour arrive, nous ne savons pas bien pourquoi, une nouvelle théorie, une nouvelle vision du monde ou un nouveau paradigme émergent et commencent à être acceptés par les gens qui vont alors se comporter selon ce nouveau paradigme. Cela me fait toujours penser à la fameuse phrase de Marx et d’Engels dans la préface à L’idéologie allemande où ils critiquent d’autres philosophes de l’époque, les Jeunes hégéliens, quand ils ironisent sur ceux qui pensent que pour ne plus se noyer il suffirait de se libérer de l’idée de l’apesanteur. Une fois que l’on s’est ôté de la tête l’idée de l’apesanteur, on ne va plus se noyer. Si l’on transfère cela dans le domaine de l’économie, il semble que si les hommes réussissaient à s’enlever de la tête cette idée de l’économie, alors nous allons en finir avec l’économie dans la vie de tous les jours. Et nous trouvons quelques phrases dans ce sens dans L’invention de l’économie où Serge Latouche parle par exemple de l’économie comme d’une « trouvaille de l’esprit humain », une « construction de l’imaginaire un schéma de représentation», ou quelques pages plus loin « selon Castoriadis, c’est sur le terrain de la représentation que se joue le drame de l’invention de l’économie », ou encore par rapport aux artisans du Moyen Âge, que leurs vies besogneuses et laborieuses, matérielles et monétaires de se passer sous la bannière de ce « paradigme nouveau ». Serge disait tout à l’heure en citant Marc Twain, que quand on a un marteau dans la tête on voit tout sous la forme d’un clou. Aujourd’hui nous voyons tout sous forme d’économie. Si on ne pense sécheresse on ne pense qu’à l’argent perdu, etc. Mais il me semble que la société capitaliste ce n’est pas seulement que de l’ordre de l’esprit, dans une société où règne le fétichisme de la marchandise, cela est devenu finalement une réalité.
Ce n’est donc pas seulement une mauvaise interprétation du monde, le fétichisme n’est pas un simple voile jeté sur le monde que l’on pourrait enlever, d’une certaine manière notre représentation fétichiste du monde est aussi une traduction d’une certaine réalité fétichiste. En disant cela, probablement que quelqu’un va me dire qu’ici dans ce que je raconte on ne fait que retourner au matérialisme historique, c’est-à-dire à cette idée qu’il y a d’abord la production matérielle et que au fond toutes les idées ne sont que le reflet de cette réalité productive première. Ce matérialisme historique a été le cheval de bataille du marxisme traditionnel, et il se trouve en partie chez Marx et Engels mais pas sous une forme si extrême.
Il est certain qu’il faut aujourd’hui se libérer de cet héritage du matérialisme historique. Il est évident que dans la formation des sociétés, la simple production matérielle n’est pas toujours le facteur premier. On ne peut pas dire que la philosophie, la religion ou le droit sont une espèce de travestissement de la seule réalité qui serait celle de la production matérielle. Je suis absolument d’accord que nous allons nous libérer de cette espèce de poids du matérialisme historique. Mais j’ai l’impression dans les auteurs que j’ai cités, Jean-Claude Michéa, le groupe du MAUSS, Karl Polanyi, etc., que souvent on renverse simplement le schéma base- superstructure du sablier marxiste dont on reste prisonnier, que l’on retombe simplement dans le contraire du matérialisme historique, dans une forme d'idéalisme qui dit qu’essentiellement ce sont des idées des êtres humains qui gouvernent le monde. Et ce sont finalement les idées de quelques-uns, des philosophes, des grands penseurs, des juristes, etc., qui peu à peu trouvent d’autres acteurs qui vont les traduire dans la réalité. Il me semble qu’il nous faut dépasser les deux termes de cette dichotomie, en faveur de ce que Marx appelle le fétichisme.
Le fétichisme, par exemple celui de la marchandise mais aussi les autres formes de fétichisme, le fétichisme religieux, le fétichisme de la terre dans la société féodale, etc., n’est pas une simple mystification de la réalité comme souvent on le pense. Le fétichisme est une société où les hommes font leur propre histoire mais sans le savoir. Marx quand il se référait au terme de fétichisme se référait au terme religieux, c’est-à-dire le « stade » que l’on croyait être à cette époque le plus primitif de la religion, où le « sauvage » adore les idoles parce qu’il ne sait pas que c’est lui qui a créé ces idoles qu’il a investi de ses propres pouvoirs. Les hommes pensent dépendre de ce qu’ils ont pourtant eux-mêmes créé. Le fétichisme de la marchandise ce n’est donc pas du tout une forme d’adoration affective de la marchandise, il faut vraiment le prendre à la lettre, la marchandise, les marchandises sont pour nous des dieux dont les volontés nous échappent. Par exemple quand on dit, les marché n’ont pas voulu, les bourses ont voulu cela, etc., il semble que nous parlions de divinités complètement autonomes, alors que quand même c’est nous qui faisons le marché. Je pense donc que cette idée d’une constitution fétichiste de la société se situe au-delà des deux pôles, idée et matière du matérialisme historique et de son simple renversement, sans pour autant présupposer quelque chose de déterministe puisque c’est l’être humain qui constitue le fétichisme, mais il n’y a pas non plus des êtres humains qui tirent les ficelles comme pour un certain marxisme traditionnel qui pense toujours qu’il y a toujours des dominants, des classes dominantes, qui organisent d’une manière consciente la société. Pour décrire la société capitaliste il faut je pense dépasser le concept de domination directe qui a été central dans le marxisme traditionnel. Le fétichisme constitue une forme de domination plus spécifique à la formation sociale capitaliste.
La naissance de la pensée économique est donc étroitement liée à la naissance de la réalité économique, sans que l’on puisse déterminer qui de la poule ou de l’œuf est le premier.
Ce sont d’une certaine manière toujours deux choses qui se sont poussés l’un l’autre, mais pas dans le sens banal d’une action réciproque, car il y a des facteurs historiques qui quand ils restent isolés ne peuvent pas avoir beaucoup d’importance, mais il y a des moments historiques où ils commencent à se regrouper et à dépasser un certain seuil. Ainsi en Europe
avant la naissance de l’économie politique comme science, un pas décisif a déjà été franchi vers le XIVe siècle, c’est d’ailleurs à ce moment-là que se détermine l’exception européenne.
Car l’Europe auparavant n’était qu’une partie du monde. Son organisation, son niveau technologique, etc., n’étaient pas très différents de l’empire chinois par exemple. Le véritable saut qualitatif a été opéré au XIVe siècle, notamment au travers de la naissance d’une mentalité du travail dans les monastères, les moines chrétiens ayant été les premiers à donner une conception positive au travail par rapport à toute l’idéologie de la noblesse qui déteste le travail. Désormais travailler manuellement et durement faisait partie d’une vie chrétienne, comme dans la règle de Saint Benoît par exemple. Les monastères ont aussi utilisé cette invention de l’horloge, afin de respecter les horaires pour travailler et pour prier. Ce premier pas est matériel on peut dire aussi idéel si l’on veut, mais ce n’est pas comme si c’était une théorie admise dans le monde. Cependant en tant que telle, dans cet isolement social au sein de ce qui constitué la société plus vaste du Moyen Âge, cette mentalité du travail chez les moines n’aurait pas eu le même effet si cette mentalité du travail n’avait pas rencontré d’autres facteurs matériels. Probablement que ce n’était pas la croissance des marchés, le développement d’une mentalité plus ouverte ou des découvertes géographiques, etc., c’est comme l’a montré Robert Kurz, la révolution des armes à feu qui a fait dépasser un certain seuil qualitatif dans l’émergence de l’économie, de la société capitaliste en Europe. On peut dire que le capitalisme occidental naît déjà avec la force destructrice des armes à feu au XIVe siècle, car avec elles commencent une dynamique qui n’était pas voulue, inventée ou imaginée par personne, une dynamique qui se met en place dans le dos des individus. La guerre étant désormais une affaire de technologie assez coûteuse, c’est-à-dire de machines de guerre et de forteresses pouvant résister aux canons et non plus celle du courage du guerrier, les souverains ne pouvaient donc plus demander aux chevaliers de faire la guerre dans le cadre des liens vassaliques, ils devaient désormais payer des artisans, des ingénieurs et des ouvriers pour fabriquer ces armes à feu et construire ces nouvelles forteresses. Les souverains ont désormais des besoins d’argent importants, c’est à cette époque que les Etats vont commencer à lever des impôts toujours plus élevés sous une forme monétaire, afin également de payer les nouveaux spécialistes de cette guerre hors des rapports vassaliques, les soldats qui selon l’étymologie touchent une solde pour faire la guerre. Le soldat est le premier salarié du monde moderne, qui ne doit pas être payé en nature mais en argent. Soldat qui quitte son travail s’il n’est pas payé. Nous avons là véritablement chez le mercenaire et plus encore avec le condottiere qui organise les soldats, le modèle du salarié capitaliste en tant qu’entrepreneur de la mort. Pour financer toute cette nouvelle forme de la guerre, les Etats commencent donc à prélever des impôts sous forme principalement monétaire, on met la pression sur les paysans et les artisans qui doivent désormais davantage s’engager dans le travail pour arriver à payer des impôts toujours plus élevés. Ainsi la véritable naissance des Etats à la fin du Moyen Âge est liée à cette nouvelle logique de la guerre, auparavant jusqu’au milieu du Moyen Âge le pouvoir était une couche assez superficielle par rapport à ce qui va apparaître au XIVe siècle, existant seulement à partir de la cour royale, mais à partir du XVe siècle le rôle économique de l’État commence à croître de manière importante au travers de cette nouvelle forme de la guerre. Même tout l’or qui afflue des territoires découverts en Amérique ou de la Chine sert essentiellement à financer la nouvelle forme de la guerre. Le capitalisme est donc dès le début une économie de guerre.

Comme on le voit, l’émergence historique de l’économie ce n’est donc pas une simple idéologie de philosophes, de juristes, d’économistes, etc., que l’on peut déconstruire mais un fait historique réel qui n’a pas été voulu ou projeté par personne. Et c’est à partir de ce besoin croissant d’argent que les Etats commencent à instituer les premières manufactures, c’est alors que la politique économique devient centrale dans la conduite de la politique de l’État. C’est donc dans le cadre de cette réalité-là qu’est naît au XVIIe siècle cette forme de réflexion que nous appelons l’économie politique. J’insiste sur ce fait car ce n’est pas seulement une question d’historiographie, si nous voulons sortir de l’économie, il faut certes se libérer de l’emprise de l’idéologie économique mais ce n’est pas suffisant et nécessaire, il faut aussi sortir très concrètement l’économie de nos vies et de notre réalité.
Qu’est-ce que cela veut dire que sortir de l’économie ? Cela ne peut pas signifier sortir de la production matérielle ou du moins pas complètement. Cela veut dire sortir de ce qui délimite l’économie, c’est-à-dire le travail, l’argent, la valeur. C’est-à-dire une forme de vie sociale particulière et assez récente. Toute économie moderne est une économie d’argent, auparavant dans toutes les sociétés précapitalistes les besoins étaient satisfaits avec une sorte de « production » locale, les familles n’échangeaient que des excédents très particuliers contre de l’argent. L’argent avait une fonction très limitée, complètement marginale, il était la médiation d’abord pour l’échange des produits de luxe. Tout cela a complètement changé dans la société capitaliste, dans cette société l’argent n’est plus une médiation, l’argent n’est plus un instrument ou un simple moyen de circulation, mais devient le véritable but de la société capitaliste, la production matérielle y est désormais une espèce de mal nécessaire qui permet de réaliser le seul but véritable, celui de transformer cent euros en cent dix euros.
C’est l’exact contraire d’une production orientée selon les besoins. Ces besoins ne sont pratiquement qu’une espèce de prétexte pour réaliser la seule production qui importe, celle de la production de davantage de valeur qui s’exprime de manière visible dans la multiplication de l’argent. Là où existe l’argent dans cette forme, il y a nécessairement une croissance, parce que tandis que l’on peut échanger un besoin contre un autre, il n’y a pas de sens à échanger cent euros contre cent euros, là où chacun échange de l’argent chacun le fait pour avoir plus d’argent à la fin du processus. Toute société où l’argent est central dans le processus économique, est une société de croissance, nous ne pouvons pas avoir une société
décroissante sans sortir complètement de l’argent. Mais vous allez peut-être me dire que quand même l’argent a toujours existé, et que dans les temps préhistoriques nous échangions déjà des cauris de coquillages, etc., mais ce n’est pas là la question. Il faut distinguer des formes historiques différentes d’argent. L’argent qui nous concerne nous les modernes, c’est l’argent en tant qu’argent comme le dit Marx, c’est l’argent qui représente une quantité de travail, il est donc lié à la double nature de tout travail. Et cela n’est spécifique qu’à la seule société capitaliste. Marx explique que dans la société capitaliste, chaque travail a deux côtés, deux faces, d’un côté ce que le travail crée, par exemple une table. Mais ce même travail dans son autre face a également une face abstraite, car chaque travail est considéré qu’au travers du temps considéré comme nécessaire pour l’exécuter, et cela absolument sans tenir compte de ce que l’on fait. Si par exemple dans la société capitaliste une table a dix fois la valeur d’un livre, c’est simplement parce que dix fois plus de temps en moyenne sociale a été nécessaire.
L’échange d’argent dans la société capitaliste est donc essentiellement un échange de quantités de travail, quantités qui sont par définition indifférentes à ce que l’on produit. C’est là aussi ce qui fait le caractère si destructeur de la production dans la société capitaliste, car la production est donc indifférente à son contenu. Ce n’est pas une question de méchanceté psychologique, comme celle d’un entrepreneur qui préfère fabriquer des bombes plutôt que des jouets, c’est simplement un système fétichiste anonyme et impersonnel où pratiquement ce qui contient plus de valeur gagne sur ce qui contient moins de valeur. Et la valeur n’est que l’expression du travail, toute société capitaliste est donc nécessairement une société du travail, l’émergence historique du travail qui n’existait pas dans les sociétés précapitalistes, est bien expliqué dans le chapitre sur « L’invention du travail » dans le livre de Serge Latouche. Car le travail n’est pas lui aussi une donnée transhistorique, le travail est venu au monde avec l’économie à partir à partir de la fin du Moyen Âge. Évidemment les hommes et les femmes ont toujours fait quelque chose pour vivre, mais le travail, travailler, signifie mettre toutes les activités sur le même plan en faisant abstraction de leur contenu. Travail et travail abstrait c’est à peu près la même chose. Le travail est aussi peu naturel et éternel que l’économie, cela veut dire aussi qu’aujourd’hui aucune défense du travail en tant que tel n’a de sens politique. Il nous faut changer complètement la forme de la synthèse sociale qui ne doit plus passer par le travail. Ce qu’il faut aujourd’hui demander, c’est que la société d’une certaine manière fasse un calcul sur le besoin ou le désir et cherche quelles activités sont nécessaires pour les satisfaire. Savoir aussi quel degré de technologie et d’effort est souhaitable pour réaliser certains besoins, savoir dans chaque cas si cela vaut la peine ou pas.
Cela peut être des questions assez pragmatiques. Mais il est complètement insensé de demander de donner du travail aux gens sans se poser la question de savoir en quoi il consiste.
Tous les gouvernements font par exemple de grands programmes de relance dans l’immobilier, mais cela n’a aucun sens de continuer à construire des maisons dans des pays où la population est stable, peut-être on pourrait bâtir e manière plus qualitative, reconstruire les maisons existantes, mais pourquoi construire des villes entières comme l’on a fait récemment dans la dernière décennie en Espagne, pour seulement avoir du travail. Toute la critique de la croissance doit donc être nécessairement une critique du travail, mais cela ne doit pas être nécessairement un éloge de la paresse. C’est vrai qu’il faut critiquer le culte du travail dans notre société mais pas du tout pour simplement laisser le travail aux machines, c’est-à-dire au profit d’une automatisation du processus de production. Même une activité fatigante peut avoir un côté enrichissant pour l’être humain, comme le travail dans l’agriculture. Mais il faut que chaque activité même fatigante soit nécessaire ou liée à la réalisation d’un but positif pour l’individu, tandis que dans la société capitaliste l’on travaille seulement pour gagner de l’argent, pratiquement sans égard pour le contenu du travail, parce que le travail est d’abord une médiation sociale. Sortir de l’économie ne doit donc pas seulement et nécessairement signifier sortir du culte du travail, car il faut sortir de l’idée et de la réalité présente qui fait que le travail est la base de la vie sociale et individuelle. Il faut dégager une autre organisation des activités sociales qui dépasse complètement ce concept englobant du travail. Je pourrai poursuivre sur cette question, mais il serait peut-être intéressant de passer au débat et voir ce que vous avez envie d’approfondir comme thème.


            Anselm Jappe

Sortir de l’économie ?
 (ou plutôt comment l’économie a été inventée…)
Un débat avec Serge Latouche et Anselm Jappe

dimanche 6 mai 2012

Grèce Révolutionnaire !


La vérité sur le "potentiel Révolutionnaire en Grèce" dont on nous rabat les oreilles depuis 4 ans au moins:

Le parti NAZI va entrer et siéger  au parlement grec après avoir obtenu entre 7 et 8% des voix lors des législatives - Aube Dorée  dispose de 21 députés.

Nous avons toujours dénoncé clairement les désinformateurs de Tarnac ou d’ailleurs qui orientaient dans le cul-de-sac Grec les gauchistes européens. Lire nos précédents articles sur le sujet...

http://debord-encore.blogspot.fr/2011/06/la-grece-au-cur-de-toutes-les.html
http://debord-encore.blogspot.fr/2010/05/manolis-glezos.html


En France la place de la Bastille se tourne la tête avec Saint François...
La prophétie c'est réalisée, le despote nerveux est vaincu.

mercredi 2 mai 2012

Les élection Présidentielles en France

"Rien n'est réel, tout est permis"

Quoi que parfaitement secondaire au regard de l’immensité de la crise finale du capitalisme, les élection Présidentielles en France ont leur importance pour la suite.
On remarque la noyade du sitcom sarkozyste aux nombreuses trahisons dans son gouvernement, jusqu'au Premier Ministre Fillon après une ribambelle de ministres ou ex qui règlent les starting block des prochaine Législatives...

Les mouvements de grèves et de désobéissances dans la police qui avaient commencé à la SDAT s'étendent. Ils avaient débuté juste avant le clip Mérah dont les candidats Hollande et Bayrou avaient compris tout le sens dés le début.  Stoppant leur campagne électorale et se congratulant publiquement  aux obsèques des soldats défunt de Toulouse pour éviter le piège grossier tendu par les barbouzes sarkozystes. 
Photo explicite: Martine Aubry pousse une gêneuse pour mieux Pacser Bayrou, l'affaire est dans le sac pour les futurs Législatives.
Les cars gratuits pour amener les figurants UMP place du Trocadéro étaient squattés par les sympathisants du Front National allant vers leur grande messe Anti-Sarkozy (vote tactique défendu par l'ambitieuse Marine bien plus gourmande que son père et qui prépare un nouveau parti sur les ruines de l'UMP-PMU.)
Dans les aberrations de la campagne électorale de l'UMP on note en plus de l'étalage de toutes les haines d'un public de rentiers en menace de faillite, finalement la PEUR du capitalisme et de ses règles implacables qu'ils ont pourtant toujours défendu avec la force des armes depuis le début de ce système dont ils étaient les principaux profiteurs, croyait-ils.
Derrière le rejet de la "Lutte des Classes" et même des classes, et donc du réel, de la réalité toute crue, se cache la peur de la Fin du Capitalisme inéluctable.
Même en fusillant a tours de bras tous les boucs émissaires qu'ils s'inventent ils se savent perdu...
Certains des plus fous évoquent le pacte Germano-Soviètique dans la crainte d'une alliance fantasmatique Hollande-Le Pen comme une alliance Hitler-Staline...
Les camps pour tous mais pas au Club Med...

Hors de ces fantasmes déments regardons concrètement la direction politique du président déchu. Dans son alliance avec la chancelière Merkel, Sarkozy c'est laissé emprisonné par les banques allemandes dont elle est la représentante contestée dans son pays mais aussi partout en Europe et même aux USA.
La politique de rigueur imposé ne fait plus recette momentanément et seule l'organisation d'une énième Relance à l'échelle de l'Europe est à même de faire gagner encore un peu de temps au système capitaliste.
C'est ce que demandent la presque totalité des États européens, des électeurs Allemands et finalement Wall Street qui ne peut seul remuer le merdier financier dans lequel se débattent Bourses, banques  et transnationales. Hollande a donc de puissants alliés internationaux en plus du clan Chirac...

On peut se demander si Sarkozy ne cherche pas la certitude de perdre ces élections comme un homme de paille qui respecte le contrat signé mais ne souhaite pas rempiler 5 ans de plus. En aurait-il les moyens après avoir joué la guerre civile gagnante depuis le début de son mandat avec désormais pour seuls supporters des gérontocrates, quelques anti-degooche, et quelle infanterie ?

Comme pour l'intermède US "métis de-gauche" après Bush, le scénario "Gauche au Pouvoir" facilite une recomposition de la droite française usée jusqu’à la corde et donc la relance du Jeux Perpétuel dit "Alternance".
L'idéal pour ce Spectacle serait une élection bidon par mois en sus d'une Coupe du Monde de Football par semaine pour mieux mobiliser les dupes du système...
Mais la roue du capitalisme continue de tourner et la réalité ne peut se nier qu'en rêve, le retour d'élastique sera forcément très sec.


"Rien n'est réel, tout est permis" Lire: Vladimir Bartol  Alamut 
Reprise d'un morceau de 1978 de BULLDOZER (période Punk de l'Autonomie parisienne)

dimanche 29 avril 2012

Mais Sarkozy a raison sur le Vrai Faux Travail !



100 ans d'esclavage

C'est même probablement la première et dernière fois qu'il dit quelque chose de vrai.
Entendons-nous, dans le système capitaliste ou nous vivons et mourons joyeusement, le travail doit être productif c'est-a-dire producteur de VALEUR.
Une des causes principales de l’endettement démentiel des États est justement la subvention massive du Faux Travail. La part du Vrai Travail créateur de VALEUR capitaliste est trop faible désormais pour subventionner les figurants du Faux Travail qui s'activent inutilement à imiter le Vrai Travail.
Payer un chômeur ou un inactif au RMI-RMA est une bonne affaire, beaucoup moins coûteuse que de subventionner le Travail non-productif, non producteur de VALEUR capitaliste. Non seulement ce salaire est bien plus élevé que le montant d'un chômage ou d'un RMI-RMA mais en plus s'ajoutent les charges sociales qui financent la protection sociale du Faux Travailleur, le prix des locaux et de l'organisation de son non-travail improductif ...
Le Faux travailleur est partout et c'est lui qui ruine les États les plus riches. Ce maintient de l'ordre raffiné est devenu trop coûteux.  Le Faux travailleur heureusement consomme comme un goret, c'est bien le moins qu'il puisse faire  au tarif que coûte son travail subventionné non-productif !
Sarkozy se fait traiter de pétainistes par les défenseurs du Travail-pour-Tous stalinoïdes qui nous vient tout droit des Trente Glorieuses ou le travail de plein emploi était roi mais cette époque est révolue n'en déplaise aux Travaillistes (les idéologues du travail social). Ils veulent encore faire durer le plaisir de cette société agonisante de salariés/consommateurs qui ont changé le monde en un tas de déchets pollués et sans avenir en un rien de temps au seul motif de se goinfrer de pacotilles polluantes mais consommables. Comme les marchandises qu'ils consomment ils sont jetables, en doutaient-ils ?
De mensonges en mensonges les clowns du spectacle finiront par tout dire à des consommateurs/électeurs qui regardent derrière eux leur avenir de pain blanc avec leur ridicule bulletin de vote nostalgique.

Votez pour l'usine fantasmée des néo-staliniens du Front-de-Goooche
Votez pour le cauchemar néo-fasciste motorisé des culs-terreux ringards du Front National
Votez pour le centrisme plan-plan des notables de province, Poule au pot pour tous 
Votez pour le néo-néo-néo-gaullisme de Dupont-la-Joie
Votez pour le casino libéral, dont la banque a sauté, des mafieux opportunistes de l'UMP
Votez pour l'équilibre travailliste impossible de François-le-mec-sympa qui colle aux basquettes de toutes les provocations policières et nationalistes de Sarko-non-lieu et sa clique de barbouzes.

Quel premier Mai ?


Marchez le 1er mai pour le Vrai Faux Travail qui fait de vous des esclaves salariés a perpétuité.
Mais vous n'arriverez à rien dans cette fin de capitalisme qui ne vous prépare que la ruine !
Une morne vie d'ennui dans un monde de déchets.

A Bas le Travail !


Il va de soi que nous différencions le Vrai Travail (créateur de Valeur capitaliste) du Faux Travail (non créateur de cette même Valeur capitaliste) à l'intérieur du capitalisme.
L'activité humaine, la socialisation du Sujet vivant (voir Michel Bounan) ne peut se concevoir que débarrassé du capitalisme, qu'on la nome travail ou autrement.


Qui serait étonné par la signification marxienne du concept de Valeur aurait nécessairement une connaissance nulle de l'œuvre de Karl Marx comme aussi de Guy Debord.
Ces questions sont au centre de toute l'activité théoricienne des courants révolutionnaires et depuis 20 ans au moins sur le devant de la scène des débats sur les cinq continents.
Encore pourrait-on faire remonter cette connaissance de la Valeur capitaliste à Marx lui-même et malgré toutes les falsifications et erreurs des marxistes, aux courants prolétariens non-orthodoxes.
Plus récemment  aux travaux des théoriciens de l’Internationale Situationniste (1957/1972), au groupe informel mené par Guy Debord jusqu'en 1994 et dernièrement par Michel Bounan.
Évidement au texte fondateur de Moishe Postone en 1986 qui est à l'origine des courants dit: "Critique de la Valeur" (KRISIS ) et "Critique de la Valeur et du Genre" (EXIT )
Les officines pseudo-anarchisantes et/ou marxistes pilotées par les désinformateurs officiels du système ne peuvent qu'occulter ces questions, mais elles ne sont pas en mesure d'en disqualifier la portée.
La non-connaissance de la Valeur et du Sujet Automate est  l'exacte mesure de leur ignorance complète de ces complexités hors de portée de leur misérables talents passéistes et réactionnaires.


Voir le texte en anglais de Postone (Le PDF est payant c'est inacceptable !)
 Article-thinking-the-global-crisis-by-Moishe-Postone

lundi 23 avril 2012

Attention faux mails sur no-log

ALERTE

Hameçonnage ou phishing

Lire copies écran

Nous avons prévenu l'Admin http://www.no-log.org
il s'en tape...
Nous écrire: marat@no-log.org 

Mais qui est derrière ce site malaisien ?

Un sympathique connard qui vend sa soupe marketing et se fait hacker a l'insu de son plein gré ou une misérable crapule qui truande vos cartes bleues ?

Vérifiez vous-même: http://askbudakboy.com

Comme on arrête pas le Progrès  d'autres phishings toujours chez no-log mais différents:

--------------------

no-log est un historique du Libre en France (globnet) qui propose un service sécurisé sans logs, utilisé par de nombreux hacktivistes et qui a des problèmes de fric, alors a vos fouilles... 

Manque encore des euros à ces pov's gus...


 

vendredi 20 avril 2012

NO Comment


Le scénario DSK/Sarko (CIA contre CIA) a donc été habilement déprogrammé par une Opération Spéciale (merci SOFITEL) laissant la place à François Hollande. Sponsorisé par le livre de Jaques Chirac et sa fameuse boutade qui lança la candidature de son poulain. Quelle habile stratégie pour une homme qu'on disait diminué par  la maladie...
On ne devra pas se réjouir trop de l'éviction de la vermine Sarkozy, les donneurs d'ordres sont toujours les mêmes et l'agonie du capitalisme ne fait que commencer. Les mêmes lobbys et la même Valeur.  
MANIFS du 21 Avril

Le 21 Avril est la veille du premier tour des élections présidentielles, mais c’est aussi la date de convergence et d’union des différentes marches populaires qui ont parcouru la France pendant tout les mois de Mars et Avril. Différents appels et textes ont été écrits dans les différentes villes.
Dans un communiqué des membres du collectif Anonymous soutiennent ces actions.
Ces rassemblements s’inscrivent dans l’expression d’une volonté démocratique provenant de la base de la société. Les mouvement mondial des Indignés (le 15 Octobre des millions de personnes se sont rassemblées dans plus de 80 pays) organise au niveau international de grosses protestations pour le mois de Mai. 
Ainsi le premier Mai sera le sein d’une grève générale organisée par le mouvement Occupy Wall Street tandis qu’en Europe les Indignés tiendront des Assemblées Populaires ce jour là. 
Aux dates du 12 et du 15 Mai, dates retenues pour l’anniversaire du mouvement (né en Espagne le 15 Mai 2011), les Indignados de toute la planète organisent des protestations, dès aujourd’hui planifiées dans plus de 100 villes dans le monde.
Pour assurer le côté apartisan et indépendant des rassemblements, le prosélytisme pour les organisations sera à éviter. Par contre les slogans et les pancartes personnelles sont les bienvenues. 
Pour suivre les événements sur twitter : #21A #Indignés


Liste des rassemblements : 

Paris: Châtelet 
Fontaine des Innocents 14H:  https://www.facebook.com/events/212208845535763/
Bayonne: https://www.facebook.com/events/425621320786097/
Bordeaux ?
Brest: Place de la liberté 14H : https://www.facebook.com/events/243947932371110/
Clermont: Place de Jaude 16H : https://www.facebook.com/events/359970130705940/
Grenoble: Place Notre Dame 14H puis 20H Felix Poulat:
 https://www.facebook.com/events/278417882243964
Lille ?
Limoges: Place de la Motte 14H
Lyon: Place des Terreaux 17H: https://www.facebook.com/events/316935401701047/
Marseille: Place Général de Gaulle 18H: https://www.facebook.com/events/244186705674113/
Montauban: Place Prax Paris 16H: https://www.facebook.com/events/366610476692631/
Montpellier: Place de la Comédie 18H: https://www.facebook.com/events/326375264090908/
Nancy: Place Stanislas 14H
Nantes: Place Royale 19H: https://www.facebook.com/events/226211900811446/
Nice: Place Masséna 20H: https://www.facebook.com/events/271747119569891/
Nîmes: Place de la Maison Carrée 13H: https://www.facebook.com/events/383570241675894/
Niort: 14h Place du Port: https://www.facebook.com/events/356788664356737/
Strasbourg: Place de la République 14H: https://www.facebook.com/events/220465564724227/
Toulon: Place de la Liberté 14H: https://www.facebook.com/events/328541703875923/
Toulouse: Place du Capitole 14H: https://www.facebook.com/events/384730928225712/


 
Police Nervous Breakdown

 ILS NE NOUS REPRÉSENTENT PAS
  • Samedi, 21 Avril, 2012 - 14:00
  • Rendez-vous à la Fontaine des Innocents Place Joachim du Bellay (Métro Les Halles Porte Lescot) pour le départ de la manifestation
  • Arrivée à Paris des marches populaires venues de Bayonne, Lille, Angers, Toulouse, Marseille et de la banlieue.
    Marchons ensemble !

    ILS NE NOUS REPRÉSENTENT PAS

     - Pour l'assemblée de quartier de Belleville : départ à 13h depuis Belleville:
    - Arrivée des marches à 14h à Châtelet, départ en marche festive vers le Parvis des Droits de l'Homme
    - Passage devant l'Assemblée nationale
    - Arrivée au Parvis des droits de l'homme prévu à 18h
    - Temps d'échange et prise de parole de 18h à 19h
    - Soirée festive (AARDY/marche Marseille) 19h-21h

    Site des marches Paris 2012: http://www.marche-paris-2012.com/
    Affiche Paris: http://paris.reelledemocratie.net/node/1194 (en cours de modification)
    Affiche et tract Belleville: 

dimanche 15 avril 2012

Rébus électoral

Arrivé au jour J des élections présidentielles:
« Boycott Actif »
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89loi_Machoro 
Éloi Machoro détruisit à coup de haches une urne à Canala.

mercredi 11 avril 2012

Appel à manifestation pour le 21 avril 2012

S'agissant de l'élection présidentielle, les dates du dimanche 22 avril 2012 (premier tour) et du dimanche 6 mai 2012 (second tour) on s'en branle !


Anonymous et le Mouvement Occupy font front commun avec #REvolution2.0 une nouvelle opération mondiale qui débutera le 21 avril 2012.



Ils répandent la peur et la misère,
Ils nous divisent, pour mieux régner,
Le monde est en marche vers une révolution.
En France, qu'attendons-nous ? 
Ce n'est pas parce que les médias ne montrent rien, que rien ne se passe. Ce n'est pas parce qu'ils ne veulent pas nous entendre que nous n'avons rien à dire.
Faisons entendre nos voix: Anonymous et Occupy s'allient, et appellent les citoyens du monde, à manifester le 21 Avril 2012. 
Si Anonymous et Occupy ne sont pas la même chose, nous poursuivons le même but, nous avons le même idéal. Un masque pour abolir les frontières, une occupation pour nous rassembler, après la peur vient la colère.
Révoltez-vous.
Il y a cette course vers le silence qui n'en finit plus de nous faire réagir. Il y a cette décadence d'un système qui n'a aucun visage. Que ceux qui ont fait de ce système une abomination sachent qui nous sommes, que ce système qui a fait de ces personnes des abominations sache qui nous sommes :
Nous sommes Anonymous, nous sommes les 99%. Nous sommes les mères, les pères, les enfants d'un pseudo pays qui ne les écoute plus, d'un monde qui ne les porte plus. Nous sommes esclaves salariés, étudiants, exclus et chômeurs. 
Nous sommes les parqués des banlieues, les sous-classes moyennes, les délaissés, nous sommes les soumis et les révoltés. Nous sommes ceux qui nourrissent l'espoir et que l'espoir nourrit.
Les idées et les peuples restent, les gouvernements passent.
Le pouvoir est en chacun de nous.
Le peuple uni ne peut être vaincu.

Rendez vous le 21 Avril 2012 sur chaque grande place de chaque grande villes.

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