mardi 16 février 2010

Le 11 septembre était-il un travail d’initié ?

De plus en plus les gens aux USA sont convaincus que les autorités usaméricaines dissimulent leur participation à la tragédie du 9/11. Les déclarations des témoins, estampillées confidentielles pendant plusieurs années, prouvent maintenant que la démolition contrôlée a peut-être eu lieu. Le gouvernement US avait de longue date prévu un tel incident – comme l’indique le document de défenses républicain Reconstruction de l’Amérique de 2000. L’organisation 9/11Truth croit que les USA ont _ probablement orchestré un incident de ce genre pour justifier l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan, comme pour restreindre des libertés civiques US par l’introduction du Patriot Act. Il apparaît maintenant qu’en 1962 le chef militaire le plus haut d’Amérique conçut un plan d’attaque préméditée sur les Usaméricains, qui impliquait d’abattre un avion de ligne, de sorte que la responsabilité puisse être portée sur Cuba. Alors pourquoi cela devrait-il être exclu aujourd’hui ? Beaucoup croient aussi que les renseignements pakistanais ont coopéré avec la CIA et Al Qaïda parce qu’ils ont transféré d’importantes sommes d’argent au pirate de l’air Mohamed Atta dans les jours débouchant sur le 9/11. Ils ont même eu Ben Laden sous surveillance durant la durée de ses soins dans un hôpital militaire de Peshawar au Pakistan, en septembre 2001. La plupart d’entre nous auraient trouvé étrange que l’impact d’un avion de ligne soit insuffisant pour faire s’effondrer un gratte-ciel. Donc, peu doutèrent de ce qui frappa les tours jumelles le 11 septembre 2001, ou de l’identité des malfaiteurs. Cependant, les années passant, plusieurs personnes et groupes, en Amérique du Nord et en Europe, commencèrent à douter que cela soit forcément exact. Pour eux, un ensemble de circonstances contradictoires entourant les attaques ne correspondent pas aux explications des autorités américaines et de la Commission sur le 11 septembre nommée par le Congrès. [1] L’une des raisons principales de ce doute est qu’il y a des témoins du 11/9 qui décrivent des événements ne correspondant pas à ceux de l’histoire officielle. [2] Un exemple est donné par les spectateurs qui ont entendu et vu ce qu’ils pensaient être des explosions autour des tours jumelles avant que les avions les heurtent. Des policiers pensèrent qu’elles ressemblaient « à des implosions planifiées ». [3]
Le pompier Richard Banaciski déclara ceci : « Cela ressemblait à ce qu’on voit à la télévision quand ils font sauter ces bâtiments. Cela semblait provenir de tout autour comme une ceinture, toutes ces explosions. » Stephen Gregory, le Commissaire Assistant au Feu déclara : « J’ai vu un flash flash flash au niveau le plus bas du bâtiment. Vous savez, comme quand ils démolissent un bâtiment ». [4]
Un autre témoignage controversé est venu de William Rodriguez, l’ouvrier d’entretien qui travaillait dans la tour nord le 11/9. Dans une interview au New York Magazine, [5] il déclara avoir entendu en premier une énorme explosion alors qu’il était au second sous-sol du gratte-ciel et témoigna de l’aspect des victimes, la peau brûlée de leurs bras par le feu dans la cage d’ascenseur. Après l’explosion au second sous-sol il en entendit une autre au dessus. C’était le Boeing 767. William fut le dernier rescapé survivant au Ground Zero du WTC. Il fut salué comme héros et invité à visiter George Bush et la Maison Blanche. Plus tard, lorsqu’il tenta de donner de la publicité à son histoire d’explosion au second sous-sol, il fut rejeté par les autorités usaméricaines. Il a maintenant entamé une poursuite judiciaire contre ces mêmes autorités sous le Statut RICO, une action judiciaire conçue à l’origine pour poursuivre les familles de la Mafia. A côté des rapports de témoins décrivant une démolition contrôlée des tours jumelles avec des explosifs, des critiques de l’administration Bush croient il y a plusieurs ensembles de circonstances entourant le 11/9 qui donnent de bonnes raisons de suspecter la véracité de l’histoire officielle. C’est un fait qu’aucun des quatre avions détournés ne fut arrêté par les avions de combat. Cela combiné au fait que la majorité de l’Armée de l’Air était engagée dans des exercices militaires, donna poids au soupçon que la force de défense aérienne usaméricaine avait donné l’ordre de « se retirer » de sorte que les attaques terroristes puissent se dérouler sans encombre. Une autre événement suspect est que le WTC 7 – aussi connu sous le nom de Bâtiment 7 – un gratte-ciel de 47 étages, s’effondra sans avoir été heurté par les avions. Réciproquement, les bâtiments adjacents sont toujours intacts.
Un travail d’initié ?
Alors qu’elle arrive toujours à prévenir des attaques, l’Agence de Sécurité Nationale (NSA) prétend avoir surveillé les conversations entièrement traduites en été 2001 - en temps réel - entre Mohamed Atta et Khalid Cheikh Mohamed, ayant soulevé des inquiétudes. Dans l’une des conversations, Khalid a soi-disant donné à Atta le feu vert pour les attaques ; la NSA devait donc être prévenue. En rapport avec les enquêtes qui auraient pu mener à l’arrestation des pirates de l’air, l’agent Colleen Rowley du FBI prétend que les directeurs du FBI ont intentionnellement empêché ses investigations sur Zacarias Moussaoui – alors qu’il fréquentait l’école de vol de Minneapolis. Ils ont fait cela en dépit des avertissements reçus des renseignements français. Rowley croit que si le FBI avait approuvé son enquête, il aurait pu découvrir les plans de Moussaoui comme ceux de plusieurs autres pirates de l’air inscrits dans les écoles de vol. [6] Certains croient que les importantes sommes d’argent transférées par les renseignements pakistanais (ISI) à Mohamed Atta les jours avant le 11/9 sont la preuve de la coopération entre l’ISI, la CIA, et Al Qaïda. [7]
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http://www.reopen911.info/uploads/document/fichier/11-septembre-les-points-essentiels.pdf

[1] Le titre complet de la Commission est : La Commission nationale sur les attaques terroriste sur les
USA. Leur rapport peut être téléchargé ici :http://www.9-11commission.gov/report/index.htm
[2] Lire divers récits semblables de témoins dans les transcriptions des enregistrements faits par le Département du Feu de New York :
[3] Voir l’article : «Everyone was screaming, crying, running. It’s like a war zone», The Guardian 12 septembre 2001.
[4] Les témoignages des deux pompiers sont sur ce site :
[5] Mark Jakobson, «The Ground Zero Grassy Knoll» dans New York Magazine 27 mars 2006.
[6] See article, «Why Didn’t the FBI Fully Investigate Moussaoui ?» in Time Magazine, 23 May 2002.
[7] Griffin, David Ray (2004) : The New Pearl Harbor - Disturbing Questions about the Bush
  Kim Bredesen, Le Monde diplomatique, édition norvégienne, Oslo, juillet 2006.

La police dans les quartiers populaires : un vrai problème !

Dans les quartiers
populaires...

(Encore un peu de sociologie, leur point-de-vue sur les interactions conflictuelles entre policiers et jeunes.)

Le déclenchement des émeutes de novembre 2005 est certes lié à la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois, à la grenade lacrymogène lancée en direction de la mosquée de cette ville et à l’accumulation des propos injurieux du ministre de l’Intérieur à l’endroit des jeunes des quartiers populaires (depuis ses déclarations sur le « nettoyage au Kärcher », à La Courneuve, le 20 juin). Pour autant, l’analyse ne doit pas être enfermée dans une approche conjoncturelle. L’analyse sociologique de ces évènements permet de mettre en évidence un certain nombre de causes profondes, communes à la quasi-totalité des quartiers populaires qui se sont révoltés durant l’hiver dernier et qui s’étaient déjà révoltés par le passé, au moins depuis les grandes émeutes de 1990-1991. Parmi ces logiques de fond, la question des relations entre la police et une partie des habitants des quartiers populaires apparaît centrale.
Elle cristallise des tensions sociales, symboliques et politiques.
Quotidiennes, les interactions conflictuelles entre policiers et jeunes de ces quartiers représentent pour ces derniers un condensé et un résumé de la violence sociale et politique qu’ils ressentent. À l’évidence, l’opinion publique ne mesure pas l’ampleur et les effets sociaux de ces rapports de force. Dans la mesure où les habitants de ces quartiers ne sont pas représentés politiquement et ne s’expriment quasiment jamais dans le débat public, tandis que le discours des institutions (et des syndicats de police) est au contraire omniprésent, cette opinion publique ignore le fait que les provocations sont réciproques et que les comportements violents et déviants concernent également les forces de l’ordre. Le recours aux statistiques administratives pour juger des déviances sociologie et chercheur ; policières (rapports de l’IGS, Commission nationale de déontologie de la sécurité) n’est pas une méthode appropriée, notamment lorsque l’obserservation in situ permet de constater des logiques efficaces de verrouillage institutionnel. Aussi, en attendant que des enquêtes de « victimation » s'intéressent peut-être à ce volet particulier du sentiment d’insécurité, nous voudrions livrer ici des observations ethnographiques (« de terrain » comme on dit aujourd’hui) illustrant cet aspect de la réalité quotidienne de la vie des quartiers populaires et questionnant les issues légales qui se présentent à ceux qui se plaignent du traitement policier. En espérant que ceci permettra d’alimenter la réflexion sur la nature et le sens du travail policier dans les « zones urbaines sensibles ».

G De la BAC à la « police des polices »
 M. a 20 ans, il est actuellement scolarisé en 1re année de bac professionnel. Comme cela est assez fréquent pour les jeunes de son « profil » (issu de l’immigration africaine, habillé en vêtements de sport), il présente sa pièce d’identité à des policiers qui le connaissent bien et qui l’ont déjà contrôlé plusieurs fois ces derniers jours. D’un tempérament plutôt colérique, M., comme plusieurs de ses pairs, a appris à ne plus « rentrer dans leur jeu », c’est-à-dire à laisser sa « rage » s’exprimer ouvertement, en répondant éventuellement aux provocations. Il sort sa pièce d’identité, les policiers la lisent, lui rendent et sortent les menottes pour l’interpeller. La sérénité stratégique de M. laisse place à la colère et à l’incompréhension : « Pourquoi vous voulez m’emmener ? J’ai rien fait ! ». La tension monte et plusieurs jeunes commencent à s’approcher, pensant au départ qu’il ne s’agissait que d’un contrôle « habituel ». Certains insultent les policiers, d’autres demandent des explications et crient leur indignation. M. ne se laisse pas menotter facilement par les quatre policiers qui l’entourent. Ces derniers sont soutenus par une quinzaine d’autres agents, la moitié appartenant à la BAC (qui arrive quelques minutes après le début du contrôle). Pour assurer leur retrait et éloigner les groupes de jeunes qui se forment, les policiers (d’après les jeunes ce sont des agents de la sûreté départementale qui font usage des gaz lacrymogènes) envoient des grenades lacrymogènes pendant que M. commence à recevoir des coups dont un coup de poing à l’oreille plus violent que les autres. Une fois M. menotté et introduit dans une des deux Citroën Xsara, les véhicules de police quittent le lieu de l’arrestation sous les insultes et plusieurs projectiles les atteignent. L’une de leurs vitres éclate. M. est ensuite emmené vers le commissariat de circonscription situé dans une ville voisine. De manière assez surprenante (et plutôt rare selon les récits que nous consignons habituellement), les policiers s’arrêtent en cours de route, en face de la mairie, dans un lieu à forte fréquentation piétonne au bord du principal axe routier de la ville. Ils sortent M. menotté de leur véhicule, et selon les témoins présents sur les lieux, il est « roué de coups » devant des dizaines de passants médusés1. M. est réintroduit dans la voiture et finit sa course au poste de police où il est placé en garde à vue. Il décrit plusieurs situations où il subit des coups, des insultes dont certaines à caractère raciste : « Toi et tes potes les singes on va s’occuper de vous », « Tu fermes ta gueule hein ! T’as plus ta meute ! ».
Quelques heures plus tard, M. comprend la cause initiale de son arrestation. Il est soupçonné d’avoir participé à un vol à l’arraché de sac à main, avec un complice de type « maghrébin ». La confrontation avec la victime l’innocente, mais il sera tout de même convoqué un mois plus tard au tribunal correctionnel pour « outrage et rébellion ». Au-delà des séquelles physiques, ce sont avant tout l’humiliation et le sentiment d’injustice qui prévalent dans son discours. Contrairement à l’attitude dominante face aux violences et aux brimades policières qui consiste soit à chercher à « rendre les coups » (envoi de projectiles et plus rarement de cocktails Molotov), soit à se résigner face à l’ordre des choses en entretenant une haine de la police (massivement partagée par les jeunes qu’ils soient délinquants ou non), M. a décidé de « plainter » (porter plainte) en demandant de l’aide à une association locale. Plusieurs de ses membres décident d’accompagner M. qui se rend le lendemain de son interpellation dans les bureaux de l’IGS (la « police des polices »). Muni de sa pièce d’identité, M. est accueilli par un agent de l’IGS pendant une demi-heure et sort du bureau en colère sans que sa plainte ait été prise en compte. «Je lui ai dit que j’voulais porter plainte pour violence policière, elle m’a écouté et tout, elle a pris des notes sur son ordinateur, après elle a téléphoné à j’sais pas qui et quand elle est revenue, elle m’a dit qu’elle pouvait pas prendre ma plainte. Elle a commencé à m’embrouiller, j’comprenais rien, après je l’ai coupé, je lui dis : « Vous prenez ma plainte c’est tout et vous me donnez un papier pour aller à l’Hôtel Dieu. » 2
 Cette démarche est assez rare de la part des jeunes des quartiers populaires dont la méfiance envers la justice est forte. Dans leurs représentations , il y a une continuité logique entre les pratiques policières qu’ils dénoncent et le positionnement « suiviste » de la justice dans ce type d’affaires. Le clivage justice-police n’existe pas dans les affaires qui opposent policiers et jeunes de ces quartiers. Toutes les affaires de ce type que nous ayons suivies dans nos lieux d’enquête se sont terminées par des condamnations des jeunes. Sans exception. L’attitude de L’IGS dans cette histoire contribue à renforcer l’impunité de cette frange de la police qui fait fi du code de déontologie sensé cadrer son action. C’est la deuxième fois que la « police des polices » est mise à contribution dans des affaires de violences policières dans ce quartier. C’est aussi la deuxième fois qu’une tentative de plainte n’aboutit pas dès sa phase initiale.


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lundi 15 février 2010

DU POINT DE VUE DES ÉMEUTIERS

LES ÉMEUTES DE L’AUTOMNE 2005
DANS LES BANLIEUES FRANÇAISES
DU POINT DE VUE DES ÉMEUTIERS
     Laurent Mucchielli 1 et Abderrahim Aït-Omar 2


   Au mois de novembre 2005, la France a soudainement occupé les devants de la scène médiatique internationale. Les propos les plus catastrophistes (comme ces reportages présentant la France comme « à feu et à sang » alors que les émeutes n’ont pas occasionné une seule mort d’homme) et les plus dénués de fondements (comme ceux met- tant en cause la religion musulmane) ont pu être entendus dans les médias français et étrangers. Cela étant, il reste que ces émeutes sont inédites dans l’histoire de la France contemporaine : pour la première fois le phénomène n’est plus localisé, propre au quartier où un drame (généralement la mort d’un jeune) est survenu ; il a pris au contraire une dimension nationale, de Dunkerque à Nice et de Strasbourg à Toulouse. Nous ne reviendrons pas ici sur les faits, connus par ailleurs au terme d’une recherche collective récente sur laquelle nous nous appuierons tout au long de ce texte (Mucchielli, Le Goaziou, 2006), et d’autres travaux publiés par la suite (notamment Lagrange, Oberti, 2006). Nous voudrions par contre nous interroger sur les mécanismes de propagation des émeutes et en particulier sur les motivations des émeutiers. C’est là une donnée largement méconnue.

COMMENT FAIRE ENTENDRE LE POINT DE VUE DES ÉMEUTIERS ? 

L’on a beaucoup prêté aux émeutiers, mais rares ont été les commentateurs qui ont recueilli le point de vue de ceux qui étaient pourtant les premiers concernés. Ceci peut s’expliquer au moins pour trois raisons. La première tient au fait que, à la différence d’autres mouvements sociaux utilisant eux aussi la violence – l’on songe par exemple aux traditionnelles manifestations d’agriculteurs en colère (Duclos, 1998), mais aussi au mouvement lycéen et étudiant dit « mouvement anti-CPE » de mars 2006 –, la violence émeutière est une réaction spontanée dénuée de tout support organisationnel (association, syndicat, parti politique). Les émeutiers n’affichent aucune banderole, de crient aucun slogan dans des haut-parleurs, ne distribuent aucun tract. Ils n’ont pas de porte-parole, ni même de leaders. Ils n’ont aucun discours construit et encore moins formaté à proposer aux journalistes qui viendraient les interroger et à ceux des hommes politiques qui accepteraient éventuellement de les prendre au sérieux. La seconde raison est que d’autres discours très bien construits, formatés et diffusés se sont aisément imposés dans le débat public et avaient de sur- croît comme visée de déconsidérer les émeutiers en les réduisant à de simples délinquants. Le fait n’est pas nouveau. À travers la notion de « violence urbaine », telle que conçue et diffusée dans le débat public par la hiérarchie policière et par quelques « experts en sécurité » autoproclamés, c’est en réalité une tentative de criminalisation de l’ensemble des manifestations de violence collective dans les quartiers populaires qui est proposée depuis une quinzaine d’années (Mucchielli, 2002). Telle est de nouveau la stratégie qui a structuré le discours du ministre de l’Intérieur durant les émeutes de novembre 2005, le conduisant à déclarer devant l’Assemblée nationale que « 75 à 80 % » des émeutiers interpellés étaient des délinquants déjà connus, que les émeutes traduisent notamment « la volonté de ceux qui ont fait de la délinquance leur activité principale, de résister à l’ambition de la République de réinstaurer son ordre, celui de ses lois, dans le territoire » et enfin que les émeutes étaient une délinquance collective organisée par des « bandes délinquantes »3 et par des « groupes extrémistes » . Or cette interprétation sera d’abord contestée par les magistrats, notamment ceux du tribunal correctionnel de Bobigny jugeant en comparution immédiate les premiers émeutiers poursuivis en Seine-Saint-Denis. Pour eux, « la très grande majorité présentent un profil de primo-délinquants ». Et ce constat sera notamment confirmé par les parquets de Créteil, de Lyon, de Nice et de Nancy 4. La théorie de l’organisation délinquante sera ensuite démentie par un des propres services du ministère de l’Intérieur, les Renseignements généraux (RG), dont le journal Le Parisien révélera le 7 décembre un rapport rédigé à la fin des émeutes, diagnostiquant « une forme d’insurrection urbaine non organisée », « une révolte populaire des cités, sans leader et sans proposition de programme », animée par des jeunes « habités d’un fort sentiment identitaire ne reposant pas uniquement sur leur origine ethnique ou géographique, mais sur leur condition sociale d’exclus de la société française » 5. En outre, ce sont à nouveau les RG ainsi que la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) qui démentiront par la suite officiellement toute implication des groupes musulmans radicaux 6. Enfin et surtout, nous pouvons désormais ajouter à ces démentis officiels ceux qui proviennent des premières recherches empiriques, dont les résultats commencent à paraître. Deux d’entre elles ont analysé les dossiers des émeutiers de novembre 2005 jugés au tribunal de Bobigny, pour le département de la Seine-Saint-Denis (93) qui fut au cœur de ces événements. La première, portant sur 86 mineurs, a montré que seul un tiers d’entre eux avaient des antécédents judiciaires pour des actes délinquants (Delon, Mucchielli, 2006). La seconde, portant sur 115 majeurs, établit cette proportion à 40 % (Mazars, 2006). Dans les deux cas, le nombre moyen d’infractions antérieures chez les auteurs déjà condamnés est de 1 ; il ne s’agit donc pas de personnes réellement engagées dans des styles de vie délinquants. La criminalisation des émeutes constitue ainsi une « théorie-écran » dont l’analyse scientifique doit se débarrasser si elle veut pouvoir prétendre s’exercer pleinement. Au demeurant, une deuxième théorie-écran nous éloigne tout autant de la possibilité même de déployer l’exercice analytique. C’est celle qui ne voit dans ces « violences urbaines » ou « violences collectives » que des conduites juvéniles ludiques sans but ni même conscience, des « violences gratuites » selon une autre expression à la mode, dont la contagion imitative ou concurrentielle serait simplement véhiculée par les écrans de télévisions, d’ordinateurs ou de téléphones portables. Cette représentation ne constitue pas seulement un discours ordinaire et spontané de type « café du commerce », elle imprègne en profondeur les raisonnements de nombreux élus, représentants des institutions et commentateurs divers (journalistes, intellectuels). Or, si la dimension ludique et l’excitation étaient bien présentes dans les conduites transgressives de nombreux adolescents, de même que, parfois, des effets de concurrence et de surenchère à la fois entre quartiers voisins et entre jeunes d’un même quartier (certains « petits » voulant montrer leur courage physique et ainsi s’élever dans la hiérarchie locale des réputations), tout ceci ne s’oppose pas au fait qu’ils aient par ailleurs des raisons d’agir, des motifs de colère ainsi qu’un sentiment de légitimité de cette colère 7. Enfin, l’explication qui place en son centre l’impact des médias est aisément réfutable. Non seulement, dans l’histoire de France, des émeutes rurales et urbaines de grande ampleur ont eu lieu en l’absence de tout médias autre que le bouche-à-oreille, mais, dans la période contemporaine, la plupart des émeutes précédentes ont été médiatisées – parfois fortement – sans entraîner pour autant une extension en dehors de la commune concernée. La troisième raison pour laquelle le point de vue des émeutiers n’est guère pris en compte dans le débat public tient à la difficulté objective qu’il y a à recueillir leur parole dans des conditions en garantissant l’anonymat et l’authenticité (par opposition à la surenchère verbale que risquent toujours de susciter le contexte public et les caméras de télévision). Mener des entretiens approfondis avec des émeutiers pose en effet non seulement les problèmes classiques liés à cette méthodologie, mais aussi les difficultés liées au caractère illicite de l’activité enquêtée, dans un contexte de fortes tensions sociales. Les émeutiers que nous avons rencontrés avaient commis des infractions, n’avaient pas été inquiétés par les forces de police durant les émeutes, mais pouvaient toujours l’être. Du surcroît, au moment de la conduite des entretiens (soit environ un mois après les faits), la tension n’avait pas disparu dans les quartiers. Pour toutes ces raisons, la réalisation de tels entretiens n’aurait pas été possible si l’un d’entre nous n’avait pas été préalablement immergé sur le terrain, dans ce quartier classé « zone urbaine sensible » d’une ville populaire du département des Hauts-de-Seine, en banlieue parisienne 8. Grâce à la confiance et la légitimité dont le chercheur jouissait auprès de ces jeunes âgés de 15 à 20 ans, nous avons pu réaliser douze entretiens, neuf individuels et un collectif avec trois jeunes ayant agi ensemble et n’ayant pas souhaité s’exprimer séparément. Ce nombre d’entretiens est modeste et nous ne prétendons certes pas épuiser le sujet. Toutefois, ces entretiens approfondis jettent quelques lumières qui nous semblent indispensables à la compréhension des émeutes. 

PAROLE D’ÉMEUTIERS : LES RAISONS DE LA COLÈREQue disent donc ces émeutiers sur les raisons de fond de leur colère ?
Deux séries de raisons sont évoquées. Les premières, qui n’apparaissent pas systématiquement, sont relatives aux événements qui ont déclenché les
  émeutes. Les secondes, récurrentes, évoquent non pas le contexte de l’émeute mais certaines dimensions de l’expérience de vie quotidienne de ces jeunes. Certains émeutiers évoquent donc d’abord les événements de Clichy-
sous-Bois, mais surtout pour dire que la police en est responsable et que le ministre de l’Intérieur a tenté de le dissimuler. En réalité, à une exception près (un jeune ayant des amis à Clichy), le drame initial (la mort des deux adolescents) n’est qu’évoqué sans plus d’émotion. D’autres insistent davantage sur la grenade lacrymogène tirée en direction de la mosquée de Clichy (en période de Ramadan et à l’heure de la prière) mais, là encore, c’est moins la grenade en elle-même qui les révolte que l’absence d’excuses – ou, à tout le moins, de reconnaissance d’une erreur – de la part de la police. Dans les deux cas, on voit ici que c’est ce qui est considéré comme un déni et un mensonge de la part des autorités qui fonde l’indignation et donc le sentiment de légitimité morale de la colère émeutière (ce qui est classique dans les émeutes, comme le rappelle D. Lapeyronnie [2006]). Et c’est ce sentiment de légitimité morale qui permet ensuite à l’émeutier de justifier ses actes. 

drames survenus dans un environnement qui ne leur est pas directementÀ ce premier niveau d’analyse, certains émeutiers s’identifient donc aux familier. Mais, au regard de l’ensemble des entretiens réalisés, il apparaît que l’essentiel n’est sans doute pas là. En réponse à la question du « pourquoi » de la conduite émeutière, tous – sans exception – évoquent surtout, et avec une profusion de détails, leur propre expérience de vie. En d’autres termes, s’ils peuvent s’identifier aux drames de Clichy-sous-bois, c’est parce que ces derniers symbolisent et cristallisent en réalité une colère préexistante issue de leur propre expérience à la fois individuelle et collective. C’est cette expérience qui nourrit en profondeur leur « rage ». La question se déplace alors vers le contenu de cette expérience, que l’on peut résumer en parlant d’un vécu d’humiliations multiples accumulées. Certains racontent des expériences de discriminations à l’embauche, voire font du racisme une explication généralisée (on y reviendra). La plupart font clairement remonter leur sentiment d’injustice et d’humiliation à l’école. Enfin, tous, sans exception, disent avec véhémence que la source quotidienne de leur sentiment d’injustice et d’humiliation est leur relation avec la police. Nous commencerons donc par là. Les récits de ces jeunes se ressemblent beaucoup, nous en livrons ici quatre extraits :     « Avant les émeutes c’était la routine, on reste avec les potes après les cours, on charrie entre nous, on fait quelques sorties, on va manger au grec et si y’a du gent-ar [de l’argent] à se faire on fait parce que la mère elle peut pas tout assurer. Par exemple, des mecs ramènent des téléphones portables de Thaïlande qu’ils achètent 50 euros, bien nous on va les revendre 150 et ils nous donnent notre bifton de 50. [...] On s’débrouille quoi. Les flics, quand ils nous serrent avec ça, ils savent que c’est pas de la marchandise volée mais ces fils de p... ils nous les prennent pour les garder. C’est pour ce genre de truc que j’ai la rage parce qu’avec leur insigne de la police nationale, ils se croient tout permis, ils savent qu’on peut pas répondre et ils nous cherchent tout le temps en attendant qu’on fasse la moindre faute, et après ils te mettent un outrage ou autre chose pour que tu fasses une garde à vue. Moi, c’est ce qui s’est passé. Une fois je vendais une Rolex, ils me l’ont prise et le keuf il m’a dit “merci pour le cadeau, je vais la porter tout le temps”. Depuis ce jour-là j’ai la haine. Les émeutes, c’était une vengeance par rapport à tout ça. » (H..., 15 ans, en BEP).
 « Pourquoi ils nous laissent pas tranquilles ? On est dans notre quartier en train de discuter avec nos potes et ils viennent te faire chier deux ou trois fois dans la même journée. Franchement, avant les émeutes, on était tranquille, on jouait au foot entre potes, en plus c’était le Ramadan donc on essayait de faire le maximum attention à notre comportement mais ils sont toujours là pour tout casser. Et après ça a pété bien comme il faut. Toutes façons, ça aurait pété un moment ou un autre [...], avec ou sans la mort de ces deux mecs à Clichy-Sous-Bois. [...] Ça m’a fait trop plaisir quand on leur a jeté des pavés dans la gueule, pour une fois on a inversé les rôles, si tu les avais vus, cette fois-ci ils faisaient moins les malins. Moi je disais aux mecs ’il faut pas brûler des voitures, si on doit faire quelque chose c’est bien taper un poulet’, comme ça, quand ils vont venir dans le quartier, avant de rentrer dedans ils vont se chier dessus et ils vont tellement flipper qu’ils joueront plus les cowboys. [...] y a très peu de quartiers qui ont fait ça pour être solidaires de Clichy, moi je te dis que c’est la haine contre les keufs, parce qu’ils parlent trop mal. [...] Je sais que maintenant les Français ils vont avoir la haine contre les mecs des cités mais qu’est-ce que tu veux c’est pas de notre faute, nous on demande juste du respect, moi si le keuf il vient et me demande mes papiers poliment je lui donne sans problème » (
R..., 16 ans, en BEP).
 « On était posés et les keufs sont venus pour voir si on avait de l’essence dans les mains, ils nous ont hagar [intimidé], ils sont venus à trois, ils se prennent pour des chauds dans la cité alors qu’on avait rien fait. Moi je m’en foutais des brûlés [de Clichy-sous-Bois], je voulais me taper avec les keufs. [...] Ils commencent à crier et parlent pour rien dire alors que toi tu parles pas. Ils t’insultent “ferme ta gueule !” et ils sentent tes mains pour voir si y a de l’essence. C’était en fin d’après-midi. [...] J’ai ressenti la rage. [...] Nous, on voudrait que les keufs se comportent bien avec nous : “Bonjour, contrôle d’identité, vous avez vos papiers ?”. Mais eux c’est : “Alors les gars, vous galérez ? Alors on va pas s’ennuyer ! Passe-moi ta carte d’identité et ferme ta gueule”. Alors tu lui donnes et tu fermes ta gueule. Y’a pas d’bonjour, pas d’au revoir, ils nous traitent comme de la merde » (
B..., 17 ans, à la recherche d’un emploi).
« Franchement dans les émeutes y’avait de tout. Il y avait les mecs qui avaient la rage contre les keufs, d’autres qui avaient la rage contre l’école parce qu’ils ont plus d’école, d’autres parce qu’ils ont pas de tafs, d’autres pour s’affirmer dans le quartier. Tous les mecs qui avaient une rage contre quelque chose ils ont profité des émeutes pour tout niquer. Mais la majorité des mecs c’est la haine contre les keufs parce qu’ils se la racontent beaucoup, y’en a plein ils sont racistes et ils nous traitent comme de la merde. [...] quand un juif se fait taper, on en fait toute une histoire au journal de 20 heures et le Président en personne il présente ses excuses, mais quand c’est un arabe ou un noir c’est pas grave, et encore pire : Sarkozy, il a pas essayé de camoufler quand le keuf il a jeté la grenade lacrymogène dans la mosquée ? C’est un pays d’hypocrites » (T..., 18 ans, à la recherche d’un emploi).
Ainsi, la vengeance envers les policiers peut être considérée comme la première motivation des émeutiers, a fortiori lorsque – et de nombreux témoignages convergent en ce sens 9 – cette police ne s’est pas contentée de subir la violence des jeunes mais est parfois venue la provoquer (par exemple en se déployant massivement et en multipliant les contrôles et les provocations verbales dans des quartiers où il n’y avait pas encore eu d’incidents majeurs). Encore une fois, ceci peut étonner tant le discours médiatico-politique dissimule cette réalité de terrain, ces rapports de force, ces provocations, ces violences et ces vengeances réciproques qui structurent au quotidien les rapports entre groupes de jeunes et groupes de policiers et qui constituent une dimension majeure de l’expérience de vie de ces jeunes (Kokoreff, 2004 ; Mohammed, Mucchielli, 2006).
Pourtant, méconnaître cette réalité c’est s’interdire de comprendre le déclenchement et le déroulement de la plupart des émeutes. Méconnaître cette réalité, c’est enfin s’interdire de comprendre que les discours du ministre de l’Intérieur cristallisent le sentiment d’humiliation des jeunes (et des moins jeunes) des quartiers populaires et ont donc réellement eu un impact sur eux à l’automne 2005 : avant les émeutes, ces discours ont contribué à « chauffer les esprits » et, pendant les émeutes, ils ont clairement « jeté de l’huile sur le feu » 10.
1. Sociologue, chercheur au CNRS, enseignant à l’université Versailles/Saint-Quentin en Yvelines, directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP, UMR 8183). mucchielli@cesdip.com. Laurent Mucchielli (né en 1968) a fait des études universitaires de droit, d’histoire et de sociologie (doctorat soutenu en janvier 1996 à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales à Paris. Il entre au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) en 1997 et rejoint l’équipe du CESDIP (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales), laboratoire qu’il dirige depuis janvier 2004. Il enseigne par ailleurs la sociologie de la délinquance à l’Université Versailles Saint-Quentin en Yvelines et intervient régulièrement à l’École Nationale de la Magistrature. Ses domaines de recherches sont 1) la sociologie de la délinquance et des politiques de prévention et de sécurité, 2) l’histoire et l’épistémologie de la criminologie et de la sociologie de la déviance, 3) la sociologie des émeutes urbaines.
Laurent Mucchielli est par ailleurs codirecteur de la Revue d’histoire des sciences humaines, membre du comité de rédaction de Déviance et Société et administrateur de l’Association Française de Sociologie. Intellectuel « impliqué », il est aussi fondateur du groupe Claris (« Clarifier le débat public sur la sécurité ») et rédacteur en chef de sa revue.
2. Sociologue, titulaire d’un Master Professionnel « Développement social local » et d’un Master Recherche en sociologie de l’université Versailles/Saint-Quentin en Yvelines.
abdel746@hotmail.com

3. Voir les dépêches de l’Agence France Presse (AFP) des 6, 9, 15 et 19 novembre.
4. AFP, 17 novembre.
5. Le Parisien, 7 décembre 2005.
6. AFP, 23 et 24 novembre.


7. Le même raisonnement vaut du reste pour la première théorie-écran : que certains émeutiers aient par ailleurs un casier judiciaire ne présume en rien des motivations de leur conduite pendant l’émeute. La délinquance est une activité partielle et non la définition globale d’une personne humaine. En d’autres termes, ceux des émeutiers qui étaient déjà connus de la justice n’avaient pas nécessairement des motivations différentes de celles des autres.
8. Au recensement de 1999 (le dernier disponible), cette ville comptait un peu plus de 22 000 habitants. Près de 70 % d’entre eux résidaient en HLM (contre 23 % dans l’ensemble de la région Ile-de-France). 67 % des actifs étaient ouvriers ou employés (contre 46 % dans la région). Le taux de chômage sur la commune était de 16,5 % (ayant augmenté d’environ 30 % depuis le précédent recensement de 1990) et celui des jeunes âgés de 15 à 24 ans était de 28 %. La proportion de personnes « d’origine étrangère » est impossible à chiffrer précisément, mais 20 % des ménages avaient une personne de référence de nationalité étrangère, ces ménages étant parmi les plus pauvres (87 % d’entre eux étaient ouvriers, employés, inactifs ou retraités) et étant par ailleurs ceux ayant le plus d’enfants (ils représentaient les deux tiers des familles ayant 4 enfants ou plus).9. Le maire de Clichy-Sous-Bois, lui-même, déclarait à l’AFP le 2 novembre 2005 que « le dispositif policier, cette nuit, serait adapté et nettement moins provoquant » et que, pour cette raison, les choses devraient mieux se passer. De même, notre équipe a constaté des provocations policières dans plusieurs quartiers de la région parisienne.
 
10. Durant les émeutes, de nombreux journalistes ont réalisé quelques articles basés sur des interviews de jeunes habitants (dont quelques émeutiers) des quartiers populaires de la région parisienne, en particulier en Seine-Saint-Denis (par exemple :
« À Clichy-Sous-Bois, la “guerre à la police” pour se venger et se distraire », AFP, 2 novembre 2005 ; « À Aulnay-Sous-Bois, des jeunes des 3 000 narguent les CRS en pleine nuit », AFP, 3 novembre 2005 ; « Des adolescents du 93 fascinés par les troubles : “Sarko cherche, il trouve” », AFP, 5 novembre 2005). Ces interviews indiquent d’une part que ces jeunes voulaient surtout affronter la police, d’autre part qu’ils voulaient également répondre aux provocations verbales du ministre de l’Intérieur qui, depuis plusieurs mois, avait choisi une stratégie de communication consistant à stigmatiser  fortement les jeunes habitant des quartiers populaires : le ministre voulait ainsi « Débarrasser la France de ces voyous », « nettoyer au Kärcher » ces quartiers qui seraient terrorisés par des « bandes de racailles » (Demiati, 2006)


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samedi 13 février 2010

Que fait la Cnil ? mais elle est morte depuis longtemps

Mais que fait la Cnil ?

Se demandent encore quelques médiatiques. 

Biométrie, traçage Internet, piratage de fichiers… Les domaines d’intervention de la Commission nationale de l’informatique et des libertés explosent. Plongée dans cette institution à l’expertise de plus en plus sollicitée.


« Alex Türk, le président de la Cnil, se présente comme un contre-pouvoir, mais c’est en réalité un organe du pouvoir. La Cnil est un leurre, un écran de fumée qui entretient la fiction d’une autorité indépendante de l’Etat. »
Le 14 décembre 2008, une petite centaine de manifestants a ainsi investi les locaux de la Cnil, rue Vivienne, à Paris. Aux côtés des militants de Souriez vous êtes filmés ou du Comité Oblomov, les Grenoblois de Pièces et main d'oeuvre réclamaient la dissolution pure et simple de l'autorité de contrôle. L'un des animateurs de ce site grenoblois, qui se veut « boîte à outils citoyenne », refuse de communiquer aux médias nom de famille ou numéro de téléphone.
Loin de « protéger les libertés » comme elle le prétend, la CNIL favorise le développement du contrôle policier des populations via les nouvelles technologies dites « de l'information et de la communication » (TIC) : prolifération des fichiers policiers, vidéosurveillance, biométrie, fichage ADN, puces RFID, passeport biométrique, traçabilité des internautes, etc. « Les Français devront accepter un affaiblissement des libertés individuelles afin de renforcer la sécurité collective » : nous dit la CNIL en 2005.
Nous contestons la fonction prétendument protectrice de la CNIL, simulacre de contrepoids indépendant entre le pouvoir et les citoyens. Cet organe administratif avec ses 17 membres tous grands commis de l'Etat, ne mérite ni moyens ni compétences supplémentaires, mais sa dissolution pure et simple.
En 1986, la légalisation des fichiers de la Direction de la surveillance du territoire (DST), de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et de la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD, ex-sécurité militaire) a été réalisée sans en passer par la CNIL, l’Etat utilisant - fait rare - son droit à ne pas publier les actes réglementaires créant certains fichiers touchant à la défense et à la sécurité publique.
Quatre ans plus tard, la légalisation des fichiers des Renseignements généraux (RG), qui contiennent des données sensibles comme "les opinions politiques, philosophiques, religieuses ou l’appartenance syndicale" des personnes ainsi que leur "origine ethnique" s’est faite, cette fois, après avis conforme de la CNIL. Son feu vert n’a cependant pas empêché la naissance d’une polémique. Les décrets autorisant la collecte et le traitement de ces informations nominatives par les RG ont d’ailleurs été annulés. D’autres décrets assortis de nouvelles garanties ont légalisé, peu après, ces fichiers.
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C’est Alex Türk, 60 ans, autre temps, autre sénateur, qui préside le Cnil depuis 2004 d’une main puissante. Pas assez neutre reprochent ses détracteurs à celui qui s’affiche ouvertement de droite sans étiquette. «On me jugera sur pièces, balaye-t-il agacé, citant son opposition véhémente au fichier policier Edvige. Je ne fais même plus de politique, la Cnil bouffe tout mon temps.» Son statut de parlementaire lui confère les avantages du réseau. D’être écouté au Palais Bourbon quand la menace de ratiboiser le budget de l’institution indépendante menace encore, comme à l’automne dernier.

La loi Informatique et libertés a fêté ses 32 ans. Le 6 janvier 1978, le texte qui instaurait notamment la Cnil était adopté par les députés. En plein essor de l'informatique, la loi n°78-17 visait à encadrer le traitement des données à caractère personnel. Avec la Cnil devait naître un pouvoir de contrôle inédit en France. «L’informatique permet d’accumuler des renseignements sur les individus, ainsi de les conditionner, d’agir sur eux et de substituer au contrôle social, qui doit être limité dans une démocratie, un véritable contrôle de la pensée», déclarait alarmiste, sur le petit écran, le 16 janvier 1980, Jacques Thyraud, sénateur du Loir-et-Cher, président de la Cnil de 1979 à 1983. L’hydre de la surveillance dressait son ombre. Elle était policière, elle devient commerciale avec la vente à distance et le fichage bancaire. Mais le citoyen pouvait dormir sur ses deux oreilles, la Cnil veillait. Trente ans après, le chaperon des libertés privées a affaire à bien plus forte partie. Les fichiers ne sont plus le seul nerf de la guerre. L’Internet a démultiplié la tâche. Mais aussi les puces RFID (système de marquage radio), le GPS, la biométrie (identification par empreintes biologiques), les nanotechnologies… Le droit à l’oubli, invoqué autrefois par le sénateur Thyraud, est devenu si criant qu’il était question de l’inscrire dans la loi. Mais que fait donc la Cnil ?


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A 30 ans, la Cnil est déjà à bout de souffle

David Forest, Libération, le 4 janvier 2008
Certains anniversaires ont un goût de cendres. Tel est le cas des 30 ans de la loi informatique et libertés du 6 janvier 1978, qui inaugura l’ère des autorités administratives voulues « indépendantes » du pouvoir en créant la Cnil (Commission nationale informatique et libertés). Clé de voûte du dispositif de protection de la loi de 1978, la commission fut surtout pensée par le législateur comme un garde-fou contre les immixtions de la technique dans la vie privée des citoyens et les progrès du fichage à mesure que l’informatisation de la société française s’accélérait. Trente ans plus tard, nul ne prétend sérieusement que cette ambition a été satisfaite. Si bien qu’Alex Türk, l’actuel président de la Cnil, se risque aujourd’hui sans exagération à employer les termes de « société de surveillance », doux euphémisme désignant le triomphe légal d’une société de contrôle généralisé. Comment la commission a-t-elle accompagné cette régression de grande ampleur présentée comme irréversible ?
On oublie que ses débuts se sont d’emblée accompagnés de critiques tenant notamment à sa représentativité et une absence flagrante de moyens au détriment de son pouvoir d’intervention. Il est vrai que marquée à droite et masculine, faisant la part belle aux représentants des sociétés multinationales consommatrices de fichiers, la Cnil était bien peu représentative du tissu social, quelques syndicalistes tenant lieu d’alibi. Par la suite, le jeu des nominations, combinant placement de personnalités et personnel politique en fin de course, a conduit à s’interroger sur les compétences attendues de ses membres. Les défaillances originelles que traduisent des pouvoirs et moyens misérables n’ont jamais été compensées, quand la Cnil n’a pas été purement et simplement ignorée ou écartée par les gouvernements. Ignorée car, alors même que sa création a été inspirée par les dangers résultant de l’interconnexion et de l’utilisation d’un identifiant unique, elle n’est pas consultée sur le projet consistant à permettre à la direction générale des impôts d’utiliser le numéro de sécurité sociale (NIR), finalement adopté en 1999 malgré les timides réserves de la commission. Ecartée, car depuis l’adoption de la loi Pasqua du 21 janvier 1995 légalisant la vidéosurveillance dans les lieux publics, la Cnil, considérée comme un gêneur, doit abandonner sa compétence au préfet, aux ordres du ministre de l’Intérieur. Les exemples abondent.
C’est ainsi qu’au fil des affaires, l’autorité de régulation a sombré dans une léthargie démentie en apparence de temps à autre par quelques avertissements médiatiques ou exceptionnellement par une dénonciation au Parquet - la Cnil ayant pris la singulière habitude de ne dénoncer qu’une infime fraction des plaintes dont elle est saisie. S’ajoute à cela l’attentisme, quand ce n’est le mépris, de nombreux chefs d’entreprises à l’endroit de la loi informatique et libertés, souvent considérée comme l’expression emblématique d’une bureaucratie paperassière hors d’âge.
Surtout, la commission ne s’est jamais départie d’une politique du consensus mou et de la négociation à tous crins consistant à ne jamais entrer en conflit frontal, à donner des gages d’indépendance afin de maintenir son rang d’autorité sans jamais contrarier sérieusement les ambitions du pouvoir. Arbitre se voulant raisonnable, encourageant dialogue et concertation, prônant une pédagogie à toute épreuve plutôt que l’offensive, la Cnil s’est ainsi installée dans le paysage sans véritablement déranger, alors que les libertés informatiques étaient peu à peu noyées dans l’eau tiède. Longtemps, seule la présentation en grande pompe de son rapport annuel à la presse lui a permis de donner de la voix. Et rien de très encourageant n’y figure, sinon l’augmentation systématique à deux chiffres du nombre de plaintes, demandes d’avis et réclamations. Tandis que le rapport gagne en volume, certains secteurs d’activités endossent d’une année à l’autre le bonnet d’âne.
La banque et le marketing direct, qui accompagnent l’essor du commerce électronique, sont ainsi constamment pointés du doigt. Tandis que la première segmente sa clientèle et établit des profils à risques, le second alimente de gigantesques bases de données à des fins de matraquage publicitaire. De leur côté, les salariés ont passé les multiples laisses électroniques d’une cybersurveillance omniprésente et protéiforme (courrier électronique, caméras, géolocalisation, biométrie…). Des codes de déontologie sont adoptés et des accords d’entreprises conclus, lesquels accompagnent l’engouement de la fin des années 80 pour l’autorégulation et la moralisation des comportements contre le couple étatisation-répression tombé en disgrâce au profit des multinationales de l’Internet et du commerce électronique.
Dans ce contexte, la Cnil a rapidement cédé le pas pour se muer en syndic de faillite. Il a fallu attendre la réforme du 6 août 2004 pour que la commission, « nain aux pieds d’argile », se voie dotée d’un pouvoir de sanction pécuniaire, seul en mesure d’inciter les entreprises à traduire en actes la loi informatique et libertés. Enfin, l’insignifiance de son budget est une constante de son histoire qui, loin de la mettre en mesure de faire face aux risques induits par la mise en réseau du pays, traduit sa véritable fonction de chambre d’enregistrement de toutes les lois techno sécuritaires. Ce laisser-faire traduit le fossé grandissant entre bonnes intentions affichées et désintérêt croissant - toutes majorités confondues - à l’égard des libertés informatiques que rogne irréversiblement l’adoption de lois liberticides dont le spectre du terrorisme sert de puissant levier. Pour expliquer cet abandon et l’absence de mobilisation politique, c’est encore le prétendu « consensus » autour du tout sécuritaire qui est cyniquement avancé. Masque tragique au service d’une morale d’escales qui exprime le recul saisissant de l’inspiration commune au maintien des libertés, la seule qui vaille.
David Forest
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Tout a commencé par le "Safari". En mars 1974, le ministère de l’intérieur avait mis en place un projet baptisé "Système automatisé pour les fichiers administratifs et le répertoire des individus" (Safari), qui visait à utiliser le fichier de Sécurité sociale comme identifiant commun à tous les fichiers administratifs.
Dans la foulée, le premier ministre, Pierre Messmer, créait une commission dite Informatique et libertés, chargée de proposer une réglementation. Dans un rapport rendu en septembre 1975, cette commission proposait la mise en place d’une instance de contrôle. "Il faut prendre garde que le développement inégal de l’informatique au sein de l’Etat ne fausse pas les équilibres voulus par la Constitution et par la loi", notait-elle.
Après s’être longtemps focalisée sur les fichiers administratifs, la CNIL s’est de plus en plus souciée des bases de données personnelles et du développement d’Internet. Malgré sa volonté de jouer un rôle de vigie, ses moyens juridiques, humains et financiers ne lui ont jamais permis d’asseoir son autorité. La constitution des fichiers de police, qu’elle devait pourtant surveiller de près, s’est faite sans son aval. Pour preuve : le STIC - vaste fichier informatisé comprenant des données sur les auteurs mais aussi les victimes de crimes et délits - a été mis en place et utilisé à partir de 1996 alors que sa reconnaissance légale, par décret, date de juillet 2001 ! Mais l’exemple du Judex, l’équivalent du STIC chez les gendarmes, est encore plus flagrant : alors que les magistrats de la CNIL exercent depuis des années leur droit d’accès indirect, le décret de création n’a toujours pas été publié. "Il ne faut pas oublier que la CNIL fait partie du service public, soupire un de ses membres. Plusieurs fois, le gouvernement a choisi d’ignorer la Commission, comme pour la loi du 18 mars 2003 sur la sécurité quotidienne, ou bien lors de la création, par amendement sénatorial, du fichier de suivi des délinquants sexuels."
La CNIL a cependant, à de nombreuses reprises, dénoncé des créations suspectes de fichiers informatisés aux parquets. Elle a ainsi décidé, le 20 juin 2000, de dénoncer au parquet de Paris l’Eglise de scientologie d’Ile-de-France, en qualité de personne morale, pour avoir conservé dans ses fichiers les coordonnées d’une personne qui avait demandé à ne plus y figurer, et pour avoir entravé l’action de la CNIL. En 1997, la Commission avait été saisie par un particulier qui ne voulait plus recevoir de courriers de la Scientologie. Autre exemple : la CNIL a dénoncé au parquet de Nanterre, en juillet 1999, les extravagances du fichier de candidatures d’un grand laboratoire.


L’Identité française et L'Empoisonnement

samedi 13 février 2010 par Deborah Baker 
( Mal traduit de l'anglais of course - 3 possibilités pour cette  femme: 
1 - elle est dingue - Cela confirme que ce monde rend fou
2-  elle dit vrai - Mais a des difficultés a s'exprimer
3 - elle exagère des ennuis réels de surveillance
La troisième hypothèse nous séduit: Une activiste débutante qui pète les plombs car déjà sujet sensible et peu équilibré...
Laissons lui la parole. 
L’Identité française

Imaginez-vous un scénario ainsi. La CIA a au coeur le programme du Nouvel ordre mondial. Ce programme est anti-humain et anti-terre. Le travail de la CIA est de détruire des gens est des organisations qui se renforcent des liens humains et des liens de la vie à la terre. La CIA est une des plus puissantes organisations du monde. Les vrais dirigeants de la France, aussi des promoteurs du Nouvel ordre mondial, veulent être en activité au même niveau où se trouve la CIA. Leur initiation : montrer leur puissance en assassinant un innocent, quelqu’un qui s’occupe de la justice sociale, sans être aperçu comme des meurtriers. Le démenti plausible est la tactique numéro un de la CIA.
Bonjour ! Nous ne nous reconnaissons pas encore. Je suis une demandeuse d’asile politique américaine. J’habite à Paris depuis avril 2007. Il n’existe pas encore un site internet d’indymedia  Paris. J’écris donc à vous ! Hello !
J’ai fui les États-Unis parce que j’étais empoisonnée. J’étais enseignante d’anglais aux immigrés et j’étais activiste. L’empoisonnement s’agissait sans doute de mon militantisme.
Le 17 novembre 2005, le premier jour où j’ai été empoisonnée, a été le jour où j’ai organisé une soirée avec une célèbre activiste antinucléaire, Dr. Helen Caldicott. Elle a annulé la soirée, mais j’ai été empoisonnée ce soir, comme une analyse de cheveux montre, avec des métaux lourds qui sont utilisés dans l’industrie nucléaire (uranium, strontium, cadmium, nickel, plomb...).
La direction d’une usine d’enrichissement d’uranium dans l’Ohio, ou j’habitais, voulait que l’usine rouvre. Pendant que quelques activistes, mois inclus, posaient des questions sur l’usine, on a appris qu’une activité illégale avait lieu dans l’usine. Auparavant, j’ai diffusé l’information qu’il paraissait que quelques-uns au sein du gouvernement américain étaient impliqués dans les attaques du 11 septembre 2001. Avec la nouvelle de l’activité illégale dans l’usine, je pouvais voir qu’il était possible que une nouvelle attaque, comme celui du 11 septembre, pourrait avoir lieu. Les autres pensaient que le vrai gouvernement (sous GW Bush) voulait vraiment que cette activité eût lieu. Je crois que c’est pour ça que je suis poursuivie. Par ailleurs, Elsebeth Baumgartner a été arrêtée, je crois, pour une pareille raison (qui concerne le vol des technologies microbiologiques.)
D’abord je suis allée en Suisse. C’était une erreur ! La Suisse a rejeté ma demande d’asile, et j’ai été empoisonnée plus en Suisse. Les médecins ne m’aidaient pas, mais après que ma demande d’asile était rejetée, un médecin a fait deux analyses de cheveux. L’une montre que j’ai eu plus de métaux lourds après que j’habitais en Suisse que j’avais eu après mon empoissonnement aux États-Unis. La deuxième analyse montre qu’avant novembre 2005, je n’avais pas eu de métaux lourds dans les cheveux (c’est-à-dire, dans l’organisme).
Puis, je suis entrée en France. Ici, je suis encore empoisonnée. Je suis allée à la police, qui a envoyé ma plainte d’empoisonnement au procureur. Le procureur m’a écrit que ma plainte ne s’agit pas d’une infraction. Alors, il est légal en France de m’empoisonner.
Je suis allée à l’Hôpital Européen Georges Pompidou. Je leur ai expliqué la situation et je leur ai montré les trois analyses de cheveux et la bouteille de jus qui me rendait malade le jour avant. Ils ont jeté dans la poubelle les deux analyses qui montrent que je souffre des niveaux de métaux lourds trop hauts ; ils ont regardé dans mon dossier seulement l’analyse des cheveux qui avaient poussé de la tête avant novembre 2005—l’analyse qui montre qu’avant mon empoisonnement de novembre 2005, je n’avais pas des métaux lourds dans l’organisme. L’hôpital n’a fait aucune analyse d’empoisonnement eux même. Puis ils ont déclaré que je suis "délirante".
J’ai essayé de faire analyser des échantillons de nourriture et de médicament alternatif. Les associations comme Que Choisir ont refusé d’analyser les échantillons. Le Laboratoire de chimie analytique et minérale à Strasbourg (lié, parmi d’autres organisations, à l’Université Louis Pasteur) a accepté la tâche et les échantillons, puis il a arrêté de communiquer avec moi. Je n’ai jamais reçu ni les résultats ni les échantillons. Des preuves de ces affirmations étaient filmées ; ces vidéos sont sur youtube.com. Voyez la fin de l’article.
Il est presque "normal" maintenant qu’il y a des cambriolages chez moi, mais je peux aussi acheter de la nourriture qui est déjà empoisonnée aux marchés et aux supermarchés. Donc, je suis allée aux beaucoup de bureaux de l’Etat pour me plaindre. Ils m’ont entendue et ils m’ont crue. Un fonctionnaire m’a dit qu’ils ont fait des analyses et ils ont commencé une enquête. Mais ce fonctionnaire et les autres n’ont voulu ni parler à moi, ni me donner des informations.
Je crois que c’est la CIA qui me poursuit. Mon ennemi est très puissant : les avocats, les médecins—les hôpitaux !—ont peur de m’aider. La Poste ne m’a jamais rendu un paquet qui m’était envoyé recommandé. Mon ennemi est indépendant de l’autorité politique : mes activités ne plairaient à Bush, mais la Maison blanche de Obama compatit à moi. Les méthodes qui sont utilisées contre moi sont des méthodes de la CIA. Mais vraiment, je ne peux pas être sûre. Et puis, il y a des factions de la CIA : des factions au sein de la CIA et des factions des gens qui travail avec la CIA mais qui ne font pas partie de la CIA. Le scandale de Iran-Contra est un exemple de la deuxième sorte.
En France, je voyais qu’il y a des français qui me suivaient. Ils voulaient savoir qu’est-ce que se passait, je pensais. J’ai vu aussi qu’il y avait des gens qui n’étaient pas français qui me suivaient. Après quelques mois, j’ai parlé à eux. "Travaillez-vous pour la CIA ?" "Pardon. Où travaillez-vous ?" Un homme travaillait pour l’Eurostar, la compagnie qui est responsable du tunnel sous la Manche, dans lequel il y a toujours des accidents. A quelques femmes : "Excusez-moi. Vous venez de quel pays ?" Réponse : "France !" Moi : "Oh. Vous venez de quelle région ?" (pause) "La région Parisienne." "Non ! Vous n’êtes pas français !" "Oui, oui ! Je suis français !" Une fois, le soir, un homme a descendu avec moi à la station du métro près de chez moi (Alexandre Dumas—sympa, mais pas de site touristique). Il a essayé de saisir mon caméscope. "Arrête !" j’ai cri. "Vou(s) arrête !" il a répondu !
Maintenant je crois que je peux identifier les américains qui me suivent (peut-être des employés de la CIA) sans parler avec eux. Ils sont presque tous blancs, pâles et de l’âge mûr. Ils mangent souvent en prenant des transports en commun ou en marchant. Ils font souvent des grimaces ; ils marmonnent à eux-même. Ils lisent en prenant des transports en commun, parfois du courrier que, on doit supposer, ils ont reçu ici chez eux. Ils tussent souvent près de moi ; si je tusse après, ils disent que je suis folle. Ou ils éternuent, bâillent, ou ils touchent la tête ou la figure. Ils boitent parfois. Ils essayent de cacher la figure : ils portent des lunettes (souvent noires), un chapeau ou un foulard. Les femmes se teignent les cheveux. Les femmes sont souvent petite ou mince. Les hommes ont souvent les petits pieds. La première fois quand je l’ai exprimé, l’homme dont j’ai parlé a levé la main pour ajuster les lunettes, tout en me regardant, mais il a seulement utilisé le troisième doigt ! Ils essayent parfois de paraître plus jeune. Parfois ils s’habillent comme une femme.
(Comprenez que des descriptions que j’écrivais peuvent se changer. Si des employés de la CIA lisent cet article, peut-être ils arrêtent de manger en prenant des transports en commun et de faire des grimaces, par exemple.)
Après un espace de temps, je me suis aperçue que les français qui me suivaient ont commencé à imiter les employés de la CIA. (Les flics secrets sont souvent plus jeunes que les employés de la CIA, et ils incluent aussi des gens (hommes) d’origine arabe et africain.) Puis je me suis aperçue que l’empoisonnement dans la nourriture était devenu beaucoup plus toxique, et que des employés des magasins savaient que la nourriture qu’ils vendaient était empoisonnée. Les vendeurs ont l’air très enthousiaste de me servir. Ils chuchotent à leurs collègues en me regardant. Deux fois, des employés ont pris quelque chose que j’ai achetée et l’a remplacée avec quelque chose d’autre. Une fois, la caissière m’a dit que la caisse ne pouvait pas compter l’article. Puis l’article qu’elle m’a donné a été très toxique. L’autre fois, le caissier a remplacé mon article avec un article similaire d’une autre marque. Je ne l’ai pas remarqué avant que je suis rentrée chez moi. Je ne l’ai pas mangé. Quelques fois des caissiers, voire des hommes de sécurité, ont regardé des gens qui ont ouvert mon sac à cabas, qui était devant la vitrine, et ont empoisonné la nourriture à l’intérieur, pendant que je faisais les courses.
Enfin j’ai compris : ce sont les français qui m’empoisonnent maintenant. Peut-être les vendeurs sont si heureux de me servir parce qu’il n’y a pas d’autre place pour poser des déchets radioactifs, dont il y en a trop en France. Mais non ; je pense plutôt qu’ils sont sadiques. Le terme "passive-agressive" décrit quelqu’un qui a envie d’être agressif, mais normalement a trop de peur d’être agressif. Il fait donc des faits méchants.
Les autorités français savent pourquoi je suis en France. Ils savent que je ne suis pas criminelle et que je travaille pour la justice sociale. Ils savent que j’ai fui des États-Unis pour trouver protection contre ceux qui m’empoisonnent.
Les français disent qu’ils ont beaucoup d’estime pour les droits de l’homme. (Je ne crois pas que le problème est que je suis femme.) Mais les français vivent dans un monde de fantaisie. Je ne peux pas demander le chemin sans qu’un français ment à moi. La France faisait partie de quel camp pendant la seconde guerre mondiale ? Pourquoi on dit que la France était un des grands pays des Alliés ? C’est une pure invention à dire que tous les français faisaient partie de la Résistance. Le gouvernement élu des français soutenait les nazis. Les français exécutaient des antifascistes, dont beaucoup étaient étrangers. Les français eux-même ont envoyé des juifs aux camps de concentration. Seulement après le fait, les nazis ont décidé de diriger cet effort. L’Italie fasciste sous Mussolini n’a pas envoyé des juifs aux camps de concentration.
La presse française n’est pas libre à nous dire toute la vérité. J’ai appelé beaucoup de journalistes parce que je voudrais que mon histoire fût publiée. Une journaliste du Canard enchaîné m’a dit que son journal ne publierait pas mon histoire parce qu’il publie seulement des articles sur la politique. Un journaliste du journal Plan B m’a demandé pourquoi les français doivent s’intéresser à une empoisonnement de la nourriture. Un journaliste de L’Express m’a demandé pourquoi les français doivent s’intéresser à une américaine qui est empoisonnée par une partie de son gouvernement. Seulement l’Agence France Presse paraissait de vouloir écrier la vérité. Il y avait des très grandes bannières sur son bâtiment qui disaient qu’elle est bâillonnée. Il y a quelques mois j’ai lu que la direction et les finances de l’AFP se changeraient, et qu’elle craignait qu’elle perdrait sa indépendance.
C’est la France.
Je l’explique comme ça :
Je m’imagine que les français sont une grande tribu ou une fédération des Gaulois. Pour eux, il est nécessaire de se soutenir toujours ; sinon, l’individu peut être en danger. Ça explique aussi la xénophobie des français.
Puis, on ajoute les dirigeants. Après les romans, c’étaient les francs, une tribu allemande. Ensuite, jusqu’à aujourd’hui, il paraît que les dirigeants sont souvent dirigé par des membres des sociétés secrètes. Le Point ne cesse pas de nous dire comment les francs-maçons sont vachement puissants en France. La France est un centre des sociétés secrètes depuis des siècles. Ces sociétés sont intimement liées aux gouvernements français, celui de de Gaulle inclus, que le livre L’Enigma Sacrée, de Baigent, Leigh et Lincoln, explique en détail.
Selon ma théorie, les sociétés secrètes de l’Europe et des États-Unis (on pense de la société de Skull and Bones de Yale Univerity) ont le même secret et le même but. Je crois qu’elles sont un moyen de produire et de conduire des dirigeants (des esclaves) du Nouvel ordre mondial (the New World Order) dont GHW Bush (membre de Skull and Bones), parlait, parmi d’autres. Le Nouvel ordre mondial est une continuation du Nouvel ordre des nazis.
On dit que les révolutions américaine et français étaient le travail des francs-maçons parce que sous les anciens régimes, on n’avait pas la chance de diriger un pays si on ne faisait pas partie de l’aristocratie. Si une société s’est fondée sur l’argent, ceux qui manipulent l’argent dirigent la société. The Pecora Commission du Sénat du Congrès américain enquêtait sur l’origine de la crise de Wall Street de 1929. Elle a trouvé que des dirigeants des banques comme la Chase Bank et la National City (future Citibank) ont été impliqués. Récemment, la crise des prêts "subprimes" hypothécaires était clairement planifiée. Beaucoup de gens ont averti Alan Greenspan et la Fédéral Réserve (la banque centrale des États-Unis, dirigée par des banques privées) que si les banques continuaient à accorder des prêts à ceux qui n’avaient pas les moyens de les rembourser, il y aurait une grand crise. La crise suivante (la crise dernière) était la faute des manipulations des experts.
De nous jours, les bombes atomiques sont aussi liées avec la puissance. Les centrales nucléaires sont liées aux bombes atomiques parce que elles produisent du plutonium, qui est utilisé pour commencer les réactions nucléaire dans une bombe. C’est plus facile que l’utilisation de l’uranium. La France est évidement obsédée des choses nucléaire. C’était Charles de Gaulle qui l’a commandé ? Mais la France a beaucoup plus plutonium et d’autres déchets nucléaires dont elle a besoin. Elle exporte des technologies et des matériels nucléaires. Mais cela peut, à la fin, mettre la France en danger. Peut-être ces décisions ne sont pas prises pour la gloire de la France, mais pour un autre but. A propos de cela, la CIA pardonnait la diffusion au monde des technologies et des matériels nucléaires du réseau pakistanais de AQ Khan.
En France comme ailleurs, ceux qui promeuvent le Nouvel ordre mondial ne abandonnent jamais le pouvoir. Les français, toutefois, aiment la politique à l’extrême, depuis qu’il étaient les Gaulois, au moins. Ils s’aiment aussi très. La trêve : si les français réclament trop fortement le pouvoir, les vrais dirigeants (des esclaves du Nouvel ordre mondial) les massacrent. Il y a aujourd’hui plus de flics que des manifestants à une manifestation.
Il y a peu de différence entre une dictature communiste (le socialisme international, pour tous) et le fascisme (le socialisme national, pour une ethnie.) Les deux idéologies étaient très populaires en France avant qu’elles ont été devenues politiquement incorrectes. Une différence importante : les communistes font le seul groupe qui lutte toujours contre le fascisme. Est-ce que ça explique l’acharnement avec lequel le communisme est poursuivi par des pouvoirs capitalistes ?
La France n’a pas une dictature, mais elle est un pays très centralisé dans lequel personne n’a pas de responsabilité. Si je veux rendre quelque chose qui m’a rendu malade au magasin où je l’ai achetée, la direction du magasin ne veut pas ni prendre ma plainte ni me rembourser. Beaucoup de magasins ne veulent pas me rembourser des achats toujours dans l’emballage original encore fermé. Seul le chef de l’Etat accepte la responsabilité, et les français disent qu’il ne fait pas des fautes.
La France, une démocratie ? Combien des "élus" en France sont élus par la base ? Liberté, égalité, fraternité ? Ceux ne sont pas les principes directeurs des français en Algérie avant son indépendance. Beaucoup d’estime pour les droits de l’homme ? Quand j’ai appelé la Ligue des droits de l’homme pour me plaindre de la décision de l’Hôpital Georges Pompidou, une femme m’a demandé de leur rappeler quelques heures plus tard. Quand j’ai rappelé, un homme m’a dit qu’il était dans une cabine téléphonique, que ça n’était pas le numéro de téléphone de la Ligue des droit de l’homme. Je trouve que c’est presque une règle que les français ne disent pas la vérité.
Cela j’explique comme ça :
Pour les français à admettre que leurs grands amours, celui de la politique et celui de la solidarité, leur sont démentis, c’est presque à démentir leur être. Au lieu de cela, ils habitent dans un monde imaginaire. Je trouve que l’excès de divertissement à Paris (je ne connais pas toute la France) est une évasion de la réalité. Je veux parler d’un empoisonnement politique et de l’avenir du monde, mais c’est impossible (plus qu’une seule fois) avec les français, sauf si la discussion est surveillée par des amis du Nouvel ordre mondial. Mais si je voudrais aller à une exhibition d’art, à un festival de film, à une pièce, à un concert, etc., etc., etc., etc., etc., etc., etc., etc., j’aurais trop de choix.
La voilà. Les français—des autorités et des citoyens—me tuent. C’est un devoir de quelques-uns, c’est l’identité nationale des autres.
Auparavant, j’ai publié deux articles en anglais sur des sites d’indymedia (en mai et en août 2009 sur les sites américains de Saint Louis, San Francisco, Portland, et d’autres). http://pittsburgh.indymedia.org/new... (le deuxième) a un lien à http://www.indybay.org/newsitems/20... (le premier). J’ai aussi essayé de partager un vidéo de trois parties sur youtube.com, aussi en anglais : http://www.youtube.com/watch?v=8YYl... et http://www.youtube.com/watch?v=0iDu... . La troisième partie ne paraît jamais. Jusqu’à maintenant (le 13 février 2010), on ne peut pas trouver les deux premières parties avec une recherche des tags, du nom de l’auteur (moi) ou d’une partie du titre. Il faut taper tout le titre : "An American in Paris seeking asylum".
 

jeudi 11 février 2010

Conscience de classe

Conscience de casse
Presque un gros mot dans la fosse à purin  spectaculaire-marchande du 21e siècle. 
Mais où il est, le prolétariat ?
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La revue Variations présente un numéro hors-série, l'essai Conscience de casse d'Alexander Neumann. Il élabore une critique du "monde tel qu'il va" en s'appuyant sur la sociologie de l'école de Francfort. Allusion ironique au célèbre ouvrage de Lukas, Histoire et conscience de classe, cet essai développe une analyse du marxisme occidental et de ses lacunes conceptuelles, qui fait rejaillir la formule d’Adorno "Les sociologues doivent affronter cette plaisanterie sarcastique qui pose la question : Mais où il est, le prolétariat ?". Au moment du crash historique de la social-démocratie, du PCF et du discours néolibéral, au moment de la crise mondiale du capitalisme, des cris, des élans utopiques et des suicides que celle-ci provoque, pareille approche sociologique montre que la Théorie critique n'a pas dit son dernier mot.
Un peu de lecture:
Conscience de classe
CONSCIENCE DE CASSE
La sociologie critique de l’Ecole de Francfort

Nulle faute de frappe n’est venue troubler le double titre de l’ouvrage. La conscience de casse veut saisir les brisures et éclats du mouvement émancipateur, afin de sauver ces fragments, au nom d’une critique persistante du monde tel qu’il va. Nommer les choses, prendre conscience de l’étendue des problèmes laissés en suspens par un marxisme doctrinaire à bout de souffle. Alors que le communisme n’est plus que son ombre, que le socialisme européen n’est plus hanté par des spectres, mais mort-vivant, alors que la théorie de la conscience de classe n’a plus de parti ni de
patrie où s’appuyer, il s’agit d’interroger les concepts fondateurs et de scruter les expériences vivantes. Je me réfère en particulier au « courant chaud » de l’école de Francfort dont il sera question tout au long de cet ouvrage.
Le titre du livre est une allusion ironique au célèbre thème de Lukaçs, Histoire et conscience de classe, qui a marqué le marxisme occidental, acquise à l’idée que le parti apporterait la conscience aux opprimés, de l’extérieur de leur propre vie. Vision battue en brèche à travers la chute du mur de Berlin, le débordement des partis ouvriers, une critique créative et des résistances au travail qui ne suivent aucun mot d’ordre préconçu.
Il s’agit ainsi d’exposer sans retenue l’étendue des dégâts du marxisme de parti, afin de troubler la répétition mortifère qu’entretiennent les organisations issues du mouvement ouvrier. Avec l’espoir secret de contribuer à élargir les brèches qui se font désormais jour dans les dispositifs routiniers et les discours doctrinaires qui les justifient.
Pourquoi la crise du capitalisme mondial ne favorise-t-elle pas les courants de gauche, radicaux ou institutionnels, en Europe ? En réalité, ce sont les mouvements d’extrême droite qui progressent, comme le signalent les élections de 2009. Il s’agit de percer à jour ces phénomènes à travers un regard critique.
Ce regard me vient de la sociologie critique de l’Ecole de Francfort, qui ne se limite en rien auxspéculations philosophiques de ses représentants académiques les plus connus, Habermas et Honneth. Intuitivement, citoyens et chercheurs sentent que peu de concepts nomment les dégâts que
provoquent les rapports concurrentiels et autoritaires dont tous font l’expérience. La crise du capitalisme mondial ne fait plus de doute. Des mouvements de contestation vifs arrivent à jeter dans la rue plusieurs millions de personnes, le temps d’un jour ou d’une saison, contre la guerre, la
précarité du travail, à l’encontre des manifestations les plus flagrantes du racisme, de la violence moderne. Contre le fascisme façon pop. Pour l’égalité, la liberté, parfois pour la joie de vivre.
L’espace public n’en garde pourtant à peine la trace. La subjectivité politique des acteurs de la contestation se révèle elle-même aléatoire, tantôt polarisée par la résistance, tantôt happée par l’industrie du spectacle, sinon la dépression. La critique sociale contemporaine approche ces phénomènes de manière plutôt tâtonnante, sans que le travail théorique et l’observation empirique se touchent toujours.
Il ne sert à rien de relativiser des phénomènes qui se confirment tous les jours, je veux parler des ressorts brisés des partis de gauche, des syndicats ouvriers et des Maîtres à penser. Tous nous proposent encore une mise en mouvement qui ne cesse d’engendrer des revers chaque fois plus amples. En France et ailleurs, les partis issus du mouvement ouvrier se montrent impuissants face à des alliances néo-conservatrices. L’Europe de l’Est en témoigne de façon éclatante. En Allemagne, la social-démocratie historique n’arrive à se maintenir qu’en supportant une Chancelière de droite, puritaine et autoritaire. L’ensemble de ces gouvernements ont décrété la “ liquidation de Mai 68 ”, après avoir jeté le discrédit sur le moment égalitaire et libérateur de la Révolution française.
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