lundi 9 avril 2012

« Lubies métaphysiques de la lutte des classes »

 A propos des présupposés tacites d'un étrange rétro-discours 

 

Trenkle fait feu de tout bois, ce texte d'abord mais aussi un livre avec  Ernst Lohoff. Lire ici

Extrait:

  La lutte des classes serait-elle de retour sur la scène historique ? Pour qui prête l’oreille au discours de la gauche, ça ne fait apparemment aucun doute. « C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes », déclare-t-on d’entrée dans le n°4 de la revue allemande Fantômas, en faisant référence au prolétariat et à la lutte des classes. « La base ayant l’air décidée à secouer les rapports de force [...] il est grand temps pour la gauche de parler à nouveau des classes[1] ». On peut lire des choses semblables dans bon nombre de journaux de gauche. A mesure que le processus de crise qui frappe le capitalisme mondialisé accentue la polarisation sociale et qu’une certaine opposition grandit en réaction, la vision du monde marxiste-orthodoxe semble également revenir en grâce.
 
Cependant, si on laisse de côté les dinosaures marxistes qui persistent à vénérer le poing calleux des prolétaires, force est de constater qu’un changement notable s’est produit par rapport à la rhétorique traditionnelle de la lutte des classes. Depuis longtemps sa fixation sur la classe ouvrière blanche et masculine des centres industriels comme sujet fantasmé de la révolution était devenue, à tous points de vue, indéfendable. Et ce n’était pas seulement dû à l’apparition de la microélectronique qui, en boostant la productivité, avait réduit ce segment social à une petite minorité, privilégiée à maints égards en comparaison de la grande masse des salariés précaires, et défendant bec et ongles ces privilèges y compris contre ceux situés plus bas dans l’ordre hiérarchique capitaliste. En fait, le discours des années 1980-1990 dénonçait même très pertinemment les hiérarchies et les exclusions résultant de cette aberration qui consiste à prendre une section particulière du conflit entre travail et capital pour la « contradiction principale » du capitalisme, et ne se privait pas de mettre en évidence la diversité et l’intrication des formes de domination. Cela dit, il allait rarement au-delà de la simple addition : la catégorie de classe était élargie, affinée et complétée par d’autres catégories, notamment le sexe et la « race », c’est-à-dire l’appartenance ethnique. Du coup, on perdait à la fois le concept critique des rapports capitalistes et la perspective de leur dépassement.
 
Le tout nouveau discours sur la lutte des classes, quant à lui, a des allures de produit fortement hybridé. D’un côté, il témoigne d’un effort pour développer à nouveau une approche centralisante susceptible de rapporter l’ensemble des luttes en cours à un même dénominateur commun. De l’autre, cependant, il affiche sa volonté de ne pas reproduire le réductionnisme et les exclusions propres au marxisme orthodoxe. Résultat : un concept de lutte des classes qui s’avère tout à la fois complètement flou et – même si cela va souvent à l’encontre de ses revendications – inséparable d’un certain nombre de prémisses métaphysiques jamais remises en cause. Vu sous cet angle, le discours actuel ne représente pas la moindre amélioration par rapport à son vénérable aïeul ; il ne fait finalement que le reproduire sous une forme qui, tout en reflétant les conditions sociales, ne rend compte que superficiellement de ce qui, en elles, a changé.
 
Nature cachée
 
    Le mythe du « point de vue de classe » étant l’un des articles de base du catalogue marxiste, sa reproduction continuelle se remarque à peine. Naturellement, ç’a toujours été une contradiction dans les termes que de prétendre qu’une certaine catégorie sociale – autrement dit, au départ, un produit du capitalisme – puisse en même temps incarner un point de vue intrinsèque qui le dépasse ; et il n’est guère surprenant que cette aporie théorique ait donné lieu d’emblée à des arguments alambiqués rappelant à bien des égards, par leur charge métaphysique, l’absconse littérature théologique construite autour de la Sainte Trinité ou de l’Immaculée Conception. Sans doute cette théologie de classe trouva-t-elle sa formulation la plus élaborée et sa plus grande cohérence théorique dans Histoire et conscience de classe, où Georg Lukács rassembla ses essais des années 1919-1923[2]. Ce livre offre par conséquent le meilleur point de départ pour dégager les grandes axes de ces prémisses et corollaires métaphysiques dont, semble-t-il, le discours actuel sur la lutte des classes se nourrit encore implicitement.
 
Le tour de force théorique du jeune Lukács, ce qui fait de sa pensée un objet singulier au regard de presque tout le marxisme orthodoxe et, encore aujourd’hui, un point de référence pour la fraction la plus réfléchie de la gauche, demeure son effort pour penser ensemble le « point de vue de classe » et la réification résultant de la forme-marchandise. Cela revenait, à l’époque, ne l’oublions pas, à tenter de digérer intellectuellement l’échec des révolutions en Occident. Lukács cherche au fond à comprendre pourquoi le prolétariat, en dépit de sa croissance numérique ininterrompue, n’est pas parvenu à renverser le capitalisme, et, dans un second temps, pourquoi sa conscience empirique est restée empêtrée dans les catégories capitalistes. La réponse ne se trouve pas dans une grossière histoire de manipulation et de corruption telle que Lénine a pu en raconter, imputant notamment l’échec des révolutions dans les centres capitalistes à l’intéressement du prolétariat métropolitain (l’« aristocratie ouvrière ») aux profits des monopoles et de l’exploitation coloniale. Aux yeux de Lukács, le problème découle plutôt du fait que, dans la société productrice de marchandises, les relations sociales revêtent un caractère de relations entre choses, de sorte que les processus sociaux deviennent indépendants des hommes, n’obéissent plus à aucune volonté consciente et offrent l’apparence de lois naturelles intemporelles et réputées imprescriptibles.
 
Autant on peut, au départ, être d’accord sur le fond avec Lukács, autant sa description de la réification comme une structure dissimulant sa « vraie nature » prend rapidement des allures de tour de passe-passe métaphysique. Il n’est en effet plus question d’un déguisement superficiel de nature idéologique, au sens où, par exemple, « dans les coulisses » d’un automouvement social de pure apparence, certains factions politiques ou puissances étrangères tireraient les ficelles – comme l’expriment la plupart des marxistes orthodoxes lorsqu’ils tombent sur les concepts de réification ou de fétichisme de la marchandise et leur improvisent une interprétation de fortune[3]. Lukács, lui, discerne clairement le véritable contenu social de la réification : elle se matérialise dans les structures sociales, modèle radicalement nos formes de perception et, ce faisant, nous dissimule le fait que les relations réifiées sont en réalité des relations humaines produites et médiatisées par le travail. C’est pourquoi Lukács, fort de cette analyse, peut, en toute cohérence théorique, poser le point de vue du travail comme étant celui de la totalité sociale, et élever le prolétariat, représentant de ce point de vue, au rang de sujet historique destiné à faire voler en éclats la réification et à abolir le capitalisme.
 
En attendant, admet Lukács, le prolétaire se voit soumis à la réification, en particulier à travers l’obligation qui lui est faite chaque jour de vendre sa force de travail, et donc de se transformer en marchandise, de s’objectiver lui-même. Mais voilà précisément ce qui le met en position de voir au travers des structures marchandes pour discerner quelle est sa vraie nature, son essence, son « être » qui n’a jusqu’à présent existé qu’« en soi ». C’est là le premier pas du devenir-pour-soi qui signera la libération non seulement du prolétariat mais, avec lui, du genre humain tout entier : « La reconnaissance que les objets sociaux ne sont pas des choses mais des relations entre hommes aboutit donc à leur complète dissolution en processus. [...] La conscience du prolétariat s’élève alors jusqu’à être la conscience de soi de la société dans son évolution historique. En tant que conscience du pur rapport marchand, le prolétariat ne peut prendre conscience de lui-même que comme objet du processus économique. Car la marchandise est produite, et l’ouvrier en tant que marchandise, en tant que producteur immédiat, est, dans le meilleur des cas, un rouage mécanique dans ce mécanisme. Mais si la choséité du capital se dissout dans le processus ininterrompu de sa production et de sa reproduction, le fait que le prolétariat est le vrai sujet de ce processus – bien que ce soit un sujet enchaîné et d’abord inconscient – peut alors, de ce point de vue, devenir conscient[4] ».
 
Cette célébration du prolétariat en tant que « vrai sujet » du capitalisme et sauveur de l’humanité est inséparable de la conception lukácsienne du travail comme principe transhistorique constitutif de la socialité. Comme au reste l’ensemble de la pensée marxiste-orthodoxe, cette conception repose sur l’idée que, de tout temps, les rapports sociaux furent fondés sur le travail. De sorte que le travail n’est autre que le principe qui fait d’une société une société, et d’un être humain un être humain. Dans la société capitaliste, toutefois, cette médiation du travail s’effectue sous une forme réifiée et indirecte via la production marchande (qui comprend également l’exploitation de la force de travail), et devient par là même invisible. Lorsque Lukács écrit que la relation réifiée, « par son système de lois propre, rigoureux, entièrement clos et rationnel en apparence, dissimule toute trace de son essence ultime : la relation entre hommes[5] », il évoque précisément cet escamotage, cette dissimulation de la fonction médiatrice du travail. Seul le prolétariat, en prenant conscience de lui-même, peut parvenir à lever le voile et révéler enfin au grand jour le mystérieux noyau des relations sociales. Abolir la réification équivaut, dans cette optique, à libérer le travail des pressions d’une structure marchande qui, en dernière analyse, lui est extérieure. Quant à la société communiste, elle serait celle où la médiation du travail s’opère consciemment[6].
 
Certes, Lukács a tout à fait raison de définir l’« essence ultime » de la « structure marchande » comme une relation entre des personnes médiatisée par le travail. Là où il se trompe, c’est qu’il ne s’agit justement pas là d’un attribut transhistorique de la socialité, mais au contraire d’une caractéristique historiquement spécifique (et, du reste, nullement dissimulée) de la société capitaliste, caractéristique qui la distingue de toutes les autres formes sociales connues. Car si, indéniablement, dans toute société, des choses doivent être produites d’une manière ou d’une autre, la société capitaliste est par contre la seule dans l’histoire à recourir, pour constituer et médiatiser son lien social, à une forme homogène et homogénéisante d’activité : la quantité abstraite d’énergie humaine dépensée. Dans ces conditions, il s’avère impossible pour le travail de se libérer de la réification, puisqu’il est lui-même une forme réifiée d’activité et, en tant que tel, sous-tend la production marchande moderne. La « prise de conscience » par le travail de son rôle de principe de médiation sociale ne débouche dès lors que sur l’antinomie entre « prise de conscience » de la production marchande et soumission « consciente » à ses impératifs et à ses lois. En revanche, si un jour les hommes se mettaient pour de bon, consciemment et directement, c’est-à-dire sans le détour par les biens matériels et l’argent, à s’entendre en vue d’organiser leurs rapports sociaux, cela mènerait non pas simplement à la libération d’une « nature » jusqu’à présent masquée car réifiée, mais bien plutôt à l’abolition du principe de socialisation homogène et répressif – le travail – et à son remplacement par une pluralité de formes de médiation sociale et d’activité. Il se peut que les approches et les potentiels d’une telle évolution soient en germe dans la société productrice de marchandises – ou du moins dans l’opposition toujours vive contre ses perpétuels assauts totalisants –, mais cela ne constitue guère qu’un en-soi auquel il reste encore à devenir pour-soi.
 
Les partisans de Lukács font parfois valoir qu’à proprement parler il ne glorifia pas le point de vue du travail mais insista au contraire sur le nécessaire autodépassement du prolétariat, et par conséquent du travail. C’est oublier toutefois que cet autodépassement s’accompagne d’une auto-affirmation, laquelle reviendrait ni plus ni moins à universaliser la condition prolétarienne. Nous n’aurions alors rien d’autre qu’une société marchande totale, avec son caractère coercitif objectivé. Lukács l’admet d’ailleurs implicitement lorsqu’il décrit sa société socialiste prolétarienne comme étant régie par des « lois économiques objectives » qui « resteront en vigueur encore après la victoire du prolétariat et ne dépériront – comme l’Etat – qu’avec la naissance de la société sans classes, entièrement sous le contrôle humain. Ce qu’il y a de nouveau dans la situation présente, c’est simplement – simplement ! – que [...] le prolétariat possède la possibilité, en profitant consciemment des tendances existantes de l’évolution, de donner à l’évolution elle-même une autre direction. Cette autre direction, c’est la réglementation consciente des forces productives de la société. Vouloir cela consciemment, c’est vouloir le “règne de la liberté” ; c’est accomplir le premier pas conscient dans la direction de sa réalisation[7] ». Lukács avoue là que la prétendue abolition de la réification par la « prise de conscience » de la fonction médiatrice du travail dans la société n’est que pure fiction. Néanmoins, il reste suffisamment conséquent dans sa réflexion pour assigner, au même titre qu’au travail, un caractère transhistorique à l’automouvement fétichiste du capitalisme, limitant par là même le pouvoir du régime prolétarien à « profiter » habilement des « lois économiques objectives » pour en tirer le meilleur parti possible. Ni plus ni moins que ce que firent le « socialisme réellement existant » et l’Etat régulateur fordiste.
 
Conscience de classe adjugée
 
    Dans la mesure précisément où Lukács transfigure la catégorie bourgeoise fondamentale qu’est le travail en point de vue de l’émancipation, et le prolétariat en sauveur de l’humanité, ses efforts visant à démystifier la réification produisent le résultat inverse. Ni le caractère realmétaphysique[8] de l’univers social marchand, ni ses formes transcendantales ne sont décryptés mais ils sont en revanche inconsciemment affirmés et investis en sus d’une puissance quasi religieuse. Au lieu de dépasser la métaphysique hégélienne de l’histoire, Lukács se contente de lui donner un tour « matérialiste » : la raison est remplacée par le travail, et l’Esprit, sujet de l’histoire, par le prolétariat[9]. Rien d’étonnant dès lors à ce que ce dernier affiche tous les attributs de la forme-sujet bourgeoise, et notamment sa structure antinomique faite à la fois de sentiments de toute-puissance et d’impuissance effective (ce qu’exprime conceptuellement Lukács, de manière on ne peut plus cohérente, lorsqu’il qualifie le prolétariat de sujet-objet de l’histoire). Car le prolétariat n’a rien d’un sujet au sens où il pourrait décider librement des questions sociétales ; il est au contraire entièrement assujetti, dans son niveau de conscience et ses marges de manœuvre, à une logique de développement que Lukács présume transhistorique et identifie au « développement des forces productives ». Comme on l’a vu, ces lois d’airain resteraient en vigueur même après la révolution et ne finiraient par perdre leur validité qu’avec l’avènement, lointain et incertain, de la société sans classes rêvée par Lukács (lequel s’inscrit ici pleinement dans la ligne du marxisme orthodoxe). L’absence d’autonomie du sujet bourgeois au sein de l’automouvement objectivé de la société marchande permet ainsi d’expliquer en termes de destin ontologique la folle dynamique d’expansion qui caractérise cette société. La « liberté » du sujet se résume à la fameuse intellection de la nécessité[10]. Lukács a, du reste, tout à fait raison de faire du sujet un objet, un être soumis ; mais en cela il ne décrit rien d’autre que les relations, constitutives de la société marchande, qu’entretiennent les hommes avec leur lien-social-fétiche ; il échoue précisément à voir au-delà de cette forme de rapport au monde[11].
 
La soumission de la forme-sujet au lien-social-fétiche tel que Lukács le comprend, ne se traduit pas seulement par ces considérations sur une société soi-disant postcapitaliste. Même en tant que sujet de la révolution, le prolétariat s’avère totalement dépourvu d’autonomie. La définition lukácsienne de la « conscience de classe » ne laisse aucun doute sur ce point. Loin d’être entendue comme ce que les membres de la classe ouvrière pensent réellement, elle est ce que, en vertu de leur soi-disant véritable nature, ils devraient penser. Aux prises avec un prolétariat censé incarner le point de vue anticapitaliste « en soi » mais qui manifestement, dans sa majorité, ne se montre nullement attiré par l’option révolutionnaire, Lukács résout cette contradiction à la manière métaphysique habituelle. La conscience de classe doit, selon lui, « être adjugée à une situation typique déterminée dans le processus de production[12] » et ne peut donc être déterminée que « scientifiquement ». On reste, par conséquent, largement dans le domaine du virtuel : « En rapportant la conscience à la totalité de la société, on découvre les pensées et les sentiments que les hommes auraient eu, dans une situation vitale déterminée, s’ils avaient été capables de saisir parfaitement cette situation et les intérêts qui en découlaient tant par rapport à l’action immédiate que par rapport à la structure, conforme à ces intérêts, de toute la société ; on découvre donc les pensées, etc., qui sont conformes à leur situation objective[13] ».
 
Voilà donc le fameux « sujet-objet de l’histoire » d’emblée frappé d’incapacité et placé sous tutelle. Puisqu’il ne semble pas en mesure de parvenir seul à la « vraie conscience », elle doit lui être enseignée par ceux qui font autorité en la matière : le théoricien et le parti, deux instances qui, réunies, savent quelle est cette mission historique de la classe ouvrière dont elle-même ignore tout, et travaillent dur pour l’aider à évoluer de l’« en soi » au « pour soi » : « L’autonomie organisationnelle du parti communiste est nécessaire pour que le prolétariat puisse apercevoir immédiatement sa propre conscience de classe comme figure historique ; [...] pour que toute la classe élève à la conscience sa propre existence en tant que classe[14] ». Les implications tyranniques d’une telle conception sautent aux yeux : le parti est désigné comme instance éducatrice, et son autorité se renforce encore par le fait qu’il est censé l’exercer pour le plus grand bien de ses élèves. De sorte qu’il n’y a plus rien à discuter. Le prolétariat est simplement invité à se soumettre aux délégués qui, en son nom, se sont adjugé la conscience de classe : « Vouloir consciemment le règne de la liberté, ce ne peut donc être que franchir consciemment les pas qui y mènent effectivement. [...] Cela implique une subordination consciente à cette volonté d’ensemble qui a pour vocation d’appeler réellement à la vie cette liberté réelle [...]. Cette volonté d’ensemble consciente, c’est le parti communiste[15] ».
 
Lukács se révèle donc non seulement un léniniste pur et dur, mais s’inscrit également en toute connaissance de cause dans le droit fil de la philosophie des Lumières. Les échos de la « volonté générale » rousseauiste et de l’« impératif catégorique » kantien n’ont ici rien de fortuit. Comme Kant et Rousseau, Lukács fonde la communauté sociale sur des principes abstraits et transcendantaux, qui préexistent à toute empirie, prévalent sur elle et la dégradent même au rang de matériau tout à fait insuffisant. Seulement, dans la pratique, cette conception ne reflète rien d’autre que la soumission des hommes à la forme realmétaphysique de la valeur et à sa domination abstraite, laquelle ne fonctionne jamais sans heurts mais nécessite au contraire une constante médiation. Agissant ici, à l’encontre des intérêts particuliers des prolétaires, au nom d’un « intérêt général » censé émaner de leur point de vue de classe, le parti joue un rôle de médiateur en tous points identique à celui joué par l’Etat bourgeois dans la mise en place et le maintien de la communauté sociale productrice de marchandises. Involontairement, Lukács légitime donc le parti dans son rôle d’instance disciplinaire participant au processus de totalisation capitaliste.
 
    Fantasmes narcissiques de toute-puissance
 
La critique du caractère métaphysique de la théorie des classes lukácsienne et de ses incidences autoritaristes pourrait ressembler à un combat d’arrière-garde. Le postmodernisme n’a-t-il pas depuis longtemps démoli la métaphysique ? Plus encore, la critique postmoderne de la métaphysique ne fait-elle pas partie désormais des thèmes favoris des intellectuels marxistes ? A les entendre, en tout cas, la nouvelle version du discours sur la lutte des classes irait bien au-delà de la philosophie de l’histoire d’un Lukács. Dans l’éditorial du numéro déjà cité de la revue Fantômas, on lit ainsi : « Que tant de gens de gauche se soient retirés, voire enfuis du champ de bataille traditionnel de la politique socialiste, social-révolutionnaire ou communiste, cela résulte en grande partie de l’inadéquation de leurs concepts de lutte des classes eu égard à la réalité des classes, inadéquation elle-même due essentiellement à une double faute dans la détermination de la subjectivité des luttes sociales. En premier lieu, le “prolétariat” faisait l’objet d’une réduction sociologique (et sociologiste) aux seuls travailleurs blancs, mâles, qualifiés, des usines fordistes [...]. Ainsi amputée, la figure du prolétaire se voyait alors – partie à cause de cette réduction sociologique, partie pour la contrer – amplifiée à l’échelle de la philosophie de l’histoire et transfigurée en un Weltgeist à la stature impressionnante[16] ». Cette belle analyse omet toutefois un détail : la charge métaphysique du concept de classe étant inséparable de la transfiguration d’une catégorie sociale immanente au capitalisme en sujet révolutionnaire, on ne peut se contenter, pour l’éliminer, de faire entrer tout bêtement la quasi totalité du genre humain sous l’appellation de « prolétariat » ou de « classe ouvrière mondiale[17] ». Car, certes, on mettrait ainsi fin à une réduction sociologique critiquable à juste titre, mais pour, à l’inverse, grotesquement étirer le sujet aux dimensions d’un collectif anticapitaliste qui n’est même pas conscient de lui-même. Ce serait vraiment pousser, de manière implicite, le concept de classe jusqu’aux limites de l’absurde. Seulement, au lieu d’en prendre acte et de se débarrasser du concept, on se borne à lui conférer une nouvelle consécration quasi religieuse.
 
Jouent ici un rôle prépondérant certaines théories de classe subjectivistes, et notamment celles popularisées par Hardt/Negri et John Holloway[18]. Du marxisme orthodoxe, ces auteurs ne rejettent guère, au fond, que l’analyse positivante des « tendances objectives » ; quant au topos marxiste qui considère la classe ouvrière comme le véritable sujet du capitalisme et la lutte des classes comme son moteur, ils l’hypostasient de manière grandiloquente[19]. Pour Lukács, nous l’avons vu, le sujet ne jouit d’aucune autonomie ; sa marge de manœuvre dépend des « lois économiques objectives » et de leur évolution historique (c’est-à-dire du développement des forces productives) ; et ces lois, Lukács leur attribue une validité transhistorique. Ce qui fait la supériorité historique du prolétariat sur la bourgeoisie, c’est qu’il peut reconnaître l’existence de ces lois et les mettre en œuvre « consciemment », dans la mesure où son point de vue de classe rejoint, potentiellement, celui de l’ensemble de la société, contrairement au point de vue particulariste et étriqué de la bourgeoisie. Mais, tandis que Lukács cherchait à comprendre comment, sous le capitalisme, le sujet est conditionné par son lien social objectivé – quand bien même il se trompait en posant ce lien comme transhistorique –, Hardt/Negri, quant à eux, font complètement l’impasse sur cet aspect des choses. Leur sujet trouve en lui-même sa justification et, par suite, se voit imputer un pouvoir encore plus fantastique. Tout, absolument tout procède de lui, y compris les conditions de sa propre soumission au capitalisme. L’essence de cette classe ouvrière rebaptisée « multitude » réside dans son « autonomie » et dans une créativité colossale, exubérante, qui n’appartient qu’à elle. Hardt/Negri proposent ainsi un concept de travail extraordinairement emphatique, revêtu des attributs de l’acte créateur divin/artistique (son instance d’appel mythique serait Dionysos), mais ratissant en même temps tellement large qu’il englobe toute l’humanité. Transfigurées et ontologisées, les forces productives sont la propriété exclusive du sujet collectif désigné par le terme de « multitude », tandis que le capital, alias l’« Empire », paraît n’être qu’une puissance purement étrangère se nourrissant de l’exploitation de cette « force vitale » : « La multitude est la force productive réelle de notre monde social, alors que l’Empire est un simple appareil d’emprisonnement qui ne vit que de la vitalité de la multitude [...] en suçant le sang du vivant[20] ».
 
Prenant le contre-pied de Hardt/Negri, Holloway présente le capital comme le versant objectivé du fétiche-marchandise, et analyse en particulier la catégorie du travail comme une forme réifiée d’activité. Cependant, la vraie substance de ce travail, son essence, réside pour lui dans une activité vivante qu’il nomme le « faire » et qui montre là encore toutes les caractéristiques de la force créative dionysiaque. Elle est décrite en termes de flux vivant de créativité humaine que le capital vient interrompre et objectiver ; par conséquent, la lutte émancipatrice doit s’attacher à « récupérer, ou, mieux encore, créer la solidarité consciente et confiante du flux social du faire[21] ». Très proche de Lukács, Holloway se penche ainsi à son tour sur la question de la prise de conscience réflexive d’une hypothétique essence, à ceci près qu’il conçoit sa « force créative », à l’instar de Hardt/Negri, comme un attribut ontologique du sujet, que le capital ne façonnerait et n’exploiterait que de manière superficielle : « Dans ce sens, à chaque instant se produit un choc entre le développement des forces productives (notre pouvoir-faire) et son enveloppe capitaliste[22] »[23].
 
Une telle métaphysique de l’être risquerait de démentir que le capital soit une relation sociale où « nous tous » intervenons, comme le souligne pourtant à maintes reprises Holloway. Celui-ci revient donc dans la droite ligne de son raisonnement lorsqu’il parle au final d’une « relation antagoniste [...] entre l’humanité et le capital[24] ». Ainsi, au lieu de décrypter la relation contradictoire entre subjectivité et objectivité comme un élément constitutif d’une structure sociale tout à fait spécifique historiquement – on n’en attendrait pas moins de la part d’un théoricien critique au style proche de celui de Marx –, il la rejette en fin de compte sur le dos du seul sujet, auquel il octroie du même coup la consécration d’une « dignité » transcendantale. Tout comme Hardt/Negri, qui vont jusqu’à conclure leur livre par une invocation à saint François d’Assise, Holloway, à travers son langage fourmillant de métaphores religieuses, laisse clairement transparaître cette charge métaphysique : « Il n’y a pas de “contradictions objectives” : nous, et nous seuls, sommes la contradiction du capitalisme. [...] Il n’existe ni dieu de quelque sorte que ce soit, ni argent, ni capital, ni forces productives, ni histoire : nous sommes les seuls créateurs, les seuls sauveurs possibles, les seuls coupables[25] ».
 
 
      
 
[1] Fantômas. Magazin für linke debatte und praxis, n°4, Hamburg, 2003, p. 3.
[2]LUKACS Georg, Histoire et conscience de classe. Essais de dialectique marxiste, trad. K. Axelos & J. Bois, Paris, Minuit, 1960 (1923).
[3]Exemple parmi tant d'autres, Thomas Sablowski, rédacteur en chef de la revue Prokla, déclare : « Mais l’analyse marxienne du fétichisme peut également se comprendre en ce sens que les mécanismes du mode de production capitaliste, bien qu’ayant l’apparence de “nécessités”, doivent néanmoins être interprétés en termes de domination d’une classe » (« Fallstricke der Globalisierungskritik », in Globalisierungskritik und Antisemitismus, Francfort, Wissenschaftlicher Beirat von Attac, 2004, p. 18).
[4]LUKACS G., « La réification et la conscience du prolétariat » (1923), in Histoire et conscience de classe, op. cit., p. 224.
[5] Ibid., p. 110.
[6] Cette conception est discutée en profondeur dans la section « La critique sociale faite du point de vue du travail », in POSTONE Moishe, Temps, travail et domination sociale, Paris, Mille et Une Nuits, 2009 (1993), p. 103 sq.
[7]LUKACS G., « Remarques méthodologiques sur la question de l’organisation » (1922), in Histoire et conscience de classe, op. cit., p. 353.
[8] Realmetaphysische : On trouve, dans le texte d’« autoprésentation » du groupe Exit!, une définition de ce terme apparemment calqué sur Realpolitik : « Dans ses rapports sociaux, la modernité n’a nullement surmonté la métaphysique, comme elle en est persuadée, mais l’a simplement arrachée à son vieil enracinement religieux dans la transcendance pour la ramener à une immanence purement terrestre ; elle n’est pas “postmétaphysique” mais, par comparaison avec les anciennes formations agraires, “realmétaphysique” d’une manière nouvelle », cf. www.exit-online.org/text.php?tabelle=selbstdarstellung. (N.d.T.)
[9] Pour une critique du « matérialisme dialectique », lire également Höner Christian, « Zur Kritik von Dialektik, Geschichtsteleologie und Fortschrittsglaube », in Krisis, n°28, 2004.
[10]Trenkle cite ici Engels : « Hegel a été le premier à représenter exactement le rapport de la liberté et de la nécessité. Pour lui, la liberté est l’intellection de la nécessité », ENGELS Friedrich, Anti-Dühring, Paris, Editions Sociales, 1973, p. 142. (N.d.T.)
[11] Cf. LOHOFF Ernst, « Die Verzauberung der Welt », in Krisis, n°29, 2005.
[12]LUKACS G., « La conscience de classe » (1920), in Histoire et conscience de classe, op. cit., p. 73.
[13]Ibid.
[14] LUKACS G., « Remarques méthodologiques sur la question de l’organisation », loc. cit., p. 367.
[15] Ibid., p. 356.
[16] Fantômas, n°4, op. cit., p. 4.
[17]Expression utilisée par Marcel van der Linden qui, suivant Gerald Cohen, définit cette classe comme regroupant « tout porteur de force de travail appartenant à la classe des travailleurs subalternes, dont la force de travail est vendue ou louée à une autre personne, par suite d’une coercition d’ordre économique ou non économique. La question de savoir si ce porteur offre sa force de travail de son plein gré et s’il est propriétaire de ses moyens de production n’entre pas en ligne de compte » (VAN DER LINDEN Marcel, « Das vielköpfige Ungeheuer. Zum Begriff einer WeltarbeiterInnenklasse », in Fantômas, n°4, op. cit., p. 34).
[18] HARDT Michael & NEGRI Antonio, Empire, trad. D.-A. Canal, Paris, Exils, 2000 (2000) ; HOLLOWAY John, Changer le monde sans prendre le pouvoir. Le sens de la révolution aujourd’hui, trad. S. Bosserelle, Paris, Syllepse, 2007 (2002).
[19] Ce n’est pas le lieu ici d’examiner en détail les différentes formulations et les causes sous-jacentes de cette hypostase chez Hardt/Negri et Holloway. Pour ce qui concerne Hardt/Negri, je me réfère à l’article de JAPPE Anselm, « Des Proletariats neue Kleider », in Krisis, n°25, 2002 (trad. française : « Les habits neufs du marxisme traditionnel », in JAPPE Anselm & KURZ Robert, Les habits neufs de l’empire. Remarques sur Negri, Hardt et Rufin, Paris, Lignes/Léo Scheer, 2003).
[20] HARDT/NEGRI, Empire, op. cit., p. 94.
[21]HOLLOWAY, Changer le monde sans prendre le pouvoir, op. cit., p. 293.
[22]Ibid., p. 268, souligné par Trenkle.
[23] Plus loin, Holloway exploite lui aussi la métaphore vampirique : « Ce qui existe et qui est nié n’est pas seulement un projet : cela existe. Cela existe comme créativité dont le capital dépend. Cela existe comme le sang qui constitue la seule nourriture du vampire capitaliste » (ibid., p. 295).
[24] Ibid., p. 265.
[25]Ibid., pp. 249-250.

jeudi 5 avril 2012

Die Phasen der Krisenverschiebung und ihre Grenzen (Leseprobe)


http://www.krisis.org

Kapitel 3.5.5
„Die wahre Schranke der kapitalistischen Produktion ist das Kapital selbst, ist dies: daß das Kapital und seine Selbstverwertung als Ausgangspunkt und Endpunkt, als Motiv und Zweck der Produktion erscheint, daß die Produktion nur Produktion für das Kapital ist, und nicht umgekehrt die Produktionsmittel bloße Mittel für eine stets sich erweiternde Gestaltung des Lebensprozesses für die Gesellschaft der Produzenten sind. Die Schranken, in denen sich die Erhaltung und Verwertung des Kapitalwerts, die auf der Enteignung und Verarmung der großen Masse der Produzenten beruht, allein bewegen kann, diese Schranken treten daher beständig in Widerspruch mit den Produktionsmethoden, die das Kapital zu seinem Zweck anwenden muß und die auf unbeschränkte Vermehrung der Produktion, auf die Produktion als Selbstzweck, auf unbedingte Entwicklung der gesellschaftlichen Produktivkräfte der Arbeit lossteuern. Das Mittel – unbedingte Entwicklung der gesellschaftlichen Produktivkräfte – gerät in fortwährenden Konflikt mit dem beschränkten Zweck, der Verwertung des vorhandenen Kapitals. Wenn daher die kapitalistische Produktionsweise ein historisches Mittel ist, um die materielle Produktivkraft zu entwickeln und den ihr entsprechenden Weltmarkt zu schaffen, ist sie zugleich der beständige Widerspruch zwischen dieser ihrer historischen Aufgabe und den ihr entsprechenden gesellschaftlichen Produktionsverhältnissen.“ (MEW 25, S. 260)
Als Marx Mitte des 19. Jahrhunderts diese Zeilen schrieb, lag die Schwelle noch in ferner Zukunft, an der die vom Kapital selber unermüdlich vorangetriebene Produktivkraftentwicklung die auf dem Wert beruhende Produktionsweise unhaltbar machen muss. Heute sieht das ganz anders aus. Als auf der Wertverwertung beruhendes Selbstzwecksystem hat der Kapitalismus schon mit dem Auslaufen des fordistischen Booms in den 1970er Jahren seine historische Schranke erreicht. Die klassische Quelle kapitalistischen Reichtums, die Schaffung von tatsächlichem Wert durch die produktive Vernutzung lebendiger Arbeit, sprudelte im Gefolge der Produktivkraftentwicklung immer schwächer, und mit dem Durchbruch der dritten industriellen Revolution spitzte sich diese Entwicklung katastrophisch zu. Der basale Prozess der Auszehrung lebendiger Arbeit machte sich an der Oberfläche als strukturelle Überakkumulation von fungierendem Kapital bemerkbar. Gemessen an den strukturell rückläufigen Verwertungsmöglichkeiten herrschte ein Überangebot an fungierendem Kapital, und die private Kapitalakkumulation stockte. In dieser Situation hatten sich der Staat und die Zentralbank an einer letztlich unlösbaren Aufgabe versucht: den Ausfall des privaten Sektors als Motors der Akkumulation zu kompensieren. Doch mit der neoliberalen Revolution eröffnete sich ein vorübergehender Ausweg aus diesem Dilemma.
Eigentlich war die kapitalistische Gesellschaft schon Ende der 1970er zu reich für die armselige kapitalistische Reichtumsform des Werts geworden. Trotzdem brachten die folgenden Jahrzehnte statt einer manifesten Zuspitzung der Krise eine neue Boomphase. Der Kapitalismus setzte sich über die historische Schranke hinweg, die ihm als Selbstzwecksystem der Wertverwertung gesetzt ist, indem er zu einem auf der Vorabkapitalisierung künftiger Wertproduktion gründendem Selbstzwecksystem mutierte. Die Schwäche der Kapitalakkumulation war behoben, als sich der Schwerpunkt der Kapitalvermehrung von der Realwirtschaft zur Finanzindustrie, von der Produktion von Waren 1ter Ordnung zur Produktion von Waren 2ter Ordnung verschob. In dem Maß wie die Expansion der Eigentumstitelproduktion die tatsächliche Vernutzung lebendiger Arbeit als Hauptquelle kapitalistischer Reichtumsproduktion ablöste, verschwand das Missverhältnis von bereits akkumuliertem Kapital und neuer Kapitalbildung und mit ihr die Überakkumulationskrise.
Mittelfristig betrachtet, war der Übergang vom klassischen zum inversen Kapitalismus sicherlich eine geradezu geniale Lösung zur Sicherung des Systemerhalts, eine Sicherung, die freilich ohne jedes Bewusstsein ihres Zusammenhangs in die Tat umgesetzt worden war. Längerfristig betrachtet, trug sie allerdings nur dazu bei, die Widersprüche der 1970er-Jahre-Krise auf einem um das Vielfache gesteigerten Niveau zu reproduzieren. Der Traum vom grenzenlosen Wachstum, der auf dem Höhepunkt des finanzindustriellen Booms und der neoliberalen Euphorie in den 1990er Jahren grassierte, musste platzen. Auch das neue Expansionsfeld, die Vermehrung von Kapital durch die beständig beschleunigte Eigentumstitelproduktion, hat Grenzen – und diese werden weit schneller erreicht als die des Wertverwertungssystems. In seiner klassischen Gestalt, als ein auf tatsächlicher Vernutzung lebendiger Arbeitskraft gegründetes System, brauchte der Kapitalismus rund 250 Jahre, um sich an seine historische Schranke heranzuarbeiten. Die auf der immer rasanteren Vorabkapitalisierung künftiger Wertproduktion fußende Ordnung gelangt in einem Bruchteil dieser Zeit bis zu dem Punkt, an dem es kollabieren muss.
Lässt man die Entwicklung des inversen Kapitalismus von seinen Anfängen bis zum Herbst 2008 Revue passieren, dann gliedert sie sich grob gesprochen in drei Perioden. Diese unterscheiden sich nicht zuletzt durch die Rolle, die Staat und Zentralbank jeweils für die Dynamik innerprivatwirtschaftlicher fiktiver Kapitalschöpfung spielen. In der Startphase des postfordistischen Booms übernahmen die staatlichen Instanzen den Part des Tempomachers. Die neoliberalen Installationsregimes, allen voran die Reagan-Administration, nutzten die Möglichkeiten staatlicher Macht konsequent dazu, um die transnationale Eigentumstitelproduktion auf Fahrt zu bringen. Indem sie in einem damals noch sensationell anmutenden Maß die Staatsverschuldung nach oben schraubte, stellte speziell die US-Regierung selber ein weites Anlagefeld zur Verfügung, auf dem sich brachliegendes Geldkapital in fiktives Kapital verwandeln konnte. Gleichzeitig erweiterte sie durch die breitflächigen Privatisierungen den Kreis der realwirtschaftlichen Hoffnungsträger und Eigentumstitelverkäufer, während die Deregulierung die Fertigungstiefe der Finanzindustrie veränderte. So ermöglichte sie es, dass sich künftig eine sprunghaft steigende Masse von Eigentumstiteln auf denselben realwirtschaftlichen Hoffnungsträger bezieht.
Diese Neuorganisierung des kapitalistischen Gefüges war von durchschlagendem Erfolg gekrönt, und so konnte die kurze Ära der ursprünglichen Akkumulation weltmarktunmittelbaren fiktiven Kapitals in der zweiten Hälfte der 1980er Jahre in eine Phase selbsttragender beschleunigter Akkumulation von Waren 2ter Ordnung übergehen. In dieser goldenen Epoche des fiktiven Kapitals war die Dynamik innerprivatwirtschaftlicher Kapitalschöpfung stark genug, um auch ohne große zusätzliche Hilfestellung von Staat und Zentralbank die Weltwirtschaft in eine Boomphase zu treiben, während Staat und Zentralbank sich auf eine Begleitfunktion beschränken konnten.
Der neoliberalen Doktrin entsprechend blieb in dieser Phase, die mit dem New-Economy-Boom ihren Höhepunkt und Abschluss erreichte, die Hauptrolle dem freien Spiel der „Marktkräfte“ überlassen. Diese Epoche ging mit dem Crash im Frühjahr 2000 zu Ende. Seitdem hat die weitere Ausdehnung der innerprivatwirtschaftlichen finanzindustriellen Produktion ihren selbsttragenden Charakter eingebüßt. Staat und Zentralbank haben primär eine Stützfunktion übernommen, die zwar als unmittelbare Krisenintervention gedacht war, die sie aber nicht mehr los wurden. Ohne Niedrigzinspolitik und Deficit Spending war die privatwirtschaftliche Kapitalschöpfung nicht mehr auf Expansionskurs zu halten. Der letzte große Krisenschub, die Finanzmarktkrise vom Herbst 2008, leitete wiederum zu einer vierten Phase über. Angesichts des Mangels an geeigneten Hoffnungsträger wird aus der staatlichen Stützfunktion immer mehr eine Ersatzfunktion. Zentralbank und öffentliche Hand können sich nicht mehr damit begnügen, die innerprivate Bildung von Eigentumstiteln zu flankieren, vielmehr ist die Staatsblase zum wichtigsten Element der Bildung von fiktivem Kapital geworden.
Nach 30 Jahren inversem Kapitalismus befindet sich das warenproduzierende Weltsystem damit in einer Lage, die deutliche Parallelen zur Situation der 1970er Jahre aufweist. Genauso wie damals lahmt in fast allen kapitalistischen Kernländern, insbesondere in den USA, die private Kapitalakkumulation. Staat und Zentralbank versuchen zwar nach Leibeskräften, die Kapitalvernichtung zu verhindern und die Neubildung von Kapital anzuschieben, doch weil die grundlegende Problematik unlösbar ist, verändert sich unter der Hand sukzessive der Charakter der staatlichen Interventionen. Ähnlich wie in der zweiten Hälfte der 1970er Jahre, als das keynesianische Programm nicht mehr griff, sind staatliche Verschuldung und der bereitwillige Ankauf von Eigentumstiteln durch die Zentralbanken zu denkbar günstigen Konditionen immer weniger Starthelfer privater Kapitalakkumulation und immer mehr deren Substitut.
Dieser Neo-Spätkeynesianismus stemmt sich allerdings gegen einen noch weit mächtigeren Kapitalvernichtungsdruck als sein Vorgänger Ende der 1970er Jahre. Das warenproduzierende Weltsystem steuert nämlich heute schnurstracks in eine doppelte Überakkumulationskrise hinein, und der Krisenschub vom Herbst 2008 war nicht viel mehr als ein erstes Wetterleuchten. Zum einen herrscht angesichts fehlender realwirtschaftlicher Hoffnungsträger und Bergen aufgehäufter, nicht mehr realisierbarer Waren 2ter Ordnung eine strukturelle finanzindustrielle Überakkumulation, zu der es keine Parallele in der Geschichte gibt. Das eklatante Missverhältnis zwischen den immer knapper werdenden, halbwegs renditeträchtig erscheinenden Anlagemöglichkeiten in der Privatwirtschaft einerseits und den aufgehäuften Massen finanzindustriell entstandenen Geldkapitals andererseits setzt eine gigantische Vernichtung von Waren 2ter Ordnung auf die historische Tagesordnung. Die innerprivatwirtschaftliche Neuproduktion von Waren 2ter Ordnung bleibt derzeit deutlich hinter den Wachstumsraten zurück, die für die Aufrechterhaltung des inversen Kapitalismus nötig wären.
Wenn aber die Kapitalakkumulation durch beschleunigte Eigentumstitelvermehrung an ihre Schranken stößt, muss auch die strukturelle Überakkumulation von fungierendem Kapital stärker denn je manifest werden. Die explosionsartige Ausdehnung des fiktiven Kapitals hat die basale Krise der Wertverwertung drei Jahrzehnte lang immer nur überspielt. Die Ursache dieser Krise, die unumkehrbare Verdrängung lebendiger Arbeit aus dem unmittelbaren Produktionsprozess, ist aber nie beseitigt worden, sondern hat im Gegenteil in den letzten Jahrzehnten im Windschatten der Mirakelökonomie eine neue Qualität angenommen. Daher muss sie zusammen mit der Überakkumulationskrise, in die das fiktive Kapital gerät, mit aller Macht durchschlagen. Fällt die durch die Dynamik fiktiver Kapitalschöpfung entstandene Möglichkeit induzierter Wertverwertung weg, dann zeigt sich unweigerlich, dass der vorhandene Stock an fungierendem Kapital – gemessen an den durch die Produktivkraftentwicklung limitierten Möglichkeiten zu tatsächlicher Wertverwertung – noch nie derart heillos überdimensioniert war wie heute. Der in der Expansionsphase der Eigentumstitelproduktion aufgestaute Kapitalvernichtungsbedarf muss sich daher beim fungierenden Kapital gewaltsam Bahn brechen.
Das fundamentale Problem der modernen Gesellschaft ist die kapitalistische Reichtumsform. Die Unterwerfung unter die Herrschaft von Wert, Ware und Geld ist nicht nur zerstörerisch für die erste Natur und für die Menschen, sie führt sich darüber hinaus selber ad absurdum. Die produktiven Möglichkeiten der Gesellschaft sind für den armseligen Inhalt der kapitalistischen Produktionsweise, die Verwertung des Werts, viel zu weit entwickelt. Der Kapitalismus hat eine Fülle an stofflichem Reichtum hervorgebracht, der sich nicht mehr als vergangene tote Arbeit, als tatsächlicher Wert darstellen kann. Die fungierenden Kapitalien türmen Produktberge über Produktberge auf, aber diese repräsentieren immer weniger Wert. Das ist der wahre Grund für die kapitalistische Krise, und er verweist zugleich darauf, dass das Vergesellschaftungsprinzip des Werts auf den Müllhaufen der Geschichte gehört.
Die kapitalistische Gesellschaft hat einen Weg gefunden, um provisorisch und nur scheinbar zur Deckung zu bringen, was nicht zur Deckung zu bringen ist. Sie hat den Mangel an tatsächlicher Wertproduktion dadurch behoben, dass sie, vermittelt über eine explosionsartige Produktionssteigerung von Waren 2ter Ordnung, in großem Stil zusätzlichen künftigen Wert vorab kapitalisiert und heute schon in den kapitalistischen Kreislauf einspeist. Der derzeitige Reichtum der kapitalistischen Gesellschaft beruht auf dem Vorgriff auf eine Zukunft, die sie gar nicht hat. Stößt diese Krisenlösung, die nie etwas anderes als eine Krisenverschiebung gewesen ist, an ihre Grenzen, wird sie zum Krisenverstärker. Die Gesellschaft steht daher vor der Alternative, den stofflichen Reichtum der kapitalistischen Reichtumsform zu opfern oder sich vom Diktat von Wert, Geld und Warenform zu emanzipieren. 

Merah: Le Black-Out


Rien ne filtre sur les tenants et les aboutissants de l’affaire Merah !
   

Les autorités françaises ont laissé entendre qu’aucune réponse ne serait apportée aux questions. L’interpellation d’une quinzaine d’islamistes dans plusieurs villes de France a suscité de nouvelles interrogations. Dans la plus rigide des langues de bois il n’y a aucune ombre au tableau après l’audition des chefs des services du renseignement français. 
On n’en saura donc pas plus  sur le meurtre de sept personnes par le suspect Merah, abattu après un siège d’une journée et demie dans son appartement toulousain. Aucune réponse ne sera apportée sur les zones d’ombre des conditions de la mort du «tueur au scooter», sur son parcours et pourquoi les services de renseignements ne l’ont pas empêché de passer à l’acte alors que l’homme était connu et employé par les Services.
Le fameux balcon d’où s'envola Merah criblé de mitraille parait bien minuscule et déjà rempli de policemans surarmés !!

Sur le profil psychologique de Merah:
Sans se fonder explicitement sur les travaux du Dt Michel Bounan*, l'alexithymie de Merah parait évidente et simplifie grandement sa manipulation dont on fait porter le chapeau à son frère...
Ici une définition classique:
"L'alexithymie est une impossibilité pour le sujet atteint à souffrir ou éprouver la souffrance de l'autre. Il en résulte une absence totale à prendre en compte la réalité de la vie émotionnelle, affective, psychologique dans sa globalité si ce n'est par l'expression violente, l'addiction, le déni. C'est une défense structurelle liée à un ou des traumatismes et qui par la réalisation d'actes traumatiques s'essaie à une expression, une extériorisation de ses traumas. Le sujet n'est pas conscient des actes traumatiques qu'il réalise et de sa réalité interne. Il est totalement dénué de vie affective et ne peut en comprendre la nature. Cela vient souvent d'une enfance instable et pauvre en affection."


samedi 31 mars 2012

NOTSTANDSTERROR

 

Wie in Griechenland ein Exempel statuiert werden soll

 

Im 21. Jahrhundert sind die Mächte des Kapitals nicht mehr auf territoriale Eroberungen aus, wie sich herumgesprochen hat. Was sollten sie auch mit Zonen ökonomisch verbrannter Erde und überflüssigen Bevölkerungen anfangen? Das heißt noch lange nicht, dass der Imperialismus ausgestorben ist. Es geht aber nicht mehr um nationale Weltreiche und Einflusszonen, sondern um die Beherrschbarkeit der Globalisierung als Krise. Die Grenzen der Kapitalverwertung sollen umdefiniert werden in Grenzen der Lebensfähigkeit für die Verlierermassen, der Zusammenbruch von Nationalökonomien in ein kontrolliertes Nebeneinander von kreditfinanzierten Boom-Towns und aufgegebenen Elendsregionen.
Die Produktion von Sicherheit für die Restgeschäfte unter diesen Verhältnissen bedarf der ideologischen Legitimation. Da trifft es sich gut, dass die entlassenen und enterbten Kinder des Kapitals nicht die besseren Menschen sind, sondern statt über ihre unmöglichen Daseinsbedingungen gern über ihre Mitbürger herfallen. Nicht der äußere, sondern der innere Krieg entlang ethnischer und religiöser Spaltungen wurde zum Konfliktparadigma einer zerfallenden Staatenwelt. Die weltpolizeilichen Einsätze seitens der Ordnungsmächte des kapitalistischen Zentrums gegen die Barbaren der Peripherie durften mit demokratischem Idealismus begründet werden.
Dieses Bild war freilich nur eine Momentaufnahme im schubweisen Auflösungsprozess des globalen Ordnungsgefüges. Spätestens die Weltwirtschaftskrise seit 2008 hat die Lage erneut grundsätzlich verändert. Jetzt werden die Grenzen der Kreditfähigkeit auch in den westlichen Zentren selbst erreicht. Überall zeichnen sich dort Schuldenkrisen ab, wie sie zuvor nur in den Randzonen des Weltmarkts aufgeflammt waren. Damit steht eine qualitativ veränderte Krisenverwaltung für die Metropolen auf der Tagesordnung, die das Gewicht vom äußeren auf den inneren Notstand verlagert. Außer unberechenbaren Populationen in den verwahrlosten Hinterhöfen des Weltkapitals müssen zunehmend die eigenen Mittelschichten ins Visier genommen werden. Der inhaltsleere demokratische Formalismus, den längst auch die Gottesfaschisten verschiedenster Couleur als Gestaltungsprinzip ihres Wahns erkannt haben, macht den Verwertungszwang des Kapitals als seine „Naturbasis“ (Marx) umso mehr geltend, wenn sich dessen innere Schranken aufrichten. Der kapitalistische Lebenssaft Geld muss Zug um Zug nicht mehr allein einer marginalisierten neuen Armut, sondern der Mehrheit des metropolitanen „Volkssouveräns“ abgedreht werden.
Damit zeichnet sich natürlich auch der legitimatorische Notstand ab. Während die NATO in Libyen mit Berufung auf demokratische Werte die Scharia herbeigebombt hat, kann für die westlichen Kernzonen der Globalisierung zunächst nur der Sachzwang des wankenden Finanzsystems die Rolle der Kampfbomber übernehmen. Die Exekution dieses ökonomischen Imperativs im Namen der Demokratie gegen die elementaren Lebensinteressen einer Mehrheit des formalen „Souveräns“ scheint sich zuerst in der EU zu vollziehen, weil hier das Währungskonstrukt des Euro den Widerspruch bereits auf die Spitze getrieben hat und eine supranationale Eingriffsinstanz besteht.
Griechenland ist qua faktischem Staatsbankrott unter globalen Krisenbedingungen zum Präzedenzfall geworden. Ein unkontrollierter Vollzug würde nicht nur das europäische Finanzsystem in die Luft jagen und die Folgen der Lehman-Pleite übertreffen. Ein kontrollierter Vollzug aber geht nur, wenn nahezu das gesamte griechische Staatsvolk unter das Existenzminimum gedrückt wird. Massenarbeitslosigkeit in neuen Dimensionen, Verelendung bis tief in die Mittelschichten, Zusammenbruch der medizinischen Versorgung und der öffentlichen Infrastrukturen werden Realität. Ein derartiges Inkasso der Kapitallogik können die griechischen Eliten nicht mehr auf eigene Rechnung verantworten. Es bedarf des krisenimperialistischen Eingriffs von außen, der von einer Troika aus EU-Kommission, EZB und IWF in Anspruch genommen wird; jetzt nicht mehr gegen ein Armenhaus der ehemaligen Dritten Welt, sondern erstmals gegen ein westliches Land.
Zum Hardliner hat sich die Merkel-Regierung aufgeschwungen, die dabei Management, politischer und medialer Klasse ebenso wie dem niederen Herrenvolk hierzulande aus der Seele spricht. Unter Assistenz des Hilfssheriffs Sarkozy wird die Systemkrise verleugnet, um als selbsternannter Gerichtsvollzieher des „automatischen Subjekts“ (Marx) aufzutreten. Die als kapitalistisch unseriös abqualifizierten Griechen sollen nicht ans Berliner Disneyland angeschlossen, aber an die finanzpolitische Kandare genommen werden, bis sie Blut spucken. Sogar ein deutscher Sparkommissar für Griechenland war im Gespräch, auch wenn sich die EU-Mehrheit mit einem Rest von Schamgefühl dagegen ausgesprochen hat. Der falsche Überlegenheitsgestus speist sich aus der vorläufigen Position der BRD als Krisengewinnler, denn die deutsche Exportwalze profitierte von den auslaufenden weltweiten Staatsprogrammen, von der Abwertung des Euro gerade wegen der Schuldenkrise und von der Durchsetzung des hauseigenen Billiglohns seit Hartz IV. Dass das teutonische Wirtschaftsmärchen außer den eigenen Schulden die der anderen zur Voraussetzung hat und mit dem Verdampfen von Kaufkraft in der europäischen und globalen Rezession enden muss, wird verdrängt. Trotzdem weiß man zumindest so viel, dass an Griechenland ein Exempel statuiert werden soll, das notfalls auch für das eigene Land zu gelten hat; in der Hoffnung auf den historischen Sozialmasochismus des deutschen „Souveräns“, der schon immer vor staatsbürgerlicher Bravheit kaum laufen konnte.
Griechenland bietet sich auch deshalb als Experimentierfeld der neuen demokratischen Krisenverwaltung an, weil dort eine ebenso isolierte wie perspektivlose Jugendrevolte als Sparringspartner herhalten kann. Es passt durchaus ins Bild, dass der griechische Staatshaushalt sozial auf Null gefahren wird, während das Militärbudget sich 2012 im Vergleich zum Vorjahr fast verdoppelt. Die damit verbundenen Schulden werden auch von den Sparkommissaren in spe wohlwollend wahrgenommen, denn die Bestellungen aus Athen machen immerhin 15 Prozent des Umsatzes deutscher Waffenschmieden aus. Außerdem ist es sowieso angesagt, dass der Apparat des demokratischen Ausnahmezustands auch militärisch die Muskeln spielen lässt, der nur in dieser Hinsicht in Griechenland so pseudo-eigenverantwortlich sein darf, wie er es in Afghanistan erst werden soll. Wenn es wirklich heiß wird, könnte der Notstandsterror unter deutscher Führung schon mal zeigen, wozu er fähig ist. Das Assad-Regime wird womöglich als Weichei erscheinen, sobald es um mehr als ein dünnes arabisches Sozialprodukt geht.
Vorerst muss die griechische politische Klasse ein wenig um ihre Kapitulationsbedingungen feilschen und Widerstand vortäuschen, damit das kaum noch erkennbare Gesicht gewahrt wird. Der Wählerwille weiß ohnehin nicht mehr, was er wollen soll, und das gesamte Parteiensystem wrackt sich ebenfalls exemplarisch selber ab. Genehm ist den postnationalen Krisenverwaltern die nationalistische Aufwallung, die als Ventil umso mehr dienen kann, als sie nur den Bankrott sozusagen artgerecht verarbeitet. Die bloß antideutsche Wut der Griechen geht den deutschen Exportchauvinisten am Arsch vorbei, denn das fällige Pogrom richtet sich real gegen albanische und afrikanische Flüchtlinge oder sonstige Migranten, wie sich nicht allein in Griechenland längst praktisch gezeigt hat. Auch in diesem Punkt hat Deutschland mit Neonazi-Serienkillern, die von der demokratischen Stasi verwöhnt werden, durchaus gesamteuropäische Führungsqualitäten zu bieten.

erschienen in Konkret 3/2012

Robert Kurz

http://www.exit-online.org

vendredi 30 mars 2012

Élections en France

Série Terrorisante

Plusieurs chaînes de télévision et de nombreux photographes étaient sur place tôt ce matin pour filmer des interventions sans aucun lien avec l'affaire Merah menées par l'unité d'élite du Raid et du Groupe d'intervention de la police national (GIPN) à Toulouse et dans sa région, mais aussi à Nantes, autour de Lyon, dans la région parisienne et en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

La nouvelle série aura pour titre: Les Islamo-Vedettes au pays des manipulateurs électoraux.
19 figurants ont été sélectionnés pour 6 jours maximum de tournage. Chez les plus de 85 ans le taux d'adrénaline est monté de 24% et les sondages montrent un meilleur report des voix nazi du premier tour sur le candidat fasciste au second tour.
Chiffres pour la France de Sarkosy:
 http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/0000.pdf

Ce qu'en pensent les musulmans français:
Le terrorisme selon europol

Chiffres officiels du Terrorisme en 2011 par l'Europe des Polices:
SCOOP

jeudi 29 mars 2012

De la servitude moderne

"Toute vérité passe par trois stades:
En premier lieu on la ridiculise;
en deuxième lieu on s'y oppose
violemment;
enfin on l'accepte comme si elle allait
de soi."

Schopenhauer



   

De la servitude moderne est un livre et un film documentaire de 52 minutes produits de manière totalement indépendante ; le livre (et le DVD qu’il contient) est distribué gratuitement dans certains lieux alternatifs en France et en Amérique latine. Le texte a été écrit en Jamaïque en octobre 2007 et le documentaire a été achevé en Colombie en mai 2009. Il existe en version française, anglaise et espagnole. Le film est élaboré à partir d’images détournées, essentiellement issues de films de fiction et de documentaires.

L’objectif central de ce film est de mettre à jour la condition de l’esclave moderne dans le cadre du système totalitaire marchand et de rendre visible les formes de mystification qui occultent cette condition servile. Il a été fait dans le seul but d’attaquer frontalement l’organisation dominante du monde.

Dans l’immense champ de bataille de la guerre civile mondiale, le langage constitue une arme de choix. Il s’agit d’appeler effectivement les choses par leur nom et de faire découvrir l’essence cachée de ces réalités par la manière dont on les nomme. La démocratie libérale est un mythe en cela que l’organisation dominante du monde n’a rien de démocratique ni même rien de libérale. Il est donc urgent de substituer au mythe de la démocratie libérale sa réalité concrète de système totalitaire marchand et de répandre cette nouvelle expression comme une trainée de poudre prête à incendier les esprits en révélant la nature profonde de la domination présente.

D’aucuns espéreront trouver ici des solutions ou des réponses toutes faites, genre petit manuel de « Comment faire la révolution ? ». Tel n’est pas le propos de ce film. Il s’agit ici de faire la critique exacte de la société qu’il nous faut combattre. Ce film est avant tout un outil militant qui a pour vocation de faire s’interroger le plus grand nombre et de répandre la critique partout où elle n’a pas accès. Les solutions, les éléments de programme, c’est ensemble qu’il faut les construire. Et c’est avant tout dans la pratique qu’elles éclatent au grand jour. Nous n’avons pas besoin d’un gourou qui vienne nous expliquer comment nous devons agir. La liberté d’action doit être notre caractéristique principale. Ceux qui veulent rester des esclaves attendent l’homme providentiel ou l’œuvre qu’il suffirait de suivre à la lettre pour être plus libre. On en a trop vu de ces œuvres ou de ces hommes dans toute l’histoire du XXº siècle qui se sont proposés de constituer l’avant-garde révolutionnaire et de conduire le prolétariat vers la libération de sa condition. Les résultats cauchemardesques parlent d’eux-mêmes.

Par ailleurs, nous condamnons toutes les religions en cela qu’elles sont génératrices d’illusions nous permettant d’accepter notre sordide condition de dominés et qu’elles mentent ou déraisonnent sur à peu près tout. Mais nous condamnons également toute stigmatisation d’une religion en particulier. Les adeptes du complot sioniste ou du péril islamiste sont de pauvres têtes mystifiées qui confondent la critique radicale avec la haine et le dédain. Ils ne sont capables de produire que de la boue. Si certains d’entre eux se disent révolutionnaires, c’est davantage en référence aux « révolutions nationales » des années 1930-1940 qu’à la véritable révolution libératrice à laquelle nous aspirons. La recherche d’un bouc émissaire en fonction de son appartenance religieuse ou ethnique est vieille comme la civilisation et elle n’est que le produit des frustrations de ceux qui cherchent des réponses rapides et simples face au véritable mal qui nous accable. Il ne peut y avoir d'ambiguïté sur la nature de notre combat. Nous sommes favorables à l’émancipation de l’humanité toute entière, sans aucune forme de discrimination. Tout pour tous est l’essence du programme révolutionnaire auquel nous adhérons.

Les références qui ont inspiré ce travail et plus généralement ma vie sont explicites dans ce film : Diogène de Sinoppe, Étienne de La Boétie, Karl Marx et Guy Debord. Je ne m’en cache pas et ne prétend pas avoir inventé l’électricité. On me reconnaîtra simplement le mérite d’avoir su m’en servir pour m’éclairer. Quand à ceux qui trouveront à redire sur cette œuvre en tant qu’elle ne serait pas assez révolutionnaire ou bien trop radicale ou encore pessimiste n’ont qu’à proposer leur propre vision du monde dans lequel nous vivons. Plus nous serons nombreux à diffuser ces idées et plus la possibilité d’un changement radical pourra émerger.

La crise économique, sociale et politique a révélé la faillite patente du système totalitaire marchand. Une brèche est ouverte. Il s’agit maintenant de s’y engouffrer sans peur mais de manière stratégique. Il faut cependant agir vite car le pouvoir, parfaitement informé sur l’état des lieux de la radicalisation de la contestation, prépare une attaque préventive sans commune mesure avec ce que nous avons connu jusqu’à maintenant. L’urgence des temps nous impose donc l’unité plutôt que la division car ce qui nous rassemble est bien plus profond que ce qui nous sépare. Il est toujours très commode de critiquer ce qui se fait du côté des organisations, des individus ou des différents groupes qui se réclament de la révolution sociale. Mais en réalité, ces critiques participent de la volonté d’immobilisme qui tente de nous convaincre que rien n’est possible. Il ne faut pas se tromper d’ennemis. Les vieilles querelles de chapelle du camp révolutionnaire doivent laisser la place à l’unité d’action de toutes nos forces. Il faut douter de tout, même du doute.

Le texte et le film sont libres de droits, ils peuvent être copiés, diffusés, projetés sans la moindre forme de contrainte. Ils sont par ailleurs totalement gratuits et ne peuvent en aucun cas être vendus ou commercialisés sous quelque forme que ce soit. Il serait en effet pour le moins incohérent de proposer une marchandise qui aurait pour vocation de critiquer l’omniprésence de la marchandise. La lutte contre la propriété privée, intellectuelle ou autre, est notre force de frappe contre la domination présente.


    Ce film qui est diffusé en dehors de tout circuit légal ou commercial ne peut  exister que grâce à l’appui de personnes qui en organisent la diffusion ou la projection. Il ne nous appartient pas, il appartient à ceux qui voudront bien s’en saisir pour le jeter dans le feu des combats.

    Le film complet en streaming ci-dessous, ou bien téléchargeable ici

ou avec le lien eDonkey suivant : ed2k://|file|DE_LA_SERVITUDE_MODERNE_JF_BRIENT_2009_VF.avi|574375804|2A414D5BDA8FB1DC747F1E6AAED8F5D0|/

Télécharger l'affiche.
 

mercredi 28 mars 2012

Désespoir et Action

Le Travail forcé en Autriche:
Action en France

France: Élections dite Présidentielles

La campagne de spams des équipes Sarkozy continue.  Ce qui étonne c'est que ce candidat soit LE SEUL à violer aussi massivement la loi, en effet aucun autre candidat n'a engagé de tels moyens mafieux pour sa campagne sur internet. 
Ce qui étonne encore plus c'est que aucun groupe ANONYMOUS ou autre n'ait eu l'idée de s'en prendre aux spammeurs de l'UMP !
 Immolations en série

jeudi 22 mars 2012

RAID Mort

10 longs jours perdus, 7 morts et 31 heures de cafouillages pour nous faire croire qu'on aurait cherché POUR LA PREMIÈRE FOIS à prendre VIVANT le forcené...
Mais résultat programmé:

L'autopsie de Mohamed Merah révèle qu'il a été criblé de balles !


RAID Mort 
Le bisounours manipulé
 «Je n'y crois pas. On buvait des bières, on fumait des bedos, on tenait les murs de la cité ensemble».
 "Chercher une explication serait une faute morale." Nicolas Sarkozy 

En effet et même un crime et pour tout dire du terrorisme. Cela conduirait tout droit à comprendre la manipulation de ce jeune homme (indicateur ?) et ses raisons. Merah est Le prototype de l'élément manipulable (instable, peu instruit, blessé émotionnellement, immature, placé loin de son foyer jeune, sans père et sans repères et dans l'admiration d'un frère intégriste barbu. Un pur produit des 5 années d'ultra-répression de la micro-délinquance qui envoi en prison des chauffeurs sans permis...) comme le démontre son dossier psychiatrique.

Toute cette opération avait pour but la manipulation par la peur de l'opinion. Ce succès médiatique momentané s'accompagne d'un fiasco policier trop visible pour être nié ( L’ancien patron de l’Unité d’intervention de la police israélienne, Alik Ron, déclare sans ambages: «Toute l’opération ressemble à une démonstration de stupidité»)
C'est cette débauche médiatique voulue qui a en partie paralysé l'action policière soumise à plusieurs hiérarchies concurrentes et aux dérives du prince président et de sa cours. Le Hautcloque qui dirige le RAID (et le gadget FIPN) porte le large chapeau de l'échec comme son ancêtre portait son bâton de Maréchal.
Seul le choix d'imposer la mort du forcené aux policiers pourrait expliquer des ordres aussi ineptes les conduisant tout naturellement a cette solution par une longue opération mortifiante d’assauts foireux, d'attente stressante et de contre-ordres.
La personnalité kaléidoscopique de Mohamed Mérah rend difficile sa récupération par les barbus et son utilisation par les idéologues du Choc des civilisations et du délitement communautariste. Il ne peut pleinement incarner que la désintégration sociale d'un pays ravagé par le capitalisme finissant et accélérée grandement par les cinq années du mandat Sarkozy.
Quel aveuglement de présenter le parcours de ce jeune homme comme celui de la délinquance au terrorisme. C'est une pauvre victime qui fait d'autres victimes.  Victime des lois Sarkozy qui condamnent un môme, déjà victime de la misère familiale recomposée et du fanatisme religieux de son entourage, à 15 mois de prison pour un défaut de permis et d'assurance au fallacieux prétexte qu'il aurait eu une adolescence agitée. Moins stressé par les folies d'une société devenue abjecte, Mohamed serait devant son établi de mécanique a vivre sa passion et personne ne parlerai de lui comme d'un assassin inclassable.

L'opération de Toulouse, une suite de «choix désastreux»

Une question se pose sur les cibles du forcené. Comme chacun sait Merah attaque une école juive de Toulouse et massacre 4 personnes, 3 d'une même famille et un 4e enfant. Par quel étrange hasard peut-il savoir qu'il s'agit d'Israéliens ?

Il y a dans les écoles juives en France une grande majorité de Français juifs (et souvent quelques goys) mais seulement une minorité d’israéliens ou de "double-nationaux" (franco-israéliens). Comment pouvait-il savoir qui était qui dans la confusion de son attaque ?

Cela suppose une connaissance parfaite des effectifs de l'école mais qui l'a renseigné. Seul il se serait fait remarqué en repérage, donc une ou des complicités ?

Olivier Corel, le gourou de Mohamed Merah, est-il l'agent provocateur de la « coopération » policière antiterroriste ?

Le nom d’Abdelkader Merah, grand-frère du tueur, apparaît  dans le dossier de la « Filière de Toulouse ». En 2009, des peines de six mois à six ans de prison avaient été prononcées par le tribunal correctionnel de Paris à l’encontre de six personnes accusées d’avoir mis en place une filière de recrutement et d’acheminement de volontaires à la guerre sainte en Irak. « À l’époque, Abdelkader Merah est passé entre les mailles du filet. Mais il était très proche de ces gens-là. Il était surveillé par la DST. ». Olivier Corel, un Français né en Syrie, qui habite à Artigat, dans l’Ariège, est suspecté d’être à la tête du réseau toulousain. Il est considéré par les policiers comme le chef idéologique des jeunes interpellés mercredi. Il a une forte influence sur les autres membres du réseau, âgés de 25 à 30 ans.

Cheikh Olivier Qorel, 60 ans, Français d’origine syrienne dont le nom n’apparaît pas dans la liste des condamnés, n’a donc écopé que de six mois de prison, ce qui est — on en conviendra — particulièrement clément quant à celui qui est supposé être le « chef idéologique » ayant « une forte influence sur les autres membres du réseau ».

À Artigat, dans l’Ariège, on ne les voit presque jamais. Ni au bar ni à la supérette. Dans ce village où l’on a pendu Martin Guerre, un étranger éveille vite le soupçon. Mais pas les Corel. Un couple très discret. Jusqu’au raid lancé cet hiver, à l’aube, par une armée d’agents cagoulés, de gendarmes et chiens renifleurs. Un coup de filet mené conjointement à Toulouse, Bruxelles et en Île-de-France. Corel, lui, est placé sous contrôle judiciaire et mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Que lui reproche-t-on ? Les enquêteurs le considèrent comme le chef d’une filière d’acheminement de djihadistes de la France vers l’Irak. Sous son influence, trois Français seraient partis en guerre contre l’Amérique. Deux d’entre eux ont été arrêtés en Syrie, au moment où ils s’apprêtaient à franchir la frontière irakienne. Le dernier a disparu. Dans des testaments, ils disaient vouloir « mourir en martyr ». Grand, élancé, la barbe blanche, Olivier Corel est une sorte d’émir échoué dans l’arrière-pays ariégeois. Comme son épouse, il est né en Syrie. À Talkalakh, il y a soixante et un ans. À l’époque il s’appelait encore Abdullah. Devenu français, il dirige depuis quinze ans un groupe de néoruraux musulmans. Zone de recrutement : la région toulousaine. (…) Ce sont de jeunes maghrébins réislamisés, ou des « Gaulois » convertis, souvent ex-petits délinquants « sauvés » par la religion. Sabri, mais aussi Thomas, Imad, Mohamed [Merah ? — NdJL], Stéphane, passent des heures à consulter des sites internet où des djihadistes français racontent leur expérience en Irak. Ils rêvent d’aventure, de sacrifice. À Artigat, ils tombent sous le charme d’Olivier Corel, le salafiste. Ce dernier fait office d’imam. Les exhorte-t-il à la guerre sainte au cours de ses prêches ? Tous ne sont pas des candidats au départ. Certains membres de la communauté pratiquent la poterie ou vendent des fripes sur les marchés. La face inoffensive du groupe ? Une voisine se souvient en tout cas des « cris de joie des mômes le 11 septembre ». Elle poursuit : « Vers la fin, on a senti une radicalisation. Plein de gens débarquaient avec des tenues repérables à cent lieues. » Le hameau devient un centre de pèlerinage, surtout les jours d’Aïd. Les parents retirent leurs enfants de l’école, trop laïque à leur goût. Les femmes arborent « le tchador ». Les gendarmes connaissent bien la communauté. Les RG de Foix également. Tous les services défilent. Dans les bois alentour, des chasseurs tombent sur des « guetteurs avec des jumelles ». Les téléphones sont sur écoute. « Il y a des kilomètres de littérature sur chacun de ces gars-là », indique un enquêteur. La police les observe comme des poissons rouges dans un bocal.

L’Irak sert de moteur, de force d’attraction à ces nouveaux fanatiques. Depuis 2003, une soixantaine d’entre eux y sont partis. Une dizaine y ont trouvé la mort, dont au moins deux lors d’attaques suicides. D’autres ont carrément disparu. D’autres, enfin, sont parvenus à rentrer au pays. Aujourd’hui, une trentaine d’entre eux sont incarcérés dans les prisons de l’Hexagone. Pour tous, une seule plaque tournante, la Syrie.
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"...Christian Prouteau, fondateur du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), critique vertement ce matin dans Ouest France, l'opération du Raid à Toulouse, "menée sans schéma tactique précis", s'étonnant notamment de l'absence d'utilisation de gaz lacrymogène.
Alors qu'on lui demande s'il est étonné que l'opération du Raid, unité concurrente du GIGN, se termine par la mort du forcené Mohamed Merah, Prouteau répond: "oui". "Comment se fait-il que la meilleure unité de la police ne réussisse pas à arrêter un homme tout seul ?" "Il fallait le bourrer de gaz lacrymogène", assure-t-il. "Il n'aurait pas tenu cinq minutes. Au lieu de ça, ils ont balancé des grenades à tour de bras. Résultat : ça a mis le forcené dans un état psychologique qui l'a incité à continuer sa 'guerre'."
"En fait, je pense que cette opération a été menée sans schéma tactique précis. C'est bien là le problème", assène Christian Prouteau. On aurait pu lui tendre une souricière", explique-t-il. "Attendre qu'il sorte et le coincer". "Cela peut paraître présomptueux", ajoute-t-il, "mais, en soixante-quatre opérations menées par le GIGN sous mon commandement, il n'y a pas eu un mort."
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Pour quand le remake de Papy Voise 2002 ?

Papy Voise

C'est devenu une spécialité française, les forcenés pré-électoraux  qui manipulent l'opinion. Quelques jours avant Voise un homme avait massacré des sous-fifres à Nanterre: La Tuerie de Nanterre.
Par étourderie le forcené n'avait pas été exécuté immédiatement...  
Lors de son interrogatoire, le 28 mars 2002, Richard Durn se suicida en se défenestrant du quatrième étage de l'immeuble de la brigade criminelle 36 quai des Orfèvres à Paris, mais seulement après être passé aux aveux... 
Et avoir été dé-menotté, ce qui est l'usage pour un tueur en série (8 morts et 19 blessés) qui n'avait pas été examiné par un psychiatre avant son interrogatoire...

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