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vendredi 31 décembre 2010

La Dignité des Pourris

 Battisti : l'Italie dénonce "l'affront" de Lula 

Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a décidé, vendredi 31 décembre, de ne pas extrader vers l'Italie l'ex-militant d'extrême gauche Cesare Battisti, réclamé pour meurtres et emprisonné au Brésil depuis 2007.  L'Italie a réagi au quart de tour : le président du conseil Silvio Berlusconi s'est engagé à poursuivre la "bataille" pour l'extradition. Quant au ministre de la défense, Ignazio La Ruzza, il a jugé "injuste et gravement offensante" la décision du président brésilien.

L'Italie a  annoncé qu'elle rappelait pour consultation son ambassadeur au Brésil. 

La grande majorité des partis politiques, (aussi bien les crapules de la droite au pouvoir que celles de l'opposition de gauche), ont fustigé la décision de Lula. Rosy Bindi, présidente du Parti démocrate (PD, gauche) a critiqué "une décision erronée qui offense la conscience des Italiens". Ex-maire démocrate de Rome, Walter Veltroni, a estimé que "l'histoire de Battisti est celle d'un simple délinquant : elle a débuté en versant le sang de victimes innocentes et elle doit s'achever avec la peine qui lui a été infligée par un tribunal de notre pays". "L'affront du guérillero Lula a dépassé les bornes", s'est indigné un groupe de sénateurs de la Ligue du Nord (parti populiste allié de Berlusconi), en proposant le "boycottage total du Brésil". Une secrétaire d'État, Daniela Santanché, membre de la droite dure, a annoncé pour le 4 janvier une manifestation sous les fenêtres de l'ambassade brésilienne à Rome, sur la célèbre piazza Navona : "C'est une décision que nous ne pouvons pas digérer."

En clair la "Vérité Officielles" doit être maintenue à tout prix... Car ces gens ne seraient pas là ou ils sont sans ces années de manipulation de l'opinion par le Terrorisme d'État. Battisti pose un problème dans la mesure ou ses procès truqués ont été mis en place avec l'aide des principaux indicateurs et agents infiltrés, reconnaitre son innocence c'est condamner tous le système politico-judiciaire italien. Quant à l'Opinion  Publique, elle refuse l'idée qu'elle  est trompé depuis le début, dindon de la farce s'accrochant à la "Vérité Officielle" si rassurante d'un bon gouvernement face aux méchants terroristes.

L'octroi de l'asile politique est une tradition bien ancrée au Brésil, qui a accueilli des dictateurs latino-américains, des guérilleros d'extrême gauche ainsi que des sportifs et des musiciens ayant fui Cuba. Le Brésil avait d'ailleurs déjà accueilli, à la fin des années 1970, d'autres activistes italiens des "années de plomb" comme Pietro Mancini et Luciano Pessina. 

 

A propos d'Alice Debord

On trouve ce fac-similé dans le N°0 (le dernier tome) de la Correspondance Debord. Ceci est important car c'est la preuve que depuis 1973 Guy Debord faisait une totale confiance à sa compagne pour prendre en charge ses œuvres. Alice Debord est donc bien sa Légataire Universelle et à ce titre a tous les droits,  même celui de faire une connerie comme d'interdire la Correspondance de Martos...


Une nuit de la Saint-Sylvestre placée sous haute surveillance

Les forces de l’ordre ont été mobilisés en masse, afin de prévenir les risques de débordements et encadrer des rassemblements de fêtards. «Un total de 53.820 policiers et gendarmes, dont 8.060 sur Paris, vont être mobilisés», a annoncé le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, «c’est-à-dire 6.000 policiers et gendarmes de plus que traditionnellement». Et pourquoi cela ?

Pas de bilan des voitures brûlées

Hortefeux a prévenu qu’il ne donnerait pas samedi le bilan des voitures brûlées durant la nuit, qui sera communiqué en janvier avec les chiffres de la délinquance: «Il ne s’agit pas de cacher mais d’interrompre un concours stupide qui consiste à brûler les voitures des honnêtes gens». Trop de voitures pour être honnête...                                           

La pègre et son armée du crime a en effet décidé cette année de doubler la mise en incendiant à tours de bras dans une orgie de feu "les voitures des honnêtes gens"

 

Pour finir 2010 en Beauté une lettre inédite de Guy Debord à  Le Glou (de 1974 in le dernier volume "0" de la correspondance )

 

Voitures ?

jeudi 30 décembre 2010

Une enquête non grata

L'enquête sur les attentats du 11 Septembre
Le gouvernement Bush s'est opposé à ce qu'une enquête ait lieu sur le 11 Septembre.  Ce n'est que sous la pression médiatisée des familles de victimes qu'une Commission fut finalement mise en place ... mais l'enquête fut pilotée par la Maison Blanche et entachée d'obstacles et d'obstructions répétés qui compromettent la crédibilité du rapport final.
« Pouvez-vous croire qu’à la suite d’un tel attentat, le gouvernement ne voulait même pas ouvrir une enquête ? » s’exclama Ralph Nader, candidat indépendant aux élections présidentielles américaines de 2008, au cours d’une interview filmée lors d’un meeting de campagne à Cincinnati. 
L'administration Bush était effectivement opposée à ce qu'une enquête ait lieu sur les attentats du 11 Septembre CBS News, 23/05/02.  Ce n'est que sous la pression médiatisée des familles de victimes qu’une commission d’enquête fut finalement ordonnée le 27 novembre 2002 Congrès des États-Unis, 27/11/02, soit 441 jours  après les attentats.  A titre de comparaison, il avait suffi de 9 jours pour qu’une enquête soit ordonnée sur l’attaque de Pearl harbour, 7 jours sur l’assassinat de Kennedy, 7 jours également sur l’explosion de la navette Challenger, ou encore 6 sur le naufrage du Titanic.
La Commission fut composée d’un nombre égal de représentants des deux partis – 5 Républicains dont Thomas Kean nommé président et 5 Démocrates dont Lee Hamilton nommé vice-président – mais elle n’avait en réalité que l’apparence d’une commission non partisane. Elle fut bien au contraire étroitement pilotée par la Maison Blanche.
En effet, le poste de Directeur exécutif de la Commission d’enquête fut attribué au Républicain néo-conservateur Philp Zelikow, un proche collaborateur de la secrétaire d’État Condoleezza Rice et membre du gouvernement de transition de Bush fin 2000 et début 2001.  De l’aveu même des président et vice-président Kean et Hamilton dans leur livre Without Precedent : The Inside Story of the 9/11 Commission paru en  2006, c’est Philip Zelikow qui avec son staff administratif fut chargé du travail d’enquête Without Precedent, p.38 ; The Commission, pp. 69-70, 81-86.  Les Commissionnaires quant à eux étaient chargés de conduire les audiences et les entretiens sur la base des éléments que leur mettaient à disposition Philip Zelikow et les services gouvernementaux Without Precedent, pp. 269-270.  Dans une interview à CBC News le 21 août 2006, le vice-président Lee Hamilton a reconnu que « de nombreux sujets soumis à l'attention de l'équipe [dirigée par Zelikow] n'ont pas été transmis à la Commission. [...] La plupart des sujets ne sont pas parvenus directement jusqu'à moi. [...] Le groupe de travail a filtré nombre de ces choses » CBC News, 21/08/06, pp.5 et 8.  Par ailleurs, comme l’a montré le célèbre journaliste du New York Times Philip Shenon dans son livre d’investigation The Commission: The Uncensored History of the 9/11 Investigation, non seulement Philip Zelikow dirigea l'enquête, mais c'est également lui qui dirigea la rédaction du rapport final que les Commissionnaires ont simplement annoté et co-signé.  Le schéma détaillé et les conclusions du rapport avaient même été rédigés dés mars 2003, avant même que ne commencent les auditions de la Commission The Commission, pp. 388-389, 317-324 et 394-396.             

L'interdiction de procéder aux interrogatoires des prétendus comploteurs en détention, au premier rang desquels Khaled Sheikh Mohammed - « cerveau » présumé des attentats Note confidentielle de D. Rumsfeld, J. Ashcroft et G. Tenet, 16/01/04, p.26 ; Without Precedent, pp. 118-126New York Times, 2/01/08 ; .  Ainsi, toutes les déclarations que le rapport final attribue à ces détenus sont exclusivement des informations de troisième main transmises à la Commission par la CIA.  Comme le reconnaissent Kean et Hamilton, la Commission n'avait « aucun moyen de vérifier la fiabilité des informations [...] fournies » Without Precedent, p.119.  Or, c'est sur la base des aveux de Khaled Sheikh Mohammed et des autres détenus - « les seules sources disponibles sur le complot » Without precedent, pp. 118/119 - que la Commission a pu établir un lien entre al-Qaida, Ben Laden et les attentats du 11 Septembre rapport officiel, pp.145-155
La fiabilité des aveux rapportés est d’autant plus sujette à caution que les détenus clés, dont Khaled Sheikh Mohammed, avaient été soumis à la torture du  « waterboarding » lors de leurs interrogatoires par la CIA.  Michael Hayden, directeur de la CIA, l’a admis devant la Commission du renseignement du Sénat américain le 5 février 2008 Jurist, 5/02/08 ; The Australian, 7/02/08, puis un mémo rendu public par le Département de la Justice en avril 2009 révèla que Khaled Sheikh Mohammed fut torturé à 183 reprises en mars 2003 New York Times, 20/04/09 ; Le Monde, 20/04/09.  Ces révélations inspirèrent au journaliste du New York Times Philip Shenon le commentaire suivant : « Tout ceci jette un voile sur la crédibilité du rapport final de la Commission. Dans les cercles du renseignement, on n’accorde que peu de crédit aux témoignages recueillis sous la torture.  Les études démontrent que les gens diront n’importe quoi si on les menace d’une douleur physique intense » Newsweek, 14/03/09 - traduction française sur le site du Nouvel Obs.  Quant aux ultimes confessions de Khaled Sheikh Mohammed devant une commission militaire en mars 2007, elles ne sont pas moins suspectes.
suite
Christo  Reopen911

 

L'iboga, c'est quoi ?

L'iboga est une plante psychotrope très puissante, traditionnellement utilisée dans certaines régions d'Afrique Noire par des sorciers et guérisseurs locaux. Au Gabon, elle est associée à la religion Bwiti et ses impressionnantes cérémonies liées au culte des ancêtres. L'ingestion d'une mixture à base d'iboga permettrait d'entrer en contact avec leur esprit. Selon certains chercheurs et d'anciens pharmaco-dépendants, elle aurait, par ailleurs, la particularité de guérir les addictions aux drogues telles que l'héroïne, la cocaïne, mais aussi l'alcool et les anxiolytiques. Dans un cadre rituel approprié, elle permettrait également une forme de psychothérapie intensive et radicale. Voyons un peu ce qu'il en est.

Une expérience bouleversante

En cette période d'hypermédicalisation, l'iboga est une démarche visant à trouver d'autres voies que celle de la psychiatrie ou des médicaments. Une alternative à l'opposé du statut de patient assisté, soumis et docile, qui accepte de faire pipi dans une bouteille sous l'œil d'un psychiatre soupçonneux pour avoir sa méthadone.

L'iboga classée stupéfiant
Comme Asud le craignait, l'iboga a été classée stupéfiant et son usage est désormais interdit. Plusieurs accidents et 2 décès ont accéléré ce classement. À terme, cela risque de rendre plus problématique encore son usage traditionnel dans la forêt africaine où les autorités finiront par interdire son usage, sous la pression des Occidentaux.
Paradoxalement tous ceux qui ont tenté l'iboga déconseillent très vivement de tenter cette expérience sans un médecin. L'iboga est un redoutable hallucinogène. Alors attention chers petits drogués, il y a eu 2 morts en quelques mois en France ! Il s'agit d'une philosophie basée sur une expérience ponctuelle bouleversante, parfois d'une violence inouïe... Après avoir consommé la plante, le postulant se retrouve peu à peu plongé dans des dimensions inconnues de sa conscience. Selon des spécialistes du Bwiti, « l'iboga proposerait une voie de responsabilisation » pouvant permettre à certains de retrouver une « dignité originelle » en plongeant dans l'inconscient et les méandres de la psyché avant de renaître. Une expérience spirituelle intense qui pourrait, dans certains cas, permettre à l'individu d'en finir avec ses démons et d'affronter la vie en se forgeant de nouvelles armes.

L'iboga pour décrocher

L'un des principes actifs de l'iboga, l'ibogaïne, fut le principal constituant du Lambarene®, un médicament (retiré du marché en 1966) dont Albert Schweitzer et Haroun Tazieff se servaient à faible dose pour combattre la fatigue.
Un rituel bien précis
L'iboga qu'on trouve au Congo, au Cameroun et au Gabon se prend toujours dans le cadre de cérémonies bien précises. Soit lors de la cérémonie d'initiation où le « Banzi » (Nouvel initié qui s'apprête à suivre la voie de l'iboga) en prend durant 3 jours, soit à l'occasion d'événement précis tel un deuil. La consommation d'iboga a toujours lieu après une préparation soigneuse et une mise en condition appropriée qui implique une purification rituelle, un nettoyage total, des purges. et une période de jeûne et de recueillement. La cérémonie se déroule sur 3 jours avec des feux, des chants, des danses et de la musique durant tout le rituel. Le premier jour symbolise la la naissance, le second le voyage vers la mort, le troisième la renaissance et la connaissance. Une période de récupération est ensuite indispensable. La cérémonie laisse toujours les participants exténués.
Dès les années 50, des chercheurs s'intéressent à cet alcaloïde qui potentialise les effets analgésiques de la morphine. En 1962, un groupe de jeunes héroïnomanes teste l'iboga, sur la suggestion de collaborateurs de Timothy Leary qui cherchent des remèdes contre la dépendance à l'héroïne. Cinq ne retouchent pas à l'héroïne durant plusieurs jours. L'un d'entre eux, Howard Lotsof, s'enthousiasme et veut développer l'usage d'ibogaïne. La suite est un scénario digne d'un roman d'espionnage avec ses rebondissements, ses secrets, les intérêts de l'industrie pharmaceutique, les pressions du gouvernement et de nombreuses magouilles. En 1968, en pleine période hippie, les USA interdisent l'ibogaïne, censée provoquer des visions. Durant les années 80, Lotsoft, qui a replongé entretemps, redécroche avec l'ibogaïne et, à force d'activisme, réussit à mobiliser des laboratoires, des mécènes... et Act Up. Des programmes expérimentaux ouvrent aux Caraïbes et aux Pays-Bas. Le succès est mitigé. Les évaluations rigoureuses manquent. Mais de plus en plus de voix s'élèvent pour témoigner. Parfois instrumentalisées par les professionnels de la « décroche alternative », qui présentent l'iboga comme la panacée pouvant permettre de surmonter toutes les dépendances. Alors que de nombreux sites Internet se consacrent à cette plante, à ses usages traditionnels, médicaux et expérimentaux, avec ses partisans et ses détracteurs, un consensus informel semble pourtant se profiler. L'iboga ou l' ibogaïne auraient effectivement aidé quelques personnes à décrocher de certaines drogues, mais il ne s'agit en aucun cas du produit miracle ou du médicament que certains décrivent.

En cas de dépendance opiacée, l'iboga ne soulage absolument pas le manque. Prise dans un cadre rituel, la plante peut parfois provoquer une forte secousse psychique, une prise de conscience, parfois d'une redoutable violence, qui peut permettre de trouver les ressources internes pour surmonter l'envie de drogue. Puis, peu à peu, aider à résoudre les problèmes de dépendance, dans le cadre d'un processus de maturation. Selon les promoteurs de la bande à Lotsoft, tel Dana Beal (auteur de « The Ibogaine Story »), l'ibogaïne serait en fait plus adaptée pour résoudre les problèmes de comportements addictifs comme les dépendances au jeu, au sexe, voire aux stimulants comme la cocaïne.
Jimmy Kempfer

D’Indymedia à Wikileaks : ce qu’une décennie de "hacking journalism" nous dit sur l’avenir de l’info

 D’INDYMEDIA A WIKILEAKS
La première fois que j’ai entendu les mots “site miroir” j’étais assis à un bureau jonché de débris, penché sur un ordinateur, au deuxième étage d’un immeuble de la 29ème rue à Manhattan.

J’avais tout juste commencé à travailler bénévolement pour le Centre des médias indépendants de la ville de New-York (Independent Media Center)1, qui se révèlera être l’une des premières organisations de “journalisme citoyen” aux États-Unis, même si à l’époque, personne ne l’aurait appelée ainsi. A ce moment là, l’IMC couvrait la troisième journée des actions de protestation contre le Forum économique mondial (WEF) qui se tenait à New York. C’était moins de cinq mois après le 11 Septembre, la ville était froide et sombre, les gens tendus. Très tendus. Et notre site web, Indymedia New-York, avait atteint la vitesse d’une limace.

- Il va tomber en panne, murmurai-je.

- Ne t’inquiète pas, me dit-on, nous avons fait une version miroir du site sur plusieurs serveurs de sauvegarde. Les mises à jour faites par les personnes qui utilisent l’Open Newswire seront affichées avec un décalage, mais les utilisateurs pourront toujours accéder au site.

J’aimerai pouvoir dire que le site Indymedia était en train de tomber parce que nous étions – comme Julian Assange – la cible de puissantes forces gouvernementales. Mais je soupçonne que la lenteur de notre site était due à une charge inattendue sur le serveur et à l’infrastructure fragile du site plutôt qu’à une quelconque conspiration mondiale.

J’ai néanmoins poussé un soupir de soulagement. Tout allait bien se passer. Quelque part, une personne qui comprenait ces histoires de “miroirs” et de “serveurs” s’occupait de tout.
Si je ressorts cette vieille histoire du journalisme citoyen en ligne c’est parce que lorsque je lis des tweets tels que : “la première vraie guerre de l’info est engagée, et le champ de bataille est Wikileaks” , je me dis que cela vaut la peine de prendre du recul et d’essayer de mettre les évènements récents en perspective. La bataille autour de WikiLeaks et les questions journalistiques qu’elle soulève sont véritablement de nouveaux développements, mais, ils sont basés sur des tendances à long terme et sur une histoire qui remonte à près de deux décennies. L’impact de Wikileaks sur le journalisme est plus un effet de proportion que de nature ; ce qui [nous] arrive n’est pas entièrement nouveau, mais cela se passe à plus grande échelle.
Je vais parler de deux tendances générales mises en évidence ces dix dernières années dans des évènements à la pointe de “l’activisme journalistique” et qui vont, à mes yeux, changer le journalisme.

L’introduction de nouveaux « objets » propulsés par internet au cœur du métier de journaliste
Le principal changement qui a affecté le journalisme au cours de ces dix dernières années (effondrement du business modèle mis à part) a été l’introduction de nouveaux et étranges “objets de journalisme numérique” dans le flux de travail journalistique traditionnel.
Pendant la couverture du Forum économique mondial par Indymedia, ces nouveaux objets étaient les comptes-rendus des gens, avec leurs photos prises dans l’instant, et d’autres formes primitives de “journalisme citoyen”, le tout transmis en temps réel à des sites internet. Depuis 2002, nous avons vu ces formes de témoignages directs être lentement adoptées par les médias traditionnels, de l’iReport de CNN jusqu’à la série “Moment in Time” du New York Times, une série de photos crowdsourcées.
Nous constatons que les médias ont beaucoup de mal à intégrer ces quantités massives de données semi-structurées dans leur flux de travail traditionnel – certaines de ces données (mais pas toutes) provenant d’acteurs non-traditionnels comme WikiLeaks. Todd Gitlin, professeur à l’université de Columbia, qui s’appuie sur les travaux pionniers de Lev Manovich, théoricien des médias, a récemment soutenu que « la métaphore absolue de l’information, à notre époque, est la base de données. Et cette dernière est bien plus qu’une métaphore, c’est un document qui nous montre à quoi ressemble l’information et de quelle manière on peut l’obtenir. Une métaphore est un vecteur, un condensé de significations. Une base de données est un tas. »
Bien que je ne sois pas entièrement d’accord avec Gitlin sur la signification politique de WikiLeaks (révélation : Gitlin a été mon conseiller de thèse), je suis d’accord pour dire que le défi des journalistes traditionnels est d’accepter la présence de ces nouveaux et étranges objets. Quel statut journalistique accorder à une base de données ? Comment les intégrer à notre routine de travail ? Tout comme les premières photos prises par des citoyens pendant des manifestations ou sur le lieu de catastrophes naturelles ont obligé les journalistes à repenser ce qui fait office de preuve journalistique, les 250.000 mémos diplomatiques de WikiLeaks, dévoilés lentement et régulièrement, poussent les journalistes à se poser des questions semblables sur leur travail.
Il existe une différence en terme d’échelle, entre des photos prises par des citoyens et des bases de données. Et lorsque cette différence est trop importante, elle devient une différence de nature.
Mais la présence de ces étranges objets d’information extra-journalistiques n’est pas si surprenante : ces nouvelles simili-sources d’information piratent le workflow journalistique depuis des années. Ce qui est nouveau, c’est l’ampleur de la preuve qui assaille maintenant le journalisme. La question de savoir comment gérer les photos soumises par des lecteurs est une question qualitativement différente de celle de savoir comment gérer des centaines de milliers de mémos fournis par une organisation média qui se dit transparente et dont les motivations et les valeurs fondamentales ne sont pas claires.

Il suffit de voir les mémos du Département d’état comme un immense tas de documents crowdsourcés, où le mot “crowd” (foule) est remplacé par “corps diplomatique américain”, et dont le tout premier travail de collecte et d’analyse de ces documents a été réalisé par une organisation externe au département d’état.

La lente ascension des geeks de l’information
Dans le cas d’Indymedia et de Wikileaks, les développements qui ont eu un impact sérieux sur la salle de rédaction ont été alimentés par ce que j’aime appeler l’avant-garde politisée de la communauté geek en ligne. Comme l’a remarqué Gabriella Coleman, en tant que hacker anthropologue de premier plan, il n’est pas étonnant que « des geeks politisés qui ont grandit pendant l’ère des PC bas de gamme, de l’auto-formation à la programmation et des premières interactions virtuelles aient choisi d’utiliser des logiciels libres pour mettre en place et étendre rapidement les centres Indymedia. Les listes de diffusion et le chat (Internet Relay Chat, IRC), largement disponibles en version logiciel libre à l’époque, ont été les principaux outils de communication qui ont facilité les conversations entre les techniciens-activistes responsables de l’établissement des premiers centres Indymedia dispersés entre Washington DC, Boston, Londres, Seattle. »

Dix ans plus tard, l’histoire a peu changé. Les journalistes d’aujourd’hui sont confrontés à des idéologies de “libération de l’information” et des termes comme “attaques de déni de service” (DDoS) et “sites miroirs”. Bien que ces idées et innovations n’aient pas été créées au sein de la sphère journalistique, elles ont un impact sur la circulation de l’information, et par conséquent un impact sur le journalisme lui-même.

Il y a quelques jours, j’écrivais que Wikileaks était de “l’anarchisme d’information organisé avec des conséquences journalistiques”. Ce nouveau monde où l’innovation de l’information est propulsée par les geeks exige un niveau de réponse approprié de la part de nos centres d’enseignement du journalisme comme de nos rédactions.

Le hacker occasionnellement intéressé par l’actualité mis de côté, il reste important pour les journalistes de garder à l’esprit que malgré certaines similitudes au premier abord, tous les citoyens de la culture hacker ne se ressemblent pas. Anonymous n’est pas WikiLeaks. En fait, les Anonymous et les organisations de hackers sont les premiers à dire que les DDoS n’ont rien à voir avec le hacking. Mes amis passionnés de technologie qui m’ont initié aux sites miroirs en 2002 étaient finalement assez uniques dans le monde de l’open source, car peu de gens dans ce milieu se souciaient du journalisme ou du Forum économique mondial.
Bien qu’il puisse paraître réconfortant de grossir les rangs du journalisme en y attirant tous les défenseurs de la transparence numérique, les journalistes doivent s’arrêter un instant et réfléchir : quels aspects de ces puissantes communautés en ligne faut-il adopter et lesquels laisser de côté ? Pour cela, il leur faudra considérer le chemin déjà parcouru par le journalisme numérique depuis une décennie d’un point de vue historique, et comprendre comment les hackers et les experts en technologies transforment la circulation de l’information.

(Un grand merci à Gabriella Coleman pour ses commentaires sur une version antérieure de ce post.)
- Article publié en anglais sur OWNI.eu : http://owni.eu/2010/12/10/from-indymedia-to-wikileaks-w...news
- Article publié initialement sur Nieman’s Journalism Lab sous le titre : “From Indymedia to Wikileaks : What a decade of hacking journalistic culture says about the future of news” (http://www.niemanlab.org/2010/12/from-indymedia-to-wiki...-news)

mercredi 29 décembre 2010

Les voitures brûlées de la Saint-Sylvestre



La BSPP enregistre en moyenne annuelle «entre 45 et 70 feux» de voitures à Paris et dans la petite couronne il est confrontée «à deux pics de feux  chaque année: 350 la nuit de la Saint-Sylvestre et plus de 400» lors de celle du 14 juillet. Encore ceci n'est qu'une évaluation qui ne prend plus en compte les feux de voitures par propagation (un seul peut concerner plusieurs véhicules).
Mais le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a annoncé mercredi à Maisons-Alfort (Val-de-Marne) qu'il n'y aurait «pas» de bilan du nombre des voitures brûlées au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre.
Ce principe avait été inauguré le 14 juillet 2010 en interdisant à ses services de donner des informations sur les feux de voitures comme l'en avait enjoint Alain Bauer, président de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Le ministre a toutefois annoncé que le bilan des véhicules brûlés en 2010 serait probablement donné lors du bilan annuel de la délinquance.
«j'ai pris la décision de mettre fin au concours, au palmarès, et de ne plus communiquer sur le nombre de véhicules brûlés». 
Cette joyeuse tradition tend à s'imposer aussi chez nos voisins européens et la hausse continue depuis 2005 ou les chiffres avaient doublé. Ce symbole hérité de mai68 nous éclaire sur l'échec de leur politique du Tout Sécuritaire et comme là aussi ils ont complètement échoué, ils censurent l'information.
Lorsque la réalité leur donne tord, ils l'interdisent comme avant eux le faisait Staline.
Mais la réalité se venge et cette année encore la nuit sera éclairée par ces feux de défis dans tous les quartiers de France.


EURO-DÄMMERUNG

Der Euro war von Anfang an eine Kunstwährung mit elementaren Konstruktionsfehlern. Formal entspricht ihm keine einheitliche politische Souveränität. Die europäische Zentralbank (EZB) ist aber dadurch nicht unabhängiger, sondern ihre Geldpolitik wird zum Zankapfel gegensätzlicher Interessen. Substantiell ist das Konstrukt erst recht prekär. Der Euro wurde völlig unterschiedlichen nationalen Niveaus von Produktivität und Kapitalkraft aufgesetzt. Diese in sich widersprüchliche Währungsunion war aber die einzige Möglichkeit, in der Globalisierung den anderen großen Wirtschaftsblöcken Paroli zu bieten. Das ging nur so lange gut, wie die von Finanzblasen genährte globale Defizitkonjunktur ihre Scheinblüte entfalten konnte. Nach dem fälligen Finanzkrach wurde die Krise überall verstaatlicht. Jetzt kommt die zweite Welle als allgemeine Krise des Staatskredits, weil die Geldschwemme der Notenbanken eine schon längst nicht mehr selbsttragende Konjunktur subventionieren muss. Die wild schwankenden Währungsrelationen spiegeln kein Verhältnis von ökonomischer Stärke und Schwäche mehr, sondern die augenblickliche Lage im Verfall der Geldpolitik. Das zeigt sich daran, dass alle Währungen dramatisch gegenüber dem Gold verlieren. Der Euro bildet aufgrund seiner widersprüchlichen Konstruktion nur das schwächste Kettenglied in einem globalen Entwertungsprozess. Diese Schwäche entspricht der Schieflage in der europäischen Binnenkonjunktur. Nationaler Chauvinismus ist ausweglos, denn die Defizite der angeprangerten „Sünder“ sind nur die Kehrseite der deutschen Exportüberschüsse. Das enorme Rettungspaket wird entweder den Euro als erste zentrale Währung inflationieren oder einen deflationären Schock auslösen, wenn im Gegenzug extreme Sparmaßnahmen die innereuropäische Defizitkonjunktur abwürgen. So oder so ist der Euro nicht haltbar, aber es kann auch keine Rückkehr zu den alten nationalen Räumen geben. Der Zusammenbruch des Euro ist die nächste Etappe in der Desintegration des Kapitalismus. Seine Zauberlehrlinge flüchten vor einer Geldkatastrophe in die nächste.
erschienen in der taz am 15.05.2010

Robert Kurz


Battisti ne sera pas être extradé



 Ouf    !!!
Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a décidé, vendredi 31 décembre, de ne pas extrader vers l'Italie l'ex-militant d'extrême gauche Cesare Battisti, réclamé pour meurtres et emprisonné au Brésil depuis 2007. "Le président de la République a pris aujourd'hui la décision de ne pas extrader le citoyen italien Cesare Battisti, sur la base d'un rapport du procureur général" du Brésil, a déclaré Celso Amorim, le ministre des affaires étrangères, en lisant un communiqué officiel. "Cette décision ne représente pas un affront envers un autre État", a souligné le ministre. L'Italie avait prévenu jeudi qu'elle jugerait "inacceptable" un refus du Brésil de lui remettre l'ex-militant. Ancien membre du groupuscule des Prolétaires armés pour le communisme (PAC), il avait été condamné par contumace en Italie, en 1993, pour avoir commis ou préparé quatre homicides en 1978 et 1979, crimes dont il s'est toujours proclamé innocent.
Le président brésilien aurait pris cette décision afin de «préserver l'intégrité physique» de l'ex-militant d'extrême gauche. Cesare Battisti a été condamné par contumace en Italie, pour quatre meurtres commis pendant les «années de plomb». Après avoir fui la France en août 2004, Cesare Battisti s'était réfugié au Brésil où il avait été arrêté en 2007 et écroué à Brasilia dans l'attente d'une décision sur son sort. La justice brésilienne avait alors refusé de l'extrader, lui offrant le statut de réfugié politique. La Cour suprême du Brésil avait ensuite voté en faveur du renvoi de l'ex-militant d'extrême gauche vers l'Italie.
Lula avait promis promis de se prononcer «avant le 31». Soit avant de passer la main à Dilma Roussef. L'information n'a pas été encore confirmée de source officielle.
Cesare Battisti, qui a obtenu le statut de réfugié politique au Brésil, estimait dans la presse italienne, en 2009, qu'il était devenu "un trophée". "C'est pour cela que l'on s'acharne en Italie. Il n'y a plus personne de cette époque en prison, et maintenant vous voulez que ce soit moi qui paye pour tout le monde", disait-il.

Après avoir fui la France en 2004, Cesare Battisti, 52 ans s'était réfugié au Brésil où il avait été arrêté en 2007 et écroué dans l'attente d'une éventuelle extradition vers l'Italie.


Les émeutes se propagent de Tunisie à Alger

Pendant que la Tunisie vibre toujours au rythme des émeutes l'Algérie est touchée elle aussi par la révolte.
M. Boudina décline les raisons de cette révolte. «Notre cité compte plus de 2200 familles entassées dans 700 maisons», révèle-t-il. Il retrace le parcours du combattant qu’ils ont fait pour inscrire leur cité dans le programme de relogement lancé par la wilaya d’Alger cette année. Ladite commission a été installée en novembre de l’année précédente, précise M. Boudina. «Le wali-délégué de Baraki nous a invités à une réunion en mars de cette année. Il nous a conviés à constituer une commission pour l’étude des dossiers de demandes de logement», a ajouté notre interlocuteur. La commission a passé sept mois à étudier les dossiers. Elle a établi une liste de demandeurs de logement. Ces membres ont attendu une réponse officielle de l’administration. Rien n’a profilé à l’horizon. «Nous attendons depuis le mois de juin et voyez-vous où cette attente nous a menés», regrette M. Boudina. Pourtant, les autorités ont annoncé en grande pompe, en début de la semaine, l’opération de relogement de ces habitants. «Je l’ai entendu à la radio. Aussi, un quotidien a fait part de cette information», affirme un autre habitant de la cité. «J’ai été surpris de découvrir que notre cité ne figure pas dans la liste des opérations de relogement lancées aujourd’hui (hier)», renchérit-il. Hier, une large opération de relogement a été effectuée par les services de la wilaya d’Alger. Elle a touché près de 1600 familles (1586) occupant des bidonvilles et des habitations précaires. Le directeur du logement de la wilaya, Smaïl Mohamed, a annoncé à la radio que «ce sont d’abord les habitants de Diar Echems, Diar El-Kef et de la cité des Palmiers qui seront visés». Il a précisé que trois opérations «combinées et non-stop», seront également lancées. Pour rappel, la première action de ce dispositif de relogement a été lancée en janvier 2010. Elle a vu le relogement de 10.000 familles et le démantèlement de 12 sites. Elle a touché 579 familles occupant des chalets. La seconde opération concerne 520 familles de Diar Echems tandis que la troisième touchera 487 foyers. «Nous sommes laissés-pour-compte», déplore Samir.
La presse indésirable 
«Laissez-nous faire notre travail. Nous vous donnerons des informations après (les échauffourées)», c’est en ces termes que les éléments de la police antiémeute ont tenté, hier, d’empêcher les journalistes de couvrir les émeutes les ayant opposés aux citoyens de la cité Diar El Baraka de Baraki. Sur les lieux, des policiers en civil surveillaient de près les mouvements des reporters dépêchés sur les lieux. Les pratiques du parti unique ont la peau dure…
À Oued Ouchayeh, dans la banlieue d'Alger, les habitants du bidonville situé sur les hauteurs du tunnel ont fermé la route durant la journée d'hier. La raison est toute simple : «Nous réclamons un logement, c'est notre droit. Nous avons été chassés par le terrorisme durant les années 1990, nous avons adopté la loi pour la réconciliation nationale, l'État doit nous rendre la monnaie de notre pièce», a crié un quadragénaire en exhibant sa carte d'identité nationale. Des camions de la police sont stationnés et prêts à d'éventuelles interventions. Des dizaines d'éléments de la police munis de boucliers et de casques de sécurité en file indienne et des policiers en civil tentent de pénétrer parmi les émeutiers afin d'en isoler quelques-uns. De l'autre côté, un autre décor saute aux yeux : des jeunes et moins jeunes, pierres, barres de fer et bouteilles en verre à la main menacent. Les dizaines de jeunes regroupés à l'entrée de la cité ont commencé à jeter des pierres et d'autres objets sur les policiers venus contenir la contestation.
Les jets de pierres de part et d'autre partent et des poursuites contre des émeutiers sont effectuées, notamment par des policiers en civil. Mais sans résultat. Au début de l'après-midi, la contestation a baissé d'un cran et ce grâce à la pacification de la police qui n'a pas voulu enflammer la foule. L'absence totale des autorités locales est la cause de ces incidents. «Ni le maire, ni le wali délégué ne sont venus nous voir. C'est de l'exclusion caractérisée que nous ne sommes pas près d'accepter. Nous sommes des Algériens à part entière», a déclaré l'un des membres du comité. 
Les citoyens vivent dans des cellules  
«Nous habitons cette cité construite sous forme d'écuries depuis l'indépendance. sommes-nous encore sous le règne de la France ou avons-nous eu notre indépendance ?» a  interrogé Mohamed, un septuagénaire. Notre interlocuteur renchérit : «Nous avons été inscrits dans plusieurs programmes de relogement et ce depuis 1986, date à laquelle nous avons eu des arrêtés de la mairie de Baraki qui offrait des lots de terrain à certains habitants. En 1987, un projet de construction d'une cité a été initié par les autorités à Haouch El Khorchof non loin d'ici, mais à ce jour nous n'avons rien eu.» Djilali, un autre habitant de la cité de Diar El Baraka et membre du comité de quartier ajoute : «En 1989, certains habitants ont effectivement bénéficié de lots de terrain d'une superficie de 160 m2. Pour le  reste, les autorités ont promis des logements.» Selon les propos de aâmi Mohamed, les logements de Haouch El Khorchof entrent dans le cadre de l'opération APC/CNEP. «D'ailleurs, nous avons tous ouvert des comptes CNEP, mais voilà, plusieurs années après, nous sommes encore au point de départ.» Mustapha qui insiste pour nous faire visiter les logements dira : «Durant les années de terrorisme, nous avons tous quitté la cité, laquelle a été récupérée par les services de sécurité qui ont transformé nos logements en cellules pour les terroristes capturés.»
Dans le périmètre qui a vu démarrer les évènements, le calme tient à un fil, comme nous le fait remarquer un jeune émeutier. Tout près, dans le lot de baraques de Boumaâza, la situation est autre, plus tranquille cette fois-ci. Un vieil homme rencontré sur les lieux indique que les jeunes de son quartier n'ont pas l'intention de sortir pour bloquer quoi que ce soit, mais le sentiment d'injustice reste profondément ancré. «En 1964, le président Ben Bella nous avait remis les clés. Nous devions habiter ces taudis pour une période de 10 ans. Nos logements n'ont pas été construits pour l'éternité. D'ailleurs, l'ingénieur français auteur du chantier avait prévenu les autorités. Il avait précisé que cette situation ne devait pas durer et ce, pour éviter l'explosion sociale. Mais depuis, rien de positif. Des familles entières se sont succédé de génération en génération, et toujours rien», raconte-t-il.  
Les affrontements entre la police et les mal logés se sont étendues mardi à de nouveaux quartiers d'habitat précaire à Alger et sa banlieue, rapporte mercredi la presse locale, faisant état de plusieurs blessés, d'arrestations et de l'incendie d'un commissariat au quartier Ennakhil.
Plusieurs dizaines de jeunes ont manifesté dans la matinée d’hier leur colère contre le chômage en procédant à la fermeture de la RN12 à hauteur de la commune de Bordj Menaïel, à une quarantaine de kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya de Boumerdès. Ils ont barricadé la route à l’aide de pierres, de troncs d’arbres et autres objets hétéroclites pour exprimer leur ras-le-bol. «Je préfère travailler avec un salaire de 12'000 DA que de traîner à longueur de journée dans les rues», peste un protestataire. Plusieurs jeunes contestataires partagent ainsi cet avis mais sans oublier de préciser qu’un emploi dans ce dispositif ne permettra pas de répondre aux besoins de la vie, notamment un logement ou le mariage. Bien que ce dispositif ait permis le recrutement de centaines de jeunes en quête d’emploi stable, il a été cependant source de plusieurs actions de protestation dans le passé. Malgré ce climat d'émeute et la psychose qui a gagné les familles parquées chez elles, les jeunes n'arrêtaient pas de plaisanter entre eux sur leur mouvement. «Nous sommes fatigués d'entendre à chaque fois des promesses», «ils nous ont trompés», «hogra», sont entre autres les principales réactions qui reviennent à chaque fois dans leurs déclarations. La nuit devait être longue. Nous étions à la sortie des Palmiers quand nous avons entendu un cri déchirant : c'était des femmes qui lançaient des youyous…  
 

Tunisie:
Une grande manifestation s'est déroulée lundi à Tunis, en signe de solidarité avec les populations de Sidi Bouzid, région du centre-ouest tunisien, en proie depuis 12 jours à des troubles sociaux sur fond de chômage et de précarité des conditions de vie, a constaté l'Associated Presse sur place.

La police a dispersé à coups de matraque, lundi à Tunis, un millier de jeunes chômeurs diplômés qui réclamaient notamment des emplois et un coup d’arrêt à ce qu’ils dénoncent comme la corruption ambiante. 
Tunis, Alger même combat, même misère, même dictature !
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mardi 28 décembre 2010

Deux retraités allemands menacés d’extradition pour des faits vieux de trente ans

Le Conseil d’État vient de rendre extradables deux Allemands pour des faits de terrorisme remontant à plus de trente ans. Pourtant en 2001, la France avait refusé leur extradition.

Christian Gauger et Sonja Suder ont 69 et 78 ans, et vivent en France depuis trente-deux ans. Elle, plus âgée mais plus en forme, est devenue l’infirmière de son compagnon, terrassé en 1997 par un accident cardiaque aux lourdes séquelles neuropsychiatriques. En 1978, le couple avait fui Francfort en catastrophe pour entamer une vie clandestine à Lille. On était au beau milieu des années de plomb. Ce qu’on leur reproche ? D’avoir été membres des Cellules révolutionnaires, organisation  rivale de la RAF (Bande à Baader). Et d’avoir, à ce titre, commis deux attentats en 1977 contre des firmes allemandes, ainsi qu’un incendie à Heidelberg en 1978. Les faits n’ont causé que des dégâts matériels.
Une accusation qui repose sur un unique témoignage
Plus grave, Sonja Suder est aussi suspectée d’avoir pris part à l’organisation logistique de la prise d’otage des membres de l’Opep à Vienne, en 1975. Cette accusation repose sur le seul témoignage de Hans-Joachim Klein, tireur de ce même commando, gracié en 2003 après cinq ans derrière les barreaux. Au total, même s’ils nient les faits, Christian Gauger risque entre vingt et trente ans de prison et Sonja Suder, la perpétuité. Plus de trente ans après les faits, comment est-ce possible ? Pour comprendre, il faut revenir dix ans en arrière. En 2000, à la suite du témoignage de Klein, l’Allemagne fait arrêter le couple Gauger-Suder, qui fait son premier séjour en prison. Mais selon le droit français, il y a prescription, et leur avocate Irène Terrel empêche leur extradition. À leur sortie, ils sont aidés par un réseau d’anciens activistes italiens. Ils emménagent dans un deux pièces à Saint-Denis.
En 2005, l’affaire connaît un rebondissement : ignorée depuis sa signature en 1996, une convention définissant les critères européens en matière d’asile est réactivée. Au sein de cette convention, un accord bilatéral entre la France et l’Allemagne stipule qu’en cas d’extradition, la prescription s’applique non pas dans l’État requis (ici, la France), mais dans l’État requérant (ici, l’Allemagne, où le délai de prescription peut atteindre quarante ans). Un détail qui change tout, et une aubaine pour le parquet de Francfort, qui s’empresse de faire valoir cette nouveauté. En 2007, le couple est à nouveau arrêté à son domicile parisien.
Le couple est jugé extradable en dépit du danger de mort encouru par Christian Gauger 
«J’étais tellement effarée que j’ai d’abord cru à une erreur», confie leur avocate Me Irène Terrel. Sonja et Christian retournent en prison quelques semaines. En vertu de l’accord bilatéral de 2005, l’Allemagne fait, en 2009, une nouvelle demande d’extradition. Et pour les mêmes faits, la cour d’appel juge cette fois-ci le couple extradable. Suder et Gauger font alors une requête auprès du Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative française. Mais en dépit du danger de mort encouru par Christian Gauger dans le cas d’une séparation d’avec Sonja Suder, le Conseil d’État vient d’écarter la requête, avançant entre autres «l’intérêt de l’ordre public» !
«C’est se moquer du sens même des mots», lâche Me Irène Terrel, qui a déjà saisi la Cour européenne des droits de l’homme. Car dans cette affaire, «de nombreux fondamentaux sont bafoués», poursuit l’avocate. D’abord, «on ne juge pas deux fois un même fait» ; deuxièmement, «on ne s’appuie sur la rétroactivité d’une loi que si elle est favorable à l’accusé, et c’est le contraire qui se passe» ; troisièmement, «c’est la France elle-même qui a émis comme première réserve dans les nouvelles procédures d’extradition celle de l’âge ou de l’état de santé». Enfin, Irène Terrel se souvient très bien des mots de Nicolas Sarkozy face à l’interminable traque de Roman Polanski : «Ce n’est pas une bonne administration de la justice que de se prononcer trente-deux ans après les faits, alors que l’intéressé est un homme de 76 ans.» Ah bon ?
source   

L’invasion des nanotechnologies

En bref, que sont les nanotechnologies et pourquoi faut-il les combattre ? Voici le résumé clair et concis de Anne-Corinne Zimmer, publié, hélas avec quelques années de retard, par la revue "Les quatre saisons du jardin bio" dans son numéro de novembre 2010. Un article à faire lire à vos amis, votre famille, vos collègues, vos voisins qui s’inquiètent des nanotechnologies ou qui en ignorent tout.
Avec ses airs de science-fiction, la recherche sur les technologies de l'infiniment petit est pourtant une réalité d'autant plus inquiétante qu'elle est méconnue. Années 2000, dans les pays industrialisés : des investissements financiers sans précédent se font en faveur de la recherche et du développement des nanotechnologies. L'initiative française "Nano Innov", mise en place en 2008 sous les auspices du Commissariat a l'énergie atomique (CEA), prévoit le développement de trois "pôles d'excellence " 1 : à la clé, 1,15 milliard d'euros d'investissements publics sur cinq ans ou le financement de la recherche (publique) est entièrement subordonnée au partenariat public-privé et au développement d'applications commercialisables, brevetables, et donc, rentables.
Le marché des nanotechnologies, estimé en 2010 à plus de 150 milliards de dollars devrait atteindre, en 2014, plus de 2 600 milliards, soit 15% de la production manufacturière mondiale (estimation Lux Research).
La nanotechnologie travaille sur les dimensions de la matière inférieures à 100 nanomètres (1 nm =10 -9 m, un milliardième de mètre). À cette échelle, on entre dans la physique quantique. Les matériaux et les éléments (graphite, argent, or, silice) acquièrent des propriétés nouvelles et radicalement différentes : ce qui était rouge devient vert, un métal devient translucide, un matériau non conducteur laisse passer l'électricité... Deux méthodes sont employées pour obtenir les nanomatériaux. La technique descendante : par procédés mécaniques, en réduisant la matière poudre à l'état nanoparticulaire par broyage à haute énergie. Ou la "technique ascendante" : les atomes sont assemblés, sous contrôle informatique, à l'image de briques, conférant formes et tailles souhaitées (tubes, fullerène 2...), afin d'obtenir la configuration recherchée. Ces remaniements au niveau atomique et moléculaire ouvrent aussi la voie à des assemblages hybrides, entre matière inerte et vivante. La conception de nouveaux matériaux multiplie l'éventail des matériaux, des applications et des profits.

Dangers inconnus
Depuis plus de 15 ans, les nanomatériaux sont massivement présents et s'imposent aux consommateurs sans qu'ils en soient informés car aucun étiquetage ni aucune réglementation n'encadre cette invasion : des articles de sports plus légers aux peintures et métaux de surface auto-nettoyants sous la seule action de la pluie, en passant par les diodes électroluminescentes pour écrans, les téléphones cellulaires ou les pneus longue durée !
L'alimentation n'y échappe pas. Les additifs alimentaires comme le nanosilice sont employés depuis les années 1990 comme anti-agglomérant. Les barres Mars sont enveloppées dans du papier contenant du nano dioxyde de titane de 1 à 5 nm. Autorisé dans sa forme non nano pour l'alimentaire (pour blanchir le glaçage des pâtisseries), son emploi est ici différent : transparent, il sert à empêcher l'oxygène de gagner l'aliment. La liste des nanoproduits est inconnue et impossible à établir, en l'absence d'obligation pour les producteurs, industriels ou revendeurs d'en déclarer la présence.

http://www.nanomonde.org
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Mandarins à l'italienne

Qui sont les Blacks Blocs ? Où sont les Blacks Blocs ? 

En voilà une question (a ne pas confondre avec les Blics Bocks)!

Traduction du texte d’un collectif universitaire italien, en réaction à la campagne de presse des médias italiens sur de prétendus « Blacks Blocs » pendant les émeutes à Rome mardi 14 décembre.

Cette ques­tion réap­pa­rais­sant dans la plu­part des jour­naux après chaque émeute, comme celle à Rome le 14 décem­bre, elle mérite une réponse. Voulez-vous voir à quoi res­sem­blent nos visa­ges quand ils ne sont pas mas­qués par des fou­lards, des cas­ques ou des cagou­les ?
Ce sont les mêmes visa­ges qui paient un loyer pour vos appar­te­ments pour­ris, les visa­ges de ceux à qui vous offrez des stages non rému­né­rés ou des jobs à plein temps pour 1000 euros. Ce sont les visa­ges qui paient des mil­liers d’euros pour assis­ter à vos cours. Ce sont les visa­ges des gamins que vous frap­pez quand vous les chopez avec un peu d’herbe dans leurs poches. Ce sont les visa­ges de celles et ceux qui doi­vent s’enfuir du bus quand les contrô­leurs appa­rais­sent, ne pou­vant pas se payer le voyage.
Ce sont les gens qui cui­si­nent vos faux-filets à point dans les res­tau­rants chics, et reçoi­vent pour ça 60 euros la soirée, au black. Ce sont celles et ceux qui vous pré­pa­rent vos cafés serrés à Starbucks. Ce sont ceux qui répon­dent à vos appels en disant « 118 118, puis-je vous aider ? », ceux qui achè­tent de la nour­ri­ture à Lidl parce que celle des autres super­mar­chés est trop chère. Ceux qui ani­ment vos camps de vacan­ces pour 600 euros par mois, ceux qui ran­gent les étalages des maga­sins où vous ache­tez vos légu­mes bios. Ce sont ceux à qui la pré­ca­rité bouffe toute l’énergie vitale, ceux qui ont une vie de merde, mais ont décidé qu’ils en avaient assez d’accep­ter tout ça.
Nous fai­sons partie d’une géné­ra­tion, qui, pour un jour, a arrêté de s’empoi­son­ner le sang avec la névrose d’une vie passée dans la pré­ca­rité, et qui a sou­tenu les émeutes. Nous sommes le futur que vous devez écouter, et la seule partie saine d’une société cou­verte de métas­ta­ses. Ce qu’il est en train de se passer à Londres, Athènes et Rome est d’une impor­tance his­to­ri­que. Des places rem­plies à cra­quer de gens explo­sent de joie quand les cars de police pren­nent feu. Notre exis­tence même est dans ces cris : l’exis­tence de celles et ceux qui ne peu­vent pas croire que des gou­ver­ne­ments élus se retour­ne­raient contre leurs citoyens et leur feraient payer des dizai­nes d’années d’erreurs com­mi­ses par le sec­teur finan­cier et les mul­ti­na­tio­na­les ; l’exis­tence de ceux qui main­te­nant com­men­cent à penser que tous ensem­ble nous pou­vons com­men­cer à leur faire peur. Ces excla­ma­tions étaient furieu­ses et joyeu­ses, explo­sant depuis la partie saine de la société, pen­dant que celle empoi­son­née se cachait dans la Chambre des Députés.
Les Black Bloc ont encore frappé. Vous feriez mieux de regar­der autour de vous main­te­nant. Des rumeurs disent que vous pour­riez en ren­contrer cer­tains pen­dant vos cours, à la biblio­thè­que, à la machine à café, au pub, sur la plage, voire même dans le bus.
Collettivo Universitario Autonomo de Torino
Traduit de l’anglais depuis http://www.th-rough.eu/wri­ters/camp.... Texte ori­gi­nal sur http://cua­to­rino.blog­spot.com/2010/...

P.-S. Plus d’infos sur le mouvement italien : Suivi des contestations en Europe contre les plans d’austérité.

lundi 27 décembre 2010

Les Américains divisés face à WikiLeaks

NEW YORK, CORRESPONDANT - La classe politique américaine, républicains et démocrates confondus, s’est quasi unanimement rassemblée pour condamner la diffusion vers la presse menée par WikiLeaks de milliers de documents diplomatiques internes au département d’État. Les premiers jours, les mots de“trahison” et d’“atteinte à la sécurité nationale” furent entendus.

Le 1er décembre, l’important groupe de réflexion Council on Foreign Relations (CFR) réunissait un colloque avec six de ses meilleurs “experts”: tous concluaient que les révélations mises au jour par les cinq journaux ayant accès aux documents“pourraient être dommageables aux relations [diplomatiques]“. La première leçon de cette diffusion était que des mesures devaient être prises pour sécuriser à l’avenir les documents diplomatiques américains. Plusieurs spécialistes expliquaient que ces mesures incluraient les moyens nécessaires pour neutraliser ceux qui se livrent à des pratiques rendues possibles par l’évolution technologique – y compris, donc, en les capturant éventuellement pour les juger.
“TERRORISTE HIGH-TECH”
Joseph Biden, le vice-président américain, a d’ailleurs implicitement abondé en ce sens. Le 19 décembre, il a publiquement traité Julian Assange de “terroriste high-tech”. Cet homme “a mis en péril la vie et le métier de certaines personnes dans le monde”, a-t-il spécifié, faisant référence à des diplomates, militaires et membres des forces spéciales américains et à ceux avec qui ils ont été en contact.
Et de conclure que si le dirigeant de WikiLeaks a “comploté avec un militaire des États-Unis pour mettre la main sur des documents secrets”, il pouvait être déféré devant la justice américaine – une référence au soupçon selon lequel le soldat Bradley Manning, aujourd’hui incarcéré mais non jugé, serait à la source des fuites.
L’idée du “complot” est précisément celle sur laquelle travaillent les services de la justice américaine, au cas où l’administration Obama requerrait que M.Assange soit extradé aux États-Unis afin d’y être jugé. Mais la Maison Blanche en est consciente, cette décision serait autant politique que juridique.
“CONSÉQUENCES BÉNIGNES”
Un mouvement de sympathie, réunissant défenseurs des droits civiques, libertariens et pacifistes, se manifeste déjà en faveur de Julian Assange et de son association aux États-Unis. Des groupes de divers bords se mobilisent pour enrayer toute velléité d’extradition de l’administration Obama.
Fondateur de la revue “de charme” Hustler, honni des puritains et victime en 1978 d’un attentat qui l’a laissé paralysé à vie, le célèbre Larry Flint a publiquement offert 50 000 dollars à WikiLeaks parce qu’il est “contre toute censure”: il n’y a pas de démocratie “sans accès libre aux faits”.
Nombre de juristes sont par ailleurs très sceptiques quant à la possibilité de déférer le fondateur de WikiLeaks devant un juge américain. Pour Baruch Weiss, avocat spécialisé dans les questions “de sécurité” du cabinet Arnold &Porter, “poursuivre Julian Assange ne sera pas aisé”.
Son argument tient en trois points. Un: “Aucune loi américaine ne stipule que la divulgation d’une information classifiée constitue un délit.” Au contraire, la charge de préserver le secret revient au détenteur de l’information. Deux: “Le premier amendement de la Constitution américaine est toujours en vigueur.” Protégeant la liberté de la presse, il protège M. Assange d’autorité, puisqu’il a utilisé la presse pour dévoiler ces informations. Trois: si un procès avait lieu, il rendrait obligatoire “la divulgation d’autres secrets”.
Comment, en effet, prouver la nocivité de telle ou telle information sinon en faisant citer des témoins qui seraient alors interrogés par les deux parties? Des requêtes en informations supplémentaires seraient forcément déposées, auxquelles l’État américain refuserait d’accéder, se mettant en porte-à-faux avec sa propre plainte.
Vieux routier des services secrets et du Pentagone, seul Robert Gates, le secrétaire à la défense, a accueilli avec quelque détachement le récent vacarme créé autour de WikiLeaks. “Ces révélations sont-elles embarrassantes? Oui, a-t-il déclaré. Délicates? Oui. Mais leurs conséquences pour la politique étrangère américaine? Franchement, elles sont, je crois, assez bénignes.” En d’autres termes, pas de quoi perdre son temps à s’emparer, coûte que coûte, de Julian Assange.

Tissus de conneries

Pour le 90 anniversaire du PCF voilà ce que déclare l'historien Marc Lazar, spécialiste des gauches européennes, (bigre !):
"... C'est vrai que Parti communiste a exercé un magistère intellectuel et politique pendant plusieurs décennies. Cette donnée a contribué à la radicalisation de la gauche française. Cette forme de domination a rendu la gauche, dans toutes ses composantes, totalement hostile à l'économie de marché et elle a délégitimé le réformisme. Par voie de conséquence, la gauche française a du mal, maintenant, à analyser les mutations du capitalisme. La gauche non-communiste a le réformisme honteux en raison de la détestation de celui-ci que le PCF a su faire naître et entretenir..."
Donc être "hostile à l'économie de marché" rend incapable de l'analyser  "Par voie de conséquence, la gauche française a du mal, maintenant, à analyser les mutations du capitalisme."
Alors pourquoi le courant le plus hostile à cette "économie de marché" (le capitalisme) est-il le SEUL à en donner une explication si cohérente et si définitive que nos ennemis se gardent bien de polémiquer avec nous, voir de critiquer nos thèses sur le Spectacle et la Théorie de la Valeur ?
Notre Historien continue son analyse et répond à une question du journaliste:
"Son salut est-il du côté du Parti socialiste ou dans une alliance avec la gauche de la gauche ?
On est là au cœur du dilemme qui le terrasse littéralement. Soit il se range du côté du PS et il risque d'en mourir, soit il s'allie avec la gauche de la gauche et il perd ce qui lui reste d'identité. Ajoutons que dans ce second cas, il mécontente tous ses élus.
De ce point de vue, le PCF est dans une impasse totale. Pour dire le vrai, ce quatre-vingt dixième anniversaire est d'une tristesse absolue."
Quelle tristesse ?
Que crèvent tout ces cloportes  et leurs fausses critiques. Comme le démontre magistralement nos camarades de la wertkritik rien ne différencie vraiment les uns des autres ces fossiles PS, PCF, écolos, gauchistes, néo-gauchistes, anars et néo-anars.
Tous servent le système et doivent disparaitre avec lui.

dimanche 26 décembre 2010

Le monde merveilleux d'Anne-Sophie Mercier


"...Michèle Alliot-Marie rieuse, enjambant les barricades de la place de la Concorde le soir de l'élection de Nicolas Sarkozy..." !!???

Un article en Une du "Monde Magazine" daté 25 décembre:

La journaliste papote sur les derniers avatars du Spectacle Politique.
"...Alors, bien sûr, la qualité du contact entre politiques et électeurs s'en ressent. Michèle Alliot-Marie rieuse, enjambant les barricades de la place de la Concorde le soir de l'élection de Nicolas Sarkozy pour figurer sur la photo près du nouveau président et mettre en scène son ralliement, le referait-elle aujourd'hui ? " Sans doute pas, estime son équipe. On aurait trop peur du corsage qui s'ouvre, et hop, un sein qui sort, et la photo qui part sur le Net et la ridiculise. "

Pour Stéphane Fouks, les nouvelles règles du jeu, qui imposent maîtrise et rigueur, sont une chance. "L'opinion considère désormais la maîtrise de la communication comme une épreuve initiatique. Que le meilleur gagne. Un homme incapable de comprendre les règles, de gérer son image, peut-il maîtriser l'État ? Quelqu'un qui n'a pas les nerfs suffisants, qui ne comprend pas les messages envoyés, qui ne sait pas faire les efforts qui s'imposent n'est tout simplement pas fait pour le job. "

Une véritable apologie du darwinisme en politique qui fera peut-être regretter les Séguin, les Borloo, tous ceux-là qui à l'évidence ne sont, n'étaient pas des prédateurs, et dont les différences, les failles et les révoltes faisaient peut-être le sel de la politique..."
Nous voilà rassurés, il s'agissait d'une simple barrière métallique. L'émeute ce jour là en resta au stade de la manifestation bon enfant quoique persistant toute la nuit à travers Paris, mais sans jamais déboucher ni sur la place de la Concorde, ni sur des barricades...
Le seul intérêt de cet article est de nous rappeler que la seule boussole des imbéciles  c'est un regard cadré par les œillères du divertissement.
Pas par la "Mondialisation financière" mais Dépassés tout court et tout simplement. Quant à la ruine  elle concerne rien de moins que la totalité du vivant, l'humanité elle-même qui s'imaginait en être la meilleure partie...

Chienlit en Tunisie

 Troubles graves dans la région de Sidi Bouzid (Tunisie)

Les autorités tunisiennes ont invoqué samedi la «légitime défense» pour justifier la mort la veille d'un jeune manifestant tué par balle lors des affrontements qui ont secoué la ville de Menzel Bouzayane. Le centre-ouest du pays est en proie depuis plus d'une semaine à des troubles incessants, sur fond de chômage et de précarité.
Les troubles ont débuté le 25 décembre à Sidi Bouzid, chef-lieu de la région situé à 265 km de Tunis, à la suite d'une tentative de suicide d'un jeune homme qui s'est aspergé d'essence et immolé par le feu devant la préfecture. Ils se sont étendus à plusieurs autres villes lorsque, quelques jours après, un autre jeune chômeur s'est suicidé par électrocution en escaladant un pylône de haute tension. Une voiture de police a été incendiée et plusieurs manifestants ont été interpelés. Des jets de pierres et des cocktails Molotov ont ciblé les locaux du parti au pouvoir et ceux de la commune et de la délégation.
Les forces anti-émeute ont répliqué en intensifiant l’utilisation des bombes lacrymogènes. Des sources ont confirmé qu’à la Délégation de Menzel Bouziane, les manifestants ont mis le feu au siège de la délégation, puis ont assiégé le commissariat. À Kasserine, 15 avocats ont organisé un sit-in de protestation qui s’est transformé en marche vers le siège de l’Union régionale du travail, pour exprimer leur solidarité avec les habitants de Sidi Bouzid. Le service de communication de l’Union générale du travail de Sidi Bouzid a déclaré que des négociations ont eu lieu, le 21 décembre, entre le gouverneur et deux membres de l’UGTT, Mohammed Saàd et Mouldi Jendoubi, qui se sont rendus à Sidi Bouzid le 20 décembre.
Les syndicalistes ont rendu visite à Mohammed Al Bouazizi, qui a tenté de se suicider, et qui reste hospitalisé au centre des brûlures graves à Ben Arous. Reporters sans frontières et l’Observatoire pour la Liberté de la Presse, d’édition et de création (OLPEC), son organisation partenaire en Tunisie, dénoncent l’agression, le 24 décembre 2010 à dix neuf heures, du correspondant de Radio Kalima, Moez El-Bey, alors invité d’une émission que Radio Kalima diffuse en partenariat avec Radio Galère à Marseille (88.4FM). Le journaliste y intervenait en direct depuis son domicile de Sfax pour commenter les événements survenus dans le gouvernorat de Sidi Bouzid (260 km au sud de Tunis) qui viennent de connaître de nouveaux développements avec le décès d’un manifestant de Menzel Bouzayane.
Les auditeurs ont pu entendre des coups frappés à la porte du domicile du journaliste. Des cris, puis plus rien, la ligne ayant été coupée. Des habitants du quartier ont agressé Moez El-Bey, sous le regard complaisant d’agents de police, présents sur le palier. D’après les informations recueillies par Reporters sans frontières et l’OLPEC, les policiers auraient dit aux voisins que le journaliste s’était introduit chez eux en leur absence. Le journaliste a porté plainte pour effraction de domicile le 25 décembre.
Les manifestants ont mis le feu à trois voitures de police qui ont explosé ainsi qu'à un train de marchandises, au local du parti au pouvoir et un poste de la garde nationale dont les agents se sont réfugiés dans une mosquée proche, a déclaré le syndicaliste. En fin d'après-midi, des renforts de sécurité ont été dépêchés de Sidi Bouzid à bord de quatre autobus, encerclant la ville et en fermant les accès. Des manifestations de moindre ampleur se déroulaient parallèlement à Meknassy, une autre ville de la région. Les forces de l'ordre ont aussitôt mené une vague d'arrestations après avoir procédé à des perquisitions dans des maisons et pourchassé les manifestants. La tension persistait malgré le déplacement à Sidi Bouzid jeudi du ministre du développement et de la coopération internationale, Nouri Jouini, qui a annoncé des mesures présidentielles pour la création d'emplois et le lancement de projets d'un montant de 15 millions de dinars (environ 7,8 millions d'euros).

 

 

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