mercredi 10 août 2011

Le prolétariat n'est pas le sujet de l'histoire

Cela  choque les vieilles habitudes "Prolétaristes" !!

Désormais, nous pouvons revenir aux questions du rôle historique de la classe ouvrière et de la contradiction fondamentale du capitalisme, telles que Marx les traite implicitement dans sa critique de maturité. Tout en me concentrant sur les formes structurantes de médiation sociale constitutives du capitalisme, j'ai montré que la lutte de classes n'engendre pas en et pour soi la dynamique historique du capitalisme ; elle n'est en réalité un élément moteur de ce développement que parce qu'elle est structurée par des formes sociales intrinsèquement dynamiques. Comme on l'a noté, l’analyse de Marx réfute l'idée que la lutte entre la classe capitaliste et le prolétariat soit une lutte entre la classe dominante dans la société capitaliste et la classe qui porte en elle le socialisme et que, par conséquent, le socialisme entraîne l'autoréalisation du prolétariat. Cette dernière idée est intimement liée à la compréhension traditionnelle de la contradiction fondamentale du capitalisme comme contradiction entre la production industrielle et le marché et la propriété privée. Chacune des deux grandes classes du capitalisme est identifiée à l'un des termes de cette « contradiction » ; l'antagonisme entre travailleurs et capitalistes est donc vu comme l'expression sociale de la contradiction structurelle entre les forces productives et les rapports de production. Toute cette conception repose sur le concept de « travail » comme source transhistorique de la richesse sociale et élément constitutif de la vie sociale.

J'ai critiqué les postulats sous-jacents à cette conception en expliquant en détail les distinctions que Marx opère entre le travail abstrait et le travail concret, entre la valeur et la richesse matérielle, et en montrant la centralité de ces distinctions dans sa théorie critique. Sur la base de ces distinctions, j'ai développé la dialectique du travail et du temps qui se trouve au cœur de l'analyse marxienne du modèle de croissance et de la trajectoire de production qui caractérisent le capitalisme. Selon Marx, loin d'être la matérialisation des seules forces productives, qui sont structurellement en contradiction avec le capital, la production industrielle fondée sur le prolétariat est de part en part façonnée par le capital ; elle est la matérialisation des forces productives et des rapports de production. On ne peut donc pas la saisir comme un mode de production qui, inchangé, pourrait servir de base au socialisme. Chez Marx, la négation historique du capitalisme ne peut pas être comprise comme une transformation qui rendrait le mode de distribution adéquat au mode de production industriel développé sous le capitalisme.

De la même façon, il est désormais clair que, dans l'analyse de Marx, le prolétariat n'est pas le représentant social d'un possible futur non capitaliste. L'idée logique du déploiement que Marx fait de la catégorie de capital, son analyse de la production industrielle, réfutent les postulats traditionnels qui font du prolétariat le sujet révolutionnaire. Pour Marx, la production capitaliste se caractérise par une immense expansion des forces productives et de la connaissance qui se sont constitués dans un cadre déterminé par la valeur et qui, partant, existent sous la forme aliénée du capital. Lorsque la production industrielle s'est pleinement développée, les forces productives du tout social sont devenues plus grandes que l'habileté, le travail et l'expérience du travailleur collectif. Elles sont socialement générales, la connaissance et les pouvoirs accumulés par l'humanité se constituant eux-mêmes en tant que tels sous une forme aliénée ; elles ne peuvent pas être adéquatement appréhendées en tant que forces objectivées du prolétariat. Le « travail mort », pour reprendre les termes de Marx, n'est plus l'objectivation du seul « travail vivant » ; il est devenu l’objectivation du temps historique.

Selon Marx, avec le développement de la production industrielle capitaliste, la création de richesse matérielle devient de moins en moins dépendante de la dépense de travail humain immédiat dans la production. Ce type de travail continue toutefois nécessairement de jouer un rôle en ce sens que la production de (sur)valeur dépend de lui ; la reconstitution structurellement fondée de la valeur se révèle en même temps la reconstitution de la nécessité du travail prolétarien. D'où : alors que la production industrielle capitaliste continue de se développer, le travail prolétarien est de plus en plus superflu du point de vue de la richesse matérielle, donc anachronique ; cependant, il reste nécessaire en tant que source de la valeur. En même temps que cette dualité se manifeste, plus le capital se développe et plus il rend vide et fragmenté le travail même qu'il requiert pour se constituer.

L'« ironie » historique de cette situation, telle que Marx l'analyse, c'est qu'elle soit constituée par le travail prolétarien lui-même. Notons à cet égard combien il est révélateur que Marx, lorsqu'il considère la catégorie économico-politique de « travail productif », ne la traite pas comme une activité sociale constituant la société et la richesse en général – en d'autres termes, il ne la traite pas comme « travail ». Il définit bien plutôt le travail productif sous le capitalisme comme travail produisant la survaleur, c'est-à-dire comme contribuant à l'autovalorisation du capital [1]. Marx transforme du même coup ce qui, dans l'économie politique classique, est une catégorie transhistorique et positive en une catégorie historiquement spécifique et critique, qui saisit ce qui est au cœur du capitalisme. Loin de glorifier le travail productif, Marx écrit : « La notion de travailleur productif n'inclut donc nullement le seul rapport entre activité et effet utile, entre travailleur et produit du travail, mais en même temps un rapport social spécifique, né de l'histoire, qui appose sur le travailleur le sceau de moyen de valorisation immédiat du capital. Être un travailleur productif n'est donc pus une chance, mais au contraire une déveine » [2]. En d'autres termes, le travail productif est la source structurelle de son autodomination.

Dans l'analyse de Marx, le prolétariat reste ainsi structurellement important pour le capitalisme en tant que source de la valeur, mais non pas de la richesse matérielle. Cela est aux antipodes des interprétations traditionnelles concernant le prolétariat : loin de constituer les forces productives socialisées qui entrent en contradiction avec les rapports sociaux capitalistes et qui conduisent du même coup à un possible futur postcapitaliste, la classe ouvrière est pour Marx l'élément constitutif essentiel de ces rapports eux-mêmes.Tant le prolétariat que la classe capitaliste sont liés au capital, mais le prolétariat l'est davantage : on peut imaginer le capital sans capitalistes, mais pas sans le travail créateur de valeur. Selon la logique de l'analyse de Marx, la classe ouvrière, au lieu de porter en elle une possible société future, est la base nécessaire du présent sous lequel il souffre ; il est lié à l'ordre existant d'une manière qui en fait l'objet de l'histoire.

Bref, l'analyse que Marx fait de la trajectoire du capital ne montre nullement la possible autoréalisation, dans une société socialiste, du prolétariat comme vrai sujet de l'histoire [3]. Elle présente au contraire la possible abolition du prolétariat et du travail que le prolétariat accomplit comme une condition de l'émancipation. Cette interprétation implique nécessairement de repenser à nouveaux frais le rapport entre les luttes de classes dans la société capitaliste et le possible dépassement du capitalisme – problème auquel je ne puis que faire allusion ici. Cela indique que l'on ne peut pas comprendre la possible négation historique du capitalisme suggérée par la critique de Marx en termes de réappropriation par le prolétariat de ce qu'il a constitué et, partant, en termes d'abolition de la seule propriété privée. En réalité, la logique de l'exposé de Marx implique clairement que la négation historique du capitalisme doive être conçue comme la réappropriation par les hommes de capacités socialement générales qui ne se fondent finalement pas sur la classe ouvrière et qui se sont historiquement constituées sous la forme aliénée du capital [4]. Une telle réappropriation n'est possible que si la base structurelle de ce procès d'aliénation – la valeur, donc le travail prolétarien – est aboli. En retour, l'apparition historique de cette possibilité est fonction de la contradiction sous-jacente au capitalisme.


NOTES:

[1] Le Capital, livre I, p. 570.
[2] Ibid. Cela confirme à nouveau que l'on ne doit pas prendre la centralité du travail prolétarien dans l'analyse marxienne du capitalisme comme une évaluation positive de la primauté ontologique du travail dans la vie sociale ni comme partie d'un argument selon lequel les ouvriers constituent le groupe le plus opprimé dans la société. En réalité, le travail se trouve au cœur de l'analyse marxienne en tant qu'élément constitutif fondamental de la forme dynamique et abstraite de domination sociale propre au capitalisme – c'est-à-dire en tant que centre de la critique. L'analyse marxienne du travail déterminé par la marchandise et la relation de cette analyse au concept de sujet suggère aussi une approche historico-structurelle du problème de savoir quelles sont les activités devenues socialement reconnues comme travail et quels sont les individus socialement considérés comme sujets. Cette interprétation pourrait contribuer à la discussion sur la constitution socio-historique des genres et changer les termes de nombreux débats récents sur la relation de la critique marxienne aux problèmes relatifs à la position socio-historique des femmes, des minorités ethniques et autres types de groupes. De tels débats ont tenté de partir des positions marxistes traditionnelles ou de s'y opposer. (Cette tendance s'est exprimée, par exemple, dans le fait de savoir si le travail domestique est aussi important pour la société que le travail en usine, ou si la classe – comme opposée au genre, aux ethnies ou autres catégories sociales – est nécessairement la catégorie la plus pertinente quand on parle d’oppression sociale.)
[3] Jean Cohen s'oppose elle aussi à l'idée du prolétariat comme sujet révolutionnaire, mais elle identifie cette position marxiste traditionnelle à l'analyse que Marx fait du procès de production capitaliste. Voir Jean Cohen, Class and Civil Society : The Limits of Marxian Critical Theory, 1982, pp. 163-228.
[4] Cette analyse réfute les interprétations qui attribuent à Marx l'idée quasi romantique selon laquelle le dépassement du capitalisme entraînera la victoire du « travail vivant » sur le « travail mort ». Voir Jürgen Habermas, Théorie de l'agir communicationnel, Fayard, 1987, t. II, pp. 368-369. Comme je le développerai dans la section suivante, l'analyse de Marx suggère en fait que la possibilité d'une société future qualitativement différente s'enracine dans le potentiel contenu dans le « travail mort ».

Sparterror und Revolte



Sparterror und Revolte

Der Wertkritiker Robert Kurz spricht über die Währungskrise den deutschen Exportchauvinismus und prophezeit, dass die Krise noch lange nicht vorbei ist.


Comment la structure rituelle du journal télévisé formate nos esprits


La propagande, c’est les autres

Si le téléspectateur est de plus en plus attentif au traitement d’informations particulières par les journaux télévisés, il s’interroge rarement sur la structure même de cette émission. Or, pour Pierre Mellet, la forme est ici le fond : conçu comme un rite, le déroulement du journal télévisé est une pédagogie en soi, une propagande à part entière qui nous enseigne la soumission au monde que l’on nous montre et que l’on nous apprend, mais que l’on souhaite nous empêcher de comprendre et de penser.

Le journal télévisé est le cœur de l’information contemporaine. Principale source d’information d’une grande partie des Français, il n’était pourtant, à ses débuts, en 1949 en France, que le sous-produit de ce que n’avaient pas voulu diffuser au cinéma la Gaumont et les Actualités Françaises. Défilé d’images sur lesquels était posé un commentaire, le « présentateur » ne s’est installé dans son fauteuil qu’en 1954, quand le journal a été fixé à 20h. Depuis lors, la mise en scène n’a fait qu’aller en s’accroissant, et l’information en a été écartée —si jamais elle était présente au départ— pour faire de ce théâtre non plus un journal, mais un spectacle ritualisé, une cérémonie liturgique. Le « 20h » n’a pas pour fonction d’informer, au sens de dégager une tentative de compréhension du monde, mais bien de divertir les téléspectateurs, tout en leur rappelant toujours ce qu’ils doivent savoir.
L’analyse qui suit se base sur les deux principaux journaux télévisés de 20h français, celui de TF1 et celui de France 2, mais peut, à bien des égards, trouver des correspondances avec les journaux télévisés d’autres pays, principalement en « Occident ».

Le contexte

Fixé à 20h, le journal télévisé est devenu, comme la messe à son époque, le rendez-vous où se retrouve (chacun chez soi) toute la société. C’est un lieu de socialisation essentiel, paradoxalement. Chacun découvre chaque soir le monde dans lequel il vit, et peut dès lors en faire le récit autour de lui, en discuter les thèmes du moment avec l’assurance de leur importance, puisqu’ils ont été montré au « jt ». Tout est mis en place comme dans un rituel religieux : l’horaire fixe, la durée (une quarantaine de minutes), le présentateur-prêtre inamovible, ou presque, qui entre ainsi d’autant mieux dans le quotidien de chacun, le ton emprunté, sérieux, distant, presque objectif, mais jamais véritablement neutre, les images choisies, la hiérarchie de l’information. Comme dans tout rituel, le même revient en permanence, et s’agrège autour d’un semblant d’évolution quotidienne. Les mêmes heures annoncent les mêmes histoires, racontées par les mêmes reportages, lancées et commentées par les mêmes mots, mettant en scène les mêmes personnages, illustrées par les mêmes images. C’est une boucle sans fin et sans fond.
En ouverture, le générique lance une musique abstraite où s’entend le mélange du temps qui passe, la précipitation des événements, et une façon d’intemporel nécessaire à toute cérémonie mystique. Sur la musique, un globe précède l’apparition du présentateur, ou un travelling vers ce dernier le fait passer de l’ombre à la lumière. Tout se passe comme si le monde allait nous être révélé.
Le présentateur y tient rôle de passeur et d’authentifiant. Personnage principale et transcendantal, il se trouve au cœur du dispositif de crédibilité du 20h. C’est par lui que l’information arrive, par lui qu’elle est légitimée, rendue importante et donnée comme « vraie ». Par lui également que le téléspectateur peut être rassuré : si le monde va mal et semble totalement inintelligible, il y a encore quelqu’un qui « sait » et qui peut nous l’expliquer.
(Dans d’autre cas, c’est un duo qui présente le journal télévisé. La relation avec le téléspectateur est du coup beaucoup moins professorale et paternaliste, mais plus de l’ordre de la conversation, et peut sembler plus frivole. Bien évidemment, on ne trouvera jamais deux présentateur, ou deux présentatrices, mais toujours un duo hétérosexuel. C’est qu’il s’agit de ne pas choquer la représentation de la famille bourgeoise chrétienne. Ce type de mise en scène étant rare en France, nous ne développerons pas ce point plus avant).

Crédibilité et information

« Madame, Monsieur, bonsoir, voici les titres de l’actualité de ce lundi 6 août », nous dit le présentateur au début de chaque journal. Il ne s’agit donc pas d’un sommaire, d’un tri de la rédaction dans l’information du jour, mais bien des « titres de l’actualité », c’est-à-dire précisément de ce qu’il faut savoir du monde du jour. Il n’y a rien à comprendre, le « journalisme » ne s’applique désormais plus qu’a nous apprendre le monde. Le présentateur ne donne pas de clé, il ne déchiffre rien, il dit ce qui est. Ce n’est pas une « vision » de l’actualité qui nous est présentée, mais bien l’Actualité.
Ce qui importe, dès lors, pour lui, c’est « d’avoir l’air ». Sa crédibilité n’est pas basé sur sa qualité de journaliste, mais sur son charisme, sur l’empathie qu’il sait créer, sa manière d’être rassurant, et sur son apparence d’homme honnête et intelligent. David Pujadas peut bien annoncer le retrait d’Alain Juppé de la vie politique, et Patrick Poivre d’Arvor montrer une fausse interview de Fidel Castro, ils sont tout de même maintenus à leur poste avec l’appui de leur direction, et n’en perdent pas pour autant leur statut de « journaliste » [1] et leur crédibilité auprès du public. Tout se passe comme si l’information délivrée n’avait finalement pas d’importance. Elle n’est là que pour justifier le rituel, comme la lecture des Évangiles à la messe, mais elle n’en est en aucun cas la raison centrale, le cœur, qui se trouve toujours ailleurs, dans le rappel constant des mots d’ordres moraux, politiques et économiques de l’époque. « Voici le Bien, voici le Mal », nous dit le présentateur.
La hiérarchie de l’information est donc inexistante. Alors que l’un des premiers travail effectués dans tout « journal » est de dégager les sujets qui semblent les plus essentiels pour tenter d’en ressortir un déroulé (propre à chaque rédaction) de l’information en ordre décroissant, de l’important vers l’insignifiant, ici, point. On passe de la dépouille du cardinal Lustiger à l’accident de la Fête des Loges, puis vient le dénouement dans l’affaire de l’enlèvement du petit Alexandre à la Réunion, suivit du suicide d’un agriculteur face aux menées des anti-OGM, à quoi font suite l’allocation de rentrée scolaire, les enfants qui ne partent pas en vacances, la hausse du prix de l’électricité, la spéléologue belge coincée dans une grotte, la campagne électorale états-unienne chez les démocrates, l’intervention de Reporters sans frontière pour dénoncer l’absence de liberté d’expression en Chine, la Chine comme destination touristique, le licenciement de Laure Manaudou, un accident lors d’une course aux États-Unis, le festival Fiesta de Sète, le décès du journaliste Henri Amouroux et enfin celui du baron Elie de Rothschild [2]. Il n’y a aucune cohérence, à aucun moment. Les sujets ne semblent choisis que pour leur insignifiance quasi-générale, ou leur semblant d’insignifiance. Tout y est mélangé, l’amour et la haine, les rires et les pleurs, l’empathie se mêle au pathos, les images spectaculaires ou risibles aux drames pathétiques, et l’omniprésence de la fatalité nous rappelle toujours la prédominance de la mort sur la vie.

Le reportage

Une fois les « titres » annoncés, le présentateur en vient au lancement du reportage. Le reportage est la démonstration par l’exemple de ce que nous dit le présentateur. En effet, tout ce qui va être dit et montré dans le reportage se trouve déjà dans son lancement. Le présentateur résume toujours au lieu précisément de présenter. Cela crée de la redondance. Ce qui est dit une fois en guise d’introduction est systématiquement répété ensuite dans le reportage. Ce sont les mêmes informations qui sont énoncées, la première fois résumées, et la seconde fois étendues pour l’élaboration de l’histoire contée. Le reportage ajoute très peu de chose à ce qu’à déjà dit le présentateur, tout juste développe-t-il les détails anodins qui contrebalancent « l’objectivité » du présentateur en créant de la « proximité ». Aux éléments de départ, trouvé dans le lancement, s’ajoute ensuite à l’histoire les petits détails romanesques nécessaire à son instruction ludique.
Le reportage est constitué de deux choses : l’image et son commentaire. Or, si l’on coupe le son, l’image ne signifie plus rien. Alors même que tout devrait reposer sur elle, c’est l’inverse précisément qui se produit à la télévision : le commentaire raconte ce que l’image ne fait qu’illustrer. Cette dernière n’est là que comme faire-valoir. C’est une succession de paysages semblables, de visages et de gestes interchangeables, collés les uns à côté des autres, et sans lien entre eux. À la télévision, l’image ne sert qu’à justifier le commentaire, à l’authentifier. Elle lui permet d’apparaître comme « vrai ». Et elle le lui permet précisément parce que ne disant rien par elle-même, le commentaire peut alors la transformer en ce qu’il veut, et c’est là le principal danger de ce media. L’image possédant une force de conviction très importante, le consentement est d’autant plus simple à obtenir une fois que vous avez dépouillée l’image de tout son sens et l’avez transformée en preuve authentifiant votre discours. Tout repose donc désormais sur le commentaire, et sur la vraisemblance de l’histoire qui va nous être racontée.
« Dans le reportage, note l’anthropologue Stéphane Breton, le commentaire est soufflé depuis les coulisses, cet arrière-monde interdit au téléspectateur (…) et d’où jaillit, dans le mouvement d’une révélation, un sens imposé à l’image. La signification n’est pas à trouver dans la scène mais hors d’elle, prononcée par quelqu’un qui sait » [3]. Le journaliste n’apparaît que très rarement à la fin de son reportage. Nous entendons donc une voix sans énonciateur. C’est une parole divine qui s’impose à nous pour nous expliquer ce que nous ne pourrions comprendre en ne regardant que les images. Il n’y a pas d’interlocuteur, donc pas de contradiction. Le reportage est un fil qui se déroule suivant une logique propre, celle que le journaliste veut nous donner à apprendre, où les « témoins » ne se succèdent que pour accréditer la parole qui a de toute manière déjà dit ce qu’ils vont nous expliquer. Comme avec le lancement, la redondance est omniprésente dans le reportage. Tout « témoin » est présenté non pas selon sa fonction, ni dans le but de justifier sa place dans ce reportage à ce moment là, mais suivant ce qu’il va nous dire. Et la parole du « témoin » accrédite le commentaire en donnant un point de vue nécessairement « vrai ». « Puisqu’il le dit, c’est que c’est comme ça ». Et bien souvent, le « témoin » n’a strictement rien à dire, mais va le dire tout de même, le journaliste devant faire la preuve de son objectivité et de l’authenticité de son reportage, de son enquête, en démontrant qu’il s’est bien rendu sur place et qu’il peut donc nous donner à voir ce qui est.
Le reportage, au journal télévisé, n’est pas la réalisation d’une enquête qui explore différentes pistes, mais le récit d’un fait quelconque montré comme fondamental. C’est une vision du monde sans alternative, qui tente d’apparaître comme purement objective. Si le présentateur dit ce qui est, le reportage, lui, le montre. Et c’est précisément là que l’image pêche par son non-sens, et que le commentaire semble devenir parole divine. « Voici le monde », nous dit l’un, « et voilà la preuve », poursuit le reportage. Et comment contester la preuve alors qu’elle nous est présentée, là, sous nos yeux ébahis ? La réalité se construit sur l’anecdote, et non plus sur un ensemble de faits plus ou moins contradictoires qui permettent de regarder une situation dans une tentative de vision globale pour pouvoir ensuite en donner une analyse.

Les mots d’ordre

Tout cela se rapporte à la logique de diffusion de la morale. Le journal télévisé, comme la quasi-totalité des médias, est un organe de diffusion des mots d’ordre de l’époque. Il ne discute jamais le système, il ne semble d’ailleurs même pas connaître son existence, mais diffuse à flux tendus les ordres que la classe dominante édicte. Le journal télévisé fait partie de ce « service public », dont parle Guy Debord dans les Commentaires sur la société du spectacle, « qui [gère] avec un impartial "professionnalisme" la nouvelle richesse de la communication de tous par mass media, communication enfin parvenue à la pureté unilatérale, où se fait paisiblement admirer la décision déjà prise. Ce qui est communiqué, ce sont des ordres  ; et, fort harmonieusement, ceux qui les ont donnés sont également ceux qui diront ce qu’ils en pensent » [4] .
Le 20h, issu d’une société où la mémoire a été détruite, transmet les mots d’ordre, comme pour tout conditionnement, par la répétition permanente et quotidienne. Les histoires racontées semblent toutes différentes, quand bien même elles sont finalement toutes semblables. Tout y est répété, soir après soir, constamment, et à tous les niveaux. Seuls les noms et les visages changent, mais le film, lui, reste toujours identique. C’est un perpétuel présent qui est montré et qui permet d’occulter tous les mouvements du pouvoir. Les évolutions n’étant plus jamais mises en lumière, c’est bien qu’elles n’ont plus cours. Le journal télévisé diffuse donc la morale bourgeoise (chrétienne et capitaliste) en bloc compact. C’est un vomi long et lent qui s’écoule, dilué et disséminé tout au long du 20h. Ils connaissent plusieurs modes de diffusions :
- L’accusation. Elle est constante, et généralement dite par les « témoins », ce qui permet de faire croire au journaliste qu’il a donné à voir un « avis », et qu’il a donc rendu un regard objectif de la situation. Un incendie ravage une maison, et ce sont les pompiers qui auraient dû arriver plus tôt. Un violeur est sorti de prison parce qu’il avait droit à une remise de peine, et c’est la justice qui dysfonctionne. Un gouvernement refuse de se plier aux injonctions occidentales, et c’est une dictature, un pays sous-développé où la stupidité se mêle à la barbarie, et mieux encore, où la censure bâillonne tous les opposants, qui sont eux nécessairement d’accord avec le point de vue des occidentaux mais ne peuvent pas le dire. Il s’agit toujours de trouver quelqu’un à vouer aux gémonies pour rappeler ce qui est « bien » et ce qui est « mal », et où l’on retrouve toute la sémantique chrétienne du « pardon », de la « déchéance », etc.
- L’évidence. Particulièrement utilisée pour régler sans discussions les questions économiques, elle consiste à diffuser les dogmes ou les décisions gouvernementales sans jamais les remettre en question. C’est par exemple le cas de la « croissance », qui est toujours la voie nécessaire à la survie jamais remise en cause et dont le présentateur nous annonce les chiffres avec un air catastrophé : « la croissance ne sera que de 1,2 % cette année selon les experts »...
- L’hagiographie. Commme à la messe, le journal télévisé a ses saints à mettre en avant. C’est le portrait de quelqu’un qui a « réussi », soit qu’il vienne de mourir, soit qu’il ait « tout gagné », soit qu’il se soit « fait tout seul », etc. C’est le prisme de l’exception qui édicte le modèle à suivre en suscitant admiration et respect. « Voilà ce que vous n’êtes pas, que vous devriez être, mais ne pourrez jamais devenir, et que vous devez donc adorer », nous répète le journal télévisé en permanence.
- Le voisinage. Particulièrement efficace, il s’agit de dire que « la France est le dernier pays en Europe à aborder cette question ». C’est le mécanisme qui régit la sociabilité de base, l’appartenance au groupe par l’imitation, par la reproduction de ce qu’il semble faire ou être. Le présentateur nous dit alors « eux font comme cela, pourquoi faisons nous autrement ? », présupposant que notre manière de faire est nécessairement moins bonne. « Travailler après 65 ans, aux États-Unis ça n’est pas un problème ». Aucune analyse n’est jamais donnée des points positifs et négatifs du système voisin, seulement un regard « objectif », qui dit : « voilà comment ça se passe là, et pourquoi c’est mieux que chez nous ».
- Le folklore. Ici sont présentés, avec le sourire aux lèvres et l’indulgence pour l’artiste un peu fou mais qui ne fait finalement pas de mal, des gens qui vivent un peu autrement. C’est alors, et seulement dans ce genre de sujet, que le présentateur souligne le caractère « exceptionnel » des personnes qui vont nous être présentées, pour dissuader quiconque de suivre leur exemple.
Ce ne sont là que quelques exemples.

Anecdote et fatalité

Deux modes de représentation du monde bercent principalement le journal télévisé, et sont les deux principaux mouvements de diffusion des mots d’ordre : l’anecdote et la fatalité.
L’anecdote se trouve au début de chaque sujet. Tout part du fait particulier, du fait divers du jour, et s’étend vers le problème plus vaste qu’il semble contenir en lui-même, ou que les journalistes font mine de croire qu’il contient. C’est une rhétorique particulière qui se retrouve aujourd’hui à la base de tous les discours politiques ou journalistiques, un renversement de la logique, du déroulement effectif de la démonstration et de l’analyse du monde : c’est l’exception qui explique désormais la règle, qui la construit. Tout part du fait particulier pour se prolonger, comme si ce dernier détenait en lui toutes les causes et toutes les conséquences qui ont fondé la situation plus générale qu’il est censé démontrer. Le 20h ne se préoccupe jamais de décrire des phénomènes endémiques, ou les sort toujours de la chaîne d’événements qui les a amené à la situation présente. C’est une nécessité dialectique logique pour qui veut transmettre les consignes sans se mettre en devoir de les expliquer, sans quoi il se trouve obligé d’apporter de la complication à sa démonstration et se rend compte que les choses sont moins simples qu’il ne voulait les faire paraître. Pour que les mots d’ordre soient diffusés efficacement, il ne faut pas donner la possibilité d’être contredit, donc il vaut mieux ne rien expliquer. De toute manière, nous l’avons dit, il ne s’agit jamais de donner à comprendre, mais toujours à apprendre.
La fatalité, elle, berce l’ensemble du journal télévisé. Les événements arrivent par un malheurs contingent, un hasard distrait qui touche malencontreusement toujours les mêmes (personnes, pays…). C’est une lamentation constante : « si les pompiers étaient arrivés plus tôt », « si le violeurs n’était pas sorti de prison », « si l’Afrique n’était pas un continent pauvre et corrompu », etc. Elle est la base de toute religion puisqu’elle permet de ne rien avoir jamais à justifier, et rappel le devoir de soumission face à la transcendance, puisque nous sommes toujours « dépassés ». La fatalité revient sonner en permanence comme une condamnation, et ajoute avec dépit (mais pas toujours) : « c’est comme ça ». Le système se régule tout seul et est « le meilleur des systèmes possibles », l’homme est un être « mauvais » et passe son temps à « chuter » et à « rechuter » malgré toutes les tentatives de lui « pardonner », le pauvre est responsable de sa situation parce qu’il est trop fainéant pour chercher des solutions et les mettre en application alors même qu’on les lui donne, etc. C’est un soupir constant, un appel permanent à l’impuissance et à la soumission face à la souffrance. Le monde va et nous n’y pouvons rien…
Une fois les mots d’ordre transmis, le messager divin peut nous donner congé, concluant le sermon du jour en n’omettant jamais de nous donner rendez-vous le lendemain à la même heure, puis disparaît, rangeant les papiers qui font foi de son sérieux, la caméra s’éloignant, l’ombre grandissant, et se fondant progressivement dans cette sorte de musique qui ouvrait déjà la cérémonie.
[1] Patrick Poivre d’Arvor, reconnnu comme la star du journalisme français, n’a pas de carte de presse car ses revenus principaux ne proviennent pas du journalisme, mais de ses activités de conseil et d’écriture.
[2] 20h de France 2, lundi 6 août 2007.
[3] Stéphane Breton, Télévision, Hachette Littérature, 2005.
[4] Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle, Gallimard, Folio, 1996.


mardi 9 août 2011

L'héroïne, c'est quoi ?

Un des garants de la Paix Sociale... 
Nom chimique : diamorphine ou diacétylmorphine.

Surnoms: brown sugar, brown, cheval, héro, rabla, drepou, smack, hélène, meumeu, blanche, came, poudre...
Statut légal : illicite, classée comme stupéfiant

Histoire brève: Elle est synthétisée à partir la morphine par Heinrich Dreser, en 1898, pour les laboratoire Bayer qui en font un médicaments contre la tuberculose, puis un traitement de la dépendance à la morphine (car on croyait que l'héroïne n'induisait pas de dépendance). Au début du siècle, elle est en vente libre en pharmacie en France, comme pilule anti-tussive. (voir Histoire de l'héroïne)

Aspect:
poudre de couleur brune ou blanche la plupart du temps (voir galerie photos)

Catégorie psychotrope: Dépresseur du système central

Mode de consommation: injection intraveineuse (voir L'injection d'héroïne en photos), sniff, inhalation (fumer le Dragon, chasser le Dragon...)

Effet recherchés:
(variables selon les individus, le contexte et la qualité du produit): euphorie, anxiolytique, relaxation, désinhibition, rêve éveillé, flash, aide à la descente (pour les consommateurs de cocaïne, mdma, lsd ou speed) (voir Héroïne, effets, risques)
Si la durée de la montée est très courte (quelques minutes), les effets durent entre 4h et 8h.

Effets secondaires (variables selon les individus): constipation, vomissement, contractions importantes de la pupille , interruption des menstruations, démangeaisons , difficultés à uriner
Les facteurs de dangerosité selon le rapport Roques (1998):
Dépendance physiqueDépendance psychiqueNeurotoxicitéToxicité généraleDangerosité sociale
très fortetrès fortefaiblefortetrès forte
Héroïne + alcool:
A petite dose, l'alcool peut diminuer les effets de l'héroïne, d'où le risque d'augmenter les doses. A fortes doses, l'alcool aurait tendance à accentuer l'effet endormant de l'héroïne. Il y a un risque accru de surdose sans les deux cas. Mais le Danger c'est le shoot après l'ivresse. Donc pour éviter l'OD méchante on commence toujours par la Dope et on picole seulement après !!!

En cas d'overdose:

Les signe d'une overdose sont:
- une respiration de plus en plus lente et moins profonde
- les muscles sont complètement relâches
- la personne dort profondément et ne se réveille pas. Et si elle se réveille, elle se rendort aussitôt.
- sa peau blanchit, pâlit tandis que ses lèvres et les extrémités de son corps bleuissent.

Que faire en cas d'overdose ?

Mettre la personne en Position Latéral de Sécurité ( PLS) pour qu'elle n'avale pas sa langue et ne s'étouffe pas dans son vomi. Appelez les secours 15 ou 18 ( appels gratuits même avec un téléphone sans crédit et sans puce). L'état de la personne et le lieu précis sont les seules informations nécessaires. Une fois le personnel médical sur place, signalez-lui les produits consommés, il est tenu au secret professionnel. Sinon allez direct aux urgences.

Accoutumance/Dépendance :
Forte accoutumance. Entraine une dépendance physique et psychologique forte qui s'accompagne d'un symptôme de sevrage lors de l'arrêt.(voir ) Il existe des produits de substitution (méthadone et buprénorphine en France, voir rubrique substitution) qui permettent aux usagers de pouvoir gérer leur consommation ou leur arrêt de l'héroïne.

lundi 8 août 2011

Sur les « traitements » en prison


Avertissement : le but de ce texte est d’apporter quelques informations sur les médocs et sur la pratique des électrochocs, notamment sur leurs effets secondaires reconnus cliniquement par l’institution et les labos. Ça ne rendra jamais compte de la réalité vécue par celui ou celle qui subit ces « traitements ». Nous ne partageons en rien le discours officiel médical, sur la catégorisation des troubles ou la valeur des traitements médicamenteux. La consommation de médicaments psychotropes en prison est largement supérieure à celle de la population en général, qui en France consomme déjà beaucoup plus de psychotropes que la population mondiale. Les effets secondaires décrits ici sont fonction des doses et des mélanges ; on sait qu’en taule les fortes doses et les cocktails sont monnaie courante.


La pharmacie d’une prison est une pharmacie hospitalière comme les autres, sauf que la maîtrise de la distribution du médicament est une illusion. S’il y a obligation de traiter le prisonnier, pas toujours consentant, c’est certainement avec beaucoup de difficultés (l’utilisation de formes orales sèches est toujours préférée) dans les conditions sécuritaires des établissements pénitentiaires. Il n’empêche que la consommation de médicaments psychotropes en prison est largement supérieure à celle de la population en général, qui en France consomme déjà beaucoup plus de psychotropes que la population mondiale. Les prisonniers ingurgiteraient 30 % de neuroleptiques pour 70 % d’anxiolitiques.
Les neuroleptiques ou antipsychotiques sont des médicaments à effet neurobiologie utilisés dans le traitement de certaines affections du système nerveux central : psychoses (troubles délirants aigus ou chroniques) et dans les états d’agitation (accès maniaque, par exemple). Ils ont pour but de réduire les symptômes psychotiques. Il y a deux catégories de neuroleptiques : ceux qui traitent les symptômes positifs ou productifs : hallucination, délire, agitation, angoisse. Et ceux qui sont destinés aux symptômes négatifs ou déficitaires  : autisme (retrait du monde extérieur compensé par une prédominance de la vie intérieure), repli affectif, apragmatisme (incapacité à entreprendre des actions). Il y a deux générations de médicaments ; l’ancienne : Haldol, Tercian, Solian, Largactil, Théralène. Et la nouvelle : Zyprexas, Risperdal, Loxapac. Les effets indésirables généraux sont les mêmes que ceux des antidépresseurs, auxquels s’ajoutent : troubles de la mémoire ; troubles lipidiques et glucidiques (majorant le risque cardio-vasculaire) ; troubles neurologiques (aigus ou tardifs pouvant survenir des années après une prise unique) pouvant se rapprocher du syndrome parkinsonien (tremblement, rigi- « traitements » : les cachets, l’électricité dité, lenteur, mouvements anormaux) ; effets extrapyramidaux (révulsion des yeux, trismus, difficultés de déglutition, torticolis spasmodique ; dyskinésies tardives se manifestant par des balancements du tronc, des piétinements, des mouvements de mastication ; troubles psychiques : syndromes d’indifférences psychomotrice ; état dépressif dû soit au produit, soit à la disparition du délire ; syndrome confusionnel quelquefois ; troubles neurovégétatifs : hypotension artérielle orthostatique, parfois hypothermie ; troubles digestifs : constipation et sécheresse de la bouche ; troubles endocriniens et métaboliques  : syndrome d’aménorrhée et galactorrhée (arrêt des règles et écoulements mammaires), perte de la libido, frigidité et impuissance. Par ailleurs, le « syndrome (plusieurs symptômes associés) malin des neuroleptiques  » est un accident grave qui associe hyperthermie (fièvre de plus de 40°), tachycardie (pouls à 140-160 par minute), polypnée (ralentissement du rythme respiratoire), sueurs, pâleur. Ce syndrome s’installe en trente-six à quarante-huit heures, soit à l’occasion d’un changement de traitement, soit chez un patient nouvellement traité. Le syndrome malin nécessite un transfert d’urgence en service de réanimation ; le pronostic vital est alors en jeu.
Un antidépresseur est un médicament principalement prescrit dans le traitement de certaines dépressions et de certains troubles anxieux (attaque de panique, troubles obsessionnels et compulsifs), des troubles du sommeil, et dont les effets, lorsqu’ils sont favorables, apparaissent après 2 ou 3 semaines en moyenne. Dans l’état actuel des connaissances, les antidépresseurs modernes ne provoquent pas d’accoutumance ni de dépendance, bien que l’arrêt brutal du traitement puisse engendrer des effets "rebond" transitoires. Les effets indésirables surviennent dans 10 % dans des cas, si l’on respecte la dose indiquée, et sont : sédation (somnolence) ; prise de poids ; bouche sèche, constipation, troubles visuels ; épisodes d’hypotension orthostatique (malaises, étourdissements). La levée d’inhibition dans les 48 à 72 heures du début du traitement entraîne une majoration transitoire du risque suicidaire. Les antidépresseurs sont séparés en 2 classes : la première regroupe l’Anafranil et le Laroxyl. Leur effet indésirable principal est une toxicité cardiaque. Ils sont de ce fait moins utilisés que ceux de la seconde classe. Celle-ci est représentée par le Prozac qui entraîne, lui, des risques de dépendance avec syndrome de sevrage à l’arrêt (anxiété, vertiges, nausées, troubles du sommeil), troubles digestifs, troubles de la libido, troubles du sommeil, vertiges, tremblements, maux de tête.

Les benzodiazépines sont une classe de médicaments aux propriétés hypnotiques, anxiolytiques, antiépileptique, anamnesiantes. Les benzodiazépines sont souvent utilisées pour soulager à court terme l’anxiété, l’insomnie sévère ou incapacitante. L’usage à long terme peut être problématique à cause de l’apparition d’une tolérance (accoutumance) et d’une addiction (dépendance). On pense qu’elles agissent sur le récepteur des GABA (neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central) dont l’activation tempère l’activité des neurones. Elles sont apparues dans les années 1960. Ce sont le Valium, Lexomil, Rivotril, Temesta, Seresta, Tranxène, Xanax, Rohipnol. Elles ont une toxicité hépatique et sont contre-indiquées dans les troubles respiratoires sévères. Leurs effets indésirables sont : sédation avec ses complications fréquentes : obstruction des voies respiratoires, hypotension et apnée ; troubles de la mémoire ; hypotonie des muscles de la gorge pouvant entraîner un gène, une dépression respiratoire lorsqu’ils sont administrés par voie intraveineuse et à fortes doses ; somnolence  ;confusion ;chutes ; dépendance avec un syndrome de sevrage pouvant aller jusqu’à la crise d’épilepsie, accoutumance et toxicomanie.
C'est le principal composant de la "Fiole"  administré en zonzon et responsable de milliers de toxicomanies...
Jamais de Benzos camarades ! Voir conseils ASUD 
Ajoutons que ces substances sont fortement addictives et que la décroche s'accompagne fréquemment de crises épileptiques.
Les thymorégulateurs (régulateur de l’humeur) sont utilisés dans les troubles bipolaires (anciennement psychose maniaco-dépressive). Il s’agit du sel de Lithium ( carbonate de lithium, le citrate de lithium ou l’orotate, vendu sous le nom de Thevalithe) et de plusieurs antiépileptiques  : le Tegretol, le Depakote ou Dépakine et le Valpromide. Les effets indésirables généraux sont : prise de poids, sédation, ralentissement, fatigue, troubles digestifs et visuels, tremblements, vertiges. Selon la molécule utilisée, on peut constater l’atteinte d’un organe spécifique (thyroïde, coeur, foie, pancréas, rein, peau).
L’electroconvulsivothérapie (ECT, en fait les électrochocs) est utilisée dans les dépressions sévères et les psychoses, épisode maniaque, résistantes aux médicaments. Elle est également souvent utilisée en première intention dans les pathologies psychiatriques de la femme après l’accouchement et chez les personnes âgées. Elle n’assure pas de prophylaxie (ne soigne pas), à moins qu’elle ne soit administrée au long cours comme traitement d’entretien (hebdomadaire, bihebdomadaire ou mensuel). Effets indésirables : troubles cognitifs à type de confusion transitoire de durée brève ; ce trouble s’atténue généralement après 10 à 20 minutes et disparaît en 2 heures. La confusion mentale est habituellement plus prononcée après les premières séances d’ECT, et chez les patients qui reçoivent une ECT bilatérale ou qui ont des troubles neurologiques concomitants. L’effet indésirable le plus gênant de l’ECT est la perte de mémoire. Les troubles mnésiques en cours de traitement sont quasiment inévitables. L’ECT peut engendrer secondairement des troubles mnésiques de type amnésie antérograde et/ou rétrograde. Ces troubles sont le plus souvent transitoires. L’amnésie antérograde disparaît constamment. L’amnésie rétrograde peut être durable chez certains patients. La sévérité des troubles est liée au nombre total de séances d’ECT, au placement des électrodes (plus marquée en position bilatérale qu’en position unilatérale), à l’utilisation d’un courant sinusoïdal (anciens appareils). Par exemple, un patient peut ne pas se rappeler les événements l’ayant conduit jusqu’à l’hospitalisation et l’ECT et de telles lacunes de la mémoire autobiographique peuvent ne jamais être comblées. D’autres effets indésirables (céphalées, nausées, douleurs musculaires) s’amendent rapidement après les séances. La mortalité est estimée à 1 pour 10000 patients traités (c’est-à-dire comparable à celle liée à l’anesthésie générale pour les interventions chirurgicales mineures) ou 2 pour 100000 séances d’ECT. Le taux de morbidité actuel est estimé à 1 accident pour 1 300 à 1 400 séances. La morbidité consiste en : laryngospasme, traumatisme dentaire, luxation ou fracture, défaillance circulatoire, état de mal épileptique, paralysie des nerfs périphériques, brûlure cutanée au point d’application des électrodes, apnée prolongée. Notons qu’autrefois, avant l’utilisation d’une anesthésie-curarisation, des complications (en particulier fractures de vertèbre) étaient observées fréquemment (jusqu’à 40 % des patients). Le traitement engendre souvent, dans les minutes suivant la stimulation, une bradycardie avec hypotension transitoire (stimulation vagale centrale) et secondairement une tachycardie sinusale et une hypertension artérielle. Des arythmies cardiaques peuvent survenir. L’état confusionnel post-critique est plus sévère si un courant sinusoïdal est utilisé, si les électrodes sont en position bilatérale, si la différence entre l’énergie administrée et le seuil épileptogène du patient est grande, enfin si le nombre total de séances est élevé. Les séances d’ECT peuvent se révéler anxiogènes pour certains patients. L’ECT ne provoquerait pas de lésions cérébrales objectivables (connues) chez l’adulte par les techniques actuelles d’imagerie. L’ECT pourrait être utilisée tout au long de la grossesse. Une consultation et une surveillance obstétricales sont nécessaires pour la réalisation de l’ECT. Une surveillance de l’état du fœtus lors de chaque séance d’ECT et lors de la période de réveil est conseillée. En cas de grossesse à risque ou lorsque le terme est proche, le monitorage peut être plus important et la présence d’un obstétricien est souhaitable lors des séances d’ECT.

dimanche 7 août 2011

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"Les investisseurs ont de plus en plus l'impression que l'on va au-delà de la crise financière, vers un risque systémique, et cela auto-entretient le vent de panique qui souffle sur les marchés"
Dirigeants politiques et banquiers centraux des principales économies de la planète s’activent ce dimanche 7 aout , dans le plus grand secret, pour trouver une solution concertée afin d’empêcher une nouvelle débâcle à la réouverture des marchés financiers lundi. Standard & Poor’s (S&P) a retiré vendredi aux Etats-Unis la prestigieuse note «AAA», dont jouissent les émetteurs d’obligations les plus fiables.
La dégradation de la note américaine par Standard & Poor’s alimente la crainte d’un krach sur les places boursières. Et un effet domino sur la crise de la dette des Etats.
En dégradant, vendredi soir, la note de la dette publique américaine, passée de AAA à AA+, l’agence de notation Standard & Poor’s (S & P) a pris une décision historique, aux conséquences encore imprévisibles.
"C'était une séance folle. Le secteur bancaire n'avait pas été attaqué aussi violemment depuis Lehman Brothers", souligne Renaud Murail, gérant d'actions chez Barclays Bourse.
"On est dans une atmosphère de panique, le marché joue à se faire peur. Il y a eu une attaque en règle, une spéculation à la baisse, mais surtout une phobie générale", poursuit le gérant.
HA HA HA... 
Fin du capitalisme ?

L ’avenir des plan­tes trans­gé­ni­ques en France


L ’avenir des plan­tes trans­gé­ni­ques en France s’est joué cet été : pour la pre­mière fois dans l’Hexagone, une quan­tité signi­fi­ca­tive d’orga­nis­mes géné­ti­que­ment modi­fiés(OGM) - soit 4500 hec­ta­res de « maïs insec­ti­cide » - a pu être récol­tée et vendue léga­le­ment. Les escar­mou­ches pro­vo­quées par les Faucheurs volon­tai­res, José Bové en tête, n’y ont rien changé.

C’est une vic­toire plus que sym­bo­li­que pour les semen­ciers, rem­por­tée au cœur de la pre­mière puis­sance agri­cole de l’Union euro­péenne, der­nier bas­tion anti-OGM à tenir encore à peu près debout. Monsanto triom­phe sur tous les autres conti­nents. Le chif­fre d’affai­res de cette firme amé­ri­caine (plus de 80 % du marché mon­dial des semen­ces trans­gé­ni­ques) a crû de 21% cette année. Les cultu­res d’OGM attei­gnent un sep­tième du maïs, un quart du coton et près des deux tiers du soja plan­tés sur terre, selon les don­nées foçur­nies par l’agro-indus­trie bio-tech­no­lo­gi­que.Leur sur­face glo­bale pro­gres­se­rait de plus de 10% par an. Certes, seuls une ving­taine de pays les culti­vent, mais parmi eux figu­rent les plus grands expor­ta­teurs agri­co­les, y com­pris, désor­mais, la France.
La pres­sion est si forte qu’il semble illu­soire d’espé­rer main­te­nir une fron­tière imper­méa­ble entre la filière trans­gé­ni­que et les semen­ces dites « conven­tion­nel­les ». Début sep­tem­bre des traces d’OGM ont été décou­ver­tes dans le riz exporté par les Etats Unis vers l’Europe et l’ Asie. L’ampleur du scan­dale a conduit le Japon à bannir le riz amé­ri­cain. Depuis 1996, Greenpeace a recensé 107 cas avérés de « conta­mi­na­tions » et de ventes illé­ga­les, dont 23 en Europe. Bruxelles auto­rise aujourd’hui la com­mer­cia­li­sa­tion de près de 30 varié­tés de plan­tes trans­gé­ni­ques. La conquête des champs et des rayons des maga­sins d’ali­men­ta­tion n’est ralen­tie que par l’hos­ti­lité de .la plu­part des consom­ma­teurs euro­péens, dont les trois quarts des Français. La FNSEA (Fédération natio­nale des syn­di­cats d’exploi­tants agri­co­les), pre­mier syn­di­cat agri­cole fran­çais, n’est pas hos­tile aux OGM. Mais son vice-pré­si­dent, Didier Marteau, admet sans peine que le « besoin de passer au trans­gé­ni­que n’a pour l’ins­tant rien d’évident ». Les OGM sont en passe de rem­por­ter la partie pla­né­taire enga­gée il y a une décen­nie. Nul ne sait si une agri­culture 100% non-OGM pourra long­temps être pré­ser­vée. Pourtant, on ignore encore si les plan­tes trans­gé­ni­ques sont vrai­ment néces­sai­res.
OGM « PIRATES »
Combien de temps le marché euro­péen résis­tera-t-il encore ? D’autres ont déjà cédé. Au Brésil et en Inde, deux géants agri­co­les qui ont cher­ché un temps à endi­guer l’avan­cée des OGM, la contre­bande de semen­ces trans­gé­ni­ques a pris une ampleur déconcer­tante. Le marché noir indien a dépassé le volume des ventes léga­les d’OGM dès 2004, deux ans seu­le­ment après leur auto­ri­sa­tion par­tielle. Dans les vil­la­ges de l’Etat du Maharashtra sans trop se cacher, des détaillants ven­daient début juin des sacs de reconnaît semen­ces sous des mar­ques far­fe­lues comme BesT Cotton - indi­ces gros­siers pour dire que ces sacs contien­nent bien du coton BT de Monsanto -, pro­po­sés à moitié prix. Candidate à l’entrée dans l’Union euro­péenne, la Roumanie a, elle aussi, perdu le contrôle de son­soja trans­gé­ni­que Round-up Ready, inter­dit dans l’UE. Les semen­ciers reconnais­sent la vente de la moitié des 85 ooo hec­ta­res plan­tés cette année avec ce soja résis­tant à l’her­bi­cide Roundup de Monsanto. Le reste ? Des OGM « pira­tes », semen­ces illé­ga­les culti­vées et reven­dues dis­crè­te­ment. Si on en croit leurs détrac­teurs, les firmes de bio­tech­no­lo­gie ne ver­raient pas d’un trop mau­vais œil ce trafic inter­lope. Certains soup­çon­nent même une stra­té­gie déli­bé­rée de dis­sé­mi­na­tion. Dragos Dima, ancien direc­teur adjoint de la filiale rou­maine de Monsanto, a démis­sionné en 1998 parce qu’il jugeait que ni son gou­ver­ne­ment ni son entre­prise « n’étaient prêts à contrô­ler la tech­no­lo­gie géné­ti­que », raconte-t-il. M. Dima lance : « Je ne suis au cou­rant d’aucune action légaie de la part de Monsanto visant à com­bat­tre le trafic de soja OGM illé­gal que mènent les pay­sans rou­mains. »
Depuis qu’elle a inter­dit les fari­nes ani­ma­les, l’Europe a besoin de soja pour nour­rir son bétail. Mais aux termes des accords inter­na­tio­naux de Blair House (Washington),négo­ciés en 1992, l’UE n’a le droit de pro­duire qu’un ton­nage très faible de cet oléa­gi­neux. Il lui faut donc l’impor­ter en masse. Or les deux prin­ci­paux expor­ta­teurs de soja au monde, les Etats-Unis et l’Argentine, ne font pra­ti­que­ment plus que du soja OGM. D’après la FNSEA, 80% des car­gai­sons qui arri­vent au Havre ou à Saint-Nazaire sont « mélan­gées » - com­pre­nez qu’elles contien­nent avant tout du soja géné­ti­que­ment modi­fié. Patrick Talion, porte-parole du minis­tère de l’agri­culture, reconnaît que la majo­rité des bêtes élevées en France man­gent d’ores et déjà des plan­tes géné­ti­que­ment modi­fiées ! Même si à peine trois dou­zai­nes de pro­duits des­ti­nés à la consom­ma­tion humaine sont à base d’OGM (et étiquetés comme tels), une filière trans­gé­ni­que s’est bel et bien mise en place en Europe, et puis­sam­ment, pour ali­men­ter la pro­duc­tion de viande, de lait et d’œufs. Au sein de l’UE, seule l’Espagne cultive plus de quel­ques dizai­nes de mil­liers d’hec­ta­res de maïs OGM. Les autres Etats-mem­bres sem­blent encore lar­ge­ment fermés. Sauf qu’il y a un hiatus entre le point de vue de la majo­rité des citoyens euro­péens et celui de leurs élites poli­ti­ques et admi­nis­tra­ti­ves, sou­vent plus conci­lian­tes.
En sep­tem­bre 2005, Le Figaro révé­lait que le gou­ver­ne­ment fran­çais n’avait pas jugé utile de rendre publi­que la mise en culture du pre­mier demi-mil­lier d’hec­ta­res de maïs BT dans le Sud-Ouest. En mai 2006, l’asso­cia­tion écologiste Les Amis de la Terre poin­tait plu­sieurs scien­ti­fi­ques mem­bres de l’Autorité euro­péenne de sûreté des ali­ments ayant eu des accoin­tan­ces avec les lob­bies pro-OGM. Maxime Schwartz, ex-direc­teur des labo­ra­toi­res de l’Agence fran­çaise de sécu­rité sani­taire des ali­ments (Afssa), s’avoue « sou­vent agacé par la vision étriquée des anti-OGM ».
Mais les pre­miers avo­cats de ces plan­tes sont des agri­culteurs. Leurs plus grands syn­di­cats notent que là où les OGM ne font guère débat (c’est-à-dire à peu près par­tout sauf en Europe), ceux-ci sem­blent doués d’un attrait concur­ren­tiel irré­sis­ti­ble. Leur culture est jugée plus simple : les varié­tés d’OGM Roundup Ready et BT (plus de 90 du marché) requiè­rent a priori moins de pes­ti­ci­des. Les pay­sans payent leurs semen­ces plus cher à cause des re4e­van­ces des bre­vets géné­ti­ques, mais beau­coup s’y retrou­vent en économisant sur les pro­duits phy­to­sa­ni­tai­res. Et puis, plan­ter des OGM, ça peut être bon pour la santé ! La FAO, l’orga­nisme onu­sien chargé de l’ali­men­ta­tion et de l’agri­culture, a pu cons­ta­ter une amé­lio­ra­tion « signi­fi­ca­tive » de la santé des pay­sans chi­nois qui plan­tent du coton BT, tou­jours grâce à la dimi­nu­tion des épandages d’insec­ti­ci­des. Les consom­ma­teurs euro­péens ont des exi­gen­ces autres que celles des pay­sans chi­nois. Monsanto et ses concur­rents gagnent par­tout des parts de marché. Mais quelle sorte de chan­delle leur j eu vaut-il ? D’après un rap­port de l’Afssa, l’inté­rêt pour le consom­ma­teur des OGM dis­po­ni­bles aujourd’hui est très ténu (voir Le Monde du 26 juillet 2004). Pourtant de nom­breux céréa­liers fran­çais affir­ment qu’on ne pourra pas tou­jours igno­rer les hori­zons ouverts par le génie géné­ti­que.
De la méde­cine aux bio­car­bu­rants, les pro­mes­ses sont nom­breu­ses. On consi­dère qu’à l’instar de l’infor­ma­ti­que, la géné­ti­que « double » ses connais­san­ces chaque année. Washington pro­nos­ti­que que, dans moins de quinze ans les bio­tech­no­lo­gies repré­sen­te­ront 20% du PIB amé­ri­cain. Des mil­liers de varié­tés aux pro­prié­tés mira­cu­leu­ses sont tes­tées. Aux Etats-Unis, ce sont des tabacs fabri­quant de l’hémo­glo­bine, des cotons dont les fibres per­met­tent de repé­rer les mines anti-per­son­nel. A Cuba, d’autres tabacs syn­thé­ti­sent un ingré­dient du vaccin contre 1’hépa­tite B. La Chine a annoncé en avril la nais­sance d’un veau clone trans­gé­ni­que résis­tant à la mala­die de la vache folle. A Clermont-Ferrand la société Meristem Therapeutics ne par­vient pas à faire auto­ri­ser ses recher­ches sur un maïs qui contient une molé­cule pré­cieuse contre la muco­vis­ci­dose. Côté ali­men­ta­tion, l’opi­nion pour­rait bas­cu­ler grâce au plé­bis­cite des ali­ca­ments [ ali­ments aux vertus médi­ci­na­les sup­po­sées], une fois que ceux-ci seront dis­po­ni­bles sous forme d’OGM. Monsanto teste des sojas plus riches en pro­téi­nes ou pro­dui­sant des oméga 3. D’autres firmes « déve­lop­pent des porcs modi­fiés afin que leur viande recèle ces pré­cieux acides gras essen­tiels. Mais pour l’ins­tant, et malgré les mil­liards inves­tis, l’étal des OGM n’a pas de quoi faire cha­vi­rer la ména­gère : il n’offre guère autre chose que des plan­tes résis­tan­tes à un her­bi­cide ou émettrices d’insec­ti­cide.
LE BLUFF DE LA BIO-INFORMATIQUE
Pour les scep­ti­ques, cela prouve que l’ADN ne se repro­gramme pas aussi aisé­ment qu’une puce d’ordi­na­teur : ils dénon­cent le « bluff de la soi-disant « bio-infor­ma­ti­que » ». A la fin des années 1980, l’agro-indus­trie pro­met­tait déjà des OGM capa­bles de faire fi du manque d’eau, des tem­pé­ra­tu­res extrê­mes ou des sols salés. Mais Monsanto reconnaît que ses cotons et sojas résis­tants à la séche­resse sont coin­cés au pre­mier stade de recher­che dans son « pipe­line d’inno­va­tions ». Les varié­tés dis­po­ni­bles aujourd’hui don­nent-elles de meilleurs ren­de­ments ? Permettent-elles aux pay­sans de gagner plus d’argent ? Poser ces ques­tions, c’est s’aven­tu­rer dans une jungle de rap­ports contra­dic­toi­res. Quand, à Washington, le dépar­te­ment de l’agri­culture « démon­tre » que les céréa­liers amé­ri­cains ont évidemment tiré avan­tage de l’expé­rience, une ana­lyse à Londres du 10 Downing Street insiste volon­tiers sur l’« incer­ti­tude » et la « varia­bi­lité » des coûts de pro­duc­tion. Il faut dire que la plu­part des Britanniques refu­sent d’enten­dre parler d’OGM. Inutile d’atten­dre des véri­tés impar­tia­les sur ce ter­rain-là.
Les com­pa­gnies d’assu­ran­ces euro­péen­nes n’accep­tent tou­jours pas de cou­vrir les ris­ques liés aux OGM. Munich leader de la réas­su­rance, pré­cise que ces ris­ques « sont nou­veaux et ne peu­vent être cor­rec­te­ment évalués ». Ils sont de deux ordres : effets nocifs pou­vant appa­raî­tre chez l’homme, effets indé­si­ra­bles sur l’envi­ron­ne­ment, « Aucun risque sani­taire n’a pu être prouvé à ce jour », indi­que le rap­port par­le­men­taire publié par l’Assemblée natio­nale en avril 2005.
Philippe Gay, repré­sen­tant du groupe suisse Syngenta Seeds (prin­ci­pal concur­rent de Monsanto), tem­père : « le risque à long terme ne fait tou­jours pas l’objet de métho­do­lo­gies appro­priées. »
Des mil­liards de repas à base d’OGM sont servis aux Etats-Unis sans qu’aucun Américain ne s’en soit jamais plaint. Mais des scien­ti­fi­ques esti­ment que cela ne permet pas d’exdure d’éventuels effets « diffus », comme des can­cers, indé­ce­la­bles avec seu­le­ment une décen­nie de recul. Les nou­vel­les varié­tés sont tes­tées sur des ani­maux pen­dant trois mois. Un délai ral­longé sous la pres­sion des écologistes. Le bio­lo­giste Gilles Eric Séralini, cher­cheur à l’uni­ver­sité de Caen et farou­che adver­saire de Monsanto, prê­tend démon­trer que si les tests de toxi­cité duraient plu­sieurs années (comme pour un médi­ca­ment par exem­ple), « la filière OGM ne serait plus ren­ta­ble ».
Monsanto dément mais pré­cise qu’un nou­veau trans­gène coûte tout de même entre 50 rnil­lions et 100 mil­lions de dol­lars. Les tests sani­tai­res sont finan­cés et mis en forme par les semen­ciers eux mêmes. Martin Hirsch ancien direc­teur de 1’Afssa, note que « rien n’oblige les firmes à trans­met­tre de mau­vais résul­tats ».
La Commission euro­péenne a une atti­tude ambi­guë. Elle répète aux citoyens qu’il n’y a pas danger. Mais les Amis de la Terre ont sorti en avril (2006) un docu­ment confi­den­tiel trou­blant : il s’agit des argu­ments de cette même Commission devant l’OMC (Organisation mon­diale du com­merce pour jus­ti­fier les entra­ves aux impor­ta­tions d’OGM amé­ri­cains. Là, le dis­cours, bien plus pes­si­miste, relève la per­sis­tance de « larges zones d’incer­ti­tude ». La lutte contre les conta­mi­na­tions des cultu­res conven­tion­nel­les n’est pas la moin­dre de ces incer­ti­tu­des. D’ailleurs, l’UE le reconnaît impli­ci­te­ment : le seuil de 0,9 toléré dans les champs par la nou­velle régle­men­ta­tion sur les « dis­sé­mi­na­tions for­tui­tes » prend en compte, selon le com­mis­saire David Byrne, l’« œuvre iné­vi­ta­bie de ia nature » - trans­port du pollen par le vent, erreurs de mani­pu­la­tion...« « for­tuit » ne signi­fie pas « rare » », pré­cise un spé­cia­liste du minis­tère de l’agri­culture qui sou­haite garder l’ano­ny­mat. « Si on ne veut pas de dis­sé­mi­na­tions du tout, il faut inter­dire la culture d’OGM en plein champ », insiste-t-il.
Une étude de l’Afssa, que le minis­tère de l’agri­culture refuse de rendre publi­que depuis juin 2005, révèle que « la plu­part » des sacs de semen­ces non-OGM d’impor­ta­tion conta­mi­nées, même de façon infime, recè­lent plu­sieurs varié­tés trans­gé­ni­ques dif­fé­ren­tes – jusqu’à quatre ! Après deux années pas­sées sans com­mu­ni­quer de bilan des contrô­les aux fron­tiè­res, le minis­tère concède que pas moins de la moitié des lots de semen­ces venant des Etats-Unis contien­nent des traces d’OGM. Et encore : malgré les pré­cau­tions prises par les pro­duc­teurs de semen­ces amé­ri­cains (pré­cau­tions qui leur coû­tent 500 mil­lions d’euros par an rien que pour le marché fran­çais), un lot sur quatre des­tiné à l’Europe doit être redi­rigé vers des mar­chés plus arran­geants pour cause de conta­mi­na­tion trop forte... Une situa­tion « inévitable compte tenu de l’ampleur des cultu­res trans­gé­ni­ques aux Etats-Unis », selon Grégoire Berthe, prin­ci­pal lob­byiste de la coo­pé­ra­tive fran­çaise Limagrain.
Même si les OGM pou­vaient être jugés indis­pen­sa­bles et sans ris­ques, cer­tai­nes métho­des pour les faire accep­ter n’en demeu­re­raient pas moins déran­gean­tes.
En avril 2004, alors que l’Irak n’a pas encore de Constitution, l’admi­nis­tra­teur amé­ri­cain Paul Bremer signe son ordre 81 : il impose à la plus vieille agri­culture du monde le res­pect de la légis­la­tion amé­ri­caine sur la pro­priété intel­lec­tuelle, inter­di­sant aux pay­sans ira­kiens de « réu­ti­li­ser les grai­nes des varié­tés pro­té­gées (...) ».
Sitôt l’ordre publié, l’US Aid, l’admi­nis­tra­tion amé­ri­caine char­gée de l’aide ali­men­taire livre des mil­liers de tonnes de grai­nes de « haute qua­lité » en pro­ve­nance des Etats Unis. Puis elle refuse de lais­ser des scien­ti­fi­ques indé­pen­dants véri­fier s’il s’agit de semen­ces trans­gé­ni­ques. Coïncidence : un mois après la signa­ture de l’ordre 81, Monsanto renonce à com­mer­cia­li­ser sa pre­mière variété de blé trans­gé­ni­que dans les pays riches à cause de l’hos­ti­lité des Européens et des Canadiens.

ÉCLUSER LES SURPLUS
L’US Aid dis­pose d’un pro­gramme spé­ci­fi­que, bap­tisé Cabio, dédié à la pro­mo­tion des bio­tech­no­lo­gies auprès des nations pau­vres. Au cours des quatre der­niè­res années, l’Equateur, l’Angola, le Soudan, la Zambie, le Zimbabwe ou encore le Mali ont refusé d’accep­ter sans condi­tion l’aide ali­men­taire amé­ri­caine repro­chant à Washington de se servir de leurs popu­la­tions pour écluser des sur­plus d’OGM. En juillet 2002, en pleine famine, le gou­ver­ne­ment zam­bien affir­mait avoir décliné l’offre d’un prêt de 50 mil­lions de dol­lars, dont la contre­par­tie était l’achat de nour­ri­ture et de semen­ces trans­gé­ni­ques.
Monsanto main­tient de très étroites rela­tions avec Washington depuis la guerre du Vietnam, quand l’entre­prise four­nis­sait à l’armée le fameux défo­liant « agent orange ». Nombreux sont les anciens cadres de la firme de Crève Cœur (Missouri) à tra­vailler aujourd’hui pour le dépar­te­ment de l’agri­culture. Linda Fisher, ancienne res­pon­sa­ble des rela­tions avec le gou­ver­ne­ment chez Monsanto a été nommée par le pré­si­dent George W. Bush vice-admi­nis­tra­trice de l’Agence de la pro­tec­tion de l’envi­ron­ne­ment.
Le pré­si­dent amé­ri­cain décla­rait en 2003 lors d’une confé­rence à Washington : « Au nom de l’Afrique mena­cée par !a famine, je demande aux gou­ver­ne­ments euro­péens de cesser leur oppo­si­tion aux bio­tech­no­lo­gies. » C’est un argu­ment récur­rent : les OGM pour­raient per­met­tre de régler le pro­blème de la mal­nu­tri­tion qui touche 800 mil­lions de Terriens. Un rap­port de la FAO lui oppose que les pau­vres pas­sent à côté des béné­fi­ces du génie géné­ti­que parce que cette tech­no­lo­gie se concen­tre sur des « espè­ces lucra­ti­ves d’expor­ta­tion ». Des taros et des pommes de terre OGM arri­vent sur le marché, mais, pour l’heure, soja, maïs, coton et colza repré­sen­tent plus de 99 des OGM culti­vés. Des plan­tes pres­que exclu­si­ve­ment des­ti­nées aux indus­tries agroa­li­men­taire et tex­tile des pays riches.
Selon une étude com­mune de la Banque mon­diale et de l’OMC, les bio­tech­no­lo­gies repré­sen­tent une solu­tion contre la misère des pay­sans du Sud. Mais l’expé­rience en Inde du coton BT auto­rise à mettre un gros bémol à ce plai­doyer (lire le repor­tage en bas). Le pro­blème cru­cial des OGM : laisse-t-on à ceux qui le sou­hai­tent la liberté de refu­ser d’en plan­ter ou d’en manger ? Toutes les meilleu­res varié­tés amé­ri­cai­nes de céréa­les sont désor­mais ven­dues dans leur ver­sion trans­gé­ni­que. La supré­ma­tie de Monsanto aux Etats-Unis fait qu’il est sou­vent dif­fi­cile de trou­ver ces grai­nes à haut ren­de­ment sous forme non-OGM chez les détaillants du Middie West. La loi amé­ri­caine consi­dère les plan­tes trans­gé­ni­ques comme des cultu­res nor­ma­les, inter­di­sant de fait leur tra­çage. En novem­bre 2005, un son­dage de la Fondation Pew Initiative on Food and Biotechnology a montré que seul un Américain sur quatre se dit favo­ra­ble à la nour­ri­ture trans­gé­ni­que. A peine plus qu’en France. On peut sup­po­ser que si outre-Atlantique les OGM étaient étiquetés. Ils ne s’y ven­draient pas très bien. Mais com­ment reve­nir en arrière ?

samedi 6 août 2011

Are Surveillance Camera Players

Anachronistic in the Age of Analytics?

As video surveillance increasingly moves to automated processes -- video analytics -- to detect suspicious activities, what becomes of the Surveillance Camera Players?

As video surveillance increasingly moves to automated processes -- video analytics -- to detect suspicious activities, here's a question that begs to be asked: What becomes of the Surveillance Camera Players?
Founded in 1996, this New York City-based political activist organization Surveillance Camera Players has inspired a worldwide movement of similar groups, all focused on doing the same thing: Performing in front of security cameras located in public places around the city. You can see an example of their work on YouTube
(this is in a New York subway station and involves an interesting exchange with the police that probably wouldn't have occurred in London, where citizens have the right to get copies of video created by that city's ubiquitous surveillance camera system.) And here's a Spanish (and English) TV news report on the group: Dailymotion.com.
The Surveillance Camera Players perform to protest the loss of privacy from these cameras, but for all these years there has always been one underlying assumption: A human is watching. On the other side of the camera, in some distant (or nearby) security center, a security guard is watching a monitor on which the Surveillance Camera Players appear.
Increasingly, though, video analytics is replacing human monitoring. The assumption that there is someone on the other end to see the performance may no longer hold true. Of course, the whole purpose of analytics is to minimize the need for human monitoring -- not to eliminate it completely. After analytics has determined a suspicious event, the system -- whether built-in to the camera, or in a centralized processing system -- will send the brief video clip to a real live security person. This can save bandwidth, and enables a single security guard to effectively monitor dozens or even hundreds of cameras, as opposed to the handful that could be watched simultaneously at the old-fashioned security desk. Over the years, the field of video analytics has improved tremendously, learning to ignore common false alarms. For example, a crude "tripwire" drawn along a fence surrounding an airport -- designed to detect someone attempting to cut through or climb over -- might set off a false alarm every time birds fly across or sit on the fence, but a more sophisticated version can distinguish between birds and people.
Clearly the Surveillance Camera Players are harmless to democratic society, and it could be argued that their social commentary provides a vital voice in the ongoing debate concerning technology and privacy. Which begs another question: If they pose no risk, and distract security guards from their real work of spotting genuinely threatening events, will some clever analytics someday include an algorithm especially designed -- just as the birds get ignored -- to ignore the Surveillance Camera Players? And when that day comes, will they keep performing? Is "performing" for a camera that only a computer "sees" a bit like a tree falling in the forest with no one to hear the sound?

(Written by Cliff Roth and published on Videsign's Video/Imaging DesignWire, 21 October 2009.)

vendredi 5 août 2011

Reconfigurer le temps historique

Interprétation de Marx par Moishe Postone

Ce texte est l’introduction de History and Heteronomy: Critical Essays (UTCP Booklet 12, 2009), livre en anglais est librement téléchargeable. Ce sont les actes d’un séminaire à l’Université de Tokyo autour de la pensée majeure de l’historien américain Moishe Postone, auteur notamment de Temps, travail et domination sociale. Une ré-interprétation de la théorie critique de Marx (Mille et une nuits, 2009).
Point-de-vue strictement marxo-marxiste-marxien (rien n'existe en dehors de nos propres erreurs...). Pour ces gens il est indispensable d'enterrer l'I.S et Guy Debord pour cacher ce qui justement était et pouvait être connu sur ces questions a ce moment,  mais pas par nos joyeux universitaires marxo-marxistes-marxiens... 
Le monde commence en 1986 et 1993 avec Postone sinon rien...


Depuis la chute des régimes socialistes d’État en 1989 et, peu après, l’orientation de la Chine vers le capitalisme de marché, le socialisme et le marxisme semblent faire résolument parties du passé. Ces sociétés qui paraissaient résister au capitalisme et incarner les espoirs d’une alternative ont toutes capitulé. Leur succès est à présent le plus souvent mesuré à la lumière de leur capacité à développer le capitalisme de marché. Par exemple, tandis que la Russie est critiquée pour sombrer dans des politiques quasi-mafieuses et la corruption, les universitaires, et même des chinois de gauche, ont félicité la Chine de réussir sa transition au capitalisme et de développer une forme alternative d’organisation de marché 1
Dans l'ensemble, les marxistes ont eu une période difficile pour saisir les transformations qui ont eu lieu de la fin des années 1960 jusqu’à présent. En particulier, ils ont été incapables de saisir en critique les sociétés du bloc socialiste et les sociétés capitalistes en tant qu'éléments d'une forme plus globale de domination. En effet, explicitement ou implicitement, les marxistes ont souvent pensé au bloc socialiste comme un type alternatif.
Après la chute du mur de Berlin, l'absence d'une alternative a poussé beaucoup d'anciens marxistes à abandonner le marxisme et à embrasser des théories comme le post-structuralisme ou le déconstructionnisme. De telles théories semblent présenter l'avantage d'abandonner les récits de totalisation et les grandioses projets d'émancipation humaine. Elles offrent la possibilité d’une critique de la totalisation, de la rationalisation et de la bureaucratisation (souvent compris en vertu de conditions génériques telles la « violence » ou le « pouvoir ») indépendamment qu’elles se soient produites dans les états en apparence socialistes ou imprègnent le capitalisme néo-libéral qui infiltre notre monde aujourd'hui. Bien que de telles théories aient une certaine valeur critique, elles sont généralement incapables de donner sens à la trajectoire historique du vingtième et du vingt-et-unième siècles, et, parce que les partisans du post-structuralisme habituellement ne pensent pas à la domination ou à la libération en termes de dynamiques et de structures globales, leurs idéaux et leurs critiques de la violence ne sont guère plus qu'une certaine forme de libéralisme.
L'opposition entre l'indétermination historique post-structuraliste et le focus étroit des marxistes traditionnels sur la domination économique a ainsi mené à une impasse. D'une part, nous avons des marxistes qui soulignent les relations de pouvoir concrètes, mais ne réussissent pas à saisir la dynamique globale de domination qui a infiltré à la fois les Etats socialistes doctrinaires et le capitalisme. Au mieux, le marxisme traditionnel se concentre sur les relations de classe dans les états du ‘socialisme réel’ pour développer une critique très restreinte.

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