mercredi 15 décembre 2010

Des sites communautaires en général et de Facebook en particulier

Des sites communautaires en général et de Facebook en particulier: un monde entre marchandisation et représentation.
La désinsertion de la praxis, et la fausse conscience anti-dialectique qui l’accompagne, voilà ce qui est imposé à toute heure de la vie quotidienne soumise au spectacle ; qu’il faut comprendre comme une organisation systématique de la « défaillance de la faculté de rencontre », et comme son remplacement par un fait hallucinatoire social: la fausse conscience de la rencontre, l’«illusion de la rencontre ». Dans une société où personne ne peut plus être reconnu par les autres, chaque individu devient incapable de reconnaître sa propre réalité.
Guy Debord, La Société du spectacle, Thèse n° 217

Prolégomènes
Quand Guy Debord écrit La Société du Spectacle en 1967, son but avoué est de construire une arme théorique à même de décrire le monde moderne afin, une fois les mécanismes de celui-ci dévoilés, de le renverser. Il rappelle d’ailleurs dans son Avertissement pour la troisième édition française de La Société du Spectacle:«Il faut lire ce livre en considérant qu’il a été sciemment écrit dans l’intention de nuire à la société spectaculaire. Il n’a jamais rien dit d’outrancier.»
Bien évidemment, de nombreux contre-feux sont allumés aujourd’hui, de manière à neutraliser cette pensée dont l’actualité fait pressentir aux dominants qu’elle recèle encore un potentiel explosif qu’il importe de déminer. Que l’on pense à l’entreprise sollersienne visant à statufier Debord en la figure d’un commandeur des arts et lettres ou à la volonté étatique de le muséifier en achetant (avec quelles difficultés!) ses archives: personne n’est dupe.
Cependant, pour qui relit La Société du Spectacle, la grille de lecture du monde fournie reste opératoire. Et d’une cruelle actualité. Qu’on en juge:
«Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans la représentation»[i].
Nous pourrions appliquer cette thèse à une multitude de situations de la vie quotidienne mais l’objet de ce texte sera, plus modestement, d’analyser ce que disent du monde moderne les sites communautaires et plus exactement Facebook, car nous considérons que c’est une nouvelle réalité qui s’est faite jour et qui, née de ce monde, en est aussi la continuation par d’autres moyens. C’est pourquoi nous analyserons le site Facebook pour ce qu’il est, c'est-à-dire un médium de communication mis en place par le Spectacle [ii], et qui, à ce titre, ne concerne pas seulement les jeunes ou les citadins, même si c’est le public le plus représenté, mais l’ensemble de la population. Nous traiterons donc de la place occupée par Facebook au sein des sociétés occidentales, mais aussi de la signification que revêt ce phénomène, avant d’en étudier les conséquences sociales. 

Petit rappel à l’usage des dépassés, des déconnectés et des inadaptés au monde actuel.
Pour ceux qui croiraient encore que la télévision est la source de distraction préférée des Français, il faut rappeler que la donne est en train de changer et que désormais, et pour la première fois depuis son invention, l’écoute de la télévision pour les jeunes de 15 à 24 ans est en régression, dépassée par l’utilisation d’Internet. En revanche le temps passé devant un écran, au sens large, ne cesse de croître [iii]. Et singulièrement en ce qui concerne le temps passé sur les sites dits communautaires, tel que Facebook. Plus qu’une simple activité passagère, ce site est devenu un véritable fait social. En voici la démonstration.
Le site Facebook est né en 2004 à l’initiative de Mark Zuckerberg alors qu’il était étudiant à Harvard. Ce site a d’abord constitué le réseau communautaire fermé des étudiants d'Harvard, avant de devenir accessible aux autres universités américaines, puis de s'ouvrir à l'ensemble des internautes le 24 mai 2007.
Facebook permet aux personnes inscrites de mettre en ligne leur profil (état civil, études, centres d'intérêt etc…) et d'interagir avec d'autres utilisateurs, notamment par le partage de correspondance et de documents multimédias. Les informations personnelles fournies par les utilisateurs leur permettent de trouver d’autres utilisateurs partageant les mêmes centres d'intérêt, de former des groupes et d’y inviter d'autres personnes.
C’est en cela que l’on qualifie Facebook de site communautaire.
D’un point de vue plus sociologique, voici les caractéristiques idéales-typiques d’un utilisateur de Facebook:
  • L’utilisateur moyen a 130 amis (+10 par rapport à Septembre 2009).
  • Un utilisateur moyen fait 8 demandes d’amis par mois.
  • Temps moyen passé sur Facebook par jour : 55 minutes.
  • 25 commentaires réalisés en moyenne par mois par utilisateur.
  • Un utilisateur devient fan [iv] de 4 ” fan pages /groupe ” par mois.
  • Un utilisateur est invité à 3 évènements par mois [v].
  • Un utilisateur moyen est membre de 13 groupes.
Pour ceux qui contesteraient encore à Facebook son caractère de fait social, au motif qu’il ne concernerait qu’une part congrue de la population, il faut savoir que 15 millions de Français ont une page Facebook (près d’un quart de population), que 70% des utilisateurs de Facebook ne sont pas américains, que 70 langues sont en usage sur le site. De manière plus large, le site comprend 400 millions d’utilisateurs actifs [vi] dans le monde et 50% de ces personnes se connectent chaque jour à Facebook. Plus de 3 milliards de photos ont été mises en ligne sur le site ainsi que plus de 5 milliards d’éléments de contenu (liens, actualités, flux, éditoriaux de blog, notes, albums photos, etc…). Plus d’un million et demi d’entreprises ont une page sur Facebook. Enfin, seuls Google, Microsoft et Yahoo ont plus de visiteurs mensuels que Facebook, mais, si l’on prend en compte le nombre de visites par page, Google est le seul site à surclasser Facebook.[vii]                                         
Facebook: un moyen d’adhérer au monde
Facebook est un site traduisant un certain rapport au monde: le deuil de la possibilité de vivre les choses directement, sans la médiation d’un écran, sans la représentation, et cela au moyen de la technique. Nous ne contestons pas que des motifs variés président à la création d’un profil sur Facebook et nous ne saurions mettre sur le même plan l’utilisateur ponctuel qui, pour être informé des prochains évènements culturels susceptibles de l’intéresser, utilise son profil à la manière d’une banale messagerie, ou même celui qui retrouve, par ce canal là, de véritables amis, et ceux dont l’usage est dicté par la fascination technologique, le désir de paraître, l’envie de vivre par procuration. On nous objectera que, au contraire, les sites communautaires permettent de recréer de la sociabilité, que prendre contact voire faire des rencontres est bien plus facile, que l’on est relié à ses amis n’importe où sur la planète. Nous ne le pensons pas. Au mieux, ces sites permettent une prise de contact qui aboutira à une rencontre bien réelle. Mais ce n’est pas toujours le cas car il est malaisé de rencontrer ses 200 amis de Facebook. Cela traduit surtout la difficulté qu’il y a à être ensemble aujourd’hui, à créer une communauté autre que virtuelle, à laisser la dérive et le hasard guider les rencontres. Bien plus, si le monde est à ce point cadenassé que l'inter-subjectivité ne puisse plus advenir sans que la peur de l’inconnu surgisse, les sites comme Facebook ne peuvent que renforcer les difficultés et produire de la séparation. Que l’on songe au sort réservé aux cabines téléphoniques depuis l’apparition du téléphone portable et l’on pourra juger ce que deviendront l’amour et l’amitié [viii] dans les années à venir: hors des sites communautaires, point de salut.
Pourtant, il ne faudrait pas croire que l’adhésion des utilisateurs de Facebook au monde factice que nous venons de décrire est sans effet. Au contraire, c’est cette adhésion à la facticité qui permet de perpétuer le monde tel qu’il va, l’organisation sociale telle quelle est, la domination telle qu’elle s’exerce. En effet, sans préjuger du contenu de l’ensemble des profils, l’écrasante majorité des utilisateurs présente une très vive adhésion aux valeurs culturelles dominantes. L’utilisateur de Facebook est un de ces jeunes gens modernes  [ix], fier de vivre à une époque si riche de virtualités, nous pourrions même dire: béat et persuadé, fût-ce de façon inconsciente, d’être dans le monde quand il s’en éloigne, ce qui est une caractéristique de la schizophrénie (ou de l’aliénation). Mais ce n’est pas tout, comme n’importe quelle mouche du coche, il pense que son implication narcissique sur la toile permet sa participation au monde, voire révèle ce dernier à lui même, quand, en réalité cela ne traduit que le conformisme de l’utilisateur manipulant un outil pensé par d’autres pour renforcer le spectacle de la pseudo communication. Loin d’être marginale ou neutre, cette attitude est extrêmement répandue. Elle était d’ailleurs facilement identifiable au début de Facebook où la cooptation était obligatoire. Ce mécanisme permettait rapidement de distinguer ceux qui en étaient et les autres. La morgue qui se dégageait des élus valait alors toutes les tentatives d’explication. Mais ce qu’il faut bien comprendre c’est que cette supériorité d’alors traduisait non seulement un sentiment d’appartenance à la classe des dominants, détenteur des capitaux traditionnels de la bourgeoisie, mais aussi une fierté de faire le monde, de se projeter en avant, bref: l’illusion d’une émancipation du vulgaire et du trivial incarnés par le réel grâce à la technique. Pour le dire autrement, l’idéologie technicienne s’étant imposée sur les premiers cobayes, ils prenaient cela pour une bénédiction. Ne sachant pas que «le spectacle est l’idéologie par excellence, parce qu’il expose et manifeste dans sa plénitude l’essence de tout système idéologique: l’appauvrissement, l’asservissement et la négation de la vie réelle» [x]
Facebook comme moyen d’être au monde
Nous l’avons dit, l’utilisation de Facebook implique un certain narcissisme. Si l’on en croit la psychanalyse, «Narcisse, c’est d’abord la parole qui non seulement se répète, mais s’articule aussi à seule fin de se commenter, de se mettre en scène, en quelque sorte de jouir d’elle-même [xi]». La définition vaut pour le narcissisme en général, on peut dire qu’elle s’applique en tout cas à Facebook en particulier. Le site agirait comme un miroir où la découverte des profils d’autrui, des groupes de fans, n’aurait pour but final que la contemplation de soi et la constitution d’un profil toujours plus parfait.
La tendance n’est pas nouvelle. Déjà en 1969, C. Lasch [xii] constatait que le narcissisme se développait à grande vitesse dans la société des États-Unis. Elle prenait même l’allure d’un fait social puisque selon lui, on pouvait parler de «narcissisme collectif». La situation s’applique à l’ensemble des pays occidentaux aujourd’hui. Des raisons peuvent expliquer ce phénomène, à commencer par le sentiment d’inutilité au monde doublé de la fin de l’inscription dans une continuité historique. Cette caractéristique nouvelle, aussi délétère pour la construction d’un mouvement social que pour les individus désormais atomisés, produit une sensation d’isolement jusqu’alors inédit. Le repli sur la sphère privée et l’illusion que l’on recrée du lien par écran interposé est alors possible. Cette disparition de la continuité historique pousse l’individu à vivre dans l’instant, comme si son existence se déployait dans un présent perpétuel. De là les rencontres tendent à être de plus en plus fugaces, «zappées», sans consistance, produisant en retour un sentiment d’isolement mais aussi de vide encore plus puissant. Les sens sont comme anesthésiés et la quête de sensations fortes toujours plus importante, sans pour autant que cela passe par l’épreuve du réel, d’où la volonté concomitante de neutralisation du monde, pour le dire comme Anders. On peut comprendre par là que l’individu est aujourd’hui à ce point isolé et éloigné de la réalité, du fait de la représentation, que c’est la fin de l’expérimentation du monde. [xiii] Non seulement cela signifie que la découverte du sensible et du réel ne peuvent plus se faire, sinon par l’illusion de la représentation et du Spectacle mais encore que, déboussolé par cette perte et plongé dans un monde qui lui devient totalement étranger, l’individu perd son individuation en voulant neutraliser le monde. Le narcissisme collectif questionne, et ce n’est paradoxal qu’en apparence, la place qu’il reste pour l’individu. Anders considère que celui-ci n’existe plus car «l’individu a été transformé en un «dividu», il est désormais une pluralité de fonctions» [xiv]. A l’image du travail, c’est donc à des individus en miettes que nous aurions affaire. Cet aspect-là est d’autant plus saisissant sur Facebook où un profil ne se présente pas comme une unité mais au contraire comme une succession de fragments à travers les «groupes de fans» auxquels appartient l’internaute, facilitant en cela les amitiés parcellisées à partir de quelques goûts communs.
Le confusionnisme le plus absolu ne peut donc que s’étendre à partir de ce mode de fonctionnement et son expansion passe par une neutralisation du monde, c'est-à-dire que l’on rend «familière» une marchandise formatée – «dénoyautée» selon Anders- pour que l’utilisateur s’y reconnaisse, puisse s’en saisir, et ne sache plus s’en passer. Les applications multiples associées à Facebook accentuent ce processus.
Cela n’est possible que dans un monde où la distanciation règne car il faut que le vrai et le faux soient devenus des catégories à ce point périmées qu’elles puissent être échangeables sans dommage. Bien sûr que l’utilisateur de Facebook ne prend pas le site pour la réalité mais, par cette utilisation technique, il n’est plus directement au monde. Alors que celui-ci était un donné, voilà qu’il devient «servi» à domicile dans l’une de ses potentialités qui se donne pourtant comme la réalité. Cette forme de marchandisation de l’existence par le morcellement de celle-ci nous permet de recevoir le monde «calibré» pour la satisfaction de nos besoins et, ce faisant, devient «un fantôme de monde [xv]»; le monde réel étant devenu une étrangeté, voire étranger. Anders, pour illustrer son propos sur la distanciation d’avec le monde et des êtres qui le composent, écrivait: «alors que généralement notre voisin de palier, devant la porte duquel nous passons tous les jours à longueur d’année, ne nous connaît pas et ne franchit pas la distance qui le sépare de nous, ces stars de cinéma, ces girls étrangères que nous ne connaîtrons jamais personnellement et que nous ne rencontrerons jamais personnellement,[…] se présentent à nous comme de vieilles connaissances, […] nous les appelons par leurs prénoms, […] lorsque nous parlons d’elles» [xvi]. La réalité a peu changé depuis, si ce n’est qu’avec l’arrivée de Facebook, nos propres voisins de palier nous restent étrangers mais se présentent comme des stars. Le processus de distanciation est alors achevé puisque même la réalité immédiate sur laquelle nous pouvions avoir prise est devenue étrangère dans un premier temps, avant de se transformer en simple image dans un second.
Le «cadre» sur Facebook
Au delà du narcissisme, c’est à une réification complète (c'est-à-dire à une transformation des êtres vivants en choses) de l’individu qu’aboutissent ces sites communautaires. Et, une fois encore, avec le consentement plein et entier de leurs utilisateurs qui adaptent à la modernité la servitude volontaire. Ils désirent transformer la réalité de leur vie en image réelle de leur désir. Ce faisant, ils ne transforment pas la réalité de leur être mais leur apparence, ce qui n’est pas sans conséquences.
En effet, pour Debord «Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images [xvii]».
De ce fait, c’est bien une dimension spectaculaire qui régit ces pratiques et la première chose que l’on remarque sur Facebook, c’est la manière que chacun a de se présenter, de se donner à voir (pour ne pas dire en Spectacle ou en pâture), comme si le devenir-image de l’individu était achevé et que l’on ne pouvait plus rien attendre des rapports sociaux qui en découlent. Cela débute par l’énoncé de son humeur du jour en un mot. Mais, signe d’une réification complète, chaque profil parle de lui à la troisième personne. Sur la page de X nous pouvons donc lire: Aujourd’hui X est enjoué.
Le ton est donné et la mise à distance que ce procédé implique va favoriser l’auto-réification de chacun, qui va pouvoir se présenter comme marchandise valorisable sur un marché [xviii]. C’est ainsi qu’en bon petit cadre [xix], tout le monde a appris à se vendre au moyen de la distinction culturelle. Au chapitre musical, s’il est de bon ton de mépriser Johnny Hallyday, il est vraiment bien vu d’indiquer sa dilection pour le jazz, un ou deux opéras, le groupe de rock indépendant dont on n’a entendu qu’un seul extrait mais qui devrait créer le «buzz» dans les mois à venir. Mais ce n’est pas tout. Un des codes implicites consiste à manier à la perfection la dissonance culturelle. En effet, après avoir cité le meilleur du bon goût pour cadre petit-bourgeois, il est recommandé d’avouer, sur le mode de la confession assumée, son petit faible pour un chanteur que chacun reconnaîtra comme le comble de la ringardise et qui, par un mouvement de balancier, pourra accéder au statut d’icône «vintage» branchée. Le tout est de savoir définir le dosage. Il est en effet trop dangereux de se présenter, lorsque c’est sous son nom et que l’on veut garantir un certain sérieux à son profil, comme un simple adorateur de Joe Dassin.
Il est aussi indispensable de se présenter en connaisseur de l’industrie cinématographique, toujours en adoptant les goûts du cadre petit-bourgeois; en spectateur. Il faut donc montrer patte blanche en indiquant que l’on porte de l’intérêt à la Nouvelle Vague, Dziga Dvertov et Buster Keaton tout en concédant un penchant coupable pour les giallos ou la série Hooker. Une fois encore, c’est sous les apparences de la liberté individuelle que cette présentation de soi s’offre aux regards, alors que cela n’obéit qu’à un jeu de codes dont personne n’est dupe. Les goûts personnels ne sont qu’une moyenne des goûts dominants et puisqu’il faut bien remplir la rubrique des passions au moyen des groupes auxquels on adhère, on trouvera pêle-mêle les sushi, le design, les concerts humanitaires, l’écologie ou la hi-fi; autant de signes confirmant l’adhésion au monde spectaculaire-marchand du cadre. C’est ainsi que, par ses choix stéréotypés, le cadre aliéné renforce le monde qui l’a pourtant créé tout en influençant les fractions dominées du salariat. [xx]

Le spectacle, qui est l’effacement des limites du moi et du monde par l’écrasement du moi qu’assiège la présence-absence du monde, est également l’effacement des limites du vrai et du faux par le refoulement de toute vérité vécue sous la présence réelle de la fausseté qu’assure l’organisation de l’apparence. Celui qui subit passivement son sort quotidiennement étranger est donc poussé vers une folie qui réagit illusoirement à ce sort, en recourant à des techniques magiques. La reconnaissance et la consommation des marchandises sont au centre de cette pseudo-réponse à une communication sans réponse. Le besoin d’imitation qu’éprouve le consommateur est précisément le besoin infantile, conditionné par tous les aspects de sa dépossession fondamentale. Selon les termes que Gabel applique à un niveau pathologique tout autre, «le besoin anormal de représentation compense ici un sentiment torturant d’être en marge de l’existence»
Guy Debord, La Société du spectacle, Thèse n° 217
Nota Bene: Ce texte, opportunément signé La Boétie, offre un tableau saisissant de la servitude volontaire assistée par ordinateur. Il sera publié en deux parties dans les numéros 6 et 7 de Rodez La Rouge. Le numéro 6 paraîtra en juillet 2010. (Jules Bonnot de la Bande.)

DER BANKROTT DES MIKRO-KAPITALISMUS

Derzeit gilt die Krise des internationalen Finanzsystems ebenso als bewältigt wie der Einbruch der Weltkonjunktur, obwohl sich das Problem nur auf die Staatsfinanzen verlagert hat. Ganz nebenbei kommt aber in den letzten Wochen schon wieder ein vermeintliches Erfolgsmodell des Defizit-Kapitalismus ins Gerede.
Das Vorzeigeprojekt der Mikrokredite in den globalen Armutszonen und in vielen sogenannten Schwellenländern galt nicht nur als krisenresistent, sondern auch als Beweis für die Urkraft marktwirtschaftlichen Denkens. Im Zeichen neoliberaler „Selbstverantwortung“ sollten vor allem die armen Frauen mit Hilfe winziger Kredite von umgerechnet 100 bis 500 Euro zu Kleinunternehmerinnen im Dienstleistungssektor mutieren, die ihr kapitalistisches Schicksal in die eigenen Hände nehmen könnten.
Muhammad Yunus aus Bangladesch, der Erfinder des Modells, erhielt dafür 2006 bezeichnenderweise nicht den Wirtschafts-, sondern den Friedensnobelpreis. Die Begeisterung der Eliten war groß, denn die Idee schien mehrere Fliegen mit einer Klappe zu schlagen und eine streng marktwirtschaftliche Armutsbekämpfung mit einer ebenso streng marktwirtschaftlichen Emanzipation der Frauen zu verbinden, also eine gänzlich systemkonforme soziale Befriedung anzuleiern. Die Spendengelder philanthropischer Kapitalisten flossen reichlich, so aus der Stiftung von Bill Gates.
Ausgehend von Bangladesch und Indien entstand so innerhalb kurzer Zeit ein milliardenschwerer neuer Finanzmarkt für vorwiegend „weibliche“ Mikrokredite in Asien, Afrika und Lateinamerika. Asiatische Großbanken, aber auch Finanzinstitute wie die Deutsche Bank kreierten einschlägige Investmentgesellschaften. Im Zuge dieser Ausdehnung sind inzwischen die ersten Mikrobanken bereits an die Börse gegangen. Aus der ethischen Image-Pflege wurde ein knallhartes Geschäft. Kleinvieh macht eben auch Mist. Offiziell gehen die Mikrokredite meist an Selbsthilfegruppen von Frauen und deren Geschäftsprojekte. Aber für die Mikro-Verschuldung gilt dasselbe wie für Großkredite: Sie ist ein Vorgriff auf zukünftige reale Einnahmen und muss „bedient“, also verzinst und getilgt werden.
Das damit finanzierte weibliche Kleinunternehmertum hängt jedoch am seidenen Faden und scheitert schnell an den äußeren Bedingungen. Schon die Krankheit eines Familienmitglieds oder eine der immer häufigeren Überschwemmungen im Gefolge des kapitalistisch verursachten Klimawandels können dazu führen, dass der Mikrokredit in marktwirtschaftlich „unproduktiven“ Kosten verschwindet. Mit der explosiven Expansion der Mikrokreditmärkte wurden die geförderten Kleinstunternehmen immer illusorischer. Es ging nur noch darum, beim Wachstum um jeden Preis dabei zu sein. In Indien waren die Selbsthilfegruppen zunehmend nur noch formale Hüllen, während das Geld für den schlichten Kauf von Lebensmitteln drauf ging.
Nach der Krise der großen Finanzmärkte ist nun die Krise der Mikrokredite fällig geworden. Dabei geht es allerdings wesentlich brutaler zu als in den Hallen der Hochfinanz. Umschuldungen bei den Mikrobanken erhöhen die wöchentlich zu bedienende Zinslast. Viele Frauen werden zur Prostitution gedrängt, um zahlungsfähig zu bleiben. In Indien häufen sich die Selbstmorde von Schuldnerinnen, die Kreditraten von 5 oder 6 Euro nicht mehr bedienen können. Soviel zur marktwirtschaftlichen Philanthropie und Frauenbefreiung. Das Platzen dieser speziellen, gar nicht mehr so kleinen Finanzblase wird aber nicht nur auf die Konjunktur vieler Schwellenländer zurückschlagen, sondern ist auch ein Menetekel für die keineswegs bewältigte Kreditkrise insgesamt.

Robert Kurz

erschienen im Neuen Deutschland am 13.12.2010

L'Europe en Joie

Journée de grève contre la rigueur en Grèce, violences à Athènes - 15 décembre:  
Transports publics, aériens et maritimes étaient paralysés mercredi en Grèce à l'occasion d'une nouvelle journée d'action contre la politique d'austérité, qui a donné lieu à des violences dans le centre d'Athènes.
Alors qu'une manifestation rassemblant 20.000 personnes atteignait le Parlement, environ 200 manifestants s'en sont pris à l'ancien ministre conservateur des Transports, Kostis Hatzidakis, qui quittait l'enceinte.
Les manifestants ont pourchassé l'ancien ministre en criant «Voleurs! Honte à vous !» Ils lui ont lancé des pierres et l'ont frappé à coups de bâton.
Kostis Hatzidakis, le visage en sang, a pu trouver refuge dans un immeuble voisin. 

Journée d'émeutes à Rome - 14 décembre:        

Une journée de conflictualité hors de toute prévision. Ce matin l’attente était palpable à Rome, pour le vote de confiance au gouvernement Berlusconi. Trois cortèges se sont finalement joints dans une énorme manif, plus de 80 cars de manifestants avaient rejoint la capitale pour l’occasion.

Vaste mouvement de contestation et émeutes à Londres - 9 décembre:
À Londres la situation du mouvement étudiant qui manifeste contre les hausses des tarifs d’inscriptions universitaires s’est tendue : une émeute a éclatée hier soir.
 

WikiLeaks.org de retour aux Etats-Unis

Après avoir été brisé à il y a deux semaines , WikiLeaks.org est de retour en service aux États-Unis.

Le site a été restauré organisé par la Silicon Valley Hébergement Web depuis vendredi soir, mais ne semble pas  servir tous les câbles et contenus qu'il permet de tenir.  Au lieu de cela, le site redirige immédiatement les visiteurs à un miroir WikiLeaks hébergé en Russie .
Néanmoins, il est surprenant de voir WikiLeaks.org est hébergé aux États-Unis à nouveau, même si il est seulement utilisée pour rediriger le trafic. Il y a deux semaines, Amazon a décidé de retirer des services d'hébergement de Wikileaks Le domaine avait été installé à un nouvel emplacement d'hébergement en Europe, et ensuite le site EveryDNS  mit fin aux services DNS utilisés par le domaine WikiLeaks.org, empêchant le nom de domaine est résolu en une adresse IP.  Joe Lieberman des États-Unis du Comité sénatorial sur la sécurité intérieure et des affaires gouvernementales a exhorté d'autres entreprises à prendre des décisions similaires, en disant: «Aucune entreprise responsable - qu'il soit américain ou étranger - devrait aider Wikileaks dans ses efforts pour diffuser ces documents volés."

Opération de récupération de DDoS prochaine cible: Fax

 
Une nouvelle campagne de saturation de fax  contre certaines des entreprises qui ont décidé de se distancer de Wikileaks.  Dans le cadre de sa nouvelle mission Leakflood, le groupe anonyme de «hacktivistes» encourage ses membres à envoyer un grand nombre de télécopies à Amazon, MasterCard, Moneybookers, PayPal, Visa et Tableau Software.
Cette dernière campagne menée par le groupe Anonymous est analogue à la attaques par déni de service qu'il a mené contre les sites Web la semaine dernière.  Le groupe a commencé les fax-attaques aujourd'hui à 13:00 GMT et a publié une liste de numéros de télécopieur cible dans leur appel aux armes:
Le collectif Anonymous a encouragés à envoyer des télécopies de câbles WikiLeaks aléatoire, des lettres de Anonyme, Guy Fawkes, et le logo Wikileaks aux numéros de télécopieur cible toute la journée. Il n'est pas clair combien de personnes prennent part à l'attaque, mais un canal IRC mis en place pour fournir des informations sur la campagne figurent 73 utilisateurs seulement quelques heures après le fax-attaques ont commencé.
source

Assange devant la Haute Cour de Londres jeudi

Julian Assange, détenu à Londres et menacé d'extradition vers la Suède, comparaîtra pour la troisième fois devant la justice jeudi, afin de contester un appel de Stockholm qui veut le maintenir derrière les barreaux. Incarcéré depuis le 7 décembre à la demande de Stockholm qui le recherche pour agressions sexuelles, l'Australien de 39 ans a espéré une remise en liberté conditionnelle après la décision mardi d'un tribunal londonien de première instance de le relâcher sous caution.
L'Arme des Anonymous LOIC ici 
La nouvelle version est: loic-1.0.4-binary.zip (en P2P)

 

mardi 14 décembre 2010

La guerre contre les pauvres s’intensifie

Projet de loi Loppsi 2 :            
Le projet de loi Loppsi 2 (Loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure) sera finalement examiné en seconde lecture à partir de ce mardi 14 décembre 2010. Ce fourre-tout répressif entend restreindre encore plus les libertés publiques via l’intensification du fichage (mineurs y compris) ; le développement de la vidéosurveillance ; la surveillance des réseaux et ordinateurs ; la mise en place de restrictions concernant l’accès aux données publiques et leur diffusion ; la création d’un régime d’impunité judiciaire pour les agents de renseignement, leurs sources et leurs collaborateurs lorsqu’ils utilisent une identité ou une qualité d’emprunt (ce qui risque d’empêcher à l’avenir toute enquête – journalistique ou judiciaire – sérieuse sur ces services, y compris lorsqu’ils agissent hors de tout cadre légal)
Mais c’est surtout à une intensification de la guerre contre les pauvres (à un moment où il faudrait plutôt lutter contre la pauvreté) que conduit cette loi. « Classes laborieuses, classes dangereuses » : le vieil adage est plus que jamais d’actualité pour ceux qui nous gouvernent.
Le projet de loi, s’il est adopté, créera ainsi un délit de vente à la sauvette passible de six mois d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende (alors qu’aujourd’hui les vendeurs ne risquent qu’une contravention). Ces dangereux délinquants pourront dorénavant être placés en garde à vue, alors même que la France ne cesse d’être condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme pour les conditions inacceptables dans lesquelles se déroulent ces dernières.
Dans le même temps, la future loi prévoit que les habitants des squats, bidonvilles ou en habitat choisi (yourtes par exemples) pourront désormais être expulsables sous 48 heures sur simple mise en demeure du préfet, et y compris contre l’avis du propriétaire du terrain. Si l’occupant refuse de quitter les lieux, il pourra être astreint à payer une amende de 3750 euros. Le recours devant le tribunal administratif existe, mais risque fort d’être une procédure trop longue et trop complexe pour être véritablement accessible aux personnes visées.
Enfin, alors que la justice pourra désormais se rendre de manière encore plus expéditive (introduction du recours à la visioconférence pour certains interrogatoires), les agents de police municipale se verront dotés du statut d’agents de police judiciaire, ouvrant la voie à de nouvelles atteintes graves aux libertés individuelles qui, n’en doutons pas, toucheront là encore les plus pauvres.
RÉSISTANCE !
Le site Loppsi.fr met en ligne le texte du projet et un fil d’actualités
-  Le blog « Libertés surveillées » propose une excellente synthèse des divers aspects du projet
-  Le Syndicat de la magistrature fait part de ses observations, dans un long texte critique
-  Un forum sur le sujet a été créé pour discuter du contenu du texte et des luttes en cours

 

Obscenidad y Riqueza

 Deutsche Version Publicado originariamente no site da revista Streifzuege (Viena) em 2005
Comencemos en Bello Horizonte. Cada vez que un buen amigo que desde hace algunos años vive en Brasil, visita Austria, necesita acostumbrarse de nuevo al hecho de poder caminar por las calles de noche sin ser molestado. En Bello Horizonte un paseo así es prácticamente imposible. ¿Qué nos dice esto? ¿Qué nos señala la ciudad latinoamericana de millones de habitantes? ¿Un pasado? ¿Un mundo paralelo? ¿O acaso el futuro? ¿Es absolutamente imposible que aquí [en Austria] puedan darse condiciones similares a las que existen en otras regiones y ya son percibidas como una obviedad? Pienso que el estrato de civilización es delgado y debajo yacen la vida y la violencia en total desnudez.
El capitalismo es una relación de violencia, incluso y precisamente cuando la violencia no se manifiesta abiertamente . Con esto no se alude tanto a la relación entre dominadores y dominados, sino más bien a una violencia omnipresente, ubicada sobre la totalidad de la sociedad a la que impregna, precisamente allí donde ha logrado pacificarla con mercancías y donde la violencia no necesita hacer ostentación. Donde más violento es el capitalismo es donde la violencia no es percibida exteriormente porque se ha apoderado de la esencia más profunda de los sujetos. Los que se dominan, no se sienten más dominados. Su estado es aquél al que se le ha arrebatado su capacidad de percepción. La verdad sucumbe en su propia realidad.

Riqueza y riqueza

La pobreza es violencia estructural, la pauperización es la forma fija de su trazo y alcanza a los miembros más débiles como si fuese un destino. Aun cuando a nivel individual algunos puedan escapar de la pobreza, los múltiples pobres nunca lo lograrán. Ellos son parte, sobre todo si observamos el planeta como un espacio económico global. Los pobres son la selección sistemática de los menos valuados. Padecen de falta de capacidad de mercado, lo cual es sinónimo de debilidad inmunológica social.
No es la riqueza la que produce o impone la pobreza, sino que ambas son variables y posicionamientos interdependientes de la relación societal . Se comportan entre sí a través de un tercero que los marca: son dimensionados por los procesos de (re)valorización del capital, de los cuales resultan. Aunque en apariencia su posición difiera tanto, favoreciendo a quienes la ostentan y perjudicando a quienes la soportan, es la consecuencia de posibilidades y coacciones realizadas o precisamente no realizadas. La riqueza económica significa el logro en la estructura dada, mientras que pobreza es el fracaso en ella y por ella. Riqueza y pobreza caracterizan un éxito o un fracaso dentro de la forma societal constituida por la mercancía Algunos pueden arreglarse económicamente, a otros los desarreglan.
En tanto, riqueza no es lo mismo que riqueza. La riqueza capitalista es una riqueza de mercancías y dinero. En última instancia se trata de una magnitud comercial. La riqueza en sí misma no es nada obsceno sino algo bello. El objetivo es pues la diversidad, la multiplicidad de la vida. Habitar en un entorno agradable, comer y beber bien, amar y gozar, cultivar contactos, ocuparse de lxs hijxs y amigxs, ejecutar y escuchar música, leer, viajar, vagar y hacer trabajos manuales, no estar solx o abandonadx, apoyar y ser apoyadx, todo eso puede y podría caracterizar el vivir. De todo eso uno nunca puede recibir demasiado. Ernst Lohoff escribe: “La riqueza humana puede determinarse con mayor aproximación como riqueza de necesidades y de relaciones. La riqueza de una sociedad podría entonces medirse en tanto permita a sus miembros desarrollar una cantidad de necesidades proporcionándoles las condiciones para que las satisfagan y las perfeccionen y, si lo hace, en qué medida. La riqueza apunta a la plenitud o sea a la liberación de limitaciones y carencias”1
La riqueza se torna obscena precisamente allí donde concurre con la miseria de muchos, es decir, donde abre una discrepancia. Herbert Marcuse: “La sociedad es obscena en tanto y en cuanto produce una abundancia asfixiante de mercancías y las exhibe impúdicamente, mientras que afuera se les roba a sus víctimas las posibilidades de desarrollar su vida; obscena porque ellos están repletos al igual que sus basureros, mientras que envenena y arrasa con los escasos comestibles en las regiones de su agresión; obscena en las palabras y risas de sus políticos y sus entertainers, en sus oraciones, en su ignorancia y en la sabiduría de los intelectuales que mantiene” 2 La obscenidad de la riqueza se corresponde con la obscenidad de la pobreza que con ella se produce (¡pero no por ella!).

Al interior y al exterior

Wolfgang Pohrt expresa: “La provocadora impudicia de la nueva riqueza, su aspereza, sirve para intimidar a las masas empobrecidas, cuyos miembros no son mejores que los ricos.” 3 Sin duda alguna, ellos quieren ni más ni menos que estar en otra posición. Estar fijado en eso y fracasar en ello es lo que caracteriza a muchos de los perdedores del bienestar y asimismo conforma los cimientos para definir otras condiciones de exclusión y encauzar su deseo exclusivamente hacia las leyes del mercado. El sujeto opera y avala el juego de inclusión y exclusión, si bien quiere excluir, pero no ser excluido. Avala algo contra lo que él mismo desea ser protegido.
El reformismo social de las organizaciones obreras fue el intento (otrora exitoso) de reaspirar la exclusividad de la riqueza hacia los centros, por lo menos a nivel de los estados-nación. Eso fue lo que había una vez. El capitalismo, entendido aquí como (re)valorización lograda, está él mismo en una crisis fundamental, cada vez se tabica más, no se distingue por su integración, sino por su desintegración. Las zonas de bienestar se aglutinan con la dinámica del zoom. El problema primario no es que alcance a los seres humanos para incorporarlos, sino que se los deja afuera.
El desmontaje social actúa como cuando al enfermo se le quitan los medicamentos. Lo que les da poder o sea, lo que les provee poder adquisitivo, se les quita o se les reduce la dosis. Su dependencia del mercado y el estado los coloca en una situación desesperante. Ahora llegó la hora de los placebos. A veces hasta tienen efecto. Pero en principio, a los “dejados de lado” les va como a los drogadependientes en la abstinencia. Estamos domesticados en función de las mercancías, no poder tenerlas es grave. Y el comprar es por eso un verdadero vicio, del que no es tan sencillo salir. El capitalismo debe ser entendido también como el sistema del fetichismo de la mercancía y del dinero y sus sometidos son como los sirvientes del fetiche. “La llamada economía de los consumidores y la política del capitalismo corporativo conformaron una segunda naturaleza en los seres humanos que los vincula de manera libidinosa y agresiva a la forma mercancía” 4. El ser humano no es nada sin estas mercancías y las relaciones dinerarias que de ellas se derivan.
Monopolio de la violencia y de la dirigencia, estado de derecho y estado social; a todo esto los ligaba el objetivo de la integración social. Este objetivo deberá ser abandonado poco a poco ya que, la base monetaria se encuentra en un proceso de desmoronamiento. Hoy, más bien, es la desintegración lo que está en el tapete. El estado de bienestar, conseguido en gran parte por el movimiento obrero, fue un proyecto compartido por casi toda la sociedad. No quería dejar caer a aquéllos sobre los que pendía esa amenaza. Eso fue lo que hubo una vez. Por falta de masa monetaria, las instituciones públicas intentan desembarazarse de estas obligaciones. El estado social es un estado agónico. Y con él, también agoniza la política social.
A lo social se le impone ahora la economía de mercado. La economía de mercado es en sí asocial, dado que no trata a los seres humanos según sus necesidades y deseos, sino que se sirve de ellos según su valor social, es decir, según su capacidad de [aportar a la] (re)valorización [del capital]. No acerca a los seres humanos entre sí, los enfrenta. No es la condición de humano lo que caracteriza al sujeto burgués sino la de ser vendedor y comprador. Capacidad de vida significa capacidad de negocio. Se enfrentan en el mercado enmascarados por sus mercancías.

La pobreza como oprobio o:¡muerte a los indigentes!

Pocas condiciones son más vergonzosas que ser pobre; ni enfermedades ni sufrimientos, ni siquiera la guerra con toda su amenaza es vivenciada como un oprobio. La pobreza sí. La pobreza mancilla. No es un mero rasgo externo en quien la soporta o, en realidad y más precisamente : no es una señal de advertencia, sino que es la esencia más íntima que marca a la persona. En una sociedad,dominada por el valor, el pobre sólo puede sentirse desvalorizado. La frase “la pobreza no es motivo de vergüenza” es decididamente falsa.
Que la pobreza indigne a uno hasta las náuseas es justo, pero desde que apareció aquel slogan “vuestra pobreza nos da náuseas”5como desprecio a los pobres y no a la pobreza, quedó en evidencia que lo que expresa es la arrogancia de los que más tienen frente a los que “menos rinden”. La pobreza, un defecto de la sociedad aparece como un déficit de los afectados por la pobreza. Ahí andan algunos mal vestidos o sentados mendigando en las estaciones del metro y molestando a los turistas en las zonas peatonales. Molestan a ciertos círculos, no son fáciles de agrupar en contingentes ni de ser reubicados en otro lugar. Simplemente son molestos. ¿Porqué tenemos que someternos a verlos?
Ya la economía política clásica se rompía la cabeza pensando qué se debía hacer con los pobres. Sus elucubraciones nos recuerdan a los debates actuales sobre el supuesto parasitismo. David Ricardo decía: “Es una verdad indiscutible que no es posible asegurar comodidades y bienestar duradero a los pobres sin contar con el esfuerzo de la legislación para regular su crecimiento cuantitativo y limitar el número de los casamientos prematuros e irreflexivos, para lo cual se requiere contar con su propia colaboración. El efecto de la legislación sobre pobres fue directamente contrario a esto.” 6 O
sea que según esto: a los pobres hay que mantenerlos cortitos.
Y un contemporáneo de Ricardo, su contrincante y amigo, un cierto Thomas Malthus escribía: “Dado que la población aspira indefinidamente a sobrepasar los medios de subsistencia, la beneficencia resulta una locura, una arenga pública en pro de la miseria. Por eso el estado no puede hacer otra cosa que abandonar la miseria a su destino y, a lo sumo, aliviar la muerte de los miserables. Al respecto, decía Marx: “Con esta teoría tan humana, el parlamento inglés considera que la pauperización sería la miseria producida por los mismos obreros, a la que por eso, adelantándose a una desgracia, cabe antes bien someterla, castigarla como a un delito. (…) Por fin la miseria es considerada como la culpa de los miserables y como tal [debe ser] castigada.“ 7 Todo esto, ¿no suena muy moderno?

Fútil e inútil.

La medida de los exponentes burgueses (tanto personas como cosas) es el dinero. Expresa el poder individual en el mercado. “Es natural que en nuestra sociedad el dinero siga siendo el parámetro de valor para la propia persona”, dice la encuestadora Helene Karmasin. “En el campo profesional, el estado de la cuenta bancaria rige como expresión cualitativa (sic!, F.S.) sobre la persona”.8
¿Cómo debe sentirse uno de tomar en serio algo semejante? Pero lo que ahí se manifiesta es el punto de vista dominante – ni más ni menos – y, en general, se lo toma muy en serio, puesto que es serio. La mala verdad de la sociedad dice: lo que ganas expresa lo que mereces. Y dicho en el sentido de lo que a uno le corresponde. El ingreso es como la fracción de un billete que regula la participación social. Y eso se siente. Aun cuando no se lo capte, uno ya ha sido captado, incluso verdaderamente capturado. Respecto al dinero Robert Musil hace decir: “Es violencia espiritualizada, una forma especial, dúctil, altamente desarrollada y creativa de la violencia. No se basa acaso el negocio en astucia y coacción, en ventajismos y aprovechamiento, sólo que éstos están barnizados de civilización y transferidos a la interioridad del ser humano, sí, justamente como apariencia de su libertad?”9 Cuando en la obra más conocida de Arthur Miller uno de los hijos del viajante dice a otro: “El problema es que no hemos aprendido a ir tras el dinero”10 ,
enuncia el defecto principal, pero no el de la sociedad que lo exige, sino el de los individuos que en cualquier circunstancia están librados al arbitrio de ella.
Es grave que los seres humanos no valgan nada, pero peor aún es que deban valer; que una abstracción económica – ¡el VALOR! – sea lo que domina esta sociedad y prescriba el orden jerárquico de sus miembros. Que ellos deban manifestarse en esa escala, como si fuese una obviedad. Cada decisión de compra es la expresión de esta coacción. El dinero dimensiona el poder dispositivo que ejerce.
Ante el dinero todos los humanos son iguales, pero a través del dinero reciben diversas valorizaciones. Por cierto que la diferencia monetaria debe ser sometida a una crítica radical. Pero precisamente una radicalidad que se conjugue con un ajuste de cuentas tan abarcativo que incluya las diferentes valoraciones de la actividad humana. Son las condiciones las que deben ser tematizadas, no meramente sus excrecencias. La crítica a las diferencias de ingresos (no como inefable debate sobre privilegios) debe ascender hacia una crítica del ingreso hasta incluso una crítica del trabajo y el dinero. De quedar donde está, se convierte en el terreno fértil que posibilita enmascarar la cuestión social como un evento populista. El juego “¿a quién le quitamos algo?”tiene rasgos canibalísticos.
Mientras tanto, en la actualidad no se critica el dinero , sino que se lo reclama. A menudo suelen ser dos actitudes fundamentales las que caracterizan a muchos sujetos burgueses. Primero, el fantasma dinero: Dinero hay suficiente. Segundo el fantasma de la equidad y justicia: Uno mismo siempre recibe demasiado poco dinero. A partir de la articulación de estas convicciones, extrañas pero resistentes, le sigue entonces la proyección de que debe haber alguien que injustamente acapara demasiado. Alguien es culpable, demasiado voraz buscando privilegios, saquea los recursos sociales etc. – Muchos quieren protegerse de la competencia estigmatizando a otros competidores en el mercado y en lo social (extranjeros, parásitos sociales, burócratas, políticos, bancos, especuladores, judíos) y quieren excluirlos o desplazarlos para apartarlos de la competencia y de las prestaciones sociales. Quieren asegurar su estatus social o mejorarlo clamando por la desvalorización política de otros grupos. A la selección en el mercado se le oponen selecciones alternativas. Los sujetos competidores persiguen a los sujetos competidores como chivos expiatorios.
Por cierto que la competencia canibalística no sólo existe de individuos contra individuos, fábrica contra fábrica, supermercado contra supermercado, localización contra localización, estado contra estado, sino también, y de manera creciente, como un tironeo demencial de entidades públicas por el botín del ciudadano. A veces esto acarrea consecuencias no deseadas, pequeñas o mayores averías. Puesto que de donde algunos se sirven, no pueden hacerlo los otros o hasta por ley son obligados a generar una compensación. Las zonas disputadas ocupan un ámbito tras otro. En la actualidad estamos viviendo el arrinconamiento de los nichos y zonas protegidas. Es inaceptable que el mundo entero se convierta en una mercancía” o que ¡todo deba convertirse en mercancía! .

Desocupado, desvalorizado

En el capitalismo, lo que no rinde está condenado a hundirse.También por eso, desde el punto de vista de la economía, la gente que no rinde no sirve para nada.Y cada vez más caen las barreras que impedirían que se los persiga como superfluos.El mercado laboral y la política tratan a los afectados ostensiblemente como elementos criminalizados.Desocupado significa des-valorizado.En primer lugar ya no se puede vender y por eso tampoco puede comprar (o sólo muy poco) y, segundo, eso implica también una inmensa pérdida de dignidad y aceptación.El concepto “sin ocupación/sin profesión“ pone aún más en evidencia que quien no puede seguir el ritmo de la competencia comercial no puede salir bien parado. Pero ésa es la exigencia principal a todos los miembros de esta sociedad. La desocupación se entiende como nulidad social, es degradación y declasistización. No son ni siquiera proletarios.”No soy nada!““¡No va!““¡No seré nada!“Así se lo siente, así se presenta, así es efectivamente. Pero entiéndase bien, es aquí y ahora, bajo las leyes del capital que no sólo determinan la mera estructura sino también el pensamiento y los sentimientos.La consecuencia es una actividad extensiva de los sujetos, dinamizados para ser explotados (y desvalorizar a otros) para no sucumbir. Las exigencias desmesuradas se transforman en desmesurada autoexigencia. El criado es su propio amo con el que no le separa distancia alguna puesto que ya conviven en el mismo pellejo. Impera la domesticación a través del autodominio.
Al enunciar la pregunta “¿Qué eres?” o “¿Qué quieres ser” se está expresando lo que a uno debe interesarle en primer término: la posición social alcanzada o aspirada. No se trata de él o de ella misma, sino de la función, del rol, de la carrera. Nada eres, si no eres nada. Entonces aquí el problema es que ha surgido una biomasa que devora pero no es explotable. Ella debe ser alimentada. Y esto en el capitalismo, al igual que todas las otras cuestiones, es un tema de costos. ¿Podemos permitírnoslo? Lo insoportable no es una respuesta cualquiera, ya lo insoportable es que una pregunta de estas características pueda plantearse. Es una pregunta del tipo de : devorar o ser devorado.
La ley del darwinismo social, es decir la del garrote, sostiene: A los que no pasan se los pasa al otro lado. Sus vidas no valen la pena, es decir son vidas sin valor de vida. Esta doble acepción expresa una identidad digna de temer . Decodificada correctamente la expresión alemana “lebenswert”(digno de vivir) no significa otra cosa que vida para el valor, lo cual implica: deber llevar una vida bajo el signo del valor, pero también poder llevarla . Es tramposo el vocabulario que utilizamos

Angustia y des-aseguramiento

En esta sociedad se impone que la administración afectiva emocional y la administración del ingreso sean congruentes. La descalificación en el mercado, el acoso en las agencias intermediarias del mercado de trabajo, eso y muchas otras cosas más destruyen al ser humano. En la sociedad burguesa el temor a la desvalorización es la angustia principal, pero también el impulso negativo del individuo. El miedo funciona como una espina en la carne de los sujetos mercancía, que cargan consigo para colocar en el mercado su equivalente en valor. “¡Intercambio, luego existo!“, así reza el grito primigenio del sujeto en el mundo capitalista.
La angustia se torna el sentimiento preponderante, reprimido, pero cada vez más difícil de reprimir. Angustia por el puesto de trabajo, angustia por recibir pedidos [de trabajo], angustia por la pérdida de la transferencia social, angustia por los pagos no realizados o no recibidos, angustia de poder mantener el status, angustia por la competencia, angustia por las exigencias de la pareja, los hijos, los parientes y conocidos. Todos y todas están bajo la presión de ser transformados en valor. Esta angustia hace que los humanos se tornen ásperos y desaprensivos. La angustia degrada la vida, la torna amarga. La angustia es mala compañía y mal consejero. Obliga a la adaptación, a la sumisión y a la humillación. El capitalismo es el sistema de la angustia organizada.
Cuando las cuentas no cierran o sólo de vez en cuando, puede seguirle la apatía o agresión, por lo menos si no existen perspectivas de salida. Lo incontrolable, incontabilizable e inadmisible de las condiciones se abre paso; pero no para una toma de conciencia sobre las mismas sino que para muchos individuos simplemente se vuelven insoportables. Las descargas a modo de reflejo ocurrirán con mayor frecuencia. Lo insoportable-incomprensible tiende a un golpe de liberación falso.
La elaboración psíquica de las exigencias exageradas suele estar al mismo nivel de éstas. Los amenazados amenazan. Los eliminados eliminan. Las víctimas victimizan. Los acosados acosan. Eso es lo que han aprendido. En eso están entrenados. ¿Porqué tendrían que tener de pronto otras intenciones? Éstas siguen funcionando al mismo nivel de la disfunción [internalizada]. Son sujetos de la competencia sin posibilidades de imponerse. ¿Pero entonces qué cabe hacer cuando los últimos hilos del tejido social se han desgarrado? ¿Comprarse una soga? ¿Seguir intentándolo una y otra vez? ¿Entregarse al destino? ¿Capitular? ¿Emborracharse? ¿Asaltar las agencias de empleo o las legislaturas provinciales y tirotear a diestra y siniestra? Los afectados por las descompensaciones quieren descompensar para compensarse. El coma se convierte en amok.
Por cierto que la angustia no es aprobada. Se mira a quien está angustiado como un debilucho. La angustia secundaria es la angustia a angustiarse. Estamos viviendo en una situación en la que la gente se angustia sin que se le permita sentirla. La negación, la autorepresión [Verdrängung] no sólo domina en la competencia, sino que también domina la psiquis de los competidores. Nada es más letal que este anestesiamiento de la existencia. Estoy absolutamente decidido a luchar por admitir la angustia, porque de otro modo temo que aquéllos que no soportan más sus miedos, se abalancen hacia el cajón de los falsos deseos. Ya esto, de por sí, es bastante angustiante. Vivimos en forma permanente los ejercicios en esa dirección .
La angustia aumenta donde las seguridades disminuyen. Así como el fordismo, co-moldeado esencialmente por el movimiento obrero en Europa, es considerado como el intento de los reaseguros sociales, hoy estamos viviendo en los tiempos de sus quites, es decir de los des- aseguros. Sobre todo las condiciones de ocupación llamadas atípicas nos deparan cada vez más situaciones de precariedad. El sujeto calculador no puede confiar en nada, excepto en el hecho de que él debe cubrir sus gastos con sus ingresos. Sin embargo cada vez menos se da la correspondencia entre ellos en forma directa. El sujeto calculador, en consonancia con su situación incalculable, se torna imprevisible. Cada vez es más esporádico ver a comienzos del mes un monto fijo en la cuenta bancaria. Lo típico es la caída tendencial de los pagos regulares en la vida comercial, al igual que la alta fluctuación de los ingresos de los llamados “autónomos”. Entre quienes trabajan como freelance es bien conocido el alivio que se siente cuando en la cuenta , de pronto, aparece una transferencia.
La quita de seguridades es señal de la conmoción estructural en sus cimientos, no simplemente la consecuencia de relaciones de fuerza desafortunadas, sino la expresión de un sistema en descomposición que cada vez menos puede garantizar algo o brindar prestaciones, e incluso traduce ahora esta evidente incapacidad en una irritación positiva. “La prevención tiene fundamentalmente prioridad ante la previsión y ayuda“11, se dice en el Programa de Gobierno del partido conservador Partido Popular Austríaco y del derechista Partido Libre de Austria del año 2000. Cada uno debe ver cómo se las arregla. Cada uno forja su propia desgracia, anuncia el pensamiento positivo
Los sujetos des-asegurados pueden sobrevivir en todo caso si ellos mismos actúan en forma desconsiderada; deben volverse pequeños monstruos competitivos si no quieren ser expulsados de los (nuevos) mercados. Al sujeto de la sociedad burguesa, llamado ciudadano libre, no le está permitido un respirar libre sino un jadeo asmático. Crece la angustia de ser atropellado. Por eso hay que ser rápido, astuto y ladino. Pero sobre todo, desconsiderado. Todos contra todos también implica: no confiar en nadie, nadie confía en uno. “El dinero destruye la amistad“, dice un inteligente refrán. Y la vida está llena de tales experiencias.
Des-asegurado significa por lo tanto más que estar inseguro (no estar asegurado o no seguro), desasegurado implica también que los sujetos flexibles están bajo tensión, están cargados, deben estar dispuestos a disparar el arma en la lucha, por lo menos disparar para bajar a los competidores. El instrumentario que se les impone es agresivo. Des-asegurado describe un estado en el que los que han perdido las seguridades devienen en generadores de inseguridad. Tienden a reacciones imprevisibles. “Se le saltaron los fusibles12“, suele decirse en lenguaje coloquial o: “Se me quemaron los fusibles.“ En el extremo de estos procesos están la formación de bandas y los homicidas amoks con sus asesinatos indiscriminados. Existe el peligro de que cuando la explotación y su manejo no puedan seguir siendo garantizados, la sociedad burguesa se desgrane en una “guerra civil molecular” (Hans-Magnus Enzensberger), que la comunicación humana se concentre en su núcleo de violencia.

Polos de violencia

El concepto “exaltado“ me parece sumamente apropiado para describir ciertas formas en las que transcurre el proceso de degradación social y la limitada resistencia que genera. El exaltado quiere demostrar incluso mediante una inclusión alternativa (p.ej. robo) su pertenencia a través de un hecho impropio. Intenta enfrentar la exclusión brutal mediante una inclusión branquial. Eso nada tiene que ver con emancipación, sino con regresión y, encima una que legitima adicionalmente al poder, en tanto vehiculiza el deseo de proceder contra ésta y cualquier otra alteración.
Los ladrones comunes como los organizados sólo están con reservas fuera de la ley , no cabe mitificarlos como rebeldes. Hacen algo afuera para poder quedar adentro. Chantajean y roban para poder comprar. En determinado momento niegan algo para luego , en otro momento referirse a lo mismo aseverándolo. Glorifican la propiedad privada, de la que quieren apoderarse. Desde el punto de vista histórico, aparecen como seguidores tardíos de la llamada acumulación primitiva.
La ruptura del tejido social se evidencia como amplificador de la energía delictiva. La predisposición a la violencia se incrementa donde fallan los mecanismos políticos y sociales. Deteriorado significa que, si bien algo puede seguir existiendo, tiene escasas condiciones para seguir desarrollándose. Concebiría entonces así el estado general de la sociedad. Una sociedad deteriorada produce seres deteriorados. Una unión de deteriorados con el fin de deteriorar se denomina banda (pandilla, patota). La banda es la inversión práctica de la emancipación. Conoce consecuencias pero no perspectivas. La predisposición a la violencia no tiene como meta derrocar, ostenta carácter usurpatorio. La meta es el botín.
En tiempos en que todo debe ser privatizado, la violencia también se privatiza. Los polos de violencia disuelven y reemplazan los monopolios de violencia. Aquéllos funcionan como miniestados tercerizados, tal como debe afianzarse una identidad substancial entre el estado y la banda. Los estados son bandas en gran escala. Las bandas no conforman sólo el fermento de los estados, ellas son también su última guarida. Veamos el pago obligatorio de protección. No significa más que la privatización del impuesto y la prestación social. En vez del monopolio fiscal tenemos ahora polos fiscales, como en vez del monopolio de la violencia tenemos polos de violencia. Al interior, la banda funciona según determinadas reglas, lo que nos vuelve a recordar a su hermano mayor, el estado. Que todos roben a todos, no lo aguanta banda alguna, y menos juntas. Aunque las bandas son entramados frágiles. Expuestas constantemente a los procesos de erosión son conglomerados de consistencia y duración limitadas.

Resistencia o insurrección

La impotencia grita: “No tenemos posibilidad alguna, pero la aprovechamos. “. En realidad es una frase estúpida, el capital no dice algo distinto a sus sometidos. Aunque por una parte el anhelo de cada uno se basa en primera instancia en las posibilidades individuales reales, por el otro lado niega la realidad de posibilidades para todos. El número de los que no tienen ninguna posibilidad crece a medida que las posibilidades desaparecen. Por cierto que la cruda desesperanza parece ser aún peor que las falsas esperanzas. Una verdadera perspectiva surge recién cuando uno se enfrenta a la desesperanza y el desconsuelo de la existencia en el capitalismo, sin negarlos pero tampoco aceptarlos como destino. Una vez que este horizonte ya no se vea como el límite, es posible que se abra uno nuevo. Y esto rige para todos, no sólo para los que son atropellados, sino también para los que atropellan.
¿Que tienen en común los grandes industriales con los que viven de la ayuda social y los ladrones? Pues que todos quieren dinero. Ahora bien, quisiera transformar esta pregunta complementaria en una pregunta decisiva. Se trata de que todos no quieran seguir así. Aquí está la ruptura paradigmática: No se paga. No se compra. No se (re)valoriza. Se requiere un pensamiento negativo. Lo que cabe es cooperación en vez de competencia. El espíritu de la emancipación comienza allí donde cuestiona y se cuestiona la apetencia elemental de dinero. El juego de exclusión e inclusión comercial debe ser superado. Si bien no constituyen los lemas del día, sí son exigencias de este tiempo, incluso o precisamente porque la acción cotidiana se ve distinta. La “gran negación“, como la llamó Marcuse, debe tornarse pensable. Debemos poner fin a pensar los bienes como mercancías y a los seres humanos enmascarados en su alienación. En última consecuencia se trata de la descomercialización, de la descomodificación y la desmonetarización de todas las relaciones societales.
La categoría de resistencia es en cambio problemática. Es un concepto inherente y no uno transformacionista. Resistencia política significa presionar contra lo que a uno lo presiona. La resistencia es una resultante de lo que la genera. Por lo tanto es parte constitutiva de un paralelogramo de fuerzas inmanentes y sólo se mueve también en ese plano. Es reacción, es un oponerse a; se trata de un primer paso, pero nada más. La resistencia no se dirige contra el juego, sino que al contrario, quiere posicionarse mejor en el juego. Incluso es destructiva la lucha de intereses por la distribución económica en la sociedad. Lo que pugna como necesidad inmediata se vuelve una trampa ideológica porque mediante la afirmación de la forma no se capta teóricamente la destructividad general por lo que ésta queda prácticamente indemne. La resistencia divide las condiciones de su confrontación como condicionamientos indisolubles, no quiere suprimirlas. No es resistencia lo que se requiere, sino insurrección. No: No queremos soportar, sino: queremos instalar lo que nos gusta. ¡Resistencia implica reacción, insurrección significa acción!
Discutir sobre las perspectivas es debatir en el nivel de lo que queremos y no en la esfera estatal permitida de lo que se puede hacer. Una potencia radical transvolucionaria (y está en duda también si a ésta debe pensársela como movimiento social) debe plantear interrogantes, no dejar que se los planteen. Menos importante parece en efecto la pregunta de cómo se legitima una insurrección. Como enorme puesta está más allá de criterios obligatorios. Mucho más importante es deslegitimar el capitalismo. “La cuestión de la legitimidad debe más bien invertirse de antemano transformándola en ofensiva. Cuando el ordenamiento capitalista ya no prevé la reproducción social, que razón existe entonces para rendir tributo a su lógica? El pensamiento emancipatorio no comienza allí donde las personas, por respeto a la vaca sagrada del dinero, se olvidan de las cuatro operaciones fundamentales de la aritmética y fantasean con que ‘ hay suficiente dinero’‚ para imaginarse como los mejores maquinistas de la fábrica general capitalista. El pensamiento emancipativo elimina, antes que cualquier otro, el paradigma de la financiabilidad como criterio de todos los criterios.“13
Uno no debería cargarse demasiado con justificaciones éticas. Los criterios de lo permitido no caben ser debatidos en base a las categorías burguesas, en especial sus prohibiciones no son guía de acción y mucho menos premisas morales. Donde la normalidad burguesa deviene en lo anormal humano está la potencia de la transvolución, lo gigantesco en conciencia y acción. La violencia es un factor que no debe ser reprimido, sobre todo uno no debe entregarse a los actos de fe, sino hacer de la violencia (oculta) imperante el objeto de la crítica. La liberación de la violencia no debe traducirse como reconocimiento del monopolio de la violencia. Si bien la liberación de la violencia es un objetivo incondicional, sólo es un medio condicionado, uno no puede apoyarse exclusivamente en él. No sería correcto. Uno estaría entonces frente a las escalaciones violentas futuras en una situación de total incomprensión y desamparo. El intento permanente de incidir satisfactoriamente en todos los conflictos sociales, significa también tener presente que, por su misma dinámica, no siempre se logra ese cometido.
El problema básico es empero que la oposición social no se cansa de seguir pensando que siempre se puede seguir accionando basándose en el valor y dinero, en el trabajo y la democracia, en el estado social y de derecho, en libertad y justicia, siempre y cuando sean las personas correctas las que están al mando. Permanentemente sigue creyendo en la intervención política, hasta en la gran Fundación de Política.” La racionalidad política es precisamente racionalidad política, porque piensa dentro de los límites de la política. Mientras más aguda,mientras más vital, está menos capacitada para contener las debilidades sociales“,14 escribía el joven Marx, y Engels precisaba: “Pero la mera democracia no es capaz de curar los males sociales. La igualdad democrática es una quimera, la lucha de los pobres contra los ricos no puede conseguirse en absoluto con la lucha en el terreno de la democracia o de la política.“15
31.12.2005 Franz Schandl

Notas:
1Ernst Lohoff: Zur Dialektik von Mangel und Überfluss, krisis 21/22 (1998), S. 57..[Sobre la dialéctica de carencia y excedente]
2Herbert Marcuse: Un ensayo sobre la liberación, México: Mortiz, 1968.
3Wolfgang Pohrt, Brothers in Crime. Die Menschen im Zeitalter ihrer Überflüssigkeit. Über die Herkunft von Gruppen, Cliquen, Banden, Rackets und Gangs, Berlin 1997, S. 83. [Brothers in Crime. Los humanos en la era de su superflualidad. Acerca del origen de grupos, cliques, bandas rackets y pandillas]
4Herbert Marcuse:Un ensayo sobre la liberación, México: Mortiz, 1968.
5N.d.T.: Referencia al texto en obleas y postales supuestamente humorísticas que circularon años atrás cuando el neoliberalismo comenzó a imponerse.
6David Ricardo: Principios de economía política y tributación. Ediciones Pirámide, 2003.
7Thomas Robert Malthus; cit. de Karl Marx, Glosas críticas marginales al artículo “El Rey de Prusia y La Reforma Social por un prusiano”, Ed. Etcétera, Barcelona 1977.
8Der Standard, 05.01.1997.
9Robert Musil: El hombre sin atributos, Seix Barral, 2006.
10Arthur Miller: La muerte de un viajante, Barcelona : Océano, 1998.
11.Cit. según Emmerich Tálos, Vom Siegeszug zum Rückzug. Sozialstaat Österreich 1945-2005. Innsbruck-Wien-Bozen 2005, S. 60. [De la marcha triunfal al repliegue. Estado social Austria 1945-2005]
12N.d.T.: En alemán “fusible” deriva de seguro.
13Ernst Lohoff, Out of Area – Out of Control. Warengesellschaft und Widerstand im Zeitalter von Deregulierung und Entstaatlichung, Streifzüge, Nummer 32, November 2004, S. 16. [Out of Area – Out of Control. Sociedad de mercancías y resistencia en la era de la desregulación y desestatización, Revista Streifzüge, N° 32, Nov. 2004...]
14Karl Marx, Glosas críticas marginales al artículo “El Rey de Prusia y La Reforma Social por un prusiano”, Ed. Etcétera, Barcelona 1977.
15Friedrich Engels: La situación de la clase obrera en Inglaterra, Madrid: Júcar , 1980.

lundi 13 décembre 2010

WikiLeaks: un grand jury américain examine les charges contre Assange

L'avocat britannique de Julian Assange, Mark Stephens, a assuré lundi qu'"un grand jury a été formé en secret" près de Washington afin de parfaire les charges qui peuvent être retenues aux Etats-Unis contre le fondateur de WikiLeaks.
Interrogé sur la chaîne Al Jazeera, M. Stephens a assuré que, selon les autorités suédoises "un grand jury a été formé en secret à Alexandria", près de Washington.
La formation d'un grand jury, chargé de définir les accusations portées contre une personne, est strictement confidentielle aux Etats-Unis. Si l'information est vraie, cela signifie qu'une inculpation pourrait être imminente.
Julian Assange, devenu l'homme le plus recherché du monde après que son site a livré à plusieurs journaux 250.000 notes diplomatiques fin novembre - dont 1.300 ont jusqu'ici été publiées -, est actuellement incarcéré en Grande-Bretagne pour une affaire de viol et violences sexuelles en Suède, qui réclame son extradition.
Mais, a affirmé M. Stephens, "nous avons compris que la Suède s'inclinera devant les Etats-Unis" qui devraient demander son extradition aussitôt qu'une inculpation sera formellement délivrée.
L'affaire de viol et de violences sexuelles en Suède "n'est rien d'autre qu'un moyen de le placer et le maintenir en détention", a poursuivi le conseil. "Il est égal aux Américains qu'il soit détenu en Suède ou en Grande-Bretagne, tant qu'il est détenu", a-t-il encore estimé.
L'administration américaine a maintes fois répété depuis deux semaines qu'elle souhaitait poursuivre M. Assange en justice, en utilisant notamment la loi américaine contre l'Espionnage qui prévoit que "toute personne ayant reçu ou obtenu (...) d'une autre personne tout document, note ou écrit concernant la défense nationale", sans autorisation, est passible de poursuites.
Le président Barack Obama a qualifié samedi les fuites orchestrées par WikiLeaks d'"actes déplorables".
AFP

Assange dénonce Visa, Mastercard et PayPal qui ont bloqué les virements


Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, a vivement critiqué mardi les émetteurs de cartes bancaires américains Visa et MasterCard et la société de paiements par internet PayPal pour avoir bloqué les virements vers son site, dans un communiqué rédigé depuis sa prison.

«Nous savons désormais que Visa, Mastercard et PayPal sont des instruments de la politique étrangère américaine. C'est quelque chose que nous ignorions jusqu'à maintenant», a-t-il déclaré dans ce communiqué dicté à sa mère, Christine Assange, à l'attention de la télévision australienne Channel 7. 
«J'appelle le monde à protéger mon travail et mes proches de ces actes illégaux et immoraux», a ajouté M. Assange, qui est de nationalité australienne.
l y a une semaine, Visa et MasterCard avaient tous deux annoncé suspendre les transferts de fonds vers le site internet WikiLeaks. Visa disait attendre des «éléments supplémentaires» pour savoir si l'activité du site était conforme à ses «règles de fonctionnement», tandis que MasterCard qualifiait cette activité d'«illégale».

PayPal a pour sa part réactivé le compte du site WikiLeaks, débloquant notamment les fonds disponibles, mais elle a prévenu qu'elle lui imposerait encore certaines restrictions et n'accepterait plus de nouveaux versements jusqu'à nouvel ordre.
For Julian Assange (5 Languages) : http://freeassange.org/

« Dialectique de la forme valeur »

Ci-dessous le texte de Hans-Georg Backhaus, paru dans la revue Critiques de l'économie politique (Paris), n°18, octobre-décembre 1974, traduit par S. Niemetz. Scannérisation de ce texte devenu trop confidentiel par le site Arbeit macht nicht frei. Cet essai  « Dialectique de la forme valeur » ici rassemblé en seize pages est paru initialement en 1969 en allemand. Un volume beaucoup plus important a été également publié en 1997 par cet auteur sous le titre Der Wertform de Dialektik. Zur Marxschen Ökonomiekritik d'Untersuchungen. Freiburg i. Br. 1997. Évidemment non encore traduit en France.
Le philosophe allemand Hans-Georg Backhaus né en 1929 est un élève de l'Ecole de Francfort qui collabora avec Theodor Adorno. Il a depuis plusieurs années engagé une forte collaboration avec l'économiste et sociologue allemand Helmut Reichelt. Backhaus est surtout connu  aujourd'hui comme un auteur important ayant permis de comprendre une étape majeure dans la critique de la valeur (wetkritik), au travers de son interprétation du Marx de la maturité. 
Car dans la reformulation contemporaine d'une critique radicale de la valeur qui apparaît en divers endroits du globe autour de la seconde moitié des années 1980 (chez Postone aux États-Unis, avec la fondation du groupe Krisis en Allemagne, avec le livre « Critique du travail » en France de Jean-Marie Vincent), on peut considérer que ces deux élèves de l'École de Francfort, Backhaus et Reichelt, furent  de ceux à partir de 1968, qui élaborèrent et fondèrent une interprétation logique de la théorie marxienne de la valeur, une interprétation logique des déterminations du Capital de Marx : Marx ne part pas du matériel historique empirique du capitalisme, mais de sa charpente logique déjà déployée. Marx développe une théorisation où les rapports que les catégories capitalistes (marchandise, capital...) entretiennent ne peuvent pas se baser sur leur chronologie. Car la succession historique des catégories n'explique rien du tout. Marx a donc développé au niveau logique le fonctionnement capitaliste, et cette genèse logique du fonctionnement de la machine sociale capitaliste, ne doit surtout pas être confondue avec sa genèse historique. On ne peut expliquer le capitalisme par la simple histoire de sa genèse. Ainsi, pour Marx, l'analyse des catégories de base du capitalisme, présuppose comme déjà développée l'existence des rapports qu'entretiennent ces catégories dans le monde social déjà agencé par le capitalisme. Ce qui montre que déjà toutes les déterminations essentielles du livres du Capital sont déjà dans la charpente logique exposée dans les Grundrisse, où Marx utilise strictement le mode d'exposition logique (cf. aussi les pages 41-66 du livre de Postone, intitulées « Les Grundrisse : repenser une conception marxienne du capitalisme et du dépassement de cette formation sociale »). 
 
Ainsi une erreur classique de l'interprétation historique est corrigée par l'interprétation logique : La marchandise est une cellule germinale que là où existe déjà la production capitaliste développée. A partir de cette question essentielle (très mal comprise par le marxisme traditionnel), Backhaus a insisté sur l'idée qu'il n'y a donc pas pour Marx de stade précapitaliste de la circulation de la marchandise simple (c'est pourtant ce que soutient Engels de manière erronée et à sa suite le marxisme traditionnel). Ainsi les catégories de marchandise et de valeur (qui doivent être compris au travers de la genèse logique du capitalisme) servent à saisir seulement le noyau de la formation sociale capitaliste et sont inopérantes pour les sociétés non-capitalistes. La dite loi de la valeur comme disent les marxistes (comprise comme distribution), qui est complètement transhistorifiée, n'est pas valable pour une société précapitaliste de propriétaires de marchandises, et n'en dérive pas moins. C'est pourtant ce qu'a soutenu le marxisme traditionnel en totale conformité avec la théorie de la valeur-travail de Ricardo, c'est ainsi que Backhaus a qualifié le marxisme traditionnel de « marxisme ricardien » ou de « ricardisme de gauche » puisqu'il prenait le travail pour la source transhistorique de la richesse sociale, dans le cadre d'une théorie naturaliste du travail. Le travail en tant que tel restait totalement non questionné pour le marxisme traditionnel et l'ensemble de la gauche et de l'extrême-gauche, jusque dans l'anarchisme et aujourd'hui le néo-luddisme contemporain. Cette assimilation de Marx à Ricardo étant encore aujourd'hui, la pire interprétation qui a été proposée. On se reportera plus largement aux livres de Moishe Postone et d'Anselm Jappe qui abordent largement ces questions et l'apport de cet auteur à la critique de la valeur.
 
 Dialectique de la forme de la valeur
 
Un examen critique de la littérature consacrée au Capital montre que la théorie de la valeur travail n'y est exposée ou critiquée que sous une forme grossièrement simplifiée, voire, souvent, complètement déformée. C'est ainsi que, surtout dans l'interprétation positiviste de Marx, il est habituel d'identifier théorie marxiste et théorie classique de la valeur. On peut voir en Schumpeter un bon représentant de cette tendance, qu'il partage avec bien d'autres, quand il conteste l'originalité de la théorie de la valeur chez Marx : « Pour comprendre vraiment sa doctrine économique, il faut d'abord se rendre compte qu'il était, comme théoricien, un élève de Ricardo [...]. Sa théorie de la valeur est celle de Ricardo [...]. Les arguments de Marx sont simplement moins polis, plus prolixes et plus "philosophiques" au pire sens du terme [...] 1. »

Mais l'interprétation « économiste » ne peut que passer à côté de l'intention critique qui sous-tend la théorie marxienne de la valeur : la « Critique de l'économie politique » devient une « doctrine économique » parmi d'autres. L'analyse positiviste conduit nécessairement à démembrer la théorie de la société de Marx pour en faire un faisceau d'hypothèses sociologiques et économiques ou de « faits d'observation ». Les arguments que Böhm-Bawerk ou Schumpeter tentent de discréditer comme « tours de passe-passe dialectiques », ou comme « philosophiques », se trouvent principalement dans l'étude de la forme de la valeur. Dans la mesure où l'on mentionne son existence, on en rend compte sans la comprendre, ou sans commentaire.
L'incompréhension des exégètes est d'autant plus étonnante que Marx, Engels et Lénine ont insisté à maintes reprises sur l'importance éminente de l'analyse de la forme de la valeur. Dans la préface du Capital, Marx indique explicitement que sa doctrine sur la forme de la valeur ne saurait être négligée :
« Mais pour la société bourgeoise, la forme marchandise du produit du travail, ou la forme valeur de la marchandise, est la forme économique élémentaire. Pour l'homme peu cultivé, leur analyse semble se perdre en pures arguties [...]. Cependant l'esprit humain [y compris l'école de Ricardo (H.G.B.) ] a vainement cherché depuis plus de deux mille ans à en pénétrer le secret [...] 2.»
Cette citation montre que Marx prétend avoir pour la première fois dans l'histoire de la recherche, élucidé cette « forme problématique ».

Hans Georg Backhaus

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