vendredi 5 août 2011

Le pouvoir explosif de la nanothermite


Combien de fois a-t-on entendu des "experts" nous expliquer que la nanothermite n’est pas un explosif mais un matériau énergétique produisant rapidement une intense chaleur. Cet argument est ici battu en brèche par le chimiste Kevin Ryan qui s’est pourtant contenté de citer dix articles disponibles sur l’Internet, certains émanant d’ailleurs de l’armée US, dans lesquels le pouvoir explosif de la nanothermite est clairement cité. Rappelons que neuf scientifiques dont Niels Harrit ont retrouvé des traces de nanothermite dans des échantillons de poussière prélevés autour des ruines du World Trade Center par des New-Yorkais peu de temps après la chute des Tours.

Kevin Ryan est spécialiste en chimie et fut directeur de laboratoire chez Underwriters Laboratories (UL), la société qui avait certifié l’acier du WTC avant sa construction.  C’est à UL que le National Institute for Standards & Technology (NIST) avait fait appel pour effectuer des simulations d’incendies sur des poutres similaires à celles du WTC  afin de valider leur étude sur ces effondrements. Lorsqu’il avait dénoncé les manipulations et les inexactitudes des résultats de ces tests, Kevin Ryan avait été licencié par Underwriters Laboratories. Il n’a de cesse depuis de dénoncer ces manipulations, pour que justice soit rendue aux victimes de ces attentats et des guerres illégales qui s’en sont suivies. Il a d’ailleurs co-signé l’analyse scientifique du chercheur danois Niels Harrit & al sur la découverte de nanothermite dans les poussières du World Trade Center.



Ces dernières années, un certain nombre d’articles scientifiques validés par « pairs » (peer-reviewed) ont été publiés, et attestent de la présence de matériau thermitique au World Trade Center (WTC). [A-D]
Même si nous savons maintenant que de la nanothermite a été retrouvée dans la poussière du WTC, nous ignorons ce à quoi elle a servi  exactement dans le cadre de la démolition trompeuse des bâtiments du WTC. La nanothermite peut avoir été utilisée simplement pour alimenter l’incendie dans les zones d’impact et autour des ascenseurs – sinon ces feux se seraient éteints bien trop tôt ou n’auraient tout simplement pas eu lieu – et créer ainsi l’illusion qu’un incendie de kérosène pouvait amener à la dévastation que tout le monde a pu voir. Mais la nanothermite aurait aussi bien pu être utilisée pour générer les explosions nécessaires à la destruction de l’intégrité structurelle des bâtiments.
La nanothermite, aussi appelée « superthermite », est le nom usuel pour tout un ensemble de composés intermoléculaires métastables (Metastable Intermolecular Composites, ou MICs) qui se caractérisent par une réaction hautement exothermique après allumage. La nanothermite contient un oxydant et un agent réducteur qui sont finement mélangés à l’échelle nanométrique. De tels matériaux nanoénergétiques sont fabriqués en vue de différentes applications, comme la propulsion, l’utilisation comme explosifs, ou la pyrotechnie.
Il existe différentes façons de fabriquer des nanothermites. Elles peuvent prendre la forme de mixtures solides d’aluminium et d’oxydes de métaux qui sont produits typiquement en utilisant des techniques comme la phase de condensation dynamique de la vapeur et l’arrêt du broyage réactif (Réactive Milling). Ces mélanges sont très semblables à ceux de la thermite ordinaire, mais leurs composants y sont introduits à une échelle bien plus fine. Les nanothermites peuvent également prendre une  forme liquide qui gèle par la suite, en capturant les composants réactifs dans un composé intimement mélangé, qui est ensuite séché avant de pouvoir être mis à feu. Celles-là sont appelées des nanothermites « sol-gel », aussi connues sous le nom de nanocomposites énergétiques.
Les nanothermites sol-gel contiennent souvent d’autres composants, comme des silanes fluorés, et par conséquent du carbone et du silicium. La nanothermite retrouvée dans les échantillons de poussières du World Trade Center (WTC) contient également du carbone et du silicium. L’allumage de ce type de nanothermite déclenche la production de gaz qui se dilate rapidement en générant un phénomène de pression volumique. L’un des principaux produits de la réaction de la thermite, l’oxyde d’aluminium, prend une forme gazeuse aux températures générées lors de la réaction.
Voici 10 références au fait que les nanothermites peuvent être utilisées comme explosifs.
1) Cet article de Lawrence Livermore Labs est relativement clair sur le fait que les nanothermites sont « des composants explosifs basés sur les réactions de la thermite. »
On peut lire au début [de l’article] :
« Nous avons développé une nouvelle méthode pour fabriquer des matériaux énergétiques à nanostructure, de nature spécifiquement explosive…en utilisant [le processus] chimique sol-gel »

2) Cet article en ligne intitulé « La chimie à l’échelle nanométrique produit de meilleurs explosifs » discute de procédés par lesquels les nanothermites sol-gel sont fabriquées, et il propose une belle image (TEM) d’une de ces nanothermites.

3) Ce journal du Département de la Défense date du printemps 2002, et décrit comment… :
« l’ensemble des services de l’Armée ainsi que d’autres du DOE et des laboratoires universitaires poursuivent activement des programmes destinés à exploiter les propriétés exceptionnelles de nanomatériaux qui pourraient être utilisés dans des formules énergétiques pour des explosifs sophistiqués. »
Cela établit clairement que :
[Les propriétés de la nanothermite] « incluent des émissions d’énergie deux fois plus importantes que celles de puissants explosifs » et qu’« au fur et à mesure des progrès sur les méthodologies  et les  matériaux sol-gel , un certain nombre de [nouveaux] domaines d’applications sont envisagés, y compris [dans le domaine] des explosifs composites de forte puissance et à haute énergie. »

4) Un explosif puissant produit une onde de choc qui se propage toujours à grande vitesse, supérieure à celle du son, à partir de son point d’origine. Ce communiqué décrit comment… :
« la réaction de composés nanothermitique de basse densité produit une combustion qui se propage très rapidement, et génère des ondes de choc se déplaçant à Mach 3 ou au-dessus. »

5) Dans cet article, un ancien employé du NIST, Michael Zachariah, discute [le moyen de] :
« développer une matrice d’oxydants pour [générer] une réaction avec du nano-aluminium [i.e. nanothermite] pour des applications à haute énergie impliquant des explosifs ou des propulseurs… ».

6) Cet article nous aide à comprendre à quel point les militaires ont amélioré le pouvoir explosif potentiel des composés nano-énergétiques, et plus spécifiquement des nanothermites. Il décrit… :
« une nouvelle classe d’armements qui utilisent l’énergie contenue dans des nanométaux pour la fabrication de bombes puissantes et compactes. »
Le professeur Steven Son de [l’université de] Purdue, qui est l’un des plus grands experts en nanothermites, poursuit en disant que « les superthermites peuvent améliorer le temps de la réaction chimique d’un facteur 1000…et générer une réaction en chaine extrêmement rapide…utilisable dans de nombreuses applications différentes… dont des engins explosifs. » L’article explique que de tels matériaux nanoénergétiques permettent de « créer des armes beaucoup plus létales comme des bombes pour détruire des installations souterraines (Cave-busters) qui ont plusieurs fois la force de détonation des bombes conventionnelles. »

7) A la différence de certains matériaux énergétiques, les nanothermites sont « ajustables », en cela que « les seuils de sensibilité à l’allumage, le taux de réaction, la pression générée peuvent être réglés dans un large champs de valeurs potentielles. »  Les explosifs génèrent une pression, tout comme les nanothermites conçues comme telles.

8) Cet article présenté lors d’une conférence indique que… :
« les matériaux nanoénergétiques [à base de] thermite libèrent l’énergie bien plus vite que les matériaux conventionnels et ont un vaste potentiel  d’applications militaires comme par exemple… des explosifs. C’est probablement la prochaine génération de matériaux explosifs. »

9) Cet article de l’armée US décrit comment… :
« ce matériau nanoénergétique peut être utile dans de nombreuses applications, par exemple comme générateurs non détonants de gaz à haute température, des fusées adaptables, des détonateurs « green » pour propulseurs ou explosifs, ou encore des explosifs à fort potentiel/énergie. »

10) Même Wikipedia sait que la nanothermite est utilisée  comme explosif :
Les nanothermites « sont en général développées pour un usage militaire, comme propulseurs, explosifs, ou engins pyrotechniques. En raison de leur vitesse de réaction qui est extrêmement élevée, les matériaux nanothermitiques font l’objet de recherches de la part de l’armée US dans le but de développer de nouveaux  types de bombes beaucoup plus puissantes que les explosifs conventionnels. »

Il existe évidemment bien d’autres références dans la littérature [scientifique] et il n’est pas très difficile de les dénicher. N’importe qui ayant un minimum d’intérêt pour la vérité et la justice peut trouver ceux [énumérés] ci-dessus et d’autres encore.
De futurs travaux d’analyse des poussières du WTC et d’autres échantillons nous permettront de savoir précisément quel(s) type(s) de nanothermite a été utilisé au WTC, et peut-être aussi quel était leur rôle exact. Mais d’ici là, le simple fait que de la nanothermite a été retrouvée à l’intérieur de la poussière du World Trade Center est une information explosive par elle-même. Et le fait que les investigateurs officiels et les médias mainstream ont ignoré cette donnée explosive depuis plus de 2 ans, l’est tout  autant !
Kevin Ryan
DigWithin, le 19 juin 2011

jeudi 4 août 2011

Les origines de l’opium en Chine


De nombreux lecteurs pensent que les Chinois fumaient traditionnellement de l’opium récréatif depuis des temps immémoriaux, sans que cela ne pose de problème jusqu’à l’arrivée des Occidentaux et des guerres de l’opium, suivis d’une opiomanie importante puis de la prohibition. Un phénomène souvent restitué de manière tronquée, selon que les sources soient orientales ou occidentales, les intérêts commerciaux, politiques, religieux… Qu’en fut-il réellement ? Petite synthèse chronologique.

L’opium était connu et recherché en Asie comme en Occident depuis l’Antiquité pour ses qualités thérapeutiques. Aucun produit n’était aussi efficace pour soulager la douleur et traiter nombre de maladies et d’épidémies. Ses propriétés addictives étaient connues. Mais l’opium était très rare et cher en Chine. Seuls quelques privilégiés pouvaient se le payer. Les pauvres avaient recours à la décoction de têtes de pavots pour soulager leurs maux.

L’art alchimique du sexe »


Dès le VIIe siècle, les Chinois cultivaient le pavot pour faire des aliments avec les graines et des décoctions à usage médical avec les têtes. À la même époque, des marchands arabes et chinois font connaître l’opium sans dévoiler le secret de sa production. En Chine comme ailleurs, l’opium était avalé, bu ou mâché, parfois mélangé à divers produits végétaux, animaux ou minéraux.
Vers le XVe siècle, à la cour impériale de Chine constamment à la recherche de raffinements nouveaux, l’opium acquit peu à peu une réputation d’aphrodisiaque grâce à sa capacité à retarder la jouissance. « L’opium médicament » devint alors « l’art alchimique du sexe et des courtisans ». Des rapports sexuels soutenus avec un maximum de partenaires, mais sans émission de semence, avaient la réputation de prolonger la vitalité amoureuse jusqu’à des âges canoniques, de « nourrir le cerveau », de prémunir contre les maladies… Posséder de l’opium pouvait alors conférer un prestige inouï. Célèbre pour ses collections érotiques, l’empereur Chenghua (1464-1487) envoya des émissaires à travers tout le continent pour ramener « la noire et odorante médecine du printemps triomphant », payée un prix fabuleux.

Le « madak » ou tabac à l’opium


Au XVIe siècle, des navigateurs ramenèrent du tabac en Chine depuis les Philippines où les Espagnols venaient d’introduire la plante découverte en Amérique. Hollandais et Portugais propagèrent ce produit au fort potentiel commercial et en quelques décennies, un peu partout en Extrême-Orient, on se mit à fumer, priser et cultiver du tabac. Ce tabac n’avait rien à voir avec celui de nos cigarettes. Beaucoup plus rustique et contenant un fort taux d’alcaloïdes, il pouvait être puissamment psychoactif. Il avait la réputation « d’affûter l’œil » et d’éloigner la malaria, mais son usage pouvait entraîner « ivresse » et « perte des sens ». La plupart des consommateurs en faisaient un usage utilitaire (détente, stimulation, convivialité…) et/ou médicinal. On trouvait toutes sortes de variétés de tabacs que l’on prisait depuis des flacons finement ouvragés ou fumait dans de petites pipes en terre, métal, bambou, corne, calebasse... Une coutume qui ne plaisait pas à la très conservatrice cour de la Chine impériale. Dans les années 1630, l’empereur Taïzong promulgua des lois de plus en plus sévères pour interdire sa consommation. Les contrevenants pouvaient être exécutés, ce qui ne freina pas la consommation.
Portugais et Hollandais développèrent des plantations de tabac en Indonésie, où l’opium était déjà connu et cultivé et parfois consommé de manière récréative, « gobé » en pilules ou mâché sous forme de « chiques » aromatisées. On y trouvait aussi du « kandu » un breuvage alcoolisé à base d’opium, parfois mélangé à des têtes de cannabis et autres plantes, dans lequel on eut l’idée de faire tremper un certain temps du tabac haché. Cela devint le « madak »(1), auquel on attribua moult vertus thérapeutiques et préventives. Certains madaks contenant de l’ambre, du safran, du camphre, des clous de girofle, etc., coûtaient des fortunes, ce qui renforça son attrait et sa réputation. Son usage correspondait tout à fait à la philosophie médicale chinoise : prévenir pour éviter d’avoir à guérir.

Kiefs gratuits….


Au XVIIe siècle, la consommation se démocratisa. Le madak, souvent fumé rapidement en quelques bouffées dans un tube de bambou ou une petite pipe, devint peu à peu un complément naturel de la chique de bétel et du thé traditionnels. Des « maisons de fumée » accueillirent des clients venant fumer, parfois en famille. Le prix baissant, le petit peuple put enfin goûter la drogue de l’élite. Des shops proposèrent des « kiefs » gratuits pour attirer et fidéliser la clientèle.
L’usage quotidien aboutissait généralement à une dépendance, sans doute modérée, mais réelle. L’empereur y voyait une pernicieuse influence des Occidentaux. L’opium, toujours importé et payé en lingots d’argent désavantageait la balance commerciale chinoise. Le tabac fut interdit, puis le madak. Son prix augmenta sensiblement au marché noir et les marchands chinois comprirent rapidement combien ce marché était lucratif, ce qui généra trafic et corruption

« Yan qiang » et « chandoo »


Au XVIIIe siècle, des empereurs, parfois eux-mêmes fumeurs, interdirent vente et consommation d’opium pour usage non médical mais sans grand succès(2). Les Chinois, industrieux et subtils adoraient « manger la fumée », et cherchèrent des alternatives au tabac et à l’odorant madak, détectable de loin.
Des princes goûtèrent la « fragrance noire » de Java, exclusivité de l’empereur qui la consommait à l’aide d’un nouveau procédé : le « Yan qiang » (littéralement : « fusil à fumer »). Les mandarins imitèrent les princes. Lettrés et eunuques imitèrent les mandarins… Au fur et à mesure, le « Yan qiang » se perfectionna, et le peuple voulut lui aussi imiter les élites. On assista alors à l’élaboration d’un mode de consommation très sophistiqué : la méthode thébaïque, avec la fameuse pipe à opium, la lampe et les autres instruments(3). Le procédé modifia le rapport à l’opium en lui associant une dimension technique très élaborée et un aspect rituel avec son cérémonial, ses instruments et ses officiants. L’opium brut ne pouvant se fumer pur car il carbonisait, il fallait que la drogue ait une texture suffisamment malléable pour être manipulée facilement et donner le maximum d’effets en un minimum de volume. Les Chinois devinrent très habiles pour fabriquer le « chandoo », un opium purifié semi liquide, exclusivement destiné à être fumé. On vit apparaître des « tavernes à opium » ou « Opium Den », avec des « Boypipe » virtuoses dans la préparation des pipes. L’opium se fumait entre personnes d’une même classe sociale, dans un cadre convivial et luxueux. Les riches avaient leur « fumerie » particulière, une alcôve où ils pratiquaient un rituel raffiné et sensuel qui pouvait durer des heures, plusieurs fois par jour, si possible en agréable compagnie.

Le trafic, premier avatar du capitalisme


Vers 1820, l’usage du chandoo se développa, créant une clientèle captive et dépendante, prête à payer des prix élevés lorsque la drogue se faisait rare.


Dans certaines régions, 80% des hommes et 25% des femmes seraient opiomanes, mais ces chiffres sont invérifiables. Dans certaines villes néanmoins, les fumeries, souvent d’infâmes bouges, étaient nombreuses L’offre importante de « remèdes contre l’opium » témoigne d’une forte demande pour se libérer de la dépendance. Nombre de fumeurs passaient des heures dans les fumeries, aux dépens de leur vie professionnelle et familiale, fonctionnaires, soldats et officiers fumaient de plus en plus… L’opium, théoriquement interdit jusqu’au milieu du XIXe siècle, fut une aubaine pour de nombreux Chinois qui se mirent à trafiquer, contribuant au développement de la consommation, au grand désespoir du gouvernement. Affirmant que sa consommation « n’était pas un dommage mais un réconfort », Anglais, Français et Américains exigèrent alors son libre commerce. Ce qui déboucha sur les guerres de l’opium et la légalisation forcée de la consommation et du commerce de la drogue dans toute la Chine.

Mythes et bénéfices


Dès 1870, diverses personnalités dénoncèrent les thèses alarmistes et l’instrumentalisation des chiffres qui servaient les intérêts des uns et des autres(4). Des lobbies politico-religieux anglo-saxons trouvaient que l’usage de l’opium défavorisait les projets de colonisation par la religion. L’hygiénisme naissant voulait assurer la mainmise médicale sur la moralisation et, grâce au développement de la chimie, l’industrie pharmaceutique avait compris les immenses profits que pouvait rapporter le contrôle des psychotropes et antalgiques. Les journaux se plaisaient à relater les récits de voyageurs décrivant des enfants de 8 ans mendiant quelques résidus de dross(5), des mères endormant leurs enfants en leur soufflant la fumée de la pipe dans les narines, des bébés dépendants car nés de mères opiomanes... D’autres évoquaient des populations d’êtres squelettiques et affaiblis à cause de l’opium, alors que les maladies, les épidémies, le manque d’hygiène et la sous-alimentation en étaient généralement l’explication. Une pipe de dross était le seul remède à leur portée pour soulager leurs maux. L’immense majorité des pauvres n’avait pas les moyens de s’adonner à un usage susceptible d’entraîner une réelle accoutumance.

Fin de l’histoire


Au XXe siècle, les Japonais exploitèrent le désordre politique du pays et l’appétence des Chinois pour les drogues, en organisant l’intoxication massive du pays à l’opium, la morphine, l’héroïne, la cocaïne… et en créant l’État fantoche du Mandchoukouo, le premier narco-État de l’histoire pour financer leur main mise sur la Chine. Après la prise du pouvoir de Mao, l’opiomanie baissa rapidement pour disparaître presque totalement. Aujourd’hui, les Chinois considèrent avec amertume cette longue partie de leur histoire.


http://www.asud.org/produits/article-111-opium-origine-en-Chine.html

Note:
(1) Qu’on trouve encore en Inde en cherchant bien (mais Asud ne vous dira pas où ;-) ).
(2) Jusqu’en 1805, les différents édits impériaux interdisaient la vente et la consommation mais pas l’importation. La corruption était quasi généralisée. D’innombrables marchands chinois, malais, puis anglais, américains… importèrent ouvertement des tonnes d’opium en soudoyant les fonctionnaires.
(3) On situe l’apparition de la pipe à opium telle qu’on la connaît vers 1750
(4) Voir The other side of the opium question, W. J. Moore, J. A. Churchill, London 1882 ; L’opium, histoire d’une fascination, Paul Butel, Perrin, Paris 1995.
(5) Cendre provenant de l’opium fumé. Beaucoup moins cher que l’opium, le dross est plus toxique car fortement concentré en morphine.


mercredi 3 août 2011

L'Esprit d'Entreprise


Un parking géré par une bande à Marseille

Au parking Jules Guesde de la porte d'Aix à Marseille, la barrière monte et descend pour laisser passer les véhicules comme à l'entrée de n'importe quel parking. Le tarif est unique, cinq euros. Ici, pourtant, on ne retire aucun ticket à l'entrée, pour payer en sortant. La transaction se fait de la main à la main. Car ces cinq euros vont directement dans les poches d'une bande qui a pris le contrôle du parking. Des jeunes, selon La Provence , qui ne précise pas leur nombre.
Le groupe français de construction et de BTP Vinci gérait le parking Jules Guesde dans le cadre d'une délégation de service public (DSP) signée avec la communauté urbaine. Mais Vinci en a abandonné la gestion. Depuis «plusieurs mois» selon la communauté urbaine. «Depuis le 8 juillet» selon la direction régionale de Vinci Park. Les deux s'accordent toutefois pour dire que les troubles ne datent pas d'hier.

«15 à 20 plaintes déposées»

Tout commence à la fin de l'année 2010. Un groupe de lascars attend le départ des gardiens de Vinci en fin de journée et continue à faire fonctionner le parc de stationnement en demandant cinq euros par véhicule. Petit à petit, les gardiens se font déborder. Les intimidations  se multiplient. La direction régionale de Vinci Park note par exemple que les caisses automatiques sont fréquemment incendiées. Le groupe affirme avoir déposé «15 à 20 plaintes, sans conséquences sur le terrain.» La préfecture assure de son côté en avoir enregistré sept, qui ont été transmises au parquet et ont débouché sur deux interpellations. La préfecture, elle, répond «qu'il appartient à Vinci de mettre en place un dispositif de sécurité adapté afin d'assurer la sécurité des personnes et des biens au sein de ses installations. Le coût du stationnement payé par les clients intègre cet aspect.» 
Qui a dit que les jeunes de Marseille n'ont pas l'Esprit d'Entreprise ?

Lollis für alle! - Umsonstladen in Göttingen


Erschienen in der Reihe ‘Gratisökonomie in Göttingen‘ im Zusammenhang Nr. 22/Okt 2009

Ohne Geld geht nichts. Das ist wohl eine der bedeutendsten Wahrheiten, die ein Kind in unserer Gesellschaft beigebracht bekommt, wenn es sich im Supermarkt nach dem leckeren Lolli ausstreckt und von seinen Eltern mit Hinweis auf das leere Portemonnaie zurück gepfiffen wird.
Ohne Geld geht nichts. Das ist es auch, was Studierende lernen sollen, wenn sie zum Semesterbeginn ihre letzten Euros zusammenkratzen müssen, um auch im nächsten Semester studieren zu dürfen. Das fehlende Geld in den Kassen der staatlichen Haushalte ist ja dann auch, was dafür her halten muss, dass keiner der vielen Wünsche in Erfüllung gehen kann, die so an die Gesellschaft gestellt werden: Die Lohnabhängigen sollen mehr arbeiten, und dafür immer weniger bekommen – auch 1 Euro die Stunde soll okay sein. Arbeitslosen wird seit Hartz IV so gut wie gar nichts mehr zu gestanden, die Bildungseinrichtungen sollen bluten und das staatliche Mittel auch für soziale Projekte oder etwa Jugendzentren da sein könnten, ist auch nur noch eine Idee von „linken Spinnern“, die das mit den leeren Kassen wohl noch nicht verstanden haben. Die Gürtel werden also allenthalben enger geschnallt – weil „kein Geld“ mehr da ist.
Nun wundert sich, wer mal die Geld-Brille absetzt und feststellt, wie das Kind, das den Lolli anstrahlt, dass die Supermärkte doch voll sind von so vielen tollen Dingen, die man gerne hätte. Ja, sollte es nicht gerade der Segen der Marktwirtschaft sein, dass immer mehr nützliche Dinge immer effizienter, d.h. in immer weniger Zeit mit immer weniger Aufwand hergestellt werden können? Müsste dann nicht eigentlich immer mehr für alle da sein, müssten wir nicht alle in Lollis versinken? Das tun wir auch, nur lutschen dürfen wir nicht – wir können sie ja nicht bezahlen. Das ist wohl die andere Seite dieser „Marktwirtschaft“: Zwischen uns und den nützlichen Dingen steht ja immer diese unsichtbare Barriere, dieses Etwas, gehießen „Finanzierung“.
Klingt alles ziemlich widersprüchlich, ist es auch. Diesen Widerspruch auf den Punkt gebracht haben schon viele, vor langer Zeit z.B. einmal ein kluger Typ namens Karl Marx. Der hat sich das mal genauer angeguckt und dann festgestellt, dass so viele Menschen immer ärmer werden, obwohl, wie die damaligen Ökonomen schon versprachen, der Reichtum im Kapitalismus – ein passenderer Name für diese „Marktwirtschaft“ – immer größer werden würde. Der hat das dann so beschrieben, dass Reichtum im Kapitalismus zwei Seiten hat: Die vielen nützlichen Dinge, also die Lollis und solche Sachen, nannte er „stofflichen Reichtum“, die Form allerdings, worin Reichtum im Kapitalismus besteht, den „Wert“. Dieser Wert, der nichts anderes als verausgabte Arbeitszeit ist, und, so wie Marx das nannte, im Geld erscheint, ist es dann aber, um den sich im Kapitalismus alles dreht: Aus Wert soll mehr Wert werden, aus Geld mehr Geld.
Die einzelnen Menschen, die dann dafür zuständig sind aus Geld mehr zu machen, wollen und müssen natürlich besser sein im Mehr-Geld-Machen als die anderen, und so versuchen sie mehr Lollis in weniger Zeit, also mit weniger Arbeit, herzustellen. Die andern sind nicht dumm und machen das dann nach, und schon haben wir viel mehr Lollis, aber viel weniger Wert – weil weniger Arbeitszeit, die dafür verausgabt werden musste. Mehr stofflicher Reichtum also, aber weniger Wert. Um dann noch mehr Wert zu machen, müssen also nicht nur effizientere Lollis, sondern auch gleich viel mehr Lollis hergestellt werden. Das ist dann der Grund, warum es immer mehr Lollis, also stofflichen Reichtum, gibt, der sich aber in immer weniger Geld, also dem Darstellungsmedium von Wert, darstellen lässt. Der Widerspruch ist also der zwischen dem stofflichen und den wertförmigen Reichtum.1
Wenn jetzt aber wegen der viel effizienteren Lollis immer weniger Arbeit notwendig ist, also wertförmiger Reichtum weniger wird, dann wird das auf der einen Seite mit dem Geldvermehren schwierig, auf der anderen gibt‘s immer weniger, die für das Arbeiten so bezahlt werden können, dass sie sich die Lollis kaufen könnten. Dann gibts zwar Lollis, aber kein Geld dafür - das Kind muss trotzdem weinen. Wenn die Lollis dann niemand kaufen kann, dann wird‘s mit dem Geldvermehren noch schwieriger und immer so weiter, bis irgendwann gar nichts mehr geht. Marx nannte das Krise – und so eine haben wir gerade. Statt allen die Lollis zu geben und sie lutschen zu lassen, lässt man sie, weil niemand Geld dafür hat, lieber abwracken, so wie das mit den Autos neulich gemacht wurde, damit das mit dem Geld irgendwie wieder hinkommt. Aber so richtig funktioniert das auch nicht auf Dauer und sinnvoll ist es erst recht nicht – gehts dabei doch nur um das sinnlose Geldvermehren, aber um die Bedürfnisse der Menschen wohl kaum.
Mit Geld geht also irgendwann gar nichts mehr. „Vielleicht gehts ja doch ohne“, dachten sich einige. Nur müsste statt dass alle nichts kaufen können, man halt aufhören mit dem Kaufen. Ohne Geld geht also doch so Einiges, man müsste nur mal ausprobieren, wie. Die sich das gedacht haben, haben dann auch mal angefangen das auszuprobieren – auch hier in Göttingen. Und wie das so gehen könnte, wollen wir euch in dieser Reihe vorstellen.
Letztes mal wurde euch bereits gezeigt, wie Nutzer*Innen-Gemeinschaften funktionieren, die statt ihre Probleme über Geld zu lösen, lieber ihre Fähigkeiten und Dinge einfach direkt zur Verfügung stellen.2 Dieses mal erfahrt ihr mehr über den Umsonstladen im Juzi, in dem niemand weinen muss, wenn er*sie dort etwas sieht, was ihr gefällt.

Umsonstladen Göttingen

In Zeiten, da der Kapitalismus nicht mal mehr nach seinen eigenen Kriterien richtig funktioniert, wird es höchste Zeit, sich mal anzuschauen und auszuprobieren, wie andere Formen der Vergesellschaftung aussehen könnten. Umsonstläden sind zum Beispiel ein Bestandteil einer solchen Alternative, und die gibt es in vielen Städten3. Ein solches Projekt gibt es auch in Göttingen schon seit Jahren: Der Umsonstladen im Jugendzentrum Innenstadt (Juzi).

Hinbringen und mitnehmen statt tauschen

In einem Umsonstladen kannst Du alle Sachen, die dort herumliegen, umsonst mitnehmen. Und Du kannst Dinge, die Du nicht mehr brauchst, die aber noch nutzbar und funktionstüchtig sind, dort hinbringen, damit andere die Möglichkeit haben, sie umsonst mitzunehmen. Dadurch erhöhen sich die Handlungsspielräume all derer, die den Umsonstladen nutzen: Du hast weniger Krempel zu Hause rumstehen und kannst gleichzeitig auf einen wesentlich größeren Pool an Dingen zugreifen. Für Dinge, die nicht in den Umsonstladen passen, gibt es ein schwarzes Brett, an dem größere Dinge angeboten werden können.
Mitnehmen kann jede*R alle dort hingebrachten Gegenstände, die er*sie möchte. Es gibt keine Beschränkung wie viel jemand nehmen darf und dies ist auch nicht daran gekoppelt, ob man selbst etwas mitgebracht hat.

Wozu das Alles?

Weil die Art und Weise, wie wir Dinge unter uns verteilen, ziemlich beschränkt ist (siehe oben). Menschen kriegen etwa nützliche Gegenstände nicht einfach so, weil sie sie benötigen, sondern müssen dafür Geld bezahlen. Um das erstmal zu bekommen, müssen Menschen – wenn sie nicht zufällig reich geerbt haben – ihre Arbeitskraft an andere verkaufen. Ihre Arbeitszeit verbringen sie dann damit, Dinge zu dem einzigen Zweck zu produzieren, dass damit Gewinne erwirtschaftet werden können – und nicht etwa mit dem angeblichen Hauptzweck, die Bedürfnisse von Menschen zu befriedigen. Selbst wenn sie was sinnvolles machen wollen, dann können sie das nur, wenn sich das gewinnbringend machen können oder es sich eben "finanzieren" lässt. Dafür kriegen sie Geld, mit dem sie dann Waren kaufen, und wenn sie die dann einmal gekauft haben, gehören sie ihnen – und liegen oftmals ungenutzt im Schrank herum.
Obwohl immer mehr Dinge produziert werden können, können sich aber immer weniger diese leisten – nicht zuletzt deswegen, weil ihre Arbeitskraft nicht mehr benötigt wird. Statt aber allen die Dinge dann einfach so zur Verfügung zu stellen, wenn dafür keine Arbeit mehr nötig ist, bekommen immer weniger etwas ab von immer größerem stofflichen Reichtum.
Der Umsonstladen bietet die Möglichkeit, dieses bornierte Prinzip von Tausch und Eigentum anzuknacksen. Wenn alle ihre Isomatte, die ohnehin nur Platz im Zimmer wegnimmt, in den Umsonstladen bringen würden und sich immer dann, wenn sie mal eine brauchen, sie aus dem Laden holen, dann haben alle immer Zugriff auf eine Isomatte - auch die, die sich gerade keine leisten können.
Das ist ein anspruchsvolles Unterfangen: Es setzt voraus, dass sich alle anderen ebenfalls ihre Isomatte in den Umsonstladen bringen. Es setzt voraus, dass sie nach dem Wochenendtrip nicht vergessen, sie zurückzubringen. Und es setzt nicht zuletzt voraus, dass wir selber den uns über Jahre antrainierten Zwang, Eigentum wie einen Augapfel zu behüten, überwinden. Aber genau um solche Dinge zu verlernen, die nur im Kapitalismus Sinn machen, ist ein Umsonstladen wichtig.
Damit gibt es noch keine neue Gesellschaft und der oben beschriebene Irrsinn ist noch lange nicht abgeschafft – so einfach geht das dann doch nicht. Dinge müssen schließlich auch irgendwo hergestellt werden und um alles zusammen zu kriegen, was man zum Leben braucht, reicht ein kleiner Umsonstladen noch lange nicht aus. Aber Räume wie der Umsonstladen können ein Teil einer größeren antikapitalistischen Transformationsbewegung sein, in der wir uns gemeinsam unsere Lebensumwelt aneignen. Umso mehr Leute ihre Dinge zur Verfügung stellen, umso mehr Leute ein anderes Miteinander auszuprobieren bereit sind – umso umfangreicher und besser kann auch das Angebot im Umsonstladen werden. Und wer weiß, vielleicht sind ja auch einmal genug Menschen dabei, die entscheiden könnten, sich zusammenzuschließen, um auch selbst was zu produzieren und anderen zur Verfügung zu stellen – wenn dafür Verlass darauf ist, dass sie selbst ebenso im Umsonstladen finden, was sie brauchen, klingt das gar nicht mehr so verrückt, wie es in einer Gesellschaft erscheint, in der man nichts geschenkt bekommt.
Wichtig ist aber ein Umsonstladen nicht nur, weil er ein erster Anfang ist, sich anders aufeinander zu beziehen denn als tauschende Warenbesitzer*Innen: Schließlich sind wir alle als solche aufgewachsen und müssten für eine andere Gesellschaft erst einmal verlernen, was diese so alles nicht braucht: Die Vorstellung, dass jemand einen ausnützt, wenn man ihm*ihr etwas gibt, ohne etwas zurück zu bekommen. Oder auch das flaue Gefühl im Magen, wenn man selbst etwas nimmt, aber gerade nichts zu geben hat. Die Angst in Freiheit Dinge weiterzugeben, statt alle zu zwingen immer etwas zu geben, wenn sie sich etwas nehmen – eben weil es in einer Gesellschaft, in der dieser Zwang existiert, niemand sonst freiwillig tun würde. Usw. All dies muss verlernt, und ein anderer freierer Umgang miteinander erst einmal ausprobiert und eingeübt werden, bevor wirklich alles anders werden könnte.

So funktionierts...

Der Umsonstladen in Göttingen hat keine Angestellten oder Verkäufer*Innen. Verkäufer*Innen braucht es in einer Gesellschaft, die nicht auf Tausch und Geld basiert auch gar nicht mehr – eine der vielen unspaßigen Arbeiten, die einfach wegfallen würden. Aber aufgeräumt und sortiert werden muss er natürlich trotzdem.
Deshalb achtet beim Nutzen des Ladens darauf, dass ihr ihn so hinterlasst, wie ihr ihn gerne betreten wollt. Wenn ihr etwa Dinge vorbei bringt, denkt z.B. an Folgendes: Der Umsonstladen ist keine Müllhalde – kaputte Dinge will niemand haben, und brauchen also auch gar nicht erst dort abgestellt zu werden. Wenn ihr etwa Kleidung vorbei bringt, wascht sie vorher und achtet darauf, dass nicht etwa so etwas wie einzelne Socken dort landen – diese Dinge wird kaum jemand wieder mitnehmen. Die Sortierung der Regale dient dazu, dass man schnell findet, was man sucht – also stellt eure Dinge dort hin, wo man sie vermutet.
Wenn ihr die vielen Dinge durchsucht, die im Laden herumliegen, achtet bitte darauf, sie ordentlich wieder zurück zu legen, wenn ihr sie nicht mitnehmt. Das erhält die Übersichtlichkeit auch für andere, die etwas suchen.
Wenn sich an diese Kleinigkeiten gehalten wird, kann eigentlich im Alltagsbetrieb nichts schief gehen. Weil aber doch manchmal größerer Aufräumbedarf besteht oder über neue Regale oder Ähnliches sich Gedanken gemacht werden muss, ist es sinnvoll, wenn sich Nutzer*Innen zu einer Umsonstladen-Gruppe zusammenschließen, die ein wenig darauf achten, dass der Umsonstladen nutzbar bleibt.

Gibt es eine Umsonstladen-Gruppe?

Bis vor kurzem gab es eine, zur Zeit leider nicht. Aber so ein Umsonstladen funktioniert wesentlich besser, wenn es eine solche CareGroup gibt - also eine Gruppe, die von Zeit zu Zeit mal durchfegt, die Sachen sortiert, Ladenhüter wegschmeißt, Öffentlichkeitsarbeit macht und dergleichen mehr. So eine Gruppe könnte aber wieder entstehen. Wenn du Interesse hast dich zu beteiligen, komm doch einfach am Do, 29.11.2009 Um 17:00 Uhr im Umsonstladen vorbei oder schreib uns eine Mail an email-address.

Nichts wie hin und zugreifen!

Ja, warum also nicht mal vorbeischauen?
Der Umsonstladen Göttingen befindet sich im 1. Stock des Jugendzentrum Innenstadt (JuZI) in der Bürgerstr 42. Er ist immer während er Öffnungszeiten der Cafés und des Infoladens geöffnet:
Dienstag 19.30 Uhr bis 21.00 Uhr
Mittwoch 14.00 Uhr bis 18.00 Uhr
Donnerstag 16.00 Uhr bis 20.00 Uhr

1) (1) Nachlesen, wie das genau funktioniert kann man z.B. hier: „Money makes the world go round - Reflektion über kapitalistischen Reichtum“, oder direkt in Karl Marx: Das Kapital Bd. 1
3) Eine Übersicht gibts auf http://www.umsonstladen.de

31 juillet 1977 à Malville

 

(énorme manif contre le nucléaire): Vital Michalon est assassiné par la police

Le 31 juillet 1977, parmi 60.000 citoyens qui manifestent contre la construction du surgénérateur Superphénix à Creys-Malville (Isère), Vital Michalon est tué par l’explosion d’une grenade offensive tirée par les forces de police.

En 1977, pour accueillir cette mani­fes­ta­tion d’ampleur, pré­pa­rée depuis plu­sieurs mois, le préfet René Jannin a déployé des moyens impor­tants : 5000 CRS, gen­dar­mes et gardes mobi­les, héli­co­ptè­res, véhi­cu­les amphi­bies, ponts mobi­les, un régi­ment de gen­dar­mes para­chu­tis­tes et des mem­bres des bri­ga­des anti-émeutes. 5500 hec­ta­res autour du péri­mè­tre de la cen­trale sont inter­dits à toute cir­cu­la­tion.
Vital Michalon, 31 ans, est abattu par un tir tendu de gre­nade lacry­mo­gène. L’autop­sie conclura à une mort causée par des « lésions pul­mo­nai­res du type de celles que l’on retrouve lors d’une explo­sion ». Plusieurs dizai­nes de mani­fes­tants sont bles­sés, dont deux muti­lés, Michel Grandjean et Manfred Schultz : l’un perd un pied et l’autre une main. Le CRS Tousot perd aussi une main avec la gre­nade qu’il vou­lait lancer.

Il faut rap­pe­ler qu’à l’époque, tous les moyens ont été uti­li­sés pour impo­ser la cons­truc­tion du Superphénix :
- aucune pro­cé­dure de consul­ta­tion de la popu­la­tion,
- de puis­san­tes cam­pa­gnes de dés­in­for­ma­tion de la part d’EDF et du CEA,
- de graves vio­len­ces poli­ciè­res dont celles abou­tis­sant à la mort de Vital Michalon, et à l’ampu­ta­tion de Michel Grandjean et de Manfred Schultz.
  Un docu­ment récu­péré par des anti­nu­cléai­res a montré que le PDG d’EDF d’alors, M. Boiteux, avait demandé que soit accé­lé­rée l’auto­ri­sa­tion admi­nis­tra­tive de cons­truc­tion pour empê­cher toute expres­sion démo­cra­ti­que : « La meilleure façon de contre­car­rer la contes­ta­tion (...) est d’enga­ger au plus vite, de manière irré­ver­si­ble, l’opé­ra­tion ».
La suite des évènements a donné raison à Vital et à l’ensem­ble des mani­fes­tants puis­que Superphénix a été défi­ni­ti­ve­ment arrêté en 1998 après une suite invrai­sem­bla­ble d’ava­ries. En décem­bre 2006, EDF a annoncé n’avoir déman­telé que 38% du réac­teur, mais le plus dif­fi­cile reste à venir avec les 5500 tonnes de sodium liquide (matière qui s’enflamme au contact de l’air et explose au contact de l’eau…). Depuis son arrêt, 200 per­son­nes sont obli­gés de tra­vailler en per­ma­nence sur le site pour éviter que ça ne s’emballe... alors qu’il n’y a aucune pro­duc­tion. Le bilan économique et indus­triel de ce sur­gé­né­ra­teur est catas­tro­phi­que : 10 mil­liards d’euros pour 178 jours de fonc­tion­ne­ment effec­tif. Sans comp­ter ce que cela va coûter en plus pen­dant des années ; en effet chaque jour on est obligé de four­nir à cette cen­trale à l’arrêt l’énergie com­pa­ra­ble à ce que consomme une ville de 15.000 habi­tants.
Or, malgré l’échec total de Superphénix, l’État fran­çais entend renou­ve­ler l’expé­rience : le projet appelé « réac­teur de qua­trième géné­ra­tion » n’est autre qu’une nou­velle ten­ta­tive de faire fonc­tion­ner un réac­teur de type Superphénix. Voir (de PMO) De Superphénix à ITER : 30 ans de défaite

« État Nucléaire = État Totalitaire ! »

C’est ce que criaient les mani­fes­tants en 1977. Nous en sommes tou­jours au même point. En sou­ve­nir de Vital Michalon, et pour pré­ser­ver les géné­ra­tions futu­res, nous devons conti­nuer à exiger un débat démo­cra­ti­que sur ce projet dont la dan­ge­ro­sité pla­né­taire est établie. Indication de l’empla­ce­ment de la stèle de Vital


Suite complet

mardi 2 août 2011

To Michel Bounan 21 April 1993


Dear Michel:
All that you've cited proves the conspiracy, quite foreseeable in the current situation, against The Time of AIDS and the fact that [Donald] Nicholson-Smith participates in it.[1] The machine that currently codes the degree of democratic access to a book -- if one presumes its interest to be too great -- disguises its real reasons behind the supposedly individual caprices of the members of the ad hoc network, and they prefer to justify such pseudo-caprices with the hypocritical appearance of an unworthy neo-morality that is simulated by the current stool pigeons of the intelligentsia: they only know three inadmissible crimes, at the exclusion of all the others: racism, anti-modernism and homophobia.
You must remember that it was the extraordinary accusation of homophobia against your book that gave me my first suspicions concerning Imrie's honesty.[2] I have not met him since then, but I have found many other reasons to become angry about his letters to me. I have refused him [the rights to publish a translation of] The Spectacle, after he increased his pressure to take from me, in great haste, the global English-language rights (and with what intention?).
I find that your second offense with La Vie innommable is even more successful; the censors, who expect the worst, won't be disappointed. Thus, you have left the framework -- already quite substantial, but apparently still slightly circumscribed around an (?) illness -- to become the main expert on the total disaster that will be ascertainable in the entire sphere of health. I was completely amazed by the discovery of alexithymia,[3] which, in the light of the knowledge that you have provided, appears to be the link that was, until now, missing in the contemporary exposition of the end of everything. I also believe that it is also the sufficient explanation for the statistical paradox of so many future suicidal people declaring that they are quite satisfied and/or very satisfied with their lot.
On the side of things where one wants to be the most positive, the boldest lies do not cease to see the brevity of their lives accelerate: as happens with the lives of their dupes. On 2 April,[4] one made the admirable confession that AZT -- which the day before would have been taken for a poison -- does nothing to reduce AIDS, but one can congratulate oneself because, in any case, it doesn't make it worse (?). And, moreover, one need not conclude that -- the bullet fired and on the course of its trajectory -- AZT would truly not be capable of slowing down AIDS' progression. Who said this? And who knows about it? Thus, the phantom [HIV] virus is not hindered by AZT, but it is necessary to continue to take it, first of all because one is already drugged by it (a very sufficient reason) and, furthermore, it is quite necessary that the suitable AIDS-patient expects that one will provide him with other, better-performing remedies. It will happen. But, after all, one must denounce the dishonest sophism that claims that AZT is "useless." How could its usefulness be measured? Does one claim to develop a psychosis of failure? One cannot simply say that AZT is useless. One must say that it is useless on its own. But as soon as one associates it with other medications that are still to be discovered -- the vaccine, for example -- this leads anywhere.
My health seems good, for the moment. In any case, it appears better than it was last year. My blood pressure is currently 18.4 and 9.7. For a long time I haven't felt the vertigo that had previously unbalanced me, especially going down the stairs, and that apparently couldn't go on for long without being perilous. Today, I only feel a certain difficulty at the moment of getting out of a car. Periods without insomnia are more frequent.
I am keeping to your prescriptions very exactly. Thanks for everything.


[1] As reader for Editions Verso (cf. letter dated 30 May 1991.
[2] Translator's note: Malcolm Imrie, at the time both an acquisitions editor and a translator employed by Verso Books.
[3] "The alexithymic patient does not present his suffering as something he directly experiences, but coldly enumerates objective signs in an impersonal fashion, as if he wasn't concerned." (Quotidien du Medecin, 20 March 1992). [Translator: examples of this linguistic disorder -- or, rather, this disorder that expresses itself through certain uses of language -- might include qui ne parassait pas pouvoir exister longtemps sans peril and Des periodes sans insomnie paraissent plus frequente.]
[4] According to French and British experiments with the AZT that was produced by an American pharmaceutical company.

(Published in Guy Debord Correspondance, Vol 7: Janvier 1988-Novembre 1994 by Librairie Artheme Fayard, 2008. Translated from the French by NOT BORED! June 2009. Footnotes by the publisher, except where noted.)

To Michel Bounan
15 May 1993
Dear Michel:


I believe that you have understood the reason for the anger where I am concerned:[1] they discover with horror that I am in no way "devoted" or sacrificed (at my own peril) to the unhealthy pleasure of proving to them that they were wrong. I have not claimed to have been virtuous. I have very generally done what has suited me the best, and I wonder what compensation they believed that one would merit for having refused to drink the cyanide.[2]
The journal[3] that you sent me says everything [there is to say] about AIDS and cancer. The progress among the scientists over the last two or three years has been immense. Nevertheless, they say, with haughty pride, that they will do nothing, because "it mustn't be a question of rejecting the technological progress of our society." Who pays them? One can admire the sublime find that is "nihilist ecology" (that which rejects technological progress). When the economy itself has become nihilistic?
From the clumsy contradictions and the universally embarrassed tone that I have heard on the radio these past few days, I have the impression that tuberculosis in America has mutated. Or perhaps the air-conditioning systems in the hospitals one again betray the patients who stay there, this time causing them to lose the battle. Or perhaps there is a harmonious mixture of the two.
Cordially yours,

[1] Expressed in the media on the occasion of the last two re-editions [of Guy Debord's books].
[2] Translator's note: refuse to commit "political suicide"? literal suicide?
[3] Panorama du Medecin (VIth International Symposium on Cancer, AIDS and the Environment.)
[4] Translator's note: this would appear to be Debord's last letter to his doctor, who had been treating him for a variety of illnesses and/or symptoms since 1991. Note well that in this letter, Debord does not mention his health at all. It is no longer a concern. It is possible that Debord had already or had just decided that he was going to kill himself, which of course he did on 30 November 1994.

(Published in Guy Debord Correspondance, Vol 7: Janvier 1988-Novembre 1994 by Librairie Artheme Fayard, 2008. Translated from the French by NOT BORED! June 2009. Footnotes by the publisher, except where noted.)

lundi 1 août 2011

Abandonnez l’activisme !


Ce texte a pour titre original « Give up activism ». Il est paru après le carnaval anticapitaliste du 18 juin 1999 à Londres qui a viré à l’émeute, dans une brochure intitulée « Reflections on J18 » éditée en octobre 1999 par Reclaim the Street. Il a été traduit en français dans Je sais tout de décembre 1999 et dans Échanges n°93 au printemps 2000.

L'été c'est la saison des Touristes-Bisounours , tous se préparant au Tourisme-Politique annuel qui amène les classes moyennes du nord vers le soleil du sud...


Un des problèmes apparent lors de la journée d’action du 18 juin 99 a été l’adoption d’une mentalité d’activiste. Ce problème est devenu particulièrement évident avec ce 18 juin précisément parce que les personnes qui se sont investies dans son organisation et celles qui ont participé à cette journée ont essayé de repousser ces limites. Ce texte n’est pas une critique sur des personnes investies — mais plutôt une occasion qui inspire des réflexions sur les enjeux auxquels nous sommes confrontés si nous voulons sérieusement en finir avec le mode de production capitaliste.

Experts
Par « une mentalité d’activiste », je veux désigner les gens qui se considèrent eux-mêmes d’abord comme activistes et comme appartenant à une large communauté d’activistes. L’activiste s’identifie à ses actions et les conçoit comme le rôle qu’il doit jouer dans la vie, comme un travail ou une carrière. De même, certains s’identifient à leur travail comme médecin ou enseignant, cela devient une part essentielle de leur image de soi au lieu d’être seulement quelque chose qu’il leur arrive de faire.
L’activiste est un spécialiste ou un expert du changement social. Se considérer comme activiste signifie se considérer comme privilégié ou plus avancé que les autres dans l’appréciation du besoin de changement social et de la manière d’y parvenir ; se considérer comme l’avant-garde de la lutte concrète pour créer ce changement.
L’activisme, comme tout rôle d’expert, est basé sur la division du travail — c’est une tâche séparée et spécialisée. La division du travail est le fondement de la société de classes, la division fondamentale étant celle entre le travail manuel et le travail intellectuel. La division du travail est par exemple présente dans la médecine et l’éducation : guérir et élever des enfants, au lieu d’être des savoirs communs et des tâches auxquelles chacun participe, deviennent la propriété spécialisée de médecins et d’enseignants — des experts sur lesquels nous devons nous reposer et qui effectuent ces choses pour nous. Les experts gardent jalousement les capacités qu’ils ont et les mystifient Cela maintient les gens séparés et dépossédés de leur pouvoir, tout en renforçant la société de classes hiérarchisée.
La division du travail implique qu’une personne endosse un rôle et que beaucoup d’autres lui délèguent leur responsabilité. Une séparation des tâches signifie que d’autres vont cultiver votre nourriture, fabriquer vos habits et vous procurer de l’électricité pendant que vous vous occupez de réaliser le changement social. L’activiste, en tant qu’expert du changement social, présume que les autres gens ne font rien pour changer leurs vies et ainsi se sent un devoir ou une responsabilité de le faire à leur place. Les activistes pensent qu’ils compensent le manque d’activité des autres.
Nous définir comme activistes signifie définir « nos » actions comme celles qui vont amener le changement social, en faisant l’impasse sur l’activité de milliers et de milliers d’autres non-activistes. L’activisme est basé sur la fausse conception qu’il n’y a que les activistes qui produisent le changement social — alors que bien sûr la lutte des classes se produit tout le temps.
Forme et contenu
La tension entre la forme d’ « activisme » dans laquelle notre activité politique apparaît et son contenu toujours plus radical s’est développée seulement durant ces quelques dernières années. Le background de beaucoup de gens impliqués dans le 18 juin est d’être des « activistes » qui font des « campagnes » sur des « thèmes ». La scène activiste s’est transformée ces dernières années ; beaucoup de gens sont passés de campagnes sectorielles contre les entreprises ou des développements spécifiques à une perspective anticapitaliste plus floue. Ainsi, le contenu de l’activisme a changé, mais pas sa forme. Au lieu d’attaquer Monsanto et d’occuper leurs quartiers généraux, nous regardons maintenant au-delà de la facette isolée du capital représentée par Monsanto et développons une « campagne » contre le capitalisme. Et que peut-on occuper de mieux que ce qui est perçu comme le quartier général du capitalisme — la City ?
Nos méthodes sont toujours les mêmes, comme si nous attaquions une entreprise ou un développement spécifique, alors que le capitalisme n’est plus du tout du même type et que les moyens par lesquels on pourrait faire tomber une compagnie spécifique ne sont pas du tout les mêmes que ceux par lesquels on pourrait faire tomber le capitalisme. Par exemple, en menant de vigoureuses campagnes pour les droits des animaux, les activistes ont réussi à ruiner à la fois les éleveurs de chiens Consort et les éleveurs de chats Hillgrave Farm. Leurs business ont été ruinés et ils ont été mis en liquidation judiciaire. De même, la campagne soutenue contre Huntingdon Life Sciences, des partisans convaincus de la vivisection, a réussi à réduire le prix de leur action de 33 %, mais l’entreprise vient de réussir à survivre en lançant une campagne de relations publiques désespérée à la Bourse pour remonter les cours [1]. L’activisme peut ruiner une entreprise avec beaucoup de succès, mais détruire le capitalisme requiert beaucoup plus que de simplement étendre ce genre de méthode à chaque entreprise dans chaque secteur. De même, lorsque les activistes des droits des animaux prennent pour cible les boucheries, le seul résultat direct est probablement d’aider les supermarchés à faire fermer toutes les petites boucheries, ce qui renforce le processus de compétition et de « sélection naturelle » du marché. Ainsi, les activistes parviennent souvent à détruire un petit commerce, mais renforcent en même temps globalement le capital.
La même chose s’applique à l’activisme contre les routes. Les luttes à grande échelle contre les routes ont créé des débouchés pour tout un nouveau secteur du capitalisme — la sécurité, la surveillance, des experts, des tunneliers et des grimpeurs, des consultants. Nous sommes maintenant un « risque du marché » parmi d’autres à prendre en compte pour conclure un contrat de route. Nous avons peut-être renforcé la loi du marché, en forçant les entreprises les plus faibles à abandonner le marché. La consultante Amanda Webster affirme : « Les mouvements de protestation vont fournir des avantages de marché aux entreprises qui peuvent efficacement les maîtriser » [2]. A nouveau, l’activisme peut mettre en faillite un commerce ou stopper une route, mais le capitalisme continue, plus fort qu’auparavant.
Ces choses sont certainement une indication, si besoin est, de ce qu’attaquer le capitalisme ne requiert pas seulement un changement quantitatif (plus d’actions, plus d’activistes), mais surtout un changement qualitatif (nous devons découvrir des manières plus efficaces d’agir). Il semble que nous n’avons qu’une très petite idée de ce que requiert en fait la destruction du capitalisme. Comme s’il suffisait de parvenir à une sorte de masse critique d’activistes occupant des bureaux pour avoir une révolution...
La forme de l’activisme a été conservée alors que le contenu de son activité s’est transformé au-delà de la forme qui le contenait. Nous continuons à penser en termes d’« activistes » faisant une « campagne » sur un « thème », et parce que nous sommes des activistes pratiquant l’action directe », nous allons « faire une action » contre notre cible. La méthode de campagne contre des développements spécifiques ou des entreprises isolées a été transplantée telle quelle sur ce nouvel objet qu’est l’attaque du capitalisme. Nous tentons d’attaquer le capitalisme et de conceptualiser ce que nous faisons dans des termes complètement inappropriés, en utilisant des méthodes qui sont celles du réformisme libéral. On a ainsi le spectacle bizarre de « faire une action » contre le capitalisme — une pratique profondément inadéquate.
Rôles
Le rôle de l’« activiste » est un rôle que nous adoptons tout comme celui du policier, du parent ou du prêtre — une forme psychologique étrange que nous utilisons pour nous définir et pour définir notre relation à l’autre. L’« activiste » est un spécialiste ou un expert en changement social — plus nous nous accrochons à ce rôle et à la notion de ce que nous sommes, plus nous empêchons en fait le changement que nous désirons. Une vraie révolution impliquera de s’extraire de tous les rôles préconçus et de détruire tous les spécialismes — la réappropriation de nos vies. L’acte de la révolution est la prise de contrôle de nos propres destinées ; il impliquera la création de nouveaux individus et de nouvelles formes d’interaction et de communautés. Les « experts » en tous genres ne peuvent que l’empêcher.
L’Internationale Situationniste a développé une critique stricte des rôles et en particulier du rôle du militant. La critique des situationnistes était surtout dirigée contre les idéologies de gauche et social-démocrates parce que c’était ce à quoi ils étaient principalement confrontés. Bien que ces formes d’aliénation existent toujours, nous sommes, dans notre milieu particulier, plus souvent confrontés à l’activiste libéral qu’au militant gauchiste. Ils partagent toutefois beaucoup de traits en commun (ce qui bien sûr n’est pas étonnant).
Le situationniste Raoul Vaneigem définit ainsi les rôles : « Les stéréotypes sont les images dominantes d’une période... le stéréotype est le modèle du rôle ; le rôle est un comportement modèle. La répétition d’une attitude crée un rôle ». Jouer un rôle signifie cultiver une apparence en négligeant toute authenticité : « Nous succombons à la séduction d’attitudes empruntées ». En tant que joueurs de rôles, nous résidons dans l’inauthenticité — en réduisant nos vies à une suite de clichés — « transformant notre journée en une suite de poses choisies plus ou moins inconsciemment parmi la gamme des stéréotypes dominants » [3]. Ce processus a été à l’œuvre depuis le tout début du mouvement contre les routes. A Twyford Down après Yellow Wednesday en décembre 1992, la presse et la couverture médiatique se sont focalisées sur la tribu Dongas et l’aspect contre-culture dreadlocks des protestations. C’était certainement à l’origine l’élément prédominant — il y avait par exemple un important groupe de nomades lors de l’évacuation [4]. Mais les gens attirés à Twyford par la couverture médiatique pensaient que tous ceux qui étaient là-bas avaient des dreadlocks. La couverture médiatique a eu pour effet d’éloigner les gens « ordinaires », et plus de gens du style contre-culture dreadlocks sont venus, réduisant ainsi la diversité des protestataires. Plus récemment, une chose similaire s’est produite quand les gens attirés sur les lieux de protestations par la médiatisation de Swampy qu’ils avaient vu à la télévision commencèrent à reproduire dans leurs propres vies les attitudes présentées par les médias comme étant caractéristiques du rôle de « guerrier écologiste » [5].
« Tout comme la passivité du consommateur est une passivité active, de même la passivité du spectateur repose dans sa capacité à assimiler des rôles et à les jouer en accord avec les normes officielles. La répétition des images et des stéréotypes offre une panoplie de modèles dans laquelle chacun est supposé choisir un rôle » [6]. Le rôle du militant ou de l’activiste n’est que l’un de ces rôles, et c’est en cela qu’il est conservateur malgré toute la rhétorique révolutionnaire qui l’accompagne.
L’activité prétendument révolutionnaire de l’activiste est une routine terne et stérile — une constante répétition de quelques actions sans potentialité de changement. Les activistes résisteraient probablement au changement s’il se produisait parce qu’il briserait les certitudes faciles de leurs rôles et la jolie petite niche qu’ils se sont creusée pour eux-mêmes. Comme les chefs syndicaux, les activistes sont d’éternels représentants et médiateurs. Tout comme les dirigeants syndicaux qui seraient contre les travailleurs victorieux dans leur lutte parce que cela les priverait de leurs fonctions, le rôle de l’activiste est menacé par le changement. En effet, la révolution, ou même n’importe quel mouvement réel dans cette direction, troublerait profondément les activistes en les privant de leur rôle. Si « tout un chacun » devient révolutionnaire, alors vous n’êtes plus si spéciaux, n’est-ce pas ?
Pourquoi nous comportons-nous comme des activistes ? Seulement parce que c’est l’option facile des lâches ? Il est facile de tomber dans le rôle de l’activiste parce qu’il convient à cette société et ne la défie pas — l’activisme est une forme acceptée de divergence. Même si comme activistes nous faisons des choses qui ne sont pas acceptées ou illégales, la forme même de l’activisme, par sa similitude avec un emploi, s’ajuste à notre psychologie et à notre éducation. Elle est attirante précisément parce qu’elle n’est pas révolutionnaire.
Nous n’avons plus besoin de martyrs
La clé de compréhension du rôle du militant et de celui de l’activiste est le sacrifice de soi — le sacrifice de soi à « la cause » qui est perçue comme étant séparée du soi. Cela n’a bien entendu rien à voir avec la vraie activité du révolutionnaire qui est la saisie du soi. Le martyre révolutionnaire va de pair avec l’identification d’une cause séparée de sa propre vie — une action contre le capitalisme qui identifie le capitalisme comme étant « là-bas » dans la City est une erreur fondamentale — le pouvoir réel du capitalisme est ici même dans nos vies quotidiennes — nous recréons son pouvoir chaque jour car le capital n’est pas une chose mais une relation sociale entre des gens (et donc entre des classes) médiatisée par les choses.
Bien sûr, je ne suis pas en train de suggérer que chaque personne impliquée dans l’action du 18 juin adopte ce rôle et le sacrifice de soi qui l’accompagne avec la même intensité. Comme je l’ai dit tout à l’heure, le problème de l’activisme est apparu de manière particulièrement criante dans l’action du 18 juin précisément parce que c’était une tentative de sortir de ces rôles et de nos pratiques habituelles. La plupart de ce qui est souligné ici est un « scénario du pire », de ce à quoi peut conduire le rôle de l’activiste. Dans quelles proportions nous pouvons reconnaître ceci dans notre propre mouvement nous donnera une indication sur la quantité de travail qu’il reste à faire.
L’activiste rend la politique terne et stérile et en éloigne les gens, mais jouer ce rôle détruit aussi l’activiste lui-même. Le rôle de l’activiste crée une séparation entre les fins et les moyens : le sacrifice de soi signifie créer une division entre la révolution comme amour et joie dans le futur mais devoir et routine maintenant. L’activisme dans sa globalité est dominé par la culpabilité et le devoir parce que l’activiste ne se bat pas pour lui-même mais pour une cause séparée : « Toutes les ‘causes’ sont également inhumaines » [7].
En tant qu’activiste, vous devez nier vos propres désirs parce que votre activité politique est définie de telle sorte que ces choses ne sont pas considérées comme « politiques ». Vous mettez la « politique » dans une boîte séparée du reste de votre vie — c’est comme un travail... vous faites de la politique de 9 heures à 17 heures puis vous rentrez à la maison pour faire autre chose. Parce qu’elle est dans cette boîte séparée, la « politique » existe sans être gênée par aucune considération pratique d’efficacité. L’activiste se sent obligé de constamment s’attacher à la vieille routine sans penser, incapable de s’arrêter ou d’examiner, le principal étant que l’activiste soit toujours occupé et assouvisse sa culpabilité en se frappant la tête contre un mur de briques si nécessaire.
Savoir quand s’arrêter et attendre peut faire partie de l’activité révolutionnaire. Il peut être important de savoir comment et quand faire grève pour le maximum d’efficacité, mais aussi comment et quand NE PAS faire grève. Les activistes ont cette attitude du « nous devons faire quelque chose MAINTENANT ! » qui semble nourrie par la culpabilité. Ceci n’est pas du tout tactique.
Le sacrifice de soi du militant ou de l’activiste est reflété dans son pouvoir sur les autres en tant qu’expert — comme en religion, il y a une sorte de hiérarchie de la souffrance et de la droiture. L’activiste prend du pouvoir sur les autres en vertu de son haut degré de souffrance (les groupes activistes « non hiérarchisés » forment de fait une « dictature des plus impliqués »). L’activiste utilise la coercition morale et la culpabilité pour régir ceux qui sont moins expérimentés dans la théologie de la souffrance. Leur propre subordination va de pair avec la subordination des autres — tous esclaves de « la cause ». Les politiciens qui se sacrifient forcent leur propre vie et leur volonté de vivre — cela génère une amertume et une antipathie à la vie qui est ensuite tournée vers l’extérieur pour flétrir le reste. Ils sont «  les grands contempteurs de la vie... les partisans du sacrifice de soi absolu... leurs vies tordues par leur monstrueux ascétisme... » [8]. Nous pouvons voir cela dans notre propre mouvement, par exemple sur les lieux occupés, dans l’antagonisme entre le désir de s’asseoir et de prendre du bon temps versus l’éthique coupable du type travail de construction/fortification/barricadage, et dans la passion quelque fois excessive avec laquelle les « déjeuners en ville » sont dénoncés. Le martyr qui se sacrifie lui-même est offensé et outragé quand il en voit d’autres qui ne se sacrifient pas. De même, quand l’« honnête travailleur » attaque le petit voleur ou le vagabond avec une telle haine, nous savons que c’est en fait parce qu’il hait son travail et le martyre qu’il a fait de sa vie, et pour cela déteste voir quiconque échapper à ce destin, quiconque s’amuser alors qu’il souffre — il doit entraîner tout le monde dans la boue avec lui — une égalité du sacrifice de soi.
Dans la vieille cosmologie religieuse, le martyr victorieux allait au ciel. Dans la vision moderne, les martyrs victorieux peuvent aspirer à entrer dans l’histoire. Le plus grand sacrifice de soi, la plus grande création de rôle (ou, mieux, l’invention d’un tout nouveau rôle pour stimuler les gens — par exemple celui de guerrier écologiste) gagne une récompense dans l’histoire — le paradis des bourgeois.
La vieille gauche était assez franche dans son appel au sacrifice héroïque : «  Sacrifiez-vous dans la joie, frères et sœurs ! Pour la cause, pour l’ordre établi, pour le parti, pour l’unité, pour la viande et les patates ! » [9]. Mais tout ceci est beaucoup plus voilé ces temps-ci : Vaneigem accuse les jeunes gauchistes radicaux d’« entrer au service d’une Cause — la ‘meilleure’ des Causes. Leur temps de créativité, ils le passent à distribuer des tracts, à coller des affiches, à manifester, à prendre à partie le président de l’assemblée régionale. Ils militent. Il faut bien agir, puisque les autres pensent pour eux » [10].
Cela résonne en nous — particulièrement l’idée du fétichisme de l’action — les militants gauchistes peuvent s’engager dans un travail sans fin parce que le chef ou gourou a le petit nécessaire de théories, qui est pris pour du pain béni — la « ligne du parti ». Il n’en est pas tout à fait de même pour les activistes pratiquant l’action directe — l’action est fétichisée, mais plus par aversion pour la théorie quelle qu’elle soit.
Cet élément du rôle de l’activiste qui s’appuie sur le sacrifice de soi et le devoir était présent, mais pas si significatif, dans l’action du 18 juin. Ce qui pose le plus de problèmes pour nous, c’est ce sentiment de séparation du reste des gens “ordinaires” que l’activisme implique. Les gens s’identifient à d’étranges sous-cultures ou à des clans, ils se voient en tant que “nous” opposé au “eux” sous lequel est regroupé le reste du monde .
Isolement
Le rôle d’activiste est un isolement volontaire par rapport à tous les gens avec lesquels nous devrions communiquer. Endosser le rôle de l’activiste vous sépare du reste du genre humain, comme quelqu’un de spécial ou de différent. Les gens ont tendance à penser leur propre personne au pluriel (à qui te réfères-tu quand tu dis “nous” ?), en se référant à une communauté d’activistes plutôt qu’à une classe. Par exemple, il est à la mode depuis quelque temps dans le milieu activiste d’argumenter en faveur de « moins de thèmes sectoriels » et de l’importance de « créer des liens ». Cependant, pour la plupart, il s’agit de « faire des liens » avec d’autres activistes et d’autres groupes de lutte. Le 18 juin l’a assez bien démontré, l’idée étant de rassembler tous les représentants de toutes les différentes causes ou questions dans le même lieu au même moment, en nous reléguant volontairement dans le ghetto des bonnes causes.
De la même manière, les divers forums qui ont récemment proliféré à travers tout le pays — Rebel Alliance à Brighton, NASA à Nottingham, Riotous Assembly à Manchester, London Underground, etc. — ont un but similaire : amener tous les groupes activistes de la région à parler ensemble. Je ne dénigre pas cela, c’est un préliminaire essentiel à toute action, mais cela devrait être reconnu comme une forme extrêmement limitée pour « créer des liens ». Il est aussi intéressant de noter que ce que les groupes qui participent à ces rencontres ont en commun, c’est d’être des groupes activistes — ce dont ils s’occupent en fait semble être secondaire.
Il ne suffit pas de chercher à lier tous les activistes du monde entier, pas plus qu’il ne suffit de chercher à transformer plus de gens en activistes. Contrairement à ce que certains peuvent penser, nous ne serons pas plus proches d’une révolution si énormément de gens deviennent des activistes. Certains semblent avoir l’étrange idée qu’il faut que chacun soit d’une façon ou d’une autre convaincu de devenir un activiste, et alors nous aurons une révolution. Vaneigem dit : « La révolution est faite chaque jour en opposition à, et malgré, les spécialistes de la révolution » [11].
Le militant ou l’activiste est un spécialiste du changement social ou de la révolution. Le spécialiste recrute dans sa minuscule zone spécialisée pour augmenter son propre pouvoir et ainsi combattre sa propre impuissance. « Le spécialiste... s’enrôle pour enrôler les autres » [12]. Selon le principe de la pyramide, la hiérarchie se réplique — vous êtes recruté et pour ne pas être en bas de la pyramide, vous devez recruter plus de gens qui soient en dessous de vous, qui à leur tour font exactement la même chose. La reproduction de la société aliénée des rôles s’accomplit à travers les spécialistes.
Jacques Camatte, dans son essai Sur l’organisation (1969) [13], souligne judicieusement que les groupements politiques finissent souvent comme des « gangs » qui se définissent par l’exclusion — la loyauté des membres du groupe va à ce dernier plutôt qu’à la lutte. Sa critique s’adresse particulièrement à la myriade de sectes gauchistes et de groupuscules, mais s’applique aussi, bien que moins profondément, à la mentalité activiste.
Le groupe politique ou parti se substitue au prolétariat ; sa propre survie et sa reproduction deviennent la valeur suprême — l’activité révolutionnaire devient synonyme de « construire le parti » et recruter des membres.
Le groupe se considère lui-même comme l’unique détenteur de la vérité et ceux qui sont hors du groupe sont traités comme des idiots devant être éduqués par cette avant-garde. Au lieu d’un débat équitable entre camarades, on obtient une séparation entre la théorie et la propagande, où le groupe a sa propre théorie qui est presque gardée secrète dans l’idée que les autres, les arriérés mentaux, doivent être attirés dans l’organisation par une stratégie populiste avant que la politique surgisse devant eux par surprise. La façon malhonnête de traiter avec ceux qui sont hors du groupe est semblable à un culte religieux — dans lequel on ne dit jamais en face de quoi il s’agit.
Nous pouvons trouver des similitudes avec l’activisme, en cela que le milieu activiste agit comme une secte gauchiste. L’activisme dans son entier a certaines caractéristiques propres à un « gang ». Les gangs d’activistes peuvent souvent se révéler être des alliances ignorant les classes sociales, et incluent toutes sortes de réformistes libéraux parce qu’eux aussi sont des « activistes ». Les gens se pensent d’abord comme activistes et leur loyauté première va à la communauté d’activistes et non à la lutte elle-même. Le « gang » est une communauté illusoire qui nous détourne de la création d’une plus large communauté de résistance. L’essence de la critique de Camatte est une attaque contre la création d’une division interne/externe entre le groupe et la classe sociale. Nous en arrivons à nous considérer comme des activistes, en cela séparés et ayant des intérêts divergents par rapport à la masse des prolétaires.
Notre activité devrait être l’expression immédiate d’une lutte réelle et non pas l’affirmation du caractère séparé et distinct d’un groupe particulier. Dans les groupes marxistes, la possession de la « théorie » est ce qui détermine le pouvoir — c’est différent dans le milieu activiste, mais pas si différent : le savoir, l’expérience, les contacts, l’équipement, etc. sont ce qui détermine le pouvoir.
L’activisme reproduit la structure de cette société dans ses opérations : « Quand le rebelle commence à croire qu’il combat pour un bien supérieur, le principe autoritaire revient » [14]. Ceci n’est pas un sujet trivial, mais est à la base des relations sociales capitalistes. Le capital est une relation sociale entre des gens médiatisés par des choses — le principe de base de l’aliénation est de vivre sa vie au service d’une chose qu’on a soi-même créée. Si nous reproduisons cette structure au nom d’une politique qui se déclare anticapitaliste, nous avons perdu avant d’avoir commencé. On ne peut combattre l’aliénation avec des moyens aliénés.
Une modeste proposition
La modeste proposition est que nous devrions développer des moyens d’agir qui sont en rapport avec nos idées radicales. Cette tâche ne sera pas facile et l’auteur de ce texte n’a pas d'aperçue plus clair que quiconque sur la façon dont nous devrions nous y prendre. Je ne dis pas que l’initiative du J18 aurait dû être abandonnée ou attaquée, en fait ce fut une tentative courageuse de repousser nos limites et de créer quelque chose de mieux que ce que nous avons déjà. Cependant, dans ses tentatives de rompre avec les manières antiques d’agir, elle a éclairci les liens qui nous rattachent encore au passé. Mes critiques de l’activisme, ci-dessus, ne s’appliquent pas toutes au 18 juin. Mais il y a un certain paradigme de l’activisme qui au pire inclut tout ce que j’ai souligné là, et le 18 juin partage ce paradigme dans une certaine mesure. C’est à chacun de déterminer dans quelle mesure.
L’activisme est une forme en partie obligée par notre faiblesse. Comme l’action commune menée par Reclaim the streets et les dockers de Liverpool — nous vivons une époque dans laquelle les politiques radicales sont souvent le produit de faiblesses mutuelles et d’isolation. Si tel est le cas , il ne nous est peut être même pas possible de nous débarrasser de ce rôle d’activiste. Il se peut que dans des temps d’affaiblissement de la lutte, ceux qui continuent à travailler à la révolution sociale soient marginalisés et en viennent à être perçus (et à se percevoir eux-mêmes) comme un groupe séparé des gens. Il est possible aussi que ce phénomène ne puisse être inversé que par un déferlement général de la lutte, lorsque nous ne serons plus considérés comme des freaks et des weirdos [NdT : des semi-clochards et des marginaux], nous serons l’expression des idées de tout un chacun. Cependant, pour travailler à intensifier la lutte, il sera nécessaire de rompre avec le rôle d’activistes dans toute la mesure du possible — d’essayer constamment de passer au-delà des frontières de nos limites et contraintes.
Historiquement, ces mouvements qui ont réussi à déstabiliser, supprimer ou à dépasser le capitalisme n’ont pas tous pris la forme de l’activisme. L’activisme est essentiellement une forme politique et une méthode d’action adaptée à un réformisme libéral poussé au-delà de ses propres limites et utilisé à des fins révolutionnaires. Le rôle de l’activiste, en soi, devrait être problématique pour tous ceux qui désirent la révolution sociale.
Andrew X.

Notes

[1] Squatting up to the Square Mile : A Rough Guide to the City of London, J18 Publications (UK), 1999, p. 8
[2] Voir « Direct Action : Six Years Down the Road », Do or Die n°7, p. 3
[3] Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes génération.
[4] Voir « The Day they Drove Twyford Down », Do or Die n°1, p. 11
[5] Voir « Personality Politics : The Spectacularisation of Fairmile », Do or Die n°7, p. 35
[6] Do or Die n°7, p. 128
[7] Do or Die n°7, p. 107
[8] Do or Die n°7, p. 109
[9] Do or Die n°7, p. 108
[10] Do or Die n°7, p. 109
[11] Do or Die n°7, p. 111
[12] Do or Die n°7, p. 143
[13] Jacques Camatte — « On Organization » (1969) dans This World We Must Leave and Other Essays (New York, Autonomedia, 1995).
[14] Do or Die n°7, p. 110

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