vendredi 7 décembre 2018

Cent Mille flics et leurs blindés !

Toujours rieurs ?
Samedi 8:
Poly-Émeutes partout en France



Dès maintenant la France est en État de siège pour faire pression sur le peuple des Gilets jaunes et les lycéens traités comme des Viet cong avec un millier d'arrestations arbitraires.
«Frapper un homme à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière.» Préfet Maurice Grimaud

Certains fonctionnaires, CRS, ont décidé de se mettre en arrêt maladie pour ne plus se sentir du mauvais côté de la barricade.
Ce n’est pas la prime promise par Emmanuel Macron qui suffira à apaiser les tensions. «  Tous les collègues auxquels j’en ai parlé se sont sentis insultés. On l’a ressenti comme si c’était un susucre qu’on nous donnait pour qu’on ferme notre gueule et qu’on aille faire le sale boulot  »
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Les français veulent faire tomber leur roi.
Pauvre roi en vérité qui entré par effraction, et avec pléthore de riches soutiens,  dans le costume de Charles de Gaulle ne pourra plus se maintenir au pouvoir et ce, quel que soit le résultat de La Journée du samedi 8 décembre 2018.


L’exécutif promet des «gestes de détente»...

 152 jeunes ont été interpellés jeudi devant le lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie.
Non il ne s'agit pas de vielles photos du Katanga mais du 6 décembre 2018 !
Des «gestes de détente» parmi les 900 arrestations de lycéens de la journée...

dimanche 2 décembre 2018

« Directives du peuple »

Un lendemain de Fêtes
La France en colère !
«  La semaine on bloque l’économie, le week-end la consommation. »
Un pillage efficace des quartiers rupins de Paris, en guise de réponse immédiate au Nassage massif des Champs-Élysées par les poulets, fait trembler les classes possédantes et leur personnels.
La Saint Barthélémy  version soft. 
Pas encore de défenestrations mais déjà le feu comme punition. Commerces, banques, limousines, un Hôtel Particulier, brillent dans l'imaginaire inquiet des riches, comme ces palaces de l'avenue Kleber vandalisés et gazés par la fumée de leurs propres limousines brûlant.
L'ennemi ne peut reculer facilement face aux Gilets Jaunes au risque de voir s'écrouler le château de cartes de son pouvoir. 
Il veut encore jouer la fermeté mais en a t'il les moyens ?
Toute la canaille politico-Étatique se presse autour du Media pour reprendre la main et nous embrouiller.
Oui Francis Cousin a raison sur ce point "La force des Gilets Jaunes c'est son bordel initial". Pas de revendication claire, pas d'appareil, pas de hiérarchie.
Parallèlement aux émeutes un texte qui fait des propositions concrètes circule et à été expédié aux députés. 
Il y a un coté "Front Populaire" chez les Gilets Jaunes qui comme en 36 mettent la pression sur la Représentation Nationale ici les députés.
Acculé, l’exécutif promet des «gestes de détente».
La preuve: A Bordeaux, des enseignants et des parents se sont indignés dans un communiqué commun : «Nous avons vu des élèves chargés sans sommation, essuyer un usage intensif des gaz lacrymogènes, des coups de matraque et être visés, tout au moins, par des fusils flash-ball.»
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Blessée dans son appartement par une grenade lacrymogène tirée depuis la rue samedi à Marseille, une femme de 80 ans est morte le lendemain à l’hôpital.
Elle criait : "Ils m’ont visée, ils m’ont visée !"
L’appartement était rempli d’une fumée noire. «Elle m’a raconté que deux policiers en tenue se trouvaient sur le trottoir d’en face de la Canebière et lui ont tiré dessus.»

Relâchez Tous les Gilets Jaunes arrêtés le 1 décembre. Ce sont des résistants à l'oppression qui ont affronté avec courage les hordes policières de Castagner le Flic/truand.
Gilets jaunes: Message d’un militaire a ses frères d’armes. Pas d’insurrection possible sans qu'une partie significative des uniformes la rejoigne...

Pour les seules compagnies républicaines de sécurité (CRS) et les compagnies de sécurisation et d’intervention de la préfecture de police (CSI), ont été comptabilisés 1 193 tirs au lanceur de balles en caoutchouc, 1 040 grenades de désencerclement et 339 grenades GLI-F4, munition composée notamment d’une charge explosive de 25 grammes de TNT.
Ces armes sont connues pour provoquer d’importantes blessures, voire parfois des infirmités permanentes, comme des énucléations, des fractures, voire des amputation de membres. Des volumes ahurissants, sûrement historiques. A titre de comparaison, pour l’ensemble de l’année 2017, l’Inspection générale de la police nationale avait comptabilisé 796 tirs de grenades de désencerclement, soit un tiers de moins que pour la seule journée de samedi.

Bertrand Cavallier, ancien général de gendarmerie. "On était confronté à une situation inédite, la solution n’est pas que tactique. D’une certaine manière, on découvre à nouveau cette capacité de révolte d’une population. Vous pouvez demander ce que vous voulez aux forces de l’ordre, mais la sortie de crise sera politique."
Lorsque le peuple est à la manœuvre alors oui, on peut dire "La police avec nous". Ils doivent choisir leur camps avant qu'il ne soit trop tard...
Peut-être leur pardonnerons-nous, avec le temps. Comme à Pau qu'ils retirent leurs casques en guise de soutient et Crosses en l'air !
Pas de revendication claire, pas d'appareil, pas de hiérarchie.

vendredi 30 novembre 2018

Il faut dénoncer l’usage des grenades GLI-F4

L’État français redoute la nouvelle manifestation du 1er Décembre sur les Champs-Élysées.
La Préfecture de Police de Paris retient son souffle.
La présence des lycéens, entrés dans la danse depuis vendredi, rend explosif le potentiel de cette manifestation sauvage et non déclarée...
Paris brûlera t-il ?

Un seul coupable le Ministre de l’Intérieur et Assassin:

« C’était la première fois que je manifestais de ma vie. Je n’avais aucune protection, dit Isabelle, 42 ans, aide-soignante dans l’Oise, qui était venue à l’issue de sa nuit à l’hôpital. Là, on a prévu des masques pour nos yeux, des compresses, du sérum physiologique. » 
Sur les réseaux sociaux, elle raconte que les discussions vont bon train sur la meilleure protection contre les Flash-Ball. Elle réfléchit à s’acheter des protège-tibias. « Bien sûr que j’ai peur, reconnaît-elle. C’était pas franchement agréable samedi. Mais si on recule, le gouvernement dira : “Vous voyez il n’y a personne, on a gagné !” 
Donc faut y retourner. »
Les avocats de personnes blessées par un type de grenade au TNT employé par les forces de l'ordre demandent au ministre de l'Intérieur de les interdire en vue des manifestations de ce samedi.


Le chiffre est encore inconnu. Combien de personnes ont-elles réellement été blessées par les forces de l'ordre lors de la manifestation des gilets jaunes, samedi 24 novembre, sur les Champs-Élysées ? 
Un bilan, très rapidement communiqué par le ministère de l'Intérieur, faisait état de 24 blessés. Ce décompte est probablement loin de la réalité. Depuis, de nombreuses personnes se font connaître pour médiatiser leurs blessures.
 Marqués par l’usage massif de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre sur les Champs-Élysées, samedi 24 novembre, ceux qui envisagent d’y retourner le 1er décembre ont prévu de s’équiper pour faire face. Même les plus pacifiques.

«Monsieur le Ministre de l’Intérieur,

En Belgique, le 20 novembre, un étudiant demandait au président de la République pourquoi la France était le seul pays à utiliser des grenades contre sa population. Emmanuel Macron lui répliquait vertement qu’il disait «n’importe quoi».

Pourtant, à ce jour, rien n’est plus vrai que la remarque de cet étudiant. La France est en effet le seul pays de l’Union européenne à utiliser des grenades GLI-F4, relevant de la catégorie des armes à feu, dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre.

Cette spécificité française, a été affirmée sans détour dans un rapport commun de l’IGPN et de l’IGGN dès 2014, que le président de la République fait aujourd’hui mine d’oublier : «L’étude d’exemples pris dans les pays voisins a permis de confirmer la spécificité française, seule nation d’Europe à utiliser des munitions explosives en opération de maintien de l’ordre […].»

Et dans les faits, des grenades explosives, et plus particulièrement la GLI-F4, grenade lacrymogène instantanée qui comporte une charge explosive de 25 grammes de TNT, sont bien utilisées en France contre les foules, et ce malgré le risque de blessures mortelles identifié par le rapport.

Si l’on pense, d’abord, à Rémi Fraisse tué à Sivens par une grenade offensive «F1», dont l’usage a, de ce fait, été interdit, il faut désormais également penser à tous ceux qui, depuis, ont été blessés ou mutilés par l’explosion des grenades GLI-F4 encore en service : Robin dont le pied a été déchiqueté à Bure en mai 2017, Maxime qui a perdu une main à la ZAD en avril dernier, mais aussi Corentin, Hortense, Jean, Marie Astier (journaliste), Cyril Zannettacci (photographe), mutilés aux mains, pieds et bras lors de ces mêmes opérations d’expulsion. Liste noire à laquelle il faut, depuis samedi dernier, ajouter Gabriel dont les doigts ont été arrachés sur les Champs-Élysées, mais aussi Ulrich et Antonio gravement blessés par l’explosion de GLI-F4 alors qu’ils participaient à ce même rassemblement des «gilets jaunes» au cours duquel plusieurs milliers de grenades explosives ont été tirées.

Alors que depuis 2016, tant le Défenseur des droits que l’Association chrétienne pour l’abolition de la torture (ACAT) tirent le signal d’alarme quant au recours à ces armes à feu, l’État persiste à recourir massivement à ces grenades explosives au risque assumé de mutiler voire de tuer.

A l’approche de la mobilisation du samedi 1er décembre à laquelle l’Etat a prévu de répondre par un dispositif de sécurité hors norme, nous, avocats de personnes blessées, demandons instamment à ce qu’il soit renoncé à l’usage de ces armes avant qu’un mort ne vienne justifier son interdiction. Nous vous prions de croire, monsieur le ministre de l’Intérieur, à l’expression de nos salutations les plus respectueuses.»

Arié Alimi, William Bourdon, Chloé Chalot, Raphaël Kempf, Céline Mokrane, Aïnoha Pascual

En Belgique c'est Bruxelles qui connaît ses premiers affrontement et voici ce que l'on peut lire:


Et se faire casser...


vendredi 23 novembre 2018

Gilets Jaunes: Pour une tactique du contournement.

Macron c'est Rintintin chez les Bisounours
coopté par le Média infra-capitaliste. Sans aucune légitimité il est choisi pour incarner le pouvoir.
 
Les Gilets Jaunes ont déjà provoqué un séisme qui s’internationalise et se radicalise comme sur l’île de la Réunion, paralysée et en proie à des pillages compulsifs et jouissifs.

Un début de panique s'empare des autorités en cette veille de  journée d'Action du samedi 24 novembre en particulier à Paris.
C'est sa fluidité presque volatile dans l'espace social qui rend la répression policière du soulèvement des Gilets Jaunes inefficace.
Pire la bonne vielle méthode consistant à isoler des Faits Divers violents en les sur-Médiatisant pour salir une lutte ne marche pas. Les "Sondages" décrivent le soutient grandissant de 80% de la population à la cause des Gilets Jaunes.

Assange Crève
 Les Champs-Élysées le 24 vers 16h
Qui est Christophe Castaner le Ministre de l'Intérieur qui a volontairement provoqué les Gilets Jaunes dés 10h15 avec ses flics et leurs grenades ?
Christophe Castaner un Ministre de l'Intérieur atypique ?

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Retour sur le 17 novembre: Une des meilleures analyses sur le début des Gilets Jaunes: Source
 Les amours jaunes


« La confusion des gilets jaunes est à l’image de la confusion même de l’époque, qu’il convient de démêler à minima. »


Presque 300 000 gilets jaunes, plus de 400 blessés, une manifestante tuée, 282 personnes interpellées, le tout sur environ 2000 points de blocages et le ministre de l’Intérieur qui lance un appel au calme en début de soirée. Qui s’aviserait encore d’affirmer qu’il ne s’est rien passé ce samedi 17 novembre ?



Il n’est rien que le peuple de gauche redoute davantage que le contact de l’inconnu. On veut connaître ceux qu’on aimerait représenter - les reconnaître pour les classer. Toutes les distances que la gauche des syndicats et des partis a créé autour d’elle sont dictées par sa phobie du contact. Les gilets jaunes enseignent aux révolutionnaires que l’attente patiente des surprises, de l’inattendu ou des choses effrayantes pourrait plonger le mouvement général de sécessions à venir dans un délicieux état d’ivresse.

Un fait central : les manifestants font usage d’une pléthore de tactiques, jamais vues auparavant en France. Les rocades circulaires de Nantes, Bordeaux, Rennes sont bloquées. Une opération péage gratuit se tient aux environ de Nice. En Moselle, l’A4 est occupée en fin de matinée. Aux environs de 17h, les CRS, alors qu’ils chargent, la presse locale relate qu’ils auraient été accueillis par quelques cocktails molotov. Les manifestants n’hésitent pas non plus à enflammer les voies quand ils se replient. À Dijon, les gilets jaunes désertent la périphérie où la préfecture voulait les contenir pour se répandre dans le centre-ville. À Bar le Duc, on ne bloque pas complètement, mais on préfère forcer les automobilistes à la lenteur, le temps d’entamer un dialogue et d’expliquer. À Marseille, on bloque en centre-ville et on coupe l’accès à l’aéroport Marseille-Provence. À Troyes et Quimper, les plus intrépides tentent de prendre la préfecture. À Paris, des VTC en lutte bloquent les quais de Bercy puis le carrefour de la Bastille. Au même moment, le périphérique est bloqué dans les deux sens tandis que, au niveau de la Porte de la Chapelle, une compagnie de CRS arrive : sans qu’un seul n’ait eu le temps de descendre de son fourgon, le cortège motorisé s’engage vers l’A1 pour bloquer à nouveau l’axe autoroutier principal qui relie le plus grand aéroport de France à la capitale. L’après-midi, une foule de plus de mille personnes déborde le dispositif policier pendant quelques heures sur les Champs Elysées. La manifestation sera stoppée à seulement quelques dizaines de mètres de la porte principale du Palais présidentiel. A plusieurs milliers de kilomètres, les événements résonnent aussi, comme à La Réunion, où l’on dénombre une quarantaine de points de blocages. Un certain sentiment de révolte a donc fait tache d’huile.

Nous dirons que la confusion des gilets jaunes est à l’image de la confusion même de l’époque, qu’il convient de démêler à minima.

  Circulation(s)

Dans les sociétés industrielles du XXe siècle, l’hostilité du mouvement ouvrier à l’encontre du monde capitaliste prenait la forme de la grève, mode d’action collectif qui visait à fixer le prix de la force de travail, les salaires, les conditions de travail et les acquis sociaux. Cette forme de lutte mettait au premier plan les travailleurs dans leur rôle de travailleurs. Son champ de conflictualité se déployait au sein même de la production, dans sa capacité à l’interrompre ou à la saboter. Cependant, dans les sociétés post-industrielles contemporaines, le compromis fordiste n’a plus cours. Comme les gilets jaunes l’expriment en ce moment même, les blocages, par leur dimension interruptrice de la circulation marchande (parallèle à celle de la consommation), dessinent une lutte pour fixer le prix des marchandises - ici les carburants. Le blocage ne met plus en vedette un sujet stable, celui de l’ouvrier ou la classe, mais configure un champ d’individus en lutte, dont le seul critère commun est un affect flou de la dépossession - une agrégation de colères éparses.

En Europe, le cycle d’accumulation à l’œuvre depuis les années 1970 est marqué par un affaiblissement invariable des processus de valorisation au sein même de la production. Dit autrement, l’usine n’est plus le lieu primordial et essentiel de la création de la valeur. Les machines seules et la force de travail qui les assiste - celle des ouvriers – ne sont plus aussi centrales qu’auparavant dans la création de richesse. Sans trop prendre de risques, on peut affirmer que, sur la période en question, le capital, confronté à des rendements fortement diminués dans les secteurs traditionnellement productifs, est allé chercher le profit au-delà des limites de l’usine. Cela est venu bouleverser les schémas de luttes, et la centralité du mouvement ouvrier dans celles-ci. Ce n’est pas dire que les ouvriers ont disparu - loin de là - mais qu’ils ont perdu leur force déterminante dans l’arrêt de la production et, par-là, leur rôle incontournable dans la structuration politique de la société. D’où le reflux continu des luttes ouvrières depuis une vingtaine d’années, et les défaites successives de mouvements sociaux français désormais privés de leurs sujets historiques.

 Par son usage immédiat et massif du blocage, le mouvement des gilets jaunes oppose une résistance à la hauteur de la restructuration capitaliste des années 1980 - celle qui marqua l’assassinat en règle de la classe ouvrière. En effet, celle-ci avait consisté à hyper-rationaliser la force de travail des ouvriers pour la réduire à la portion congrue, dans la mesure du possible. On ne sera donc pas étonné que la géographie du mouvement des gilets jaunes illustre en partie celle de la désindustrialisation.

 L’économie financière contemporaine repose sur l’intensification des processus de circulation à l’échelle mondiale. Le rapport social capitaliste se déploie dans des circuits d’approvisionnement sans fin, s’élabore sur un espace lisse et sans heurts - à l’image de la maritimisation actuelle des échanges planétaires, comme de la prolifération des câbles sous-marins. Dès lors, chaque tentative de reprise en main de l’espace de la vie se traduit par une interruption de la circulation, un accident topologique de plus ou moins forte intensité. Ainsi : à l’été 2018, en Haïti, une vague de violences se propage suite à une hausse du prix de l’essence qui pousse à la démission du Premier ministre. En janvier 2017, c’est au Mexique que le prix de l’essence fait débat. Bilan : plusieurs jours de manifestations, de blocages des flux et des scènes de pillages à grande échelle… Il n’est pas non plus étonnant que les révolutions arabes aient commencé par l’immolation de Mohamed Bouazizi qui était un vendeur de rue à Sidi-Bouzid, c’est-à-dire qu’elles aient commencé à la périphérie tragique de la sphère de la circulation.
Blocage(s)

Le 17 novembre rappelle ce que se saisir de l’espace a voulu dire, et peut vouloir dire. Il ne suffit pas de lui appliquer (de façon convenue ou saugrenue) des catégories politiques vides de sens : mieux vaut chercher, par en bas, ce que cette journée évoque dans sa forme.

L’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle fournit, à cet égard, un point de comparaison intéressant. Le mouvement des enclosures, visant à déposséder les paysans de la jouissance des terres communes, avait été encadré par l’Inclosure Act de 1773, cependant qu’Adam Smith préparait la parution de La richesse des nations (1776). Les communautés villageoises connaissaient une profonde déstructuration. Un saut d’échelle avait lieu : l’unité scalaire du village, ou du comté, devait être liquidée au profit de l’unification économique de la Nation, et de son insertion dans le marché mondial. Cependant, les communautés villageoises ne considéraient pas ce processus comme inéluctable, et disposaient d’une tactique destinée à contrer à le contrer : la foule. Comme l’expliquait l’historien britannique E. P. Thompson, la foule ne reconnaissait pas les lois de l’offre et de la demande, selon lesquelles la rareté se traduisait inévitablement par une hausse des prix, et restait attachée à des traditions de marchandage direct, qu’elle défendait par l’émeute. Toute augmentation du prix du pain, toute tentative d’imposer une mesure-étalon pour la vente du froment qui ne correspondait pas aux standards populaires et locaux, était la cause d’une émeute. En 1795, alors que la disette se généralisait en Europe, les navires céréaliers étaient bloqués dans les ports, car on suspectait les courtiers en gros d’expédier du blé vers l’étranger. Le blé, la subsistance, était bloquée – et tous les types de flux qui pouvaient lui être associés : cela pouvait aussi bien se traduire par le fait d’intercepter des charrettes de froment en rase campagne, en faisant appel à des « bandits sociaux » familiers du terrain, que par le fait d’empêcher le départ de navires. On bloquait le réseau du blé.

Le luddisme, un peu plus tard, revêtira également les traits d’un acte délibéré de ralentissement des flux de marchandises et de personnes. Mais là où la question de l’interruption – ou, à tout le moins, de la maîtrise des flux – ressurgira, c’est au lendemain de la guerre de 1870. Les prussiens avaient montré à l’Europe que leur victoire résidait dans la maîtrise sans pareil de la circulation de troupes par voie ferrée et, par conséquent, de leur approvisionnement en charbon. Le sabotage contemporain naquit de ce constat : il fut expérimenté par les hommes du front, par les Communards qui coupèrent les lignes télégraphiques afin de ralentir les Versaillais, puis transféré dans la sphère politique par l’intermédiaire du syndicalisme d’action directe.

Émile Pouget mit ainsi en forme la question du sabotage dès son retour d’exil, en 1895 : elle était inséparable du mythe de la grève générale révolutionnaire. En 1912, à la parution de son opus magnum, il fit du sabotage le principe même de la lutte : « Dès qu’un homme a eu la criminelle ingéniosité de tirer le profit du travail de son semblable, de ce jour, l’exploité a, d’instinct, cherché à donner moins que n’exigeait son patron. Ce faisant, avec tout autant d’inconscience qu’en mettait M. Jourdain à faire de la prose, cet exploité a fait du sabotage, manifestant ainsi, sans le savoir, l’antagonisme irréductible qui dresse l’un contre l’autre, le capital et le travail. »

Dérivé du go’canny écossais, ou du fait de « faire traîner les sabots », le sabotage, qui n’était au départ qu’un ralentissement, se déplace avec Pouget à l’échelle du réseau entier de la production et de la circulation de matières, il s’adapte à l’émergence de l’usine taylorienne. Sans que les syndicalistes révolutionnaires n’aient jamais pu s’imposer au sein des grandes fédérations de travailleurs (mines, chemins de fer), une courte « ère du sabotage » fut néanmoins ouverte entre 1906 et 1911 : le « Roi de l’Ombre » Émile Pataud, à la tête du syndicat des électriciens, plongea Paris dans l’obscurité le 7 mars. En avril 1909, une grève des postiers aboutit à la section de nombreuses lignes télégraphiques. Le 13 octobre 1909, lors de la manifestation de protestation contre l’assassinat de Francisco Ferrer, les émeutiers parisiens incendièrent les conduites de gaz, et l’on vit en pleine nuit jaillir des geysers de feu au beau milieu de la capitale. Au même moment, les cheminots étaient suspectés d’avoir tenté d’interrompre les flux ferrés, et la répression s’abattit sur le syndicalisme révolutionnaire après l’épisode du « Pont de l’Arche », où quatre wagons du rapide du Havre tombèrent dans un fossé dans la nuit du 29 au 30 juin 1911, sans faire de victimes. Certes, il ne s’agissait plus là de mouvements de foules paysannes, mais la dimension logistique du pouvoir s’était révélée avec une évidence sans précédent.
Représentation(s)

Le 17 novembre est donc une affaire de spatialité. Il raconte une chose sur la façon d’habiter l’espace des gilets jaunes – cette façon de vivre les « villes invisibles »,que partage la banlieue, le péri-urbain et le rural dans leur commune dépendance à la voiture. Et il en raconte une autre sur la façon de se projeter dans l’espace – cette façon d’opposer, à la pensée zonale de l’État, la pensée réticulaire de l’expérience du monde.

Par ailleurs, les gilets jaunes ne forment pas un collectif politique homogène et stable. Au contraire, l’effet-masse du mouvement est si fragmenté qu’il est difficilement soluble dans les catégories positivistes de la sociologie politique. D’où l’incompréhension à son égard dans bien des franges de la gauche et de ses extrêmes. D’où une certaine frilosité. D’où certaines calomnies en forme d’accusations de poujadisme.

 Pourtant, ce qu’il y a de formidable avec cette séquence naissante ne se situe pas dans la clarté du mouvement qui se dessine, mais dans le fait qu’il échappe encore à toute capture politique. Cela lui confère un caractère imprédictible car il échappe pour le moment encore au répertoire d’action de la politique classique – de gauche comme de droite. Sans direction syndicale, ni grandes manifestations aux revendications claires et délimitées, l’hostilité anti-gouvernementale des gilets jaunes ne s’exprime pas non plus dans les formes classiques du mouvement social à la française. S’y joue un certain effet de sidération collective, une certaine ouverture à la panique - et la panique est ce qui fait paniquer les gouvernants. Cette grande peur tient pour partie d’un phénomène de prolétarisation massive, mais aussi du sentiment diffus que les crises contemporaines viennent nous menacer jusque dans nos modes d’existence concrets. L’embryon d’hostilité généralisée à l’égard de la hausse des prix s’articule à partir d’une individualité générique certes, mais ’plus on lutte pour sa propre vie plus il devient évident qu’on lutte contre d’autres qui nous gênent de tous côtés’, nous rappelait déjà Elias Canetti au siècle précédant dans Masse et puissance.


  Jaune(s) et vert(s)

L’usage symbolique du gilet jaune est clair : ce qui avait d’abord été imposé comme un dispositif de sécurité se transforme en pas de côté social. L’horrible vêtement jaune devant normalement être enfilé au moment d’un arrêt forcé sur le bas-côté (ceci jusqu’à l’arrivée des secours, de la dépanneuse ou des forces de l’ordre) devient le véhicule symbolique d’une agrégation des colères populaires. Cet artefact de la société du risque contrôlé voit son usage détourné, révélant par là tout le mensonge de ce genre de dispositif. Sortis de leurs voitures, les gilets jaunes se reconnaissent mutuellement dans l’urgence provoquée par la dégradation soudaine de leur modes d’existence. Ce qui s’est opéré ce weekend est un renversement : les gilets jaunes sont de sortie, mais il se peut qu’ils n’attendent plus la voiture-balais d’une société supposée leur venir en aide. Car si la voiture est en panne, c’est aussi à cause de la route elle-même.

’On travaille pour mettre du gasoil dans la voiture pour aller travailler pour mettre du gasoil dans la voiture. Vous voyez le truc ?’, nous dit une manifestante anonyme. Un marxiste croirait déceler dans ces paroles une définition de la domination abstraite : le fait qu’il faut travailler pour travailler. Nous y voyons plutôt la métaphore d’une civilisation agonisante que trahit l’une des limites structurelles du mouvement naissant des gilets-jaunes. C’est que le monde actuel se maintient par son intensification permanente et clôt l’horizon même de son potentiel dépassement. Il capture ainsi toute proposition de bifurcation radicale.

Certes, l’hypothèse des gilets jaunes reste pour l’instant prisonnière du monde qui l’a produite, mais ce n’est pas sa fin en soi. Nombre d’esprits tatillons ont d’ailleurs d’ores et déjà critiqué à l’envi le caractère pollueur de leurs revendications. Toute contre-insurrection repose sur des tactiques qui visent à diviser entre eux les segments de la population qui pourraient rejoindre les insurgés. La macronie l’a bien compris, puisqu’on assiste ainsi depuis quelques jours - à mesure que l’inquiétude du pouvoir grandit - à l’inflation d’un métadiscours qui voudrait opposer le gilet-jaune périphérique à l’écologiste urbain.

Nous dirons au contraire que l’un ne va pas sans l’autre. La colère du gilet jaune lui échappe et elle doit contaminer l’esprit raccommodeur de l’écologiste. En retour, la dimension réparatrice de l’écologiste doit toucher le caractère destructeur des bloqueurs parés de gilets jaunes. Les deux doivent faire l’expérience commune que le pouvoir qui les ronge s’incarne dans des infrastructures qu’ils devront combattre - ensemble.

Un historien des couleurs, Michel Pastoureau, a montré qu’au Moyen-Âge le jaune et le vert, lorsqu’ils sont joints, illustrent un champ symbolique du désordre. Il nous dit qu’au XIVe siècle, si le blanc conserve tout son prestige sémantique et esthétique, le jaune en vient à signifier l’autre radical, ’le jaune n’est plus guère la couleur du soleil, des richesses et de l’amour divin, [...] devenu la couleur de la bile, du mensonge, de la trahison et de l’hérésie, [...] c’est aussi la couleur des laquais, des prostitués, des juifs et des criminels’. Quant au vert, son cas est plus subtil, ’c’est la couleur ambivalente type’, ’couleur du diable et de l’Islam, couleur de la jalousie et parfois de la ruine, le vert est aussi la couleur de la jeunesse et de l’espérance, celle de l’amour naissant et de l’insouciance, celle de la liberté [...] qui traduit une idée de perturbation’, de folie même parfois. Exactement comme aujourd’hui avec le gilet jaune et l’écologiste vert, ’le jaune évoque la transgression de la norme ; le vert, la perturbation de l’ordre établi’ et quand elles sont juxtaposées, les deux couleurs produisent une intense symbolique du désordre. Dans son caractère bariolé, écartelé, la redondance de cette bichromie équivaut presque à une structure chromatique en spirale, qui donne l’impression d’un bruit violent et croissant, d’un arrêt à venir. Ainsi, dans l’imaginaire carnavalesque, les deux couleurs liées sont associées au fripon ou au bouffon, soit à la figure du trickster, cet être qui se moque des puissants et dont le rire détruit autant qu’il répare.

vendredi 16 novembre 2018

Les Gilets Jaunes débordent déjà !!!




Les Belges bloquent les dépôts de carburant !
La cause est elle juste ?

Oui, le racket des prolétaires qui, pour beaucoup en dehors des grandes villes, dépendent de leur voiture pour travailler et de facto se nourrir est une injustice à combattre.

Tous sur les barrages pour radicaliser.


Mobilisons-nous massivement:  K-ways noirs & gilets jaunes unis !

mercredi 14 novembre 2018

Du sexisme inclusif



Reproduction d'un article d'Annick Stevens par PMO sur l'un des confettis sociétal qui inondent le Média depuis une quinzaine d'années.
Nul puritanisme, mais un plan complet pour enfumer les esprits faibles. L'écriture inclusive n'est qu'un élément avec la VEGAN, la PMA et toutes les autres "Fausse Critiques" du puzzle.


Nous qui avons toujours considéré que l’écriture prétendue "inclusive" était ainsi nommée par antiphrase ; qu’elle n’était en réalité qu’une écriture exclusive visant à la séparation, une mode issue du puritanisme des campus américains (voir Les Bostoniennes de Henri James) et la plus récente préciosité des ridicules contemporaines, nous publions avec plaisir cette dissection réfléchie et raisonnée de la philosophe belge Annick Stevens, spécialiste d’Aristote et de la philosophie de l’Antiquité.

Le texte a été publié fort à propos par le “bulletin de critique bibliographique” anarchiste A Contretemps
Du sexisme inclusif stevens.pdf

dimanche 8 juillet 2018

Cerfs volants


« N’ayez pas peur des difficultés que vous rencontrez; rappelez-vous que le cerf-volant monte toujours avec le vent contraire, jamais avec celui en sa faveur »


Il y a une guerre à 2 250 kilomètres d’ici. Une guerre combattue à armes inégales. D’une part, l’une des armées les plus redoutables du monde, possédant les armes de guerre les plus modernes et sophistiquées; de l’autre, les survivants d’une population épuisée par une longue occupation. D’une part, un État riche et puissant avec une industrie florissante. De l’autre, un magma d’organisations, de bandes, et de groupes. Des militaires professionnels d’un côté, des combattants en guenille de l’autre.
Le premier massacre, les autres résistent.

Le 14 mai, les revendications de ces derniers étaient étouffées dans le sang. A la veille du 70ème anniversaire de la Nakba – la «catastrophe» du retrait de leurs terres – des milliers d’hommes et de femmes, jeunes et vieux, et enfants, marchaient en signe de protestation à la frontière de la bande de Gaza. Les tireurs d’élite de l’armée israélienne les attendaient.
Dès que les manifestants se sont approchés trop près des barbelés, ils ont ouvert le feu : soixante morts, deux mille blessés. Tous Palestiniens. Bien sûr, pas même un soldat israélien blessé.

Savez-vous comment la moitié des médias de masse ont appelé ce tir à la cible? Des « Affrontements ». Comme si ce jour-là n’avait pas été un carnage unilatéral, mais une sorte de duel. David a grandi, maintenant c’est lui Goliath. Il est le plus fort, il le sait, il n’hésite pas à le montrer. Que reste-t-il à faire à ces malheureux*, sinon mourir? Et en effet ils meurent, tous les jours. Mais pas sans résister.

Bien que beaucoup d’entre eux soient nés et aient grandi dans cette immense prison à ciel ouvert qu’est Gaza, bien que beaucoup d’entre eux savent qu’ils n’auront jamais de joie, qu’ils ne verront jamais la sérénité, que tout ce qu’ils éprouveront dans leur vie, c’est le désespoir, ils se résignent pas pour autant. Ils n’ont pas d’armes? Pas d’argent? Ils n’ont aucun moyen? Peu importe, ils ont de l’intelligence et de l’imagination.

Ces derniers jours, des centaines de cerfs-volants se sont envolés de la bande de Gaza. Ils avaient un petit engin incendiaire, attachés à la ficelle. Leur vent défavorable a soufflé vers les territoires israéliens.
C’est là qu’ils sont tombés, ces cerfs-volants, c’est là qu’ont surgi les flammes. Plus de mille hectares de récoltes sont partis en fumée. Des millions de dommages.

Voilà ce qu’ont fait ces combattants en guenille*, ils savent qu’ils auront une vie courte, mais ils se battent, ils savent qu’ils vont pleurer, mais ils se battent; ils savent qu’ils vont souffrir, mais ils se battent; ils savent qu’ils sont isolés, mais ils se battent; ils savent qu’ils vont mourir, mais ils se battent. Ils ne pensent jamais à quelles excuses ils ont pour ne pas réagir, ils pensent toujours à la façon de réagir.
Et nous? N’avons-nous pas de cerf-volant à faire s’envoler, nous?


https://finimondo.org/node/2199 * straccioni : ce terme plusieurs fois présent dans le texte est difficile à traduire sans perdre la nuance voulu dans le texte d’origine, il s’agit de signifier que les personnes sont non pas littéralement en guenille, mais déchues, privées de moyens ou en situation de survie



mercredi 6 juin 2018

Manifestation contre Parcoursup et la sélection à l’université jeudi 7 juin 12h à St-Michel.

Tout le monde déteste parcoursup : Appel lycéen pour le 7 juin


Lycées signataires : https://paris.demosphere.eu/rv/62835

 Manif du 22 mai, les interpellé.e.s racontent leur calvaire

A l’occasion de la conférence de presse qui s’est tenue mercredi matin au siège de la LDH, un texte rédigé par les personnes interpellées dans ou en marge de la manifestation du 22 mai a été lu par Adèle, l’une des étudiantes arrêtées ce jour là. Le voici en intégralité.
La pluie, les lacrymo, les coups

22 mai 2018, manifestation pour la défense de la Fonction Publique et contre Parcoursup. À Paris, de nombreuses et nombreux manifestants marchent en direction de la place de la Nation, en dépit de la pluie. Fusent alors, de façon quasi systématique, les grenades lacrymogènes. La foule suffoque, pleure, panique et recule tant bien que mal en chutant souvent pour se mettre à l’abri, tandis que les CRS chargent. Viennent alors les coups de matraques, les contraintes physiques, et les insultes. Un déchaînement de violence injustifiable à l’encontre des manifestant·e·s, dont les corps seront frappés, étranglés, traînés et entravés, causant blessure après blessure.
La foire aux intentions

Pendant et aux abords de la manifestation, 128 personnes ont été interpellées. La qualification juridique qui leur est reprochée est la « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de dégradations ou destructions de biens ». Les fouilles deviennent à charge : sweat à capuche, coupe pluie, foulard, lunettes, béquille, clés. Tout objet pourrait être « arme par destination », tout vêtement pourrait être accessoire de « dissimulation », toute personne pourraient être accusée de vouloir commettre des délits.

Les raisons d’interpellations seraient donc les suivantes : s’être protégé de la pluie, du vent, des gaz lacrymogènes ou du soleil, avoir porté du noir, avoir marché, ou s’être trouvé à côté d’autres personnes. Tout est prétexte pour violenter et enfermer. En l’absence de faits caractérisés, la police interpelle hasardeusement quiconque croiserait son chemin. Personne n’étant alors à l’abri. Ainsi commencent les procès d’intention et la garde à vue.
La garde à vue, les mensonges et les sévices

Une personne sérieusement blessée à la tête qui aurait dû être conduite aux urgences sans attendre et ce malgré les demandes répétées du médecin pour l'emmener à l'hôpital n’y sera conduite que 10 heures plus tard. Certain·e·s sont entassé·e·s dans des cellules inadaptées à leur nombre et à la décence, dépourvus de dignité, de confort, n’ayant que l’incompréhension, le sentiment d’injustice et l’angoisse. Tout doit être demandé: à boire, à manger, les toilettes, l’heure, l’obscurité. Les plus simples demandes restent souvent ignorées durant de longues périodes, quant elles ne sont pas tout bonnement bafouées. Un mineur sera étranglé parce qu’il voulait simplement aller aux toilettes depuis plus de 2 heures pour lui apprendre la leçon : en garde à vue, on a pas de droits.

Les corps s’affaiblissent, et le moral s’effondre à mesure que la détention se prolonge. Les conditions d’interrogatoires sont difficiles à supporter. Le droit de garder le silence est invoqué, mais bafoué pour beaucoup, victimes d'intimidation. On interroge toujours certain·e·s en pleine nuit, et tout est fait pour nous garder éveillé·e·s en permanence : néon, bruit de serrure, discussions anodines, insultes... On nous garantit que si nous parlons, si nous donnons nos empreintes digitales ou ADN, nous sortirons plus tôt. Encore un mensonge policier.
Pas de répit au TGI

Au dépôt au Tribunal de Grande Instance, le même manège pour nous priver de nos droits recommence : impossibilité de consulter le médecin, l’avocat, ou de manger. La quasi totalité des interpellé·e·s convoqué·e·s en comparution immédiate se présentera le ventre vide et sans avoir bénéficié d’une douche. Rappel à la loi ou procès, le choix est binaire même si disproportionné. Certain·e·s sortiront du tribunal au bout de 79 heures, d’autres resteront en détention provisoire, en prison, dans l’attente d’un procès.

Soyons clair.e.s, il s'agit ici, face à un mouvement social contestataire pour préserver la fonction publique, face à une jeunesse qui veut se battre pour avoir un avenir sans sélection et ses résultats catastrophiques auxquels nous assistons aujourd'hui, d'actes d'un gouvernement qui a peur, peur face à la colère qui gronde et qui cherche donc à détruire dans l'oeuf toute initiative qui les remettrait lui et sa politique, en cause.

Soutien à tous ceux qui subissent la répression

Nous nous enfonçons aujourd'hui dans un état policier ultra répressif. Pour celles et ceux, suspects de contester l'ordre établi, il n'y a plus de proportionnalité des mesures : les gardes à vue sont systématisées, ainsi que les déferrements devant une justice qui n'a jamais aussi mal porté son nom. Les rafles massives sont le prétexte à étendre le fichage de la population, dès le plus jeune âge. Manifester, militer aujourd'hui, cela voudrait-il dire être prêt à renoncer à sa liberté quelques jours, semaines, ou mois ? Nous ne devons pas tolérer cela !

Le dernier camarade du 22 mai encore en détention provisoire est sorti hier (mardi 12 juin – NDLR), et nous félicitons le travail de son avocat ! D'autres sont sous contrôle judiciaire en attendant leur procès : interdit·e·s du 12e arrondissement, d'Île-de-France, de manif ou obligé·e·s d'aller pointer chez les flics. Nous n’oublions pas que ce que nous avons vécu, n'est qu'un des multiples visages de la répression que subissent chaque jour en France et dans des conditions souvent pires :

• les personnes des quartiers populaires qui font au quotidien les frais des pratiques violentes de la police

• les victimes de meurtres, viols et mutilations par la police

• les victimes de violences à qui l'on refuse l'enregistrement de plainte, l'écoute et la protection

• les personnes en garde-à-vue ou dans les geôles des tribunaux

• les prisonnier·ère·s dont en France plus d'un quart n'ont pas encore été jugé·e·s

• les adultes et enfants que la France enferme dans les zones d'attente, les locaux et centres de rétention administrative avec pour objectif de les déporter  ...

• celles et ceux qui sont interné·e·s contre leur gré dans les hôpitaux psychiatriques

les jeunes qu'on enferme dans des « centres éducatifs »

• et tant d'autres ...

Les brutalités, interpellations, gardes à vue et procès du mois de mai s’inscrivent dans la continuité d’une répression politique déjà en marche depuis longtemps. D’autres avant nous, ont subi les mêmes violences, qui tendent à se massifier et peinent à susciter l’indignation. Ne fermons pas les yeux, ne nous taisons pas, mais unissons nous pour faire cesser ces injustices. Notre volonté de lutter se renforce, portée par de nouvelles solidarités. Nous ne laisserons pas la répression de ce gouvernement nous briser et perdurer.

Pas de justice, pas de paix !

Rejoignez le combat.

mardi 5 juin 2018

Rassemblements contre la venue de Netanyahou en France le mardi 5 juin

Rassemblement devant le Grand Palais à partir de 18h30

La « saison croisée France-Israël » doit être inaugurée à Paris le 5 juin par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, conjointement avec le président de la République Emmanuel Macron.
Les crimes de guerre commis récemment par Israël sont d’une extrême gravité et la tentative de les blanchir par cette « saison croisée » est d’une indécence absolue.
Un rapport de l’OMS indique que 117 Palestiniens ont été tués dont 7 enfants âgés entre 14 et 16 ans. Le nombre de blessés s’élève à 13.190 parmi lesquels 1.136 enfants. 3.630 blessés l’ont été par des balles réelles parmi lesquels 332 sont dans un état critique
Cet événement serait en contradiction totale avec le signal clair et le ferme avertissement qu’il faut adresser à Israël.

C’est l’impunité d’Israël qui autorise à tuer les Palestiniens comme elle tue toute humanité de la part du pouvoir israélien : il est urgent d’y mettre fin, et d’appliquer des sanctions contre l’État d’Israël et particulièrement la Suspension de l’Accord d’Association UE/Israël.

Comme partout en France, nous appelons à se rassembler à Lyon le :
Mardi 5 juin à 18h quais du Rhône

(Quai Augagneur près du pont de la Guillotière)

Plus d’information

Collectif 69 de soutien au peuple palestinien
http://collectif69palestine.free.fr,

https://rebellyon.info/RASSEMBLEMENT-contre-la-venue-de-19303

« Non à la venue de Netanyahou en France! »
La Campagne 2018 - Le Temps de la Palestine, à l'initiative des associations palestiniennes: "Association de Palestiniens en Île de France", "Association des Palestiniens en France - AL JALIYA - Union d'Associations et d'Institutions Palestiniennes en France" et "Forum Palestine Citoyenneté", ainsi que les associations de solidarité avec la Palestine appellent à un rassemblement le 5 juin 2018 (18h30-22h) devant le Grand Palais (métro Champs Élysées Clemenceau) où est annoncée l'inauguration de la saison croisée France-Israël en présence du Président Macron Et de Netanyahou.

Soutien aux marches du retour et au soumoud* palestinien !
Non à la venue du criminel de guerre Netanyahou en France !
Annulation de la saison France Israël !

* Soumoud = Résistance
Rassemblement appelé par :

Association de Palestiniens en Île de France
Association des Palestiniens en France - AL JALIYA - Union d'Associations et d'Institutions Palestiniennes en France
Forum Palestine Citoyenneté
Alliance internationale pour la défense des droits et libertés (AIDL)
Argenteuil Solidarité Palestine (ASP)
Association France Palestine Solidarité (AFPS)
Association France Palestine Solidarité Paris-Centre
Association France Palestine Solidarité Paris-Sud
Association France Palestine Solidarité Paris 14-6
Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP)
Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS France)
Campagne unitaire pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah (Île de France)
Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI)
Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR-PO)
Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient - EuroPalestine (CAPJPO - EuroPalestine)
Femmes Égalité
Femmes en noir (FEN)
International Solidarity Movement (ISM France)
Montreuil Palestine
Secours Rouge Arabe
Union générale des étudiants palestiniens (GUPS)
Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

Ensemble !
Europe Écologie - Les Verts (EELV)
Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF)
Nouveau Parti anticapitaliste (NPA)
Parti communiste français (PCF)
Parti communiste des ouvriers de France (PCOF)
Parti de Gauche (PG)
Parti des Indigènes de la République (PIR)

https://paris.demosphere.eu/rv/62648

Pour une paix juste et durable entre palestiniens et israéliens

La « saison croisée » France-Israël doit être annulée.
Le criminel de guerre Netanyahu doit être interdit de séjour en France.
Manifestons partout en France le 5 juin !


La « saison croisée France-Israël » va regrouper, de juin à novembre, des dizaines d'événements en Israël et en France. Pour Israël, il s'agit de reconstruire une image positive, de tenter, à travers la science, l'art et la culture, de le blanchir de ses crimes. Cette « saison croisée » doit être inaugurée à Paris le 5 juin par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, conjointement avec le président de la République Emmanuel Macron.

En quelques semaines, les tirs de l'armée israélienne contre les manifestants de Gaza, non armés, qui protestent contre un blocus inhumain qui dure depuis 11 ans, ont fait 120 morts et plus de 13 000 blessés, dont 3 500 par balles, conçues pour infliger des mutilations et handicaps à vie.

Pendant ce temps, en toute impunité, Israël et les États-Unis fêtaient le transfert de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem, en contradiction totale avec le droit international et les résolutions de l'ONU.

La France a condamné l'un et l'autre. Mais que peuvent les paroles contre un pouvoir israélien qui se croit tout permis, fort du soutien inconditionnel des États-Unis de Trump, et l'absence de sanction ? Il est grand temps de passer de la parole aux actes.

Nous demandons l'annulation de cette saison croisée et de son inauguration le 5 juin :Une fois encore, les crimes de guerre commis récemment par Israël sont d'une extrême gravité, et la tentative de les blanchir par cette « saison croisée » est d'une indécence absolue. 
Cet événement serait en contradiction totale avec le signal clair et le ferme avertissement qu'il faut adresser à Israël.
Netanyahou, criminel de guerre, n'a rien à faire en France, la date du 5 juin, l'anniversaire du déclenchement par Israël de la « guerre des 6 jours », qui a conduit à l'occupation de nouveaux territoires par la force et une nouvelle catastrophe, la Nakba, pour le peuple palestinien, ajoute un facteur supplémentaire à cette provocation.

Partout, nous porterons l'exigence de la reconnaissance des droits du peuple palestinien - dont le droit au retour - et de la reconnaissance par Israël des crimes qu'il a commis. Nous demandons que, déjà, la France reconnaisse l'État de Palestine avec Jérusalem-Est comme capitale, comme l'ont demandé au gouvernement nos élu-e-s des deux chambres.

C'est l'impunité d'Israël qui autorise à tuer les Palestiniens comme elle tue toute humanité de la part du pouvoir israélien : il est urgent d'y mettre fin, et d'appliquer des sanctions contre l'État d'Israël et particulièrement la Suspension de l'Accord d'Association UE/Israël.

Nous appelons à manifester partout en France le 5 juin contre la venue de Netanyahou et pour l'annulation de la saison croisée France-Israël.

À Paris, nous appelons à nous joindre au rassemblement devant le Grand Palais à partir de 18h30.

A POITIERS
Mardi 5 juin À 18 h
Place de l’Hôtel de Ville Poitiers

A LILLE
Le 5 juin à 18h30
Rassemblement sur la Grand-Place et manifestation

A MACON
Manifestation de protestation MARDI 5 juin, à partir de 18H, Esplanade Lamartine.
Rassemblement sous la statue.

A MONTPELLIER
MARDI 5 JUIN À 18 H 30

RASSEMBLEMENT PLACE DE LA COMÉDIE

A MARSEILLE
A 18 H PORTE D’AIX LE MARDI 5 JUIN

A ANNECY
Mardi 5 juin à 18h30, devant le centre culturel Bonlieu,

ET A LONDRES :
Mardi 5 juin à partir de 17 H 30
En face du 10 Downing Street. London

http://www.europalestine.com/spip.php?article14345
 
Non à la venue de Netanyahou en France, c'est un criminel de guerre !

Annulation immédiate de la saison croisée France-Israël !

dimanche 3 juin 2018

Une conspiration pour livrer Julian Assange aux Etats britannique et américain

Non content de retenir notre camarade dans des conditions indignes, confiné dans une ambassade, ces ordures qui esclavagise le monde veulent sa peau.

En France on a d'autres soucis avec une nouvelle loi anti-handicapés pour booster les profits de l'immobilier de masse. Le majordome Macron. a beaucoup d'amis a satisfaire pendant qu'une génération galère en Parcoursup, un nouveau supplice technologique très performant...
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Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks qui a fait connaître aux peuples du monde la vérité sur les crimes de guerre américains au Moyen-Orient et sur de nombreux coups d’État et intrigues de Washington pour des changement de régime dans le monde, est de plus en plus en danger.

Des décisions se préparent pour expulser Assange de l’ambassade d’Équateur à Londres, où il a cherché l’asile politique il y a près de six ans et a été contraint de vivre comme un véritable prisonnier. 
S’il est placé en garde à vue par les autorités britanniques, il risque d’être remis au gouvernement américain, qui cherche depuis longtemps à le traduire en justice pour des accusations d’espionnage pouvant entraîner la peine de mort.
Au départ, le journal britannique The Guardian avait publié certaines des révélations dévastatrices de WikiLeaks en 2010. Il s’est ensuite retourné violemment contre lui, comme d’autres médias internationaux. Maintenant, il lance une campagne infâme, agissant clairement de concert avec diverses agences de renseignement, pour justifier que l’Équateur revienne sur l’asile accordé à Assange.

La nouvelle offensive contre Assange intervient sept semaines après que le gouvernement équatorien, sous la pression des États-Unis, de la Grande-Bretagne et d’autres puissances, a coupé tout contact Internet et téléphonique d’Assange avec le monde extérieur et empêché ses amis et sympathisants de lui rendre visite.
The Guardian a publié des allégations non fondées selon lesquelles Assange aurait « violé » le système de communication de l’ambassade et « apparemment » lu « des communications diplomatiques confidentielles ». Dans un tweet, WikiLeaks a catégoriquement nié l’accusation et, faisant référence à la source, a indiqué que : « C’est une calomnie anonyme alignée sur l’attaque actuelle du gouvernement britannique et américain contre l’asile de M. Assange - alors qu’il ne peut pas y répondre. »

Cela ne laisse aucun doute sur l’intention des dernières allégations. Le chroniqueur du Guardian James Ball a été direct. Le fondateur de WikiLeaks, a affirmé Ball, « devrait se rendre et quitter l’ambassade ».
La une du Guardian déclare : « S’il quitte l’ambassade, il peut s’attendre à être arrêté et à passer jusqu’à un an en prison pour avoir enfreint ses conditions de liberté sous caution. Les États-Unis pourraient alors chercher à le faire extrader. Il contesterait toute tentative de le faire, et pourrait gagner, mais il aurait à faire face à un long séjour en prison pendant que son dossier est traité. »

Plus tôt cette année, le président de l’Équateur, Lenín Moreno, entré en fonction en mai dernier, a déclaré qu’Assange était un « problème hérité » coûteux et un « hacker » et a fait comprendre qu’il considérait Assange comme un obstacle à de meilleures relations avec les États-Unis.
Le gouvernement équatorien a accordé l’asile politique à Assange en juin 2012, lorsque ses recours juridiques ont été rejetés contre une extradition vers la Suède pour répondre à des questions sur des allégations inventées d’agression sexuelle et de restitution probable aux États-Unis. Les autorités suédoises ont finalement abandonné leur enquête montée de toute pièce en mai 2017, mais le gouvernement britannique de Theresa May a toujours refusé d’annuler un mandat d’arrêt contre lui, nominalement pour avoir manqué à sa comparution lorsqu’il demandait l’asile.

Rafael Correa, le prédécesseur de Moreno, a récemment déclaré aux journalistes à Madrid que les « jours [d’Assange] étaient comptés » parce que Moreno, son ancien protégé, le « chasserait de l’ambassade à la moindre pression des États-Unis ».
Depuis son élection, Moreno a fait un virage brutal à droite, avec des réductions d’impôts pour les grandes entreprises, des coupes budgétaires dans les dépenses sociales et des tentatives de réduire la dépendance de l’Équateur aux prêts et aux investissements chinois en faveur de relations plus étroites avec l’impérialisme américain.

Le gouvernement équatorien a coupé les communications d’Assange juste un jour après avoir accueilli une délégation du Commandement Sud des États-Unis (Southcom), le bras du Pentagone en Amérique latine et dans les Caraïbes, dirigé par le général Joseph DiSalvo. Southcom a déclaré que des discussions avaient eu lieu pour renforcer la « coopération en matière de sécurité ».
Il ne fait aucun doute que l’appareil de renseignement et l’establishment politique américains sont aux manettes dans la conspiration contre Assange. L’année dernière, WikiLeaks a commencé à publier des fichiers plus incriminant sur les opérations mondiales de la CIA. Le procureur général américain, Jeff Sessions, a déclaré que la mise en accusation d’Assange était une « priorité ». Le directeur de la CIA, Mike Pompeo, aujourd’hui secrétaire d’État, a déclaré que WikiLeaks était un « service de renseignement non-étatique hostile ».

Le mois dernier, dans une autre tentative pour faire taire WikiLeaks, le Comité national du Parti démocrate américain (DMC) a lancé un procès, citant WikiLeaks et Assange comme conjurés avec la Russie et la campagne Trump dans un supposé effort criminel pour voler l’élection présidentielle américaine de 2016.

En réalité, les documents publiés par WikiLeaks dévoilaient les intrigues du DMC pour saper la campagne de Bernie Sanders lors des élections primaires présidentielles de 2016, et les relations intimes de la candidate démocrate Hillary Clinton avec les banques et les entreprises de Wall Street.
Le journaliste et réalisateur de documentaires John Pilger a dénoncé hier la « trahison » d’Assange par l’Équateur. « La poursuite vindicative d’Assange [est en cours] pour une seule raison : il a dit la vérité », a déclaré Pilger à Sputnik International.

« Il a révélé à travers Chelsea Manning [ ...] les crimes de guerre des États-Unis en Afghanistan et en Irak ; et bien sûr, l’année dernière, révélé les machinations du Comité national démocrate essayant de truquer le résultat [du vote primaire] dans ce pays, ce qu’il a réussi à faire ».

Pilger a condamné les agissements du gouvernement Moreno pour révoquer l’asile politique d’Assange.
« L’asile politique est quelque chose qui est internationalement reconnu », a-t-il dit. « Ce n’est pas quelque chose que vous pouvez ensuite diluer. Eh bien, c’est ce que le gouvernement de Moreno a fait. Il a négocié avec le gouvernement britannique sans l’accord de Julian, parfois même sans l’impliquer lui et ses avocats. »
Pilger a souligné l’accommodement que Moreno cherchait avec Washington, qui attaque de front n’importe quel gouvernement en Amérique latine considéré comme un obstacle à l’hégémonie américaine sur ce continent.

« Il est clair que ce gouvernement s’est incliné devant les États-Unis, parce qu’il a coupé les contacts de Julian – par Internet, téléphone, tous les visiteurs sauf les avocats et livraisons de nourriture le jour où le commandant de Southcom Joseph DiSalvo est arrivé à Quito, Équateur pour renégocier une base américaine que Correa avait fermée. »

Le Guardian a fondé ses accusations non vérifiées contre Assange sur des « documents secrets » qu’il avait « vus », en collaboration avec Focus Ecuador, un site web de droite. Il a accusé l’agence de renseignement équatorienne « d’avoir financé une opération d’espionnage de plusieurs millions de dollars » pour « protéger » Assange à l’ambassade. En six ans, cette activité aurait coûté 5 millions de dollars.
Un examen plus approfondi du dossier, cependant, indique que la surveillance a été menée principalement contre Assange et WikiLeaks. Une agence de sécurité a surveillé Assange 24 heures sur 24 et installé des caméras de vidéosurveillance dans toute l’ambassade.

« L’Opération invité » a enregistré chaque visiteur qu’Assange a eu pendant six ans, et a espionné chacun de ses mouvements dans la minuscule ambassade, surveillant son humeur, ses habitudes et ses habitudes de sommeil, a rapporté le Guardian. Les agents ont consigné le but de la visite de chaque visiteur, leurs informations de passeport et les heures d’arrivée et de départ.

« Chaque mois, l’entreprise de sécurité a envoyé une liste confidentielle des visiteurs d’Assange au président équatorien », a indiqué le journal. « Parfois, l’entreprise ajoutait des prises d’images vidéos secrètes d’invités intéressants, ainsi que des profils et des analyses. »

Selon le Guardian, ces indices lui ont peut-être permis « de savoir qui lui a donné la mine de documents piratés qui ont contribué à faire chuter Hillary Clinton aux élections de 2016 ». Il a déclaré de façon inquiétante qu’un tel « visiteur » pourrait « intéresser » le procureur spécial américain Robert Mueller, qui dirige une enquête sur les liens présumés du gouvernement Trump avec la Russie.
Selon le journal, le FBI a déjà interrogé « au moins une source proche de l’Opération invité », indiquant que l’Équateur a remis tous ses documents aux agences de renseignement américaines. En conséquence, toute personne qui a visité ou communiqué avec Assange alors qu’il se trouvait à l’ambassade est exposée à la persécution et, potentiellement, à des coups montés d’accusations de complicité d’espionnage ou d’avoir voulu manipuler les élections américaines de 2016.

Le complot contre Assange est lié à une campagne de plus en plus intense menée par le gouvernement américain et ses alliés pour imposer une vaste censure sur Internet et supprimer la liberté de parole et les droits démocratiques plus larges. Des allégations non fondées de « fausses nouvelles » et « d’ingérence russe » sont utilisées par Google, Facebook et d’autres conglomérats pour restreindre l’accès à des sites Web - y compris WikiLeaks et le World Socialist Web Site - qui fournissent des commentaires critiques et des révélations sur la classe capitaliste et ses agences.

Nous encourageons vivement les travailleurs et les jeunes à venir partout à la défense d’Assange et à exiger sa liberté immédiate.


                                                                                                      Mike Head

Source: https://www.wsws.org/fr/articles/2018/05/17/jasa-m17.html

Libérez Julian Assange !

L’Équateur laisse entendre qu’il pourrait livrer Julian Assange à la Grande-Bretagne et aux États-Unis

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