lundi 24 janvier 2011

GASLAND gazland

Ils arrivent ! 

 

"L'État a décidé de l'omerta sur le gaz de schiste"

La société Halliburton a développé une technologie de forage, la fracturation hydraulique, qui va permettre aux États-Unis de devenir « l’Arabie Saoudite du gaz naturel ». Mais cette technique est-elle sans danger ? Lorsque le cinéaste Josh Fox reçoit une lettre l’invitant à louer ses terres pour y faire un forage, il va sillonner le pays et découvrir en chemin des secrets bien gardés, des mensonges et des toxines… 

Voir le Film est indispensable:Lien eD2K Gasland

Peut-on évaluer les réserves existantes en Europe de gaz de schiste ou est-ce que tout cela n'est que chimère ?

José Bové : Je pense qu'aujourd'hui les évaluations données par les compagnies sont de pures spéculations, qui ne s'appuient pas sur une réalité mais uniquement sur la multiplication des kilos de gaz possibles par les surfaces de sous-sol en roche de schiste. On est donc dans un cadre spéculatif qui n'a pas de réalité chiffrée. De plus, les compagnies pétrolières reconnaissent qu'elles ne peuvent pas récupérer plus de 10 % à 20 % du gaz emprisonné. C'est donc très aléatoire. Aujourd'hui, ces permis recouvrent entre un dixième et un huitième du territoire national. Les entreprises, à partir de ces permis, font des recherches géologiques à partir des documents miniers existants, puis lanceront des prospections sismiques pour vérifier que ce qui figure sur les documents est là, dans le sous-sol. Après ces deux phases, il y a un potentiel de forages de prospection à partir duquel ils verront si leurs attentes seront récompensées. 

Le ministère de l'environnement,  Jean-Louis Borloo le roi du "Grenelle de l'Environnement", a signé des tas de permis de prospection avec un certain nombre d'entreprises élues, toutes très riches et très généreuses avec les fournisseurs de permis. Les premiers permis ont été accordés en mars et les derniers en août, avant que Borloo l'écolo ne quitte ses fonctions. Avec le gaz de schiste, le gaz est prisonnier dans la roche. Et pour l'extraire, il faut faire exploser la roche. C'est la technique dite de fracturation, qui se fait en injectant de l'eau sous très haute pression, additionnée de produits chimiques qui permettent d'ouvrir la roche. C'est donc suite à ces fracturations que du gaz peut s'échapper de cette roche. Pour extraire du gaz de schiste, il faut faire des forages très rapprochés, tous les 200 à 500 mètres.

Quels sont les dommages prouvés ou avérés de ce nouveau type de production de gaz ?

Pour l'instant, les éléments d'étude proviennent des États-Unis, mais aussi du Canada. Aux États-Unis, notamment dans la région de Pennsylvanie, où ces gaz ont été exploités, et dans d'autres régions, on a vu à la fois des pollutions de nappes phréatiques par la technique de la fracturation, puisque les tuyaux de fracturation se sont lézardés, et l'eau sous très haute pression, chargée de produits chimiques et de gaz, s'est répandue dans les nappes phréatiques. Il y a aujourd'hui, dans certaines communes des États-Unis, des milliers de personnes qui n'ont plus accès à l'eau potable. Un des problèmes majeurs liés à cette pollution des nappes, c'est que les firmes pétrolières ont refusé de donner la liste des produits chimiques utilisés pour la fracturation au ministère de l'environnement des États-Unis, sous prétexte de brevet industriel. Ce qui pose évidemment des problèmes pour pouvoir évaluer les pollutions et les conséquences sur la santé publique. Autre pollution importante, au niveau des territoires, car il faut forer de manière rapprochée, il faut des routes très larges pour les camions qui doivent accéder à chaque puits pour amener les produits chimiques et l'eau, et pour évacuer les produits chimiques. Pour cela, il faut des routes d'au moins 15 mètres de large, et le problème posé en termes d'infrastructures sera très important, d'autant plus que l'exploitation des puits ne dure pas plus de cinq à six ans. Le problème est de savoir si le gaz de schiste sera une énergie de substitution au gaz naturel ou au pétrole dans les dix à quinze ans à venir. Cela n'a jusqu'à présent fait l'objet d'aucun débat scientifique sérieux. Les seuls qui affirment qu'il y a des réserves et que leur exploitation pourra se faire sans problème sont les compagnies pétrolières. Pour l'instant, les deux entreprises françaises qui ont obtenu des permis sont Total d'un côté, et GDF-Suez de l'autre. Ces entreprises sont adossées à des entreprises américaines déjà engagées de l'autre côté de l'Atlantique dans l'exploitation du gaz de schiste. Une autre entreprise a obtenu un permis d'exploration pour de l'huile de schiste sur le Bassin parisien. Il s'agit de Toréador (prend garde à toi...) , dont le dirigeant est M. Balkany (quelle surprise !).

Quand le film "Gasland" sera-t-il visible en France ?  Banane il est déjà en P2P. "Le film "Gazland" est déjà visible en France, puisqu'on peut le télécharger sur Internet. Actuellement, nous sommes en discussion avec le réalisateur pour essayer de mettre en place une version française. Nous espérons pouvoir avoir une sortie en salles aux alentours du mois de mars ou du mois d'avril. Je rappelle, pour ceux qui n'ont pas encore entendu parler de ce film, qu'il relate la traversée, de la Pennsylvanie notamment, par le réalisateur du film, qui se retrouve du jour au lendemain avec une proposition de forage chez lui. Donc il décide de traverser les États-Unis pour aller se rendre compte directement de la réalité de cette exploitation. Une des scènes de son film les plus reprises sur Internet montre un habitant d'un village qui, après avoir fait couler de l'eau dans son évier, allume son évier avec un briquet, et l'évier s'enflamme parce que la nappe phréatique s'est trouvée remplie de gaz.Super cool du gaz dans l'eau !

Avec Gasland, le réalisateur Josh Fox dresse le portrait effroyable de l’expérience américaine en matière de gaz de schiste. Tout a commencé en 2006 quand le réalisateur a reçu une lettre d’une compagnie lui proposant 100 000 dollars en échange du droit d’installer des puits sur sa propriété. Au lieu d’accepter, Josh Fox a parcouru le pays pour enquêter. Ses découvertes vous marqueront à jamais: Contaminations de l’eau, impacts sur la santé, déréglementation, corruption, destruction des milieux de vie…

Jamais un document filmé n'a autant confirmé les théories de Debord et Kurz sur ce brave capitalisme. Il va falloir nous lire et nous comprendre rapidement ou mourir très vite, mesdames et messieurs nos contemporains qui rampent. 


GasLand (Vostfr) 1/6 par Superresistance

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Krisis Exit: La Rupture

L'ensemble des textes est en Allemand (Normal sauf que depuis 1994 les traductions en français se font singulièrement attendre...)
Revenons sur 2004, les 2 revues publient leurs explications. Voici les textes en question.

- Pour Exit Robert Kurz écrit un long article: DIE REVOLUTION DER NETTIGKEIT

Navrés de ne pouvoir fournir une traduction décente. Faites comme nous, utilisez les traducteurs WEB pour vous aider. Un texte en anglais (lien en haut de page) accuse de Putsch certains membres de Krisis. Le silence coupable des français sur cette affaire est sidérant ! Peur de faire éclater la contradiction ?
Il nous semble que tout une petit monde de raclures universitaires et autres têtes de profs souhaite s'approprier l'étude et la connaissance de la "Critique de la Valeur" ici en France comme ailleurs en Europe. Ils peuvent compter sur nous pour ne pas leur laisser ce loisir tranquille. La critique radicale tout comme la révolution sont des questions bien trop sérieuses pour les abandonner en de si mauvaises mains.
Faire sortir la Critique de la Valeur des colloques et autres symposiums soporifiques  est une nécessitée pour en répandre la pratique là ou elle est  indispensable, dans les luttes du prolétariat.

ps:"Aux âmes bien nées, la Valeur n'attend point le nombre des années"  Le Cid  Pierre Corneille

Pourquoi le capitalisme ne peut être éco-compatible

L'écologie, telle qu'elle est conçue par une large frange du monde politicien, est un cas typique de l'illusion qui mène à penser que nous pourrions diriger l'évolution du capitalisme (ou du moins, du progrès) dans un sens qui puisse enfin devenir favorable aux êtres humains et à ce qu'il est convenu d'appeler la « nature ». Il partage cette caractéristique avec d'autres idéaux, d'autres utopies telles le marxisme traditionnelle dans son renoncement à émettre une critique radicale du travail (considéré comme trans-historique et donc propre à toute société humaine dans son métabolisme avec la nature), le gauchisme étatique dans ses multiples obédiences axant toute alternative sur la promesse d'une meilleure répartition des « richesses » (sans définir au préalable ce qu'elles représentent dans la société capitaliste) et conséquemment, d'une régulation du système productiviste ou encore l'anarchisme ouvriériste consacrant ses efforts militants à faire passer le message d'une sortie du capitalisme par la pratique révolutionnaire de l'autogestion des usines de production (l'industrie étant pourtant la matérialisation ultime du rationalisme productiviste). Les idées vertes sont néanmoins à la mode et tentent d'une façon ou d'une autre (en fonction de l'interprétation plus ou moins osée de ce qu'est le radicalisme dans une analyse de la société actuelle) de construire une alternative à un système perçu avec évidence comme étant destructeur des écosystèmes et de la vie en général. Mais sans se donner la peine d'élaborer une analyse et une critique véritablement radicale de la société capitaliste apte à faire émerger les causes profondes de débâcle, il peut paraître bien illusoire de proposer un schéma de remplacement qui fasse fi de la nécessité d'éradiquer de nos vies, et de la planète, ce système aliénant qui nous mène droit au mur. L'écologie est bien autre chose que de reconsidérer les catégories propres au capitalisme en envisageant un rapport à leur encontre qui puisse remettre le monde à l'endroit. Une critique radicale de ces catégories, comme celle de la nature, par la conscience qu'elle est susceptible d'éveiller, peut être à même de lier à nouveau la pensée à l'action (en remettant en cause la domination de la pensée rationnelle sur la vie) et par là, nous détacher de ces abstractions aliénantes qui nous font observer nos propres vies comme autant de spectacles absurdes (dénués de sens véritable dans une logique folle devenue autonome et dont l'aboutissement inévitable nous effraie). La critique du concept moderne de nature est en ce sens primordiale parce qu'elle peut permettre de saisir les causes profondes de la séparation de l'espèce humaine d'avec son essence et donc de comprendre les enjeux ambivalents d'une bipolarisation entre la pensée rationnelle d'une part et la vie « sauvage », naturelle, d'autre part. Mais à l'opposé, elle peut aussi permettre d'éviter les dérives sectaires des adorateurs d'une nature mystifiée, tel les écologistes profonds, dont le but est de nous livrer à une référence normative d'une nature harmonieuse et idéalisée !
La nature des sentiments
Que ce soit dans les champs immenses de l'agriculture productiviste ou dans les forêts d'exploitation, dans les usines ou au plus profond des mines, la vie palpite au coeur même de l'espace capitaliste. La nature y apparaît comme contrainte de se soumettre et d'apporter tel un tribut sa force de vie, force de travail et de régénération élaborée au fil du temps. La nature y est donc réduite à une somme de possibilités dont se nourrit le capital afin de s'auto-valoriser. La survie de ce dernier repose sur la capacité qu'ont les êtres vivants, dans leur nature, à lui fournir du vivant, de la productivité. Chaque être vivant (hommes, plantes, animaux...) est sommé de contribuer au mécanisme de valorisation qui réclame pour la poursuite de la course folle vers une accumulation sans fin (et sans but !) toujours plus de sacrifices.
Mais qu'est-ce donc en fait que la nature sinon un substrat vivant nécessaire à la valorisation du travail mort ? Ce monde des morts, concrétisé dans les objets-figures du capital (moyens de production, outils de travail, matière première transformée,...) vampirise la vie dans un besoin inextinguible d'auto-accroissement.
La nature, en tant que réserve inépuisable de valorisation, de domination, représente un concept qui ne s'oppose pas à la logique de valorisation du capital, dans la mesure où celle-ci est justement perçue comme étant ce qui « dé-nature », artificialise, soumet à ses lois intangibles, mais matérialise son autre face, son complément indissociable de la même façon que ce qui se produit pour le travail « vivant » (productivité de la vie), vis à vis du travail mort (le Capital) : « Il est donc certes vrai que le capital a mis la main sur la seule source de vie et de productivité, et que grâce à son appropriation du travail vivant, il parvient à donner la vie à ce qui ne l'a pas ou plus : grâce à la « force naturelle vivifiante du travail », les composantes du capital que sont le matériau et l'instrument cessent de n'être que du travail objectivé et ils redeviennent les objets du travail, des moments du travail lui-même, de sorte que le travail déjà objectivé en eux reprend vie. »(1)
Ces deux aspects du travail, faisant de celui-ci une catégorie spécifique au capitalisme en tant que participant nécessairement à la dynamique de cette forme sociale comme rapport entre les individus (et au travers de son abstraction dans le procès de la création de valeur)(2), a son pendant dans la marchandise du fait que celle-ci comporte une valeur d'usage et une valeur d'échange. Mais là aussi, la valeur d'usage de la marchandise ne s'oppose donc pas à la valeur d'échange comme si son aspect utilitaire pouvait réellement s'opposer à la détermination qui permet concrètement à cette marchandise donnée de pouvoir s'échanger, et donc de parvenir jusqu'à l'individu qui en aura l'utilité (réelle ou supposée) de sa possession. La valeur d'usage est l'aspect complémentaire, et indispensable, de la valeur d'échange de la marchandise (dans la superficialité de l'acte d'échange par rapport à sa signification « cachée » comme nous le verrons plus bas) en tant que possibilité pour cette dernière de pouvoir s'accomplir au moment de l'acte d'échange en tant que support de la valeur (d'une quantité de travail abstrait contenu en elle) ; la valeur ne renvoyant pas à la richesse sociale en général, mais étant « une forme historiquement spécifique de richesse intrinsèquement liée à un mode de production historiquement spécifique »(3).
Selon une définition du mot nature (4), elle exprime « l'ensemble de ce qui dans le monde physique, n'apparait pas (encore ?) comme transformé par l'homme » ainsi qu'elle décrit « les caractères fondamentaux qui définissent les êtres ». Nous pouvons dès lors avancer que le concept moderne de nature est propre à exposer une conception de la vie visant à instrumentaliser ses potentialités au travers d'un processus de transcendance (supériorité de la pensée rationnelle). Ce phénomène s'accorde très bien comme nous le verrons plus bas avec la scientificité de toute approche à la vie et de ce que cela implique pour le système productiviste. Pour tous les êtres, humains ou non, qui composent cette nature, c'est bien d'une possibilité de productivité qu'il s'agit afin d'étendre l'emprise du capital à tous les aspects et formes de vie en vue d'alimenter une dynamique d'auto-valorisation. Et cette dynamique passe par la captation de la temporalité inhérente à la croissance et la recherche d'autonomie des êtres vivants afin de constituer un monde structuré par un temps abstrait et une hétéronomie agissant au sein d'une spacialité artificielle. Cette spacialité est celle des marchandises envahissant le monde et les corps séparés de la sensibilité de la vie (l'exemple du sport est sur ce point significatif).
La nature est pour le capital une promesse d'avenir autant qu'une nécessité pour son avenir. La nature est apte à nourrir la rationalité productrice de marchandises à l'issue d'une transformation qui alors l'offre aux rêves les plus fous d'un développement sans limites. Les exemples des OGMs ou des possibilités offertes par le séquencement de l'ADN en fournissent des démonstrations.
Tout comme le travail abstrait domine le marché, la pensée moderne, historiquement déterminée par l'abstraction des rapports sociaux de production capitaliste, domine toute approche à la vie en l'objectivant via le concept de nature, d'une nature qu'il s'avère de plus en plus nécessaire de cadrer, de maitriser afin de s'en séparer d'avantage tout en poursuivant paradoxalement l'illusion de devoir suivre ses lois, en adéquation avec les règles autonomes d'un « Sujet automate » (Karl Marx). L'Esprit se doit-il de se séparer totalement de la Nature ? «La technique triomphante a ainsi réactivé l’ambition métaphysique la plus démesurée, celle qui invitait l’Esprit à en finir avec la Nature. Aujourd’hui l’idéal d’autonomisation de l’Esprit culmine avec le fantasme d’une auto-production qui nous délivrerait de la nécessité de la naissance, par le moyen du clonage ou de l’ectogénèse. Il culmine aussi avec le rêve d’une immortalisation qui, grâce à la cryogénie ou à l’uploading de la conscience, nous débarrasserait de l’inconvénient d’avoir à mourir. Et puis, plus simplement, il culmine avec la conviction que la maladie, cette erreur de la Nature, doit disparaître et que la médecine offrira bientôt les moyens pour l’organisme de s’auto-réparer. La réalisation de l’idéalisme absolu des philosophes est donc à portée de nos possibilités technoscientifiques. Voilà peut-être pourquoi la dénaturalisation entreprise par les Modernes trouve son apogée, aujourd’hui, dans le contre-point des recherches en nanotechnologie, avec le programme de quelques sectes transhumanistes. La mort, la naissance et la maladies sont naturelles. Il faut s’en débarrasser et ouvrir une ère nouvelle ! »(5)
La nature est devenue matière à mathématiser afin de l'appréhender dans un schéma techno-scientifique mu par les besoins présents, mais surtout à venir, du capital. La connaissance scientifique de la nature, de ce substrat conceptuel dans l'indéfini supposé de ses possibilités, précède le développement du productivisme capitaliste. Sa mathématisation, même s'il elle comporte des possibilités d'accroitre nos connaissances afin de pouvoir envisager sereinement une évolution de notre propre découverte (dans une vision holistique), permet en toute priorité à notre époque et dans le paradigme qui est le nôtre, son exploitation effrénée par un système de production ayant fait depuis longtemps de la science sa section d'éclairage. L'économie éhontée qui est trop souvent faite du principe de précaution dans le domaine de la recherche appliquée en donne un illustre exemple. La techno-science a un rôle dans « l'abstractité » de la pensée dominante, tout en étant elle-même issue de cette dominance (des rapports sociaux abstraits de production), dans la mesure où elle renforce le fétichisme d'une nature soumise à un état de marchandise en puissance et par là même, autorise la reproduction du procès cyclique et répétitif de la valorisation.
 
La nature est donc conçue (6) comme une matière vivante à dominer (autour de nous et en nous), comme une infériorité, féminisée comme il se doit et dont le sort logique est d'être offerte aux divagations de l'intellectualisme rationnel, fruit des rapports sociaux productivistes, et se concrétisant dans le scientisme carriériste et égotiste à la solde de l'idéologie rationaliste. Or, derrière ce concept historique de nature, c'est la vie (ou le rapport à la vie et ses diverses formes) qui s'y trouve recluse, réifiée, extériorisée et à quoi il est nié en ces temps de recherche effrénée de performance de posséder ses propres limites face aux besoins grandissants de l'économie vorace. C'est ainsi qu'il devient alors possible, sans tenter de changer ce paradigme, de considérer autrement cette nature en se donnant alors l'impression de pouvoir changer les rapports que nous entretenons envers elle ; et en partant d'un tel présupposé, nous sommes enclins à penser que l'idée de la nécessité de préserver la nature participe en réalité à la poursuite de la domination d'une part de nous-même sur une autre part, infériorisée, sous des formes plus ou moins différentes, et ce dans une incapacité de mettre radicalement en cause « notre » système de rapports sociaux de production et donc de domination. La nature peut être conçue dans une visée utilitariste, et la nécessité de sa protection ne dépasse pas cette visée, elle l'utilise même. La polarisation et la séparation persiste ainsi que toute recherche de valorisation par d'autre voies. C'est ainsi que certains en viennent à parler de droits qu'il faudrait concéder à la nature sauvage et à ceux(celles) qui la compose comme d'une intégration au système du « fétichisme juridico-politique » (Antoine Artous) qui, loin de prémunir de la domination totale du système marchand, permet au contraire à celui-ci de faire perdurer et d'accroitre sa main-mise sur la vie. Non pas que la protection de la nature dans sa phase pratique ne puisse trouver grâce à nos yeux en maintes circonstances, mais la mise bout à bout de ces deux termes : « nature » et « protection », ne saurait être le la d'une critique et de pratiques visant à expurger de nos esprits, et du monde par conséquent, des causes réelles et profondes de la mise en danger de la vie.
 
D'autre part, la nature fait face au monde de la rationalité civilisatrice en imposant néanmoins ses limites tangibles au-travers de réactions dépassant la logique toujours inaboutie de la techno-science, fruit d'un entendement issu de l'abstraction marchande et d'une expertise déconnectée de la réalité, dépouillée de toute émotivité. Dompter et maitriser ses lois resterons dans ce cadre l'unique garantie (illusoire sur le long terme) pour l'économie de maintenir son hégémonie sur la vie, tout en feignant de s'y adapter (darwinisme social, "spencérisme" ou récupération idéologique de la pensée de Darwin).
 
La nature est un concept qui nous sépare de nous-même, de la vie qui nous anime en tant que dynamique immanente et auto-réflexive, et apparaît alors une situation de confrontation, de face à face (7) entre d'une part des individus artificialisés et déconnectés du réel par l'abstractité fétichiste de la société marchande (mais d'essence prétendument naturelle) et d'autre part un substrat « sauvage » dont la notion de progrès en dicte la maitrise à des fins sans cesse repoussées d'accomplissement, de fin de l'Histoire (fin des idéologies, de la politique, des grands récits, de l'homme, par une post-modernité illusoire et complice). Le capitalisme, comme tout type de société humaine, assied son existence et son extension (cette dernière étant condition de la première) sur une mythologie. Cette mythologie oppose la rationalité se matérialisant, se diffusant, dans une nature « dé-naturalisée », maitrisée, colonisée, possédée, à la nature irrationnelle, sauvage, indomptée et pure (une humanité mécanisée et ses extensions fonctionnelles face à la « vierge », encore immaculée de la prétention des hommes). Cette opposition-confrontation est, peut-on dire, inhérente au concept même de nature (qui n'a pas de tout temps et en tout lieu existé dans l'univers des concepts humains) qui, au delà de ses deux acceptions, représente un tout engendré par une tendance expansionniste trouvant dans le capitalisme le moyen de son expression généralisée emplissant tous les domaines de la vie.
 
Nous pouvons nous figurer le concept moderne de nature telle une « dialectique motrice » participant à l'expansion du capitalisme ; elle se concrétise dans un mécanisme oppositionnel générant de la domination, une recherche pathologique et néanmoins systémique d'ennemis, de guerres contre le « mal », de conquêtes expansionnistes au sein desquelles les substances et leurs formes en oppositions participent à la même dynamique d'accroissement (8) (tel la lutte des classes). La nature ne saurait être confondu avec la vie dans ces multiples formes car elle n'en représente qu'une vision ambivalente correspondant à une nécessité de croissance illimitée et de dominations qui en sont co-extensives.
Quels que soient les sentiments que l'on puisse éprouver pour la nature, ceux-ci, dans leur version écolo, ne sauraient participer à modifier de façon radicale les rapports que nous entretenons avec la vie, donc nous-même, et ainsi les rapports sociaux aliénés qui prévalent dans « notre » monde capitaliste. Le sentiment de nature, de sa préservation, du retour en son sein ou à ses lois, ne portent pas forcément les critiques, et les pratiques, vers une remise en cause radicale (et nécessaire en ces temps de barbarie) d'une dynamique infernale qui nous entraine toujours plus vers une atomisation des formes de vie et une sur-exploitation de celles-ci.
Max L'Hameunasse 

dimanche 23 janvier 2011

Der Alptraum der Freiheit

 Die Grundlagen der "westlichen Werte" und die Hilflosigkeit der Kritik

Bekanntlich bilden die Begriffe von Freiheit und Gleichheit die zentralen Schlagworte der Aufklärung. Diese Ideale hat allerdings der Liberalismus nicht für sich gepachtet. Paradoxerweise spielten sie im Marxismus und Anarchismus eine ebenso große Rolle. Und auch für die heutigen sozialen Bewegungen haben sie einen hohen ideologischen Stellenwert. Die Linke starrt auf die Idole von Freiheit und Gleichheit wie das Kaninchen auf die Schlange. Um nicht vom Glanz dieser Idole geblendet zu werden, empfiehlt es sich, den Blick auf ihre gesellschaftliche Grundlage zu richten. Marx hat diese Grundlage schon vor mehr als 100 Jahren aufgedeckt: Es ist die Sphäre des Marktes, der kapitalistischen Zirkulation, des Warentauschs, des universellen Kaufens und Verkaufens.
In dieser Sphäre herrscht eine ganz bestimmte Art von Freiheit und Gleichheit, die sich einzig und allein darauf bezieht, zu verkaufen, was man will - vorausgesetzt, es findet sich ein Käufer; und zu kaufen, was man will - vorausgesetzt, man ist zahlungsfähig. Und nur in diesem Sinne herrscht auch Gleichheit, nämlich die Gleichheit von Waren- und Geldbesitzern. Es kommt bei dieser Gleichheit nicht auf die Quantität an, sondern auf die gemeinsame gesellschaftliche Form. Für den Cent ist nicht dasselbe zu kaufen wie für den Dollar; aber egal ob Cent oder Dollar, der Qualität nach herrscht die Gleichheit der Geldform. Beim Kaufen und Verkaufen gibt es keine Herren und keine Knechte, keinen Befehl und keinen Gehorsam, sondern nur freie und gleiche Personen des Rechts. Egal ob Mann oder Frau oder Kind, egal ob weiß oder schwarz oder braun - der Kunde ist unter allen Umständen willkommen. Die Sphäre des Warentauschs ist die Sphäre des gegenseitigen Respekts. Wo ein Händewechsel von Ware und Geld stattfindet, gibt es keine Gewalt. Das bürgerliche Lächeln ist immer ein Verkäuferlächeln.
Der Sarkasmus von Marx bezieht sich darauf, dass diese Sphäre des Marktes nur einen kleinen Bruchteil des modernen gesellschaftlichen Lebens ausmacht. Der Warentausch oder die Zirkulation hat eine ganz andere Sphäre zur Voraussetzung, nämlich die kapitalistische Produktion, den Funktionsraum der Betriebswirtschaft oder der "abstrakten Arbeit" (Marx). Hier gelten ganz andere Gesetze als in der Zirkulation der Waren, hier gefriert das Verkäuferlächeln zur zynischen Grimasse des Sklaventreibers oder Gefängniswärters. In der Arbeit, so schrieb schon der junge Marx, ist der Arbeiter "nicht bei sich, sondern außer sich". Die Freiheit in der Warenproduktion ist so gering, dass noch nicht einmal über Inhalt, Sinn und Zweck dessen bestimmt werden kann, was da produziert wird. Auch die Kapitaleigentümer und Manager haben diese Freiheit nicht, weil sie unter dem Druck der Konkurrenz stehen. Deshalb folgt die Produktion ganz den Prinzipien von Befehl und Gehorsam. Wo das Regime der Betriebswirtschaft besonders "effizient" ist, dürfen die Arbeiterinnen und Arbeiter nicht einmal selbständig pinkeln gehen. Gerade der Neoliberalismus liebt diese produktive Strenge ganz außerordentlich.
Nur scheinbar widersprechen sich die Freiheit und Gleichheit der Zirkulation und die Diktatur der betriebswirtschaftlichen Produktion. Rein formell sind die Arbeiterinnen und Arbeiter in der Produktion gerade deswegen unfrei, weil sie vorher auf dem Markt ihre Freiheit als Warenbesitzer betätigt, nämlich ihre Arbeitskraft verkauft haben. Natürlich ist diese Freiheit, die eigene Arbeitskraft zu verkaufen, selber einem Zwang geschuldet, also einer Unfreiheit: Es wurden historisch durch die Modernisierung Verhältnisse geschaffen, in denen es keine andere Möglichkeit mehr gibt, sich am Leben zu erhalten. Man muß entweder Arbeitskraft kaufen und für den Selbstzweck der Kapitalverwertung anwenden, oder man muß seine eigene Arbeitskraft verkaufen und sich für diesen Selbstzweck anwenden lassen. Solange es noch unabhängige (bäuerliche und handwerkliche) Produzenten gab, gab es gar keinen universellen Markt, sondern der größte Teil der sozialen Beziehungen spielte sich in anderen Formen ab. Der Aufstieg des universellen Marktes ging einher mit dem Abstieg der unabhängigen Produzenten. Nur weil es den Arbeitsmarkt gibt, weil also die menschliche Arbeitskraft Warenform angenommen hat, werden auch alle anderen Güter als Waren gehandelt. Die Sphäre der Freiheit und Gleichheit in der Zirkulation existiert also überhaupt nur, weil sich die Sphäre der Unfreiheit in der Produktion herausgebildet hat. Deshalb findet die universelle Freiheit auch in der Form der universellen Konkurrenz statt.
Dieses Problem setzt sich fort im Bereich der persönlichen Reproduktion oder der Privatheit, wo die Waren konsumiert werden und die intimen sozialen Beziehungen ihren Ort haben. Hier gibt es viele Tätigkeiten und Momente des Lebens, die nicht in der Warenproduktion aufgehen (Haushalt, Kindererziehung, "Liebe" usw.). Für diese Aspekte wurden materiell, soziopsychisch und kulturell-symbolisch im Prozeß der Modernisierung die Frauen zuständig gemacht und eben deswegen sozial abgewertet: es handelt sich um Momente des gesellschaftlichen Lebens, die kein "Geld wert", also im Sinne der Kapitalverwertung zweitrangig und minderwertig sind. Diese "Abspaltung" (Roswitha Scholz) beschränkt sich nicht auf eine abgrenzbare sekundäre Sphäre, sondern sie durchdringt den gesamten gesellschaftlichen Lebensprozeß. So werden Frauen innerhalb der Warenproduktion in der Regel schlechter bezahlt und gelangen relativ selten in Führungspositionen. In den persönlichen Beziehungen herrscht ein bestimmter Code der Geschlechter, der für Frauen ein strukturelles Abhängigkeitsverhältnis impliziert, auch wenn dieses in der Postmoderne vielfach gebrochen und modifiziert ist. Ganz ähnlich wird der nicht-weiße, nicht-westliche Teil der Menschheit einer schon in der Aufklärung rassistisch formulierten strukturellen Unterordnung ausgeliefert.
Einzig und allein in der Sphäre der Zirkulation, des Marktes, scheinen alle Verhältnisse einer "Herrschaft des Menschen über den Menschen" ausgelöscht. Diese gleisnerische Sphäre der Freiheit und Gleichheit beruht jedoch nicht nur auf Strukturen der Abhängigkeit, sondern sie bildet auch in einem unmittelbaren Sinne eine bloße Funktion für den Selbstzweck der Kapitalverwertung. Denn der universelle Markt dient im krassen Gegensatz zum Austausch voneinander unabhängiger Produzenten nicht der wechselseitigen Befriedigung von Bedürfnissen, sondern er ist nur ein Aggregatzustand oder ein Durchgangsstadium des Kapitals selbst. Im Verkauf "realisiert" sich der abstrakte Wert als Geld, und genau darin besteht die Funktion des scheinbar freien Austauschs. Das ursprüngliche Geldkapital, das sich durch die Produktion in Waren verwandelt hat, kehrt um den Profit vermehrt zu seiner Geldgestalt zurück. Darin äußert sich gerade der Charakter des Kapitals als Selbstzweck, nämlich aus Geld mehr Geld zu machen und somit "abstrakten Reichtum" (Marx) in einem unendlichen Progress aufzuhäufen. Indem die Menschen also ihre Freiheit und Gleichheit in der Sphäre der Zirkulation betätigen, tun sie nichts anderes, als die "Selbstvermittlung" des Kapitals zu bewirken, nämlich den produzierten Mehrwert oder Profit aus der Warenform in die Geldform zurück zu verwandeln. Freiheit und Gleichheit der Zirkulation sind daher nichts anderes als ein Räderwerk für den Zweck der "Realisation" des Kapitals. Jeder Akt der Freiheit muss eine Art Pumpleistung vollbringen, um Kapital aus dem Aggregatzustand der Ware in den Aggregatzustand des Geldes zu versetzen.
Die moderne bürgerliche Freiheit hat also einen seltsamen Charakter; sie ist identisch mit einer höheren, abstrakten und anonymen Form der Knechtschaft. Soziale Emanzipation wäre Befreiung von dieser Art der Freiheit, statt sie zu "verwirklichen". Nicht besser steht es mit dem Begriff der Gleichheit, der geradezu eine Drohung impliziert, nämlich die Individuen in ein und dieselbe Form zu pressen. Die Modernisierung hat die Menschheit gewissermaßen in die Einheits-Uniform von Subjekten des Geldes gesteckt. Dahinter aber verbergen sich strukturelle Abhängigkeitsverhältnisse. In Wirklichkeit sind die Bedürfnisse, die Geschmäcker, die kulturellen Interessen und die persönlichen Ziele der Individuen niemals "gleich"; sie sind nur der Gleichheit der Warenform unterworfen worden. Emanzipatorisch wäre es daher, wie Adorno sagte, endlich "in Frieden ungleich" sein zu können.
Die Gleichheit hat ihren falschen Nimbus durch einen argumentativen Taschenspielertrick der bürgerlichen Ideologen seit der Aufklärung erhalten. Die Bedeutung des Begriffs der Ungleichheit wurde verschoben von der schlichten Verschiedenheit der Individuen auf die Unterordnung der einen Individuen unter die anderen. Was an sich bloß Ausdruck der individuellen Eigenart ist, nämlich die Ungleichheit, erscheint plötzlich als Ausdruck der Abhängigkeit. Und umgekehrt: Was an sich Ausdruck des uniformen Zwangs ist, nämlich die Gleichheit, erscheint plötzlich als Ausdruck der Befreiung von Abhängigkeit. Wir haben es hier mit einem typischen Fall der Orwellschen Sprache in der modernen Ideologie zu tun. In Wirklichkeit hat Ungleichheit nichts mit Herrschaft und Gleichheit nichts mit Selbstbestimmung zu tun. Eher im Gegenteil: Die Gleichheit in der Moderne ist selber ein Herrschaftsverhältnis.
Das Resultat ist ein permanenter Widerspruch in der modernen Ideologie. Einerseits wird die Sphäre der Zirkulation aus dem Gesamtzusammenhang der kapitalistischen Reproduktion herausgelöst und zum Ideal erhoben. Andererseits werden die faktische Diktatur in der Produktion und die strukturelle Abwertung des Weiblichen zum unüberschreitbaren "sachlichen Naturgesetz" erklärt. Beständig muss die eine gegen die andere Seite ausgespielt werden; und gerade dadurch befestigt sich das gesellschaftliche Verhältnis in den Köpfen. Freiheit und Gleichheit stellen so genau das dar, was Adorno als "Verblendungszusammenhang" bezeichnet hat. Und die Linke hat diese Verblendung zusammen mit ihrem begrifflichen Apparat von der Aufklärung geerbt. Besonders die Utopisten, die demokratischen und libertären Sozialisten, die Anarchisten und die Dissidenten in den Ländern des Staatssozialismus beriefen sich stets auf die Ideale von Freiheit und Gleichheit, ohne deren Beschränkung auf die Sphäre der Zirkulation zu erkennen und ohne den inneren Zusammenhang von Freiheit und Unfreiheit in der Moderne zu durchschauen.
Heute scheint die Gesellschaftskritik mehr denn je auf die Ideale der Zirkulation zurückzufallen. Das hat strukturelle Ursachen. Die Weltkrise der dritten industriellen Revolution hat eine wachsende Zahl von Menschen aus der eigentlichen Produktion verdrängt und sie zwangsweise zu Agenten der Zirkulation gemacht. Als billige Dienstleister aller Art, als Verkäufer, Straßenhändler und sogar als Bettler erleben sie nun die Sphäre der Freiheit und Gleichheit selber paradoxerweise als Joch einer sekundären Arbeit; die Diktatur der Produktion dehnt sich auf die zunehmenden Tätigkeiten in der Zirkulation bis hin zum Elends-Unternehmertum aus. Freiheit und Unfreiheit fallen dabei unmittelbar zusammen; aber ideologisch verarbeitet wird dieses Paradoxon umso mehr in Begriffen der zirkulativen Ideale. Indem die Individuen sich als Kleinbürger ihrer selbst und als eine Art Teppichhändler ihres weitgehend zirkulativen "Humankapitals" erleben, kehrt nach dem Ende des Arbeits-Sozialismus der Utopismus des Warentauschs in einer neo-kleinbürgerlichen Version zurück. In einer Gesellschaft, in der alle allen permanent irgend etwas andrehen wollen und die sozialen Beziehungen sich in einen universellen Basar auflösen, werden die zunehmenden Krisenerscheinungen durch das Raster der Zirkulations-Existenz wahrgenommen. Geradezu zwanghaft interpretiert eine Intelligentsia von Selbstverkäufern die Probleme der dritten industriellen Revolution nach dem Muster des Zirkulations-Verhältnisses: "Ein Warenbesitzer trifft den anderen". Sogar noch die Überwindung der Warenproduktion wird in Kategorien des "ewigen Tauschens" gedacht.
Die in ihrer gesellschaftlichen Verfaßtheit nicht kritisch reflektierten, nur scheinbar in der Sphäre der Zirkulation "voneinander unabhängigen" Individuen sollen sich wechselseitig ihre "Gunst" schenken und einander "etwas gönnen", statt miteinander zu konkurrieren; ganz so, als läge das Problem nicht auf der Ebene der gesellschaftlichen Produktions- und Lebensweise, sondern auf der Ebene einer individuell darstellbaren "Pathologie", die durch pädagogische und therapeutische Maßnahmen "geheilt" werden könnte. Das Grinsen der Verkäufer wird zum Idealismus eines netten, nicht mehr von Konkurrenz geprägten Umgangs miteinander stilisiert, als wäre eine gesellschaftliche Transformation an der substantiellen Produktions- und Lebensweise vorbei durch utopische Konstrukte des persönlichen Verhaltens machbar, die allesamt ihre Wurzel in der idealisierten Sphäre der Zirkulation haben - wobei die neo-kleinbürgerlichen Utopisten sich selbst zu "Ärzten am Krankenbett des Subjekts" ernennen.
Die in vielen Ländern verbreitete Ideologie der Tauschringe stellt praktisch kaum mehr als eine Hobby-Ökonomie dar; wo sie in großem Maßstab praktiziert wurde, wie zuletzt in der argentinischen Krise, ist sie grandios gescheitert. Noch dürftiger erscheint der Versuch, in Anlehnung an die Untersuchungen des französischen Ethnologen Marcel Mauss und dessen Hauptwerk "Die Gabe" (erschienen 1950), das "ewige Tauschen" nach dem Muster sogenannter archaischer Gesellschaften vermeintlich von der Konkurrenz zu erlösen und in ein wechselseitiges Austauschen von Geschenken, also in eine Art permanentes Weihnachten zu verwandeln. Diese Vorstellung einer "Geschenk-Ökonomie" kann ihrem Wesen nach die Reichweite unmittelbar persönlicher Beziehungen nicht überschreiten; sie verfehlt daher den Maßstab gesellschaftlicher Produktivkräfte und hoch organisierter sozialer Zusammenhänge. Es wäre lächerlich, wenn das eine abstrakte Individuum zum anderen sagt: "Schenkst" du mir eine Nieren-Transplantation, dann "schenke" ich dir, wenn du schön brav bist, einen Mähdrescher. Das Problem ist nicht, dass man sich gegenseitig individuell etwas "gönnt", sondern dass die gesellschaftlichen Potenzen (Infrastrukturen, Systeme der Bildung und Wissenschaft, Systeme der industriellen und der immateriellen Produktion) sinnvoll statt destruktiv eingesetzt werden.
Die Utopien der Zirkulation dagegen suchen eine Lösung immer primär auf der Ebene der individuellen Verhaltensweisen. Das heißt das Pferd vom Schwanz aufzäumen. Statt durch eine gesellschaftliche Umwälzung der Produktion und der Lebensweise die Zirkulation von Waren und die damit verbundene Konkurrenz auf den Märkten überflüssig zu machen, soll umgekehrt das isolierte Subjekt der Zirkulation selbst die vermeintliche Ontologie des Tauschens in einer geläuterten Form vollziehen. Die Konkurrenz soll "wegmoralisiert" werden. Soziale Emanzipation erscheint dann als bloße Folge einer angeblich "verwirklichten" Utopie von Freiheit und Gleichheit des Zirkulationssubjekts in kleinen Gruppen. Die Frage der praktischen Solidarität in gesellschaftskritischen sozialen Zusammenhängen wird ideologisiert zu einem verlogenen pädagogischen und oft geradezu psychotherapeutischen Idealismus, der nur in den Terror der Nettigkeit und der wechselseitigen sozialen Kontrolle (etwa nach dem Muster religiöser Sekten) umschlagen kann. Dieser neo-kleinbürgerliche Utopismus des zirkulativen Humankapitals ist ebenso zum Scheitern verurteilt wie alle früheren Utopien.
erschienen in der Folha de São Paulo
am 16.01.2005

Robert Kurz


 

La Caravane de la Libération



Des centaines d'habitants du centre-ouest de la Tunisie, d'où est partie la «révolution du jasmin», ont entamé samedi une marche sur Tunis, «la Caravane de la libération», pour réclamer le départ du gouvernement des caciques de l'ancien régime, selon un correspondant de l'AFP.
Ils étaient environ 300 à leur départ dans la matinée de la localité de Menzel Bouzaiane, à 280 km au sud de la capitale, mais ont agglutiné d'autres manifestants en chemin et approchaient dans la soirée de la localité de Regueb (centre-ouest) où ils étaient attendus par la population. «Nous sommes venus de Menzel Bouzaiane, de Sidi Bouzib, de Regueb pour faire tomber les derniers restes de la dictature», a expliqué un vieil homme drapé dans un drapeau tunisien, Mohammed Layani, énumérant les principaux foyers de contestation du centre-ouest frondeur et déshérité, en première ligne lors de la «révolution du jasmin» qui a provoqué le 14 janvier la chute du président déchu Zine El Abidine Ben Ali. 
La rue tunisienne proteste quotidiennement contre la mainmise de caciques de l'ancien régime sur le gouvernement de transition formé lundi. Ce mouvement fait suite aux manifestations de samedi, auxquelles se sont joints des policiers, contre le gouvernement de transition dominé par des membres de l'ancien régime. (…)
Arrivés dans le centre de Tunis vers 7h30, les manifestants ont remonté l'avenue Habib Bourguiba, artère centrale et symbolique de la ville où se déroulent des manifestations quotidiennes, avant de s'installer pour un sit-in devant le ministère de l'intérieur, où ils ont déployé un vaste portrait de Mohammed Bouazizi. (…)
Des appels circulent sur les réseaux sociaux pour que d'autres manifestants d'autres régions rejoignent la marche qui eux compte arriver à Tunis «dans quatre ou cinq jours».  
Tout ceci n'est que la première vague qui vient mourir à Tunis centre du pouvoir,  mais d'autres vont suivre.
Écoliers, collégiens et une partie des lycéens doivent théoriquement reprendre le chemin des classes, fermées depuis le 10 janvier, quatre jours avant la fuite de Ben Ali en Arabie Saoudite, mais le syndicat des enseignants du primaire a appelé à une "grève générale illimitée" dès ce lundi pour exiger un nouveau gouvernement débarrassé de tout cacique de l'ère Ben Ali.
Pour sa part, l'Arabie saoudite a assuré dimanche avoir voulu "contribuer à désamorcer la crise et arrêter l'effusion de sang du peuple tunisien" en donnant l'asile à Ben Ali.

Minime introduction aux nanotechnologies

Quoique nous ayons apporté nombre d’informations et d’analyses sur le sujet, on nous demande encore souvent ce que sont les nanotechnologies, les technologies convergentes, et quelles sont les raisons de notre opposition à leur projet.
Les nanotechnologies (aussi nommées "Technologies convergentes"), ne sont pas un projet scientifique, mais politique et philosophique. Un projet d’eugénisme et d’artificialisation de la vie. A Grenoble où le Commissariat à l’Energie Atomique ouvre Minatec, "le premier pôle européen pour les nanotechnologies", les simples citoyens de Pièces et Main d’Oeuvre critiquent ces plans d’homme-machine et de monde-machine.
Voici une minime introduction aux nanotechnologies:

Oublions un instant les applications dérisoires ou démoniaques des nanotechnologies : verres auto-nettoyants, "objets communicants", écrans extra-plats, Organismes Atomiquement Modifiés, micro-drones et autres obus "intelligents". Les nanotechnologies, qui forment avec les biotechnologies, les sciences de l’information et les sciences cognitives, les technologies dites "convergentes" (NBIC), sont avant tout un projet de pouvoir. Ce projet né et développé au sein de la technocaste américaine vise la maîtrise des éléments et processus matériels de la vie dans toutes ses manifestations : humaines, animales, environnementales. Plus que d’eugénisme, c’est d’eubiologisme qu’il faudrait parler. 

Aux Etats-Unis, l’empire technicien, les promoteurs des nanos clament leurs ambitions, dans la lignée d’Eric Drexler, l’auteur d’ "Engins de création" (Editions Vuibert). En France, vieux pays de résistance, ils ne prétendent faire que de la science à but lucratif et militaire. Ainsi , au CEA de Grenoble, Françoise Charbit, directrice du projet NanoBio écrit à ses subordonnés : "Je ne pense pas qu’un scientifique normal, se reconnaisse dans les visions de Drexler." Pas de chance : Michel Lannoo, le très normal directeur du département "sciences physiques et mathématiques du CNRS", et l’un des principaux promoteurs des nanosciences en France, lâche le morceau dans son journal : "L’œuvre d’Eric Drexler m’a beaucoup influencé. J’ai acheté 25 exemplaires d’un de ses livres, Engines of creation, pour que chacun des membres de mon laboratoire le lise." Quitte à faire la fortune des Editions Vuibert, nous aussi, nous ne saurions trop recommander au lecteur de prendre connaissance par lui-même du véritable projet des nanotechnologies, dont il est largement question ci-dessous.
 
 

samedi 22 janvier 2011

Oben bleiben. Weiter gehen

 Jeder vernünftige Mensch ist gegen Stuttgart 21

Emanzipation und Frieden
Jeder vernünftige Mensch ist gegen Stuttgart 21. Doch nicht jedes Argument gegen S21 ist vernünftig. Es ist z.B. vernünftig zu sagen, das Geld solle besser für dringende soziale Bedürfnisse ausgegeben werden. Falsch ist es jedoch, S21 „volkswirtschaftlichen Irrsinn“ zu nennen (so z.B. U. Maurer von der Linkspartei). Denn dieses — zweifelsohne irrsinnige — Projekt macht wirtschaftlich durchaus Sinn. Und das ist der Kern des Problems.
Es ist verrückt, wegen 15 oder 30 Minuten „Zeitersparnis“ kilometerlange Tunnel in risikoreiche geologische Strukturen unter einer Stadt zu fräsen. Es ist irrsinnig, riesige Mittel dafür aufzuwenden, „dass die Züge an der Geislinger Steige nicht mehr herunterbremsen müssen“ www.das-neue-herz-europas.de, während Schulgebäude bröckeln, Universitäten Gebühren eintreiben, Arbeitslose in die Armut geschickt werden und in Krankenhäusern Patienten sterben, weil nicht genügend Personal da ist. Doch nicht ein paar Spinner an den Schalthebeln der Macht sind die eigentliche Ursache dieses Irrsinns. Die ganze Gesellschaft wird von einem zerstörerischen Wachstums- und Geschwindigkeitswahn beherrscht. Dabei mangelt es noch nicht einmal an der Einsicht, dass es „eigentlich“ so nicht weitergehen kann. Doch es ist kein Zufall, dass noch nirgendwo wirkliche Konsequenzen gezogen wurden. Man kann tausendmal verstanden haben, wie gefährlich Atomkraftwerke sind – wenn man dort sein Geld verdient, hat man ein Problem. Man kann hundert Prozent verstehen, wie falsch es ist, die Welt mit immer mehr Autos zuzustopfen. Wenn jede Menge Arbeitsplätze von der Produktion der Dreckschleudern abhängen, werden steigende Absatzzahlen allgemein akzeptiert. Auch nach der Katastrophe im Golf von Mexico nimmt die Sucht nach Treibstoff kein Ende. Und was ist die Antwort auf die Staatsverschuldung? „1,7 Billionen Euro Miese – Wie Deutschland der Schuldenfalle entkommt“ titelt Spiegel Online (01.09.10) und weiß die Antwort: „Wachstum, Wachstum, Wachstum“. Niemand widerspricht – kein Arbeitgeberverband, keine Partei, keine Gewerkschaft, keine Regierung.

Immer mehr und immer schneller: Irrsinn, dein Name ist Marktwirtschaft

Denn der Wachstumszwang ist mehr als falsches Bewusstsein. Er ist ein verhängnisvoller Konstruktionsfehler der Marktwirtschaft. Die interessiert sich nämlich nicht für das konkrete Leben. Ihr Sinn und Zweck ist es allein, aus Geld mehr Geld zu machen. Gesundheit, Bildung, eine menschenfreundliche Stadt sind für sie keine Kriterien. In der mörderischen Ellenbogenkonkurrenz den größtmöglichen Profit herausschlagen, um am meisten und schnellsten investieren zu können, um am meisten Profit… usw. ohne Ende, das ist der Kreislauf der Kapitalverwertung. Ob Brausetabletten, Bungalows, Bombenflugzeuge oder Bahnhöfe – alles Stoffliche interessiert die Marktwirtschaft nur unter einem Aspekt: taugt es für die Wachstumsmaschine oder nicht? Mehr, mehr, schneller, schneller! Um jeden Preis! Das ist ihr Credo. Um ein paar Cent im Konkurrenzkampf zu sparen, werden gigantische Warenmengen in rasender Geschwindigkeit über den Erdball hin und her gejagt, Menschen hetzen ihnen mit heraushängender Zunge voraus und hinterher. Die Gier der Marktwirtschaft walzt alles nieder, was ihr im Wege steht, sie untergräbt zunehmend unsere Lebensqualität. Viele können keinen Millimeter mehr hinausblicken über das Diktat des Marktes, ein paar Minuten zu sparen und „Stuttgart wettbewerbsfähig zu halten“: „Schluss mit den Demos gegen Stuttgart 21“ hat schon über 10 000 Fans auf Facebook. „Vernünftig“ erscheint ihnen S21 nur, weil sie die stummen Zwänge abstrakter Verhältnisse verinnerlicht haben. Konformistisch brüllen sie gegen jene, die zumindest ahnen, dass das, was ist, nicht alles ist. In ihrer inneren Zurichtung und Entsagung können sie nicht ertragen, dass andere noch nicht ebenso zugerichtet sind… Doch obwohl diese anderen wenigstens noch spüren, dass es auch anders sein könnte, hängen sie noch oft genug dem herrschenden Wahn an. Bestes Beispiel dafür ist das Projekt K21.

Die einen sind oben. Die anderen sind unten. Der Wahn ist überall.

Es ist empörend: Die einen sitzen an der Quelle und bereichern sich, die anderen können froh sein, wenigstens noch mit Hartz IV abgespeist zu werden. Die einen haben Entscheidungsmacht über vieles, was die Lebensverhältnisse der anderen berührt, die weitaus meisten sind machtlos. Und trotzdem ist auch die Macht „derer da oben“ begrenzt: Sie können die Logik der Kapitalverwertung nicht außer Kraft setzen. Wäre S21 wirklich „volkswirtschaftlicher Irrsinn“, würden die Verantwortlichen entgegen der Systemlogik handeln. Doch mit den Milliardenbeträgen sorgen sie dafür, dass die Maschine aus Maximalprofit und Wachstumswahn weiter brummt. Die Vorstellung, „die da oben“ behinderten die Marktwirtschaft ist nicht nur absurd, sie ist auch die Mutter aller Verschwörungsphantasien: „Wenn nur diese Gierigen, diese Bande, dieses Lügenpack nicht wäre, dann hätten wir das Problem gar nicht…“ Ein wenig überzeugendes Weltbild. Selbstverständlich gibt es Profiteure und Seilschaften bei S21. Aber würde bei K21 niemand profitieren, kein Finanzgeschäft getätigt, kein Deal gedreht, kein Billiglohn gezahlt? Viele scheinen ernsthaft zu glauben, dass dann keine „Spätzles-Connection“ lügen, manipulieren und tricksen und keine „unvor-hergesehene“ Kostensteigerung nach der anderen aus dem Hut gezaubert würde. Heilige Einfalt! S21 und K21 sind – genauso wie immer mehr Autobahnen, immer mehr Fluglärm und immer mehr Umweltkatastrophen – Ausfluss der Zwänge eines verrückten Systems. Die Marktwirtschaft kann’s eben nicht besser. Das Verflixte ist allerdings, dass unser aller Einkommensquellen, seien wir Arbeiter, Unternehmer, Freischaffende, Rentner oder Hartz IV-Bezieher, letztendlich vom Funktionieren der Kapitalverwertung abhängen – ohne sie gibt es weder Arbeitsplätze noch Steuereinnahmen. Insofern protestiert, wer gegen die Auswirkungen des Wachstums- und Geschwindigkeitswahns rebelliert – ob er will oder nicht – immer auch gegen seine eigene materielle Lebensgrund-lage. Freitags gegen S21 demonstrieren, samstags mal eben schnell zum Geschäftstermin oder in den eh so knappen Urlaub um die halbe Welt düsen? Wie viel „S21“ steckt eigentlich in uns allen? „Wir können nur leben, wenn wir unsere Lebensgrundlagen zerstören“, lautet die frohe Botschaft der Marktwirtschaft. Der Weisheit letzter Schluss?

Entweder die Marktwirtschaft beseitigt die Menschen oder umgekehrt.

Es ist an der Zeit, über Grundsätzliches nachzudenken. Gut, dass es Widerstand gegen Stuttgart 21 gibt. Nicht nur wegen der Untertunnelungsrisiken und weil das Geld für dringende soziale Bedürfnisse benötigt wird. Je mehr die Protestierenden ein gutes Leben gegen den herrschenden Geschwindigkeits- und Leistungswahn einfordern, umso emanzipatorischer wird die Bewegung sein. S21 wird hoffentlich verhindert, aber noch notwendiger wäre der Aus-stieg aus dem “Immer-mehr-und-immer-schneller”, anstatt nur für Varianten des Wahns zu kämpfen. Schließlich wissen ja auch Sie, dass es so nicht weitergehen kann, oder? „Wachstum“ könnte auch ganz anders klingen… In einer human eingerichteten Gesellschaft wären die Güterströme auf das stofflich notwendige Maß begrenzt und nicht von Profitmaximierungserwägungen gesteuert. Der Großteil der heutigen Arbeit und des heutigen Verkehrs, der allein dem Schmieren der großen Geldmaschine dient, würde ohne jeden Verlust an Lebensqualität wegfallen: Reisen aus Lust am Kennenlernen der Welt und der Menschen, entspannt und oft auch langsamer, ohne den idiotischen Zeitdruck im Nacken, weil man nur zwei Wochen Urlaub hat oder der Auftrag flöten geht, wenn man eine Stunde „zu spät“ ist. Wissenschaft und Technik könnten unser Leben entwickeln und bereichern statt immer mehr Minuten und Leistung aus uns rauszuquetschen. Das Wort „Wachstum“ könnte für die Lust am Leben und nicht mehr für eine tödliche Sucht stehen. Und die schlechte Alternative „entweder blindes und zerstörerisches Wachstum oder noch mehr Sparen auf Kosten der Mehrheit“ wäre auch von gestern. Eine solche Gesellschaft wäre schon lange möglich. Wir können heute mit so wenig Arbeit wie noch nie so viel Reichtum hervorbringen wie noch nie. Doch die Marktwirtschaft macht aus überflüssiger Arbeit „überflüssige“ Menschen und stresst diejenigen, die noch Arbeit haben, ohne Ende. Es ist schon lange Zeit, diese verrückte Organisation der Gesellschaft zu beenden.

Warum demonstrieren Sie eigentlich nicht gegen die Rente mit 67?

Die Rente mit 67 bzw. 70 wäre vollkommen unnötig, denn beim heutigen Niveau der Arbeitsproduktivität können schon lange immer weniger Menschen immer mehr versorgen. Sie bedroht massiv unsere Lebensqualität: die der Alten sowieso und die der Jungen, weil sie noch schlechtere Chancen auf Arbeitsplätze haben, wenn die Alten län-ger arbeiten müssen. Anders als bei S21 gibt es hier jedoch keine Handvoll „Bösewichter“, die an allem schuld zu sein scheinen, man muss schon ein paar grundsätzlichere Fragen stellen. In Frankreich wird massiv gegen die Rente mit 62 gestreikt. Bei S21 merken immer mehr Leute, dass man für sich selbst eintreten kann. Das geht nicht nur da.

K21 ist keine wirkliche Alternative.

K21 hat unbestritten ein paar Vorteile, z.B. „nur“ 24 statt 66 km Tunnelröhren. Aber das vermeintliche “Alternativprojekt” www.kopfbahnhof-21.de/fileadmin/bilder/stellungnahmen/Kopfbahnhof_2007.pdf bricht nicht mit dem Geschwindigkeits- und Wachstumswahn. Zitate: „Der TGV von Paris nach Stuttgart wird durch S21 nicht schneller.“ „Ebenso falsch ist die Behauptung, nur mit S21 könne die Fahrtzeit nach Ulm verkürzt werden.“ “ K21 „bindet die Landeshaupt-stadt vollwertig in die europäische Magistrale Paris-Budapest ein.“ „Die Fahrzeiten von Ulm und Tübingen ent-sprechen denen von S21.“ „Vordringlich sollte die Kapazität im Hauptbahnhof durch einen neuen Rosensteintunnel gesteigert und die Neubaustrecke realisiert werden, weil allein sie die Reisezeit verkürzt.“ „Auch der Flughafen/Messe wird in 13 Minuten schnell erreicht.“ Das Konzept will neue Gleise, neue Brücken, neue Tunnel, preist den direkten Anschluss von Messe und Flughafen. Und, als Gipfel: Mit K21 werde „eine größere Leistungsfähigkeit erreicht als beim Durchgangsbahnhof“. Sprich: Mehr Wachstum und Geschwindigkeit mit K21!

Zum Weiterlesen: www.emanzipationundfrieden.de info@emanzipationundfrieden.deFörderverein Emanzipation und Frieden e.V. – Kto. Nr. 472 912 003 Stuttgarter Volksbank BLZ 600 901 00 IBAN: DE40 6009 0100 0472 9120 03 BIC: VOBADESS – Ihre Spende ist steuerlich absetzbar

Aveux complets des véritables mobiles du crime

 Commis au CIRAD le 5 juin 1999

Je souhaite dire mes véritables mobiles, et donc ma pleine responsabilité politique, dans la destruction de chimères génétiques d'Etat commise le 5 juin 1999 au CIRAD. Cet exposé sera aussi un hommage à Theodore Kaczynski, fou de lucidité, enterré vivant dans une prison high tech des États-Unis d’Amérique.
Un rappel préalable est indispensable : que cela plaise ou pas, cette action a été concertée et exécutée au sein de la «Caravane intercontinentale», un regroupement délibérément informel et éphémère, composé en grande partie de paysans du sud de l'Inde. Son objectif était de parcourir l'Europe, pendant un mois, pour y manifester, à l'écart de toute mainmise politique ou syndicale, l'existence et la nécessité de formes nouvelles d'opposition à la domination modernisée. C'est pour ces raisons que J'y ai participé.
Ma position est donc singulière. On le vérifiera à l'écoute des points de vue qui seront développés tout à l'heure devant le tribunal, qu'ils l'incitent à la clémence ou à la répression la plus ferme des voies de fait reprochées aux accusés. J'attire pourtant l'attention sur ce que diront, chacun à sa manière qui n'est pas forcément la mienne, les cinq personnes — Jean-Pierre Berlan, Mark Purdey, Roger Belbéoch, André Pichot et Michel Tibon-Cornillot — que je remercie d'avoir accepté d'être mes témoins. Je sais que leurs propos trancheront avec les inébranlables certitudes qu'assèneront, au nom de la de la prétendue rationalité technique, scientifique ou économique, les incurables scientistes qui entendent continuer à faire ce qu'ils veulent en matière de biologie moléculaire et de génie génétique. Ils trancheront aussi avec le discours de ceux qui rêvent de voir les États, sous l'action de groupes de pression «non - gouvernementaux», imposer des «règles» ou des «moratoires» pour modérer les «excès» qu'ils imputent aux seules entreprises multinationales «privées».
Tous leurs arguments ne sont pas entièrement faux. Car il est vrai que les applications agricoles du génie génétique achèvent de réduire l'autonomie des agriculteurs, précipitent l'éradication des paysanneries — encore faudrait-il dire pourquoi on la déplore —, comportent des dangers pour tous les êtres vivants, ne réduisent pas les pollutions agricoles et ne peuvent, ni ne veulent, répondre aux questions posées par la malnutrition et la sous-alimentation.
Mais ces arguments sont vains s'ils ne servent qu’à justifier d'ineptes contre-expertises qui, en commençant par s'interdire de remettre en cause le fait accompli du déchaînement technologique, s'interdisent de penser et de qualifier les rapports sociaux qui l'ont rendu possible , et, du même coup, le genre de société que ce déchaînement veut continuer de produire.
Voilà pourquoi, en détruisant sans attendre les riz expérimentaux du CIRAD, on n'a pas seulement choisi de prendre la vertueuse recherche publique «la main dans le sac de ce qu'elle produit», mais aussi de lui faire perdre du temps. A en juger par la réaction du CIRAD, si fort préoccupé de chiffrer ce «retard», c'était une bonne idée. Et à considérer l'état du monde, on ne peut douter non plus que le temps perdu par la recherche est, à coup sûr, du temps gagné pour la conscience. L’État, qui s'y connaît, condamna aussitôt, par la bouche du ministre Glavany, «ces attitudes destructrices aboutissant à disqualifier la recherche scientifique, à cultiver par amalgame une approche obscurantiste du débat sur les biotechnologies et enfin à utiliser le recours à la violence en lieu et place du débat démocratique».
Obscurantisme. Le mot est lâché ! Voyons alors ce qu'il en est des lumières dispensées par la science moderne, cette fille du laboratoire et de l’industrie ; ou des fables sur la supposée distinction entre science et «applications», cette imposture depuis longtemps éventée. Ou encore d'un progressisme scientiste, désormais biologique, qui manque pour le moins de fraîcheur : à l'instar de cette société de classes qui nous promet de résoudre sans retard ses contradictions quand elle ne fait en vérité qu'en empiler de nouvelles, jusqu~à trouer la couche d'ozone.
Voici par exemple ce que vaticinait il y a cent sept ans, le 5 avril 1894, Marcellin Berthelot, chimiste et homme d'État, à propos de l’an 2000 : «Dans ce temps-là, il n'y aura plus dans le monde ni agriculture, ni pâtres, ni laboureurs : le problème de l’existence de la culture du sol aura été supprimé par la chimie. [...] chacun emportera pour se nourrir sa petite tablette azotée, sa petite motte de matière grasse [...] tout cela fabriqué économiquement et en quantités inépuisables par nos usines [...] tout cela enfin exempt de ces microbes pathogènes, origine des épidémies et ennemis de la vie humaine [...]. Dans cet empire universel de la force chimique [...] la terre deviendra un vaste jardin [...] où la race humaine vivra dans l'abondance et dans la joie du légendaire âge d'or».
Laissons cet immortel sommeiller dans l'ombre poussiéreuse du Panthéon et prêtons l'oreille à des visionnaires plus contemporains, comme Daniel Cohen, le père du Téléthon, officiant du Génethon d'Evry: «À bas la dictature de la sélection naturelle, vive la maîtrise humaine du vivant ! [...] l'homme futur, celui qui maîtrisera parfaitement les lois de la génétique, pourra être l'artisan de sa propre évolution biologique ... »
On me dira que je suis hors sujet, que je mélange tout, et que parler de génétique humaine ne peut que desservir la défense, entamer le «capital de sympathie» dont bénéficieraient les accusés, puisque 80 % des usagers répugneraient, dit-on, à consommer l'alimentation génétiquement modifiée qui leur est déjà fournie, tandis que l'inqualifiable chantage aux enfants myopathes et à la mucovicidose fait affluer chaque année des millions de francs dans les caisses du Téléthon. Je dis que c'est la même puissance de calcul, la même utopie technolâtre, qui nous promet la réalisation, bientôt à portée de main, des vieux fantasmes de l'homme régénéré, eugéniquement pur, et la transformation magique de la planète en un «vaste jardin». Un certain Claude Fauquet peut ainsi déclarer : «Nous avons utilisé 90 % des terres arables. Nous devons augmenter la production.[...] la biotech est notre seul espoir. [...] Nous pourrions doubler, tripler, voire quadrupler la productivité des cultures en Afrique avec des technologies très simples et faciles d'accès». Ce Berthelot transgénique est détaché en Californie par son institution d'origine (l'ex-ORSTOM devenu l’IRD) pour travailler, «en partenariat» bien sûr, dans un laboratoire international en partie financé par la fondation Rockfeller. De cette collaboration high tech entre la recherche dite privée et la recherche soi-disant publique sortiront, comment en douter, les merveilleuses semences OGM qui sont tout ce qui manque pour faire de l'Afrique ravagée le nouveau jardin des délices terrestres.
Voilà qui nous ramène au riz du CIRAD.
Ce détour voulait montrer que, depuis plus d'un siècle, à chaque innovation des sciences et des techniques.. ce sont les mêmes grosses ficelles qu'on débobine : demain, la physique, la chimie, la biologie auront vaincu la misère, la maladie, la faim et — pourquoi pas ? — la mort elle-même. Rire de ces sornettes toujours démenties, c'est être rétrograde, «obscurantiste» comme dit le brillant Glavany, c'est aller contre l'esprit démocratique du temps, qui se nourrit d'espoir et de participation «citoyenne». Et cela, alors même que nous pouvons juger sur pièces des résultats concrets du millénarisme de la science industrielle — nonobstant d'autres nouveaux virus, des prions inédits, l'intensification du rayonnement ultraviolet, ou tout autre désastre qui permettra aux nouvelles générations de chercheurs d'exercer leur ingéniosité dans ce gigantesque laboratoire-usine qu'est à leurs yeux la Terre.
Ce scientisme utilitariste et réducteur, qui ne croit comprendre que lorsqu'il croit dominer, ne sait rien imaginer qui soit gratuit, non brevetable, non manipulable ; il regarde avec haine tout ce qui, dans la nature, contredit encore la pauvreté de la survie industrielle. Il a expliqué aux parents que le cerveau est un ordinateur et le corps une voiture désormais livrée avec pièces de rechange ; il enseigne maintenant aux enfants que la cellule est une «machiner le génétique», et une mitochondrie une «centrale» énergétique.

C’est au fond de cette poubelle où, gorgés de dioxines, intoxiqués par l'air, empoisonnés par l'eau, nous avons dû, pour comble, nous résoudre à citoyennement trier leurs ordures, qu'on nous avise maintenant, via internet au besoin, qu'il nous faudra débattre, démocratiquement s'entend, des embellissements qu'on pourrait lui apporter ! Mais débattre de quoi ?
De décisions déjà prises, ou qui le seront de toute façon. Car on a beau jeu de nous représenter qu'ainsi partis le seul choix qui reste est d'aménager, autant que possible, le cours chaotique de l'innovation automatisée, ses dégâts collatéraux, ses regrettables externalités négatives. On ne songe même pas à dissimuler qu'à cet aménagement on a déjà fixé un objectif permanent : repousser toujours plus loin les seuils d'acceptabilité sociale, comme dit très scientifiquement la novlangue lorsqu'elle veut parler d'approfondir la soumission. Nous devrons nous faire aux proliférantes chimères techno-industrielles, mais en en débattant, en nous berçant doucement d'espérances sur les progrès perpétuellement imminents, mais évidemment décisifs, de la lutte contre les cancers produits par le mode de vie industriel.
Débattre de quoi, donc, mais aussi avec qui ? Il faudrait peut-être inviter à ce symposium élargi des interlocuteurs crédibles, de ceux qu'on trouve à la pelle dans les bureaucraties d'État dont on ne cesse d'exalter la mutation supranationale ? Par ceux-là aussi, les promesses d'avenir radieux ont été tenues . On sait que tous les gouvernements européens ont menti dans l'affaire de l'ESB. On sait que l'Union européenne elle-même n’a pas été en reste, en planifiant cette intoxication, afin de préserver les marchés. Comment ne pas goûter, pour ce qui nous occupe ici, de retrouver, au titre de contractant pour la Commission, sur les contrats qui lient le CIRAD à l'Union européenne, le nom de Guy Legras, ce directeur de la DG VI, la Direction générale de l'agriculture de la Commission, qui donna en 1990, à la demande du commissaire Mac Sharry, la consigne de «minimiser l'affaire en pratiquant la désinformation»?
Qu'on m'entende bien. Je cite ce cas de mensonge flagrant, d’une actualité évidente pour ce qu'il dit de l'impartialité et du sens des responsabilités que certains veulent encore prêter à ces grandes bureaucraties, en les opposant fallacieusement à d’autres, plus ouvertement marchandes. Mais je ne crois nullement qu'une « plus grande transparence », dans l'hypothèsefantaisiste où elle serait octroyée par on ne sait quelle instance bureaucratique, puisse, en écartant par décret les plus grossières manipulations de la propagande, permettre de maîtriser si peu que ce soit le déferlement des innovations technologiques.
Car le plus terrifiant dans l'activité technoscientifique, c'est à dire dans l'artificialisation continue de la vie à l'œuvre depuis un siècle, c'est très précisément qu'elle est devenue incontrôlable : lors même qu'elle se propose de corriger les nuisances ou les désastres amenés par les stades précédents de son développement, elle ne sait qu'en produire d'autres, plus variés, complexes, imprévisibles et recombinables. Les mensonges sur l'ESB sont de ce point de vue exemplaires : des tentatives initiales d'occultation pure et simple, et l'ignorance des prétendus savants demeurant à peu près complète, on en vint ensuite, « pour maintenir le public rassuré », à la fabrication de causalités ad hoc, à donner un nom à ce qu'on ne savait pas expliquer, sur le modèle classique de la vertu donnitive de l'opium. Tandis que les seules lumières qui, parfois, venaient de la recherche continuaient d'éclairer l'étendue de ce qui lui demeure incompréhensible.
Un débat non dépourvu de signification porterait sur le meilleur moyen d'interrompre la course sans fin vers le mirage d'une vie parfaitement artificielle. M'accordera-t-on que, par notreexpérience au CIRAD, nous avons essayé de le susciter ?
 
Mais c'est à un tout autre genre de débat qu'on nous convie : un «dialogue social» avec «l'institution scientifique» comme dit le rapport Kourilsky-Viney. L'audition de MM. Le Déaut et Kourilsky, cités comme témoins de la partie civile ne va décidément pas manquer d'intérêt. Tous deux sont bien placés pour vendre — c'est le terme — la même conception de cette démocratie technologique du fait accompli : l'honorable parlementaire a le nez sur l'incompétence des décideurs à décider de quoi que ce soit en ces matières ; et M. Kourilsky, fondateur d'une entreprise de génomique, est naturellement des plus qualifiés pour recommander au chef du gouvernement socialiste un «Principe de précaution» respectueux des intérêts économiques de la nation. On voit le champ d'application fort étroit laissé à ce grand principe.
Quoi qu'il conclue, ce tribunal répondra de toute façon à une question bien simple : le fameux principe de précaution est-il fait pour être appliqué ? Si c'est le cas, nous l'avons appliqué au CIRAD. Ou n'est-il pas plutôt destiné à rester une fiction, prétexte à de faux débats dont l'objet n'est sûrement pas de déterminer des choix, puisqu'encore une fois ils sont déjà faits, ni même de préciser des enjeux ou des risques, puisqu'ils sont méthodiquement ignorés. Et quand je parle d'ignorance, ce n'est pas une figure de style : les fulgurants progrès des nécrotechnologies l'ont amplement démontré depuis dix ans : la génomique, où il y a beaucoup de technique et très peu de science est en réalité proprement incompréhensible à ses promoteurs et agents eux-mêmes. Sur ce point au moins, comment ne pas croire Axel Kahn, de l'INSERM et Aventis, quand il convient que la combinatoire des gènes «relève probablement de processus en partie chaotiques» et qu’elle «est dans son détail probablement peu connaissable». Le «détail» en question, cette part «peu connaissable», je m'avancerai à dire qu'elle contient en germe toutes les catastrophes et calamités inédites à venir, dont l'ESB n'est, je le crains, qu'un hors d'œuvre.

Si on m’a prêté un peu d'attention, on aura compris que c'est bien à l'ensemble des prémisses de la recherche scientifique moderne, privée comme publique, à tout l'arsenal technologique de contrôle et de conditionnement qu'elle met au service de l'industrialisation de la vie, jusqu'à l'artificialisation intégrale, que j'ai l'impudence de m'opposer.
Et que c'est à quelque chose comme des principes que je me réfère pour justifier les faits délictueux qui me sont reprochés. Ces faits, pour illégaux qu'ils soient, sont, à dire vrai, plutôtlégers vu le nombre de personnes qui les ont commis : un grillage déchiré, deux portes maltraitées et quelques kilogrammes de cahiers et de végétaux lacérés, piétinés ou un peu incendiés ; on voit bien pire en prenant sa voiture le matin pour aller au laboratoire ou en ouvrant sa radiovision, le soir, en rentrant chez soi. D'ailleurs, quand la partie civile parle du préjudice matériel qu'elle a subi, elle a vite fait d'en établir le montant. Mais lorsqu'il s'agit de ceux, «immatériels», dont elle entend obtenir réparation, elle invoque immanquablement la haute idée qu'elle se fait des techniques qu'elle développe et s'appuie sur sa conception de la recherche scientifique, c'est à dire, en réalité, sur sa conception du monde.
Il n'y a pas l'ombre d'une ambiguïté : ce n'est pas sur la part que j'ai prise — de bon cœur — au piétinement de quelques plantules en godets qu'il faudra me juger, mais sur une conception du monde et de la vie parfaitement antagonique à celle du CIRAD ou de tout autre organisme de recherche analogue ; qu’il soit public ou privé ne fait aucune différence. Une telle conception est, j'en conviens, beaucoup plus répréhensible que les faits eux-mêmes.
J'insiste donc sur le fait que c'est en mon seul nom que j'ai exposé les mobiles qui ont fondé ma participation au sabotage du CIRAD. Je n'impose à personne d'y souscrire. Ceux qui se reconnaîtraient dans des idées voisines savent qu'ils doivent d'abord les soutenir par eux-mêmes, non par procuration. Inutile par conséquent de tourner autour du pot : au regard des catégories judiciaires, policières, journalistiques ou citoyennes en vigueur on me tiendra, sinon pour un dément, au moins pour un extrémiste ; une sorte de révolutionnaire en somme.
Ce n'est sûrement pas ici le lieu de s'étendre sur le sens que peut avoir aujourd'hui ce terme de «révolutionnai re» quand il n'est pas appliqué à une technologie, encore moins de théoriser sur ce que pourrait bien être une révolution alors que la société des hommes, et la planète sur laquelle ils vivent, sont dans un état de décomposition et de destruction si avancés. Je m'honore en tous cas de n'avoir pas su mériter d'autre étiquette depuis assez longtemps déjà. Bien jeune, j'avais commencé par m'en prendre à une imposture scientifique : c~était l'époque où, parmi d'autres techniques de contrôle social, la psychologie et la sociologie voulaient se donner pour des sciences humaines. A quelques uns, nous avions entrepris de dévoiler ce mensonge, et si adroitement qu'il en résulta rapidement de grands troubles, dans lesquels la raison des hommes parut un temps se fortifier. Bien plus que la force des armes, c'est le poids de la soumission qui entraîna la défaite de cette révolution. Je n'ai cessé de me le redire ; et la domination n'a pas oublié la leçon.
Je n'en suis donc pas à rêver que de petits sabotages exemplaires contre les prétendues sciences de la vie soient de taille à briser l'empire de la soumission. Mais on ne m'interdira pas de faire deux constats peu discutables. Le premier est que toutes les factures — les douloureuses comme disait la raison populaire — du saccage du monde nous sont présentées ces jours ci en même temps. Le deuxième, qui devrait, logiquement, et donc très improbablement, faire réfléchir les agents de la domination, c'est qu'il faut maintenant être extrémiste, révolutionnaire, enragé même, pour articuler une si limpide évidence.
8 février 2001, Tribunal correctionnel de Montpellier.
René RIESEL.

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