jeudi 20 janvier 2011

ADRESSE A TOUS CEUX QUI NE VEULENT PAS GERER LES NUISANCES MAIS LES SUPPRIMER

"Quatorze grands groupes industriels viennent de créer Entreprises pour l'environnement, une association destinée à favoriser leurs actions communes dans le domaine de l'environnement, mais aussi à défendre leur point de vue. Le président de l'association est le P.D.G. de Rhône-Poulenc, Jean-René Fourtou. (...) Les sociétés fondatrices, dont la plupart opèrent dans des secteurs très polluants, dépensent déjà au total pour l'environnement plus de 10 milliards de Francs par an, a rappelé Jean-René Fourtou. Il a d'autre part souligné que l'Association comptait agir comme lobby auprès des autorités tant françaises qu'européennes, notamment pour l'élaboration des normes et de la législation sur l'environnement."
Libération, 18 mars 1992
"Bien que la prospérité économique soit en un sens incompatible avec la protection de la nature, notre première tâche doit consister à œuvrer durement afin d'harmoniser l'une à l'autre"  Shigeru Ishimoto (premier ministre japonais)Le Monde Diplomatique, mars 1989
"...comme l'environnement ne donne pas lieu à des échanges marchands, aucun mécanisme ne s'oppose à sa destruction. Pour perpétuer le concept de rationalité économique, il faut donc chercher à donner un prix à l'environnement, c'est à dire traduire sa valeur en termes monétaires."
Herve Kempf, L'économie à l'épreuve de l'écologie, 1991



Une chose est au moins acquise a notre époque: elle ne pourrira pas en paix. Les résultats de son inconscience se sont accumulés jusqu'à mettre en péril cette sécurité matérielle dont la conquête était sa seule justification. Quant à ce qui concerne la vie proprement dite (mœurs, communication, sensibilité, création), elle n'avait visiblement apporté que décomposition et régression.
Toute société est d'abord, en tant qu'organisation de la survie collective, une forme d'appropriation de la nature. A travers la crise actuelle de l'usage de la nature, à nouveau se pose, et cette fois universellement, la question sociale. Faute d'avoir été résolue avant que les moyens matériels, scientifiques et techniques, ne permettent d'altérer fondamentalement les conditions de la vie, elle réapparait avec la nécessité vitale de mettre en cause les hiérarchies irresponsables qui monopolisent ces moyens matériels.
Pour parer à cela, les maîtres de la société se sont décidés a décréter eux-mêmes l'état d'urgence écologique. Que cherche leur catastrophisme intéressé, en noircissant le tableau d'un désastre hypothétique, et tenant des discours d'autant plus alarmistes qu'il s'agit de problèmes sur lesquels les populations atomisées n'ont aucun moyen d'action direct, sinon à occulter le désastre réel, sur lequel il n'est nul besoin d'être physicien, climatologue ou démographe pour se prononcer? Car chacun peut constater l'appauvrissement constant du monde des hommes par l'économie moderne, qui se développe dans tous les domaines aux dépens de la vie: elle en détruit par ses dévastations les bases biologiques, soumet tout l'espace-temps social aux nécessités policières de son fonctionnement, et remplace chaque réalité autrefois couramment accessible par un ersatz dont la teneur en authenticité résiduelle est proportionnelle au prix (inutile de créer des magasins réservés a la nomenklatura, le marché s'en charge).
Au moment où les gestionnaires de la production découvrent dans la nocivité de ses résultats la fragilité de leur monde, ils en tirent ainsi argument pour se présenter, avec la caution de leurs experts, en sauveurs. L'état d'urgence écologique est à la fois une économie de guerre, qui mobilise la production au service d'intérêts communs définis par l'État, et une guerre de l'économie contre la menace de mouvements de protestation qui en viennent à la critiquer sans détour.
La propagande des décideurs de l'État et de l'industrie présente comme seule perspective de salut la poursuite du développement économique, corrigé par les mesures qu'impose la défense de la survie: gestion régulée des "ressources", investissements pour économiser la nature, la transformer intégralement en matière à gestion économique, depuis l'eau du sous-sol jusqu'à l'ozone de l'atmosphère.
La domination ne cesse évidemment pas de perfectionner à toutes fins utiles ses moyens répressifs: à "Cigaville", décor urbain construit en Dordogne après 1968 pour l'entraînement des gendarmes mobiles, on simule désormais sur les routes avoisinantes "de fausses attaques de commandos anti-nucléaires"; à la centrale nucléaire de Belleville, c'est la simulation d'un accident grave qui doit former les responsables aux techniques de manipulation de l'information. Mais le personnel affecté au contrôle social s'emploie surtout a prévenir tout développement de la critique des nuisances en une critique de l'économie qui les engendre. On prêche la discipline aux armées de la consommation, comme si c'était nos fastueuses extravagances qui avaient rompu l'équilibre écologique, et non l'absurdité de la production marchande imposée, on prône un nouveau civisme, selon lequel chacun serait responsable de la gestion des nuisances, dans une parfaite égalité démocratique: du pollueur de base, qui libère des CFC chaque matin en se rasant, à l'industriel de la chimie... Et l'idéologie survivaliste ("Tous unis pour sauver la Terre, ou la Loire, ou les bébés phoques") sert à inculquer le genre de "réalisme" et de "sens des responsabilités" qui amène à prendre en charge les effets de l'inconscience des experts, et ainsi à relayer la domination en lui fournissant sur le terrain oppositions dites constructives et aménagements de détail.
La censure de la critique sociale latente dans la lutte contre les nuisances a pour principal agent l'écologisme: l'illusion selon laquelle on pourrait efficacement réfuter les résultats du travail aliéné sans s'en prendre au travail lui-même et à toute la société fondée sur l'exploitation du travail. Quand tous les hommes d'État deviennent écologistes, les écologistes se déclarent sans hésitation étatistes. Ils n'ont pas vraiment changé, depuis leurs velléités "alternatives" des années soixante-dix. Mais maintenant on leur offre partout des postes, des fonctions, des crédits, et ils ne voient aucune raison de les refuser, tant il est vrai qu'ils n'ont jamais réellement rompu avec la déraison dominante.
Les écologistes sont sur le terrain de la lutte contre les nuisances ce qu'étaient, sur celui des luttes ouvrières, les syndicalistes: des intermédiaires intéressés à conserver les contradictions dont ils assurent la régulation, des négociateurs voués au marchandage (la révision des normes et des taux de nocivité remplaçant les pourcentages des hausses de salaire), des défenseurs du quantitatif au moment où le calcul économique s'étend à de nouveaux domaines (l'air, l'eau, les embryons humains ou la sociabilité de synthèse); bref, les nouveaux courtiers d'un assujettissement a l'économie dont le prix doit maintenant intégrer le coût d'un "environnement de qualité".On voit déjà se mettre en place, cogérée par les experts "verts", une redistribution du territoire entre zones sacrifiées et zones protégées, une division spatiale qui règlera l'accès hiérarchisé à la marchandise-nature. Quant a la radioactivité, il y en aura pour tout le monde.
Dire de la pratique des écologistes qu'elle est réformiste serait encore lui faire trop d'honneur, car elle s'inscrit directement et délibérément dans la logique de la domination capitaliste, qui étend sans cesse, par ses destructions mêmes, le terrain de son exercice. Dans cette production cyclique des maux et de leurs remèdes aggravants, l'écologisme n'aura été que l'armée de réserve d'une époque de bureaucratisation, ou la "rationalité est toujours définie loin des individus concernés et de toute connaissance réaliste, avec les catastrophes renouvelées que cela implique.
Les exemples récents ne manquent pas qui montrent à quelle vitesse s'installe cette gestion des nuisances intégrant l'écologisme. Sans même parler des multinationales de la "protection de la nature" comme le World Wildlife Fund et Greenpeace, des "Amis de la Terre" largement financés par le secrétariat d'État à l'environnement, ou des Verts à la Waechter acoquinés avec la Lyonnaise des eaux pour l'exploitation du marché de l'assainissement, on voit toutes sortes de demi-opposants aux nuisances, qui s'en étaient tenus à une critique technique et refoulaient la critique sociale, cooptés par les instances étatiques de contrôle et de régulation, quand ce n'est pas par l'industrie de la dépollution. Ainsi un "laboratoire indépendant" comme la CRII-RAD, fond" après Tchernobyl - indépendant de l'État mais pas des institutions locales et régionales -, s'était donné pour seul but de "défendre les consommateurs" en comptabilisant leurs becquerels. Une telle "défense" n"o-syndicale du métier de consommateur - le dernier des métiers - revient à ne pas attaquer la dépossession qui, privant les individus de tout pouvoir de décision sur la production de leurs conditions d'existence, garantit qu'ils devront continuer à supporter ce qui a été choisi par d'autres, et à dépendre de spécialistes incontrôlables pour en connaître, ou non, la nocivité. C'est donc sans surprise que l'on apprend maintenant la nomination de la présidente de la CRII-RAD, Michèle Rivasi, a l'Agence nationale pour la qualité de l'air, ou son indépendance pourra s'accomplir au service de celle de l'État. On a aussi vu les experts timidement anti-nucléaires du GSIEN, à force de croire scientifique de ne pas se prononcer radicalement contre le délire nucléariste, cautionner le redémarrage de la centrale de Fessenheim avant qu'un nouveau rejet "accidentel" de radioactivité ne vienne, peu après, apporter la contre-expertise de leur réalisme; ou encore les boys-scouts de "Robin des bois", bien décidés à grimper dans le "partenariat", s'associer à un industriel pour la production de "déchets propres", et d"fendre le projet "Géofix" de poubelle chimique dans les Alpes de Haute-Provence.
Le résultat de cette intense activité de toilettage est entièrement prévisible: une "dépollution" sur le modèle de ce que fut "l'extinction du paupérisme" par l'abondance marchande (camouflage de la misère visible, appauvrissement réel de la vie); les coûteux donc profitables palliatifs successivement appliqués à des dégâts antérieurs panachant les destructions - qui bien sûr continuent et continueront - de reconstructions fragmentaires et d'assainissements partiels. Certaines nuisances homologuées comme telles par les experts seront effectivement prises en charge, dans la mesure exacte où leur traitement constituera une activité économique rentable. D'autres, en général les plus graves, continueront leur existence clandestine, hors-norme, comme les faibles doses de radiations ou ces manipulations génétiques dont on sait qu'elles nous préparent les Sidas de demain. Enfin et surtout, le développement prolifique d'une nouvelle bureaucratie chargée du contrôle écologique ne fera, sous couvert de rationalisation, qu'approfondir cette irrationalité qui explique toutes les autres, de la corruption ordinaire aux catastrophes extraordinaires: la division de la société en dirigeants spécialistes de la survie et en "consommateurs" ignorants et impuissants de cette survie, dernier visage de la société de classes. Malheureux ceux qui ont besoin d'honnêtes spécialistes et de dirigeants éclairés!
Ce n'est donc pas une espèce de purisme extrémiste, et moins encore de "politique du pire", qui invite à se démarquer violemment de tous les aménageurs écologistes de l'économie: c'est simplement le réalisme sur le devenir nécessaire de tout cela. Le développement conséquent de la lutte contre les nuisances exige de clarifier, par autant de dénonciations exemplaires qu'il faudra, l'opposition entre les écolocrates - ceux qui tirent du pouvoir de la crise écologique - et ceux qui n'ont pas d'intérêts distincts de l'ensemble des individus dépossédés, ni du mouvement qui peut les mettre en mesure de supprimer les nuisances par le "démantèlement raisonné de toute production marchande". Si ceux qui veulent supprimer les nuisances sont forcément sur le même terrain que ceux qui veulent les gérer, ils doivent y être présents en ennemis, sous peine d'en être réduits à faire de la figuration sous les projecteurs des metteurs en scène de l'aménagement du territoire. Ils ne peuvent réellement occuper ce terrain, c'est à  dire trouver les moyens de le transformer, qu'en affirmant sans concession la critique sociale des nuisances et de leurs gestionnaires, installés ou postulants.
Le chemin qui mène de la mise en cause des hiérarchies irresponsables à l'instauration d'un contrôle social maîtrisant en pleine conscience les moyens matériels et techniques, ce chemin passe par une critique unitaire des nuisances, et donc par la redécouverte de tous les anciens points d'application de la révolte: le travail salarié, dont les produits socialement nocifs ont pour pendant l'effet destructeur sur les salariés eux-mêmes, tel qu'il ne peut être supporté qu'à grand renfort de tranquillisants et de drogues en tout genre; la colonisation de toute la communication par le spectacle, puisqu'à la falsification des réalités doit correspondre celle de leur expression sociale; le développement technologique, qui développe exclusivement, aux dépens de toute autonomie individuelle ou collective, l'assujettissement à un pouvoir toujours plus concentré; la production marchande comme production de nuisances, et enfin "l'État comme nuisance absolue, contrôlant cette production et en aménageant la perception, en programmant les seuils de tolérance".
Le destin de l'écologisme devrait l'avoir démontré aux plus naïfs: l'on ne peut mener une lutte réelle contre quoi que ce soit en acceptant les séparations de la société dominante. L'aggravation de la crise de la survie et les mouvements de refus qu'elle suscite pousse une fraction du personnel technico-scientifique à cesser de s'identifier à la fuite en avant insensée du renouvellement technologique. Parmi ceux qui vont ainsi se rapprocher d'un point de vue critique, beaucoup sans doute, suivant leur pente socio-professionnelle, chercheront à recycler dans une contestation "raisonnable" leur statut d'experts, et donc à faire prévaloir une dénonciation parcellaire de la déraison au pouvoir, s'attachant à ses aspects purement techniques, c'est à dire qui peuvent paraître tels. Contre une critique encore séparée et spécialisée des nuisances, défendre les simples exigences unitaires de la critique sociale n'est pas seulement réaffirmer, comme but total, qu'il ne s'agit pas de changer les experts au pouvoir mais d'abolir les conditions qui rendent nécessaires les experts et la spécialisation du pouvoir; c'est également un impératif tactique, pour une lutte qui ne peut parler le langage des spécialistes si elle veut trouver ses alliés en s'adressant a tous ceux qui n'ont aucun pouvoir en tant que spécialiste de quoi que ce soit.
De même qu'on opposait et qu'on oppose toujours aux revendications des salariés un intérêt général de l'économie, de même les planificateurs de l'ordure et autres docteurs ès poubelles ne manquent pas de dénoncer l'égoïsme borné et irresponsable de ceux qui s'élèvent contre une nuisance locale (déchets, autoroute, TGV, etc.) sans vouloir considérer qu'il faut bien la mettre quelque part. La seule réponse digne d'un tel chantage à l'intérêt général consiste évidemment à affirmer que quand on ne veut de nuisances nulle part il faut bien commencer à les refuser exemplairement là où on est. Et en conséquence à préparer l'unification des luttes contre les nuisances en sachant exprimer les raisons universelles de toute protestation particulière. Que des individus n'invoquant aucune qualification ni spécialité, ne représentant qu'eux-mêmes, prennent la liberté de s'associer pour proclamer et mettre en pratique leur jugement du monde, voilà qui paraîtra peu réaliste à une époque paralysée par l'isolement et le sentiment de fatalité qu'il suscite. Pourtant, à côté de tant de pseudo-événements fabriqués a la chaîne, il est un fait qui s'entête à ridiculiser les calculs d'en haut comme le cynisme d'en bas: toutes les aspirations à une vie libre et tous les besoins humains, à commencer par les plus élémentaires, convergent vers l'urgence historique de mettre un terme aux ravages de la démence économique. Dans cette immense réserve de révolte, seul peut puiser un total irrespect pour les risibles ou ignobles nécessités que se reconnaît la société présente.
Ceux qui, dans un conflit particulier, n'entendent de toute façon pas s'arrêter aux résultats partiels de leur protestation, doivent la considérer comme un moment de l'auto-organisation des individus dépossédés pour un mouvement anti-étatique et anti-économique général: c'est cette ambition qui leur servira de critère et d'axe de référence pour juger et condamner, adopter ou rejeter tel ou tel moyen de lutte contre les nuisances. Doit être soutenu tout ce qui favorise l'appropriation directe, par les individus associés, de leur activité, à commencer par leur activité critique contre tel ou tel aspect de la production de nuisances; doit être combattu tout ce qui contribue à les déposséder des premiers moments de leur lutte, et donc à les renforcer dans la passivité et l'isolement. Comment ce qui perpétue le vieux mensonge de la représentation séparée, des représentants incontrôlés ou des porte-parole abusifs, pourrait-il servir la lutte des individus pour mettre sous leur contrôle leurs conditions d'existence, en un mot pour réaliser la démocratie? La dépossession est reconduite et entérinée, non seulement bien sûr par l'électoralisme, mais aussi par l'illusoire recherche de "l'efficacité médiatique, qui, transformant les individus en spectateurs d'une cause dont ils ne contrôlent plus ni la formulation ni l'extension, en fait la masse de manœuvre de divers lobbies, plus ou moins concurrents pour manipuler l'image de la protestation.
Il faut donc traiter en récupérateurs tous ceux dont le prétendu réalisme sert à faire avorter, par l'organisation du vacarme médiatique, les tentatives d'exprimer directement, sans intermédiaires ni caution de spécialistes, le dégout et la colère que suscitent les calamités d'un mode de production (voir comment Vergès s'emploie, par sa seule présence d'avocat de toutes les causes douteuses, à discréditer la protestation des habitantes de Montchanin; ou encore, à une toute autre échelle, comment l'ignominie du moderne "racket de l'émotion" s'empare des "enfants de Tchernobyl" pour en faire matière à Téléthon). De même, alors que l'État ouvre aux contestations locales, pour qu'elles s'y perdent, le terrain des procédures juridiques et des mesures administratives, il faut dénoncer l'illusion d'une victoire assurée par les avocats et les experts: à cette fin il suffit de rappeler qu'un conflit de ce genre n'est pas tranché en fonction du droit mais d'un rapport de forces extra-juridique, comme le montrent à la fois la construction du pont de l'Île de Ré, malgré plusieurs jugements contraires, et l'abandon de la centrale nucléaire de Plogoff, qui n'a été le résultat d'aucune procédure légale.
Les moyens doivent varier avec les occasions, étant entendu que tous les moyens sont bons qui combattent l'apathie devant la fatalité économique et répandent le goût d'intervenir sur le sort qui nous est fait. Si les mouvements contre les nuisances sont en France encore très faibles, ils n'en sont pas moins le seul terrain pratique où l'existence sociale revient en discussion. Les décideurs de l'État sont quant à eux bien conscients du danger que cela représente, pour une société dont les raisons officielles ne souffrent d'être examinées. Parallèlement à la neutralisation par la confusion médiatique et à l'intégration des leaders écologistes, ils se préoccupent de ne pas laisser un conflit particulier se transformer en abcès de fixation, qui fournirait à la contestation un pôle d'unification en même temps qu'un lieu matériel de rassemblement et de communication critique. Ainsi le "gel" de toute décision concernant les sites de dépôt de déchets radioactifs comme l'aménagement du bassin de la Loire a évidemment été décidé afin de fatiguer la base des oppositions et permettre la mise en place d'un réseau de représentants responsables disposés à servir d'"indicateurs locaux" (à donner la température locale), à mettre en scène la "concertation" et à faire passer les victoires truquées.
On nous dira - on nous dit déjà - qu'il est de toute façon impossible de supprimer complètement les nuisances, et que par exemple les déchets nucléaires sont là pour une espèce d'éternité. Cet argument évoque à peu près celui d'un tortionnaire qui, après avoir coupé une main à sa victime, lui annoncerait qu'au point où elle en est, elle peut bien se laisser couper l'autre, et d'autant plus volontiers qu'elle n'avait besoin de ses mains que pour applaudir, et qu'il existe maintenant des machines pour ça. Que penserait-on de celui qui accepterait de discuter la chose "scientifiquement"?
Il n'est que trop vrai que les illusions du progrès économique ont durablement fourvoyé l'histoire humaine, et que les conséquences de ce fourvoiement, même s'il y était mis fin demain, seraient léguées comme un héritage empoisonné à la société libérée; non seulement sous forme de déchets, mais aussi et surtout d'une organisation matérielle de la production à transformer de fond en comble pour la mettre au service d'une activité libre. Nous nous serions bien passés de tels problèmes, mais puisqu'ils sont là, nous considérons que la prise en charge collective de leur dépérissement est la seule perspective de renouer avec la véritable aventure humaine, avec l'histoire comme émancipation.
Cette aventure recommence dès que des individus trouvent dans la lutte les formes d'une communauté pratique pour mener plus loin les conséquences de leur refus initial et développer la critique des conditions imposées. La vérité d'une telle communauté, c'est qu'elle constitue une unité "plus intelligente que tous ses membres". Le signe de son échec, c'est sa régression vers une espèce de néo-famille, c'est à dire une unité moins intelligente que chacun de ses membres. Une longue période de réaction sociale a pour conséquence, avec l'isolement et le désarroi, d'amener les individus, quand ils tentent de reconstruire un terrain pratique commun, à craindre par dessus-tout les divisions et les conflits. Pourtant c'est justement quand on est très minoritaire et qu'on a besoin d'alliés qu'il convient de formuler une base d'accord d'autant plus précise, à partir de laquelle contracter des alliances et boycotter tout ce qui doit l'être.
Avant tout, pour délimiter positivement le terrain des collaborations et des alliances, il faut disposer de critères qui ne soient pas moraux (sur les intentions affichées, la bonne volonté supposée, etc.) mais précisément pratiques et historiques. (Une règle d'or: ne pas juger les hommes sur leurs opinions, mais sur ce que leurs opinions font d'eux.) Nous pensons avoir fourni ici quelques éléments utiles à la définition de tels critères. Pour les préciser mieux, et tracer une ligne de démarcation en deçà de laquelle organiser efficacement la solidarité, il faudra des discussions fondées sur l'analyse des conditions concrètes dans lesquelles chacun se trouve place, et sur la critique des tentatives d'intervention, à commencer par celle que constitue la présente contribution.
La critique sociale, l'activité qui la développe et la communique, n'a jamais été le lieu de la tranquillité. Mais comme aujourd'hui ce lieu de la tranquillité n'existe plus nulle part (l'universelle déchetterie a atteint les sommets de l'Himalaya), les individus dépossédés n'ont pas à choisir entre la tranquillité et les troubles d'un âpre combat, mais entre des troubles et des combats d'autant plus effrayants qu'ils sont menés par d'autres à leur seul profit, et ceux qu'ils peuvent répandre et mener eux-mêmes pour leur propre compte. Le mouvement contre les nuisances triomphera comme mouvement d'émancipation anti-économique et anti-étatique, ou ne triomphera pas.
 ENCYCLOPÉDIE DES NUISANCES

Juin 1990

A CAPITULAÇÃO PERANTE O CAPITALISMO

Deutsche VersionVersión española


O marxismo tradicional evita como nenhum outro assunto a reflexão acerca dos limites históricos do sistema produtor de mercadorias da modernidade. É como se refletisse a sua própria derrota na convicção de que o capitalismo desfrute de uma “vida eterna”, de que é infinitamente flexível e, por isso, fundamentalmente em condições de superar toda crise e de tornar não daninha toda oposição, mediante sua integração. É digno de nota que essa convicção unifica as posições mais conflitantes no interior de todo o espectro do marxismo tradicional, e, por isso, a resistência ao diagnóstico do colapso do sistema forma também um denominador comum da crítica às publicações do Grupo Krisis. Num acordo inusitado, recusam as teses da Krisis – que com suas análises expõe a fauna mais anacrônica do que restou do antigo marxismo1.
Pode soar como algo surpreendente, mas na teoria do movimento operário, o diagnóstico de Marx sobre os limites absolutos do capital não desempenham praticamente nenhum papel relevante. Os únicos intentos sérios de abordagem do tema, a saber, os de Rosa Luxemburg e Henryk Grossmann, permaneceram teoricamente isolados e sem qualquer relação com orientações práticas; também não se trata de uma mera coincidência, já que simplesmente tal reflexão não era compatível com o teor iluminista do marxismo, com seu inabalável otimismo no progresso. Se a história é compreendida como uma sucessão de etapas ascendentes da evolução humana, desde a sociedade primitiva até o reino comunista da felicidade terrestre, então simplesmente não se pode pensar em algo como um limite desastroso da forma de produção capitalista. Portanto, o socialismo e o comunismo devem aceitar a herança positiva da sociedade burguesa e continuar sua “missão civilizatória”, levando adiante o “curso da história”.
Do ponto de vista da burguesia do final do século XIX, essa esperança religiosa parecia soar como um “prognóstico de colapso”, porque colocava em dúvida, ao menos ideologicamente, a estrutura do poder dominante. Essa forma de ver as coisas – típica do movimento operário – acentuou-se ainda mais através de um vocabulário escatológico, que expressava somente a fé quase religiosa na inevitável vitória final do proletariado, supostamente respaldada nas “leis objetivas da história” (Lenin, por exemplo). Mesmo que, na referida perspectiva, se dissesse que o modo de produção capitalista estava chegando aos seus limites, com isso se queria dizer unicamente que ele estava tornando-se “infiel a sua vocação histórica”. Tal “vocação”, que consiste supostamente no “desenvolvimento desmedido da produtividade do trabalho humano”, demonstraria “que o capitalismo está se tornando caduco e cada vez mais inútil”, como escreveu o velho Engels em uma nota ao terceiro volume de O Capital (MEW 25, p. 272 e ss.). Aqui, claramente não se está prognosticando um fim catastrófico, mas uma ideologia legitimatória de como uma revolução proletária só poderia ocorrer no momento em que o modo de produção capitalista estivesse “objetivamente maduro”. É surpreendente que o movimento operário, ainda em formação, se acomodasse à herança do Iluminismo e se apropriasse avidamente dessa visão de mundo já banalizada, desenvolvendo-a em seu interesse próprio.
Não tardou para que as análises econômicas do marxismo desempenhassem funções que eram, em primeiro lugar, de mera legitimação. Se tivessem justificado as aspirações operárias de uma conquista rápida do poder, então teriam que explicar o porquê de não ter ocorrido nenhuma “revolução mundial”. A chave para esse problema é a teoria do imperialismo elaborada por Lenin. Com ela, colocou-se para fora do jogo o mecanismo da concorrência, graças ao suposto domínio do monopólio e do capital financeiro e, dessa forma, a dinâmica histórica da sociedade capitalista foi bloqueada. O capitalismo “apodrecia”, não obstante a permanência da “dominação de classe” política e militar (assim como o suborno da “aristocracia operária” e outros mecanismos). Assim, impôs-se teoricamente o “primado da política”, e a interpretação de mundo baseada no sociologismo de classe do marxismo tradicional pôde se reavivar. “Objetivamente”, o mundo estava, num certo sentido, “maduro” para a “revolução mundial, e sua vitória só dependia das relações políticas e sociais, da vontade e da força” (as quais, por desgraça, eram sempre desfavoráveis).
A “esquerda ocidental”, com maior profundidade teórica, se distanciou ao menos parcialmente da ideologia de legitimação, mas, no entanto, não conseguiu superá-la realmente. Também, a Teoria Crítica de Adorno e Horkheimer se move de forma excessivamente negativa quando pressupõe a todo instante e de forma pessimista a suspensão da concorrência e o “Estado total” ou (depois de 1945) o “mundo administrado”, lamentando a decadência do sujeito burguês da circulação.
Nas atuais reações defensivas às nossas análises a respeito da crise fica claro que a relação entre “colapso” e “revolução” é novamente produzida, mais ou menos conscientemente, assim como a filosofia iluminista da história que lhe é correspondente, mesmo que na maioria das vezes com um giro negativo: com o fim das esperanças de um levante revolucionário, se enterra também a idéia de que o capitalismo pode ter um fim.
Tais reações revelam mais sobre a perspectiva dos críticos do que sobre o objeto da crítica. A tese de que o modo de produção capitalista alcançou seus limites não resulta de certos constructos a propósito da filosofia da história, adaptados a uma teoria externa da crise, mas a partir da análise da contradição interna fundamental do capital, ou seja, de um momento histórico específico. Nesse sentido, temos que compreender o que Marx queria dizer com: “A verdadeira barreira da produção capitalista é o próprio capital, isto é: que o capital e sua autovalorização apareçam como ponto de partida e ponto de chegada, como motivo e finalidade da produção; que a produção seja apenas produção para o capital e não inversamente, que os meios de produção sejam meros meios para uma estruturação cada vez mais ampla do processo vital para a sociedade dos produtores. (…) O meio – desenvolvimento incondicional das forças produtivas sociais de trabalho – entra em contínuo conflito com o objetivo limitado, a valorização da capital existente”. (MEW 25, p. 260). Trata-se de uma contradição imanente insolúvel, já que o aumento da produtividade empresarial supõe efetivamente a eliminação do trabalho vivo do processo de valorização, ao mesmo tempo em que a valorização do capital não é outra coisa senão a utilização da mão-de-obra. Em si mesmo, o processo não resulta de maneira alguma na dissolução imediata das relações capitalistas. Pelo contrário: a produção de mercadorias estava ainda relativamente pouco desenvolvida, quer dizer, só havia influído superficialmente na sociedade e estava limitada essencialmente a poucos países e regiões do mundo. A partir desse reduzido desenvolvimento, desencadeia-se, então, uma monstruosa dinâmica de expansão. A diminuição permanente de massa de valor em âmbitos capitalistas limitados, mediante a diminuição de mão-de-obra, foi compensada provisoriamente na totalidade capitalista pela expansão contínua dos processos de valorização em novos ramos de atividades da produção e através da adição de regiões do mundo ao domínio capitalista. É claro que esse processo de transformação não pode funcionar indefinidamente, pois, na medida em que as contradições internas do capitalismo desenvolvem-se na história, elas, por sua vez, se intensificam. A “produção capitalista procura constantemente superar essas barreiras que lhe são imanentes, mas só as supera por meios que lhe antepõem novamente essas barreiras e em escala mais poderosa” (Marx, íbid.). Pertence à lógica do capital que mais cedo ou mais tarde se reduza em larga escala a quantidade absoluta de mão-de-obra despendida na totalidade da produção social e, dessa maneira, diminua a massa de valor produzida na totalidade do capitalismo. O capitalismo segue minando seus próprios fundamentos.
O marxismo não só confundiu o diagnóstico da crise formulado apenas abstratamente por Marx no sentido da “tese da decomposição”, mas, a partir daí, tem interpretado a “contradição entre as forças produtivas e as relações sociais de produção” não como algo especificamente capitalista, mas como uma contradição trans-histórica válida para todas as sociedades anteriores. De acordo com o “materialismo histórico”, o desenvolvimento das forças produtivas é interpretado como motor de toda história humana: se cada “fase do desenvolvimento” corresponde sempre a uma determinada forma de “dominação de classe”, assim como as relações de produção e exploração, o progresso das forças produtivas teria que entrar cedo ou tarde no conflito contra a ordem social e produzir uma mudança revolucionária. Aqui, estamos diante de uma evidente “retroprojeção” das relações burguesas no passado, um procedimento típico do pensamento iluminista (aqui, unicamente em sentido materialista). Nenhuma sociedade à exceção do capitalismo esteve organizada em torno da produção; só por essa razão, não podia existir em tais sociedades algo como a “contradição entre as forças produtivas e as relações de produção”.
Marx não foi, de maneira alguma, estranho a essa interpretação da história, já que mesmo ele colocou ao menos um pé no otimismo do progresso. Não obstante, a lógica de sua teoria da crise não é de maneira alguma compatível com essa maneira de enxergar a filosofia da história. No essencial, trata-se de levar conseqüentemente até o final a crítica do fetichismo da mercadoria contida no primeiro capítulo d’O Capital. A contradição da lógica interna do capital está dada na forma nuclear da produção capitalista, enquanto a mercadoria e o movimento tautológico do “sujeito automático” (o valor) não é nada além da expansão dessa contradição elementar. Que as relações sociais se realizem como relações entre coisas (mais precisamente, entre mercadorias) e se oponham como tais às pessoas na condição de um poder estranho, não só significa que seu próprio contexto social lhes arroga leis irracionais, como se fossem fatos naturais, mas comporta igualmente sua caducidade histórica, independente de toda vontade subjetiva. Isso não tem nada em comum com algum tipo de “filosofia da história instauradora de sentido”, pois, além da lógica (em sentido histórico completamente específica) da sociedade da mercadoria, cessa toda determinação. A única garantia é que a sociedade capitalista tem que se consumir violentamente em função de suas contradições internas, mas não possuímos, de maneira alguma, a garantia de como vai ocorrer o processo de esgotamento. Tampouco, sabemos o que vai substituí-la. A superação da socialização sob a forma mercadoria só se pode pôr em marcha mediante um ato coletivo e consciente, já que a lógica fetichista da mercadoria não é outra coisa senão a falta de consciência social. Se o processo de superação será bem sucedido depende única e exclusivamente das pessoas conseguirem se emancipar ou não das formas de relação e intercâmbio constituídas de maneira capitalista. Todo otimismo exagerado em relação a isso seria um erro absoluto. Não é improvável que o processo de crise ponha em funcionamento uma dinâmica incontrolável, catastrófica, em cujo transcurso se destrua todo contexto civilizatório e até, quem sabe, os fundamentos da vida humana. Nas regiões de crise do mundo atual já se encontra clara e aterradoramente delineada essa possibilidade. De qualquer maneira, ainda permanece a opção emancipatória. Todavia, tal oposição crítica da sociedade atual está na defensiva em todo mundo. A história está aberta para que se supere a desrazão da cantilena vazia do marxismo tradicional, que em geral só dificulta a análise conseqüente do processo objetivado.
É natural que se discuta sobre se o capitalismo realmente alcançou hoje os seus limites históricos: se com o final do fordismo e o advento da terceira revolução industrial micro-eletrônica foi posta em marcha uma derrocada irreversível e se realmente não há mais um terreno para a acumulação. Além do mais, não é exatamente o caso de um “colapso” repentino, como supõem erroneamente muitos críticos (que, aliás, utilizam essa palavra muito mais do que nós), mas de um longo processo de decadência que provavelmente vai se expandir por várias décadas e cujo transcurso dificilmente se poderia antecipar. O Grupo Krisis tem esboçado nos últimos anos toda uma gama de argumentos teóricos e provas empíricas a favor do diagnóstico de crise. Robert Kurz desenvolveu detalhadamente esse contexto em O Livro Negro do Capitalismo. Evidentemente, não acreditamos ter resolvido todos os problemas. Por outro lado, a grande maioria das críticas até agora não teve muito sucesso em prolongar a discussão, dando a impressão de preferirem desarmar um ponto de vista teórico incômodo à trama conceitual do pensamento atual. Só assim é que se pode explicar porque autores como Freerk Huisken e Michael Heinrich, aos quais poderia se supor um conhecimento seguro da teoria da crise e da acumulação, em Konkret 3/2000 se equivocam (ou ignoram) sistematicamente e de maneira surpreendente em relação ao núcleo teórico do diagnóstico da crise. Sobretudo, não mostram nenhum vestígio de um conhecimento do problema da contradição lógica interna do capital entre o desenvolvimento das forças produtivas e o imperativo da valorização; pelo contrário, ocultam-no de maneira sistemática, observando a dimensão particular, empresarial e identificando-a repentinamente com a totalidade do processo capitalista. Huisken equivoca-se com inaptidão típica do marxismo do movimento operário: ingenuamente, coloca em jogo o interesse de valorização do capital particular e, ao que parece, vê nesse interesse a garantia de que a acumulação, em princípio, pode continuar ad infinitum. Heinrich, pelo menos, argumenta em tom diverso: remete-se ao aumento da cota de mais-valia que leva consigo ao desenvolvimento das forças de produção (Marx denominou tal processo de “produção de mais-valia relativa”), e dessa maneira pretende com toda seriedade demonstrar que “a massa de mais-valia contida na totalidade da produção” aumenta justamente “por causa do aumento da produtividade”.
Disparatadamente, a busca do interesse privado no processo de valorização e o aumento da mais-valia relativa são apenas um dos lados da contradição interna do capital; e justamente o que, em última análise, mina o fundamento da valorização, a saber, a redução absoluta da massa de valor na totalidade do sistema. Não se trata meramente da expressão do valor de cada mercadoria particular ou da parte relativa da mais-valia ou, ainda, do retorno por capital investido. Na concorrência, são premiados justamente os capitais que racionalizam de forma mais conseqüente e, portanto, que tornam descartável a maior quantidade de trabalho vivo; são os que recebem a maior parte da massa de mais-valia, ainda que sejam eles mesmos os que mais contribuem para que ela se torne cada vez menor. Que uma tal contradição só seja aplacada historicamente mediante abertura de novos ramos de trabalho intensivo na produção (mesmo com choques violentos) parece, a Huisken e Heinrich, razão suficiente para eliminá-la completamente. Assim sendo, eleva-se de maneira positiva uma misteriosa evidência empírica aparente à condição de evidência teórica. Quanto à referência aos limites absolutos da dinâmica de valorização (a agudização da contradição por eles ignorada), esta se manifesta em seguida como uma propensão puramente moral imputada ao modo de produção capitalista. Quando Heinrich e Huisken crêem ter ensinado nos mesmos termos aos autores do Manifesto contra o Trabalho e do Livro Negro que o “o fim imanente da produção capitalista não é a eliminação do desemprego e da miséria, mas a valorização do valor” (Heinrich, p. 40; Huisken analogamente, p. 34), então isso acaba tendo um efeito em certo sentido vergonhoso, porque são obrigados a negar ou esquecer o que eles mesmos sempre acentuam, ou seja, que o capital só pode se valorizar fazendo uso de mão-de-obra em escala crescente. Que tal mecanismo possa deixar de funcionar está tão fora da compreensão de ambos os críticos que nem sequer toleram a pergunta. Pelo visto, ainda menos compreensível lhes parece a relação entre o processo de crise no âmbito da acumulação real e a superestrutura financeira inchada pelo crédito e pela especulação.
Também aqui se levanta a suspeita de que se trata menos da complexidade da matéria do que da postura defensiva interiorizada. Ainda que os movimentos na superfície dos mercados financeiros transnacionais sejam tão confusos, o mecanismo básico do capital fictício, como Marx o descreveu no essencial, não são nem um pouco difíceis de compreender. Estamos diante de um movimento duplo: todo o crédito e a especulação estão a serviço do processo de retardamento da crise, porque conseguem possibilidades de inversão fictícia (não respaldadas na economia real) para o capital superacumulado e, do mesmo modo, ampliam a capacidade de compra; em última análise, isto só pode conduzir a uma agudização da crise, porque quando a bolha financeira explodir, a totalidade do potencial de desvalorização retardado pelo crédito e pela especulação vai retornar em um só golpe. Este mecanismo provoca ainda a aparência de que a especulação é a causa da crise e não apenas um de seus elementos. Por esse motivo, ela contribui para pôr em marcha as conhecidas projeções anti-semitas, um mecanismo que se torna eficiente em todo processo de crise, incluindo a atual.
O que é novo historicamente é que o total desacoplamento do dinheiro em relação à sua base no “padrão ouro” e a desregulamentação dos mercados financeiros têm conseguido um campo de ação espantosamente amplo para a crescente independência relativa do capital fictício diante da acumulação real. Assim, explica-se o retardamento da crise que já se prolonga há mais de vinte anos e a quantidade exorbitante de “massa de valor” fictícia “acumulada”. Reconheço que não temos apreciado de maneira adequada o horizonte temporal desse processo. De um ponto de vista estrutural, aproximadamente desde o princípio dos anos noventa, parecia praticamente inacreditável que o sistema de bola de neve pudesse se manter por outros dez anos, ou alguns anos mais. É verdade que os desenvolvimentos que tiveram lugar desde então não contradizem de nenhuma maneira o diagnóstico estrutural, ao contrário, o têm confirmado. A antecipação fictícia da criação futura de valor não tem respaldo na economia real, já que os processos de racionalização têm se acelerado e a superestrutura financeira separou-se da acumulação em um movimento exponencial. Como a valorização não pode se emancipar da utilização de trabalho vivo, a relação entre ambas esferas deve ser restabelecida – e isto, violentamente, como um estouro.
É bastante divertido quando um Heinrich não quer ver mais do que uma função normal da natureza do crédito, “acumular capital líquido improdutivo” para lançá-lo de volta na esfera da acumulação real. É a partir dessa aparência, absolutamente insustentável tanto teórica quanto empiricamente, que tentam criticar Robert Kurz por separar as “partes que pertencem à valorização real e as que pertencem ao setor financeiro”, a fim de preparar o terreno, dessa maneira, para projeções anti-semitas (p. 41). Se essa não é uma difamação consciente, então é digno de atenção como o “interesse brutal na matéria” (Marx) impede o autor da crítica de compreender minimamente as explicações detalhadas e respaldadas histórico-empiricamente sobre a relação interna entre o capital fictício e a acumulação real no Livro Negro (e não apenas nele).
Também é uma postura bastante ingênua a que identifica o prognóstico do desmoronamento irremediável do mercado financeiro (ainda que não se possa prever com exatidão o momento) com o “diagnóstico do colapso”, e depois sair alardeando que os “profetas da crise” supostamente aguardam o tão esperado “apocalipse”. Não se pode evitar a impressão de que se está tentando, pelo contrário, fazer sumir da vista o fato de que a crise está em plena marcha desde algumas décadas, de que grande parte do mundo foi declarada inútil para a valorização do valor que se desacoplou negativamente (com as conseqüências mais brutais para as pessoas que ali vivem) e que, mesmo nas metrópoles, uma parte cada vez maior da população é afetada pelo processo de desvalorização. Um desmoronamento aceleraria esse processo com um impulso violento, mas, certamente, não seria o colapso, e sim um momento do processo de decadência, que, como já foi dito, pode se estender por muitas décadas e é de se supor que vá encontrar intervalos mais aterradores, se não se constituir um movimento social-emancipatório que se atreva a levar a cabo a ruptura decisiva com a sociedade produtora de mercadorias. Talvez as previsões pouco otimistas não contribuam para fazer da idéia do esgotamento irreversível da lógica de valorização um tabu, sobretudo nos países que ainda aparecem como ganhadores no mercado mundial. Pelo visto, alimenta-se a crença de que o capitalismo dá um giro, após o fordismo, no sentido da “normalidade” que, entretanto, se enuncia de maneira abertamente ahistórica. Por isso, ela é eternamente prorrogável, algo como uma “aparência de segurança” enganosa, porque permite seguir no campo, já desarmando, do sistema de coordenadas marxista.
Partindo desse sistema de coordenadas, pode parecer que a crítica do capitalismo é justificada apenas por causa de sua crise ou que ela despreza a importância dos estágios de desenvolvimento que ocorreram no passado. Os que vêem “com toda a autoridade” tal coisa no Manifesto e no Livro Negro, serão obrigados a aceitar que a situação do “funcionamento normal” da economia será novamente deslegitimada, quando as atrocidades da lógica capitalista retornarem novamente no processo de crise. Devia ser banal o fato de que toda tentativa de superar a sociedade da mercadoria só possa partir da posição histórica dada em cada caso, e que não deve ser parte das tarefas de uma crítica radical da sociedade definir esse ponto de partida. Essa discussão não pode ser limitada por tabus.

Deutsche VersionVersión española

1 Podemos tomar como exemplo o redator acadêmico de PROKLA, Michael Heinrich, Freerk Huisken da Gegenstandpunkt (ambos em Konkret, 3/2000) e o autor de Bahamas Martin Janz (Jungle World, 8-3-2000).

Ubu et l'Anti-Terrorisme

Devant la 10e chambre : L'intérêt du procès réside surtout dans la façon dont l'antiterrorisme a été impliqué dans cette affaire totalement  dérisoire. L'incendie fût tellement mineur que les propriétaires du véhicule n'ont pas porté plainte : « Seule un peu de suie a été constatée », explique le procureur, précisant que les dégâts ont été évités grâce à la rapidité d'intervention de la police. 

Maître B. n'en mène pas large devant la 10e chambre correctionnelle de Paris ce mardi. Cette fois-ci, l'avocate pénaliste n'est pas au tribunal pour plaider. Avec son ami Kevin, ils sont accusés d'avoir essayé d'incendier une voiture devant l'ancien commissariat de quartier de la rue Pradier (Paris, XIXe arrondissement). « Une tentative de dégradation à l'aide de substances explosives », précise le procureur lors de l'audience, réclamant une condamnation de six mois de prison avec sursis. L'avocate et son ami sont finalement condamnés à cinq mois avec sursis. Une décision qui met fin à deux ans de procédure dirigée par la section antiterroriste de la brigade criminelle.

« Nous avons eu l'idée stupide de mettre le feu au véhicule » Le 13 janvier 2009, l'avocate est interpellée rue Pradier avec un ami, alors que celui-ci essaye d'allumer un feu sous la roue d'une voiture, à l'aide de simples bouts de papiers. L'enquête est immédiatement confiée à la section antiterroriste. Direction le 36, quai des Orfèvres. Bien qu'avocate de profession, la jeune femme semble perdre tous ses moyens au cours de l'audience. Elle se contredit plusieurs fois. Peine à s'exprimer clairement, tandis que les magistrats l'assaillent de questions. La confusion qui s'installe ne peut laisser de doute aux juges quant à sa culpabilité.  « Nous avions bu, et en passant devant le commissariat pour rentrer chez nous, nous avons eu l'idée stupide de mettre le feu au véhicule », avait-elle déclaré à la police lors de ses premiers interrogatoires. Des aveux sur lesquels elle revient devant les magistrats. « Il faut comprendre le contexte. J'étais en fin de garde à vue. Cela faisait deux jours. On me considérait comme une terroriste », se justifie-t-elle. Lors de ses aveux, elle pensait « que l'affaire allait être classée et que le PV allait disparaître ». Ses explications laissent les juges perplexes. « Qu'est-ce que c'est que ces PV qui disparaissent ? » lui rétorque le président. « Je ne comprends pas ce que vous expliquez au tribunal », insiste-t-il, lui rappelant les connaissances qu'elle est censée posséder en matière pénale. « Ou alors vous faites une allergie à l'antiterrorisme ? » ironise-t-il.

« Seule un peu de suie a été constatée », explique le procureur, précisant que les dégâts ont été évités grâce à la rapidité d'intervention de la police. Le contexte est en effet étroitement lié à l'angoisse politique et policière autour de l'affaire de Tarnac. Les faits ont lieu peu de temps après, le 13 janvier 2009. Les deux amis ont alors le tort d'être militants, proches des libertaires. Et d'avoir notamment manifesté en soutien aux inculpés de Tarnac.   La police ne tarde pas à qualifier les deux jeunes gens comme « gravitant dans la mouvance d'ultragauche ». La machine s'emballe. Le Figaro sous-titre : « Une avocate et son ami seraient soupçonnés d'être en lien avec l'ultragauche. » Les auditions ont alors lieu dans le cadre d'une enquête de flagrant délit pour « dégradation par incendie en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ». Finalement jugés devant un tribunal de droit commun, le procès reste marqué par leur engagement politique. Le magistrat souligne les vingt scellés saisis lors de la perquisition du domicile de l'avocate : « Mémoire de DEA sur l'antiterrorisme, affiches liées aux manifestations en Grèce, coupures de presse sur l'affaire Coupat, des feux d'artifice et des pétards. » « Ce n'est pas illégal », réplique-t-elle. 

 

mercredi 19 janvier 2011

LA «GUERILLA JARDINIÈRE»:

 UNE LUTTE ET UNE PRATIQUE CONCRÈTE !
A l'initiative de divers projets de potagers, collectifs militants et lieux autogérés, une initiative a été lancée pour des journées coordonnées de guérilla jardinière à travers les villes et espaces péri-urbains. Il s'agit de se balader en «repiquant» des légumes et en semant des graines sur tous les «p'tits bouts de vert» qui jalonnent la ville : plates-bandes délaissées, terrains en friche, jardins publics et autres bouts de bitume à ébrécher...
La mise en place de ces multiples petits potagers sauvages est une manière de résister à l'empire des biotechnologies :
— La guérilla jardinière et les potagers urbains permettent de sortir du rôle de simples consommateurs-trices, d'échanger des savoir-faire, de découvrir le plaisir de faire «pousser» et de produire des légumes gratuitement.
— Les semences plantées seront de préférence non-brevetées et non-hybrides. Leur échange et leur prolifération permettra ainsi de sauvegarder des espèces illégales aux yeux de l'industrie (vous pouvez refaire chaque année des graines en laissant certaines des plantes «monter en graine»).
— Ces pratiques sont aussi un acte de solidarité avec tous-tes les paysan-nes en lutte, une façon de les sortir de leur isolement en montrant que d'autres se préoccupent de ces problèmes et de recréer des liens urbain-es/ruraux-ales.
— À l'heure où le moratoire européen sur les OGM risque d'être levé et les cultures transgéniques se démultiplier, la guérilla jardinière est une action complémentaire de toutes sortes d'initiatives de sabotages sur les laboratoires et champs d'OGM.
— La «guérilla jardinière», outre un travail de sensibilisation, devrait viser à inscrire des occupations de terrains dans la durée. Il est possible de s'entendre avec des gens du quartier pour occuper un petit bout de friche et en faire un potager plus permanent près de chez vous (des potagers collectifs squattés se multiplient actuellement autour de divers collectifs ou lieux de vie autogérés). Il existe aussi bien sur encore quelque potagers associatifs et jardins ouvriers en milieu urbain, louables pour une bouchée de pain.
— C'est enfin une excellente façon de se réapproprier un espace urbain réservé à la vente, à l'exploitation salariée et à la circulation automobile ; un espace dont la concentration et l'organisation sociale sont des facteurs majeurs de dépendance. Pour s'autonomiser vis à vis du capitalisme, transformons et réapproprions nous la ville, produisons nous même, dés-urbanisons !
Ces expériences d'agriculture urbaine peuvent paraître anecdotiques quant à l'enjeu de nourrir une population entière. Il est en effet nécessaire d'envisager une révolution des espaces urbains, ruraux et de nos modes de vie.  Cependant de petites parcelles, pots, toits ou terrains abandonnés et bien exploités peuvent d'ores et déjà apporter, outre un peu de nourriture, des contacts et savoirs-faire.
Un grand nombre de plantes nécessitent peu de travail pour pousser et se reproduire : épinards sauvages, menthe, topinambours, mâche, courges, choux et bien d'autres...
Vous pouvez y amener quelques sacs de compost, faire de temps à autre un petit tour à vélo de vos endroits préférés, où les placer au fil de vos parcours quotidiens pour en prendre soin.
Ouvrez l'œil, des tas de compost vont s'élever et des légumes pousser dans les rues. Ils n'attendent que d'être entretenus, de se reproduire librement ou d'être ramassés !
Pour entrer en contact avec un potager collectif ou squatté près de chez vous, pour nous tenir au courant d'initiatives de guérilla jardinière ou envoyer des compte-rendus de vos actions, écrivez à semetazone@riseup.net
LA BETTERAVE ROUGE ET LE RADIS NOIR VAINCRONT LE CAPITAL !
_______ 


12 IDÉES POUR ORGANISER
UNE ACTION COLLECTIVE DE GUÉRILLA JARDINIÈRE

PAR CHEZ VOUS...

Voici une petite fiche pratique réalisée à partir de quelques expériences de guerilla jardinière de l'an dernier. Il ne s'agit pas d'un modèle à suivre mais de quelques conseils sur une certaine manière d'envisager la guérilla jardinière (à travers des manifest-actions publiques). Il y en a bien d'autres.


(1)

Choisir une période propice de l'année, de mars à juin suivant les régions pour bon nombre de légumes. 

(2)

Se renseigner sur les coins en friche du quartier. Aller voir à la communauté urbaine, au cadastre, à la mairie, enquêter auprès du voisinage... pour savoir à qui ils appartiennent, si il y a des projets en cours.  


(3)

Faire un repérage des coins jardinables, et des coins a priori non jardinables mais transformables par la verdure. Prévoir un parcours avec des arrêts réguliers et éventuellement, en fin, un espace où rester un peu plus longtemps, pique-niquer et dans lequel pourrait éventuellement se mettre en place un projet suivi.

(4)

Vous pouvez privilégier les espaces, bouts de parcs un peu cachés, mal entretenus, friche de quartiers ou parcs de banlieue, où vos légumes auront plus de chances de persister et grandir. Les plantations dans les plates bandes aseptisées et millimétrées du centre ville seront moins durables mais plus visibles. Pensez aussi aux interstices dans le béton, aux petits recoins, aux pavés manquants, aux endroits incongrus (une crête verte de blé sur une cabine téléphonique ou une statue, une plante totalement envahissante dans une brèche...), bref, transformez la ville ! Attention, les trottoirs en pavé ou en sable sont généralement passés au désherbant chaque année.


(5)

Vous pouvez repiquer des plants et des graines. Les graines c'est plus discret, les plants c'est plus visible et joli. Pour les plants, il faut y songer entre un et deux mois à l'avance si vous voulez qu'ils soient prêts et repiquables. Des tables de plants, c'est faciles à faire chez soi en grande quantité, en plein air, sous bâche transparente, sous vitre ou en intérieur, dans des bacs en polystyrène, petits pots...  

(6)

Pour obtenir des semences ou des plants, vous pouvez demander à des maraîchers bios du coin, ils ont souvent des plants en trop ou des semences qu'ils ne peuvent plus réutiliser dans un cadre commercial et qu'ils seront éventuellement ravis de donner pour un projet militant et pour aider des gens à se mettre au potager. C'est aussi possible de produire des semences soi même, d'en prendre à des personnes qui jardinent (car la pratique de faire ses propres graines est loin d'avoir disparu), de contacter des associations comme kokopelli qui distribuent et entretiennent des semences non-industrielles de toutes sortes et proposent un guide d'entretien et de reproduction des semences. 


(7)

Prévoir beaucoup d'eau (bidons de récup nettoyés, arrosoirs, pour pouvoir arroser abondamment après semis ou repiquage) et repérer d'éventuelles fontaines et points d'eau sur le parcours... surtout si cela se déroule en mai/juin. Prévoir un éventuel réarrosage le lendemain. Emmener aussi des sacs de terre, compost, fumier pour en rajouter dans les endroits pauvres ou presque dépourvus de terre ou totalement dépourvus de terre mais biens quand même.


(8)

Contacter les personnes et assos du quartier à l'avance, dans les hall d'immeuble, les boîtes aux lettres... C'est le genre d'initiatives que beaucoup trouvent plaisantes et un type de manifestation dans laquelle tout le monde peut faire de l'action directe et transformer l'espace sans prendre trop de risques.


(9)

Amener avec vous et demander par tract aux manifestant-e-s d'amener des brouettes et caddies pour transporter les plants, des cuillères et autres petits outils pour les repiquer.

(10)

Prévoir éventuellement des petits panneaux à mettre à coté des plants pour y indiquer le nom des variétés repiquées et les visibiliser dans les jours suivants. Par le passé, à coté du nom des plants nous avions collé une photocopie avec le texte ci-joint  


«Je suis une semence sauvage»

Contre les biotechnologies et les géants de l'alimentation capitaliste, les mini-potagers urbains, sauvages ou non, permettent de sortir du rôle de simple consommateurs-trices, d'échanger des savoirs-faire et de retrouver petit à petit des possibilités d'autonomie alimentaire. C'est un acte de solidarité avec les paysan-ne-s en lutte et une façon de faire proliférer des plantes jugées comme illégales par l'industrie. Sème ta zone et fais pousser !
Vous pouvez en demander une version mise en page à semetazone@riseup.net
  


(11)

Si la guérilla jardinière peut aboutir à une discussion sur «que faire ensemble après ?», c'est encore mieux...

(12)

Pour plus d'infos sur le potager, comment démarrer, faire pousser ses légumes et autre... :
— Le Guide l'Agriculture biologique est un bouquin facile et pratique. Il y en a bien d'autres.
— Sur les semences : Association Kokopelli, 131 impasse des palmiers, 30 100 Alès. 

QUE SE CACHE T-IL DERRIÈRE NOTRE ASSIETTE ?

Avertissement ! Ce qui suit n'est qu'une courte perspective critique face à l'industrie agro-alimentaire. Chaque argument mériterait d'être détaillé longuement pour ne pas être assimilé à de la simple propagande. De nombreux ouvrages politiques, scientifiques et historiques le font très bien. Vous trouverez en note un certain nombre de références où trouver plus d'informations.
La production alimentaire capitaliste implique entre autre un usage massif de pétrole, de pesticides et d'emballages plastiques, le transport des aliments sur des milliers de kilomètres, la réduction de la biodiversité, la destruction des sols et des cours d'eau, la mise en esclavage de millions de sans-papier-e-s et pauvres en Europe et dans le monde.
Accepter le contrôle des ressources alimentaires par quelques grands groupes industriels est un suicide social, écologique et sanitaire à court terme.
Les millions qu'ils dépensent en propagande pour laver le cerveau des consommateurs-trices (ils se sont encore récemment auto-proclamés «industriels de la protection des plantes») ne nous feront pas oublier que les Dupont, Syngenta, Monsanto, Novartis, Bayer et autre Dole sont en fait parmi les plus grands criminels et pollueurs de la planète, détenant industrie pharmaceutique, production de semences, de produits chimiques, d'armements...
Hors des pays «riches» le développement de l'agriculture industrielle et productiviste ruine les modes d'agricultures vivrières et fait disparaître les paysan-nes (la moitié de la population mondiale ne vit pas dans les villes), les exilant par millions vers les bidonvilles, où ils/elles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins.
La minorité qui conserve une exploitation agricole devient totalement dépendante de la machinerie et de la chimie des grands groupes et de leurs volontés. Ils produisent en masse des plantes destinées à l'exportation et à la grande distribution, abusant souvent de sans-terres pour les basses tâches. L'extension du mode de production industriel dans les pays du sud est ainsi responsable d'exodes et famines massives. Il détruit les communautés et les pratiques sociales qui échappent encore aux logiques de compétition et de profit. Dans les pays riches les quelques agriculteurs-euses qui subsistent et concentrent les terres deviennent de simples agents techniques sous contrôle.
L'industrie biotechnologique parfait ce système totalitaire en produisant des semences stériles et des OGM qui vont se croiser avec les autres espèces et rendre toute autre forme d'agriculture inenvisageable. Et ce alors qu'il est aujourd'hui totalement impossible d'en calculer les dangers ou de stopper après coup la pollution génétique.
Les brevets sur le vivant vont permettre en parallèle aux firmes transnationales de disposer de droits exclusifs sur les plantes, animaux et gènes. A l'heure actuelle, les paysan-nes ne peuvent déjà plus utiliser une partie de leur propre récolte comme semence: ils/elles doivent racheter chaque année à des industriels des graines hybrides, conçues pour ne plus produire de semences valables. (ce qui entraîne aussi la disparition de multiples variétés et une impossibilité de s'autonomiser vis à vis de grands groupes).
Les mythes scientistes du «progrès» et du «développement» visent à empêcher tout raisonnement lucide sur les dangers et l'irréversibilité des biotechnologies et de la production agricole industrielle...
Quant aux consommateurs-trices des villes ou des campagnes, nous vivons le plus souvent coupé-es de tout rapport concret à la production de notre alimentation et sommes à la merci de ces logiques... 
SÈME TA ZONE ! AVRIL-MAI 2004 

DON’T TREAT EVERY "THING" ALIKE!

 Einige vorläufige Bemerkungen zu den Papieren von J. Ulrich, C-P. Ortlieb und Blaha/Wallner.

1. Comte ist m.E. die Konsequenz aus Kant: Er denkt ihn zuende, indem er das "Ding an sich", bei Kant noch unabdingbar, endgültig suspendiert. Dabei hatte auch Kant selbst gegenüber "unterentwickelten Völkern" entwicklungshierarchische Vorstellungen. Kant wird, indem er in gewissem Sinn noch der Theologie verhaftet ist und er noch Fragen über die Gegenstände bzw. ihre Erkenntnis- und Bearbeitungsmöglichkeit überhaupt stellt, aus der Perspektive von Comte infantilisiert bzw. zumindest implizit feminisiert, gewissermaßen in Frauenkleider gesteckt. Auf einmal wird so noch die alte, drübersteherische Metaphysik zum Weib gemacht.
Derartige Verfahrensweisen gehören selbst ganz und gar in das Wert-Abspaltungs-Repertoire mit seinen Bedeutungsverschiebungen; der Gegner wird im Konkurrenzkampf zwangsfeminisiert. Dies deutet eben auf die Wert-Abspaltung als gesellschaftliches Formprinzip hin. Vergleichbare Aussagen findet man etwa auch bei deutschen Aufklärern, wenn etwa die Rede davon ist, dass die Franzosen mehr wie die Weiber seien (womöglich weil bloß platt unmittelbar der positivistischen Denke im Gegensatz zum groß-spekulativen Geist verhaftet!), oder wenn im Nationalsozialismus im Gegensatz zum männlichen soldatischen Menschen der Intellektuelle als verweichlicht und verweiblicht gilt. Als Grundprinzip zeigt sich hier die Wert-Abspaltung, indem sie ihren relationalen und flexiblen Charakter offenbart, derartige Zuschreibungen also der Inferiorsetzung des Gegners in einer sonst ganz und gar männerbündischen Veranstaltung dienen.
2. Dies tut allerdings der Tatsache keinen Abbruch, dass sowohl im Positivismus als auch in der (alten) Aufklärungs-Metaphysik und entsprechenden Theorien, die sich der Konstitutionsproblematik widmen, in verschiedensten Farben und Formen eine "Abspaltung des Weiblichen" zu beobachten ist. Eine "Abspaltung" der Metaphysik im Positivismus findet schon immer auf einer gemeinsamen Grundlage mit der Metaphysik statt; innerhalb des Gesamtzusammenhangs der Wert-Abspaltung, die das gesellschaftliche Formprinzip darstellt.
Die Konstitutionsproblematik bei Kant ist selbst ganz und gar androzentrisch und eurozentrisch verfasst. Er tummelt sich sozusagen bloß auf der Wert-Seite, der Subjekt-Seite. Dies gilt in einer anderen Ideentradition u.a. auch für Marx bis hinauf zu Postone. Anders als letztere, deren Konzepte weiterentwickelt werden müssen, gibt Kant jedoch mit seiner Untersuchung des Erkenntnisapparates nichts her für die wert-abspaltungskritische Aufdeckung der Konstitutionsproblematik, außer in negativer Hinsicht als Bestandteil des zu kritisierenden Gegenstands.
Zwar trägt Kant noch in gewisser Weise einer (allerdings bloß abstrakten) Materialität gegenüber der leeren Form Rechnung. Jedoch war ein Form-Inhalt-Dualismus seit jeher konstitutiv für das moderne Denken (inklusive der Metaphysik), innerhalb dessen sich Kant schon immer bewegt; insofern hat er höchstens eine Scharnierfunktion zwischen alter Metaphysik/alten Konstitutionsvorstellungen und positivistischer Selbstbehauptung, in der dann letztlich die Materialität in ihrem Eigengewicht ganz getilgt ist.
3. War schon bei der alten (Aufklärungs-)Metaphysik eine "Abspaltung des Weiblichen" gegeben und hat sie sich so als Konstitutionsproblematik absolut gesetzt und alles nicht in ihr Aufgehende herausgelassen, so setzt sich dies in einer "wertkritischen" reduktionistischen Annahme des Tauschs/des Werts als gesellschaftlichem Formprinzip fort, sofern dieser sich - gewissermaßen gottgleich - als omnipotenter Alleskönner geriert. Demgegenüber will die Wert-Abspaltungstheorie und -Kritik derartigen Ansätzen ihre Grenzen vor Augen führen; ganz abgesehen davon, dass nicht der Tausch konstitutiv ist, sondern das Unterwerfungsverhältnis unter die "abstrakte Arbeit", aus dem heraus überhaupt erst das Tauschverhältnis gesetzt wird, während dann noch einmal die Abspaltung ein Meta-Verhältnis darstellt.
Andernfalls besteht nämlich die Gefahr, dass die Gesellschafts- und Erkenntniskritik, sofern sie sich bloß auf den Wert beruft in seiner Logik der Null bzw. der Eins, diese noch in der Kritik wiederum restituiert. Dabei kann die Wert-Abspaltung nicht etwa dem Wert als ein noch viel universelleres, ja nun wahrhaft universelles Prinzip entgegengehalten werden. Mit einer Absolutheitsbehauptung wäre immer schon ihr eigenes Dementi gesetzt, indem sie nämlich ihrem eigenen Begriff nach "automatisch" gezwungen ist, auch dem, was nicht in ihr aufgeht, stattzugeben; so wagt sie es, "gegen sich selbst zu denken" (Adorno) und geht es ihr um ein neues Verhältnis zwischen Allgemeinem und Besonderem, Einzelnem, Kontingentem etc., ohne dabei Hierarchien aufzumachen und eine Seite der anderen gegenüber als Ursprung zu setzen. Ist doch auch mit der Behauptung der Allgemeinheit der Wert-Abspaltung eben als gesellschaftlichem Formprinzip gesetzt, dass im Denk-Mainstream der Moderne das Nicht-Identische suspendiert wird. Deshalb würde die Abspaltungskritik sich mit einer Absolutsetzung ihrer eigenen Behauptung entziehen.
Dies heißt übrigens auch die Konstituiertheit von "Sinnlichkeit" und "Natur" in den Blick zu nehmen, und diese nicht zu ontologisieren; auch das "Sinnliche", das insbesondere in der positivistischen Denkart ausgespart wurde und dem es Rechnung zu tragen gilt, ist immer schon gesellschaftlich verfasst. Sinnlichkeit kann nicht einfach als ontologisch gegeben interpretiert werden, auch wenn sie in manchen patriarchal-immanenten Konzepten dergestalt als Gegenstück zur Abstraktion gefasst wird (bis in wertkritische Zusammenhänge hinein). Zwar geht sie andererseits in dieser Konstitution keineswegs auf; dennoch ist es etwas anderes, ob ich meinen physischen Hunger mit Maden oder Maggi-Suppe stille (was beides gleich miserabel sein kann).
Folgt man einem derartigen Gedankengang nicht, besteht die Gefahr, dass ein Ableitungs- bzw. ein formales Zurechnungsverhältnis aufrechterhalten wird, d.h. die Logik der Null, die Logik der Eins könnten selbst durch ihre Kritik noch in den Versuch einer formelhaft-magischen Bannung münden. Es könnte dann nämlich auf der einen Seite der Wert, das Subjekt, die Null und/oder die Eins stehen und auf der anderen Seite die Körperlichkeit, die individuellen Eigenschaften und auch sonstiges, "wovon" abstrahiert wird. Es handelte sich dann fast schon um eine Gleichung: Es gibt gewissermaßen eine "feste" Seite (Wert, Subjekt usw.), die immer bleibt, und eine Pudding-Seite, die alles Mögliche sein kann, was in der ersten Seite nicht aufgeht bis hin zum Staat und zur androzentrischen Aufklärungs-Metaphysik selbst. Auf diese Weise kann die Eins sodann noch in der Kritik wie eine Eins dastehen, werden die Wert-Religion und der Wert-Gott als das anerkannt, was diese von sich selbst glauben machen wollen.
Wie schon angedeutet, muß ein Wissen um die Konstitutionsproblematik keineswegs heißen, dass dem Nicht-Identischen stattgegeben wird; das war bei Hegel nicht so, der es wieder ins Allgemeine hereingeholt hat, das war bei Marx nicht so, indem er im Grunde den (Mehr-)wert als die Eins behauptet hat, und auch bei Kant war das Ding an sich, obwohl zur Selbstkonstitution bitter nötig, in sich widersprüchlich; wesentlich war bei Kant die Form.
4. Die Kaprizierung auf die gewalttätige Null/Eins hat nun zwei Konsequenzen; einerseits das Gleichmachen von anderen, nicht-identischen Momenten, andererseits ihre Suspendierung aus einem komplexen Machtgeflecht im (welt-)gesellschaftlichen Gesamtzusammenhang.
Zum ersten: Der Wert und das MWW sind bei der Kritik der gewalttätigen Null bzw. Eins gewissermaßen zu einem Abspaltungsharem gekommen. Vor dem Gesetz sind alle gleich, diese problematische Annahme wiederholt sich so noch in der Kritik der gewalttätigen Null/Eins tragischerweise. In der Tat: Vom RESULTAT her dürfte es aus der Sicht der Naturwissenschaften und der positivistischen Wissenschaften "gleich" sein, wenn Frauen, "Schwarzen" und "Wilden" ähnliche Eigenschaften zugeschrieben und diese somit abgespalten werden, um zur reinen Wissenschaft zu kommen und diese als solche zu erhalten. Indes, nur aus der Sicht des MWW sind alle Abspaltungskühe grau. Nun könnte man sagen, na ja, dann muß man halt zwischen verschiedenen Abspaltungsarten unterscheiden. Wenn man jedoch den erwähnten Wert-Abspaltungszugang in seiner Formelhaftigkeit wählt, bleibt man bloß auf der erkenntnistheoretischen Ebene; besonderen Qualitäten Rechnung zu tragen, heißt aber material zu werden und sich der Sache, dem (nicht verallgemeinerbaren) Inhalt zuzuwenden; ansonsten bleibt dieser Zugang selbst tautologisch und es besteht die Gefahr, dass er sich gleichzeitig in einem zoologischen Klassifikationsgebaren erschöpft. Gewalt tut in diesem Zusammenhang nicht nur das MWW sich selbst und dem Objekt schlechthin an, sondern auch (weißen) Frauen und "anderen Anderen".
Andererseits werden jedoch bei diesem tautologischen Zugang auch andere (Nicht-)Subjektivitäten, (Nicht-) Ichs aus einer komplexen Machtdynamik entlassen, indem im Grunde von einem einfachen allgemeinen Repressionsmodell ausgegangen wird, auch wenn das (männliche) Subjekt selbst von seiner Körperlichkeit abstrahieren muß. Dem MWW kommt so vermeintlich die Rolle des alleinigen Akteurs zu. Dagegen sind etwa "Schwarze" für die weiße Frau ebenso inferiore "Andere", und was ist wiederum mit "schwarzen" Männern, die ihre Frauen ebenso als "Andere" sehen? Es ist hier eine mehr systemische Herangehensweise gefragt (wenngleich auch nicht im Luhmannschen Sinne), die nicht mehr unumwunden bloß von der gewalttätigen Null bzw. Eins als mehr oder weniger abstraktem Tätersubjekt ausgeht, ohne indes auf den Begriff von ihm zu verzichten und ohne ihn umgekehrt genauso schlecht-abstrakt in den "Differenzen" zu ersäufen. Die Spannung zwischen Begriff und Differenzierung muß ausgehalten werden, ohne diese Spannung wiederum zu hypostasieren.
In der Wert-Abspaltungstheorie ist der Begriff der "Abspaltung" klar umrissen.
Sie taucht auf der kulturell-symbolischen Ebene der Diskurse auf, sie umfasst die materielle Dimension, die Zuständigkeit von Frauen für die Reproduktionstätigkeiten, und sie zeigt sich ferner im Bereich Sozialpsychologie (indem sich das männliche Kind von der Mutter abgrenzen muß, um eine männliche Identität zu erlangen). Dabei ist die Wert-Abspaltung nicht einfach in spezifischen Sphären zu finden, sondern sie geht durch alle Bereiche und Ebenen der Gesellschaft, wie sie auch als gesellschaftlicher Prozeß aufzufassen ist. In der Postmoderne, in der eine Verwilderung des Patriarchats stattfindet, trägt sie ein anderes Gesicht als in der Moderne. Da die Abspaltungstheorie sich nicht (erkenntnistheoretisch) als Absolutes behaupten kann, ohne sich selbst zu dementieren, ist sie auf Gedeih und Verderb dazu gezwungen, auch dem stattzugeben, was gerade nicht in ihr aufgeht. So behauptet sie sich als Reflexion eines Grundwiderspruchs, die in ihrer augenblicklichen Formulierung in sich wieder zusammenfällt und gerade deswegen und nur deswegen die sich schon immer relativierende Begrifflichkeit eines Grundverhältnisses darstellen kann.
Die zutreffende Erkenntnis einer gewalttätigen Null/Eins, die (wie auch immer) abspaltet, ist so erst einmal bloß der erste Schritt zu einer wesentlich komplexer gefassten Wert-Abspaltungstheorie, die - ceterum censeo - aufzeigen will, dass diese Eins gerade in ihrer durchaus faktische Ergebnisse in der gesellschaftlichen Realität zeitigenden "Einsheit" eben nicht das ist, was sie von sich aus zu sein glaubt. Die gewalttätige Null/Eins ist und ist zugleich nicht, jedenfalls nicht in ihrem bloß negativ gewendeten Selbstverständnis.
5. Dabei wähnt sich die Wert-Abspaltungstheorie, wenn sie sich selbst relativiert, übrigens nicht im geringsten über das warenproduzierende Patriarchat hinaus. Im Rekurs auf das Einzelne, Besondere, Differente stellt sie keineswegs eine "Keimform" des Anderen dar. Sie weiß um ihre Historizität und Beschränktheit und kann bloß hoffen, in ihrer Formulierung "die Verhältnisse zum Tanzen" zu bringen, im Wissen, dass noch ein weiter und steiniger Weg aus den patriarchal-kapitalistischen Verhältnissen vor ihr liegt, an dessen Ende sie hoffentlich selber überflüssig werden kann. Das Nicht-Identische ist bei ihr keineswegs etwas über die gegebenen Verhältnisse Hinausreichendes, sondern ihm Rechnung zu tragen, heißt in erster Linie, das schlecht Gegebene in seiner Existenz weit besser erfassen zu können als ein identitätslogischer Reduktionismus.
In diesem Zusammenhang kann ich auch nicht sehen, dass es eine tragende Tendenz des Kapitalismus heute sein soll, "dass das strukturell männliche Aufklärungssubjekt neuerdings verstärkt bestrebt ist, seine >sanften<, >natürlichen< und damit eher >weiblichen< Eigenschaften für den Verwertungsprozeß fruchtbar zu machen, während die in der Krise sich gerade herausbildende >DienstbotInnen-Gesellschaft< (Frank Rentschler) gleichzeitig im Begriff ist, die >weibliche Natur< wieder auf den ihr vermeintlich alleine und >natürlicherweise< zukommenden Platz zu verweisen". Es ist viel komplizierter: Männer werden in prekären Beschäftigungsverhältnissen zwangsfeminisiert, hausfrauisiert; sie haben nicht mehr länger die Rolle des Familienernährers inne. Frauen hingegen müssen bei Strafe des Untergangs zu Konkurrenzsubjekten werden, wobei sie für Leben und Überleben gleichzeitig zuständig sind, auch wenn etwa in Managementkonzepten in der Tat gleichzeitig "weibliche Werte" und "Anteile" auch bei Männern für den Verwertungsprozeß fruchtbar gemacht werden sollen. Gemessen an den alten, modernen Subjektvorstellungen haben wir heute ein postmodernes "Ein-Geschlecht-Modell" vor uns: Frauen sind Männer (Konkurrenzsubjekte), bloß anders (eben noch für die Reproduktion zuständig). Der heutige Kapitalismus kann es sich gar nicht mehr leisten, Frauen wie in der Vergangenheit auf ihre (zugeschriebene) "natürliche" Rolle zu reduzieren, auch wenn Frauen heute wieder - herübergekommen aus der klassischen Moderne - im Gegensatz zu Männern bevorzugt Dienstbotinnen- und Pflegetätigkeiten zugeführt werden. Deswegen haben wir ja auch eine Wert-Abspaltungsvergesellschaftung, wenngleich im Zerfall. Es geraten nun beide Seiten des Verhältnisses in die Krise - sowohl der Wert als auch die mit ihm dialektisch vermittelte Abspaltung, ohne dass beide deswegen "weg" sind.
6. Auch sehe ich nicht, dass in der Krise heute Religion als das gewissermaßen "unerforschliche Weibliche" zutage tritt (sofern ich das überhaupt richtig verstanden habe), als die schon immer andere Seite der "instrumentellen Vernunft, die sich heute ad absurdum führt". Wahrscheinlicher scheint es mir zu sein, dass sich in der Religion heute nicht etwa gewissermaßen das Chaos (wieder?) äußert; stattdessen tritt Religion heute vielmehr regressiv als Ordnungsmacherin auf, aber eben nicht mehr als einheitlich-universalistische, sondern als fragmentiert-gruppen-pluralistische und eben auch individualisierte, wie es dem "Absturz Gottes in den Abgrund seines Begriffs" im Verfall des Kapitalismus entspricht.
Zutreffender scheint mir hier die Einschätzung von Jörg in seinem Buch "Individualität als politische Religion" zu sein, wenn er schreibt, dass Jörg Bopp die "...>Mischung aus technischer Dynamik und pseudoreligiöser Gläubigkeit< als >eine der größten Gefahren, vor denen unsere Zivilisation heute steht< (bezeichnet). Bopp knüpft mit dieser Befürchtung an die Bestimmung Detlef Clausens an, der den modernen Antisemitismus ins Zentrum seiner Überlegungen stellt und konstatiert, dass sich hier, wie in allen Alltagsreligionen >verkürzte Wahrnehmungen (...) zu einem realitätsverzerrenden System (verfestigen), das nicht allein von Randgruppen, sondern von der Mehrheit der Gesellschaft geteilt werden kann.< (...) In ihnen findet sich traditionelle Religion überwunden, die grundsätzlich religiöse Weltwahrnehmung aber bleibt erhalten und verbindet sich >mit konformistischen Bewusstseinselementen, die den Individuen den Schmerz der Asozialität ersparen< (...) Alltagsreligiös kompensieren die Subjekte ihre Angst vor den Folgen der konsequenten gesellschaftlichen Modernisierung und den ihr eigenen Individualisierung- und Desintegrationsprozessen" (S. 134).
Wer hier zuvörderst ums Eck biegt, ist Carl Schmitt (wie ja gerade auch Jörg im Hinblick auf die individualisierten Subjekte heute gezeigt hat), ist der Souverän, der den Ausnahmezustand dezisionistisch richten soll, auch wenn dies heute nicht mehr in derselben Weise möglich ist wie noch zu Zeiten des Nationalsozialismus. Dieser "Ausnahmezustand" wird auf der Ebene der einzelnen postmodernen Individuen konstituiert, aber im "molekularen Bürgerkrieg", einem Begriff von Enzensberger, den ich auf den (scheinbar) privaten Beziehungskrieg zwischen den postmodernen Individuen (nicht nur im Hinblick auf die Geschlechterproblematik) übertrage, und der heute überall tobt. Darüber hinaus freilich auch auf den verschiedensten (welt-)gesellschaftlichen Ebenen in den vielfältigen Bürgerkriegen; aber auch wenn rechtsfreie Räume, Lager usw. entstehen und vom Souverän (etwa den USA) rechtsstaatliche Erwägungen fahren gelassen werden, um wieder "Ordnung" herzustellen. Der Souverän, der mit dem Wert-Mann-Gott korrespondiert, wird hier noch einmal im verfallenden Kapitalismus angerufen, obwohl bzw. gerade weil er sich heute nicht mehr wie weiland konsolidieren kann.
Wenn der Kapitalismus im Zuge des "Kollaps der Modernisierung" aus dem Ruder läuft und ins Fragmentarisch-Barbarische zu driften droht, entsteht erneut das Bedürfnis, dieser historisch neuen Form des Chaos schroff ordnungsmachend zu begegnen, auch wenn dies nicht mehr in alter Manier gelingen kann. Diese neue Form des Chaos und diese neue Form der Ordnungsmacherei bedingen und konstituieren sich so geradezu wechselseitig; sie stellen einander in einer spezifischen Form im verfallenden Kapitalismus gegenseitig her.
7. Möglicherweise kann für die Moderne gesagt werden, dass der gewissermaßen säkularisierte Wert-Gott den genuin-religiösen Gott der Vormodere, aus der er eigentlich entstammt, nun zur "Frau" macht. War letzterer vorher das Gesetz, so wird er in der Moderne in die Irrationalität abgedrängt und gilt er nun selbst als chaotisch-inferior. Das, was wir heute an Religion beobachten, hat m. E. jedoch weniger mit dem lodernden Chaos zu tun, sondern es ist vielmehr in seiner Folge die paradoxe synthetische Auferstehung Gottes, nach dem Ende des Wert-Mann-Gottes, der seine Vorform selbst inferior gesetzt hatte, die nun als großer Ordnungsmacher (wenngleich auch faktisch in zersplittert-pluralistischer Form) aus dem Grab hergeholt wird, um Einheit, Ordnung, Sinn (wieder?) herzustellen, weil in der Tat die Wert-Abspaltung als Grundprinzip und damit die Subjekt-Objekt-Trennung nicht überwunden ist. Mit der Krise der Wert-Abspaltungs-Vergesellschaftung wird so heute der in der Moderne zum Weib gemachte traditionell verstandene Patriarchen-Gott mit Bart und Halbglatze in seiner ganzen Obsoletheit angerufen, die dadurch umso deutlicher erscheint. Und so verwundert es auch nicht, dass der Apostel Paulus als Revolutionär neuerdings wiederentdeckt und ein "theological turn postmoderner Theorie" (Doris Akrap) konstatiert wird.
Weder das postmoderne "Ein-Geschlecht-Modell", in das Konkurrenz und Dienen gleichermaßen eingeschrieben sind, noch das Phänomen einer potentiell barbarischen "(Alltags-)religion" haben etwas mit sanfter Weiblichkeit zu tun, vielmehr ist beides als Symptom einer Verwilderung des modernen warenproduzierenden Patriarchats zu deuten. Dabei fragt es sich, an welche Inkonsistenzen heute angeknüpft werden kann, wenn die Inkonsistenz sozusagen schon zum wesentlichen Konstituens des heutigen Gesellschaftszustands, des warenproduzierenden Patriarchats im Verfall und in der Verwilderung, geworden ist. Anders formuliert, es ergibt sich die paradoxe Fragestellung, an welchen Inkonsistenzen eine bereits obsolet gewordene Wert-Abspaltungsvergesellschaftung, die dennoch in aller Härte noch vorhanden ist, über sich selbst hinausweisen könnte. Momentan sehe ich nicht, dass hierzu konkrete Angaben möglich wären.
M.E. ist es heute jedoch möglich, zumindest diesen Zustand zu analysieren und dabei einer notwendigen Differenzierung zwischen Begriff und Differenzen in der genannten Komplexität Rechnung zu tragen und die entsprechende Spannung auszuhalten, ohne diese Vermitteltheit wiederum zu hypostasieren; in dem Wissen, dass dies nur ein Durchgangsstadium zu ihrer Abschaffung ist.
Dies und nicht ein EINFACHES Wissen um gesellschaftliche "Inkonsistenzen" ist heute angesagt. Die Frage danach kann nur gestellt werden, wenn sie nicht dazu führt, wieder auf den gewalttätig strengen Begriff, um der Ordnung und Sicherheit willen, zurückzukommen. Dies heißt aber auch, über die EINFACHE Bestimmung der gewalttätigen Null/Eins mit ihren EINFACHEN Inkonsistenzen hinauszugehen, um nicht einer falschen und heute ohnehin unmöglichen Auferstehung Gottes in der barbarischen Zersplitterung in Form eines Wert-Begriff-Gottes ungewollt zuzuarbeiten.                                            
06.05.2005

Roswitha Scholz

 http://www.exit-online.org

Un footballeur révolté

 Le football spectaculaire marchand
 Les situationnistes disaient que les spectateurs ne trouvent pas ce qu’ils désirent mais désirent ce qu’ils trouvent. J’ai l’impression que chaque heure qui s’écoule nous démontre l’exactitude de cette pensée...
J’étais à Lille il y a quelques semaines et je suis tombé par hasard sur le quotidien gratuit Metro. Je dis « par hasard » mais en réalité ce n’était pas tellement par hasard. J’étais alors à la gare, où il est finalement plus difficile de ne pas tomber sur ce journal gratuit que de tomber dessus, justement : il y en a partout. Financé par la publicité, ce journal est creux et porte en son sein la feinte neutralité de l’information de masse. C’est typiquement un journal pour spectateurs et spectatrices. Le lisent celles et ceux qui trouvent, parce qu’il leur tombe sous la main et qu’il n’y a rien de mieux à faire à ce moment là...
Quand j’ai trouvé ce n°91 du vendredi 11 juin 2004, ça devait être mon cas.
J’ai vu presque tout de suite en dernière page de ce numéro, une publicité pleine page pour les téléphones portables de SFR, « partenaire officiel » de l’équipe de France de football. « Suivez les Bleus au Portugal » (c’est l’Euro 2004, championnats d’Europe de foot, au cas où ça vous aurait échappé, mais ça m’étonnerait...). En gros si je ne suis pas sur place, si je n’ai accès ni à la radio ni à la télé pour être au courant des résultats des matchs, je peux me rassurer : avec la « rubrique sport » de mon « mobile SFR », j’aurai « tous les matchs en direct du Portugal minute par minute, les résultats et classements actualisés en temps réel », etc.
Le slogan principal de la pub : « Le foot vous obsède, suivez-le ».
Cette publicité pour une marque de téléphone portable part du principe que le téléphone portable est évidemment une obsession, un outil essentiel de la vie quotidienne, un objet sur lequel notre attention se porte de façon permanente (ou presque). SFR le sait, et ne l’évoque même pas, tellement c’est évident. L’accroche de cette publicité pour un service de téléphonie mobile n’évoque donc pas les qualités de SFR mais les désirs footballistiques, probablement considérés comme étant inhérents à chacun-e.
Le foot est tellement omniprésent à travers la communication de masse (télé, radio, presse écrite, internet, tous supports publicitaires, etc.) et les conversations du quotidien (« t’as vu le match ? » et tout ce qui va avec...) qu’il paraît impossible d’affirmer que le foot puisse être une obsession / passion qui découle d’une pensée mûrement réfléchie. Le désir de foot est socialement construit, généralement aux dépens de notre bon vouloir (comme les désirs de fric, de clopes ou de sexe).
Si nous sommes obsédés par le foot, ce n’est pas parce que nous nous disons que le foot peut nous épanouir et nous permettre d’améliorer la qualité de nos relations, des rapports sociaux dans lesquels nous évoluons. Nous sommes obsédés par le foot de la façon dont on nous fait comprendre qu’il faut être obsédé : de façon passive, compulsive, consommatrice. En ralliant sans même en avoir conscience tout un tas de valeurs : la compétition (l’intégration de valeurs capitalistes), l’identification à une nation ou une ville (l’intégration de valeurs de type nationaliste), la non-mixité virile (l’intégration de valeurs masculines), la spécialisation avec les stars du foot en idoles (l’intégration de la hiérarchie voire du culte du chef), etc.
Le football pourrait être un jeu comme un autre mais il génère depuis de longues années tellement de fric qu’il semble difficile de le vivre de façon épanouissante.
Le football est devenu au cours du 20ème siècle un fléau social.
Simultanément au slogan « Le foot vous obsède, suivez-le », il y a implicitement « Votre mobile SFR vous obsède, suivez-le ». Cette mentalité compulsive se résume en un « Suivez vos obsessions (sans vous poser de questions) » et nous ramène aux très publicitaires « Vivez vos désirs », « Just do it », « Soyez vous-mêmes », etc. qui font consommer via de grossières récupérations post-soixante-huitardes de slogans comme « Vivre sans temps morts, jouir sans entraves »... Le désir est désormais enfermé dans la marchandise. Nulle part il ne peut être question de construire nos désirs par nous-mêmes, individuellement ou collectivement. Tout s’achète.
Pendant ce temps là, à peu près tout le monde a conscience que ces pseudo-désirs prêts à consommer ne sont que des palliatifs pour mieux supporter une vie de merde (faite notamment d’un travail qu’on ne contrôle pas puisque c’est pour les beaux yeux d’un patron). Nous croyons que cette situation est pour nous-mêmes confortable. Nous nous trompons...
Je ne veux plus être spectateur de ma vie (ni de celle des autres d’ailleurs). Je ne veux plus être spectateur. Je veux vivre pleinement. Je veux penser, écouter et m’écouter, construire et partager des idées, des envies, et les vivre.
Comme dirait Fabien Barthez, gardien de but de l’équipe de France : « Peu importe l’adversaire. On se concentre sur notre jeu1 Mais je ne parle pas de football, là. Finalement, le jeu de la révolution peut être à prendre comme ça.
Le football, nous devrions plus le voir comme une activité collective dont l’adversité est amicale. Le football doit être un jeu, une pratique, pas un spectacle. Jouer ensemble, en équipe, pour le plaisir, au-delà de toute idée de gloire, au-delà de toutes les différences de génération, de genre / sexe, etc. Fouler un terrain avec des ami-e-s plutôt que de rester les yeux collés à la télé ou les pieds figés dans une tribune, voilà une idée enthousiasmante du football, non ?
source
Été 2004, un footballeur révolté
1 L’AFP rapportant des propos de Fabien Barthez, le 21 juin 2004 à Coimbra (Portugal). 

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