mardi 17 janvier 2012

Occuper les Pôle emploi

Pourquoi occuper les Pôle emploi ?

Pourquoi Pas !

Des chômeurs en colère emmurent un Pôle emploi à Rennes

Bientôt des nouvelles en région parisienne...
 
Hier c’était à la CAF de Lille
Aujourd’hui, c’est à Rennes
11h: La direction territoriale de Pôle Emploi Rennes, Villejean, Route de Vezin est occupée assemblée générale en cours.
Vous êtes invités à rejoindre l’action. Faites passer le mot aux intéressés ! Besoin de monde
17h: RdV à Caen ce 25 janvier: Pôle Emploi doit être au service des chômeurs, des intermittents et des précaires !
ACTUALISÉ AU FUR ET À MESURE des infos qui nous parviendront des ACTIONS en cours,cet article :


Pôle emploi est une courroie de transmission permettant aux discours gouvernementaux méprisant à l’égard des dits « assistés » de prendre corps à travers les mesures visant à suspecter, fliquer, infantiliser, culpabiliser les chômeurs tenus pour responsable de leur sort !
Lutter contre le chômage ? Mon Cul !
En réalité pôle emploi radie 500 000 chômeurs par an non pas parce que ces derniers auraient retrouvé un emploi mais parce qu’ils n’ont pas été d’irréprochables demandeurs d’emplois. Ils n’ont pas accepté n’importe quel travail à n’importe quel prix dans n’importe quelles conditions ! Ils ont refusé un énième stage CV inutile ! Ils en ont eu marre des contrôles mensuels -qui n’apportent aucun soutien concret sinon la peur au ventre- et se sont laissés radier ! La résistance se paie au prix fort quand on est au chômage !
Seul un renversement de rapport de force peut être en mesure de changer la donne !
Les Kapos-conseillers à l’emploi sont  soumis à des pressions managériales qui les obligent à suivre la politique de la maison, de vrais esclaves.
Jusqu’à ce qu’ils ploient sous l’injonction à gérer toujours plus de « dossiers » de chômeurs, lesquels recouvrent parfois des situations dramatiques. Ou encore qu’ils acceptent de trahir leurs convictions, en se faisant l’instrument de la machine à radier...
Ce ne sont pas les faits divers qui manquent témoignant d’une crise réelle parmi les kapos-salariés d’une institution brisant des vies de part et d’autre du guichet.

Occuper cet espace, y imposer des revendications en mesure d’améliorer immédiatement les conditions de vie des chômeurs et précaires est une nécessité !

Pourquoi justement le 17 janvier ?

Un sommet qualifié cyniquement de « social » est convoqué le 18 janvier à l’initiative du gouvernement qui cherche à faire bonne figure en période pré-électorale. Entendons par là qu’il s’agira de présenter aux « partenaires sociaux » tout un lot de mesures visant à rendre le travail encore plus flexible, afin de permettre au patronat d’être plus libre dans sa politique de classe : exploiter au maximum le « potentiel productif » à moindre coût. L’une de ses mesures consiste à remplacer tout ou partie des cotisations patronales sur les salaires, par une augmentation de la TVA - impôt des plus inégalitaire puisqu’il pénalise davantage les pauvres que les riches. TVA baptisée « sociale », bien entendu. Qu’apporteront ces « solutions » du pouvoir aux conditions de vie des précaires qui s’étendent aux statuts garantis d’hier ?
Rien, hormis du pire encore : l’ajout d’une dose supplémentaire de soumission pour tous ceux qui sont ou ceux qui se retrouveront à nouveau provisoirement dans une entreprise. Puis des fins de mois encore plus difficile à boucler pour un plus grand nombre !
Quelle mesure devons-nous attendre de quelconque gouvernement à la solde du capital dont les vues ne sont que de satisfaire l’économie, bien plus que de satisfaire les besoins des humains ?
Donc: Occupez les pôles emploi à partir du 17 janvier foutre !
Agissez comme des Autonomes par surprise par force et par ruse
Quelques liens:
Mouvement des Chômeurs et Précaires en Lutte de Rennes
mcpl2008 gmail.com
http://mcpl.revolublog.com

http://coordinationbretagne.wordpre...

 
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Les Poubelles du Crime

Tout cela ressemble à la stratégie d’assèchement de la "Bataille d'Alger" Poitiers, patrie d'Ali la Pointe...

[Poitiers] B.A.C à poubelle !

Il est environ 23h le 28 décembre, nous nous trouvons sur le parking du nouveau Spar de Saint-Benoît. Ces poubelles ne nous ont jamais trahi sur l’abondance de nourriture, encore tout à fait consommable, qu’elles contiennent. Triste constat du consumérisme ambiant, mais grande réjouissance face à la semaine de survie qu’elles nous offrent.

Lorsque les polices connaissent jusqu'aux Poubelles que vous fréquentez il-y-a de quoi s’inquiéter, non ?

Un seul détail nous échappe : ces poubelles sont privées. Alors, au même titre que de se servir dans les rayons sans payer, se servir dans les poubelles, c’est du vol. On ne voulait pas y croire, mais les flics, eux, ont bien profité de l’occasion. Une voiture de la BAC (Brigade Anti Criminalité) nous intercepte donc sur le parking nous ayant vu, de loin, garés près du local à poubelle. « Surveiller les zones économiques, ça fait partie de notre travail. » Nous n’avons pas nos papiers sur nous, mais ce n’est plus qu’un détail. Ils nous connaissent bien ce qui suffit largement pour nous emmener au poste après recherche d’éventuelles traces d’effraction de notre soi-disant introduction dans le local. La voiture est emmenée au commissariat, le chien à la SPA et nous deux en cellule.
Pas d’effraction. Mais ils ne nous lâcheront pas comme ça. C’est un beau délit qu’ils ont intercepté ce soir-là : vol en réunion avec ruse ! Les flics ne manquent pas de nous le mentionner : « votre physique le permet… ». On se serait donc faufilés, mais quelle ruse !
Après une quinzaine d’heures de garde à vue, nous sommes présentés au tribunal. Comparution immédiate, nous la refusons. Le procureur, M. Casassus-Builhe, demande notre placement en détention provisoire. Est-ce encore une ruse pour nous empêcher de réitérer cet abominable délit ? Après 20 minutes de délibéré, le juge nous laisse libre avec une convocation au tribunal le 23 janvier 2012 à 14h. Un peu plus et une poubelle nous emmenait à Vivonne !
La démesure de cette affaire nous laisse sans voix. Mais nous en tirons une bonne leçon : certaines ordures ne se trouvent pas dans les poubelles…

Si comme nous vous trouvez cette répression totalement injustifiée, venez nous soutenir le 23 janvier 2012 à 14h au palais de justice à Poitiers.

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux affirme sa solidarité sans faille avec les militants poursuivis et appelle à venir les soutenir.

mercredi 11 janvier 2012

Aspect de la France

Fin du AAA =  Fin du Sarkozisme

Avec le dernier en date des complots de l'IGS qui fait la UNE, et achève de déconsidérer la haute hiérarchie policière en place, l'un des seuls moyens de l'équipe Sarkozy, pour espérer durer encore un peu, c'est de provoquer à Mort les cités (Lire PDF). Inutile d'évoquer le terrorisme manipulé c'est la base même de ce pouvoir.
En déclenchant une réaction suffisamment forte pour ébranler l'opinion, une déferlante de violence qui permette de faire oublier les affaires et surtout de se rendre indispensables pour tous les trouillards amateurs d'ordre qui se shootent à la télévision.
Déjà deux hommes sont morts dans des opérations de basse police injustifiées, l'année commence bien...

L'adhésion aux idées du FN est plus forte qu'en 2002 

12% des Français croient encore aux "Moustiques Sidaîques" 

Du Le Pen 1989... !

mardi 10 janvier 2012

La fem-garoue


Un blog étonnant que l'on pourrait qualifier de Critique-féministe-Critique de la Valeur 
Donc Critique de la Valeur et du Genre...

"...Bon - allez, y en a marre du relationnellement correct et de la bien-disance, avec leurs circovolutions et leurs fausses questions qui contiennent les réponses. Oui, je suis anti-sex. Et je l'ai somme toute toujours été. Comme d'autres sont pro-sex. Je suis anti-sex comme on est anti-argent, anti-travail ou anti-pouvoir, je sais pas, Je me refuse à ces formes tyranniques sans lesquelles on ne peut être socialement, ni même se regarder. Sans espoir évidemment que nous en puissions sortir, mais parce qu'il faut des gentes contre ça. 
 

Ce qui n'est pas gratuit - je vous en réponds ! Il y a fort à parier que les saloperies répandues sur mon compte depuis que j'ai claqué la porte de ce qui s'était révélé être une espèce de club de rencontre pour exotisantes et indigènes constituent les représailles des unes et des autres pour avoir dévoilé leurs buts effectifs.
Je suis une sexworkeuse anti-sex. Beh oui. Ce n'est pas tant que ça un paradoxe. Beaucoup de nanas qui bossent là dedans sont pas des enthousiastes de la sexualité. Souvent ça prend des colorations très classi
ques. Je ne les renie pas, je suis aussi dans le ressentiment et le dégoût, mais plus encore dans la volonté de déboulonner. De comprendre pourquoi cette "naturalité bis" jusque chez les prétenduEs "antinaturalistes", cette hégémonie du "cul c'est classe". Et des dégâts consécutifs.
J'imagine tout à fait, d'ici un certain temps, un réseau anti-sex, comme ça sans e à la fin, pour bien montrer qu'il s'agit, au delà du refus, d'une offensive et d'un travail (encore un !) de changement.


M'enfin bon, au même moment je me dis, un "réseau", encore un, et qui va encore justement contenir en germe cette angoisse et terreur de prendre position seule et par soi-même, bref cette haine de la solitude qui est la gélatine même des mouvements et milieux...
On se débrouillera bien toutes seules !
Olé !..."

lundi 9 janvier 2012

Petit papa Guéant ne ment jamais !

 Il déclarait le 1er Janvier 2012:

"La nuit du réveillon a été calme partout en France"

La preuve !

Des violences ont été déclenchées par l'arrestation «musclée» d'un homme de 30 ans (10 voitures de police et 2 chiens d'attaque pour un Teufeur du réveillon, quand on pense à tout ces terroristes armés de bouteilles de champagne sur les Champs...), durant la nuit de la Saint-Sylvestre. 

 Clermont-Ferrand: Décès de l'homme plongé dans le coma depuis son interpellation.

Depuis, la préfecture redoute des débordements. Le dispositif de sécurité sera maintenu ce lundi soir. Quelque 460 fonctionnaires de police et de gendarmerie, contre 200 les nuits précédentes, ont été mobilisés la nuit dernière à Clermont-Ferrand. Deux hélicoptères - l'un équipé d'une caméra thermique, l'autre d'un projecteur - ont épaulé les forces de l'ordre et seront à nouveau en action la nuit prochaine. Les drones nucléaires ne sont pas encore en service ni les robots tueurs...


‎Triste réalité...

Et Maintenant un Scoop !
Accrochez-vous, voila à quoi servent médiats, Maires  et police: Première page du site du torche-cul La Montagne, admirez la manipulation grossière:
Oui Wissam El-Yamni est mort !
Un de trop ?
Oui COPWATCH est INDISPENSABLE !
La preuve la série continue...
"...Le jeune homme s'est «écroulé seul», confie une source proche de l'enquête au Parisien.fr. «La victime est décédée à l'hôpital, ajoute cette même source. Il aurait consommé une forte dose de cannabis»..." 
Il serait donc la première personne au monde  DCD d'une dose de cannabis, intéressante grossièreté !!!

vendredi 6 janvier 2012

Nouveaux Horizons

L'origine de ce Blog-Site avait déjà été expliqué ici:  Pourquoi ce Site 

 Malgré le choix de mettre en ligne avant tout des "Textes de Fond" le besoin de répercuter les "Luttes en cours" c'est fait sentir et un grand nombre de pages sont des réactions immédiates à l’actualité (luttes sociales, révolutions Arabes et autres, catastrophes diverses, crapuleries politiques variées...). Certains de ces textes ont déjà été retirés, d'autres le seront également. 

Cette formule a fait son temps et le fouillis laisse à peine surnager les deux axes majeurs choisis: Le Debordisme et ses évolutions, la Théorie de la Valeur et son développement. La rencontre évidente des deux courants est même incarné par l'universitaire-théoricien Anselm Jappe un des animateurs de KRISIS. Pour autant ce sont les derniers travaux des scissionnaires d'EXIT et en premier lieu de Robert Kurz qui ont notre faveur et nous dirons pourquoi.

Quelques compléments seront sans doutes apportés au passé des "années SIDA" et à l'histoire des Autonomes de l'ACS.

Ce chapitre est clos depuis longtemps et seul le recul de 20 années autorise des précisions qui n'ont encore jamais été apportées sur les différentes pratiques dans les années 1986/1994

Il est temps désormais d'expliquer le cheminement de la Théorie Critique et de ses dernières découvertes qui remettent en cause les bases les mieux connues du "Projet Révolutionnaire" tel qu'il était défini par Guy Debord et son courant d'idées, le plus avancé jusqu'au mûrissement de la "Théorie de la valeur et du Genre". De Nouveaux horizons s'ouvrent devant nous mais ce moment historique est aussi et surtout celui du gouffre de l'effondrement du capitalisme, époque de tous les dangers.
Un autre sujet sera évoqué celui de la Contamination par les hépatites qui chemine doucement mais sûrement dans l'hombre du SIDA. On pourrait dire que "L'arbre du SIDA cache la forêt des hépatites"...
L'arrivée des Trithérapies (encore en protocoles, ATU et autres) offre enfin (comme à partir 1995 pour le SIDA) un petit espoir aux malades des hépatites C, nous y reviendrons.

Un ami de Raoul Brouette*


* Surnom ou nom de guerre de Philippe Labbey. Il faisait référence à un épisode de son enfance, lorsqu'il devait ramener à la maison et dans une brouette son paternel ivre-mort et incapable de sortir du Bar. On est assez loin des Paysans Communistes de Tarnac gavés au bon lait des placements financiers d'un papa médecins...

jeudi 5 janvier 2012

A propos des polices politiques et de leurs méthodes


Cette prose édifiante de Didier Daeninckx est tirée  d'un site web aujourd'hui curieusement disparu: http://www.amnistia.net  Mais redirigé Publicitaire ...
Ces textes complètent agréablement le suivant: Sans Nuances




Ce soir mardi 3 avril à 20 heures 30 (un soir très lointain...), dans son magazine Secrets d'actualités, la chaîne M6 diffuse un documentaire sur la véritable paranoïa qui s'est emparée des plus hautes instances de l'État, à partir d'octobre 1980, quand le citoyen Michel Colucci, plus connu sous son nom de clown de Coluche, a décidé de se présenter aux élections présidentielles et que les premiers sondages lui ont donné entre 15 et 17% des voix! L’Élysée, alors empêtré dans l'affaire des "diamants de Giscard", a chargé le ministre de l'Intérieur de l'époque, Christian Bonnet, de décourager le comique. Par tous les moyens.
Le commissaire des Renseignements Généraux chargé d'organiser la surveillance, le harcèlement, les campagnes de calomnie, de rumeurs, la déstabilisation du candidat libre, en utilisant jusqu'aux menaces de mort, n'est pas un inconnu pour amnistia.net. Il s'appelle Guy Dauvé, et cette opération couronnée de succès sera la touche finale qu'il apportera à une carrière exceptionnelle débutée au service de l'État pétainiste, puis qui s'est épanouie sous les Républiques gaulliste et giscardienne dans l'ombre de son maître, Maurice Papon. J'avais eu l'occasion, en 1997, de brosser rapidement son itinéraire "professionnel" dans Le Goût de la vérité, réponse à Gilles Perrault.
Guy Dauvé a passé le concours de commissaire au printemps 1943 et a été affecté en octobre de la même année à la première Brigade Spéciale dirigée par Labaume, comme en témoignent les archives du procès de ce dernier qui s'est tenu en mai 1945 (les historiens pourront utilement se reporter à la cote AN, Z6 61, dossier 968). Avant la guerre, le travail de la première section consistait à s'informer sur "les mouvements d'extrême-gauche: socialiste, communiste, anarchiste et sur le cadre syndical de ces partis". A compter de 1941, c'est pour le compte du chef de la Gestapo en France, Boemelburg, que la section des Brigades Spéciales infiltre, détruit la résistance communiste. Dans le journal Franc-Tireur, Madeleine Jacob présentait ainsi le chef de la première Brigade Spéciale:
"Le commissaire principal Labaume était quelque chose comme le Führer des indicateurs chargé de prospecter, si l'on peut dire, les milieux d'extrême-gauche, considérant que cela lui concède des droits à l'indulgence. Un beau tableau de chasse. Aux cinq victimes de son indicateur Rastelli, condamné à mort, il ajoute Picant, Cadras, Politzer, Jacques Solomon, et les nombreux déportés qui lui doivent d'avoir pendant des années, pourri lentement dans les camps allemands".
Une grande partie de ceux qui avaient fait leurs preuves dans la répression anti-communiste aux côtés des Allemands, furent appelés à la rescousse dès les débuts de la guerre froide. Guy Dauvé, lui n'avait pas quitté son service et continuait à tenir ses fiches dans son bureau dont les fenêtres ouvraient sur le Marché aux Fleurs. En 1955, alors que des troubles faisaient des dizaines de morts à Casablanca, il fut envoyé en mission au Maroc pour déterminer la structure des mouvements d'opposition à l'administration coloniale. N'ayant jamais caché ses idées d'extrême-droite ni son combat pour l'Algérie française, il est l'année suivante à Alger quadrillée par les hordes de parachutistes de Massu et Bigeard qui mettent un peuple à la Question.

De retour à Paris, il est avec ses hommes, l'un des plus acharnés dans la traque des responsables du FLN algérien. C'est par centaines que les militants indépendantistes qui tombent dans ses filets sont durement interrogés, et parqués dans des camps comme celui de Thol, dans l'Ain, que Guy Dauvé visitera, pour les besoins du service, à plusieurs reprises. Une description minutieuse de ce camp sera faite au tout début de1962 dans Le Nouveau Candide, l'hebdomadaire d'extrême-droite créé par les services d'espionnage de Constantin Melnik, le supérieur de Guy Dauvé qui a la charge des RG. Jacques Peyrolles, le "journaliste" qui prolongeait idéologiquement le travail des policiers était promis, lui aussi, à une brillante carrière sous son nom d'emprunt de Gilles Perrault (Le roi de l’antifascisme pour bisounours, sincère comme un scorpion).
En octobre 1961, les hommes de Guy Dauvé participent aux rafles, à l'effroyable répression qui ensanglante Paris. "Les Algériens criaient comme des primitifs" avait-il l'habitude de dire. Quelques semaines plus tard, Guy Dauvé reçoit la médaille du Mérite Civil. Le préfet de police, Maurice Papon, lui remet un mot manuscrit qu'il fera encadrer et gardera précieusement jusqu'à la fin de sa vie: "Je sais tout ce que vous avez fait. Votre chef en est fier et vous remercie". Un peu plus tard, il recevra la Légion d'Honneur.                          
Une partie de son travail consistait également à surveiller la presse. Le Canard Enchaîné lui consacrera quelques articulets, et Dauvé menacera à plusieurs reprises de sortir des photos montrant des journalistes dans des situations à l'époque compromettantes. Pour se décontracter, Guy Dauvé écrit un roman que la Série Noire de Marcel Duhamel refuse alors qu'elle publie, sous pseudonyme, un autre célèbre commissaire des RG, Michel Baroin. Les événements de 1968 relancent sa carrière, et il devient un collaborateur précieux de Raymond Marcellin, ce ministre de la police parti en guerre contre l'ennemi intérieur. Infiltrations, manipulations, créations de groupes politiques faux-semblants, de journaux attrape-tout...
Bien avant l'affaire des Irlandais de Vincennes de Barril, des faux époux Thurenge d'Hernu ou des vrais-faux passeports de Pasqua, l'imagination est au pouvoir sur l'Ile de la Cité!
Pendant ce temps là, le fils de Guy Dauvé, qui a pris le pseudonyme de Jean Barrot pour ne pas être identifié par son père (vraiment ? ou par ses dupes ...) , milite à l'ultra-gauche. D'une curieuse manière, puisque c'est essentiellement par son canal que sera assurée la promotion des écrits négationnistes de Paul Rassinier et les textes de banalisation du génocide comme Auschwitz ou le Grand Alibi. A l'insu de son père (encore !), Gilles Dauvé animera un groupe de solidarité avec Puig Antich, un anarchiste espagnol assassiné par Franco, et des réunions auront pour cadre le domicile du commissaire des RG... Beau comme de l'antique! Au moment de l'affaire Faurisson, Gilles Dauvé écrira ou participera à la rédaction de multiples textes négationnistes qui seront publiés dans La Guerre Sociale ou Le Frondeur. Il poursuivra, sur un mode mineur, discrètement révisionniste pourrait-on dire, dans La Banquise de Serge Quadruppani.
 
En 1980, Guy Dauvé se lance dans la destruction de l'objectif Coluche. L'arrivée de la gauche au pouvoir coïncide avec son départ à la retraite. Il pantoufle pendant plusieurs années à la direction des services de sécurité d'une importante entreprise. Il ne rechigne pas à donner un coup de main à ses anciens maîtres quand il s'agit de porter des valises sensibles d'un point à un autre du territoire.
En 1996, c'est le nom du fils de Guy Dauvé qui court dans les gazettes. Le Monde du 8 juin révèle que le porte-parole de Ras l'Front, Gilles Perrault, celui-là même qui visitait les prisonniers de papa à Thol en 1961, a accordé une préface blanchissant Gilles Dauvé de son passé négationniste. Pour faire bonne mesure, Serge Quadruppani qui défendait le "non-antisémite" Faurisson à pleines pages dans ses livres, bénéficie de la même machine à laver. Personne ne remarque, à ce moment, que Gilles Perrault a déjà œuvré pour ses protégés, sept ans plus tôt, en préfaçant L'anti-terrorisme en France un livre de Serge Quadruppani nourri aux sources les plus mystérieuses...
Aujourd'hui, l'auteur de cet ouvrage s'est éloigné de l'ultra-gauche, s'est rapproché un temps de la mouvance libertaire pour se réclamer maintenant du situationnisme. Guy Debord, le fondateur de l'Internationale Situationniste a laissé derrière lui une critique du livre de Quadruppani et de son préfacier Perrault, sous la forme d'une lettre à Jean-François Martos datée du 24 février 1990. On peut y lire:
"J'avais lu Quadruppani. C'est évidemment un désinformateur, et peut-être 'version b'. Au moins à la frontière? C'est-à-dire manipulé par ses dangereuses fréquentations, policières, ou repenties, et aussi son préfacier"... il terminait ainsi le paragraphe consacré à celui qui se réclame de son message: "Ote ta moustache, on t'a reconnu... Bourrique!"
Jean-François Martos, Correspondance avec Guy Debord, Le fin mot de l'Histoire, 2000.

Un dialogue qu'on pourrait placer dans la bouche de... Coluche!

Didier Daeninckx
 
En 1996, dans une brochure au titre mensonger, "Libertaires et ultra-gauche contre le révisionnisme", (préface de Gilles Perrault) l'un d'eux, Gilles Dauvé, admettra que son ancien ami Pierre Guillaume avait choisi de s'attaquer au "mythe" des chambres à gaz, mais qu'il "aurait pu aussi briser un interdit majeur comme la pédophilie". Dans une première version de son texte, il n'hésitait pas à écrire que "les chambres à gaz" sont pour lui "un gigantesque détail de l'histoire de la seconde guerre mondiale"!
L'interpellation de Michel Caignet dans le cadre de la filière pédophile Toro Bravo, en 1996, avait fortement inquiété les activistes de La Vieille Taupe. Pour Pierre Guillaume, (qui un temps inspira les "théoriciens" de La Banquise ou de Mordicus), cela ne pouvait tomber plus mal puisqu'il était alors occupé à orchestrer l'affaire Garaudy et son soutien par l'abbé Pierre. En témoignent deux lettres datées du printemps 1996. Pierre Guillaume s'adresse à celui qui l'édite depuis seize ans, Charles Corlet et qui vient de refuser l'impression du deuxième tirage des Mythes fondateurs de la politique israélienne de Garaudy, en raison des ennuis judiciaires que le texte suscite, mais aussi à cause d'un client peu discret amené par La Vieille Taupe, Michel Caignet. En réponse, Pierre Guillaume argue qu'il ne connaît même pas le nom de la revue éditée ("une revue d'hétérophobes sexuels... Gay quelque chose...) ni ses créateurs. Une lecture attentive de ses propres courriers aurait pu lui épargner ce mensonge : onze ans plus tôt, il ne faisait pas mystère de ses relations suivies avec Michel Caignet, comme le prouve la circulaire de La Vieille Taupe de décembre 1985:
"... l'auteur et moi étions convenus que le Professeur Faurisson relirait les épreuves et superviserait l'édition. A la réception des épreuves, celui-ci a émis de très graves critiques sur le travail effectué par Michel Caignet (étudiant à la Sorbonne, prépare un doctorat de linguistique allemande et anglaise)".
La raison de cette soudaine amnésie résidait vraisemblablement dans la pression exercée par les Renseignements Généraux sur l'éditeur. Après la défection de Corlet, la réédition du livre de Roger Garaudy fut assurée par une officine parisienne d'extrême-droite, la Librairie Roumaine du Savoir dont le tenancier, lui, ne semble pas apprécier la jeunesse. Le 4 février 1998, la 10e chambre correctionnelle de Paris l'a condamné à 2 mois de prison avec sursis et 6.000 francs d'amende pour avoir menacé, à l'aide d'un pistolet à grenaille offert par son ami Pierre Guillaume, une étudiante qui protestait contre l'exposition en vitrine des livres de Garaudy...
Georges Orwell avait pressenti l'horreur qui nous frappe aujourd'hui. Dans un article sur le roman noir américain "Rafles and Miss Blandish", il écrivait en 1944 :

"L'interconnexion du sadisme, du masochisme, du culte de la réussite, du culte de la puissance, du nationalisme et du totalitarisme forme un immense sujet dont on a encore à peine écorné les angles; et l'on considère même comme assez peu délicat d'en mentionner l'existence".
"Libertaires et ultra-gauche contre le négationnisme". Première version du texte de Gilles Dauvé. Le "gigantesque détail de la Seconde guerre mondiale" sera à l'origine de la destruction du tirage par l'éditeur, en juin 1996. 
Didier Daeninckx

Nous avions publié ces textes depuis longtemps mais en seconde partie d'une trop longue page ici: http://debord-encore.blogspot.com/p/rien.html
Il serait étonnant que ceux qui défendent ces gens soient simplement des imbéciles honnêtes mais bien plutôt des complices des mêmes réseaux  qui dirigent depuis des lustres l'ensemble des organisations libertaires et gauchistes...
Ce qui explique les choix toujours mauvais de ces organisations (analyses archaïques, journaux ringards, sites merdiques...) pour la liberté mais parfait pour le maintient de l'ordre.

mardi 3 janvier 2012

Sans Nuances


La sortie du livre Le Temps du SIDA  du Docteur Michel Bounan en 1992 sur le HIV a été l'occasion d'une désinformation et censure déguisée. En effet le livre fut refusé par de nombreux éditeurs avant de trouver enfin sa place aux éditions Allia.
Par la suite une cabale destinée a effrayer les lecteurs potentiels d'un tel livre (Qui développait alors une analyse sociale et historique de l'épidémie en s'appuyant sur la théorie critique des situationnistes) fut menée dans tout l'espace médiatique français. Michel Bounan, rapidement soutenue par Guy Debord (il devint son ami et son dernier médecin) découvrit au centre de cette opération l’inoxydable Serge Quadruppani, alors Directeur de publication du journal MORDICUS mais aussi ami et complice du fils du célèbre commissaire Dauvé. Ancien RG politique en charge des gauchistes et collaborateur notoire et efficace qui fit l'admiration de la Police SS de Paris du temps de sa jeunesse pour la qualité de ses Filoches (filatures).
Ce très brave homme faisait organiser dans son propre appartement de l’Île de la Cité les réunions politiques des amis "Ultra-Gauche" de son fils adoré, (qui changeât son nom en Barrot...) lui-même est d’ailleurs toujours copain avec les milieux anarchistes-bisounours  (qui louent le sérieux de ses analyses) mais se disant "Communiste", un vrai conte de fées...
Serge Quadruppani est surtout connu comme l'importateur principal du Révisionnisme-négationnisme dans les milieux dit "Ultra-Gauche" et "libertaires". Cinq années de dur labeur avec son pote Dauvé/Barrot et pas moins de trois revues (La guerre sociale, le brise-glace, la banquise) au début des années 1980 inondèrent les librairies gauchistes de leur prose inspirée par les Chambres à gaz et leur négation. Guy Debord avait écrit quelques vérités sur SQ à propos de son livre L’antiterrorisme en France, il s'agissait des Moustaches d'une Bourrique (Lire: Cette Mauvaise Réputation). Le beau serge est aussi auteur de policiers romans ou l'inverse...
Le gauchiste Didier Daeninckx lui aussi auteur de Polars, s’inquiétât de leur présence chez son éditeur et réagit sainement en dévoilant le CV des deux acolytes. Démasqués en partie les deux rédigèrent pour leur défense un curieux texte (Les ennemis de ma grand-mère ne sont pas les amis de mon grand-père ou peut être  "Les Ennemis de nos ennemis ne sont pas forcément nos amis" ) plusieurs fois remanié et signé par d'autres pour faire nombre.
Daeninckx cru voir ici une infiltration fascisante des milieux gauchistes-libertaires mais ne compris pas les buts de cette  Désinformation très professionnelle. Il est depuis victime des "Réseaux Ad Hoc" qui cherchent à le discréditer.

L'opération contre Le Temps du SIDA consistait à utiliser le journal Mordicus pour torpiller le livre. Un long et ennuyeux article de deux pages sur le SIDA signé d'un complice de SQ devait compléter un article venimeux de SQ accusant le livre d'Homophobie et Bounan de charlatanisme, de quoi effrayer le militant bien pensant. Pour faire plus vrai deux petits articles de l'ACS enrobaient le tout de façon a présenter un plus grand pluralisme tout en noyant le poisson/poison dans une mer de radicalité sincère et de critique bien pensée. Du beau travail il faut le reconnaître mais cependant les membres de l'ACS qui étaient aussi ceux d'ACT UP Paris n'approuvaient pas le texte de Quadruppani et continuèrent à défendre le livre de Michel Bounan.
Ni Philippe Labbey (Le premier à conseiller le livre) ni Cleews Vellay, (pourtant homosexuels militants et dirigeants d'ACT UP Paris) ne virent la moindre homophobie ou le moindre charlatanisme dans cet excellent livre qui fut même distribué par Guy Debord dans les squats du 19°. Il fallut pourtant à Michel Bounan écrire pas moins de deux livres ( L’État retors et  La Vie innommable) pour révéler l'ensemble de l'opération dont était victime le Temps du SIDA, seul livre porteur d'une analyse sociale radicale de l'épidémie de SIDA.
Vingt années ont passées et il est facile de mesurer aujourd'hui la grande inquiétude des autorités étatiques pour qu'elles décident d'entreprendre des manœuvres aussi visibles.
La question qui angoissait tant nos ennemis portait sur les liens entre Guy Debord et Michel Bounan d'une part et les Autonomes de l'ACS présent dans Mordicus comme dans les squats et surtout à la tête de l'organisation montante que devenait alors ACT UP Paris présidée par Cleews Vellay de 1992 à 1994.

Comprenant l'enjeu et devinant la raison d’être du journal Mordicus et de l'équipe qui le contrôlait réellement derrière un habillage de démocratie directe de façade, plusieurs membres de l'ACS restèrent le plus longtemps possible dans les réunions rédactionnelles de Mordicus. Situation inconfortable mais instructive et parfois cocasse de ceux qui savent qu'ont sait qu'ils savent...
En ces temps déjà révolus l'hombre de Guy Debord était vraiment partout ou il le fallait...
                                                                                                                 Scalpel
Texte de SCALPEL


Nous reproduisons les seuls 2 articles de l'ACS parues dans le numéro 5 de Mordicus. Ni l'infamie de serge Quadruppani ni le lourdingue article de commande de Françoise la délicieuse  ne méritent d’êtres  ici.
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Texte d'Isabelle Simon

Texte de 1999/2000

lundi 2 janvier 2012

Comment arrêter de Travailler en 10 points

Texte détournant le banal "Comment arrêter de fumer en 10 points" présent dans de nombreuses usines à salariat.

Composé par Isabelle Simon comme contribution de l'ACS au journal Mordicus N°O

La vengeance

La vengeance Poème de Philippe Labbey qui parut dans Mordicus N° 2. Il n'est même pas certain que Philippe ait mis les pieds une seule fois dans les locaux du journal mais il proposa ce poème comme contribution aux textes proposés par notre groupe l' ACS au journal. Le texte fut publié à son grand étonnement, c'est qu'a l'époque les débuts d'ACT UP Paris prenaient beaucoup de nos vies....
Nombreux étaient ceux qui ne comprenaient pas pourquoi nous étions présents dans  différents projets en apparence spécifiques (un journal, ACT UP, les squats, les manifs et même brièvement les "Radios Libres") mais pour nous la réponse était évidente.

dimanche 1 janvier 2012

Avoir pour but la vérité pratique


Alors que circulent des tonnes d'inexactitudes et de désinformations sur les Situationnistes et ceux qui s'inspirent de leurs théories il parait nécessaire de rappeler quelques banalités pourtant trop peu connues...
Le texte date de 1967.
Bananier 2012


EN ESSAYANT de présenter aux nouvelles forces révolutionnaires un modèle de cohérence théorico-pratique, l’I.S. se trouve à chaque instant en mesure et en demeure de sanctionner, par l’exclusion ou la rupture, les manquements, les insuffisances, les compromissions de ceux qui en font — ou reconnaissent en elle — le stade expérimental le plus avancé de leur projet commun. Si la génération insurgée, résolue à fonder une société nouvelle, se montre, au départ de principes premiers et indiscutables, attentive à briser toute tentative de récupération, ce n’est nullement par goût de la pureté mais par simple réflexe d’autodéfense. Venant d’organisations qui préfigurent dans leurs traits essentiels le type d’organisation sociale à venir, la moindre des exigences consiste à ne pas tolérer des gens que le pouvoir s’entend à tolérer parfaitement.
Sous son aspect positif, la réponse « exclusion » et « rupture » pose la question de l’adhésion à l’I.S. et de l’alliance avec les groupes et les individus autonomes. Dans sa définition minimum des organisations révolutionnaires, la 7e Conférence a insisté notamment sur le point suivant : « Une organisation révolutionnaire refuse toute reproduction en elle-même des conditions hiérarchiques du monde dominant. La seule limite de la participation à sa démocratie totale, c’est la reconnaissance et l’auto-appropriation par tous ses membres de la cohérence de sa critique : cette cohérence doit être dans la théorie critique proprement dite, et dans le rapport entre cette théorie et l’activité pratique. Elle critique radicalement toute idéologie en tant que pouvoir séparé des idées et idées du pouvoir séparé ».
La cohérence de la critique et la critique de l’incohérence sont un seul et même mouvement, condamné à se détruire et à se figer en idéologie dès l’instant où la séparation s’introduit entre les différents groupes d’une fédération, entre individus d’une organisation, entre la théorie et la pratique d’un membre de cette organisation. Dans la lutte globale où nous sommes engagés, céder d’un pouce sur le front de la cohérence, c’est laisser la séparation l’emporter sur toute la ligne. Voilà qui incite à la plus grande prudence : à ne jamais tenir notre cohérence pour acquise, à rester lucide sur les dangers qui la menacent dans l’unité fondamentale des conduites individuelles et collectives, à prévenir et à éviter ces dangers.
Qu’une fraction secrète ait pu se former parmi nous, mais aussi qu’elle se soit trouvée rapidement démasquée, indique assez la rigueur et le manque de rigueur dont nous avons fait preuve dans la transparence des rapports inter-subjectits. En d’autres termes, cela signifie que le rayonnement de l’I.S. tient essentiellement en ceci : elle est capable de faire un exemple, à la fois dans le sens négatif, en montrant ses faiblesses et en les corrigeant, et dans le sens positif, en tirant de ses corrections de nouvelles exigences. Nous avons souvent répété qu’il importait de ne pas se tromper sur les personnes ; il faut le prouver sans cesse et accroître du même coup l’impossibilité de se tromper sur nous. Et ce qui vaut pour les personnes vaut également pour les groupes.
On connaît le mot de Socrate à l’un des jeunes gens auxquels il s’adressait : « Parle un peu que je te voie ». Nous sommes en mesure d’éviter ce genre de Socrate et ce genre de jeunes gens si le caractère exemplaire de notre activité assure la force d’irradiation de notre présence dans et contre le spectacle dominant. Aux caïds de la récupération et aux minables qui vont s’entendre de conserve pour nous présenter comme un groupe dirigeant, il convient d’opposer l’exemple anti-hiérarchique d’une radicalisation permanente ; ne rien dissimuler de nos expériences, établir par la diffusion de nos méthodes, de nos thèses critiques, de nos procédés d’agitation, la plus grande transparence sur la réalité du projet collectif de libération de la vie quotidienne.
L’I.S. doit agir comme un axe qui, recevant son mouvement des impulsions révolutionnaires du monde entier, précipite, de façon unitaire, la tournure radicale des événements.
À la différence des secteurs retardataires qui s’obstinent à rechercher avant tout l’unité tactique (les Fronts communs, nationaux, populaires), l’I.S. et des organisations autonomes alliées se rencontreront seulement dans la recherche d’une unité organique, considérant que l’unité tactique n’a d’efficacité que là où l’unité organique est possible. Groupe ou individu, il faut que chacun vive à la vitesse de radicalisation des événements afin de les radicaliser à son tour. La cohérence révolutionnaire n’est rien d’autre.
Assurément, nous sommes encore loin d’une telle harmonie de progression, mais nous y sommes engagés tout aussi sûrement. Des premiers principes à leur réalisation, il y a l’histoire des groupes et des individus, qui est aussi celle de leurs retards possibles. Seule la transparence dans la participation réelle arrête la menace qui pèse sur la cohérence : la transformation du retard en séparation. Tout ce qui nous sépare encore de la réalisation du projet situationniste tient à l’hostilité du vieux monde où nous vivons, mais la conscience de ces séparations contient déjà ce qui va les résoudre.
Or, c’est précisément dans la lutte engagée contre les séparations que le retard apparaît à des degrés divers ; c’est là que la non-conscience du retard obscurcit la conscience des séparations, introduit l’incohérence. Quand la conscience pourrit, l’idéologie suinte. On les a vus garder par devers soi, l’un (Kotányi) les résultats de ses analyses, les communiquant au compte-goutte avec la supériorité d’une clepsydre sur le temps, les autres (exclus de la dernière averse), leurs manques à tous égards, faisant le paon bien que la queue n’y soit pas. L’attentisme mystique et l’œcuménisme égalitaire avaient la même odeur. Passez donc, grotesque muscade, saltimbanques des malaises incurables.
La notion de retard appartient au mode ludique, elle rejoint celle de meneur de jeu. De même que la dissimulation du retard, ou la dissimulation d’expériences, recrée la notion de prestige, tend à transformer le meneur de jeu en chef, engendre les conduites stéréotypées, le rôle avec ses séquelles névrotiques, ses attitudes tourmentées, son inhumanité, de même la transparence permet d’entrer dans le projet commun avec l’innocence calculée des joueurs phalanstériens rivalisant entre eux (composite), changeant d’occupation (papillonne), ambitionnant d’atteindre à la radicalité la plus poussée (cabaliste). Mais l’esprit de légèreté passe par l’intelligence des rapports de lourdeur. Il implique la lucidité sur les capacités de chacun.
Des capacités, nous ne voulons rien savoir hors de l’usage révolutionnaire qui s’en peut faire, usage qui prend son sens dans la vie quotidienne. Le problème n’est pas que certains vivent, pensent, baisent, tirent, parlent mieux que d’autres, mais bien qu’aucun camarade ne vive, ne pense, ne baise, ne tire ou ne parle si mal qu’il en vienne à dissimuler ses retards, à jouer les minorités brimées, et à réclamer, au nom même de la plus-value qu’il accorde aux autres par ses propres insuffisances, une démocratie de l’impuissance où il affirmerait évidemment sa maîtrise. En d’autres termes, il faut pour le moins que chaque révolutionnaire ait la passion de défendre ce qu’il a de plus cher : sa volonté de réalisation individuelle, le désir de libérer sa propre vie quotidienne.
Si quelqu’un renonce à engager la totalité de ses capacités — et par conséquent à les développer — dans le combat pour sa créativité, ses rêves, ses passions, de sorte qu’y renonçant il renonce par le fait à lui-même, il s’interdit aussitôt de parler en son nom et, a fortiori au nom d’un groupe qui porte en lui les chances de réalisation de tous les individus. Son goût du sacrifice, son choix de l’inauthentique, l’exclusion ou la rupture ne font que les concrétiser publiquement, avec la logique de la transparence à laquelle il a manqué.
Sur l’adhésion, sur l’alliance, l’exemple de la participation réelle au projet révolutionnaire décide souverainement. La conscience des retards, la lutte contre les séparations, la passion d’atteindre à plus de cohérence, tel est ce qui doit fonder entre nous, comme entre l’I.S. et les groupes autonomes ou les fédérations futures, une confiance objective. Il y a tout lieu d’espérer que nos alliés rivaliseront avec nous dans la radicalisation des conditions révolutionnaires, comme nous attendrons que rivalisent avec les situationnistes ceux qui auront choisi de les rejoindre. Tout permet de supposer qu’à un certain degré d’extension de la conscience révolutionnaire, chaque groupe aura atteint une cohérence telle que la qualité de meneur de jeu de tous les participants et le caractère dérisoire des retards laisseront aux individus le droit de varier dans leurs options et de changer d’organisation selon leurs affinités passionnelles. Mais la prééminence momentanée de l’I.S. est un fait dont il faut aussi tenir compte, une heureuse disgrâce, comme le sourire ambigu du chat-tigre des révolutions invisibles.
Parce que l’Internationale dispose aujourd’hui d’une richesse théorique et pratique qui n’augmente qu’une fois partagée, appropriée et renouvelée par les éléments révolutionnaires (jusqu’à ce que l’I.S. et les groupes autonomes disparaissent à leur tour dans la richesse révolutionnaire), elle se doit d’accueillir seulement ceux qui le désirent en connaissance de cause, c’est-à-dire quiconque a fait la preuve que parlant et agissant pour lui-même, il parle et agit au nom de beaucoup ; soit en créant par sa praxis poétique (tract, émeute, film, agitation, livre) un regroupement des forces subversives, soit en se trouvant seul détenteur de la cohérence dans l’expérience de radicalisation d’un groupe. L’opportunité du passage à l’I.S. devient dès lors une question de tactique à débattre : ou le groupe est assez fort pour céder un des meneurs de jeu, ou son échec est tel que les meneurs de jeu sont seuls à décider, ou le meneur de jeu n’a pas réussi, par suite de circonstances objectives inéluctables, à former un groupe.
Partout où le nouveau prolétariat expérimente son émancipation, l’autonomie dans la cohérence révolutionnaire est le premier pas vers l’autogestion généralisée. La lucidité que nous nous efforçons d’entretenir sur nous-mêmes et sur le monde enseigne qu’il n’y a, dans la pratique de l’organisation, ni précision ni avertissement superflus. Sur la question de la liberté, l’erreur de détail est déjà une vérité d’État.
In Revue I.S. n° 11 Octobre 1967

On est loin de cette Autonomie de pacotille des Ouvriéristes de Tarnac (Opéraîstes ça fait plusss pop pour faire passer l'embrouille chez les Bisounours...) 
On trouve ici la source de l'Autonomie qui c'est exprimée par exemple de 1989 à 1994 dans Act-Up paris... 
Et fut reconnue pour telle par Guy Debord  dans son film testament de 1994.

Lire aussi par exemple dans le N° 12 de la même revue:  La question del’organisation pour l’I.S. (avril 1968)
Et ceci encore moins connu: Documents Situationnistes

"Un produit direct de cette illusion sélective, à l’extérieur, a été la reconnaissance mythologique de pseudo-groupes autonomes, situés glorieusement au niveau de l’I.S., alors qu’ils n’en étaient que les débiles admirateurs (donc, forcément, à court terme, les malhonnêtes détracteurs). Il me semble que nous ne pouvons pas reconnaître de groupe autonome sans milieu de travail pratique autonome ; ni la réussite durable d’un groupe autonome sans action unie avec les ouvriers (sans bien sûr que ceci retombe au-dessous de notre « définition minimum des organisations révolutionnaires »). Toutes sortes d’expériences récentes ont montré le confusionnisme récupéré du terme « anarchiste », et il me semble que nous devons partout nous y opposer..."
Guy Debord

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