mercredi 9 mars 2011

Fichage sur internet, le pire reste à venir !

Les fournisseurs de services sur internet sont désormais obligés par décret, de conserver une liste impressionnante de données personnelles (nom, profession, pseudonymes, mots de passe, coordonnées bancaires, traces d’achats, etc…). Et ce pendant un an, afin qu’elles puissent, lors d’une enquête, être mises à la disposition de la police, de la gendarmerie, voire du fisc, de l’URSSAF, et même des douanes.
A part ici et le projet FREENET, pas beau­coup d’info sur cette déci­sion dis­crète sur la toile. Alors, comme Legifrance est mon ami, je vous pré­sente l’objet du délit :
Décret n° 2011-219 du 25 février 2011 rela­tif à la conser­va­tion et à la com­mu­ni­ca­tion des don­nées per­met­tant d’iden­ti­fier toute per­sonne ayant contri­bué à la créa­tion d’un contenu mis en ligne :
"Les don­nées men­tion­nées au II de l’arti­cle 6 de la loi du 21 juin 2004 sus­vi­sée, que les per­son­nes sont tenues de conser­ver en vertu de cette dis­po­si­tion, sont les sui­van­tes :
1° Pour les per­son­nes men­tion­nées au 1 du I du même arti­cle et pour chaque connexion de leurs abon­nés :
- L’iden­ti­fiant de la connexion ;
- L’iden­ti­fiant attri­bué par ces per­son­nes à l’abonné ;
- L’iden­ti­fiant du ter­mi­nal uti­lisé pour la connexion lorsqu’elles y ont accès ;
- Les dates et heure de début et de fin de la connexion ;
- Les carac­té­ris­ti­ques de la ligne de l’abonné ;
Ça c’est les infor­ma­tions que nos four­nis­seurs d’accès inter­net vont devoir garder sur nous. Numéros, connexions, iden­ti­fiants…
2° Pour les per­son­nes men­tion­nées au 2 du I du même arti­cle et pour chaque opé­ra­tion de créa­tion :
- L’iden­ti­fiant de la connexion à l’ori­gine de la com­mu­ni­ca­tion ;
- L’iden­ti­fiant attri­bué par le sys­tème d’infor­ma­tion au contenu, objet de l’opé­ra­tion ;
- Les types de pro­to­co­les uti­li­sés pour la connexion au ser­vice et pour le trans­fert des conte­nus ;
- La nature de l’opé­ra­tion ;
- Les date et heure de l’opé­ra­tion ;
- L’iden­ti­fiant uti­lisé par l’auteur de l’opé­ra­tion lors­que celui-ci l’a fourni ;
Ça, ça concerne les héber­geurs de contenu en tout genre,qui com­pren­nent les Youtube&Co, mais aussi les forums.
3° Pour les per­son­nes men­tion­nées aux 1 et 2 du I du même arti­cle, les infor­ma­tions four­nies lors de la sous­crip­tion d’un contrat par un uti­li­sa­teur ou lors de la créa­tion d’un compte :
- Au moment de la créa­tion du compte, l’iden­ti­fiant de cette connexion ;
- Les nom et prénom ou la raison sociale ;
- Les adres­ses pos­ta­les asso­ciées ;
- Les pseu­do­ny­mes uti­li­sés ;
- Les adres­ses de cour­rier électronique ou de compte asso­ciées ;
- Les numé­ros de télé­phone ;
- Le mot de passe ainsi que les don­nées per­met­tant de le véri­fier ou de le modi­fier, dans leur der­nière ver­sion mise à jour ;
Ça, c’est ce que doi­vent conser­ver les mes­sa­ge­ries électroniques après créa­tion de notre compte (nos coor­don­nées com­plè­tes).
4° Pour les per­son­nes men­tion­nées aux 1 et 2 du I du même arti­cle, lors­que la sous­crip­tion du contrat ou du compte est payante, les infor­ma­tions sui­van­tes rela­ti­ves au paie­ment, pour chaque opé­ra­tion de paie­ment :
- Le type de paie­ment uti­lisé ;
- La réfé­rence du paie­ment ;
- Le mon­tant ;
- La date et l’heure de la tran­sac­tion."
Et enfin, les sites de com­mer­ces conser­ve­ront nos achats ainsi que nos coor­don­nées ban­cai­res.
Les infos pour­ront être récla­mées, si l’uti­li­sa­teur fait l’objet d’une enquête, par la police, la gen­dar­me­rie, le fisc, l’URSSAF, la répres­sion des frau­des, et les doua­nes. Elles doi­vent d’après la loi être main­te­nues dis­po­ni­bles pen­dant un an.
Donc, pour résu­mer, tout ce petit monde devra conser­ver toutes ces infos au cas où l’uti­li­sa­teur serait, plus tard, l’objet d’une enquête. En fait c’est une sorte d’écoute télé­pho­ni­que per­ma­nente pré­ven­tive si vous voulez, ou une per­qui­si­tion per­pé­tuelle « on sait jamais »… Enfin bref, Youpi !
On pour­rait se deman­der com­ment on en est arrivé là, com­ment un simple décret peut être aussi lourd de consé­quen­ces. Mais en fait, la brèche était déjà ouverte depuis quel­ques années…
La loi de juin 2004 sur la « confiance dans l’économie numé­ri­que » auto­ri­sait à l’époque l’uti­li­sa­tion de don­nées per­son­nel­les lors d’enquê­tes de la gen­dar­me­rie, mais « que dans le cas de la pré­ven­tion du ter­ro­risme ». Ce qu’il y a de bien avec les décrets, c’est qu’ils per­met­tent sur simple déci­sion, sans vote, de modi­fier le champ d’appli­ca­tion d’une loi.
Cela rap­pelle une bonne vieille tech­ni­que de mani­pu­la­tion, qu’on pour­rait appe­ler la « déci­sion en dégradé ».

Exemple:

- On pro­pose une loi pré­voyant le fichage pré­ven­tif d’infor­ma­tions per­son­nel­les (ce qui contre­dit les prin­ci­pes de liber­tés indi­vi­duel­les et de pré­somp­tion d’inno­cence) et on la fait accep­ter en arguant qu’on ne l’uti­li­sera que pour lutter contre le ter­ro­risme (pour la bonne cause)
- Ensuite, par simple déci­sion des minis­tres (parce-que c’est ça un décret), on décide d’étendre ce fichage à d’autres enquê­tes.

En bref:

- Faire passer une loi poten­tiel­le­ment liber­ti­cide en pro­met­tant de réser­ver son appli­ca­tion à un domaine très res­treint.
- Décréter ensuite l’exten­sion de son domaine d’appli­ca­tion. (il est un peu tard pour contes­ter la loi)
Le pire c’est que ça marche !

Rappelez-vous la création du FNAEG (Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques) en 1998

- On a fait passer ça en jurant que ce serait réservé aux crimes sexuels (pour la bonne cause on vous dit !).
- 10 ans, quel­ques arrê­tés et décrets plus tard, on connait le résul­tat. (les copains qui ris­quent 6 mois fermes pour refus de s’y sou­met­tre après un simple délit savent de quoi je parle).
En tout cas, l’achar­ne­ment des poli­ti­ques et des tenants de la pensée unique à contrô­ler et cen­su­rer inter­net, en Égypte comme en France (toute pro­por­tion gardée mais la volonté est bien la même), est bien la preuve de son énorme poten­tiel sub­ver­sif, alter­na­tif, ou révo­lu­tion­naire.
LOPSSI 2, main­te­nant ça, les jours du net tel qu’on le connait sont-ils comp­tés ? En tout cas tout semble fait pour…

mardi 8 mars 2011

POLITISCHE ÖKONOMIE DER BILDUNG

Die kapitalistische Produktionsweise ist reich an inneren Selbstwidersprüchen. Dabei macht auch der Bereich von Bildung und Ausbildung keine Ausnahme. Wissen an sich produziert keinen Mehrwert, aber es ist eine sachliche Notwendigkeit für das Kapital unter dem Diktat der Produktivkraftentwicklung. Da in dieser Gesellschaft jeder Aufwand in der Form des Geldes erscheinen muss, handelt es sich beim Bildungssystem im kapitalistischen Sinne um „tote Kosten“, also um einen Abzug vom gesellschaftlichen Mehrwert. Deshalb wird überall im Namen der Standortkonkurrenz die Notwendigkeit von Bildungs-Investitionen beschworen, gleichzeitig aber die Produktion und Verteilung von Wissen unter enormen Kostendruck gesetzt.
Dieser Widerspruch hat sich historisch verschärft. Dieselbe Produktivkraftentwicklung, die jene Expansion von Wissen und Bildung erzwingt, hat auf der anderen Seite den real Mehrwert produzierenden Sektor (insbesondere der industriellen Basis) ausgedünnt, indem dort in wachsendem Ausmaß Arbeitskraft überflüssig gemacht wurde. Während die berühmte „produktive“ Arbeiterklasse relativ zurückging und heute eine gesellschaftliche Minderheit bildet, wuchsen spiegelbildlich die großenteils „unproduktiven“ neuen Mittelschichten des Bildungs- und Wissenssektors an. Kapitalistisch ließ sich diese Entwicklung nur darstellen als zunehmende Kreditfinanzierung der entsprechenden „toten Kosten“, ein kaum thematisierter Aspekt der allgemeinen Finanzierungskrise.
Die Vermassung der höheren Qualifikationen (in der BRD macht heute etwa die Hälfte eines Jahrgangs Abitur) und damit des Angebots führt nach den Gesetzen des Arbeitsmarkts zu einer Entwertung der qualifizierten Arbeitskraft. In Verbindung mit dem Kostendruck auf das gesamte kapitalistisch „unproduktive“ Bildungssystem hat sich daraus eine fortschreitende Prekarisierung auch der akademisch gebildeten Schichten entwickelt. Das alte Bildungsbürgertum ist dem Untergang geweiht. Hinzu kommt die Diskrepanz zwischen der Qualifizierung und den konjunkturellen Anforderungen. Da der gesellschaftliche Zusammenhang keiner gemeinschaftlichen Planung unterliegt, sondern einer blinden Dynamik, werden die einen Qualifikationen plötzlich überflüssig oder zum Überangebot, während die anderen fehlen. Ausbildung geht aber nur langfristig, während die Anforderungsprofile in der globalen Konkurrenz sprunghaft wechseln.
Inzwischen haben wir es weltweit mit derselben Problematik zu tun. Für den Zustand, der hierzulande als „Generation Praktikum“ bezeichnet wird und die wahre soziale Schieflage der „Generation Facebook“ verdeutlicht, gibt es in allen Ländern ähnliche Namen. Gerade weil das Bildungsgefälle zwischen den kapitalistischen Zentren und der Peripherie teilweise eingeebnet wurde, macht sich die Perspektivlosigkeit der ausgebildeten jungen Generation in den ärmeren Ländern besonders drastisch bemerkbar. Das ist (neben der Explosion der Lebensmittelpreise) einer der Hintergründe für die aktuellen Revolten im arabischen Raum. Aber auch in China oder Indien klaffen Massenqualifizierung und Beschäftigung auseinander. Es handelt sich nicht um sogenannte demokratische Defizite, sondern um einen kapitalistisch unlösbaren strukturellen Widerspruch im Verhältnis von Bildung und Ökonomie.  Die Frage ist, ob das global vermasste „akademische Proletariat“ seine Prekarisierung in die Idee einer neuen sozialen Emanzipation für alle umsetzt, oder ob es sich nur im Kapitalismus behaupten will und die notwendige Enttäuschung ideologisch verarbeitet. Im zweiten Fall ist mit dem Schlimmsten zu rechnen.
erschienen im Neuen Deutschland
am 07.03.2011

Robert Kurz


Il faut les prendre jeunes, très jeunes…


Suisse : la Migros vend les enfants aux nanos

On le sait depuis le fameux "Livre Bleu" du Gixel, le lobby de l’électronique en France : les industriels recommandent d’acclimater les enfants dès la maternelle aux technologies liberticides - comme la biométrie -, en donnant à celles-ci un caractère ludique (cf Carte d’identité électronique : ce n’est pas du canular ). Recommandation suivie en Suisse, à propos des nanotechnologies, par la Migros, chaîne de distribution coopérative. Diane Gilliard détaille la manip’ sur le site combats.ch.

Il faut les prendre jeunes, très jeunes…
Il faut les prendre jeunes, très jeunes si possible. La Migros a compris. Après avoir distribué des cartes de jeux, des billes, la voilà qui remet gracieusement, pour chaque achat parental de 20 francs suisses, des « nanos ». Ça ne vous fait penser à rien, le préfixe « nano » ?

C’est vachement sympa, les nanos, si l’on en croit le communiqué de presse de la plus grande « coopérative à but social », ce qui fait d’elle, avec ses 2 millions de Suisses coopérateurs membres, « une chaîne de supermarchés possédée par ses consommateurs », comme dit Wikipedia. C’est aussi, toujours selon l’encyclopédie en ligne, un « conglomérat d’entreprises suisses actives dans le secteur de la grande distribution » qui domine tout, ou presque, en matière de produits de consommation courants. Personne n’échappe à la Migros. On y trouve de tout, de la serpillière à l’ampoule basse consommation, de la pizza industrielle à la banque, en passant par les asperges du Pérou, l’aide à la culture, les soutiens-gorge « éco » fabriqués en Chine, les ordinateurs et les huiles de bagnole. Il y a des succursales dans chaque quartier, elle a même un site de vente en ligne, tout le monde va faire ses courses à la Migros, de bonne grâce ou contraint et forcé. Seuls ceux qui produisent pour la Migros font la grimace, mais c’est une autre histoire.
Toujours à la pointe du progrès, la Migros. Les consommateurs veulent du bio et risquent de s’échapper ? La voilà avec un label « bio », au logo élégant et tentateur. Quelques clients la quittent un peu, préférant acheter directement au producteur des légumes de saison produits localement et montent des projets d’agriculture contractuelle de proximité ? La voilà qui appose un joli logo bleu sur ses salades, indiquant que c’est « produit dans la région ».
Avec les « nanos » offerts aux mômes, fidèle à sa mission, elle est toujours et encore plus à la pointe du progrès. Il faut les prendre jeunes, nous disions-vous. Les habituer très tôt à la modernité, à la grande mutation du monde qui se déroule sous nos yeux ébahis. Ensuite, ils achèteront et achèteront encore, dans le souvenir ému des « cadeaux » que la Migros leur offrait quand leur maman avait dépensé assez de sous au supermarché. Et le préfixe « nano » leur rappellera leurs délicieux jeux d’antan, quand ils le liront dans le mot complet, « nanotechnologie ».
A Combats, il nous arrive d’être un peu paranoïaques. Ou, plutôt, conscients que quelque chose se déroule sous nos yeux, en toute « transparence », mais que nous ne comprenons pas vraiment. Alors quand une rédactrice de Combats se voit offrir des « nanos » lors de son passage à la caisse, elle s’émeut.
Bientôt, les nanotechnologies vont révolutionner notre monde (et engraisser certains, qui se goinfrent déjà ─ mais c’est encore une autre histoire). N’y aurait-il pas là de la manipulation, du lavage de jeune cerveau ? Une brève visite (ça fait beaucoup de bruit) sur le site Nanomania la confirme, malheureusement, dans ses préventions : des planètes, une fusée, des machins qui pulvérisent un autre machin à pointes qui ressemble beaucoup à la figuration télévisuelle du virus HIV lui sautent à la figure. Bref, l’habituelle daube technotruc, hystérique et brutale. Le communiqué de presse officiel explique, sur le ton gai et primesautier de rigueur : « Les Nanos sont originaires des plus petites planètes de la Voie lactée. Ils sont organisés en six clans, portent des noms très colorés comme Animalos, Spuukies et Robots. Par exemple, les Monstros passent leur temps à faire des roulés-boulés, les Pinkies sont fous de danse et les Banditos sont des imposteurs nés. Ils sont 48 Nanos, chacun avec son caractère propre. Seule leur forme est commune : celle d’une capsule. » Où est le mal ? C’est un jeu, non ? C’est pour des mômes, non ? Euh, les nanoparticules, les vraies, celles qui vont bouleverser la science et l’économie, celles dont on ne connaît pas les effets à long terme, ne se caractérisent-elles pas par « leur extrême mobilité dans l’environnement et dans les organismes » ?
Paranoïaques, on vous dit ! Mais heureusement, tout près, à Grenoble, des gens cherchent, expliquent, se confrontent avec les scientifiques et nous appellent à la vigilance : Pièces et Main d’œuvre. Ils ont décortiqué ce que sont les nanotechnologies, les capitaux qu’elles mobilisent, en quoi elles peuvent être une menace. Ils disent par exemple que « le marché des nanotechnologies, estimé en 2010 à plus de 150 milliards de dollars devrait atteindre, en 2014, plus de 2 600 milliards, soit 15% de la production manufacturière mondiale (estimation Lux Research) » (Vous croyez vraiment que ça n’intéresse pas la Migros ?) Ou que « depuis plus de 15 ans, les nanomatériaux sont massivement présents et s’imposent aux consommateurs sans qu’ils en soient informés car aucun étiquetage ni aucune réglementation n’encadre cette invasion : des articles de sports plus légers aux peintures et métaux de surface autonettoyants sous la seule action de la pluie, en passant par les diodes électroluminescentes pour écrans, les téléphones cellulaires ou les pneus longue durée ! L’alimentation n’y échappe pas. »
Alors que tous ceux qui vont faire leurs courses à la Migros et ont des mômes se précipitent pour lire les articles de Pièces et Main d’œuvre. Ils ne pourront pas dire qu’ils ne sont pas au courant.

Diane Gilliard

lundi 7 mars 2011

Les destinées du marxisme

 
Texte indispensable pour bien comprendre quelle direction prend la pensée déployée par Robert Kurz. Ceci en dépit d'une analyse de 68 incomplète et presque indigne d'un Kurz, mais il aime renforcer ses effets même en simplifiant jusqu'à la caricature. 68 est justement le moment du passage  encore confus de l'EXO a l'ESO. 
Le Marx "ésotérique"  s'oppose au marxisme idéologique "exotérique" devenu un boulet. Une pensée morte mais encore utilisée comme base de toute la "gauche" critique et libertaire.
D'intuition en intuitions (68 en est un moment) on passe désormais à la connaissance pleine et entière  du "sujet automate" seul maître de la Valeur capitaliste.
 
 
 
Lire Marx au XXIe siècle
 
Ceux que l’on dit morts, vivent plus longtemps. Le Karl Marx théoricien critique et influent a été tenu pour mort plus d’une fois, et chaque fois il a échappé à la mort historique et théorique. Il y a une simple raison à cela : la théorie marxienne ne pourra reposer en paix qu’avec son objet, le mode de production capitaliste. Ce système social est « objectivement » cynique, il est tellement impudent dans les comportements qu’il exige des être humains, il produit en même temps qu’une richesse obscène et écœurante une telle masse de pauvreté et il est marqué dans sa dynamique aveugle d’un tel potentiel de catastrophes que son existence, forcément, ne cesse de faire naître les motifs et les idées d’une critique radicale. Et l’essentiel de cette critique est justement la théorie critique de ce Karl Marx qui, il y a presque 150 ans, a superbement analysé dans ses grands traits la logique destructrice du processus d’accumulation capitaliste.
Mais comme pour toute pensée théorique qui dépasse la date limite d’un certain esprit du siècle, l’œuvre de Marx doit également être soumise à de nouvelles analyses qui permettent de découvrir de nouveaux aspects et réfutent d’anciennes interprétations – non seulement des interprétations, mais également certains éléments de cette théorie liés à une époque. Tout théoricien a pensé plus de choses qu’il ne savait lui-même et une théorie sans contradictions ne pourrait sérieusement être appelée une théorie. Ainsi, non seulement certains livres, mais aussi de grandes théories ont leur destin. On voit toujours se développer, entre une théorie et ses critiques, ses disciples comme ses adversaires, un rapport de tension dans lequel la contradiction interne de la théorie trouve toute sa dimension, faisant ainsi progresser la connaissance.
 
Marx et l’adieu postmoderne à la « grande théorie »
 
Au lieu de se re-confronter au problème du caractère historique du processus de la théorie de la société à la fin du XXe siècle, la soi-disant pensée postmoderne voudrait simplement immobiliser la dialectique de la formation théorique, de la réception et de la critique. La théorie de Marx précisément n’est plus vérifiée à l’aide de ses contenus, ni analysée dans ses conditions historiques et par là-même développée, mais elle est repoussée a priori en tant que prétendue « grande théorie ». Cette fausse modestie qui ne regarde plus l’ensemble des formes capitalistes de la socialisation en tant que tel, mais qui se contente de le refouler, s’abaisse sous le niveau de la réflexion de la théorie sociale. La politique de l’autruche d’une pensée si consciemment réduite et désarmée ne voit pas qu’on ne peut séparer de leur objet social réel la problématique de ce que l’on appelle grandes théories et grandes notions. La prétention de vouloir saisir l’ensemble est véritablement provoqué par la réalité sociale. L’ensemble négatif du capitalisme ne cesse pas d’opérer dans son existence réelle, sous prétexte qu’il est ignoré en tant que notion et que nous n’avons plus à regarder : « la totalité ne vous oublie pas », ironisait à juste titre le théoricien anglais de la littérature Terry Eagleton.e postmoderne voudrait simplement immobiliser la dialectique de la formation théorique, de la réception et de la critique. La théorie de Marx précisément n’est plus vérifiée à l’aide de ses contenus, ni analysée dans ses conditions historiques et par là-même développée, mais elle est repoussée a priori en tant que prétendue « grande théorie ». Cette fausse modestie qui ne regarde plus l’ensemble des formes capitalistes de la socialisation en tant que tel, mais qui se contente de le refouler, s’abaisse sous le niveau de la réflexion de la théorie sociale. La politique de l’autruche d’une pensée si consciemment réduite et désarmée ne voit pas qu’on ne peut séparer de leur objet social réel la problématique de ce que l’on appelle grandes théories et grandes notions. La prétention de vouloir saisir l’ensemble est véritablement provoqué par la réalité sociale. L’ensemble négatif du capitalisme ne cesse pas d’opérer dans son existence réelle, sous prétexte qu’il est ignoré en tant que notion et que nous n’avons plus à regarder : « la totalité ne vous oublie pas », ironisait à juste titre le théoricien anglais de la littérature Terry Eagleton.
 
La critique postmoderne de la grande théorie, accueillie avec reconnaissance par de nombreux anciens marxistes en tant que forme de raisonnement prétendument à décharge, ne renvoie pas tant à une pensée affirmative et apologétique au sens traditionnel, qu’au désespoir d’une critique de la société qui, bouleversée, recule devant une tâche qui dépasse son entendement actuel. Il s’agit d’une manœuvre d’évitement qui ne peut qu’avoir un caractère provisoire ; la pensée critique est implacablement ramenée à l’obstacle qu’elle doit surmonter. Et, apparemment, cet obstacle est surtout difficile à franchir parce que la pensée marxiste connue jusqu’ici doit, là aussi, sauter par-dessus son ombre. Cette métaphore quelque peu étrange pourrait être remplacée par une autre ; le marxisme conserve un cadavre dont il doit se débarrasser. En d’autres termes : la contradiction entre la théorie marxiste et sa réception par l’ancien mouvement ouvrier, de même que les contradictions au sein de la théorie marxiste même, à la fin du XXe siècle, ont mûri au point que cette théorie ne puisse plus être réactivée et réactualisée, comme cela se faisait jusqu’à présent.
 
Après le siècle du mouvement ouvrier
 
Quand Marx prématurément prétendu mort par le passé n’a cessé de réapparaître bien vivant, chacune de ces résurrections s’est produite à l’intérieur d’une époque que l’on pourrait nommer le « siècle du mouvement ouvrier ». Il semble évident aujourd’hui que cette histoire soit terminée. Ses motifs, ses réflexions théoriques et modèles d’action sociale sont d’une certaine façon devenus irréels. Ils ont perdu leur force d’attraction, n’ont plus de vie et se présentent à nous comme sous verre. Ce marxisme n’est plus qu’un ennuyeux objet de musée. Mais cela n’explique pas pourquoi il en est arrivé là. Ce détournement précipité de ses anciens disciples a en soi quelque chose de mensonger et le triomphalisme prématuré de ses anciens adversaires quelque chose de niais. Car les problèmes qui ont mûris dans cette histoire ne se sont pas volatilisés pour le plaisir de tous avec la fin incomprise d’une époque sur laquelle on a insuffisamment réfléchi, mai au contraire ils ont dramatiquement empiré d’une manière nouvelle qui n’a pas encore été identifiée. Cette époque passée semblerait presque n’être que le stade de la chrysalide ou la période d’incubation d’une grande crise sociale mondiale qualitativement nouvelle dont on peut maîtriser la nature, au plan théorique, qu’avec des notions de même grandeur et, au plan pratique, par un bouleversement social fondamental. Sévissant en tous lieux et mélangeant toutes les pièces de décors possibles, la religion d’un « pragmatisme » démocratique, fondé sur l’économie de marché ressemble, face à la situation réelle, à la tentative de combattre le sida avec de l’eau de mélisse des Carmes ou de réagir à l’explosion d’un réacteur atomique à l’aide de l’autopompe de pompiers bénévoles.
 

dimanche 6 mars 2011

Égypte: L'armée torture

Le Caire, 6 mars 2011. Depuis quelques jours, des images-choc circulent sur la toile, mais elles se font curieusement oublier par d'autres actualités plus étourdissantes encore: la forteresse de la "Sécurité d'État", la STASI égyptienne, est tombée hier soir aux mains d'un millier de manifestants. Nous venons, hier soir, de pénétrer en son sein pour y trouver des montagnes de documents broyés, et des centaines de mètres de rayonnages sur lesquels reposaient les fiches soigneusement rédigées sur des millions de citoyens.

L'armée, qui gardait les lieux comme elle garde tous les bâtiments administratifs, était pour le moins complaisante et s'est gentiment tenue à l'écart tandis que nous nous précipitions à l'intérieur, le sang glacé par ce temple du mal.

A l'arrivée du procureur général, et après avoir rempli nos yeux et nos appareils photos des mille scandales susceptibles de disparaître, nous avons laissé la justice prendre le relais.La nouvelle est fracassante. La chute de la Sécurité d'État est plus importante encore que celle de Moubarak qui, et c'est un manifestant qui l'a hurlé en ouvrant un dossier par hasard, était fiché lui aussi. Il est cependant essentiel de revenir sur ces images sordides qui confirment que l'armée égyptienne a bel et bien deux visages.
Ces images ont été montées sur une chanson que j'ai écrite et enregistrée. Elle sera diffusée demain dans la blogosphère égyptienne.
  
Traduction française des paroles
De qui se moque l'armée égyptienne?
Des Égyptiens, bien sûr.
Des martyrs, nous en avons assez.
Laissez-nous donc vivre en paix.

"L'armée et le peuple, une seule main"
"L'armée et le peuple…" c'est ça, ouais.

Dis moi Salma, l'armée défend qui?
Ses confrères hommes d'affaires… ah! j'oubliais!
Casse-toi Maréchal Tantawi!
Et sauve-nous Major Shoman! (*)
C'est que le Maréchal, vois-tu, torture nos amis.

"L'armée et le peuple, une seule main"
"L'armée et le peuple"… c'est ça, ouais.

L'armée-Vodafone (**), on n'en veut plus
Trouvez-nous des gens dignes de nous
Ceux qui nous attaquent au Taser
Nous leur tiendrons tête jusqu'au bout
Jeunes officiers il est temps de faire un "coup"

Fiers officiers, braves soldats, la justice n'attend pas

"L'armée et le peuple, une seule main"
"L'armée et le peuple, une seule main"
"L'armée et le peuple, une seule main"
Ah ben voilà, c'est mieux comme ça…
"L'armée et le peuple, une seule main"
"L'armée et le peuple, une seule main"

Paroles, musique et chant: Aalam Wassef. Chanson libre de droits.
Notes
(*) Le Major Shoman s'est rendu célèbre en déposant les armes, avant la démission de Moubarak, et en rejoignant les manifestants.
(**) Le Conseil Suprême de Armées, comme le Ministère de l'Intérieur déchu avant lui, se sert librement dans les bases de données des opérateurs Vodafone et Mobinil pour envoyer des SMS à la population. Recommandations, mise en garde, menaces. Les opérateurs aux engagements et aux obligations multiples sur la protection de la vie privée, curieusement, collaborent.

(Du Caire): Mira a 22 ans. Il est essoufflé quand il arrive à 20 heures dans une université du centre du Caire, samedi. Il revient juste de Nasr City, quartier nord de la capitale, où il a participé à un moment incroyable de l'histoire de son pays : l'entrée par effraction dans les locaux les plus honnis par le peuple égyptien, les plus symboliques de la terreur du régime passé.
Le bâtiment d'Aman el doura (sécurité d'Etat), où des milliers d'Egyptiens ont disparu sans jamais refaire surface, où la torture était devenue une pratique routinière depuis des années, a finalement été pénétré par des citoyens venus faire la lumière sur ces années de plomb.

« Des montagnes de papier déchiquetés, du sol au plafond »

Alerté par un ami du parti Liberté et Justice, affilié aux Frères musulmans, Mira s'est joint au groupe d'activistes et d'étudiants réunis par ces circonstances exceptionnelles. Il raconte avec délectation, encore étonné :
« J'ai entendu dire par un ami qu'on pouvait rentrer à l'intérieur, alors je m'y suis précipité. On a pu rentrer par derrière. L'armée était là, mais elle n'avait pas encore reçu d'ordre, donc elle est restée inactive. Il y avait des gens de tous les partis, de toutes les organisations. Des barbus, des socialistes.
Les gens criaient : “La seule chose que vous pouvez casser, ce sont les portes ! Tout doit rester intact.” Il y avait vraiment la volonté de préserver ces archives. J'étais sidéré de découvrir des montagnes de papier déchiquetés, du sol au plafond, dans toutes les pièces. Ils n'ont même pas eu le temps de nettoyer les lieux »

Esra Abdel Fattah, célèbre activiste qui a participé à la création du mouvement du 6 avril et qui aujourd'hui travaille pour l'ONG Egyptian Democratic Academy, raconte qu'elle a pu récupérer son dossier personnel :
« J'ai été impressionnée, ils avaient imprimé tous mes e-mails personnels et textos, listé tous mes appels. Je le garde précieusement, j'ai bien l'intention de l'utiliser pour faire passer quelques personnes devant un tribunal prochainement. »
A ce jour, aucune ONG n'a initié de regroupement de toutes ces archives. Mais l'organisation WikiLeaks a offert de donner une nouvelle vie aux montagnes de papier passées au broyeur. Elle a déclaré qu'elle avait les moyens techniques de le faire. 

Sommets et Contre-Sommets

Réalité du FSM 2011

La tectonique des peuples est en mouvement dans l'ensemble du monde arabo-musulman. Les suites de la crise de 2007 en occident continuent leurs ravages et se heurtent à des résistances partout dans le monde. Il est heureux que les plus lucides des ex-antimondialisation sortent du jeu stérile dans lequel ils étaient coincés depuis presque 10 années. Il n'y a rien à gagner à s'enfermer dans les nasses policières des Sommets et Contre-Sommets. L'AG de Dijon prend acte des échecs passés et propose  d'intéressantes Actions Décentralisées.


".../...Pour ne pas refaire les mêmes erreurs que dans le passé pour qu’en France la masse des forces policières à Deauville devienne un avantage et non plus un problème, nous appelons a l’organisation d’actions décentralisées durant la durée du G8, en France et dans d’autres pays. Sans vouloir dissuader celles et ceux qui se rendront à Deauville, nous appelons des groupes à se constituer dans toutes les régions de France et du monde et à s’organiser localement pour mener des actions décentralisées, dans les lieux et sur les thématiques de leur choix. Actions de blocage des flux économiques ou attaques contre les symboles de l’État et du capital, manifestations ou occupations, zones autonomes temporaires, diffusion de textes et de paroles… les possibilités sont nombreuses et nous sommes partout.../..."

samedi 5 mars 2011

Dialektik der Ideologien

Der Sturz ins Bodenlose: Dieses Bild steht nicht nur für einen materiellen Zusammenbruch; es steht für einen identitären Kollaps des bürgerlich-kollektiven Bewusstseins. Doch die über Jahrhunderte eingeschliffenen psychologischen Abwehrmechanismen greifen; reflexartig wird der Satz, es „wäre eine Ende“ in Sicht, der konjunktivische Anklang ans „Unmögliche“, verdrängt; es gibt ein danach, es „kann neu auf[ge]bau[t] [werden]“. Das Gefangen-Sein des bürgerlichen Denkens in seiner Subjektform und die dumpfe Ahnung, dass dieselbe historisch unhaltbar geworden ist, diese sich zuspitzende Widersprüchlichkeit des bürgerlichen Denkens unter den Bedingungen der Krise produziert eine eigentümliche Dialektik der Ideologien.
Die rapide Zunahme des Antisemitismus, Resultat der subjektivistischen Schuldzuweisung der Krise an gierige Banker und Spekulanten, hat eine eigene Dynamik gewonnen. Wenn ein Ahmadinejad mit einer Brandrede im UN-Hauptquartiert eine jüdische Weltverschwörung proklamieren kann und dafür Beifall erhält, wankt eine der letzten Schranken vor dem endgültigen Übergang der Moderne in die Barbarei: Das Existenzrecht Israels.2
Dieser (strukturelle) Antisemitismus war schon immer begleitet von der Affirmation eines kleinbürgerlichen Standpunktes, welcher zunehmend an Bedeutung gewinnt: Denn wenn eine Welt zusammenstürzt, wird eine neue entstehen, und in dieser neuen Welt sehen zum Beispiel die beiden Fraktionsvorsitzenden der Großen Koalition (…) eine Renaissance der deutschen Politik. Denn diese haben daheim ja die Alternative zum angelsächsischen Turbokapitalismus, wenn sie auch vernachlässigt wurde: die soziale Marktwirtschaft, die für Skrupel steht, für Rücksicht, für Ausgleich.3
Man „hat“ schon die Alternative. Entrüstet steht der Normalbürger vor dem Warenregal und erhofft sich von dem zukünftigen Produkt einiges: Nicht so viel Spaßfaktor zwar, aber dafür eine längere Gebrauchsgarantie. Das präformierte Bewusstsein kann „Kritik“ nur in dumpfer Hilflosigkeit artikulieren. Die Differenz zwischen dem Seienden und der Kritik desselben ist eingeebnet. Der kritisierte Gegenstand ist nicht Gegenstand der Kritik.
Diese reaktionäre Ideologie drückt sich im Anklang an das „schaffende Kapital“ und die Besinnung auf gute deutsche Handarbeit aus. Die keynesianistische Ideologie, Kehrseite des Neoliberalismus und in der Fundamentalkrise der 3. Industriellen Revolution genauso illusionär wie dieser, hat konjunkturellen Aufwind: Wie jede Krise verkündete Angela Merkel in der Regierungserklärung zur Finanzkrise bietet auch diese Krise des Finanzsektors eine Chance. Sie bietet die Chance, dass alle innerhalb und außerhalb Deutschlands die internationale Dimension der sozialen Marktwirtschaft erkennen, verstehen lernen und den Anspruch haben, sie gestalten zu wollen.4
Die Illusion einer „Weltpolitik“, einer internationalen Regulierung der globalen Wirtschaft, die dabei heraufbeschworen wird, verkennt vollkommen die Widerspruchsebene zwischen notwendig nationalem Bezugsrahmen des Kapitals und der Tendenz zur Schrankenlosigkeit desselben:
Schwadronierte sie zuvor noch von einer „internationale[n] Dimension der sozialen Marktwirtschaft“, fällt sie reflexartig auf die nationale Ebene zurück – das bürgerliche Bewusstsein ist hin- und her geschleudert in seiner Zerrissenheit: Solche Argumentation ist grotesk: Monate vor dieser Proklamation eines starken Deutschlands wurden Senkungen der Unternehmenssteuern und der Reallöhne noch mit dem Druck der Globalisierung auf den Staat begründet; die postulierte „Weltregierung“, in Form der sozialen Marktwirtschaft in guter deutscher Tradition, Widerspruch in sich, wird Minuten später zugunsten eines starken Deutschlands selbst in Frage gestellt. Einem Bewusstsein, welches sich von dem Anspruch jeglicher Stringenz in der eigenen Argumentation verabschiedet hat, ist alles zuzutrauen. Diese Sätze wären nicht ernst zu nehmen und in ihrer Lächerlichkeit zu ignorieren, wenn sie nicht rassistische Ressentiments schüren würden.
Wenn dabei Angela Merkel die „soziale Marktwirtschaft“ als deutsches Phänomen bemüht und dabei auf Bedeutung der „sozialen Marktwirtschaft eines Ludwig Ehrhards“6 hinweist, ist dies Ausdruck der historischen Verdrängungsleistung des bürgerlichen Bewusstseins: Das Nachkriegsdeutschland in seiner institutionellen Gestaltung war hauptsächlich Produkt der westlichen Alliierten. Aber dem Inhalt steht diese Ideologie sowieso gleichgültig gegenüber, da sie eine bloß abstrakte Identität konstituiert; man kann nur hoffen, dass dem historischen Erinnerungsvermögen dieser Funktionseliten die zwölf Jahre davor präsenter sind.
Der ideologische Stimmungsumschwung der bürgerlich-neoliberalen Funktionseliten, welcher in der Aufstiegsbewegung des Kapitalismus Jahre, oftmals Jahrzehnte dauerte, offenbart eine grauenhafte Dialektik der Ideologie. Die Irrationalität, dem (deutschen) Nationalstaat eine derartige Kohärenz und Handlungsfähigkeit unter den Bedingungen einer transnationalen Struktur des Kapitals zuzugestehen, zwingt das Bewusstsein zu neuer Ideologiebildung. Roswitha Scholz hat diesen Zusammenhang von Antiziganismus und sozialen Abstiegsprozessen analysiert:
Die reale Angst der Bevölkerung vor dem eigenen ökonomischen Untergang, kann nur noch schwer verdrängt werden. Es erfolgt eine Gegenbesetzung im psychoanalytischen Sinne: Es wird zunehmende Aggression frei:

http://www.exit-online.org

Anmerkungen

The Cypherpunk Revolutionary Julian Assange


The Monthly, March 2011, pp. 17-35

The Cypherpunk Revolutionary Robert Manne on Julian Assange

[Robert Manne is a professor in the School of Social Sciences at La Trobe University, Victoria, Australia.]
ESSAY
FEWER THAN 20 YEARS AGO JULIAN ASSANGE WAS SLEEPING ROUGH. EVEN A YEAR AGO HARDLY ANYONE KNEW HIS NAME. TODAY HE IS ONE OF THE BEST-KNOWN AND MOST-RESPECTED HUMAN BEINGS ON EARTH. Assange was the overwhelming winner of the popular vote for Time magazine's "Person of the Year" and Le Monde's less politically correct "Man of the Year". If Rupert Murdoch, who turns 80 this month, is the most influential Australian of the postwar era, Julian Assange, who will soon turn 40, is undoubtedly the most consequential Australian of the present time.
Murdoch's importance rests in his responsibility for injecting, through Fox News, the poison of rabid populist conservatism into the political culture of the United States; Assange's in the revolutionary threat his idea of publishing damaging documentary information sent by anonymous insiders to WikiLeaks poses to governments and corporations across the globe.
Julian Assange has told the story of his childhood and adolescence twice, most recently to a journalist from the New Yorker, Raffi Khatchadourian, and some 15 years ago, secretly but in greater detail, to Suelette Dreyfus, the author of a fascinating book on the first generation of computer hacking, Underground, for which Assange was the primary researcher. In what is called the "Researcher's Introduction", Assange begins with a cryptic quote from Oscar Wilde; "Man is least himself when he talks in his own person. Give him a mask, and he will tell you the truth." Nothing about Assange has ever been straightforward. One of the main characters in Underground is the Melbourne hacker Mendax. Although there is no way readers at that time could have known it, Mendax is Julian Assange.
Putting Khatchadourian and Dreyfus together, and adding a little detail from a blog that Assange published on the internet in 2006-07 and checking it against common sense and some material that has emerged since his rise to fame, the story of Assange's childhood and adolescence can be told in some detail. There is, however, a problem. Journalists as senior as David Leigh of the Guardian or John F Burns of the New York Times in general accept on trust many of Assange's stories about himself. They do not understand that their subject is a fabulist. By contrast, when Daniel Domscheit-Berg, Assange's lieutenant at WikiLeaks between late 2007 and September 2010, heard that Assange was writing an autobiography he tells us in Inside WikiLeaks that his "first thought" was that it should be placed "in the fiction section".
According to Assange, his mother left her Queensland home for Sydney at the age of 17, around 1970, at the time of the anti-Vietnam War movement when the settled culture of the western world was breaking up. In Dreyfus, Assange's mother is not named; in Khatchadourian, she is called "Claire". In fact she was Christine Hawkins. Assange told Dreyfus that his mother's parents were both "academics". This seems a little grandiose. Christine's father, Warren Hawkins, was the principal of the Northern Rivers College of Advanced Education. Christine fell in love with a man called John Shipton in Sydney. A year or so after Julian was born, in Townsville, they parted. Assange did not meet Shipton again till he was 25.
When Julian was about one, Christine met and married a roving theatrical producer and member of what was by now called the counterculture, Brett Assange. According to what Julian told Khatchadourian, Brett was the descendant of a Chinese immigrant who had settled on Thursday Island, Ah Sang or Mr Sang. Together Brett and Christine travelled around the country, performing. He painted a vivid portrait for Khatchadourian of an idyllic life after the family settled for a time on Magnetic Island. "Most of this time was pretty Tom Sawyer. I had my own horse. I built my own raft. I went fishing. I was down mine shafts and tunnels." To Dreyfus, Julian claimed his stepfather was a decent man but also an alcoholic. By the time he was addressing audiences worldwide, his father - he could only be referring to Brett Assange - had become idealised as a "good and generous man" who had taught him the most fundamental lesson in life: to nurture victims rather than to create them. Assange also told Dreyfus about a foundational political memory, an incident that had occurred while he was about four. His mother and a male friend had discovered evidence concerning the British atomic bomb tests that had taken place in Maralinga in greatest secrecy, which they intended to give to an Adelaide journalist. The male friend had been beaten by police to silence him. Christine had been warned that she was in danger of being charged with being "an unfit mother". She was advised to stay out of politics. For a four year old to grasp the political meaning of an encounter such as this seems a little improbable.
When Julian was eight or nine years old, Christine and Brett Assange separated and then divorced. His mother now formed a "tempestuous" relationship with an amateur musician, Keith Hamilton, with whom she had another child, a boy. To Dreyfus, Julian described Hamilton as a "manipulative and violent psychopath". A bitter battle for the custody of Julian's half-brother began. Christine's family was now once more on the move - this time not as before on a "happy-go-lucky odyssey", but hiding on both sides of the continent in permanent terror. To Khatchadourian but not Dreyfus, Julian claimed there was evidence that this man was a member of the Anne Hamilton-Byrne cult The Family and, rather fancifully, that he probably discovered their whereabouts from the "moles" that the cult had inside the government. Because of his itinerant life as a child, and also because his mother was suspicious of the authoritarian culture of formal schooling, Julian claimed that he was home-schooled or independently educated either by professors encountered on their travels or by following his curiosity in public libraries. He did, however, also claim to have attended "very many schools. According to Dreyfus, by the time Mendax was 15 he "had lived in a dozen different places" and had "enrolled in at least as many different schools". His lawyer in his trial of 1996, Paul Galbally, also told the court Assange had been enrolled in about 12 schools. By 2006, Assange claimed he had attended 37 different schools. Given that after his rise to fame the Northern Star reported that he had attended Lismore's Goolmangar Primary School between 1979 and [983, the story of 37 schools seems unlikely.
One of the schools Julian attended was in rural Victoria. In the blog he posted on 18 July 2006, there is an account of his and another outsider's experience at this school.
END zip PDF 

http://anonnews.org

Cryptome supplements:
Cyperhpunks on Wikipedia
Assassinatin Politics by Jim Bell
wikileaks-gest.htm    Wikileaks in Gestation 2001                      December 25, 2010
Tim May               True Nyms and Crypto Anarchy                     December 23, 2010 (offsite)
wikileaks-lash.htm    Wikileaks CIA, Soros and Competitors Backlash    December 12, 2010
siss.htm              Sensitive Information Security Sources           September 4, 2010
wikileaks-soros.htm   George Soros OSI CIA Inquiry on Wikileaks        August 10, 2010
lamo-webster.htm      Adrian Lamo and Timothy Douglas Webster          August 2, 2010
ja-economics.htm      Julian Assange Essay on Participatory Economics  August 2, 2010
ja-conspiracies.pdf   Julian Assange Essays on Conspiracies            July 31, 2010
assange-cpunks.htm    Julian Assange Writes Online 1995-2002           May 22, 2010
cpunks-92-98.zip      Cypherpunks Mail List 1992-98                    May 20, 2010 (8.3MB)
wikileaks-leak2.htm   Wikileaks Leak 2                                 January 9, 2007
wikileaks-leak.htm    Wikileaks Leak                                   January 7, 2007

vendredi 4 mars 2011

Communique de presse Anonymous

Émission: "Complément d'Enquête" France2 Télévision
Communiqué de presse Anonymous - Émission "Complément d'Enquête" France 2 Télévision.


Anonymous a porté un grand intérêt à l'émission "Complément d'Enquête" diffusée le 28 février 2011 sur France2 et respecte le travail de journaliste.
Nos récentes actions ont visiblement intrigué (l'Élysée ?) puisque France Télévision a désiré en faire un reportage et nous en sommes heureux. C'est toujours pour nous une reconnaissance, et à chaque reportage ou article, toujours plus nombreuses sont les personnes qui rejoignent notre mouvement.
Plusieurs fois nous vous avons très clairement expliqué qui nous étions, et ce que nous défendions.


Nous vous avons écoutés, et nous sommes une nouvelle fois déçus par votre volonté d'ignorer la réalité. Nous ne nous reconnaissons pas dans ce reportage, aussi nous vous demandons un droit de réponse.

Nous sommes déçus que vous n'ayez pas plus mis en avant les valeurs que nous défendons telles que la liberté d'expression, pourtant ce combat n'est-il pas également celui des journalistes ? Peut-être pas chez France Télévision.


Votre  présentation des Anonymous nous a semblé être manipulée afin de correspondre à l'image que le gouvernement français veut donner des  Anonymous à l'opinion française, comme précisé dans les commentaires de votre invité du Palais de l'Élysée.


Le gouvernement aurait-il commandité cette émission à France Télévision ?
C'est une question que nous nous posons très sérieusement après avoir décortiqué ce reportage.
Travail de journaliste ou de la cellule de communication de la présidence française ?
L'intervention de Mr Guaino semble confirmer nos doutes, de plus un entretien réalisé dans un lieu si haut en symbole (Hôtel de Marigny). Le gouvernement français condamne les manipulations médiatiques à l'étranger, notamment au Mexique, mais en fait de même auprès de ces propres citoyens.


Dans une mise en scène risible, vous nous dépeignez comme de simples cybercriminels inconscients épris de plaisirs et d'argent facile. Sachez que nous ne jouons pas, nous ne volons pas, et que nous sommes contre toute forme de violence. Anonymous n'est pas français, Anonymous n'appartient pas à un seul pays ou à un seul continent. Anonymous est universel.


Vous avez passé sous silence nos messages de paix, nos actions pour la liberté d'expression et de manifestation en Tunisie, Égypte, Algérie, Libye, Bahreïn, Yémen ou Iran, nos solutions contre la censure d'internet appliquée dans de trop nombreux pays. Nos actions à l'encontre de la secte de l’Église de Scientologie, ou plus récemment la secte Baptist Church aux États-Unis, ainsi que celles menées contre la société HBGary pour  dévoiler le dessous des cartes des soi-disant sociétés de sécurité qui travaillent pour nos gouvernements et le capitalisme sauvage. Nos manifestations numériques contre les opposants à Wikileaks, nos opérations de mirroring afin que les informations ne puissent  disparaître d'internet.


Nous voulons également dire aux françaises, aux français, aux journalistes, de refuser l'ignorance car elle entraîne peurs et fantasmes. Nous ne sommes pas une société secrète, vous pouvez nous rejoindre sur le réseau IRC anonops.net (1) et poser vos questions. Vous pouvez également lire les communiqués et les lettres sur le site Anonnews (2). Lisez-les, ainsi que les commentaires, avec un esprit critique et dans leur diversité. Prenez du temps pour vous forger votre propre opinion sur ce que nous sommes. Nous sommes  complexes, nous sommes multiples, mais nous sommes vous, le peuple.

Heureusement le gouvernement français nous sous-estime.
Heureusement tous les journalistes ne sont pas à la botte des gouvernants.
Heureusement la nouvelle génération possède dans ses mains des outils qui lui permettent de ne pas être dépendante de l'information d'état.
Anonymous est né d'internet,
Internet est incontrôlable,
Anonymous est incontrôlable,
Nous sommes dans l'ère de l'information,
Nous sommes une génération que vous ne pouvez aisément manipuler et cela vous dérange,
Nous sommes Anonymous,
Nous sommes Légion,
Nous n'oublions pas,
Nous ne pardonnons pas,
Redoutez-nous.
 
1 : #francophone@irc.anonops.in (irc.anonops.ru, irc.anonops.net) http://irc.lc/anonops/francophone
2 : http://www.anonnews.org

La fin de l’utopie


NOUS PARTIRONS D’UNE BANALITÉ: toute forme du monde (Lebenswelt), toute transformation du milieu technique et du milieu naturel est une possibilité réelle qui a sa place, son topos, dans l’histoire. Nous pouvons aujourd’hui faire du monde un enfer – et nous en prenons le chemin. Nous pouvons aussi le transformer dans la direction opposée.
Cette fin de l’utopie, c’est-à-dire cette récusation des idées et des théories qui, dans l’histoire, se sont servies de l’utopie pour dénoncer certaines possibilités historico-sociales, peut être comprise encore comme « fin de l’histoire », en ce sens très précis que les nouvelles possibilités d’une société humaine et de son milieu ne peuvent plus être conçues comme le prolongement des anciennes, comme leur suite au sein de la même continuité historique : ces nouvelles possibilités supposent au contraire une rupture de la continuité historique, à savoir une différence qualitative entre la société libre et les sociétés asservies, différence qui permet, d’après Marx, de considérer toute l’histoire advenue à ce jour comme la préhistoire de l’humanité.
Toutefois, je crois que Marx lui-même était encore trop fixé à l’idée de la continuité du progrès, et que sa conception du socialisme aussi ne représente peut-être pas encore – ou ne représente plus – cette « négation déterminée » du capitalisme qu’elle devrait constituer. Aussi bien, l’idée de la fin de l’utopie implique la nécessité de mettre en discussion une nouvelle définition du socialisme, en demandant d’abord si la théorie marxiste du socialisme n’appartient pas à un stade de développement des forces productives désormais dépassé. Cela apparaît clairement, à mon avis, dans la fameuse distinction établie entre le règne de la liberté et le règne de la nécessité. Du moment que le règne de la liberté ne peut être pensé et ne peut exister qu’au-delà du règne de la nécessité, cela implique que le règne de la nécessité demeure le règne de la nécessité, au sens du travail aliéné.
Par conséquent, Marx le dit lui-même, tout ce qui peut intervenir dans ce domaine – rationalisation, réduction du travail – reste travail non libre à l’intérieur du règne de la nécessité qu’il contribue à prolonger. Je crois pour ma part qu’une des possibilités nouvelles signalant la différence qualitative entre la société libre et la société non libre consiste précisément à laisser affleurer le règne de la liberté dans le règne de la nécessité, à le manifester dans le travail et pas seulement au-delà du travail (nécessaire). Pour formuler de façon provocante cette idée spéculative, je dirai qu’il faut envisager le chemin du socialisme allant de la science à l’utopie et non seulement, comme le pensait Engels, de l’utopie à la science.
L’utopie est un concept historique. Elle qualifie des projets de transformation sociale qu’on tient pour impossibles. Impossibles pour quelles raisons ? Généralement, quand on parle d’utopie, on entend l’impossibilité de réaliser le projet d’une nouvelle société, parce que les facteurs subjectifs et objectifs d’une situation sociale donnée s’opposent à sa modification – on dit alors que la situation n’est pas mûre. Exemples : les projets communistes pendant la Révolution française. Ou peut-être aujourd’hui : le socialisme dans les pays capitalistes avancés. Ce sont là deux exemples d’une absence réelle ou supposée des facteurs subjectifs et objectifs qui rend impossible la réalisation du projet.
On peut également tenir pour irréalisable le projet d’une transformation sociale quand il contredit certaines lois scientifiques, des lois biologiques, physiques, etc. ; par exemple l’idée très ancienne d’une éternelle jeunesse ou l’idée d’un retour à un âge d’or supposé. Je crois qu’on ne peut proprement parler d’utopie que dans ce sens, c’est-à-dire quand un projet de transformation sociale contredit des lois scientifiques réellement constatées et constatables. Seul un tel projet est utopique au sens strict, c’est-à-dire extra-historique, encore que cet « extra-historique » ait sa limite historique.
 Extrait:suite PDF
HERBERT MARCUSE
 

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