mardi 17 mai 2016

Mobilisation contre l’impunité policière et la stigmatisation

Sérieux revers pour le ministre de l'Intérieur:
  
Le tribunal administratif a suspendu mardi neuf arrêtés sur dix émis par le préfet de police de Paris, Michel Cadot, qui empêchaient des activistes de se joindre aux manifestations contre la loi El Khomri.
Le juge relève que ces interdictions constituent une «atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir et à celle de manifester».


Jeudi 19 mai manifestation à 14 heures de la place de la Nation à la Place d'Italie.

Pour le coups de grâce !
Pensez aux fumigènes que Cadot et ses jounaflics confondent avec les Molotovs...
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Contre-rassemblement face à la police le 18 mai à 11h, République.


Venir à nuit debout est une provocation insupportable et manifeste de la part du syndicat Alliance et de leurs soutiens.

En cas de débordements, la préfecture et le gouvernement seront les seuls responsables.

Appel à la mobilisation contre les violences policières en toute impunité et à la stigmatisation des victimes.
Dénonçons massivement la Répression policière le 18 mai.

Les violences que nous dénonçons sont avérées.
Si vous aussi vous souhaitez dénoncer les violences policières.
Alors que ces dernières semaines ont été marquées par une escalade de la violence et de la répression policière, notamment à l’encontre des mouvements sociaux, le pseudo-syndicat Alliance appelle à se rassembler place de la République, le mercredi 18 mai à 12h pour dénoncer…la « stigmatisation » et la « haine anti-flic ».
Une initiative qui résonne comme une énième insulte dans les têtes de tous ceux qui, bien avant que la France ne découvre la dangerosité et l’arbitraire des pratiques policières, subissaient déjà de manière systémique et systématique contrôles au faciès, pressions, violences et abus. Pour les familles de victimes de crimes policiers réunies au sein du Collectif Urgence Notre Police Assassine « ce ne sont pas les affiches de la CGT dénonçant les violences policières qu’il faut faire cesser mais les pratiques extrêmement violentes, dangereuses et contre-productives qui conduisent à ces dénonciations ».
Pour dénoncer ceux qui dénoncent la dénonciation (!) des violences policières, le Collectif appelle à un rassemblement le 18 mai à 11h, place de la République et ce, avec un texte quasi similaire à celui d’Alliance. Seul le prisme change.

Le Collectif Urgence Notre Police Assassine, note que l’élan de solidarité de janvier 2015 envers la police a perdu de sa ferveur. Il rappelle que, pour les millions de citoyens qui ont connu les contrôles abusifs, les insultes racistes, la répression, les violences, les mutilations et les morts, dans l’Hexagone comme Outre-mer, cette ferveur à l’égard de la police n’a jamais existé.

Le Collectif Urgence Notre Police Assassine, déplore que l’impunité policière – nourrie aussi bien par les responsables politiques que par la Justice conforte les policiers – dans leurs pratiques abusives. Le Collectif indique que le sentiment de défiance est le strict (mais alors vraiment le strict) minimum face à des agents dont les interventions reposent bien trop souvent sur des critères discriminatoires.

Le Collectif Urgence Notre Police Assassine, s’indigne de constater l’acharnement irresponsable des forces de l’ordre, ce bras armé de l’État qui, non contents d’avoir utilisé et d’utiliser encore les quartiers populaires comme laboratoire de la violence institutionnelle, s’évertuent à casser le mouvement de contestation contre la loi travail ;

Le Collectif Urgence Notre Police Assassine, dénonce cette démagogie idéologique qui justifie et autorise les violences policières à l’encontre de toutes les classes jugées dangereuses (classes populaires, descendants de l’immigration post-coloniale, militants…) ;

Le Collectif Urgence Notre Police Assassine, rappelle qu’en 50 ans, ce sont plus de 400 personnes qui sont mortes dans le cadre d’interventions policières et que nous en sommes à une triste moyenne de 15 morts par an dans l’indifférence générale. Il rappelle que ces morts sont la suite logique de ces brutalités policières qui font, chaque année, des milliers de blessés et d’humiliés.

Le Collectif Urgence Notre Police Assassine, rappelle au Ministre de l’intérieur de condamner et de saisir la justice contre les violences policières visant le mouvement social et exige une vraie réponse pénale pour ceux qui, parmi les forces de l’ordre, portent atteinte à la dignité et, parfois même, aux vies de citoyens.

Pour que tout cela cesse, le Collectif Urgence notre police assassine appelle à la mobilisation de tou-te-s les citoyen-ne-s souhaitant dénoncer la répression et l’impunité policière le 18 mai prochain dans toutes les régions.

Contact : urgence-notre-police-assassine@(at)ive.fr
http://www.urgence-notre-police-assassine.fr
                                                               Leur Police...

dimanche 15 mai 2016

Vertige du vide au sommet du pouvoir

MANIFESTATIONS
 
A Paris, le défilé du mardi 17 mai partira à 14 heures de la place de l’École-Militaire et se dirigera vers Sèvres-Babylone, non loin du Sénat ; jeudi 19, il ira de Nation à la place d’Italie.


Incarcération d’un lycéen (au casier judiciaire vierge) soupçonné d’avoir participé à l’agression d’un policier à Nantes...
Pour une  hypothétique « tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique ».
Crise d'hystérie de Bernard Cazeneuve

Interventions massives des forces militaires pour expulser les lieux occupés comme à Rennes la Maison du Peuple. Arrestations préventives de manifestants ciblés pour affaiblir les mobilisations avant les grandes manifestations de rue comme en 1979 (200 personnes dont des mineurs le matin de la manif des Sidérurgistes à Paris le 23 mars 79).

Depuis la journée du 12 mai 2016, plusieurs activistes ont subi des pressions policières, pour ne pas se rendre aux manifestations.
Le 15 mai une nouvelle vague semble avoir frappé avec cette fois ci des interdictions préfectorales (merci l’article 53° de l’État d'Urgence) de se rendre en manifestation.
Le pouvoir est aux abois et cherche une voie de sortie en maintenant sa Loi Travail dont personne ne veut plus, même pas le MEDEF pourtant à l'origine de cette même Loi.

C'est en fait leur propre survie qu'ils tentent de défendre devant la perspective de Perdre la Face publiquement.
Sans autre légitimité que celle des images c'est leur Chute qui se profile...

INTERDICTIONS ?

Signé Michel Cadot Préfet de Police de Paris.


Pour VOUS !

jeudi 12 mai 2016

Nasse nasse nasse et 49°3

Passage en force de la loi travail


«.../... Le moment où plus aucune autorité n'est crue ni supportée: responsables politiques, juges, journalistes, policiers et ainsi de suite. Tout le lien de l'ordre établi semble crouler sous le poids du même opprobre».   Agent policier Jean-Luc Mélenchon

Le 49°3 a pour mérite de relancer la mobilisation populaire. Le soir même il y avait des échauffourées dans cinq villes.
Une première manifestation est prévue à Paris à 14 heures de Denfert-Rochereau à l’Assemblée Nationale, jeudi 12 mai.
Suivront une longue liste de manifestations...
Sept syndicats opposés au projet de loi travail, dont la CGT et FO, ont appelé leurs organisations respectives à «construire» deux nouvelles journées de grèves et manifestations les 17 et 19 mai, ont-ils annoncé mardi dans un communiqué à l’issue d’une intersyndicale.
En réalité les nasses gendarmesque sont le seul programme de l’État qui convie les syndicalopes à y participer comme aujourd’hui ou flics et syndicalistes partouzaient dans l’allégresse...
Point de suture matraques
 Rennes, la Maison du peuple évacuée
Une compagnie de gendarmes mobiles et une équipe de tueurs du RAID (recherche, action, intervention, dissuasion, ersatz policier du GIGN mais peu entraînés et larbins des pseudo-barbouzeries d’État) ont délogé vendredi 13 mai à Rennes une centaine d’opposants à la « loi travail », qui occupaient une salle municipale depuis le début du mois. La salle, rebaptisée « Maison du peuple » par les militants, a été totalement évacuée par la junte et une personne a été interpellée pour « rébellion », selon la police.

Rennes : La manifestation contre les «violences policières» interdite mais maintenue pour samedi 14 Mai

Les forces de l'ordre s'attendent à l'arrivée samedi de 900 à 5000 manifestants, dont certains déterminés à «crever du flic».
CGT Double Jeu






Communiqué du 12 mai 2016 depuis les Beaux-Arts de Paris


Plusieurs bâtiments de l’école des Beaux-Arts ont été libérés afin d’en faire une base du mouvement. Quelques centaines de personnes sont passées au cours de la soirée. Besoin de monde pour commencer à organiser les questions de vie pratique de l’occup ainsi que les activités.
RDV ce 13 mai à 18h à l’AG de lutte ouverte à toutEs (lycéens, étudiants, glandeurs, , travailleurs en lutte, syndicalistes...) au 14 Rue Bonaparte, Paris 6, pour penser la suite de l’occupation, la densifier, la multiplier. Il y aura également des ateliers banderoles, constructions et des projections.

suite

lundi 2 mai 2016

Si l'on ouvre de telles brèches, ce sont, tôt ou tard, les digues qui finiront par céder

3 mai à 12h: Grand Rassemblement offensif aux Invalides.

Loi Travail. Actions, manifestation, blocages... nouvelle journée de mobilisation mardi 3 mai



On lit tout et n'importe quoi a propos de Nuit Debout. Les bavardages des MÉDIAS mainstream en manque de matières premières, les discours enthousiastes d'une infinité de groupuscules comme les critiques acerbes des fins connaisseurs des réseaux de manipulations des mouvements sociaux qui notent la présence des agents habituels des divers GLADIOS.
Ou est la vérité dans toute cette confusion et quel est le potentiel subversif réel de ce début de commencement.

Loi Travail. Actions, manifestation, blocages... nouvelle journée de mobilisation mardi 3 mai

RDV à 11h à Montparnasse en tête de manif (avec la Coordination Nationale Etudiante) à l’occasion du premier jour de "débat" parlementaire de la loi el-Khomri.
En soutien aux 47 lycéen-ne-s du 92 actuellement en GAV et convoqués à la sûreté territoriale pour avoir participé aux blocus d’avant les vacances.

Contre la loi "Travaille" et son monde.
Contre la répression.

Pour l’occupation et la libération d’espaces (facs, lycées, places) où s’organiser face à la gestion capitaliste et policière de nos vies.


Nuit debout : La préfecture poulaga durcit les conditions de rassemblement


A Paris, l’ordre règne et doit régner.
Le public Nuit debout

Ruffin, Lordon et leur clique citoyenniste ne séduisent vraiment que le gratin des classes moyennes mais n'ont aucune influence dans les banlieues qui se définissent comme des prolétaires esclaves, blasés ou révoltés mais jamais des citoyens.

«Les gens de Nuit debout n’arrêtent pas de se demander comment faire la "convergence des luttes" avec les jeunes des quartiers populaires, poursuit la sympathisante. Or ces derniers sont victimes au quotidien des violences policières. Une chose est sûre : c’est moins en chantant "CRS avec nous" que "Tout le monde déteste la police" qu’ils ont des chances de faire la jonction avec les quartiers ».
Victoires de la Police Française


Les flics frappent les personnes menottées place de la République:


Contact groupe de défense collective : 07 53 82 19 10
Contact medical team : 07 51 30 64 57
Pour nous communiquer des informations :
greveloitravail@riseup.net


1er mai : la déroute des forces de l’ordre

jeudi 28 avril 2016

Des violences policières en France lors du mouvement contre la Loi Travail le 28 avril


RDV: Dimanche 1er mai, 15h, à Bastille en direction de Nation

Violences policières intolérables


Des violences policières ont été constatées dans tous les cortèges, hier. Et cette stratégie de la tension, visible depuis le début du mouvement, ne cesse de s’intensifier.

Encore peu d’infos sur l’étendue des violences policières aujourd’hui, mais au moins un  étudiant a perdu un œil, jeudi, à Rennes, atteint par un tir de LBD40 - un projectile de la même famille que les flash-balls -, lors d’affrontements entre manifestants contre la loi travail et forces de l’ordre. L’information a été confirmée vendredi par le parquet, après des informations de presse, et le témoignage d'Hugo Poidevin, un autre étudiant rennais présent au moment du drame, et qui dit avoir soigné le jeune homme après qu’il a été touché par le projectile.
Sur Facebook, jeudi, il avait posté ceci : «Aujourd’hui, j’ai dû prendre soin d’un étudiant de 20 ans qui venait de perdre son œil à cause d’un flash-ball. Je n’ai pas de mots. Et ça, on n’oubliera jamais. Et on ne pardonnera jamais.»

Paris : violences gratuites contre les intermittent·es
Youtube – 26 avril
Alors que les intermittent·es occupent le théâtre de l’Odéon, des personnes venues de la Nuit Debout à République les rejoignent pour une AG. Les CRS s’en donnent à cœur joie, au moins un blessé.
Loi Travail : douze plaintes contre des violences policières à Rennes
20 Minutes - 24 avril
Parmi les blessures relevées, des hématomes, des plaies, des blessures liées à l’usage de lanceurs de balle en caoutchouc, une clavicule cassée, un bras cassé.

Lille : intrusion de la police dans le local de la CNT
CNT-f.org - 20 avril
Saccager un local syndical, c’est comme monter à l’assaut d’une Bourse du Travail. Un local syndical est un outil de défense pour les travailleurs/euses, un lieu d’accueil dans lequel les militant-e-s et les personnes qui nous sollicitent doivent pouvoir se retrouver en toute sérénité.


Le collectif « Stop aux violences policières » lance un appel a témoins
Indymedia Nantes - 23 avril

Paris : l’IGPN tente de décourager une jeune femme blessée au visage par flashball
Les Jours - 22 avril
Récit d’une tentative de porter plainte après une grave blessure le 9 avril, qui lui vaudra 4 jours d’ITT. Témoignage également d’un participant à l’équipe médicale parisienne sur l’emploi massif de grenades de désencerclement.

Strasbourg : l’armée au secours de la police contre les manifestants
La Feuille de Chou - 22 avril
Le 9 avril, place Kléber, à Strasbourg, la manifestation était terminée depuis un bon moment. Mais les policiers se sont déchaînés contre les gens. Et six militaires de l’opération Sentinelle sont venus à leur rescousse, armés de leur Famas !


Rennes : 145 blessé·es dont 30 graves en 2 manifs contre la loi Travail
Rennes info - 22 avril
L’équipe médicale, formée spontanément suites aux violences des forces préfectorales lors des premières manifestations, a constaté un minimum de 145 blessé-e-s dont 30 graves (sur les manifestations des 31 mars et 9 avril 2016).

Une tête de mort affichée sur la matraque d’un flic à Paris
Huffington Post - 19 avril
Son credo : la vengeance et la justice personnelle. Le Punisher prône des solutions radicales et préfère exécuter les malfrats qui auraient échappé à la police ou à la justice faute de preuves suffisantes ou grâce à des vices de procédure.


Violences policières : des témoignages accablants, les autorités tempèrent
Médiapart - 21 avril
Quelques témoignages, mais également reprise du chiffre sujet à caution du ministère de l’Intérieur de 200 blessé·es dans les rangs de la police. On y apprend le nombre de saisines de l’IGPN (pour laquelle y’a rien d’exceptionnel) depuis le début du mouvement social : une douzaine.

Exemples de violences policières en manifestation
Taranis News - 21 avril
A noter à 1’10" l’usage totalement interdit des lanceurs de grenades Cougar en tir tendu ou le lancer de grenades de désencerclement pour briser à distance des lignes de manifestant·es. Photo ci-dessous prise à Rennes le 9 avril. Des tirs similaires ont été rapportés dans d’autres villes, notamment à Lyon où ils ont été assumés par la préfecture.


Le CRS a-t-il eu la main lourde ?
Le Phare dunkerquois - 18 avril
7 jours d’ITT et une plaie de 5 centimètres au crâne pour un manifestant qui a traîné un peu trop à discuter avec ses amis après la manif du 31 mars à Lille.

Violences sur mineurs : des témoignages accablent un groupe de policiers parisiens

Paris, ordre pour les CRS : « Instruction violence maximum »
L’Obs - 15 avril
sur l’extrait suivant, on entendrait distinctement, selon Rémy Buisine, un policier prononcer la phrase "Instruction : violence maximum !" au début d’une charge.
L’étudiante frappée par un CRS témoigne
BuzzFeed - 15 avril
Le cliché d’une jeune femme frappée par un CRS lors des manifestations jeudi 9 avril à Paris contre la loi Travail suscite de nombreuses réactions. Tamara annonce vouloir porter plainte.

Paris : blessé par tonfa dans une nasse policière
Twitter - 14 avril

Paris, un CRS donne un coup de pied à une jeune femme
Vidéo BFM sur Twitter, 14 avril.
Alors que des manifestant·es sont nassé·es, un CRS suréquipé se défoule gratuitement.

Manifestations à Rennes : 111 jours d’ITT pour Jean-Louis et Laura
Ouest-France, 14 avril.
Jean-Louis Dutertre, 27 ans, et Laura Brichon, 18 ans, ont tous les deux leur certificat médical en main. L’un, le bras en écharpe, a 90 jours d’interruption temporaire de travail (ITT) [après la manif du 9 avril]. Sa compagne 21 jours.

Valls à Vaulx : blocage du périph’, gazage monstre et violences policières
Rebellyon, le 13 avril
Au moins deux blessés hospitalisés aux urgences après un matraquage sévère lors de l’occupation du périph’. Des voltigeurs ont également été photographiés.
A Rennes, un syndicat incite les manifestants à venir casqués
20 minutes, le 13 avril 2016
Après les violences policières systématiques, SUD-PTT invite les gens à se casquer. Témoignage vidéo d’une personne matraquée.

Paris : compte-rendu médics sur la manifestation du 9 avril
Paris-luttes.info, 12 avril
Un bilan terrible de l’équipe de 12 manifestant·es chargé·es des premiers soins. Une dizaine de personnes aux mains brûlées par les palets de lacrymos, 3 blessé·es par les grenades de désencerclement, 6 autres par balles en caoutchouc, 2 médics matraqués ou roués de coups, dont l’un avec 6 semaines d’immobilisation pour une rotule fracturée…

Nantes : un photojournaliste touché par un tir de flashball
Twitter - 10 avril.

Rennes : à terre, un syndicaliste de 60 ans frappé par des policiers
20 minutes, le 3 avril.
Vidéo, témoignage. Jeudi 31 mars, lors de la manifestation contre la loi Travail, les affrontements entre opposants et forces de l’ordre ont duré plus de sept heures, sans discontinuer. Douze personnes ont été interpellées pour des jets de projectiles en direction des policiers. Parmi elles, un syndicaliste de 60 ans conteste les faits. Et assure même avoir été victime de violences policières alors qu’il était à terre.

L’IGPN annonce le recensement des violences policières (mais c’est une blague)
Europe 1 avec AFP - 7 avril
Comme beaucoup de photos de victimes de défoulements policiers commencent à circuler sur Internet, l’IGPN réagit et annonce un outil de recension. La blague est donc en trois temps : primo, on apprend qu’il n’y avait aucune statistique de ce genre. Secundo, ne seront comptabilisées que les personnes comptabilisant 20 jours d’ITT et plus (un poignet cassé et un tympan percé peuvent ne valoir que 3 jours d’ITT souligne une juriste dans l’article). Tertio, le but est de légitimer les violences policières en montrant qu’elles sont légitimes.

Strasbourg : des matraques et du gaz pour les jeunes en lutte
La Feuille de Chou, le 17 mars.
Vidéo, photos et témoignages du matraquage et gazage des manifestant·es.

Paris, le 9 avril : douze points de suture après un coup de matraque
https://twitter.com/mili__paris/status/719631081096507393

Paris, 9 avril : témoignage audio d’un blessé par flashball au visage
Mediapart - 11 avril

« J’ai cru que c’était un bout de grenade qui m’avait touché, après j’ai touché mon visage j’avais du sang je ne voyais plus de mon œil droit. »
Un manifestant touché par un tir de flashball à Paris le 9 avril

Paris : Le retour des "voltigeurs"
Paris Luttes Info – 6 avril
Témoignage. Des brigades de police à moto ont été aperçues rue de Reuilly au moment de la répression de la manifestation lycéenne du 5 avril. C’est le retour des "voltigeurs" de triste mémoire...

Trente ans après la mort de Malik Oussekine, les voltigeurs sont de retour à Toulouse.
IAATA - 7 avril. Témoignage.
Brassards sur le bras, le motard de devant conduit, celui de derrière a la gazeuse dans une main, le doigt sur la détente, et la matraque dans l’autre. Ils nous pourchassent pendant une demi-heure en donnant des coups d’accélérateurs et en frappant les gens sur la tête, le dos, avec leur matraque. Ils s’acharnent sur les gens seuls, malgré les cris, et parviennent à casser des instruments de la batucada en donnant de gros coups de matraque. Nous avons dû nous réfugier dans une cage d’escalier, essouffléEs, traumatiséEs, séparéEs, et pour certainEs en sang.

Bilan du groupe de défense collective suite aux manifs du 31 mars et du 1er avril
Paris Luttes Infos – 5 avril
Communiqué du groupe de défense collective constitué depuis début mars en soutien aux manifestants du mouvement interluttes de Paris.

Paris : « Un policier m’a dit que ça lui faisait plaisir de nous matraquer »
Libération — 5 avril 2016. Presse, récit.
Lycéens et étudiants ont défilé dans la matinée contre la loi travail ce mardi. Une manifestation marquée par quelque 130 interpellations.

Manifestante blessée par un tir tendu de grenade lacrymo, Rennes, le 9 avril
Ryan lycéen, 15 ans, mis en examen.
AG des personnels de la cité scolaire Voltaire, Paris 11e, 3 avril 2016. Témoignage, appel.
Après avoir passé la journée en garde à vue au commissariat et la nuit au dépôt au Palais de Justice, notre élève est mis en examen le samedi 2 avril et sera jugé dans quelques mois pour "dégradation volontaire de bien matériel par incendie pouvant potentiellement engendrer un danger pour autrui", passible de 10 ans de prison et 75000 euros d’amende.

A Rennes, un syndicaliste frappé à terre par des policiers
Libération – 3 avril 2016. Presse, récit.
Un homme de 60 ans envisage de porter plainte pour violences policières après les manifestations contre la loi travail jeudi à Rennes qui avaient tourné à l’affrontement avec les forces de l’ordre.

Paris : compte-rendu subjectif d’un médic’ sur la manifestation du jeudi 31 mars
Paris Luttes Info – 2 avril. Témoignage.
Il ne s’agit pas ici pour moi de faire un compte-rendu de la manifestation, mais simplement de rédiger un récit des interventions médicales que j’ai pu faire, et d’en profiter au passage pour donner quelques conseils. (…)
 Pendant que je m’occupe de lui, un jeune homme se poste à côté de moi, sans rien dire. Je ne le perçois qu’après m’être occupé du pied du précédent. Je lève les yeux : la pommette gauche du visage est en sang, extrêmement gonflée et totalement bleu-violacé. L’espace de quelques secondes, le temps de comprendre, je crains d’être face à une lésion oculaire. Heureusement, la balle de flashball est passée 1 cm en-dessous, ce qui n’enlève rien à l’impressionnante blessure. « J’ai pas un truc ici ? » me demande-t-il, naïvement.

Lille : Témoignage de Florent, arrêté brutalement par la police le 31 mars
Collectif OEIL – Our Eye Is Life – 1er avril. Témoignage, photos, Lille
Florent, un manifestant arrêté sans ménagement et avec violence le 31 mars témoigne au-près du photographe qui a pris en photo la scène.

Lycéen blessé par la police le 31 mars à Lyon
Lyon : « 2 jours d’ITT, les flics m’ont amoché le 31 mars »
Révolution permanente – 1er avril

À la suite de la manifestation partant de la Manufacture des Tabacs jusqu’à la Place Bellecour, une occupation de place a été décidée par le collectif assemblée de Lyon. L’après-midi avait été marqué par une utilisation massive de gaz lacrymogène et de canons à eau sur la foule, ainsi que de violentes arrestations de manifestants.

Tours : retour sur le rassemblement de soutien aux étudiants convoqués au commissariat
La Rotative – 4 avril 2016
Le 1er avril, trois étudiants étaient convoqués au commissariat central de Tours suite à l’action menée contre le MEDEF d’Indre-et-Loire dans le cadre de la lutte contre la loi Travail.

Rennes : tabassage de manifestants à coups de pied et de matraques
Révolution permanente – 31 mars. Vidéo.
Rennes en état de siège. Alors que plusieurs groupes de manifestants tentent toujours de rejoindre le centre-ville, une vidéo publiée sur twitter montre clairement la charge des CRS qui n’hésitent pas à tabasser les manifestants tombés à terre, à coup de pieds et à coups de matraque.

Paris : récit d’une arrestation, le 24 mars à Montparnasse
Paris Luttes Info – 30 mars. Témoignage.
Troisième journée de mobilisation contre la loi El Khomri, le jeudi 24 mars était plutôt agité. Peu avant le départ de la manifestation prévue à Montparnasse l’après-midi, des policiers en civil, infiltrés dans la manifestation, ont procédé à plusieurs arrestations. Récit de l’arrestation et de ses suites.

Paris : « Des enfants chassés comme des animaux »
Libération — 30 mars 2016. Presse, récit.
Des témoins racontent les violences contre les élèves du lycée Bergson à Paris.

 Les flics frappent des personnes menottées place de la République
Blessé de Nantes : la police des polices saisie
Ouest-France – 24 mars. Témoignage, vidéo.
Un homme de 32 ans a été blessé à la tête par plusieurs coups de matraque lors de la manifestation du 24 mars à Nantes. Des riverains ont filmé la scène.

Paris : témoignage d’une habitante du 19e sur les violences policières
Paris Luttes Info – 28 mars 2016. Témoignage.
« Non, l’élève victime de violences policières rendu tristement célèbre par la vidéo qui a circulé ce jeudi 24/03/16 sur les réseaux sociaux et dans les médias ne constitue pas un cas isolé. »

Paris, lycée Bergson : « La violence policière était totalement déroutante »
L’Humanité – vendredi, 25 mars 2016.
Les camarades du jeune lycéen frappé à Bergson par des policiers, lors du blocus de cet établissement parisien, témoignent de l’incroyable brutalité de cette intervention.
Paris : ce qu’il s’est passé à Bergson ce jeudi 24
Paris Luttes Info – 24 mars 2016. Témoignage.
Ce 24 mars, comme la semaine passée, la police a agi (ou cru agir) en toute impunité. Provocations, arrestations, violences, intimidations. Ils y sont allés fort. Manque de chance, quelques images tournent. Ici le récit de la matinée...

Paris : l’évacuation brutale de l’université de Tolbiac
Paris-luttes.info– 21 mars 2016. Vidéo.
Ce jeudi 17 mars, plusieurs dizaines d’étudiants s’étaient réunis pour une assemblée générale de protestation contre la loi El Khomri. En fin d’après-midi, les CRS ont violemment évacué l’université et ses abords.

lundi 25 avril 2016

Nuit debout et intermittents menacent !

Soyons Cruels !
Et la grève des transports introduit les futurs manifestations des 28 avril et 1er Mai...


Dans Nuit Debout il y a à boire et à manger. Une grande confusion a la fois réelle et fantasmée et qui s'amplifie avec la répression. Ce qui pour le système est le pire.
Tant de mécontentements s'entrecroisent, comme maintenant les intermittents, en accélérant chaque jour un peu plus  le processus de délitement de l'ordre imposé.
Ils n'ont pas voulu une "Puerta del Sol" in France, pourtant si rassurante et doivent déjà le regretter...
Nous reproduisons ici un des rares textes lucide sur le moment historique qui ce joue ici.


Construire l’hacienda, brûler les palais


« Ce que nous vivons depuis le 9 mars, n’est qu’une suite ininterrompue de débordements. Une suite ininterrompue de débordements, après quoi courent les vieilles formes de la politique. »


1.  Ce que nous vivons est inédit. Ce n’est surtout pas un « mouvement social » de plus. Les « mouvements sociaux » ont un cadre, qui définit comme débordements tout ce qui en sort. Or ce que nous vivons depuis le 9 mars, n’est qu’une suite ininterrompue de débordements. Une suite ininterrompue de débordements, après quoi courent les vieilles formes de la politique. L’appel à manifester le 9 mars était un débordement des syndicats par les youtubeurs. Les manifestations qui se sont succédées depuis lors ont vu un constant débordement des cortèges par les « jeunes » : à l’image traditionnelle du cortège syndical avec à sa tête les patrons des différentes centrales s’est substituée une tête de cortège systématiquement composée d’une masse de jeunes encapuchonnés qui défient la police. L’initiative de Nuit debout est elle-même un débordement de tout cadre politique reconnu. Les départs en manifestation sauvage depuis la place de la République furent à leur tour un débordement de Nuit debout. Il faut donc continuer le début, c’est-à-dire continuer de déborder, continuer de se déplacer, continuer de surprendre.

2. La tentative de ramener l’inédit au déjà-connu fait partie de l’arsenal médiatique de neutralisation. De même que les manifestations contre la loi « Travaille ! » avaient finalement peu à voir avec la lutte anti-CPE, de même Nuit Debout n’a que peu à voir avec les « Indignés » de la Puerta del Sol. Quand la Puerta del Sol se proclamait pacifiste, la place de la République a connu, vendredi dernier, plusieurs heures d’affrontements avec la police. « Tout le monde déteste la police » est d’ailleurs un tube local. Quand la Puerta del Sol se disait « apolitique », on ne compte plus, place de la République, les appels aux syndicats et les prises de parole de syndicalistes. Enfin, la Puerta del Sol était réellement occupée, ce qui n’est pas le cas de la place de la République. On y faisait à manger pour des milliers de personne ; on y vivait jour et nuit ; on n’était pas délogé tous les matins par la police, ni sommé de démonter ceci ou cela, ou de cesser de cuisiner. Cette dernière différence nous indique une voie à suivre : si l’on veut que s’agrège place de la République autre chose qu’une interminable AG qui se répète tous les jours jusqu’à ne plus offrir aux curieux que le spectacle de son impuissance et de l’inconsistance de ses « décisions » sans suite, il faut occuper vraiment la place de la République, ce qui signifie construire de véritables espaces et les défendre de la police.

3. Ce qui se constitue place de la République est un contre-espace public. Puisque l’espace public réellement existant, l’espace politique et médiatique, est devenu intégralement mensonger, il n’y a d’autre choix que de le déserter, mais de le déserter non dans le simple mutisme, mais au contraire positivement, en en construisant un autre. Et la parole, c’est comme la liberté, la première fois qu’on la prend, c’est souvent pour dire ou faire des conneries ; mais cela importe peu. Il convient seulement de ne pas en rester à la bêtise première. Il faut dire que l’on part de loin : nous ne respirons à nouveau que depuis quelques semaines. Cela faisait des années qu’un ensemble de forces coalisées tendaient à rendre la situation irrespirable, entre « menace du Front National », « guerre au terrorisme », « crises » en tout genre, état d’urgence, apocalypse climatique et campagne permanente pour la prochaine présidentielle. Ce qui caractérise l’espace public dominant, c’est qu’il ne s’offre qu’à la contemplation : ce dont on y est témoin, ce que l’on y entend, ce que l’on y apprend, ne débouche jamais sur un geste, ne prête pas à conséquence, car on y est tous seuls. Ainsi que cela s’est vu exemplairement le soir de l’apéro chez Valls, ce qu’il y a de vivant et de redoutable dans le contre-espace de la place de la République, c’est que le geste peut suivre la parole. La conscience et la puissance d’agir n’y sont plus disjointes. C’est en cela que ce contre-espace destitue positivement l’espace public existant. D’où la grande curiosité, et la grande jalousie, des médias à son endroit.

4. Le conflit autour de la loi El Khomri n’est pas un conflit autour de la loi El Khomri, c’est un conflit sur la possibilité ou non de gouverner, c’est-à-dire un conflit politique au vrai sens du terme. Nul ne supporte plus d’être gouverné par les guignols du gouvernement et de l’Assemblée, c’est pourquoi cette loi ne doit, de notre point de vue, pas passer ; le gouvernement, lui, ne peut accepter de ne pas passer cette loi, ce qui signifierait : être destitué de fait, ne plus pouvoir gouverner. Ce refus s’exprime d’ailleurs jusque dans un syndicat comme la CGT où la base ne supporte plus, elle non plus, d’être gouvernée comme elle l’a toujours été par la direction. L’enjeu de ce qui se passe depuis plus d’un mois en France est donc la destitution du gouvernement, sous toutes ses formes. Si l’on suit les interventions qui se succèdent place de la République, on peut dire que le plus grand nombre des prises de parole se distribuent entre deux positions opposées sur la question de la destitution : les uns voudraient qu’au moment de la destitution succède un moment constituant où il leur serait loisible d’écrire une nouvelle constitution afin de fonder une nouvelle société ; les autres pensent que la destitution doit être sans fin parce qu’elle est d’abord un processus de construction, qu’il faut substituer à la fiction d’une société la réalité d’une pluralité de mondes exprimant et incarnant chacun une idée propre de la vie, du bonheur. Nous qui écrivons ici sommes partisans de cette dernière position.

5. Soyons pragmatiques : il ne sera donné à quiconque d’écrire une constitution qu’à la condition d’avoir préalablement renversé le régime. Et vu qu’un régime démocratique ne se renverse pas démocratiquement, c’est-à-dire qu’il se défendra jusqu’à son dernier CRS de toute remise en cause fondamentale, la seule voie pour écrire une nouvelle constitution est la voie insurrectionnelle. Or pour pouvoir mener une insurrection victorieuse, comme celle de Maidan, par exemple, il faut que la place de la République soit réellement occupée, barricadée, gardée, etc. ; il faut aussi que toutes les sensibilités politiques et existentielles favorables à l’insurrection puissent s’y retrouver ; pour cela, il faut substituer à la recherche désespérée du consensus qui ne sera jamais, en plein centre de Paris, que le consensus de la petite-bourgeoisie métropolitaine plus ou moins apeurée, l’existence matérielle d’une pluralité d’espaces, de « maisons », où chacune des sensibilités de l’insurrection à venir puisse s’agréger et entrer en fusion. Ceux que passionnent l’écriture de constitution sont d’ailleurs les bienvenus à se construire une maison où ils pourront faire autant d’essais de rédaction qu’ils voudront. Pour ce qui est de la mettre en œuvre, eh bien nous en discuterons quand Valls et Hollande auront pris leur jet pour se réfugier aux États-Unis, en Afrique, ou en Algérie.

6. Une affiche du métro parisien proclamait il y a bien des années « Est maître des lieux celui qui les organise » ; elle était ornée d’un lion majestueux censé représenter la souveraineté de la RATP. Qu’est-ce que le pouvoir place de la République ? Eh bien, le pouvoir, place de la République, c’est l’aménagement de la place elle-même, et les forces de l’ordre qui en imposent le respect. Le pouvoir, ici, c’est donc cette grande esplanade vide, ces flux automobiles et leur vacarme, et les fourgons de CRS postés à tous les angles. Comment une assemblée peut-elle se prétendre sérieusement souveraine et s’abaisser à respecter en tout point la souveraineté réelle qui lui dicte chacun de ses gestes ? Ce n’est pas sérieux. Or nous ne serons rejoints, nous ne serons véritablement nombreux, et d’un nombre dense et déterminé, qu’à condition d’être sérieux. Être sérieux, ici, c’est décider nous-mêmes de l’aménagement de cette place, c’est construire en dur afin de dire notre intention de durer, notre refus de ne figurer qu’au nombre des épiphénomènes médiatiques que l’on balaye au premier attentat venu. Il nous faut donc, pour pouvoir accueillir des camarades de partout, sortir de la précarité à quoi nous accule l’aménagement prescrit de la place, et l’aménager à notre tour – être constructifs, quoi.

7. Nous voilà au milieu du gué, en plein cœur du péril : nous sommes trop nombreux pour simplement rentrer chez nous, et pas assez pour nous lancer dans un assaut insurrectionnel. Il nous faut urgemment « passer en seconde », comme disent certains. Passer au mois d’avril serait déjà pas mal. On ne peut compter sur les centrales syndicales, car même si des grèves reconductibles devaient surgir çà et là, ce serait contre leur gré. Or nous savons tous le danger qui nous menace si la situation se referme, le danger contre lequel nous sommes tous d’ores et déjà en train de lutter. Ce danger, c’est celui du système électoral : nous retrouver dans un an face au chantage démocratique de devoir choisir entre la peste et le choléra, entre Alain Juppé et Marine Le Pen. Ceux qui sont susceptibles de nous rejoindre sont précisément l’ensemble de ceux que cette perspective révulse, l’ensemble de ceux qui ne supportent plus que le politique soit réduit à la procédure insignifiante du vote. Le politique est dans ce que nous élaborons, dans ce que nous construisons, et dans ce que nous attaquons, dans ce que nous détruisons. Passer la seconde, c’est donc cela : construire l’hacienda et brûler les palais.

Commission Construction

samedi 23 avril 2016

9 choses que vous devez savoir sur l’occupation israélienne de la Palestine


Le mouvement BDS, Boycott, Désinvestissement et Sanctions conquiert de nouveaux terrains de jour en jour. Voici pourquoi.


Alors que ce récit est mis sous presse, l’Association américaine d’anthropologie (AAA) est en train de procéder au vote d’une résolution pour un boycott académique en solidarité avec le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). Si elle vote la résolution, ce sera la plus grande organisation académique au monde à l’avoir fait, rejoignant des dizaines d’autres organisations académiques professionnelles, syndicats, et syndicats d’étudiants aux États-Unis et en Europe. La résolution de l’AAA pour le boycott vient juste de recevoir l’approbation de 22 anthropologues israéliens, dont la lettre se lit en partie comme suit :

« Nous convenons que nous sommes arrivés à un point critique où, sous certaines conditions internationales, une autre expulsion massive de Palestiniens pourrait se produire – ou pire… Nous estimons qu’il est possible de prendre une position positive contre cette réalité. L’appel palestinien au BDS se fonde sur une protestation anticoloniale, sous une forme non violente, contre une occupation qui est extrêmement violente ».

L’occupation est également au premier plan sur la scène politique aux États-Unis, même quand les politiciens tournent autour du pot sur cette question. Récemment, quatre candidats à la présidentielle, dont Hillary Clinton et Donald Trump, ont tenu à exprimer leur ardent soutien à Israël devant la convention du Comité américain pour les affaires publiques israéliennes (AIPAC). Le titre d’un article dans le Ha’aretz parle de lui–même : « Les candidats à l’AIPAC : qui s’abaissera le plus devant ses exigences : Clinton ou Trump ? Peu importe ! La conférence de l’AIPAC a été un tour d’honneur pour un Benjamin Netanyahu victorieux. ». L’article résume ainsi ce désolant spectacle :
 
L’expression « s’abaisser » n’est même pas un début de vérité. Tout au long de la nuit, les quatre candidats ont recherché les applaudissements en déblatérant sur des sanctions contre l’Iran – même Clinton qui avait été contrainte d’adopter l’accord avec l’Iran en raison de son affiliation avec Obama, même elle n’a pas répugné à le faire.

« Tous les candidats ont admonesté les Palestiniens pour leur promotion d’une  culture de haine et de mort » , mais aucun n’a évoqué l’occupation de la Cisjordanie, ni la crise humanitaire incessante qu’est Gaza. Ils ont bassement flatté l’AIPAC, et cela leur a gagné des applaudissements tonitruants et des ovations debout ».

Bernie Sanders, seul, a eu le courage d’aller à contre-courant et d’introduire un minimum de vérité, de morale et de réalité, mais comme d’habitude, les médias dominants n’en ont pas parlé. Comme The Intercept le rapporte :
 
Dans un discours à Salt Lake City, qui avait été proposé à l’AIPAC pour une émission de télévision – une proposition qui a été refusée -, le sénateur du Vermont a répété qu’il soutenait la sécurité d’Israël. Il a aussi insisté sur le fait que « la paix signifie aussi la sécurité pour chaque Palestinien. Elle signifie parvenir à l’autodétermination, aux droits civils, et au bien-être économique pour le peuple palestinien« .

« Sanders a déclaré qu’il était « absurde » de la part d’Israël de vouloir plus de colonisation en réponse à la violence. « La paix signifiera aussi la fin du blocus économique de Gaza » dit-il. « Et elle signifiera une répartition durable et équitable des précieuses ressources en eau, de sorte qu’Israël et la Palestine puissent prospérer l’un et l’autre en tant que voisins » ».

Également, et contrastant de façon frappante avec le non-débat sur ce point essentiel de la politique étrangère US, on apprenait que récemment, le sénateur Patrick Leahy et dix membres de la Chambre des représentants avaient adressé une lettre au secrétaire d’État John Kerry, lui demandant d’enquêter sur les allégations selon lesquelles les forces de sécurité israéllennes et égyptiennes avaient commis « de flagrantes violations des droits de l’homme ». Comme Politico (média de l’actualité politique US) l’explique, « La signature de Leahy est à noter tout particulièrement parce que son nom est attaché à une loi qui conditionne l’aide militaire US aux autres pays à l’existence ou non de mauvais traitements commis par leurs forces de sécurité ».

En dépit du fait que l’occupation illégale par Israël et ses violations persistantes des droits de l’homme dans le Territoire palestinien occupé (TPO) font l’objet d’une condamnation de plus en plus large, tant ici qu’au niveau international, la plupart des Américains n’en savent toujours que très peu sur la nature exacte de cette occupation, ses racines historiques profondes et son impact mortel sur la vie des Palestiniens ordinaires. Ce n’est pas surprenant étant donné le black-out quasi-total des médias sur la question. Comme la Fondation pour la paix au Moyen-Orient le souligne, à la conférence de l’AIPAC aucun des participants n’a osé prononcer le mot « occupation », un mot qui a une signification juridique claire et légitime. Et la Fondation interroge, pourquoi ? :

« C’est un mot qui est loin d’être radical. Un mot dont l’applicabilité a été confirmée par la Haute Cour de Justice en Israël, et qui a été utilisé par des Premiers ministres tels qu’Ehud Barak et même Ariel Sharon. Il a aussi le mérite de décrire la situation sur le terrain en Cisjordanie, et légalement il s’applique tout autant pour Gaza. Le fait que les Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza soient régentés par une législation militaire, plutôt que civile, démontre bien qu’Israël lui-même reconnaît le fait juridique de l’occupation, malgré ce que ses politiciens de droite peuvent alléguer  ».

C’est précisément parce que l’occupation est illégale en vertu du droit international qu’Israël ne peut pas tolérer que son contrôle et son exploitation d’une main de fer de la terre palestinienne se voient donné ce nom. C’est aussi pour cela qu’aucun des candidats présidentiels qui se sont exprimés devant l’AIPAC n’a aussi prononcé ce mot – le faire aurait mis à nu le fait que, en criant leur soutien à Israël, ils déclaraient en même temps leur soutien à l’occupation illégale, une occupation que même le Département d’État US dénonce.

Compte tenu du poids donné au terme « occupation », il nous faut savoir exactement ce qu’il veut dire, et pourquoi il est devenu le point central de tant d’activités énergiques et engagées pour les droits de l’homme, ici et internationalement. Voici neuf raisons fondamentales pour lesquelles vous devriez vous préoccuper de l’occupation, et savoir ce que nos dirigeants politiques traditionnels, et même certains analystes, ne veulent pas que vous sachiez.

1 – L’occupation est illégale

Qu’entendons-nous par « occupation israélienne » ? En 1967, Israël s’est emparé de ce que l’on appelle aujourd’hui le Territoire palestinien occupé (TPO) au cours d’un acte de guerre. Les Nations-Unies ont condamné cette action et elles ont exprimé cette condamnation dans la Résolution 242 (novembre 1967) qui insiste sur « l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre et la nécessité d’œuvrer pour une paix juste et durable permettant à chaque État de la région de vivre en sécurité ». Le document de l’ONU énonce les principes qui appellent au « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit ; à la fin de toute revendication ou de tout état de belligérance, et au respect et à la reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État de la région et de son droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, à l’abri de menaces et d’actes de violence ». Il s’agit d’une déclaration précise qui insiste sur le droit inviolable des Palestiniens à un État.

Au lieu d’un Israël agissant en accord avec cette résolution qui a été adoptée à l’unanimité par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies – dont les États-Unis sont membres -, nous assistons à une histoire ininterrompue, s’étirant sur des décennies, d’un Israël qui dénie aux Palestiniens leurs droits et leur terre. Qui plus est, non seulement il n’y a eu aucune réduction dans les terres palestiniennes qu’il s’est appropriées, mais Israël a constamment augmenté son acquisition illégale de terres et ses constructions de colonies illégales. Comme le secrétaire des Nations-Unies Ban Ki-Moon l’a noté, ces actions ont contribué à la montée de la violence dans le TPO. Et il a qualifié les colonies « d’affront au monde ».

Human Rights Watch décrit les nombreuses violations par Israël du droit international et des conventions relatives aux droits de l’homme :

« Les colonies israéliennes en Cisjordanie violent les lois de l’occupation. La Quatrième Convention de Genève interdit à une puissance occupante de transférer ses citoyens dans le territoire qu’elle occupe et de transférer ou déplacer la population d’un territoire occupé à l’intérieur ou à l’extérieur de ce territoire. Le Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI), fixe la compétence de la Cour en matière de crimes de guerre, notamment les crimes de transferts de parties de la population civile d’une puissance occupante vers l’intérieur d’un territoire occupé, et le transfert forcé de la population d’un territoire occupé. La CPI a compétence sur les crimes commis dans ou à partir du territoire de l’État de Palestine, qui est maintenant membre de la CPI depuis le 13 juin 2014, date désignée par la Palestine dans une déclaration jointe à son adhésion.

« La confiscation par Israël de la terre, de l’eau et des autres ressources naturelles au profit des colonies et résidents d’Israël violent également les Règlements de La Haye de 1907 qui interdisent à une puissance occupante d’exproprier les ressources du territoire occupé pour son propre profit. En outre, le projet colonial de peuplement d’Israël viole la législation internationale relative aux droits de l’homme, en particulier la politique discriminatoire d’Israël envers les Palestiniens qui régit pratiquement tous les domaines de la vie en Zone C – régions de la Cisjordanie qui se trouvent sous le contrôle exclusif d’Israël – et qui déplace de force des Palestiniens tout en encourageant la croissance des colonies juives  ».

Le porte-parole du Département US, John Kirby, déclare distinctement :

« Notre position de longue date sur les colonies est claire. Nous considérons l’activité de colonisation israélienne comme illégitime et contre-productive pour la cause de la paix. Nous restons profondément préoccupés par la politique actuelle d’Israël à propos des colonies, notamment les constructions, la planification et les légalisations rétroactives ».

Lorsque l’ambassadeur US en Israël, Daniel Shapiro, a attiré l’attention sur le deux poids deux mesures juridiques appliqué dans le TPO – « Parfois, il semble qu’Israël a deux standards en matière de respect de la règle du droit – un pour les Israéliens, et un autre pour les Palestiniens » -, il a été traité avec dédain de « petit garçon juif » par un collaborateur du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Compte tenu de tout cela, il est plus qu’étrange d’entendre Hillary Clinton et d’autres défendre un régime qui persiste dans des pratiques que notre propre Département d’État a condamnées comme illégales et très problématiques pour les intérêts des États-Unis et du monde, et, dans le cas de Clinton, d’aller jusqu’à promettre une augmentation de l’aide militaire à ce régime pour qu’il puisse agir encore plus efficacement contre le droit international, et contre la politique états-unienne.

2 – Elle viole les droits de l’homme, et Israël agit en toute impunité.

En même temps qu’il méprise toute la série de droits humains internationaux cités ci-dessus, Israël a tant fait pour bloquer toute inspection du TPO par les inspecteurs des droits de l’homme, que Makarim Wibisono, le rapporteur spécial des Nations-Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens, a remis sa démission en janvier. Il a déclaré : « Malheureusement, mes efforts pour aider à l’amélioration de la vie des victimes palestiniennes des violations sous l’occupation israélienne ont été contrariés à chaque étape du processus ».

Aussi, venant des Nations-Unies :

Le rapporteur spécial a souligné que lors de sa prise de fonction en juin 2014, il lui avait été assuré qu’il aurait accès au Territoire palestinien occupé. « J’ai pris ce mandat en comprenant qu’Israël m’en permettrait l’accès, en tant qu’observateur impartial et objectif », a-t-il déclaré.

Les demandes répétées pour l’accès, tant écrites qu’orales, ont été vaines. « En l’absence de réponse d’Israël à ma dernière requête, en octobre 2015, pour obtenir l’accès avant la fin 2015, c’est avec un profond regret que j’accepte la prémisse sur laquelle j’ai pris le mandat, qui est d’avoir un accès direct aux victimes dans le Territoire palestinien occupé, et qui ne sera pas respectée », a déclaré le rapporteur spécial.

Mr Wibisono a déclaré que tout au long de sa fonction, le gouvernement de l’État de Palestine a coopéré pleinement avec le mandat.

Le rapporteur spécial a exprimé sa vive préoccupation devant l’absence de protection efficace des victimes palestiniennes contre les violations constantes des droits de l’homme et les violations du droit humanitaire international.

Le prédécesseur de Wibisono comme rapporteur spécial des Nations-Unies, Richard Falk, a dit ceci en 2013 : « Ni Israël, ni ses mandataires, ne peuvent justifier les faits sur le terrain en Palestine occupée, aussi, ils détournent l’attention, dénaturent les faits et diffament pour permettre aux violations de se poursuivre ».

Par les Nations-Unies :

Dans un communiqué de presse, Mr Falk a souligné que « les campagnes de diffamation irresponsables et malhonnêtes visant à discréditer ceux qui documentent ces réalités ne changent en rien les réalités sur le terrain depuis qu’Israël a lancé la guerre avec laquelle il a commencé son occupation de la Palestine ».

Selon Mr Falk, Israël confisque effectivement l’eau et la terre palestiniennes, notamment en s’emparant cette semaine de 60 000 autres m² de terres près de Naplouse.

« Israël continue d’annexer le territoire palestinien ; Israël persiste à démolir les maisons des Palestiniens et peuple la Palestine de ses citoyens israéliens ; Israël maintient une politique de punition collective sur 1,75 million de Palestiniens en imposant le blocus de la bande de Gaza ; et Israël poursuit son occupation en toute impunité, refusant d’entendre les appels dans le monde à respecter le droit international », dit-il.

Dans sa Vue d’ensemble de la situation dans le TPO, Amnesty International se fait l’écho précisément de ces préoccupations :

« En Cisjordanie, notamment à Jérusalem-Est, les forces israéliennes ont commis des meurtres arbitraires de civils palestiniens, dont des enfants, et mis en détention des milliers de Palestiniens qui protestaient ou s’opposaient d’une manière ou d’une autre à l’occupation militaire persistante, gardant des centaines d’entre eux en détention administrative. Les tortures et autres mauvais traitements sont toujours monnaie courante et sont commis en toute impunité. Les autorités ont continué la promotion des colonies illégales en Cisjordanie, et elles restreignent gravement la liberté de déplacements des Palestiniens, resserrant toujours davantage les restrictions en pleine escalade de la violence depuis octobre, notamment avec des attaques sur les civils israéliens par des Palestiniens, et des exécutions présumées extrajudiciaires par les forces israéliennes. Les colons israéliens en Cisjordanie agressent les Palestiniens et leurs biens quasiment en toute impunité. La bande de Gaza est maintenue sous le blocus militaire israélien qui impose une punition collective à ses habitants. Les autorités ont poursuivi les démolitions de maisons palestiniennes, en Cisjordanie et à l’intérieur d’Israël, particulièrement dans les villages bédouins dans la région du Néguev/Naqab, expulsant par la force leurs habitants. Elles ont également détenu et expulsé des milliers de demandeurs d’asile africains et emprisonné des objecteurs de conscience israéliens.  »

3 – C’est le seul projet de colonisation en cours et ininterrompu dans le monde

La confiscation illégale de la terre palestinienne, la démolition des maisons palestiniennes et la construction de colonies illégales s’intègrent dans un programme systématique, permanent, visant à infliger la misère, la détresse et la mort à une population captive dans ce que le Premier ministre britannique David Cameron a qualifié, dans une expression célèbre, « un camp de prisonniers à ciel ouvert  ». L’objectif est d’annexer de façon définitive l’ensemble de la terre palestinienne, une violation flagrante du droit international.

4 – Il tue les gens de façon expéditive, dans des agressions comme celle montée dans l’été 2014

Les Nations-Unies rapportent que durant cette attaque contre une population emprisonnée par l’une des forces militaires les plus puissantes dans le monde, « au moins 2104 Palestiniens sont morts, dont 1462 civils comprenant 495 enfants et 253 femmes ». Amnesty International a également attiré l’attention sur les « exécutions extrajudiciaires  » dans les rues. Comme rapporté dans Salon :

« Pour les Palestiniens qui vivent sous une occupation militaire israélienne illégale, une répression violente est un fardeau quotidien. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations-Unies (OCHA) a rapporté que les Palestiniens ont été blessés 14 000 fois rien qu’en 2015 ; et que 136 ont été tués. Ce sont les chiffres les plus élevés de l’agence des Nations-Unies depuis qu’elle a commencé à documenter la violence en 2005.

« Des manifestations pacifiques palestiniennes sont dispersées par les soldats israéliens pratiquement tous les jours. Il n’est pas rare pour le citoyen moyen de se faire tirer dessus, ou d’être réveillé au milieu de la nuit par les raids des soldats israéliens.

« Selon un rapport de l’Ong Défense internationale des enfants/section Palestine (DCI), les forces israéliennes ont tiré sur au moins 30 enfants en Cisjordanie occupée, dont Jérusalem-Est, au cours des trois premiers mois de 2015.

5 – Il tue les gens lentement, aussi

Une façon pour agir de la sorte, c’est de maintenir une mainmise sur les Palestiniens au moyen d’un embargo illégal, d’un détournement à son profit de l’électricité et de l’eau, de la destruction de l’infrastructure, du chômage. Les Nations-Unies rapportent que « ces restrictions ont réduit l’accès aux moyens de subsistance, aux services de base et aux logements, elles ont perturbé la vie des familles, et sapé les espoirs d’un peuple pour un avenir sûr et prospère ».

De façon terrifiante, le gouvernement israélien a réellement commandé une étude pour connaître le nombre minimum de calories qu’il pouvait attribuer aux Palestiniens, ayant la crainte que leur mort sous l’occupation ne se généralise et ne soit connue. Autrement dit, il voulait descendre la quantité juste avant que les Palestiniens affamés et en captivité ne meurent. Ha’aretz note :

« Après une bataille juridique de trois ans et demi, engagée par l’organisation des droits de l’homme Gisha, le coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires a finalement publié un document en 2008 qui expose en détail les « lignes rouges » pour « la consommation alimentaire dans la bande de Gaza » ».

« Le document calcule la quantité minimum de calories nécessaires, selon l’avis de COGAT, pour éviter la sous-alimentation aux habitants de Gaza à un moment où Israël resserre ses restrictions sur les déplacements de la population et des marchandises, dans et hors de la Bande, y compris des produits alimentaires et des matières premières.

« La décision du cabinet a déclaré que « le déplacement des marchandises dans la bande de Gaza sera restreint ; la fourniture de gaz et d’électricité allait être réduite ; et des restrictions seront imposées sur les déplacements de la population pour sortir de la Bande et y entrer ». En plus, les exportations hors de Gaza seront totalement interdites. Cependant, ajoutait la résolution, les restrictions devront être dosées afin d’éviter une « crise humanitaire »

6 – Il est particulièrement néfaste pour les enfants et les jeunes gens

Par exemple, en janvier 2015, l’UNESCO a publié son « Appréciation rapide des institutions de l’enseignement supérieur à Gaza », elle constate que les décès d’étudiants durant le conflit ont constitué plus du quart – 27,4 % – du nombre total des morts civiles subies en Palestine. Une récente étude indique que depuis 2000, Israël a arrêté et emprisonné plus de 7000 enfants.

Notre propre gouvernement US a mené sa propre enquête et a publié un rapport :
« Le rapport annuel par pays concernant les pratiques en matière de droits de l’homme, qui comprend une section spécifique couvrant la situation des droits de l’homme en Israël et dans le TPO, soulève un certain nombre de questions liées aux mauvais traitements des enfants palestiniens prisonniers, et au déni du droit à un procès équitable dans les tribunaux militaires israéliens. Il note d’autres violations graves contre les enfants palestiniens, notamment le meurtre et la mutilation d’enfants et des agressions sur des écoles à Gaza par les forces israéliennes. »

7 – De nombreuses organisations, des groupes religieux, et des personnalités ont retiré leur soutien à l’occupation en se désinvestissant et en boycottant

Parmi eux, des personnalités de la société et des artistes, des écrivains et des musiciens, tels que l’archevêque Desmond Tutu, Junot Diaz, Lauryn Hill, Chuck D, Roger Waters, Cornel West, et Angela Davis.

Plus d’un millier de militants et universitaires noirs ont signé une déclaration de solidarité. Le niveau du soutien international à BDS arrive petit à petit à celui auquel était parvenu le soutien à la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud.

En juin 2014, l’Assemblée générale de l’Église presbytérienne (USA) a voté une résolution de désinvestissement, et l’Église méthodiste unifiée a voté le désinvestissement de G4S, « une société britannique fortement complice de l’occupation militaire par Israël de la Palestine et qui tire profit des multiples violations des droits de l’homme envers les prisonniers politiques palestiniens, notamment les prisonniers enfants  ».

Des militants, beaucoup d’étudiants de l’enseignement supérieur, ont également fait pression sur Bill Gates pour qu’il se désinvestisse de G4S, et il l’a fait en 2014, vendant la totalité de ses parts dans la société. Et aujourd’hui, c’est l’entreprise elle-même qui a pris la décision de mettre fin à ses activités en Israël. Comme Mondoweiss le rapporte :

« La société britannique de services de sécurité G4S, la plus importante du monde, a réagi à une campagne mondiale BDS de quatre années protestant contre son rôle dans les violations israéliennes des droits de l’homme palestiniens en annonçant hier qu’elle allait céder sa subvention israélienne dans les « 12 à 24 mois » à venir. Commentant cette initiative, le Financial Times a rapporté que G4S se « dégageait d’une activité préjudiciable à sa réputation ». »

Une discussion sérieuse sur la brutalité, la laideur et l’illégalité de l’occupation s’observe plus particulièrement dans les actions qui se déroulent aussi dans la communauté juive, comme cet évènement avec son titre éloquent. Jewschool fait observer :

« Ce n’est pas tous les jours que le journaliste Peter Beinart et le rabbin Brant Rosen, deux grands maîtres-penseurs américains juifs dont les opinions divergent sur Israël, se retrouvent dans la même pièce. Mais c’est exactement ce qu’il va arriver cet été quand Beinard, auto-proclamé sioniste libéral, qui s’oppose au BDS, et Rosen, co-président du conseil rabbinique d’Une Voix juive pour la paix, vont venir ensemble participer à la campagne de l’été 2016 du Centre juif pour la non-violence appelée : « L’occupation n’est pas notre judaïsme » ».

8 – Ce projet de colonisation, vous le soutenez financièrement et politiquement

Les USA versent à Israël quelque 3,1 milliards de dollars de vos impôts chaque année – et cela juste pour une aide militaire directe, sans restriction. Et Hillary Clinton promet d’augmenter cette somme. C’est notre argent qui permet l’assujettissement des Palestiniens et le maintien de l’occupation, c’est notre argent qui est utilisé pour violer le droit international, les conventions des droits de l’homme, et même la politique de notre propre Département d’État.

Parallèlement à cela, les USA assurent systématiquement à Israël un bouclier contre les résolutions des Nations-Unies et les autres modes de censures et de sanctions. Dans une lettre adressée aux donateurs, de façon déplorable, Hillary Clinton considère son obstruction à la justice pour les Palestiniens comme une marque d’honneur, claironnant ses efforts constants pour garder Israël hors de portée de la loi en étouffant toute critique d’Israël :

« En tant que sénateur et secrétaire d’État, j’ai vu combien il était capital pour l’Amérique de défendre Israël à toute occasion. Je me suis opposée à des dizaines de résolutions anti-Israël aux Nations-Unies, au Conseil des droits de l’homme, et dans les autres organisations internationales ».

Si vous vous êtes vraiment engagé pour les droits humains internationaux, alors vous ne pouvez pas, moralement, laisser Israël se poser en exception, s’accorder une immunité, avec la complicité de politiciens tels que Clinton.

Nous, États-Unis, nous nous trouvons dans la situation orwellienne où notre Département d’État condamne sur la scène publique l’occupation – conformément au droit international – avec, dans le même temps, un Congrès qui vote constamment pour une augmentation de l’aide militaire et la couverture diplomatique d’Israël.

9 – Il fait partie intégrante d’un ensemble tripartite de torts causés aux Palestiniens

Il est crucial que l’occupation soit vue dans ce contexte afin de nous permettre de mesurer sa véritable gravité. Parallèlement à l’occupation, historiquement nous avons, et l’expulsion des trois quarts d’un million de Palestinien de leur pays en 1948, et le déni continu de tous les droits et privilèges des Palestiniens qui vivent en Israël. Mettre fin à l’occupation est une étape majeure, mais la pleine justice pour les Palestiniens doit intégrer ces deux autres éléments, et c’est exactement ce que fait le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions.

Ainsi, venant de gens comme Hillary Clinton, promettre son soutien à Israël en le mettant dans la position de victime et d’agressé, et en mettant les Palestiniens dans celle de terroristes irrationnels, c’est moralement répugnant et mensonger. Que feriez-vous si vous étiez victime d’un vol de votre terre et de votre maison, si vous étiez attaqué violemment par l’une des forces les plus puissantes dans le monde alors que vous êtes une population captive, et si vos appels à la communauté internationale pour qu’elle fasse respecter et pour qu’elle protège vos droits et votre vie au moyen des règles impératives qu’elle a elle-même instaurées, oui, que feriez-vous si ces appels étaient à leur tour censurés, réduits au silence et attaqués ? Que feriez-vous si vous décidiez que la meilleure façon d’obtenir ces droits passe par un mouvement légal, non violent, de boycott, désinvestissement et sanctions, et que ce mouvement était déclaré illégal par des nations et des États simplement parce qu’il exige d’Israël qu’il se conforme au droit international ? Nous devrions penser à cette histoire profonde quand nos présentateurs d’infos expriment leur perplexité devant des Palestiniens qui sont de plus en plus désespérés et qui prennent des mesures extrêmes. Toute discussion de « dialogue » dans ces conditions, avec des règles du jeu aussi inégales, est absurde. Les efforts pour gagner les droits des Palestiniens doivent être entrepris dans des circonstances éthiques et justes, et c’est pour cela que les gens se mobilisent en ce sens.

Voici ce que vous pouvez faire :

– Consultez de multiples sources d’informations – ne comptez pas seulement sur les grands médias US pour votre information. Allez sur les sites de Mondoweiss, Jewish Voice for Peace, American Friends Service Committee, Electronic Intifada. Prenez connaissance des documents des Nations-Unies, et de ceux d’Amnesty International, Human Rights Watch, Middle East Children’s Alliance, B’Tselem, du Centre israélien d’information pour les droits de l’homme dans les Territoires occupés, et des autres organisations des droits de l’homme.

– Faites savoir à vos représentants au Congrès que vous n’êtes pas d’accord et que vous ne voulez plus que vos impôts servent à payer l’occupation.

– Renseignez-vous sur le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions, et si vous êtes universitaire ou travailleur culturel, informez-vous sur la Campagne US pour le boycott universitaire et culturel d’Israël, déjà approuvée notamment par l’archevêque Desmond Tutu, Angela Davis, Patrice Cullors de Black Lives Matter, Barbara Ehrenreich, Naomi Line, et des centaines d’autres.

– Parlez-en avec vos amis.

Pensez à ceci : il y a des décennies, les gens actifs dans le mouvement anti-apartheid sur les campus de l’enseignement supérieur disaient que durant la lutte, sur tels ou tels campus particuliers, les militants étaient rarissimes. Et aujourd’hui, ils disent que lorsqu’ils visitent ces mêmes campus, il n’y a personne pour prétendre ne pas faire partie du mouvement. Voilà ce qu’il en est des luttes pour la justice. Aller contre le statu quo est toujours impopulaire et toujours risqué, c’est seulement plus tard que les gens se mettent finalement du bon côté de l’histoire. Cependant, la crise si longue et meurtrière dans le Territoire occupé est telle que ceux qui viendront après nous dans l’avenir, se demanderont certainement ce que nous, nous avons fait pour l’empêcher d’empirer, et ce que nous avons fait pour apporter la justice.

Comme Martin Luther King Jr l’a déclaré autrefois : « L’arc de l’univers moral est long mais il se plie vers la justice ». Seulement, il a besoin qu’on l’aide.

Mise à jour : il y a juste quelques jours, le 27 mars, le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies a adopté six résolutions lors de sa 31e session ordinaire. Sur les six mesures qu’il a approuvées, quatre se rapportent à Israël-Palestine :

Dans une résolution adoptée sans vote, le Conseil réaffirme le droit inaliénable, permanent et absolu, du peuple palestinien à l’autodétermination, et il réaffirme son soutien à la solution à deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.

Dans une résolution adoptée par un vote avec 42 voix pour, aucune contre et 5 abstentions, le Conseil demande à Israël de cesser toutes les pratiques et actions qui violent les droits de l’homme du peuple palestinien ou le caractère, le statut et la composition démographique du Territoire palestinien occupé.

Dans une résolution garantissant la mise en responsabilité et la justice pour toutes violations du droit international dans le Territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est, adoptée par un vote avec voix 32 pour, aucune contre et 15 abstentions, le Conseil requiert du Haut Commissaire qu’il fasse la critique de la mise en œuvre des recommandations adressées à toutes les parties depuis 2009, et qu’il présente un rapport lors de la 35e session.

Dans une résolution adoptée par un vote avec 32 voix pour, aucune contre et 15 abstentions, le Conseil demande à Israël de cesser immédiatement et d’inverser toutes les activités de colonisation, et il requiert du Haut Commissaire qu’il enquête sur les implications des colonies sur les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels du peuple palestinien.

                                                                                               David Palumbo-Liu

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine





lundi 18 avril 2016

La préfecture de police de Paris communique, la CGT aussi



et ses Flics

"on ne compte pas les excès de la police qui veut mater les jeunes, qu'ils soient étudiants ou lycéens"
« François Hollande se présente en chef de guerre, en espérant ainsi redorer son blason sur le plan national, en reprenant le flambeau de Bush père et fils, de Poutine et de Nétanyahou. »

Martinez CGT

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