Après 7 semaines de massacres les médias s'intéressent enfin à la Syrie. Cette ignoble dictature est à la confluence de beaucoup d'intérêts stratégiques (Israël, USA, Iran, Turquie, Liban, Irak) qui se trouvent bousculés par cette nouvelle donne, alors tout est fait pour freiner cette nouvelle révolte populaire.
Plus de deux cent trente membres du parti Baas, au pouvoir en Syrie, ont annoncé avoir démissionné, mercredi 27 avril, pour protester contre les "pratiques des services de sécurité", dans un communiqué parvenu à l'AFP. "Les pratiques des services de sécurité à l'encontre des citoyens sans armes à Banias (Nord-Ouest) et des villages voisins, notamment à Baïda, sont contraires à toutes les valeurs humaines et aux slogans du parti" Baas, affirment les signataires du texte, originaires de la région de Banias.
453 personnes sont mortes depuis le 15 mars, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. La majorité ont été tuées à Deraa, dans les environs de Damas, à Homs (centre) et sur la côte syrienne, où se trouve notamment la ville de Lattaquié. Selon le militant des droits de l'homme Abdallah Abazid: «De nouveaux renforts des forces de sécurité et de l’armée sont entrés à Deraa», a indiqué un militant des droits de l’Homme, Abdallah Abazid, joint par téléphone par l’AFP. Il a fait état de «tirs contre les habitants» de cette ville située à 100 km au sud de Damas. Selon lui, «au moins six martyrs» ont été tués mardi, dont l’imam d’une mosquée. «Des chars sont postés et des barrages installés aux entrées de la ville», empêchant les gens de pénétrer à Deraa, a ajouté le militant.
Des troupes ont été également envoyées en renfort à Douma, dans la périphérie de Damas. Un témoin a fait état d'un déploiement «dans tous les quartiers» de membres des forces de sécurité qui «contrôlent l'identité des gens dans les rues».
L’armée a chassé «les groupes armés extrémistes» qui ont «attaqué des positions militaires et coupé des routes» à Deraa et dans sa province, a affirmé l’agence officielle Sanaa, faisant état de «trois morts et 15 blessés» dans les rangs des forces de sécurité et de l’armée.
«Des chars circulent à Deraa, des hommes armés font des descentes dans des maisons et tuent les hommes (…). C’est un massacre», a déclaré un Syrien bloqué au poste de Ramtha, à la frontière entre la Jordanie et la Syrie.
La ville de Deraa, toujours assiégée par l’armée syrienne qui a vu l’arrivée de nouveaux renforts, focalise toutes les attentions, bien que d’autres villes soient également assiégées. Parmi les quelque 3 000 soldats envoyés à Deraa lundi figurent des “unités de la 4e division, qui sont sous le commandement direct de Maher Al-Assad [le frère du président syrien], à la 5e division, commandée par Mohammed Saleh Al-Rifai, avec le renfort du 132 bataillon”, précise l’opposant syrien en exil Ammar Abdoulhamid sur son blog. Comme le précise Juan Cole, sur son blog Informed Comment, “l’armée syrienne compte 220 000 soldats en exercice, onze divisions blindées et quelque 5 000 tanks. (…) La secte chiite alaouite, à laquelle la famille Assad appartient, domine les échelons supérieurs du corps des officiers”. Un billet sur la 4e division blindée sur le blog The American audacity.
A l’instar des révolutions tunisienne et égyptienne, les manifestants anti-régime misent sur des divisions au sein de l’armée voire même le ralliement de l’institution militaire à leur cause. Un scénario que nombre de commentateurs de la région écartent. Ainsi Rami G. Khoury, journaliste au Daily Star Lebanon, estime qu’“il est peu probable que nous retrouvions le modèle égyptien ou tunisien d’agences de sécurité abandonnant le président et le renversant, tout en restant au pouvoir. En Syrie, soit le système tout entier s’impose et reste au pouvoir -avec ou sans réelles réformes- soit il est changé dans son intégralité”.

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