samedi 5 février 2011

La boue inonde MAM

Commençons par une petite lettre:

Madame Alliot-Marie, 
« Je vous demande d’arrêter » ! Madame la Ministre d’Etat, Présidente du Mouvement « Le Chêne-les Gaullistes du Renouveau », au palmarès politique non négligeable, puisque vous fûtes la première personnalité politique de la Cinquième République à enchaîner, à la suite, quatre Ministères régaliens et la première femme Ministre de la Défense, si vous aviez été Ministre des Affaires Étrangères du Général de Gaulle, auriez-vous accepté, pendant d’éventuelles vacances en Espagne, les faveurs d’un proche et/ou d’un soutien notoire du Général Franco ?
Sachez, Madame la Ministre d’Etat, que, par votre inconscience et/ou par vos relations ambigües, avec les proches et les bailleurs de fonds du régime Ben Ali, qui plus est pendant les moments les plus difficiles de notre « Révolution de Jasmin » et compte tenu du Poste que vous occupiez, vous êtes un peu responsable, passivement, du sang qui a coulé.
Aussi, Madame la Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Étrangères et Européennes, qui s’est dévoilée, et ce pendant la présidence du G20 par la France, étrangement étrangère aux Affaires de ce monde , qui n’a pas saisi que l’impact de notre « Révolution de Jasmin » sera, probablement, planétaire, lorsque, demain, d’autres peuples opprimés suivront l’exemple du peuple tunisien, et qui, par ses bourdes à répétition, a montré son ignorance et/ou sa négligence de la souffrance que nous avons vécue, nous vous saurions gré, pour la Mémoire de nos Martyrs, de bien vouloir arrêter, Madame la Ministre d’Etat, vos « approximations », vos fantasmes et vos élucubrations sur la Tunisie.
HORCHANI Salah Professeur à la Faculté des Sciences de Tunis

Deuxième voyage en jet privé de Michèle Alliot-Marie.
Le troisième scandale.
Après le premier voyage et les propositions d'aide policière au régime de Ben Ali, ils ont repris le jet privé le 29 décembre, afin de se rendre cette fois à Tozeur, dans le grand sud tunisien. Un aller et retour, effectué dans la journée, le temps d’un déjeuner et d’une virée dans les oasis. Au moins, la ministre a-t-elle pu éviter ainsi un voyage encore plus long et plus éprouvant, au moins une dizaine d’heures par la route, à travers cette fois, non plus des montagnes, mais des villes en révolte, comme Sidi Bouzid ou Kasserine. L’appareil était cette fois  un Challenger 600 de 9 places, appartenant à la compagnie aérienne Nouvelair, qui a dû fusionner en 2008 avec la firme Kathago Airlines de Belhassen Trabelsi, le frère de Leïla Ben Ali, l’épouse de l’ancien dictateur tunisien. Jusqu’à sa fuite au Canada, Belhassen Trabelsi exerçait les fonctions de PDG à la tête de la société. C’est pour cette raison que l’avion emprunté par Michèle Alliot-Marie et ses proches, était immatriculé "TS-IBT". TS, pour Tunisie et BT, pour Belhassen Trabelsi. Un homme qui savait être généreux avec les dignitaires de la République française.
Le 24 décembre 2009, le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, avait ainsi débarqué à bord d’un de ses avions privés, sans doute le même que celui utilisé par sa consœur du gouvernement, à l’aéroport de Tunis-Carthage, pour un séjour privé au Khartago, l’un des palaces de celui qui était considéré comme le "parrain" du clan Trabelsi. Selon plusieurs sources tunisiennes, Belhassen Trabelsi l’attendait à l’aéroport, en compagnie de Robert Bourgi, grande figure de la Françafrique. C'est l'ensemble du gouvernement qui avait gite et couvert gratis chez le Tyran de Carthage...
Les tunisiens apprécierons les déclarations démentes de leur nouveau ministre des affaires étrangères, leur révolution ne fait que commencer... 
Ahmed Abderraouf Ounaies: "Je sais que vous êtes avant tout une amie de la Tunisie, parce que la France est l'amie de la démocratie, la France est l'amie des libertés, et donc Michèle Alliot-Marie, au nom de la France, est l'amie de la Tunisie d'aujourd'hui, qui aspire à enraciner la démocratie dans ses institutions." et ta sœur !
La situation  en Tunisie fait ressortir les luttes sociales dans les entreprises  liées au marché internationale. La sous-traitance est une spécialité locale qui génère de gros bénéfices et lie la Tunisie à l'économie européenne, c'est un résultat de la délocalisation qui crée des emplois là ou les conditions sont les plus favorables.  Bref les tunisiens sont sous-payés et songe à un alignement sur les salaires européens. Ce n'est pas un hasard si le libéralisme place ses billes dans ce genre de dictatures "bien tenues" pour y faire de gros bénéfices.

Sit-in au Kef pour revendiquer l'emploi et l'amélioration des conditions de travail
Plusieurs ouvriers à la câblerie automobile «Coroplast», entreprise totalement exportatrice, ont observé un sit-in pour revendiquer l'amélioration de leur situation professionnelle. 
Ces ouvriers, qui se sont rassemblés, vendredi, devant le siège de la radio régionale du Kef, ont appelé à la nécessité de respecter la réglementation du travail en vigueur en Tunisie, notamment en ce qui concerne les heures de travail, les congés, les salaires et les primes.
D'un autre côté, plusieurs chômeurs observent un sit-in, depuis deux jours, devant le siège du gouvernorat, réclamant un emploi et des aides matérielles pour lutter contre la pauvreté.
Les manifestants qui ont installé une tente en face du siège du gouvernorat, ont brandi des banderoles ayant pour slogan la liberté, la dignité et le droit à l'emploi.


Clearstream blanchissait


« Enfin, la justice me rend justice ! Après dix ans tout juste… » Denis Robert est « apaisé » par les trois arrêts de Cour de cassation rendus jeudi et que Rue89 s'est procurés. Trois arrêts qui annulent définitivement les condamnations du journaliste poursuivi par Clearstream. Et obligent même la chambre de compensation luxembourgeoise à lui rembourser ses frais de justice.
Dans le documentaire « Les Dissimulateurs » diffusé en 2001 sur Canal + et les deux livres « Révélations » et « La Boîte noire » publiés en 2001 et 2002 aux éditions Les Arènes, Denis Robert accusait Clearstream de blanchir de l'argent sale. Ce qui lui avait valu trois plaintes en diffamation.
En première instance, le TGI de Paris avait débouté Clearstream pour « La Boîte noire » le 1er octobre 2003, mais lui avait donné gain de cause le 29 mars 2004 pour les deux autres enquêtes. La cour d'appel de Paris allait cependant condamner l'ancien journaliste de Libération dans les trois affaires, le 16 octobre 2008, à payer un total de 4 500 euros de dommages et intérêts, ainsi que plusieurs milliers d'euros de frais de justice.

« Intérêt général » et « sérieux de l'enquête »

C'est donc un net retournement d'appréciation qu'a opéré jeudi la justice, à travers la triple décision de la Cour de cassation. La plus haute juridiction de l'ordre judiciaire français est claire :
« L'intérêt général du sujet traité et le sérieux constaté de l'enquête, conduite par un journaliste d'investigation, autorisaient les propos et les imputations litigieux. »
Non seulement elle considère qu'il n'y pas diffamation au sens de l'article 29 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, mais elle s'appuie en outre sur la législation européenne pour blanchir Denis Robert :
« Le reportage incriminé, traitant de sujets d'intérêt général relatifs aux mécanismes dévoyés et incontrôlés de la finance internationale et à leur implication dans la circulation mondiale de l'argent sale, ne dépassait pas les limites de la liberté d'expression au sens de l'article 10 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. »
« C'est une victoire pour moi, mais aussi une jurisprudence pour tous les journalistes », décrypte l'intéressé. Les trois arrêts indiquent que, dans les enquêtes longues et difficiles, il peut y avoir quelques imprécisions, voire des « formulations outrancières », qu'il ne convient pas de condamner si le travail a été réalisé de bonne foi, avec sérieux et dans l'intérêt général. Le journaliste était fondé à qualifier la société luxembourgeoise de « meilleure lessiveuse du monde », de « dérive du système financier international » ou encore, comme l'écrit la Cour de cassation, de souligner « l'accointance de l'Église de Scientologie avec la société Clearstream ». Pour achever de donner raison à Denis Robert, la Cour de cassation va jusqu'à condamner Clearstream à payer les dépens (les frais liés aux instances, actes et procédures d'exécution) et à lui verser en plus 9 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile (qui concerne tous les frais de justice non compris dans les dépens, comme les honoraires d'avocat). « Ma parole est libre désormais », se réjouit Denis Robert. « Si j'ai envie, je peux ressortir mes livres. » Le journaliste a l'esprit aujourd'hui « ailleurs qu'à Clearstream », il n'a « pas envie de ressasser », mais entend quand même demander plus ample réparation à la chambre de compensation.
l'arrêt pour « Les Dissimulateurs »
l'arrêt pour « Révélations »

Alles mitreißen in den Untergang

JUGENDGEWALT, VANDALISMUS, AMOK. Gibt es einen Zusammenhang zwischen dem ungebremsten Markt und der Zunahme von extremer Gewalt?
Freitag 21/2007

Früher, heißt es in einem Text Jean-Paul Sartres von 1960, sagten aufmüpfige oder auch nur unglückliche Bürgerkinder plötzlich “Scheiße” zu ihren Eltern, erhoben sich vom Mittagstisch, verließen das Haus und “gingen mit Sack und Pack zur Linken”. Dort fand ihr diffuses Unbehagen seine Begriffe und strategische Codierung. Ihre in gewaltförmigen Sozialisationsprozessen aufgestaute Wut und ihr “existenzieller Ekel” an bürgerlich-kleinbürgerlichen Formen des Umgangs fanden in der Protestbewegung politisch-rationale Ausdrucksformen. Der Widerstand gegen kleinbürgerliche Tisch- und Kleidersitten, die Revolte gegen sinnentleerte Formen des Verzichts und Gehorsams und eine rigide Sexualmoral verschmolzen mit dem Kampf gegen Ausbeutung und Unterdrückung im eigenen Land und den Befreiungsbewegungen in der Dritten Welt.
Die radikale Linke, das kann ich aus eigener Erfahrung sagen, war auch ein Sammelbecken für allerhand skurrile Gestalten, die ihre psychischen Macken und biografischen Beschädigungen mitbrachten und teilweise auch ausagierten. In den meisten Fällen wirkten die Gruppe und die sie tragenden Ideen als Korrektiv und sorgten dafür, dass der Privatwahn Einzelner nicht tonangebend wurde und das Band zwischen Gewalt und Vernunft, Mitteln und Zwecken nicht zerriss.
Was aber sollen Jugendliche machen, fragte Sartre schon damals, “wenn die Väter links sind”, Marx und Marcuse im Regal stehen haben und abends nach getaner Arbeit die Rolling Stones und Bob Dylan auflegen? Was aber, wenn es gar keine radikale Linke gibt, auf deren Seite man sich schlagen kann? Dann eignen sich entweder die Rechten den ganzen Rohstoff von rebellischen Energien und Leidenserfahrungen an, um ihn für ihre Ziele nach rückwärts in Gang zu setzen, oder er bleibt brach liegen.
Lebenswichtige Utopien
Utopien mögen für realitätstüchtige Erwachsene wenig Bedeutung haben, für Kinder und Jugendliche sind sie lebenswichtig. Kinder und Jugendliche, die gesellschaftlich-geschichtlicher Ideale beraubt sind, werden nicht nur in ihrem Wachstum behindert, sondern auch in ihren Lebenseinstellungen entmutigt und auf Ersatzgefühle gedrängt. Diffuse Gewalt, das rebellische Umsichschlagen gegen Begrenzungen, welche die herrschende Ordnung bestimmen, können laut Oskar Negt “Ausdruck einer Lebenskraft sein, der die gesellschaftlichen Ideale fehlen”. Die jugendlichen Suchbewegungen gehen ins Leere, die Wut dreht sich im Kreis, wendet sich gegen die eigenen Person oder entlädt sich richtungslos. Hinter den wohlgeordneten und glitzernden neoliberalen Fassaden gedeihen Vandalismus und Amok.
In sozialer Isolation, in der Individuen auf sich gestellt sind, ist der Weg zu einem kollektiven Aufbau von neuen, nicht-bürgerlichen Lebensformen, die eigenen Bedürfnissen Rechnung tragen, verrammelt und verriegelt. Der Vandalismus kann als Antwort darauf verstanden werden, dass seine Akteure nicht in der Lage sind, ihren Zorn in eine produktive und rationale Richtung zu lenken, wie das eben zum Beispiel in politischen Bewegungen geschah. Die Aggression ist und bleibt roh. Blind und bewusstlos schlagen die Herausgefallenen und für überflüssig Erklärten auf die gesellschaftliche Fassade ein. Die Wut der Vandalen beschränkt sich auf den Versuch, mit einer Baseball-Keule auf den Nebel einzuschlagen, der über den Verhältnissen liegt und den Einblick in ihre Strukturen versperrt. Das, was man Vandalismus nennt, ist eine Wut, die ihr Objekt eingebüßt und sich in frei flottierenden Hass verwandelt hat.
Spätkapitalistische Herrschaft hat sich entpersonalisiert und anonymisiert, sie tarnt sich immer perfekter als Technik und tritt den Menschen gegenüber als so genannter Sachzwang auf. Gegen wen oder was soll die aufgestaute Wut sich wenden? Wen können wir zur Verantwortung ziehen? Wer ist Schuld an unserem diffusen Unbehagen und unserer Misere? Vom gerade verstorbenen Jean Baudrillard stammt die prägnante Formulierung: “Wenn die Gewalt aus der Unterdrückung aufsteigt, dann der Hass aus der Entleerung.”
Der große, nekrophile Bruder des Vandalen ist der Amokläufer. An dieser Stelle möchte ich Mark Ames entschieden widersprechen, der nach dem Massaker an der Virginia Tech im Gespräch mit dem Freitag (Ausgabe 17/2007) die These vertreten hat, der Amoklauf sei eine zeitgenössische Form der Revolte und des Widerstands, gleichsam die “Sklavenrebellion des 21. Jahrhunderts”. Die Gründe für die Amokläufe lägen, so Mark Ames, weder in der Persönlichkeitsstruktur der Täter noch in Computerspielen oder fehlenden christlichen Werten. Sie seien da zu suchen, wo die Massaker passieren: In unseren Büros und in unseren Schulen. Der Reichtum habe sich bei wenigen konzentriert, die Firmenchefs verdienten das Vielfache eines Angestellten. “Die Leute werden immer mehr ausgepresst – warum sollen sie sich nicht wehren?”
Freilich, aber heißt Sich-Wehren an seinen aktuellen oder verloren gegangenen Arbeitsplatz zurückzukehren und auf die (ehemaligen) Kollegen zu schießen? Muss man, wenn man unter der Unwirtlichkeit der Schulgebäude und dem Leistungsdruck leidet, wenn man sich ausgegrenzt und von “Arschlöchern” umzingelt fühlt, das Feuer auf seine Mitschüler und Lehrer eröffnen? Das Einzige, worüber Jugendliche wie Klebold und Harris, die Amokschützen der Columbine High School nahe Littleton, verfügen, ist subjektloser Hass, für den alle Versprachlichungen – mögen sie Hitler, “Arschlöcher” oder sonst wie heißen – nur Chiffren sind.
Zerfall der Gesellschaft
Ist der Amoklauf, wie Ames formuliert, tatsächlich “ein Modell dafür, wie man sich wehren kann”, oder ist er nicht vielmehr Ausdruck der Tatsache, dass es den Menschen an Modellen des solidarischen Sich-zur-Wehr-Setzens fehlt? Wenn Gesellschaften ihre Fähigkeit der sozialen Integration einbüßen, ihre tragenden Gerüste und Institutionen sich zersetzen, ihre Werte und Normierungen erodieren und von Vielen nicht mehr geteilt werden, dann setzen sich neben Angst auch Formen von Aggression, Feindseligkeit und Gewalt frei. Diese bedürfen dringend der intellektuellen und moralischen Kontrolle und müssen in eine aufklärerische Richtung gelenkt werden, weil sie sonst ungeahnte Destruktionspotenziale entbinden, die nicht nur diese, sondern jede Gesellschaft zerstören könnten. Amok ist also kein Akt des Widerstands, sondern ein Symptom der Selbstzerstörung der spätbürgerlichen Gesellschaft und des gleichzeitigen Fehlens von sozialen Gruppierungen und Strategien, die diesem Zerfall eine emanzipatorische Wendung geben könnten.
Im Sinne des Ethnopsychoanalytikers George Devereux wäre sogar zu fragen, ob der ursprünglich im südostasiatischen Raum beheimatete “Amok” inzwischen nicht dabei ist, sich auch in den kapitalistischen Metropolen des Westens als ein “Modell des Fehlverhaltens” zu etablieren. Devereux zufolge stellt jede Kultur ihren Mitgliedern Schablonen zur Verfügung, nach denen Erregungs- und Spannungszustände abgeführt werden können, ohne das System als Ganzes in Frage zu stellen. Wie sich zu Beginn des 16. Jahrhunderts in Frankreich und Italien das “Duell der Ehre” herausbildet, das einem Edelmann genau vorschreibt, wann er gezwungen ist, jemanden herauszufordern und wie die Wahl der Waffen zu geschehen hat, so scheint es, als würden sich unter unseren Augen das School Shooting und der Amoklauf als grausige “Ventilsitte” für (junge) Männer etablieren, die eine außerordentliche Kränkung oder ein schweres Trauma erlitten haben und sich in ihrem Stolz verletzt fühlen und deswegen “einen Hass haben”.
Aber selbst wenn der Amoklauf zum “Modell des Fehlverhaltens” avancieren würde, sollten wir uns hüten, im Zusammenhang von blinder Gewalt und Massenmord von Widerstand gegen die herrschenden gesellschaftlichen Verhältnisse zu sprechen. Hier ist unser, der Linken, Unterscheidungsvermögen gefragt, und wir müssen darauf beharren, dass jede auf Befreiung zielende Aktion die Angemessenheit der Mittel im Bezug auf das zu erreichende Ziel zu reflektieren hat. Es gibt Formen der Gewalt, die noch nicht einmal eine revolutionäre Situation rechtfertigen kann, weil sie gerade den Zweck negieren, wofür die Revolution ein Mittel sein soll: die Erweiterung des Spielraums menschlicher Freiheit und Glücksmöglichkeiten. Dieser Art sind willkürliche Gewalt, Grausamkeit und unterschiedsloser, blinder Terror.
Gegenbild des Revolutionärs
Der vandalische Akt, Telefonzellen zu zertrümmern oder Autos in Brand zu stecken, enthält möglicherweise noch die Spur einer “Intention auf das Richtige” (Georg Lukács) und kann in eine historische und politische Perspektive integriert werden. Der Amokläufer ist in allen grundsätzlichen Belangen das genaue Gegenbild des Revolutionärs: Wenn dieser die Entwicklungsbedingungen des Lebendigen und des Menschlichen durch Überwindung ihrer geschichtlich-gesellschaftlichen Blockierungen verbessern will, so fühlt sich jener mehr vom Toten als vom Lebendigen angezogen und ist darauf aus, Lebendiges in Totes zu verwandeln: “Außen soll sich nichts bewegen und innen kein Gefühl sein” (Klaus Theweleit). Amok beruht auf einer tödlichen Produktionsweise und ist in der Anwendung des Vernichtungsprinzips totalitär. Letztlich ist das treibende Motiv des Amokläufers, im Banne eines bösartig gewordenen frühkindlichen Narzissmus alles in seinen grandios inszenierten Untergang mitzureißen. “Statt darauf zu warten”, heißt es in Lothar Baiers letztem Buch Keine Zeit, “dass die Welt das eigene Leben verschlingt, soll die Welt in der Selbstvernichtung verschlungen werden, damit auf diese Weise Weltzeit mit Lebenszeit zusammenfällt.”
Von den zwischen 1974 und 2002 weltweit dokumentierten 75 Schulschießereien entfallen 62 auf die USA, gefolgt von Deutschland mit vier und Kanada mit ebenfalls vier Fällen. Schlägt die von den Metropolen des globalen Kapitalismus ausgehende neo-imperiale, kriegerische Gewalt in Gestalt einer Verwilderung und Brutalisierung der Verkehrsformen in die Mutterländer zurück? Gibt es einen nachweisbaren Zusammenhang zwischen Marktfundamentalismus, der Ausbreitung einer “Kultur des Hasses” (Eric J. Hobsbawm) und einem Anstieg der Gewalt? Gilt nicht allenthalben die Devise: Nach uns die Sintflut!?
Im Namen des kurzfristigen Gewinns werden soziale Strukturen planiert, die über Jahrzehnte gewachsen sind und den Menschen Schutz vor den schlimmsten Auswüchsen des Kapitalprinzips boten. Da wird flexibilisiert, dereguliert und privatisiert, da werden Kosten gesenkt ohne Rücksicht auf soziale und ökologische Folgen. Von den hochentwickelten Ländern werden natürliche Ressourcen in ungebremstem Tempo verbraucht. Ein hemmungslos und wild gewordener Kapitalismus ist im Begriff, seine und unser aller Existenzvoraussetzungen zu zerstören. Eine durch und durch kapitalistische Welt wird sich als nicht lebbar, ja nicht einmal funktionsfähig erweisen. Wenn es uns – den heute lebenden Menschen – nicht gelingt, das Steuer herumzureißen und den Wahnsinn des losgelassenen Marktes zu stoppen, drohen wir am Ende Zeugen eines marktwirtschaftlichen Amoklaufs zu werden, von dem wir alle betroffen sind.
http://www.krisis.org
Götz Eisenberg arbeitet als Gefängnispsychologe in der JVA Butzbach.

vendredi 4 février 2011

Protestation des magistrats nantais

Après les déclarations de Nicolas Sarkozy sur l’affaire Laetitia le mouvement de protestation des magistrats a fait tâche d’huile vendredi, avec un appel national à la suspension des audiences lancé par le principal syndicat de magistrats.

L’Union syndicale des magistrats, organisation majoritaire, ne digère pas les déclarations de Nicolas Sarkozy sur l’affaire Laetitia. Ils ont lancé un appel national à la suspension des audiences. Je n’ai jamais vu un état de mobilisation pareil. C’est inédit», a déclaré à l’AFP Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la Magistrature (SM, 2ème de la profession). Côté policiers, la situation est plus contrastée. Les syndicats SNOP et Unité SGP-FO, respectivement majoritaire chez les officiers de police et premier syndicat des gardiens de la paix, ont dénoncé les propos du président de la République. Mais Synergie (deuxième syndicat d’officiers) et Alliance (deuxième syndicat de gardiens) ont refusé de se joindre au mouvement après les pressions d'usage.
Dans un communiqué, le Syndicat national des officiers de police (Snop) «ne peut admettre que des lampistes» servent «de boucs émissaires à ceux qui détiennent le pouvoir et refusent d’assumer les conséquences de son exercice lorsqu’elles ne sont pas à son avantage».
A Nantes, les magistrats ont apposé sur les portes d’entrée des salles d’audience le texte de leur motion de protestation, et ont tenu une réunion avec des représentants de toute la filière judiciaire (avocats, travailleurs sociaux, policiers…).
S'ajoutant à la grogne des CRS et Mobiles et au mécontentement des Services de polices politiques, c'est l'ensemble de la Machinerie Policière qui est touchée par une fronde qui s'ajoute à celle bien plus avancée des magistrats.
En visite jeudi à Orléans, le chef de l’État a affirmé que les «dysfonctionnements graves» des services de police et de la justice, qui ont permis la remise en liberté du principal suspect du meurtre de la jeune Laetitia à Pornic (Loire-Atlantique), seraient sanctionnés.
Des assemblées générales sont prévues lundi à Nancy, Metz, Coutances (Manche), Caen. A Strasbourg, les magistrats auront une assemblée générale le jeudi 10. Vendredi, les hauts magistrats de la conférence des premiers présidents de cour d’appel ont également exprimé leur «vive préoccupation devant la tentation de reporter sur les magistrats et fonctionnaires (…) la responsabilité des difficultés de fonctionnement» des tribunaux.
Même si sarko distribuait de l'argent aux pires lascars des banlieues pour semer le chaos comme le fait Moubarak il aurait peu de candidats tant l'homme est détesté universellement, un point de non-retour, une infection, un cancer ...

Les pieds dans le tapis idéologique

Voulant satisfaire un public fictif qui serait composé des membres des 4e et 5e ages, gobant tous les mensonges débités par MAM-SARK et Cie, des lois plus débiles les unes que les autres paralysent l'efficacité des "Services de Surveillance" policière comme  celle de l'État..
Nous vivons une sorte de remake des années Brejnev (du libéralisme cette fois),  une stagnation paralysante de vieux pontifes raisonnant avec 30 années de retard. Les révolutions Arabes en sont l'éclatante démonstration. 
En plus d'apparaitre ringard et dépassés c'est aussi leur avidité atavique ridicule et abjecte qui devient visible et cela au moment même ou ils auraient le plus besoin de clarté et de  stratégie face à des crises révolutionnaires qui irradient d'intelligence et d'humanité. (Oui les Égyptiens surprennent par leur maitrise malgré la complexité qu'il y a à combattre un régime policier aussi puissant.)

Voici un morceau de bravoure des Services: Un expert de la DCRI, service de contre-espionnage français.
Aujourd’hui, pour traquer les candidats à l’action suicide, nos agents passent plus de temps derrière un écran d’ordinateur qu’à la sortie des mosquées. (premier mensonge car les mosquées sont moins des centres de conspiration que des lieux de prières, ce genre d'affirmation cherche à discréditer par avance. Les Tarnac  ne sont pas musulmans  et encore moins candidats au suicide mais ils sont surveillés...)          
Or, et dans le même temps, le recours croissant des internautes à des outils et technologies de cryptographie et de protection de la vie privée, afin de se protéger de l’Hadopi, ou de la censure du Net comme c’était le cas en Tunisie notamment, embête très sérieusement les services de renseignement américains, mais également français. (quant le train-train s'installe !)
L’ouverture du procès de cinq militants liés à une filière jihadiste franco-belge est l’occasion, pour Le Figaro d’expliquer, dans un article intitulé Internet, fil conducteur des dossiers islamistes, qu’”à l’heure des réseaux sociaux, la traque des terroristes se fait désormais plus sur Internet que sur le terrain” :
Un magistrat antiterroriste l’assure: «Internet est devenu le fil conducteur des dossiers islamistes à Paris.» Le tribunal en instruit une cinquantaine. Sans compter les enquêtes préliminaires diligentées par le parquet.
À chaque fois ou presque, les terroristes présumés ont utilisé des moyens de communication informatiques pour endoctriner, recruter, échafauder des projets d’attentat.
«Aujourd’hui, dit un expert de la DCRI, service de contre-espionnage français, pour traquer les candidats à l’action suicide, nos agents passent plus de temps derrière un écran d’ordinateur qu’à la sortie des mosquées.»
Plutôt que de bloquer les sites, forums et autres réseaux sociaux où se nouent les contacts entre “frères“, les agents de la DCRI et de la DGSE qui les surveillent activement s’en servent pour se tenir informé, ou pour les infiltrer, quitte à créer de vrais-faux sites djihadistes de types pots de miel. (genre le défunt Debordeloff...)

La France n’est pas au bout de ses peines

Pour échapper à cette cybersurveillance et aux grandes oreilles des services de renseignement (voir Frenchelon: la carte des stations espion du renseignement français), Le Figaro rapporte que les islamistes jugés à Paris ne s’envoyaient pas de courriels, mais qu’ils communiquaient via le dossier “brouillon” de leur messagerie internet.
Le recours aux logiciels de cryptographie, au réseau Tor, proxys anonymiseurs, Freenet et autres outils et techniques de protection de l’anonymat pose “un vrai casse-tête aux autorités
Et la France n’est pas au bout de ses peines.
Car l’avènement d’Hadopi, gendarme des droits d’auteur sur Internet, a le don d’agacer l’allié américain. Les services de renseignements des États-Unis craignent que cette forme de répression massive, qui se veut préventive, ne développe chez les adeptes des films et musiques piratés un engouement pour les techniques d’anonymisation jusqu’alors réservées à quelques hackers ou à certains types de réseaux criminels ou terroristes.
Un cyberpolicier français en convient: «S’il est encore possible d’isoler en France une partie du flux d’informations codées pour tenter de le décrypter, l’opération deviendra nettement plus délicate quand le ruisseau sera devenu torrent à force de transporter les lourds fichiers vidéo de dizaines de milliers de pirates improvisés.»

L’internet est un très bon moyen de se cacher

En octobre dernier, Bernard Barbier, le “directeur technique” de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE), avait déjà expliqué Frenchelon: la DGSE est en “1ère division”) que si, lorsqu’il était arrivé dans la maison, en 1989, le recours à la cryptographie servait d’alerte, car seuls les diplomates, les militaires ou les services secrets chiffraient leurs communications, aujourd’hui, “tous les apprentis terroristes utilisent la crypto“, et l’internet leur permet de se cacher : “ils savent qu’ils peuvent être écoutés, et donc se cachent dans la masse des utilisateurs de l’internet” :
“Nos cibles principales aujourd’hui n’utilisent plus le chiffrement gouvernemental ou militaire mais plutôt de la cryptographie grand public, car nous travaillons à 90% sur l’anti-terrorisme. Aujourd’hui, nos cibles sont les réseaux du grand public, parce qu’utilisés par les terroristes.”
En aparté, lors de la pause café, on avait ainsi apprit que les services de renseignement américains avaient même “engueulé” leurs homologues français au sujet de l’Hadopi… suivant en cela les services de renseignement britanniques qui avaient déconseillés à leur gouvernement un tel mécanisme qui rendrait “difficile” la surveillance des internautes.
On sait aussi désormais que la Hadopi, en poussant les internautes à se protéger et à recourir à la cryptographie, embête aussi les services anti-terroristes de la DGSE et de la DCRI.

Internet est une rue, la crypto la clef de nos logis

A toutes fins utiles, il serait bon de préciser que les centres commerciaux, arrière-salles de café, parcs publics et grands magasins sont également de très bon moyens, utilisés depuis longtemps par les espions, pour parvenir à se “cacher“.
Comme le rappelle le portail gouvernemental consacré à la sécurité informatique, l’internet est une rue peuplée d’inconnus, ou, comme l’écrivait Nicolas Voisin dans Internet est une rue :
Internet n’est pas bon ou mauvais, comme une rue n’est pas “bonne ou mauvaise”. Internet est ce que l’on y fait. Le web est riche des rencontres et découvertes que vous y ferez.
Il est donc normal d’y trouver des terroristes, des pédophiles, des nazis, mais aussi et surtout des gens qui, pour protéger leurs communications, leurs vies privées, le secret de leurs affaires, ont eux aussi recours à la cryptographie.
Ce pourquoi, d’ailleurs, sécurité-informatique propose d’ailleurs un module d’autoformation et d’introduction à la cryptologie, cette “science du secret“.

Un État surveillant, ou protecteur ?

Le problème, ce n’est pas la cryptographie, ni le besoin qu’on les internautes de vouloir protéger leur vie privée, pas plus que celui des entreprises de protéger leurs salariés des risques d’espionnage industriel.
Le problème, c’est la Hadopi, et cette façon qu’ont les autorités de dépenser bien plus d’argent, de temps et d’énergie à vouloir nous surveiller plutôt qu’à nous aider à nous protéger - voir Internet : quand l’Etat ne nous protège pas.
Il a ainsi fallu 32 ans pour que la CNIL obtienne un budget de 13 millions d’euros. La Hadopi, elle, l’a obtenue en moins d’un an (voir la petite étude comparée que j’en ai tiré : Hadopi vs CNIL : l’une chante, l’autre pas).
Alors que le gouvernement cherche à décapiter la CNIL, à lui couper les vivres, et alors que, 32 ans après son adoption au Parlement, 82% des organismes ne respectent pas la loi informatique et libertés, il serait pourtant bon de renverser les priorités. Sauf si le but recherché est de caser des amis à des postes bien rémunérés tout en faisant plaisir aux demandeurs/financeurs, du très court terme comme dans toute économie de spéculation. Après nous le déluge mais en attendant miam-miam.

PS : le “truc” du dossier brouillon, je l’avais déjà mentionné dans mon article Journalistes : protégez vos sources ! (voir aussi mon petit manuel de contre-espionnage informatique).

Voir aussi :
Rions un peu avec la Hadopi
Safari et la (nouvelle) chasse aux Français
Le monde entier enterre la vie privée

La «république autonome» de la place Tarhir

La situation reste extrêmement tendue ce vendredi, jour de prière. De nouvelles manifestations sont prévues à l'appel du mouvement de contestation qui espère en faire la journée du départ du président Hosni Moubarak, après dix jours de protestations. Selon Ashraf Mousa, un des médecins qui s'occupe d'un hôpital de fortune installé sur la place, cette nuit, il y aurait eu cinq blessés par balles — deux à la tête et deux à l'abdomen — dont quatre seraient morts. Pour Hicham, un ingénieur, il n'y pas de doute: "les gens qui ont tiré cette nuit sont des professionnels, ils ont tiré de très loin, ce sont probablement des snipers".
Une  entité autonome défie le gouvernement égyptien depuis le centre du Caire. Entourés par les chars de l'armée, assiégés par des contre-manifestants, les protestataires anti-Moubarak se sont installés sur la place de la Libération dans une atmosphère de camp retranché qui tourne parfois à la kermesse foraine. Cette minuscule république autonome n'a ni chefs reconnus ni réelle structure mais n'en est pas moins étonnamment bien organisée.
La défense notamment. Après les batailles rangées de la veille, où ils ont repoussé à coups de pierres jusqu'à la nuit les assauts des partisans de Moubarak, les protestataires ont fortifié les neuf accès de la place. Des barricades ont été édifiées avec tout ce qui leur tombait sous la main, carcasses de voitures, barrières de chantier d'un hôtel en construction et toutes sortes de matériaux. En avant de ces remparts, des tas d'ordures ont été alignés en travers de la chaussée et aspergés d'essence, prêts à être enflammés. Plusieurs lignes de défense ont été aménagées. Derrière ces remparts, des jeunes gens montent la garde, prêts à repousser de nou­velles attaques, avec des empilements de pierres comme réserves de munitions. À la moindre alerte, on tape furieusement sur les barrières métalliques et des panneaux pour battre le rappel des renforts. Des femmes ont confectionné de curieux casques en carton et les terre-pleins de la place ont été transformés en carrières d'où l'on extrait des gravats qui serviront de projectiles.
Un service médical d'urgence s'est mis en place. Une petite mosquée coincée dans une allée qui mène à la place sert d'hôpital principal. Des antennes médicales avancées sont installées près des lignes de défense, quelques chaises et des bâches sur lesquels on allonge les blessés. Les médecins et les infirmiers sont des bénévoles, souvent des étudiants en médecine, en même temps que des militants.
Dans le petit poste de secours improvisé du côté du Musée égyptien, où ont eu lieu les affrontements les plus violents, le Dr Sherif Omar a les yeux cernés, mais les jeunes infirmières le couvent du regard. Sa blouse est maculée de sang et de teinture d'iode, après qu'il a traité des centaines de blessés pendant les combats de la veille, qui se sont poursuivis tard dans la nuit. «Nous occupons cette place pacifiquement depuis maintenant six jours. Et soudain, nous avons été attaqués par des hooligans prétendant manifester pour la stabilité», explique le jeune médecin. «Si Moubarak ne s'en va pas, il y aura de nouveaux heurts. Les médias d'État nous décrivent comme de dangereux émeutiers qui menacent la stabilité du pays. Alors que les casseurs et les fauteurs de troubles sont ceux qui nous ont attaqués avec des cocktails Molotov. La plupart sont des policiers en civil qui se font passer pour des manifestants», dit le Dr Omar.
La chasse aux policiers en civil infiltrés est générale. Des groupes passent en entraînant avec eux des agents provocateurs démasqués. On les interroge dans une agence de voyages de la place. La veille, trop nombreux, ils ont été regroupés dans une des entrées de la station de métro Sadate, transformée en centre de détention improvisé. Une petite exposition a été installée sur le trottoir, montrant les cartes d'identité des policiers, un cocktail Molotov, des couteaux, des coups-depoing américains et des étuis de car­touches de tous calibres saisis un peu partout, avec une pancarte au stylo indiquant qu'ils avaient été saisis sur des policiers. Loin d'avoir découragé les protesta­taires, l'attaque des partisans de Moubarak semble avoir plutôt développé leur détermination. «Le dernier discours de Moubarak m'avait convaincue, dit Hanna Mohammed, une toute petite dame au visage entouré d'un foulard rouge. Je me disais qu'après tout, on pouvait bien attendre six mois avant qu'il ne s'en aille, au bout de trente ans ce n'est pas grand-chose. Mais en envoyant hier des Égyptiens contre d'autres Égyptiens, il a commis quelque chose de terrible. Ce qui s'est passé ici mercredi m'a fait revenir sur la place de la Libération, et je vais y rester.» Les haut-parleurs hurlent jour et nuit. D'un côté, les Frères musulmans scandent des «Allah est grand» toutes les trois phrases. De l'autre, le guitariste Romi Essam fait cracher à ses amplis un rock humoristique sur Moubarak, guitare à la hanche, un bandage sous sa cas­quette. Sur le terre-plein central, des gens dorment pêle-mêle à même le sol, enroulés dans des couvertures. Un groupe de jeunes filles a monté une tente baptisée «Hôtel de la Liberté». «Moubarak en a fait hésiter certains en annonçant qu'il ne se représenterait pas, mais l'attaque de ses supporteurs les a remobilisés», dit Noura al-Gazzar, une jeune étudiante de 24 ans. Elle et ses amis appartiennent à la génération Twitter, ils ont été les premiers à déclencher la fronde, prenant tout le monde de court, le régime comme les partis d'opposition. «Cette génération est meilleure que la nôtre, nous avions peur, et eux pas», dit Yasser Ghanim, un biochimiste égyptien revenu en hâte du Qatar pour participer à cet «événement historique». «Ils nous ont rendu notre dignité, nous ne sommes plus du bétail mais de nouveau des êtres humains.» 
«Ils sont formidables, les plus vieux ont à peine 28 ans et je me mets à leur ser­vice !», dit le Dr Mahmoud Hamza, un ­riche industriel. «J'avais participé à des manifestations dans les années 1968, mais ça n'a rien à voir. Aujourd'hui nous avons une révolution, comme vous en France!».
Les barbus sont aussi présents sur la place. Longtemps réprimés, les Frères musulmans ont parfaitement saisi l'occasion qui se présentait et participent activement à la défense de la place de la Libération, sans pour autant diriger l'ensemble d'un mouvement sans tête. «Nous sommes ici jusqu'au départ de Moubarak», dit le Dr Mohammed al-Beltagy, ancien parlementaire et porte-parole des Frères musulmans. «Nous croyons en la démocratie et dans le droit de chacun d'exercer sa religion. Le régime n'a pas encore compris qu'il s'agissait d'une révolution.» 
Place Tahrir, les manifestants, notamment des femmes selon France 24, affirment qu'ils continueront jusqu'à la chute du président Moubarak. Quelques minutes plus tôt, pendant la prière du vendredi, l'imam a déclaré que c'était «un mouvement égyptien, tout le monde est devenu musulman et chrétien, ils sont venus pour exprimer leurs droits volés». L'imam a même pleuré pendant la prière aux morts, suivi par de nombreux de fidèles. Les affrontement entre pro et anti-Moubarak ont fait de nombreuses victimes mercredi et jeudi.
  Adrien Jaulmes
Scène insolite sur la place Tahrir: un bureau des objets trouvés a été mis en place. Avec un stock impressionnant de téléphones portables, de clefs et de Coran perdus dans la bagarre. Sur place, les militaires sont de plus en plus critiqués, comme Ahmed qui dit «ne plus avoir confiance en l'armée.» Mohamed, 37 ans, une balle «made in USA» à la main, dénonce: «On se fait tuer par des balles américaines». Aucun n'entend quitter la place, «on ne bougera pas jusqu'à la mort, résume Oussama. De toute façon on n'a plus le choix, on ne peut plsu faire de marche arrière.»
Hosni Moubarak refuse de rencontrer Franck G. Wisner, l’émissaire personnel de Barack Obama, envoyé au Caire à la hâte.

jeudi 3 février 2011

De la place Tahrir

Jeudi soir, sept jeunes leaders de la contestation ont été arrêtés par les autorités, selon des membres de leurs familles. Amr Salah, Chadi Al-Ghazali, Amr Ezz, Ahmed Douma, Amr Arafat, Moustafa Chaouki et Naser Abdel Hamid, sept jeunes membres de différents groupes d'opposition, avaient appelé à manifester la semaine dernière contre le régime du président Hosni Moubarak. Ils ont été interpellés après avoir rencontré une des figures de proue de l'opposition, Mohamed ElBaradei, à sa résidence (surveillée, quelle grossière erreur, ElBaradei doit être tenu pour responsable)  de Guizeh, près des pyramides. Les jeunes s'étaient attablés dans un café populaire situé à proximité de la résidence de M. ElBaradei lorsqu'ils ont été arrêtés par la police. Ils ont été emmenés dans un endroit inconnu.

Le Caire, 3 février 2011. L'escalade de la barbarie dépasse l'entendement et atteint des degrés innommables. Des journalistes sont battus, des avocats, des activistes et des manifestants sont arrêtés et tués. Les hommes de main de Moubarak tiennent tous les accès à la place Tahrir ainsi que les ponts de la ville. Ils terrorisent, agressent et des snipers tirent, maintenant à 21h00, à balles réelles sur les manifestants de la place Tahrir. A l'échelle nationale des policiers habillés en civils et des hommes de main battent, molestent et tuent les civils. Demain, il y aura un bain de sang et des morts par milliers. Demain des millions de manifestants sont attendus dans la rue Égyptienne pour une marche pacifique en direction de la place Tahrir. Le bain de sang a lieu maintenant, sous nos yeux. Nous demandons à tous ceux qui ont accès aux décideurs de ce monde de se mobiliser pour annoncer à la télévision, ce soir et cette nuit, que si Moubarak ne met pas un terme immédiat à cette barbarie, ses comptes bancaires et ceux de son régime seront gelés. A 20h45, les caméras des télévisions ne semblent plus avoir accès à la place Tahrir.   Suite Si nous perdons la bataille, chacun de nous sera arrêté, harcelé, torturé Des médecins volontaires recousent des oreilles déchirées, des crânes ouverts, des cuisses déchiquetées. Ils sont sur place, par terre ou dans les quelques rares ambulances dépêchées sur place. Ils opèrent sous les pierres,  les cocktails molotov et les tirs à balles réelles du gouvernement Moubarak. Un homme dans un mégaphone maintient sans relâche le moral des troupes. "Troupes", parce qu'il est maintenant  clair que nous sommes en guerre, une guerre incivile. Des hommes de main du gouvernement sont continuellement arrêtés par les manifestants qui les remettent aux militaires. Ceux-ci portent sur eux des cartes professionnelles qui indiquent qu'ils appartiennent à la police d'État. Les cartes sont aussitôt saisies, photographiées et diffusées au monde entier. Sur place, les mots pour décrire ce qui se passe appartiennent désormais à un autre registre: crime de guerre, crime contre l'humanité, terrorisme d'état, barbarie. Entre les deux camps, un rideau de flammes et de voitures brûlées. Pour donner du courage aux manifestants, des femmes munies de bâtons jouent des rythmes sur les barrières métalliques de la place. Moubarak ne semble pas comprendre qui, au juste, mène le combat. Il pense encore que ce sont quelques milliers de pauvres gens, ceux qu'il a humilié dans ses prisons ou ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Moubarak pense qu'il sera facile, comme les fois précédentes, de les réduire au silence sans que quiconque ne s'en aperçoive. Mais Moubarak n'a pas mesuré la diversité sociale de ces manifestants unis et déterminés à le faire tomber. Il ne comprend pas que ses mensonges et ses manipulations n'ont, aujourd'hui, aucun effet sur l'opinion internationale ou sur les manifestants sur place. Des étudiants éclairés de familles modestes, des bourgeois, des égyptiens de l'étranger sont là, main dans la main. Certains parlent deux ou trois langues, s'adressent aux presses du monde entier et décryptent, minute par minute, ce qui se passe. Ils déjouent, un à un, les pièges de Moubarak susceptibles de tromper ceux qui nous regardent et qui s'interrogent sur l'avenir démocratique ou non de l'Égypte. Source

 

 L'armée repousse les partisans de Moubarak au Caire

13h40. Des tirs nourris sont entendus aux abords de la place Tahrir, dans le centre du Caire, théâtre d'accrochages entre partisans et opposants au président égyptien.
12h36. Des chars de l'armée font mouvement pour empêcher que des partisans du président Hosni Moubarak parviennent à la place Tahrir, selon une journaliste de l'AFP sur place. Les chars cherchent à empêcher que les pro-Moubarak arrivant dans le secteur depuis le pont du 6-Octobre s'approchent de la place Tahrir au centre du Caire où sont réunis par milliers des manifestants qui réclament le départ du président Moubarak. 
12h05. «Dans le quartier à 200 m de la place Tahrir, un groupe de 200 à 300 manifestants pro-Moubarak arrête tous les étrangers. Ils les bousculent, les molestent et les mettent dans des taxis qui les emmènent on ne sait où. Ils arrêtent également les Égyptiens qui portent des sacs. Un occidental est en train de se faire molester sous mes yeux, un autre a pris un coup de boule il y a quelques minutes». Des groupes pro-Moubarak ont lancé une chasse aux journalistes. Un photographe de l'AFP se serait fait voler ses appareils.
Qui est responsable de ce chaos organisé ?
Le vice-président Omar Souleimane (agent CIA) qui veut rendre indispensable sa très longue "Transition" préparée avec soin par les USA. La preuve regardez ces cartes de police prises aux pseudo-pro-Moubarak.

Praxis und Theorie

Nachträglich ausgearbeitetes Manuskript eines Referates, gehalten am 16.12.2005 auf der Tagung "Kritische Gesellschaftstheorie(n) und emanzipatorische Praxis heute" an der Carl von Ossietzky Universität in Oldenburg
Der Fetischcharakter, gesellschaftlich notwendiger
Schein, ist geschichtlich zum Prius dessen geworden,
wovon er seinem Begriff nach das Posterius wäre. [...]
Kritik an der Gesellschaft ist Erkenntniskritik
und umgekehrt.
Theodor W. Adorno, Zu Subjekt und Objekt

Vorbemerkung

Einleitung

Mein Beitrag zur Tagung "Kritische Gesellschaftstheorie(n) und emanzipatorische Praxis heute" will grundsätzliche Überlegungen zu Erkennen und Handeln des modernen Individuums anstellen; dies geschieht – mit Blick auf die Frage der Tagung nach "emanzipatorischer Praxis" – auch in der Absicht, Ansatzpunkte für eine "radikale Abschaffungsbewegung" zu entwickeln.
Die Frage danach, was zu tun sei, gilt gemeinhin als die entscheidende Frage an jedwedes Vorhaben, welches sich die Emanzipation von Herrschaft hin zu Freiheit, Versöhnung und Glück zur Aufgabe gemacht hat. Dass hier Theorie, gar eigene Gedankenanstrengung, irgendwie dazugehört, Stichwortgeber sein soll, ist Allgemeinplatz der Linken. Als Gradmesser jedoch gilt immer die konkrete und praktische Handlungsperspektive. Handlung wird dabei verstanden als die aktive körperliche (von Streik bis "direct action") und/oder kommunikative Anstrengung in (meist) intersubjektiven Akten (Intervention in Diskurse, Aufklärung etc.). Praktische, materielle Tätigkeit eben. Ziel ist das verändernde Eingreifen in gesellschaftliche Abläufe.
In meinem Vortrag und der anschließenden Diskussion soll erörtert werden, wie sich die kapitalistische Moderne durch das dialektische Verhältnis zwischen Theorie/Denken einerseits und Praxis/Handeln andererseits konstituiert und welche Konsequenzen sich daraus für eine emanzipatorische Perspektive ergeben.
Darüber hinaus ist die Veranstaltung Teil eines Aneignungsprozesses der kritischen Philosophie Adornos, in dem auch der Autor sich befindet. Es soll dabei keineswegs um eine apologetische Orthodoxie gehen, sondern um eine Erkenntnis ganz im Sinne Horkheimers und Adornos, dass nur der die Wahrheit erfährt, der "dabei denkt und weiter denkt" (Horkheimer/Adorno, Dialektik der Aufklärung).
Ich beginne mit der Trennung von Theorie und Praxis bzw. Denken und Handeln. Als getrennt sind sie zuerst einmal auch hinzunehmen und sie sind weder zwangsharmonisierend zu vereinen, noch kann versucht werden, jene Trennung unmittelbar aufzulösen. Denn gerade diese Aufspaltung in Theorie und Praxis und deren dialektische Vermitteltheit machen die Einheit im Ganzen aus. Es handelt sich um eine Einheit durch Trennung. Was sich hier ausdrückt, hängt ganz wesentlich mit der widersprüchlichen Konstitution der Moderne zusammen, die auf dem dichotomen, aber reziproken Verhältnis zwischen Subjekt und Objekt beruht – Dialektik. Dialektik als Verhältnis, als Verhältnis der Moderne, als modernes Verhältnis.
Anzufangen wäre also mit der "angeblich naiven" Ansicht, Objekt stehe Subjekt gegenüber. Die Trennung von Subjekt und Objekt ist jedoch "real und Schein", sie sind "wechselseitig durcheinander vermittelt" (Adorno, "Zu Subjekt und Objekt"); eben in dem Sinne einer Einheit durch Trennung. Der patriarchale herrschaftliche Geist des idealiter männlichen Erkenntnissubjekts usurpiert mit seinem Anspruch der Selbständigkeit und Autonomie das Objekt, er verschlingt oder unterwirft es. Deshalb ist es wichtig, auf die Bedingungen des eigenen Erkennens und Denkens zu reflektieren, ebenso sich bewusst zu sein, dass man selber auch immer Objekt ist.
Im folgenden will ich zunächst jedoch auf die eine "Ebene" – die des Geistes, des Denkens – eingehen, um später dann genauere Ausführungen zu Subjekt und Objekt folgen zu lassen.

Theorie und Praxis

Ich beginne mit der Feststellung, was Denken und Handeln, Praxis/Theorie heute darstellen, welche Tendenzen zu erkennen sind. Mit Adorno lässt sich dazu sagen: "Während Denken zur subjektiven, praktisch verwertbaren Vernunft sich beschränkt, wird korrelativ das Andere, das ihr entgleitet, einer zunehmend begriffslosen Praxis zugewiesen, die kein Maß anerkennt als sich selbst."
Denken heutzutage ist tautologisch, bezieht sich vermittelt auf sich selbst. Vom hochwissenschaftlichen Theoretisieren - oder auch Phantasieren - bis zum Alltagsverstand, bezieht Denken sich auf von ihm selbst verdinglichte Dinge (näheres hierzu s.u.). Es reproduziert also beständig seine eigene Form. Auch das Erkenntnisproblem als solches (z.B. in der Philosophie) gab es in früheren Epochen so nicht. Die Erkenntnistheorie fragt im Grunde danach, wie das Subjekt aus sich selbst heraus Erkenntnis begründen und damit Wahrheit setzen kann.
Bei der näheren Bestimmung der beiden Begriffe –Theorie und Praxis –, ist der Focus auf Denken/Theorie gerichtet. Jedoch dürfte schon aufgefallen sein, wie wenig sie tatsächlich voneinander zu trennen sind; was nicht heißt, dass sie sich decken, sogar eins wären, sondern sie sind nicht zu trennen, verweisen aufeinander und bedürfen einander: sie sind im oben angeführten Sinne vermittelnd vermittelt.
Zunächst kann festgehalten werden, dass Theorie eine Gestalt von Praxis ist; banal gesagt: Denken ist Tun, auch Anstrengung und nicht ohne ein ihr Korrespondierendes vorzustellen. Denken hat in gewissem Maße einen Doppelcharakter: es ist immanent und stringent und zugleich eine reale Verhaltensweise, somit auch Moment von Praxis. Ähnlich es Praxis als solche auch nicht geben würde, wenn sie nicht gedacht werden könnte.
In Anlehnung an Horkheimers/Adornos "Dialektik der Aufklärung" betrachten wir nun kurz die Funktion des Begriffs: Denken dient als Organ der Herrschaft, zugleich aber auch als Selbstbesinnung; hierfür zentrales Werkzeug ist der Begriff. Begriff meint immer auch, auf den Begriff bringen, identifizieren etc., und dabei heißt Begriffsbildung, sich praktisch mit etwas auseinander zu setzen. Die Funktion des Begriffs für das Subjekt ist dabei, Scharnier zu sein zwischen Theorie und Praxis, die Möglichkeit des Subjekts, sich der Umwelt, den Objekten zu bemächtigen.
In diesem Zusammenhang möchte ich auf Verdinglichung hinweisen: Verdinglichung meint – bezogen auf Denken – begrifflich – menschliches Verhalten, aber auch sog. Natur und andere Gegenstände zu fixieren, festzusetzen, ihrer eigenen Qualität und Eigenständigkeit zu berauben, eben zu verdinglichen. Verdinglichung negiert den Unterschied zwischen Begriff – als "Werkzeug" des Geistes – und dem Gegenstand, sie vereint unwahr/falsch. Zudem: "Das verdinglichte Bewusstsein, das sich verkennt, wie wenn es Natur wäre, ist naiv: sich selbst, ein Gewordenes und in sich überaus Vermitteltes, nimmt es, mit Husserl zu reden, als ‘Seinssphäre absoluter Ursprünge‘, und sein von ihm zugerüstetes Gegenüber als die ersehnte Sache" (Adorno, Zu Subjekt und Objekt).
Der herrschaftliche Geist verschlingt also, bemächtigt sich des Gegenstandes; es kommt nun darauf an, selber zu reflektieren, dass man Objekt ist.
Wenn ich oben für Subjekt und Objekt gesagt habe, dass sie nur durcheinander bestehen, sich gegenseitig bedingen, dann gilt für den Geist/das Selbstbewusstsein des Subjekts, also auch fürs Denken – was die Theorie mit einschließt –, dass eben dieser Geist somit selbständig oder besser selbsttätig und bedingt/vermittelt zugleich ist. Der kritische Geist weiß um seine Bedingtheit, ist sich dieser bewusst! Obwohl es so einfach selbstverständlich auch nicht ist; es reicht nicht, lediglich einmal dieses Wissen zu erwerben; die stete Anwendung, das kritische Reflektieren, das immer neu und wieder – auch methodische – Überprüfen der eigenen Thesen am Objekt und der Erfahrung ist gerade ein Moment von Praxis, bedarf der höchsten Anstrengung und Aufmerksamkeit. Mehr auf Objekt und weniger auf Erfahrung gehe ich später noch kurz ein.
Dadurch, dass die Menschen (tendenziell, nicht absolut!) immer mehr zu Funktionen der Gesellschaft gemacht werden, sich aber auch in einer Art vorauseilendem Gehorsam selber dazu machen – sie werden nicht direkt abhängig oder personal beherrscht –, wird das Subjekt vom Geist damit getröstet, dass jener den Menschen zum Schöpfer, zum absoluten HERREN seiner selbst und Gebieter über die Dinge erhöht. Dialektisch gesprochen: das Subjekt macht die durch objektive gesellschaftliche Bewegung/Verhältnisse vollzogene Verdinglichung des menschlichen Denkens (wie ich es gerade kurz dargestellt habe) zu seiner eigenen Reflexionsform, die wiederum zugleich Voraussetzung zur Aufrechterhaltung des Verhältnisses ist. In diesem Zusammenhang verweise ich auf die auch von mir im Reader zitierte Adornostelle: "Der Fetischcharakter, gesellschaftlich notwendiger Schein, ist geschichtlich zum Prius dessen geworden, wovon er seinem Begriff nach das Posterius wäre." Und dann, ein paar Seiten weiter, formuliert Adorno: "[...]Kritik an der Gesellschaft ist Erkenntniskritik und umgekehrt."
Theorie gehört der Gesellschaft an, aber eben ähnlich und noch mehr wie für das Subjekt gilt für diese: Sie ist zugleich autonom, fähig zur Reflexion und Selbstbesinnung. Theorie enthält somit ein Moment der Selbständigkeit; Theorie ist also in der Lage gerade vermöge ihrer Verstricktheit und Gewordenheit in dieser Gesellschaft, sich jener und ihrer eigenen Situation kritisch bewusst zu werden und somit – in der Absicht gegen diese Gesellschaft gerichtet – durch sie hindurch bedingte Freiheit zu erlangen und hierdurch die universale Freiheit, welche die Abschaffung der bestehenden Verhältnisse, also Kommunismus, wäre, möglich erscheinen zu lassen. Dass im Denken die Möglichkeit und teilweise, wie aufgezeigt, es tatsächlich erscheint, sich von der "blinden Vorherrschaft materieller Praxis" (Adorno) zu befreien, verweist auf die Möglichkeit, dass es überhaupt und allen, also global und universell, möglich ist, sich dieser Herrschaft, sich diesem Bann (der Arbeit) zu entledigen. Es verweist also wiederum auf Freiheit. Und u.a. deswegen wäre auch das Ziel richtiger Praxis: ihre eigene Abschaffung; eben auch verstanden als Abschaffung gesellschaftlich bestimmter Praxis und mehr noch die Abschaffung von Denken/Theorie – im kontemplativen Sinne – als eine abgespaltene, isoliert existierende Sphäre der menschlichen Existenz. Es geht also um die Überwindung dieses Widerspruchs. An dieser Stelle gilt es genau jenen Widerspruch der in sich widersprüchlichen Gesellschaft in emanzipatorischer Absicht theoretisch in Stellung zu bringen, denn seine Widersprüchlichkeit weist selbst über den Kapitalismus hinaus, lässt ihn doch nicht als letztes Wort der Geschichte dastehen. Kritische Theorie muss in ihrer Kritik also immanent vorgehen. Hierzu Postone: "Die dialektische Darstellungsweise soll demnach ihrem Gegenstand adäquat sein und ihm zum Ausdruck verhelfen. Nur als solcherart immanente Kritik beansprucht die Marxsche Analyse dialektisch zu sein: insofern sie zeigt, dass ihr Gegenstand dies ist." (Postone: Zeit, Arbeit, gesellschaftliche Herrschaft)
Aufgrund dieser immanenten, negativen Kritik lässt sich das Verhältnis zwischen Theorie und Praxis als dem von Subjekt und Objekt ähnlich darstellen: Gesellschaftliche Praxis, also Praxis überhaupt, ist sowohl durch Denken als auch durch Handeln der vergesellschafteten Individuen bestimmt. Psychologisch lässt sich dieser Widerspruch wie folgt darstellen:

Subjekt und Objekt

Dazu, wie sich das moderne Subjekt darstellt, und als eine Art Problemaufriss soll folgendes Zitat von Claus Peter Ortlieb dienen:
Im Folgenden versuche ich eine kleine Annäherung an Adornos erkenntnistheoretisches Diktum des "Vorranges des Objekts" zu geben; dies, weil es m.E. auf der einen Seite wichtig ist für das Verständnis, was kritische Erkenntnis überhaupt bedeutet – das meint das Erkennen von Erscheinungen und Erfahrungen in unserer Gesellschaft, unseres alltäglichen Lebens, bis hin zur Anschauung der sog. Natur. Auf der anderen Seite enthält das Erkenntnismodell des "Vorranges des Objekts" wichtige Implikationen zur Bestimmung des Verhältnisses von Subjekt und Objekt, und nicht zuletzt hat es auch Konsequenzen für eine jede fällige Praxis:
Obwohl das starre Gegenüber, das Getrenntsein von Subjekt und Objekt bereits Moment von Verdinglichung ist, so bedeutet "Vorrang des Objekts" nicht eine Reduktion auf bloßes Wahrnehmen, nicht eine Hinwendung an das scheinbar unmittelbar so Daseiende und dessen Empfindung. Es sollte bisher deutlich geworden sein, dass im Objekt immer auch Subjektives steckt und wir aber nicht einfach dies Subjektive abschneiden können, wir nicht aus unserer Subjektform heraustreten können. Dazu schreibt Adorno: "Der Vorrang von Objekt...ist das Korrektiv der subjektiven Reduktion, nicht die Verleugnung eines subjektiven Anteils." In der Reflexion wird somit Subjektivität und damit auch Subjekt selber zum festgehaltenen Moment und dem Objektiven wird somit der Vorrang gewährt, dass nun alles in seiner Bedingtheit und seiner relativen Eigenständigkeit Berücksichtigung findet. Wir haben es so also weder mit einem Kantschen "Ding an sich" noch mit einer rein subjektiven Setzung zu tun. Reflektiert und erkennt zwar immer das Subjekt (weswegen ja gerade dem Objekt Vorrang gewährt wird), so tut es dies doch, wenn es kritisch im Sinne des "Vorranges des Objekts" verfährt, im Bewusstsein der "Bedingtheit des Bedingenden".
Nach Adorno ist der "Vorrang des Objekts" auch von Praxis zu achten. "Recht verstanden ist Praxis, sofern Subjekt seinerseits ein Vermitteltes ist, das, was das Objekt will: sie folgt seiner Bedürftigkeit." Da die Bedürftigkeit sowie die Objekte selber jedoch durch das Gesamtsystem vermittelt sind, bedarf es eben einer Theorie, die kritisch durch diese Vermittlungen hindurch die Bedürftigkeit bestimmt, denn das "Ziel richtiger Praxis wäre ihre eigene Abschaffung". Die Theorie wiederum ist ständig an Erfahrung zu überprüfen und steht mit ihr in Wechselwirkung, hält sozusagen Rücksprache. Bei Adorno klingt das folgendermaßen:
Ausgehend von diesen Überlegungen zu "Subjekt und Objekt" und entgegen des Diktums der "objektiven Wissenschaft", alles Subjektive aus einem Untersuchungsgegenstand wegzunehmen, und ganz im Einklang mit Adornos Konzeption des "Vorranges des Objekts" lässt sich sagen: Vom Objekt das Subjektive wegzuschneiden ist a) wohl kaum möglich, weil es den Anschein erweckt, die Sachen seien nicht vermittelt, nicht von Menschen beeinflusst, wenn nicht gar gemacht; und es übersieht auch völlig die subjektiv geformte und formal subjektive Erkenntnisart des Individuums, und b) verfälscht es den Gegenstand gerade um ein ihm wesentliches Moment; verfährt reduktionistisch.
Als Indikator für die geschlechtliche Abspaltung kann in Bezug auf das Erkenntnisproblem das Vorgehen in wissenschaftlicher "Wahrheitsproduktion" herangezogen werden: Idealtypisch wird im Experiment alles abgespalten, was nicht in die wissenschaftliche Form, was sich nicht der formalen Methode einschließlich der theoretischen Vorbestimmungen fügen will. Von Wirklichkeit wird abstrahiert. Zum Funktionieren von Wirklichkeit, und damit auch zur Reproduktion der falschen Gesellschaft, bedarf es jedoch nicht nur in der Wissenschaft dieser abgespaltenen, nicht unter die eine Form subsumierbaren Momente. Historisch sind diese Momente (seien es "Natur", Emotionen, Zuneigung, zeitverausgabende Tätigkeiten wie z.B. Hege und Pflege etc.) fast ausschließlich idealiter Frauen zugeschrieben und realiter an eben jene delegiert worden.
Auf dieser Grundlage lässt sich für das Denken allgemein folgende Feststellung machen: dass das patriarchale Denken nämlich nicht trotz, sondern gerade wegen der Tatsache, dass es die sinnliche, konkrete Welt nicht wahrnehmen, dieser sich eben herrschaftlich bemächtigen kann.
Mit Roswitha Scholz ist darauf zu beharren, dass nicht alles, was vom Erkenntnissubjekt nicht erfasst wird oder erfasst werden kann, was von ihm abgespalten und verdrängt wird, seinerseits wiederum identitätslogisch bestimmt wird, also nicht ebenso der universellen "Gleichmacherei" anheimfällt oder als das ontologisch Gute aufgefasst wird. Es gibt eine "Spannung zwischen Begriff und Differenzierung". Weder wird man so der jeweiligen Eigenqualität des Abgespaltenen gerecht, noch verhält sich das sog. MWW (also das männlich, weiße, westliche Subjekt) gegenüber allem seiner Logik ausgeschlossenem Differenten jeweils gleich. Ich verweise an dieser Stelle lediglich auf die Unterschiede von Rassismus – incl. der zu unterscheidenden Rassismen –, Sexismus und nicht zuletzt dem Antisemitismus. Dazu noch einmal Adorno: "Die spezifischen Differenzen der einzelnen sind ebenso Male des gesellschaftlichen Drucks wie Chiffren menschlicher Freiheit." (Theodor W. Adorno, Zum Verhältnis von Soziologie und Psychologie)
Im letzten Abschnitt sollen nun im Anschluss an das eben Gesagte vorläufige Überlegungen zu Theorie und Praxis der Bewusstwerdung dargestellt werden.

Bewusstwerdung

Zum Schluss ist es mir wichtig, nochmals zu betonen: diese Überlegungen gelten ausschließlich für die – nicht nur philosophische – Moderne, und dabei ist darauf zu beharren, dass sowohl das historische Subjekt als auch die gegebenen Gegenstände weder überhistorisch gültig noch natürlich sind. Das Gegenteil anzunehmen, das ist eben verdinglichendes und identifizierendes Denken, der universale, identitätslogische Anspruch des herrschaftlichen Geistes. Genauso wenig darf in einer Rückprojektion der Erkenntnismodus oder die Kritik auf vormoderne Zeiten angewandt werden.
Mit Blick auf das Motto des Arbeitskreises und der Tagung in Oldenburg gilt also in der Tat, sich nicht dumm machen zu lassen, weder vom krisenkapitalistischen Alltag noch vom blinden (linken) Aktionismus, welcher oft gar nicht so unterschieden vom Alltag ist, wie er es gerne propagiert.
14.02.2006

Tammo Jansen 


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