mardi 23 mars 2010

Le renversement de la place de la victime : un paradigme de la modernité

Au cours des dernières années, les sociétés « occidentales » ont sacralisé les victimes. Depuis le 11-Septembre, ce phénomène a été instrumenté par les promoteurs de la guerre des civilisations pour développer la « théorie du complot islamo-gauchiste », selon laquelle « l’Occident » devrait non seulement affronter le péril islamique, mais aussi une cinquième colonne intérieure. Cette rhétorique élaborée aux USA par Daniel Pipes et développée en France par les intellectuels et journalistes membres du Cercle de l’Oratoire vient d’être reprise au mot-à-mot en Belgique par le sénateur libéral Alain Destexhe et le journaliste de gauche Claude Demelenne. Mais comment fonctionne donc ce discours délirant ?

Dans la modernité, l’idéologie victimaire présente une structure particulière : le bourreau se présente systématiquement comme la victime. On peut penser immédiatement au sionisme, mais il ne s’agit là que d’un exemple, bien qu’il occupe une place fondamentale dans ce renversement général de l’ordre symbolique. Les troupes états-uniennes ne sont-elles pas des victimes des populations qu’elles bombardent ? Les patrons ne sont-ils pas victimes des grévistes qui prennent « les populations en otage » ? Les porteurs de l’idéologie coloniale ne se présentent ils pas comme stigmatisés par le racisme anti-blanc ? Le nombre d’exemples est infini. Notre vie sociale est entièrement structurée par ce déplacement pervers.

La puissance de l’image

Cette idéologie victimaire prend cependant toute sa puissance à travers les attentats du 11 septembre 2001. L’image, ainsi exhibée, crée une virtualité, un nouveau réel destiné à nous enfermer dans l’effroi. Il s’agit d’une image parfaite, d’une icône débarrassée de toute toute réalité matérielle, de tout sensible-concret. Dégagée de tout rapport aux faits, elle est aussi libérée de toute relation avec ce qui organise la conscience : la raison. Elle suppose la foi, l’adhésion sans faille au regard du pouvoir, qui se pose en lieu et place de l’observation. Il s’agit donc d’une foi particulière, non celle qui donnerait accès à un invisible, à un inconnu distinct de ce qui est visible, mais celle qui opère un déni de ce dernier et se substitue à lui en installant une pure virtualité.
L’image de la destruction des tours est une construction iconophile Cette icône pose les autorités US comme des victimes et les introduit ainsi dans le sacré. Ce qui les placent non seulement au delà du droit, mais leur permet aussi de renverser l’ordre symbolique. Elles constituent une pure anomie. Elles ne peuvent être nommées. Guantánamo est une vitrine du pouvoir qu’elles se sont données : de violer l’ensemble des lois, de nier ce qui fait de nous des hommes et d’être reconnu dans ce droit..
Grâce à cet enfermement psychotique, toute tentative de développer une parole, de nommer les choses ou même, plus simplement de faire référence aux faits, engendre le délire. Tout rappel de la nécessité de l’observation est immédiatement diabolisé, stigmatisé comme « théorie du complot ».
S’inscrivant dans une forme sociale psychotique, l’image des attentats du 11 septembre a pour objet de nous enfermer dans la phase du délire et de supprimer toute possibilité de confronter le regard, le sens donné par le pouvoir. Toute offensive de ce dernier, contre nos libertés et notre existence, s’inscrit dans cette structure. La vague d’islamophobie qui se développe actuellement en est un exemple parmi d’autres.

Péril « islamo-gauchiste » en Belgique ?

S’alignant sur les actions françaises, les médias belges ont d’abord lancé une campagne contre le voile dit « islamique ». Depuis deux mois, à travers les opinions exprimées par un « intellectuel de gauche » et un sénateur libéral, se font le relais d’une campagne destinée à nous prévenir des dangers imminents du fondamentalisme musulman, ainsi que du « terrorisme intellectuel qui cherche à faire taire ceux qui refusent le politiquement correct islamo-gauchiste » .
La manière particulièrement caricaturale dont les choses sont présentées peut susciter un rejet immédiat. Cependant, il faut dépasser cette première réaction et voir qu’il s’agit en fait d’un condensé de la façon dont certaines informations nous sont régulièrement présentées.
Le discours se réduit à des pulsions. Il s’agit de soumettre le langage aux images et ainsi d’enfermer le lecteur dans l’émotion, dans une mécanique qui marche toute seule. Les « barbus », les « filles voilées » et les « gauchistes » sont des fétiches. Ces images deviennent leur propre base matérielle. Elles ne se rapportent plus qu’à elles-mêmes, elles volent de leurs propres ailes.
Les faits ne sont plus que le support du regard, du sens qui leur est attribué. Ce sont les images, ces abstractions qui créent un nouveau réel. Elles nous font abandonner le domaine de la raison, du pensable, pour établir le règne de la foi. Ainsi, le signifié devient parfaitement autonome. Il ne se confronte plus au réel, il tourne sur lui-même.
L’islamisme radical, le port du voile, le racisme anti-blanc, la police terrorisée par les bandes de jeunes arabo-musulmans, l’omniprésence des barbus semblent être devenus les principaux problèmes de notre pays. Surpuissants, grâce à leurs alliés gauchistes, les fondamentalistes musulmans contrôleraient les rouages de notre société. Ils auraient la capacité de faire taire toute critique à leur égard. Mais, le peuple belge possède deux chevaliers particulièrement courageux, Claude Demelenne et Alain Destexhe pour affronter cette emprise totalitaire.
Évidemment, le développement du discours fait immédiatement penser à la structure de la psychose paranoïaque que ce soit dans l’évaluation de la nature du danger, dans la surestimation de soi-même ou dans le caractère personnel de la mission que le sujet s’attribue. Toutefois, ce qui nous intéresse, ce n’est pas de nommer cette structure psychotique, mais de comprendre pourquoi, maintenant, ce discours, qui présente toutes les caractéristiques du délire, est mis en avant et valorisé par les médias.
Actuellement, ce qui existe est ce qui est regardé, exhibé. Montrée et ainsi reconnue, l’idéologie victimaire, dont se parent nos deux protagonistes, les intègre dans l’ordre symbolique de la société.

Un renversement de la place de la victime

La violence verbale qu’ils disent subir consiste, par exemple, à entendre que « les décrets et règlements qui empêchent les jeunes filles de porter le voile à l’école » sont « liberticides ». Cette qualification, pour un projet qu’ils promeuvent, est « d’une évidente violence verbale ». La violence ne consisterait plus dans le fait de subir une discrimination, mais dans la dénonciation de cette dernière. Toute critique leur étant adressée relève de la violence. Elle est donc inacceptable et qualifiée de terrorisme intellectuel. Bien que leur action puisse s’assimiler à une croisade, nos deux auteurs se mettent dans la position privilégiée de la victime, place particulièrement valorisée aujourd’hui. La parole de la personne reconnue comme telle est par essence authentique, elle ne peut être contestée. Leur innocence est ainsi légitimée. Cette procédure induit une restructuration du langage et modifie la capacité de représentation du réel.
La transformation du sens et du langage leur est d’autant plus nécessaire que, ici, la position revendiquée de la victime émissaire, consentante qui catalyserait la violence sur elle-même afin de sauver la société, n’a pas pour effet le sacrifice de la victime exhibée. Le lieu réel du sacrifice est bien celui des personnes désignées comme agresseurs. Ce qui est aussi sacrifié, c’est la Parole qui à pour fonction de mettre un cran d’arrêt à la violence, de permettre une reconnaissance réciproque et ainsi de rétablir le lien social. Au contraire, le renversement de la place de la victime a pour effet de néantiser celle-ci en tant qu’être. Il s’agit bien là d’un mécanisme propre à ce que la psychanalyse désigne comme structure perverse
Un premier exemple s’impose : il suffit de signer « intellectuel de gauche » pour être en mesure de faire passer une pensée réduite à des états compulsifs et qui, historiquement, relève de l’imagerie véhiculée par l’extrême droite.
Le renversement de l’ordre symbolique, afin d’alimenter une machine pulsionnelle, est constant. Alors que leurs propos relèvent de l’argument d’autorité, les auteurs se présentent comme les victimes d’un « terrorisme intellectuel ». Leur opposer une argumentation ferait qu’ils seraient « diabolisés », « lépénisés » « et « quasiment criminalisés ». Bien qu’ils se révèlent être de simples instruments d’une machine, d’un système stigmatisant omniprésent dans notre société, l’invocation de leur courage est permanente. Ainsi, le conformisme exalté deviendrait un acte de résistance, une position à contre courant.
Cette antinomie apparente entre un moi présenté comme fort et le fait de se faire simple instrument de la machine est caractéristique de la structure perverse. C’est parce qu’ils se posent en tant qu’objet de cette mécanique stigmatisante que nos auteurs prennent la place de la victime. Ils se sacrifient pour réaliser le « Bien suprême » : l’éradication du mal gaucho-intégriste.
Ainsi, le sujet pervers, le « sujet supposé-savoir », peut confisquer la parole et la place de la victime. Se prévaloir de celle-ci offre des avantages décisifs dans la structure sociale actuelle. En effet, le renversement de cette place permet d’opérer un renversement de l’ordre de droit et offre la possibilité de nous placer dans la violence pure.
Jean-Claude Paye, Tülay Umay

Affaire Tarnac : La fin du politique ou le règne du regard

un article du journal basque EUSKAL HERRIKO KAZETA
Affaire Tarnac : La fin du politique ou le règne du regard                                           

Les neuf jeunes gens accusés d’avoir dégradé les caténaires d’une ligne TGV sont toujours inculpés comme « membres d’une association de malfaiteurs à visée terroriste », bien qu’ils soient actuellement libérés et que l’accusation ait toujours affirmé ne pas détenir de preuves matérielles. Leur regard sur leur propre mode de vie, une existence qui se conçoit en dehors des circuits marchands, est, pour le pouvoir judiciaire et la ministre de la Justice, un élément qui peut se substituer aux faits. Leur volonté, de vivre en dehors de la société, révèle à coup sûr leur intentionnalité, celle de vouloir commettre des attentats afin de déstabiliser l’Etat. La perception des faits est suspendue et le regard que les prévenus portent sur eux-mêmes, comme incarnation de « l’ennemi intérieur », est convoqué. Ce regard devient l’objet du pouvoir qui désigne les prévenus comme coupables et les identifie comme terroristes.
Les poursuites sont investies d’un sens avant que les éléments de l’enquête soient perçus. De simples dégradations sont qualifiées d’actes terroristes et les coupables sont désignés a priori.
En l’absence d’indices matériels, l’accusation s’appuie principalement sur le livre L’insurrection qui vient, dont la rédaction est attribuée à Julien Coupat, considéré également comme le « chef » du groupe incriminé. Ce livre se réfère au sabotage comme moyen de paralyser la machine sociale. Il cite, comme exemple, le fait « de rendre inutilisable une ligne de TGV ». Cette phrase est exhibée comme la marque attestant que les auteurs du livre sont nécessairement ceux qui ont commis les sabotages de la voie ferrée. L’accusation considère qu’il y a une parfaite continuité entre écrire cette phrase et le fait d’avoir commis les dégradations de la ligne du TGV.
Les objets de l’extériorité, les faits ne sont plus que de simples supports d’images. Celles-ci sont l’exhibition d’un pur signifié. Capturées par la pulsion scopique, elles nous font abandonner le domaine du pensable pour établir le règne de l’émotion.
Ce faisant, l’image s’oppose au langage. Au contraire du discours, auquel on peut opposer un autre discours, celle-ci ne peut intégrer la contradiction. Elle est englobante et entraîne une adhésion immédiate. C’est une question de foi.
Grâce à la subjectivation du droit pénal, les poursuites en matière de terrorisme ont pour base la formation d’une image destinée à diaboliser les inculpés. L’affaire Tarnac s’inscrit dans cette règle. Cependant, elle se spécifie par le caractère purement abstrait de l’image produite. Généralement, l’incrimination de terrorisme est construite à partir d’infractions réelles, telle, par exemple, la fabrication de faux papiers, un port d’arme prohibé... Ces éléments ne sont pas traités pour eux-mêmes, mais sont regardés dans le cadre de l’organisation terroriste. Ce qui leur donne un sens nouveau. Ici, nous sommes en présence d’une image autonome, libérée de tout lien matériel. La phrase d’un livre vendu en librairie attesterait de l’intention de son auteur présumé et devient l’incarnation d’un acte terroriste. Une identité est établie entre le mot et la chose.
Ce caractère abstrait permet une parfaite réversibilité entre le sens donné par le pouvoir et celui revendiqué par le groupe inculpé. Le livre ne développe pas une stratégie de la prise du pouvoir, il présente simplement une image de l’insurrection. Objet d’une exhibition et non d’un acte réel, il élabore un fétiche qu’il substitue au manque collectif, à la mort sociale qu’il énonce. Comme incarnation de l’insurrection, il est pur acte de jouissance et non affrontement. En l’absence de tout rapport à la réalité, il jouit de l’affirmation que « le pouvoir est aux abois ». Cette phrase devient l’expression de sa toute puissance.
Par le refus de sa castration, il constitue un déni de ce manque et empêche tout affrontement avec le réel, toute émergence de la parole. Se présentant comme « la chair du monde », le fétiche occupe l’espace du manque, pour se réserver l’accès au symbolique, au pouvoir de nommer. A la lutte, il substitue le spectacle, dont il est à la fois auteur et spectateur. Le spectacle produit une réversibilité du regardant et du regardé, du visible et de l’invisible. Le sujet devient objet
En devenant objet du regard du pouvoir, le « comité invisible, » auteur revendiqué du livre, est nommé comme ennemi et intègre le symbolique. Ce faisant, il suspend aussi la matérialité des faits. En affirmant que l’existence du pouvoir est menacée, il conforte la justification donnée par l’Etat pour supprimer l’essentiel de nos libertés. Il nous enferme dans l’imagerie créée par le pouvoir.
L’affaire Tarnac est exemplaire de notre modernité. Elle nous montre la fin du politique, de la diversité des discours qui organisent le réel, pour laisser la place au règne uniformisant du regard. La prégnance de celui-ci réduit la fonction signifiante au signe. Il nous installe dans la psychose. Comme toute image, ce pur signifié n’a pas d’extérieur. Il englobe tant la nomination du pouvoir, qui crée un ennemi virtuel qualifié de terroriste, que sa reconnaissance par le groupe stigmatisé, comme « ennemi intérieur » qui ébranle l’Etat.
Tülay Umay et Jean-Claude Paye / Sociologues
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Sous l'emprise de l'image

L’arrestation à grand spectacle d’un groupe de jeunes gens, par une cohorte de policiers encagoulés dans un village de la campagne limousine, sous l’accusation d’entreprise terroriste a ému le pays. Mais que signifie donc l’affichage de l’absence complète de preuves contre eux et néanmoins leur maintien en détention provisoire durant six mois ? Et si l’État avait volontairement manifesté son pouvoir arbitraire pour marquer un changement de l’ordre juridique…
L’affaire Tarnac permet d’éclairer la mutation actuelle qui inscrit la primauté du regard, de la pulsion scopique dans l’organisation de la société [1]. Elle nous montre comment le regard se substitue au politique, comment son caractère uniformisant remplace la diversité et la conflictualité des points de vue.
L’affaire Tarnac fait particulièrement ressortir le rôle déréalisant de l’image dans la mise en place du lien social, ainsi que l’indifférenciation qu’elle établit entre toutes les parties. La capacité du regard du pouvoir d’effacer la lutte politique s’appuie sur les possibilités qu’offre l’image de supprimer le rôle de la parole. Alors que originairement la fonction de celle-ci est de nouer des liens avec un autre, avec une extériorité, l’image supprime toute distinction entre intérieur et l’extérieur et anéantit le lien social. Si la parole rétablit cette séparation pour permettre le développement de l’intersubjectivité, l’image est englobante. Elle permet l’abandon de l’individu à la figure maternelle du pouvoir, à l’État totalitaire.
À travers cette affaire entièrement construite, le pouvoir a eu l’occasion d’objectiver son regard et de le mettre à la place du réel. Il a ainsi pu exhiber ses intentions concernant l’ensemble de la population. Il a mis en scène le non dit, ce qui ne peut être dit, mais seulement montré : la possibilité qu’il s’est octroyée de se saisir de tout citoyen qu’il désigne comme terroriste et de le mettre en détention selon son bon vouloir.
Cette capacité du pouvoir à installer son regard à la place des faits a généralement été bien acceptée par ceux qui se présentent comme des opposants politiques. Malgré la totale invraisemblance de ce qui était désigné comme attentat terroriste, le premier souci de ces derniers n’a-t-il pas été de communiquer que, eux, enfants « responsables » de l’État maternel ne commettent pas de telles actions, légitimant ainsi le spectacle orchestré.
Les inculpés ont été instrumentalisés. Simple support, ils sont saisis en tant qu’images, en tant que forme qui réfléchit le regard du pouvoir. Ce dernier est à la fois le sujet de cette affaire, son organisateur et l’objet de celle-ci, son regard : ce qui doit être vu.
Dans cette affaire de Tarnac, le pouvoir ne dit rien des personnes arrêtées. Il montre tout de lui-même, de sa subjectivité, de sa volonté de toute puissance.

Jean-Claude Paye est sociologue. Derniers ouvrages publiés : La Fin de l’État de droit, La Dispute 2004 ; Global War on Liberty, Telos Press 2007.
Tülay Umay, Sociologue.
[1] Jean-Claude Paye a déjà abordé l’affaire Tarnac, sous l’angle du bouleversement juridique l’elle manifeste, dans « L’affaire de Tarnac : symptôme d’une société psychotique », Réseau Voltaire, 17 janvier 2009

dimanche 21 mars 2010

un deux trois Linux

Le passage à GNU-Linux est d’une facilité déconcertante…

alors pourquoi s’en priver ?

Passer à GNU-Linux (distribution Ubuntu 9.10 ou tout autre choix) est devenu un jeux d'enfant. Il faut reconnaître que la sortie de XP  en 2001 (stable, ergonomique, une réussite) porta un coup d'arrêt au premier boum de linux. Les instables Win 95/98 avaient dopé le nombre d'utilisateurs linux façon double-boot. Les derniers échecs de Microsoft nous ont rendu service avec son lamentable VISTA. Son petit dernier Win7 n'est pas non plus un foudre de guerre, sans parler des virus, du flicage-licence et du choix Tout-pub qui envahi tout...
Avec l'amélioration du Wine/Linux rien ne s'oppose plus a la généralisation de Linux, même pour les accros à tel ou tel logiciel qui s'adapte sans problèmes avec Wine.
On se demande: Pourquoi je ne l’ai pas fait avant ? 
Pratiquement pas de problème de conversion, conservation des données, marque-pages, carnet d’adresse,etc...
Installation limpide. Bref, c’est plus facile que de passer d’une version de Windows à une autre. Pas de problème de driver (reconnaissance de matériel) non plus. Linux est gratuit, universel (respecte tous les standards officiels), ouvert (le code source est public).
On se sent donc bien plus en sécurité que sous Windows, on n’a pas l’impression qu’il nous espionne ou nous oriente là où on ne veut pas aller. Comme au début de la micro informatique ,on a l’impression de contrôler ses octets .
Pas besoin d’antivirus. En contrepartie, il faut donner son mot de passe chaque fois qu’on fait une transformation sur le système. Un peu fastidieux mais on économise le considérable espace mémoire monopolisé par les anti virus sous Windows , en conséquence de quoi le démarrage est ultra rapide.
Une bibliothèque immense de logiciels gratuits est à disposition, bien répertoriée, est accessible en un clin d’oeil. Cela manque encore un peu du côté du multimédia (montage vidéo pour les nuls).
Bref, Linux ne garantit pas seulement un accès de tous à l’informatique (côté logiciel du moins). Linux n’est pas seulement une sortie réussie de l’économie marchande et de ses pièges. Ce n’est pas seulement une démonstration de la puissance du travail collaboratif. C’est aussi un progrès technique majeur par rapport à Windows, la preuve que pour progresser l’humanité doit apprendre à se passer de l’économie marchande…
http://www.framasoft.net/rubrique231.html 
http://www.debian.org/index.fr.html 
                                  Créons un deux trois Linux !
On sait bien que Marc Shuttleworth créateur d’Ubuntu est un golden boy de l’informatique, qui s’est notamment payé un voyage dans l’espace avec ses économies. Il ne cache pas qu’il compte bien sur Ubuntu pour faire de l’argent sur les produits dérivés (entretien récent dans Le Monde ), mais dans le jeu du "je te tiens tu me tiens par la barbichette ", le logiciel libre tient bien sur ses bases.
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Beaucoup d'utilisateurs d'ordinateurs utilisent une version modifiée du Système GNU tous les jours sans même le réaliser. Après une tournure particulière des événements, la version de GNU qui est largement utilisée est souvent appelée « Linux » et beaucoup de ses utilisateurs ne savent pas qu'il s'agit basiquement du système GNU, développé par le Projet GNU.
Il existe vraiment un Linux, et ces personnes l'utilisent, mais c'est juste une partie du système qu'ils utilisent. Linux est le noyau : le programme du système qui alloue les ressources de la machine aux autres programmes que vous exécutez. Le noyau est une partie essentielle du système d'exploitation, mais il est inutile seul ; il ne peut fonctionner que dans le contexte d'un système d'exploitation complet. Linux est normalement utilisé en combinaison avec le système d'exploitation GNU : le système complet est basiquement GNU avec Linux ajouté, ou GNU/Linux. toutes les distributions appelées « Linux » sont en réalité des distributions GNU/Linux.
Beaucoup d'utilisateurs ne sont pas au courant de la distinction entre le noyau, Linux, et le système en entier qu'ils appellent aussi « Linux ». L'usage ambigu du nom ne facilite pas la compréhension. Ces utilisateurs pensent que Linus Torvalds a développé tout le système d'exploitation en 1991, avec un peu d'aide.
Les programmeurs savent en général que Linux est un noyau. Mais puisqu'ils ont entendu le système entier être appelé « Linux » aussi, souvent ils conçoivent une histoire tournant autour de ce nom. Par exemple, plusieurs d'entre eux croient que dès que Linus Torvalds a achevé l'écriture du noyau, ses amis ont recherché d'autres logiciels libres et que, pour aucune raison en particulier, la plupart de ce qui était nécessaire à un système semblable à Unix était déja disponible.
Ce qu'ils ont trouvé n'était pas un accident : c'était le système GNU. Les logiciels libres disponibles complétèrent le système parce que le Projet GNU travaillait à en concevoir un depuis 1984. Le manifeste GNU a mis en avant le dessein de développer un système semblable à Unix et appelé GNU. L'Annonce Initiale du Projet GNU souligne aussi quelques-uns des plans originaux pour le système GNU. Au moment où Linux était lancé, le système était presque fini.
La plupart des projets de logiciel libre ont pour but de développer un programme particulier pour accomplir une tâche particulière. Par exemple, Linus Torvalds s'est attelé à écrire un noyau semblable à Unix (Linux); Donald Knuth s'est attelé à écrire un programme de formatage de texte (TeX); Bob Scheifler s'est attelé à développer un système de fenêtrage (X Window System). Il est naturel de mesurer la contribution de ce type de projet par les programmes spécifiques qui proviennent du dit projet.
Si nous essayions de mesurer la contribution du Projet GNU de cette manière, à quelle conclusion arriverions-nous ? Un producteur de CD-ROM a constaté dans sa « Distribution de Linux » que les Logiciels GNU y représentaient la plus grande entité, 28% du code source total, et que cela incluait quelques-uns des composants majeurs essentiels sans lesquels il n'y aurait pas de système. Linux lui-même n'y prenait une part que de 3%. (Les proportions en 2008 sont similaires : dans le répertoire « principal » de gNewSense, Linux a une part de 1,5% et les paquetages GNU de 15%). Alors s'il fallait trouver un nom pour le système en se basant sur qui avait écrit les programmes qui le composent, le seul choix le plus approprié serait « GNU ». 
R.Stallman                                                                                    
 Les 7 péchés de Windows7
Soutenir les formats médias libres 
Contre les restrictions numériques DRM 
http://www.stallman.org/ 

jeudi 18 mars 2010

Euskadi Ta Askatasuna

A l'heure ou la peur est distillée et instrumentalisé par un gouvernement tyrannique liberticide et totalitariste. Affaibli, tant par la crise financière de 2007 et ses suites que par une défaite électorale qu'il craint, il se désigne un nouvel adversaire diabolisé, l'ETA.
Il est bon de mieux connaître cette organisation politique basque, voici un texte de 1998 qui proposait  alors une trêve. On sait ce qu'il en est advenu depuis, le gouvernement espagnol a jurer de mettre a genoux l'ETA avec le soutient empressé du gouvernement français.
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COMMUNIQUE DU 17 SEPTEMBRE 1998
Par ce communiqué Euskadi Ta Askatasuna (ETA) veut faire connaître à la société basque son analyse de la situation et du moment historique que vit notre pays ainsi que la décision qui en découle.

Après deux longues décades sur le chemin de l'indépendance du Pays Basque, une nouvelle fois nous avons l'opportunité de faire un pas décisif.

Nous croyons que nous avons une opportunité similaire à celle que nous avons eu lors de ces difficiles années de la « transition » il y à vingt ans. Cette fois, nous devons faire que la phase politique qui se profile soit celle de la souveraineté, concrétisant cette fois l'opportunité alors perdue.

ETA entreprend cette nouvelle phase remplie d'espoir. Remplie d'espoir surtout parce que nous pensons que les erreurs commises alors nous aurons servi de leçon.
Remplie d'espoir aussi car nous pensons que le travail, l'expérience et les forces accumulées depuis lors nous donnent une garantie suffisante pour que cette nouvelle phase soit un succès. Avoir cette nouvelle opportunité et nous y investir pleins d'espoir ne doit cependant pas nous aveugler. Nous ne devons pas fermer les yeux face à la réalité vécue par le Pays Basque.
A tous les niveaux, la situation vécue par notre pays est très grave.

Nous les citoyens basques, sommes soumis à deux puissants états.

Ces deux états, ont utilisé tout leur potentiel armé, politique, économique et culturel pour détruire les ressources que possédait le Pays Basque pour être un pays libre dans l'avenir. L'activité obstinée de l'Espagne et de la France ont laissé de douloureuses blessures. Ce ne sera pas facile d'obtenir notre liberté.

Il nous semble que ces deux états voisins nous considèrent comme des ennemis qu'il leur faut soumettre, et qu'ils ne manifestent aucune volonté de respecter pacifiquement la parole du Pays Basque.
Malgré les agressions et les difficultés, guidés par la volonté de lutter qui donne un sens à la vie, le Pays Basque est parvenu aux portes du XXIème siècle, mais pas comme un pays libre même si nous avons la capacité à l'être. Jusqu'à présent nous avons démontré que nous sommes capables de lutter pour notre pays.

Démontrons à partir de maintenant que nous avons le droit, la volonté et l'intelligence pour organiser notre propre maison comme nous l'avons décidé.
Avant de poursuivre il nous paraît important de poser deux questions et d'y répondre. D'une part, comment est il possible que le Pays Basque à l'aube de l'an 2000 se retrouve avec la possibilité d'être un pays libre ? D'autre part, pourquoi le Pays Basque, à l'aube de l'an 2000 n'est - il pas encore libre ?
On peut répondre rapidement à la première question. Rapidement et avec honneur.

Nous ne pouvons oublier l'effort des basques par le passé, durant ces vingt dernières années grâce à l'engagement généreux de milliers d'hommes et de femmes audacieux grâce à qui nous sommes sur le point d'obtenir notre liberté.
Cette vérité/réalité est très présente dans les coeurs et les esprits des camarades de l'organisation Euskadi ta Askatasuna.

Nous ne serions pas là où nous en sommes, sans le sacrifice des citoyens et des compagnons assassinés par les armes de l'ennemi, sans la souffrance des citoyens et des compagnons qui ont subi la torture et les continuelles humiliations dans les casernes et les commissariats, qui jour après jour et en silence, mais toujours à leurs risques ont travaillé et travaillent en faveur de notre culture, de notre langue, de notre économie, de nos coutumes sociales, fuyant la routine et méprisant les actuelles lois étrangères tant espagnoles que françaises, nous ne serions pas là où nous en sommes non plus, sans la capacité d'endurance des citoyens et des compagnons qui supportent avec dignité les condamnations à des milliers et des milliers d'année d'emprisonnement et qui ont préparé l'avenir du Pays Basque.

Nous voulons ici adresser notre plus fervent hommage à tous ces citoyens, car ils ont constamment brisé les nombreuses chaînes qui nous barraient le chemin vers un avenir de liberté, aujourd'hui nous nous trouvons, à nouveau, à un moment historique rempli d'espoir. Sans l'engagement de tous, il y déjà longtemps que le Pays Basque aurait disparu.
La seconde réponse par contre est plus douloureuse. Il faut ici examiner ce que chacun a fait dans des situations importantes comme celle que nous vivons aujourd'hui. Il faut prendre en compte que si nous avons avancé nous ne l'avons pas fait autant que nous l'aurions dû. La voie proposée il y a vingt ans par la Gauche Patriotique d'avancer vers la démocratie n'a pas été suivie. En conséquence le « monde » patriotique s'est séparé en deux : une partie accepte les lois que de facto nous impose l'Espagne, et pour riposter l'autre partie veut la rupture avec l'Espagne et utilise comme légitimes tous les instruments dont dispose un Peuple pour se défendre. La première voie, celle de l'autonomie constitutionnelle a aggravé la division interne du Pays Basque qui sortait de la dictature de Franco. Si auparavant nous étions soumis à deux états, à partir de ce moment s'ajoute la division faisant suite à l'autonomie. Tout ce que nous avons obtenu, nous l'avons obtenu par la lutte ou nous l'avons obtenu par les ruses de l'ennemi pour affaiblir la lutte.

Cette première voie à rapproché toujours plus le Pays Basque de l'Espagne et de la France, nous condamnant à vivre tournés vers Madrid et Paris, il nous a fallu demander la permission aux étrangers au lieu de décider par nous mêmes et les espagnolistes se font fait arrogants. Cela a renforcé les nouvelles frontières internes du Pays Basque séparant les citoyens basques les uns des autres alors que d'autres tels des mercenaires étaient conduits à accepter et défendre les lois espagnoles les utilisant contre d'autres concitoyens. Ceux qui avons emprunté la seconde voie, malgré nos défauts et erreurs, avons maintenu vivant un projet de Pays Basque uni, libre et basque, confiants dans la capacité de travail et de création des citoyens, nous avons oeuvré pour surpasser la division institutionnelle et statutaire pour parvenir à la paix au Pays Basque, paix basée sur la justice et le droit démocratique. Le pari d'un projet de société propre au Pays Basque a porté ses fruits.

Nous voulons ici mentionner la stérilité et l'aveuglement de cet autonomie fractionniste, cela n'est pas rien de le constater sachant l'effort gigantesque fait par l'Espagne pour que l'autonomie soit le tombeau du Pays Basque. Ceux qui, avec enthousiasme et bonne volonté, ont choisi cette voie de l'autonomie fractionniste se sont pourtant rendu compte qu'au lieu d'aller de l'avant ils sont restés bloqués, que cette voie ne mène pas à la liberté du Pays Basque. Nous qui avons parié totalement pour le Pays Basque, sommes disposés à surmonter ce passé si récent et avancer ensemble remplis d'espoir vers un nouveau projet.

Pour résumer en quelques mots nous pouvons dire qu'au Pays Basque, il existe deux projets distincts, l'un qui croit au processus de construction du Pays Basque et qui croit qu'il est possible de créer une société plus juste, mieux enracinée et qui lutte pour cela, par contre l'autre projet veut continuer l'assimilation, l'aculturation et l'intégration entreprises voilà plusieurs siècles au nom de l'Espagne et de la France, qui voient le Pays Basque comme une quelconque partie du monde, sans aucune identité propre.

Au Pays Basque, il existe un conflit pour la langue et l'enseignement, une façon de concevoir la vie, un désir de construire par le biais de relations dans le travail, un modèle socio-économique différent. Ce conflit est le conflit de toujours, ce qui a changé c'est d'avoir l'opportunité de faire un nouveau pas, opportunité surgi après un nouveau rapport de forces, pour sortir de ce conflit. C'est cela le pari de ce moment historique, comment mettre en marche, tous ensemble, ce projet de Pays Basque. S'il existe une volonté et l'intelligence chez ceux qui représentent la direction politique de ce Peuple, dans la société basque il existe une force et une intelligence suffisante pour y parvenir.

Vers quoi se dirigent les forces ?

Le Pays Basque, nous l'avons déjà dit, se trouve face à son avenir. Nous sommes remplis d'espoir, mais cependant conscients de la grave situation que vit le Pays Basque et grandement préoccupés par le moment historique que nous vivons. La clé principale de notre avenir dépend uniquement de la réponse affirmative ou négative à une question essentielle.

Vers quoi se dirigent cette fois las partis patriotiques ?
Connaissant notre histoire récente, cela nous préoccupe. Il faut rappeler qu'il a vingt ans ces partis se sont soumis à l'Etat espagnol.

Sous prétexte d'une « danse de sabres » à ce moment et selon ce que nous savons, au Palais de la Moncloa et dans celui de la Zarzuela on a décidé de diviser encore un peu plus le Pays Basque, de continuer à lui refuser par les armes, le droit à l'Autodétermination qu'il possède ... Depuis lors, la Gauche Patriotique a défendu avec cohérence et souvent au prix de la vie le droit à la souveraineté du Pays Basque, alors que les autres forces politiques tombaient dans les filets de l'Espagne qui ressortait toujours plus renforcée. Là aussi nous regardons l'avenir avec optimisme.

Il n'y a pas de comparaison possible entre le peu de fruits pourris récoltés ces vingt dernières années et ceux que nous pouvons récolter sur le chemin de la Souveraineté. Ces années auront été longues, mais il est réconfortant de constater que d'autres se rendent compte des pas fondamentaux qu'ils faut accomplir pour conquérir l'Indépendance.

La liberté même plus tard, c'est mieux que la soumission d'aujourd'hui. Cela ne veut pas dire que le chemin qui s'ouvre devant nous sera facile, ni remplis de difficultés. Le pari actuel exige que tous les patriotes de gauche et les démocrates y répondent avec sincérité et dignité, surtout en constatant l'aveuglement de l'Espagne et de la France.

Nous souhaitons ardemment que la Gauche Patriotique ne soit pas la seule à travailler alors qu'il s'agit du labeur de tous, pourtant s'il n'en était pas ainsi nous continuerons avec la même énergie que par le passé, par le chemin que nous ont montré des milliers et des milliers de citoyens et combattants basques.
Face au défi.
Nous l'avons dit au début de ce communiqué, le défi et la caractéristique principale de la phase dans laquelle nous nous trouvons, est que le Pays Basque dans son intégrité, au delà des frontières des autonomies et des états, parvienne à la souveraineté. Nous ne voulons pas uniquement « récupérer » l'occasion manquée il y a vingt ans, nous allons accomplir un pas plus important, nous devons construire les fondations de ce futur Pays Basque, le défi qui nous est lancé est celui de définir avec précision où nous allons construire notre maison.

Il n'y a pas deux ou trois Pays Basque, il n'y en a qu'un avec ses particularités et ses différentes réalités, aussi bien linguistiques, sociales qu'économiques ou au niveau de nos usages. Nous sommes un Peuple !
Tous les patriotes, tous les démocrates, tous les progressistes, prenant en compte ces différentes réalités, il nous faut travailler de front pour construire un cadre politique nouveau qui touche le Pays Basque dans sa totalité. Pour ce travail enthousiasmant tous les acteurs de tout le Pays Basque ont leur place, la parole et leur part de labeur.

La conquête de la Souveraineté ne fait pas bon ménage avec la politique intéressée et partisane qui renforcent l'Espagne et la France. Tous les accords et les espaces de collaboration avec l'Espagne doivent disparaître, accords obtenus dans le secret et qui maintiennent notre Peuple soumis sur le plan économique. Il faut commencer à penser en tant que Pays Basque, entre tous. Assumer la véritable situation économique, linguistique, culturelle et sociale de notre pays.

Par la suite, il faudra impulser des projets qui concerneront le Pays Basque dans sa totalité concernant ses droits linguistiques, l'organisation territoriale, le développement économique et les droits sociaux. Les forces en faveur de la Souveraineté du Pays Basque doivent parvenir à des accords minimums.

Pourquoi nous sommes face à une nouvelle opportunité ?

Une nouvelle fois le Pays Basque se trouve face à son avenir. Suffit - il de croire que nous sommes dans une « nouvelle » situation ?

ETA après avoir réfléchi sur la nouvelle situation que nous vivons fait ici part de son analyse qui a permis la décision qui a été prise :
Grâce à la lutte de ces dernières années qui a rassemblé de nouveaux secteurs favorables à l'indépendance, il nous faut ici souligner l'avancée obtenue ces six dernières années. Nous sommes passés d'une attitude de résistance à une pratique de construction.

Il faut dire que cette « amélioration de la situation » est due à la générosité de nombreux membres de la Gauche Patriotique et à la lutte organisée qu'ils ont menée. Le chemin pour parvenir aux objectifs ultimes de notre lutte et ce que nous avons obtenu ces dernières années est un nouveau pas vers ce qu'il nous reste à parcourir.

Que personne ne pense que nous ne devons pas nous améliorer, d'améliorer notre façon de travailler et autres. Il est souhaitable que de temps en temps la Gauche Patriotique aimant si peu les flatteries reconnaisse que le travail effectué en valait la peine et que la lutte de libération est sur la bonne voie. Dans cette si changeante situation, il faut signaler que le fait d'avoir socialisé l'Alternative Démocratique, qui a pris la relève de la vieillissante Alternative KAS, est très important.

Par le biais de cette nouvelle alternative de paix, ces trois dernières années s'est manifesté un concept de base : le besoin de donner la parole au Peuple, que le Peuple récupère la parole et que sa parole soit respectée Une nouvelle fois, nous avons été capables de socialiser le fait que le conflit entre le Pays Basque, l'Espagne et la France est politique. En plus de mettre entre parenthèses la légitimité « démocratique » des autorités espagnoles et françaises nous avons créé un concept positif, celui de la démocratie basque. Des minimums démocratiques (Autodétermination et Territorialité) se sont fait jour, minimums que tout démocrate doit défendre pour mettre fin au conflit, une fois parvenus à une situation démocratique chacun aura la possibilité de développer son propre projet dans des conditions identiques. La Gauche Patriotique a aplani le chemin pour développer son propre projet politique et social.

Dans cette nouvelle situation, il faut souligner l'échec des structures institutionnelles fractionnistes que les états qui nous soumettent nous ont imposées sur le chemin de la liberté. Le cadre institutionnel imposé au Pays Basque est caduc. Les forces impérialistes espagnoles et françaises sont les seules forces défendant le statut quo actuel.

Le Statut de la Moncloa, celui de la Navarre et la non reconnaissance des territoires basques sous domination française ne permettent pas de satisfaire les souhaits et les besoins des citoyens basques. A ce jour, ceux qui ont défendu ces structures institutionnelles reconnaissent qu'elles ne permettent pas d'aller vers l'indépendance, convergeant en cela vers l'analyse faite par la Gauche Patriotique. C'est pour cela que pour la première fois nous pouvons nous acheminer vers une seule voie de solution.

De la même façon que le cadre institutionnel est caduc, la « politique des pactes » imposés par les espagnols pour déformer la réalité politique et sociale des dix dernières années et détruire le projet indépendantiste s'épuise. Cette politique des pactes ne pourrait que prolonger la souffrance au Pays Basque. Ceux qui ont misé sur l'autonomie (les partis patriotiques, E.A et le P.N.V, le syndicat ELA et de nombreux vrais patriotes) se sont rendu compte de la stérilité de cette voie.

Ils démontrent maintenant la volonté de prendre un nouveau chemin, fuyant les pièges des espagnols et revenant vers les chemins du Pays Basque, rompant des liens et leur soumission avec l'Espagne ils parient résolument pour le Pays Basque. C'est cela le choix : l'Espagne et la France ou le Pays Basque. Les paroles démontrent une claire volonté de choisir le Pays Basque, parvenu à ce nouveau croisement nous devons agir avec le courage et la cohérence qu'exigé ce moment historique.

Les pouvoirs factices d'Espagne et de France n'ont aucune alternative politique pour le Pays Basque, en tous cas pas sans une nouvelle collaboration de partis comme E.A et le P.N.V. Entre «l'autonomie fractionniste » d'hier et d'aujourd'hui et la souveraineté basée sur l'Autodétermination et la Territorialité de demain il n'y a pas d'espace nouveau, si du moins on n'invente pas une fausse possibilité qui reportera une solution à vingt plus tard. L'Europe est en train de se construire comme axe politique, social et économique, comme centre de décision des principaux thèmes, passant par Madrid et Paris, s'éloignant des structures des états qui nous soumettent directement. Sans un projet efficace d'indépendance, la soumission et la déstructuration dont souffre le Pays Basque s'aggravera, plus encore si nous n'avons pas d'alternatives pour faire front aux gigantesques projets d'uniformisation culturelle et économique mondiale.

Enfin, au Pays Basque, la volonté de la majorité de souhaiter la paix et d'y parvenir par une solution politique sensée s'est généralisée. Cette volonté de paix, de négociation avec ou sans actions de ETA est reprise par tous. Il y à un grand changement par rapport à ce « désir de paix aseptique » d'il y a quelques années. Dans la société basque s'est imposée l'idée d'une paix pactée qui apporte des solutions politiques et pratiques. Ce besoin n'a pas seulement surgi pour « en finir » avec ETA, c'est la conséquence du fait que la société basque à mis en évidence l'origine politique du conflit, qu'elle a fait apparaître de nouvelles formes de lutte et a mis un arrêt ferme à l'agression subie par le Pays Basque.

Faire front à tous ceux qui sont et seront des ennemis de ce projet sera aussi le travail de tous, il est l'heure pour ceux qui ont déploré si souvent l'usage des armes de mettre en pratique une attitude si peu utilisée : la rébellion sociale. Nous disions que nous ne pouvions occulter la situation du Pays Basque. Un projet consensuel comme celui que nous sommes en train de mener, nous permettra aussi d'affronter ensemble les conséquences dues à la posture de la France et de l'Espagne.

Pour cela aussi il faudra de l' audace.

De l'audace pour dire que toutes les forces armées étrangères sont de trop sur notre territoire, pour aller de l'avant avec toutes les grandes et petites actions pour les expulser. L'heure est venue d'intérioriser ce qui ne se fait pas et de commencer à travailler pour cela.

Quel est ce nouveau pas de ETA ?

Avant de communiquer notre décision nous croyons souhaitable d'éclaircir certaines choses à cause des spéculations et des nombreuses déclarations de ces jours derniers et dire ce que représente cette phase politique qui s'annonce. H n'est pas juste que quelqu'un soit trompé par les propos des politiques de profession. Le but n'est pas la pacification que propose Ardanza qui a mené pendant une longue décade « 1' espagnolisation » dans la partie du pays qui lui correspondait, il s'agit encore moins de donner une « apparence » politique à cette « pacification » pour tranquilliser les consciences de la Gauche Patriotique.

Il faut être plus audacieux actuellement, car nous nous trouvons dans une situation complètement nouvelle. Après le pas important accompli par Euskadi Ta Askatasuna ceux qui cherchent la « normalisation » tromperont la société avec une fausse paix qui ne changera rien et renforcera le cadre actuel.

Ce serait aussi faux que de dire que dans le conflit du Pays Basque ETA doit faire face à l'ennemi au moyen de la lutte armée. Il n'y aura pas de paix si l'on ne respecte pas les droits du Pays Basque, c'est cela le noeud du conflit dont nous souffrons, on refuse ses droits au Pays Basque, nous ne sommes pas souverains pour structurer la société comme nous le souhaitons.

ETA a fait un pas, maintenant il faut que les autres s'intègrent avec audace dans l'espace qui vient de surgir. Ce n'est pas le moment de tergiverser, ni des calculs égoïstes ou partisans : il nous faut mériter le Pays Basque.

Déclaration :

Compte tenu de ce que nous dit précédemment, ETA, organisation basque, socialiste révolutionnaire de libération nationale rend publique la déclaration suivante destinée à la société basque et à l'opinion internationale :

1 - La construction du Pays Basque est le travail des citoyens, jusqu'à présent ce travail à été mené clairement et sans équivoque par la Gauche Patriotique.

Il nous a fallu parcourir un long, difficile et compliqué chemin, nous avons dû subir la répression et toutes sortes d'agressions. Pourtant grâce au travail réalisé, aujourd'hui nous avons l'opportunité pour que à partir de maintenant sur le chemin de l'indépendance du Pays Basque les responsabilités et les efforts soient partagés, et que des accords pour travailler ensemble se créent.

ETA pour sa part veut faire savoir que dans cette nouvelle phase d'accords, qu'elle manifeste une claire volonté d'avancer sur ce chemin et qu'elle attend autant de bonne volonté et d'efforts des autres intervenants.

2- ETA lance un appel aux partis politiques, aux syndicats, aux associations culturelles, aux organisations sociales et aux citoyens basques en général pour qu'ils prennent l'engagement nécessaire et accomplissent le chemin nécessaire afin que cette phase débouche sur la Souveraineté.

3- Le plus important pas à franchir concernera celui qu'il faudra accomplir pour dépasser l'actuelle division administrative des états, dans ce but, dès aujourd'hui il faut créer une structure institutionnelle unique et souveraine qui englobe l'Alava, la Biskaye, le Guipuzkoa, le Labourd, la Navarre et la Soûle.

4- Si pour y parvenir s'unissent les différents agents politiques et sociaux pour toute initiative qui dépasse l'actuelle division institutionnelle des états, ETA salue cette initiative et s'engage à la renforcer et à la défendre. ETA demande le même engagement et le même effort à ceux qui jusqu'à présent sont restés à l'écart de ce travail ou qui s'y sont montrés récalcitrants.

5- Les forces favorables à la construction et au respect des droits démocratiques du Pays Basque doivent créer et parvenir à des accords concernant les besoins minimums.

6- Le projet de Pays Basque s'oppose aussi bien à l'Espagne qu'à la France.

Ce conflit qui dure depuis siècles nous a appris que pour les citoyens basques il n'existe pas d'espace intermédiaire.

Nous avançons en tant que citoyens basques ou nous disparaissons en tant que peuple sous la domination de l'Espagne et de la France.

C'est pour cela que nous croyons inévitable que tous ceux qui sont d'accord avec les points traités antérieurement rompent leurs amarres et les accords avec ceux qui soutiennent les intentions dominatrices de l'Espagne et de la France l'heure est venue de parier sans équivoque en faveur de la Souveraineté.

L'heure est venue de briser les accords et les liens avec les partis politiques dont le but est la disparition du Pays Basque.

L'heure est venue de rompre tous les pactes avec les partis, les structures institutionnelles et répressives dont le but est la liquidation du Pays Basque et la construction de l'Espagne et de la France.

7- Prenant en compte la situation du Pays Basque, les possibilités et le désir d'aller vers la Souveraineté, Euskadi Ta Askatasuna (ETA) décide de mettre fin aux actions armées de manière indéfinie. Elle se consacrera uniquement au maintien de ses structures, a ses approvisionnements et à la possibilité de se défendre de possibles affrontements. Ce cessez le feu total prend effet le 18 septembre 1998.

8- L'objectif de tous étant que soit respectée la réalité du Pays Basque, ses droits et les décisions prises librement, l'objectif de ETA étant que la société basque prenne la responsabilité d'obtenir l'indépendance du Pays Basque, pleins d'espoir nous pensons que la réponse que nous allons recevoir sera aussi importante que la décision que nous avons prise et que les événements qui surviendront à partir de maintenant permettront de donner un caractère définitif à ce cessez le feu.

prisonniers politiques basque
autonomia 
euskalherria 
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SEGI, organisation de la jeunesse indépendantiste et révolutionnaire Basque, est en voie d’illégalisation. Nous condamnons la répression par les Etats espagnol et français des mouvements sociaux au Pays Basque.
Segi
Batasuna est un parti indépendantiste basque d’extrême gauche, proche des mouvances marxistes et libertaires. Le terme batasuna signifie unité en basque. Le gouvernement espagnol le déclare illégal, en 2003, pour ses liens avec le groupe armé indépendantiste ETA. Son porte-parole est sur le point d’être condamné par la justice espagnole.
ETA (Euskadi ta Askatasuna). “Pays basque et liberté” en basque. Organisation armée socialiste de libération nationale, créée sous le franquisme. De l’attentat contre le dauphin de Franco en 73 à l’attentat du 30 décembre 06, elle aurait provoqué la mort d’environ 800 personnes dont une majorité de militaires et policiers.
EUSKAL HERRIA. Délimitation culturelle du pays-basque comprenant les 3 régions sous domination française (Iparralde), la Navarre et le pays-basque dit “espagnol”.
Loi sur les partis (juin 2002). Loi liberticide née des attentats du 11 sept. 2001, qui s’attaque à « toute formation politique complice d’une organisation terroriste » ou qui ne condamne pas le terrorisme. Elle a permis l’interdiction d’une dizaine d’organisations basques.

Interview de Segi

Primero, diganos lo que representa SEGI en EH, sus objectivos politicos, y sociales. Qué tipo de acciones hechas por SEGI ?
SEGI est un mouvement qui se définit comme indépendantiste et socialiste. Dans le contexte de globalisation actuel, nous nous battons pour impulser la souveraineté populaire comme voie de libération nationale et sociale pour un peuple qui a été nié et exploité durant des décennies. Nous nous battons pour la solidarité internationale entre les peuples comme moyen de dépasser l’aliénation qu’est le néolibéralisme mondial, exprimé à travers les Etats modernes.
SEGI a 3 objectifs principaux :
- Le premier que nous appelons « de construction nationale » à moyen terme, le développement d’alternatives populaires « sectorielles » (socio-économie, éducation…). Nous prétendons créer, peuple par peuple, des alternatives réelles, instruments autogérés par lesquels nous allons dessiner jour après jour le Pays Basque dont nous rêvons.
- La deuxième ligne de travail est dédiée à dénoncer et répondre aux attaques répressives qui isolent ce peuple et spécialement la jeunesse basque. Jour après jour, nous constatons des expulsions de logements, des détentions, des tortures, la répression des mobilisations étudiantes, des illégalisations d’alternatives populaires, et devant cela, nous ripostons par une réponse unitaire du mouvement de la jeunesse basque ;
- Et tout cela dans une perspective internationaliste par laquelle nous entendons qu’un peuple seul dans le monde ne pourra nous débarrasser du cancer néolibéral, tandis que tous unis, nous y arriverons. Ce qui se résume dans cette maxime : « Nous ne serons libres que lorsque tous les peuples du monde seront libres ».
Hablemos de la illegalizacion de Segi : porqué el estado español puede prohibiros ? Cuales son los riesgos con la prohibicion de SEGI ? Eso no es la primer ataque sobre el movimiento vasco. Hablad de su istoria reciente (illegalisaciones de batasuna, egunkaria,…).
L’Etat Espagnol -avec l’inestimable collaboration de l’Etat Français- nous illégalise pour la simple et bonne raison que ce n’est pas un Etat démocratique. Pour nous, les problèmes que vit le Pays Basque ne sont pas issus de problèmes internes, c’est une question de « qualité démocratique ». Le jacobinisme en France et le nationalisme impérialiste en Espagne sont les racines du conflit, associées au grand réseau des intérêts essentiellement économiques et géostratégiques.
“Les Etats Espagnol et Français ne sont pas capables d’accepter qu’au pays basque, l’alternative populaire soit un mouvement articulé par de vrais instruments. C’est pour ça qu’ils les attaquent.”
Pas seulement SEGI, ils interdisent des périodiques (Egunkaria, Egin, Ardi Beltza…) des radios (egin irradia) des assemblées populaires (Udalbiltza) des coordinations pour l’enseignement de la langue (AEK), des mouvements sociaux qui éveillent la désobéissance civile (Joxemi Zumalabe fundazioa).
Ces dernière années, à cause de ces illégalisations, 200 personnes sont allées en prison. Nombre d’entre elles dénoncent des tortures, et les peines accumulées s’élèvent à des milliers d’années de prison. Tout cela derrière l’excuse qu’ils répondraient au diktat de l’ETA, et sont considérés comme terroristes. Ce qui veut dire que le travail politique et social pour une alternative populaire serait terroriste…
Ils le font sans complexe : le ministre de la justice espagnole, autour du cas de Juana Chaos a dit : « nous ferons le nécessaire pour que Juana ne puisse pas sortir ».
Il risque 96 ans de prison pour avoir écrit deux articles d‘opinion. Un simple exemple qui illustre la qualité de démocratie de l’Etat de droit et la division des pouvoirs dans l’Etat espagnol.
En Francia se habla de Euskal Herria como de Corcega : los medias hablan de violencia, pero NO daN ni razones ni motivaciones politicas. Porque hay tanta violencia en EH ? Porqué SEGI tiene que caer en la logica de violencia ? Que tipo de represion se vive ?
On traite la violence en Euskal Heria avec beaucoup d’hypocrisie. C’est l’Etat qui exerce sa violence, jour après jour. Des informateurs de l’Observatoire des droits de l’Homme, amnesty international, de l’ONU et de nom breuses autres institutions internationales ont dénoncé le manque total de respect de l’Etat espagnol envers les droits humains. Des milliers de dénonciations pour torture, détentions préventives (autour de 300 ces dernières années), illégalisations des mouvements politiques, sociaux et même culturels… Tout ça, c’est pas de la violence ? Pour nous,la violence de la jeunesse nous paraît légitime pour élever sa voix contre la violence d’Etat. Et nous ne sommes pas disposés à éteindre des feux pour couvrir ceux qui les ont allumés. A moins que l’on cherche les raisons qui font que n’importe quel jeune d’Euskadi ait à recourir à la violence pour s’exprimer, et qu‘on y cherche des solutions. Le problème, c’est que sur ce chemin, nous sommes toujours seuls.
Que tipo de relaciones tiene SEGI con otras organisaciones en el mundo ? Que hace SEGI en consecuencia de esa represion ? Hablanos del 10 de febrero…
SEGI a eu de sérieux problèmes ces dernières années pour réaliser un travail dans le cadre international. La détention répétée de ses responsables internationaux a engendré un travail international discontinu.
Mais dans l’actuel cadre de globalisation, la solidarité, l’échange de perspectives et le travail commun entre peuples opprimés au niveau social et national sont indispensables à la recherche d’une alternative. La dernière année a renforcé nos relations avec des organisations qui travaillent pour un changement politique et social dans le monde dans une perspective de « gauche ».
Dans ce but, nous avons des relations avec des mouvements politiques du monde entier, Afrique du Sud, Colombie, Palestine, Irlande, Kurdistan….et des organisations sociales en Europe comme Revolution, Solid, SUF, Rote Hilfe…Dans les mois à venir nous allons faire une tournée dans toute l’Europe dans l’objectif de connaître les différents projets développées par les organisations politiques.
Notre objectif est de chercher les points de rencontre qui surgissent au delà des différences, qui nous situent dans le même front. Partager les analyses de la situation européenne. Et s’accorder sur des lignes de travail communes pour une autre Europe, pour un autre monde. Nous sommes convaincus que c’est possible, chacun depuis sa réalité, mais avec des objectifs communs nous pourrons l’obtenir. La solidarité internationale est notre meilleure arme.
C’est de cette manière qu’ici aussi nous voulons répondre à l’attaque contre SEGI. Ce 10 février, des milliers de jeunes d’Euskal Herria manifesteront en réponse à l’appel que des dizaines d’organisations et autour de 2000 personnes, ainsi que des organisations du monde entier pour dire clairement qu’aucune attaque, aucune répression ne fera plier la jeunesse basque. Et pour affirmer que comme nous l’avons fait en 27 ans de résistance populaire et de construction nationale, « seguiremos adelante ». Face à la répression, travaillons, face à la frustration, il n’est qu’illusion et compromis.
Ce fut notre chemin jusqu’à présent et nous le suivrons, coûte que coûte.

Le cas Juana Chaos

700 prisonniers basques sont emprisonnés dans toute l’Europe (militants de l’ETA, d’oranisations politiques diverses, journalistes, associatifs…). Iñaki Juana Chaos avait déjà été condamné pour sa participation à l’ETA, et risque aujourd’hui 96 ans pour avoir écrit deux tribunes libres. En détention préventive, il a fait une grève de la faim, protestant contre les conditions d’emprisonnement. Au bout de deux mois, on l’a forcé à s’alimenter. Un vote des juges devait décider si l’on incarcèrerait dans de meilleures conditions. Ce vote fut truqué pour que des juges anti- terroristes statuent, et sa demande fut refusée. Il risque actuellement de mourir d’un instant à l’autre. Tout ce fonctionnement est lié aux lois espagnoles qui permettent d’interdire à quelqu’un sa libération, même après qu’il ait purgé sa peine, s’il ne fait pas amende honorable. L’ombre de Franco plane sur l’Etat espagnol…

Quelle crédibilité démocratique  accorder à l'État espagnol créateur du GAL (Groupe antiterroriste de libération) ? : Zéro. 
Des groupes clandestins furent créés par de hauts fonctionnaires du Ministère espagnol de l'intérieur, dirigé par José Barrionuevo, membre du gouvernement González. Disposant de fonds secrets, ils étaient composés de membres des services spéciaux espagnols (CESID-Centro Superior de Información de la Defensa), de la Guardia Civil (équivalant de la gendarmerie) et de la Police Nationale (Policía Nacional). Ceux-ci recourraient eux-mêmes aux services de criminels de droit commun pour leurs opérations.

Anarchistes, tous contaminés ? Non heureusement

A l'heure ou l'antifascisme fait des ravages chez les Bisounours, voici une réponse

L’Anarchisme contre l’antifascisme 

Depuis 1945 règne dans les pays anciennement fascistes un mythe structurant. Délivrés du joug de l’épisode fasciste de l’Etat, et aussitôt passés à l’épisode démocratique, la condition des habitants de ces pays aurait été radicalement bouleversée. Beaucoup s’en réjouissent encore aujourd’hui, une cinquantaine d’années de pacification sociale plus tard, en témoigne les nombreuses manifestations et commémorations annuelles inscrites au calendrier de tout bon État qui se respecte. Les exploités, les indésirables auraient alors miraculeusement changé de condition.Ce mythe est le mythe de la libération de 45, c’est le mythe antifasciste, nous allons tenter d’en dégager quelques traits.Il y a dans cette mythologie, comme dans toute mythologie, une illusion qui pourchasse la raison. Les indésirables exterminés, massacrés, torturés à mort sous le régime fasciste et ceux enfermés, exploités, expulsés, contaminés, génétiquement fichés sous le régime démocratique n’ont en fait jamais changé de condition, ils n’ont changé que de conditions de vie. Chaque régime a eu ses catégories d’indésirables, parfois les mêmes. Chaque groupement humain autoritaire a possédé ses esclaves, ses ennemis, son langage spécifique, ses tendances à la domestication, sa part de servitude volontaire et son arsenal punitif. De la tribu primitive au fascisme, de la démocratie à la tyrannie. Il suffit que le principe d’autorité surgisse pour qu’un contrat plus ou moins forcé, qu’il soit « laxiste » ou entièrement coercitif, soit scellé par ceux qui détiennent le moindre pouvoir et ceux que la faiblesse matérielle et sociale encage aux confins de la domination.




Les conséquences de ce mythe sont multiples et nombreuses, elles sont tellement ancrée depuis les bagnes scolaires jusqu’aux bagnes funèbres que s’en défaire relève d’une déconstruction profonde, et pour beaucoup, douloureuse. Mais essayons tout de même de poser quelques notes sur ce sujet.
1. Attaquer dans le but de causer des dégâts au pouvoir et jeter le désordre en son sein pour l’affaiblir tant idéologiquement que matériellement.
2. Accentuer les conflictualités pour tracer des lignes de démarcation nettes et belliqueuses entre les partisans de la liberté sans concession et les partisans de la domination et du pouvoir.

Ces deux moyens ont toujours été de façon complémentaire et pour beaucoup d’anarchistes, des cartes à jouer pour assouvir notre faim effrénée de liberté. C’est ce qu’ont fait de nombreux anarchistes des temps pré-démocratiques sous les divers fascismes, de l’Europe (Grèce, Italie, Espagne, Portugal, France…) à L’Amérique Latine (Chili, Argentine, Guatemala…). Avec des moyens plus ou moins radicaux : du sabotage à la diffusion de tracts et de placards muraux, de l’utilisation d’engins explosifs ou incendiaires à l’édition de journaux. Beaucoup se sont élancés à corps perdu dans cette lutte, beaucoup l’ont payé au prix de leur vie ou de leur liberté, ce qui revient au même, et beaucoup d’entre eux sans ne jamais rien attendre d’autre en retour que le triomphe de l’idée anti-autoritaire.
Seulement, ils sont moins nombreux, ceux qui identifièrent leur ennemi irréconciliable avec justesse, ceux pour qui la bête immonde à abattre était le pouvoir, et non le mode de gestion du pouvoir, aussi fasciste soit-il. Peu nombreux aussi ceux qui n’ont pas baissé les armes lorsqu’en face la démocratie venait d’hériter de l’arsenal scientifique, matériel et idéologique du fascisme dans une même continuité de la domination étatique et économique.
Il y en eut qui n’abaissèrent pas les armes après la passation de pouvoir, les récits sont discrets mais nombreux. Belgrado Pedrini [1] est de ceux qui furent « bandits » sous Mussolini, parce qu’ils s’insurgèrent contre l’ordre fasciste, et « criminels » au sortir de la guerre, parce qu’ils refusèrent de s’en remettre aux autorités démocratiques issues de la Résistance. il y en avait qui, malgré le fait qu’ils n’aient pas survécu au fascisme, essayaient déjà d’attirer l’attention sur le fait que l’ennemi véritable était le pouvoir et non le fascisme, comme Severino Di Giovanni, insistant lui, sur le fait que les puissants, fascistes ou non, sont toujours les mêmes : « Avec eux, il ne pourra jamais y avoir de réconciliation. Au même titre que les phalanges à tête de mort d’aujourd’hui, ils ont hier (oui, eux, les antifascistes d’aujourd’hui, les opposants et réfugiés politiques, ceux qui ont végété dans les marais méphitiques de la période précédente) été des maquereaux, ils ont vécu dans les coulisses du Viminal [2] ou dans les chambres du parlement, appuyant ou soutenant le régime et ses infamies. » [3].

Il leur aura fallu dissiper l’écran de fumée fasciste pour leur permettre d’identifier les jeux de pouvoirs qui derrière le rideau, tiraient les ficelles. Le fascisme est au pouvoir ce que le dialecte est au langage, un simple mode d’expression parmi d’autres, et ces autres sont la dictature, la théocratie, le communisme et la démocratie. C’est la démocratie qui de nos jours, a su se rendre le meilleur mode de gestion politique et social du capitalisme occidental. C’est aussi pour cette raison que le fascisme a fait son temps. Il ne reste de lui qu’une brumeuse nostalgie dans les esprits de quelques imbéciles bien trop isolés et inconstants pour menacer la démocratie ; qu’ils déambulent en costard de politicien ou munis d’une batte de base-ball ne semble rien changer à l’affaire. La démocratie a entériné la défaite des modes de gouvernement omni-coercitifs en occident. Si nous nous foutons de la vie des quelques fascistes d’aujourd’hui, et cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas les combattre eux aussi, nous nous sentons bien plus concernés par la dégénérescence et la récupération d’un antifascisme de lutte contre le pouvoir des années pré-démocratiques par un antifascisme nouveau cru et vidé de tout sens.
Cet antifascisme là, n’est en fait rien d’autre qu’une scène culturelle, un milieu avec une identité communautaire tel que les années 80/90s ont tant su en produire : Skaters, gothiques, fans de jeux-vidéos, traders, satanistes, technophiles, new-borns, ravers, baby-boomers, véliplanchistes et je ne sais quoi d’autre encore. L’autoproclamé antifascisme est aujourd’hui devenu, comme tous ceux cités avant, un vulgaire mode de consommation collectif et éphémère. L’on est antifasciste quelques années avant de devenir trader ou mécanicien. Parfois on le reste éternellement comme d’autres dédient leurs vies à Michael Jackson, à leur collection de boite d’allumettes ou à leur travail.
Tout d’abord le code vestimentaire, du lacet au caleçon, il y a les marques conseillées et les marques bannies – le plus souvent parce qu’elles sont déjà réservées par la communauté opposée : les néo-fascistes - le gang adverse de celui des néo-antifascistes, vous suivez ? Ensuite il y a le lien social : les fêtes, les bars, squats et salles de concert attitrés, tout autant d’occasions d’éprouver son style et son charisme au devant de l’altérité intra-communautaire. Aussi la musique officielle et les allégeances collectives aux divers outils de la domestication tels que les syndicats ; l’antifasciste va choisir tel ou tel syndicat -celui que son identité communautaire lui suggère- de la même manière qu’un nationaliste corse au supermarché va choisir un fromage corse parmi une centaine d’autres. Puis une bonne dose de mythomanie, de mythologie et de peopolisation à propos des affrontements de rue avec l’ennemi fantasmé tentaculaire afin de justifier l’antifascisme au-delà de son obsolescence manifeste.
Il y en a d’autres encore, de ces éléments qui font que l’antifascisme aujourd’hui n’est plus qu’un simple loisir. Avec la mort du fascisme, on a du maintenir l’anti-fascisme sous respiration artificielle, et avec un acharnement thérapeutique sans barrières, jusqu’à ce que l’on aboutisse à cet avatar dégénéré à la fois de la société de consommation et de la nostalgie d’une lutte offensive contre le pouvoir. Alfredo Bonanno nous raconte, après avoir souligné l’importance de la mémoire et de la transmission des anciens qui ont combattu le fascisme les armes à la main : « Je comprends moins ceux qui un demi-siècle plus tard et n’ayant pas vécu ces expériences (ne se trouvant donc pas prisonniers de ces émotions) empruntent des explications qui n’ont plus aucune raison d’exister et qui ne sont souvent rien de plus qu’un simple écran de fumée derrière lequel se cacher confortablement. Je suis anti-fasciste !, vous jettent-ils à la figure comme une déclaration de guerre, et vous ? » [4].
Si de nombreux révolutionnaires se tournent vers un futur trop lointain, donc impalpable, les antifascistes eux, sont tournés vers un passé tout aussi impalpable. Vers des émotions qui ont été vécues par nos anciens, les rares survivants de ces temps révolus. Si ils ont tant de choses à raconter, il n’y a pour autant plus aucun antifasciste pour les écouter. C’est que nos anciens sont des ennemis de l’État, anarchistes, qu’ils ne sont donc pas célébrés chaque année par l’État, et sont donc inconnus de tous ceux qui ne s’y sont pas intéressés de façon autonome et individuelle. C’est ainsi que nos antifascistes se tournent vers la mémoire de résistants communistes autoritaires, parfois nationalistes et parfois gaullistes. Ces mêmes résistants qui au lendemain de la guerre ont pris le pouvoir, qui ont persécuté nos compagnons. L’histoire ayant toujours été écrite par les dominants, et la curiosité et l’érudition manquant à l’appel, c’est de cette résistance mythifiée dont se pâment les antifascistes d’aujourd’hui, et nous ne parlons là que de ceux qui se réclament de l’anarchisme.
Mais ils sont nombreux et très peu à la fois, ceux qui se réclament de l’anarchisme dans le mouvement culturel antifasciste ; je m’explique. La scène artistique antifasciste d’aujourd’hui se plait à mélanger les symboles et les icônes. Souvent se trouvent côte à côte des symboles du folklore anarchiste (drapeaux noirs, A cerclés, marins révoltés de Kronstadt et autres figures historiques mis en avant pour leur héroïsme...) et des symboles dont le folklore nous rappelle les massacres et les peines d’emprisonnement anti-anarchistes : Les trois flèches de la S.F.I.O. de Jaurès et de Blum devenue logo officiel des antifascistes, les drapeaux rouges et les visages de Lénine, Mao, parfois Staline et autres bouchers compétiteurs des pires fascistes. Tant de symboles mélangés entre eux, donc vidés de tout sens. La scène culturelle antifasciste joue aujourd’hui le rôle d’un agent de confusion efficace au service de l’affaiblissement de toute clarté révolutionnaire, au service du pillage de la mémoire des anarchistes qui ont combattu le fascisme et qui n’ont pas déposé les armes lorsque la sale gueule de la démocratie pointait son nez.
Voila pourquoi nous ne sommes pas antifascistes. Notre anarchisme est de fait antifasciste puisque le fascisme n’est qu’un énième mode de gestion, certes plus violent, plus spectaculaire et plus identifiable de la domination. Mais l’anarchisme est un courant qui a toujours su identifier ses ennemis : l’Etat et la domination, qu’ils soient fascistes, antifascistes, démocrates ou communistes, ou prétendument anarchistes [5].
Nous opposons l’anarchisme à l’antifascisme.
Extrait de la brochure L’Anarchisme contre l’antifascisme. 
Notes

[1] Condamné à mort par le fascisme, Pedrini se voit libéré en 1944 de la prison de Massa par un groupe de partisans. Condamné de nouveau en 1949, à trente ans de prison cette fois pour avoir abattu, à l’heure où c’était devenu interdit, un policier aux sympathies fascistes avérées et exproprié quelques industriels de Carrare, Milan et La Spezia, anciennement acquis au Duce, il n’en sortira qu’en toute fin de peine, au milieu des années 1970.
[2] Le palais présidentiel italien.
[3] Dans Il nostro antifascismo, extrait de Culmine N°16, 23 décembre 1926.
[4] Dans le texte Che ne facciamo dell’antifascismo ?, publié dans la revue italienne Anarchismo N°74.
[5] Comme en Espagne où les Cenetistes Juan García Oliver et Federica Montseny devinrent ministres de la Justice et de la Santé. Pour eux, la révolution sociale devait être défendue tout en maintenant l’État anti-franquiste.
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Ajoutons ceci au texte de nos camarades:
Tous Staliniens ! 
Le courant antifasciste s'incarne d'abord dans le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, le Front populaire, puis dans la Résistance, dont les gaullistes, les socialistes et le PCF prennent la tête.
La tactique du front populaire consiste à former des gouvernements unissant les partis de la bourgeoisie libérale et de la gauche, pour contrer la menace fasciste avec pour résultat un échec complet. Cette tactique imposée par Staline a été appliquée en France et en Espagne. En France le Front populaire a rempli ce rôle avec Léon Blum en cassant le mouvement de grèves, en Espagne le Frente popular fut destitué par le coup d'État militaire franquiste et cela brisa net la révolution libertaire que défendait Durruti et ses camarades.
La véritable lutte contre le fascisme ne peut pas se baser sur la tactique du Front populaire, mais sur l'action directe et révolutionnaire des masses prolétariennes. C'est la faute a ce Front unique entre parti communiste et social-démocratie que Hitler l'emporte en Allemagne, selon Trotsky. Par ailleurs, les staliniens ont instrumentalisé l'antifascisme systématiquement pour discréditer leurs opposants (les anarchistes devenant "anarcho-fascistes", etc.) depuis les années 1930 jusqu'aux années 1980, lorsque l'un des slogans du PCF était Gauchistes, Fascistes, Assassins .
Cela suffit-il aux bisounours antifascistes ?                Durruti la vraie lutte contre les fascismes bruns et rouges
Membres de la Colonne Durruti  en Aragón (Août 1936)
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Position particulièrement claire des Conseillistes
et cela dès le début:

den Faschismus beginnt mit dem Kampf gegen den Bolschewismus 

The struggle against Fascism begins with the struggle against Bolshevism

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