lundi 10 janvier 2011

Des dizaines de manifestations en Tunisie et Algérie

 Malgré les déclarations Télévisuelles de Ben Ali les manifestations continuent à travers tous le pays.

Manifestations à Tunis - Affrontements sanglants à Kasserine, Thala et Regueb - 10 janvier

La capitale entre dans le cercle des manifestations. Aujourd’hui 10 janvier 2011, plusieurs quartiers de Tunis ont vu des manifestations, à Bab Jdid, Bab Eljazira, Boumendil, Bab Laassel, Bardo, au campus universitaire de la Mannouba, au lycée Khaznadar, au lycée de la Mannouba, au lycée de Den Den. Une grosse manifestation issue du campus universitaire est arrivée à l’École Nationale des Ingénieurs. 2000 personnes ont fait un sit in aujourd’hui à Ben Guerdane.

À Jendouba, il y a eu de violents affrontements dans tous les quartiers de la ville. Hier des locaux du RCD y avaient été incendiés. Les manifestants contrôlent toute la ville ; ils sont maintenant en train d’incendier le local du Comité de coordination du parti au pouvoir de Jendouba. La police tire à balles réelles en l’air. Les manifestations s’étendent à la délégation de Bou Salem et Ghardimaou.

À Nabeul, ce matin les lycéens (du lycée Mahmoud Messadi) ont fait un sit in et refusé d’entrer pour les cours. Des sources d’Assabilonline affirment que Raouf Ben Tahar Kaddoussi (27 ans), est mort hier à l’hôpital de Rgueb après avoir essuyé un tir à balles réelles. Chaher Labidi et Nassim Jellali sont dans un état critique. […] À Kasserine, les avocats sont encerclés par la police et ils risquent des tirs à balles réelles.

Le gouvernement ferme écoles et universités «jusqu'à nouvel ordre»

Après une nouvelle journée d'affrontements en Tunisie, et au lendemain de manifestations réprimées violemment, le gouvernement annonce ce lundi la fermeture «jusqu'à nouvel ordre» des écoles et universités dans tout le pays. «A la suite des troubles survenus dans certains établissements, il a été décidé de suspendre les cours jusqu'à nouvel ordre à parti de mardi», ont annoncé conjointement les ministères de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur. Ce lundi, trois localités -Kasserine, Thala et Regueb- étaient en proie à des violences, signe de la poursuite des émeutes contre le chômage qui secouent la Tunisie depuis la mi-décembre. Ces violences ont fait, ce week-end, au moins 14 morts selon le gouvernement, et plus de 20 selon des sources de l'opposition. Des manifestations étudiantes ont également, et pour la première fois, eu lieu à Tunis, la capitale. Sur le site «Les observateurs», affilié à France 24, un étudiant témoigne: «L'appel a été lancé hier sur Facebook. Dès ce matin, à 9 heures, de nombreux étudiants s'étaient réunis sur le parvis du campus pour aller manifester. Nous avons d'abord fait le tour des cinq facultés présentes sur le campus afin de rassembler un maximum de monde». Les douilles de balles jonchent la rue. A Regueb, localité située près de Sidi Bouzid, plus de 3000 manifestants partagés entre la colère et le deuil ont défilé en cortège jusqu'au domicile de Manal Boualagui, une jeune femme, tuée dimanche d'une balle dans le dos. Selon un correspondant de l'AFP, la police est intervenue et a dispersé le cortège en tirant des balles en caoutchouc pour prévenir les manifestants de faire le tour des autres domiciles endeuillés. 

Un militant tunisien ce lundi 10 janvier par téléphone à Tunis:

Pour ce lundi après-midi, mais aussi les jours à venir, c'est le grand inconnu. Vous avez peur ?
Non, je n'ai pas peur. Nous vivons un moment historique, il faut savoir le saisir. Une grève générale est annoncée dans le pays. Tous les Tunisiens doivent se mobiliser et rester déterminés contre le dictat de la terreur.
D'un autre coté, ici nous vivons une grande incertitude, même si ce qui se passe est relayé dans les provinces tunisiennes, nous n'avons aucun indice laissant penser à un recul du gouvernement. Nous faisons le pari de la communauté internationale en espérant que ce qui se vit ici aura un impact, notamment en France.
Merci du fond du cœur de relayer ce message. 
Dernières Informations sur Situation Algérie et Tunisie  
Kasserine toute la ville, depuis hier soir, est à feu et à sang
- Algérie: Violents affrontements lundi matin à partir de 9 heures à Bachdjerrah entre des jeunes vendeurs à la sauvette et les forces de sécurité. Selon des sources locales, un policier aurait été poignardé au cours de ces échauffourées
- Partout, dans tous les villages et toutes les villes d'Algérie, la police lance la chasse aux jeunes qui ont participé aux émeutes.
- Bouira : des émeutiers attaquent la brigade de gendarmerie de Chorfa 
- Des centaines de manifestants en instance de jugement, leurs familles réclament leurs libérations 
La tentation chinoise ou tunisienne ? Depuis deux jours, l’accès en Algérie aux réseaux sociaux Facebook et Twitter passe au compte-goutte. Des milliers d’internautes se plaignent des difficultés d’accéder à ces sites qui comptent plus d’un million d’utilisateurs aux quatre coins du territoire algérien. Les internautes s’inquiètent et redoutent une tentative du gouvernement algérien de censurer internet.
 

ETA annonce un cessez-le-feu Permanent

Dans un communiqué (pdf) publié sur le site du journal indépendantiste basque Gara, l'organisation indépendantiste armée basque ETA a annoncé, lundi 10 janvier, un cessez-le-feu "permanent", "général" et vérifiable "par la communauté internationale". "Il s'agit d'un engagement sérieux de l'ETA en faveur d'un processus devant déboucher sur une solution durable et la fin de la confrontation armée", peut-on lire. La diffusion du communiqué a été accompagnée d'une vidéo montrant trois personnes encagoulées, lisant ce même texte, derrière l'emblème traditionnel de l'organisation clandestine avec un serpent et une hache. Cette annonce constitue un "engagement ferme de l'ETA en faveur d'un processus de solution définitive et de la fin de la confrontation armée", affirment les trois militants.
L'ETA, dont le dernier attentat sur le sol espagnol remonte à dix-sept mois, avait fait une série d'annonces en septembre 2010 allant dans le sens d'une suspension de la lutte armée. Dans une vidéo transmise le 5 septembre à la BBC, l'organisation clandestine avait indiqué qu'elle "ne mènerait plus d'actions offensives armées". Depuis la dernière trêve avortée, le gouvernement espagnol, en coopération étroite avec la police française, est parvenu à considérablement affaiblir l'organisation séparatiste. Ses commandos, chargés de préparer les attentats, sont régulièrement démantelés et ses dirigeants, arrêtés. Ces deux dernières années, huit chefs militaires successifs d'ETA ont été arrêtés. Cette volonté, affiché et choisie en dépit des manœuvres abjectes du gouvernement Espagnol, mérite un soutient complet. 

Das Phantom der Schönen Künste

 Warum sich die Gesellschaft in der Moderne nicht mehr ästhetisch reflektieren kann
Die Trennung von Kunst und Leben ist ein altes Trauma der Moderne. Alle Künstler, die einer Wahrheit zum Ausdruck verhelfen wollen und die sich existentiell in ihren Schöpfungen verbrauchen, haben immer wieder an dieser Trennung gelitten. Ob die Kunst in ihren verschiedenen Darstellungen wohlproportionierte Schönheit oder umgekehrt die Ästhetik des Häßlichen zeigt, ob sie Kritik an der Gesellschaft übt oder den Formenreichtum der Natur neu zu entdecken sucht, ob sie sich realistisch oder phantastisch orientiert: stets bleibt sie wie durch eine gläserne, aber undurchdringliche Wand vom Alltag und damit von der gesellschaftlichen Wirklichkeit getrennt. Die künstlerischen Hervorbringungen werden entweder nicht beachtet oder sie sind weltberühmt als schon von Geburt an tote und museale Gegenstände. Der Künstler erscheint so als eine Figur von geradezu antiker Tragik: Wie vor dem dürstenden Tantalus ewig das Wasser und die Früchte zurückweichen, so weicht vor ihm das Leben zurück; wie König Midas verhungern mußte, weil sich alle Gegenstände unter seiner Berührung in Gold verwandelten, so muß der Künstler als gesellschaftliches Wesen verhungern, weil sich unter seiner Berührung alle Gegenstände in pure Exponate verwandeln; und wie Sisyphos wälzt er seinen Stein stets vergeblich - sein Werk bleibt unvermittelt mit der Welt.
Alle Versuche der Kunst, aus ihrem gläsernen Ghetto auszubrechen, sind gescheitert. In Fabriken aufgestellte Plastiken und Gemälde an den Wänden von Büros blieben Fremdkörper; literarische Lesungen in Kirchen oder Schulen kamen nie über den Charakter von Pflichtveranstaltungen hinaus. Als die Dadaisten aus Verzweiflung zum Mittel der Provokation griffen und Klosettschüsseln oder rostige Eisenrohre in die heiligen Hallen der Kunst schleppten, um die Bourgeoisie zu verhöhnen, wurde dieses Angebot mit tierischem Ernst als Kunstgegenständlichkeit angenommen und katalogisiert wie die Skulpturen von Michelangelo oder die Bilder von Picasso. Die tautologische Definition lautet: Kunst ist alles, was die Gesellschaft a priori in einem separaten Raum, gewissermaßen in einem Reservat namens "Kunst" wahrnimmt und was deshalb in dieser seiner abgestempelten Kunstgegenständlichkeit unabhängig von jedem Inhalt gesammelt werden kann wie Briefmarken oder aufgespießte Käfer. Egal, was die Kunst selber will und wie sie es darstellt, sie ist damit immer schon entschärft und verharmlost.
In die gesellschaftliche Wirklichkeit zurückkehren "darf" die Kunst nur, wenn sie sich selber aufgibt und bedingungslos kapituliert: Als Design von Waren und als Kulturindustrie für den Hausgebrauch des kapitalistischen Menschen kann sie keine Kunst mehr sein, weil sie dann aufhört, eine ästhetische Reflexion der Gesellschaft und des menschlichen Weltbezugs darzustellen. Denn Design und Kulturindustrie sind per se so reflexionslos wie die Betriebswirtschaft: Die ästhetische Form der Ware bezieht sich nicht mehr auf das Ganze von Natur und Gesellschaft, sondern ist sich selbst genug. Wenn aber die Ästhetik der einzelnen Hervorbringung keine Reflexion mehr "über" die Stellung des Gegenstands zu einem größeren Gesamtzusammenhang enthält, wenn sie kein Teil eines ästhetischen "Kosmos" mehr ist, dann kann sie auch keine Kunst mehr sein. Denn das Wesen des Künstlerischen besteht gerade in der ästhetischen Reflexion eines kulturellen "Kosmos", in dem der einzelne Kunstgegenstand immer auf eine jeweils besondere Weise das Ganze spiegelt.
So hat also die Kunst in der Moderne nur die Wahl, sich entweder kulturindustriell als ordinärer ökonomischer Gegenstand vereinnahmen zu lassen oder als toter, entwirklichter Fremdkörper neben dem realen Leben eine "gehobene" Scheinexistenz zu führen. Sie wird systematisch daran gehindert, ihre Aufgabe der ästhetischen Reflexion des Ganzen als integrales Moment des gesellschaftlichen Lebensprozesses wahrzunehmen. Und wie alle ihre spezifischen Probleme hat die Moderne auch dieses Dilemma der Kunst in einen überhistorischen und allgemein-menschlichen Status erhoben. Wenn etwas grundsätzlich faul ist an der wunderbaren Moderne, dann soll es sich nie um eine historische und durch Kritik zu überwindende Problemlage handeln, sondern immer um eine unaufhebbare Bedingung der Existenz schlechthin, mit der die Menschheit nun einmal bedauerlicherweise leben muß. Durch diese Brille einer falschen Ontologisierung nimmt die Moderne auch das Dilemma der Getrenntheit von Kunst und Leben wahr. Es wird so getan, als wäre in der griechischen Antike der Künstler ganz genauso wie heute ein Verkäufer seiner Möglichkeiten gewesen und als hätten schon die alten Ägypter ihre Götterbilder in Galerien und Museen ausgestellt oder auf Auktionen mit Preisschildern versehen.
Aber in den älteren Zivilisationen gab es in unserem Sinne gar keine separate gesellschaftliche Abteilung namens "Kunst" oder "Kultur". Denn die moderne Struktur von getrennten und gegeneinander verselbständigten Sphären, die auch unsere Sprache und unser Denken bestimmt, war allen früheren Gesellschaften vollkommen fremd. Welche menschlichen Defizite, Probleme und soziale Herrschaftsverhältnisse sie auch immer hatten, sie zerlegten ihr Dasein nicht in abgeteilte Funktionsbereiche. Eine solche Zerteilung des gesellschaftlichen Lebens entwickelte sich erst, als in der Moderne die sogenannte Ökonomie vom übrigen Leben abgespalten wurde; eine elementare Veränderung, die gar nicht genug betont werden kann. Die jüngste Systemtheorie betrachtet dies als einen "Fortschritt" und den früheren Zustand der Menschheit als einen Mangel an "Ausdifferenzierung", womit sie einen Gradmesser von Primitivität axiomatisch unterstellt: Je integrierter eine Gesellschaft durch einen übergreifenden kulturellen Zusammenhang ist, desto primitiver ist sie aus dieser Sicht; und je "ausdifferenzierter" umgekehrt eine Gesellschaft ist, je mehr sie sich (ausgehend von der Verselbständigung der kapitalistischen Ökonomie) in getrennte Sphären aufgespalten hat, desto "entwickelter" erscheint sie und desto mehr "Chancen" bietet sie angeblich. Derart selbstverständlich ist dieses Denken geworden, daß es gar nicht mehr als Absurdität auffällt, die höchste Errungenschaft gesellschaftlicher Evolution ausgerechnet darin zu sehen, daß der funktionalistisch reduzierte Mensch nur noch einen Schnittpunkt von systemischen Strukturen darstellt.
Die vormodernen Zivilisationen waren jedoch in Wirklichkeit keineswegs primitiv, sondern durchaus hochdifferenziert; nur entsprach diese Art der Differenzierung nicht dem modernen Begriff davon. Die alten, vorwiegend agrarischen Sozietäten hatten keine Kultur, so wie man einen äußerlichen und zufälligen Gegenstand "hat", sondern sie waren eine Kultur. In unserem wissenschaftlichen Sprachgebrauch kommt das sogar zum Ausdruck, wenn auch meistens unreflektiert: Wir sprechen ohne weiteres von der altägyptischen, der antiken, der mittelalterlichen "Kultur" usw. und meinen damit in der Regel sowohl die speziellen Artefakte und künstlerischen Darstellungen aus Bildhauerei, Malerei oder Literatur als auch andererseits die jeweilige Zivilisation als Ganzes mitsamt ihrer sozialen Struktur und ihrem Weltbezug überhaupt. Wenn hingegen von "moderner Kultur" die Rede ist, dann meinen wir damit nur jenen besonderen Aspekt der in eine separierte Sphäre verbannten künstlerischen Ausdrucksformen und niemals den gesellschaftlichen Zusammenhang als Ganzes. Unbewußt "wissen" wir also, daß Kultur früher einmal das Ganze war und nicht eine funktionell abgetrennte Sphäre für die sonntägliche museale Erbauung des geldverdienenden Menschen.
Tatsächlich bedeutet ja das lateinische Wort "cultus", auf das unser Kulturbegriff zurückgeht, sowohl "Anpflanzung" und "Ackerbau" als auch "Gottesdienst", "Lebensweise", "Gesellschaftlichkeit", "Bildung" und sogar "Kleidung" (für bestimmte Anlässe). Diese vielschichtige Begrifflichkeit verweist auf den kulturell integrierten Charakter der alten agrarischen Zivilisationen. Die differenzierten Inhalte und Formen sowohl des "Stoffwechsels mit der Natur" (Marx) als auch der sozialen Beziehungen und der Ästhetik fielen nicht als "Subsysteme" mit jeweils "eigener Logik" auseinander, sondern sie waren immer nur verschiedene Aspekte einer einzigen und kohärenten kulturellen Daseinsweise. In modernen terms muß sich die Beschreibung dieser kulturell integrierten Existenz verwirrend anhören: Die Produktion war ästhetisch, die Ästhetik religiös, die Religion politisch, die Politik kulturell und die Kultur sozial. Mit anderen Worten: Die für uns distinkten gesellschaftlichen Aspekte waren miteinander verschränkt, jeder Bereich des Lebens war in jedem anderen gewissermaßen mitenthalten.
Man könnte vielleicht versucht sein, von einer religiösen Konstitution dieser agrarischen Kulturen zu sprechen, weil die Religion anscheinend das stärkste integrative Moment einer solchen "Gesellschaft als Kultur" war. Bekanntlich sind nicht nur alle Arten des künstlerischen Handwerks, sondern auch das Theater und die sportlichen Wettkämpfe aus kultischen Handlungen hervorgegangen; genauer gesagt: sie waren kultische Handlungen besonderer Art. Aber auch die ganz gewöhnlichen Verrichtungen des Alltags hatten grundsätzlich kultischen Charakter; sogar Witz und Ironie waren kultisch eingebunden. Dennoch wäre es verfehlt, "die Religion" als das systemisch bestimmende Moment solcher Gesellschaften herauszuheben, denn dabei denken wir ja schon wieder unseren funktionellen Begriff getrennter Sphären mit. Auch die Religion war aber keine Religion im modernen Sinne, kein bloßer "Glaube", keine beschränkte Gelegenheit für transzendente Gedanken und schon gar keine "Privatangelegenheit".
Wir dürfen uns deshalb den religiösen Charakter der alten Kulturen freilich nicht einfach als einengendes, irrationales Zwangsverhältnis vorstellen - viel eher trifft das auf die "herausgelöste" kapitalistische Ökonomie der Moderne selber zu. In den älteren Zivilisationen war das Religiöse gleichzeitig das Öffentliche, die Form der Debatte - das, was wir "Politik" nennen. Nicht umsonst hat das lateinische Wort "privatus" eine eher negative, abschätzige Bedeutung, die für uns noch deutlicher wird beim entsprechenden Begriff der griechischen Antike: dort ist der nicht alltäglich und selbstverständlich am öffentlichen Leben teilnehmende "Privatmensch" schlicht - der "Idiot". Wenn aber das Religiöse gleichzeitig die Form der Öffentlichkeit und umfassend alltäglich ist, dann muß dies nicht bedeuten, daß sich darin die Beschränktheit dieser Gesellschaft zeigt, wie es die Ideologie der modernen Selbstlegitimation behauptet. Ebensogut könnte umgekehrt gesagt werden, daß eine solche Zivilisation viel mehr Öffentlichkeit und Debatte hatte als das moderne System, in dem sich der größte Teil der gesellschaftlichen Angelegenheiten durch die Mechanik der "herausgelösten" Ökonomie automatisch und ohne Debatte erledigt. Wie wir es auch drehen und wenden, wir kommen mit unserem modernen Selbstverständnis dem Dasein einer kulturell integrierten Gesellschaft nicht bei. Wir haben keine Begriffe dafür.
In einer "Gesellschaft als Kultur", die keine voneinander abgetrennten funktionellen Sphären kannte, mußte notwendigerweise auch die "Kunst" immer schon Bestandteil des alltäglichen Lebens sein; sie war daher völlig undenkbar als das Exponat einer sterilisierten und toten Sphäre "hinter Glas". Aber eben deswegen war sie auch keine Kunst als Kunst, sondern ein bestimmtes Moment in einem integrierten gesellschaftlichen Zusammenhang. Der "Künstler" konnte daher nur im Sinne einer technischen Fähigkeit Künstler und anerkannt sein, nicht aber als sozialer Repräsentant "der" Kunst jenseits des Alltags. In der von einer verselbständigten Ökonomie kulturell desintegrierten Moderne dagegen nimmt das abgespaltene Ästhetische eine absurde Form an. Obwohl jede Erscheinung des Lebens an sich für den Menschen immer ein ästhetisches Moment besitzt, hat die "ökonomisierte" Welt der Moderne diese elementare Tatsache negiert. Die "Arbeit" ist nicht ästhetisch, die Ökonomie ist nicht ästhetisch, die Politik ist nicht ästhetisch, das Leben überhaupt ist nicht ästhetisch - nur die Ästhetik ist ästhetisch. Die "schönen Künste" haben sich in ein Phantom verwandelt. Es ist, als würde die Ästhetik der Dinge eine abstraktifizierte, gespenstische Eigenexistenz neben den Dingen führen; ebenso wie übrigens die Gesellschaftlichkeit der Produkte in der zum Selbstzweck gewordenen abstrakten Form des auf sich selbst rückgekoppelten Geldes eine Sonderexistenz neben den Produkten führt und die abstrakte formale Logik als das "Geld des Geistes" (Marx) verselbständigt neben die konkrete Logik der wirklichen Zusammenhänge tritt.
Das gläserne Gefängnis des modernen Künstlers besteht gerade in dieser strukturellen Abspaltung des Ästhetischen. Die Kunst tigert in diesem Gefängnis hilflos hin und her; sie ist nicht mehr die künstlerische Form eines gesellschaftlichen Inhalts und damit ästhetische Reflexion des Ganzen, sondern abgespaltene "Formheit" - Form ohne einen gemeinsamen, gesellschaftlich definierten Inhalt; so wird sie letzten Endes zum Selbstzweck und als "l'art pour l'art" zur unfreiwilligen Karikatur der "herausgelösten" Ökonomie. Hat sie sich aber in ihrer Not wahnhaft in sich selbst verliebt, so beginnt die Kunst ihr Dilemma zu verdrängen, indem sie die Ausgeburten der funktionalistischen Spaltung als solche "ästhetisiert". Wenn aber die Struktur der Moderne nicht kritisiert, sondern ihr unaufgehobenes Dasein selber ästhetisiert wird, dann können auch von Granaten zerfetzte Leiber, vergewaltigte Frauen, verhungernde Kinder und die Obszönität der Macht als bloß ästhetische Gegenstände erscheinen. Eine derartige "Ästhetisierung der Politik" ohne Kritik des Systems der Spaltungen führt direkt in die Barbarei. Das war das Geheimnis des Faschismus, der die gesellschaftliche Desintegration als blutiges Neronisches Gesamtkunstwerk inszeniert hat.
Umgekehrt hat sich aber auch die "Politisierung der Ästhetik", wie sie die Linke lange Zeit propagierte, als Sackgasse erwiesen. Wenn die Kunst sich - und sei es mit den besten sozialen Absichten - für "Agitprop" hergibt, kapituliert sie ebenso bedingungslos wie bei ihrer Verwandlung in Design und Kulturindustrie. Will die Kunst nicht endgültig verkümmern und verstummen, muß sie ihr Dilemma öffentlich machen; aber nicht durch Adaption an traditionelle Politik, sondern durch eine radikale ästhetische Kritik der bestehenden Ordnung. Kann die Kunst das gespaltene Ganze nicht mehr positiv reflektieren, so doch negativ, indem sie die ästhetische Unerträglichkeit der "ökonomisierten" Welt bewußt macht. Die Kunst muß gewissermaßen mit ihren eigenen Mitteln militant werden und die Unterordnung der Ökonomie unter einen neu zu erfindenden (nicht mehr traditionell gebundenen) kulturellen "Kosmos" fordern, in dem die Ästhetik des Ganzen über die sogenannte betriebswirtschaftliche Effizienz triumphiert. Nur eine Kunst, die sich so als Kritik der gesellschaftlichen Entästhetisierung selbst überwindet, kann ins Leben zurückkehren.
 
17.11.2001
 Robert Kurz

dimanche 9 janvier 2011

Le FSM 2011 ou la grande exhibition des réseaux

Une Critique du "Tourisme Anti-Mondialisation" venue de l'Intérieur.
Un appel lancé depuis Bamako, à perturber le «Forum social mondial» qui doit se tenir à Dakar en 2011. Depuis qu’existent ces «forums», une telle conscience critique n’avait pas encore surgi des profondeurs du «tiers-monde» pour venir ainsi contester publiquement, au nom même des immenses espoirs qu’il a pu susciter, le plus récent spectacle de la contestation mondialisée. L’étouffer dans l’œuf va faire désormais partie des préoccupations principales des organisateurs.
-Le FSM (Forum social mondial), vaste mouvement des peuples pour la justice sociale a été une initiative à la fois rénovatrice, historique et dynamique. Cependant, le FSM n’est pas un fait de hasard. Il est la suite logique des luttes des peuples contre toutes les formes de domination impérialiste et capitaliste. Le FSM au départ a permis la naissance, et le renforcement tant aux niveaux nationaux qu’au niveau international, des mouvements, et organisations de lutte pour la défense des droits humains, et pour un monde alternatif au système capitaliste. Il a suscité de l’espoir dans de nombreux pays, et pour des milliers des personnes.
- Grâce aux efforts, au courage, et la clairvoyance des peuples en lutte contre la domination impérialiste, la mondialisation des luttes, n’a été qu’une réponse ferme à la mondialisation néolibérale et capitaliste. C’est en réponse à la « mondialisation capitaliste » en rapport avec les bourgeoisies nationales parasitaires ; que les « peuples épris de justice » ont décidé en toute autonomie de créer un espace de lutte de tous les peuples pour poursuivre la lutte anti- capitaliste, pour la justice sociale, la paix dans le monde, le partage égal et démocratique des richesses, la liberté d’expression, l’accès aux droits fondamentaux de l’homme, la libre circulation ; contre l’injustice sociale, la guerre dans le monde, les inégalités sociales, la répression de la liberté d’expression, la suppression des libertés de circulation et de mouvement… ; que le système capitaliste, néolibéral et impérialiste impose au monde entier, tout en détruisant l’environnement.
- Le FSM a mis également la lumière sur plus d’une lutte sociale pourtant restée dans l’ombre à cause des politiques d’isolement que « les décideurs politiques, les Etats » pratiquent sur celle-ci afin de tuer le poussin dans l’œuf, et de noyer le poisson dans l’eau. Les exemples de lutte des peuples indigènes en Amérique latine, les populations réfugiées dans le monde entier, les sans papiers en Europe et ailleurs, les précaires, les travailleurs licenciés en sont les exemples, et les évidences empiriques. S’ajoute à cela les forums locaux, sous-régionaux, continentaux, les actions spontanées et organisées pour dénoncer les pratiques inhumaines du capitalisme qui est à la base des mesures a-démocratiques, impopulaires en Afrique, en Europe et partout ailleurs dans le monde.
- Le FSM, et ses ramifications (les forums locaux et continentaux), a permis également aux peuples muselés par les bourgeoisies nationales, les dirigeants corrompus en complicité avec le capital financier international, d’opposer une résistance à toute politique anti-peuple, et visant à faire de ce dernier un « spectateur » marginalisé.
- Les forums organisés çà et là ont consolidé une société civile mondiale et dynamique prête à passer à tout moment à l’action pour dénoncer le système néolibéral dans le monde entier. Le coup d’envoi est ainsi donné. Les crypto- forums se sont multipliés comme des champignons, poussent et tombent tels des feuilles séchées. Cela ne se fera pas sans risque. Des individus, des organisations, des réseaux connus par leur sectarisme desséchant en Europe se sont réunis et ont alors noyauté, infiltré la lutte des peuples, et en ont fait leur fonds de commerce, et leur business sur le dos des peuples opprimés.
- De par leur position, ils se sont fait les porte- parole nationaux et internationaux des sans- voix, des masses, et des organisations de luttes locales. Ils se sont spécialisés et expertisés dans le lobbying, la recherche de financement pour « qu’il y ait une solidarité concrète » disent-ils autour des luttes locales en Afrique, et ailleurs tout en tenant un discours stérile, et développer le sectarisme en utilisant le « les masses », non seulement les uns contre les autres, mais aussi contre les militants qui luttent au quotidien pour la défense des droits humains.
- Ainsi, ils se positionnent et approprient « les discours locales et les internationalisent en leurs profit de réseaux ». Ils affichent leur arrogance certaine vis-à-vis de ceux qu’ils prétendent soutenir et aider. Ils se positionnent en donneurs de leçon de principes, de stratégie, de mobilisation et de discours à tenir. Ils se servent des uns pour se faire un pied sur la « terre- sauvage » en Afrique et ailleurs. Ainsi, les réseaux veulent avoir leur « espace vital africain » comme ce fut le cas lors de la conférence de partage colonialiste de Berlin en 1885.
- Ces réseaux type No- Vox livrent ainsi entre eux une lutte féroce pour davantage garder et consolider leurs chasses gardées. Ils se servent des associations au Mali, au Burkina, au Togo, au Bénin, au Congo… pour non pas les aider, et les soutenir face à la répression de la bourgeoisie nationale, et les dirigeants alliés du capital financier international, mais seulement consolider leur position, développer leur renommée…
- Ainsi les carnets d’adresses garnis et remplis, ils voyagent un peu partout en Afrique et ailleurs multipliant les forums au Mali, au Burkina, par exemple pour qu’ils puissent se tailler un rang prestigieux au sein du FSM au moment du bilan. Ils animent des conférences, des séminaires, des colloques, et se transforment ainsi en des pires experts comme ceux des institutions financières internationales, qui visitent les pays, et dressent quelques rapports dans des hôtels quatre étoiles, et décident ainsi du sort des peuples africains.
- Ils ne se limitent pas là, ils se mêlent entre frères et sœurs d’un même pays, d’un même continent pour les « diviser » davantage, et faire échouer des luttes locales dans le but de les orienter vers la lutte stérile afin qu’eux puissent rebondir toujours, toujours et toujours.
- En Afrique, il ne faut rien occulter non plus. Elle n’est pas non plus l’éternelle victime qu’elle prétend d’être. Il ne faut pas en même temps mettre tous les échecs, les faiblesses de l’Afrique sur le dos d’autrui, car ; ce discours aussi a fait son temps. Elle doit être prête et courageuse à assumer toutes ses responsabilités, ses échecs, ses erreurs, ses réussites, ses espoirs sans qu’elle soit influencée.
- C’est dans cet état d’esprit que le Mouvement des Sans Voix (MSV), l’organisation de contre pouvoir autonome des partis politiques, et les syndicats, autonome du conseil national, international, et les représentants du FSM se rendra à Dakar en février 2011comme une étape importante dans la lutte contre le système capitaliste.
- Le MSV adhère aux mobilisations sociales, et aux préparatifs organisés, et mis en œuvre par les organisations africaines en toute autonomie des réseaux clientélistes, et les comités d’organisations du FSM tant au niveau mondial, continental, et même national. Dakar est une étape importante dans la lutte contre le système néolibéral, et non un lieu d’exhibition et un « tournant décisif » pour la survie des réseaux, et des prétendus leaders d’opinion.
- Le MSV, sans chercher à s’exhiber, ni à faire des démonstrations spectaculaires et pompeuses, fera de Dakar un lieu de résistance, et de lutte permanente des peuples de l’Afrique jusqu’à la victoire de l’homme sur le capital. A dégager ensemble dans le long terme des stratégies de lutte, et des perspectives alternatives à la mondialisation.
- Les frères et sœurs « Sans- voix » de l’Afrique et d’ailleurs, vous valez mieux qu’une vaste armée d’hommes et de femmes importes et exportés à Dakar par la grâce des réseaux. Que nul n’oublie notre férocité de militants anti- capitaliste, et pour une Afrique digne et prospère.
La lutte continue…
Pour le MSV
Tahirou Bah
Secrétaire général.

L’art de la fuite

Cette étude intéressante ne prend malheureusement pas en compte les fondements capitalistes de notre monde. Même débarrassés des "Dictatures Conspiratives" nous serions encore soumis au règne dictatoriale de la marchandise, à la course folle de la Valeur.
 La philosophie politique de Julian Assange par lui-même.
Préambule : Des effets non-linéaires des fuites sur les systèmes de gouvernance injustes.
Il se peut que vous lisiez La route d’Hanoï ou La conspiration comme mode de gouvernance, un texte d’orientation obscur, à peu près inutile tiré de son contexte, et peut-être même dès le départ. Mais si vous pensez, en lisant ce document, à la façon dont différentes structures de pouvoir peuvent être diversement affectées par des fuites (la défection de l’intérieur vers l’extérieur), les motivations vous apparaîtront peut-être plus clairement.
Plus une organisation est secrète ou injuste, plus des fuites vont entraîner de la peur et de la paranoïa dans son leadership et dans la coterie qui le dirige. Il en résultera immanquablement un affaiblissement de ses mécanismes efficaces de communication interne (un alourdissement de la « taxe du secret » cognitive) et une détérioration cognitive systémique entraînant pour cette organisation une capacité moindre à conserver le pouvoir dans un contexte où l’environnement exige son adaptation.
Ainsi, dans un monde où les fuites deviennent faciles, les systèmes secrets ou injustes sont touchés de façon non-linéaire par rapport à des systèmes justes et ouverts. Puisque des systèmes injustes engendrent par nature des opposants, et qu’ils ont bien du mal à garder la haute main sur un grand nombre de domaines, les fuites de masse les rendent délicieusement vulnérables à ceux qui cherchent à les remplacer par des formes plus ouvertes de gouvernance.
L’injustice ne peut trouver de réponse que lorsqu’elle est révélée, car, pour que l’homme puisse agir intelligemment, il lui faut savoir ce qui se passe réellement.
La conspiration comme mode de gouvernance.
« Conspiration, conspirer : faire de façon concertée des plans secrets pour commettre un acte nuisible; travailler ensemble à produire un résultat, généralement au détriment de quelqu’un. Origine : moyen Anglais tardif, de l’ancien Français conspirer, du latin conspirare, s’accorder, intriguer, de con-, ensemble, et de spirare, respirer. »
 « Le meilleur parti n’est rien qu’une forme de conspiration contre le reste de la nation. » (Lord Halifax)
« La sécurité cède le pas à la conspiration ». (Jules César, acte 2, sc. 3. Message du devin, mais César est trop occupé pour y prêter attention)
Introduction. 
Pour changer radicalement le comportement d’un régime, nous devons penser clairement et courageusement car, si nous avons appris quelque chose, c’est que les régimes ne veulent pas être changés. Il nous faut penser plus loin que ceux qui nous ont précédés et être capables de découvrir les mutations technologiques susceptibles de nous doter de moyens d’action dont nos prédécesseurs ne disposaient pas. Nous devons comprendre quelle structure-clé engendre la mauvaise gouvernance[1]. Nous devons développer une conception de cette structure qui soit suffisamment forte pour nous sortir du bourbier des morales politiques rivales et pour accéder à une position de clarté. Plus important encore, nous devons nous servir de ces vues pour inspirer, en nous et en d’autres, un plan d’action noble et efficace qui nous permette de remplacer les structures qui conduisent à la mauvaise gouvernance par quelque chose de mieux.
La conspiration comme mode de gouvernance dans les régimes autoritaires.
Lorsque l’on se penche sur les détails du fonctionnement interne des régimes autoritaires, on observe des interactions de type conspiratif au sein l’élite politique, non seulement afin d’obtenir de l’avancement ou les faveurs du régime, mais aussi en tant que principale méthode pour planifier le maintien ou le renforcement du pouvoir autoritaire. Les régimes autoritaires, en ce qu’ils contrecarrent dans le peuple la volonté de vérité, d’amour et de réalisation de soi, engendrent des forces qui leur résistent. Une fois révélés, les plans qui sous-tendent l’action d’un régime autoritaire provoquent une résistance accrue. Les pouvoirs autoritaires victorieux sont par conséquent ceux qui parviennent à dissimuler leurs plans jusqu’à ce que toute résistance soit devenue futile ou dépassée face à l’efficacité sans fard d’un pouvoir nu. Cette pratique du secret collaboratif, exercée au détriment d’une population, suffit pour qualifier leur comportement de conspiratif.
« Même chose arrive dans les affaires d’État : en les prévoyant de loin, ce qui n’appartient qu’à un homme habile, les maux qui pourraient en provenir se guérissent tôt; mais quand pour ne les avoir pas prévus, on les laisse croître au point que tout le monde les aperçoit, il n’y a plus de remède. ». (Nicolas Machiavel, Le Prince) 
Les conspirations terroristes comme graphes connexes.
Avant et après les attentats du 11 septembre, le « Maryland Procurement Office » [2], entre autres, a financé les recherches de mathématiciens visant à étudier les conspirations terroristes comme des graphes connexes (précisons qu’aucune connaissance en mathématiques n’est requise pour suivre la suite cet article). Nous élargissons cette façon de concevoir les organisations terroristes et nous l’appliquons à des organisations telles que celle qui a financé la recherche en question. Nous l'utilisons comme un scalpel pour disséquer les conspirations qui permettent à des structures de pouvoir autoritaires de se maintenir.
Nous allons nous servir du modèle des graphes connexes afin d’appliquer nos facultés de raisonnement spatial aux rapports politiques. Ces graphes sont très faciles à visualiser. Prenez d’abord quelques clous (les « conspirateurs ») et enfoncez-les au hasard dans une planche. Ensuite, prenez de la ficelle (la « communication ») et reliez les clous entre eux, en boucle, de façon continue. Le fil qui relie deux clous s’appellera un lien. Un fil continu signifie qu’il est possible de passer de n’importe quel clou à n’importe quel autre via le fil et des clous intermédiaires. Les mathématiciens disent que ce type de graphe est connexe. L’information circule de conspirateur à conspirateur. Tout conspirateur ne connaît pas tous les autres, ni ne fait confiance à tous, même si tous sont connectés. Certains sont en marge de la conspiration, d’autres sont au centre et communiquent avec un grand nombre de conspirateurs, d’autres encore ne connaissent peut-être que deux conspirateurs mais constituent un véritable pont entre des sections ou des groupes majeurs de la conspiration.
Scinder une conspiration.
Si tous les conspirateurs sont assassinés ou si tous les liens entre eux sont détruits, alors la conspiration n’existe plus. Cela exige ordinairement plus de ressources que nous n’en pouvons déployer, d’où notre première question : quel est le nombre minimum de liens qui doivent être sectionnés afin de scinder la conspiration en deux groupes égaux ? (Diviser pour mieux régner). La réponse dépend de la structure de la conspiration. Parfois, il n’existe pas de canaux de communication alternatifs pour que l’information conspirative puisse continuer à circuler entre les différents conspirateurs, parfois il en existe de nombreux. Il s’agit là d’une caractéristique utile et intéressante pour une conspiration. Il peut par exemple être possible de diviser une conspiration en assassinant un conspirateur faisant office de « pont ». Mais notre propos est de dire quelque chose qui vaille en général pour toutes les conspirations. 
Certains conspirateurs dansent plus serré que d’autres.
Les conspirateurs font souvent preuve de perspicacité : certains se font confiance et dépendent les uns des autres, tandis que d’autres parlent peu. Les informations importantes circulent souvent via certains liens déterminés, et les informations triviales à travers d’autres. Nous étendons donc notre modèle de graphe connexe simple afin d’y inclure non seulement des liens, mais aussi leur « importance ». 
Mais revenons à notre analogie du tableau et des clous. Imaginez une grosse corde entre certains clous et un fil très fin entre d’autres. L’importance, l’épaisseur ou la lourdeur d’un lien, s’appellera son poids. Entre des conspirateurs qui ne communiquent jamais, le poids est égal à zéro. L’ « importance » de la communication qui transite par un lien est difficile à évaluer a priori, puisque sa valeur réelle dépend de l’issue de la conspiration. Nous disons simplement que « l’importance » de la communication détermine à l’évidence le poids d’un lien, que le poids d’un lien est proportionnel à la quantité de communications importantes qui y transitent. S’interroger sur les conspirations en général ne nécessite pas de connaître le poids de chaque lien, sachant celui-ci change d’une conspiration à l’autre.  
Les conspirations sont des dispositifs cognitifs. Leur capacité de pensée excède celle du même groupe d’individus agissant seuls.
Les conspirations recueillent des informations au sujet du monde dans lequel elles opèrent (l’environnement conspiratif), les transmettent aux conspirateurs, et agissent ensuite en conséquence. Nous pouvons considérer les conspirations comme un type de dispositif ayant des inputs (les informations au sujet de l’environnement), un réseau computationnel (les conspirateurs et les liens qui les relient les uns aux autres) et des outputs (les actions visant à modifier ou à conserver l’environnement).
Tromper les conspirations.
Puisqu’une conspiration est un type de dispositif cognitif agissant sur la base d’informations obtenues dans son environnement, la distorsion ou la restriction de ces intrants peut rendre « déplacées » les actions qui en découlent. Les programmeurs appellent ça l’effet « déchets à l’entrée, déchets à la sortie » (« garbage in, garbage out »). D’habitude, l’effet joue en sens inverse puisque c’est la conspiration qui est l’agent de la tromperie et de la restriction de l’information. Aux États-Unis, l’aphorisme du programmeur est aussi parfois appelé « l’effet Fox News ».
Qu’est-ce que calcule une conspiration ? Elle calcule la prochaine action de la conspiration.
A présent, la question est la suivante : à quel point un tel dispositif est-il efficace ? Peut-on le comparer à lui-même à différents moments ? La conspiration se renforce-t-elle ou s’affaiblit-elle ? Une telle question implique de comparer deux valeurs dans le temps.
Peut-on trouver une valeur décrivant le pouvoir d’une conspiration ?
Nous pourrions compter le nombre de conspirateurs, mais cela ne tiendrait pas compte de la différence cruciale entre une conspiration et les individus qui la composent. En quoi différent-ils ? Dans une conspiration, les individus conspirent, alors qu’ils ne le font pas lorsqu’ils sont isolés. La différence apparaît si l’on fait la somme de toutes les communications importantes entre tous les conspirateurs, la somme de leurs poids. On appellera cela le « pouvoir conspiratif total ».
Le pouvoir conspiratif total. 
Ce nombre est une abstraction. Le schéma des connexions au sein une conspiration est en général unique. Mais en considérant cette valeur, qui est indépendante de la disposition spécifique des connexions entre les conspirateurs, on peut dire quelque chose au sujet des conspirations en général.
Si le pouvoir conspiratif total est nul, il n’y a pas de conspiration.  
Si le pouvoir conspiratif total est égal à zéro, alors il n’y a clairement aucun flux d’informations entre les conspirateurs et, partant, pas de conspiration. Un accroissement ou une diminution importante du pouvoir conspiratif total signifie presque toujours ce à quoi il faut s’attendre, à savoir une augmentation ou une diminution de la capacité de la conspiration à penser, agir et s’adapter.
Scinder les conspirations pondérées.
Nous revenons maintenant à notre idée précédente, sur la façon de scinder une conspiration en deux. Nous avions pensé pouvoir diviser une conspiration en deux groupes de même nombre en rompant les liens entre les conspirateurs. Nous voyons à présent apparaître une idée plus intéressante : fractionner en deux le pouvoir conspiratif total. Toute moitié détachée pouvant à son tour être considérée comme une conspiration en elle-même, nous pourrons continuer indéfiniment à la scinder sur le même mode.
Étrangler les conspirations pondérées.
Au lieu de couper les liens entre les conspirateurs afin de scinder une conspiration pondérée, nous pouvons obtenir un résultat similaire en étranglant la conspiration – par constriction, en réduisant le poids des liens lourds qui font le pont entre des régions dotées d’un égal pouvoir total de conspiration.
Attaques contre les capacités cognitives des conspirations.
Un homme enchaîné sait qu’il aurait dû agir plus tôt, car sa capacité à influer sur l’action de l’Etat touche à sa fin. Face à de puissantes actions conspiratrices, nous devons anticiper et nous attaquer au processus qui les sous-tend, puisque nous ne pouvons pas prendre pour cible ces actions en elles-mêmes. Nous pouvons duper ou aveugler une conspiration en distordant ou en restreignant les informations dont elle dispose. Nous pouvons réduire le pouvoir conspiratif total par des attaques non-structurées sur certains liens ou bien en procédant par étranglement et par scission. Une conspiration qui aurait été suffisamment attaquée de cette façon ne serait plus en mesure de comprendre son environnement ni de formuler un plan d’action cohérent.
Conspirations traditionnelles / conspirations modernes.
Les formes traditionnelles d’attaques contre les groupes de pouvoir conspiratif, telles que l’assassinat, sectionnent des liens qui ont un poids important. L’acte de l’assassinat - le ciblage d’individus visibles, est le résultat d’inclinations mentales forgées dans le cadre des sociétés sans écriture dans lesquelles notre espèce a évolué. L’essor révolutionnaire de l’alphabétisation et des communications a doté les conspirateurs de nouveaux moyens pour conspirer, leur permettant d’accroître la vitesse de précision de leurs interactions et, partant, la taille maximale qu’une conspiration peut atteindre avant de sombrer.
Les conspirateurs qui disposent de cette technologie sont en mesure de distancer les conspirateurs qui en sont dépourvus. Pour le même coût, ils sont en mesure d’atteindre un pouvoir conspiratif total plus élevé. C’est la raison pour laquelle ils adoptent ces technologies.
En se rappelant le mot de lord Halifax, on peut par exemple considérer deux groupes  de pouvoir qui sont au coude à coude et qui sont largement conspiratifs : le parti démocrate et le parti républicain aux États-Unis. Que se passerait-il si l’un de ces partis abandonnait ses téléphones portables, ses fax et ses emails - sans parler des systèmes informatiques qui gèrent les souscripteurs, les donateurs, les budgets, les sondages, les centres d’appels et les campagnes de publipostage ? Il tomberait immédiatement dans une sorte de stupeur organisationnelle et l’autre l’emporterait.
Une conspiration autoritaire qui perd sa capacité de penser est impuissante à se préserver face aux adversaires qu’elle suscite. 
Si l’on considère une conspiration autoritaire comme un tout, on voit un système d’organes en interaction, une bête avec des artères et des veines dont le sang peut être épaissi et ralenti jusqu’à ce qu’elle s’écroule, stupéfaite, incapable de comprendre et de contrôler de façon suffisante les forces qui peuplent son environnement.
Nous verrons plus tard comment les nouvelles technologies et l’analyse des motivations psychologiques des conspirateurs peuvent nous fournir des méthodes pratiques permettant de stopper ou de réduire les flux de communications importantes entre les conspirateurs autoritaires, de fomenter un fort mouvement de résistance contre la planification autoritaire et de créer de puissantes incitations à adopter des formes de gouvernance plus humaines.
Julian Assange
Traduit par Grégoire Chamayou.
Textes originaux :  “The non linear effects of leaks on unjust systems of governance”, Sun 31 Dec 2006, et « Conspiracy as Governance », December 3, 2006.

[1] Chaque fois que nous assistons à un acte que nous estimons être injuste et que nous n’agissons pas, nous nous faisons les partisans de l’injustice. Ceux qui restent de façon répétée passifs face à l’injustice voient bientôt leur caractère se corrompre dans la servilité. La plupart des actes d’injustice dont nous sommes témoins sont liés à la mauvaise gouvernance, car lorsque la gouvernance est bonne, l’injustice sans réponse est rare. Par l’affaiblissement progressif du caractère d’un peuple, l’impact de l’injustice signalée mais restée sans réponse est de très loin supérieur à ce qu’il semble de prime abord. Les États de communication modernes, de par leur échelle, leur homogénéité et leurs excès, fournissent à leur population un déluge sans précédent d’injustices avérées, mais sans réplique apparente. (Note de l’auteur)
[2] Paravent de la NSA pour le financement universitaire. Pour en savoir plus sur ce programme de recherche, cherchez sur google le code de bourse « MDA904 ». (Note de l’auteur)

samedi 8 janvier 2011

COMMENT LES ARMÉES SE SONT EMPARÉES DES JEUX VIDÉOS

Pendant que les coalitions occidentales s’embourbent dans les guerres d’Irak et d’Afghanistan, des millions de joueurs de par le monde y rejouent en mode « easy » sur leurs consoles et PC.

Les jeux de guerre sont si répandus que cela n’en fait pas pour autant des millions de militaristes.
On peut cependant s’interroger sur les liens entre ces logiciels de jeux vendus dans le commerce et l’économie de guerre.
Si l’armée américaine entretient des liens historiques avec l’industrie des jeux vidéo, quand cette collaboration a t-elle débuté ?
Sur quelle alliance s’appuie-t-elle pour prospérer ?
Quels acteurs sont en jeu ? L’armée, les industriels et scientifiques français sont-ils impliqués ? Et quelle est la responsabilité du citoyen ?
Cette rencontre tentera de définir les contours d’une matrice en mouvement qui, au nom de la convergence des intérêts, utilise la technologie pour s’assurer le ralliement d’un maximum d’acteurs à son projet militaire.

Vous avez manqué le Débat avec Tony FORTIN- Samedi 20 novembre 2010 à 15 heures
 En coorganisation avec l’Observatoire des Armements et Damoclès
Tony Fortin anime le site d’études critique des jeux vidéo Planetjeux et a réalisé le dossier sur le thème paru dans Damoclès 127 édité par l’Observatoire des Armements (187 montée de Choulans -69005 Lyon).

http://lagryffe.net

Europäischer Rassismus oder Die inhumane Kontinuität aufklärungsideologischen Denkens

Meterhohe Wellen, die in immer neuen Schüben unaufhaltsam den Erdball überrollen; Erdbeben, welche kilometerlange Risse in den Boden reißen und ganze Häuserlandschaften wie lose Pappgestelle in die Tiefe ziehen. Im Zeitalter der Fundamentalkrise ist das bürgerliche Bewusstsein besonders anfällig für Katastrophenszenarien, wie die oben skizzierten des Filmes mit dem „provozierenden“ Namen „2012“, in denen sich paradigmatisch eine zutiefst projektiv entladene Angst vor dem sukzessiven Verfall der eigenen Gesellschaft ausdrückt – im Fall Roland Emmerichs garniert mit dem Augenzwinkern des Kinoproduzenten, der um die neurotische Affinität des Krisensubjekts zu diesen Schreckensbildern weiß.
Es mag daher mehr als eine bloß oberflächliche Analogie sein, dass die Botschaft des Films glatt das Lebensmotto des Krisensubjekts sein könnte: Die Rettung naht!
Doch sie hinterlässt im Film einen bitteren Nachgeschmack: Es kann sich nur ein kleiner Teil der Menschheit vor den Fluten in eigens für ihn konzipierte „Archen“ flüchten, woraufhin sich bald die Selektionsfrage stellt; und es mag auch hier wiederum nicht nur Zufall sein, dass dieses Szenario in seinem Protagonisten von einem westlich-weißen Standpunkt dargestellt wird.
Dieser Selektionsimpuls, wie er sich sublimiert in der filmischen Gestaltung niederschlägt, tritt in der Realität des Krisensubjekts dagegen zunehmend und offenkundig mit voller Wucht zu tage. Die Fundamentalkrise ist eben wesentlich die Krise des männlich-weißen westlichen Subjekts (MWW), das im Begriff ist, von der Negativität der eigenen Vergesellschaftung zerquetscht zu werden; und die Ignoranz dieser Subjektform angesichts der immer tiefer um sich greifenden Krise kann nur durch ausgrenzende Ideologiebildung in einem hilflosen Kampf gegen die grauenhafte Wirklichkeit aufrechterhalten werden: Wieder einmal ist der Rassismus in Europa als breiter Konsens salonfähig geworden. Man hat ihn sogar direkt gewählt, und es mögen dem bürgerlichen Stinknormalo angesichts dieses heroischen Aktes demokratischer Musterpolitik Tränen in die Augen gestiegen sein: Der antiemanzipatorische Kern von Freiheit und Gleichheit zeigt sich in den Zeiten ihres Verfalls in Reinform.
Doch nicht nur das Minarett-Verbot der Schweiz, das allerdings kein einstimmiger Beschluss war, verweist auf den zunehmend unmittelbar sich artikulierenden Rassismus1. Auch ein Ereignis in Italien deutet an, wie das MWW im Zuge seines Unterganges die Fundamentalkrise zu bewältigen sich anschickt: So kam es dort zu der Situation, dass ein „Bürgerkomitee“ in Rosarno forderte, alle illegal eingewanderten Ausländer müssten aus der Stadt ausgewiesen werden. «Wir sind keine Rassisten, gegen legale Einwanderer haben wir gar nichts, wir wollen nur Sicherheit für die Bürger.»“2
Nein, Rassisten sind die guten Bürger natürlich nicht. Aber wenn diese Wanderarbeiter sich auch noch einbilden, sich zur Wehr setzen zu müssen, nachdem sie wie Vogelfreie mit Luftdruckgewehren3 gejagt werden, dann geht das natürlich entschieden zu weit. Und so freut sich der Normalbürger aller Klassen, wenn „solche Leute“ dann endlich polizeilich abtransportiert werden – alles ganz nach Vorschrift; in Europa ist es wieder gesetzlich erlaubt, Menschen zu deportieren.
Die internationale Kritik an diesen Vorfällen war so hilflos wie vorhersehbar: So forderten die „Uno-Sonderberichterstatter für die Rechte von Migranten und gegen Rassismus, Jorge Bustamante und Githu Muigai“, es „müsse eine Einwanderungspolitik betrieben werden, die den «internationalen Normen in Bezug auf die Menschenrechte» entspreche.“4 Dem wird eine schon längst kapitalistisch domestizierte Linke nicht viel hinzuzufügen haben.
Diese Beispiele zeigen auf der empirischen Ebene freilich nur, dass die Krise auch da angekommen ist, wo niemand es für möglich gehalten hat: in den europäischen Kernstaaten. Und es scheint, dass eine Linke getroffen wird, die theoretisch und damit natürlich auch praktisch dieser Krise und den aus ihr hervorgehenden Barbarisierungsprozessen nichts entgegenzusetzen hat. Im Gegenteil stimmt sie, sogar wo sie sich radikal gebärdet, in diese falsche Unmittelbarkeit mit ein: Es ist im wertabspaltungskritischen Kontext öfters darauf hingewiesen worden, dass der antiislamische Rassismus, wie er auch in der antideutschen Ideologie zum Ausdruck kommt, eine grundlegend ideologische Reaktionsform des untergehenden MWW darstellt und damit auf ein tiefgreifendes Syndrom der Subjektform insgesamt verweist: eben die exponentielle Zunahme des europäischen Rassismus im Zuge der Krise westlicher Subjektivität.5 Dies veranschaulicht die sogenannte „Heitmeyer-Studie“ aus dem November letzten Jahres, welche konstatiert, dass JedeR zweite EuropäerIn aus diesen Ländern den Aussagen «Es gibt zu viele Einwanderer» und «Der Islam ist eine Religion der Intoleranz» zu[stimmt]. 43 Prozent der Befragten halten Homosexualität für unmoralisch, fast ein Drittel geht von einer «natürlichen Hierarchie zwischen schwarzen und weißen Menschen» aus, ein Viertel unterstellt, dass «Juden zu viel Einfluss» haben.“6
Es bedürfte nicht zuletzt einer starken Linken, um diesem Wahnsinn entgegentreten zu können; denn die Studie zeigt, dass im Alltagsbewusstsein der Konkurrenzverhältnisse ganz unterschiedliche und selbst gegensätzliche Zuschreibungen als ideologischer Bodensatz durchaus konform gehen. Was die „Antideutschen“ einerseits und die israelfeindlichen Antiimperialisten andererseits nicht sehen wollen, kommt dabei klar zum Ausdruck: nämlich die Gleichzeitigkeit von rassistischen und antisemitischen Denkmustern (ohne dass beides gleichgesetzt werden kann).
In der Tat bedürfte es also einer Linken, die sich ihrer ideologischen Herkunft mit kritischer Schärfe bewusst ist. Denn bekanntlich hat der Rassismus (neben dem Antisemitismus und Sexismus) eine lange europäische, vor allem auch deutsche Geschichte: Seine knallharte Begründung und ideologische Durchsetzung findet er im Rassismus der Aufklärungsideologen. Es sei hier besonders an die rassistischen Ausfälle Kants und Hegels erinnert, bei ersterem (nicht nur) in Form der Hetze gegen „faule Neger“ , bis hin zu dem subtilen Rassismus einer Linken, wie er seine theoretische Legitimation z.B. bei Rudi Dutschke in seinem Werk „Versuch, Lenin auf die Füße zu stellen“ erfahren hatte, welcher das Scheitern der Russischen Revolution aus den „asiatischen“ Produktionsverhältnissen und Mentalitäten zu erklären versucht, die eine negative Produktionsweise sui generis darstellen würden7 – eine ganz ähnliche ideologische Argumentationsfigur, wie sie heutzutage der antiislamische Rassismus formuliert, die nicht verwechselt werden darf mit einer notwendigen radikalen Kritik am antisemitischen Gehalt des postmodernen Islamismus. Doch die Linke scheint aus ihrer eigenen Geschichte nichts gelernt zu haben und so kann es ihr vor lauter Drang nach falscher Unmittelbarkeit sehr schnell geschehen, dass sie plötzlich sich selbst nicht mehr versteht. So besetzt sie von Attac über die Linkspartei bis zu den Antideutschen in Krisenzeiten mehr denn je die bürgerlichen Kategorien von „Freiheit, Gleichheit, Demokratie“, die sie mit einem unglaublich naiven Enthusiasmus verkündet, und läuft damit Gefahr, zunehmend selbst in einen „strukturellen Rassismus“ zu verfallen. Die Dichotomie von Rassismus und Menschenrechten, wie sie von den Uno-Sonderberichterstattern für die Rechte von Migranten und gegen Rassismus aufgemacht wird und wie sie sich in ähnlicher Akzentuierung auch bei den Antideutschen findet (nur dass bei diesen die westliche Werte gegen die antisemitische islamische Welt ausgespielt werden), ist ein ideologisches Blendwerk. Gelingt es nicht, dieses durch die Negativität radikaler Kritik aufzusprengen, so wird man dem Rassismus nichts entgegensetzen können, da man ihn nicht in seinem strukturellen Bedingungszusammenhang ergründen kann.
Die Berufung auf die westlichen Werte ist nämlich nicht etwa ein probates Gegenmittel gegen rassistische Ausfälle, sondern letztere sind in ersteren angelegt. Diese Berufung ist deshalb selber ein ideologisches Rückzugsgefecht gegen die Konsequenz der eigenen falschen Voraussetzungen.
Die suggerierte Universalität der bürgerlichen Rechte und ihrer Werte von Freiheit und Gleichheit ist in Wahrheit nur ein Moment der historischen Ausgrenzungsverhältnisse, eine Partikularität innerhalb der Totalität des „automatischen Subjekts“ und dem von ihm abgespaltenen Bereich der Haus- und Liebesarbeit. In den rituellen Beschwörungszeremonien dieser Werte sowie der „ewigen Menschenrechte“ drücken sich die Ansprüche des bürgerlichen Zirkulationssubjekts aus, das sich seines eigenen gesellschaftlichen Bedingungszusammenhangs nicht bewusst ist. Innerhalb der sich vermittelnden Bewegung von Produktion und Zirkulation kann man im dialektischen Sinne von der Determiniertheit des Rechts- und Staatssubjekts durch das Konkurrenz- und Arbeitssubjekt sprechen, insofern allein letzteres Quelle der realfetischistischen Substanz von „abstrakter Arbeit“ auf der Ebene der Produktionsform selbst ist.8 Wird dieser immanente Zusammenhang bürgerlicher Subjektivität nicht auf den Begriff gebracht, kann auch der fetischistische Abspaltungszusammenhang auf der allgemeinsten Ebene gesellschaftlicher Totalität nicht erkannt werden, da er in einem notwendigen dialektischen Bezug zu dieser bürgerlichen Subjektivität steht.
Die auf einen positiven Subjektbegriff bezogene bürgerliche und zunehmend auch die entsprechende linke Unkritik des Rassismus verfällt demnach dem realen gesellschaftlichen Schein, der dadurch erzeugt wird, dass „die Produzenten erst in gesellschaftlichen Kontakt treten durch den Austausch ihrer Arbeitsprodukte, [und so] erscheinen auch die spezifisch gesellschaftlichen Charaktere ihrer Privatarbeiten erst innerhalb dieses Austausches. Oder die Privatarbeiten betätigen sich in der Tat erst als Glieder der gesellschaftlichen Gesamtarbeit durch die Beziehungen, worin der Austausch die Arbeitsprodukte und vermittelst derselben die Produzenten versetzt. Den letzteren erscheinen daher die gesellschaftlichen Beziehungen ihrer Privatarbeiten als das, was sie sind, d.h. nicht als unmittelbar gesellschaftliche Verhältnisse der Personen in ihren Arbeiten selbst, sondern vielmehr als sachliche Verhältnisse der Personen und gesellschaftliche Verhältnisse der Sachen.“9 Wirft Marx bereits Ricardo und Smith, die immerhin noch an einem – wenn auch insuffizienten – Wertbegriff festhielten, vor, diese würden durch die Verwechslung von fixem und zirkulierendem Kapital mit variablen und konstantem Kapital „die Verwandlung des kapitalistischen Produktionsprozesses in ein vollständiges Mysterium glücklich vollbracht haben“, wobei „der Ursprung des im Produkt vorhanden Mehrwerts gänzlich dem Blick entrückt“10 sei, so gilt dies für das virtualisierte postmoderne Bewusstsein in potenziertem Maße, das die strukturelle Abkopplung der Finanzmärkte von der Produktionsform seit den 1980er Jahren nicht kritisch aufgearbeitet hat. Der Substanzlosigkeit der Akkumulationsbewegungen des Kapitals entspricht die Substanzlosigkeit der theoretischen Reflexion. Damit scheint auch das linke Bewusstsein endgültig, flankiert und ergänzt durch die „roh empirische Art“ (Marx) des akademischen Betriebes, auf den Standpunkt der „sachliche[n] Verhältnisse der Personen“, also auf reine Zirkulationskategorien zurückgeworfen zu sein, was zur Folge hat, dass es dem zunehmenden Rassismus ohnmächtig gegenüber steht.
Übersehen wird dabei nämlich, dass zusammen mit der Verwertungsfähigkeit des Kapitals auch jene rechtlichen Verhältnisse des Warensubjekts obsolet werden. Vor allem in der Verkehrung des Verhältnisses von Rechts- und Arbeitsfähigkeit perpetuiert linkes Denken die aufklärungsideologische Doktrin der Universalität der Vernunft; und so verdampft jeder kritische Impuls in einem hilflosen Moralismus (eben jenem Einfordern der bürgerlichen Rechte, das gegen die Wirklichkeit ausgespielt wird), der bereits den ersten Schritt in die alltägliche Barbarei darstellt. In diesem Sinne ist die Berufung auf die bürgerlichen Werte für kritisches Bewusstsein im besten Falle pure Ohnmacht – im schlechtesten Fall ist sie selber strukturell rassistisch, da sie den notwendigen Zusammenhang von entsprechenden Ideologiebildungen und nur scheinbarer Universalität der bürgerlichen Rechte und Werte nicht aufheben kann und sich somit zur gedanklichen Oszillation zwischen diesen beiden dichotomisch gegenübergestellten Polen verdammt.
War der Prozess der „Entmenschlichung der Menschen“ im Zuge der Fundamentalkrise bisher zum großen Teil auf die nicht-europäischen Teile der Welt beschränkt (auch wenn sich zum Beispiel bei der Behandlung von Hartz-IV-Empfängern dieser Verfall rechtlicher Ansprüche bereits in Deutschland zeigt und die „Auffanglager“ von „illegalen Einwanderern“ um Europa herum ein Musterbeispiel dieser Rechtlosigkeit darstellen), so dringt nun die Tendenz zum Überflüssigwerden der Menschen auch in die europäischen Kernländer vor. Es ist im erwähnten Fall von afrikanischen Wanderarbeitern in Italien grausame Ironie, dass diese ausgerechnet für ihr „Recht auf Arbeit“ demonstrierten und sich damit bereits hilflos der in sich zusammenfallenden Verwertungsmaschine ausliefern, was ebene jene tendenzielle Rechtlosigkeit zur Folge hatte, wie sie real an ihnen praktiziert wurde.11
Der steigende „Rassismus nach außen“ ist aber nicht die einzige Form rassistischen Denkens – er verschränkt sich mit einem „Rassismus nach innen“, der analog zu ersterem bereits offen propagiert wird. Rüttgers Hassrede gegen die Rumänen artikulierte bereits einen „strukturellen Antiziganismus“ in Reinform (der Anteil von Roma ist in Rumänien überdurchschnittlich hoch), wie er bereits in vielen europäischen Ländern zu pogromartigen Ausschreitungen gegen Sinti und Roma geführt hat, wobei freilich zu bemerken ist, dass dieser Reflex als unbewusster Impuls auf eine „Ziganisierung“ der Verhältnisse reagiert, in der potentiell jeder, in der Fundamentalkrise mehr denn je, das Gefühl haben kann, in den Status des „Zigeuners“ zu rutschen – denn der Antiziganismus drückt ja das ohnmächtige Bedürfnis aus, gerade in Krisenzeiten der eigenen Prekarisierung durch eine Abgrenzung nach unten ideologisch zu entrinnen.
Damit dient dieses Stereotyp jedoch nicht nur dazu, binneneuropäische Ressentiments, sondern auch einen innerstaatlichen Rassismus zu mobilisieren, wie Roswitha Scholz in ihrem Text „Homo Sacer und Die Zigeuner“ ausführt:
Leider scheint Roswitha Scholz in ihren Analysen Recht zu behalten und die Aussage Roland Kochs fällt genau in die von ihr prognostizierte Denunziation von Hartz-4-Empfängern: „Da es in Deutschland notfalls (!) auch ein Leben lang Leistungen gebe, müssten Instrumente eingesetzt werden, «damit niemand das Leben von Hartz IV als angenehme Variante ansieht», sagte Koch. Es könne kein funktionierendes Arbeitslosenhilfe-System geben, das nicht auch ein Element von Abschreckung enthalte. «Sonst ist das für die regulär Erwerbstätigen, die ihr verfügbares Einkommen mit den Unterstützungssätzen vergleichen, unerträglich.»“13 Die politische Charaktermaske hat die betriebswirtschaftlichen Kriterien nahezu reibungslos verinnerlicht; dem ideologischen Angebot dürfte eine große Nachfrage gegenüberstehen, wie Roswitha Scholz verdeutlicht: „Heute ist in gewisser Weise jeder und jede, selbst und gerade in der berühmten Mittelklasse, vom Absturz bedroht. Man könnte fast von einer «Ziganisierung» der sozialen Verhältnisse sprechen, wäre es nicht so abgedroschen, und wäre nicht geradezu inflationär von einer «Beirutisierung», «Balkanisierung» usw. die Rede. Jedoch zielt der Terminus «Ziganisierung» auf eine historisch-theoretische Tiefendimension, auf die tatsächlichen Wurzeln der heutigen Zustände im Innern der modern-kapitalistischen Geschichte und Gesellschaft.“14 Die Kritik der im politischen Diskurs so hochgelobten Mittelschicht, die Roswitha Scholz eng an ihre Analyse des „strukturellen Antiziganismus“ koppelt, scheint notwendiger denn je: Die zunehmende Arbeitslosigkeit (v.a. auch bei akademisch Beschäftigten, die als nicht mehr verwertbares, aber „hochqualifiziertes“ Humankapital besonders anfällig für eine „Ideologie gegen unten“ im skizzierten Sinne zu sein scheinen15) potenziert sich die Wirksamkeit antiziganistischer Stereotypen, wobei die abstürzende Mittelschicht diese zunehmend real exekutiert: Der für die Deportation der afrikanischen Wanderarbeiter verantwortliche nette Bürgerverein in Rosarno mag zum großen Teil aus politisch engagierten Mittelschichtsbürgern bestanden haben. In der Dialektik von Partikularität und Universalität des Kapitals wird dieses im Zuge der Fundamentalkrise mehr und mehr auf den regionalen Bereich zurückgeworfen, da mit der Entsubstantialisierung des Werts auch dessen internationale und binnenstaatliche metamorphotische Vermittlung zunehmend obsolet wird: Wenn die Krise auch nicht deterministisch in ihren Verlaufsformen vorhergesehen werden kann, so mag Rosarno doch nicht nur ein zufälliges Ereignis sein, sondern auf eine mögliche Zukunft verweisen, in der sich in kleinen genossenschaftlich-regionalen Gruppen demokratische „Bürgerkomitees“ organisieren, die sich hauptsächlich aus einen „politisch engagierten Mittelstand“ rekrutieren und die Not der auseinanderbrechenden Vermittlung gesellschaftlicher Produktion zur rassistischen Tugend machen – auch hierauf hätte kritische Theorie im Sinne der Analyse einer „konkreten Totalität“ (Roswitha Scholz) zu reflektieren und gegen derartige Tendenzen zu intervenieren. Dass dieses Szenario bereits Aktualität in sich birgt, zeigt auch die Situation in Griechenland. Die wenigen afrikanischen Flüchtlinge, die in Griechenland landen und sich anschließend noch nach Athen durchschlagen können – so fern sie nicht bereits in den Küstenstädten in Lager interniert worden sind – versuchen in Abbruchhäusern Unterkunft zu finden; doch „wer kein Bett findet, schläft draußen auf einer Parkbank. Tagsüber, nicht nachts, dann ist es zu gefährlich. Bürgerwehren machen Jagd (!).“16
Aber auch aus einem anderen Blickwinkel sind die Mittelschichten als zunehmender Träger rassistischer Ideologien zu decamouflieren: Ihrer intrinsischen Struktur nach bestehen sie zu einem großen Teil aus staatlich angestellen Berufsgruppen, die ihre Existenz dem fordistischen Boom verdankten. Seit dessen Ende ist auch das Überflüssigwerden dieser gesellschaftlichen Gruppen absehbar, die aber aufgrund ihrer sozialen Stellung immer schon eine Affinität zum demokratischen Rechtsstaat und dessen Wertsetzungen haben, also qua ihrer Position im fetischistischen Vergesellschaftungszusammenhang zur Zirkulationsideologie und dem sie begleitenden Rechtsfetischismus. Es besteht die Gefahr, dass die lediglich vermittelte Abhängigkeit dieser sozialen Schicht von der Mehrwertproduktion, in der Unmittelbarkeit der Krise mehr denn je, zu einem völligen Überbordwerfen einer Kritik der „abstrakten Arbeit“ führt (sofern diese noch in einer dumpfe Erinnerung an das Marxsche „Kapital“ existiert), und die ideologisch naheliegende Berufung auf die bürgerlichen Werte die immer deutlich werdende, aber theoretisch nicht durchdrungene Partikularität dieser Werte in Form eines „Rassismus nach außen“ verwirklicht. Zweifelsohne bedingen sich hierbei der „Rassismus nach außen“ und der antiziganistische Rassismus gegenseitig und vermischen sich mit anderen Ideologemen: Das Steigen des Antisemitismus ist wohl zu einem beachtlichen Teil ebenfalls auf die Krise der Mittelschichten zurückzuführen, die in ihrem Selbstverständnis als „produktives Kapital“ immer schon strukturell anfällig für eine Argumentation gegen die „unproduktiven Spekulanten“ sind.
Dass diese Stellung der Mittelschichten, welche durch ihre prekäre gesellschaftliche Position für die rapide um sich greifende „Dialektik der Ideologien“ nahezu prädestiniert sind, in der deutschen und europäischen Linken bisher kaum thematisiert wurde, ist zwar Teil der bestehenden theoretischen Defizite, hat aber genau deswegen einen guten oder besser: sehr schlechten Grund. Zu einem großen Teil gehört die linke Intelligentsia, vor allem in ihrer akademischen Facon, eben dieser Mittelschicht an.
Eine kritische Analyse der rassistischen Barbarei, die Kerneuropa nun endgültig erreicht hat, würde an diese Linke jenen Anspruch Adornos stellen, den zu erfüllen sie unfähiger denn je, auch in ihrer demokratisch verkommenen Form einer „Adorno-Orthodoxie“, zu sein scheint: „Erheischt negative Dialektik die Selbstreflexion des Denkens, so impliziert das handgreiflich, Denken müsse, um wahr zu sein, heute jedenfalls, auch gegen sich selbst denken.“17 Für eine die bürgerliche Subjektivität verherrlichende Linke, die Gefahr läuft, durch die masochistische Unterwerfung unter die kapitalistischen Kategorien mit diesen selbst heillos zu zerschellen, mag dieser Satz Adornos eine einzige Hieroglyphe bleiben: Und so scheint die Zeit gekommen, dass die von tiefster projektiver Angst erfüllten Bilder weltzerstörender Naturgewalten gesellschaftliche Realität zu werden beginnen – mit dem Unterschied, dass diesmal keine rettenden „Archen“ zur Verfügung stehen.
http://www.exit-online.org

02.07.2010 Daniel Späth


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