lundi 14 mars 2011

Pourquoi le capitalisme ne peut être éco-compatible


L'écologie, telle qu'elle est conçue par une large frange du monde politicien, est un cas typique de l'illusion qui mène à penser que nous pourrions diriger l'évolution du capitalisme (ou du moins, du progrès) dans un sens qui puisse enfin devenir favorable aux êtres humains et à ce qu'il est convenu d'appeler la « nature ». Il partage cette caractéristique avec d'autres idéaux, d'autres utopies telles que le marxisme traditionnel dans son renoncement à émettre une critique radicale du travail (considéré comme transhistorique et donc propre à toute société humaine dans son métabolisme avec la nature), le gauchisme étatique dans ses multiples obédiences axant toute alternative sur la promesse d'une meilleure répartition des « richesses » (sans définir au préalable ce qu'elles représentent dans la société capitaliste) et conséquemment, d'une régulation du système productiviste ou encore l'anarchisme ouvriériste consacrant ses efforts militants à faire passer le message d'une sortie du capitalisme par la pratique révolutionnaire de l'autogestion des usines de production (l'industrie étant pourtant la matérialisation ultime du rationalisme productiviste). Les idées vertes sont néanmoins à la mode et tentent d'une façon ou d'une autre (en fonction de l'interprétation plus ou moins osée de ce qu'est le radicalisme dans une analyse de la société actuelle) de construire une alternative à un système perçu avec évidence comme étant destructeur des écosystèmes et de la vie en général. Mais sans se donner la peine d'élaborer une analyse et une critique véritablement radicale de la société capitaliste apte à faire émerger les causes profondes de la débâcle, il peut paraître bien illusoire de proposer un schéma de remplacement qui fasse fi de la nécessité d'éradiquer de nos vies, et de la planète, ce système aliénant qui nous mène droit au mur.
L'écologie est bien autre chose que de reconsidérer les catégories propres au capitalisme en envisageant un rapport à leur encontre qui puisse remettre le monde à l'endroit. Une critique radicale de ces catégories, y compris celle de la nature, par la conscience qu'elle est susceptible d'éveiller, peut être à même de lier à nouveau la pensée à l'action (en remettant en cause la domination de la pensée rationnelle sur la vie) et par là, nous détacher de ces abstractions aliénantes qui nous font observer nos propres vies comme autant de spectacles absurdes (dénués de sens véritable dans une logique folle devenue autonome et dont l'aboutissement inévitable nous effraie). La critique du concept moderne de nature est en ce sens primordiale parce qu'elle peut permettre de saisir les causes profondes de la séparation de l'espèce humaine d'avec son essence et donc de comprendre les enjeux ambivalents d'une bipolarisation entre la pensée rationnelle d'une part et la vie « sauvage », naturelle, d'autre part. Mais à l'opposé, elle peut aussi permettre d'éviter les dérives sectaires des adorateurs d'une nature mystifiée, tels les écologistes profonds, dont le but est de nous livrer à une référence normative d'une nature harmonieuse et idéalisée !
La nature des sentiments
Que ce soit dans les champs immenses de l'agriculture productiviste ou dans les forêts d'exploitation, dans les usines ou au plus profond des mines, la vie palpite au cœur même de l'espace capitaliste. La nature y apparaît comme contrainte de se soumettre et d'apporter tel un tribut sa force de vie, force de travail et de régénération élaborée au fil du temps. La nature y est donc réduite à une somme de possibilités dont se nourrit le capital afin de s'auto-valoriser. La survie de ce dernier repose sur la capacité qu'ont les êtres vivants, dans leur nature, à lui fournir du vivant, de la productivité. Chaque être vivant (hommes, plantes, animaux...) est sommé de contribuer au mécanisme de valorisation qui réclame pour la poursuite de la course folle vers une accumulation sans fin (et sans but !) toujours plus de sacrifices. Mais qu'est-ce donc en fait que la nature sinon un substrat vivant nécessaire à la valorisation du travail mort ?
Ce monde des morts, concrétisé dans les objets-figures du capital (moyens de production, outils de travail, matière première transformée,...) vampirise la vie dans un besoin inextinguible d'auto-accroissement.

dimanche 13 mars 2011

Déroutes en série

 Le Japon sous une catastrophe nucléaire

Le scénario de l'accident nucléaire en cours est un peu mieux compris. Il concerne les sept réacteurs en fonctionnement lors du séisme des deux centrales de Fukushima Daiichi (3) et Fukushima Daini (4). Les réacteurs ne sont pas tous dans le même état.
Pour l'instant, les rejets de vapeur contaminée opérés volontairement par la TEPCO  en accord avec le gouvernement et l'Autorité de sûreté japonaise (agence de sûreté nucléaire et industrielle) pour diminuer la pression dans les circuits et les enceintes n'ont pas de conséquences sanitaires sérieuses. Les valeurs maximales atteintes, hier soir autour de Daiichi, en termes de débit de dose, étaient de l’ordre de 1 mSv/h (un millisivert par heure, c’est-à-dire que la limite annuelle d’exposition d’une personne du public – 1 mSv – est atteinte en 1 heure d’exposition. En France, la limite annuelle d’exposition d’un travailleur du nucléaire est de 20 mSv, ces limites sont réglementaires et précautionneuses, elles ne signifient pas un risque sanitaire mesurable). La détection de petites quantités de césium montre qu'il y a eu un début de fusion d'éléments combustibles.

Libye: Les insurgés battent en retraite

Après la chute de Zaouiah, mercredi, les villes aux mains des insurgés tombent les unes après les autres. Après Al-Uqaila sur la route côtière, c'est la localité d'al-Bicher plus à l'est qui est désormais sous contrôle des loyalistes qui bombardaient aussi Brega, à quelque 240 km de Benghazi, quartier général du Conseil national de transition regroupant l'opposition. Les insurgés qui étaient postés aux portes de Brega ont pris la fuite à bord de véhicules en direction de la ville d'Ajdabiya, sur la route côtière. Les forces fidèles au régime du colonel Kadhafi, continuent dimanche 13 mars, à avancer vers l'Est le long de la côte libyenne, repoussant les rebelles, à coups de bombes, roquettes et mortiers. Les troupes loyalistes se trouvent désormais à 240 kilomètres de Benghazi, fief de l'insurrection. Dans la ville voisine d'Ajdabiah, les insurgés semblent démoralisés. "Dans une demi-heure, peut-être, leurs roquettes peuvent nous tomber dessus", se lamente un combattant rebelle, Massoud Bouissir, à l'entrée ouest de la ville. "Le soulèvement, c'est fini...", dit un autre, Nabil Tidjouri, qui a perdu son fusil-mitrailleur dans les combats. "Hier ils étaient à Ras Lanouf, aujourd'hui ils sont à Brega, après-demain ils seront à Benghazi."

Par ailleurs, toutes les communications des téléphones portables étaient coupées dimanche à Benghazi, le fief de l'insurrection.

Critique et crise de la société du travail


L’essence étrangère et les organes du cerveau:
Extrait de Robert Kurz, dans le livre aujourd’hui épuisé, Lire Marx. Les textes les plus importants de Karl Marx pour le XXIe siècle. Choisis et commentés par Robert Kurz, La Balustrade, Paris, 2002, pp. 123-127.

L’autre Marx, le Marx ésotérique, celui de la critique radicale catégorique se discerne bien moins nettement en ce qui concerne la critique du travail. Sur ce point, Marx semble généralement en accord avec le marxisme positiviste du mouvement ouvrier. De longs passages de son argumentation présentent le travail comme une évidence, comme une nécessité naturelle éternelle ou interprètent le travail comme une entité supra-historique de l’homme. Marx suit ici le mouvement ouvrier historique qui voit dans le travail le propre de la condition humaine, « déformé » par le capital à des fins extérieures et usurpatrices.
Toutefois, ce n’est pas un hasard si Marx ne s’est jamais laissé aller à glorifier le travail, les mains calleuses, à exalter l’éthique protestante du travail accompli et la « création de valeur » par le travail, comme ce fut couramment le cas ensuite dans les syndicats, les partis ouvriers sociaux-démocrates et communistes, avec toute l’iconographie et la symbolique qui s’y rapportent. Car, dans de nombreux textes de Marx, le travail évolue discrètement vers quelque chose de négatif en soi. La critique du travail capitaliste est formulée de telle façon qu’il semble incroyable qu’on vienne ensuite appliquer cette même notion de travail en tant qu’essence humaine positive suprahistorique contre le capitalisme.
Le problème réside dans le caractère abstrait de la notion de travail. Le travail en soi, le travail en général, le travail en tant que dépense abstraite d’énergie humaine : cette conception n’a de sens que si l’on y voit une forme d’activité du système capitaliste moderne de production marchande pour des marchés anonymes. Et, comme Marx l’a lui-même démontré dans l’analyse de la marchandise, il ne s’agit absolument pas seulement d’une abstraction dans le sens idéal et verbal, mais d’une « abstraction réelle » sociale. Le calcul des entreprises et les hommes qui produisent sous l’emprise de cette logique de la valorisation de l’argent font effectivement abstraction, même pratiquement, du contenu sensible et matériel, du sens ou du non-sens humain et des conséquences de leur activité incessante pour la société et pour les fondements naturels de la vie. Il ne s’agit toujours que de la même fin en soi : l’énergie humaine se transforme en argent et l’argent amène toujours plus d’argent. Abstraite et vide, on a l’équation des contenus réels les plus variés (dont certains sont destructeurs):  argent en tant que fin en soi = travail abstrait du processus de travail capitaliste. Symboliquement et avec une limpidité involontaire, un conseil d’entreprise a résumé cette équivalence abstraite en une formule paradoxale : « Pour réussir, il faut croire en quelque chose, peu importe en quoi ».
En exprimant par la notion négative de « travail abstrait » le caractère indifférent et abstrait de la production capitaliste, Marx prononce déjà un jugement sur la notion positive de travail en général, car, en fin de compte, le « travail » est une abstraction qui ne signifie rien d’autre.
Le travail salarié de l’employé rentre dans cette notion de travail (abstrait), sans toutefois, l’épuiser. Celle-ci comprend aussi l’activité des capitalistes et du management, c’est-à-dire qu’elle s’étend à la totalité des classes et des groupes de la hiérarchie des fonctions capitalistes. Les possesseurs du capital dans le sens initial du terme ainsi que les simples managers ou « capitalistes de fonction » ne sont pas inactifs, ils dépensent également de l’énergie humaine qui, comme celle des ouvriers salariés, s’applique directement ou indirectement à la production marchande du processus de valorisation et prend donc un caractère de travail abstrait. De même que la concurrence, le travail abstrait constitue un système de références commun s’étendant à toute l’humanité déterminée par le capitalisme, indépendamment des différences de fonction, de salaire et de richesse en argent.

samedi 12 mars 2011

Smoke Screens

 Who benefits?

"This democracy has perfected for itself a fabrication of its inconceivable enemy: terrorism. In effect, this democracy wants to be judged more by its enemies than by its results. The history of terrorism is written by the State, and is therefore very educational. The masses of spectators can never be allowed to know everything about terrorism, but they must nevertheless be told enough so that they are persuaded that -- compared to terrorism -- everything else appears to be more acceptable and in every case more rational and more democratic [...] The secret dominates this world, and primarily as the secret of domination." -- Guy Debord, Commentaries on the Society of the Spectacle, 1988.
"It remains to be said that people are naturally changeable and it is easy to persuade them of something, but it is difficult to strengthen their degree of persuasion; it is necessary that things be so arranged that, if there are those who do not believe, one can persuade them by the use of force." Machiavelli, The Prince.
In this society that is in an advanced state of decomposition, terrorism has proved itself to be a means by which power strengthens itself or simply maintains its existence.
The practice of terrorism is both modern and archaic. It responds to precise requirements when public order is menaced by social forces that appear to be incontrollable. Without going as far back as Nero -- who, in 64 A.D., burned all of Rome so as to persecute the Christians who, claiming equality for all before God, menaced the foundations of Roman civilization (i.e., slavery) -- we can recall that terrorist strikes planned in high places have marked the entire history of the 20th century. And these strikes haven't lacked originality as far as form is concerned, for they always have the same purpose. From the direct manipulation of Russian terrorists by the Okhrana, the Czar's secret police, at the beginning of the 20th century, to the kidnapping and assassination of Aldo Moro in 1978 by the teleguided Red Brigades; from the burning of the Reichstag (staged by Goebbels in 1933) to the police bombs in the Piazza Fontana in Milan in 1969 -- all the acts of spectacular terrorism have as their common objectives the silencing of the opposition, the justification of the imprisonment or killing of dissidents, the rallying of frightened populations to existing power, and the consolidation of generalized oppression.
All of these operations spread fear, feed unverifiable rumors, sustain the use of paid informants, train their abused spectators in the most servile behaviors, and extend the special powers devoted to the services of control and surveillance. In each of the cases cited above, the "guilty parties" were evidently those who were the easiest to give up to the furious public, whose responses had already been conditioned. The "mysteries" that nevertheless enveloped each of these acts of war were also and simultaneously presented as impenetrable, that is, until changes in the administration of affairs made it possible to reveal the plausible nature of the truly guilty parties to the mystified public, but, as one says, after it was too late.
The strategic act of terror of 11 September 2001, to which the enslaved media pompously refer as "the events" so as to thicken the plot, is also a "mystery" [full of] contradictory official declarations, aberrant proofs of guilt, pre-selected media rumors, repeated lies, untestable hypotheses, furies who avenge but are unknown, suspects who are not responsible, [1] mass arrests (public and secret), varieties of military mobilizations, increases in the illegal use of surveillance, [and] fraudulent stock market transactions. But the reviled act encapsulates the direction of the irresistible march of domination, which is present in all of the parties of the world of the commodity.
The owners of this world, speaking with the unanimous voice of all of their political representatives, miraculously find within these attacks the justification that guarantees the replication of all of their currently existing enterprises, which don't fail to take in all the domains that concern them: from genetic manipulation to industrial war, from the mastery of resources (notably energy) to the falsification of food, [and] from the re-development of land to the management of the living. Already, as the result of this surprising gift from the skies, fear -- that ancient leaven in the bread of servitude (commodity servitude, too, for fear sells) -- has taken over. For the owners of this world, it is now a question not only of violently dispersing a contestatory movement that seems to break out everywhere (Cincinnati, Gotenborg, Genoa, Addis-Adeba, Kabul), but also, and even more profoundly, of assuring the total voluntary submission of all citizens by increasing consumption ("a patriotic act") and by reinforcing at the global level illegal police tactics that accompany these urgent measures. The war against Afghanistan is part of this larger action; it prolongs it.
With all our international friends, we call for complete opposition to this war. Because it is also against us that this war is being fought. Its true aim is "the crushing of all opposition, even the mildest one, to the total colonisation of all aspects of life all over the planet." It is necessary to expect that "wherever any sign of dissent is found a terrorist is sure to found behind it."
"If this world that silently kills hundreds of thousands of Africans every year and confines its youth to camp-like suburbs where life is an endless and lethal bore chooses to bomb Afghanis on prime time TV to postpone its latest crisis and to hunt down its opponents, we cannot let it have its way. We have to show this world by all means available, through demonstrations, writings, posters, radio raids and street speeches, that it cannot slaughter its own population, and get away with it."
"This world was indeed at the mercy of an indiscretion, and 'they' have just provided it to us. We have only to grab it." [2]

[signed]

Note: Translated from the French by NOT BORED! and posted to this web site on 20 October 2001. Translation of quotations from text by The Institute for Contemporary Prehistory (see below) conformed with English original on 13 August 2004.

Authors' footnotes:
[1] The principal [suspect], bin Laden, who was quickly declared guilty, is, like Noriega or Saddam Hussein, an old ally of the special services of the State that was attacked. It isn't always a good thing to be a chief collaborator with the USA.
[2] The Institute for Contemporary Prehistory (redivivus), The Reichstag is burning again, 25 September 2001. Translator's note: "Smoke Screens" isn't so much a translation of "The Reichstag is burning again" into French, but an attempt to both render it into French and improve and comment upon it.

vendredi 11 mars 2011

Le Burkina-Faso existe-t-il ?


Non ce charmant rêve africaniste « Pays des hommes intègres » n'existe pas !
Pour ceux qui veulent aller plus loin que les refrains bien-pensant sur les "sans paps" ; plus loin que le pan-africanisme post-coloniale, lisez les historiens de l'université de Dakar Ibrahima Thioub
La population s'y révolte contre son État croupion suite au meurtre d'un jeune élève par la police locale. Ce territoire d'Afrique centrale ne fait pas parti du "grand marché mondialisé".  Son avenir révoltes ou pas est celui du reste du continent africain: Territoire de non-droit exploitable seulement par des intervenants privés et des bandes armés, il n'intéresse en rien le spectacle de la mondialisation et ses fluctuations pétrolières. Ajoutons que le seul débouché maritime d'importance pour son coton est le port ivoirien d'Abidjan en pleine guerre civile. Le Burkina Faso dispose d’un seul corridor ferroviaire qui le relie au port d’Abidjan. Voici donc ce que vous ne lirez nulle part sur ce pauvre pays qui n'intéresse pas le capitalisme mondialisé.

Revue de presse non exhaustive:

«La semaine dernières, les commissariats de Koudougou, Réo et Léo ont brûlé.» (Bark Biiga, fasozine.com, mardi 8 mars)
 
«Lundi 7 mars, après que les prisonniers en aient été libérés, c'est au tour des commissariats de Yako, de Poutenga et de Koupéla de brûler. Édifices publics vandalisés, barricades érigées, organisations de grèves et de marches. À Koupéla, des enfants jouent sur les ruines du commissariat.» (RFI, 8 mars)
«La révolte s'étend à travers le pays : Bobo Dioulasso, Gaoua, Fada Gourma, Tengodogo, Pô et Léo… Brûlant les commissariats de Gourcy et de Dori, les manifestants faisaient le bonheur des détenus, heureux de retrouver leur liberté.» (Ange Hermann Gnanih, afreekelection.com, 8 mars)
 
«Mercredi 9 mars à Bogandé, violents heurts entre forces de sécurité et élèves qui, sortis nombreux, n’avaient qu’un seul objectif : brûler le commissariat de police et “manger” du policier. Un hangar et un véhicule ont été incendiés dans l’enceinte du commissariat. À Fada N’Gourma, les manifestants ont incendié le gouvernorat de la région avant de s'accrocher furieusement avec les CRS. À Diapaga, chef-lieu de la Tapoa, les manifestants ont incendié les locaux de la direction provinciale de la police nationale. Des casques arrachés aux policiers et gendarmes ont été brandis comme trophées de guerre. À Manga, constatant que les véhicules du commissariat avaient été convoyés en “lieu sûr”, les manifestants se contentent d'insulter les policiers.» (Le Pays / LeFaso.net, 10 mars)
 
«Ce mercredi 9 mars 2011, à Ouahigouya, le siège du CDP (parti au pouvoir), la résidence du gouverneur, tous les démembrements de la police, le Conseil régional, la mairie,  la Direction régionale de la Douane et une partie du Palais de justice sont partis en fumée. Panneaux, feux de stop, tout est détruit au passage. Au Palais de Justice, le hangar du parking, le poste d’accueil, les bancs et chaises utilisés lors des audiences sont aspergés d’essence et brûlés. “Mettez le feu au Palais d’Injustice”, a crié un manifestant derrière un élève qui portait une robe de magistrat sous les ovations de ses camarades. La liste des services à visiter n’est pas close. Entre-temps, le maire a été exfiltré de sa résidence et amené en un lieu sûr.» (LeFaso.net, 9 mars) Ce vendredi 11 mars 2011, l'ANEB (Association Nationale des Étudiants Burkinabè) organise une grande marche dans la capitale, Ouagadougou, «en vue de transmettre un message au directeur général de la police nationale». 

La ville de Ouahigouya a ressemblé hier mercredi 9 mars 2011 à une ville fantôme. Des élèves, aidés par quelques citoyens en colère suite au décès de l’élève Justin Zongo à Koudougou, ont cassé et brûlé des services publics. Le siège du CDP (parti au pouvoir), la résidence du gouverneur, tous les démembrements de la police, le Conseil régional, la mairie, la douane et une partie du Palais de justice sont partis en fumée. Conséquences : grand marché, banques, stations d’essence, commerce de rue et services administratifs ont gardé portes closes pour échapper aux scènes de violences et de pillage visiblement très bien organisées. 
Le matériel électroménager a été vandalisé. Les ordinateurs, les réfrigérateurs, les fauteuils rembourrés, etc., ont été emportés ou brûlés. Avant de mettre le feu à la maison, les visiteurs, les élèves, se sont servis en boissons sucrées comme alcoolisées. À l’intérieur, les flammes ont été particulièrement violentes à cause des bouteilles de gaz qui s’y trouvaient. À la résidence même du gouverneur, un des gendarmes qui assurait la garde a échappé de peu à la vindicte populaire. Après avoir échoué à expliquer qu’il n’est pas policier, il finit par prendre ses jambes à son cou. Une fois la maison du gouverneur incendiée, la foule s’ébranle vers la Police municipale. Ce service a été aussi incendié. À une centaine de mètres de là, se dresse l’imposant bâtiment qui sert de siège au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).
Des armes et des munitions ont même été emportées à ce niveau. Dès leur arrivée, les manifestants, après avoir forcé le portail, s’introduisent à l’intérieur et prennent le plaisir de tout saccager. Partout, le scénario est le même : piller, casser et brûler. Des citoyens dont des marchandises avaient été saisies par la Douane en ont profité pour les récupérer. La mission accomplie, les manifestants on rebroussé chemin, non sans avoir posé un acte de citoyenneté en allant remettre la caisse à munitions à la gendarmerie. Le patron du coin a réceptionné la caisse et une partie de son contenu, puis les a remerciés pour leur acte.
Sympathisant avec les éléments de la gendarmerie, les mécontents ont pris la route du Palais de justice. Mais avant d’y arriver, ils ont fait un détour au bâtiment flambant neuf censé être la propriété du gouvernorat. L’immeuble verra ses vitres brisées, ses meubles emportés mais sans être incendié. Au Palais de justice, c’est le hangar du parking situé à l’entrée qui a fait les frais des premières flammes. Le poste d’accueil, les bancs, les chaises servis lors des audiences sont aspergés d’essence et brûlés allègrement. «Mettez le feu au palais d’injustice», a crié un manifestant derrière un élève qui portait une robe de magistrat sous les ovations de ses camarades.
 "Notre problème, c'est ce groupe qui a militarisé les sociétés africaines à partir de la traite atlantique en connivence avec les compagnies européennes pour insuffler cette culture de prédation. Rompre avec cette situation est un très vaste programme." 

Wer ist totalitär?


Die Abgründe eines ideologischen Allzweck-Begriffs

Das Wort "Totalitarismus" ist für die westliche politische Philosophie zu einer Art Kinderschreck geworden. Als totalitär gilt immer das, was Marktwirtschaft und Demokratie nicht sind: der ausschließliche Anspruch einer Partei auf die politische Herrschaft; ein zentralistischer bürokratischer Apparat; die Unterdrückung jeder Opposition; ein unbegrenztes Machtsystem, das alle Lebensbereiche gleichschaltet und sogar die Intimität durchdringt. Die Demokratie dagegen, so heißt es, läßt jeden nach seiner Fasson selig werden: sie lechzt geradezu nach Opposition; der Pluralismus der Ideen und der Lebensentwürfe wird geachtet; der Raum des Privaten bleibt für die gesellschaftliche Macht tabu und die Menschen dürfen in Frieden verschieden sein. Die Geschichte des 20. Jahrhunderts kann auf diese Weise als fundamentaler Konflikt zwischen liberaler Demokratie und totalitärer Diktatur begriffen werden. So steht es jedenfalls in den westlichen Lehrbüchern. Aus dieser Sicht waren in der Vergangenheit die Diktaturen von Hitler und Stalin totalitär; und heute sind es vielleicht die "Gottesstaaten" des islamischen Fundamentalismus. Auf jeden Fall gilt der Totalitarismus als ein der westlichen Freiheit fremdes und feindliches Denken, dessen dunkle Existenz jederzeit als drohende Gefahr beschworen werden kann.
Es fällt auf, daß in dieser "Totalitarismustheorie" von den beiden polaren Sphären der modernen Gesellschaft nur die staatlich-politische benannt wird, während die ökonomische völlig ausgeblendet bleibt. In diesem Sinne kann es nur einen totalitären Staat geben, aber anscheinend keine totalitäre Ökonomie, keine totalitäre Produktionsweise, keinen totalitären Markt. Das Axiom dieser höchst einseitigen Betrachtung besteht darin, daß eigentlich nur Staat und Politik in den Bereich des Gesellschaftlichen fallen, während die Ökonomie - wie schon im 18. Jahrhundert die Physiokraten und Adam Smith postulierten - angeblich der "Natur" angehört und insofern aus der Gesellschaftstheorie im strengen Sinne herausfällt. "Naturgesetze" aber können nicht totalitär und keine Bedrohung der Freiheit sein, sondern man muß sie hinnehmen wie das Wetter. Mit diesem plumpen Trick hat der Liberalismus von Anfang an versucht, das ökonomische Zentrum der Moderne einer kritischen Reflexion völlig unzugänglich zu machen. Gleichzeitig kann auf diese Weise die Tatsache stumm bleiben, daß die totalitären Diktaturen der Zwischenkriegszeit zumindest eines mit der Demokratie gemeinsam hatten - nämlich die ökonomischen Formen des modernen warenproduzierenden Systems.
Der Begriff der Totalität stammt aus der Philosophie des 19. Jahrhunderts. Besonders bei Hegel ist damit der Anspruch verbunden, die Welt unter einen "totalen Begriff" zu subsumieren, sie also restlos zu begreifen. Es fällt nicht schwer, den gesellschaftlichen Hintergrund dieses Denkens darin zu erkennen, daß Mensch und Natur "total" der kapitalistischen Gesellschaftsmaschine unterworfen werden sollen, um idealtypisch jedes Atom, jeden Gedanken und jede Empfindung in das Material des Verwertungsprozesses zu verwandeln. Es ist also eigentlich die ökonomische Logik des Kapitalismus, die den totalitären Anspruch erhebt; und mit der ideologischen Verwandlung dieses Anspruchs in ein "Naturgesetz" versucht der Liberalismus nur, seinen eigenen diktatorischen Kern unsichtbar zu machen. Wie Henry Ford sagte, daß die Käufer sein standardisiertes "Modell T" in jeder beliebigen Farbe erwerben könnten, wenn sie nur schwarz sei, so läßt der liberale Pluralismus alle Gegenstände und Ideen gelten, wenn sie nur verkäuflich gemacht werden können.
Bis zur Mitte des 20. Jahrhunderts war dieser ökonomische Totalitarismus noch bei weitem nicht vollendet. Es gab noch Elemente einer älteren agrarischen, hauswirtschaftlichen und auch genossenschaftlichen Produktionsweise; und es gab kulturelle Lebensbereiche, die sich der abstrakten Raumzeit des Kapitalismus sperrten. Um die Individuen vollständig zum Menschenmaterial der kapitalistischen Maschine zu machen, bedurfte es zuerst einer politischen Mobilisierung der Massen: die politische Sphäre bekam in dieser Epoche ein "überschüssiges" Moment, sie wurde gewissermaßen aufgeladen, um als eine Art Durchlauferhitzer für die Vollendung des ökonomischen Totalitarismus zu dienen.
Als stärkster Treibsatz wirkte dabei die Fortsetzung der Massenpolitik durch die militärische Mobilisierung. Es waren die Schützengräben des Ersten Weltkriegs, in denen der demokratische Prototypus geschaffen wurde. In seinem berühmten Kriegsroman "Im Westen nichts Neues" schrieb der deutsche Schriftsteller Erich Maria Remarque: "Die Unterschiede, die Bildung und Erziehung schufen, sind fast verwischt und kaum noch zu erkennen...Es ist, als ob wir früher einmal Geldstücke verschiedener Länder gewesen wären; man hat sie eingeschmolzen, und alle haben jetzt denselben Prägestempel". Die demokratische Gleichheit vor dem Geld, die bis dahin nur unzureichend durchgesetzt war, konnte nicht anders als in der Form einer Gleichheit des Todes und der Verstümmelung in den "Blutmühlen" des Weltkriegs vorbereitet werden. Diese Urform der Demokratie im 20. Jahrhundert schenkte den Individuen endlich die Gleichheit von - Einzelexemplaren.
Unter bestimmten historischen Bedingungen wie in Rußland und Deutschland nahm die Fortsetzung dieses gesellschaftlichen Prozesses die Form der totalitären Massenbewegung und der Diktatur an; aber auch in den USA war die Mobilisierung des "New Deal" von Massenaufmärschen, Fackelzügen und Effekten politischer Propaganda-Shows begleitet. Es ging darum, die Gesellschaft "total" zu erfassen und "auf Trab" zu bringen, weit über die unmittelbaren politischen und militärischen Ziele hinaus. Der deutsche Schriftsteller Ernst Jünger prägte dafür 1934 den Begriff der "totalen Mobilmachung". Er ordnete die bloß "partielle Mobilmachung" dem "Wesen der Monarchie" zu, die, wie er sagte, "ihr Maß in demselben Verhältnis überschreitet, in dem sie gezwungen wird, die abstrakten Formen des Geistes, des Geldes, des >Volkes<, kurzum die Mächte der heranwachsenden Demokratie, an der Rüstung zu beteiligen". Jünger sah deshalb in der westlichen Demokratie vor allem einen höheren Grad der Ausschöpfung aller gesellschaftlichen Reserven: "So konnte die Mobilmachung in den Vereinigten Staaten, einem Lande von sehr demokratischer Verfassung, mit Maßnahmen von einer Schärfe einsetzen, wie sie im Militärstaate Preußen...nicht möglich gewesen wäre...Schon in diesem Kriege kam es nicht auf den Grad an, in dem ein Staat Militärstaat war oder nicht, sondern auf den Grad, in dem er zur totalen Mobilmachung befähigt war".
Daß es sich dabei um einen über das Militärische weit hinausreichenden Vorgang handelte, war auch dem deutschen Weltkriegs-General Ernst Ludendorff bewußt, der 1935 in einem Traktat über den "totalen Krieg" schrieb: "Der totale Krieg, der nicht nur Angelegenheit der Streitkräfte ist, sondern auch unmittelbar Leben und Seele (!) jedes einzelnen Mitgliedes der kriegführenden Völker berührt, war geboren...Der totale Krieg hat seitdem mit der Verbesserung und Vermehrung der Flugzeuge, die Bomben aller Art, aber auch Flugblätter und sonstiges Propagandamaterial über die Bevölkerung abwerfen, und durch Verbesserung und Vermehrung der Rundfunkanlagen, die Propaganda feindwärts verbreiten, und anderes mehr, noch an Vertiefung gewonnen".
Wenn der geheime Sinn dieser "totalen Mobilmachung" aber letzten Endes darin bestand, den totalitären Anspruch der kapitalistischen Ökonomie durchzusetzen, dann kann die politisch-militärische "Bewegung" in der ersten Hälfte des 20. Jahrhunderts leicht als Vorstufe und Transformation zur Entfesselung des "totalen Marktes" seit 1950 dechiffriert werden. Aus den "Bomben aller Art, Flugblättern und sonstigem Propagandamaterial" bei Ludendorff ist in den kommerziellen Nachkriegs-Demokratien das pausenlose Trommelfeuer der Werbung und medialen Berieselung geworden, das als visueller Andrang und akustische Glocke den gesamten öffentlichen Raum erfaßt und insofern terroristischen Charakter trägt, als sich niemand diesem unendlichen Gesabber und seiner unverschämten Zudringlichkeit entziehen kann. Was hier "feindwärts verbreitet" wird (und der "Feind" sind alle allen im permanenten Krieg um Kundschaft, Arbeitsplätze, Karrieren, Prestige usw. in einer vollständig durchkapitalisierten Welt), das übertrifft in jeder Hinsicht die militärischen Anfänge im "totalen Krieg" zwischen 1914 und 1945.
Der Begriff des Totalitarismus läßt sich so gegen den Strich der westlichen Legitimationsideologie bürsten. Das fällt besonders bei einem Klassiker der "Totalitarismustheorie" auf, dem 1951 erschienenen Buch der US-Philosophin Hannah Arendt über "Elemente und Ursprünge totaler Herrschaft". Sie schreibt dort: "Nichts ist kennzeichnender für die totalitären Bewegungen im allgemeinen und für die Qualität des Ruhmes ihrer Führer im besonderen als die verblüffende Schnelligkeit, mit der sie vergessen, und die verblüffende Leichtigkeit, mit der sie ausgewechselt werden können...Diese Bestandlosigkeit hat sicher etwas zu tun...mit der Bewegungssüchtigkeit totalitärer Bewegungen, die sich überhaupt nur halten können, solange sie in Bewegung bleiben und alles um sich herum in Bewegung versetzen...gerade diese außerordentliche Umstellungsfähigkeit und Kontinuitätslosigkeit ist, wenn es überhaupt so etwas gibt wie einen totalitären Charakter oder eine totalitäre Mentalität, zweifellos ein hervorragendes Merkmal...".
Hannah Arendt hat hier nur die staatlich-politische Seite des Totalitarismus im Auge, also die Diktaturen der Zwischenkriegszeit. Aber nur scheinbar steht die gesichtslose, von den Diktaturen oder demokratischen Übergangsformen politisch-militärisch mobilisierte Masse der ersten Jahrhunderthälfte im Gegensatz zum kommerziellen Kult des ebenso gesichtslosen Individuums als "Verbraucher" in den Nachkriegsdemokratien. Vielmehr kann das eine, die in den Aufmärschen mobilisierte Masse, als die Einübung des anderen, des isolierten Konsumenten-Individuums, verstanden werden. Das "freie" demokratische Nachkriegs-Individuum ist nichts anderes als das ursprünglich von der politisch-militärischen Maschine genormte und gepreßte "Exemplar", das nur losgelassen wurde, um für den weiteren kommerziellen Gang der kapitalistischen Weltmaschine verfügbar zu sein.
In ihrer (1951 verständlichen) Fixiertheit auf die staatstotalitären Diktaturen übersieht Hannah Arendt völlig, wie sehr ihre Formulierungen über das Wesen des Totalitarismus exakt den Charakter des totalitär werdenden Marktes und damit der westlichen Demokratie selber treffen. Denn die "verblüffende Schnelligkeit des Vergessens" - worauf träfe diese Kennzeichnung besser zu als auf die kapitalistischen Konjunkturen, die keine menschliche Entwicklung mehr sind, sondern nur noch der Durchgang gleichgültiger Inhalte durch die Bewegung des Geldes? Die "Leichtigkeit der Auswechslung" - was wäre damit präziser benannt als die zum Gegenstand reduzierte Persönlichkeit universell auswechselbarer Menschen? Und was könnte "bewegungssüchtiger" sein als der Kapitalismus selbst, der sich als ökonomisches Schneeballsystem in der Tat "nur halten kann, solange er in Bewegung bleibt und alles um sich herum in Bewegung versetzt"? Wo wäre "außerordentliche Umstellungsfähigkeit" eine größere Tugend als in der demokratischen Weltmarktwirtschaft, wie wir es ja gerade heute wieder gepredigt bekommen von den Einpeitschern der permanenten "Anpassung" an einen blinden "Strukturwandel"? Und was schließlich könnte eine radikalere "Kontinuitätslosigkeit" repräsentieren als der geschichtslose universelle Markt, der in einer Art von zeitlosem Nirwana seine immergleiche Bewegung vollzieht?
Noch deutlicher wird diese Entsprechung, wenn Hannah Arendt das "Bewegungsgesetz" des Totalitarismus präziser zu erfassen sucht: "Hinter dem Anspruch auf Weltherrschaft, den alle totalitären Bewegungen stellen, liegt immer der Anspruch, ein Menschengeschlecht herzustellen, das aktiv handelnd Gesetze verkörpert, die es sonst nur passiv, voller Widerstände und niemals vollkommen erleiden würde...Die Friedhofsruhe, die nach klassischer Theorie die Tyrannis über das Land legt..., bleibt dem totalitär regierten Land so verwehrt wie Ruhe überhaupt. Zwar sind seine Bewohner allen in freier Spontaneität entspringenden Handelns...beraubt; dennoch werden sie in dauernder Bewegung gehalten als Exponenten des gigantisch übermenschlichen Prozesses von Natur oder Geschichte, der durch sie hindurchrast...Terror in diesem Sinne ist gleichsam das >Gesetz<, das nicht mehr übertreten werden kann...".
Was hier als Essenz des Totalitarismus angeprangert wird, ist aber nichts anderes als die Essenz des Liberalismus selbst. Denn es war ja niemand anders als die Creme der bürgerlichen Volkswirtschaftslehre und Aufklärungsphilosophie, die von Anfang an für sich in Anspruch genommen hatte, "die Gesetze von Natur und Geschichte" an den Menschen zu exekutieren. Und es ist der total gewordene Kapitalismus, der die Bewohner des sozialen Raumes, in dem er herrscht, "allen in freier Spontaneität entspringenden Handelns beraubt"; denn alle Tätigkeit ist in diesem Raum axiomatisch formatiert durch den ökonomischen Imperativ. Noch weitaus unbarmherziger als von den staatstotalitären Diktaturen werden die ökonomisierten Individuen vom freien Weltmarkt "in dauernder Bewegung gehalten als Exponenten des gigantisch übermenschlichen Prozesses" von Strukturbrüchen einer blinden Wachstumsdynamik, die "durch sie hindurchrast" und von den neoliberalen Ideologen als objektiver "Prozeß von Natur und Geschichte" ausgegeben wird.
In Wahrheit haben wir es durchaus mit einer Kontinuität der kapitalistischen Geschichte zu tun, in der die staatstotalitären Diktaturen und die "totale Mobilmachung" der Weltkriege nicht ein fundamentales Gegenmodell, sondern einen bestimmten historischen Aggregatzustand und eine Durchsetzungsform von "Marktwirtschaft und Demokratie" selbst darstellten: Die Gesellschaft als Ganzes wurde in eine beschleunigte Bewegung auf allen Ebenen und Gebieten versetzt, um die beschleunigte und verdichtete Akkumulation des Kapitals tragen zu können. Die Transformation des kapitalistischen Totalitarismus vom totalen Staat zum totalen Markt hat am Ende des 20. Jahrhunderts zu einem beispiellosen "Terror der Ökonomie" geführt - dem "Gesetz", von dem uns höhnisch gesagt wird, daß es "nicht mehr übertreten werden kann". Und die Wirklichkeitskontrolle der kapitalistischen Medien kann nur deshalb pausenlos von Freiheit reden, weil wir "1984" längst hinter uns haben.

17.11.2001

jeudi 10 mars 2011

La Libye fait délirer les anars



Comme ils vont vite en besogne ces anars qui désignent un gouvernement autoproclamé (certes reconnu par le fou Sarko 1er) et qui ne représente que lui-même et ses hiérarques tribaux: En Comité populaires qui pourraient bla blabla ... 

Si ils existaient...

Les Comités populaires libyens devraient être le fondement d'une nouvelle vie, pas seulement une mesure provisoire !


La lutte du peuple libyen, dans le cadre de la vague de révoltes populaires qui se répand comme un incendie dans l'ensemble du monde arabe, prend un tour réellement dramatique vraiment, avec le peuple qui progresse dans sa lutte contre un régime déterminé à rester au pouvoir par tous les moyens nécessaires. Kadhafi, en dépit de son passé comme une épine dans le pied des États-Unis, était devenu un allié clé dans leur « guerre contre le terrorisme », comme cela a été prouvé par la réaction tardive et maladroite des États-Unis face aux événements se développant en Libye et la suspension tardive par l'UE de son considérable commerce d'armes avec le régime libyen. Bien que les États-Unis et les puissances occidentales re-découvrent, pour préserver leur image publique, qu'après tout ils n'aimaient vraiment pas Kadhafi, (après une décennie de relations amicales), les discussions ont commencé sur une éventuelle intervention et les transporteurs américains ont pénétré dans les eaux près de les côtes libyennes. Dans l'intervalle, les États-Unis et leurs alliés occidentaux étudient la manière de faire en sorte que la révolte de la Lybie et des masses arabes ne s'ancre pas dans une dimension révolutionnaire, ainsi que de s'assurer que leurs intérêts économiques et stratégiques soient servis dans le meilleure façon possible dans le scénario post-Kadhafi.

Pour mieux comprendre ce qui se passe là-bas, nous avons dialogué une nouvelle fois sur le blog de Février 27 avec notre ami et camarade, l'anarchiste syrien Mazen Kamalmaz, qui travaille sur le blog révolutionnaire http://www.ahewar.org
José Antonio Gutiérrez D.,
2011 3 mars 2011


Qu'est-ce qui se passe réellement en Libye et dans le reste du monde arabe?

C'est une révolution. Après 42 ans sous la coupe du régime de Kadhafi, les masse sont descendues dans la rue.. Le point négatif ici est qu'en raison de la répression brutale du régime, la révolution n'a été couronnée de succès que dans la partie orientale, qui comprend également des différentes tribus de l'ouest et du centre de la Libye. Rapidement, les forces du régime ont surmonté l'effet de surprise et ont maté la révolte à Tripoli, la capitale, et dans le reste de la Libye par une force extrême et brutale. Les masses ont essayé de sortir à nouveau ce vendredi dernier, qui était une journée de protestations indignées dans beaucoup de pays arabes et de villes, mais elles ne sont pas parvenues à vaincre les forces du régime. Il y a maintenant un statu quo entre les deux puissances, celle du peuple et celle du régime, bien que les deux cherchent à gagner du terrain à nouveau.

Outre la Libye, le Yémen est en feu depuis plusieurs semaines maintenant. I Dans ce pays il y a beaucoup de tribus et de minorités religieuses, en plus du conflit entre le nord gouvernant et le sud marginalisé qui exige l'autonomie. Les élèves des Lycées et des universités pourrait parvenir, avec leur dévouement total à la liberté pour tous et leur volonté de se sacrifier pour cette cause, à réunir toutes les factions de la nation autour de l'objectif d'éliminer la dictature.

Vendredi dernier a été aussi très chaud en Irak, où des milliers de jeunes irakiens, d'origines sunnites et chiites qui étaient au bord de la guerre civile quelques années en arrière-, sont descendus dans la rue pour protester contre le gouvernement pro-américain corrompu . Les policiers ont utilisé les mêmes mesures répressives qu'ailleurs, ce qui a causé la mort de plusieurs manifestants.

Le Sultanat d'Oman vient de rejoindre le concert des pays révoltés aujourd'hui, les jeunes y sont descendus dans la rue demandant, comme partout ailleurs, des emplois, plus de liberté et des conditions de vie décentes.

Beaucoup voient encore Kadhafi en tant que socialiste et anti-impérialiste ... Est-ce vrai?

C'est une affirmation très trompeuse et erronée , forgée par la gauche autoritaire dans le passé et qui vit encore aujourd'hui. Et cela est dû, en partie, à la renaissance de cette gauche autoritaire autour de personnalités comme Chávez.

Nous devons garder à l'esprit que les relations entre le régime de Kadhafi et les principales puissances de l'Ouest se sont améliorées sensiblement après 2003 après que le dictateur libyen ai renoncé à son programme nucléaire, la secrétaire d'Etat américaine de l'époque Condolezza Rice a déclaré ces étapes comme un modèle à suivre pour rétablir des relations normales entre les États-Unis et les Etats du tiers monde, y compris ceux étiquetés comme « voyous » par les États-Unis. Cela a ouvert la voie permettant à Berlusconi, Blair et Sarkozy de se rendre en Libye, pour signer des contrats de plusieurs milliards, notamment de vente d'armes, avec des sociétés occidentales. Cela a conduit Kadhafi à assister à un sommet du G8 où il a rencontré Obama. Comme pour Ben Ali et Moubarak, les grandes puissances capitalistes ont tout simplement ignoré les violations des droits de l'homme par le régime de Kadhafi contre son propre peuple. Même lorsque Kadhafi s'est déclaré lui-même un anti- impérialiste, il ya longtemps, c'était juste une affirmation pour la forme alors qu'il se prêtait, comme un régime autoritaire,à des actes terroristes triviaux qui n'ont jamais eu pour but de soutenir les objectifs libertaires des victimes de l'impérialisme.

Nous devons faire la distinction entre être anti-américain, anti-capitaliste et être un réel socialiste (révolutionnaire), car il ya beaucoup d'anti-Américains qui sont aussi autoritaires et répressifs que le système fasciste des entreprises multinationales ou que les régimes pro-américains. Ici nous devons garder à l'esprit le stalinisme. Kadhafi lui-même arrivé au pouvoir alors que le nationalisme arabe était à son sommet, qui a été anti-impérialiste sur le plan rhétorique, alors qu'il a conduit les pays arabes d'une défaite à l'autre dans toutes ses confrontations contre l'impérialisme et ses agents locaux les plus importants, en Israël. La dernière occasion a été en 2003 en Irak. Après la défaite de Juin 1967 de l'Egypte, la Syrie et la Jordanie face à Israël, beaucoup de gauchistes sont parvenus à la conclusion que la répression des régimes et leur nature d'exploitation ont été responsables de cette défaite. L'année suivante, la jeunesse égyptienne et les étudiants ont commencé leurs manifestations contre le régime de Nasser, qui avaient un caractère libertaire. Le fait est que l'Egypte sous Nasser, l'Irak sous Saddam Hussein et la Syrie sous Assad, tous étaient de simples exemples de capitalisme d'Etat bureaucratique, à savoir, des régimes qui répriment et exploitent leur propre peuple.

Quel a été le rôle des États-Unis et de l'Union européenne dans cette crise? On sait que Kadhafi a été en bons termes avec eux très ces derniers temps...

Lors de la guerre froide, les deux superpuissances de répression, les États-Unis et l'URSS, ont pratiqué un double jeu: ils ont été réprimé les gens dans leur sphère dominante et "soutenu" la lutte des peuples pour la liberté dans le domaine dominé par l'adversaire. . Ainsi, l'Union soviétique a appuyé la lutte peuple vietnamien contre l'intervention américaine et la révolution cubaine, ainsi que d'autres rébellions en Amérique du Sud et les lieux qui étaient soumis à dictatures mises en place par les Etats Unis. D'autre part, les États-Unis et le bloc capitaliste ont appuyé la vague de révoltes en Europe de l'Est, etc Ce double jeu est encore joué jusqu'à présent. Les États-Unis sont prêt et désireux de à soutenir de telles rébellions en Iran par exemple, mais jamais, jamais en Arabie Saoudite par exemple. En Irak, l'administration Bush a aidé Saddam Hussein à reprendre le pouvoir en Irak après sa défaite lors de la première guerre du Golfe de 1991, alors qu'il faisait face à une révolution populaire massive et que seule une petite partie de l'Irak était sous son contrôle . Elle voulait le renverser quand cela semblerait plus facile, et quand cela ne risquerait pas de compromettre sa suprématie régionale.

Mais les choses se produisent à tout moment, parfois contre la volonté des États-Unis, comme cela s'est passé en Egypte et en Tunisie. Malgré tous leurs efforts pour maintenir Ben Ali et Moubarak au pouvoir, les masses ont créées ici une nouvelle réalité, et les États-Unis tentent de s'y adapter. En Libye, cela semble quelque peu différent. Les États-Unis sont maintenant tels un prédateur, comme le régime Kadhafi semble très faible et tellement détesté par son propre peuple, et surtout, parce que le territoire libyen est plein de pétrôle, il semble être une cible très grosse et très facile. En outre, cela peut aider le principal soutien des dictatures dans notre région, les États-Unis, à se faire passer pour un combattant de la liberté aidant à libérer une nation sans défense de son dictateur sanguinaire, le même qu'ils considéraient jusqu'à récemment comme un nouvel ami. La mauvaise chose liée au fait d'être un prédateur, c'est que celui ne peut s'empêcher de s'en prendre à des cibles faciles, en dépit de toutes les expériences douloureuses du passé. Une chose très importante concernant ce plan éventuel des Etats-Unis, est que personne en Libye aujourd'hui, ni les masses révoltées, ni même l'opposition libyenne qui se trouve dans l'Ouest, n'accepte une quelconque intervention militaire étrangère.

Bien sûr, ce serait un coup dur pour toute la lutte de la nation libyenne, non seulement il porterait préjudice à sa lutte indépendante pour sa liberté, mais elle menacerait son avenir. . Les Libyens sont près de renverser le régime et reprendre possession de leur pétrole et leur vie, je ne pense pas qu'ils, du moins la plupart d'entre eux, sont prêts à sacrifier ce qu'ils ont gagné jusqu'à maintenant pour une victoire facile qui ne soit pas la leur.

Quelle est la nature du gouvernement civil-militaire a déclaré aujourd'hui à Benghazi?

Jusqu'à présent, il n'y a toujours pas d'institutions formelles de l'État, en tant que telles, dans les zones libérées. Il y a eu quelques tentatives d'installer leur domination élitiste, mais sans succès pour le moment.

Tout récemment, la presse américaines et pro-américaine arabe a commencé à parler d'un conseil provisoire à Benghazi dirigé par un ex-ministre du cabinet de Kadhafi, uniquement pour mettre en évidence sa position se félicitant d'une éventuelle intervention des États-Unis. A part ce soit disant conseil provisoire, aucune autre force ou groupe dans les zones libérées n'accepte ou n'appelle à une telle intervention.

Quel est le rôle des comités populaires lybiens ? Les masses créent elles leurs propres moyens pour la démocratie directe ?

En fait, ces comités sont devenus partie intégrante de toute révolution partout dans le monde arabe. Je reconnais que ce sont de bons exemples de démocratie directe, l'ensemble des zones libérées sont gérées de cette manière aujourd'hui, comme c'était le cas après la chute du régime de Ben Ali en Tunisie et après que Moubarak ai ordonné à ses forces de sécurité d'ouvrir la voie à des voyous pour qu'ils pratiquent le pillage partout pour intimider les masses révoltées. Ce qu'il faut maintenant, c'est d'en faire un mode de vie, pas seulement une mesure provisoire: ce doit être notre message aux masses.

Les Drapeaux de la monarchie ont été brandis avait été soulevée . Un retour de l'ancien régime d'Idriss est-il envisageable ?

En vérité, tout peut arriver. Je pense que les Libyens révoltés eux-mêmes n'ont pas une idée claire de qui doit diriger leur pays et comment après qu'ils aient réussi à renverser Kadhafi. Ils doivent tracer eux mêmes leur voie. Ce que je ressens, c'est que cela (le retour de l'ancien régime) est peu probable, qu'ils ne se soumettront jamais facilement à n'importe quel nouveau régime. Ils ont appris à connaître leur force et ce ne sera pas facile de leur retirer à nouveau.

Quelle est la perspective immédiate de cette révolte?

Cela dépend. Jusqu'à présent la bataille contre la dictature n'est pas terminée, pas encore gagnée. Mais devons réaliser le potentiel élevé qui existe. La victoire de la révolution fera une grande différence dans la région. Nous devons garder à l'esprit que le nouvel ordre mondial a été déclaré et mis en œuvre ici pour la première fois lors de la crise du Golfe de 1990-1991. Cette région a, depuis lors, remplacé l'Amérique du Sud comme arrière cour de Washington. Ajouté à ce qui a déjà eu lieu en Tunisie et en Égypte, les modifications seront profondes et durables. Il existe deux principales possibilités comme toujours, soit l'installation d'un nouveau régime élitiste, soit que les masses arrivent à se frayer leur chemin vers une société vraiment libre, organisée sur le modèle de ces comités populaires que les gens ont eux-mêmes créé dans le feu de la lutte .


KEIN MEISTER DER KRISE

 Mit Bundesbankpräsident Axel Weber wird ein geldpolitischer Hardliner für den Chefsessel der Europäischen Zentralbank favorisiert

Zwar läuft die Amtszeit von Jean-Claude Trichet erst im Herbst 2011 ab. Aber schon jetzt hat ein Tauziehen darum begonnen, wer künftig an der Spitze der Europäischen Zentralbank (EZB) stehen soll. Auf den ersten Blick scheint es sich um den üblichen Postenschacher im undurchsichtigen Byzantinismus der europäischen Institutionen zu handeln. Da die EZB als unabhängig von direkten Einflussnahmen der nationalen Regierungen konzipiert ist, wird umso mehr gefeilscht, geschoben und getrickst, wenn es um die Besetzung der wichtigsten Positionen geht. Nach dem Holländer Duisenberg und dem Franzosen Trichet möchte die deutsche Regierung nun offenbar den derzeitigen Bundesbankpräsidenten Axel Weber in den EZB-Chefsessel hieven, um auch mal dran zu sein.
Bundeskanzlerin Merkel zieht jedenfalls als machtpolitische Helmut-Kohl-Schülerin alle Register der gekonnten Kulissenschieberei, um ihren Wunschkandidaten zu platzieren. Beim Personalkarussell der EU-Kommissariate wurde der biedere, des Englischen nicht ganz mächtige Günther Öttinger in das als minder bedeutend geltende Energieressort abgeschoben, statt das Währungsressort zu beanspruchen. Dessen deutsche Besetzung hätte nämlich Weber den Weg an die Spitze der EZB verbaut. Aus demselben Grund setzte Merkel die Nominierung des portugiesischen Notenbankchefs Vitor Constâncio als Vizepräsident der EZB durch. Nach den ungeschriebenen regionalen Proporzregeln der EU steht einem „Nordeuropäer“ das Präsidentenamt zu, wenn ein „Südeuropäer“ den Vizepräsidenten stellt (und umgekehrt). Die Berufung des Portugiesen gilt als Deal von Merkel mit dem französischen Präsidenten Sarkozy, um für Weber freie Bahn zu schaffen. Zumindest nach den Proporzverhältnissen wäre damit der bisher als Gegenkandidat gehandelte Chef der Banca d'Italia, Mario Draghi, aus dem Rennen. Draghi ist zudem belastet, weil er in seiner früheren Eigenschaft als Bankmanager bei Goldman Sachs dem griechischen Finanzministerium beim Fälschen seiner Bilanzen behilflich gewesen sein soll.
Durch ist damit die Kandidatur von Weber noch lange nicht. „Friendly Fire“ kommt sogar aus Merkels eigener Partei. Der CDU-Europa-Abgeordnete Werner Langen hat sich offen gegen den Favoriten seiner Kanzlerin ausgesprochen. Diese Querschießerei hat vielleicht damit zu tun, dass der Erfolg Webers ein weiteres Stühlerücken zur Folge hätte. Nach denselben Proporzregeln müsste dann der bisherige deutsche Chefvolkswirt der EZB, Jürgen Stark, den Hut nehmen und einem Franzosen seinen Platz räumen. Darin könnte wiederum der Deal Merkels mit Sarkozy bestanden haben.
Das unappetitliche Gezerre von nationalen Empfindlichkeiten und personalen Seilschaften, das sowieso stattgefunden hätte, erhält allerdings durch die objektive Krisenlage einen brisanten Hintergrund. Es geht auch um eine Ausrichtung der Geld- und Währungspolitik, die sich längst nicht mehr von selbst versteht. Die sogenannte monetaristische Doktrin einer Geldwertstabilität um jeden Preis hat ihren Sündenfall längst hinter sich. Die Geldschwemme der US-Notenbankpräsidenten Greenspan und Bernanke wurde von der EZB unter Trichet unter dem Eindruck der globalen Finanz- und Wirtschaftskrise mitvollzogen. Wenn jetzt von einer Exit-Strategie die Rede ist, besteht nur noch die Wahl zwischen Pest und Cholera. In den angelsächsischen Ländern wird inzwischen offen die Option einer „kontrollierten Inflation“ erörtert, um die Staaten aus der Schuldenfalle zu führen. Diese Tendenz kommt der traditionellen Finanzpolitik der Südeuropäer entgegen, die in den Fällen Griechenland, Portugal, Spanien, Italien (und Irland) bereits eine Zerreißprobe des Euro heraufbeschworen hat.
Axel Weber ist kein Meister der Krise, aber er gilt als Hardliner einer anti-inflationären Exit-Option um jeden Preis. Während die Südeuropäer harte Einschnitte mit der drohenden Folge sozialer Aufstände eher vermeiden wollen, um den weiteren Sozialabbau mittels Inflationspolitik geräuschloser zu machen, setzt die „deutsche“ Strategie offenbar mehr auf eine direkt politisch durchgedrückte Massenverarmung, die den Euro stabil halten soll. Diese Politik hat keine komfortable Grundlage, weil die Staatsfinanzen der BRD im Grunde genauso belastet sind wie anderswo. Aber schon jetzt leistet sich Deutschland den größten Billiglohnsektor in der EU. Die weitere Einschnürung des Binnenkonsums favorisiert auch in Bezug auf die übrige EU eine einseitige Exportorientierung, während man die soziale Gegenwehr hierzulande vernachlässigen zu können glaubt.
Eine EZB-Präsidentschaft von Weber würde also eine harte Exit-Strategie flankieren, die auf Kosten der meisten anderen Euro-Staaten gehen müsste. Deshalb sind faule Kompromisse und Kuhhändel nicht ausgeschlossen. Das gilt vor allem dann, wenn auch Frankreich zu den Leidtragenden gehört. Die Objektivität der neuen Krisendimension, die sich nun überall auf die Staatsfinanzen verlagert hat, kann durch institutionelle Personalpolitik ohnehin nicht ausgehebelt werden. Mit der Personalie Weber werden aber die Weichen für eine Verlaufsform gestellt, in der sich das Zerbrechen des Euro-Raums und die Schrumpfung auf eine Kernzone mit nordeuropäischem Schwerpunkt erst recht vollziehen könnte. Die Frage ist, ob die EU eine Geld- und Währungspolitik nach dem Motto „Deutschland gegen den Rest der Welt“ mitmachen kann. Einig ist man sich zwar darin, dass soziale Schmerzen über alles bisherige Maß hinaus zugefügt werden müssen. Aber die gegensätzlichen Rezepte werden in den kommenden Jahren für Zündstoff sorgen.
erschienen in der Print-Ausgabe
der Wochenzeitung „Freitag“
am 25.02.2010

Robert Kurz


mercredi 9 mars 2011

Fichage sur internet, le pire reste à venir !

Les fournisseurs de services sur internet sont désormais obligés par décret, de conserver une liste impressionnante de données personnelles (nom, profession, pseudonymes, mots de passe, coordonnées bancaires, traces d’achats, etc…). Et ce pendant un an, afin qu’elles puissent, lors d’une enquête, être mises à la disposition de la police, de la gendarmerie, voire du fisc, de l’URSSAF, et même des douanes.
A part ici et le projet FREENET, pas beau­coup d’info sur cette déci­sion dis­crète sur la toile. Alors, comme Legifrance est mon ami, je vous pré­sente l’objet du délit :
Décret n° 2011-219 du 25 février 2011 rela­tif à la conser­va­tion et à la com­mu­ni­ca­tion des don­nées per­met­tant d’iden­ti­fier toute per­sonne ayant contri­bué à la créa­tion d’un contenu mis en ligne :
"Les don­nées men­tion­nées au II de l’arti­cle 6 de la loi du 21 juin 2004 sus­vi­sée, que les per­son­nes sont tenues de conser­ver en vertu de cette dis­po­si­tion, sont les sui­van­tes :
1° Pour les per­son­nes men­tion­nées au 1 du I du même arti­cle et pour chaque connexion de leurs abon­nés :
- L’iden­ti­fiant de la connexion ;
- L’iden­ti­fiant attri­bué par ces per­son­nes à l’abonné ;
- L’iden­ti­fiant du ter­mi­nal uti­lisé pour la connexion lorsqu’elles y ont accès ;
- Les dates et heure de début et de fin de la connexion ;
- Les carac­té­ris­ti­ques de la ligne de l’abonné ;
Ça c’est les infor­ma­tions que nos four­nis­seurs d’accès inter­net vont devoir garder sur nous. Numéros, connexions, iden­ti­fiants…
2° Pour les per­son­nes men­tion­nées au 2 du I du même arti­cle et pour chaque opé­ra­tion de créa­tion :
- L’iden­ti­fiant de la connexion à l’ori­gine de la com­mu­ni­ca­tion ;
- L’iden­ti­fiant attri­bué par le sys­tème d’infor­ma­tion au contenu, objet de l’opé­ra­tion ;
- Les types de pro­to­co­les uti­li­sés pour la connexion au ser­vice et pour le trans­fert des conte­nus ;
- La nature de l’opé­ra­tion ;
- Les date et heure de l’opé­ra­tion ;
- L’iden­ti­fiant uti­lisé par l’auteur de l’opé­ra­tion lors­que celui-ci l’a fourni ;
Ça, ça concerne les héber­geurs de contenu en tout genre,qui com­pren­nent les Youtube&Co, mais aussi les forums.
3° Pour les per­son­nes men­tion­nées aux 1 et 2 du I du même arti­cle, les infor­ma­tions four­nies lors de la sous­crip­tion d’un contrat par un uti­li­sa­teur ou lors de la créa­tion d’un compte :
- Au moment de la créa­tion du compte, l’iden­ti­fiant de cette connexion ;
- Les nom et prénom ou la raison sociale ;
- Les adres­ses pos­ta­les asso­ciées ;
- Les pseu­do­ny­mes uti­li­sés ;
- Les adres­ses de cour­rier électronique ou de compte asso­ciées ;
- Les numé­ros de télé­phone ;
- Le mot de passe ainsi que les don­nées per­met­tant de le véri­fier ou de le modi­fier, dans leur der­nière ver­sion mise à jour ;
Ça, c’est ce que doi­vent conser­ver les mes­sa­ge­ries électroniques après créa­tion de notre compte (nos coor­don­nées com­plè­tes).
4° Pour les per­son­nes men­tion­nées aux 1 et 2 du I du même arti­cle, lors­que la sous­crip­tion du contrat ou du compte est payante, les infor­ma­tions sui­van­tes rela­ti­ves au paie­ment, pour chaque opé­ra­tion de paie­ment :
- Le type de paie­ment uti­lisé ;
- La réfé­rence du paie­ment ;
- Le mon­tant ;
- La date et l’heure de la tran­sac­tion."
Et enfin, les sites de com­mer­ces conser­ve­ront nos achats ainsi que nos coor­don­nées ban­cai­res.
Les infos pour­ront être récla­mées, si l’uti­li­sa­teur fait l’objet d’une enquête, par la police, la gen­dar­me­rie, le fisc, l’URSSAF, la répres­sion des frau­des, et les doua­nes. Elles doi­vent d’après la loi être main­te­nues dis­po­ni­bles pen­dant un an.
Donc, pour résu­mer, tout ce petit monde devra conser­ver toutes ces infos au cas où l’uti­li­sa­teur serait, plus tard, l’objet d’une enquête. En fait c’est une sorte d’écoute télé­pho­ni­que per­ma­nente pré­ven­tive si vous voulez, ou une per­qui­si­tion per­pé­tuelle « on sait jamais »… Enfin bref, Youpi !
On pour­rait se deman­der com­ment on en est arrivé là, com­ment un simple décret peut être aussi lourd de consé­quen­ces. Mais en fait, la brèche était déjà ouverte depuis quel­ques années…
La loi de juin 2004 sur la « confiance dans l’économie numé­ri­que » auto­ri­sait à l’époque l’uti­li­sa­tion de don­nées per­son­nel­les lors d’enquê­tes de la gen­dar­me­rie, mais « que dans le cas de la pré­ven­tion du ter­ro­risme ». Ce qu’il y a de bien avec les décrets, c’est qu’ils per­met­tent sur simple déci­sion, sans vote, de modi­fier le champ d’appli­ca­tion d’une loi.
Cela rap­pelle une bonne vieille tech­ni­que de mani­pu­la­tion, qu’on pour­rait appe­ler la « déci­sion en dégradé ».

Exemple:

- On pro­pose une loi pré­voyant le fichage pré­ven­tif d’infor­ma­tions per­son­nel­les (ce qui contre­dit les prin­ci­pes de liber­tés indi­vi­duel­les et de pré­somp­tion d’inno­cence) et on la fait accep­ter en arguant qu’on ne l’uti­li­sera que pour lutter contre le ter­ro­risme (pour la bonne cause)
- Ensuite, par simple déci­sion des minis­tres (parce-que c’est ça un décret), on décide d’étendre ce fichage à d’autres enquê­tes.

En bref:

- Faire passer une loi poten­tiel­le­ment liber­ti­cide en pro­met­tant de réser­ver son appli­ca­tion à un domaine très res­treint.
- Décréter ensuite l’exten­sion de son domaine d’appli­ca­tion. (il est un peu tard pour contes­ter la loi)
Le pire c’est que ça marche !

Rappelez-vous la création du FNAEG (Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques) en 1998

- On a fait passer ça en jurant que ce serait réservé aux crimes sexuels (pour la bonne cause on vous dit !).
- 10 ans, quel­ques arrê­tés et décrets plus tard, on connait le résul­tat. (les copains qui ris­quent 6 mois fermes pour refus de s’y sou­met­tre après un simple délit savent de quoi je parle).
En tout cas, l’achar­ne­ment des poli­ti­ques et des tenants de la pensée unique à contrô­ler et cen­su­rer inter­net, en Égypte comme en France (toute pro­por­tion gardée mais la volonté est bien la même), est bien la preuve de son énorme poten­tiel sub­ver­sif, alter­na­tif, ou révo­lu­tion­naire.
LOPSSI 2, main­te­nant ça, les jours du net tel qu’on le connait sont-ils comp­tés ? En tout cas tout semble fait pour…

mardi 8 mars 2011

POLITISCHE ÖKONOMIE DER BILDUNG

Die kapitalistische Produktionsweise ist reich an inneren Selbstwidersprüchen. Dabei macht auch der Bereich von Bildung und Ausbildung keine Ausnahme. Wissen an sich produziert keinen Mehrwert, aber es ist eine sachliche Notwendigkeit für das Kapital unter dem Diktat der Produktivkraftentwicklung. Da in dieser Gesellschaft jeder Aufwand in der Form des Geldes erscheinen muss, handelt es sich beim Bildungssystem im kapitalistischen Sinne um „tote Kosten“, also um einen Abzug vom gesellschaftlichen Mehrwert. Deshalb wird überall im Namen der Standortkonkurrenz die Notwendigkeit von Bildungs-Investitionen beschworen, gleichzeitig aber die Produktion und Verteilung von Wissen unter enormen Kostendruck gesetzt.
Dieser Widerspruch hat sich historisch verschärft. Dieselbe Produktivkraftentwicklung, die jene Expansion von Wissen und Bildung erzwingt, hat auf der anderen Seite den real Mehrwert produzierenden Sektor (insbesondere der industriellen Basis) ausgedünnt, indem dort in wachsendem Ausmaß Arbeitskraft überflüssig gemacht wurde. Während die berühmte „produktive“ Arbeiterklasse relativ zurückging und heute eine gesellschaftliche Minderheit bildet, wuchsen spiegelbildlich die großenteils „unproduktiven“ neuen Mittelschichten des Bildungs- und Wissenssektors an. Kapitalistisch ließ sich diese Entwicklung nur darstellen als zunehmende Kreditfinanzierung der entsprechenden „toten Kosten“, ein kaum thematisierter Aspekt der allgemeinen Finanzierungskrise.
Die Vermassung der höheren Qualifikationen (in der BRD macht heute etwa die Hälfte eines Jahrgangs Abitur) und damit des Angebots führt nach den Gesetzen des Arbeitsmarkts zu einer Entwertung der qualifizierten Arbeitskraft. In Verbindung mit dem Kostendruck auf das gesamte kapitalistisch „unproduktive“ Bildungssystem hat sich daraus eine fortschreitende Prekarisierung auch der akademisch gebildeten Schichten entwickelt. Das alte Bildungsbürgertum ist dem Untergang geweiht. Hinzu kommt die Diskrepanz zwischen der Qualifizierung und den konjunkturellen Anforderungen. Da der gesellschaftliche Zusammenhang keiner gemeinschaftlichen Planung unterliegt, sondern einer blinden Dynamik, werden die einen Qualifikationen plötzlich überflüssig oder zum Überangebot, während die anderen fehlen. Ausbildung geht aber nur langfristig, während die Anforderungsprofile in der globalen Konkurrenz sprunghaft wechseln.
Inzwischen haben wir es weltweit mit derselben Problematik zu tun. Für den Zustand, der hierzulande als „Generation Praktikum“ bezeichnet wird und die wahre soziale Schieflage der „Generation Facebook“ verdeutlicht, gibt es in allen Ländern ähnliche Namen. Gerade weil das Bildungsgefälle zwischen den kapitalistischen Zentren und der Peripherie teilweise eingeebnet wurde, macht sich die Perspektivlosigkeit der ausgebildeten jungen Generation in den ärmeren Ländern besonders drastisch bemerkbar. Das ist (neben der Explosion der Lebensmittelpreise) einer der Hintergründe für die aktuellen Revolten im arabischen Raum. Aber auch in China oder Indien klaffen Massenqualifizierung und Beschäftigung auseinander. Es handelt sich nicht um sogenannte demokratische Defizite, sondern um einen kapitalistisch unlösbaren strukturellen Widerspruch im Verhältnis von Bildung und Ökonomie.  Die Frage ist, ob das global vermasste „akademische Proletariat“ seine Prekarisierung in die Idee einer neuen sozialen Emanzipation für alle umsetzt, oder ob es sich nur im Kapitalismus behaupten will und die notwendige Enttäuschung ideologisch verarbeitet. Im zweiten Fall ist mit dem Schlimmsten zu rechnen.
erschienen im Neuen Deutschland
am 07.03.2011

Robert Kurz


Il faut les prendre jeunes, très jeunes…


Suisse : la Migros vend les enfants aux nanos

On le sait depuis le fameux "Livre Bleu" du Gixel, le lobby de l’électronique en France : les industriels recommandent d’acclimater les enfants dès la maternelle aux technologies liberticides - comme la biométrie -, en donnant à celles-ci un caractère ludique (cf Carte d’identité électronique : ce n’est pas du canular ). Recommandation suivie en Suisse, à propos des nanotechnologies, par la Migros, chaîne de distribution coopérative. Diane Gilliard détaille la manip’ sur le site combats.ch.

Il faut les prendre jeunes, très jeunes…
Il faut les prendre jeunes, très jeunes si possible. La Migros a compris. Après avoir distribué des cartes de jeux, des billes, la voilà qui remet gracieusement, pour chaque achat parental de 20 francs suisses, des « nanos ». Ça ne vous fait penser à rien, le préfixe « nano » ?

C’est vachement sympa, les nanos, si l’on en croit le communiqué de presse de la plus grande « coopérative à but social », ce qui fait d’elle, avec ses 2 millions de Suisses coopérateurs membres, « une chaîne de supermarchés possédée par ses consommateurs », comme dit Wikipedia. C’est aussi, toujours selon l’encyclopédie en ligne, un « conglomérat d’entreprises suisses actives dans le secteur de la grande distribution » qui domine tout, ou presque, en matière de produits de consommation courants. Personne n’échappe à la Migros. On y trouve de tout, de la serpillière à l’ampoule basse consommation, de la pizza industrielle à la banque, en passant par les asperges du Pérou, l’aide à la culture, les soutiens-gorge « éco » fabriqués en Chine, les ordinateurs et les huiles de bagnole. Il y a des succursales dans chaque quartier, elle a même un site de vente en ligne, tout le monde va faire ses courses à la Migros, de bonne grâce ou contraint et forcé. Seuls ceux qui produisent pour la Migros font la grimace, mais c’est une autre histoire.
Toujours à la pointe du progrès, la Migros. Les consommateurs veulent du bio et risquent de s’échapper ? La voilà avec un label « bio », au logo élégant et tentateur. Quelques clients la quittent un peu, préférant acheter directement au producteur des légumes de saison produits localement et montent des projets d’agriculture contractuelle de proximité ? La voilà qui appose un joli logo bleu sur ses salades, indiquant que c’est « produit dans la région ».
Avec les « nanos » offerts aux mômes, fidèle à sa mission, elle est toujours et encore plus à la pointe du progrès. Il faut les prendre jeunes, nous disions-vous. Les habituer très tôt à la modernité, à la grande mutation du monde qui se déroule sous nos yeux ébahis. Ensuite, ils achèteront et achèteront encore, dans le souvenir ému des « cadeaux » que la Migros leur offrait quand leur maman avait dépensé assez de sous au supermarché. Et le préfixe « nano » leur rappellera leurs délicieux jeux d’antan, quand ils le liront dans le mot complet, « nanotechnologie ».
A Combats, il nous arrive d’être un peu paranoïaques. Ou, plutôt, conscients que quelque chose se déroule sous nos yeux, en toute « transparence », mais que nous ne comprenons pas vraiment. Alors quand une rédactrice de Combats se voit offrir des « nanos » lors de son passage à la caisse, elle s’émeut.
Bientôt, les nanotechnologies vont révolutionner notre monde (et engraisser certains, qui se goinfrent déjà ─ mais c’est encore une autre histoire). N’y aurait-il pas là de la manipulation, du lavage de jeune cerveau ? Une brève visite (ça fait beaucoup de bruit) sur le site Nanomania la confirme, malheureusement, dans ses préventions : des planètes, une fusée, des machins qui pulvérisent un autre machin à pointes qui ressemble beaucoup à la figuration télévisuelle du virus HIV lui sautent à la figure. Bref, l’habituelle daube technotruc, hystérique et brutale. Le communiqué de presse officiel explique, sur le ton gai et primesautier de rigueur : « Les Nanos sont originaires des plus petites planètes de la Voie lactée. Ils sont organisés en six clans, portent des noms très colorés comme Animalos, Spuukies et Robots. Par exemple, les Monstros passent leur temps à faire des roulés-boulés, les Pinkies sont fous de danse et les Banditos sont des imposteurs nés. Ils sont 48 Nanos, chacun avec son caractère propre. Seule leur forme est commune : celle d’une capsule. » Où est le mal ? C’est un jeu, non ? C’est pour des mômes, non ? Euh, les nanoparticules, les vraies, celles qui vont bouleverser la science et l’économie, celles dont on ne connaît pas les effets à long terme, ne se caractérisent-elles pas par « leur extrême mobilité dans l’environnement et dans les organismes » ?
Paranoïaques, on vous dit ! Mais heureusement, tout près, à Grenoble, des gens cherchent, expliquent, se confrontent avec les scientifiques et nous appellent à la vigilance : Pièces et Main d’œuvre. Ils ont décortiqué ce que sont les nanotechnologies, les capitaux qu’elles mobilisent, en quoi elles peuvent être une menace. Ils disent par exemple que « le marché des nanotechnologies, estimé en 2010 à plus de 150 milliards de dollars devrait atteindre, en 2014, plus de 2 600 milliards, soit 15% de la production manufacturière mondiale (estimation Lux Research) » (Vous croyez vraiment que ça n’intéresse pas la Migros ?) Ou que « depuis plus de 15 ans, les nanomatériaux sont massivement présents et s’imposent aux consommateurs sans qu’ils en soient informés car aucun étiquetage ni aucune réglementation n’encadre cette invasion : des articles de sports plus légers aux peintures et métaux de surface autonettoyants sous la seule action de la pluie, en passant par les diodes électroluminescentes pour écrans, les téléphones cellulaires ou les pneus longue durée ! L’alimentation n’y échappe pas. »
Alors que tous ceux qui vont faire leurs courses à la Migros et ont des mômes se précipitent pour lire les articles de Pièces et Main d’œuvre. Ils ne pourront pas dire qu’ils ne sont pas au courant.

Diane Gilliard

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