samedi 4 juin 2011

La revue Sexpol


Revue de sexologie politique, d'inspiration Reichienne, dirigée par Gérard Ponthieu. Préfigurat ce qui eu put être la révolution sexuelle, dans le sillage de mai 68.
 
Lire l'article de Gérard Ponthieu présentant l'histoire de la revue, parue de janvier 1975 à octobre 1980 (39 numéros).

Wilhelm Reich avait lui même publié une revue du même nom.
"Itinéraire balisé pour (s)explorateurs prudents" (pdf 214 Ko): principes de base énoncés à la création de la revue.
Téléchargement des sommaires détaillés : (pdf zippé 1,1 Mo)
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de l'ensemble des couvertures (la plupart au format jpg 425 x 600) regroupées dans un fichier zip (1,7 Mo)

En janvier 75, il y a  plus de trente ans, paraissait le premier numéro d’une revue plutôt balbutiante, sous une couverture un rien prétentieuse. Voilà qui aurait pu ne pas mener bien loin. Mais le coup de clairon sonnait haut et fort à la Une : “Un monde à refaire”… Le programme ne péchait pas par modestie.
En ces temps-là les jeunes
ne doutaient pas, ou si peu; ils avaient été nourris au lait entier des certitudes, peut-être même de la certitude des désirs-réalité confondus. Soixante-huit avait œuvré au noir et au rouge, et de l’athanor encore fumant/fumeux, on défournait, en les démoulant d’un bloc, des pans entiers de condamnations assassines et d’utopies célestes. Sexpol aussi sortait de ce four-là, mais en dénotant dans le concert des feuilles “néo-révolutionnaires”, interrogeant dans les profondeurs et l’individu et la société, traçant les premiers sillons des questions de fond, toujours actuelles, après des siècles et des siècles, depuis le début de l’humanité.

L’aventure allait durer presque six ans, avant de s’échouer à sa 39e parution, en quasi silence, sur les plages émollientes de la gauche au pouvoir. Non pas un naufrage, plutôt la boucle fermée d’un temps à demi-révolu, même pas une demi-révolution, autant dire un virage mou finissant plein cadre dans le décor fluo du dieu-Marché, de la marchandise mondialisée.

DIX FOIS PLUS DE PASSIONS

Sexpol N°5 du 15 octobre 1975

On est tous des putes, on est tous maqués. Vendre ses mains, son cerveau, sa vie, n'est certes pas moins aliénant que de vendre son cul. Le salariat est le système de la prostitution généralisée. La misère sexuelle qui fonde ce système fournit directement les clients de la putain. L'équation paraît simple à poser, au moins en théorie : abattons le salariat, faisons reculer la misère et l'ignorance en amour et nous résoudrons du même coup le problème de la prostitution.
Et pourtant nous ne l'aurons abordé qu'en tant que forme particulière de l'esclavage sans aller au fond des questions qu'il soulève. Plus de putes, plus de macs, fort bien ! Maintenant, qui va faire l'amour avec ceux-celles qui dans l'ancienne société payaient pour se faire aimer ? Et puis on sait bien que les prostituées ne voient défiler qu'une portion infime de ceux que la société prive d'amour. D'abord les femmes qui ne disposent pas - même si elles le désiraient - du recours à la prostitution masculine ; les vieillards dans la misère et puis, dans toutes les catégories d'âge et de sexe, il y a les moches, handicapés graves ou simplement gueules ingrates par trop éloignées de nos critères habituels de beauté ; les hommes encore sont censés avoir « du charme », mais les femmes...Certes, on peut imaginer que les bouleversements amenés par une révolution culturelle modifieraient radicalement le tableau des relations sociales, donc érotiques, dont nous avons l'habitude. Puisque l'axe, le moteur et le but de la révolution c'est de faire naître en chaque individu « dix fois plus » de passions qu'il n'en a aujourd'hui, sans doute découvrirons-nous avec enthousiasme telle pratique amoureuse dont nous n'avions pas idée ou qui nous rebutait.
Algèbre d'amour
La manie de l'acte gratuit se développant, comme dirait Brassens, va-, t-on voir un brassage complet et immédiat des âges, des sexes et des conditions sociales ? Fourier, avec raison, n'y croit pas un instant ; il a compris, avant que nous en fassions l'expérience pratique, que si on se contente d'afficher la liberté des désirs ce sont toujours les mêmes qui se branlent devant l'affiche. Et c'est l'audace et l'ambiguïté de Fourier pour mieux aider le désir à s'épanouir dans. tout le corps social, il faut le cerner, le codifier et finalement le coincer dans une morale, voire une mystique. Il sera question de "philanthropie", de "charité" amoureuse. L'harmonie se doit d'assurer le plaisir amoureux « au centenaire comme aujouvenceau pourvu qu'il lui reste assez de force ou d'intelligence pour y parvenir ».
Fourier devance à longueur de pages les critiques qu'il pressent. Comment réfléchir à de telles possibilités révolutionnaires quand on a l'esprit encore embrumé de la crasse « civilisée » ? Même l'image que nous nous faisons de la vieillesse est caduque.; en harmonie la jeunesse des corps et des esprits entretenue par une vie entière de libre amour réduit à un fort petit nombre les vieillards usés par l'âge ou par quelque disgrâce. Pour les autres, parfaitement aptes à donner et recevoir l'amour, un renversement des mentalités leur attirera la déférence et l'intérêt passionné de la jeunesse.
Un exemple. Urgèle a 80 ans et Valère en a 20 ; Urgèle risque de se heurter à la répugnance de Valère mais celui-ci fréquente depuis l'âge de 5 ans plusieurs groupes où Urgèle a acquis depuis longtemps une grande expérience ; elle excelle entre autres "en algèbre d'amour ou calcul des sympathies accidentelles en amour; c'est l'art d'assortir passionnément une masse d'hommes et une masse de femmes qui ne se sont jamais vus ; faire en sorte que chacun des cent hommes discerne d'emblée celle des cent femmes pour qui il éprouvera amour composé, convenance parfaite des sens et de l'âme, sympathie de circonstance en rapport de caractère et en fantaisie accidentelle ».
Leurs passions communes rapprochent aussi Valère et Urgèle dans un amour « bien différent de la conquête que peut faire aujourd'hui une femme de 80 ans gui n'obtient un jeune homme qu'à force d'argent ». "Valère ne deviendra pas pour elle un amant habituel mais elle aura quelque part au gâteau". Voilà une façon de concevoir la réinsertion sociale des vieux, explosive non seulement en France mais en Chine "populaire" où l'on se gargarise de la place faite aux personnes âgées dans la collectivité.
Le code amoureux de la société harmonienne accorde aussi beaucoup d'importance à la beauté. Dans la "civilisation" être laide) est un handicap ; en harmonie, on encouragera vivement la beauté à servir la communauté. C'est « l'angélicat, coutume qui déterminerait une foule de beaux couples à favoriser passagèrement une masse d'amants et d'amantes »(:..) « On contraint aujourd'hui tant de beaux jeunes gens au service de la guerre » (...) « Combien il serait plus séduisant de suivre la facile carrière de philanthropie amoureuse."
Un ministre des plaisirs
Chacun des partenaires du couple angélique "sera ministre des plaisirs sensuels de l'autre, introducteur bénévole des élus et élues, négociateur pour leur admission collective. Chacun considérera comme service de haute amitié les plaisirs qu'on aura procurés à son angélique moitié » (...)
« S'il se trouve dans la contrée quelque individu accidentellement disgracié par la nature, l'ange et l'angesse leur feront religieusement !'offre de leurs faveurs. »
Outre le plaisir sensuel proprement dit que tel membre du couple angélique peut prendre à ce qui nous apparaîtrait plutôt comme une corvée, le couple est gratifié de l'admiration et du respect religieux qu'il suscite. « Il est adoré de ce gui !'entoure autant qu'il s'adore lui-même."
Ces actes philanthropiques que nul n'est tenu d'accomplir puisque "l'harmonie n'admet aucune mestcïe coercitive", assurent d'abord à leurs auteurs la garantie de bénéficier réciproquement de la disponibilité amoureuse de tous et de toutes. Fourier est strict : "Ce n'est jamais l'individu servi qui paie ceux qui le servent"; même si cette formulation paraît excessive, elle indique bien la préoccupation d'assurer la circulation maximum de l'amour et du désir dont les codifications d'apparence parfois obsessionnelles ont pour fonction, paradoxalement, de prévenir le gel du désir dans une structure limitante (couple, groupe).
Pas de loi contraignante donc mais une forte pression sociale puisque "un couple peu connu n'exciterait malgré sa beauté que le plus faible intérêt ». En somme, une illustration dans le domaine sexuel de Bakounine : « Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m'entourent, hommes et femmes, sont également libres. Ma liberté personnelle, ainsi confirmée par la liberté de tout le monde, s'étend à l'infini ». Tout le contraire du stupide et flic « ma liberté s'arrête où commence celle des autres ». Autrement dit (Vaneighem) « Je sais que tu ne m'aimes pas car tu n'aimes personne hormis toi-même. Je suis comme toi. Aime-moi ! » Pour Fourier, je n'accorde pas d'identité propre à ceux auxquels je m'offre, en eux j'adore le remous du désir qui m'enflamme moi-même. La pseudo-individualité bourgeoise est dissoute dans le flux des rapports désirants. Rien n'est perdu, personne n'est floué.
L'amour aveugle
Non seulement l'amour n'est pas aveugle, mais c'est peu dire qu'il y regarde à deux fois. Personne ne fait l'amour avec « n'importe qui ». Chacun(e) de nous a « ses » goûts, « ses » dégoûts, « ses » préférences. Proposer à quelqu'un de partager son plaisir est une entreprise sordide ; en dehors de rite extrêmement précis, on a toutes les chances d'essuyer un refus. On ne laisse pas comme ça n'importe qui servir de prétexte à l'afflux de son désir. Il faut que ça corresponde à des normes - M. Dugland, quel est votre type de femme ? - il faut que la marchandise soit conforme, qu'elle mérite le label personnel qu'on décerne l'air de rien mais sans faiblesse - pas mal ! mais t'as vu son nez ?
Le « mot d'amour » le plus prononcé en une minute sur la planète c'est : non. Pourquoi non ? Parce que « je n'ai pas - envie - de faire l'amour avec toi ». La dénégation est assortie dans le meilleur des cas de formules de consolations, - on regrette sincèrement de ne pas avoir envie de vous, on n'aurait pas demandé mieux. On vous exhorte à vous résigner devant ce phénomène normal. Il est bien « naturel », n'est-ce pas, de n'avoir pas envie de quelqu'un. Insister c'est s'exposer aux dernières violences verbales. Le demandeur se voit qualifié(e) suivant son sexe et la finesse de son argumentation d'hystérique, d'obsédé(e), de sadique, de phallocrate, etc. Et les MLF de hurler à l'unisson : si c'est ça votre liberté sexuelle, être toujours « disponibles totalement pour le premier venu » (Torchon n° 6) ; nous voulons choisir nos compagnons, nos compagnes !
Je m'expose à une critique féministe en ayant l'air de présenter le refus sexuel comme un comportement largement féminin ; mais je souhaite vivement que, un jour proche, les femmes (à commencer par celles qui luttent pour leur libération) puissent dire simplement à un homme qu'elles le désirent y compris en l'abordant dans la rue. Nous reparlerons alors plus tranquillement de la drague sou toutes ses formes en constatant d'ail leurs que les mecs, plus sollicités réagiront aussi mal que les filles aujourd'hui (cf. les difficultés d'un mec assumer une relation qu'il n'a p provoquée). Pour l'instant, l'initiative, au moins apparente, reste un prérogative surtout masculine.
Le refus naturel
Bien sûr, moi, mâle hétérosexuel, je peux dire sans « mentir » que telle femme m'attire, telle autre moins, que telle autre me répugne. Si ce vécu affectif est réel, il mérite au moins analyse.
Tous nos comportements sont déterminés culturellement, historiquement, etc. - platitude d'amphithéâtre que nous préférons oublier en ce qui concerne nos comportements amoureux. Déterminé(e)s, nous le sommes par notre histoire affective (image des parents), sociale (division de classe), biologique (tares), par l'idéologie (concept laid-beau, mariage, couple, tabous variés). La satisfaction d'un besoin et son organisation sociale varient d'une civilisation à l'autre. Il en va des pratiques amoureuses comme des habitudes culinaires et Fourier ne s'est pas fait faute d'utiliser l'image.
Les travaux sociologiques sur le choix du conjoint ont mis en pièce l'idéologie du coup de foudre, du hasard amoureux, de l'attirance inexplicable, du prince charmant et de la prédestination à laquelle appartient finalement la théorie de « l'envie ». Toute la littérature, le surréalisme compris, a tissé autour de la sexualité un épais cocon de préjugés sentimentalistes exploités et entretenus par la presse du « coeur » et qui fait disparaître la signification du désir sous « l'envie », épiphénomène culturel.
Les humains croient choisir leurs partenaires comme les ménagères croient choisir leur marque de lessive. La marge de liberté est la même, les objets également interchangeables. Difficile de reconnaître que n'importe quel amant est forcément le premier venu, mais c'est littéralement vrai ; chaque nouvel amant est le premier qui vient après des milliers d'autres incarnant chaque fois la redécouverte de l'amour. Ceci dit n'enlève rien de sa poésie, de sa totalité au plaisir, au contraire, son infinité ne reste limitée que par le temps et la mort.
L'acte sexuel est souvent vécu, surtout par les femmes, comme un sacrifice (il ne manque d'ailleurs pas de bases objectives dans les comportements des mecs à cette façon de voir) impliquant une sacralisation dans le couple. Proposer à quelqu'un de faire l'amour équivaut donc aujourd'hui à lui demander une faveur dont on est censé(e) être seul(e) à profiter. D'ailleurs, quand il a eu "ce qu'il voulait" - c'est-à-dire ce que la fille ne s'avoue pas vouloir - le garçon fout le camp. Alors la liberté c'est de dire non, y réfléchir, faire peut-être des concessions ; c'est l'amputer.
Bien sûr, je peux décider de me refuser à toi comme je peux faire voeu de chasteté, mais le refus n'est jamais assumé et je me retranche derrière une prétendue connaissance prémonitoire de l'échec. En réalité, croyant refuser le plaisir de l'autre c'est aussi et d'abord le sien propre qu'on nie. En me refusant à toi, je te refuse à moi. Le refus que s'opposent entre eux les acteurs inconscients du jeu social n'est que la tradition du refus que la société signifie au désir.
La liberté de refuser
Malgré l'abondance qui règne en harmonie, le refus y subsiste encore puisque Fourier prévoit qu'après une nuit où s'est opéré « un grand nombre d'unions », Bacchantes et Bacchants ont pour rôle de relever les blessés, c'est-à-dire de consoler les amant(e)s refusé(e)s en leur prodiguant "leur éloquence et leur charme":
Si le refus subsiste, c'est dans des circonstances bien particulières Galatée a préféré Pygmalion à Narcisse et Pollux ; de toute façon, il est intégré au jeu amoureux et la souffrance qu'il peut engendrer réduite autant que possible. Au moins ni Narcisse ni Pollux n'auront l'idée d'aller étrangler Galatée et son amant d'une nuit. Différence de poids d'avec la rubrique faits divers de votre quotidien habituel. Le jeu continuera et demain Galatée aimera Pollux peut-être, tous deux le savent et le désirent. La jalousie est désamorcée.
Reste que tout ça est utopique, pas sérieux et complètement étranger aux préoccupations de la classe laborieuse. Alors, je veux bien que la classe laborieuse avorte, déprime, cogne ses mômes et s'étripe sans s'en « préoccuper ». Justement, ça s'appelle la misère. Vouloir en sortir c'est utopique, puisque l'utopie c'est d'assumer nos désirs au point de vouloir les réaliser. Nos désirs ne sont pas sérieux parce qu'ils ne sont pas tristes. Pourquoi nous voulons changer la vie ? Pour rien, POUR LE PLAISIR !
Dans la pratique de tous les jours, ça n'est pas facile, non. Et alors ? La non-vie quotidienne, les renoncements, l'assassinat du désir, la résignation, les maigres compensations du couple ou de la putain, c'est facile, ça ? c'est gai ? Ça vous donne envie d'aller jusqu'à la retraite ?
Bien sûr qu'au jour le jour on se casse la gueule souvent et qu'on souffre encore pour faire reculer la souffrance et le désespoir de voir nos amours fragiles sans cesse brisées par les habitudes et la famille et les flics. Et la tentation de reculer, de croire encore aux illusions dont nous nous voulons riches tant nous sommes pauvres de jouissances.
L'utopie de Fourier nous gêne parce qu'elle n'a rien d'abstrait. Elle nous met en scène avec nos désirs, nos lâchetés, notre jalousie. Dans chaque illustration romancée, nous nous reconnaissons précisément. Nous y lisons le refrain de notre quête - « je t'aime comme je voudrais que tu t'aimes toi-même, c'est-à-dire libre ».

vendredi 3 juin 2011

Abrogation des législations d'exception en Europe

Pour l'abrogation du mandat d'arrêt européen tel qu'il existe
Pour la liberté d'Aurore Martin
En décembre dernier, la Cour d'Appel de Pau, puis la Cour de Cassation, ont validé le mandat d'arrêt européen délivré par les autorités espagnoles à l'encontre d'Aurore Martin, militante de l'organisation indépendantiste basque Batasuna. Depuis cette décision Aurore Martin vit cachée afin d'éviter sa remise aux autorités espagnoles et les années de prison qui pourraient en découler.
La validation de ce mandat d'arrêt européen a suscité de nombreuses réactions de réprobation tant en Pays Basque qu'au niveau hexagonal. Le conseil régional d'Aquitaine a voté une motion de dénonciation de ce renvoi, la majorité des conseillers généraux des Pyrénées Atlantiques sont allés dans le même sens. En Pays Basque, le soutien a Aurore est porté par toutes les tendances de l'échiquier politique démocratique, les représentants et élus de toutes ces formations politiques se sont positionnées et mobilisées (UMP, Modem, PS, PC, PG, Les Verts, NPA, Batasuna, Abertzaleen Batasuna).
Depuis quelques mois plusieurs organisations politiques, syndicales et associatives réfléchissent ensemble sur la prise d'une initiative unitaire de façon à renforcer la mobilisation contre la remise aux autorités espagnoles d'Aurore Martin, pour demander l'abrogation des législations d'exception en Europe, pour demander l'abrogation du mandat d'arrêt européen tel qu'il existe et pour réfléchir à la mise en place du processus démocratique en Pays Basque.
Notre première activité a été la rédaction d'un manifeste que nous vous présentons aujourd'hui par le biais de ce communiqué de presse.
De plus, nous, les premiers signataires de ce manifeste, nous nous joignons à l'appel à la mobilisation lancé en Pays Basque pour la journée du 18 juin 2011. Cette journée, organisée sous le thème "Liberté pour Aurore Martin, respect des droits civils et politiques", aura lieu à Biarritz, à La Halle d'Iraty. En journée deux tables rondes aborderont les questions des lois d'exception et du mandat d'arrêt européen et de leurs conséquences sur les libertés démocratiques, ainsi que la question de la résolution du conflit (les intitulés et intervenants de ces réunions vous seront communiqués plus tard); la soirée débutera par un meeting et se terminera par une fête populaire.
Nous appelons à participer activement et massivement à cette journée.

Wikipédia et police virtuelle


Wikipédia, qui d’après Le Point "accepte les dons des entreprises", demande à faire partie du Patrimoine Mondial de l’Humanité reconnu par l’UNESCO. Mais Wikipédia est une entité privée dont les administrateurs sont pour l’essentiel anonymes et qui déclare ne pas posséder de comité éditorial. Comment pouvoir juger des éventuels conflits d’intérêts de ces administrateurs et des garanties de neutralité de Wikipédia ? Malheureusement, ce n’est pas tout : Wikipédia s’est également dotée d’un troublant dispositif de police virtuelle, à commencer par le "test du canard" (affinités) et les "vérifications d’adresses IP" (analogies entre les cinq premiers chiffres de l’adresse IP, y compris pour des zones très peuplées). Il en résulte de nombreux blocages d’utilisateurs inscrits et de groupes d’adresses IP, sur la base d’un prétendu soupçon.

On peut lire sur le site de Wikipédia, à propos du "test du canard" utilisé par les administrateurs de ce site :
Le test du canard est une certaine forme d’induction humoristique que l’on peut énoncer ainsi : « Si ça ressemble à un canard, si ça nage comme un canard et si ça cancane comme un canard, c’est qu’il s’agit sans doute d’un canard. »
Cette formule implique que l’on peut identifier un sujet inconnu simplement en observant ses caractéristiques habituelles. Elle peut servir également à réfuter un argument selon lequel telle ou telle chose n’est pas ce qu’elle paraît.
(...)
L’expression aurait eu pour origine cette observation du poète américain James Whitcomb Riley (1849-1916) : « Si je vois un oiseau marcher comme un canard, nager comme un canard et cancaner comme un canard, j’appelle cet oiseau un canard. »
Le « test du canard » (en anglais : duck test) fut popularisé aux États-Unis par Richard Cunningham Patterson, Jr., ambassadeur des États-Unis au Guatemala en 1950, lors d’un incident qui préluda au coup d’État fomenté par la CIA et au renversement du président guatémaltèque Jacobo Arbenz Guzmán. Selon Patterson, il existait un moyen très simple de déterminer si le régime était ou non communiste :
(...)
La formule fut également utilisée par le cardinal Cushing, qui s’en servit en 1964 pour qualifier de Fidel Castro de communiste.
(...)
(fin de l’extrait de l’article de Wikipédia)
Une troublante référence explicite aux méthodes de chasse aux communistes, pour exposer une "technique" que Wikipédia semble utiliser de plus en plus souvent. Et le Wikipédia en anglais ajoute encore (même licence) :
The phrase may also have originated much later with Emil Mazey, secretary-treasurer of the United Auto Workers, at a labor meeting in 1946 accusing a person of being a communist.
(fin de l’extrait)
Voir aussi, dans le Wikipédia francophone :
et dans le Wikipédia anglophone :

Qu’est devenue l’encyclopédie prétendument "libre", "citoyenne", "ouverte", etc... ? A cette époque de reprise en main générale de l’internet et de mise en place d’une "gouvernance" mondiale privée, l’évolution de Wikipédia semble bien faire partie du même panorama. Va-t-on vers la diffusion via Wikipédia d’un "savoir unique" et d’une "pensée unique" à l’échelle planétaire ?

  Citoyen Sigma

jeudi 2 juin 2011

Critique du néo-libéralisme ou critique de la société marchande ?

Séminaire - Anselm Jappe - Critique du néo-libéralisme ou critique de la société marchande ?

Son accent allemand est si prononcé qu'il prête a la caricature...


On the 50th Anniversary of the Founding of the Situationist International

 "It is vain to want to revive a Situation that was valid 45 years ago. And especially when the people who occupy themselves with this 'restoration' are only chefs who do not know how to cook."  Raoul Hausmann, letter to Guy Debord, dated 5 April 1963.
"Surrealism is obviously alive. Its creators are still not dead. The new people, more and more mediocre, it is true, claim kinship with it. Surrealism is known to the public as the extreme of modernism and, on the other hand, it has become an object for university studies. It is indeed one of the things that live at the same time that we do, like Catholicism and General de Gaulle. [...] The real question is thus: what is the role of surrealism today?"  Guy Debord, Supreme Height of the Defenders of Surrealism in Paris and the Revelation of their Real Value (December 1958).
Exactly 50 years ago today -- on 28 July 1957 -- the Situationist International (SI) was founded in Cosio d'Arroscia, a small village in Italy. Is it not senseless to celebrate such an event? The SI disbanded in April 1972, and so is no longer with us. Several of its most important members (Asger Jorn, Constant, and Guy Debord) are dead. When the organization was in existence, it existed both in and against its era;[1] it was never intended to last beyond it.[2] To the extent that the SI's era has passed, so has the SI itself. There is no going back.
Over the course of those 15 years, the SI changed a great deal. It is commonly agreed that the organization went through three distinct stages (and so one might say that there were three Situationist Internationals, without considering the "Second Situationist International," which was formed in 1960 by several people who had been excluded from the "First" SI). Between 1957 and 1961, the SI both theorized and made revolutionary art; between 1962 and 1968, it both produced and disseminated revolutionary theory; and, between 1969 and 1972, it both theorized and participated in the post-1968 revolutionary movement. There were different, even conflicting tendencies within each of these three periods: between 1957 and 1961, there were intense debates between Jorn and Constant, that is to say, between the painters and the architects/urbanists; between 1962 and 1968, there were conflicts of style and tone that pitted Debord against Raoul Vaneigem, that is, dialectical epigrams against narrative exposition; and, between 1969 and 1972, there were splits between those who wanted to the SI to stay small or even shrink in size (most of the French section) and those who wanted it to grow (the American section).
Such was the richness of the SI. This richness -- the group's incredible fertility -- is why one marks and celebrates the anniversary of the organization's founding.
But when one speaks of the SI, one most often has the SI of the 1962-1968 period in mind. Did not Debord himself say that "one can not speak of 'coherence' in the first years of the SI," because coherence was only achieved in "the period begun in 1962 and in large part as a project that was more or less verified later on"?[3] It was, of course, during the SI's "middle" period that Vaneigem wrote and published Treatise on Living for the Younger Generations[4] and Debord wrote and published The Society of the Spectacle. More so than the essays published in Internationale Situationniste, these are the texts -- plus Mustapha Khayati's pamphlet On the Poverty of Student Life (written and published in 1966) -- for which the SI is best known.
Each of these famous books elaborates its own theory: Vaneigem's Treatise elaborates the theory of "everyday life"[5] and Debord's Spectacle elaborates the theory of "the spectacle."[6] But the former was in fact not a theory, but a concept; and, furthermore, it has not changed or been developed since the early 1960s. Everyday life was and remains an empty "terrain" (really, a block of time) that is occupied by and with passionless, joyless and meaningless activities: primarily work and the consumption of commodities. The revolution of everyday life was and remains the quest by individuals for a certain lifestyle, for time freed from the necessity of working and for consumption freed from the necessity of buying commodities.
On the other hand, "the spectacle" was indeed a theory, and Debord changed and developed it twice over the course of twenty-odd years. (One must not forget that the 15 years of the SI's existence is matched by the 15 years of diligent and high-quality activity that Debord personally engaged in between 1973 and 1988.) In 1967, the spectacle -- a stage of capitalist society in which super-abundant wealth is displayed and wasted instead of being used to revolutionize that society -- was defined as a binary opposition (and cooperation) between the diffuse spectacle of the "democratic" West and the concentrated spectacle of the "totalitarian" East. In 1973, in Debord's film The Society of the Spectacle, the spectacle was shown to be a stage that could be and indeed was actually being contested all over the world, in both the West (especially France) and the East (especially Poland).[7] And, in 1988, in Debord's Comments on the Society of the Spectacle, the spectacle[8] was defined as an "integration" of the diffuse and concentrated brands.
And so we are confronted with a troublesome series of observations: though the theory of the spectacle began as an exclusively situationist theory (no one else elaborated it), it ended up as Guy Debord's theory.[9] Unlike both the concept of "everyday life" and the Situationist International itself, the theory of spectacle moved beyond the 1960s and so did not pass away with them. More than that: with the development of the theory of the integrated spectacle, "situationist theory crosses over its disintegration point."[10] That is to say, situationist theory -- purely situationist theory, undeveloped situationist theory, situationist theory that bases itself too heavily or solely upon the revolution of everyday life -- finally became spectacular, finally became "situationism."
"Is it worth the bother of saying this again? There is no 'situationism.' I am myself only a situationist due to the fact of my participation -- at this moment and in certain conditions -- in a community practically grouped together in view of a task, which this community will or will not know how to accomplish [...] The SI is obviously composed of very diverse individuals and even several discernable tendencies of which the relations of force have sometimes changed. Without doubt, its entire activity is only pre-situationist. We do not in any way defend 'creations' that belong to someone and still less to a single one of us: on the contrary, we find it very positive that the comrades who have joined us have already, by themselves, attained an experimental problematic that blends ours. The surest symptom of idealist delirium is, moreover, the stagnation of individuals, supporting or quarreling for years about the same values, because they are the only ones to recognize them as the rules of a poor game. The situationists leave them to their dust-ups." -- Guy Debord, "Concerning Several Errors of Interpretation."[11]
Such a split -- friends of Guy Debord, on the one hand, and adherents to situationism, on the other, with no situationists to be found on either side -- was clearly visible during the polemic surrounding the Encyclopedia of Nuisances.[12] Unlike Debord and his friends, who were deeply interested in the political events taking place in Spain, Poland and Italy during the 1980s, the Encyclopedists were preoccupied with situationist texts (from the pre-1962 period!) and abstract concepts.[13] Significantly, the bone of contention between the two groups was an event: the French student movement of November-December 1986, in particular, the occupation of the Sorbonne and the erection of barricades in the Latin Quarter on 6 December. While the Encyclopedists were highly critical of these actions for reasons of "theory," Debord and his friends valued these actions for their practical boldness.[14] One might have expected that the reverse would have been the case: the Encyclopedists on the side of "action" and Debord et al on the side of "theory." But the times had changed, and so had Debord.
The same split exists today, even though Guy Debord himself is dead. There are a great many adherents to situationism and, though there are important differences between them, they share several of the preoccupations and limitations of the Encyclopedists. Here is a brief sketch, which excludes writers who do not consider themselves to be either adherents to situationism or friends of Debord and who have written texts about the SI that are openly hostile (Stewart Home, Bob Black, Simon Sadler, etc.):
Ken Knabb. This fellow has spent more than 25 years polishing his translations of the texts published in Internationale Situationniste, and in 2002 he offered yet another translation of Debord's 1967 book The Society of the Spectacle (it had previously been translated by Fredy Perlman and then by Donald Nicholson-Smith). But Knabb seems completely uninterested in (translating) Debord's work after 1972: his collaboration on the "Censor" pamphlet,[15] his Preface to the Fourth Italian Edition of "The Society of the Spectacle,"[16] his virtually unknown 1980 intervention in favor of imprisoned libertarians in Spain,[17] his Comments on the Society of the Spectacle, etc etc. Knabb's interest in (translating) Debord's films, most of which were made and released after 1972, does not undermine the validity of our reproach: these are mostly lyrical-poetic works, redolent of the SI's first period, and not strategic interventions, redolent of its third.
Retort. This is the name taken by a group of Anglo-American academics who are utterly fixated on Debord's 1967 book, and seem to be completely uninterested in Debord's post-1972 work. As we have pointed out,[18] this bias renders their analyses of "September 11th" completely boring and reactionary. Despite their name, this group's members do not dialogue or "engage in polemics" with people who disagree with them.[19] Not surprisingly, Retort's politics are explicitly Leftist, not revolutionary.
Various "Anti-Conspiracy" Pro-Situationists. Like the members of Retort, these are people who -- during their denunciations of what they call "conspiracy theories" concerning September 11th -- demonstrate their lack of knowledge or interest in both Preface to the Fourth Italian Edition of "The Society of the Spectacle" and Comments of the Society of the Spectacle. As if the Italian section of the SI never published Is the Reichstag Burning? such people claim that "conspiracy theories" are either non-situationist or anti-situationist.
Various Neo-Anarchists. Here we have in mind such groups (or participants in such actions as) "Reclaim the Streets," "Carnival Against Capitalism," The Yes-Men, The Rev. Billy, et al -- that is to say, most of what used to be called "the anti-globalization movement." These are Leftists and former-Marxists who are strongly influenced by the pre-1962 situationists, who call themselves "anti-authoritarians" because it is a good marketing strategy, and who are single-mindedly obsessed with defective or toxic commodities, evil corporations and economic globalization, and yet absolutely unconcerned with concentration camps, fascism, the "refugee crisis" and other properly political problems. They are also openly disdainful of September 11th "conspiracy theories."[20]
Jordan Levinson. This is a neo-anarchist who refers to Debord as "de Bore," who gloats about the fact that Debord "offed himself," and excoriates "the impotent rhetoric of dead fools from 40 years ago," and yet uses the email address situationist@email.com and insists on uploading his bad translations of situationist texts to a website that is full of advertisements and that deposits cookies and pop-up windows for commercial products on the hard-drives of the people foolish enough to access it. Levinson is an excellent example of a "Vaneigemist": full of rage and resentment, terrified of being judged or correcting himself, and content with things (virtually anything, of whatever quality) as long as they is free.
Raoul Vaneigem. To the casual observer, or even the moderately well-informed person, Vaneigem resigned from the SI in November 1970 and never looked back, that is to say, pursued his ideas and projects positively and progressively, not negatively or in reaction to (his resignation from) the group to which he belonged and derived whatever notoriety he possesses. Only those who have tracked Vaneigem's collaborations with the virulent anti-Debordist and madman Jean-Pierre Voyer -- and Vaneigem's use of pseudonyms (not "Ratgeb" or "Jules-Francois Dupuis," but "Jean-Pierre Bastid," "Pierre Bree" and "Jacques Vincent") in these collaborations[21] -- would know that his resignation has both determined and ruined much of what he has written since 1970.[22] (We fear that something similar is in play where Donald Nicholson-Smith is concerned.[23])
Though the adherents to situationism are awful and awfully frustrating, it is not at all comfortable being a "friend of Debord." (Note that we realize that we are certainly not Debord's only "friends," who also include Giorgio Agamben, Jean-Francois Martos and all of the various people who wrote articles about the obviously conspiratorial aspects of September 11th from a "situationist" -- that is to say, "Debordist" -- perspective.) The many causes for this discomfort are not all "theoretical"; they all do not have to do with the inappropriateness or counter-revolutionary aspects of the cult of personality, hero-worship, etc., especially where this particular person is concerned. Around 1990 or so -- but not before then, we are sure of it -- Debord became seriously depressed, paranoid, moralizing and very dull. These qualities can certainly be discerned in his letter to Jean-Francois Martos dated 26 December 1990, and they quite simply ruined Son Art et Son Temps, the TV program he made with Brigitte Cornand in 1994, shortly before his suicide. No doubt Volume 7 (1988-1994) of his Correspondance, which will be published in 2008, will show that these were not isolated episodes, but typical of the man's last few years. There will be no point in denying it.
"For the moment, you must observe all the treatments or regimes that are called for, even the severe ones. We will soon come to Italy, which, I hope, will encourage you. If a culpable indifference to what you can do in the world or a deplorable sense of humor causes you to still play with the idea of suicide, you must consider other alternatives. You know that I have always allowed, with a very great facility and nearly an equal spirit, that life separates me from many friends and several girls whom I have loved. But I tolerate death very poorly." -- Guy Debord, letter to Gianfranco Sanguinetti dated 25 September 1974.
But this does not mean that Debord's theory of the spectacle should be renounced or abandoned: far from it. Never before has it been so clear that "our" society -- the one we are forced to live in and create against our will -- is the society of the spectacle. And so our task should be developing a theory of the spectacle as it is today. A step has already been taken in this direction by McKenzie Wark in his book A Hacker's Manifesto (2004), in which the author speaks of "the vector." Adopting this term, we might speak of "the vectoral spectacle," but this is clearly inadequate: the relation of the vector (a spatial metaphor) to digital technologies is not clear. And so -- drawing upon such easily comprehensible (and relevant) terms as virtual images, virtual memory and virtual reality -- we propose the virtual spectacle," the spectacle at its point of virtuality.
Following the gestures of Chapter I of the "Censor" pamphlet and Chapter V of Comments on the Society of the Spectacle -- both of which list and briefly discuss five new characteristics of the society of the spectacle -- we end by offering five observations about what is new since 1988.

1) Torture. This is no longer a crime, forbidden by international law and secretly perpetrated on a select few people ("high value" terrorists held in military or CIA prisons, that is to say, people from whom specialized information "needs" to be extracted); it is now an officially approved form of "information gathering" practiced by the agents of the United States government, a "necessary" component of the "war against terrorism." But torture is also becoming the mainstay of the cultural spectacle in all its forms -- "body-centered" performance art, "aggressive" advertising, "adult" entertainment and "extreme" sports -- and so is now inflicted upon a growing number of people.[24] This is generally self-inflicted torture, and so appears different from the torture inflicted by the State. But, to the extent it can be just as painful to watch someone inflict pain upon themselves as it is to watch someone inflict pain upon someone else, self-inflicted torture is part of the same "theatre of cruelty" (should we say, the same "theatre of operations"?) as State torture. Torture is the official art form of the society of the spectacle.
2) Sonorization. Harsh sounds or annoying music can be (is being) used as an instrument of torture designed to extract information, especially if is used to deprive detainees or prisoners of sleep. But, like torture itself, sound is everywhere these days: not just "muzak" in the elevator and the supermarket, but electronic prompts, recorded voices and "sound effects" coming from every single computerized device, and -- of course -- everything is done by or with computers these days. Silence is disappearing, even from "silent movies," which have had soundtracks forced upon them (the auditory equivalent of "colorization"). Worse still, these sounds are not "natural" or recorded by analog recorders: they are digitally created sounds, simulated, and they sound "better" or "more realistic" than the real things. In the society in which the spectacle has reached the stage of virtuality, even sound becomes "spectacularized."
3) Slowness. It is obvious that digital technologies have accelerated the speeds of all kinds of delivery systems: for example, messages or bombs can now be sent 'round the world in a matter of seconds. Time itself seems to be accelerating. And yet some things are not speeding up, but are slowing down. For example: the progress of selecting the ultimate winner on the American Idol TV show now seems to take forever, and the "primary season" in American presidential politics now begins in the summer of the year preceding the actual elections. Surely such a slow pace in both "elections" guarantees greater income (advertising revenue and donations, respectively). But does not this slow pace -- a kind of torture -- threaten to exhaust people's interest? Perhaps this is precisely the intention. In a society in which everything (superficial) must change so that nothing (fundamental) changes, speed is the negation that the spectacle carries within itself.
4) Accidents. Technological development accidentally creates accidents on a large scale: the invention of the automobile was also the invention of the automobile crash; the invention of the airplane was also the invention of the airplane crash, etc. Because capitalist technological renewal is deliberate, the accident becomes easily foreseeable; and because such renewal is incessant, the scope of the foreseeable accident becomes wider and deeper. The "vector" here is clear: spectacular accidents will take place globally: not just anywhere in the world, but all over the world at the same time. Thus, there is a certain symmetry or integration between the technological accident and deliberate acts of terrorism, which can be defined as the interruption of everyday life by acts of war. It will become increasingly impossible to distinguish, say, an "accidental" explosion at a nuclear power plant and a deliberate act of sabotage at such an installation. In the society of the spectacle, terrorism and everyday life become indistinguishable.
5) Refugee camps. People or, rather, masses of people, whole populations, can be forced to become refugees by "man-made" accidents, natural catastrophes, market ("crop") failures, civil wars, invasions, occupations, etc. etc. They flee en masse and are forced to stay in "temporary" camps, which are maintained by friendly hosts. This is a doubly dangerous situation for the refugees: that which is only temporary easily becomes permanent; and refugee camps can easily become hotbeds of "terrorism," which are then turned into concentration camps so as to protect the "security" of their hosts. What happens when the "accident" of mass displacement becomes a global phenomenon? The "vector" of the virtual spectacle points towards a single, giant, transnational concentration camp.[25]


http://www.notbored.org

[1] "It is necessary to make it understood how the adventure of the SI was narrowly circumscribed in time; and contrary to many other 'avant-gardes' with pretensions to lead several [subsequent] generations. Literally, the SI existed from 1957 to 1972. And, by counting the period of the 'origins,' it existed from 1952 to '57. And here was the profound meaning of the operation of 'dissolution' that one can say took place between the autumn of 1970 and the first months of 1972." Guy Debord, letter to Jean-Francois Martos dated 14 September 1985.
[2] One wouldn't know this from the way the SI's texts have been translated into English. Take, for example, Ken Knabb's butchery of Michele Bernstein's No Useless Indulgences. Despite the facts that this short text was written by one of the SI's founders and published in the very first issue of the group's journal, Knabb saw fit to remove -- to leave untranslated -- all of this text's references to the people outside the SI who were held up for ridicule (Francoise Giroud, Georges Mathieu and Michel Tapie). Knabb's intentions were obvious: to present to the English-speaking world only those passages that were "timeless," that were not "tied" to France in the 1950s, even if that meant leaving half of this short text untranslated.
[3] See Debord's letter to Juvenal Quillet dated 11 November 1971.
[4] Better known as The Revolution of Everyday Life.
[5] Sources for this theory included Henri Lefebvre's The Critique of Everyday Life, Volume I (published in 1947) and The Critique of Everyday Life, Volume II (published in 1962).
[6] Sources for this theory included Georgs Lukacs' History and Class Consciousness (1926) and Georges Bataille's "The Notion of Expenditure" (1933).
[7] In a letter to Eduardo Rothe dated 21 February 1974, Debord sketched out the differences between the pre-1968 and post-1968 periods as follows: "The epoch no longer simply demands a vague response to the question 'What is to be done? [...] It is now a question, if one wants to remain in the present, of responding to this question almost every week: 'What is happening?' [...] The principle work that, it appears to me, one must engage in -- as the complementary contrary to The Society of the Spectacle, which described frozen alienation (and the negation that is implicit in it) -- is the theory of historical action. One must advance strategic theory in its moment, which has come. At this stage and to speak schematically, the basic theoreticians to retrieve and develop are no longer Hegel, Marx and Lautreamont, but Thucydides, Machiavelli and Clausewitz."
[8] As we have noted in our translation of the Comments on the Society of the Spectacle, Debord uses the word "spectacular" to designate this integrated form and to distinguish it from its constitutive parts.
[9] It is difficult to not refer here to Debordist theory. Surely Debord himself would have said, following Karl Marx's famous declaration "I am not a Marxist," that he was not a Debordist and that "Debordism" did not exist.
[10] See remark attributed to Serge Quadruppani in Jean-Francois Martos' letter to Debord, dated 11 September 1990.
[11] Published in Internationale Situationniste #4, June 1960. For some reason, this text remained untranslated until a few days ago, when we ourselves translated it.
[12] Founded in 1984 -- in the aftermath of the assassination of Debord's publisher, film producer and friend Gerard Lebovici -- by the ex-situationist Christian Sebastiani and Debord's friend Jaime Semprun, the Encyclopedia of Nuisances published many essays of "situationist" inspiration, including three by Debord himself: Abat-Faim, To Abolish and Ab Irato.
[13] Take for example the perfectly awful essay entitled Abundance.
[14] See the essay entitled The Encyclopedia of Powers, which was written by Jean-Francois Martos and Jean-Pierre Baudet, with help from Debord.
[15] Written by the ex-situationist Gianfranco Sanguinetti. See our translation of this important and yet often over-looked work from 1975.
[16] Written and published in 1979, and translated into English shortly thereafter.
[17] Click here for our translation of Aux Libertaires.
[18] See both An Unkind Reply to Retort and its follow-up, Another Unkind to Retort, neither of which the group has seen fit to respond to.
[19] "I think this serious and fundamental relation between struggle and truth, the dimension in which philosophy has developed for centuries and centuries, only dramatizes itself, becomes emaciated, and loses its meaning and effectiveness in polemics within theoretical discourse. So in all of this I will therefore propose only one imperative, but it will be categorical and unconditional: Never engage in polemics." Michel Foucault, lecture notes for 11 January 1978, in Security, Territory, Population: Lectures at the College de France, 1977-1978 (Palgrave/Macmillan, 2007), pp. 3-4.
[20] For more on this subject, see A critique of neo-anarchism.
[21] Cf. Protest to the Libertarians of the present and the future on the capitulations of 1980 (1980) and Echecs Situationnistes (1988). In 1976, Vaneigem teamed up with Mustapha Khayati (using the pseudonym "Mustapha Martens") to denounce Gerard Lebovici for reprinting On the Poverty of Student Life. For a taste for their resentment and envy, read the note on this matter falsely attributed to Lebovici.
[22] See our review of Vaneigem's truly awful book called A Declaration of the Rights of Human Beings, published in 2000.
[23] Most well-informed people will known that, in his last film, In girum imus nocte et consumimur igni (1978), Guy Debord included a picture of Donald Nicholson-Smith -- who was excluded from the SI in December 1967 -- among pictures of other ex-situationists whom he remembered fondly (Asger Jorn, Giuseppe Pinot-Gallizio and Attila Kotanyi).
In a letter to Jon Horelick and Tony Verlaan dated 28 October 1970, Debord remarked that "Certain [excluded] comrades were very sympatico and had some real capabilities. Their participation could be of great value in certain general circumstances many times described by us. I am thinking, for example, of Donald [Nicholson-Smith] and Eduardo [Rothe]: they were excluded, one and then the other, two years apart, for having totally failed to live up to an accord on a specific problem, an accord that they agreed to after very extended discussions."
In a letter to Nicholson-Smith himself dated 16 February 1978, Debord declared, "But beyond the 'organizational' plane on which this regrettable discord arose, you certainly remember that I always accorded you the greatest confidence in all the qualities that I recognized in you, and not only your intellectual talents. Of course, as everything continues, I find nothing surprising in the fact that you are still in the same historic party." The two men agreed to work together on translations of Debord's texts that would be published by Gerard Lebovici's Editions Champ Libre. After a series of exchanges concerning Nicholson-Smith's rather stiff financial requirements, Debord (and Lebovici, too) soured on the arrangement.
In a letter to Lebovici dated 27 May 1979, Debord wrote: "What you have seen in Donald appears to me to confirm the entire picture: bitter discontent at lacking so much in his life, due to my fault in a certain way. This conclusion is reinforced by his lack of eagerness to telephone me. And when he does so, I will respond that I am absent, and that the moment is not quite suitable, but there is nothing pressing. I leave it to you to manage things the best you can on the purely professional level and still remain prudent. Because he who has not known how to affirm himself by himself, over the course of twelve years, must thus necessarily associate with the most jealous of our enemies." It appears that "the most jealous of our enemies" is a reference to Raoul Vaneigem.
It is certainly true that, in the aftermath of this affair, Nicholson-Smith translated Vaneigem's Treatise of Living for the Younger Generations into English (it was published in 1983 as The Revolution of Everyday Life); and, in 1999, he translated Vaneigem's crappy little book A Cavalier History of Surrealism. In 2002, Nicholson-Smith translated a novel by Jean-Patrick Manchette, a person whom Debord detested. . . . It is in this light that one should remember that Nicholson-Smith's translation of Debord's The Society of the Spectacle (Zone Books, 1993) does not read like Debord, but like Vaneigem. That is to say, it might be an act of revenge.
[24] See Paul Virilio's book on pitiless art.
[25] This is such an important theme that we will need to take it up and develop it in another essay. For the moment, we will limit ourselves to noting that the problems of mass dislocations and huge refugee camps lie outside -- and even render irrelevant -- "traditional" Leftist/neo-anarchist preoccupations with 1) multi-national corporations and 2) either the weakening or the strengthing of boundaries between nations ("globalization"). In refugee camps, the capitalist economy (work and the consumption of commodities) does not exist: food, water and basic services, if they exist at all, are provided by humanitarian aid organizations. And because refugees camps operate under states of exception, in which the law is suspended, one cannot say that the democratic/capitalist State governs such camps. A world of refugee camps is thus not the world turned upside-down: it is the world turned inside-out.

mercredi 1 juin 2011

La rançon du potlach





Si Christophe Bourseiller vous paraît maîtriser davantage son sujet quand il écrit sur l’Internationale situationniste, c’est malheureusement une illusion. Le prétendu biographe et soi-disant historien, bien trop pressé pour sérieusement étudier son sujet et bien mal armé pour le comprendre, regarde le plus souvent par le petit bout de la lorgnette, quand il ne reproduit pas avec empressement ce que le premier désinformateur ou faux témoin voudra bien lui confier. Un seul exemple tiré de son ouvrage sur l’ultra-gauche : selon lui (page 370), Antoine Gallimard a fait partie en Mai 68 du Conseil pour le maintien des occupations (CMDO) ; plus loin (page 377), citant la lettre par laquelle l’IS rompt avec l’éditeur Gallimard le 16 janvier 1969, il ajoute : « Ce que ne dit pas la lettre, c’est qu’Antoine Gallimard n’est pas tout à fait un inconnu sur la planète “situ”. Il fréquente la  mouvance de l’IS et a participé au CMDO. »
Ce que dit l’abusif journaliste n’a aucune espèce de rapport avec la réalité : en Mai 68, Antoine Gallimard n’était qu’un étudiant maoïsant sympathisant du Mouvement du 22 mars... Mais qu’importe à Christophe Bourseiller : vérité, mensonge ou à-peu-près, l’important pour lui est manifestement ailleurs. Je ne pense pas comme vous que « l’incompatibilité politique entre l’IS et ICO était surtout culturelle et d’humeur », mais que la critique situationniste allait quand même un peu plus loin, notamment sur la nécessité de formuler une critique théorique précise de la société actuelle et sur la pratique interne d’ICO.
Quant à la position de l’IS sur la Chine maoïste, elle ne fut nullement influencée par les travaux d’Etienne Balazs qui portent sur l’économie et la société de la Chine traditionnelle. Jacques Pimpaneau fut le premier professeur de chinois de René Viénet, en 1964, donc un an après le décès d’Etienne Balazs ; et si René Viénet a travaillé à un ouvrage à l’époque de la « révolution culturelle », ce ne fut pas à la Bureaucratie céleste (parue en 1968) mais à la traduction de la Tragédie de la révolution chinoise d’Harold Isaacs (parue en octobre 1967).
La critique de la prétendue révolution culturelle, c’est Guy Debord qui l’a rédigée, au nom de l’IS, dans le Point d’explosion de l’idéologie en Chine (paru en brochure le 16 août 1967 et repris dans IS n° 11), quelques années avant que René Viénet ne fasse paraître le livre de Simon Leys, les Habits neufs du président Mao, en octobre 1971.
Qui donc a influencé qui ?
Jean-Louis Rançon

Hunger-Inflation


Es war allgemein bekannt, dass die gewaltigen staatlichen Rettungspakete und Konjunkturprogramme seit dem Kriseneinbruch 2009 ein inflationäres Potenzial enthalten, das sich nach einer Übergangszeit entladen muss. Tatsächlich ist die Inflation weltweit auf dem Vormarsch - besonders bei den globalen Wachstumsträgern China, Indien und Brasilien, aber ansatzweise auch schon in der Euro-Zone.
Dabei gibt es allerdings Unterschiede zwischen den Produktionssektoren. Überall laufen die Lebensmittelpreise allen anderen davon. Die offizielle Inflationsrate beträgt in China derzeit 5 Prozent; im Lebensmittelsektor liegt sie bei 10 Prozent, real wird sie auf 19 Prozent geschätzt. Noch schlimmer ist die Preisexplosion für Grundnahrungsmittel in Indien und anderen Teilen Asiens, in Afrika und Lateinamerika. Auch in den USA und in der EU liegen die Preissteigerungen bei Lebensmitteln in den letzten Monaten weit über der allgemeinen Inflationsrate. Nach Angaben der Welternährungsorganisation FAO wurden Reis, Mais, Weizen, Fleisch, Gemüse und Genussmittel im globalen Durchschnitt seit Jahresbeginn um mehr als 30 Prozent teurer.
Warum explodieren gerade die Lebensmittelpreise? Offenbar verschränken sich hier mehrere Ursachen kapitalistischer Wirtschaftslogik. Staatsprogramme und Geldschwemme der Notenbanken führen zur eigentlichen Geldentwertung, die alle Sektoren betrifft. Bei den Lebensmitteln kommen aber Sonderfaktoren hinzu. Besonders gravierend wirkt sich die zunehmende Produktion von Biosprit aus: Ölsaaten werden als Treibstoff verheizt und Anbauflächen gehen für diesen Zweck verloren. Gleichzeitig sind aber auch die Preise für fossile Energie gestiegen und damit die Kosten für Diesel und Düngemittel in der Agrarproduktion. Diese Entwicklung eskaliert, weil die hohen Erdölpreise die Umwandlung von Agrarprodukten in Treibstoff umso attraktiver machen. Schließlich lockt eine solche Lage bei den agrarischen Rohstoffen spekulatives mobiles Geldkapital an, das auf weiter steigende Preise setzt und diesen Prozess zu einem sich selbst verstärkenden macht.
Wie sich die Preisrekorde im Lebensmittelsektor sozial auswirken, hängt ganz davon ab, wie hoch der Anteil am Einkommen ist, der für Essen und Trinken ausgegeben werden muss. Die Mehrzahl der Menschen in Asien, Afrika und Lateinamerika wenden zwischen 60 und 90 Prozent ihrer Einkünfte für die Ernährung auf. In China sind es trotz der Wachstumserfolge immer noch 30 bis 40 Prozent. In Europa liegt der Anteil bei 5 bis 10 Prozent. Aber diese Zahlen verschlechtern sich in allen Weltteilen dramatisch. Im Gefolge der keineswegs überwundenen Weltwirtschaftskrise hat sich die globale Armut wie ein Lauffeuer ausgebreitet, wenn auch ungleichmäßig. In vielen Weltregionen sind die Einkommen großer Bevölkerungsmassen auf einen Tiefpunkt gefallen. Jetzt kommt der Preissprung ausgerechnet bei den elementaren Nahrungsmitteln hinzu. Schon 2010 warnte die Weltbank vor neuen Hungerrevolten. Bei den Aufständen im arabischen Raum spielen die unerträglich gestiegenen Ernährungskosten eine große Rolle. Und Spanien zeigt, dass sich in den Krisenländern der Euro-Zone ähnliches anbahnt. Zwar muss hier noch niemand verhungern, aber angesichts der ausufernden Jugendarbeitslosigkeit könnte bei den kampffähigen Generationen der Geduldsfaden reißen, wenn sich viele nicht einmal mehr die selbstverständlich gewordenen kulturellen Güter und Technologien leisten können, weil bei sinkenden Budgets allein schon das Essen immer teurer wird.
erschienen im Neuen Deutschland am 30.05.2011
http://www.exit-online.org

Robert Kurz

Tutoriel: sécuriser un compte messagerie sur PC

Que l’on soit activiste, journaliste, militant, ou simple citoyen soucieux de la protection de sa vie privée, nos archives mails sont une source d’informations non négligeable pour les forces de polices. A l’heure où beaucoup d’informations militantes circulent par mail - de façon non chiffrée - et sont stockées sur nos ordinateurs - accessibles également -, un minimum de précautions s’imposent pour assurer la sécurité de nos données.
Ce tutoriel, issu d’une utilisation personnelle, propose une des nombreuses solutions pour protéger à minima nos mails et données. Ou comment chiffrer ses mails, en envoi et en archive, sans être pro de l’informatique (utilisable sous Windows, Mac & Linux).
Précautions de base:
- Une pre­mière mesure de sécu­rité réside dans le choix de son four­nis­seur mail. En l’occur­rence ceux situés en France (en .fr, mais aussi no-log.org par exem­ple) sont soumis à la loi Française. Ils peu­vent donc être per­qui­si­tion­nés par la police et sont sensés garder en archive un grand nombre de don­nées. Certains (hot­mail.fr, gmail) ne pro­po­sent pas à leurs uti­li­sa­teurs un degré de sécu­rité suf­fi­sant. Nous vous inci­tons à aller vers des mails type riseup.net.
- La pre­mière faille d’une adresse mail est tou­jours le mot de passe. Un mot de passe doit, pour four­nir un degré de sécu­rité suf­fi­sant, ne pas uti­li­ser de mots du dic­tion­naire ou noms pro­pres, uti­li­ser majus­cu­les et minus­cu­les, chif­fres et signes de ponc­tua­tion, aux­quels on peut ajou­ter d’autres carac­tè­res ASCII type %£$*... pour aug­men­ter la com­plexité. Un bon mot de passe fait plus de 10 carac­tè­res divers. Cette règle est vala­ble tant pour vos mots de passe mails que pour les phra­ses secrè­tes uti­li­sées ci des­sous.
Entrons main­te­nant dans le vif du sujet en rap­pe­lant ce qu’est le chif­fre­ment
Le chif­fre­ment, par­fois appelé à tort cryp­tage, est en cryp­to­gra­phie le pro­cédé grâce auquel on sou­haite rendre la com­pré­hen­sion d’un docu­ment impos­si­ble à toute per­sonne qui n’a pas la clé de (dé)chif­fre­ment.
C’est ce prin­cipe qui va nous per­met­tre de rendre nos don­nées illi­si­bles par ceux à qui elles ne sont pas des­ti­nées.

TrueCrypt & Framabird : Protéger sa base de données mail à domicile

Lorsque vous uti­li­sez plu­sieurs adres­ses mails, ou que vous êtes ins­crits sur plu­sieurs listes mili­tan­tes et que vous avez besoin de trier et d’archi­ver un flux de mails impor­tant, l’uti­li­sa­tion d’un ges­tion­naire de mail (type Outlook express ou Thunderbird) peut-être pra­ti­que. Malheureusement ce type de logi­ciel archive sur vos dis­ques dur les mails, et les lais­sent donc à portée de qui­conque pren­drait pos­ses­sion, phy­si­que­ment ou infor­ma­ti­que­ment, de votre ordi­na­teur per­son­nel. Notons au pas­sage que sup­pri­mer les fichiers/mes­sa­ges ne suffit pas à les rendre inac­ces­si­bles [1].
Pour éviter cette faille impor­tante tout en conti­nuant d’avoir accès à nos mails et archi­ves, nous allons trans­por­ter le ges­tion­naire de mail dans un volume chif­fré avec TrueCrypt.
TrueCrypt est un logi­ciel très simple d’uti­li­sa­tion qui permet de créer un (ou des) disque(s) vir­tuel(s) dont les don­nées sont cryp­tées dans un fichier conte­neur (extrait d’un tuto­riel Framasoft).
Imaginons que vous vou­liez cacher des docu­ments impor­tants ou votre col­lec­tion de photos coqui­nes aux yeux de votre petit-e ami-e ? Il vous suffit de créer un fichier conte­neur suf­fi­sam­ment grand pour tenir toute votre col­lec­tion, à l’aide de l’assis­tant prévu. Une fois ce fichier monté par TrueCrypt, une nou­velle lettre de lec­teur appa­rait dans Windows. Il suffit de dépla­cer les fichiers à pro­té­ger dans ce lec­teur vir­tuel et ils sont auto­ma­ti­que­ment cryp­tés à la volée. Le lec­teur peut alors être démonté et ne pourra être remonté, donc acces­si­ble, que via TrueCrypt en four­nis­sant le mot de passe ad hoc. Sans le mot de passe, toutes les com­pé­ten­ces infor­ma­ti­ques des mal­fai­teurs ou de votre petit-e ami-e n’y feront rien, le conte­neur ne sera jamais qu’un fichier de don­nées com­plè­te­ment aléa­toi­res.
Suite et fonc­tion­na­li­tés avan­cées : fra­ma­soft/Truecrypt
Nous allons donc créer sur une clé USB un volume chif­fré, illi­si­ble sans la clé, que Truecrypt sera chargé de chif­frer/déchif­frer à la volée. Le contenu du fichier en ques­tion ne sera acces­si­ble que lorsqu’il est « monté » sur Truecrypt avec la clé de l’uti­li­sa­teur. Dans ce volume (fichier) nous allons ins­tal­ler un ges­tion­naire de mail por­ta­ble, en l’occur­rence Framabird. Notons que le sys­tème Truecrypt, uti­lisé ici pour sécu­ri­ser un ges­tion­naire de mail, vous permet aussi de chif­frer d’autres don­nées sen­si­bles. Vous pour­rez « cacher » dans le dos­sier vos mails mais aussi vos photos, textes, etc.
  1. Téléchargement et installation de Truecrypt : versions à télécharger
  2. Création du fichier chiffré (plusieurs Go afin de pouvoir y stocker beaucoup d’information [2]). On y choisira notamment les algorithmes de chiffrement et votre phrase secrète qui servira à chiffrer/déchiffrer le volume. Voir ce tutoriel pour créer le volume (partie 4.1 Créer un dossier chiffré, sur ubuntu-fr)
  1. Dans le logiciel TrueCrypt, ouverture du volume crypté (select files -> Mount) à l’aide de la phrase secrète. Il apparait alors dans votre explorateur comme un nouveau volume/disque. (n’hésitez pas à faire plusieurs tests des étapes 2. et 3. pour vous familiariser avec l’outil).
  2. Installation dans le volume « monté/ouvert » du logiciel Framabird et/ou des données à sécuriser. [3]
  3. Utilisation du logiciel / accès aux données.
  4. Démontage (Dismount) du fichier crypté à chaque fin d’utilisation.            
  
Note : Pour les uti­li­sa­teurs avan­cés, TrueCrypt permet également de cacher un volume crypté (Hidden Volume) dans un autre volume crypté. Utile si, pour une raison X ou Y vous êtes obligé de donner votre phrase secrète : la per­sonne ne se dou­tera pas que les don­nées sen­si­bles sont en réa­lité cachées dans un second volume dont rien ne peut prou­ver l’exis­tence.

OpenPGP : Échanger des mails chiffrés.

Si les don­nées sto­ckées sur votre disque sont doré­na­vant sécu­ri­sées, ce n’est tou­jours pas le cas des mails lors de leur envoi vers le des­ti­na­taire. Ils peu­vent être inter­cep­tés et lus pen­dant le « trajet ». Pour sécu­ri­ser cette phase, il est pos­si­ble de cryp­ter le contenu des mails avec un sys­tème de clé PGP.
Cette clé de chif­fre­ment est en fait une paire de clé : une clé privé et une clé publi­que. On dis­tri­bue sa clé publi­que à ses cor­res­pon­dants, qui s’en ser­vi­ront pour chif­frer les mails qui vous sont des­ti­nés, tandis que la clé privé et la phrase secrète créé en même temps vous per­met­tront de déchif­frer ledit mail.
Les per­son­nes uti­li­sant Framabird auront la bonne sur­prise de trou­ver le plugin OpenPGP/enig­mail inté­gré dans le logi­ciel, per­met­tant ainsi de chif­frer ses mails sans faire appel à des connais­san­ces tech­ni­ques pous­sées. L’ins­tal­la­tion d’OpenPGP sur l’ordi­na­teur est tou­te­fois néces­saire : télé­char­ger ici : GnuPG.
De même pour les uti­li­sa­teurs de Thunderbird, le plugin Enigmail permet aisé­ment de chif­frer ses mails.
La confi­gu­ra­tion et les options sont acces­si­bles via l’onglet OpenPGP (Framabird) / Enigmail (Thunderbird).
Voir le tuto­riel enig­mail.
Un arti­cle sur Rebellyon.info a déjà pré­senté ce prin­cipe de chif­fre­ment de mails, s’y repor­ter pour plus d’infor­ma­tion :
- Comment chif­frer ses mails
 Des liens pour com­pren­dre et sécu­ri­ser:
- Guide D’auto­dé­fense numé­ri­que (énorme mais indis­pen­sa­ble)
- L’ano­ny­mat sur Internet grâce à la tech­ni­que du rou­tage en oignon.

http://rebellyon.info

 source

Notes

[1] Voir La suppression d’un fichier n’en supprime pas le contenu… et Effacer des données « pour de vrai »
[2] évitez de choisir un nombre « rond » dont l’aspect artificiel serait plus visible
[3] Framasoft qui produit Framabird propose également une suite complète de logiciels utilisables depuis une clé USB : FramaKey

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