dimanche 7 février 2010

De l'informatique et de la liberté


Comment sécuriser son PC, comment se protéger sur  internet
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Beaucoup de choses a dire sur le sujet: Historique du Réseau
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Des usages policiers de l'informatique... et de quelques pistes pour s'en prémunir



De la saisie répétée des disques durs de serveurs militants à la réquisition de tous les supports de stockage lors des perquisitions, l’exploitation policière des données informatiques est devenue une pratique systématique, permettant de constituer très facilement des dossiers à charge. Reste donc à se doter des connaissances, des outils, et des pratiques qui conviennent : si les ordinateurs peuvent nous trahir, il s’agit de savoir comment ils font… et de devenir capables de leur clouer le bec.
Et comme «faire parler un ordinateur» peut se faire soit en le saisissant, soit en récoltant des informations qu’il envoie par le réseau, on vous propose un article en deux temps : dans cette édition, quelques pistes pour ne pas se laisser trahir par sa machine ; et dans le prochain numéro, quelques trucs pour tenter de se protéger lors de la connexion.
Attention cependant : vues la diversité et la complexité des failles possibles dans un système, on ne peut donner ici que quelques techniques, demandant souvent des recherches complémentaires, afin de limiter la casse en gardant à l’esprit que c’est toujours par la porte la moins bien gardée que pourra se faire une attaque.
Quelques trucs pour protéger ses données
a) Choisir ses logiciels et son système

Préalablement à tout effort de «sécurisation» d’un système d’exploitation, il est essentiel de pouvoir accorder une certaine confiance à celui-ci, et aux logiciels qu’il accueille : il est impossible de savoir exactement ce que font Windows, Mac, et tout les logiciels propriétaires (non-libre), puisque leurs codes ne sont pas publics, et il est prouvé qu’il existe des «portes dérobées» permettant à qui en a la clé de prendre le contrôle du système. À l’inverse, les codes des systèmes d’exploitation Linux [On peut télécharger le CD d’installation de Linux «Debian»] et des logiciels libres sont publics, et souvent relus et travaillés par divers programmeurs, ce qui limite la possibilité de magouilles (attention toutefois à les télécharger sur un serveur fiable).

b) Séparer les espaces de travail

On estime que 40 à 80% des ordinateurs sous Windows sont infectés par des logiciels malveillants récupérés sur internet ou sur des clés USB, qui balancent toutes sortes d’informations (données personnelles, mots de passe…) à toutes sortes de gens (sociétés de com’, flics…).

À défaut de pouvoir se débarrasser de tous ceux-ci, il est important de faire en sorte qu’ils ne puissent pas côtoyer ou contaminer des fichiers sensibles ; d’où la nécessité d’utiliser des espaces de travail séparés en fonction de l’usage qu’on en a : plusieurs supports de stockage, plusieurs systèmes d’exploitation, et pourquoi pas, plusieurs ordinateurs.

c) Savoir se débarrasser des fichiers gênants

Lorsqu’on supprime un fichier, son contenu continue en fait à subsister sur le support de stockage où il se trouvait, et peut être retrouvé très facilement. La seule manière d’effacer réellement un fichier est de récrire plusieurs fois avec des données aléatoires sur l’espace qu’il occupe.

Il existe des logiciels qui permettent ce genre d’«effacement sécurisé», soit en effaçant sélectivement un fichier ou un dossier, soit en recouvrant la totalité de l’espace libre d’un support de stockage avec de nouvelles données : voir Eraser sous Windows, l’option «Effacer de manière sécurisée» sous Mac OS X, les commandes wipe, shred, srm et sfill sous Linux. Attention : l’effacement sélectif ne fonctionne pas avec les clés USB (qui utilisent une mémoire flash) ; la seule manière de les nettoyer est de recouvrir totalement leur espace libre.

d) Limiter les traces

Enregistrement automatique de fichiers sous un nom différent, journalisation de tous les évènements du système d’exploitation : l’activité normale des ordinateurs laisse autour d’elle quantité de traces, comme autant de copeaux permettant de retrouver des fichiers plus ou moins complets, des mots de passe, des traces de connexion internet, etc.

Seule une configuration fine de ses logiciels, liée à une bonne connaissance de leur fonctionnement, peut permettre de diminuer la quantité de traces qu’ils laissent, et/ou de choisir leur destination.

Quant aux traces stockées en mémoire vive (la «RAM» est une mémoire particulière qui enregistre de manière temporaire de nombreuses informations utilisées par le système d’exploitation), elles sont censées s’effacer d’elles-mêmes lors de l’extinction de l’ordinateur.

Mais d’une part, il arrive que la RAM se répande sur une partie du disque dur (la SWAP) qui elle, ne s’effacera pas ; d’autre part, certaines techniques peuvent permettre de retrouver le contenu de la RAM après extinction de l’ordinateur. Sous Linux, les commandes smem et sswap permettent de remplir ces deux mémoires de données aléatoires.

Enfin, notons que des signatures peuvent aussi être laissées sur les documents produits avec un ordinateur donné : numéro de série du logiciel ou informations sur l’auteur (fichiers PDF), mais aussi micro-défauts d’impression ou de gravure liés à l’usure de l’imprimante ou du graveur, qui permettent de l’identifier sans doute possible, tout comme l’empreinte d’impact sur une balle permet de retrouver le canon qui l’a propulsée. Sans compter que certaines imprimantes laissent à dessein de micro-signatures permettant d’identifier leur modèle (on peut en trouver la liste).

Il est finalement illusoire d’espérer supprimer toutes les traces laissées par le fonctionnement normal d’un ordinateur. Mieux vaut soit ne pas en laisser du tout, en faisant fonctionner la machine avec un Live CD (système d’exploitation sur CD) configuré pour n’utiliser ni le disque dur ni la swap ; soit, revenir à la bonne vielle cachette sous l’évier : démonter un disque dur est l’affaire d’une minute et de trois coups de tournevis ; soit enfin, se débrouiller pour que les données retrouvées soient inexploitables : c’est ici qu’intervient la cryptographie.

e) Chiffrer ses données

Le chiffrement des données (cryptographie) permet de les rendre totalement incompréhensibles pour qui n’a pas le mot de passe, et ce, de manière très fiable.

Les logiciels TrueCrypt sous Windows, FileVault sous Mac OS X, et dm-crypt avec Cryptsetup ou Efscrypt sous Linux, permettent de chiffrer soit sélectivement des fichiers ou des dossiers, soit l’espace disque qui sera utilisé pour la swap, soit, la totalité d’un disque dur. Cette dernière option est de loin la plus intéressante, puisqu’elle permet de garder confinée la totalité du système d’exploitation, traces comprises… mais elle n’est possible, dans sa version «libre», que sous Linux.

f) Se méfier des solutions trop simples

Au vu des problèmes que cela peut induire, on pourrait être tenté de ne plus utiliser son ordinateur ou son système d’exploitation habituel. Malheureusement, cette alternative ne fait le plus souvent que déplacer le problème : ainsi, les «logiciels portables», qui prétendent souvent apporter des garanties «sans trace», en laissent en fait toujours dans le système d’exploitation qui est utilisé pour les faire fonctionner ; et les cybercafés, de leur côté, ne garantissent pas du tout l’anonymat, ne serait-ce que parce que certains d’entre eux installent volontairement des logiciels-espions dans leurs machines. Si l’usage de ces derniers ne peut pas être contourné, penser à utiliser des comptes séparés pour les différents usages, à détourner la webcam de son visage, et à toujours taper les mots de passe avec un clavier virtuel (petit logiciel qui permet de rentrer les lettres en les sélectionnant à l’écran).

g) Surveiller ses arrières

Au-delà des problèmes de traces ou de logiciels-espions génériques, la surveillance informatique peut aussi être une affaire ciblée.

L’installation de logiciels-espions (désormais exploitable juridiquement) dans une machine donnée peut être aussi facile que d’envoyer un mail hébergeant un cheval de Troie ou d’accéder trente secondes à l’ordinateur lui-même ; la surveillance permanente d’une connexion internet, de son côté, est simple comme une réquisition du parquet ; et la récupération de codes d’accès à une boîte mail ne demande dans la plupart des cas qu’une requête en bonne et due forme auprès de l’hébergeur.

Ajoutons pour le côté science-fiction qu’il est techniquement possible de surveiller à distance écran et clavier…

En conséquence, et pour finir, on ne saurait trop conseiller de garder un œil sur son matériel, et de rester vigilant vis-à-vis de l’endroit depuis lequel on l’utilise…

Rebetiko no 4, hiver 2010
Chants de la plèbe
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Surveillance informatique : Quelques pistes pour protéger ses connexions



Surveillance informatique
Partie 2.1 : Quelques pistes pour protéger ses connexions


Des serveurs relais qui enregistrent les flux de données circulant sur internet ; des logiciels espions injectés à distance dans les ordinateurs pour surveiller leurs activités (loppsi II) ; des procureurs qui traquent les crimes de lèse-majesté à l’aide des adresses IP de connexions : il y a des flics à tous les coins de rue aussi le cyber-espace. Dans ce deuxième volet (et dans le troisième, à suivre) de la série sur la surveillance informatique, quelques pistes pour tenter de protéger son ordinateur au cours d’une connexion au réseau.
Le problème prend ici une dimension particulièrement délicate, car, sauf efforts de configuration colossaux, tout ordinateur connecté à un réseau est susceptible de communiquer avec celui-ci sans que l’utilisateur ne lait demandé.

Comme la mise en réseau décuple les problèmes évoqués dans notre premier texte, le fait d
avoir installé un système dexploitation de confiance est une condition pour que les outils présentés ici aient un minimum defficacité, quitte à utiliser systématiquement un système live (cf. première partie). Et même ainsi, une prise de contrôle de lordinateur par le réseau reste possible, permettant de tout savoir sur celui-ci. La question est complexe, et nous ne pourrons donner que des ébauches de pistes à creuser. Par ailleurs, comme certains des outils présentés sont déjà connus et utilisés (et parfois avec une confiance excessive), il est utile den aborder aussi les limites.


1. Limiter les attaques par le réseau
La «Box» [
Le vrai nom de ces machines est «routeur».] (Freebox, Livebox, etc.) qu’on utilise pour se connecter à internet contient un système d’exploitation très basique, installé par son fournisseur (Orange, Free, etc.), sur lequel celui-ci détient tous les droits d’administration. Se pose dès lors la question de la confiance qu’on peut lui accorder, en particulier pour trois raisons :
— Tout ordinateur connecté à une Box lui communique le numéro de sa propre carte réseau [Le matériel qui gère les connexions.] (l’adresse MAC), qui est unique, et reste enregistré dans celle-ci à vie ; l’accès physique à la Box, ou sa simple consultation depuis le réseau par le fournisseur, permet de lui faire communiquer ces informations. Il est cependant possible d’obtenir qu’un ordinateur emploie une fausse adresse Mac, en configurant directement la carte réseau à cette fin [Une petite recherche scroogle (https://ssl.scroogle.org) donne de bons résultats, comme par exemple http://free.korben.info/index.php/Changer_son_adresse_MAC.].
— Se trouvant placée sur un réseau local, la Box bénéficie d’une confiance particulière de la part des ordinateurs qui sont sur ce réseau : elle est en position idéale pour ouvrir l’accès à une attaque.
— Le système installé sur la Box inclut un firewall [Ou pare-feu, c’est le logiciel qui gère les connexions entrantes et sortantes.], mais encore une fois, on ne contrôle pas ce qu’il fait. Il est donc intéressant d’installer un autre firewall sur son propre ordinateur [Netfilter/Iptables sous Linux ; sous Windows, mieux vaut renoncer à se connecter que d’espérer trouver une réelle protection.], voire d’attribuer toute la gestion du réseau local à un autre routeur, branché entre la Box et les ordinateurs, sur lequel on aura installé un système de confiance [Un bon exemple (en anglais) sur http://openwrt.org.].
Une attaque par le réseau peut aussi provenir de logiciels malveillants présents dans des données dont on a demandé soi-même le téléchargement (mails, programmes, micro-programmes comme JavaScript ou Flashplayer permettant l’affichage de pages dynamiques [Les extensions FlashBlock et NoScript, qu’on peut installer sur Firefox ou Iceweasel, permettent de bloquer ces deux programmes.]).

2. Limiter la transparence des informations échangées

Toutes les informations qui circulent sur un réseau ont une double nature : elles comprennent d’un côté les données elles-mêmes (le «contenu», dans le corps de texte d’un mail par exemple), et d’une autre, des informations permettant à ce contenu d’être acheminé sur le réseau (on parle de «routage») [
Ces informations, appelées «en-tête», contiennent toujours a minima l’adresse d’expédition du message, son adresse de destination, et la date et l’heure de l’émission.]. Le contenu comme les en-têtes sont échangés de manière transparente, et peuvent donc être enregistrés par les ordinateurs (routeurs) qui relaient les données sur le réseau, aussi facilement qu’une carte postale sans enveloppe peut être lue par quiconque l’a en main [Les fournisseurs de services sur Internet (de Youtube à Gmail, de No-log à Libération.fr) ont d’ailleurs, dans la plupart des pays, l’obligation légale de permettre, pour toutes les connexions qu’ils établissent, leur mise en correspondance avec une adresse réseau (IP) d’émission, cf. prochain épisode.].

On peut chiffrer le contenu des échanges de manière à le rendre confidentiel, mais cela n’a aucune incidence sur les informations d’en-tête ; on peut tenter de modifier les en-têtes de manière à en masquer l’origine (pseudo-anonymat), mais cela n’a aucune incidence sur le contenu. Dès lors qu’on recherche, sur internet, la confidentialité ET l’anonymat, il faut combiner ces deux techniques, dont seule la première sera évoquée dans ce numéro.

2.a. Du bon usage des connexions chiffrées
Certains serveurs web, ceux dont l’adresse commence par https://, permettent d’établir automatiquement des connexions chiffrées. Dans ce cas, les logiciels des deux ordinateurs (le client — celui qui se connecte  — et le serveur) créent entre eux un «tunnel chiffré» par lequel les contenus seront échangés. Un usage bien compris de ce protocole demande quelques précisions :

— Sa solidité repose beaucoup sur la possibilité, pour le client, de s’assurer de l’authenticité du serveur avec lequel se crée l’échange. Si cette authenticité ne peut être vérifiée, le navigateur le fait savoir au moyen d’un message d’erreur ; il reste alors possible d’établir une connexion chiffrée… mais il se peut que la connexion ait été interceptée, et que le tunnel se crée avec le serveur qui effectue l’interception. L’établissement d’une connexion sécurisée devient alors possible, mais avec un serveur-relais mal intentionné qui, afin de rester discret, transmet ensuite les informations à la page demandée, mais en les déchiffrant-rechiffrant au passage. La seule solution pour éviter cette interception est de se procurer de manière certaine la signature (certificat) du site auquel on veut se connecter, et de l’installer dans son navigateur, avant d’établir la connexion [La page internet https://aide.boum.org/CertificatSSL/ propose des explications détaillées sur ces questions, ainsi qu’un protocole pour vérifier efficacement l’authenticité d’un certificat.].
— Les données étant chiffrées uniquement pour le trajet, elles se trouvent à l’état déchiffré sur les ordinateurs qui communiquent.
— L’échange d’informations n’est parfois chiffré que sur une partie du trajet : par exemple, si l’utilisateur d’une boîte gmail envoie un mail à un utilisateur sur no-log, la connexion avec gmail est bien en https, et celle du destinataire, avec no-log, l’est aussi… mais gmail ne chiffre pas les connexions qu’il établit avec les autres serveurs : le mail est alors, sur cette partie du trajet, transmis en clair.
2.b. Crypter ses mails

Certains logiciels, comme Mozilla Firefox, Claws Mail, ou Thunderbird, proposent d’installer un module complémentaire (FireGPG, Enigmail) qui peut prendre en charge le chiffrement et le déchiffrement des mails. On peut ainsi assurer leur confidentialité pendant la totalité du trajet. Là encore, il faut prendre en compte certaines limites :

— Lors de l’écriture d’un mail, ne pas oublier de désactiver l’enregistrement automatique des brouillons… sans quoi le brouillon non chiffré peut rester stocké sur le disque dur du serveur. Utiliser l’éditeur de texte de FireGPG rend inopérante cette sauvegarde automatique.
— Le chiffrement n’agit que sur le corps de texte des mails. Mais les mails disposent de leur propre en-tête, d’un autre type que celui évoqué plus haut, et qui contient le même genre d’informations, ainsi que le sujet du mail. Il n’existe aucun moyen de chiffrer ou masquer cet en-tête, ni d’empêcher son enregistrement éventuel sur les machines qui relaient le mail.
— Les mails échangés doivent être déchiffrés pour être lus : ils peuvent dès lors laisser toutes sortes de traces de leur présence, ou de la phrase qui a servi à les chiffrer, dans le système d’exploitation du destinataire ou de l’expéditeur.
Certaines pages web expliquent très bien le fonctionnement et l’usage du chiffrement des mails [Par exemple, http://globenet.org/IMG/pdf/manuel-crypto.pdf et les tutoriaux que cette brochure suggère de consulter. Le site https://mail.riseup.net propose lui des outils «en ligne» de chiffrement des mails.].

post-scriptum au premier volet :
Des données invisibles dans les documents numériques
Les fichiers numériques peuvent être enregistrés sous différents formats. Les formats de fichier complexes (.doc, .mp3, .tiff, .jgp, .pdf, etc.) enregistrent, en plus des données qu’on veut sauvegarder, des nombreuses informations complémentaires : ces méta-données peuvent indiquer le nom de l’auteur, la date de création, la géolocalisation d’une photo, la marque de l’appareil qui l’a prise, voire parfois, contenir une miniature de cette photo avant modification (ce qui peut rendre par exemple inopérant le floutage des visages sur les photos publiées sur internet)… On peut vérifier leur présence (mais pas vraiment leur absence) en faisant simplement afficher, avec un clic droit, des «informations sur le fichier». On ne connaît aucune technique ou aucun logiciel fiable pour se débarrasser des méta-données : il est toujours possible de copier-coller les données dans un nouveau fichier (ce qui en supprime déjà les plus flagrantes), en optant pour les formats d’enregistrement les plus basiques (.bmp pour les images, .txt pour les textes), qui en conservent beaucoup moins… Ce problème, ainsi que des tests vraiment effrayants, sont présentés par la brochure (en anglais) Hidden Data in Internet.

À suivre : Quelques autres pistes pour protéger ses connexions… et pour trouver des informations plus complètes.

Rebetiko no 5, printemps 2010
Chants de la plèbe.
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Depuis toujours les hackers ont mis en place des bibliothèques virtuelles squattant le cyberspace. Le plus connu de la communauté francophone est le glorieux madchat dont il existe de nombreuses déclinaisons. Madchat est immortel, ses clones et miroirs hantent le réseau. Madchat est un reposito dont voici un extrait du repositorium.txt d'origine:
Créations de la scène open-source libre et parfois souterraine

SYNOPSIS
 http://madchat.org/ - bibliothèque de données libres 
DESCRIPTION
 Agrégation/sédimentation de volumes de connaissances
OVERVIEW
 [DIR] -< coding >/ - prog docs sources c/c++ rezo perl sh
 [DIR] -< crypto >/ - cyphers stegano vpn hash/lib/algo
 [DIR] -< esprit >/ - le maitre des ames
 [DIR] -< reseau >/ - sekurite, monitor et defense reseau
 [DIR] -< search >/ - saint-bernard des textes enneiges
 [DIR] -< sysadm >/ - unix guides admin seku kernel
 [DIR] -< vxdevl >/ - naissance intelligence cybernetique

SYNTAX
 http://madchat.org/coding/c/sources/
 http://madchat.org/esprit/texture/vitaminK.jpg
ENVIRONMENT
 C'est la zone
 Attention aux champignons
OPTIONS
 ftp://madchat.org/incoming/madchat/ {ftp anonyme}
 Tu peux contribuer si le but de ta contrib n'est pas traductible en mots
FORMAT
        Automatic directory listing en l'absence d'index : Apache mod_autoindex
 Ce n'est pas 'le site d'un groupe' et il n'y a pas de 'pages web' (x100)
POLICY
 Espace gratuit et libre
 La base de fichiers ne revendique rien
 


Les 3 Derniers repositos:   + celui des méchants  Autonomes

Madchat
Madchat       
Madchat

et gaffe a la super louche thehackademy qui n'est qu'une école de ... Police ...
alors passe ton chemin camarade !
 

  Ni White hat Ni black hat Ni grey hat

Hacktivistes « l'information veut être libre »

Hacker comme virtuose de la technologie et activiste politique que l'on retrouve le plus souvent dans les luttes libertaires et altermondialistes

Le Manifeste du Hacker (titré en anglais The Hacker Manifesto, ou The Conscience of a Hacker, « La Conscience d'un Hacker ») est un petit article écrit le 8 janvier 1986, par le hacker Loyd Blankenship après son arrestation, sous le pseudonyme de « The Mentor ». Publié pour la première fois dans le magazine électronique underground Phrack (Volume 1, Numéro 7, Phile 3 de 10), on peut de nos jours le trouver sur de nombreux sites web. Il est souvent confondu, du fait d'une proximité de titre, avec l'essai de 2006 sur la libération de l'information Un Manifeste Hacker (“A Hacker Manifesto”) du théoricien des médias McKenzie Wark. Article


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Le crypto-anarchisme est une philosophie qui prône l'emploi de clés publiques et de la cryptographie dans le but de renforcer le secret, l'intimité et la vie privée sur Internet (privacy en anglais). Les crypto-anarchistes ont pour objectif de créer des communautés virtuelles où tous les membres sont anonymes ou sous pseudonyme.
Dans ces communautés virtuelles, l'identité physique d'un pseudonyme doit être presque totalement impossible à découvrir. Les crypto-anarchistes pensent que ce n'est qu'à l'intérieur de ces communautés qu'ils peuvent être totalement libres, car dans les autres communautés, il y a toujours quelqu'un qui a la possibilité de trouver qui ils sont ou d'écouter ce qu'ils disent. De plus, le développement de méthodes de surveillance qui accompagne la croissance d'Internet, permettent désormais que soit mis en place un pouvoir de surveillance par ordinateur qui est sans antécédent. Par conséquent, les crypto-anarchistes affirment que le développement et l'usage de la cryptographie sont un des moyens de se défendre contre ce pouvoir de surveillance qui va continuer à croître et à s'introduire de plus en plus dans la vie privée. Ce moyen de défense est pour eux à développer à côté de l'action politique.
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Les cypherpunks ( composé à partir des mots anglais cipher (chiffrement) et punk sur le modèle de cyberpunk) forment un groupe informel de personnes intéressées par la cryptographie. Leur objectif est d'assurer le respect de la vie privée par l'utilisation proactive de la cryptographie.
Le terme cypherpunk a été inventé par Jude Milhon, se voulant un jeu de mot pour décrire des cyberpunks qui avaient recours à la cryptographie.
Cypherpunk, cypherpunks ou cpunks sont aussi le couple login/mot de passe de comptes créés sur des sites web requérant un enregistrement. Ils sont alors utilisés par des utilisateurs qui ne souhaitent pas divulguer de données personnelles.
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Le Cyberpunk est un sous-genre de la science-fiction décrivant un monde dystopique et dont l'origine remonte au début des années 1980. Il a depuis essaimé ses thématiques dans de nombreux média, notamment dans la bande dessinée, le cinéma, la musique, les jeux vidéo et les jeux de rôle.
« Le courant Cyberpunk provient d'un univers où le dingue d'informatique et le rocker se rejoignent, d'un bouillon de culture où les tortillements des chaînes génétiques s'imbriquent. »
La littérature cyberpunk est fréquemment associée aux courants politiques révolutionnaires (anarchisme, marxisme, ultra-gauche, libertaire et situationnistes ...) bien qu'une large part de cette littérature penche vers un nihilisme apolitique.
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Le postcyberpunk décrit un genre de science-fiction censé avoir émergé du mouvement cyberpunk. Tout comme son prédécesseur, le postcyberpunk se concentre sur les développements technologiques dans des sociétés du futur proche, typiquement en examinant les impact sociaux de la télécommunication tous azimuts, de la génétique et de la nanotechnologie.

Et pour finir très provisoirement: Quelques perles-liens:
gnu philosophie
passeralinux
y'a pas que GNU-Linux y'a la bande a BSD:
freebsd

samedi 6 février 2010

Léonard PELTIER


Léonard PELTIER est en prison depuis 34 ans !
 
La guerre entre les cow-boys et les indiens n'est pas terminée !
Venez y participer en envoyant une lettre de soutien à Leonard Peltier

Léonard Peltier est incarcéré depuis 1976.
Durant la première quinzaine de janvier 2009, le site américain Change.org qui promeut l'élaboration d'une liste de mesures d'urgence à soumettre au Président élu Obama classe en 12e position sa libération immédiate.
Le jeudi 8 janvier 2008, Léonard Peltier est informé de son transfert du pénitencier de Leavenworth au Kansas pour la prison de Lewisburg située en Pennsylvanie et ce dès lundi 12 janvier 2009. Dans la même missive, il lui est accordé le droit de solliciter une libération conditionnelle en février 2009. Peu de jours après son arrivée au Canaan Federal Penitentiary,  Léonard Peltier a été pris à partie par des prisonniers et est sévèrement blessé. Ne voulant pas dénoncer ses agresseurs, il n'est pas considéré comme victime par le système pénitentiaire, et est donc placé en confinement avec un seul repas par jour. Ses jours seraient en danger selon son site officiel, qui rappelle que Léonard Peltier est diabétique, et qu'un tel traitement met en jeu sa santé.
Léonard Peltier est un militant amérindien Anishinaabe/Lakota, né lé 12 septembre 1944, incarcéré depuis 1976 et condamné à deux peines à perpétuité. Il est membre de l'American Indian Movement.
L'organisation Amnesty international le considère comme un prisonnier politique, qui "devrait être libéré immédiatement et sans condition."


Le 25 juin 1975, Jack R. Coler et Ronald A. Williams, des agents spéciaux du FBI recherchant pour interrogatoire un jeune homme suite à l'attaque de deux ranchs sont tués dans une fusillade dans la réserve indienne de Pine Ridge dans le Dakota du Sud.
On retrouve les empreintes de Léonard Peltier sur les affaires des agents tués et le 22 décembre 1975, il devient la 335e personne à être inscrite sur la liste des Dix Fugitifs les plus recherchés du FBI.
La Gendarmerie royale du Canada l'arrête à Hinton en Alberta le 6 février 1976.
Léonard Peltier a été inculpé de l'assassinat de ces deux agents du FBI puis condamné à deux peines consécutives de prison à perpétuité le 2 juin 1977 à Fargo (Dakota du Nord). Il est incarcéré au pénitencier fédéral de Lewisburg, Pennsylvanie. Il n'a pas bénéficié de la révision de son procès.
Toutefois, ses partisans disent que :
  • son arrestation et son extradition du Canada aurait été obtenues sur la présentation de dépositions, obtenues par le FBI, de Myrtle Poor Bear, une jeune femme indienne dont le témoignage sera écarté par le juge sur la base d'instabilité mentale au moment du procès de Peltier ;
  • ses avocats se sont vu imposer des restrictions dans leur argumentation et n'ont pas été autorisés à présenter des témoins lors de son procès. 

Les avocats de Peltier ont déposé une nouvelle plainte dans le cadre de la Loi sur la Liberté de l’Information, pour obtenir la déclassification de plus de 170 000 pages sur cette affaire, qui sont toujours classées par le FBI et la CIA pour des raisons de « sécurité nationale ». Le but de cette action étant d’obtenir de nouvelles preuves, ce qui permettrait de ramener le cas Peltier devant différentes cours de justice. Le FBI a remis en juillet 2002 plus de 30 000 pages à la défense permettant à l'équipe légale de Peltier de travailler sur un appel devant une cour fédérale. Mais jusqu'à présent, le FBI retient toujours plus de 140 000 pages.
La dernière action en justice a été déposée, en avril 2002, dans le cadre du droit civil américain. Leonard Peltier et ses avocats ont décidé d’attaquer le FBI pour son rôle dans cette affaire depuis 1975.
Depuis près de 30 ans, plusieurs personnalités à travers le monde (Nelson Mandela, Rigoberta Menchú, Chef Arvol Looking Horse, Mgr Desmond Tutu, Rockin' Squat, Médine, Pyroman, les groupes Rage Against The Machine et Tagada Jones, le chanteur Renaud...), ainsi que des millions d'anonymes, réclament la libération de Léonard Peltier. Lors de sa réélection, Bill Clinton avait assuré qu'il " n'oublierait pas Léonard Peltier" sans avoir donné à Léonard Peltier la clémence présidentielle.
Léonard Peltier est, pour nombre d'Amérindiens, un symbole de la lutte et de la résistance autochtone.
Léonard Peltier est incarcéré depuis 1976.

Libération immédiate !



Burlesque ou Dément ?

États-Unis : le Congrès relève le plafond de la dette de 1.900 milliards de dollars

 

Le Congrès des États-Unis a approuvé, après un dernier vote jeudi à la Chambre des représentants, le relèvement du plafond de la dette américaine de 12.374 à 14.294 milliards de dollars, soit une hausse d'environ 1.900 milliards.
Les élus de la Chambre se sont prononcés par 217 voix contre 212 dans un vote procédural jeudi en faveur du relèvement du plafond de la dette. Puis, avec un ultime vote de 233 voix contre 187, ils ont envoyé le projet de loi au président Barack Obama pour promulgation.
Aucun républicain n'a voté pour le relèvement du plafond de la dette, une mesure qu'ils jugent irresponsable en terme budgétaire.
Avec ce dernier vote jeudi, les parlementaires ont approuvé une mesure surnommée "Pay-as-you-go" qui oblige l'Etat fédéral à ne dépenser que les fonds qui sont disponibles, afin de lutter contre le déficit budgétaire.
Ce principe avait déjà été en vigueur aux Etats-Unis entre 1991 et 2002, puis avait été écarté par l'administration de George W. Bush. Le financement des guerres n'est toutefois pas concerné par cette mesure.
Le président Barack Obama, qui s'était fait l'avocat d'une telle mesure destinée à remettre les États-Unis sur le chemin de la "responsabilité" budgétaire, s'est déclaré "satisfait" de cette adoption, soulignant dans un communiqué qu'"emprunter pour financer n'est pas une politique tenable à long terme".
En décembre, le Sénat et la Chambre avaient déjà adopté un relèvement du plafond de la dette du pays de 290 milliards de dollars.
Cette manoeuvre est employée afin d'éviter que le fonctionnement du gouvernement américain ne soit entravé par son incapacité à emprunter davantage pour financer les efforts de redressement économique.
Le Sénat avait approuvé le relèvement de la dette et le "Pay-as-you-go" par un vote unique de 60 voix contre 39, la semaine dernière.
Ce vote intervient peu après le discours sur l'état de l'Union le 27 janvier, au cours duquel le président Obama a promis davantage de responsabilité budgétaire pour réduire le déficit américain qui atteint des records.
La Maison Blanche avait dévoilé lundi son projet de budget pour l'exercice 2011 en légère hausse, à 3.834 milliards de dollars, qui devrait permettre de réduire le déficit grâce à la hausse attendue des recettes fiscales. Le déficit serait ramené à 1.267 milliards de dollars, soit 8,3% du produit intérieur brut américain, contre un record de 1.556 milliards (10,6% du PIB) prévu sur l'exercice 2010.
Le département du Trésor américain avait averti mercredi que le plafond de la dette publique des Etats-Unis autorisée, relevé en décembre à 12.374 milliards de dollars par le Congrès, était déjà trop bas et risquait d'être atteint "dès la fin du mois de février".
Selon les derniers chiffres disponibles du Trésor, la dette publique des États-Unis dépassait 12.349 milliards de dollars au 1er février.

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La dette publique française représenterait 86,6 % du PIB en 2013

La trajectoire d'évolution des finances publiques de la France transmise à la Commission européenne prévoit que la dette publique atteindra 86,1 % du PIB en 2011, 87,1 % en 2012 et 86,6 % en 2013, a-t-on appris mardi dans l'entourage du ministre du budget, Eric Woerth. Malgré la progression rapide de la dette sous l'effet de la crise économique, le gouvernement "n'a pas d'inquiétude particulière" sur la notation AAA de la dette française. 

A côté du scénario central qui prévoit une baisse du déficit public à 6 % en 2011, 4,6 % en 2012 et 3 % en 2013 avec une croissance du PIB de 2,5 % par an à partir de 2011, le plan comprend un scénario alternatif avec un déficit à 4 % en 2013 et 3 % en 2014 si la croissance est de 2,25 % par an. La limitation de l'évolution des dépenses des ministères, déjà annoncée par le premier ministre, François Fillon, ne s'appliquera pas uniformément à tous les ministères.. 



 

vendredi 5 février 2010

Annulation des trois derniers (pseudo-)débats publics sur les nanotechnologies

Prenant acte du naufrage de sa campagne de promotion, la Commission nationale du débat public (CNDP) annonce ce mercredi 3 février 2010 l’annulation de ses trois dernières réunions prévues à Montpellier le 9 février, à Nantes le 16 février et à Paris le 23 février 2010.
Pour sauver la face, elle improvise en lieu et place des visio-conférences d’experts sur Internet, invitant les internautes à leur poser des questions par mail et par téléphone, comme dans n’importe quel talk-show à la radio ou à la télé.
Après la conduite de Grenoble subie le 1er décembre 2009, Jean Bergougnoux, président de la CNDP-Nanos, avait claironné à la manière du général Mac Arthur qu’il reviendrait. "A Grenoble, le débat n’est que suspendu, il n’est pas annulé, et reprendra sous une autre forme", déclarait-il le soir du 1er décembre (1). Confirmation le 26 janvier à L’Express.fr (2) : "Je me suis promis d’y retourner". On voit qu’il n’en est rien pour l’instant, à notre vif regret. Nous espérions rendre à M. Bergougnoux le Pipeau d’Or que nous lui avions décerné lors d’un précédent passage, et qu’il a oublié d’emporter dans sa prompte retraite.
Nous avions appelé au boycott et au sabotage de la campagne de promotion du nanomonde par la CNDP. L’échec de cette mascarade est une bonne nouvelle. Les dispositifs d’acceptabilité et de "démocratie technique" ont été démasqués et défaits. En dépit de moyens considérables, et de l’explosion d’un budget initial de deux millions d’euros fourni par le ministère de l’Ecologie. Explosion sur laquelle les journalistes ne manqueront de demander des comptes.
Nous menons depuis janvier 2003 le débat public sur les nanotechnologies et l’avènement du nanomonde à travers des livres, des films, des articles, des émissions de radio, des réunions publiques, des manifestations, et nous allons continuer avec tous les opposants à la tyrannie technologique, qui partout en France ont fait dérailler le train publicitaire des nanotechnologies. Et en tout premier lieu avec les collectifs anti-nanos de Montpellier, de Nantes et de Paris, qui poursuivront, eux, leur travail d’information, d’alerte, et de débat direct dans les mois à venir.
Quant à nous, nous invitons les rhônalpins à Grenoble les 5 et 6 février pour le 3e café luddite avec l’historien François Jarrige, auteur de "Face au monstre mécanique"  http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=236
Pièces et Main d’œuvre, Atelier de bricolage pour la construction d’un esprit critique à Grenoble
Grenoble, le 3 février 2010


(1) http://www.grenews.com/nano-le-debat-a-ete-annule-@/video.jspz?video=201588
(2) http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/quand-les-anti-nano-perturbent-le-debat_844522.html





« Antiéconomie. André Gorz et la critique de la valeur » , par Franz Schandl

Dans ce texte, Franz Schandl, contributeur aux revues allemandes et autrichiennes Krisis puis Streifzuege, appartenant au courant allemand de la «  wertkritik  » (la critique de la valeur), revient sur l'évolution du parcours du penseur français André Gorz pour lui rendre hommage.

Il revient sur les dernières années de la vie de Gorz quand celui-ci a découvert tardivement la critique de la valeur, Schandl y revient notamment au travers de la correspondance de Gorz avec des auteurs du courant allemand et de ses derniers livres et textes, qui l'ont vu parfois s'auto-critiquer au point de vue théorique. Fait, il est vrai suffisamment rare chez des théoriciens pour être vu comme un trait essentiel d'honnêteté et d'ouverture de la personnalité d'André Gorz. Que de chemin parcouru depuis la sphère autonome et la sphère hétéronome, la dialectique de la société duale, sa conception technologique du travail hétéronome, son soutien absurde au « revenu garanti » (surtout à se faire coloniser par l'économie), etc.
Non seulement dans son dernier livre «  Ecologica » , André Gorz citait à plusieurs reprises le livre d'Anselm Jappe«  Les Aventures de la marchandise » qui n'avait pas lésiné sur la critique de sa pensée tout en y portant un certain intérêt, mais dans une de ses dernières interviews Gorz écrivait : « Ce qui m'intéresse depuis quelques années, est la Nouvelle Interprétation de la théorie critique de Marx publiée par Moishe Postone chez Cambridge University Press. Si je peux faire un vœu, c'est de la voir traduite en même temps que les trois livres publiés par Robert Kurz » [1]. Gorz écrivait ainsi à Schandl que « C’est bien trop tard que j’ai découvert le courant de la critique de la valeur » (lettre du 5 juillet 2007).
Note : [1]Dans sa dernière interview au Le Nouvel Observateur, le 14/12/2006. Voir aussi son dernier livre théorique, Ecologica, Galilée, 2008, p. 110 et suivantes sur Anselm Jappe. Voir aussi une critique de Gorz, dans Anselm Jappe, Les Aventures de la marchandise, p. 269 notamment. Quand on critique les conditions de possibilité même de son merchandising politique, on comprend que Jean Zin n'aime pas beaucoup la critique de la valeur. Les livres de Postone et Kurz auxquels fait référence Gorz sont «Temps, travail et domination sociale. Une réinterprétation de la théorie critique de Marx » , Mille et une nuits, 2009, et de Kurz, notamment « L'effondrement de la modernisation » et son livre le plus connu encore non traduit en France mais qui a eu une grande répercussion en Allemagne pour ce genre de littérature, « Le Livre noir du capitalisme » (dont on pourra consulter en allemand une copieuse présentation ici
 

Intégralité du livre « Critique du travail. Le faire et l'agir », de Jean-Marie Vincent.

Tout comme le scandale qui consiste dans la non-traduction en France des oeuvres de Robert Kurz (L'effondrement de la modernisation ou Le Livre noir du capitalisme) ou d'Alfred Sohn-Rethel, (dont le livre La pensée-marchandise sera toutefois publié aux éditions du Croquant en février 2010) c'est maintenant depuis plus de dix longues années qu'est épuisé et sans projet de réédition, l'oeuvre maitresse du philosophe Jean-Marie Vincent (1934-2004), Critique du travail. Le faire et l'agir (PUF, 1987). Auteur pour Anselm Jappe, de ce « qui est probablement le livre français qui se rapproche le plus de la critique de la valeur, même s'il reste par certains aspects dans le marxisme traditionnel » (Les Aventures de la marchandises, Denoël, 2003, p. 130).
Jean-Marie Vincent, germaniste hors pair et passeur de frontière notamment entre la France et l'Allemagne, fut un introducteur en France de l'Ecole de Francfort et a porté tout au long de sa vie un fort intérêt critique pour la sociologie de Max Weber. L'enfermement des relations sociales dans une " cage de fer ", correspond bien à ce que décrit Jean-Marie Vincent du travail pour comprendre la valorisation sociale engendrée par le capitalisme. Telles une chape de plomb, les totalisations sociales pèsent sur les êtres vivants. Dès les années 1960, il a critiqué « l'ontologisme naïf » du matérialisme dialectique et historique, l'althussérisme (dans Contre Althusser. Pour Marx) comme l'oeuvre de Jurgen Habermas qui n'a plus grand chose à voir avec les intuitions maîtresses de la première génération de l'Ecole de Francfort. Sa confrontation à Habermas fait partie par exemple de Critique du travail. Comme Moishe Postone dans son ouvrage Temps, travail et domination sociale qui comporte plusieurs chapitres consacrés à cet auteur, Jean-Marie Vincent reproche à Habermas son interprétation très réductrice de Marx mais aussi l'expulsion de l'analyse du salariat moderne de sa sociologie de l'action, entérinant par là une théorie non-conflictuelle de la démocratie. Il y aborde aussi entre autres les pensées de Arendt, Bloch, Heidegger, Lukàcs... Tout en revenant sur la centralité de la réflexion de Marx sur le travail comme abstraction réelle.
« Cinq essais philosophiques constituent ce livre, qui forment les moments d'une même réflexion critique et constructive. Avec clarté, sans concessions aux modes dominantes, Jean-Marie Vincent s'y confronte aux questions urgentes de notre présent : la " crise du sens ", la répétivité des mécanismes de domination et de technisation qui prétendent normaliser l'avenir, la perte de réalité de la politique.
Ce qu'il refuse : le dogmatisme, enfermé dans les certitudes d'une " conception du monde ", fût-elle révolutionnaire ; l'éclectisme post-moderne, méconnaissant l'apport des grands rationalismes dialectiques des XIX e et XX e siècles ; l'alternative abstraite de la société et de l'individu, de la norme et de la pratique.

Ce qu'il propose : une relecture des essais les plus hardis d'actualisation du marxisme (Lukàcs, Bloch, Habermas), pour découvrir leurs limites ; une confrontation serrée de la critique marxienne de l'économie politique et de la déconstruction heideggerienne de l'ontologie techniciste : une prospective raisonnée de l'agir, libérée du productivisme.
Au coeur du problème : l'analyse du travail comme " abstraction réelle  " dominant les pratiques de l'oeuvre et de la communication, au travers de l'impérialisme de la valeur (auquel Marx lui-même n'a pas échappé) ; l'exploration résolue des voies d'une politique dans l'élément de la finitude, d'une démocratie comme transformation de l'action elle-même, d'un art comme art de vivre, par-delà l'esthétisme et le mercantilisme. »
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- Voir aussi la revue Variations. Revue internationale de théorie critique, constituée autour de Jean-Marie Vincent. Les numéros sont librement téléchargeables.
- Texte de Jean-Marie Vincent, " Marx l'obstiné ", dans Marx après les marxismes (ouvr. coll.), L'harmattan, 1997.
 

jeudi 4 février 2010

Association et Revue MORTIBUS





MANIFESTE

Indexée sur les valeurs marchandes et financières, sur la « nécessité » de l’exploitation et de la servitude, de l’entreprise et de la concurrence, la vie n’est-elle pas dans le même temps indexée sur la mort ? Si la vie doit perpétuellement s’adapter aux critères financiers, à la valeur et aux logistiques compétitives de création de plus-values, n’est-elle pas spontanément condamnée à visiter sans fin des horizons d’ennuis morbides, de destructivité, d’agressivité, d’atrophie, d’agonie, etc. ? 
Le projet générateur de la revue est de fournir au lecteur des éléments de réponse à ces questions qui touchent de près l’économie thanatique dans nos sociétés capitalistes contemporaines. Il s’agirait de traquer et critiquer les représentants individuels et collectifs, les incarnations idéologiques, imaginaires, symboliques, artistiques, culturelles, institutionnelles, administratives, etc., d’une pétrification des devenirs de la vie qui a trouvé dans le système capitaliste ultralibéral un terrain psycho-patho-politique à la hauteur de ses ambitions. 
Nous avons des capitalismes incarnés jusqu’aux os à mesure que nous affirmons l’implacable réalité de ce monde. Mortibus, farceuse et ironique, en refuse l’absurdité totale et veut donner la part belle à la raison émouvante et à l’embrasement de la vie.
Lien:
 

e mortibus nascimur ad vitam !


Mortibus était une association loi 1901.
Son objectif  de faire paraître la revue semestrielle
Mortibus, critiques du capitalisme incarné

Comité de rédaction, de publication et de diffusion :
Sabrina Vessereau, Gwendoline Vessereau, Thierry Riffis,
Fabien Ollier, Mad Bomber, Roger Dadoun, Philippe Riviale,
Cédric Lecomte.

Association Mortibus : 5, place publique
60420 Dompierre


E-mail : fabien.ollier@wanadoo.fr

                                              L'histoire de la revue Mortibus s'achève avec le nouveau numéro double 10/11 intitulé Masses & moi. J'en explique les raisons dans les premières pages de la revue. Une nouvelle revue viendra bientôt à la vie.
Merci à tous ceux qui ont suivi cette revue.

mercredi 3 février 2010

Critique Radicale de la Valeur et du travail

 Ce courant cherche a repenser la théorie critique du capitalisme

La collection Mille et une nuits (Fayard) a publié la traduction française de Temps, travail et domination sociale. Une réinterprétation de la théorie critique de Marx de Moishe Postone, publié aux États-Unis en 1993, tandis que les éditions Syllepse ont republié les Essais sur la théorie de la valeur de Marx d’Isaac I. Roubine, dont l’édition russe remonte à 1924 et l’édition française précédente (chez Maspero, et épuisée depuis très longtemps) à 1978. Ainsi, le public francophone a tout d’un coup à sa disposition deux des jalons les plus importants – on pourrait presque même dire le point de départ et le point d’arrivée provisoire – d’une relecture de Marx basée sur la critique du travail abstrait et du fétichisme de la marchandise »
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● Isaak I. Roubine, Essais sur la théorie de la valeur de Marx, Syllepse, 2009.
 
Présentation de l’éditeur : « Écrit dans la Russie des années 1920, ce livre témoigne de la richesse des recherches marxistes qui se développent. Avec le Hongrois Georg Lukacs, l'Allemand Kart Korsch ou encore le juriste soviétique Evgeny B. Pasukanis, Isaak I. Roubine est un de ceux qui entendent réactiver la tradition critique du marxisme contre, notamment, sa version "scientiste" issue de la 2e Internationale. S'appuyant sur une connaissance encyclopédique de Marx, l'auteur met en évidence la nécessaire articulation entre la théorie du fétichisme de la marchandise, considérée comme la "théorie générale des rapports de production de l'économie marchande-capitaliste", et la théorie de la valeur. Cette réinsertion du "fétichisme" (considérée jusque-là comme une digression littéraire ou métaphysique) au coeur même de la théorie marxiste permet à Isaak I. Roubine de mettre au premier plan la structure des rapports de production et d'envisager de façon tout à fait nouvelle les rapports entre valeur et travail. L'ouvrage offre ainsi une analyse des concepts fondamentaux travail abstrait, travail qualifié, travail socialement nécessaire, travail productif. Isaak I. Roubine va disparaître dans les purges staliniennes et son livre ne sera plus réédité en URSS. À l'Ouest, il ne sera accessible qu'en 1972, aux États-Unis. C'est cette édition américaine qui sera utilisée pour une édition allemande puis française, en 1977, chez François Maspero. Dans sa préface, Antoine Artous, qui a notamment publié Le Fétichisme chez Marx (Syllepse, 2006), montre comment la "redécouverte" de ce livre s'est inscrite dans les débats des années 1960-1970 sur la théorie de la valeur, débats qui conservent toute leur actualité à notre époque où se combinent modernisation accélérée du procès de production et crise profonde du système  capitaliste. »







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Liens

lundi 1 février 2010

Rencontres de Bourges a Lyon Autour de la Critique de la Valeur.

Repenser la théorie critique du capitalisme,
Comprendre l’effondrement écologique.
 
De l’importance de repenser une théorie critique radicale du capitalisme
 au-delà de la pensée socialiste, altermondialiste et du marxisme traditionnel.
  
Vendredi 26 février à 21 h  –
  École des Beaux-Arts de Bourges

Conférence-débat avec le philosophe Anselm Jappe.
 
Le « Café décroissant » de Bourges vous invite à une conférence-débat exceptionnelle avec Anselm Jappe, philosophe et auteur d’ouvrages sur Guy Debord et du livre Les Aventures de la marchandise. Pour une nouvelle critique de la valeur (Denoël, 2003). Il fait partie du courant que l’on appelle en Allemagne la « wertkritik » (critique de la valeur) qui s’est constitué autour des revues Krisis et Exit !, connus notamment pour leur livre le Manifeste contre le travail. Ce courant a théorisé depuis 20 ans une critique renouvelée et stimulante du capitalisme, comme critique du travail en soi et du fétichisme de la marchandise, et a développé une théorie de l’effondrement généralisé de ce monde là.

La crise multidimensionnelle (c’est-à-dire financière, sociale, écologique…) que nous vivons n’est pas passagère, ce n’est d’ailleurs pas une « crise économique », car c’est la société moderne elle-même dans ses principes sociaux de constitution qui se heurte à sa propre limite interne, sa limite historique absolue. La simultanéité de différents aspects critiques et dramatiques d’une même crise de la modernité doit alors nous amener à changer nos façons de réfléchir et de nous représenter le capitalisme, c’est-à-dire les formes de vie et de socialisation lui correspondant et dans lequel nous vivons tous et toutes. Trop longtemps le mouvement ouvrier historique, l’extrême gauche, les décroissants et la social-démocratie européenne se sont identifiés aux formes capitalistes de vie et de socialisation, et surtout à l’Idole du travail, quand ils ne dénoncent pas dans le capitalisme ou le « néolibéralisme », une bourgeoisie et une spéculation parasite d’une « économie réelle » naturelle et bien portante, ou un simple problème de morale et de régulation politique qui devrait être plus sociale et écologique.
Pourtant le travail que chacun de nous exerçons quand on a encore paradoxalement la chance de se faire exploiter (ce qui n’est plus le cas pour des millions de personnes désormais superflues pour la machine à fric planétaire), a-t-il toujours existé comme tel dans l’histoire ? Le travail est-il naturel ? Le travail n’a-t-il pas dans le monde de la production marchande capitaliste, une dimension particulièrement nouvelle, invisible au premier abord mais surtout dominatrice et dévorante (dimension que nous appellerons le « travail abstrait »), qui est à la fois le fondement de nos vies modernes, une manière de se rapporter aux autres au travers des marchandises que nous fabriquons et achetons, une forme de richesse historiquement spécifique (la valeur), une façon aussi de se rapporter de manière indirecte à la nature ? Dimension nouvelle du travail qui parce qu’elle est dans une crise inguérissable (et notre invité nous expliquera pourquoi), est la source de l’effondrement généralisé que nous vivons. Cette limite interne au capitalisme sur laquelle vient se fracasser la société moderne en cours d’effondrement viendrait ainsi de l’existence d’une « contradiction interne incurable » depuis la naissance du capitalisme.
Mais nous savons tous aussi que partout où le recouvrement de la planète d’un blanc manteau de magasins s’est étendu, ce monde là s’est transformé en une planète malade d’une crise écologique généralisée. Pourtant à la différence des écologistes qui ne voient dans la course à la croissance que le fait d’une simple idéologie « productiviste », « accumulatrice » et « matérialiste », peut-on remonter aux sources de cette crise écologique en discernant un productivisme bien réel car inscrit dans la logique même du mécanisme implacable de la valeur qui se valorise (capital) ? Plus encore, au lieu d’être un simple rapport conscient au monde, le « productivisme » n’est-il pas alors un effet même de la crise du fondement social du capitalisme (le travail) ? N’est-ce pas logiquement que quand le capitalisme atteint sa limite interne, il touche alors simultanément sa limite externe en se construisant de lui-même une barrière écologique infranchissable ?
Et alors que l’économie réelle, c’est-à-dire le capitalisme, est déjà cliniquement mort au vu de la crise de la valeur, l’apparition depuis 30 ans d’une simulation de la valorisation du capital par le système des crédits et des marchés boursiers n’a-t-il pas permis au capitalisme de simuler sa bonne santé et son improbable survie ? N’est-ce pas justement cela que nous vivons ces dernières années, la fin de d’une simulation improbable et le retour fracassant du réel, c’est-à-dire de la véritable crise du travail qui était restée maladroitement masquée depuis 30 ans ? Cette fuite en avant dans l’endettement massif des Etats, des entreprises, des ménages et dans l’éclatement successif des bulles spéculatives n’est-il pas alors un pari impossible sur la rentabilité future puisque l’économie réelle est déjà morte ? Autrement dit, peut-on encore se leurrer longtemps d’une « relance de l’économie » ?
Il est alors peut-être temps de réfléchir non pas à libérer le travail du capital comme le pensait la gauche traditionnelle, mais à se libérer du travail, en inventant de nouvelles formes de vie et de socialisation au-delà du capitalisme et de l’Idole du travail. Car repenser d’abord le fonctionnement du capitalisme est probablement une question aujourd’hui de survie afin d’organiser nos sociétés différemment et peut-être enfin de manière au moins plus consciente qu’auparavant.
 Les 18, 19 et 20 mars 2010, les " Journées critiques " à Lyon

Conférence-débat à la faculté d’Anthropologie et de Sociologie de l’Université Lumière Lyon 2, Salle de Conférence IUT, Bron
Pour la présentation des journées :
: pdf_journees_critiques.pdf

Programme

Jeudi 18 mars

9 h Bienvenue et présentation
9.30 – 12.30h 1ier axe : Critique de l’économie politique

Anselm Jappe : Triomphe ou agonie du Capitalisme ? De l’utilité de la critique de l’économie
politique
Jacques Wajnsztejn : La révolution du capital
Jacques Guigou : L’institution résorbée


Débat

14 -17h 2ième axe : La dimension esthétique

François Laplantine : Politique du sensible. Esthétique et subversion
Max Schoendorff : L’artiste-philosophe ?
Jan Spurk : Critiquer le fétichisme de la marchandise ? De la soumission et de la résistance à
l’industrie culturelle

Débat

Vendredi 19 mars

9 -12h 3ième axe : La question de l’action

Jean-Marie Brohm : Le sport, la tache aveugle de la pensée critique
Fabien Ollier : La critique radicale du sport : agir en lieu et place de ceux qui ne font rien
Rehan Shaik-de Colnet : Les corps de la dissidence collective


Débat
14-16 h : La question de l’action (suite)

Dietrich Hoss : L’insurrection des sens et du sens
Philippe Riviale : Le principe espérance

Débat

Samedi 20 mars à l’URDLA-centre international estampe et livre, Villeurbanne

9-12h Débat : L’arme de la critique et la critique des armes : quelles perspectives politiques et
esthétiques ?


 

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