lundi 19 mars 2012

Marx est-il réduit au silence par Hardt et Negri ?

Responsable avec ATTAC du piège de l'idéologie antimondialisation et des mouvements pseudo-Autonomes lire ici et .

 Se référer à la théorie de la maturité de Marx pour critiquer
« Multitude : Guerre et démocratie à l’âge de l’Empire »

 

INTRODUCTION
  Les transformations profondes du passé récent – le démantèlement des États-providence dans l’Ouest, l’effondrement du bloc de l’Est et des partis « communistes », et l’émergence d’un nouvel ordre capitaliste mondial et libéral, apparemment triomphant, ont redonné toute leur importance au problème de dynamique historique et de possibilité de transformation mondiale.
L’effondrement du bloc de l’Est, la dissolution définitive de l’URSS, et l’abandon de la référence au « communisme » ne signent pas la fin historique du marxisme, mais bien de déformations radicales de celui-ci, selon lesquelles le socialisme est caractérisé principalement par la propriété collective des moyens de production et par la production centralisée, par un mode de distribution régulé de manière juste et consciente. Cette vision déformée du marxisme n’a pas permis la critique des régimes « socialistes ». Pour ceux qui ont gardé les yeux ouverts, les régimes dits « socialistes » n’apparaissaient pas comme une réponse aux problèmes du capitalisme, puisqu’ils ne se différenciaient du capitalisme occidental que par l’introduction de la planification centralisée et de la propriété d’Etat. Dès les années ’30, Gide par exemple, dans son « Retour d’URSS » écrivait à propos du régime stalinien: « Oui dictature évidemment ; mais celle d’un homme, non plus celle des prolétaires unis, des Soviets. Il importe de ne point se leurrer, et force est de reconnaître tout net : ce n’est point là ce qu’on voulait. Un pas de plus et nous dirions même : c’est exactement ceci qu’on ne voulait pas » [1]
Garder les yeux ouverts signifie aujourd’hui, reconnaître les changements intervenus depuis la 2ème guerre mondiale dans la façon dont le capitalisme se valorise, les modifications intervenues dans la classe ouvrière, et la façon dont les exploités peuvent développer le projet révolutionnaire, à partir de l’intégration des thèmes et des sources de l’insatisfaction sociale : le déclin en nombre et en puissance de la classe ouvrière des pays centraux, le mécontentement à l’égard des formes de travail existantes, la précarisation, la flexibilité, l’importance croissante des formes d’identité sociale qui ne se fondent pas principalement sur les classes, mais aussi la pauvreté, les migrations, le développement de la xénophobie, les catastrophes écologiques, les génocides, l’introduction de plus en plus poussée de la science et de la technologie dans le procès de production, la privatisation de patrimoine commun, comme le patrimoine génétique, la privatisation d’efforts collectifs, comme les logiciels libres… [2]
Hardt et Negri (H&N), dans leurs deux ouvrages Empire et Multitudes, élaborent une théorie de ces changements, dans laquelle ils substituent aux anciens concepts d’ « Etat-nation », de « classe ouvrière », de « communisme », des concepts tel que l’Empire [3], la multitude, la démocratie. Il n’entre pas dans nos intentions de faire ici une critique exhaustive des théories de H&N dans Multitudes : l’érudition des deux auteurs, l’abondance de références compilées, l’étendue et la variété des domaines abordés, le long parcours intellectuel et militant de Negri, rendent ces théories complexes et foisonnantes. Nous nous limiterons à discuter trois points : dans la période post-fordiste, (1) la production de valeur reste-t-elle le but de la production capitaliste ? Comment la mesurer ? ; (2) : le sujet révolutionnaire reste-t-il la classe ouvrière ou la multitude ?; (3) la perspective d’une autre société : communisme ou démocratie ? Notre démarche consistera à montrer (1) la nature spécifiquement capitaliste des phénomènes mentionnés ci-dessus ; (2) la nécessité de revenir au noyau du marxisme, à la façon dont il dévoile la nature profonde du capitalisme, ses rapports sociaux, ses formes de domination, sa dynamique historique pour pouvoir rendre compte de ces changements ; (3) que les nouveaux concepts de Hardt & Negri sous des apparences radicales, sont dépourvus de tranchant et ne théorisent, finalement, que l’impuissance.
 
I: La valeur reste-t-elle au centre de la production capitaliste ? Comment la mesurer ?
Hardt & Negri affirment que : « au cours des dernières décennies du 20ème siècle, le travail industriel a cessé d’être hégémonique. Il a perdu sa place au profit du « travail immatériel », c’est-à-dire d’une forme de travail qui crée des produits immatériels, tels que du savoir, de l’information, de la communication, des relations, ou encore des réactions émotionnelles » (…) « nous affirmons en revanche que le travail immatériel est devenu hégémonique d’un point de vue qualitatif et qu’il a imposé une tendance aux autres formes de travail et à la société elle-même. En d’autres termes, il occupe aujourd’hui la même position que le travail industriel il y a 150 ans (…) de même que par le passé toutes les formes de travail et la vie sociale elle-même durent s’industrialiser, le travail et la société doivent aujourd’hui s’informatiser, devenir intelligents, communicatifs, affectifs » [4]. « Nous affirmons que, sous un régime caractérisé par l’hégémonie du travail immatériel, l’exploitation ne se résume plus à l’extraction de plus-value mesurée par le temps de travail individuel ou collectif, mais qu’elle est avant tout la capture d’une valeur qui est produite par le travail coopératif et qui tend, en circulant au sein de réseaux sociaux, à devenir valeur commune » [5].
Les idées de Hardt & Negri sont proches de celles de Gorz, selon qui « l’expression « économie de la connaissance » signifie des bouleversements fondamentaux du système économique. Elle implique que la connaissance est devenue la principale force productive. Que, par conséquent, les produits de l’activité sociale ne sont plus, principalement, du travail cristallisé mais de la connaissance cristallisée. Que la valeur d’échange des marchandises, matérielles ou non, n’est plus déterminée en dernière analyse par la quantité de travail social général qu’elles contiennent mais, principalement, par leur contenu de connaissances, d’informations, d’intelligence générales. C’est cette dernière et non plus le travail social abstrait, mesurable selon un unique étalon, qui devient la principale substance sociale commune à toutes les marchandises. C’est elle qui devient la principale source de valeur et de profit, et donc, selon nombre d’auteurs, la principale forme du travail, et du capital » [6]« L’hétérogénéité des activités de travail dites « cognitives », des produits immatériels qu’elles créent et des capacités et savoirs qu’elles impliquent, rend non mesurables tant la valeur des forces de travail que celle de leurs produits. (…) La crise de la mesure du travail entraîne inévitablement la crise de la mesure de la valeur. Quand le temps socialement nécessaire à une production devient incertain, cette incertitude ne peut pas ne pas se répercuter sur la valeur d’échange de ce qui est produit. Le caractère de plus en plus qualitatif, de moins en moins mesurable du travail met en crise la pertinence des notions de « surtravail » et de « survaleur ». La crise de la mesure de la valeur met en crise la définition de l’essence de la valeur ».
Il est plus facile de comprendre intuitivement l’exploitation (et donc le surtravail, et la valeur) quand on voit des images de rangées d’ouvrières coudre des pantalons en jean comme c’est le cas actuellement en Chine, que lorsqu’on voit des images de robots qui forment la chaîne de montage d’une industrie automobile, surveillés par des travailleurs face à leurs écrans d’ordinateur. Cependant, si on prend pour angle de vision la production totale de marchandises, liée au travailleur collectif, et non la production de biens matériels ou immatériels liés au travail individuel de chacun, il n’y a pas de raison de douter que la production capitaliste est toujours basée sur la valeur liée à l’extraction du sur-travail. Le doute et l’incrédulité de H&N (et de Gorz) par rapport à la notion de valeur dans la période de domination formelle du capitalisme trouverait un équivalent dans le fait de douter de l’attraction terrestre quand on a vu les premiers avions décoller.
Un concept essentiel pour aborder l’évolution du capitalisme au 20ème siècle est celui du passage de la domination formelle à la domination réelle. Marx avait déjà, dans « Un chapitre inédit du Capital », tracé dans ses grandes lignes les caractéristiques essentielles du passage à la soumission réelle du travail au capital, qu’il appelle le « mode de production spécifiquement capitaliste », et les implications de ce passage pour le caractère social de la production et l’émergence du « travailleur collectif ». « En se développant, les forces de production de la société ou forces productives du travail, se socialisent, et deviennent directement sociales (collectives), grâce à la coopération, la division du travail au sein de l’atelier, l’emploi du machinisme et, en général, les transformations que subit le procès de production, grâce à l’emploi conscient des sciences naturelles, de la mécanique, de la chimie, etc. appliquées à des fins technologiques déterminées, et grâce à tout ce qui se rattache au travail effectué à une grande échelle, etc. (Seul ce travail socialisé est en mesure d’appliquer les produits généraux du développement humain – par exemple les mathématiques – au procès de production immédiat, le développement de ces sciences étant à son tour déterminé par le niveau atteint par le procès de production matériel.) [7]» « La soumission réelle du travail au capital s’accompagne d’une révolution complète (qui se poursuit et se renouvelle constamment, cf le Manifeste communiste) du mode de production, de la productivité du travail, et des rapports entre capitalistes et ouvriers » [8]. « C’est ainsi que la production capitaliste tend à conquérir toutes les branches d’industrie où elle ne domine pas encore et où ne règne qu’une soumission formelle. Dès qu’elle s’est emparée de l’agriculture, de l’industrie extractive, des principales branches textiles, etc., elle gagne les secteurs où sa soumission est purement formelle, voire où subsistent encore des travailleurs indépendants »[9] . « Si la production de la plus-value absolue correspond à la soumission formelle du travail au capital, celle de plus-value relative correspond à la soumission réelle du travail au capital »[10] . « Le résultat matériel de la production – outre le développement des forces de production sociale du travail – est l’augmentation de la masse des produits, la multiplication et la diversification des branches et rameaux de la production, par quoi seulement la valeur d’échange [11]se développe en même temps que les sphères d’activité dans lesquelles les produits se réalisent comme valeurs d’échange. » « Cette production n’est pas entravée par des limitations fixées au préalable et déterminées par les besoins. (…) Son caractère antagonique impose cependant à la production des limites qu’elle cherche constamment à surmonter : d’où les crises, la surproduction, etc. Ce qui fait son caractère négatif ou antagonique, c’est qu’elle s’effectue en contraste avec les producteurs et sans égard pour eux, ceux-ci n’étant que se simples moyens de produire, tandis que, devenue une fin en soi, la richesse matérielle se développe en opposition à l’homme et à ses dépens. La productivité du travail signifie le maximum de produits avec le minimum de travail, autrement dit, des marchandises le meilleur marché possible. Dans le mode de production capitaliste, cela devient une loi, indépendamment de la volonté du capitaliste. En pratique, cette loi en implique une autre : les besoins ne déterminent pas le niveau de la production, mais, au contraire, la masse des produits est fixée par le niveau toujours croissant, prescrit par le mode de production. Or, le but de celui-ci, c’est que chaque produit contienne le plus de travail non payé possible, ce qui ne peut se réaliser qu’en produisant pour la production » [12].
A la lecture de ces citations, on peut voir que dans l’esquisse des grandes lignes du développement du mode de production spécifiquement capitaliste (le caractère antagonique de la production, l’incorporation de la science et de la technique, …), Marx donne un rôle central à la loi de la valeur, au fait que « chaque produit contienne le plus de travail non payé possible ».
La production immatérielle est, quant à elle, esquissée par Marx, mais de manière très succincte : « La production immatérielle, effectuée pour l’échange, fournit aussi des marchandises, et deux cas sont possibles :
1°) les marchandises qui en résultent ont une existence distincte du producteur et, dans l’intervalle entre production et consommation, elles peuvent circuler comme n’importe quelle autre marchandise. Ainsi, les livres, tableaux et autres objets d’art peuvent se détacher de l’artiste qui les a créés. Cependant, la production capitaliste ne peut s’appliquer ici que dans une mesure très limite. Ces personnes, si elles n’emploient pas d’apprentis ou de compagnons (comme les sculpteurs), travaillent le plus souvent pour un marchand capitaliste, par exemple un éditeur. C’est là une forme de transition vers le mode de production capitaliste simplement formel (…)
2°) le produit est inséparable de l’acte producteur. Là aussi le mode de production capitaliste ne joue qua dans les limites étroites et, selon la nature de la chose, dans quelques rares sphères (je veux le médecin, et non son garçon de courses). Par exemple, dans les établissements d’enseignement, les maîtres peuvent être de purs salariés pour l’entrepreneur de la fabrique scolaire » [13]. Marx a également abordé la question de l’incorporation de la science, des connaissances, au procès de production : « La science, produit intellectuel général du développement de la société paraît, elle aussi, directement incorporée au capital, et son application au procès de production matériel indépendante du savoir et de la capacité de l’ouvrier individuel : le développement général de la société, étant exploité par le capital grâce au travail et agissant sur le travail comme force productive du capital, apparaît comme le développement même du capital, et ce d’autant plus que, pour le plus grand nombre, la capacité de travail est vidée parallèlement de sa substance. » [14]
Les implications pour la définition du travail productif et de la classe ouvrière plus généralement sont clairement exposées par Marx : « avec le développement de la soumission réelle du travail au capital ou mode de production spécifiquement capitaliste, le véritable agent du procès de travail total n’est plus le travailleur individuel, mais une force de travail se combinant toujours plus socialement. Dans ces conditions, les nombreuses forces de travail qui coopèrent et forment la machine productive totale, participent de la manière la plus diverse au procès immédiat de création des marchandises, ou, mieux, des produits : les uns travaillant intellectuellement, les autres manuellement, les uns comme directeur, ingénieur, technicien ou comme surveillant, les autres, enfin, comme ouvrier manuel, voire simple auxiliaire. Un nombre croissant de fonctions de la force de travail prennent le caractère immédiat de travail productif, ceux qui les exécutent étant des ouvriers productifs directement exploités par le capital et soumis à son procès de production et de valorisation.
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J. Août 2006
Texte paru dans: « Perspective Internationaliste »
[1] Gide, Retour de l’URSS, Paris, Gallimard, 1936. Repris dans Gide Voyages, Paris, Gallimard, 1993, p. 418.
[2] Voir nos textes de débat sur les logiciels libres dans Perspectives Internationalistes n°44.

[3] Voir notre critique de Empire dans PI n°40.
[4] M. Hardt & A. Negri (2004), Multitude : guerre et démocratie à l’âge de l’Empire, Paris, Éditions La Découverte 407 pp.
[5] op. cit. p. 141.
[6] Gorz, op. cit. p. 33
[7] Marx, K. Un chapitre inédit du capital. Editions 10/18, Paris, 1971, p. 200.
[8] Marx, op. cit. p. 218.
[9] Marx, op.cit pp. 219-220.
[10] Marx, op. cit. p. 202.
[11] Marx, op. cit. p. 221.
[12] Marx, op. cit. p. 222. 
[13] Marx, op. cit. p. 239.
[14] Marx, op. cit. p. 249.
Pour une critique de Hardt et Negri, voir également le livre d’Anselme Jappe et Robert Kurz, « Les habits neufs de l'Empire » (Lignes, 2004), Texte: Empire. Le monde en crise comme disneyland de la multitude (Hardt-Negri).  

Toulouse, Montauban, des Crimes d’État nécessairement

Seuls les États ont les moyens de fournir une telle logistique à de tels professionnels du terrorisme.  C'est donc du coté de la politique internationale et nationale  des États que se trouvent les vraies raisons de ces meurtres. 
Dans le passé des relations conflictuelles avec les régimes libyens, iraniens et syriens ou algériens et pakistanais étaient à l'origine de nombreux attentats en France, toujours attribués à des sous-fifres et jamais révélés pour ce qu'ils étaient réellement. L'exploitation médiatique de ces nouveaux crimes à tout juste commencé et favorise le pouvoir en place dans ses noirs dessins de se maintenir à tout prix au sommet de l’État français. 
Toutes questions et toutes critiques seront assimilés à des actes de terrorisme et ce bref texte en est déjà un. La suspensions de la campagne électorale conduit tout droit à une réélection triomphale de Sarkozy et sa clique. La participation à cette mascarade électorale vient d'augmenter subitement d'au moins 20%...
La variétés des cibles choisies par le tueur présumé ne peut bénéficier qu'au pouvoir en place:
Jeunes, lycéens mais d'élite, enseignants, parents d’élèves, enfants, militaires professionnels, parachutistes, maghrébins, antillais, arabes, kabyles, juifs, français, israéliens...
Le "panel" est complet et en seulement quelques crimes.
Le tout en pleine grève du zèle de la DCRI.
La préparation d'une attaque israélienne sur les équipements nucléaires iraniens avant la fin de l'été pourrait être une des raisons de ces actes qui ont visé des soldats français et des binationaux Israélo-français. En effet la mort de 4 citoyens Israéliens dans ces circonstances troubles rend l’État français redevable pour échapper aux critiques parfaitement fondées des responsables de l’État hébreux.
Dans tous les cas le tueur présumé a gagné 4 jours. Son premier crime n'ayant pas été pris au sérieux par les polices qui pensaient avoir affaire à un banal règlement de compte attribué à des micro-délinquants comme le détail l'extrait d'article plus bas.
Une telle maîtrise de la terreur donne le vertige.
Épilogue de la manipulation

Comme avant lui Khaled Kelkal  (« Finis-le, finis-le ») et l'informaticien HB  Érick Schmitt (armes factices, explosifs factices mais mort réelle pendant son sommeil) lors de l'affaire de la "Maternelle de Neuilly", Mohamed Merah devait mourir et comme HB le deuxième jour. 
Pas de GIGN (trop pacifistes, trop professionnels et sans doutes pas assez contrôlés par les réseaux ad Hoc du pouvoir, voir le film de Mathieu Kassovitz, L'ordre et La Morale) mais l’inoxydable RAID, mieux en mains comme 11e choc policier aux ordres de l'Intérieur depuis sa création par Charles Pasqua, l'ancien mentor de Sarkozy. Un autre choix pouvait être  les soutiers du GIPN comme pour Kelkal. 
Vivants ces hommes auraient témoigné et les fils blancs de leur manipulation seraient  devenus visibles. 
Merah affirmait dans ses déclarations qu'il n'avait pas choisi cette période d'élection présidentielle comme timing pour passer à l'acte mais qu'elle c'était imposée par l'arrivée des moyens dont il avait besoin pour exécuter sa mission. Heureux hasard pour un solitaire sans complices...
Voici quelques Fils Blancs bien apparents:  Les 2 premiers échecs grossiers du RAID dénoncés dans la presse par d'anciens professionnels.
Le temps anormalement long pour résoudre quelques N°IP locaux (6 morts de plus ) et les déclarations des voisins de Merah sur son caractère pathologique et ses excès incroyablement repérables par le dernier des garde-champêtres...



dimanche 18 mars 2012

La police néo-stalinienne à la Bastille


Ridicule !


"Une insurrection civique qui va se donner rendez-vous dans les urnes pour commencer la révolution citoyenne afin  d'améliorer la vie du peuple qui pâtit."  Quelle riche inspiration...

C'est le même troupeau abruti qui se dandinait le soir des deux élections  présidentielles pour célébrer le cagoulard pétainiste degôche Mitterrand.
Admirez les représentants ringards de l'encadrement d'un prolétariat qui ne se laisse plus encadrer aussi facilement. Les nostalgiques du temps passé aux usines pleines de labeur à la chaîne, d'ouvriers quasi-militarisés, de consommateurs de néant. Il faut savoir ne jamais faire grève ...
Ce publique chauvin et nostalgique mérite bien ce Mélanchon sincère comme un scorpion, l'autre face du lepennisme et meilleur allié du sarkosysme..

"Les peuples ont les gouvernements qu'ils méritent" affirmait Hegel.

http://halte-au-front.blogspot.fr

vendredi 16 mars 2012

The American Section of the Situationist International Now in French


The French publishing house Collectif des Métiers De l’Édition (CMDE) has just published, under the rubric “Les reveilleurs de la nuit” (the Night Awakeners), Fabrice de San Mateo’s translations of three documents originally published in the late 1960s by the American section of the Situationist International: Post Mortem Ante Facto; the first (and only) issue of the section’s journal, entitled Situationist International; and the wall-poster entitled “Address to the High School Students of New York.” (Ironically, each of these texts has been out of print in the USA for almost 20 years.) None of these texts has ever been translated into French before, and so the publication of this collection – entitled Ecrits and available for purchase for 13 euros through the publisher’s website – is an important event in France.
The translator’s preface, “Les situationnistes aux Etats-Unis,” offers a succinct history of the American section, which included Robert Chasse, Bruce Elwell, Tony Verlaan and Jon Horelick. Based upon information and documents provided to the translator by Chasse and Elwell, this preface (once translated into English) will be quite helpful to historians of radical movements in America in the 1960s.
We have only one objection, and it concerns A Field Study in the Dwindling Force of Cognition Where it is Least Expected: A Critique of the Situationist International as a Revolutionary Organization, which Chasse and Elwell wrote and published in February-March 1970. Never translated into French, this text was, no doubt, not included in Ecrits because, technically speaking, it is not a publication of the American SI and was, in fact, written after its authors were excluded and/or had resigned from the SI as a whole. Though the SI never responded to it – indeed, the SI never even acknowledged its existence – it is an important text, a fact testified to by the translator’s use of it as a source of reliable information. (It is cited a total of four times in his “Preface.”)
It is for these reasons that the translator’s statement about it – “Whomever wants to get a more detailed idea about the crisis in the American section will, notably, refer to the following publications, which sets out the contradictory points of view of the diverse protagonists: A Field Study in the Dwindling Force of Cognition Where it is Least Expected: A Critique of the Situationist International as a Revolutionary Organization, R. Chasse and B. Elwell, and ‘The Practice of Truth: The Crisis of the Situationist International,’ Jon Horelick (Diversion #1, June 1973)” – is simply insufficient.
First and foremost, as is indicated by the text’s subtitle, A Field Study is not primarily about “the crisis in the American section”: it is a critique of the SI itself. Second, unlike Horelick’s The Practice of Truth , A Field Study is a good critique of the SI as a whole: it is concrete, specific, detailed, and thoughtful. Third, it has never been translated into French (though it has long been available on-line), and so it isn’t clear how someone who is French and doesn’t read English would be able to “refer to it.” Fourth and finally, it does not set “out the contradictory points of view of the diverse protagonists”: it is an internally consistent text and “contradicts” nothing other than the SI’s hermetic view of itself and its final years, especially as this view is presented in Guy Debord and Gianfranco Sanguinetti’s The Real Split in the International, which was published in 1972.

We sincerely hope that the CMDE will someday remedy this deplorable situation by publishing a French translation of this long-neglected text.
See in french

NOT BORED!
13 March 2012

mercredi 14 mars 2012

La DCRI flingue Sarkozy


Des officiers de police de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) ont prévu de tracter vendredi 16 mars à l'entrée du siège de la direction, à Levallois-Perret en effet les manifestations leurs sont interdites.
En pleine campagne électorale !! 
Un must, l'IFOP va devoir faire beaucoup mieux dans la trituration des sondés.

Un système aussi illégitime que celui qui corsète la France depuis 5 ans ne tient que par la mise en avant de sa police. Une mise en spectacle permanente d'opérations bidon pour alimenter la propagande médiatique. 
Personne n'est dupe et certainement pas les flics obligés de faire de la figuration comme a Tarnac et des barbouzeries en tous genre pour défendre le cloaque de l’Élysée. Une police surpuissante pour traquer les voleurs de poules de banlieues et d'ailleurs. Les mafias peuvent dormir tranquillement cette police ne traque que la Micro-délinquance...
L’antiterrorisme c'est faire passer un fumigène pour une bombe nucléaire. Cette police politique est devenue folle sous l'influence des idées tordues du pseudo-criminologue sans doctorat Bauer* qui se voit déjà patron d'une nouvelle Sorbonne dédiée à la Criminologie  absolue.
Mais l'agitation gagne du terrain dans l'institution policière: Le député/flic PS Jean-Jacques Urvoas a allumé la mèche (plus de 30% des députés sont "des services").
Plusieurs agents de la DCRI sont venus me parler depuis la sortie du livre L’Espion du président pour me dire Nous sommes venus sur une mission de service public et nous n'avons pas envie d'être assimilés aux barbouzeries de Bernard Squarcini». 
«Cela fait des mois et des mois qu'il y a un malaise à la DCRI au niveau des ressources humaines, donc nous avons décidé de tracter  vendredi à l'arrivée des locaux pour montrer le mécontentement des officiers», explique Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du Snop (syndicat national des officiers de police).

Version expurgée:Une manifestation historique chez les policiers de la DCRI
Version complète: http://delinquance.blog.lemonde.fr

* La réussite de Bauer est édifiante elle repose toute entière sur la maîtrise des réseaux occultes du pouvoir. Adolescent le bougre devient franc-maçon, la "boite-à-outils du pouvoir" ce qui en dit long sur la dictature réelle sous un déguisement républicain en France. Comme la Cagoule pour Mitterrand, la maçonnerie permet le passage d'un bout à l'autre de l'échiquier politique truqué du pouvoir: De gauche à droite et du jour au lendemain. Une seule idée le contrôle absolu du pouvoir.
Mélenchon est le même genre d'homme, ennemi acharné de la liberté ce provocateur déguisé en populiste degôche sert les réseaux qui l'ont activé. Qu'il fasse crever le vieux PCF dont il a pris le contrôle n'a aucune importance mais  il est aussi celui qui fit interdire Suicide Mode d'Emploi. Il voulut interdire récemment l'occupation de la Sorbonne et se fit éjecter Manu militari...
On voit bien pour qui et pour quoi il travail !

Miam miam

La néo-nourriture dont parlait Guy Debord:

 VIANDE: Le  slime rose 

Le "pink slime", ou "glu rose",  désignent un amalgame de restes de découpe de viande et de tissus de bœuf traités à l’ammoniaque, vendus à bas prix aux États-Unis, mêlés à de la viande hachée, comme de la viande de bœuf régulière. 

Le ministère de l'agriculture américain compte acheter 3 260 tonnes de cette mixture pour fournir les cantines des écoles publiques américaines cette année. Jamie Olivier est parti en croisade contre cette glu de viande, en suivant d'anciens scientifiques du ministère de l'agriculture. L'animateur a remporté une victoire majeure en janvier, lorsque les firmes McDonalds, Burger King et Taco Bell ont annoncé qu'elles cessaient d'en ajouter momentanément à leurs steaks hachés mais seulement aux États-Unis. Les morceaux de bœuf dont elle est tirée n'ont longtemps été utilisés que pour fabriquer de la nourriture pour chiens et de l'huile de cuisine pour vos délicieux hamburgers. Leur traitement à l'ammoniaque, qui élimine les pathogènes de type E. coli et salmonelles, les rend comestibles sans risque pour l'homme. Ils sont ainsi mélangés à de la viande hachée régulière. Selon la chaîne ABC, cette glu est présente dans 71 % de la viande de bœuf vendue en grandes surfaces aux États-Unis, sans que la loi américaine n'oblige les fabricants à en faire mention sur l'emballage. Elle s’ajoute au soja OGM, vous savez le rond brun au milieu du steak haché.

Quelle idées géniale de Valoriser les déchets en fabriquant la viande de hamburger (5 viandes différentes plus la peau et les abats dont les poumons, et les tripes miam miam) avec de bonnes frites cuites dans l'huile de glu-de-bœuf à bas prix et haute teneur en mauvaise graisse. Comme les universelles céréales pour le petit-déjeuné des enfants qui Valorisent les farines de dernière catégorie non-panifiables et autrefois données au bétail, vous allez manger de la bonne glu rose... Le marché l'exige !

dimanche 11 mars 2012

La fabrique des marchandises à l'ère numérique

C'est pour ne pas être une saloperie d'informaticien qu'une éthique hacker est née. "En attendant  la cybernétique, les flics" affirmaient les Enragés de Nanterre.
L'histoire récente de Jean-Pierre LESUEUR (DarkCoderSc) est édifiante car son logiciel DarkCodmet est détourné et utilisé par les flics Syriens pour casser leurs opposants. Conscient d’être à l'origine d'un désastre il passe son temps à réparer ses dégâts et aider les opposants a détecter les versions détournées de son logiciel.

Au cours d'une réunion publique organisée en février 2011 par « Faut pas pucer » sur le thème de l'informatique, des paroles ont été échangées autour du rôle des nouveaux outils numériques dans l’élevage et, au delà, dans tout un tas de situations de nos quotidiens respectifs. J'y étais convié, pour ma part, afin d'évoquer les ressorts et les conditions de la fabrication de ces outils. Cela a permis de tracer avec les personnes présentes des liens entre l'activité d'ingénierie informatique et les nuisances induites dont chacun pouvait témoigner. Je voudrais restituer dans ce texte quelques uns de ces liens tels qu'ils ont été formulés au cours de la discussion. J'y ajouterai aussi quelques éléments supplémentaires qui n'ont pu être développés sur le moment, faute de temps ou tout simplement parce qu'ils ne me sont apparus qu'ultérieurement. 
 
Un premier constat, qui a été dressé en introduction de la réunion et qui justifiait son thème, est que le puçage des animaux d'élevage n'est qu'un chaînon dans la connexion de l'activité humaine  aux machines bien particulières que sont les ordinateurs. Ainsi, l'éleveur constate l'avancé de la numérisation par de nouvelles contraintes qu'on impose dans son travail quotidien, comme passer de la boucle aux puces. Il y a, à cette occasion, le sentiment justifié qu'un seuil est franchi et que l'on peut susciter une lutte contre un système gestionnaire dans son ensemble en prenant appui sur ce nouvel aspect. Vu d'une position légitime pour défendre un certain rapport au monde, les justifications avancées pour le puçage apparaissent rapidement pour ce qu'elles sont : non pas dans les usages proposés à celui qui va équiper son troupeau, mais dans la supervision par l'appareil gestionnaire que cet équipement sous-tend. Cette supervision est indissociable de la chaîne de traitements informatiques qui constitue la partie immergée de l'iceberg face à laquelle nos luttes sont souvent aveugles et viennent buter sans perspective de dépassement. D'autres témoignages au cours de la réunion ont aussi illustré ce constat dans d'autres secteurs comme la santé, l'enseignement ou les organisations de travail. Une des personnes présentes s'est alors écriée en substance : « Qui sont ces bâtards qui fabriquent ces saloperies ? ». La réponse à cette question nécessite d'exposer plus en détail comment et pourquoi on fabrique ces saloperies, et tout d'abord quelle est la nature de ces saloperies.
 
L'ordinateur est une machine à « traiter mécaniquement de l'information ». « Mécaniquement » veut dire que les opérations s’enchaînent de façon déterminée, sans échappatoire possible : en partant d'un état A, elle arrive forcément à un et un seul état B qui est déjà contenu virtuellement dans A. Comme l'ordinateur a la capacité d'aller de A à B beaucoup plus rapidement que n'importe quel être humain, il nous semble que l'ordinateur développe une capacité magique à faire des choses (in)sensées, mais il ne s'agit pourtant que de parcourir un chemin balisé pas à pas. « Information » est à prendre dans un sens restreint comme un ensemble de symboles formels : il n'y a pas de possibilités pour la machine de leur attribuer une signification puisque cet aspect des choses n'est justement pas « mécanisable ». Cependant, cette machine « nue » n'est qu'une potentialité : elle est construite pour être capable de mener à son terme n'importe quel traitement mécanique de symboles formels. Pour qu'elle puisse concrètement en mener un en particulier, il faut lui y introduire un logiciel, c'est-à-dire la description formelle d'un traitement particulier. Assez paradoxalement, c'est donc l'ordinateur en tant que machine physique qui représente une totalité virtuelle et abstraite alors que l'aspect immatériel de l'informatique constitué par l'ensemble des logiciels réalisés dans tel ou tel but en est la part concrète connectée réellement à nos activités.
 
C'est le rôle de l'ingénierie informatique de fabriquer ces automates immatériels particuliers que sont les logiciels. Ceux qu'on appelle les informaticiens réalisent cependant cette tâche en interaction avec d'autres acteurs, même s'ils verrouillent jalousement la façon dont ils vont accomplir leur part du boulot. On peut définir schématiquement trois figures qui vont assumer trois rôles différents dans la réalisation d'un logiciel. Dans certaines circonstances, une même personne peut assumer plusieurs rôles, mais la manière dont on fabrique des logiciels l'incitera généralement à les distinguer dans le cours de sa propre activité.
 
1  L'informatiseur fait un travail de mise en forme des activités humaines. C'est-à-dire qu'il produit une description formelle de ces activités qui vont en retour constituer le cadre dans lequel ces activités pourront et devront être accomplies. Il construit  un modèle d'où sont évacuées toute ambiguïté et toute incohérence. Cela passe généralement par des « traductions » successives partant de ce que l'informatisé exprime pour aller vers le modèle qui pourra servir de base au travail de l'informaticien. En quelque sorte, il s'agit de faire en sorte que le « locuteur » de l'activité saisie ne soit plus la personne qui s'active mais le logiciel qui représentera cette activité. Il faut donc passer d'un discours, toujours spécifique à un contexte, riche de sens, susceptible d'interprétation, à un langage générique, univoque et automatisable. Les étapes successives de cette « traduction » peuvent être prises en charge par différentes institutions qui se passent éventuellement le relais, depuis la recherche scientifique au management d'entreprises en passant par les organisations professionnelles ou les administrations publiques.
 
2  L'informatisé participe de façon ambivalente à la saisie de son propre monde en répondant aux sollicitations de l'informatiseur. Il agit ainsi le plus souvent par désir de reconnaissance de sa propre activité, en se faisant plein d'illusions sur l'intérêt soudain que l'on prête à ses propos. Dans le domaine de l'élevage ovin, un exemple frappant de ce type d'interaction est constitué par l'ouvrage Un savoir-faire de bergers[1] où sont assemblés des articles scientifiques et des interviews de bergères et de bergers. On peut y lire à la fois leurs évocations du métier de berger (pp. 295 et suivantes), mais aussi des descriptions désincarnées en terme scientifique telles que la « forme amiboïde à pseudoposes » des troupeaux en alpage (p. 107) ou la « représentation prototypique de l'organisation d'un menu au pâturage » (p. 160), tout ça assemblé dans la perspective de « revaloriser le métier ». Nul doute que les « forme amiboïde » et « représentation prototypique » finissent par se retrouver dans un logiciel de gestion du troupeau estampillé INRA et adopté avec ou sans enthousiasme par des bergers revalorisés...
 
3  L'informaticien fabrique la machine particulière que concrétise chaque logiciel en ignorant totalement les mondes qui peuvent être bouleversés par leurs usages. En effet, son interlocuteur direct et unique est l'informatiseur. Celui-ci lui fournit les éléments requis pour accomplir sa tâche sous la forme de « spécifications ». L'informaticien n'en conteste le contenu que si celui-ci n'est pas suffisamment cohérent pour mener cette tâche à bien. C'est bien souvent d'ailleurs une position revendiquée par l'informaticien qui se voit comme le virtuose d'une technique à la fois spécifique qu'est l'ingénierie logicielle, et très générique puisque la pratique de l'informaticien se déplace de projet en projet en changeant de contexte sans changer de contenu. La carrière professionnelle d'un informaticien se déroule selon une succession de « missions » où il lui est demandé à chaque fois de justifier le salaire qui va lui être versé par une liste de compétences aussi formelles que les spécifications qu'il reçoit de l'informatiseur.
 
Faut-il en conclure que le déferlement informatique est dû à l'alliance entre la pulsion gestionnaire de l'informatiseur, la naïveté ou la frustration de l'informatisé et la lâcheté irresponsable de l'informaticien ? Je ne crois pas à cette explication car elle fait intervenir des ressorts (im)moraux dont la combinaison systématique est peu probable à l'échelle de tout un secteur d'activité, a fortiori à l'échelle de la société. Si l'on est convaincu que l'Homme est un loup pour l'Homme et que cela fonde toute société, cela ne sert pas à grand chose d'expliquer en quoi la notre est néfaste, et a fortiori de vouloir en changer : celle-là ou une autre feront toujours l'affaire. Je n'y crois pas non plus du fait que ces trois rôles ne sont pas distribués entre des individus distincts une bonne fois pour toutes mais se manifestent souvent au sein d'une même personne dans telle ou telle situation : l'informatiseur d'un jour peut être l'informatisé du lendemain ou l'informaticien de la veille. Il doit donc y avoir un trait commun qui explique que l'on puisse adopter l'un ou l'autre rôle tout en restant en phase avec les ressorts qui animent le déferlement informatique. Pour identifier ce trait commun et entamer une critique de ces ressorts, on peut aborder la question suivante : « pourquoi fabrique-t-on des logiciels ? ».
 
La cause formelle de la réalisation et de l'utilisation d'un logiciel repose effectivement dans des « décisions » à visée gestionnaire, mais qui sous-tendent toujours une cause finale : la production de marchandises procède de leur valeur, pas de leur contenu. Quels que soient les conflits – et les rapports de force induits – qu'entraînent les « décisions » qui en découlent, on ne peut qualifier ces « décisions » de politique. Il s'agit en fait de « décisions » à caractère automatique : un certain nombre de conditions déterminent la direction optimale et donc inéluctable qu'il faut emprunter. Pour le gestionnaire, les conditions à partir desquels il va mettre en balance sa « décision » sont deux aspects complémentaires de la société marchande :
 
-        Il y a les pratiques concurrentielles, d'une part entre producteurs d'un même secteur pour gagner des parts de marché synonymes de survie économique, et d'autre part entre secteurs différents pour se rendre plus attractifs vis à vis du capital qui cherche l'investissement le plus rentable possible.
 
-        Il y a la nécessité de préparer le produit de ses activités aux épreuves marchandes, c'est-à-dire à leur mise en équivalence. Pour cela, il faut un référentiel normatif définissant tout simplement qui aura le droit de se soumettre à ces épreuves : c'est le rôle des normes, standards, réglementations, certifications et outils de gestion intégrant tout une filière.
 
La concurrence induit l'alignement des producteurs sur un niveau de productivité moyen toujours plus élevé. Dès que l'un se détache par une innovation, certains le rattrapent en adoptant celle-ci, les autres disparaissent du tableau. D'autre part, lorsque les producteurs dans leur ensemble butent sur une limite de productivité que la mécanique concurrentielle ne permet pas de dépasser du fait du caractère non rentable de l'investissement, une nouvelle norme permet d'induire un saut simultané. Ainsi, aussi bien la concurrence que la normalisation contribuent à transformer et reconstituer ad nauseam les conditions de la dynamique de la valeur, et par la même d'assurer sa continuité à l'échelle de la totalité sociale  : il y a toujours autant de valeur produite, mais la quantité de marchandise nécessaire pour cela a augmenté.
 
La pression actuelle autour du puçage s'inscrit dans un moment normatif de la dynamique de la valeur. Cette pression provient du fait que la perte relative de productivité qui ne peut plus s'élever sous la seule pression de la concurrence est actuellement compensée par la distribution de subventions. Il est en effet malgré tout primordial pour les autorités publiques que les producteurs agricoles n'abandonnent pas leur activité massivement faute de viabilité économique[2]. Cependant, la distribution de ces subventions est elle-même devenue un poids insupportable pour des institutions publiques impactées par la crise (État nationaux, Union européenne..). Elles n'ont pas d'autres issues que de relancer la dynamique de la valeur pour s'extirper de ce bourbier et dispose pour cela du levier de la normalisation. Une élévation de productivité pour l'ensemble du secteur de l'élevage est ainsi attendue de l'usage de l'informatique[3] au sein d'une filière plus intégrée autour d'un outil de gestion commun où sont collectées toujours plus de données sur les individus, notamment pour le traçage phylogénomique du cheptel à l'échelle du continent[4]. La puce implantée sur les animaux n'en est qu'un périphérique, mais elle doit être utilisée systématiquement pour en tirer le bénéfice attendu. La réglementation prend alors forcément un tour plus coercitif, notamment par la menace de la suspension des primes.
 
Si l'activité que la normalisation s'estime légitime à régler n'était pas un « travail » producteur de  marchandise, c'est-à-dire de valeur, il n'y aurait justement pas de saisie possible par un appareil gestionnaire, car plus de déterminations extérieures qui orientent la pratique en opérant à l'échelle de la totalité de l'activité en question. Chaque décision liée à une pratique « productive » pourrait de nouveau prendre un caractère politique. Ne plus produire sous forme de marchandises pourrait tout autant susciter la répression que le refus du puçage, mais on pourrait alors lutter contre un adversaire affaibli.
 
 
 

[1]    Un savoir-faire de bergers, ouvrage collectif sous la direction de Michel Meuret (INRA), éditions educagri & Quae.
[2]    Si cela n'était pas pris en charge, il est probable que les gens – « producteurs » et « consommateurs » –  s'organiseraient en dehors de l'économie pour ne pas mourir de faim, privant de fait l'autorité des fondements sur lesquels elle organise le prélèvement de ses propres ressources.
[3]    C'est clairement d'ailleurs la voie empruntée massivement par l'ensemble de l'économie depuis 40 ans. Cela constitue le fondement le plus sûr du déferlement informatique. Informatiseur, informatisé et informaticien se rejoignent donc sur ce terrain où les rôles peuvent se répartir au gré des circonstances. Il suffit qu'ils adhèrent séparément à une vision naturalisée du travail comme activité productrice de marchandises, et donc de valeur, pour que leur connexion se fasse inéluctablement dans le cadre de projets d'informatisation. Il resterait à décrire en quoi la lignée technique que représente l'ordinateur s'inscrit de façon spécifique dans le mouvement général de la valeur, mais cela ferait l'objet d'un autre article.
[4]    La meilleure illustration des liens que je viens d'évoquer se trouve dans un article publié dans une revue professionnelle qui manifeste ainsi qu'elle n'a d'autre fonction que celle de plaquette publicitaire : Élevage – le bénéfice des Systèmes d'information et des technologies numériques in Chambres d'agiculture n°1003 – Mai 2011, pp. 29 à 36 (la majuscule capitale à « Systèmes » est dans le texte) et notamment cette citation explicite : « La valeur des produits agricoles est conditionnée par l'information qui leur est attachée », p. 36
 

vendredi 9 mars 2012

Aux Crapules UMP

Salopes,

Le spamming est interdit dans ce beau pays de France paradis des flics. Pourtant nous avons reçu une dizaine de publicités mensongères pour le Produit Sarkozy. Si ces pollutions  continuent à remplir les poubelles de nos boites mails nous riposterons par un appel à casser l'ensemble de vos sites internet.
Nous savons aussi qu'un grand nombre de lettres sont adressées nominativement aux électeurs des 4, 5, et 6e ages à partir des fichiers électoraux encore une interdiction bafouée...
De plus le téléphone est utilisé massivement dans le même but et visant les mêmes cibles. Certes ils n'est pas interdit de faire voter les électeurs malades d’Alzheimer mais dans quel but ?
Vos élections ne nous intéressement pas mais la pollution des esprits est un crime grave que nous dénonceront comme nous l'avons toujours fait.
Que fait la CNIL, que fait Hadopi ?
Nous sommes légion a vous dire Merde !


Copie du spam Sarkozy
Un constat étonné:

mercredi 7 mars 2012

"Aux États-Unis l'hépatite C est devenue plus meurtrière que le SIDA"

Le HVC peut résister indéfiniment à l'eau de Javel

Selon une  étude des autorités sanitaires américaines, l'hépatite C est devenu en 2007 une cause de mortalité plus importante que le SIDA. Ceci s'expliquerait en partie par la progression des traitements prescrits contre le VIH.
L'hépatite C a fait davantage de morts que le VIH aux États-Unis en 2007. C'est du moins ce que révèle un récent bilan établi par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis (CDC). D'après les chiffres fournis, cette année-là, 16.000 personnes ont trouvé la mort à cause du virus de l'hépatite C qui s'attaque au foie et aboutit à une maladie incurable. En comparaison, le virus du SIDA aurait été à l'origine de 12.734 décès sur la même période.
.D'après les chercheurs, le fait que les décès dus au virus de l'hépatite C soit désormais plus importants que ceux causés par le SIDA, s'explique par les progrès réalisés dans le traitement du VIH, avec le développement de thérapies efficaces et de campagnes de sensibilisation. "La même approche pour la prévention de l'hépatite virale pourrait conduire à des résultats similaires avec le temps", conclut ainsi l'étude des CDC. 

DOPPELTE ENTWERTUNG


Was ist der tiefste Grund von ökonomischen Krisen? Oft wird gesagt, der produzierte Wert könne mangels Kaufkraft nicht realisiert werden. Aber warum gibt es zu wenig Kaufkraft? Weil in Wirklichkeit zu wenig Wert produziert wird und deshalb die regulären Löhne und Profite zu gering sind. Und warum wird zu wenig Wert produziert? Weil die Konkurrenz auf dem Weltmarkt durch technologische Entwicklung und betriebswirtschaftliche Kostensenkungsprogramme zu viel Arbeitskraft überflüssig gemacht hat. Es ist aber gerade die Arbeitskraft als Kapitalbestandteil, die allein neuen Wert produziert. Insofern ist die Freisetzung von Arbeitskraft nicht bloß ein Problem für die Betroffenen, sondern ein Problem des kapitalistischen Systems.
Die Krise beginnt also mit der Entwertung von Arbeitskraft. Wenn aber mit immer weniger Arbeitskraft immer mehr Waren produziert werden, sinkt auch deren Wert. Weil dann in der Konkurrenz weniger Wert verteilt werden kann, entstehen Überkapazitäten der Produktion. Jetzt werden auch die Waren entwertet. Immer mehr Unternehmen gehen bankrott oder müssen Fabriken schließen, deren Sachkapital (Produktionsmittel) ebenfalls der Entwertung anheimfallen. Wenn nicht neue Produkte wieder Massen von Arbeitskraft mobilisieren, eskaliert die Krise in einer Entwertungsspirale.
Eigentlich haben wir es heute weltweit mit einem solchen Entwertungsprozess zu tun. Aber die Krise wurde angestaut. Verschuldungs- und Finanzblasen schienen auch ohne Anwendung von Arbeitskraft neuen Wert ohne Ende hervorbringen zu können. Seit sich das weitgehend „arbeitslose“ Geldkapital in Finanzkrächen und Schuldenkrisen zu entwerten beginnt, sind die Notenbanken in die Bresche gesprungen. Sie pumpen weltweit aus dem Nichts geschöpftes Geld mit immer längeren Laufzeiten in das Bankensystem. Die EZB hat die Ausleihfrist von maximal drei Monaten zuerst auf ein Jahr, inzwischen auf drei Jahre erhöht und unter dieser lockeren Bedingung in zwei Tranchen binnen eines Vierteljahrs mehr als eine Billion Euro an die Banken verteilt. Der größte Teil dieses Geldes verhindert die Entwertung der faulen Kreditmasse, hält die maroden Bilanzen von Banken wie Konzernen über Wasser und treibt die Aktienkurse. Damit wurde ein gewaltiges Inflationspotential aufgebaut, das vorläufig im Finanzüberbau verharrt.
Auf der anderen Seite reicht aber der Stau bei der Entwertung von Schulden und Wertpapieren allein nicht aus, um die Entwertung der realen Kapitalbestandteile weiter aufzuschieben. In der EU hat die Arbeitslosigkeit den höchsten Stand der Nachkriegsgeschichte erreicht. Die Ökonomie der Schuldenstaaten stürzt ab und droht die Weltkonjunktur mitzureißen. Großbankrotte wie bei der Drogeriekette Schlecker kündigen einen neuen Schub in der Entwertung des Sachkapitals an. Die gesamte französische Autoindustrie steht auf der Kippe, in Deutschland geht Opel schon wieder die Luft aus.
Sobald sich aber die Geldschwemme der Notenbanken über die Rettung der Bilanzen hinaus in reale Nachfrage verwandelt, wird das Inflationspotential abgerufen. Weil die Krise so lange angestaut wurde, könnte es sogar sein, dass zum ersten Mal in der Geschichte des Kapitalismus gleichzeitig eine Entwertung des Geldmediums selbst und großer Teile des Kapitals (Waren, Produktionsmittel, Arbeitskraft) stattfindet. Diese doppelte Entwertung würde bedeuten, dass die „auf dem Wert beruhende Produktionsweise“ (Marx) als Ganzes ihren historischen Bankrott anmeldet, weil sie keine gesellschaftliche Reproduktion mehr tragen kann.

Robert Kurz

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