jeudi 9 juin 2011

Nuance et Amalgame

La nuance est avant tout l’inflexion logique, contextuelle, finalitaire voire téléologique de l’essence que l’on recherche dans le phénomène d’un fait, d’une situation pour son jugement objectif et équitable, alors que l’amalgame confond pernicieusement contingences et nécessités, brasse tout, préjuge de tout dans des associations mentales-herméneutiques dénaturantes souvent discriminatoires, toujours monstrueusement menteuses ou idéologiques. L’amalgame est un agent logique déviant du sens, trope de désignification de tout ce qu’il mélange. CLM

Dans l’analyse et le questionnement, tout le pari de la conscience-juge misant sur la vérité, c’est de parvenir à appréhender et discerner les nuances dans le jugement des faits et situations. Il s’agit d’éviter la mésalliance d’une obsession de vérifier ses préjugés et de découvrir en même temps la vérité. Sans les nuances, la saisie du monde est toujours un amalgame ou une confusion coulée dans le béton monstrueux des contrevérités et erreurs, toutes ces aberrations pires que les plus méchants mensonges car dans le mensonge on est trompé alors que l’absence de nuance dans le jugement, on se trompe soi-même, se gruge dans la plus cinglante auto-déviance. Comprendre les nuances qui révèlent les subtilités et les spécificités en se débarrassant des préjugés et prêts-à-penser, sont le gage du jugement juste aboutissant à la vérité et à la justice.
Préjugés et erreurs sont, en effet, souvent conséquences d’un manque de nuances. L’histoire de la philosophie, nous rappelle ce tournant, ce moment de la méthode herméneutique que constitue la phénoménologie pour le jugement des faits et situations. Cela tient au souci de vérité husserlien visant à décanter la saisie des faits et situations en séparant conscience thétique et conscience réfléchie, intentionnalité vide et pleine. Néanmoins, dans la jungle sociale où la très minoritaire faune du pouvoir manipule les pulsions et instincts de la masse qu’elle pousse à des manières de meute de chacals, les incongruités rébarbatives des illogismes les plus loufoques et des logiques les plus monstrueuses posées en jugement collectif, ostracisent imparablement l’esprit libre et averti voulant parvenir à la vérité en prenant la posture du recul phénoménologique pour appréhender le sens. Ainsi, ces deux choses essentielles et si pesantes de refus du préfabriqué idéologique et d’abord neutre dans tout jugement logique : sont trafiqués, dénaturés dès le constat et l’interprétation.
Ce qui nous fait souvent éluder les nuances dérangeantes, c’est la lâcheté et la promiscuité relationnelle nous poussant à ménager émotivités et susceptibilités et à atténuer la rigueur du jugement, voire à sacrifier la vérité. Le fait est clair, l’homme comme animal social et politique, pour conserver ses intérêts, se protéger lui et les siens, ment à lui-même ou se contente d’une vérité au rabais qui ne peut être que contrevérité. J’ai dit politique (c’est que, bien que cela existe dès la famille il y est privé et sans répercussion directe dans l’espace public) parce que la politique politicienne, est le domaine préférentiel, parce que public voir officiel, où l’on peut facilement vérifier la pusillanimité locutoire, le copinage et la promiscuité positionnelle des déclarations par complaisance grégaire. Complaisance qui va souvent avec la compromission langagière et la sujétion discursive au détriment de la vérité due aux citoyens. Dans les entourloupes de l’impureté satanique d’un système hypermatérialiste, qui lâche ses crapules zélées, ses chiens âpres à toutes les curées aux quatre coins du monde, l’esprit pur est souvent seul à se garder humain dans sa solitude. L’esseulement est alors la force des dignes qui refuse les amalgames.

Amalgames et jugements de masse…

L’amalgame, toujours mesquin et matois dans sa racine individuelle ou socioculturelle, part d’une logique trompeuse, toujours méchante et bornée avec des conséquences ultimes désastreuses. De fait, le racisme, l’ostracisme et toutes les discriminations non factuellement fondées sont des amalgames violents qui opèrent contre les altérités et donc, contre l’humanité. L’amalgame est essentiellement confusion, intrusion de composantes fictives artificiellement liées à un phénomène considéré, prêtées artificieusement à l’essence ainsi dénaturée des faits et situations dont il ose établir idées et perceptions factices en axiomes pervers et postulats inexorables.
En occident, le credo tout autant populacier qu’universitaire passe par la désinformation où la propagande équivaut à la liberté de la presse ; le libéralisme économique, assimilé à la liberté ; les élections cycliques, à la démocratie. Mélanger ainsi des notions sémantiquement proches pour se jouer des émotions et des limites intellectuelles collectives, c’est faire de l’amalgame. Amalgamer correspond à imprimer un sens faux, sur le plan idéel, à des notions ou des pratiques en leur annexant une justification morale factice ou un discrédit bernant via des données réprobatrices et accusatrices inexactes par un brassage explicatif, une mixture herméneutique à grands coups de pression sociale selon la diffusion massive du sens postiche voulu à travers les outils de communication sociale. Amalgamer, c’est créer à des individus, des institutions ou des faits, des connotations péjoratives voire incriminantes avec crasse rouerie et mesquinerie par l’agencement sordide de parties et de détails, d’insinuations et d’idées reçues, où un peu de vrai et un peu de faux subvertit, distord la signification et désubstantialise tout. C’est aussi dans certains cas, prendre le symbole pour le symbolisé inexistant afin de berner l’opinion publique.
Nous constatons aussi des amalgames idéologiques dans le traitement des relations entre les genres : dépendance affective, harcèlement (trop souvent respectivement confondus à l’affection intense et à la tentative tenace de séduction sans violence) évoqués à tout bout de champ, pour dénigrer le masculin et fragiliser le mâle toujours plus ou moins soupçonné de pulsion immodérée, de prédisposition à l’agression, toutes les conneries immondes d’une société utilisant les faibles d’esprit, montant femmes contre hommes, substituant une structurocratie tyrannique aux autocraties despotiques du passé et à leurs répressions immédiates, pour briser la force brute qu’est le mâle à l’heure des « démocraties » et de « l’État de droit ».
Un autre amalgame courant, devenu proverbe inavoué dans les sociétés occidentales, est que les pauvres sont des parasites, des assistés, liaison idiote chez la masse mais crassement idéologique chez les « élites », quand on sait que l’abomination, est la pauvreté dans le monde et dans des pays qui pillent la planète, provoquent de la rareté artificielle, entretiennent une poignée de vrais parasites crapuleux et riches qui se servent des structures de l’État pour régner en chiant sur le reste de l’humanité dans une société aliénée bêtement vouée à eux, prête à leur verser des taxes spéciales, à éponger leur gaspillage bancaire provocateur de crises économiques mondiales...
Encore un autre amalgame, raciste, celui-là, la croyance chez plusieurs petits leucodermes que le mélanoderme est souvent un voleur ! Ineptie à dormir debout. Si les noirs savaient tellement voler, ils ne seraient pas si pauvres se faisant souvent traiter en parias (sauf les cooptés par souci de visibilité multiethnique du système en pays d’immigration) pour une subsistance difficile même parmi les moins doués des blancs. Sans entrer dans la stupide guerre de « race » menée tantôt ouvertement tantôt subrepticement par les minables petits et grands racistes avoués ou inavoués au pouvoir, guerre honteuse pour l’humanité, et que nos abhorrons de tout notre être, disons simplement que l’histoire effective, celle qu’on élude et qui n’est guère massivement diffusée, mais dont les faits et conséquences sont palpables et bien présents, raconte totalement le contraire. De quelle couleur sont les moralistes colons, saints et religieux, qui ont volé des pays à leurs ressortissants en Amérique, en Afrique et sur tous les continents, et qui, non contents d’avoir pris terres et ressources à leurs possédants partout dans le monde, ont transformé (par l’esclavage, ce pillage de la vie d’un individu, cette prédation de l’Étant Humain) l’homme de ces pays en chose productrice, mis à mort avec les pires injures, s’il refusait son statut de chose au service du maître ? Prédation de pays, déprédation de terres, vol de vie, sans égard pour quiconque ou quoi que ce soit, voilà que de nos jours, on crache les pires insultes aux écrasés avec l’aval des plus flagorneurs d’entre eux, achetés, utilisés, forgés contre les leurs. L’on comprend aujourd’hui que certains moins que rien qui gouvernent les états jouent à l’arrogance et à la « noblesse bourgeoise » supérieure pour se laisser croire et faire croire qu’il sont d’origine pure, rudes travailleurs qui ont réussi, tandis que les pauvres sont de sales paresseux profiteurs venant le plus souvent de ces races inférieures qui peuplent le sud…
L’amalgame est donc le fait des prédateurs et des ignares manipulés de leur idéologie. Le recul qu’exigent les nuances, est de loin trop difficile pour ceux que la mollesse quotidienne, et l’ignorance et la pulsion de haine, tiennent, hélas, collés à la réalité sociale et à l’immédiat.
L’imposture d’une société - véritable cercle vicieux, circularité de la pérennité du mal infligé par les plus forts qui ont pillé, massacré et sont donc riches et armés - semble interminable dans un monde où la logique tronquée, mensongère des amalgames, sévit et tue le sens en se jouant des hommes ainsi faits choses d’autres hommes privilégiés, constituant l’infime minorité prédatrice, le quarteron obscur de monstres au pouvoir, cachés derrière les structures, monstres implacables et impitoyablement exterminateurs des multitudes majoritaires.
D’aucuns me diront, si tant est sombre et ténébreuse la condition sociale des hommes, pourquoi écrire, s’engager ? À cela, je réponds ceci : sachant que, fors les choses divines et métaphysiques, il y a toujours des alternatives mélioratives aux conditions sociales des peuples et des hommes car ces conditions sont humainement créées et maintenues sans aucun Deus ex machina transcendant, c’est-à-dire forgées dans le ludique des structures, fomentées par quelques-uns utilisant tous. Il faut donc scruter dans l’histoire et les choix de société, les causes des terribles malaises affectant la vie sociale de l’espèce tout en partageant et mettant en commun les réflexions pouvant faire éclairage sur les points d’ombre de l’ordre du mal qui est l’ordre du monde.

mercredi 8 juin 2011

On the fire at Saint-Laurent-du-Pont

The instantaneous incineration of the dance club[1] in Saint-Laurent-du-Pont, in which 146 people were burned alive on 1 November 1970, certainly aroused strong emotions in France, but the very nature of these emotions has been poorly analyzed, then and now, by many commentators. Of course, the incompetence of the authorities concerning security instruction has been revealed: these instructions are well conceived and minutely spelled out, but making them respected is quite another matter because, effectively applied, they more or less seriously interfere with the realization of profits, that is to say, the exclusive goal of capitalist enterprises in both their places of production and the diverse factories in which diversions are distributed or consumed. The dangerous character of modern [building] materials and the propensity for horrible decor to become the decor of horror have already been noted: "One knows that the polyester ceilings, the use of plastic covering on the walls and the inflatable seats burned like straw and cut off the retreat of the dancers, who were surprised in their race against death" (Le Figaro, 2 November 1970). This time, one can say, the diversions from boredom revealed an extreme and localized case of the general pollution and its costs. Beyond the current discontent with the interdependent specialists, who reserve for themselves a monopoly on the protection of society as well as a monopoly on the construction of all buildings, many people have been sensitive to the particular horror of exit denied to all those who flee, already on fire or close to it, by a barrier specially created to only open towards the interior and to close again after the passage of each individual: it is a question of avoiding the situation in which someone might enter without paying. The slogan on the signs carried by the parents of the victims a month later -- "They paid to enter, they should have been able to leave" -- seems to be obvious in human terms, but it is fitting to not forget that this is not obvious from the point of view of political economy, and the difference between these two projects is only and simply knowing which one will be the strongest. Indeed, to enter and to paid is the absolute necessity of the market system; this is the only necessity that it wants and the only one that preoccupies it. To enter without paying is to put the market system to death. To enjoy oneself (or not) on the inside of the air-conditioned trap, to possibly leave it -- all this has no importance for it, nor even any reality. At Saint-Laurent-du-Pont, the insecurity of the people was only the slightly undesirable by-product -- the nearly negligible cost -- of the security of the commodity.
But all this -- the fact that a class is responsible for such accidents -- is banal, even if at this moment men begin to find the reigning banalities that mutilate them and kill them to be astonishing and correctable. Nevertheless, the slaughter at Saint-Laurent-du-Pont has been more deeply felt than many other catastrophes, such as the rupture of a dam or an airplane crash. The importance of the fact -- as always -- can be read in the lies and the hesitations in which the spectacular news covers it. No one envisioned lying about the number of victims, as at Gdansk,[2] Mexico[3] or the rue Gay-Lussac.[4] But to attenuate as much as possible the violence of the brute fact, one has paradoxically hidden the number of survivors. At the moment when the pyre started, several people were strolling outside the building; several others immediately managed to get through the door. One has not wanted to cite the precise number of those who managed to get out, so as to not face the number of those who remained blocked within. Thus, many naive people have been able to believe that dozens of people (if not more) escaped. Nevertheless, some time later, the French police conducted an investigation, which gathered together the testimony of around thirty people who frequently went to the "Cinq-Sept" dance club. It goes without saying that included in this number were all those who were present [and survived] the night of the fire. Subtracting the six or eight people who were already outside, one can conclude that at most a dozen of those who were inside managed to get out. Fifteen times that number were burned alive.
How does this mass death differ from what happens to groups of people assembled by chance in a large store or on a train? The deaths at Saint-Laurent-du-Pont were almost exclusively young people, and the majority of the boys and girls were 16 to 20 years old. In addition, they were in the main poor people, young workers, many of them children of immigrant workers. Saturday night in Saint-Laurent-du-Pont was an example of the genre of life that market abundance offers the young and the workers: many of them have cars, and one can go as a group to pay the entry fee at a cheap place and be there together. This wasn't an attempt to leave solitude and boredom, but to experience a moment of the boredom that was supposed to be more amusing than the others. It is to this youth, which no longer accepts its conditions of existence, that the people at l'Isere offer -- as a salary for their weekly labor -- food, gasoline [for their cars] and the pleasures of Saint-Laurent-du-Pont. What else would they want? Those whom one bludgeons over there one burns over here.
Several days later, when the population of Saint-Laurent-du-Pont found it good to be in solidarity with their mayor, who was briefly sanctioned, the small firms in the area decided to strike for an hour, but as Le Monde for 8-9 November remarked, "at the most important company in the area, a cold-lamination factory (...) the personnel were not in complete agreement (...) Moreover, the petition that had been circulating was directed at voters, thus setting aside people younger than 21. But those who have been so much more sensitive to this discrimination than the victims of the fire at 'Cinq-Sept' have been for the most part people younger than 21."
The discrimination is much serious [than that] and its causes are profound. The three journalists from Le Figaro who together signed the article published on 2 November reported in the following terms what one of the escapees, Jean-Luc Bastard, said concerning what took place at the door: "We did everything to save as many people as possible. We pulled on the arms and legs that were thrust out in front of us. With our jackets soaked in the stream close to the dance club, we put out the flames on the clothes of those whom we managed to free. Car drivers stopped on the side of the road and watched us. Some were amused and laughed at us, refusing to participate in the rescue. Only two or three of them helped us." (Emphasis added).
When other newspapers subsequently quoted this witness, what he said about the drivers who refused to rescue the young people and laughed at seeing them burn was, as if by chance, suppressed. Nevertheless, this was the most sensational bit of news. Modern journalism knows how to sacrifice its narrowly professional imperatives in order to support the general interests of the society that produces it, and fire summons fire. In any case, one sees that journalists hardly merit any reprimand for "having over-heated the public," to quote the particularly unfortunate wording of Le Monde in its edition of 10 November. The automobile drivers of the region knew quite well that this dismal [funebre] dance club was a place for youthful consumption (thus, drugged hooligans and the lazy underworld) and for those adults who had renounced [this] life, whose numbers were greater than the capitalists and the members of several partially privileged social strata; that is to say, a place for all the victims of a system that estimates that the only thing that belongs to them (as existence and as property) is the alienation with which they are identified. The youth are detested; they are envied because they are thought to be freer than the adults, who at least keep their heads bowed (everything leads one to believe that the majority of the voters are monogamous). Nevertheless, this hatred of the young, which is only a passing figure for the more motivated hatred that is in the process of reappearing due to the return of class struggle (in which the totality of the aspects of [this] life is being put into question), reaches a level of violence unknown back in the days when the illusion of national and human communities was still believed in by the classes in conflict. A bourgeois contemporary of [Adolphe] Thiers certainly helped out a worker who'd come out of a burning building. At least until the 1950s, many of the settlements in Northern Africa were made for Arabs. But today's hatred of the youth is of a completely exceptional nature. And this only superficially derives from the governmental propaganda that is distributed by the mass media[5] for this purpose. Those resigned to self-mutilation do not detest the revolutionary affirmations of the youth because they are falsely informed about them by the spectacle, but more profoundly because they are spectators. To the excellent formula that a group of young revolutionaries[6] once enunciated -- "We are not against the old, but against what has made them old" -- the resigned people of today sincerely respond (if they dare), "We are not against the young, but what makes them live." In what happened at Saint-Laurent-du-Pont, as well as in the photo of the destroyed face of Richard Deshaies (which has been posted upon the walls of Paris), one can already read (as obvious as a paving stone or a charge by the CRS) the climate of civil war.
Violence has always existed in class society, but the current revolutionary generation has only begun to see that -- in the firms and on the streets -- violence can exist on both sides: thus the scandal and the televised worries of the government. Today, the proletariat and the youth know that they produce fear [in others], and the young workers (at the C.E.T. as well as in the factories) are the youngest of the young and the most proletarian of the proletarians. Because they produce fear, one hunts them down. And, by the same token, these young workers must learn to produce fear more efficaciously in order to vanquish their adversaries. At Saint-Etienne in La Courneuve, the cafe owners throw them out. Each time it is a question of "teaching them a lesson," and indeed it is a lesson than tens of thousands of people are learning. The escapees from Saint-Laurent-du-Pont remain far too few in number and too overwhelmed by the blow dealt against them to continue to object to the owner(s) of the dance club, that is, once they have attempted to lynch the profiteer in a justified rage. If they had done so, no doubt there would have been reprimands from Leftist journalists and Trotskyist bureaucrats. But, in the words of a song from the old French Revolution and with respect to the massacre of the governor of the Bastille: "How could one find fault with that?"
It has been a hundred years since the young have been this resolved to destroy the old world, and never in history have the young been so intelligent. (The poetry that is in the SI can now be red by a girl of 14 years; on this point, the desire of Lautreamont has been fulfilled.)[7] But, finally, it is not youth -- as a passing state -- that threatens the social order: it is modern revolutionary critique (in acts and in theory), the rapid expansion of which can be dated from the historical moment that we have lived. It begins in the young people of a particular moment, but it does not age. This phenomenon, which gets bigger every year, is not cyclical: it is cumulative. It is history that is at the gates of class society; it is its death that knocks. Those who reprimand the youth are actually defending themselves against proletarian revolution, and this amalgam condemns them. The fundamental panic felt by the owners of this society who are confronted with the young is founded upon a cold calculus, quite simple, but which one would like to keep hidden behind the display of so many stupid analyses and pompous exhortations: from now on, between the ages of 12 and 15, young people will be adults, adults will be old, and the old will be dead. One can easily imagine that the leaders of the class in power absolutely (and rather quickly) need to reverse the underlying decline in the level of their control over society. And they begin to think that they will not be able to do so.

Guy Debord

[1] All through this text, Debord will employ the Anglo-American word "dancing" to refer to dance clubs.
[2] In December 1970, Polish workers seized the shipyards at Gdansk and were eventually slaughtered.
[3] In October 1968, students, workers and activists occupied the main square in Mexico City and were eventually slaughtered.
[4] In May 1968, Parisian students, workers and activists built barricades on the rue Guy-Lussac and were eventually crushed by the CRS (the number of people killed is not known).
[5] English in original.
[6] The "Front de Liberation de la Jeunesse," publishers of Tout.
[7] This phrase would be repeated in The Real Split in the International: A Public Circular of the Situationist International, published April 1972.

(Originally written in 1971, for publication in the 13th issue of Internationale Situationniste. Translated by NOT BORED! July 2009. All footnotes by the translator.)

Guy Debord sur l’incendie du "5-7"


Evaluation de l’impact des rejets de FUKUSHIMA DAIICHI sur la FRANCE

 
LA CRIIRAD MAINTIENT SA DEMANDE D’ENQUETE1
 
Le 25 mai 2011, se basant sur des résultats d’analyse officiels publiés sur le site du réseau national de Mesure de l’environnement, la CRIIRAD annonçait que la France avait été contaminée dès le 22 mars 2011, plus tôt que ne l’indiquait l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire et que les masses d’air contaminé étaient majoritairement arrivées par la façade atlantique et non par le nord. Une demande d’enquête était adressée aux autorités en charge de la protection radiologique de la population (Premier ministre et Autorité de Sûreté Nucléaire). La CRIIRAD annonçait l’envoi d’un bilan plus complet des nombreuses anomalies relevées dans le travail de l’IRSN ainsi qu’une demande de garanties pour le contrôle des contaminations à venir. Lire le communiqué et les courriers de la CRIIRAD.
Le 26 mai 2011, l’IRSN a indiqué sur son site Internet qu’il confirmait ses résultats de mesures dans le cadre de la surveillance du territoire français après l’accident de Fukushima, ajoutant qu’il réfutait les « allégations » de la CRIIRAD, estimant qu’elles provenaient d’une « erreur d’interprétation » des résultats disponibles sur le site Internet du Réseau national de mesures de la radioactivité de l’environnement (RNM). A l’appui de ses déclarations, l’IRSN publiait une note technique de 4 pages intitulée « Réponse de l’IRSN au communiqué de la CRIIRAD du 25 mai 2011 relatif à la contamination des masses d’air sur le territoire national après l’accident de Fukushima. »
La CRIIRAD a procédé à l’analyse des éléments d’information publiés par l’IRSN et décidé en conséquence de maintenir sa demande d’enquête au Premier ministre et au Président de l’ASN. Un courrier a été adressé par fax, hier 30 mai au soir, à ces deux responsables. Voir document en annexe.
La CRIIRAD considère, en effet, qu’elle n’a pas commis d’erreur d’interprétation. Elle a tenu compte de l’ensemble des informations publiées par l’IRSN et ne les a utilisées qu’après avoir procédé à un certain nombre de vérifications. Une erreur a bien été commise, une erreur répétée dans le temps, qui fausse le bilan officiel de la contamination de l’air, mais elle est entièrement imputable à l’IRSN.
L’expert de l’Etat s’est en effet trompé sur ses propres données : des résultats qui portent sur des prélèvements d’air effectués sur plusieurs jours (jusqu’à 10 jours) ont été publiés, utilisés et commentés comme s’ils ne concernaient qu’un seul jour de prélèvement, le dernier. Comme la période de prélèvement inclut plusieurs jours pendant lesquels l’air n’était pas contaminé, cela a pour conséquence d’abaisser artificiellement l’activité réelle de l’iode 131 dans l’air. Comme l’erreur a été répétée sur toute une série de résultats qui se rapportent à la dernière semaine de mars, cela conduit l’IRSN à sous-évaluer l’activité réelle de l’air pendant toute cette période.
 
1/ Nous prions les lecteurs de nous excuser pour le retard de cet envoi. L’agenda de la mission au Japon s’est alourdi (participation à la conférence de presse de TEPCO le 30 mai, conférence de presse à destination des correspondants étrangers le 31 mai, audition dans le cadre d’un séminaire organisé par le Parlement japonais le 1 juin...) et plusieurs incidents nous ont mobilisé afin d’assurer au mieux la protection radiologique de l’équipe (le dernier en date est l’explosion survenue cette nuit à proximité du bâtiment réacteur n°4). Nous avons pris du retard sur le volet français de l’impact de Fukushima Daiichi mais nous répondrons progressivement à tous les points qui ont été soulevés.

Document CRIIRAD – Corinne CASTANIER
Courriel : contact@criirad.org / Web : http://www.criirad.org

Exemple de censure

Les Ordres sont les Ordres et les médiatiques sont forcément des flics !!!

Comme sur Bellaciao (censure plus facile à contourner...) il est INTERDIT de parler de ce blog ou même de citer un lien sur Rue89.
Normal, non ?

mardi 7 juin 2011

Penser l'exode de la société du travail et de la marchandise


C'est dans un long article paru, entre autre, dans « Mouvements » le 25 septembre 2007 que le philosophe André Gorz revient sur la dynamique du capitalisme financier et sur les raisons qui permettent de voir dans le revenu social garanti une occasion de sortir du capitalisme.
 Ce revenu social (je préfère dotation), souvent mal compris, parfois même porté à dérision lorsque certains voient dans l'Etat ou autres formes sociétales  une résurrection de Mère Thérèsa devient sous la plume de Gorz plus compréhensible. Ce volet sur le RSG ouvre la porte à une suite de volets de l'article que j'ai dû fractionner. Suivrons, la taxe Tobin, l'industrie financière, etc.

 L'allocation universelle d'un revenu social garanti (RSG) est-elle compatible avec le capitalisme ? Si oui, son but est-il de consolider la société capitaliste, voire de la sauver ? Sinon, peut-il miner les bases de cette société ou aplanir la transition d'un système économique fondé sur la valeur d'échange vers un système fondamentalement différent ? Je n'ai cessé de rencontrer ces questions depuis la fin des années 1970. J'étais convaincu dès le départ que le système mondial fondé sur la production de marchandises ne pourrait se perpétuer indéfiniment. Depuis la fin du fordisme et le début de la révolution informationnelle, il travaille avec une efficacité croissante à la destruction des bases de sa survie. Les Chemins du Paradis – paradis dans lequel, selon la prédiction de Léontieff, les hommes allaient mourir de faim parce que la production de marchandises n'emploiera plus guère de salariés et ne distribuera plus guère de moyens de paiement – avait déjà pour sous-titre « l'agonie du capital » [1].
 Mon point de départ, en effet, était le fait que la révolution microélectronique permet de produire des quantités croissantes de marchandises avec un volume décroissant de travail, de sorte que tôt ou tard le système doit se heurter à ses limites internes [2]. Ce capitalisme qui s'automatise à mort devra chercher à se survivre par une distribution de pouvoir d'achat qui ne correspond pas à la valeur d'un travail. Le pouvoir d'achat inconditionnellement distribué ne pourra toutefois avoir la forme normale de l'argent. Il ne pourra être un revenu de transfert, prélevé par l'impôt sur la consommation et les revenus primaires. Il est impossible, en effet, de faire croître les prélèvements fiscaux sur la consommation et les revenus quand la production, même croissante en volume, distribue de moins en moins d'argent à de moins en moins de gens. Le RSG devra donc avoir la forme d'une monnaie différente, d'une « monnaie de consommation » comme l'appelait Jacques Duboin. Celui-ci proposait que toute production marchande s'accompagne automatiquement de l'émission de son « équivalent monétaire » c'est-à-dire de la quantité de monnaie de consommation permettant l'achat des marchandises produites. La monnaie ainsi émise ne pourra servir qu'une seule fois : elle sera annulée à l'instant de tout achat.
 On voit aussitôt le problème : comment fait-on pour établir l'équivalent monétaire d'un produit au moment de sa production, surtout quand cette production informatisée, automatisée ne demande que très peu de travail ? Sa valeur d'échange, son prix ne peuvent être déterminés par le marché, puisque l'émission de monnaie de consommation doit avoir lieu avant ou à l'instant de la mise sur marché. Pour que la quantité de monnaie émise corresponde au prix de vente, il faut que les prix soient fixés ex ante, par un « contrat citoyen » entre consommateurs, entrepreneurs et pouvoirs publics [3]. Il faut, autrement dit, que les prix soient des prix politiques, que le système des prix soit le reflet d'un choix politique, d'un choix de société concernant le modèle de consommation et les priorités que la société entend se donner.
Le capitalisme mort-vivant
 Je ne m'étendrai pas sur les difficultés que ce modèle présente dans une économie post-fordiste où les grandes unités de production sont éclatées, externalisées en des centaines d'entreprises sous-traitantes de première, deuxième… voire cinquième rang, faisant appel aux micro-entreprises de centaines de « self-entrepreneurs » individuels travaillant souvent en réseaux. Le modèle distributiste a sans doute le grand mérite de rompre avec le marché, de mettre en évidence le caractère anachronique de la forme valeur, c'est-à-dire de la forme argent, de la forme marchandises, donc du capitalisme ; mais il en conserve les apparences et, surtout, le fondement principal : la division capitaliste du travail, la division entre consommateurs et producteurs, les rapports sociaux marchands d'achat et de vente. Il s'agit là d'une forme de « capitalisme mort-vivant » dont la valorisation du capital ne peut plus être le but mais qui, en préservant formellement la forme marchandise des richesses produites et le besoin d'argent pour y accéder, préserve un aspect essentiel des rapports de domination capitalistes.
 Ceux-ci subsistent dans la mesure où l'allocation d'un revenu individuel fait obstacle au développement de réseaux coopératifs d'autoproduction, à l'appropriation par des collectifs auto-organisés de moyens de production soustraits à la division capitaliste du travail et utilisables pour satisfaire une part croissante des besoins et désirs de tous. L'idée que, après son extinction, le capital doit pouvoir conserver son système de domination en conservant aux biens la forme marchandise et à leur mise à disposition la forme de la vente, cette idée chemine souterrainement depuis des décennies. Elle considère la consommation de marchandises comme un travail qui mérite d'être rémunéré en tant qu'il maintient l'« ordre marchand », l'ordre dans lequel les individus se produisent eux-mêmes tels que les puissances dominantes désirent qu'ils soient. « Les marchandises y achètent leurs consommateurs afin que ceux-ci se fassent, par l'activité de consommer, ce que la société a besoin qu'ils soient [4]. »
 Les moyens sur lesquels le capitalisme avait fondé sa domination – l'argent, le marché, le rapport salarial, la division sociale du travail – lui survivent comme des formes vides. Ce n'est plus la mise en valeur de la valeur, c'est le pouvoir de dominer qui devient le but de la production.

Foreword to the third French edition of The Society of the Spectacle

The Society of the Spectacle was first published in November 1967, in Paris, by Buchet-Chastel. The troubles of 1968 made it known. The book, of which I have never changed a single word, was reprinted in 1971 by Editions Champ Libre, which took on the name Gerard Lebovici in 1984, following the assassination of this publisher. Reprints were regularly made until 1991. The current edition has also remained rigorously identical to the one of 1967. The same rule will, furthermore, quite naturally be followed in the re-edition of the totality of my books by Gallimard. I am not someone who corrects himself.[1]
Such a critical theory need not be changed as long as the general conditions of the long period of history that this theory was the first to define with exactitude have not been destroyed. The continuing development of the period has only verified and illustrated the theory of the spectacle, the exposition of which -- reiterated here -- can also be considered historic in a less elevated sense of the word: this book testified to the most extreme positions taken during the struggles of 1968, and thus to what was already possible to know in 1968. The worst dupes of that era have, since then, learned -- through the disappointments of their entire existences -- what the "visible negation of life," the "loss of quality" tied to the commodity-form and the "proletarianization of the world" mean.
Moreover, I have added, at the appropriate times, other observations concerning the most remarkable novelties that the subsequent course of the same process has produced. In 1979, on the occasion of a preface to a new Italian translation, I dealt with the effective transformations in the very nature of industrial production and in the techniques of government that began to authorize the use of spectacular force.[2] In 1988, the Comments on the Society of the Spectacle clearly established that the preceding "global division of spectacular tasks" between the rival reigns of the "concentrated spectacular" and the "diffuse spectacular" had ended in their fusion into the communal form of the "integrated spectacular."[3]
This fusion can be quickly summarized by correcting Thesis 105, which -- concerning what had taken place prior to 1967 -- still distinguished between these previous forms, if not certain [previously] opposed practices. The Great Schism of class power having been completed through reconciliation, it is now necessary to say that the unified practice of the integrated spectacular has, today, "economically transformed the world" at the same time that it "transformed perception through police methods."[4] (The police in this circumstance is itself completely new.)
It is only because this fusion was already produced in the political-economical reality of the entire world that the world could finally proclaim itself to be officially unified. It is also because the situation in which separated power has universally found itself is so serious that the world needed to be unified as quickly as possible, so as to participate as a single bloc in the consensual organization of the global market, falsified and guaranteed spectacularly. And, finally, it will not be unified.
The totalitarian bureaucracy, "substitute dominant class for the market economy," never believed very much in its destiny. It knew itself to be the "underdeveloped form of the dominant class" and wanted to be better. Long ago, Thesis 58 established the following axiom: "The root of the spectacle is the terrain of the economy-become-abundant, and it is from this terrain that the fruits that finally tend to dominate the spectacular market come."
It was this will to modernize and unify the spectacle, which is tied to all the other aspects of the simplification of society, that in 1989 led the Russian bureaucracy, as if it were a single person, to suddenly convert to the current ideology of democracy: that is to say, the dictatorial liberty of the Market, tempered by the recognition of the Rights of the Spectator. No one in the West has held forth for a single day on the meanings and consequences of such an extraordinary mediatic[5] event. The progress of the spectacular technique can be seen here. One has simply recorded the appearance of a kind of geological tremor. One dates the phenomenon, and one estimates it to be quite well-understood, by limiting oneself to repeating a very simple, signaled message -- the Fall-of-the-Berlin-Wall -- as unquestionable as all of the other democratic signals.[6]
In 1991, the first effects of this modernization appeared with the complete dissolution of Russia.[7] Here the disastrous results of the general evolution of the economy appear even more frankly than in the West. Disorder is only the consequence. Everywhere is posed the same redoubtable question that has haunted the world for the last two centuries: How to make the poor work, where illusion has proved disappointing and force has been defeated?
Thesis 111, which recognized the first symptoms of Russia's decline, the final explosions of which we are witnessing, and which envisioned the collapse of a global society that, as one might say today, will be wiped from the computer's memory, enunciates this strategic judgment, the justness of which is easy to feel: "The global decomposition of the alliance of the bureaucratic mystification is, in the last analysis, the most unfavorable factor for the current development of capitalist society."
It is necessary to read this book with the idea in mind that it was intentionally written to harm spectacular society. This has never been an extravagant claim.[8]
30 June 1992 Guy Debord



http://www.notbored.org

[1] Because Debord certainly make corrections to Thesis 105, we must take this disavowal to mean that he is someone who is corrected by history, in this case, May 1968.
[2] In his translation of this foreword, Donald Nicholson-Smith renders this phrase thus: "I dealt with the effective changes in the nature of industrial production, as in the technique of government, that began with the deployment of the power of the spectacle" (emphasis added). Zone Books, New York, page 8. But Debord is in fact addressing the changes in the spectacle since 1967, many years after its original deployment: in particular, artificial terrorism in Italy in the 1970s.
[3] In his translation of both this foreword and The Society of the Spectacle itself, Donald Nicholson-Smith consistently renders spectaculaire as "spectacle." But Debord means "spectacular," in the way that American advertisers speak of a "Summer Sales Spectacular."
[4] Thesis 105 states that "the ideology that materializes itself here has not economically transformed the world, like capitalism that has arrived at the stage of abundance; it has only transformed perception in a police fashion."
[5] There is no adequate English equivalent for mediatique, which not only refers to "the media," but the spectacular, as well.
[6] In the precise way that American government officials say that "democratic signals are coming out of Iran."
[7] Note that Debord refuses to refer to "the Soviet Union" on the grounds that such a country never existed.
[8] In his translation of this foreword, Donald Nicholson-Smith renders this phrase as "There was never anything outrageous, however, about what it had to say" (p. 10).

(Translated from the French by NOT BORED! July 2009. All footnotes by the translator.)

samedi 4 juin 2011

Fin du dollar


Selon la journaliste Myret Zaki, le dollar a perdu 97 % de sa valeur depuis 1913. Comparé à l'or, le dollar perd 98 % de sa valeur entre 1971 et 2010. L'once d'or est passé en 40 ans de 35 à 1 250 dollars.

Le symbole du capitalisme est à l'agonie, le dollar perd sa "Valeur"

Les performances boursières seront faibles avec peut-être un krach durant les mois d'été. Les investisseurs commenceront à réaliser que l'économie n'est pas aussi saine qu'ils le pensaient. Les effets du QE2 (deuxième programme d'assouplissement monétaire de la Fed qui doit s'arrêter en juin) iront en s'estompant.

La crise de la dette se poursuivra. Les données économiques seront donc mitigées. Mais aucune reprise claire et réelle ne se déclarera. La Fed annoncera de nouvelles mesures : le QE3. Cela pourrait se produire à tout moment, mais fera probablement suite à une nouvelle crise. Un défaut de la Grèce, par exemple, ou une chute sévère des marchés.

Les mauvais chiffres ne sont pas limités qu'aux Etats-Unis. Le monde entier ralentit. Les marchés émergents sont forcés d'essayer de contrôler l'inflation. L'Europe s'inquiète de ce qui se passera quand la Grèce fera faillite. Et les Etats-Unis subissent le pire ralentissement immobilier de leur histoire. Les prix ont déjà reculé de 33%. Plus d'un propriétaire américain sur quatre est sous l'eau et la dégringolade se poursuit au rythme d'environ 1% par mois.

La situation est grave. Le ménage américain moyen essaie désespérément de garder son niveau de vie. Il n'a pas connu d'augmentation de salaire horaire réelle depuis 40 ans. Les prix grimpent désormais plus rapidement que les revenus, pour les actifs comme pour les retraités. Quant aux Américains qui possèdent une maison, ils s'appauvrissent, collectivement, au rythme d'environ 200 milliards de dollars par an.
Vous dites que les impressions monétaires de la Fed ont été un succès ? Vous en êtes certain ? Voilà des mois que nous disons que cela ne fonctionnerait pas. A présent, même la presse grand-public commence à comprendre. Voici ce qu'en pense le Wall Street Journal:

"Cela a coûté 600 milliards de dollars [...]. Et c'était censé secourir l'économie. L'analyse des chiffres réels donne une version bien différente. Certes, cela a déclenché un boom majeur sur le marché boursier. Les investisseurs ordinaires ont commencé à revenir en masse sur les actions".

"Mais même le boom boursier n'est pas ce qu'il semble. Une analyse montre que la majeure partie de la hausse de l'indice S&P 500 sous le QE2 est simplement le résultat d'un déclin du dollar, dans lequel les actions sont mesurées". "La vérité ? Le QE2 a créé une nouvelle bulle massive sur les actifs financiers basés en dollars -- des actions à l'or. Parallèlement, il n'a pas eu le moindre effet visible sur l'économie réelle".

"Vous parlez d'une reprise".

La revue Sexpol


Revue de sexologie politique, d'inspiration Reichienne, dirigée par Gérard Ponthieu. Préfigurat ce qui eu put être la révolution sexuelle, dans le sillage de mai 68.
 
Lire l'article de Gérard Ponthieu présentant l'histoire de la revue, parue de janvier 1975 à octobre 1980 (39 numéros).

Wilhelm Reich avait lui même publié une revue du même nom.
"Itinéraire balisé pour (s)explorateurs prudents" (pdf 214 Ko): principes de base énoncés à la création de la revue.
Téléchargement des sommaires détaillés : (pdf zippé 1,1 Mo)
Téléchargement
de l'ensemble des couvertures (la plupart au format jpg 425 x 600) regroupées dans un fichier zip (1,7 Mo)

En janvier 75, il y a  plus de trente ans, paraissait le premier numéro d’une revue plutôt balbutiante, sous une couverture un rien prétentieuse. Voilà qui aurait pu ne pas mener bien loin. Mais le coup de clairon sonnait haut et fort à la Une : “Un monde à refaire”… Le programme ne péchait pas par modestie.
En ces temps-là les jeunes
ne doutaient pas, ou si peu; ils avaient été nourris au lait entier des certitudes, peut-être même de la certitude des désirs-réalité confondus. Soixante-huit avait œuvré au noir et au rouge, et de l’athanor encore fumant/fumeux, on défournait, en les démoulant d’un bloc, des pans entiers de condamnations assassines et d’utopies célestes. Sexpol aussi sortait de ce four-là, mais en dénotant dans le concert des feuilles “néo-révolutionnaires”, interrogeant dans les profondeurs et l’individu et la société, traçant les premiers sillons des questions de fond, toujours actuelles, après des siècles et des siècles, depuis le début de l’humanité.

L’aventure allait durer presque six ans, avant de s’échouer à sa 39e parution, en quasi silence, sur les plages émollientes de la gauche au pouvoir. Non pas un naufrage, plutôt la boucle fermée d’un temps à demi-révolu, même pas une demi-révolution, autant dire un virage mou finissant plein cadre dans le décor fluo du dieu-Marché, de la marchandise mondialisée.

DIX FOIS PLUS DE PASSIONS

Sexpol N°5 du 15 octobre 1975

On est tous des putes, on est tous maqués. Vendre ses mains, son cerveau, sa vie, n'est certes pas moins aliénant que de vendre son cul. Le salariat est le système de la prostitution généralisée. La misère sexuelle qui fonde ce système fournit directement les clients de la putain. L'équation paraît simple à poser, au moins en théorie : abattons le salariat, faisons reculer la misère et l'ignorance en amour et nous résoudrons du même coup le problème de la prostitution.
Et pourtant nous ne l'aurons abordé qu'en tant que forme particulière de l'esclavage sans aller au fond des questions qu'il soulève. Plus de putes, plus de macs, fort bien ! Maintenant, qui va faire l'amour avec ceux-celles qui dans l'ancienne société payaient pour se faire aimer ? Et puis on sait bien que les prostituées ne voient défiler qu'une portion infime de ceux que la société prive d'amour. D'abord les femmes qui ne disposent pas - même si elles le désiraient - du recours à la prostitution masculine ; les vieillards dans la misère et puis, dans toutes les catégories d'âge et de sexe, il y a les moches, handicapés graves ou simplement gueules ingrates par trop éloignées de nos critères habituels de beauté ; les hommes encore sont censés avoir « du charme », mais les femmes...Certes, on peut imaginer que les bouleversements amenés par une révolution culturelle modifieraient radicalement le tableau des relations sociales, donc érotiques, dont nous avons l'habitude. Puisque l'axe, le moteur et le but de la révolution c'est de faire naître en chaque individu « dix fois plus » de passions qu'il n'en a aujourd'hui, sans doute découvrirons-nous avec enthousiasme telle pratique amoureuse dont nous n'avions pas idée ou qui nous rebutait.
Algèbre d'amour
La manie de l'acte gratuit se développant, comme dirait Brassens, va-, t-on voir un brassage complet et immédiat des âges, des sexes et des conditions sociales ? Fourier, avec raison, n'y croit pas un instant ; il a compris, avant que nous en fassions l'expérience pratique, que si on se contente d'afficher la liberté des désirs ce sont toujours les mêmes qui se branlent devant l'affiche. Et c'est l'audace et l'ambiguïté de Fourier pour mieux aider le désir à s'épanouir dans. tout le corps social, il faut le cerner, le codifier et finalement le coincer dans une morale, voire une mystique. Il sera question de "philanthropie", de "charité" amoureuse. L'harmonie se doit d'assurer le plaisir amoureux « au centenaire comme aujouvenceau pourvu qu'il lui reste assez de force ou d'intelligence pour y parvenir ».
Fourier devance à longueur de pages les critiques qu'il pressent. Comment réfléchir à de telles possibilités révolutionnaires quand on a l'esprit encore embrumé de la crasse « civilisée » ? Même l'image que nous nous faisons de la vieillesse est caduque.; en harmonie la jeunesse des corps et des esprits entretenue par une vie entière de libre amour réduit à un fort petit nombre les vieillards usés par l'âge ou par quelque disgrâce. Pour les autres, parfaitement aptes à donner et recevoir l'amour, un renversement des mentalités leur attirera la déférence et l'intérêt passionné de la jeunesse.
Un exemple. Urgèle a 80 ans et Valère en a 20 ; Urgèle risque de se heurter à la répugnance de Valère mais celui-ci fréquente depuis l'âge de 5 ans plusieurs groupes où Urgèle a acquis depuis longtemps une grande expérience ; elle excelle entre autres "en algèbre d'amour ou calcul des sympathies accidentelles en amour; c'est l'art d'assortir passionnément une masse d'hommes et une masse de femmes qui ne se sont jamais vus ; faire en sorte que chacun des cent hommes discerne d'emblée celle des cent femmes pour qui il éprouvera amour composé, convenance parfaite des sens et de l'âme, sympathie de circonstance en rapport de caractère et en fantaisie accidentelle ».
Leurs passions communes rapprochent aussi Valère et Urgèle dans un amour « bien différent de la conquête que peut faire aujourd'hui une femme de 80 ans gui n'obtient un jeune homme qu'à force d'argent ». "Valère ne deviendra pas pour elle un amant habituel mais elle aura quelque part au gâteau". Voilà une façon de concevoir la réinsertion sociale des vieux, explosive non seulement en France mais en Chine "populaire" où l'on se gargarise de la place faite aux personnes âgées dans la collectivité.
Le code amoureux de la société harmonienne accorde aussi beaucoup d'importance à la beauté. Dans la "civilisation" être laide) est un handicap ; en harmonie, on encouragera vivement la beauté à servir la communauté. C'est « l'angélicat, coutume qui déterminerait une foule de beaux couples à favoriser passagèrement une masse d'amants et d'amantes »(:..) « On contraint aujourd'hui tant de beaux jeunes gens au service de la guerre » (...) « Combien il serait plus séduisant de suivre la facile carrière de philanthropie amoureuse."
Un ministre des plaisirs
Chacun des partenaires du couple angélique "sera ministre des plaisirs sensuels de l'autre, introducteur bénévole des élus et élues, négociateur pour leur admission collective. Chacun considérera comme service de haute amitié les plaisirs qu'on aura procurés à son angélique moitié » (...)
« S'il se trouve dans la contrée quelque individu accidentellement disgracié par la nature, l'ange et l'angesse leur feront religieusement !'offre de leurs faveurs. »
Outre le plaisir sensuel proprement dit que tel membre du couple angélique peut prendre à ce qui nous apparaîtrait plutôt comme une corvée, le couple est gratifié de l'admiration et du respect religieux qu'il suscite. « Il est adoré de ce gui !'entoure autant qu'il s'adore lui-même."
Ces actes philanthropiques que nul n'est tenu d'accomplir puisque "l'harmonie n'admet aucune mestcïe coercitive", assurent d'abord à leurs auteurs la garantie de bénéficier réciproquement de la disponibilité amoureuse de tous et de toutes. Fourier est strict : "Ce n'est jamais l'individu servi qui paie ceux qui le servent"; même si cette formulation paraît excessive, elle indique bien la préoccupation d'assurer la circulation maximum de l'amour et du désir dont les codifications d'apparence parfois obsessionnelles ont pour fonction, paradoxalement, de prévenir le gel du désir dans une structure limitante (couple, groupe).
Pas de loi contraignante donc mais une forte pression sociale puisque "un couple peu connu n'exciterait malgré sa beauté que le plus faible intérêt ». En somme, une illustration dans le domaine sexuel de Bakounine : « Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m'entourent, hommes et femmes, sont également libres. Ma liberté personnelle, ainsi confirmée par la liberté de tout le monde, s'étend à l'infini ». Tout le contraire du stupide et flic « ma liberté s'arrête où commence celle des autres ». Autrement dit (Vaneighem) « Je sais que tu ne m'aimes pas car tu n'aimes personne hormis toi-même. Je suis comme toi. Aime-moi ! » Pour Fourier, je n'accorde pas d'identité propre à ceux auxquels je m'offre, en eux j'adore le remous du désir qui m'enflamme moi-même. La pseudo-individualité bourgeoise est dissoute dans le flux des rapports désirants. Rien n'est perdu, personne n'est floué.
L'amour aveugle
Non seulement l'amour n'est pas aveugle, mais c'est peu dire qu'il y regarde à deux fois. Personne ne fait l'amour avec « n'importe qui ». Chacun(e) de nous a « ses » goûts, « ses » dégoûts, « ses » préférences. Proposer à quelqu'un de partager son plaisir est une entreprise sordide ; en dehors de rite extrêmement précis, on a toutes les chances d'essuyer un refus. On ne laisse pas comme ça n'importe qui servir de prétexte à l'afflux de son désir. Il faut que ça corresponde à des normes - M. Dugland, quel est votre type de femme ? - il faut que la marchandise soit conforme, qu'elle mérite le label personnel qu'on décerne l'air de rien mais sans faiblesse - pas mal ! mais t'as vu son nez ?
Le « mot d'amour » le plus prononcé en une minute sur la planète c'est : non. Pourquoi non ? Parce que « je n'ai pas - envie - de faire l'amour avec toi ». La dénégation est assortie dans le meilleur des cas de formules de consolations, - on regrette sincèrement de ne pas avoir envie de vous, on n'aurait pas demandé mieux. On vous exhorte à vous résigner devant ce phénomène normal. Il est bien « naturel », n'est-ce pas, de n'avoir pas envie de quelqu'un. Insister c'est s'exposer aux dernières violences verbales. Le demandeur se voit qualifié(e) suivant son sexe et la finesse de son argumentation d'hystérique, d'obsédé(e), de sadique, de phallocrate, etc. Et les MLF de hurler à l'unisson : si c'est ça votre liberté sexuelle, être toujours « disponibles totalement pour le premier venu » (Torchon n° 6) ; nous voulons choisir nos compagnons, nos compagnes !
Je m'expose à une critique féministe en ayant l'air de présenter le refus sexuel comme un comportement largement féminin ; mais je souhaite vivement que, un jour proche, les femmes (à commencer par celles qui luttent pour leur libération) puissent dire simplement à un homme qu'elles le désirent y compris en l'abordant dans la rue. Nous reparlerons alors plus tranquillement de la drague sou toutes ses formes en constatant d'ail leurs que les mecs, plus sollicités réagiront aussi mal que les filles aujourd'hui (cf. les difficultés d'un mec assumer une relation qu'il n'a p provoquée). Pour l'instant, l'initiative, au moins apparente, reste un prérogative surtout masculine.
Le refus naturel
Bien sûr, moi, mâle hétérosexuel, je peux dire sans « mentir » que telle femme m'attire, telle autre moins, que telle autre me répugne. Si ce vécu affectif est réel, il mérite au moins analyse.
Tous nos comportements sont déterminés culturellement, historiquement, etc. - platitude d'amphithéâtre que nous préférons oublier en ce qui concerne nos comportements amoureux. Déterminé(e)s, nous le sommes par notre histoire affective (image des parents), sociale (division de classe), biologique (tares), par l'idéologie (concept laid-beau, mariage, couple, tabous variés). La satisfaction d'un besoin et son organisation sociale varient d'une civilisation à l'autre. Il en va des pratiques amoureuses comme des habitudes culinaires et Fourier ne s'est pas fait faute d'utiliser l'image.
Les travaux sociologiques sur le choix du conjoint ont mis en pièce l'idéologie du coup de foudre, du hasard amoureux, de l'attirance inexplicable, du prince charmant et de la prédestination à laquelle appartient finalement la théorie de « l'envie ». Toute la littérature, le surréalisme compris, a tissé autour de la sexualité un épais cocon de préjugés sentimentalistes exploités et entretenus par la presse du « coeur » et qui fait disparaître la signification du désir sous « l'envie », épiphénomène culturel.
Les humains croient choisir leurs partenaires comme les ménagères croient choisir leur marque de lessive. La marge de liberté est la même, les objets également interchangeables. Difficile de reconnaître que n'importe quel amant est forcément le premier venu, mais c'est littéralement vrai ; chaque nouvel amant est le premier qui vient après des milliers d'autres incarnant chaque fois la redécouverte de l'amour. Ceci dit n'enlève rien de sa poésie, de sa totalité au plaisir, au contraire, son infinité ne reste limitée que par le temps et la mort.
L'acte sexuel est souvent vécu, surtout par les femmes, comme un sacrifice (il ne manque d'ailleurs pas de bases objectives dans les comportements des mecs à cette façon de voir) impliquant une sacralisation dans le couple. Proposer à quelqu'un de faire l'amour équivaut donc aujourd'hui à lui demander une faveur dont on est censé(e) être seul(e) à profiter. D'ailleurs, quand il a eu "ce qu'il voulait" - c'est-à-dire ce que la fille ne s'avoue pas vouloir - le garçon fout le camp. Alors la liberté c'est de dire non, y réfléchir, faire peut-être des concessions ; c'est l'amputer.
Bien sûr, je peux décider de me refuser à toi comme je peux faire voeu de chasteté, mais le refus n'est jamais assumé et je me retranche derrière une prétendue connaissance prémonitoire de l'échec. En réalité, croyant refuser le plaisir de l'autre c'est aussi et d'abord le sien propre qu'on nie. En me refusant à toi, je te refuse à moi. Le refus que s'opposent entre eux les acteurs inconscients du jeu social n'est que la tradition du refus que la société signifie au désir.
La liberté de refuser
Malgré l'abondance qui règne en harmonie, le refus y subsiste encore puisque Fourier prévoit qu'après une nuit où s'est opéré « un grand nombre d'unions », Bacchantes et Bacchants ont pour rôle de relever les blessés, c'est-à-dire de consoler les amant(e)s refusé(e)s en leur prodiguant "leur éloquence et leur charme":
Si le refus subsiste, c'est dans des circonstances bien particulières Galatée a préféré Pygmalion à Narcisse et Pollux ; de toute façon, il est intégré au jeu amoureux et la souffrance qu'il peut engendrer réduite autant que possible. Au moins ni Narcisse ni Pollux n'auront l'idée d'aller étrangler Galatée et son amant d'une nuit. Différence de poids d'avec la rubrique faits divers de votre quotidien habituel. Le jeu continuera et demain Galatée aimera Pollux peut-être, tous deux le savent et le désirent. La jalousie est désamorcée.
Reste que tout ça est utopique, pas sérieux et complètement étranger aux préoccupations de la classe laborieuse. Alors, je veux bien que la classe laborieuse avorte, déprime, cogne ses mômes et s'étripe sans s'en « préoccuper ». Justement, ça s'appelle la misère. Vouloir en sortir c'est utopique, puisque l'utopie c'est d'assumer nos désirs au point de vouloir les réaliser. Nos désirs ne sont pas sérieux parce qu'ils ne sont pas tristes. Pourquoi nous voulons changer la vie ? Pour rien, POUR LE PLAISIR !
Dans la pratique de tous les jours, ça n'est pas facile, non. Et alors ? La non-vie quotidienne, les renoncements, l'assassinat du désir, la résignation, les maigres compensations du couple ou de la putain, c'est facile, ça ? c'est gai ? Ça vous donne envie d'aller jusqu'à la retraite ?
Bien sûr qu'au jour le jour on se casse la gueule souvent et qu'on souffre encore pour faire reculer la souffrance et le désespoir de voir nos amours fragiles sans cesse brisées par les habitudes et la famille et les flics. Et la tentation de reculer, de croire encore aux illusions dont nous nous voulons riches tant nous sommes pauvres de jouissances.
L'utopie de Fourier nous gêne parce qu'elle n'a rien d'abstrait. Elle nous met en scène avec nos désirs, nos lâchetés, notre jalousie. Dans chaque illustration romancée, nous nous reconnaissons précisément. Nous y lisons le refrain de notre quête - « je t'aime comme je voudrais que tu t'aimes toi-même, c'est-à-dire libre ».

vendredi 3 juin 2011

Abrogation des législations d'exception en Europe

Pour l'abrogation du mandat d'arrêt européen tel qu'il existe
Pour la liberté d'Aurore Martin
En décembre dernier, la Cour d'Appel de Pau, puis la Cour de Cassation, ont validé le mandat d'arrêt européen délivré par les autorités espagnoles à l'encontre d'Aurore Martin, militante de l'organisation indépendantiste basque Batasuna. Depuis cette décision Aurore Martin vit cachée afin d'éviter sa remise aux autorités espagnoles et les années de prison qui pourraient en découler.
La validation de ce mandat d'arrêt européen a suscité de nombreuses réactions de réprobation tant en Pays Basque qu'au niveau hexagonal. Le conseil régional d'Aquitaine a voté une motion de dénonciation de ce renvoi, la majorité des conseillers généraux des Pyrénées Atlantiques sont allés dans le même sens. En Pays Basque, le soutien a Aurore est porté par toutes les tendances de l'échiquier politique démocratique, les représentants et élus de toutes ces formations politiques se sont positionnées et mobilisées (UMP, Modem, PS, PC, PG, Les Verts, NPA, Batasuna, Abertzaleen Batasuna).
Depuis quelques mois plusieurs organisations politiques, syndicales et associatives réfléchissent ensemble sur la prise d'une initiative unitaire de façon à renforcer la mobilisation contre la remise aux autorités espagnoles d'Aurore Martin, pour demander l'abrogation des législations d'exception en Europe, pour demander l'abrogation du mandat d'arrêt européen tel qu'il existe et pour réfléchir à la mise en place du processus démocratique en Pays Basque.
Notre première activité a été la rédaction d'un manifeste que nous vous présentons aujourd'hui par le biais de ce communiqué de presse.
De plus, nous, les premiers signataires de ce manifeste, nous nous joignons à l'appel à la mobilisation lancé en Pays Basque pour la journée du 18 juin 2011. Cette journée, organisée sous le thème "Liberté pour Aurore Martin, respect des droits civils et politiques", aura lieu à Biarritz, à La Halle d'Iraty. En journée deux tables rondes aborderont les questions des lois d'exception et du mandat d'arrêt européen et de leurs conséquences sur les libertés démocratiques, ainsi que la question de la résolution du conflit (les intitulés et intervenants de ces réunions vous seront communiqués plus tard); la soirée débutera par un meeting et se terminera par une fête populaire.
Nous appelons à participer activement et massivement à cette journée.

Wikipédia et police virtuelle


Wikipédia, qui d’après Le Point "accepte les dons des entreprises", demande à faire partie du Patrimoine Mondial de l’Humanité reconnu par l’UNESCO. Mais Wikipédia est une entité privée dont les administrateurs sont pour l’essentiel anonymes et qui déclare ne pas posséder de comité éditorial. Comment pouvoir juger des éventuels conflits d’intérêts de ces administrateurs et des garanties de neutralité de Wikipédia ? Malheureusement, ce n’est pas tout : Wikipédia s’est également dotée d’un troublant dispositif de police virtuelle, à commencer par le "test du canard" (affinités) et les "vérifications d’adresses IP" (analogies entre les cinq premiers chiffres de l’adresse IP, y compris pour des zones très peuplées). Il en résulte de nombreux blocages d’utilisateurs inscrits et de groupes d’adresses IP, sur la base d’un prétendu soupçon.

On peut lire sur le site de Wikipédia, à propos du "test du canard" utilisé par les administrateurs de ce site :
Le test du canard est une certaine forme d’induction humoristique que l’on peut énoncer ainsi : « Si ça ressemble à un canard, si ça nage comme un canard et si ça cancane comme un canard, c’est qu’il s’agit sans doute d’un canard. »
Cette formule implique que l’on peut identifier un sujet inconnu simplement en observant ses caractéristiques habituelles. Elle peut servir également à réfuter un argument selon lequel telle ou telle chose n’est pas ce qu’elle paraît.
(...)
L’expression aurait eu pour origine cette observation du poète américain James Whitcomb Riley (1849-1916) : « Si je vois un oiseau marcher comme un canard, nager comme un canard et cancaner comme un canard, j’appelle cet oiseau un canard. »
Le « test du canard » (en anglais : duck test) fut popularisé aux États-Unis par Richard Cunningham Patterson, Jr., ambassadeur des États-Unis au Guatemala en 1950, lors d’un incident qui préluda au coup d’État fomenté par la CIA et au renversement du président guatémaltèque Jacobo Arbenz Guzmán. Selon Patterson, il existait un moyen très simple de déterminer si le régime était ou non communiste :
(...)
La formule fut également utilisée par le cardinal Cushing, qui s’en servit en 1964 pour qualifier de Fidel Castro de communiste.
(...)
(fin de l’extrait de l’article de Wikipédia)
Une troublante référence explicite aux méthodes de chasse aux communistes, pour exposer une "technique" que Wikipédia semble utiliser de plus en plus souvent. Et le Wikipédia en anglais ajoute encore (même licence) :
The phrase may also have originated much later with Emil Mazey, secretary-treasurer of the United Auto Workers, at a labor meeting in 1946 accusing a person of being a communist.
(fin de l’extrait)
Voir aussi, dans le Wikipédia francophone :
et dans le Wikipédia anglophone :

Qu’est devenue l’encyclopédie prétendument "libre", "citoyenne", "ouverte", etc... ? A cette époque de reprise en main générale de l’internet et de mise en place d’une "gouvernance" mondiale privée, l’évolution de Wikipédia semble bien faire partie du même panorama. Va-t-on vers la diffusion via Wikipédia d’un "savoir unique" et d’une "pensée unique" à l’échelle planétaire ?

  Citoyen Sigma

jeudi 2 juin 2011

Critique du néo-libéralisme ou critique de la société marchande ?

Séminaire - Anselm Jappe - Critique du néo-libéralisme ou critique de la société marchande ?

Son accent allemand est si prononcé qu'il prête a la caricature...


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